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 Retrouvailles Serpenta-Gryffondoresques [Joy & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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24 mai 2008


Juliet se promenait dans la rue principale de Pré-au-Lard, observant d’un œil distrait les vitrines des boutiques. Elle n’avait pas spécialement besoin d’acheter quoique ce soit, mais essayait comme elle le pouvait de tuer le temps, en attendant la sortie des élèves de Poudlard. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’était pas venue ici, songea-t-elle avec un sourire nostalgique. Elle fréquentait davantage le Chemin de Traverse ou le quartier magique de Bristol ! Pourtant, elle avait tant de bons souvenirs ici, qui étaient rattachés à ses années à Poudlard. Les sorties organisées par l’école, les longues discussions aux Trois Balais avec ses amis, les boutiques préférées d’Olivia, dans lesquelles elle pouvait rester des heures. Un an à peine s’était écoulée depuis sa sortie de Poudlard, et pourtant, elle ne s’était jamais sentie aussi éloignée de ses années d’études. Parce qu’elle était enceinte de bientôt cinq mois, parce qu’elle allait se marier. Parce que ses considérations avaient radicalement changé, ces derniers temps. A Poudlard, ses pensées étaient tournées vers le Quidditch, vers ses devoirs, ses ASPICS, ses amis. A présent, elle regardait des appartements, elle allait planifier un mariage, elle allait élever un enfant. La vitesse à laquelle ces évènements étaient survenus la déroutait parfois, et l’effrayait par moment. Pourtant, elle n’était en rien mélancolique de son passé, convaincue qu’elle avait trouvé sa place, sa famille.

Juliet secoua la tête pour sortir de ses pensées, et eut un léger sourire. Elle jeta un coup d’œil à son poignet pour avoir l’heure, avant d’observer la bague qu’elle portait à son annulaire, encore peu habituée à sa présence. Décidant qu’elle pouvait à présent rejoindre les Trois Balais, la jeune femme se mit en marche et ne tarda pas à se retrouver face au bar de Madame Rosmerta. Elle y entra, et salua la gérante d’un sourire. Elle s’assit à une table, commanda un jus de citrouille, et attendit patiemment sa commande, et l’arrivée de celle pour qui elle était venue ici aujourd’hui, à savoir Joy Highlands. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les deux jeunes filles s’étaient rapprochées durant l’année, depuis qu’elles s’étaient croisées à Bristol, pour noël. Juliet trouvait la compagnie de Joy agréable, à tel point qu’elle avait soumis à Jeremy l’idée d’en faire la marraine de leur enfant. Pourtant, d’autres choix étaient possibles, les plus évidents étant Olivia ou Eva. Mais ses deux amies se comportaient déjà presqu’en « tantes » à l’égard du bébé, et Juliet était certaine que Joy serait parfaite pour le rôle de marraine. Aussi, elle lui avait proposé de se rencontrer lors de sa sortie à Pré-au-lard, et elle était impatiente de pouvoir prendre des nouvelles de la jeune fille.

Justement, cette dernière venait d’entrer aux Trois Balais, et Juliet lui fit un signe de la main pour lui indiquer sa position. Elle attendit qu’elle arrive pour se lever et déposer une bise sur la joue de la Serpentard.

« Salut Joy ! » fit-elle avec un grand sourire avant de se rasseoir, l’incitant également à prendre place face à elle. « Comment vas-tu ? »

Elle laissa passer un court silence avant d’ajouter :

« Quelles sont les nouvelles ? »



Kit par Irving Ship
Joy HighlandsSans emploiavatar
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« Tu es sûre que tu ne veux pas venir ? insista Joy une dernière fois.
- T'inquiète, je suis juste un peu fatiguée. Vas-y sans moi pour cette fois ! »

Résignée, Joy quitta le dortoir. Elle faisait de son mieux pour soutenir Paige avec tout ce qui leur était tombé dessus ces derniers mois, mais elle n'avait pas l'impression de lui apporter beaucoup de réconfort. D'abord, il y avait eu la crise cardiaque de John Warlock au jour de l'an. Même si elle n'en avait rien montré, Paige avait été bouleversée par l'évènement. Le choc, la peine, la peur surtout – elle avait failli perdre son père, après tout. Elle en avalait encore le contrecoup. En cette belle matinée de printemps, elle ne semblait pas déterminée à sortir de sous sa couverture. Le soleil était comme une insulte. Joy aurait voulu l'accompagner à leur dernière sortie à Pré-au-Lard pour la distraire un peu, mais elle comprenait aussi que Paige eût besoin de se retrouver seule de temps en temps. Vivre en internat à Poudlard impliquait d'être constamment entouré, n'importe où, de nuit comme de jour. Joy avait souffert de la solitude durant son enfance, aussi en oubliait-elle parfois les bienfaits.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, une seconde tragédie d'une toute autre ampleur avait succédé à la première. Roxanne Prewett, une de leurs camarades de dortoir, avait été mise en pièces par un loup-garou aux abords de Pré-au-Lard. Joy avait appris la nouvelle en même temps que tout le monde – comme un fait, sans manifestation d'émotion aucune. Quand le soir était venu, elle avait gardé les yeux grand ouverts bien après les autres. Puis elle s'était levée dans le dortoir silencieux et s'était assise sur le bord du lit vide de Roxanne. Elle n'avait plus bougé pendant des heures. Un temps, sa tête était restée vide, ses yeux dans le vague. Seule la respiration lente et régulière des autres filles endormies rythmait le fil de ses pensées. Joy avait passé une nuit entière à se demander pourquoi. Elle en avait conclu qu'il n'y avait, au final, rien à comprendre là-dedans. Roxanne était morte. Si le hasard l'avait voulu, ça aurait pu être Samantha ; dans un autre concours de circonstances, ça aurait pu être elle.

On dénonçait souvent la trop grande indulgence dont bénéficient les défunts après leur décès. Selon certains, il n'y a pas plus hypocrite que de les considérer différemment de la manière dont ils étaient considérés de leur vivant, justement parce qu'ils sont morts. Selon Joy, peut-être que la mort fait simplement prendre conscience qu'on n'a peut-être pas été assez indulgent avec eux lorsqu'on en avait encore la possibilité. Roxanne et Joy avaient passé sept années de leur vie à se côtoyer nuit et jour et à s'ignorer par la même occasion. Maintenant, Roxanne ne suivrait plus aucun cours de Potions, ne jetterait plus le Souaffle dans les anneaux du stade, ne discuterait plus jamais avec sa petite sœur. Maintenant Roxanne était morte, et Joy regrettait de ne pas être allée lui parler plus tôt. Après tout, elles étaient un peu pareilles ; et le pire dans tout ça, c'est qu'il avait quand même fallu un meurtre pour que Joy réalise à quel point les gens étaient stupides dans leurs relations avec les autres. « Il n'est jamais trop tard »... quelles conneries !

