AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 [Ouvert à tous] Bloody Sunday

Aller à la page : 1, 2  Suivant
MétamorphomageMolduavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur


Alan Fiennes
Ministre de la Magie
Leader du MIM

Dimanche 15 juin 2008

L'agitation était à son comble autour du Ministre de la Magie. Les aurors et membres de la police magique fourmillaient, s'agitaient, se repositionnaient, désorganisés au vu des évènements récents. On avait bien parlé d'annuler le discours mais cela aurait représenté des semaines de préparation jetées en l'air, car le moment était important. Alan devait tout d'abord prononcer un discours très attendu et annoncé depuis des semaines, au cours duquel il reviendrait sur les évènements récents et en particulier sur les scandales sanitaires ainsi que le drame de la pleine lune sanglante. Il parlerait également de toutes les grandes actions prévues par son Ministère pour remédier à la situation de crise dans laquelle s'enfonçait peu à peu le pays, avant de laisser la parole à plusieurs de ses directeurs. Dalnox était censé s'exprimer au sujet des mardoliens qui restaient insaisissables pour les aurors, Marchebank devait s'adresser aux loups-garous, Dalhiatus avait également quelques mots à prononcer... Puis il y aurait des questions des journalistes, et un bain de foule. Cette journée était donc l'occasion pour Fiennes de renouer enfin avec la popularité de ses débuts, en annonçant plusieurs mesures destinées à rectifier le tir. Après tout, il avait toujours été homme à reconnaître ses erreurs. Lorsque l'on était ambitieux, lorsque l'on avait une vision, il arrivait que des contretemps et des problèmes arrivent en chemin, c'était ainsi. L'important était de savoir réagir à temps, après tout, et de savoir s'entourer...

Le regard du Ministre, dissimulé derrière ses lunettes préférées à verres fumés, se posèrent sur un groupe de directeurs et de personnalités du MIM, plongé dans une discussion visiblement animée. Il avait une bonne équipe, quoi qu'en disent ces rapaces de journalistes qui étaient bien plus doués pour critiquer et pointer du doigt que pour proposer des analyses en profondeur. Alan se savait globalement bien entouré, et c'était ce qui lui permettait de trouver le sommeil ces temps-ci, alors que tout semblait aller de travers. Il réajusta nerveusement sa robe de cérémonie avant de lire une énième fois le parchemin sur lequel était gribouillé son discours, tout en prêtant une oreille distraite au babillage de sa responsable en communication. Alan n'était ordinairement pas dérangé par ce type d'exercice, conscient qu'il disposait d'un certain charisme et d'une certaine facilité à séduire les foules. C'était sans doute cela, autant que son programme, qui lui avait accordé sa place de Ministre... Aujourd'hui, cependant, l'enjeu était de taille. Il devait regagner le coeur d'un peuple qu'il avait déçu, de personnes qui avaient dû subir beaucoup en peu de temps. Alan s'en savait capable, mais cela ne le rendait pas moins nerveux. Les évènements de la matinée n'aidaient pas...

La journée aurait dû être parfaite. Elle était parfaite. Le soleil brillait haut dans le ciel et il faisait déjà chaud, en ce milieu de matinée. L'été semblait enfin pointer le bout de son nez, plein de promesses. Quant aux habitants, ils étaient nombreux à se presser le long de l'estrade sur laquelle les directeurs de département commençaient à prendre place, plus nombreux encore à déboucher des deux côtés du Chemin de Traverse. Le lieu avait été magiquement aménagé pour permettre une plus grande concentration de monde, mais n'en restait pas moins assez exigü. C'était pourtant ici qu'Alan avait tenu à tenir son discours, entre la banque Gringotts et Fleury & Botts, car cet endroit était un symbole de ce pays dont il avait la charge.

"Ca va être l'heure, monsieur le Ministre."

Alan approuva d'un hochement de tête, inspira profondément pour se donner du courage et monta sur l'estrade. Il serra la main de tous ses directeurs qui se trouvaient présents, satisfait de cette image d'unité que son gouvernement donnait là. L'unité dans la crise, tel était le message qu'il devait faire passer à sa population qui paraissait plus fractionnée que jamais.

"Bonne chance, monsieur le Ministre."

"Merci, Leopold", répondit Alan en rendant son sourire à l'un des plus fidèles soutiens du parti. Ils se connaissaient depuis longtemps et leurs rapports étaient amicaux, bien que n'ayant jamais vraiment dépassé le cadre professionnel. Leopold était suffisamment passionné par les créatures magiques pour qu'Alan puisse se concentrer sur ce qui importait vraiment, en lui déléguant cette tâche. Quelques déasaccords avaient pu exister entre eux sur des questions de budget mais Marchebank, comme les autres, était fidèle au poste quand Alan avait besoin de soutiens officiels et c'était tout ce qui importait.

Alan s'avança jusqu'à son pupitre et y déposa son parchemin, tout en sachant pertinemment qu'il risquait de s'éloigner de ses notes dans la passion du moment. Il redressa la tête et fixa la foule un instant, le temps que le calme se fasse. Un petit sourire confiant s'étira sur ses lèvres quand il constata avec quelle rapidité les gens se taisaient pour l'écouter. Son aura naturelle était toujours là, crise de confiance ou pas.

"Sonorus !", se lança-t-il à lui-même avant de commencer à parler : "Mes chers concitoyens, je vous remercie de vous être déplacés aujourd'hui. Notre pays a traversé de grandes épreuves au cours des derniers mois et il est important que..."

De nombreux bruits caractéristiques de transplanage se firent entendre un peu plus loin dans la rue, faisant trébucher Alan sur son discours. Du coin de l'oeil, il vit deux aurors se mettre en mouvement et il se força à reporter son attention sur son parchemin et à reprendre.

"Il est important que nous fassions preuve d'unité..."

Une fois lancé, Alan parvint sans mal à s'exprimer, de son habituel ton engagé et transcendant. Pourtant, il avait la distincte impression que la foule n'était pas concentrée sur ce qu'il disait et que l'agitation commençait à se propager...



HRP : Ce topic est ouvert à tous. Il s'agit comme vous l'aurez compris du topic conduisant à la chute du gouvernement Fiennes, qui amorce donc le nouveau contexte. Comme d'habitude pour les scénarios communs, pas de tours de jeu. N'hésitez pas à participer, mais sachez néanmoins que vos personnages risquent d'être un peu secoués...
Irving WhitakerAubergisteavatar
Messages : 3454

Voir le profil de l'utilisateur
Des yeux bleus, des boucles brunes, pas de doute possible: Les enfants Whitaker étaient tous réunis dans le petit appartement d'Irving en ce dimanche matin. Sue avait amené les croissants de la pâtisserie de son mari qui était un peu plus bas dans les Pentes et les quatre frères et sœurs avaient décidés de déjeuner ensemble sous l'initiative d'Irving, trop heureux de pouvoir inviter ses frangines avant de rejoindre ensemble le Chemin de Traverse. Pourtant, les circonstances ne se prêtaient pas vraiment à un moment convivial mais l'ex-gryffondor avait justement décidé qu'en ses temps troublés, l'unité familiale était de rigueur.

-Edouard va fermer le commerce aujourd'hui, lança alors l'ainée en remuant son thé dans sa tasse d'un air soucieux, les ouvriers de l’Usine ont prévus de débrailler à 10h pile. Ils ont appelé ça l'opération 'Ville Morte’, ajouta-t-elle en levant les yeux vers Judy dont le mari, Stanley, était un fervent syndicaliste de l'Usine Nimbus. Par le "ils" elle sous entendait justement les membres de la FOSSE et le ton de sa voix laissait à penser qu'elle désapprouvait l'action.

- Je sais, Stan m’a dit qu’on se retrouvait sur la Grand’Place à et cinq, répondit l'institutrice cracmol en affichant un léger sourire. Judy n'avait manifestement pas envie de débattre avec sa sœur sur le sujet. Si les enfants Whitaker se sentaient tous concernés par ce qui se passait en ce moment au gouvernement  et à la Cité, ils n'avaient pas la même conception des choses quant il s'agissait d'y apporter des solutions.

-Moi je trouve ça très bien, s'exclama Tara d'un ton catégorique, il faut marquer le coup et montrer à Fiennes que nous existons. Les gars du FOSSE ont bien fait de ne pas déposer de préavis de grève. La surprise n’en sera que meilleure…

Sue haussa les épaules manifestement peu convaincue.

- J'ai encore eu un décès par Consumeuse la semaine dernière, révéla alors Tara qui travaillait comme infirmière à St-Mangouste, un père de famille de trois enfants de 10 à 3 ans, elle secoua la tête de gauche à droite et ajouta, Sérieusement Sue, on ne peut pas laisser faire ça. Le gouvernement doit prendre des décisions: Allouer des pensions aux familles des victimes, garantir la sécurité de l'emploi à la veuve, je sais pas moi !
Elle marqua une pause et croqua dans son croissant: C'est pas en se mettant des œillères qu'on va avancer... Tu as vu le cour des ventes des balais Nimbus depuis l'affaire ? Elle imita le bruit d'un crash avant d'ajouter. On peut encore choisir de faire de la Cité une "Ville Morte" mais bientôt, on aura plus le choix, elle le deviendra par la force des choses."

