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 Bave de Crapaud, Peau de Serpent d'Arbre du Cap et Sang de Dragon | Alex & Alex

Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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Dernière édition par Alexandre M. MacFusty le Mar 3 Juin 2014 - 9:41, édité 1 fois
Lundi 26 Mai 2008

Il pleut.
La ville grouille d'anglais pressés, cachés sous de lourds manteaux imperméables, couverts par des pochettes les protégeant à peine de la pluie diluvienne. Les jupes se collent aux jambes, les pantalons de toile deviennent désagréables à porter au plus haut point. Le bas des jeans d'adolescentes s'assombrissent alors que l'eau du sol s'y infiltre peu à peu. Les parapluies se retournent face au vent venu du large.
Une journée on ne peut plus anglaise.
S'il y en a bien un dans la ville qui n'est pas perturbé outre mesure, c'est bien Alexandre : visible de loin dans son kilt aux couleurs chatoyantes malgré la grisaille, un plaid solidement attaché autour de ses épaules, le tout rehaussé d'un sortilège d'imperméabilité, il se sent comme à la maison. À peine la température extérieure lui semble-t-elle trop élevée, du haut de ses quelques douze degrés celsius.
Après avoir été au beau fixe pendant quelques jours, le temps se dégrade depuis la veille. On se croirait presque en Écosse, avec un soleil timide, dissimulé par les nuages, et des averses régnant en maître sur le sol britannique.
Même l'Allée des Douze Chênes est désertée. Magie ou non, les sorciers ont préféré se mettre à l'abri dans les cafés et pubs qui bordent l'avenue commerciale plutôt que de se risquer au temps apocalyptique qui balaie les allées et bat le pavé. Le calme règne donc en maître, avec sa conseillère la pluie et son tintement régulier. Aucun commerçant pour hurler la qualité de sa marchandise ou contrefacteur de cuir de dragon en vue.
Si l'enchantement préalablement jeté tient son corps au sec – les gouttes semblent glisser le long des fibres de laine, sourdes à leur envie de s'infiltrer – sa tête est soumise aux lois des éléments et ses épais cheveux roux se collent à son crâne, s'accrochent à son visage aux traits durs. Une goutte d'eau ruisselle sur son front, glisse entre ses yeux et roule le long de l'arête d'un nez droit.
Et lui, il est content.
Même si ça n'est pas suffisant pour faire naître un sourire sur cet air sérieux.

Une fois encore, il est sur place pour affaires. Il a l'impression de passer sa vie en Angleterre, par périodes. Ses pas sont allongés, et, malgré sa familiarité avec le temps ou son appréciation du calme, il n'est pas spécialement ravi. Avec la crise des potions, trouver certains ingrédients est devenu une véritable galère.
Les potionnistes sont venus au château, le matin même, pour lui rappeler certains manques dans les réserves. Certains ingrédients nécessaires, plus rares que d'autres, ne sont pas du tout de la saison – il est loin d'être expert en botanique, mais on a gentiment pris le temps de le lui expliquer – et d'autres doivent venir de l'autre bout du monde pour améliorer la qualité de certains mélanges.
Bien sûr, il pourrait trouver tout cela via divers fournisseurs.
Mais pour des questions pratiques, il préfère trouver tout cela au même endroit.
Le problème étant, une fois encore, la crise des potions. Si les experts du clan les produisent eux-même, rares sont les ingrédients qu'ils sont en mesure d'avoir sur place – ça a parfois ses avantages, avec le prix que peut coûter le sang de dragon...
Forcément la meilleure option était de s'adresser à un apothicaire indépendant. Le problème ? Souvent, les propriétaires de ces petites boutiques n'ont pas le stock nécessaire pour faire face à des quantités comme celles qu'il recherche, malgré la promesse d'une somme sonnante et trébuchante.
Et puis, sait-on jamais : peut-être peut-il faire un petit peu de publicité pour le sang de dragon de Noir des Hébrides. N'a-t-il pas perdu certains clients avec les derniers problèmes économiques ?

