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 Garden Party [Jacob, Leopold, Rosaleen & Swann]

Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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3 Juin 2008

Swann avait toujours aimé recevoir. Même enfant, elle se faisait une joie à l'idée que Natasha vienne passer quelques heures chez elle pour le gouter. La fillette préparait généralement une jolie table dans une belle harmonie de couleurs et de matières avant de supplier Sheiba pour qu'elle achète les meilleures pâtisseries du Chemin de Traverse. Les deux enfants passaient ensuite la majeure partie de l'après-midi à jouer aux grandes dames du monde.
Dix ans plus tard, Swann n'avait pas perdu son gout pour les réceptions et elle était justement occupée à dresser une table sous la tonnelle ombragée de son jardin à l’arrière de la maison. La 227 Greyfriars Square disposaient en effet d’un joli coin de verdure qui vous faisait oublier la proximité immédiate de la ville. Ce petit havre de paix était par ailleurs protégé par de nombreux sortilèges qui permettaient aux résidents d’être totalement invisibles aux yeux de leurs voisins ce qui leur garantissait une intimité optimale. C’était donc le cadre idéal pour recevoir Leopold Marchebank et sa jeune fiancée Rosaleen Lestrange. Jacob avait longuement insisté sur le caractère convivial et informel de ce repas et Swann avait décidé de les recevoir chez eux plutôt qu’au Manoir Swinton qui était pourtant le lieu désigné par le couple pour toutes leurs réceptions officielles. Greyfriars Square, était leur petit nid privé mais Jacob voulait manifestement tisser un lien privilégié avec Leopold, ce qui n'était pas pour déplaire à l'ex-préfète. Même si le diner de ce soir n'avait rien de professionnel, Swann espérait pouvoir glisser quelques mots à propos du commerce de cuir de dragon au Directeur du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magique. Ne l'avait-elle pas promis à Alexandre MacFusty ?

Bien décidé à tirer le meilleur parti de cette soirée, Swann observa sa table d'un air satisfait. Il ne lui restait plus que quelques minutes pour finir de se préparer puisque Jacob s’était occupé du diner. Son fiancé était un excellent cordon bleu et il avait insisté pour se charger lui-même du repas. Swann étant une piètre cuisinière avait vivement approuvé cette idée. Ils n’avaient pas d’Elfe de Maison à domicile et les compétences de Jacob tombaient donc à point nommé !
La jeune femme rejoignit alors le grand dressing situé au troisième étage de leur maison afin d’enfiler une de ses dernières créations mais lorsqu’elle pénétra dans la pièce elle découvrit avec consternation la tenue qu’avait choisi son fiancé pour l’occasion :

" Jacob. On a dit "décontracté" pas "guindé"... "
lança-t-elle avec douceur.

Son futur mari était très certainement un politique hors-pair mais en matière de mode, il n’était clairement pas doué.

« Si tu as dit à ton collègue qu’il s’agissait d’un repas intime, tu ne peux pas t’habiller comme lorsque tu vas travailler au ministère, expliqua-t-elle, Il te faut quelque chose d'élégant mais de simple,analysa-t-elle en sortant sa baguette. D'un mouvement du poignet, elle lança un sortilège d'attraction pour faire venir jusqu'à elle quelques vêtements de la penderie de Jacob.

"On oublie la cravate et les textures satinées, par contre on conserve la chemise mais en version plus casual, expliqua-t-elle en passant en revue les différentes tenues qu'elle avait sous les yeux. Décontracté, certes, mais il n’allait quant même pas à la fête des voisins de la Cité Nimbus non plus !Tiens, essaye ça !"

Voyant qu'elle se montrait peut-être un peu trop directive, elle ajouta: " Fais-moi confiance mon chéri !" Avant de se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ses lèvres.

Elle rejoignit alors sa partie du dressing et enfila la petite robe rouge qu’elle avait prévue de mettre ce soir. Elle ne connaissait pas personnellement Rosaleen mais on lui avait dit que la jeune femme partageait son goût pour la mode. Les ragots la présentaient aussi comme une jeune femme  douée et distinguée qui était parfois écrasée par le poids de son nom et des traditions liées aux vieilles familles de sang-pur. Quoiqu’il en soit, Swann était impatiente de se faire une idée par elle-même.

« Y a-t-il des sujets à éviter ce soir ? demanda-t-elle finalement en accrochant ses boucles d’oreilles avant d'ajouter d'un air mutin, Ritchie Dalnox ? La difficile intégration des enfants de Mangemorts ? La cote de popularité du MiM ? »

A peine Jacob eut-il répondu que la sonnette du 227 Grayfriars Square retentit. Swann chaussa rapidement sa paire d’escarpins et descendit dans l’entrée pour accueillir ses convives. D’un geste savant elle arrangea ses cheveux qui tombaient en cascade sur ses épaules et ouvrit la porte. L’étiquette aurait voulu qu’un domestique le fasse à sa place, mais Swann était bien décidé à mettre en place ses propres règles chez elle.

« Miss Lestrange, M. Marchebank, quel plaisir de vous accueillir ! lança-t-elle en arborant un large sourire, je vous en prie, entrez donc, ajouta-t-elle en s’effaçant pour les laisser pénétrer dans la maison à la décoration résolument moderne qui contrastait tant avec son aspect extérieur, Vous n’avez pas eu trop de difficulté à trouver ? demanda-t-elle finalement, consciente que ses vieilles bâtisses incartables étaient parfois difficile à localiser.


Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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- Ce n'est pas correct, voilà ce que j'en dis.

Rosaleen réprima un soupir agacé tandis que sa grand-mère reprenait la tirade qu'elle tenait depuis quelques jours au sujet de cette soirée chez les Dalhiatus. Depuis qu'elle avait eu le malheur de laisser échapper que Leopold et elle étaient invités chez Jacob Dalhiatus et sa jeune fiancée, Daria n'avait eu de cesse de critiquer cette invitation avec tout le dédain dont elle pouvait faire preuve, et Merlin lui-même savait que ce n'était pas peu dire. Elle n'arrivait même pas à identifier ce qui déplaisait tant à sa grand-mère tant cette dernière s'enfonçait dans une mauvaise foi totale. Bien évidemment, elle avait mentionné le statut du sang de Jacob Dalhiatus à maintes reprises, le fait que la jeune Swann Twilfit n'était qu'une coureuse de dot, sans évidemment oublier de mentionner que Leopold avait de bien mauvaises fréquentations. Mais dans le fond, songea Rose tandis qu'elle reposait son poudrier sur le plateau de sa coiffeuse, c'était peut-être tout simplement le fait qu'elle sorte sans être chaperonnée par ses grands-parents, ce qui arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps.

Rosaleen avait toujours été étroitement surveillée. D'abord par ses parents qui ne permettaient jamais à leurs enfants de sortir seuls ou bien ne serait-ce que pour aller rendre visite à leur famille et puis par ses grands-parents qui avait poussé le vice jusqu'à faire surveiller ses fréquentations à Poudlard par l'intermédiaire de sa petite sœur, Reyna. Si elle avait vite trouvé la parade pour être en paix lorsqu'elle était encore au collège - le chantage fonctionnait très bien sur Reyna - elle n'avait plus eu le choix dès qu'elle était revenue au manoir de ses grands-parents. Elle ne sortait qu'avec leur autorisation et ils s'enquéraient bien évidemment de la personne qu'elle allait voir. Elle ne pouvait recevoir que des gens de qualité, comme ils aimaient à dire, ce qui se résumait en réalité aux autres jeunes filles de bonnes familles comme Caecilia Selwyn. S'ils n'étaient pas présents à chaque réception mondaine qu'elle fréquentait - ils étaient rarement invités - Rose savait très bien que le moindre écart leur reviendrait aux oreilles. Sa grand-mère avait été une Bulstrode, voilà fort longtemps, et avait conservé beaucoup de contacts dans la bonne société. Chaque pas de Rose était donc étroitement surveillé et l'idée qu'elle échappe à leur surveillance était tout simplement impensable pour Daria Rosier. Mais toute la famille savait également que son mariage à venir briserait la bulle dans laquelle Rose avait été élevée et sa grand-mère profitait des derniers moments qu'il lui restait pour faire lui faire la morale.

- C'est un Directeur de Département et l'héritière des Harris, répliqua Rosaleen en se retournant par dessus le dossier de sa chaise. Et ce sont des amis de Leopold.