Irving qui avait proposé à ces sœurs ce petit moment privilégié commençait à se demander s'il avait eu une bonne idée. Il croisa brièvement le regard de Judy qui était restée quasiment silencieuse jusque là et se tourna vers Sue qui n'avait toujours pas touché à sa viennoiserie. Un brin agacée, celle-ci répondit d'ailleurs:

- Je le sais ça Tara. Je vis ici je te rappelle, je dis juste que ce n'est pas très bon d'entretenir ce climat insurrectionnel en se montrant aussi buté….
-Tout de suite les grands mots !
-Merlin ! Tara, laisse-moi parler ! C'est toujours pareil avec toi ! On ne peut pas discuter ! Je soutiens les Nimbusiens, la preuve, je vais à la manif avec vous, mais je ne sais pas si cette manifestation est  la meilleure manière d’agir… Elle regarda son croissant d’un air maussade et ajouta, Les chiffres de la boulangerie sont mauvais depuis plusieurs mois maintenant et je ne suis pas sûre qu'une journée chômée arrange les choses.  Et puis tout ce qui se passe dans la Cité en ce moment ne m'inspire pas confiance. Les gens sont sur les dents, très agressifs. Ce n'est pas bon pour les enfants, Gillian, Cairan, Penny…eux aussi ils se radicalisent, comme leur oncle d’ailleurs. » souligna-t-elle en désignant Irving du regard.
-Sue, t’as décidé d’gâcher mon p’tit dej ou quoi? répondit Irving en levant les yeux au ciel, C’est pas parce que j’ai distribué une dizaine de tract pour le FOSSE à la sortie de L’Usine que j’suis d’venu anar’ ! De toute manière la grogne dépasse largement le cadre d’la Cité, j’en ais discuté avec des potes de Bristol et d’Aber. Tout le monde en a marre de ce gouvernement…
Jeremy et Juliet allaient d’ailleurs se joindre au cortège des mécontents, tout comme Danny, qu’ils devaient retrouver sur le Chemin de Traverse, le problème c’est pas la Cité, c’est un tout.
-Je le sais ça Irving, c’est bien ça qui m’inquiète, souffla l’ainée des Whitaker.

Devinant que sa grande sœur était véritablement soucieuse à l’idée de rejoindre la manifestation, l’ex-Gryffondor tenta de l’apaiser:

-Stresse pas ! On va juste crier un peu plus fort qu’le Ministre pour s’faire entendre. C’est tout !  Et après j’vous paye même une glace chez Florian Fortarôme, lança-t-il en débarrassant la table d’un coup de baguette.
Il rejoignit alors sa fenêtre et se hissa sur la pointe des pieds pour tenter d’apercevoir un bout de la Grand Place. Un sourire s’étira sur ses lèvres avant qu’il ne se tourne vers ses frangines. J’crois qu’l’heure du rassemblement est arrivée ! »



C’était la foule des grands jours sur le parvis de l’Usine lorsque la fratrie Whitaker déboucha sur la place principale de la ville. Toute la Cité semblait s’être donné le mot. Les commerces avaient baissé leurs devantures et les ouvriers en tenue de travail venaient tout juste de quitter l’Usine qui fonctionnait habituellement 24h/24. Quelques banderoles ornées de slogans contestataires lévitaient dans les airs derrière un large étendard soutenu par plusieurs membres du FOSSE juchés sur leurs balais volants. Les conditions de travail, le ras-le-bol général et la réforme éducative branlante étaient les cibles privilégiés des devises et des chants des mécontents qui s’élevaient depuis la place.

« J’vous laisse ! J’dois retrouver des potes, cria Irving pour couvrir le bruit des insurgés qui s’échauffaient, On s’retrouve après la Manif d’vant l’glacier ?

Les trois sœurs hochèrent la tête et lui firent un petit signe de la main lorsqu’il s’éloigna en direction des banderoles des syndicats étudiants. Juliet et Jeremy n’y étaient pas affiliés mais ils seraient peut-être là-bas en compagnie de leurs connaissances de l’Université Magique, songea-t-il en se frayant un passage au milieu de la foule.
Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, l’ambiance n’était pas particulièrement tendue. Les manifestants semblaient décidés sans être obsédés par leurs revendications, ce qui n’était pas pour déplaire au Gryffondor. Il avait convié une femme enceinte à venir à cette manif et il ne voulait pas qu’elle se retrouve au milieu de gros balourds ou de casseurs.

-Salut la future maman ! lança-t-il d’ailleurs en reconnaissant la silhouette arrondie de Juliet au milieu de la place. Il embrassa chaleureusement son amie avant de serrer la main de Jeremy qui l’accompagnait, Dit donc, c’est qu’ça commence à s’voir, jubila-t-il en désignant du menton le ventre rond de la jeune femme.
Juliet, enceinte. Il n’arrivait toujours pas à s’en remettre.

« Alors, comment va ? demanda-t-il enfin en les regardant tour à tour, z’avez choisi les couleurs d’la chambre du bébé ? » C’était toujours mieux que de les saouler avec le traditionnel interrogatoire du  prénom. « Voila d’quoi décorer les murs si vous avez pas d’idées! » ajouta-t-il en distribuant des petits fanions qu’il avait dupliqués pour la FOSSE . Il en fit léviter quelques uns dans les airs puis il regarda tout autour de lui et ajouta, En tout cas, c’est cool que vous ayez pu v’nir ! Ça va surement bouger d’ici quelques minutes. »

En effet, les membres les plus influents de la FOSSE commençaient à organiser le convoi derrière la grande bannière. L’un d’entre eux usa alors d’un sonorus et se mit scander un « Sorciers, en colère ! Sortons-nous de la galère ! » Très vite repris par la foule entière.
Irving joignit sa voix aux autres tandis que les premiers rangs commençaient à transplaner en direction du Chemin de Traverse. Il se concentra alors sur sa destination et se téléporta à son tour sur la célèbre rue commerçante londonienne.

La foule y était encore plus dense que sur la Grand’Place et Irving ne discernait même pas le podium de Fiennes qui devait être au bout de la rue.

« Putain, c’est blindé d’monde ! »
jura-t-il en se penchant vers Juliet et Jeremy avant de reprendre la formule que les mécontents chantaient en cœur :

« Sorciers, en colère ! Sortons-nous de la galère ! »


Aaron FinniganPersonnage décédéavatar
Messages : 476

Voir le profil de l'utilisateur
Aaron regardait autour de lui, maussade. Il n'avait pas envie d'être ici un dimanche, engoncé dans un costume trop chaud sous ce soleil de plomb. Il regarda autour de lui, repérant à l'avance les gens qu'ils connaissait pour mieux les éviter. Il en avait marre, des regards de compassion et de commisération de son entourage. Il en avait marre des promesses, des "ça va aller mieux", parce que non, ça n'allait pas aller mieux. Kelsey était partie et ne reviendrai jamais. Comment était-ce censer "aller mieux"? Comment était

Il ne souriait plus (certaines mauvaises langues diraient que ça ne changeait pas d'avant), et chaque fois qu'il éprouvait un sentiment positif éphémère, il sentait la culpabilité l'envahir et replongeait dans ses sombres pensées. Il ne voulait plus faire comme avant. Il ne voulait pas l'oublier - car sinon, qui se souviendrait d'elle? Killian? Jeremy? Ils s'en remettraient vite. Darren? Il ne lui avait plus parlé depuis des mois! Et même si l'ancien Serpentard avait ressenti un peine réelle à l'annonce du décès, Aaron savait qu'il était entier et emporté, qu'il avait plutôt tendance à vivre dans l'instant présent, que… que quoiqu'il arrive, personne ne pleurerait Kelsey comme lui.

Il arrivait, tant bien que mal, à perpétuer le quotidien. Il acceptait de sortir uniquement si c'était le genre de sortie qu'il aurait fait sans elle. Il avait refusé de venir chercher ses affaires, que Killian gardait au Sucré depuis qu'il avait vidé son appartement - un crime de lèse-majesté à ses yeux. Ses affaires étaient toujours à leur place, dans sa penderie à lui, et un débardeur et quelques culottes prenaient la poussière sous son lit, comme si elle allait lui rendre visite d'un moment à l'autre. Il gardait une photo d'eux au cinéma dans son portefeuille - et une autre d'elle à Hyde Park dans sa poche, qu'il serrait perpétuellement. Il imaginait ce qu'elle aurait dit si elle avait été là…

Son psy - ses parents l'avaient envoyé d'autorité chez un psychomage qu'Amy avait déniché pour l'aider à traverser cette épreuve - disait que cette obsession était normale, qu'il ne fallait pas le juger déséquilibré ou morbide, que ça passerait. Aaron l'avait entendu lorsqu'il avait rassuré sa famille - et il était d'accord sauf sur une chose: il ne voulait pas que cela cesse.

