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 Promenade avec les loups-garous [Klemens & Samantha]

Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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5 juin 2008, Passage des Poilus, Londres

La porte de l'apothicaire tinta lorsque Samantha la poussa, avant de se refermer en grinçant. La jeune fille jeta un coup d'oeil craintif autour d'elle, observant les lieux qui n'avaient rien d'engageant. Les étagères poussiéreuses croulaient sous les fioles et potions aux étiquettes jaunies, une odeur acre régnait dans la pièce et un vieil homme au dos vouté se tenait derrière un comptoir surchargé par des prospectus aux couleurs criardes qui mettaient en garde contre des maladies diverses. Le regard acéré de l'apothicaire se posa sur Sam, qui eut un geste de recul, prête à faire demi-tour pour s'en aller loin de ces lieux inquiétants. Même la ruelle dans laquelle se trouvait cette boutique incitait à la prudence, tant elle évoquait l'Allée des embrumes. Pourtant, elle s'en abstint, se contentant de jeter un coup d'oeil sur les parchemins qu'elle tenait entre ses mains tremblantes. C'était bien ici, dans le Passage des Poilus, situé non loin de l'entrée visiteurs du Ministère de la Magie, qu'on lui avait conseillé de venir se fournir. C'était l'un des employés du bureau de liaison des loups-garous qui lui avait suggéré de venir ici, devant sa reluctance à se rendre sur l'apothicaire du chemin de traverse, persuadée qu'elle tomberait fatalement sur une connaissance.

Ce n'était pourtant pas comme si sa lycanthropie était un secret. Tout Poudlard était au courant et nul doute que toute la cité Nimbus l'était aussi. La petite Sam qui s'était tant battu contre la Consumeuse avait attrapé un autre mal, finalement... Mais elle préférait rester discrète, pour l'instant. Elle avait encore trop de mal à se regarder dans un miroir, c'était déjà bien assez dur de réussir à franchir le pas d'aller acheter sa potion toute seule pour ne pas en plus aller là où se trouveraient toutes les petites mamies en train d'acheter leurs remèdes contre les rhumatismes.  Lors de sa sortie de Sainte Mangouste, les médicomages avaient donné à Sam de quoi se traiter les premiers temps, mais le temps avait passé, les premières pleines lunes aussi, et elle était venu à bout de ses réserves. Sam avait donc décidé de profiter d'une autorisation exceptionnelle de sortie que lui avait accordé la directrice pour se rendre au Ministère pour des formalités et un suivi. Le professeur Adamson lui avait pourtant proposé de lui concocter la potion, mais Samantha avait refusé. L'été approchait de toute façon et elle serait bien obligée de se débrouiller quand elle serait loin de Poudlard, alors autant faire face à la réalité le plus tôt possible.

"J'peux vous aider, ma p'tite dame ?", s'enquit l'apothicaire en la voyant hésiter.

Samantha inspira profondément puis s'avança vers le comptoir, avant de sursauter à nouveau quand la porte tinta une seconde fois. Elle ignora le nouveau venu, sentant ses joues s'empourprer à l'idée que quelqu'un allait l'entendre, et marmonna sa requête dans sa barbe.

"Parlez plus fort ma jolie ! A mon âge on est à moitié sourd, vous savez !"

"Je voudrais un flacon de potion tue-loup, s'il-vous-plait", répéta Samantha plus distinctement, avant de s'empourprer un peu plus en voyant le regard de l'homme s'égarer du côté de la cicatrice brillante qu'elle avait au cou. Faisant mine de mettre de l'ordre dans ses cheveux, elle rabattit une mèche blonde sur le devant de son visage, dissimulant ainsi quelque peu la cicatrice qu'elle allait probablement garder à vie. Elle se mordit l'intérieur de la joue en réprimant les larmes qui lui montaient aux yeux. Etait-ce de la pitié qu'elle voyait dans le regard de son interlocuteur, ou du dégoût ? Comment savoir ? Peut-être bien qu'il fallait mieux ne pas savoir. C'était déjà bien assez dur de craindre le moment du mois où elle allait se transformer pour ne pas en plus s'inquiéter du regard des autres...

"Nuit sanglante, hein ? Dur dur ! C'est le vieux Kester du département des créatures qui vous a dit de venir ici, j'parie ?"

Samantha approuva d'un hochement de tête, tout en suivant des yeux les mouvements de l'apothicaire qui attrapait un petit flacon derrière lui pour le mettre dans un sac de papier kraft.

"Il a bien raison, ma boutique paie pas de mine mais y'a jamais eu de cochonneries ici, que du fait maison, hé oui ! Pas d'horreurs de Chaudrillon ni de produits achetés au marché noir ! Ah, mais z'avez pas l'air bien. Faut pas vous en faire, ma p'tite. J'en vois passer des loupiots et j'vous assure qu'on s'y fait avec le temps ! Pis vous êtes toute jeune, l'avenir devant vous, j'parie que vous êtes encore à Poudlard ! Quelques bonnes notes, des ASPIC et vous arriverez bien à décrocher un petit poste pénard quelque part !"

Des bonnes notes... Sam s'abstint de répondre, se contentant de sortir sa bourse pour en retirer un paquet de gallions et de noises, qu'elle empila sur le comptoir. Ce petit vieux était bien gentil, finalement, mais elle aurait encore préféré un grincheux plutôt qu'un bavard avide de donner des leçons de vie. Croyait-il vraiment qu'elle avait récolté autre chose que des P depuis sa transformation ? Comme si elle avait la tête aux études...

"Vous avez raison. Merci", souffla-t-elle en accrochant un sourire factice à ses lèvres. "Bonne journée."

Sans demander son reste, elle agrippa son sac et fit volte-face, pressée de s'éloigner loin d'ici. Elle avait honte, par Merlin, aussi honte que la première fois où elle s'était rendue dans la Section des Animaux du département des créatures... Un animal, une créature, tout semblait indiquer qu'elle n'était considérée comme une sorcière à part entière. Si elle l'avait jamais été, avec son héritage moldu...