Tout en réfléchissant, Joy avait atteint le portail de Poudlard. C'est Juliet Wilson qu'elle rejoignait ce jour-là : depuis leur léger accrochage, deux ans auparavant, elles avaient eu quelques occasions de se rapprocher. Qui l'eût cru ! Il n'y avait pourtant pas plus opposé que Juliet et elle, la Gryffondor et la Serpentard, la démonstrative et la renfermée, et tant d'autres adjectifs encore. Peut-être même que leur entente venait de là. Quoi qu'il en soit, elles avaient gardé contact après le départ de Juliet pour l'université. Joy poussa la porte des Trois Balais, où elle avait rendez-vous, et ne tarda pas à repérer Juliet par son signe de main. Au moment de la saluer, elle ne manqua pas de remarquer son ventre arrondi. L'étonnement pointa ; c'était dire que l'eau avait coulé sous les ponds depuis Poudlard ! À l'époque, Juliet ponctuait chacune de ses phrases par une petite vulgarité et incendiait quiconque avait un mot de travers à son égard. Maintenant se tenait devant Joy une jeune femme distinguée et accomplie, faisant face aux multiples rumeurs qui circulaient sur son compte dans les journaux... et enceinte.

« Oh, laissa simplement échapper Joy, un regard pour l'enfant et un sourire pour la mère. Salut Juliet. »

Elle n'insista pas là-dessus, certaine que le sujet serait abordé au moment venu.

« Ça va, répondit-elle une fois assise. Quant au nouvelles, elles ne sont pas joyeuses ! Tu en as certainement entendu parler... Une fille de ma classe, Prewett, nous as quittés en février, déchiquetée par un loup-garou ici-même. »

Et puis il y avait Samantha. Joy avait voulu lui rendre visite à Sainte-Mangouste mais leur directeur de maison l'avait avertie que seule la famille de la victime y était autorisée. Elle s'était donc résignée à lui envoyer avec les autres un impersonnel bouquet de fleurs, mais cela ne lui avait pas paru suffisant. Elle se souciait réellement de la santé de Samantha, et rester sans nouvelles un premier temps lui avait été assez désagréable.

« L'attrapeuse de mon équipe, Miller, était avec elle, lâcha Joy laconiquement, l'air sombre. Deux joueuses en moins ! Entre la démission d'O'Connor l'année dernière et les évènements des mois précédents, je commence à croire qu'on a vraiment la poisse ! »

À côté de ce qu'il s'était passé, ces considérations passaient pour très accessoires, mais Joy avait l'habitude de cacher sa peine et sa rancœur derrière une bonne dose d'humour noir.
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet hocha doucement la tête lorsque Joy lança que les nouvelles n’étaient pas bonnes. Comme tout le monde, elle avait entendu parler de la pleine lune sanglante, qui avait causé la mort d’une jeune fille de Poudlard, Roxanne Prewett, une camarade de Joy. Les retombées de cette nuit étaient épouvantables. De nombreuses personnes avaient trouvé la mort durant cette pleine lune, d’autres –comme Samantha Miller – avaient été transformées en loup-garou. Juliet sentit un frisson lui parcourir l’échine en posant son regard sur Joy. Ce n’était sûrement pas le genre d’évènement simple à dépasser, la jeune femme en était bien consciente, et la population commençait déjà à pousser des beuglantes contre le gouvernement – ce qui était parfaitement compréhensible. L’affaire Chaudrillon n’était pas terminée, et continuait inlassablement de faire des victimes. Une de ses camarades à l’université avait failli perdre la parole en avalant une simple potion contre la toux ! C’était aberrant.

La pointe d’humour noir de Joy tira un petit sourire à Juliet, qui l’observa. Il était probablement plus simple pour elle de faire face à des considérations dérisoires – à savoir l’équipe de Quidditch des Serpentard – plutôt qu’à la réalité. Parce qu’une adolescente était morte. Une adolescente qui n’avait encore rien accompli de sa vie, qui n’était toujours pas sortie de Poudlard, qui n’avait pas eu l’occasion de voir le monde, et qui s’était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Juliet repensa à toutes les fois où elle avait quitté Poudlard plus ou moins clandestinement, et secoua doucement la tête. Elle ne voulait pas que son enfant naisse dans la crainte de mettre un pied dehors…

« D’autant plus que j’ai entendu dire que les Poufsouffle sont particulièrement bons cette année encore ? » poursuivit Juliet, respectant la volonté de Joy de ne pas s’étendre sur le sujet des deux Serpentard. « Nora Weaver mène bien son équipe, si elle gagne la coupe cette année, ça sera la deuxième année de suite… »

Evidemment, Juliet avait été déçue que les Gryffondor ne gagnent pas la coupe l’année dernière, lorsqu’elle était encore joueuse. Toutefois, ils avaient toujours mené de beaux matchs – et ils avaient aussi écrasé les Serpentard lorsqu’O’Connor était encore capitaine, ce qui était une victoire personnelle.

« Mais l’équipe de Serpentard est bien plus performante depuis que tu es Capitaine, à ce que j’ai entendu ! Ca ne m’étonne pas, tu as su y apporter l’harmonie qu’O’Connor n’a jamais pu obtenir. »

Parce que si Juliet aimait bien taquiner Jeremy en lui disant qu’il avait été un capitaine tyrannique, elle ne l’aurait échangé pour rien au monde, et surtout pas contre l’ancien capitaine des Serpentard, qui, pour le coup, était vraiment un tyran avec ses joueurs. Juliet avait toujours été certaine qu’il suffisait d'atteindre le juste milieu entre « autorité » et « tyrannie ». Il fallait juste savoir le trouver, ce que Darren avait été bien incapable de faire.

« Tiens, d’ailleurs, tu as trouvé ce que tu aimerais faire après Poudlard ? » demanda Juliet avant d’adresser un petit sourire d’excuse à son amie « Désolée, tu dois être assaillie par cette question, ces temps-ci. »

Elle voyait bien Joy poursuivre dans le Quidditch, étonnement. C’était une très bonne joueuse, et elle était certaine que plusieurs équipes seraient ravies de la recruter !