Seul Fiennes semblait indifférent à son malheur - et c'était un soulagement autant qu'une vexation. Son mentor lui avait adressé quelques mots de sympathie et l'avait enseveli sous le travail, bien décidé à ne pas perdre son poulain pour un drame de jeunesse. Il se permettait parfois, quand il le voyait complètement découragé, une brève main sur l'épaule avant de l'envoyer accomplir une nouvelle tâche. C'était Alan qui l'avait voulu près de lui aujourd'hui, pour habituer les gens à son image, pour qu'il regarde ses techniques d'orateurs, pour qu'il sache ce que cela faisait d'être du côté de la barrière.

Aaron suivait, tâchant de dissimuler son moral au plus bas. Il évita soigneusement Dalhiatus - il ne voulait plus jamais revoir Swann après ce qu'il s'était passé l'autre soir, et encore moins affronter le mépris suintant de son fiancé. Il vit la directrice des Gryffondor saluer les autres directeurs de département et discuter brièvement avec Leopold Marchebank, puis Fiennes commença à parler.

La foule s'agitait, ce qui inquiétait le jeune homme, qui se tenait dans l'espace réservé aux officiels, près de la tribune. Un mouvement de masse les bouscula et son voisin lui tomba dessus.

"Attention" grogna-t-il en le rattrapant. "On ferait peut-être mieux de s'écarter un peu."

HRP:
 


Sing me a song of a lad that is gone
Say, could that lad be I?
Merry of soul he sailed on a day
Over the sea to Skye
Billow and breeze, islands and seas
Mountains of rain and sun
All that was good, all that was fair
All that was me is gone

Alexandra FitzApothicaireavatar
Messages : 240

Voir le profil de l'utilisateur
Une chose était sûre, Alex n’aimait pas se lever tôt un dimanche matin ; c’était le moment de la semaine qu’elle attendait avec impatience, celui où elle pouvait réellement se faire plaisir en se prélassant dans son lit jusqu’à pas d’heure. C’était aussi dans ces moments-là qu’elle appréciait vivre seule, personne n’était là pour la tirer du sommeil ou la faire culpabiliser de perdre sa mâtinée à rien faire. Quand elle vivait avec Steve, il y avait souvent quelque chose à faire le dimanche… Néanmoins, lorsqu’il s’agissait de défendre la bonne cause, sa cause, elle n’hésitait pas.

C’est ainsi qu’elle s’était levée à l’aube en ce dimanche 15 juin ; elle avait remonté la Promenade des Marins et avait ouvert la porte du bâtiment abritant le siège de l’OFFRE. Elle se rappelait encore quand elle l’avait choisi ; à l’époque, le vieux bar était miteux et poussiéreux, tout semblait avoir été laissé en plan après une bataille rangée comme celles qu’on voyait dans les Westerns. Et non, elle n’était pas tombée amoureuses des vieilleries qui y traînaient, ni de la disposition « si charmante » de l’endroit comme l’agent immobilier avait dit lorsqu’il lui avait vanté les mérites du lieu. Non, elle avait trouvé le lieu minable et elle avait douté pouvoir en faire quelque chose mais elle n’avait pas eu d’autre choix, elle montait l’OFFRE avec ses propres moyens et une légère contribution de ses premières affiliées et c’était le seul local assez grand qui correspondait à sa bourse.

Finalement, il s’était avéré que ce n’était pas un si mauvais choix. Après plusieurs jours de grand nettoyage et de remise à neuf – c’est fou ce qu’un coup de peinture blanche peut faire comme effet – qui avaient eu le mérite de rapprocher les jeunes femmes, le bar paraissait un peu moins insalubre. Elles avaient récupéré du mobilier à droite et à gauche pour faire une salle de réunion et un petit bureau, et l’OFFRE avait prit son envol. Les choses avaient bien changé depuis ces jours-là…  Le QG comme elle se plaisait à l’appeler était devenu un vrai lieu de passage avec des réunions régulières, des permanences, des soirées de discussions acharnées sur tout et rien. Alex était fière de ce qu’elle avait créé et aujourd’hui, ils allaient franchir une nouvelle étape.

Plusieurs fois, ils avaient tenté de faire parvenir leurs idées au ministre Fiennes mais celui-ci s’était contenté de les remercier en souriant et en leur disant qu’il appréciait leur engagement et qu’il verrait ce qu’il pourrait faire. Alex n’aimait pas être prise pour une idiote et le peu de sympathie qu’elle portait au ministre – après tout, le MIM c’est quand même moins pire que le SPAM – s’était envolée. Les derniers scandales en date étaient la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase : l’OFFRE devait agir.

Hors de question de laisser de jeunes adolescentes – et des femmes plus âgées – avoir à gérer des grossesses non-désirées à cause d’un manque de contrôle dans la filière de production des potions. Et en plus, si elles désiraient avorter, elle n’en avait même pas la possibilité dans le monde magique, elles étaient obligées d’aller dans un hôpital moldu : comment vouliez-vous qu’une jeune née-sorcière élevée dans une société anti-avortement ait suffisamment de courage pour prendre une telle décision et se rendre dans un monde inconnu et parfois même hostile à ses yeux pour cela ? C’était n’importe quoi ! On ne prenait encore une fois pas en compte les désirs des femmes et on les empêchait de maîtriser leur vie et leur corps !

Ce discours était l’opportunité rêvée pour faire valoir leurs idées, pour les crier au ministère plus exactement. Une des affiliées habitant la Cité Nimbus lui avait dit que les ouvriers prévoyaient une action, elle avait donc pris contact avec eux pour organiser leur arrivée simultanée, ils auraient ainsi plus d’impact. L’OFFRE avait ainsi organisé une vaste opération de communication en distribuant le plus de tracts possible. Mais malgré tous leurs efforts, ils avaient été une fois de plus pris à court et les derniers détails n’étaient pas au point même si les membres les plus fidèles avaient passés la soirée de la veille à créer des banderoles qui pourraient porter haut leurs revendications. C’est pourquoi Alex se retrouvait à ouvrir le QG de l’OFFRE au petit matin.

Elle fut rapidement rejointe par quelques membres très investis, le noyau dur comme elle se plaisait à l’appeler. Ensemble, ils réglèrent les derniers détails et après avoir discuté pendant un moment avec une Summer surexitée des placements stratégiques pour les banderoles, elle entendit les premiers protestataires arriver.


L’heure approchait et Alex était plutôt satisfaite, ils étaient suffisamment nombreux pour ne pas paraître ridicules et pour avoir une chance de se faire entendre. C’était le moment ou jamais. Dans une ambiance joyeuse, ils entamèrent un compte à rebours avant le transplanage massif. Alex sentait le sang bouillir dans ses veines, de l’action, enfin ! Et pour une fois, elle le faisait à la vue de tous et non cachée dans l’anonymat mardolien, son caractère Gryffondor l’en remerciait.

« 5, 4, 3, 2, 1, transplanez ! »

Alex avait déjà les yeux fermés, la sensation habituelle de transplanage la saisit aux tripes et avant même qu’elle n’ouvre les yeux, elle savait qu’elle était arrivée :

« Sorciers, en colère ! Sortons-nous de la galère ! »

Les ouvriers de le Cité Nimbus étaient remontés et leur message commençait déjà à se propager parmi les spectateurs du ministre. Celui-ci, imperturbable, continuait son monologue. Cette vision fit frémir Alex et elle cria encore plus fort. Entre deux slogans Nimbus, ils réussirent à lancer les leurs :

« Non aux grossesses-Chaudrillon, oui à plus de contrôle ! Non aux grossesses-Chaudrillon, oui à l’avortement ! »

Alex était prête à en découdre et elle ne se doutait pas encore à quel point cette manifestation serait cruciale.


Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
Messages : 92

Voir le profil de l'utilisateur
Edmund sortait rarement de Poudlard. Enfin, dire qu'il sortait rarement tout court aurait été plus approprié mais c'était beaucoup moins flatteur. Il avait toujours été d'un tempérament casanier et il préférait largement passer l'après-midi à lire tranquillement plutôt que de se mêler à une foule bruyante et agitée, surtout par cette chaleur. Les gens étaient bruyants, mal-élevés et vulgaires et plus il était loin, mieux il se portait. Malheureusement pour sa tranquillité, Edmund était un homme d'esprit et il avait toujours été intéressé par la politique, dès son plus jeune âge, lisant les titres du journal que tenait son père tandis que sa mère lui demandait de se tenir droit à la table du petit-déjeuner. Il n'était pas militant, estimant qu'un Professeur du Collège Poudlard se devait d'avoir une complète indépendance politique - encore une valeur qu'il avait bafoué en cédant à l'appel du pouvoir promis par Ana Sorden - et ne possédait donc la carte d'aucun parti. Il était néanmoins un fidèle partisan du SPAM et les Harris n'hésitaient jamais à faire un don à ce dernier, John Warlock étant d'ailleurs un ami proche.