Sa grand-mère eut une moue méprisante qui fut la goutte de trop aux yeux de Rose, déjà irritée par la conversation. Elle avait espéré que la mention des Harris suffirait - ses grands-parents montraient un peu plus de respect dès qu'il était question de familles Sang-Pur - mais Daria semblait décidée à s'enfoncer dans son mépris. Grand bien lui en fasse ! songea Rosie avec une pointe de colère. Que les Rosier restent dans leur coin à être en colère contre le monde entier et à mépriser tout ceux qui n'étaient pas eux, Rose ne donnerait pas dans cette direction. Elle avait été le pantin de leur mépris durant des années et il était grand temps que tout cela cesse. Plus Août approchait, plus elle mourrait d'envie de quitter la maison et son atmosphère pesante. Elle n'aurait pas pu rester un mois de plus auprès de ses grands-parents ! Ses fiançailles lui avait apporté un vent de liberté et elle n'avait pas envie de rester enfermé plus longtemps.

- Je transmettrai vos humbles salutations aux Dalhiatus, répliqua Rosaleen en se levant, ajustant sa robe verte d'une main.

Sa grand-mère aurait sûrement répliqué quelque chose si elle lui en avait laissé le temps mais Rosie n'avait que trop entendu d'amertume pour aujourd'hui. Elle sortit de sa chambre et descendit les escaliers qui menaient au salon pour embrasser Oreste qui lisait tranquillement dans un canapé. Elle discuta quelques minutes avec lui avant que des coups ne retentissent à la porte. Elle devança sa grand-mère pour aller ouvrir - elle n'était pas d'humeur à la laisser donner son avis sur cette soirée à Leopold - et ne proposa même à son fiancé d'entrer, prenant congé de sa famille rapidement avant de refermer la porte du manoir derrière elle tout en retenant un soupir de soulagement.

- Je crois que je suis de plus en plus impatiente de partir d'ici, souffla-t-elle à Leopold pour expliquer son comportement un peu cavalier.

L'idée de passer le reste de la soirée dehors lui mit du baume au cœur et elle déposa un fugace baiser sur la joue de son fiancé, comme pour le remercier de l'échappatoire qu'il lui offrait sans même le savoir. En réalité, l'idée de ce dîner l'angoissait un peu. L'art de se comporter en société n'avait plus aucun secret pour elle mais elle sortait de ses cercles habituels et l'idée de faire mauvaise impression la taraudait. Elle avait l'impression de redevenir la fille de Mangemort au nom un peu trop lourd à porter. Elle avait pourtant déjà croisé Swann Twilfit, notamment au réveillon, mais les gens ne tarissaient jamais d'éloges sur elle et Rose craignait de faire pâle figure à coté d'elle. On la disait brillante et ingénieuse, élégante et talentueuse et elle semblait si sûre d'elle qu'on aurait pu penser que c'était Rosaleen la plus jeune d'entre elles. Il n'y avait sûrement de raisons, se rassurait Rosie, ce n'était qu'un dîner informel. Mais c'était la première fois qu'elle faisait cela, aussi étonnant que cela puisse paraître, et elle n'aimait pas l'inconnu.

Elle se laissa guider par Leopold pour le transplanage et ils atterrirent dans une maison à l'apparence ancienne dans une rue de Londres. C'était une belle bâtisse sur plusieurs étages et qui devait être agréable à vivre. Surtout en plein dans Londres, songea Rose. Mais même si elle appréciait la capitale anglaise, son cœur penchait plutôt pour des villes comme Oxford ou Bristol. Elle avait découvert cette dernière en entrant à Lycaon et le charme de la petite ville l'avait tout de suite séduite : ses rues pavées, ses grands arbres et le fait d'être près de la mer... Elle aurait aimé vivre près de la mer. Elle s'en rapprocherait lorsqu'elle emménagerait au manoir Marchebank, qui se situait en Cornouailles, mais son rêve était une belle maison avec vue sur la mer. Elle reprit ses esprits lorsque la porte s'ouvrit pour laisser place à Miss Twilfit elle-même, rayonnante dans une jolie robe rouge. Rosaleen lui retourna son sourire, un peu plus réservée alors qu'elle aurait aimé paraître plus assurée, et pénétra dans la maison à l'invitation de son hôte, son regard se portant sur la décoration bien plus différente de tout ce qu'elle avait pu connaître. Sa famille, que ce soit ses parents ou ses grands-parents, avaient un style bien plus, disons classique. De vieux meubles centenaires hérités de génération en génération et autres décorations qui visait plus à souligner leur richesse d'antan qu'à orner les murs. 

- Je vous remercie de l'invitation, lança-t-elle avec sincérité en abandonnant le questionnement sur le transplanage à Leopold, c'est un véritable honneur. J'ai entendu énormément d'éloges à votre sujet, ajouta-t-elle, tout aussi sincère.

Miss Twilfit faisait forte impression partout où elle passait et si ses propres grands-parents estimaient qu'elle faisait partie d'une sorte de gang qui visait à voler les héritages des anciennes familles - comme tous les Sang-Mêlés - la plupart des autres personnes qui avaient évoqué la jeune femme n'en n'avaient dit que du bien.



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Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Si Jacob Dalhiatus n'avait point entamé une carrière politique, il se serait sans doute reconvertit en chef cuisinier, tant il appréciait l'art culinaire et se retrouver derrière les fourneaux. Cette passion pour les petits mets en tout genre, faisait de lui le cuisinier attitré du couple, la cuisine étant un royaume, qu'il appréciait presque tout autant que sa sacro-sainte bibliothèque. Le tablier de cuisine lui cerclait souvent la taille, ce qui n'était pas pour déplaire à sa dulcinée. Swann appréciait le fin gastronome qu'il était, même si parfois, elle se permettait de critiquer les plats un peu trop riches et caloriques que son amoureux lui concoctait. Jacob avait l'art de combiner la cuisine moldue avec des ingrédients magiques des plus subtiles, ce qui donnait à ses plats une originalité encore inégalée. Pour le politicien, c'était dans la diversité et le contraste qu'un plat acquérait toute sa saveur, et le monde magique si uniformisé ferait bien de s'en inspirer. Versant avec maitrise le contenu d'une délicieuse bouteille de brandy dans une large poêle, Jacob ne tarda pas à en enflammer le contenu afin de faire dorer ses délicieuses cuisses de Clabbert. D'un mouvement de sa baguette, il fit virevolter épices et autres herbes magiques afin d'assaisonner convenablement son met de résistance. Enfin pour donner une touche plus anglaise à sa recette, l'expert cuisinier décida d'ajouter un jaune d'œuf de Dirico. Jacob se munit alors de son couteau de cuisine affuté, et dans un geste alliant précision et dextérité, il trancha de manière magistrale la coquille d'œuf. Dans l'art de la cuisine et contrairement à ses habitudes, Jacob pouvait se montrer particulièrement démonstratif, ce qui avait parfois le don de laisser Swann profondément dubitative. Sans doute qu'elle n'aimait pas voir son futur mari jouer avec les nourritures, ou peut-être le préférait-elle tout simplement plus sérieux et moins puéril. Trouver le juste milieu et paraitre moins taciturne n'était pas donné à tout le monde. La cinquantaine entamée, Jacob se rendait compte combien il était difficile de contenter une jeune femme du tempérament de Swann. Certes, cette dernière lui insufflait une énergie rafraichissante, mais Jacob éprouvait parfois des difficultés à suivre le train d'enfer de cette adorable petite tornade de vie. En vérité, pour la première fois de sa vie, Jacob éprouvait la crainte de ne pas être à la hauteur...