Kit par Irving Ship
Joy HighlandsSans emploiavatar
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« La Coupe va à Poufsouffle cette année encore, confirma Joy avec un haussement d'épaules fataliste. C'est dommage, on était vraiment pas loin de passer en première place ! Quarante points de différence, si je ne me trompe pas. »

Remporter le tournoi de Quidditch juste avant de quitter Poudlard, c'était un beau fantasme. Derrière tous les changements qui s'étaient opérés au sein de leur maison, une victoire  aurait été bénéfique à l'unité des Serpentard. Leur scepticisme évanoui, leurs attentes comblées, leur moral remonté... Ç'aurait été grandiose : une sorte d'accomplissement final, de récompense à deux années d'efforts. Joy aurait prouvé à tout le monde qu'elle en était capable, à ceux qui croyaient en elle, à Swann, à ceux qui doutaient d'elle, à son père, et se le serait prouvé à elle-même par la même occasion. Mais les rêves ne se réalisent pas toujours, les ambitions restent parfois insatisfaites et certaines entreprises n'arrivent jamais à leur terme. La Capitaine quittait la scène bonne perdante. Elle n'avait pas l'impression de partir sur une défaite ; après tout, ils étaient si près de triompher... Ce qu'elle avait accompli n'était pas vain.

« Je n'irais pas jusque-là, tempéra-t-elle quand Juliet parla d'harmonie, mais oui, je suis fière de mon équipe. »

Surtout que la saison n'avait pas été facile pour eux. La pleine lune sanglante les avait déstabilisés à tous les niveaux, autant d'un point de vue mental que technique. Bien entendu, Joy aurait été inhumaine de négliger le premier aspect pour ne s'occuper que du second ; elle avait donc pris en charge la baisse de motivation de ses coéquipiers au même titre que la réorganisation des entraînements. Perdre deux joueuses de talent s'était révélé problématique, Samantha ayant des soucis plutôt sérieux du côté de Ste Mangouste. L'inexpérimenté mais prometteur Neil Wagstaff avait assuré l'intérim au poste de poursuiveur, mais ces remplacements impromptus avaient mis en l'air des mois de préparation. Depuis un bon moment déjà, ils apprenaient à se connaître, à voler ensemble, à mettre au point de méthodes de jeu ajustées aux points forts et aux points faibles de chacun. Et voilà qu'ils devaient soudain repartir à zéro, quelques semaines avant la prochaine confrontation ! Heureusement que Joy savait s'adapter. Contrairement à ce qu'en disaient les allergiques au Quidditch, elle ne faisait pas que jeter une balle dans un anneau mais, du haut de son balai, pouvait improviser n'importe quelle tactique.

Ironie du sort ? Serpentard avait gagné ses deux premiers matchs et le troisième, face à Poufsouffle, s'était soldé par un bel ex-aequo. Même palmarès que les vainqueurs, quelques Souafles en moins.

« On a quand même massacré Gryffondor ! »

La malice qui ponctuait l'exclamation de Joy était dénuée de toute agressivité : elle n'avait pu résister à la tentation de taquiner son amie, sachant bien que celle-ci ne lui en voudrait pas. La rivalité qui opposait leurs deux maisons n'était plus d'actualité. Désormais, la plupart des élèves préférait en rire, même si quelques tensions avaient pu subsister d'une décennie à l'autre. Certains antécédents étaient difficiles à oublier et les préjugés d'une génération poussaient comme des mauvaises herbes. Vite transmis, longs à déraciner... Cela rappelait à Joy l'incident qui était survenu à ce fameux match : des chants les assimilant aux Mangemorts leur étaient parvenus depuis les tribunes des rouge et or. Elle n'était pas censée réagir aux manifestations du public, mais comment ne pas se laisser atteindre ? Être comparé aux partisans de Voldemort n'avait rien d'agréable, d'autant plus que certains en portaient les noms et avaient déjà assez payé pour les fautes de leurs aînés. Elle qui croyait que les mentalités avaient changé ! Les coupables s'étaient faits huer par le stade entier, que Joy avait remercié par une pirouette sur son balai, au nom des Serpentard.

« Pas de problème, la rassura-t-elle quand Juliet l'interrogea sur son orientation. C'est normal de se poser la question, chaque jour qui passe la rend plus concrète. »

Car sa scolarité prenait déjà fin, et elle ne pouvait plus se dire « j'ai encore du temps » car elle se retrouverait bientôt sans emploi. Elle avait la chance d'être née dans une famille qui pouvait largement subvenir à ses besoins et qui ne la jetterait pas à la porte sitôt l'âge de travailler atteint. Cependant, son père se faisait plus pressant. Il prévoyait de la présenter à des fonctionnaires haut placés. Comment lui avouer qu'elle avait déjà rencontré les personnes qu'il fallait ?

« Tu te souviens du Nouvel an ? J'ai un peu discuté avec Daniel Rowles, le propriétaire des Pies de Montrose. C'est Jordan qui m'a introduite auprès de lui. L'ancien joueur qui m'avait repérée à Poudlard était présent lui aussi, et m'a appuyée. »

Il s'était pointé dans les gradins par un jour de brouillard. La poursuiveuse avait un vif souvenir de l'après-match, où elle avait surpris quelques bribes de conversation entre Juliet et lui, une carte de visite passant d'une main à l'autre.

« Richard Griffit. Tu dois le connaître, non ? Je t'avais vue avec lui... »

Même avec les recommandations de l'héritier Nimbus et d'un recruteur célèbre, être embauchée à l'essai ou comme remplaçante dans une équipe aussi prestigieuse serait une aubaine, Joy en était bien consciente. Néanmoins, cette idée la faisait sourire. Juliet était entrée à Flaquemare sous le capitanat d'Olivier Dubois tandis qu'elle-même envisageait de faire partie des Pies, équipe de Marcus Flint. Ils avaient beau quitter Poudlard, certaines choses ne changeaient jamais.

« Je voulais justement te demander conseil à ce propos. En tant que joueuse professionnelle, tu as déjà un an d'expérience derrière toi ! »
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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« Coup de chance ! » rétorqua Juliet lorsque Joy déclara que son équipe avait battu les Gryffondor. Elle plaisantait, bien évidemment – elle ne doutait pas une seule seconde des capacités des Serpentard sous le capitanat de la jeune fille. « Félicitations ! » ajouta-t-elle donc avec un sourire. « On avait aussi perdu la coupe quand j’ai quitté Poudlard… Mais on avait aussi écrasé les Serpentard ! » s’exclama-t-elle, alors qu’elle revoyait le match.