En se dirigeant vers la sortie de la petite boutique étriquée, Sam croisa le regard de l'autre client, et sentit tous ses poils se hérisser sans raison apparente. Quelque chose chez cet homme, d'apparence pourtant banale, provoquait une peur indicible chez Sam. Elle s'arrêta net, préférant laisser passer l'homme plutôt que de risquer de le frôler. Décidément, elle était peut-être devenue une créature sanguinaire mais elle était bien moins courageuse qu'avant. Bientôt, elle serait effrayée par sa propre ombre...


Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Rupture de stock. Roy était en rupture de stock, il était sérieux ? La pleine lune était... pour bientôt et il n'avait pas de potion parce que son meilleur ami était en rupture de stock et qu'il n'avait pas jugé bon de lui en garder une de côté avant de tout vendre. Bon, ok, d'habitude, il s'assurait toujours d'en avoir une d'avance mais ce mois là, il n'y avait pas pensé. Donc lui aussi était en manque de potion. Il allait devoir aller chez un apothicaire pour en acheter et il allait mettre tout ce qu'il lui restait d'économie dedans puisqu'il allait la payer le double de ce que Roy lui demandait.

Il s'en voulait de ne pas avoir été prévoyant, ce n'était pas la faute du trafiquant, il savait qu'il lui faisait déjà plus ou moins un rabais sur la marchandise, il n'allait pas non plus lui crier dessus parce qu'il n'en avait plus, surtout quand c'était lui qui s'y prenait au dernier moment. Donc, il avait un peu râlé et avait décidé de retourner dans la boutique qu'on lui avait conseillé lorsqu'il avait été se faire recenser la première fois. La porte tinta lorsqu'il l'ouvrit et il remarqua qu'il n'était pas seul dans la boutique. Une jeune fille s'y trouvait déjà, elle semblait bien jeune. Encore une gamine qui venait acheter un filtre d'amour pour convaincre un garçon de sortir avec elle à tous les coups. Lui n'avait jamais eu besoin de filtre d'amour. A cette pensée un léger sourire s'étira sur ses lèvres.

Il revint néanmoins très vite sur terre lorsque l'adolescente parla de potion Tue-loup. Klem fixa son regard sur ses cheveux blonds, écoutant le vendeur parler sans réellement l'entendre. Il venait de parler de la lune sanglante. Elle avait hoché la tête, une adolescente, serait-il possible que ? Son coeur battait la chamade dans sa poitrine. Pourquoi fallait-il qu'il tombe sur elle aujourd'hui ? Combien de probabilité y avait-il pour qu'il la croise ici. Il ne la lâchait pas du regard et lorsqu'elle se retourna, son coeur rata un battement, c'était elle. La fille de la photo, celle qui avait hanté toutes ses nuits avec sa copine morte. Il se sentit pâlir et se poussa pour la laisser passer. Il déglutit difficilement lorsque leurs regards se croisèrent.

Il avait envie de lui dire et en même temps, il voulait juste qu'elle parte. Il voulait qu'elle disparaisse de sa vie, il ne voulait pas savoir à quel point sa vie était horrible maintenant qu'il l'avait mordu. Enfin, c'était pas lui qui l'avait mordu, c'était l'autre. La bête. Il jeta un regard à l'apothicaire et sentit son regard un peu trop curieux sur eux deux. Il fit mine de s'approcher du comptoir pour demander sa potion lorsqu'il entendit la porte tinter à nouveau. Elle venait de sortir, il ne sentait plus son odeur entêtante. Il décida alors qu'il reviendrait plus tard pour la potion. Il s'excusa auprès de l'apothicaire et sortit précipitamment de la boutique. Il espérait ne pas l'avoir perdu. Il parcourut la foule du regard avant de tomber sur la chevelure blonde qui n'était pas si loin de lui que ça. Il courut dans sa direction et lorsqu'il la rattrapa, il lui saisit le bras pour l'arrêter. Il la contempla un instant en silence, se demandant ce qu'il était en train de faire. Il ne pouvait pas lui dire ça comme ça. Il n'en avait pas le courage c'était trop dur. Il lui relâcha le bras.

"Excusez moi, je..."

Il faillit dire qu'il l'avait prise pour quelqu'un d'autre. Peut-être aurait-ce était mieux. Elle serait partie comme elle était venue, lui aurait oublié qu'il l'avait vu et tout serait resté comme avant. Mais sa conscience lui soufflait qu'elle avait le droit de savoir qui l'avait transformé et qui avait tué son amie. Il inspira profondément.

"On... on s'est vu dans la boutique tout à l'heure. J'aurais voulu savoir si vous aviez le temps de discuter un peu."

Il devait la convaincre de le suivre. Elle n'avait aucune raison de le faire dans la situation actuelle, elle ne le connaissait même pas. Il fallait qu'il lui dise quelque chose qui la ferait céder.

"Je suis... un... comme vous. Vous accepteriez de prendre un café avec moi ? Pour discuter."

Il n'avait plus qu'à attendre sa réponse. Il était étrangement mal à l'aise. Il avait envie qu'elle refuse et en même temps, le fait de lui dire le soulagerait sans doute un peu de sa culpabilité. Il repensa qu'il n'avait toujours pas de potion pour la pleine lune, il ne fallait pas qu'il oublie d'aller l'acheter après.


Klemens Dabrosky
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Un certain soulagement l'envahit lorsqu'elle quitta la boutique oppressante pour retrouver la ruelle. Samantha pressa aussitôt le pas pour se glisser parmi les sorciers qui s'y promenaient, désireuse de mettre le plus de distance entre cet homme étrange et elle. Etrange, en soit, il ne l'était pas vraiment. En tout cas, il ne l'était pas plus que ce gobelin au regard mesquin discutant avec un homme encapuchonné qui fumait une longue pipe devant un bar sordide, à trois pas d'elle. Il n'était sans doute pas raisonnable de sa part de s'angoisser autant pour une intuition qui était après tout causée que par la honte d'être vue dans un tel endroit, et par cette peur déraisonnée qu'elle ressentait souvent depuis l'accident...