Jacob se demanda l'espace d'un instant comment Leopold gérait la situation avec sa jeune et belle conquête. Eprouvait-il lui aussi des doutes? Arrivait-il à combler toutes les attentes de cette jeune demoiselle? Autant de questions qui demeuraient en suspend. Dans tous les cas, Leopold bénéficiait à la base d'un capital confiance plus important que lui en matière de conquête féminine. En effet, le directeur du Département des Créatures Magiques avait cette réputation d'être un homme à femmes, et nul doute qu'il ne se posait pas le même questionnement que Jacob. Après avoir préparé un plat plus raffiné et léger à base de filet de Boullu, Jacob se décida enfin à quitter la cuisine pour aller se préparer. Au vue de l'heure, il devait se hâter à se mettre sur son trente-et-un. Après une douche express, Jacob se dirigea vers la partie qu'il détestait le plus da la maisonnée : Le Dressing. Jacob disposait d'une tonne de costumes des plus fonctionnels pour se rendre au Ministère, mais en matière de vêtements plus décontractés, c'était quelque peu le néant dans la penderie du politicien. Swann commençait doucement à remédier à cette problématique, en lui offrant des tenues estampillées T&T, mais Jacob trouvait celles-ci encore trop frappe à l'œil à son goût. Jacob revêtit une tenue des plus formelle, qui ne faisait peut être pas pique-nique improvisé dans le jardin, mais qui lui convenait complètement. Mais surgissant de nulle part, Swann n'allait pas laisser s'accomplir une telle catastrophe vestimentaire. Le temps de faire des concessions était venu pour Jacob! Ce dernier contempla un instant son costume d'un air incrédule, avant d'ironiser quelque peu.

" J'aurai utilisé le terme de classe plutôt que de celui de guindé. Je ne le sors que dans les grandes occasions comme ce fut le cas lors de l'enterrement de ma mère. Qu'est-ce qui différencie des funérailles à une garden-party? Je te le demande. A part la présence d'un défunt, dans les deux cas on finit toujours par picorer des toast et boire du vin en plein air! "

Mais Swann ignora sa plaisanterie et se jetait déjà à l'assaut de la penderie. Les yeux de Jacob roulèrent de dépit dans ses orbites, mais il s'abstint d'aller à l'encontre des volontés de Swann. Il connaissait trop bien la jeune femme, et ce n'est pas dans l'opposition directe qu'il sortirait vainqueur de cette divergence de point de vue.

"Après tout la spécialiste en mode, c'est toi... "

Jacob lui reconnaissait un talent indéniable pour discerner du premier coup d'œil la tenue adéquate, qui collerait parfaitement à la situation et à la physionomie générale du client. Mais étrangement ce don qui fonctionnait si bien sur les autres, ne devait pas s'appliquer à sa propre personne. Jacob n'aimait point être dirigé, et Swann comprit cela très rapidement. La seconde d'après, elle changea radicalement de ton, en lui priant de bien vouloir lui faire confiance. Dès lors Jacob s'exécuta et revêtit la dite chemise, non sans conserver son air grave et taciturne.

Le yeux rivés sur son reflet dans le miroir, Jacob n'avait point vu la transformation de la belle Swann Twilfit. Cette dernière avait revêtue une splendide robe rouge qui épousait parfaitement ses formes. Les yeux de Jacob s'écarquillèrent quelque peu devant autant de beauté. S'il était du genre à suivre son instinct plutôt que sa raison, Jacob se serait jeter littéralement sur elle pour venir l'enlacer. Mais il n'en fit rien, préférant l'écouter plutôt que d'obéir à ses plus bas instincts primaires. Au delà de sa gracieuse apparence, Swann savait se montrer discrète; Une qualité des plus louables pour une future épouse d'un membre du Ministère...

"Dans cette tenue, tu peux aborder n'importe quels sujets tabous! Personne ne t'en tiendra rigueur! Tu es absolument éblouissante! "

Jacob finit par s'approcher alors qu'il se sentait happer par un désir irrésistible. Son seul charme suffisait à dissiper ses volontés. Lui qui faisait partit des hommes les plus omnipotents du Monde Magique, se retrouvait bien incapable de lui résister. Swann était sa faiblesse. Et il se complaisait dans ce sentiment. Sa main remonta en une délicate caresse le long de la hanche de sa belle, voulut se glisser sur sa taille, lorsque...

La sonnette du 227 Grayfriars Square retentit, mettant fin à cet instant sensuel.

"Par Merlin! Comme je déteste la ponctualité... Nous devons les accueillir. "

Swann se recoiffa très vite, se chaussa de ses escarpins, et s'envola telle une libellule accueillir les invités. Jacob se demandait toujours comment les femmes pouvaient revenir aussi vite sur les rails du monde réel. Jacob réajusta le col de sa chemise et descendit à son tour les marches qui conduisait à l'entrée. Swann était déjà accaparée à offrir ses plus beaux sourires et échanger des politesses avec Rosaleen, alors que Leopold se tenait quelque peu en retrait. Jacob desserra quelque peu la mâchoire, tentant d'afficher un visage moins froid et austère qu'à l'accoutumée, tandis qu'il venait saluer à son tour ses invités.

"Oui en effet, c'est un grand honneur de pouvoir vous accueillir dans notre petit coin de paradis Londonien. Vous verrez c'est très au calme. A part une tombe, il n'y a pas d'endroit plus silencieux. Je vous en prie. Donnez vous la peine d'entrer... "

Jacob eut enfin tout le loisir de contempler la conquête de Leopold, qui se tenait face à lui. Rosaleen E.Lestrange était comme il se l'imaginait au préalable : Une jeune poupée blonde de toute beauté qui laissait irradier un sourire à la blancheur éclatante. Jacob aimait se forger une opinion rapide sur les gens qu'il rencontrait, et il ne lui arrivait que très rarement de se tromper. Rosaleen ne fit pas exception et il la classa très vite dans la case des jeunes arrivistes, avide de fortune et de notoriété. Malgré sa haute lignée, son intérêt pour Leopold n'était pas innocent. Mais nul doute que ce dernier devait y trouver son compte, tant cette petite poupée adorable resplendissait et jouait bien son rôle de conjointe modèle.

Jacob s'approcha d'elle, et la saisissant délicatement par le poignet, lui déposa un baisemain des plus raffinés.

"Leopold m'a beaucoup parlé de vous, mais il était bien loin du compte. Vous êtes encore plus ravissante que je ne pouvais me l'imaginer. C'est un honneur pour moi de pouvoir enfin vous rencontrer. " Dalhiatus se tourna alors tour à tour vers Swann et Leopold, avant d'ajouter. " Mon cher Leopold, ne sommes nous pas les deux hommes les plus chanceux de ce monde? "

Jacob tendit alors sa main, vers celui qui incarnait ses plus grands espoirs politiques, et une amitié naissante...


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold frappa quelques coups assurés à la porte du manoir Rosier. L'air peu avenant du directeur se détendit lorsqu'il constata avec plaisir que c'était Rosaleen elle-même qui lui ouvrait et non sa grand-mère horripilante ou son grand-père glacial. Bien loin de se formaliser de cet accueil peu conventionnel, Leopold esquissa un large sourire quand Rosaleen l'embrassa sur la joue. C'était l'un de ces gestes rares qu'il avait appris à apprécier. 

"Heureusement que le mariage approche, dans ce cas", commenta-t-il tout en tendant son bras pour qu'elle le saisisse afin de transplaner.. "J'espère que tu te plairas au Manoir Marchebank."

Si ce n'était pas le cas, Leopold accepterait sans trop de problèmes d'aller vivre ailleurs, où il lui plairait. Il en avait les moyens et ne faisait pas partie de ces sangs-purs poussiéreux attachés à leurs vieilles demeures qu'ils qualifiaient, parfois abusivement, de Manoir. Le vieux sorcier était curieux de savoir où Jacob, qui semblait avoir des goûts assez classiques, avait choisi de vivre. A vrai dire, il était tout aussi curieux d'apprendre à mieux connaître sa jeune fiancée, dont la réputation allait grandissante. Leopold se demandait comment ce couple s'était formé et quelle en était la dynamique, aussi avait-il été ravi d'accepter l'invitation à dîner de son nouveau comparse. Leopold avait bien l'intention de forger une nouvelle amitié avec celui sur qui il comptait pour co-fonder son futur parti et son futur gouvernement, projet dont ils étaient pour ainsi dire les seuls informés pour l'instant... Pour une fois, Leopold était réellement impatient de se rendre à un évènement mondain, ce qui tenait de l'exception. 

Leopold guida Rosaleen pour le transplanage selon l'adresse que lui avait donné Jacob, et il grimaça en arrivant dans la rue en question. Le transplanage faisait partie de ces actes magiques qu'il avait les plus grandes peines à réaliser, mais la nécessité l'avait conduit à s'entraîner le plus possible, alors même qu'il se passait de la plupart des sorts d'utilisation courante. Leopold avait beau affectionner le monde moldu, il devait bien reconnaître qu'ils étaient encore bien loin d'égaler les sorciers sur le plan des transports. Un peu étourdi par l'effort, il observa à peine la bâtisse dans laquelle se situait l'appartement de Jacob et Swann, et se contenta de suivre Rosaleen, tout en lissant distraitement sa chemise blanche. Leopold accrocha un sourire avenant à ses lèvres en apercevant Swann ouvrir la porte et laissa Rosaleen la saluer, avant d'avancer à son tour. Il dissimula un regard appréciateur en observant la fiancée de son collègue, rayonnante dans une robe qui la mettait particulièrement en valeur.