Elle avait toujours adoré jouer au sein de l’équipe de Gryffondor. Ils avaient été longtemps soudés, les entraînements s’étaient toujours bien passés… Et puis il y avait cette petite rivalité – ou grande rivalité – avec l’équipe de Serpentard – ou plutôt seulement avec Darren O’Connor – qui était délicieuse lors de leurs matchs. Elle avait été réellement heureuse de pouvoir poursuivre son rêve dans le Quidditch professionnel, mais si cela avait été de courte durée. Sa reconversion n’était pas encore définie – il fallait dire qu’elle avait encore le temps – mais elle ne cessait d’y réfléchir. Est-ce qu’elle allait trouver quelque chose qu’elle aimait autant que le Quidditch ? Elle n’en savait rien. Elle l’espérait, bien entendu, mais tout était encore si flou dans son esprit. Olivier Dubois ainsi que les gérants du club de Flaquemare lui avait donné certaines pistes, à elle de les suivre. Pour l’instant, elle avait simplement fait une croix sur sa carrière de joueuse professionnelle. Elle savait bien qu’elle pouvait essayer de la reprendre, qu’elle pouvait essayer de se faire réengager… Mais comment pourrait-elle élever son enfant, avec des entraînements qui duraient jusqu’à tard dans la soirée, et des matchs les week-ends ? Ce n’était pas la solution idéale, Juliet en était bien consciente… Elle s’intéressait depuis quelques temps au journalisme – c’était Olivia qui avait lancé cette idée, un soir. Elle verrait bien, songea-t-elle en reportant son attention sur Joy, avalant une gorgée de café.

Son amie lui parlait justement de son orientation post-Poudlard, et l’ancienne Gryffondor l’écouta attentivement. Elle hocha la tête lorsqu’elle mentionna Richard Griffit, et eut un sourire amusé quand elle évoqua les Pies. Elle prit quelques instants pour répondre à la question de Joy, avant de débuter :

« J’ai adoré pouvoir connaître le monde professionnel du Quidditch, vraiment, ça a été une expérience formidable ! Après, il faut savoir que ce n’est pas du tout la même chose qu’à Poudlard. Il y a un rythme très soutenu, les entraînements sont épuisants… Mais je ne doute pas une seule seconde que tu surmonteras tout ça très bien. Après, il faut aussi prendre en compte la presse – parce qu’à partir du moment où tu intègres une équipe professionnelle, tu te retrouves avec Sorcière Hebdo à gérer… Et personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à m’y faire. » Quel bel euphémisme. « Mais on ne peut pas empêcher ces journalistes de pacotilles de raconter absolument n’importe quoi, alors… » elle haussa les épaules. « Sinon, les Pies sont une bonne équipe ! Si j’écoutais l’ancienne joueuse de Flaquemare que je suis, je te dirais que, si jamais tu étais acceptée chez les Pies, on allait devoir réellement arrêter de se fréquenter… » elle observa Joy avec malice – le conflit entre Flaquemare et les Pies était connu de tous. « Mais bon ! En tout cas, si tu intègres les Pies, tu vas avoir mon charmant cousin comme capitaine… Et Darren O’Connor comme coéquipier ! » elle eut un sourire, amusée par la situation.

Quel belle équipe d’anciens Serpentard ils feraient ! songea Juliet. Elle se demandait bien comment était son cousin, en tant que Capitaine de l’équipe. Ils ne passaient que très peu de temps ensemble, mais, lorsque Marcus était seul, il devenait fréquentable. Alors qu’il était complètement imbuvable lorsqu’il était entouré de ses amis richissimes…

« En tout cas, ce serait génial que tu puisses intégrer une équipe ! Tiens, et je crois que les Harpies recrutent, aussi, si ça t’intéresse. C’est une très bonne équipe. » affirma Juliet, qui avait déjà rencontré la capitaine.

Elle laissa passer un petit silence, avant de reprendre :

« Je viendrais voir tes matchs ! Et puis, si jamais je fais une reconversion dans le journalisme sportif, je pourrais écrire de supers articles sur toi ! » plaisanta-t-elle.



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Joy HighlandsSans emploiavatar
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Juliet souligna la quantité d'efforts à fournir qui pouvait se révéler, physiquement et moralement, bien plus épuisante qu'elle ne l'était à Poudlard. Le changement de rythme serait difficile, ça ne faisait aucun doute. Il s'agissait de faire d'une simple activité extra-scolaire, sa profession. C'est-à-dire ce qu'elle ferait, à partir de là, chaque jour de sa vie. S'entraîner alors qu'elle n'en avait pas envie, sortir sous les éléments déchainés si c'était nécessaire, jouer malgré la fatigue... Joy savait bien que ce ne serait pas toujours une partie de plaisir. Quand le loisir n'en était plus un, certains joueurs étaient amenés à mettre brusquement fin à leur carrière. Elle espérait ne jamais connaître ce sentiment d'écœurement et aimer voler aussi longtemps que possible, même si elle devait en vivre.

Le second aspect abordé par Juliet fut la contrainte médiatique. Les joueurs de Quidditch étaient souvent le point de mire des journaux, ce qui avait longtemps rebuté Joy. Déjà, à Poudlard, elle avait craint le regard des autres ; dans l'hypothèse d'une percée dans le milieu, serait-elle capable d'affronter ce qui l'attendait dehors ? Lui venait un argument immédiat mais peu pertinent : elle avait tout simplement du mal à voir pourquoi on s'intéresserait à elle. Mais elle savait bien que Juliet avait raison, la preuve, elle l'avait vécu. Joy hocha la tête lorsque la jeune femme évoqua sa situation personnelle, le scandale qui l'avait liée à l'un des frères McGowan encore en mémoire. Si elle révélait avoir eu beaucoup de mal à s'y faire, alors ce n'était qu'une suite logique de ce qu'elle avait subi auparavant. Un jour dans la volière, elle avait confié à Joy qu'elle souffrait sans le montrer de sa mauvaise réputation, entachée depuis que cette affaire avec Killian Gray avait fait le tour de l'école. La Serpentard, qui prêtait toujours une oreille attentive aux potins du moment, avait été surprise du nombre de « traînée » qu'elle avait entendus dans les couloirs.

Dix ans après et des années de vie active derrière eux, les gens étaient toujours les mêmes. À une différence près : quand, à Poudlard, les dégâts se limitaient à des filles comme Marlene Barclay qui chuchotaient dans votre dos et quelques pancartes suggestives brandies sur les gradins de Quidditch, dans le monde des adultes le pays entier pouvait suivre chaque détail de vos aventures de façon tout à fait officielle – et hebdomadaire. Les journaux comme Sorcière Hebdo ou encore Multiplettes se vendaient comme des petits pains, car pourquoi se priver alors qu'une dizaine de Mornilles suffisaient à assouvir sa soif de rumeurs toutes fraîches ? Hélas, pour reprendre la phrase de Juliet sous une autre formulation, on ne pouvait pas empêcher Mildred Magpie de jacasser.