La porte s'ouvre.
L'eau finit de ruisseler le long de son plaid, de son kilt, de son sporran. Il passe une main dans ses cheveux mouillés pour les décoller de son crâne et en secouer l'eau infiltrée. Il s'avance dans la petite boutique, guette avec curiosité autour de lui, toujours intrigué par l'ambiance des apothicaireries, leurs odeurs, leur décoration faite de petites fioles ou de plantes.
Chacune a une âme bien à elle, chacune est différente de la précédente.
Il retient l'envie toute Serdaigle de fouiner, de toucher, d'examiner avec une curiosité indécente. Il se tient, conforme à son éducation, son rang et les raisons de sa présence, et touche avec les yeux. Il s'arrête sur certaines préparations qu'il connaît, remarque une petite fiole de sang de dragon, là-bas – Vert Gallois, reconnaît-il rien qu'à la nuance de couleur.
Il faut attendre qu'on le sorte de sa contemplation pour qu'il remarque le retour d'une apothicaire – à moins qu'elle ait toujours été là, sans qu'il ne la remarque ? Il ne sursaute pas mais se redresse perceptiblement, instinctivement, pour retrouver une tenue convenable.
« Och, aye, comment allez-vous ? Salue-il de sa voix grave, sans faire attention à la formulation de salutation directement dérivée du gaélique. J'aimerais commander d'importantes quantités d'ingrédients en particulier, certains d'eux pouvant être difficile à trouver, et être livré directement plutôt que de venir les récupérer. Pensez-vous pouvoir m'aider ? 1 »
Direct, comme de coutume. Il est le client, donc en position de force en un sens, et ne s'encombre pas.
Il n'aime pas vraiment perdre son temps en fioritures.
________________
1Och, aye, how are ye ? I'd like tae order large quantities o' ingredients in particular, some o' which might be difficult for ye tae find, and tae be delivered directly instead o' comin' tae get'em. Do ye think ye can help me in the matter ?


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.
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Assise derrière son comptoir, Alex baillait. La journée était interminable. La pluie battait les carreaux depuis deux jours et l’Allée des Douze Chênes était déserte, personne n’osant pointer le bout de son nez sur l’allée commerçante. Alex avait vérifié les stocks, rangé les ingrédients, trié les étagères, pensé à une réorganisation du magasin et puis, au bout d’un moment, elle avait échoué sur son tabouret. Le regard vide, elle fixait les gouttelettes qui ruisselaient sur la vitrine.

Un long soupir. Il faisait humide en plus, même à l’intérieur elle sentait l’atmosphère froide et mouillée. Elle frissonna longuement et se lança un sort de réchauffement. Et dire qu’on était au mois de mai… Bon, il fallait qu’elle s’occupe sinon elle allait mourir d’ennui. Elle se leva, fit quelques pas, se rendit dans la réserve, vérifia les stocks pour la troisième fois en deux jours. Se réinstalla derrière son comptoir.

Son regard glissa sur les étagères. Elle avait tout de suite aimé la boutique lorsqu’elle y était entrée pour la première fois. Elle avait aimé l’ordre et l’atmosphère calfeutrée qui y régnaient. Elle aimait les ingrédients de potions, elle aimait leur odeur si particulière. Alex avait toujours eu le nez fin et c’était sûrement une des raisons pour lesquelles elle était si douée en potions. Durant ses études à l’Institut de Potion Londonien, elle avait réellement apprécié le temps alloué à la sélection des ingrédients, elle passait des heures dans les réserves à choisir le sang de dragon idéal, la plume d’hippogriffe parfaite…

Lorsqu’elle était entrée chez Charles, elle avait tout de suite remarqué la bonne tenue du magasin, c’était propre, sérieux ; elle avait vite découvert que la boutique était à l’image de l’homme. Parfois, elle s’en voulait de trahir sa confiance en se servant de sa boutique comme couverture pour des achats mardoliens mais il fallait faire quelques sacrifices pour servir une telle cause.