"Miss Twilfit, c'est un plaisir de vous voir", dit-il en lui faisant un baisemain. "Mais je vous en prie, appelez-moi Leopold."
 
Jacob s'avança à son tour pour les saluer, et le sourire de Leopold s'agrandit face à sa comparaison morbide. Oui, ils allaient bien s'entendre... Leopold pénétra dans l'entrée tandis que Jacob faisait connaissance avec Rosaleen, promenant son regard sur les lieux spacieux et lumineux. Voilà un endroit qui paraissait très agréable à vivre, bien qu'un peu trop froid au goût de Leopold.

"Les plus chanceux, en effet", répondit-il en adressant un sourire complice à Rosaleen. "Avez-vous déjà fixé une date pour le mariage ? Vous devriez recevoir une invitation pour le notre très vite. Je tiens à avoir mes plus proches collaborateurs près de moi pour cette journée si spéciale..."

Leopold comptait bien faire de son mariage un grand évènement. Rosaleen le méritait, après ses multiples fiançailles avortées, et cela permettrait de les faire oublier. Quant à lui, il comptait bien parer aux critiques en affichant au grand jour son amour inconditionnel pour la jeune femme et mettre sous le feu des projecteurs leur couple afin de maîtriser l'information. Leopold aimait autant que l'on parle de la robe de Rosaleen que de son âge ou de sa famille, et quoi de mieux pour cela que d'organiser une cérémonie grandiose avec tout le gratin du monde sorcier... 

"Jacob et moi travaillons souvent ensemble, quand mes créatures se présentent aux yeux de ses moldus, par exemple. Comme les attaques de démons à longues pattes", expliqua-t-il, goguenard.



Christoph Waltz, merci à Roy
Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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« Je peux vous retourner le compliment. » répondit Swann lorsque Rosaleen révéla qu’elle avait entendu beaucoup d’éloge à son sujet. Swann disait vrai d’ailleurs, même si elle avait aussi ouïe-dire un certain nombre d’ histoires sombres et croustillantes, de famille déchirée et de fiançailles avortées, à propos de l’ainée des Lestrange.
Toutefois l’ex-préfète ne pouvait pas être plus satisfaite. Ses invités étaient ponctuels, élégants et souriants, ce qui laissait présager une agréable soirée en perspective même si Rosaleen ne semblait pas encore tout  à fait l’aise. Il faut dire que son compagnon avait le chic pour mettre en confiance leurs convives avec son humour noir et ses sarcasmes. L’ex-préfète était persuadée que Léopold ne se formalisait pas du cynisme de Jacob mais elle voulait s’assurer que Rosaleen ne se laisserait pas atteindre par les piques, parfois assassines, de son cher et tendre.

« Jacob accorde un malin plaisir à déstabiliser ses semblables, sachez-le, souffla Swann à l’attention de Rosaleen, Je compte sur vous pour ne pas lui donner cette joie Miss Lestrange… » ajouta-t-elle avec un sourire complice à l’attention de la jeune femme.

Sous-entendu, qu’elle ne se gêne pas pour le remettre à sa place. Bizarrement, c’était d’ailleurs une des rares techniques pour gagner le respect de Jacob : Avoir du répondant et être capable de lui tenir tête.
En privé, il était pourtant un homme charmant qui exécrait les conflits mais Swann savait qu’il offrait généralement une toute autre image en public.
Arrogant, antipathique, Il était parfaitement capable de trouver les points faibles de ses interlocuteurs et d’asséner de terribles banderilles  sur le ton de la conversation. Et le pire, c’est que Rosaleen avait tout de la parfaite victime, du moins, en apparence : Gentille Poufsouffle, trop bien élevée pour faire un esclandre… Heureusement que la présence de Léopold calmerait sans nul doutes les instincts légèrement sadiques de son amoureux.  Swann ne voulait pas que son diner tourne en pugilat si bien qu’elle écouta avec attention l’accueil que réserva Jacob à la fiancée de son collègue et ami. Fort heureusement, il se montra tout à fait charmant ce qui rassura quelque peu l’ex-préfète qui put enfin répondre à la remarque de Léopold :

« Soit. Je vous appelle par votre prénom seulement si vous consentez à m’appeler Swann. » répliqua-t-elle mutine.

Voila qui était bien engagé, songea-t-elle, en découvrant le large sourire de Léopold, sourire qui s’agrandit lorsque les deux hommes se saluèrent à leur tour. L’ex-Serpentard se félicita de la tournure des événements : Le directeur de département des Créatures Magiques semblait encore plus accessible que ce qu’elle s’était imaginé. Cela laissait présager de futurs échanges informels plutôt intéressants pour l’économie de  T&T mais l’heure n’était pas encore aux discussions politiques puisqu’ils abordèrent le sujet qui remplissait actuellement les colonnes de sorcière Hebdo : Le mariage de Rosaleen & Leopold.

« Toutes mes félicitations d’ailleurs, lança Swann en captant le regard de Rose, J’imagine que vous êtes actuellement  en plein préparatifs ?* Et que vous devez chercher une robe ?* Il y a tellement de choses à gérer et à anticiper *-notamment le choix de la robe-* afin que tout soit absolument parfait !*Surtout la robe.* »

Swann ne pensait qu’à la robe de mariée qui ferait incontestablement la Une de tous les tabloïds sorciers mais ce n’était pas le moment de proposer ses services pour la conception de cette future merveille : Rosaleen et Leopold n’étaient là que depuis cinq minutes et elle n’allait certainement pas chercher à leur vendre une de ses créations alors qu’ils n’avaient même pas ôtés leurs vestes… du moins pas immédiatement. Pourtant l’esprit créatif de Swann était déjà au travail. Rosaleen était une belle femme, facile à magnifier. Il suffisait d’accentuer ses courbes quasi-parfaites avec un fourreau du plus bel effet. Quoique, cette coupe était peut-être un peu trop sexy pour la demoiselle qui irradiait de douceur et de gentillesse. Une coupe princesse ou une simple coupe évasée, plus sobre, lui conviendrait peut-être mieux.

Swann abandonna toutefois son diagnostic à regret pour répondre à Leopold qui venait d’enchainer sur la date de son union avec Jacob:

« Nous avons programmé notre mariage pour l’été prochain. En août, selon toute vraisemblance. » ajouta-t-elle en se tournant vers son futur mari.

Avec l’agrandissement du magasin et  l’avènement du cuir MacFusty dans les nouvelles collections, Swann voulait pouvoir se concentrer pleinement sur les grands tournants de sa vie professionnelle avant de se pencher sur l’organisation de la cérémonie. Cela faisait plusieurs années qu’elle œuvrait pour l’expansion de T&T  et elle était bien décidée à ne pas se laisser distraire dans sa tache, même par sa propre union. Jacob n’était peut-être pas très satisfait de la tournure des choses mais l’ex-préfète avait posé ses conditions.  C’était à prendre ou à laisser, et ça, son futur mari l’avait bien compris.

Une petite voix -qui avait étrangement l’intonation d’Aaron- lui fit remarquer qu’elle faisait encore passer sa vie professionnelle avant sa vie personnelle mais Swann la fit taire en s’affairant pour débarrasser ses invités. Elle ne voulait pas se laisser atteindre par les propos qu’avait tenu son ex-petit ami quelques jours plus tôt. Il avait uniquement cherché à la culpabiliser de ce qu’elle était, un point c’est tout. Elle n’était pas parfaite, elle le savait, mais au moins elle offrait une image positive d’elle-même et elle ne laissait pas ses imperfections gâcher la vie des autres ! Et ça, Aaron ne pouvait pas en dire autant avec ses bouderies constantes,  sa mauvaise humeur et son ton condescendant ! Non mais.
Et voila, même lorsqu’il n’était pas présent, il parvenait tout de même à l’énerver songea-t-elle en cachant toutefois son trouble derrière un sourire enjôleur. Elle devait oublier cette conversation et se concentrer sur ses deux prestigieux invités du jour. Seuls leurs avis importaient ce soir et –quoiqu’en pense Aaron- Swann ferait tout pour faire bonne impression auprès d’eux :

« Nous serons également très heureux de vous compter parmi nos convives. » lança-t-elle en reprenant le fil de la conversation, même si j’ose espérer que vous viendrez sans vos démons à longues pattes… » Plaisanta-t-elle en faisant écho à ce que venait de dire Leopold.