Aussi, lorsqu'il avait appris que leur actuel Ministre de la Magie donnerait une conférence de presse très attendue sur le Chemin de Traverse, la curiosité Serdaigle qui caractérisait Edmund avait repris le dessus et il avait cédé à l'envie d'aller assister à l'évènement en personne plutôt que de lire le résumé dans les journaux le lendemain matin. Il avait échangé sa permanence de week-end avec Daisy et il s'était avéré que Margot voulait également y aller, ce qui leur permettait de faire cette studieuse sortie dominicale ensemble. Les deux collègues étaient arrivés plutôt tôt afin d'avoir des places agréables, près de la tribune du Ministre mais pas trop, et Edmund avait eu l'immense déplaisir de voir le Chemin de Traverse se remplir comme le cerveau d'un Serdaigle avant les ASPICS. Il se sentait oppressé par la foule aux alentours et regrettait soudain le confort de sa bibliothèque personnelle : il aurait très bien pu suivre l'allocution à la radio et ainsi éviter de fréquenter tant de sorciers visiblement élevés dans un terrier pour ignorer à ce point les règles de savoir-vivre. La moustache frétillante d'exaspération, Edmund se tourna vers Margot lorsqu'un énième malotrus les bouscula, après l'avoir évidemment assassiné, démembré et enterré du regard.

- Je déteste les foules, les gens sont incapables de respecter un minimum de distance vitale.

Il ne précisa évidemment pas que sa propre distance vitale était un cercle d'environ deux mètres trente autour de lui, cela allait de soi. Heureusement, les sorciers autour d'eux finirent par se calmer lorsque le Ministre prit la parole et commença à tenter de justifier les derniers scandales qui avaient secoué le pays. Edmund n'avait pas voté MIM et il ne soutenait vraiment pas les idées du parti mais il savait également que le gouvernement en place n'était pas seul fautif dans l'histoire et récupérait également les casseroles des précédents gouvernement. Le manque de contrôle dans les chaines de fabrication des potions ne date pas du MIM mais c'est sous son gouvernement que la plus grosse affaire a éclaté. Il avait été plus que choqué de ce qui était arrivé à deux de ses élèves. Alors oui, il aurait été facile de blâmer le corps enseignant pour son manque de surveillance mais tous les élèves avaient un jour enfreint le couvre-feu : se glisser en dehors de l'école la nuit faisait partie des expériences que vivaient de nombreux élèves - même si lui-même n'avait jamais enfreint le règlement - et ils auraient été bien en peine de l'empêcher, à moins d'assigner un surveillant personnel à chaque dortoir.

Il était allé à l'enterrement de la petite Prewett, une élève qu'il avait toujours appréciée et qui était promise à un grand avenir. Ce n'était pas la première fois qu'il perdait un élève, en vingt ans de carrière dans l'enseignement, mais c'était toujours le même sentiment de tristesse et d'impuissance face à des enfants qu'ils étaient censés protéger. Il ne pouvait pas faire grand-chose, malheureusement, et il était également de son devoir de pousser les autres élèves à continuer afin qu'ils gardent la tête hors de l'eau. Il avait dispensé les classes de Prewett et Miler pendant une semaine, mais avait continué de garder le rythme de ses cours, afin de garder les élèves occupés. Il avait précisé qu'ils pouvaient venir lui parler s'ils le souhaitait mais personne n'était venu : sa proposition ne devait pas leur paraître très engageante. Il força ses pensées à revenir sur le discours du Ministre lorsque des bruits de transplanage se firent entendre. Les gens étaient vraiment incapables d'être ponctuels ! Mais il apparu vite, au vue du remous de la foule et des cris qui furent poussés, que ce n'était pas des simples retardataires qui étaient arrivés mais bien des contestataires décidés à se faire entendre.

- J'espère que le service de sécurité est prêt à anticiper des mouvements de foule, lança-t-il à l'adresse de Margot tout en fronçant les sourcils.

L'espace était étroit, les sorciers nombreux et la colère était grande. C'était un cocktail plus qu'explosif et Edmund en avait parfaitement conscience...



Kit par SwannyFilleChérie

 

On travaille en silence, jeunes gens.
InvitéInvité


Les rayons d'un soleil déjà chaud malgré l'heure matinale vinrent tirer Joan du sommeil. Elle n'ouvrit pas immédiatement les yeux, se renfonçant dans son duvet pour s'octroyer quelques minutes de somnolence supplémentaires. Elle constata avec satisfaction qu'elle sentait toujours le tissus rêche de son sac à dos sous sa joue; personne ne s'était donc amusé à le lui voler pendant la nuit, en voilà une bonne nouvelle; la journée commençait bien. Nul doute qu'à sa place un sorcier plus doué qu'elle avec une baguette magique aurait tout simplement choisi de lancer sur ses affaires un sortilège antivol, mais Joan avait jugé plus prudent de ne pas s'y essayer, estimant qu'il valait mieux ne pas risquer de foutre le feu à tout ce qu'elle possédait pour obtenir un résultat que de bonnes vieilles techniques grattées auprès de clochards moldus permettaient tout aussi bien d'atteindre.

Quelle heure était-il? Fiennes avait-il déjà amorcé sa tentative d'assommer la colère légitime de ses concitoyens à coups de rhétorique, comme savaient si bien le faire ceux de son espèce? Non, sans doute pas, il était encore tôt, elle le sentait. De toute manière, l'idée de manquer le début de la manifestation ne la tourmentait pas outre mesure; elle saluait l'initiative prise par ses camarades de rajouter un peu de piment au ragoût d'inepties qu'avait prévu de leur servir le ministre, mais ce genre d'événements publics était bien souvent lourdement sécurisé; elle n'avait donc pas beaucoup d'espoir de voir l'action d'aujourd'hui évoluer vers quelque chose de plus intéressant: porter un coup véritable lors d'un tel rassemblement aurait en effet nécessité une préparation minutieuse que personne, à sa connaissance, n'avait effectuée. Elle avait donc une idée assez précise de ce à quoi ressemblerait cette matinée; ils gueuleraient un bon coup, chanteraient ces vieux slogans rendus confortables par des années d'usage, agiteraient le poing, et puis quelqu'un d'un peu plus téméraire et d'un peu moins sobre que les autres se hasarderait à lancer quelque chose vers l'estrade, une chaussure, une bouteille ou une insulte; alors Fiennes lâcherait ses chiens de garde et la flamme révolutionnaire portée par la foule s'éteindrait bien vite sous la vague de la charge Aurorale. Les plus chanceux d'entre eux parviendraient peut-être à éviter l'interpellation; Joan espérait être de ceux-là, la garde à vue étant de ces expériences que la répétition ne rend pas plus agréables.

Enfin, mieux valait une lutte tiède que pas de lutte du tout; aussi Joan se décida-t-elle à s'activer. Elle étira avec un râle de contentement ses membres courbaturés par la dureté du matelas sur lequel elle avait passé la nuit, à savoir les dalles du porche d'un immeuble perdu dans une rue reculée du quartier sorcier de la capitale; elle récupéra ses possessions les plus précieuses au fond de son duvet, enfourna le tout au fond de son sac à dos magiquement agrandi, passa sans conviction ses doigts dans la masse emmêlée de ses cheveux, renonça à les discipliner, attrapa sa guitare et partit clopin-clopant dans les rues ensommeillées de la ville, sous un ciel d'un bleu prometteur.

Il s'avéra qu'il n'était que huit heures et demie; elle eut donc tout le temps de dépenser le tiers de sa fortune pour un café noir qu'elle bût accoudée au comptoir, papotant politique avec un serveur tatoué jusqu'au cou, et c'est avec un enthousiasme nouveau qu'elle ressortit du bistrot pour rejoindre la foule clairsemée qui poireautait déjà sur la place de Gringotts.

Elle chercha du regard des visages connus, mais l'assemblée ne se composait encore principalement que de sorciers et sorcières d'âge mûr en robes du dimanche, aussi alla-t-elle s'adosser au mur d'une boutique, un peu en retrait. Elle sortit sa pipe en bois de sa poche, la bourra distraitement et l'alluma au bout incandescent de sa baguette magique, observant une poignée d'employés bien habillés du Ministère s'affairer sur l'estrade. Ce n'est qu'en voyant le ventre arrondi d'une toute jeune femme que Joan se souvint brusquement qu'elle s'était initialement engagée à rejoindre ce matin ses camarades de l'OFFRE au QG de Bristol pour préparer la manifestation. Eh merde. Enfin, ça ne servait plus à rien d'y aller, il était trop tard de toute façon; et puis ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'elle leur faisait faux bond.

Un flot continu de personnes se déversait maintenant sur la place; sur l'estrade, le Ministre fit alors son apparition, flanqué de ses sous-fifres, et il y eut quelques applaudissements aux premiers rangs; et puis il débuta son discours. Avec une pointe d'excitation, Joan éteignit sa pipe et se décolla du mur; ils n'allaient plus tarder.