Joy lâcha un éclat de rire à la remarque qui suivit : comme quoi, si jamais elle intégrait les Pies de Montrose, elle ne pourrait plus fréquenter l'ancienne joueuse de Flaquemare. « Le passé nous l'a prouvé, je crois que la rivalité qui a toujours opposé nos maisons et nos équipes ne réussit pas à nous séparer ! »

Juliet mentionna ensuite les coéquipiers dont Joy pourrait hériter : son cousin Marcus – car les Wilson étaient bien reliés aux Flint, ce qu'on avait souvent tendance à oublier –, et le tristement célèbre Darren O'Connor. « C'est un détail à ne pas négliger », railla la Serpentard, bien que, curieusement, cela ne lui fît pas peur. Côtoyer ces deux-là n'était pas une perspective des plus attrayantes, à en juger l'attitude fière de Marcus Flint lors des réceptions mondaines... mais quand il ne se pavanait pas, que valait-il réellement ? Par ailleurs, jouer avec O'Connor, elle en avait déjà fait la mauvaise expérience ; cependant, peut-être était-il moins imbuvable lorsqu'il n'était pas aux commandes de l'équipe. Joy se demanda si passer sept années entourée de serpents ne lui avait pas appris à gérer ce type de tempérament.

« Merci, je ne savais pas qu'elle recrutaient en ce moment », répondit-elle à l'information que Juliet lui communiqua à propos des Harpies de Holyhead. Joy se visualisa dans cette équipe exclusivement féminine, avec la robe verte caractéristique, et se fit une drôle de réflexion : si elle continuait le Quidditch parmi elles, ce ne serait pas si différent de Poudlard après tout.

« Tu as raison, c'est une très bonne équipe, reprit-elle à l'intention de Juliet. Peut-être même une trop bonne équipe, tu ne crois pas ? Pour une joueuse d'à peine dix-huit ans comme moi, ce serait un miracle de débuter chez les Harpies ! D'ailleurs, je sais que ma grand-mère Ailein préfèrerait les Pies. L'équipe est originaire d'Écosse, tu comprends, entre Dundee et Aberdeen, c'est là d'où elle vient... »

On avait souvent dit à Joy qu'après les ASPICs, beaucoup de portes lui seraient fermées. Elle avait maintenant l'impression d'avoir trop de possibilités, car il ne s'agissait pas que de choisir, mais de bien choisir. Et de ne plus regarder en arrière. Quelle était la meilleure démarche ? À quel niveau commencer ? La jeune femme redoutait le faux pas. Peut-être que ce qu'il lui fallait était quelque chose de complètement différent, sans racines écossaises ni anciens Serpentard, sans robes vert foncé ni grande majorité de filles... En Cornouailles par exemple, on ne jurait que par les Faucons de Falmouth. Joy s'était plusieurs fois éclipsée du Manoir pendant son enfance. Son père était absent, sa mère dormait (ou pleurait), elle enfourchait un Nimbus encore trop grand pour elle et filait à travers la campagne. Quelques kilomètres d'herbes hautes plus loin, elle atteignait les premiers signes de civilisation, des jeunes de son âge dont elle connaissait à peine le nom. Elle avait apprécié qu'ils ne sachent rien de sa famille, qu'ils l'arrachent à sa solitude malgré cela et surtout, il y avait eu quelqu'un pour lui parler de Quidditch.

Les Faucons étaient réputés pour la brutalité des matchs qu'ils disputaient. Peut-être pourrait-elle apporter un peu de subtilité dans leur jeu ? La voix de Juliet la tira de ses réflexions, et la fit sourire.

« Alors fais bien attention à ce que tu écriras, parce que je lirai tes articles de très près pour vérifier que tu ne dévoiles pas d'information compromettante ! » plaisanta-t-elle.

Ainsi donc, la Gryffondor envisageait de se reconvertir dans le journalisme sportif. Alternative logique, d'autant plus qu'elle lui permettrait de rester assez proche de l'univers dans lequel elle avait précédemment décidé de faire son chemin.

« En plus, ça sonne bien, continua Joy d'un ton taquin. Juliet Wilson, chroniqueuse à Quidditch Magazine ! Elle redevint soudain plus grave, invitant son amie à lui parler un peu de cette grossesse inattendue. Et puis, il me semblait bien que tes plans de carrière étaient quelque peu compromis par un petit individu que tu ne m'as pas encore présenté... »
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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« Tu es une excellente joueuse, Joy, et les Harpies sont certes une bonne équipe, mais tu serais parfaite pour leur jeu. Ne te limite parce que tu penses ne pas être à la hauteur ! Les équipes cherchent souvent à se renouveler, de toute manière. » affirma Juliet. « Et ne prend pas non plus en compte les préférences de ta famille non plus. Certes, ta grand-mère préfère les Pies, mais et toi, qu’est-ce que tu préfères ? Quelle équipe te tente le plus ? Quel challenge as-tu le plus envie de relever ? L’année prochaine, Joy, elle ne se joue qu’en fonction de toi. » lança Juliet en souriant à son amie.

Pour appartenir – à moitié, certes, mais tout de même – à la Haute Société, Juliet était bien consciente de la pression que les parents pouvaient exercer sur leurs enfants. Elle avait eu la chance d’avoir des parents compréhensifs, mais n’avait pas échappé aux remarques souvent désagréables de sa grand-mère par rapport à son choix de carrière. Isadora Flint aurait nettement préféré voir sa petite-fille exercer un métier bien plus délicat que le Quidditch. Et Juliet connaissait vaguement le père de Joy, qui n’était pas forcément connu pour sa tolérance. Or, il était important que Joy – pour son épanouissement personnel – parvienne à se détacher du jugement de ses parents pour choisir de faire ce qui lui convenait le mieux.

« Des informations compromettantes ? » s’offusqua Juliet en riant. « J’espère bien que je ne serais pas la prochaine Mildred Magpie ! » lança-t-elle avec une petite grimace. « Quelle horreur… »

Autant Juliet n’avait rien contre les livres de Magpie, mais ses articles étaient parfois tellement insultants ! Non, si Juliet décidait de se reconvertir dans le journaliste sportif – ce qui était loin d’être sûr – elle comptait bien rejoindre une branche sérieuse, qui se concentrerait sur les résultats des matchs, sur les tactiques des équipes, plutôt que sur la dernière romance chez les Pies…

« Un peu compromis, c’est le moins qu’on puisse dire, Jeremy m’a interdit d’aller voler pendant ces cinq prochains mois ! » s’exclama Juliet en souriant, avant de prendre un air un peu plus sérieux. « Oui, hum, comme tu as pu le deviner, je suis enceinte, et c’est en partie pour ça que je voulais te voir aujourd’hui… »

Juliet porta son verre de jus de citrouille à ses lèvres pour en avaler une longue gorgée.