Samantha n'avait jamais été une Gryffondor brave et le courage n'avait jamais été sa qualité principale, mais elle vivait sereinement jusque là, parfois même un peu trop. La seule anxiété qu'elle ressentait parfois était celle de ne pas être à la hauteur ou de ne pas plaire, une peur d'échouer que l'on pouvait facilement attribuer au manque de confiance d'une adolescente peu sure d'elle. Depuis sa transformation, les choses avaient changé et elle était parfois brusquement terrassée par une angoisse écrasante. Il suffisait d'un rien, une situation un peu délicate ou un regard échangé pour qu'elle ressente cette panique qui la paralysait, rendait sa respiration difficile et lui donnait l'impression qu'elle allait mourir. Samantha se retrouvait à avoir peur pour sa vie, là, ici, partout, au milieu des gens, en pleine journée. Alors que c'était elle, la créature dangereuse que l'on devrait fuir... C'était ridicule, elle en avait conscience, mais elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur.

C'était l'une de ces fois. L'homme qu'elle avait croisé avait provoqué cette peur en elle et elle savait que la seule façon de s'en défaire était de mettre le plus de distance entre elle et lui, ce qu'elle comptait donc faire. Le seul petit problème dans ce plan était que cet homme lui avait attrapé le bras, ce qui rendait la fuite difficile... Samantha s'immobilisa aussitôt et glissa un regard paniqué sur lui, résistant de son mieux pour plonger la main dans son sac afin d'en tirer sa baguette. Elle était en pleine rue, elle n'allait pas se faire agresser en pleine rue, n'est-ce pas ? En effet, il s'avéra qu'il n'était pas là pour l'attaquer, mais sa requête était quelque peu étrange. Pourquoi voudrait-il discuter avec elle ? La réponse ne se fit pas attendre et firent s'écarquiller un peu plus les yeux de Sam. Un comme elle ? Un loup-garou ! Voilà pourquoi sa vue l'avait plongée dans cet état. Sans doute avait-elle désormais un espèce de sixième sens qui lui signalait qu'elle était en présence d'une personne semblable à elle... Les changements en elle étaient subtiles - à l'exception des nuits de pleine lune où elle aurait difficilement pu les manquer - mais bien présents, que ce soit dans sa physionomie, dans ses goûts ou même dans sa personnalité. C'était une source sans fin de questionnements et de doutes, car elle avait l'impression d'être devenue une étrangère à elle-même. Sa réaction face à un autre loup-garou était au premier rang de ses inquiétudes et son premier réflexe fut de vouloir fuir à nouveau.

"Non, je...", commença-t-elle sur un ton incertain, avant de se raviser tout aussi vite : "D'accord."

La curiosité avait été plus forte que la peur. Elle ne savait pas exactement pourquoi cet homme voulait lui parler. Peut-être était-il l'une des victimes de la pleine lune sanglante lui aussi, peut-être voulait-il seulement donner des conseils à une pauvre fille qui avait l'air perdue et traumatisée. Dans tous les cas, l'échange ne pourrait pas lui faire de mal. Après l'attaque, Sam n'avait voulu parler à personne de ce qui lui était arrivé, ni un psychomage, ni un médicomage, ni un employé du département de contrôle et de régulation des créatures magiques... Les questions sur ce qu'elle ressentait et sur ce qui lui arrivait tombaient dans le vide et ne trouvaient pour toute réponse qu'un regard amer et noir, sauf si c'était Lauren qui les posait. Avec le temps, néanmoins, Sam avait bien été forcée de reconnaître qu'elle avait désespérément besoin de parler à quelqu'un qui comprendrait ce qu'elle vivait, la détresse, l'injustice et l'incompréhension qui l'habitaient. Ce quelqu'un venait de se présenter à elle et elle refusait de le laisser passer, même s'il l'effrayait et si elle se ferait enguirlander pour ne pas être rentrée plus vite au château.

"Là-bas", décida-t-elle en désignant d'un signe de tête le bar qu'elle avait dépassé une minute auparavant. D'un pas décidé, elle se dirigea vers l'endroit et passa devant le gobelin et l'homme encapuchonné, le coeur battant. Si elle tergiversait une minute de plus, elle allait quitter les lieux et elle aurait des regrets. L'adolescente jeta à peine un coup d'oeil à l'endroit obscur et exigü qui ne devait pas voir passer de jeunes élèves de Poudlard tous les quatre matins, et s'assit sur une chaise à la propreté douteuse avant de poser son sac sur ses genoux. Accepter l'invitation de l'homme n'était pas très prudent, alors autant garder sa baguette à proximité. 

"Un café, s'il-vous-plait", demanda-t-elle d'une petite voix à la sorcière enrobée qui était venu prendre leur commande. Se mordillant l'intérieur de la joue, Sam finit par se tourner vers l'homme, visiblement nerveuse. Elle avait des millions de questions à poser, à commencer par savoir ce qu'il lui voulait, mais la première qu'elle prononça fut d'une banalité affligeante.

"Comment vous vous appelez ?"


Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Le refus premier de la jeune fille le soulage et l'afflige en même temps. Mais elle se ravise et accepte. Il n'arrive pas à définir ce qu'il ressent lorsqu'elle accepte. Il sent son estomac devenir plus lourd. Il ne sait plus pourquoi il lui a adressé la parole, il se dit qu'il est en train de faire n'importe quoi. Néanmoins il suit sa victime jusqu'à un bar un peu miteux. Il prête pas du tout attention aux autres personnes présentes, trop concentré sur ce qu'il va dire et un peu nerveux. Il sursaute légèrement lorsque la serveuse lui demande ce qu'il veut. Il la regarde une seconde comme si elle venait lui poser la question la plus compliquée du monde avant de se répondre.

"... Un café s'il vous plaît."

Il aurait certainement pris quelque chose de plus fort si la jeune fille face à lui n'avait pas été si jeune. Et puis, il n'a pas envie de passer pour un ivrogne. Il soupire un peu et commence à laisser son regard vagabonder autour de lui, essayant de gagner du temps avant d'aborder ce pourquoi il a accosté Samantha. Il vrille son regard dans le sien lorsqu'elle engage la conversation.

"Klemens mais tu peux m'appeler Klem."

Son accent est légèrement plus prononcé que d'habitude à cause du stress. Il se dit que si il continue à être aussi loquace, la conversation va tourner court. Il prend donc son courage à demain au moment où la serveuse revient avec leurs consommations. Il la remercie, se saisit de sa tasse pour se donner un peu plus de courage et une certaine contenance avant d'expirer silencieusement.