Le tintement de la sonnette d’entrée la fit sursauter, elle ne s’attendait vraiment pas à ce que quelqu’un brave le mauvais temps pour quelques ingrédients de potions, après tout, remettre au lendemain ne changeait pas grand chose, si ? Et effectivement, l’homme ne semblait pas sain d’esprit. Bon, d’accord, elle le reconnaissait, elle était injuste et un peu raciste sur les bords mais un kilt par un tel temps, il fallait être vraiment attaché aux traditions !

Enfin, l’homme se fichait sans doute de ses monologues sur son vêtement et puis, ça lui allait plutôt bien en fait, lui donnant une prestance, une classe toute particulière. Alex s’approcha donc de son client, un sourire aux lèvres, elle était parfaite dans son rôle de gentille apothicaire à tête de poupée :

« Bonjour, que puis-je faire pour vous ? »

Un jour, elle devrait vraiment tenter d’aborder un client de manière plus triviale, elle serait curieuse de voir sa réaction. Mais pour l’instant elle se contentait d’être une vendeuse serviable. L’homme, lui, ne s’embarrassa pas de formalités et alla droit au but. Bien, ça ne gênait pas Alex, au contraire, elle était elle aussi plutôt directe. Malgré tout, elle fut surprise de l’entendre lui demander comment elle allait après l’avoir salué dans une langue inconnue. Bon, pourquoi pas, on croisait toutes sortes de gens dans le monde sorcier et c’était ce qui faisait sa richesse :

« Je vais bien merci. Et vous ? »

Après cet échange un peu hésitant, Alex repris de l’assurance en entrant dans le vif du sujet :

« Je ne peux pas vous répondre directement, j’aurais besoin de connaître les ingrédients dont vous aurez besoin ainsi que les quantités. Nous livrons certaines entreprises donc nous avons l’habitude de gérer ce genre de demandes mais certains ingrédients restent très rares sur le commerce et il pourrait être difficile pour nous de vous en fournir un gros stock. D’autant plus qu’avec le contexte actuel autour du scandale Chaudrillon, la fillière des potions est extrêmement contrôlée ce qui peut entraîner certains retards. Par contre, en ce qui concerne la livraison à domicile, on devrait pouvoir s’arranger. »

Il lui semblait avoir fait le tour des points essentiels, à l’homme de lui expliquer un peu plus ses besoins et elle ferait tout ce qu’elle pourrait pour les satisfaire, après tout, ça semblait être un gros contrat.


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Le scandale, l'affaire des potions. En matière d'affaires, Alexandre a l'impression de n'entendre parler que de ça depuis quelques temps. Même dans l'achat du brut, dans la revente de produits modifiés, la situation des potionnistes revient sans cesse.
Ça commence à devenir handicapant, sinon agaçant.
Il s'efforce de ne pas montrer son agacement, cela dit. L'apothicaire n'en est pas responsable, et ne mérite pas de subir ses humeurs pour avoir rappelé les problèmes que rencontre sa profession. À sa demande, donc, l'homme glisse une main à son sporran, en sort un petit rouleau de parchemin sur lequel son écriture anguleuse s'est fait un chemin. Il se souvient des demandes dans les grandes lignes, mais une bonne partie lui a échappé. C'est qu'il n'est pas spécialisé dans les potions, lui.
Parmi les choses demandées, il y a certes quelques ingrédients qui peuvent se montrer délicats à trouver – la peau de Serpent d'Arbre du Cap, entre autres, ou bien ces plantes qui ne sont pas vraiment de saison et à cueillir à une période bien définie – mais ce sont globalement les quantités qui peuvent faire peur.
On ne parle plus en grammes pour un sorcier seul, mais en kilos pour un stock d'entreprise. Adieu centilitres, faites place aux litres de lait de Cerbère.
Le parchemin est tendu et change de mains. Malgré la pluie qui finit de goutter le long des vêtements de l'Écossais, le parchemin a été étrangement épargné – merci aux sorts d'imperméabilité – et l'encre n'a pas bavé. Les doigts humides laissent vaguement une trace, rien qui n'empêche la lecture.