Dans un bruit de pétarade assourdissant, des centaines d'hommes et de femmes apparurent alors sous ses yeux, et un grand sourire étira ses lèvres. Avec leurs bleus de travail, leurs banderoles, leurs poings serrés et leurs slogans déjà au bord des lèvres, les ouvriers de l'usine Nimbus s'étaient déplacés en masse; elle reconnut les têtes de quelques anciens collègues et alla les saluer avec chaleur, attrapant au passage un tract d'un violet vif que lui tendait un petit jeune.

- Sorciers en colère, scandaient déjà les manifestants.

Un chorus de voix féminines se fit alors entendre de l'arrière du convoi.

-  Non aux grossesses-Chaudrillon, oui à plus de contrôle !

Ah, l'OFFRE était arrivée. Joan prit congé de ses anciens collègues, non sans avoir convenu avec eux d'aller boire une bière à un troquet dès la fin de la manif, et se dirigea vers les militantes qui s'époumonaient avec ferveur, Fitz la première. La fondatrice de l'organisation avait au fond des yeux une lueur de détermination qui faisait plaisir à voir. Joan les salua d'un sourire et d'un signe de tête, récupéra une poignée de tracts que lui tendait l'une de leurs plus jeunes camarades, la gratifiant d'un remerciement chaleureux ponctué d'un petit clin d'oeil qui fit rougit la demoiselle, et s'échauffa la voix en reprenant leur slogan Chaudrillon qui avait le mérite d'être clair et direct à défaut d'être très original.

- Oui à l'avortement!

Elle avisa à quelques pas le cortège des étudiants. Prise d'une soudaine inspiration, elle tira sa baguette de sa poche, tâchant de se concentrer malgré le bruit et l'agitation, et fit léviter quelques tracts; elle abaissa sa baguette et une pluie de feuilles orangées tomba délicatement sur la foule boutonneuse. Fière de son exploit magique - le sortilège de lévitation était l'un des plus basiques qui soient, mais son incompétence était telle qu'il lui était déjà arrivé de le rater -, elle recommença l'opération avec le reste de ses tracts, les faisant cette fois-ci tomber non pas sur des manifestants mais sur les spectateurs massés au milieu de la foule.

- Avortons le gouvernement! lança-t-elle, profitant d'une pause entre deux slogans.

Ils n'allaient peut-être pas changer le monde aujourd'hui, mais ils faisaient un beau vacarme, et c'était déjà pas mal.
Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
Messages : 157

Voir le profil de l'utilisateur
Contemplant d'un regard morne la foule qui s'agglutinait en contrebas de l'estrade, Jacob Dalhiatus, restait sagement assis sur l'un des sièges alignés derrière le pupitre qui allait servir de perchoir au volubile et démagogue Alan Fiennes. Les jambes entrecroisées, en toute décontraction, l'attitude du directeur du Département des Catastrophes magiques contrastait fortement avec l'agitation ambiante. En premier lieu, la tension était palpable chez Alan Fiennes, qui voyait en cette apparition publique un rendez-vous à ne point manquer. En effet cette rencontre avec ses électeurs revêtait une importance capitale pour assurer l'avenir du MIM, encore secoué par de multiple scandale. Le leader charismatique du Parti pro-moldu allait devoir accomplir un petit miracle de persuasion pour ramener à sa cause une population de plus en plus sceptique sur les bienfaits de sa politique. Mais Alan Fiennes aimait les défis et se retrouver dos au mur; Il excellait lorsqu'il se retrouvait dans une logique de survie, et nul doute qu'il allait une fois de plus, réussir à endormir les foules en colère avec ses petites ritournelles populistes. Jacob méprisait ce petit air suffisant, cette manière que Fiennes avait de berner son auditoire avec ses beaux discours. Jacob était d'une certaine manière tombé, lui aussi, dans ce piège de grand démagogue, et il regrettait amèrement ses choix du passé. En dehors de l'emballage doré et les fausses promesses, le MIM n'offrait aucune garantie d'avenir, ni l'ombre d'une conviction sincère. Jacob se maudissait de s'être laissé duper, mais il savait que à partir de ce jour, rien ne serait plus désormais comme avant...

La discussion qu'il avait entretenue avec Leopold Marchebank lui avait insufflé un regain d'espoir et d'optimisme quant à l'avenir du monde magique, et à en croire les dires de celui-ci, nul doute que ce virage salvateur allait très vite s'amorcer. En tout cas, rien dans l'attitude de Jacob ne trahissait l'impatience qui le rongeait de l'intérieur, à l'idée de voir de système Fiennes s'effondrer comme un vulgaire château de cartes. Le directeur se contentait d'observer en silence le magma de la foule s'ébranler à ses pieds, sans que le moindre des protagonistes directs de la scène ne soit encore réellement conscient du danger qui planait sur le Chemin de Traverse. Dans le savoir résidait le pouvoir, et Alan Fiennes allait l'apprendre cruellement à ses dépens d'une manière ou d'une autre. Alors que ce dernier venait saluer son cercle de fidèles, Jacob ne put s'empêcher d'esquisser un sourire fugace, lorsque Leopold Marchebank osa souhaiter "bonne chance" au leader du MIM. Une mauvaise foi des plus admirables, à laquelle Jacob corrobora également, en adressant un petit hochement de tête respectueux à l'intention d'Alan Fiennes. La foule devint tout à coup silencieuse lorsque ce dernier prit enfin la parole, du haut de son pupitre. Un sourire confiant éclaira alors son visage, alors qu'il interprétait ce silence de la foule comme une forme de respect pour sa personne. Jacob la percevait au contraire comme le calme précédant l'arrivée d'une tempête...

Peu à son aise depuis le début de la journée, c'est un Richard Dalnox blême qui finit par s'asseoir au coté de Jacob. Le directeur du Département des Catastrophes Magiques fit mine de ne point prêter attention à son voisin de chaise, même si sa seule présence l'insupportait. Alors que Jacob se terrait dans un silence élogieux, écoutant Alan Fiennes discourir avec talent; Le petit prince politique finit par accaparer son attention, en lui chuchotant ce qui le préoccupait.

"J'étais loin d'imaginer que cette apparition publique attirerait autant de monde! Le moindre mouvement de foule pourrait avoir des conséquences désastreuses... "

Jacob jeta un regard dédaigneux au jeune politicien comme pour mieux lui signifier qu'il ne partageait point son appréhension...

"Voyons monsieur Dalnox, ce n'est pas la première fois que nous avons à faire à un évènement de ce genre. Vous pouvez compter sur votre service d'ordre, n'est-ce pas? Alors pourquoi vous montrer aussi inquiet? "

Bien que toujours imperturbable, les mains de Dalnox s'agrippèrent alors fébrilement au revers de sa veste. A cet instant précis, une intuition bousculait dangereusement les certitudes du chef de département de la justice magique qui devait prendre une décision capitale, au risque de voir cette manifestation publique dégénérer. C'est dans un murmure quelque peu oppressé qu'il chercha à obtenir l'avis de Jacob.

"Monsieur Dalhiatus, je suppose que vous êtes informé de la menace qui plane sur la lointaine Mer des Hébrides. Si les informations dont nous disposons sont exactes, il s'agirait bel et bien de la rampe de lancement d'un futur attentat d'Alcyd Mardol. Peut être même que ce dernier s'y dissimule depuis le début, alors oui, cette fuite doit être prise très au sérieux! Je ferai tout mon possible pour que l'on mette fin aux agissement de ce monstre sanguinaire, j'en assume la responsabilité, même si... "

Jacob jeta un regard inquisiteur sur le numéro deux du MIM.

"Même si...? " demanda-t'il

"Même si j'avoue avoir sous estimé la masse populaire qui se déplacerait aujourd'hui sur le Chemin de Traverse. Sans l'appui des Aurors, un incident et nous serons vite débordés de toute part. Peut-être devrai-je les rappeler immédiatement? " reprit Richard Dalnox avant d'être rassuré par l'intervention de Jacob. Ce dernier posa une main faussement amicale sur l'avant-bras du favori de Fiennes...

"A votre place, je n'en ferai rien... Essayez d'imaginer une seconde l'impact médiatique que produirait l'arrestation d'Alcyd Mardol. Voulez-vous vraiment passer à coté de cette opportunité? Agir plutôt que subir! N'est-pas là l'un de vos adages favoris? "

Richard Dalnox finit par se rassurer, et hocha la tête verticalement en signe d'assentiment.

"Vous avez parfaitement raison. On va bien finir par lui mettre la main dessus à ce diable de Mardol! Prévenez-moi si vous obtenez des informations à propos de cette affaire... "

Jacob lui adressa un franc sourire en guise de réponse.