"Tu es Samantha Miller n'est-ce pas ? J'ai vu ta photo dans le journal. Je suis désolé pour ton amie... je ne voulais pas..."

Il ne voulait pas quoi ? Que ça se finisse comme ça ? Bien sûr que non. Qui l'aurait voulu. Il va dire quoi maintenant ? Que c'était un stupide accident qu'il regrette ? Ça va pas lui rende sa vie d'avant à la gamine. Il soupire une nouvelle fois et se pince l'arrête du nez entre deux doigts.

"Bon écoute, je vais pas tourner autour du pot pendant quinze ans. C'était moi ce soir là. Enfin, le loup, la bête, le monstre, appelle-le comme tu veux. J'avais pris ma potion comme à chaque pleine lune mais ce soir là, elle a pas fonctionné. Je cherche pas d'excuses, je cherche pas à me justifier. Juste, je voulais que tu saches. Pour que tu arrêtes de te demander pourquoi toi, pourquoi c'est arrivé. Y a pas de réponses à ces questions là. C'est comme ça c'est tout. Et puis... je voulais m'excuser aussi. Si ça peut te consoler un peu, je me sens super coupable et j'arrête pas d'y penser. J'me rappelle de rien mais j'imagine assez de quoi il peut être capable alors. Je sais bien que ça changera rien pour toi. Si t'as envie de me détester, j'essayerais même pas de t'en dissuader parce que ce qui t'es arrivé est injuste et impardonnable alors..."

Il hausse les épaules et vide sa tasse de café. Il laisse son regard vagabonder dans la rue, le visage fermé essayant de dissimuler le trop plein d'émotions qu'il ressent. Il affiche un flegme et une confiance en lui qu'il est loin de ressentir et pourtant, il ne se laissera pas aller et il ne craquera pas. Il reporte son attention sur Samantha. Il lui a laissé un peu de temps pour assimiler.

"Voilà, tu sais tout maintenant. Si t'as des questions vas-y te gêne pas. Si tu veux me frapper où je sais pas quoi vas-y lâches-toi. J'imagine que ça peut te faire que du bien. Enfin, j'crois que j'aurais aimé avoir l'occasion de parler avec mon... avec le type qui m'a mordu."

Il avait failli dire créateur. C'était un peu morbide comme idée. Comme si le fait de se transformer en loup-garou était une espèce de renaissance. C'était assez étrange comme concept. Lui qui voyait le gêne lupin plus comme un virus. Une sorte de maladie qui s'était lié à son génome et qui en réaction à la pleine lune agissait sur son corps pour lui faire changer d'apparence. Mais c'était sans doute une analyse faussé et un peu trop poussé pour son intelligence légèrement diminuée.


Klemens Dabrosky
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Samantha jeta un regard incertain à "Klem". Son visage se ferma quand il mentionna Roxanne et elle se demanda une fois encore ce qu'il lui voulait, cet homme étrange avec son accent bizarre. Klemens ne semblait pas vouloir tourner autour du pot et la réponse ne se fit pas attendre, figeant Samantha d'effroi. C'était lui, lui l'homme qu'elle maudissait et craignait depuis des semaines, lui le monstre tout droit tiré d'un film d'horreur qui les avaient attaquées, Roxanne et elle. Il avait tué son amie et l'avait transformée et pourtant, il paraissait désespérément normal, aujourd'hui, désemparé et désolé par son geste. La jeune fille s'était raidie sur sa chaise, retenant instinctivement sa respiration tandis que son regard arrondi ne lâchait plus l'homme qui lui faisait face. Elle l'écoutait avec attention mais son cerveau fourmillait sous l'effet de mille pensées et émotions contradictoires. Désormais, elle comprenait l'origine de la peur panique qui l'avait saisie dans la boutique de l'apothicaire, et elle en venait même à se demander comment elle n'avait pas compris qui il était plus tôt. Sa peur ne l'avait pas quittée, instinctive, mais elle était désormais désireuse de la dompter.

Car ce que ressentait Samantha avant tout, au-delà de l'angoisse et de l'horreur suscitées par le souvenir de l'attaque, c'était de la compassion. Klemens, c'était quelqu'un comme elle, quelqu'un qui été né comme les autres et qui, un jour, était devenu cette bête horrible. A l'en croire, il prenait sa potion et ne cherchait pas à blesser ses congénères. Il était l'un de ces loups garous qui avaient été victimes de la crise Chaudrillon et dont elle avait lu des témoignages dans la presse avec une certaine fascination. Comment se sentirait-elle à sa place, si elle blessait, ou pire, si elle tuait quelqu'un, parce que la potion qu'on lui avait vendue était mauvaise ? Trahie, horrifiée, coupable, dégoûtée, les adjectifs ne manquaient pas et elle se sentirait avant tout indignée par l'entreprise et les gouvernements successifs qui, par leur laxisme, avaient permis la tragédie d'arriver. Des hommes d'affaire, des politiques étaient à l'origine de ce drame. Klemens était une victime tout autant qu'elle et la militante acharnée qu'elle était ne pouvait s'empêcher de se sentir scandalisée. Au fond, c'était comme si Klemens lui avait transmis la Consumeuse. Ce n'était pas à lui qu'elle devait en vouloir, mais à ceux qui avaient permis la transmission...

Pour autant, la compassion et la sympathie de la jeune femme avait ses limites, tout comme son espoir d'avoir trouvé là un alter ego. Samantha restait sur ses gardes. La colère qui l'habitait depuis l'accident était trop prégnante en elle pour qu'elle puisse l'écarter d'un revers de main et décider que Klemens ne devait pas la subir. Elle avait besoin de savoir comment une telle chose avait pu arriver, et de comprendre précisément le déroulement des évènements.

"Vous aviez vraiment pris la potion ? Qu'est-ce que vous faisiez dans les rues de Pré-au-Lard, pendant la pleine lune ?", murmura-t-elle finalement, son regard vrillé sur celui de son agresseur, bien décidée à ne pas accepter le moindre mensonge.

Elle avala une gorgée de café pour se donner une contenance, consciente que son interrogatoire risquait de mettre Klemens sur la défensive, mais c'était lui qui avait cherché à lui parler, après tout. Avant de lui accorder sa confiance, elle voulait avoir toutes les cartes en main. La prudence était de mise, c'était une leçon qu'elle avait appris de la plus dure des façons...