« J'aimerais une livraison rapide, si possible ; je peux payer un supplément au besoin, trouve-t-il utile de préciser, restant poli et courtois. Livraison aux Hébrides. 1»
Avec son accoutrement, on ne s'en serait pas douté. Peut-être pas de la location même, mais au moins de la région.
Mais l'homme ne s'arrête pas là, laissant son interlocutrice disposer de sa liste. Il a encore des sujets à aborder, et, dans un regain d'efficacité, il préfère enchaîner vers d'autres intérêts.
À voir s'ils peuvent trouver des intérêts communs sur un plan commercial... Et peut-être plus, allez savoir. La politique est partout, après tout.
« En parlant du scandale de Chaudrillon... Il est de plus en plus difficile de trouver un approvisionneur sérieux. Vous pensez être en mesure de nous fournir sur le long terme?2 »
Il n'a pas conscience d'être passé d'un coup au pluriel. L'habitude de réfléchir en communauté, sans doute. Mais avec les quantités qu'il a données, mademoiselle doit sans nul doute avoir compris qu'il ne cherche pas un approvisionnement à usage domestique.
Un gros contrat, oui. On ne parle pas non plus d'une multinationale, mais d'un point de vue fidélité, elle trouverait rarement mieux. Tant qu'elle saurait satisfaire les demandes, ils sauraient alourdir sa bourse. Après tout, ils auraient à y gagner tous les deux.
Et lui, s'il pouvait s'épargner un déplacement dans le sud de la Grande-Bretagne à chaque besoin de son clan, ça serait idéal. Le temps que ça lui demandait était prévieux.
Le temps, c'est de l'argent.
____________________
1 I'd like a short-term delivery if possible ; I can pay an extra if needed. Tae the Hebrides.
2Talkin' o' the Cauldrillon scandal... It gets more an' more difficult tae find a serious supplier. D'ye think ye'd be able tae provide us on a long-term scale ?


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L'homme sortit une liste de son vêtement qu'il tendit à Alex, celle-ci s'en empara et tâcha de rester sérieuse et impassible en la lisant. En effet, ce n'était pas une demande habituelle, les quantités étaient assez importantes mais c'est surtout la rareté de certains ingrédients qui l'inquiétait. Néanmoins, remplir cette commande leur apporterait un gros bénéfice - même si elle pouvait éventuellement lui faire un tarif de gros - et surtout un certain prestige car cet homme ne semblait pas être n'importe qui.

"Nous devrions pouvoir satisfaire votre demande sur la plupart des points. Toutefois, certains ingrédients sont particulièrement rares, vous devez le savoir je pense, et il se peut que le délai soit un peu plus long pour ceux-ci. Je vais prendre contact avec nos fournisseurs ainsi qu'avec l'apothicaire londonien "Slug et Jiggers" pour raccourcir le temps d'attente."

Elle avait intérêt à s'en occuper dès aujourd'hui et à être convaincante pour s'en tirer avec un prix correct, surtout en cette période troublée. Enfin, ça lui donnait un petit challenge. Normalement, "Slug et Jiggers" devraient l'aider sans trop de soucis, ils avaient l'habitude de collaborer, c'était assez fréquent qu'ils fassent appel l'un à l'autre pour satisfaire un client particulièrement exigent, entre collègues il fallait se serrer les coudes pour éviter que les clients ne se tournent vers le marché noir.