Elle laissa échapper un petit rire avant d’inviter le couple à la suivre pour rejoindre l’agréable jardin ombragé de l’autre côté de la vieille bâtisse.  Ils traversèrent donc la maison et une fois à l’extérieur Swann s’approcha de la petite table qu’elle avait dressée pour l’apéritif. Elle fit léviter plusieurs bouteilles qui étaient resté jusque là au frais : Du vin des elfes, plusieurs grands-crus moldus, des boissons sans alcool et même une bouteille de Ragnarov -20 ans d’âge- spécialement acheté pour l’occasion. Apparemment Léopold  était un amateur de cet alcool gobelin et Swann s’était ruinée pour acheter cette bouteille qui était plus âgée qu’elle ! Elle l’avait d’ailleurs entamé l’après-midi même –pendant que Jacob préparait les petits fours- pour que le directeur n’ait pas de scrupule à s’en faire servir un verre …

«  Alors, dites-moi ce qui vous ferait plaisir ? » lança-t-elle en se tournant vers ses deux invités…


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Le regard curieux de Rosaleen cessa d'observer les lieux lorsque le maître de maison prit la parole, évoquant le fait que leur maison soit aussi silencieuse qu'une tombe. Déstabilisée de la comparaison, elle ne sut que répondre. La plupart du temps, elle savait beaucoup de choses sur les gens qu'elle fréquentait, éduquée à reconnaitre n'importe quel membre d'une famille de Sang-Pur, à connaitre les arbres généalogiques sur le bout des doigts, le nom des enfants, les personnes célèbres du même nom, les métier et voire même quelques ragots croustillants. Mais pour la première fois de sa vie, Rosaleen était poussée en dehors du microcosme si confortable des Sang-Pur et elle allait devoir faire avec. Après tout, elle était capable de se débrouiller, non ? Et puis ce n'est pas comme si elle était venue l'esprit vide.

Elle s'était renseignée auprès de Leopold sur la carrière politique de Jacob Dalhiatus et avait fait quelques recherches de son coté, auprès de son grand-père qui était assez bien renseigné sur le gouvernement en place. Apparemment, Dalhiatus n'était pas un orateur, il était considéré comme l'homme austère du gouvernement mais Rose doutait quelque peu de ce fait. Elle commençait à connaitre Leopold et elle savait que s'il appréciait quelqu'un, c'est qu'il le respectait. Et si Leo respectait Monsieur Dalhiatus, c'est qu'il était plus qu'un simple homme politique austère. Il devait avoir un esprit aiguisé et un certain cynisme, d'où son mot d'accueil plutôt morbide. Cette théorie fut confirmée par Miss Twilfit en personne, qui lui souffla de ne pas se laisser faire par le ton acerbe de son hôte. Rose lui répondit par un sourire reconnaissant, tandis qu'elle se faisait à l'idée. Elle n'avait pas l'habitude de sortir des limites de la convenances, bien trop surveillée par ses grands-parents, mais si c'était ce qu'il fallait pour gagner le respect de Monsieur Dalhiatus, elle s'y ferait !

- Vous me flattez, c'est trop d'honneur, répondit-t-elle avec un sourire lorsque Jacob se lança dans un baise-main.

Elle avait d'ailleurs remarqué que c'était toujours le premier compliment qui venait aux gens. Oh, elle pouvait comprendre, sa grand-mère lui avait répété toute sa vie qu'une jolie femme était une femme appréciée, peu importe ce qu'elle savait faire ailleurs. Rose en jouait, évidemment, elle en avait toujours joué et elle en avait très bien conscience. Mais parfois, elle enviait Caecillia dont on complimentait l'intelligence ou la vivacité d'esprit, Caecillia, qui était à la fois crainte et admirée. Son amie était un peu un modèle, même s'il était vrai que leurs relations s'étaient distendues depuis le Nouvel An et la manière dont elle avait traité Théo. Elle répondit avec douceur au sourire de Leo lorsqu'il mentionna leur mariage à venir, qui approchait d'ailleurs à grands pas. Pas mal de choses étaient finalisées mais il restait tant d'autres choses à faire qu'elle avait l'impression qu'elle ne s'en sortirait jamais, surtout avec les examens de Lycaon qui auraient lieu dans quelques jours. Elle avait le nez plongé dans les révisions pour cette année décisive de son parcours et c'était sa grand-mère qui l'aidait à coté pour le mariage. Elle avait repoussé beaucoup de choses pour pouvoir se consacrer à ses études, et le mois de Juillet allait s'avérer très chargé.

- Les invitations partiront dans les jours à venir, normalement, ajouta-t-elle avec un sourire. Les préparatifs ont pris un peu de retard avec la fin de l'année scolaire. Je suis étudiante à l'Académie Lycaon, ajouta-t-elle à l'adresse de ses hôtes. En troisième année.

Car si Rose avait été fiancée de multiples fois, c'est la première fois qu'elle se livrait véritablement dans l'organisation d'un mariage et honnêtement, c'était encore plus compliqué que les domaines les plus pointus de la métamorphose. Il fallait penser à tout, prévoir de multiples imprévus et surtout, tout le monde se sentait obligé de donner son avis sur tous les choix qu'elle faisait, surtout sa grand-mère. Tout était trop moderne aux yeux de cette dernière, ou bien pas assez classieux ou pas assez dans la tradition des Rosier. Elle devait sans cesse lui rappeler que son mariage était forcément un mariage moderne - elle épousait tout de même un politicien du MIM - et qu'elle n'était pas une Rosier, ce qu'on avait tendance à oublier parfois. Toutes ces histoires étaient stressantes et se rajoutaient aux examens. Elle avait hâte d'être en vacances pour s'y pencher à tête reposée.

- Le mois de nos noces de de coton, remarqua-t-elle lorsque Swann et Jacob évoquèrent la date de leur mariage.

Elle lança un sourire à l'adresse de Leopold tandis que la maitresse de maison les guidait au travers de la maison. La décoration était résolument moderne, bien éloignée de ce que Rose avait l'habitude de voir. C'était très clair et aéré, avec de grands espaces, ce qui contrastait avec l'extérieur de la maison. Elle-même préférait les bâtisses anciennes, mais différentes du manoir de ses grands-parents. Elle préférait les manoirs de campagnes, souvent plus lumineux, avec des pièces qui donnaient sur le domaine et des boiseries claires, une décoration plus douce, plus neutre. Un peu comme la maison de son enfance, en somme, qui avait été saisie après la guerre par le Ministère. Elle ne savait pas vraiment ce qu'ils en avaient fait, elle n'avait jamais eu la force d'y retourner après la mort de sa mère et de Regulus.

Le jardin des Dalhiatus était ombragé et agréable en cette soirée de juin, songea Rose tandis qu'elle prenait place en observant Swann proposer des rafraichissements. Elle semblait si à l'aise, si assurée ! Elle gérait tout elle-même, naturellement. Elle comprenait maintenant pourquoi cette jeune femme faisait des émules chez les Sang-Pur, tout en faisant grincer des dents les plus conservateurs. Elle incarnait à la fois l'élégance et le savoir-vivre de leur monde, tout en étant moderne et ouverte. Il fallait du courage, pour s'affirmer ainsi dans un monde encore difficile envers les femmes, songea Rose. Swann était sûrement décidée à réussir uniquement par elle-même et non grâce à un homme ou à un mariage. Elle lui faisait penser à sa petite sœur, Reyna, réalisa-t-elle soudainement. Même si elle et Reyna n'avaient sûrement pas les mêmes idées sur le statut du sang.

- Un peu de vin des Elfes, merci, souffla Rose avec un sourire.

Elle avait bien aperçu les bouteilles moldues sur la table mais préférait s'en tenir à des valeurs sûres.

- J'ai entendu dire que vous aviez vécu une année à Milan, Miss Twilfit, lança-t-elle pour démarrer la conversation. Cela doit être une ville très agréable à vivre, non ?  