« Je suis tombée enceinte en janvier, quand il y avait tout ce scandale à propos des potions de Chaudrillon. On l’a découvert en février, et on a décidé avec Jeremy de garder l’enfant. Je sais, ça peut sembler être une décision irréfléchie, mais on y a beaucoup pensé et on a décidé que c’était ce qu’on voulait tout les deux. Bon, ça n’a pas été très facile à assumer dans un premier temps, quand on a dû l’annoncer à nos parents et que j’ai dû poser ma démission à Flaquemare, mais tout va bien, et on est très heureux aujourd’hui. On va se marier, d’ailleurs, début janvier si tout va bien. » confia Juliet en glissant un regard vers sa bague de fiançailles.

En résumant ainsi leur situation, Juliet se rendit compte que les doutes et les interrogations qui l’avaient longtemps assailli avaient disparu, pour laisser place à une attitude bien plus calme.

« Donc voilà, je te présente Arthur, ou Gabrielle ! » s’exclama Juliet en posant une main sur son ventre rebondi. « La naissance est prévue pour septembre. » déclara-t-elle, avant de reprendre : « Et donc, si je voulais te voir pour te dire ça, et non te le confier par lettre, c’est parce que j’aimerais savoir si tu accepterais d’être la marraine de notre enfant ? Ça compterait beaucoup pour moi que tu le sois. » affirma Juliet en souriant à Joy.

La jeune femme observa son amie, dans l’attente de sa réponse. Elle espérait de toutes ses forces que cette dernière serait d’accord…  [/color]



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Juliet avait raison, bien sûr. Et Joy suivrait ses conseils. Mais peut-être que son amie ne pouvait pas comprendre à quel point tout cela était nouveau pour elle... Ce qui lui était demandé, ce que l'ex-Gryffondor elle-même avait toujours fait, c'était de prendre librement position en dépit des influences extérieures. Cette façon de faire était peut-être plus difficile à appliquer pour les gens comme elle que pour n'importe qui d'autre, surtout quand se taire était tout ce qu'on exigeait d'elle depuis sa plus tendre enfance. Joy avait passé les dix-sept premières années de sa vie à croire que ce qu'elle pensait n'avait aucune importance. Réaliser aujourd'hui que le choix lui appartenait, que son avenir dépendait uniquement d'elle, qu'il prendrait la forme qu'elle déciderait qu'il allait prendre, c'était quelque chose d'aussi inquiétant qu'exceptionnel !

« Considère un peu les avantages, ajouta Joy à propos de l'avenir de Juliet dans la presse à scandale. D'un sourire espiègle, elle s'expliqua : Tous à la merci de ta plume... Ma chère, tu pourrais bien tenir ta vengeance ! »

C'était une forme de pouvoir dont certains usaient et abusaient, et même si la Serpentard ne la cautionnait pas, elle comprenait quelle satisfaction cela pouvait néanmoins procurer. Devant leur feuille de parchemin, les détracteurs avaient de quoi se sentir inatteignables. Ce qui était malheureusement vrai dans la plupart des cas, car elle doutait que les mécontents venus frapper à la porte des bureaux du torchon en question se voient accorder beaucoup de considération. Le seul moyen efficace de protester, c'était la contre-attaque directe... sur leur propre terrain.

La conversation dériva sur un sujet moins controversé : la grossesse de Juliet. Quoique, celle-ci n'avait pas dû apprécier les multiples précautions de son petit-ami, en particulier cette interdiction de monter sur un balai pour les mois à venir.

« Ma pauvre », la nargua Joy, bien consciente que c'était ce qu'il y avait de mieux pour la jeune femme comme pour le... bébé.

Juliet lui détailla le pourquoi du comment. Les potions Chaudrillon. Les conséquences de cette affaire étaient énormes : des dizaines et des dizaines de femmes enceintes par accident, comme elle. Et la décision qui s'ensuivait. Joy ne savait pas ce qu'elle devait en penser. Ce dont elle était sûre, c'est qu'elle désapprouvait la situation dans laquelle son amie s'était fourrée... volontairement, cette fois. Entre Jeremy qui faisait encore ses études et Juliet, contrainte de quitter son emploi, ils n'avaient aucune source de revenus stable. Il allait devoir assumer la charge d'un boulot supplémentaire à côté de ses cours ; ce ne serait pas de tout repos pour lui. Ces concessions ne seraient pas financièrement suffisantes à subvenir à leurs besoins mais, de ce côté-là, leurs parents respectifs pourraient les aider. Tout cela, Joy le gardait pour elle. Ces préoccupations matérielles occupaient sûrement les pensées du jeune couple depuis bien longtemps.

Pour le reste, c'était la fibre sportive de Joy qui se manifestait. Juliet était une poursuiveuse exceptionnelle, promise à une grande carrière dans le Quidditch. Elle avait tout de même été embauchée à Flaquemare, une équipe de haut niveau, et jouait parmi eux depuis seulement un an. Abandonner à ce stade de la compétition... quel immense gâchis ! D'autant plus qu'elle signait sa fin définitive dans le milieu, sachant qu'elle aurait toutes les difficultés du monde à reprendre du service quelques années plus tard. À retrouver la place prisée qu'elle avait si brièvement occupée... Depuis Poudlard, Juliet poursuivait un rêve, celui d'être joueuse professionnelle ; alors qu'elle l'avait presque atteint, sa vie prenait un tournant différent. Ça, Joy avait du mal à le concevoir.

Peut-être son rêve avait-il changé ? De toute façon, c'était sa décision. On ne lui demandait pas de la comprendre, simplement de la respecter.

« Félicitations ! » s'exclama Joy lorsque la jeune fiancée lui annonça son futur mariage.

Juliet lui paraissait déterminée, mais surtout apaisée. Heureuse. Ça faisait plaisir à voir. Joy posa ses coudes sur la table et se pencha légèrement en avant pour les présentations.

« Bonjour, Arthur-Gabrielle ! lança-t-elle, puis, relevant la tête vers Juliet : Maintenant, il ou elle connaîtra ma voix. »

La demande qui suivit – accepterait-elle d'être la marraine ? – l'étonna assez pour lui faire écarquiller les yeux, mais trop rapidement pour qu'elle oublie d'anticiper sa réponse. Il y avait toujours ce petit temps d'avance, ce bref instant de réflexion qui lui posait problème, car tout ce qu'elle disait par la suite manquait cruellement de spontanéité. Ses réactions, aussi authentiques fussent-elles, étaient perpétuellement calculées pour paraître spontanées. Joy choisit les trois sentiments les plus naturels qui lui venaient : la surprise, bien qu'elle l'eût déjà ravalée ; la joie, même si elle ignorait de quelle façon l'exprimer ; et la reconnaissance, car elle la jugeait essentielle.