Les paroles de l'homme augmentèrent un peu plus la pression, manifestement il était pressé et n'avait pas l'habitude d'attendre. Elle ferait ce qu'elle pourrait mais pour les quantités et les ingrédients qu'il demandait, elle ne pourrait pas livrer avant une bonne semaine et encore en étant optimiste.

"Certains ingrédients dans les quantités que vous souhaitez vont prendre un certain temps à être réunis. Cependant, si vous êtes pressé, je peux vous proposer de livrer en plusieurs fois sans frais supplémentaires. Ainsi, vous aurez une grande partie de votre commande dans quelques jours et vous pourrez continuer à brasser vos potions en attendant d'avoir la totalité des ingrédients commandés. Cela vous conviendrait-il ?"

Une fois les détails de la commande réglés, l'homme fit une proposition des plus intéressantes à Alexandra. Celle-ci, professionnelle hocha la tête et prit quelques minutes pour y réfléchir. Au vu de sa commande, l'homme serait un client difficile à contenter mais c'était également une grande opportunité et si l'apothicaire de Bristol pouvait avoir à chercher d'autres ingrédients que des yeux de grenouille verte et des queues de rat, Alex ne disait pas non.

Elle avait toujours aimé les ingrédients de potions, les ingrédients rares notamment avec lesquels il fallait prendre des précautions et l'homme lui offrirait sans doute la possibilité d'aller négocier à droite-à gauche. Et puis, ce serait un avantage non négligeable pour ses petites activités secrètes, elle pourrait ainsi faire passer en douce quelques ingrédients rares dont les Mardoliens avaient franchement besoin.

"Je pense que nous pourrions en effet entrer en collaboration. Bien entendu, je laisse le dernier mot à mon patron Mr Charles Mickleburgh mais il n'a pas l'habitude de refuser ce genre de proposition."

Elle lui laissa quelques secondes de réflexion puis enchaîna :

"Si vous avez besoin d'autre chose, n'hésitez pas."


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Quelques hochements de tête répondent à la jeune femme. Qu'il ne puisse obtenir tous les éléments voulus immédiatement avait été anticipé : prendre un commerçant ainsi sur le vif n'est pas sans nécessiter quelques concessions. Le sérieux de l'apothicaire et sa transparence convainquent pourtant le chef de clan qui réfléchit déjà au discours qu'il devra tenir à ses potionnistes pour les faire patienter.
La livraison en plusieurs fois tombait sous le sens et l'arrangeait au final. Sans frais supplémentaires ? Voilà un geste commerçant qui retenait son attention, et saurait le faire revenir.
D'autant plus qu'un partenariat ne semblait pas rebuter son interlocutrice, ce qui, au final, lui convient parfaitement. Ça lui permettrait de s'affranchir de grandes industries visiblement peu fiables ; et puis, les petits commerces étaient souvent bien plus dans le besoin d'une clientèle régulière.
Non pas que favoriser l'économie britannique lui tienne à cœur, mais...
« Oui, bien sûr. Tenez moi au courant.1 »
Il reviendrait au besoin, signer un contrat, en discuter avec le patron en personne peut-être.