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Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Jacob Dalhiatus n'en revenait pas, alors qu'il prenait conscience de l'aspect tout à fait inhabituel de cet évènement. Lui, le solitaire invétéré, l'ours mal léché du ministère, était sur le point de participer à une "Garden Party", qu'il avait lui-même organisé, et ce dans son propre jardin. Aussi étrange que cela puisse paraitre, il en éprouvait même une certaine satisfaction. Après tout, un peu de convivialité ne nuisait à personne, et cela semblait réjouir Swann. Était-ce qu'une impression? Mais cette dernière paraissait quelque peu se lasser de ces interminables dimanches, où Jacob appréciait la solitude de l'instant, en lisant toutes sortes de livres seul dans son coin de jardin, pendant qu'elle avançait ses travaux de couture. Jacob éprouvait une crainte récurrente, celle que Swann finisse par se lasser de son côté solitaire et renfermé. Mais était-ce de sa faute s'il appréciait disposer de moment à lui? Devait-il forcément composer un rôle de vieux-jeune qui ne lui correspondait pas? Ce n'était pas une crise de la cinquantaine qui l'avait poussé à séduire Swann, et il ne cherchait pas en elle, un moyen de se rassurer. Il l'aimait profondément simplement. Dans son for intérieur, Jacob se demandait comment Leopold faisait pour répondre aux attentes de sa jolie Rosaleen. En tout cas cette petite fête tombait à point nommé, tant Swann paraissait radieuse à l'idée d'accueillir son confrère politicien et sa divine compagne. Jacob avait même eu du mal à dormir la nuit précédente, tant Swann n'avait cessé de le réveiller en secouant son épaule, ou lui poser des questions du genre : "Tu penses qu'elle a déjà choisi sa robe?" - "Ils vont se marier quand?" - "Plutôt évasée ou bouffante? " - "Pigeonnant ou plongeant?". Bref quand Swann avait une lubie en tête, il était difficile de l'en détourner.

Jacob ne put s'empêcher de sourire quand Leopold, l'air goguenard, fit une allusion au Licheur qui les avait poussés à se rencontrer. Peut-être qu'un jour, l'histoire avec un grand "H" retiendrait ce détail amusant. Car après tout, aucune alliance stratégique n'aurait été envisageable. Tel un témoin de mariage, c'est bien un démon téteur de truie qui avait réuni les deux politiciens, en espérant que ce soit pour le meilleur et non le pire. Tout ce jouerait très prochainement, à la faveur d'un évènement qui pouvait changer la face du monde magique. Cet instant, Jacob l'attendait autant qu'il le craignait. Leur plan paraissait parfaitement huilé, mais un seul grain de sable dans la mécanique, et toute cette belle machine conspiratrice s'effondrait d'un seul bloc. Jacob préférait ne pas y penser, et après tout le but de cette "Garden Party" n'était-il pas de se détendre avant que l'orage n'éclate? Le froid directeur du département des Catastrophes Magiques se transforma alors en l'hôte disponible à l'écoute de ses convives. Voilà que Swann prévenait Rosaleen, de ses habitudes et de se méfier de sa manière de déstabiliser les gens. Jacob Dalhiatus leva les mains en l'air, en arborant un air innocent.

"Swann, vraiment? L'homme que tu décris ne me correspond pas. Je suis aussi inoffensif qu'un Boursouf trempé dans la guimauve! " Jacob se tourna vers Rosaleen, pour lui adresser un sourire qui se voulait rassurant. "N'écoutez point cette mise en garde injustifiée. Je ne suis piquant dans mes propos qu'en de très rares occasions, et uniquement avec des personnes sans intérêt, et indigne du moindre compliment. Bref, tout le contraire de vous... "

Jacob se retourna vers Leopold, pour lui échanger un regard de complice. Nul doute que son confrère avait cueillit une très jolie fleur. Le pouvoir avait cet avantage, cette belle illusion, qui poussait les plus belles abeilles à venir butiner de vieilles tiges. Sans lui, peut être que Swann ne l'aurait même pas remarqué. Qui sait? Cette question le taraudait grandement, mais il préférait l'écarter plutôt que de sombrer dans un questionnement intérieur qui n'apporterait rien de bon. Et puis à quoi bon? Au gré d'un futur mariage, Swann serait bientôt sa femme. Jacob était de ceux qui pensaient cyniquement que derrière ses atours doré, l'alliance cachait la même fonction que celle d'une laisse pour chien, et une manière de retenir à ses côtés l'être aimé. La seule nuance étant que l'une se portait autour de l'annulaire tandis que l'autre encerclait le cou. Quand Swann et Rosaleen abordèrent le sujet mariage, Jacob se crispa quelque peu. C'était un sujet de vives discussions entre eux, Swann voulant attendre une année entière et la fin des aménagements de son magasin, avant de se lancer dans un quelconque projet de mariage. Tandis que Jacob aurait apprécié avancer cet heureux évènement à l'hiver prochain, pour le mois de Décembre. Peut-être son côté fleur bleu, mais il rêvait d'échanger le serment et d'organiser un mariage en Laponie, dans une chapelle de glace. Mais étrangement l'idée refroidissait Swann. Jacob évita de se donner en spectacle devant ses invités et plutôt que de critiquer sa compagne dans sa manière d'officialiser la date de leur mariage, il joua la carte de l'ironie en rebondissement sur la remarque de Rosaleen et des noces de coton.

"Tu vois Swannie, c'est de mauvaise augure. On risque de filer du mauvais coton, si nous choisissons de nous marier en Août... " Jacob caressa délicatement l'épaule de Swann, avant de changer de sujet de manière à éviter une œillade avadakedavradisante de sa belle promise :  "Plutôt que d'attendre d'avoir les jambes en coton, je vous invite à venir rejoindre notre tablée, où nous attendent impatiemment des bouteilles parmi les meilleures qui soient! " Jacob allongea la main pour leur indiquer la direction des festivités. Il glissa discrètement au passage de Leopold : "Une bouteille de Ragnarov, vingt ans d'âge, cela te tente? "

Tandis que Swann se chargeait de faire léviter les bouteilles, Jacob se chargea des petits fours qui allaient agrémenter cet apéritif. Les petites assiettes voletèrent en suivant les mouvements précis de baguette de Jacob Dalhiatus, pour finir leur course sur la large table de jardin.

"Je vous en prie, installez-vous! Je m'excuse pour le service, mais nous ne disposons pas d'elfes de maison. A vrai dire, je ne peux supporter l'idée d'avoir l'une de ces malheureuses créatures comme larbin, alors que nous pouvons nous même assurer ce rôle. Parfois cela tourne à l'esclavagisme! Je ne sais pas si vous partagez cette idée, Leopold? "

Tout en l'écoutant, Jacob lui présenta avec fierté la bouteille de Ragnarov. ce n'avait point été une mince affaire que d'en dénicher une de ce calibre! Alors que leurs femmes respectives se lançaient dans une discussion sur Milan, Jacob en vrai gentleman fit le service. Un vin des Elfes pour Rosaleen, avant de servir. Puis se tournant vers Leopold, il s'empara de la bouteille de Ragnarov.

"Je ne vais pas te demander ce que tu prends, je crois que j'ai déjà ma petite idée... "

Jacob servit deux bons verres de Ragnarov, l'un pour son nouvel ami, et l'autre pour lui-même. Puis levant son verre, il prononça ses vœux.

"Buvons à cette journée et à votre futur mariage. Je vous souhaite plein de bonheur! "

Le mariage de Leopold et Rosaleen avait quelque chose de bénéfique, et il espérait que cela inciterait Swann à changer son balai d'épaule, et lui donnerait peut être l'envie soudaine de se marier. Généralement le mariage des autres agissait comme une pandémie, et contaminait l'esprit des femmes. Quand l'une se mariait et revêtait sa plus belle robe, les autres voulaient indiscutablement l'imiter et suivre ses pas. Swann ne pouvait pas être aussi différente que ses congénères féminines; Au fond d'elle, elle devait forcément rêvée de devenir la princesse d'un jour. Jacob se reconcentra sur son verre, et but une gorgée du sublime Ragnarov, celui-ci était tout simplement divin. Jacob poussa un soupir de satisfaction, alors que le liquide venait réchauffer sa gorge. Il tendit une petite assiette à Leopold et Rosaleen dans laquelle reposaient des petits crustacés.