"Je n'y manquerai point... "

Parfois pour conduire une bête à l'abattoir, il faut savoir l'amadouer. Le regard de Jacob Dalhiatus se perdit alors à nouveau sur la foule compacte, qui s'entassait à ses pieds. Autant de petites fourmis besogneuses qui pensaient réellement être entendues, à défaut d'être soutenues. Spectacle au combien pathétique, dans un monde où seuls les puissants ont le droit de parole. Un instant, les yeux de serpent de Jacob furent alertés par un petit groupuscule de féministes dont les pancartes assassines et les slogans scandés frôlaient la provocation. Un cri lâché, "Avortons le gouvernement" résonna dans les tympans du chef de Département comme une volonté partagée : celle de voir également Fiennes et sa clique disparaitre pour de bon. Bien plus que les hommes, les femmes avaient pour habitude de toujours devoir lutter pour faire respecter leurs droits, et en cela Jacob était profondément admiratif de leur combat. Alors que Fiennes ignorait la colère du peuple, et osait parler d'unité du haut de son perchoir; l'attention de Jacob se reporta sur un petit oiseau à tête rousse qui venait de se jucher sur l'un des rebords de l'enseigne de T&T. Le petit volatile si familier le dérida quelque peu, et il en oublia presque le discours d'Alan Fiennes. Comme sur un échiquier, toutes les pièces étaient désormais placées, et il ne manquait plus qu'à mettre en échec le roi. Des mouvements de plus en plus ostensibles dans la foule, lui firent penser que ce moment était sur le point de survenir d'une seconde à l'autre. Avec un flegme tout britannique, Jacob se mit alors à applaudir le discours moralisateur de l'homme qui s'apprêtait à tomber de son piédestal. Ses applaudissements n'avaient rien d'admiratifs; bien au contraire ils étaient empreints d'une ironie glacée...


MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:03, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé transplana sur le Chemin de Traverse dans un crac sonore, et Peter ne tarda pas à se matérialiser à ses côtés, Lou dans ses bras. La petite famille avait l'intention de sortir de Poudlard pour s'aérer un peu l'esprit - il était parfois difficile de vivre confiné dans les murs de l'école. Participer à l'actualité ne leur ferait pas de mal, avait décidé le couple. Et puisque tout le monde serait occupé à écouter le discours du Ministre, on pouvait raisonnablement espérer que les magasins ne seraient pas trop occupés. Lou avait besoin de nouveaux vêtements, et il paraissait que le nouveau gérant de chez Guipure faisait des merveilles. Chloé ne savait plus qui lui avait dit - ou peut-être l'avait-elle lu dans la Gazette - que le fils Guipure avait été formé chez T&T. L'enseignante trouvait l'histoire abracadabrante et s'inquiétait un peu d'un changement total de l'enseigne, car qu'elle aimait le côté traditionnel des Guipure. Enfin, elle verrait bien une fois qu'elle y serait.

"Eh bien, il y a foule !" s'exclama-t-elle en prenant sa cadette dans ses bras. "Heureusement que nous n'avons pas pris de poussette !"

Le couple s'engagea dans la foule. Le Ministre n'était pas encore sur l'estrade, et il régnait une joyeuse agitation parmi les personnes venus assister à l'évènement.

"A ton avis, que va-t-il annoncer?"

Chloé aimait bien Fiennes. Elle avait toujours préféré l'APPEL, mais force était de constater qu'un jeune ministre était une bonne chose pour le monde sorcier. Bien sûr, il avait ses échecs: l'université magique était très mal faite et inadaptée à leur système éducatif, mais évoluerait probablement vers quelque chose de plus constructif. Le DOM semblait être une très bonne réussite, et Chloé n'était pas sûre qu'il faille mettre sur le dos de Fiennes l'affaire Nimbus et la Pleine Lune Sanglante. Elle se souvenait des années Fudge et de la manière du gouvernement d'étouffer toute polémique. Nulle doute que la Gazette n'aurait jamais publié un tel rapport sous l'influence de Cornélius. Fiennes, au contraire, avait tout de suite réagit, quoiqu'avec une certaine maladresse. Mais c'était un homme qui apprenait vite, Chloé en était persuadée, et nulle doute que son discours d'aujourd'hui annonceraient de nouvelles mesures de politique générale adaptées à la situation sociale actuelle. Elle devait bien avouer que sa prestance et son physique jouaient sûrement en sa faveur et l'encourageaient à la tolérance.

Comme Peter et elle arrivaient vers la tribune officielle, une connaissance de Chloé au Ministère lui fit signe de venir dire bonjour, et elle n'eut pas le coeur à refuser.

"Tu me gardes Lou cinq minutes, chéri?" demanda-t-elle en passant l'enfant à son géniteur - qu'elle embrassa furtivement avant de se glisser dans le périmètre de sécurité.

Deborah et Marcus se trouvaient de l'autre côté de la rangé, aussi dût-elle passer devant plusieurs personnages importants et les saluer.

"Mr Dalnox, bonjour… " Dalnox, elle ne le connaissait pas particulièrement - trop jeune pour avoir été au Ministère lorsqu'elle y était. Elle ne le portait pas dans son coeur. Cet imbécile avait été l'amant d'Ana Sorden, et aurait dû croupir dans un trou avec elle. S'il y avait une chose que Chloé ne pardonnait pas au leader du MIM, c'était d'avoir laissé en place le jeune coq. Coq qui avait osé critiquer l'équipe enseignante après le drame de la pleine lune !

"Mr Dalhiatus, enchantée… " Elle ne connaissait que peu l'austère directeur de département, n'ayant jamais eu l'occasion de travailler avec lui (après tout, elle n'était qu'une simple employée avant de partir à Poudlard). La presse n'était pas tendre avec l'homme, le qualifiant de froids et autoritaires, mais Chloé se ferait une idée par elle-même. Elle savait que son statut d'enseignante de Poudlard lui conférait une respectabilité enviée parmi les sorciers, d'autant qu'elle couplait ce statut avec la direction d'une maison et qu'elle avait assumé les fonctions de directrice-adjointe cette année. Bien que le prestige d'enseignant à Poudlard tendait à se ternir ces dernières années - la faute à une équipe instable qui changeait trop souvent - l'ancienneté devenait au contraire une alliée précieuse.

"Mr Marchebank, ravie de vous revoir." Chloé ne savait pas si elle était vraiment ravie. Leopold Marchebank dirigeait les Créatures, et était en parti responsable, selon elle, de cette fichue pleine lune. Mais il était connu pour être quelqu'un de compétent, et si elle ne savait jamais ce qu'il pouvait bien penser (elle était sûre qu'il était bien plus retors qu'il ne le laissait paraître, car il le fallait pour être directeur de département, et restait donc légèrement méfiante), elle avait eu quelques conversations intéressantes avec lui. C'était un homme affable, avenant et poli, ce qui changeait agréablement des directeurs tyranniques. "Toutes mes félicitations pour vos fillançailles". Un vieux avec une jeune, c'était assez classique chez les Sang-Pur. Chloé ne savait pas s'il s'agissait d'un mariage arrangé ou si la jeune femme était une chasseuse de fortune, et elle ne s'y intéressait d'ailleurs pas. "L'école a beaucoup apprécié votre intervention suite à la crise des loups-garous" se permit-elle de dire.

Elle continua ainsi, entre ses différentes connaissances du Ministère, jusqu'à arriver auprès de Deborah et Marcus. Ses anciens collègues la saluèrent, et elle demanda des nouvelles du dragon-chien. Mais la conversation ne put aller plus loin, car des cris mécontents surgissaient de part et d'autres, et l'ambiance bon enfant se transforma subtilement en quelque chose de plus coléreux. Inquiète, Chloé quitta le renfoncement sécurisé. Elle reconnaissait les pancartes du FOSSE. Ils n'allaient tout de même pas gâcher la fête? Que demandaient-ils? Le dirigeant de Nimbus avait été destitué et son procès était prévu pour l'été. les potions avaient été changées… Oh, elle aurait du écouter Irving plus attentivement, se sermonna-t-elle. Vivre en autharcie lui faisait sousestimer les problèmes.

Sortie du mauvais côté de l'espace officiel, Chloé avait perdu Peter et Lou de vue. Des images de la Laponie lui revinrent furtivement en tête, augmentant sa panique. Elle se croyait guérie du trauma, mais il revenait vite à la charge. Elle commença à traverser la foule pour rejoindre l'autre côté de l'allée commerçante.

"S'il vous plaît, Mademoiselle" dit-elle d'une voix fébrile. "Laissez-moi passer! S'il vous plait! Eh!" Elle tira le bras de la jeune femme qui lui tournait le dos et ne l'écoutait pas. Son visage lui rappela quelqu'un qu'elle n'avait pas vu depuis très longtemps, et mis un moment à retrouver le prénom.

"Joan? Joan Banks?" finit-elle par dire, cherchant d'où elle connaissait cette militante qui présentait mal.




Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Margot AdamsonAncien personnageavatar
Messages : 1956

Voir le profil de l'utilisateur
"Je déteste les foules, les gens sont incapables de respecter un minimum de distance vitale."