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Klem sent que la discussion va être beaucoup moins détendue maintenant qu'il a tout raconté. Il soupire légèrement lorsqu'il remarque son changement de comportement. Elle est méfiante, il peut le voir dans son regard et dans la façon qu'elle a son mouvement de recule presque imperceptible. Il a appris à déchiffrer les sentiments des gens et il peut voir que Samantha n'est plus aussi avenante qu'il y a cinq minutes. Il baisse les yeux sur sa tasse vide et se dit un instant qu'il prendrait bien quelque chose de plus fort que de la caféine. Et ils risquent d'en avoir pour un certain moment si elle veut connaître tous les détails. Il interpelle la serveuse qui passe à côté d'eux au moment et commande une bieraubeurre avant d'interroger la jeune femme du regard. Il la laisse commander ce qu'elle veut avant de commencer à rassembler ses esprits. Il attend que la serveuse revienne avec leur commande et inspire profondément pour se donner du courage.

"J'ai bien pris ma potion ce soir là. J'avais même tout prévu à l'avance puisque je devais rencontrer mon frère aîné que je n'avais pas vu depuis dix ans. C'est pour ça que j'étais à Pré-au-Lard ce soir là. Il m'avait donné rendez-vous. Je ne sais pas si il savait que c'était la pleine lune où non mais le fait est que je ne pouvais pas transplaner lorsque nous nous sommes quitté. Le ciel commençait à s'obscurcir et il fallait que je trouve un endroit où passer la nuit. Quand le corps commence à devenir douloureux, j'évite de transplaner. J'ai donc squatté la vieille maison abandonnée à la sortie du village. C'était pas prémédité et normalement tout ce serait bien passé si la potion avait fonctionné correctement."

C'est vrai que c'est facile d'accuser Chaudrillon et de dire qu'il n'y ait pour rien mais au fond, il sait bien que si il n'avait pas été voir Jacek ce soir là, rien de tout cela n'aurait eu lieu. Il lui avait dit quoi en plus ? A part lui balancer des horreurs à la tête. Il n'avait pas l'intention de réitérer l'expérience d'ailleurs. Il but une gorgée de bière et posa son regard sur l'adolescente.

"Et vous que faisiez vous à cette heure là dans les rues ?"

Ce n'était pas une accusation, il essayait juste de comprendre ce qui avait poussé deux adolescentes à quitter leur lit au beau milieu de la nuit. Il savait qu'il y avait Poudlard tout prêt de Pré-au-Lard. C'était là-bas que Roy et Valery avaient fait leurs études. Il comprenait parfaitement l'envie de faire le mur. Combien de fois lui même l'avait fait à Durmstrang avec ses copains pour aller faire un feu de camp à côté du lac gelé. Il y avait tous les paris stupides qui en découlaient à côté évidemment. C'était la meilleure période de sa vie.


Klemens Dabrosky
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Samantha sentit sa méfiance s'abaisser à mesure que Klemens lui racontait pourquoi il se trouvait à Pré-au-Lard au moment de l'attaque. Tout ceci n'était qu'un horrible concours de circonstances, un accident dont elle ne pouvait lui tenir rigueur, et c'était un soulagement, en quelque sorte. Elle ne voulait pas nourrir une rancoeur éternelle contre un homme qu'elle ne connaissait pas et qui était comme elle, un pauvre malheureux qui avait été au mauvais moment au mauvais endroit. Il était bien moins destructeur pour la jeune femme de concentrer sa colère et son indignation contre ceux qui étaient à l'origine de la situation, les dirigeants de Chaudrillon et les gouvernements successifs. Après tout, après Nimbus, elle était habituée, n'est-ce pas ! Elle s'apprêtait à répondre à Klemens quand celui-ci lui retourna sa question, la faisant se figer sur sa chaise.

Baissant les yeux sur la table, elle garda le silence un instant avant de tremper les lèvres dans son verre de biéraubeurre. La honte lui brûlait les joues lorsqu'elle redressa la tête pour plonger son regard dans celui de son interlocuteur.

"J'ai entraîné Roxanne en douce hors du chateau, il y avait ce groupe de rock qui donnait un concert à Pré-au-Lard et nous étions fans..."

Sa voix mourut sur ces derniers mots, alors qu'elle prenait conscience de la futilité dont elle avait fait preuve. Tout ça pour un malheureux concert, tout ça parce qu'elle avait voulu s'amuser un peu et retrouver le sourire après l'affaire Nimbus, et qu'elle avait entraîné sa nouvelle amie à sa suite. Elles avaient agi comme deux adolescentes stupides et écervelées parce que cela faisait du bien parfois de se laisser aller, et elles en avaient payé le prix fort...

"On était en train de chercher l'endroit quand la bête...quand vous...quand c'est arrivé", conclut-elle d'une voix tremblante. "Je ne me le pardonnerai jamais."

Non, Sam n'oublierait pas et elle continuerai à porter le poids de cette culpabilité toute sa vie. Les pleines lunes seraient sa punition... Mais Klemens, lui, n'avait pas à supporter cette culpabilité. Il n'était qu'une victime, lui, quelqu'un que l'on avait dupé et que l'on craignait alors qu'il n'avait voulu faire de mal à personne. Désireuse de lui prouver qu'elle ne lui en voulait pas, Samantha avança sa main vers le sorcier et, après un instant d'hésitation, la posa sur son bras qu'elle serra doucement. Ce geste de réconfort eut le don d'hérisser ses poils sur sa nuque. La peur instinctive qu'elle avait ressenti un peu plus tôt n'était pas complètement partie, mais elle savait qu'elle pouvait la dompter.

"Mais ce n'est pas votre faute, Klem, si la potion était mauvaise", dit-elle d'une voix moins hésitante. "Vous aviez le droit de vivre votre vie même si c'était la pleine lune et d'aller voir votre frère après toutes ces années, vous ne pouviez pas savoir...C'est tellement injuste. Je suis désolée."



Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem écouta Samantha lui raconter pourquoi elles étaient sorties. Le monde était injuste, elles avaient simplement voulu profiter de la vie, s'amuser quelques heures sans penser à rien et aller voir un concert. Il l'avait fait tellement de fois à Durmstrang avec ses amis et il ne lui était jamais rien arrivé. Il se doutait que cela devait être la première sortie illégale des jeunes filles et elles avaient vécu l'enfer. Il soupira lorsqu'il vit l'effort de la jeune fille pour se reprendre lorsqu'elle le traita de monstre. C'était la pure vérité après tout. La pleine lune l'avait transformé en monstre, il n'était plus lui. Il se dissociait complètement de la bête assoiffée de sang qui prenait le pouvoir lorsqu'il ne prenait pas sa potion où qu'elle ne fonctionnait pas.

"Tu peux parler de bête ou de monstre. C'est ce que c'est."

Il resta un instant à observer la main que Sam venait de poser sur son avant-bras. Il pouvait presque sentir la peur qu'elle ressentait et pourtant elle restait là avec lui. Il croisa son regard alors qu'elle continuait de parler en lui assurant que ce n'était pas sa faute. Il vint recouvrir la main de la jeune fille de la sienne avec un léger sourire reconnaissant. Le contact n'était pas désagréable.

"Ce n'était pas ta faute non plus. Vous aviez le droit de vous amuser aussi. Si tu savais le nombre de fois où avec mes amis nous avons quitté Durmstrang. Ce n'est pas juste ce qui est arrivé. Tu as entraîné ton amie mais si elle n'avait pas voulu venir elle te l'aurait dit et elle n'aurait pas été là. Alors ne te blâme pas pour quelque chose qui n'est pas de ta faute."

La culpabilité était leur plus gros point commun. Il poussa un léger soupir et but une gorgée de biéraubeurre. Il aurait voulu faire tellement plus pour Samantha que lui assurer que tout irait mieux maintenant que les preuves contre Chaudrillon étaient accablantes. Mais il savait pertinemment que ce n'était pas vrai. Ça ne ramènerait pas Roxanne et ça ne rendrait pas sa vie d'avant à Sam. Alors il essayerait d'aider du mieux qu'il pourrait la jeune fille à accepter sa condition ou du moins à s'y résigner et à continuer à vivre comme avant. De continuer à sortir et à profiter de la vie.

"Tu as peut-être des questions. Comment s'est passé ta première pleine lune ? Pas trop douloureuse j'espère. Tu sais, tu peux me demander tout ce que tu veux. J'peux même te présenter quelques copains comme nous. Bon c'est pas le genre de personne que je fréquente le plus. C'est sans doute un peu égoïste de ma part mais je préfère éviter le plus possible ceux qui sont comme nous, ça me permet de continuer à vivre, à faire la fête comme je veux. Au final, j'suis resté le même qu'avant. Enfin presque...", un léger sourire s'étira sur ses lèvres. "Je suis beaucoup moins arrogant."

Un léger éclair de malice passa dans son regard alors qu'il se rappelait de certains souvenirs de son adolescence. Il était un petit snobinard arrogant à l'époque. Enchaînant les conquêtes sans lendemain et sans considération pour elles. Il se croyait invincible. Il était brusquement retombé sur terre. Et finalement, ce n'était peut-être pas plus mal.


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Une bête, un monstre… C’était peut-être ce qu’elle était mais Samantha n’avait certainement pas envie de se définir comme cela. Et elle ne le ferait pas, d’autres s’en chargeraient bien à sa place. La seule façon de se remettre de tout cela était de cesser de se blâmer et de continuer à vivre la tête haute, elle le savait bien. C’était pourtant plus facile à dire qu’à faire, et les paroles de Klemens qui tentait de la déculpabiliser glissèrent sur elle sans la toucher. La jeune fille haussa ses épaules en esquissant un petit sourire, mal à l’aise. Quoi qu’en dise Klemens, et même si son raisonnement se tenait, elle savait pertinemment que c’était sa faute si Roxanne avait été hors de son dortoir ce soir là. Et elle ne se pardonnerait jamais complètement cela.

Penser à Roxanne la plongeait toujours dans des abysses de mal-être, aussi fut-elle reconnaissante envers Klemens pour le changement de sujet. C’était une aubaine, finalement, qu’ils se soient croisés par hasard. Cette rencontre avec son « créateur » était bénéfique et Sam se sentait déjà un peu mieux, maintenant qu’elle pouvait mettre un nom et un visage sur celui qui l’avait mordue. Une partie de sa colère, pour ne pas dire rage, s’était envolée et elle se sentait mille fois plus légère. Un sourire sincère éclaira son visage lorsqu’il proposa de lui présenter des copains, et elle songea qu’il était très gentil, ce Klemens, finalement. Otant sa main de son bras, elle joua avec ses cheveux machinalement et répondit, passant instinctivement au tutoiement :

« C’est très gentil de ta part, je comprends que tu n’aies pas envie de passer ta vie avec d’autres loups-garous… J’veux dire, je passe déjà assez de temps comme ça à redouter la prochaine. Enfin, peut-être que ça s’améliore avec le temps ? J’espère, en tout cas ! »

Vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête n’avait rien de plaisant. De plus, et c’était quelque chose que Klemens n’avait pas à subir, mais Samantha avait déjà bien assez d’une mauvaise période du mois. Désormais, elle avait l’impression de passer la moitié de son temps grincheuse et de mauvaise humeur. Heureusement qu’elle avait un entourage tout aussi prompt à être irritable, ce qui lui permettait de passer relativement inaperçue !

« Ma première pleine lune… », commença-t-elle avant de s’interrompre, un frisson désagréable lui parcourant la nuque à ce souvenir. « J’avais tellement peur avant que ça n’a pas été si terrible que cela, finalement. J’veux dire, je m’attendais à… »

Elle s’attendait à se transformer en une bête horrible et féroce qui s’échapperait de son cachot pour assassiner sauvagement ses camarades. Sam avait beau savoir que sa potion la transformerait en un animal inoffensif, le souvenir de son attaque était trop vivace pour qu’elle puisse ôter l’image du monstre de sa mémoire.