« Je... Bien sûr que j'accepte, ce serait un honneur ! En tout cas, c'est vraiment adorable d'avoir pensé à moi ! »

Joy s'autorisa à poser sa main sur le bras de son amie. Elle tenait à lui montrer comme elle était touchée que le choix se soit porté sur elle, au détriment de la foule de connaissances plus ou moins proches qui entourait le couple. Toutefois gênée de s'être laissée aller à ce geste d'affection, elle se racla la gorge et ironisa :

« Vous n'avez pas un peu peur qu'avec moi, cet enfant vire Serpentard ? »
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Le choix de la marraine avait posé autant de problèmes que celui du parrain, mais pas pour les mêmes raisons. Jeremy et Juliet avaient longuement hésité entre Samaël et Irving, puis s'étaient décidés pour le premier, tant Irving s'apparentait à un frère pour Juliet et que, par conséquent, il avait déjà le rôle de tonton Vingounet. Pour la marraine, ça avait été plus délicat. Il y avait bien Olivia ou même encore Eva, mais le choix de la future mère s'était portée sur Joy, une jeune femme qui avait un statut particulier aux yeux de Juliet. Aussi, qu'elle accepte le rôle de marraine la touchait énormément, et elle lui offrit un grand sourire sincère lorsqu'elle posa sa main sur son avant-bras. Alors c'était décidé, songea-t-elle, ravie. L'enfant qu'elle portait s'appellerait Gabrielle Joy Baker ou bien Arthur Samaël Baker... Cela ne rendait l'attente de la naissance que plus belle, et plus les jours passaient, plus Juliet était impatiente d'arriver au jour où elle rencontrerait son enfant.

"Ça me fait plaisir que tu acceptes, vraiment." déclara-t-elle.

Qui aurait cru, quelques années plus tôt, qu'elle était réellement en train de demander à Joy Highlands de devenir la marraine de son futur enfant ? Sûrement pas elle - elle n'aurait même jamais cru qu'elle serait mère si jeune. Et pourtant... Juliet eut un petit sourire en se remémorant sa rencontre plutôt houleuse avec la Serpentard. Il fallait dire que les choses n'avaient pas spécialement bien commencée entre elles - loin de là, même ! Mais leur relation avait évoluée, doucement mais sûrement. Leurs discussions étaient devenues plus profondes, plus intimes, et si Juliet n'agissait pas avec Joy comme elle pouvait agir avec Eva, elle ne s'en sentait pas moins proche.

Elle eut un petit rire à la remarque de son amie, tentant d'imaginer son enfant réparti à Serpentard. Jeremy n'aimait pas spécialement qu'elle plaisante sur le sujet - enfin, surtout qu'elle évoque un futur mariage avec un O'Connor - mais Juliet était certaine que cela ne changerait rien. L'époque de la rivalité entre les maisons était bien loin ! Oh, il y avait toujours quelques plaisanteries entre les Gryffondor et les Serpentard, mais il n'y avait aucune haine comme elle avait pu exister des années auparavant.

"On va dire qu'on prend le risque..." répondit malicieusement Juliet. "De toute façon, toutes les maisons sont représentées dans notre entourage, alors... Tant qu'elle reste supporter de Flaquemare, je pense que je pourrais supporter une répartition à Serpentard !" plaisanta Juliet. Evidemment, qu'elle le supporterait. Elle supporterait même un mariage avec un O'Connor !

Juliet termina sa boisson d'une gorgée, et reposa sa tasse sur la table, ses mains entourant les parois encore chaude. Elle laissa passer quelques secondes de silence, avant de relever les yeux vers Joy.

"C'est un peu effrayant, de me dire que dans cinq mois, je deviens mère, je dois bien l'avouer..." déclara Juliet en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. "Mais je crois que j'en suis très heureuse, aussi étrange que cela puisse paraître." termina la jeune femme dans un petit sourire.



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« Et moi donc », renchérit la Serpentard, la gorge un peu enrouée.

Juliet avait-elle seulement idée à quel point cela lui faisait plaisir ? Joy n'avait jamais eu beaucoup d'amis, elle avait donc tendance à leur accorder plus d'importance qu'elle ne l'aurait voulu au premier abord. La désillusion n'en était alors que plus grande. À chaque fois, il lui suffisait de se rendre à l'évidence : chacun de ses amis l'était encore plus avec quelqu'un d'autre qu'elle. Ce sentiment avait fini par s'estomper quand Joy avait accepté l'idée d'avoir une véritable amie : Paige, en réalité, celle dont elle était la plus proche. Et voilà qu'elle allait devenir la marraine du futur enfant de la fille qu'elle avait un jour bousculée dans le parc sans s'excuser auprès d'elle.

Joy se redressa contre le dossier de son siège et porta son regard sur le reste de la salle. Deux amoureux de quatrième année étaient blottis sur la banquette d'à côté, se murmurant des mots doux à propos de l'amour éternel qui les unissait. Près de la porte, un Serdaigle et un Poufsouffle se disputaient en se secouant l'un et l'autre par le col. La petite Leslie Sharpe, quant à elle, était montée pieds joints sur un tonneau pour raconter ses exploits de gardienne au dernier match. Et puis il y avait la Gryffondor et la Serpentard, réunies autour d'un verre. Grandir, se dit Joy, c'était relativiser. S'imaginer qu'elle avait un jour été à leur place, il n'y a pas si longtemps, et se dire « par Merlin, j'étais si petite que ça ? » Se remémorer les erreurs qu'elle avait pu faire à leur âge, et se maudire d'avoir été si stupide. Désormais, elle quittait les élèves qu'elle avait côtoyés chaque jour pendant des années. Tant de temps passé à les observer, à les écouter, à leur sourire et à leur mentir ; pourtant, dans moins de deux mois, ils ne seraient plus personne pour elle.

Joy eut une pensée coupable pour Roxanne qui, elle aussi, avait dû attendre ce moment avec impatience. Un moment qui n'arriverait jamais, alors qu'elle était à deux doigts de l'atteindre. Il y avait aussi les ASPICs qu'elle n'aurait pas, les plaisirs de l'âge adulte dont elle serait privée, et la liste n'en finissait pas. Joy se promit de profiter pleinement de tout cela ; certains n'avaient pas cette chance. Ils étaient emportés trop tôt, comme sa camarade de dortoir. Sur un coup du hasard. Au début de sa vie.