Margot esquissa un petit sourire amusé à l'entente de la remarque d'Edmund. Pourquoi n'était-elle pas étonnée ? Cela correspondait bien à Edmund d'apprécier avoir son petit espace vital et sa tranquillité, loin de la populace qui se pressait dans les lieux publics. Elle était heureuse qu'il ait décidé de faire une exception aujourd'hui, pour l'accompagner écouter le discours de Fiennes. Margot ne savait pas exactement de quoi il retournait mais c'était de toute évidence quelque chose d'important, et après la tragédie de la Pleine Lune Sanglante, la directrice était heureuse de voir l'école représentée. Quoi qu'en disent certains journalistes à scandales, son équipe enseignante était compétente et concernée par l'avenir de leurs élèves, tout comme elle s'intéressait à ce qui se passait en dehors de l'école. C'était trop facile de leur mettre sur le dos le destin de deux adolescentes qui avaient décidé de filer en douce hors de l'école... Poudlard n'était pas une forteresse inviolable, c'était une école, et le fait d'enfreindre les règles était inhérent à la jeunesse. Ce n'était ni la première ni la dernière fois que des élèves parvenaient à en sortir en douce, c'était déjà le cas sous la direction du si estimé Albus Dumbledore, et cela le serait encore sous son successeur... Cela ne signifiait pas pour autant que Margot ne culpabilisait pas pour ce qui était arrivé aux petites Prewett et Miller, bien au contraire, elle en avait perdu le sommeil pendant de longues nuits, mais elle refusait que le blâme soit attribué à son équipe et non à l'entreprise et aux gouvernements qui avaient permis que des loups-garous transformés soient lâchés dans la nature...

"D'ordinaire, cela ne me dérange pas, mais il faut reconnaître que le Chemin est particulièrement bondé aujourd'hui...", répondit-elle en observant les lieux. Elle reconnaissait pas mal de monde et aurait sans doute dû aller saluer quelques personnes importantes, mais préférait repousser cette tâche à plus tard. Le discours du Ministre était sur le point de commencer, et elle préférait autant rester auprès de son collègue et ami. Sa réconciliation avec Edmund était un véritable soulagement, car elle l'appréciait sincèrement et car il aurait été difficile de supporter cette année sans le soutien de son équipe. Elle qui avait espéré avoir droit à une année calme après sa rivalité avec Ana Sorden en avait eu pour ses frais, entre son élève assassinée, celle mordue et celle qui était tombée enceinte. 

Il y avait aussi ces tours étranges que lui jouait sa mémoire depuis qu'elle avait appris la mort de son ancien élève, Ulrich Keller, et son rôle dans l'assassinat de plusieurs familles de sang-pur. Comme des flash d'une situation qu'elle ne se rappelait pas avoir vécu... Un véritable malaise l'envahissait chaque fois que le Vengeur Masqué était évoqué et il fallait vraiment qu'elle tire cela au clair, quitte à consulter un médicomage. Elle ferait ça cet été, plus tard. Pour l'heure, il lui fallait écouter Alan Fiennes et son discours destiné à unir la nation...

Margot écouta avec attention les premières paroles de Fiennes, peu impressionnée par l'orateur né qu'il était. Margot votait APPEL depuis la fin de la guerre. C'était le parti avec lequel elle se sentait le plus proche idéologiquement parlant mais également celui envers lequel elle ressentait une certaine attache sentimentale. L'APPEL, c'était le parti des héros de guerre, l'héritage de sa génération. Pour Margot, mettre un bulletin de l'APPEL dans l'urne revenait à déposer un bouquet de fleurs sur la tombe de Severus, de Lilly et James Potter et de tant d'autres de ses anciens camarades de classe. 

Quant au MIM, elle avait apprécié certains aspects de leur programme, dont le fait de rendre l'étude des moldus obligatoire, mais l'enseignante qu'elle était trouvait ridicule leur université magique et ses lacunes béantes. Finalement, le MIM au pouvoir n'avait fait que se concentrer sur des mesures médiatiques en délaissant les problèmes qui auraient vraiment eu besoin d'être résolus. Le fait que le petit chéri de Sorden soit toujours à la tête de la justice magique ne faisait rien pour augmenter son amour du parti... Il y avait bien Marchebank pour relever le niveau, même si cet homme la laissait toujours un peu perplexe, tant elle avait du mal à le cerner sur un plan personnel. Il était toujours aimable avec elle mais elle ne savait que penser de son humour grinçant et décomplexé, lui préférant des hommes à la personnalité plus sobre. Comme Edmund, ou comme Alastair, qu'elle espérait d'ailleurs pouvoir croiser en fin de journée. Elle avait laissé Poudlard entre de bonnes mains et entendait bien profiter de ce dimanche ensoleillé, après toutes ces journées à travailler dur pour préparer l'année prochaine.

Des bruits de transplanage la tirèrent de ses pensées et elle détourna le regard de l'estrade en entendant les slogans. Des ouvriers de la cité Nimbus avaient décidé de venir troubler la fête, à en juger par les banderoles et les slogans. Un petit sourire furtif traversa ses lèvres lorsqu'elle reconnut une tête bouclée qu'elle n'avait pas vu depuis un an. Irving Whitaker, voilà qui n'était guère étonnant, lui qui avait toujours aimé être au coeur de l'action... Son sourire s'effaça rapidement en voyant un autre groupe de manifestants se joindre au premier, composé essentiellement de jeunes femmes parmi lesquelles elle pu reconnaître quelques anciennes élèves. Margot se mit sur la pointe des pieds pour voir par dessus la tête du sorcier qui lui bouchait la vue. 

"On est bien trop nombreux", commenta-t-elle en réponse à Edmund, fronçant les sourcils. "Et je n'ai pas vu tant d'aurors que ça... Je crois que cette manifestation les prend par surprise."

Par précaution, Margot glissa sa main à la ceinture de sa robe légère, où elle avait fixé sa baguette magique. Elle la saisit avec fermeté avant de laisser échapper une petite exclamation quand elle fut bousculée, poussant Edmund au passage. La directrice ne se sentait pas particulièrement à l'aise, consciente qu'elle-même n'avait pas une cote de popularité des plus hautes depuis quelques temps. Elle avait bien reçu quelques lettres haineuses de parents d'élèves et rien n'indiquait que ce type de personnes ne se trouvait pas au rang des manifestants. 

"Heureusement que j'ai un champion de duel pour me protéger des ouvriers en colère", le taquina-t-elle, pour dédramatiser et se rassurer, en voyant deux aurors se frayer un chemin vers la foule non loin d'eux.



Isabelle Adjani, kit par Juliet
Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Swann était installée à l’étage du magasin, dans l’ancien appartement des Twilfit qui ne ressemblait plus vraiment à ce qu’elle avait connu enfant. La majorité des cloisons avait été abattue afin de créer un nouvel espace à aménager. Swann avait passé des soirées entières à dessiner les plans à transmettre à l’architecte, soucieuse d’avoir un lieu de travail parfaitement fonctionnel et adapté à sa clientèle. Au final elle était plutôt satisfaite de sa proposition : Elle se trouvait actuellement dans la partie qui servirait bientôt de salons privés pour les futures mariées qui viendraient choisir leurs robes chez elle, mais pour l’heure, ce n’était qu’un vaste chantier sale et désert. En effet, c’était le jour de relâche pour les ouvriers, tout comme pour Swann qui ne souhaitait pas ouvrir sa boutique aux clients le dimanche. Toutefois, elle profitait généralement de cette journée pour contrôler ses stocks, faire sa comptabilité, booker son agenda pour la semaine suivante, et enfin, le meilleur pour la fin, dessiner et créer la future collection de T&T.

L’ouverture du nouveau magasin devait s’accompagner du lancement de la collection Automne-Hiver et il lui restait encore à concevoir quelques pièces maitresses, notamment la fameuse cape de sorcier en cuir de Noir des Hébrides qu’elle avait dessiné quelques jours plus tôt. Ses nuits d’insomnie suite à sa discussion avec Aaron avaient au moins un mérite : Swann abattait un boulot monstre ! Heureusement d’ailleurs, car depuis le départ de Stephan, elle devait être sur tous les fronts. Celui qui avait tenu la boutique durant son année à Milan avait finalement rejoint sa propre enseigne familiale, Guipure, à la grande tristesse (et inquiétude, il faut le dire) de Swann. Elle n’était pas sûre de retrouver un vendeur aussi compétent et apprécié que lui. Ils étaient toutefois resté en bons termes, même si Swann surveillait du coin de l’œil la collection de son concurrent afin qu’il n’empiète pas trop sur son cœur de cible.

D’ailleurs elle devait rédiger l’annonce de l’offre d’emploi pour la Gazette, songea-t-elle subitement en attrapant sa plume. Elle avait bien évidemment besoin d’un nouveau vendeur, mais aussi de deux mannequins adolescents pour présenter sa future collection jeunes adultes dans la presse et sur ses différents supports de communication. L’ex-Serpentard hésita quelques secondes puis elle rajouta un comptable dans la liste des postes à pourvoir. Elle devait apprendre à déléguer, et autant déléguer ce qu’elle n’aimait pas faire, sinon elle ne pourrait jamais tout gérer simultanément.