Quoiqu'il en soit, il doit se recentrer sur autre chose. Elle lui ouvre la brêche, et c'est sans hésiter qu'il s'y engouffre, toujours avec la même attitude, la même prestance.
« J'aurais une autre demande, en effet. » Il se détourne un instant du regard de la jeune femme, balaie les alentours du regard, revient à elle. « Je ne fais pas qu'acheter. Je vends aussi. J'ai vu que vous n'avez aucune fiole de sang de Noir des Hébrides en vente. Je peux vous fournir en sang de dragon de premier choix, au besoin.2 »
Un petit peu de publicité ne fait jamais de mal. Et puis, un accord à double sens aurait ses avantages : ils pourraient calquer un contrat similaire, se donner des avantages dans les deux sens. Ça faciliterait les choses pour se mettre d'accord.
« J'ai également entendu dire que le chef d'un mouvement féministe était trouvable dans les environs. Sauriez-vous où je peux entrer en contact avec la femme en question?3 »
Pour faire d'une pierre plusieurs coups.
Non pas qu'il soit féministe lui-même. Enfin, il ne se le considère pas vraiment, peut-être même à tort. Mais l'organisation en question s'est fait un chemin jusqu'à ses oreilles et il est intrigué par son combat, ses réclamations... Et n'est pas assez idiot pour ne pas y voir une façon supplémentaire de se faire un allié, et d'étendre son réseau d'information.
Il sait l'importance d'une telle chose. Et quand ce n'est pas visible immédiatement, ça l'est tôt ou tard. Peut-être qu'il n'en verra pas les bénéfices lui-même s'il a la chance de vivre une vie paisible et sans plus d'engagement comme ceux nécessaires à l'époque du Seigneur des Ténèbres.
Il en doute : les troubles récents lui soufflent bien que les choses ne sont pas encore tassées. Le post-guerre est toujours une période délicate, un moment où les choses se mettent difficilement en place et la peur est toujours au ventre de tous.
Et c'est cette peur qui est déclencheur de catastrophes.
Il le sait.
Et il s'en méfie.
_______________________
1Aye, of course. Let me ken 'boot it, aye ?
2I do, actually. I dinna just buy. I also sell. I saw ye dinna ha' any vial o' Hebridean Black blood. I can provide ye with dragon blood of the best quality, if ye're in need.
3I alsae hearrrd tha' the leader o' a... feminist movement was tae be found 'round herrre. Would ye ken where I could find the lass in question ?


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Plutôt satisfaite de l’arrangement qui semblait pointer le bout de son nez, Alex regardait l’étranger avec un visage ouvert et c’est alors qu’il fit une proposition inattendue. Si elle était intéressée par du sang de Noir des Hébrides ? Il n’était pas idiot et connaissait très certainement la valeur d’une telle proposition et à l’entendre, bien qu’elle tâchât de rester professionnelle, Alex ne put empêcher sa voix de paraître un peu trop enthousiaste. La potionniste qui sommeillait en elle désirait ardemment manipuler des ingrédients d’une telle qualité.

« C’est une proposition intéressante, nous pourrions certainement passer un contrat basé sur nos besoins mutuels. J’en parlerai au plus vite à Mr Mickleburgh afin d’organiser un rendez-vous entre vous ? Je vous tiendrai au courant par Portoloin. »

Alors qu’elle pensait que l’homme allait prendre congés, Alex fut surprise de l’entendre prendre de nouveau la parole et ses mots la mirent sur ses gardes. Il était plus que suspect qu’il vienne comme par hasard poser des questions sur l’OFFRE à sa présidente sans sembler la reconnaître. Certes il n’était pas d’ici et semblait plutôt éloigné de la politique britannique mais tout de même c’était un peu gros. Ses dernières années passées auprès des Mardoliens avaient eu pour effet de développer l’instinct de protection – ou la paranoïa selon le point de vue – d’Alex aussi préféra-t-elle rester prudente :

« En effet, il existe depuis quelques temps un mouvement féministe appelé l’OFFRE qui se développe dans le monde sorcier et plus particulièrement à Bristol. En quoi cela vous intéresse-t-il ? »

Elle n’était pas contre discuter de l’OFFRE avec des inconnus, au contraire, elle était toujours prête à vendre son combat et son association mais un peu de prudence ne faisait jamais de mal. Elle croyait en ses valeurs mais ce n’était pas le cas de tout le monde et certains sorciers voyaient d’un mauvais œil ses tentatives de réformes sociales. L’homme semblait très attaché à ses traditions, peut-être était-il de ceux-là ? A moins qu’il soit seulement curieux ? Dans tous les cas, elle attendait de se faire un avis sur ses motivations avant de se dévoiler plus avant.  


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