"Je vous en prie, goutez-moi cela. Ce sont des Écrevettes des Fosses Mariannes. C'est absolument délicieux. Mais comme pour Richard Dalnox, la tête est inutile, vous pouvez l'enlever! "

Jacob Dalhiatus ne cachait pas son aversion qu'il éprouvait pour l'actuel directeur du département de la justice magique. Ce n'était d'ailleurs un secret pour personne que les deux sorciers se détestaient ouvertement. Dans ses rêves les plus insensés, Jacob Dalhiatus espérait voir un jour, le petit prince de la politique venir croupir dans la même cellule que son ancienne maitresse : la folle et cruelle mardolienne, Ana Sorden. Peut-être que son vœux sera exaucé si Leopold venait à diriger le monde magique. Après tout, il n'est pas interdit de rêver. En tout cas, Jacob Dalhiatus prit un énorme plaisir à décapiter sa première Écrevette, avant de l'engloutir goulument. Cela se mariait à la perfection avec le Ragnarov. Jacob tourna subitement son regard gris vers Rosaleen toujours accaparée par Swann. Il posa alors une question au demeurant innocente :

"Alors Rosaleen... Qu'est-ce que cela vous fait de devenir la future Madame Marchebank? C'est une grande joie j'imagine? Leopold est un tel bienfaiteur... "

Derrière cette question empreinte de politesse se cachait en vérité, une réalité des plus sournoises. En héros de la grande guerre des sorciers, Jacob Dalhiatus avait appris à détester ouvertement le nom des Lestrange. Sa tante, Bellatrix, avait longtemps été une cible à abattre, et Jacob qui avait participé à la défense de Poudlard, se rémérait la joie indicible qu'il avait éprouvé en donnant un coup de pied dans la dépouille misérable de l'horrible sorcière. Des années plus tard, le temps changeait bien le cours des choses; et le voilà qui se retrouvait à siroter du Ragnarov et décapiter des Écrevettes en compagnie de la nièce de celle qui avait longtemps nourris ses pensées les plus haineuses. Mais il se gardait bien de lui dire, car cette "Garden Party" était placée sous le signe de la convivialité, et il était inutile de remuer le passé. Surtout que pour la première fois depuis longtemps, et par le biais de sa rencontre avec le directeur du département des créatures magiques : Jacob avait envie de se tourner vers l'avenir, et sur ce nouveau monde magique qu'il fallait rebâtir...


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« Aussi inoffensif que moi », commenta Leopold d’un ton goguenard. « Méfiez-vous, Jacob, Rosaleen a du répondant même si elle est douée pour le dissimuler, j’en ai déjà fait les frais… C’est pour cela que j’ai demandé sa main, après tout. Les mauvaises langues me prêtent un goût pour les jeunes et jolies femmes mais c’est en réalité vers une femme avec du caractère et de la personnalité que je me suis tourné. Comme vous, si je ne m’abuse… »

Swann et Rosaleen étaient aussi faites pour s’entendre que Jacob et lui, il en était persuadé, même s’il faudrait probablement attendre que Rosaleen se sente assez à l’aise avec leurs hôtes. Elle était dotée d’une excellente éducation, parfois un peu trop bonne pour Leopold, mais elle savait aussi se défendre et exprimer ses opinions lorsqu’il le fallait. Leopold échangea un regard complice avec Jacob avant de tourner vers Rosaleen un sourire affectueux, heureux de la voir mentionner leur anniversaire de mariage. Il se retint de tout commentaire quant à la date choisie par Jacob et Swann car il semblait y avoir là une certaine dissension dans le couple, dont il ne connaissait pas les tenants et les aboutissants. Autant rester prudemment sur le terrain de la neutralité ! C’était le genre de choses qui n’avait guère posé de problèmes entre Rosaleen et lui, car ils étaient aussi pressés l’un que l’autre d’officialiser leur union, Rosaleen pour satisfaire enfin ses grands-parents et Leopold pour des raisons politiques. En août, juste après la date qu’il prévoyait pour des élections anticipées, serait un parfait moment pour attirer l’attention des médias sur un délicieux évènement mondain plutôt que sur l’actualité brûlante…

« Ah, quelle tristesse ! Eh bien, je me passerais de licheurs le temps d'une soirée, j’imagine », plaisanta-t-il avant de suivre leurs hôtes à travers la bâtisse, son regard se promenant sur les lieux. Le jardin ombragé était, à ses yeux, l’endroit le plus agréable de la maison et il était heureux que le temps soit assez clément pour leur permettre d’en profiter. Son visage s’illumina à la vue de la bouteille de Ragnarov de vingt ans d’âge que Jacob lui avait fait miroiter. Elle avait dû coûter une fortune et il se demandait si leurs hôtes l’avaient acheté spécialement pour sa venue ou si Jacob en consommait régulièrement. Quoi qu’il en soit, il appréciait l’attention.

« Eh bien, on peut dire que vous savez accueillir, Swann. Cela m’a tout l’air d’être une excellente bouteille… Vous m’excuserez mais je crois que je vais accepter la proposition de Jacob et faire le choix peu orthodoxe de délaisser votre Vin des elfes au profit d’un bon verre d’alcool gobelin. Ces créatures-là connaissent les bonnes choses de la vie, vous savez ! »

Leopold prit le temps de s’installer avant de répondre à la question de Jacob concernant les elfes de maison. Il saisit son verre et trinqua à leurs deux mariages avant d’en boire une gorgée, puis de pousser un soupir bienheureux. Voilà un repas qui lui plaisait bien plus que ceux avec sa future belle-famille, guindés et dans lesquels il devait surveiller ses opinions politiques – ce qu’il ne faisait qu’à moitié, d’ailleurs. Ici, il savait qu’il pouvait s’exprimer plus librement, même si Rosaleen et peut-être Swann ne partageaient pas forcément ses opinions. Rosaleen et lui étaient conscients de leurs divergences idéologiques et cela faisait partie des choses qui rendaient leurs conversations stimulantes : ils s’apportaient un point de vue différent tout en respectant l’opinion de l’autre.

« Je suis tout à fait d’accord avec vous, la condition des elfes de maison dans notre pays est tout simplement scandaleuse. Le simple fait de les appeler des elfes « de maison » est révélateur, c’est un peu comme si on appelait une serveuse une « humaine de bar »… »

Il glissa un petit regard vers Rosaleen à cet instant, se demandant si cet argument allait toucher sa fiancée qui servait au Circée, puis continua :

« J’ai eu de nombreuses conversations avec Hermione Granger à ce sujet, ce ne sont pas les idées de projets de loi qui manquent mais bien l’intention politique de faire bouger les choses. Fiennes est aussi rigide à ce sujet qu’un piquet, lui qui se veut pourtant si ouvert et tolérant… »

Il se tut pour apporter aux Ecrevettes des Fosses Marianne toute l’attention qu’elles méritaient, tout en écoutant les deux jeunes femmes qui discutaient de Milan. Quant à la question que Jacob posa à Rosaleen, elle le plongea un peu plus dans le silence. Son regard sombre se posa sur sa fiancée, curieux de savoir ce qu'elle allait répondre…



Christoph Waltz, merci à Roy
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La soirée commençait sous les meilleurs auspices. Leopold avait vanté la qualité du vin et Rosaleen était une invitée modèle qui alimentait la conversation  avec ce qu’il faut d’intérêt sans être intrusive. On  pouvait reconnaitre de nombreux défauts aux sang-purs mais Swann était forcé de constater qu’ils savaient éduquer leurs enfants dans l’art de la conversation.  Rosaleen avait parlé de l’organisation de son mariage sans bassiner tout le monde avec (ce qui était un fait plutôt rare généralement lorsque l’on fréquentait une future mariée) et elle avait vaguement évoqué ses études au Lycaon. Swann espérait sincèrement que la jeune femme parviendrait à concilier sa vie d’étudiante et sa vie publique faite de mondanités. L’agenda de la future première dame serait forcément très chargé en galas et ce rythme effréné n’était pas forcément compatible avec l’exigence de travail en études supérieures. Enfin, l’ainée des Lestrange semblait bien décider à valider son année, aussi l’ex-préfète ne sema pas le doute dans son esprit :

« L’Academie du Lycaon est très réputée, souffla-t-elle en attrapant à son tour son propre verre de vin des elfes, Il est rare que des étudiants anglais parviennent à intégrer cette formation très select et pourtant j’ai un ancien camarade de mon année qui a été admis, Jeremy Baker, peut-être le connaissez-vous ? » s’enquit-elle en tournant un visage radieux en direction de la future première dame.