« Je ne sais pas trop. Finalement, la potion tue-loup est quand même assez efficace. J’ai souffert mais j’imagine que ce n’était rien comparé à une transformation complète. »

Son regard croisa celui de Klemens et elle pria intérieurement pour qu’il démente. Elle espérait réellement ne jamais avoir à connaître cela, mais les chances étaient faibles… Tous les loups-garous devaient bien avoir un raté un jour ou l’autre, non ? Il fallait avoir une potion efficace à disposition, pouvoir la payer, pouvoir la boire au bon moment… Les accidents pouvaient arriver, la preuve ! C’était devenu sa plus grande peur.

« C’est quand même pas très agréable mais bon, je crois que le pire c’est le regard des gens… »

Klemens n’était peut-être pas sujet à cela. Il avait l’air d’être quelqu’un d’heureux et de plutôt bien dans sa peau, puisqu’il avait des copains, aimait faire la fête. A vrai dire, Sam trouvait Klemens intéressant et mourait d’envie d’en savoir plus à son sujet. Si elle comprenait effectivement pourquoi Klemens voulait éviter de passer sa vie avec ses semblables, Sam n’en était pas encore là. Elle avait l’occasion de parler à quelqu’un qui vivait la même chose qu’elle, un inconnu qui la comprenait probablement mieux que personne, et elle tenait à la saisir. Pourquoi ne pourrait-elle pas être amie avec d’autres lycanthropes ? C’était une existence solitaire, car hormis ses amis qui l’aimaient déjà avant son accident et avaient accepté sa transformation, elle savait qu’il serait désormais plus difficile de se faire de nouveaux amis. C’était ainsi, les gens n’étaient tolérants que dans une certaine limite. D’ailleurs, « tolérant » voulait tout dire. Pourquoi devrait-elle être simplement tolérée ? Elle méritait autant de vivre tranquillement et en communauté que n’importe qui d’autre…

Désireuse de mettre ces sombres pensées de côté, Sam décida d’interroger Klemens, curieuse de connaître son histoire.

« Tu as été à Dumstrang alors ? Tu viens de quel pays ? Tu es venu en Angleterre pour ton travail ? », s’enquit-elle avec curiosité, se souciant peu d’être indiscrète. Ils avaient largement dépassé ce stade.



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"Je crois que l'appréhension de la pleine lune ne nous quitte jamais vraiment. Il y a... Enfin, je sais que depuis... l'accident, j'ai toujours peur que la potion ne fonctionne pas. Et puis, c'est toujours assez désagréable d'avoir mal partout et d'être plus ou moins malade pendant trois jours. C'est pas la période du mois la plus fun si tu vois ce que je veux dire."

Il ne veut pas lui faire peur mais en même temps, il n'a pas le droit de lui mentir en lui disant que la douleur passe avec le temps. Non, on s'habitue juste et on vit avec. Plus ou moins bien selon les personnes. Lui, il rejette en bloc ce qu'il devient une fois par mois. Il a l'impression que Samantha ne fera pas pareil et qu'elle semble plus encline à s'accepter même sous sa forme de louve. Il ne peut pas l'en blâmer. Il aimerait pouvoir faire de même mais c'est au dessus de ses forces. Ce serait accepter le fait qu'il est bel et bien un assassin et c'est au dessus de ses moyens.

"Les transformations complètes sont beaucoup plus douloureuses et fatiguent plus qu'une transformation sous Tue-loup. Et puis... on est plus du tout nous même, je veux dire, on ressent tout ce qu'il ressent, sa faim et... enfin bref. Il reste le plus fort et on a aucun contrôle dessus. Sauf évidemment si tu acceptes de devenir un monstre et que tu perds toute humanité."

Une moue de dégoût se dessine sur son visage. Il a entendu parler de Fenrir Greyback. Comme tout le monde et ce dont il était capable en dehors des pleines lunes prouve bien sa théorie. Cette homme avait perdu toute trace d'humanité. Jusqu'à être capable de faire ressortir le loup en lui en dehors des pleines lunes. Un frisson lui secoue légèrement les épaules et il porte son verre à ses lèvres pour masquer son trouble. Il esquisse un sourire compatissant alors qu'elle évoque le regard des autres. Son regard se perd dans le vague alors qu'il repense au rejet de sa famille et de ses amis de l'époque.

"C'est la chose la plus douloureuse. Bien plus que la transformation, la solitude est comme un poison. C'est encore pire quand le rejet vient de ta propre famille. Des amis, tu peux t'en refaire mais une famille... c'est plus difficile."

Ses yeux se baissent sur son verre quelques instants. Il ne devrait plus se sentir aussi mélancolique. Tout ceci s'est passé il y a plus de dix ans. Et pourtant, il n'arrive pas à totalement tourner la page. Le fantôme de Kaszia continue de le hanter inlassablement. Il pousse un léger soupir avant de redresser le regard sur Samantha et d'esquisser un léger sourire à son attention.

"Oui, j'ai étudié à Durmstrang. Je suis polonais et j'ai voyagé un peu à travers toute l'Europe. Et non, je ne suis pas en Angleterre pour mon travail. Juste... j'ai posé mes valises et je compte bien reconstruire ma vie ici. J'ai traversé pas mal d'épreuves et je me suis fait pas mal d'amis ici. Je crois qu'il est temps que je me pose quelque part."

Un sourire se dessine sur ses lèvres alors qu'il boit une gorgée de sa boisson pour conclure ses dernières paroles. Il n'a plus l'intention de fuir désormais et puis, il a Valery maintenant, la vie semble enfin lui sourire un peu après tout ce qu'il a vécu.


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« Je vois très bien », souffla Samantha avec un petit sourire triste. Sans doute finirait-elle par se faire à la situation, contrainte et forcée, mais l’accepterait-elle jamais complètement ? Elle en doutait. Son sourire se transforma en grimace lorsqu’il lui expliqua comment se passaient les transformations complètes, et elle pria une fois de plus pour ne jamais, au grand jamais, avoir à connaître cela. Même si Klemens avait raison sur un point, ce n’était peut-être pas le plus difficile dans le fait d’être un loup-garou. En soit, avec une bonne potion, être loup-garou n’impliquait que quelques nuits douloureuses une fois par mois et un comportement lunatique, mais c’était bel et bien à cause du regard des autres que cette condition était si difficile à supporter au quotidien. Le fait de se dire que les meilleures notes aux ASPICs possibles ne suffiraient peut-être pas à trouver un emploi permettant de subvenir à ses besoins était tout aussi effrayant que la perspective de se transformer en une bête velue et inoffensive enfermée dans une salle de classe… Mais Sam ne pouvait blâmer complètement ces réactions. Tant que des accidents comme celui qui leur était arrivé étaient possibles, la peur entourerait encore les loups-garous, que ce soit chez leur entourage ou en eux. C’était pour cela que le rôle du gouvernement dans leur condition était primordial. C’était à eux d’assurer que jamais plus des loups-garous ne puissent blesser ou mordre qui que ce soit.