« Un Serpentard supporter de Flaquemare... Vous avez décidé d'innover, à ce que je vois ! Ou vous aimez simplement les expériences dangereuses ? »

Joy agrémenta son commentaire d'un clin d'œil malicieux. Malgré le ton détendu de la conversation, elle se doutait bien que tout, dans cette naissance, ne ravissait pas Juliet. Elle semblait impatiente d'avoir ce bébé, bien sûr, mais elle n'avait que vingt ans ! L'appréhension dont elle lui fit part était tout à fait concevable...

« Ça va bien se passer, la rassura Joy en vrillant un regard plein d'encouragement dans celui de la future maman. Je suis persuadée que tu feras une mère formidable. »

Là-dessus, Joy ne se faisait pas de souci. Juliet avait la fibre maternelle, il n'y avait qu'à la voir avec sa petite sœur. Elle était attentive et protectrice comme personne envers ceux qu'elle aimait. Et elle aimait déjà son fils ou sa fille : comme elle-même le disait, ça la rendait heureuse. En entendant cela, Joy se souvenait de la Juliet de Poudlard, celle qui se contraignait à rester forte pour sa famille, celle qui gardait en elle le secret de ses faiblesses, et, aussi étonnant que cela puisse paraître, celle qui allait maintenant fonder une famille. Une seule et même personne, mais pour l'avoir connue différente, Joy réalisait l'immense pas qu'avait fait Juliet. Aujourd'hui, elle lui avouait qu'elle était effrayée. Trois ans plus tôt, elle n'aurait jamais fait ce genre de révélation ; ça en disait beaucoup sur la façon dont elle avait évolué, et la jeune femme qu'elle était devenue.

« L'essentiel, c'est que tu sois épanouie là où tu es. Tu m'as l'air d'avoir trouvé ton équilibre ! »

Joy sourit à son amie.

« Moi aussi, je suis contente d'être là où je suis. Et je ne pense pas me tromper en me disant que c'est le bon endroit. »

En effet, malgré sa méchante tendance à se sous-estimer et les nombreux défauts qu'elle conférait à sa personne, Joy estimait que le manque de perspicacité n'en faisait pas partie – elle se targuait même d'une certaine capacité de discernement, et du sens tout relatif des réalités. En supposant cela, elle ne pensait pas se méprendre par orgueil mal placé (un peu d'orgueil, selon son père, c'était bien ce qui lui faisait défaut). Au contraire, elle avait longtemps failli par manque de confiance en elle. Difficile de jouer en équipe, d'échanger dans une réception ou de grimper les échelons alors qu'elle ignorait encore qui elle était, ce qu'elle voulait et ce dont elle était capable...

Elle avait mis du temps à comprendre que pour survivre dans leur société, s'écraser devant les autres ou écraser les autres n'étaient pas les deux seules alternatives, malgré la doctrine de la maison Serpentard. Elle devait d'abord apprendre à se faire confiance. C'était une fois assurée de ses compétences sportives qu'elle faisait ses passes les plus précises ; c'était pleinement consciente de son charme qu'elle parvenait à aborder un Sang-Pur sans rougir ; c'était convaincue de la force de sa volonté qu'elle remplissait au mieux ses objectifs. Jusqu'où était-elle prête à aller pour atteindre ses buts ? Quelles étaient ses limites ? Après s'être posé ces questions, après s'être elle-même jugée, elle serait alors en position de juger les autres, et ceci avec un regard bien plus objectif qu'avant.

Nul besoin d'avoir honte ou d'être fière en se regardant dans le miroir. Personne ne lui demandait d'aimer ou de détester l'image qu'il lui renvoyait : celle d'une jeune fille aux multiples facettes qu'elle devait toutes accepter pour avancer. Il lui suffisait d'affronter son reflet tel qu'il était, avec ses faiblesses et ses peurs, avec ses atouts et ses espoirs, et une fois qu'elle en connaîtrait chaque parcelle avec exactitude, elle serait prête à faire face au monde.
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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En observant Joy, Juliet su qu'elle avait fait le bon choix, en décidant de la nommer marraine de son bébé. Certes, son choix aurait pu naturellement se porter sur Olivia, ou sur Eva, qu'elle connaissait depuis des années, ou même encore sur Nora. Mais non, lorsque Jeremy et elle y avaient pensé, elle avait préféré proposer Joy, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi. Peut-être parce qu'Olivia et Eva étaient déjà tellement proches d'elle et de Jeremy, qu'elles faisaient déjà un peu partie de la famille, de la même manière qu'Irving, que Juliet considérait davantage comme un oncle pour son enfant, que comme un parrain. Pour Joy, c'était différent. La jeune femme l'admirait beaucoup, que ce soit pour son courage ou sa détermination, et l'appréciait tout autant. Elle avait envie de la rapprocher de sa famille, et envie que sa fille ou son fils l'ait comme modèle. Non, définitivement, Joy était le choix idéal, et sa façon de réagir touchait énormément Juliet.

"Merci." souffla-t-elle lorsque Joy déclara qu'elle serait une bonne mère.

C'était un peu ce qui l'effrayait, au final, dans cette grossesse. La peur de ne pas être une mère assez présente, assez attentive, assez à l'écoute. Théoriquement, il n'y avait pas de raison qu'elle ne le soit pas, mais la crainte subsistait, toujours présente dans un coin de son esprit. George et Adriana Wilson avaient été des parents formidables, là n'était pas la question. Mais leur petite famille avait traversé tant de crises, et avait, en quelque sorte, tant souffert, ces dernières années, que Juliet ne pouvait imaginer imposer la même chose à son enfant. Mais il n'y avait aucune raison pour que Jeremy et elle passent pas les mêmes problèmes que ceux que ses parents avaient pu rencontrer, durant leur mariage, se raisonna-t-elle en faisant tourner doucement sa bague de fiançailles autour de son doigt. Non, tout se passerait bien pour eux, elle en était intiment persuadée.

"J'ai toujours su que tu parviendrais à trouver ton équilibre, en alliant toutes les choses que tu aimes et auxquelles tu tiens." déclara Juliet en souriant à son amie. "Et je suis persuadée que tu feras de grandes choses." finit-elle d'un ton confiant. Parce que si Joy n'avait pas assez confiance en elle, Juliet avait suffisamment confiance pour deux, et elle n'avait qu'à la regarder pour savoir qu'elle ne se trompait pas.

Un nouveau sourire éclaira le visage de Juliet. Il était surprenant de voir à quel point une relation qui avait si mal commencée s'était changée en une belle amitié...

RP terminé.



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Retrouvailles Serpenta-Gryffondoresques [Joy & Juliet]

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