L’échange se poursuivit entre les deux femmes même si Swann ne manquait pas d’observer du coin de l’œil Léopold et Jacob eux aussi en grande conversation sur le droit des elfes. C’était important de nouer des liens privilégier avec les personnalités influentes du monde magique et compter un directeur de département parmi ses alliés et collaborateurs était un plus pour tout entrepreneur qui se respecte. C’est pourquoi Swann comptait bien rallier la conversation des hommes incessamment sous peu. Hors de question qu’elle soit cantonné à parler de recettes de cuisine et de jardinage même si elle devait accepter de se plier à cet exercice du bavardage afin d’amorcer sereinement la soirée :


« Oh oui Milan est une ville magnifique ! s ‘exclama-t-elle  donc en réponse à la question de Rosaleen, le quartier sorcier est d’une richesse architecturale inouïe. Notre bon vieux Chemin de Traverse fait pale figure à côté et les italiens sont absolument adorables. Par contre, c’était nettement plus difficile pour moi d’exercer mon activité sereinement. Les autorités italiennes ont une politique sur l’utilisation des peaux des créatures magiques très restrictives là-bas. Par exemple, le cuir de dragon ou la fourrure de niffleur sont complètement interdits. Ils ne cherchent même pas à savoir si l’animal est décédé de mort naturelle –comme chez nous ! Bien sûr ils espèrent éviter les dérives de certains élevages mais je ne pense pas que tout interdire soit la solution…»

C’était l’occasion de rallier Jacob et son collègue à leur conversation aussi elle reprit, un ton plus haut, en se tournant vers les deux hommes :

« Personnellement, en Grande Bretagne,  je sais que je peux m’appuyer sur des fournisseurs très respectueux de leurs bêtes. J’ai eu l’occasion de visiter récemment les infrastructures des MacFusty et c’était à couper le souffle !  Soyez assurés que les membres du clan aiment profondément leurs dragons, peut-être même plus que les hommes ! » plaisanta-t-elle avant de boire une gorgée de vin.

N’avait-elle pas promis à Alexandre MacFusty qu’elle vanterait son travail auprès des grands de ce monde ?
C’était chose faite !


Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Rosaleen eut un sourire poli aux remarques de Jacob, encore peu à l'aise. Elle avait beau s'épanouir comme une fleur dans les mondanités des Sang-Pur, elle avançait ici en terrain bien moins confortable. Elle avait beau avoir croisé Swann à plusieurs reprises et se sentir assez proche d'elle - en âge, en intérêt ou en milieu - pour pouvoir discuter sans trop de gêne, elle était encore en train de savoir de quel bois Jacob Dalhiatus était fait. Elle avait l'impression qu'il se rapprochait parfois du caractère de Leopold, dans son ton mordant et dans son assurance d'homme politique mais elle commençait également à comprendre qu'il était moins provocateur, si ce n'est avec les gens qu'il pouvait se permettre de contrarier : ceux qui étaient inférieur hiérarchiquement. Il semblait vouer une grande admiration à Leopold et une grande affection à sa fiancée et Rosaleen sentait qu'il la testait. Pourquoi et sur quels points, elle ne savait pas encore et se montrait donc encore méfiante derrière un sourire aimable, attendant de savoir où elle mettait les pieds.

Ses doutes furent confirmés lorsque Jacob mentionna la condition des elfes de maison, sujet assurément très sensible chez les Sang-Pur. Ils étaient les principaux employeurs des Elfes et ce depuis des générations et ils avaient sûrement été la branche de la population la plus réfractaire à la modification de la condition de ces derniers par Hermione Granger voilà quelques années. La famille Lestrange et la famille Rosier avaient évidemment possédé des Elfes et le faisaient encore : voilà encore cinq ans, ils en avaient deux, mais le premier avait pris sa liberté avec les nouvelles lois. Seule Mercy était restée et honnêtement, Rosie voyait péniblement comment ses grands-parents se débrouilleraient sans elle. Elle-même avait pris l'habitude du service d'Elfe et n'hésitait pas à l'appeler, bien qu'elle lui porte également une grande affection de par son caractère doux et sa dévotion. Elle savait bien qu'elle était en terrain miné à ce sujet, surtout lorsque Leopold ajouta son grain de sel pour appuyer Jacob. Un sourire naquit machinalement sur les lèvres de Rosaleen tandis que son esprit cherchait la parade la plus élégante possible sans se lancer dans les considérations éthiques de l'emploi de ces créatures, surtout que Leo venait de faire référence à sa propre condition, argument qui n'était pas tant valable à ses yeux puisque comme beaucoup de Sang-Pur, elle pensait les Elfes faits pour le service...

- Je vous accorde que la condition des elfes est tout à fait scandaleuse, de nombreux employeurs - elle avait volontairement occulté le terme de propriétaire - ont des comportements scandaleux et maltraitants et ils répugnent à en changer. Je pense qu'il est important de prendre le problème à bras le corps, tout en gardant à l'esprit qu'il faut du temps pour faire changer des mœurs bien implantées dans une société... Mais je n'ai pas de doute sur le talent de Miss Granger, ajouta-t-elle avec un sourire. Tu travailles toujours avec elle, Leopold ? interrogea-t-elle pour orienter le débat vers quelque chose de moins épineux.

Elle s'en était plutôt bien sortie, estima-t-elle en se servant quelque chose à manger. Elle était allée dans le sens de ses interlocuteurs en reconnaissant un problème - sans mentionner lequel puisqu'à ses yeux, le problème ne se trouvait dans le fait que les elfes de maison travaillent pour les familles - mais sans pour autant donner de véritable avis dessus. Sa grand-mère serait sûrement fière, bien que Rose fut persuadée que cette dernière eut réagit avec bien plus de vigueur et d'emportement, ne manquant jamais une occasion de cracher sur le "libéralisme décadent" qui dominait selon elle la société.

Merlin soit loué, la conversation prit un tour bien moins dangereux grâce à l'intervention de Swann, que Rose salua avec un sourire sincère. Helen Harris avait peu été crié à l'infamie il y a deux ans lorsque la fille d'Edmund Harris était arrivée en société, il fallait reconnaître que cette dernière savait y faire même si elle n'avait pas grandi parmi eux. C'était presque comme si la bonne éducation était génétique, elle entendait déjà les Sang-Pur brandir cela comme un argument à leur microcosme.

- Oui, je le connais très bien, c'est même un ami également, répondit Rose avec un sourire lorsque Swann mentionna Jeremy. Un étudiant très brillant et un garçon très gentil.

Jeremy avait été l'un des seuls de l'Académie à ne pas faire de remarque désobligeante sur son mariage à venir avec un homme qui avait l'âge de son père. Rosaleen passait au dessus de cela - ses camarades et elle ne vivaient assurément pas la même vie et dans le même monde - mais elle avait parfois l'impression de revenir au temps de Poudlard, lorsque son nom faisait jaser. Si Leopold était élu Ministre de la Magie - et elle le lui souhaitait - elle était certaine que chacune de ses décisions lui serait reprochée si elle avait le malheur de déplaîre à une frange politique de la population. Enfin, il serait bien temps de gérer cela en temps et en heure : elle avait survécu au fait d'être la nièce du plus fidèle Mangemort du Seigneur des Ténèbres, elle pourrait bien survivre au fait d'être la femme d'un éventuel Ministre de la Magie : Leopold ne pourrait de toute manière pas faire pire.

Elle hocha la tête lorsque Swann entreprit de leur raconter son périple italien et sa réinstallation au Royaume-Uni, ainsi que sa rencontre avec les MacFusty. La conversation finit par prendre assez naturellement entre les deux couples, Rose veillant à ce qu'elle ne s'égare pas sur des sujets difficiles mais il était aisé de socialiser avec Swann Twilfit dans la pièce : lorsque le sujet de sa robe de mariée vint sur le tapis, toute polémique sur les elfes de maison était bien oubliée... Assurément, les quatre futurs mariées nouaient des liens qui se resserreraient sûrement au fur et à mesure : ils avaient tout le temps.

FIN DU RP


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Garden Party [Jacob, Leopold, Rosaleen & Swann]

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