Klemens n’était visiblement pas étranger au rejet inhérent à leur condition, à en juger par la façon dont il mentionna sa famille. Elle pouvait imaginer que se voir rejeter par sa propre famille pouvait être particulièrement dur. C’était plus ou moins ce qu’elle avait vécu avec sa mère, lorsque ses pouvoirs magiques s’étaient déclarés, mais elle avait retrouvé une famille avec ses deux pères et ne pouvait imaginer comment elle aurait réagi s’ils l’avaient rejeté à cause de sa lycanthropie…

Attendrie, Sam voulut tendre la main pour saisir le bras de Klemens à nouveau et se réfréna de justesse. C’était curieux, la façon dont elle parvenait à se montrer empathique à l’égard de Klemens, en dépit de la crainte instinctive qu’il lui inspirait. Comme si un lien invisible les reliait du fait de leur appartenance commune. Peut-être que Klemens n’avait pas fait des autres loups-garous ses meilleurs amis mais Sam commençait à se demander si cela ne serait pas une bonne chose pour elle. Le sentiment d’appartenance à une communauté, même marginalisé, pouvait être quelque chose de très fort et puissant chez quelqu’un de déboussolé.

La jeune fille écouta le récit de Klemens avec curiosité, un petit sourire s’étalant sur ses lèvres quand il mentionna s’être fait des amis en Angleterre et vouloir poser ses valises.  

« J’espère que tout se passera bien pour toi, alors ! Tu vis ici, à Londres ? Moi je suis originaire de la cité Nimbus. C’est ma dernière année à Poudlard et je ne sais pas du tout ce que je vais faire après… Je ne suis pas très bonne élève et j’imagine que la lycanthropie n’aide pas vraiment à trouver du travail. »

Elle grimaça avant de jeter un regard interrogateur à Klemens, se demandant comment lui faisait pour se débrouiller. Peut-être était-ce pour cela qu’il avait tant voyagé, parce qu’il lui avait été difficile de se faire une place en tant que loup-garou. Ou peut-être qu’elle extrapolait.

« En tout cas, c’est bien si t’as trouvé des amis ici. Moi, je sais pas comment je ferais en ce moment pour m’en sortir si j’avais pas eu ma copine et mon meilleur ami pour m’aider… Les gens peuvent être tellement stupides à Poudlard parfois. »


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"Oui j'habite à Londres. Et j'espère pour toi que tu arriveras à t'en sortir. J'ai des amis qui ont des employeurs compréhensifs et qui ne jugent pas mais ce n'est pas la majorité, hélas."

Il préférait ne pas mentionner son propre emploi. Il ne voulait pas que Samantha termine dans le petit banditisme. Malheureusement, c'était souvent le cas, d'autant plus lorsqu'on côtoyait les meutes. Elles étaient marginalisées et souvent il y avait le chef de meute et les sous-fifres qui s'occupaient des basses besognes. En Europe de l'Est, c'était souvent ce qui se passait, le plus fort prenait la tête du groupe et montait un petit trafic. Il avait toujours évité ce genre de plan parce qu'une fois enrôlé, il était très difficile de s'en sortir. Mais en Angleterre ce n'était pas comme ça heureusement ou peut-être plus comme ça. Il n'était pas installé depuis suffisamment longtemps pour se prononcer. Toutefois, ce n'était pas un endroit pour une jeune femme comme Sam.

"La bêtise humaine n'a pas d'âge. tu verras qu'il n'y a pas qu'à Poudlard que les gens sont stupides. Souvent, l'école ne représente qu'un petit concentré de ce que tu peux rencontrer dans la société actuelle."

Il poussa un soupir et vida son verre. Même les gamins étaient horribles entre eux. Comme si la méchanceté gratuite n'était pas suffisamment présente dans le monde adulte. Pourquoi les gosses se sentaient-ils obligés de se montrer aussi cruels. Ils devraient tous être de gentils petits gnomes attendrissants. Mais non, dès leur plus tendre enfance, les pourritures étaient déjà des têtes à claques. Lui même un jour avait-il été odieux à ce point ? Il ne pensait pas. Il savait qu'il avait plus d'une fois été un véritable goujat et même parfois cruel avec certaines personnes, souvent des filles qu'il jetait comme de vieux chaudrons après avoir eu ce qu'il voulait. Mais avait-il été un monstre d'intolérance ? Il ne l'espérait pas.

Il jeta un rapide coup d’œil à sa montre. Il commençait à se faire tard et il avait promis à Valery de rentrer tôt ce soir là. Il n'avait pas envie pas vraiment envie de partir mais il le fallait. Il avait bien discuté avec Samantha et un léger poids s'enlevait de ses épaules. Bien plus que lorsqu'il avait été se rendre aux Aurors. Chose stupide qu'il regrettait encore d'avoir faite. Il releva les yeux sur la jeune fille et esquissa un sourire.

"Je suis désolé, je vais devoir te laisser. J'ai été heureux de te rencontrer et de pouvoir te parler."

Il déposa sur la table de quoi payer leurs consommations et se leva, le sourire toujours aux lèvres.

"Si jamais tu as un problème ou juste envie de parler, n'hésite pas. Je serais heureux de te revoir."

Puis il salua une dernière fois la jeune lycanthrope et sortit du café l'esprit plus léger que lorsqu'il y était entré. La culpabilité ne le quitterait certainement jamais mais au moins, il pourrait l'accepter et vivre un peu mieux avec. Il avait pu s'exprimer en direct avec la première concernée et c'était plutôt libérateur comme thérapie. Il y avait plus qu'à espérer que Sam apprenne à vivre avec sa malédiction maintenant. Et il espérait qu'elle s'en sortirait mieux que lui.

Fin du Rp


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Promenade avec les loups-garous [Klemens & Samantha]

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