Une fois son annonce écrite, Swann la plia et la rangea dans son sac. Les locaux de la Gazette étaient au bout de la rue et elle avait prévu de sortir pour écouter le discours de Fiennes (et surtout pour voir le costume T&T qu’il était censé porter aujourd’hui.). Autant faire une pierre deux coups, songea-t-elle en se levant. Elle entendait déjà la foule dans la rue en contre bas, signe qu’elle devait se dépêcher. Elle abandonna rapidement la tenue décontractée qu’elle portait systématiquement à l’atelier et revêtit une petite robe habillée issue de sa collection été. Elle avait prévu de retrouver Jacob après la cérémonie, mais à vrai dire, elle n’y croyait pas trop.  Fiennes allaient surement convoquer ses collaborateurs après son discours car elle savait d’hors et déjà que certains mécontents allaient se faire entendre aujourd’hui. En tant que membre non-affilié de l’OFFRE, elle avait reçu l’appel à la manifestation d’Alexandra Fitz. Si Swann partageait totalement les idées des membres de cette association, elle n’était pas tout à fait d’accord sur leur manière d’agir. Plutôt que de râler en haussant la voix, elle préférait prouver aux hommes, par ses actes, qu’elle était tout aussi compétente qu’eux, si ce n’est plus. Elle voulait les taquiner sur leur propre terrain plutôt que de s’opposer frontalement. Chercher la confrontation était un concept bien trop gryffondorien pour la Serpentard qu’elle était. Toutefois, elle n’excluait pas de parler innocemment du droit à l’avortement à Fiennes la prochaine fois qu’il viendrait choisir une robe chez elle, l’air de rien, en refaisant l’ourlet des manches de sa cape par exemple…

Cette image arracha un sourire à la jeune femme qui rectifia son rouge à lèvres avant de descendre au rez-de chaussée. Les larges vitrines du magasin donnaient sur la rue et elle pouvait voir que la foule se pressait déjà sur le Chemin. Des individus étaient même adossés contre son enseigne, et à vrai dire, elle n’aimait pas trop ça. Heureusement que les rideaux invisibles de protection magique étaient baissés, Jacob le lui avait conseillé, au cas où.
Swann rejoignit donc rapidement l’arrière- boutique (qui allait devenir l’emplacement de la collection enfants dans le nouveau plan) puis elle sortit dans l’arrière-cour. Elle passa sous le porche qui jouxtait le magasin et se retrouva rapidement dans l’allée magique d’hors et déjà bondée. D’un pas décidé elle se fraya un passage parmi la foule, s’arrêtant régulièrement pour saluer d’anciens camarades de Poudlard et quelques collègues commerçants du Chemin de Traverse. Au bout de plusieurs minutes, elle arriva enfin dans les locaux de la Gazette où elle déposa son annonce avant de ressortir. Merlin, la foule était déjà très dense, songea-t-elle en détaillant les sorciers pressés devant l’estrade non loin de là. Derrière le Ministre(parfaitement apprêté dans sa robe de cérémonie cela dit en passant) elle aperçut Jacob, installé en toute décontraction et Leopold Marchebank tout aussi serein. Logiquement, son regard dériva dans le secteur des officiels à la recherche de Rosaleen Lestrange mais ses yeux ne tombèrent que sur Aaron. Cette vision lui arracha une moue dédaigneuse presque haineuse et elle se détourna rapidement.  Il y a des vérités qui ne sont pas bonnes à dire et l’ex-Serdaigle était décidément allé trop loin lors de leur dernière entrevue. La jeune femme reporta donc son attention sur l’auditoire et identifia, avec un certain soulagement, la silhouette familière, droite et guidée d’Edmund et celle, plus majestueuse, de son ancienne directrice de Maison. La jeune femme fendit donc la foule pour les rejoindre au moment même où Fiennes entamait son discours. Toutefois, Swann n’eut même pas le temps de rejoindre son père que les premiers slogans des manifestants se faisaient entendre. L’ex-Serpentard se trouva rapidement compressée contre un vieux sorcier à cause d’un mouvement de foule mais elle parvint finalement s’extirper de la masse pour trouver son géniteur et l’actuelle directrice de Poudlard.

« Edmund, souffla-t-elle en posant une main sur l’épaule de son père, tout va bien ? ajouta-t-elle en découvrant sa mine soucieuse. Elle salua simplement d’un signe de tête le professeur Adamson, consciente que ce n’était pas vraiment le moment pour entamer une conversation normale, Le Ministre aurait dû faire son discours dans un endroit moins confiné car cela ris… »

Un sorcier la poussa alors contre Margot si bien qu’elle piétina en partie le bas de la robe de cette dernière.

« Merlin ! Je suis confuse, souffla-t-elle, une main devant la bouche, avant d’interpeller le fautif, Monsieur, faites attention voyons ! »
-Ça pousse de partout ! répondit ce dernier en toute franchise.

Légèrement anxieuse,  Swann se tourna alors vers Edmund:

« Les gens sont incapables de respecter un minimum de distance vitale, pesta-t-elle en digne fille de son père, je préfère retourner au magasin,  j’écouterai le discours du premier étage. Souhaitez-vous venir ? » Proposa-t-elle en regardant tour à tour les deux enseignants de Poudlard.


Klemens DabroskiLoup-garouavatar
Messages : 1177

Voir le profil de l'utilisateur
"Faut qu'on se fasse entendre aujourd'hui. Y'en a marre à la fin !"

"Je sais pas si c'est vraiment une bonne idée..."

"Sois pas aussi peureux Murphy. y peuvent rien nous faire de toute façon et pis ce s'ra juste histoire qu'on nous r'marque. On va juste gueuler un peu. Et on s'ra pas les seuls à mon avis."

"Mouai bon ok... Hey Klemens, tu veux venir avec nous ?"

L'intéressé tourne la tête vers le petit groupe d'hommes rassemblé dans le fond de la pièce. Il pousse un léger soupir et finit par se lever de sa chaise pour se diriger vers eux et s'arrêter à leur hauteur. Il examine un instant le banderoles posées sur la table se demandant si il a vraiment envie de participer à ça. Cela fait déjà quelques jours que le discours prévu par Alan Fiennes attise les conversations et Klemens serait sûrement passé à côté si toutes ses connaissances loups-garous ne parlaient pas que de ça. A croire qu'ils se sont tous passé le mot pour se réunir et faire une grande manifestation.

Le jeune homme n'est pas tellement friand de toutes ces petites réunions de loups-garous, il les évite au maximum mais il arrive parfois qu'il se retrouve malencontreusement dans le même bar qu'eux et que Murphy l'embarque bien malgré lui. Aujourd'hui ne semble pas faire exception. Klem ne sait pas dire non et il est plutôt curieux lui aussi de savoir ce que va dire Fiennes pour essayer de sortir le pays de la tourmente. Ce qui est certain néanmoins, c'est que c'est une occasion pour ses semblables de faire entendre leur mécontentement.

Les loups après la lune sanglantes se sont sentis abandonnés et livrés à leurs sorts. Qui s'est soucié de leur état psychologique après cette affreuse affaire ? Des séances avec un psychomage leur ont-elles été proposées ? Non, bien sûr que non. Après tout, ils ne sont que des monstres sans scrupules, ils n'ont pas besoin d'aide et même en dehors de cela, rien n'est fait pour arranger leur condition.

Evidemment que cela le met en colère mais d'un autre côté, il n'a pas envie d'être rattaché à un groupe. Il veut sa liberté et vivre comme les autres sans être rangé dans une case. Il sait bien que son vœux n'est qu'un doux rêve utopique depuis sa morsure mais il lui arrive parfois d'oublier qu'il n'est pas comme les autres lorsque la pleine lune n'est pas imminente. Il soupire et pose son regard sur Murphy.

"C'est d'accord. Mais hors de question que je porte une banderole et encore moins que je scande quoique ce soit."

Il ferait acte de présence et ce ne serait pas si mal. Il soupire une nouvelle fois et se laisse entraîner par un Murphy tout guilleret. Il fait un peu tâche parmi les têtes plutôt austères des autres lycanthropes mais c'est un peu la mascotte du quartier. Et c'est assez drôle de le voir se trémousser avec sa pancarte. Il semble avoir oublié toutes les inquiétudes qu'il possédait toute à l'heure.

Lorsqu'ils arrivent sur la place où aura lieu le discours, il y a déjà énormément de monde. Des ouvriers de la cité sont déjà en train de manifester, les féministes de l'OFFRE les ont rejoints d'ailleurs. Klem louche depuis un petit moment sur ce mouvement qu'il trouve plutôt intéressant. Leurs idées sont loin d'être bêtes. Et le fait de se retrouver entouré de filles ne lui déplaît pas non plus. Il tourne la tête vers ses camarades lorsqu'ils commencent eux aussi à vociférer.

"Loups délaissés, loups en danger."

Et Murphy qui crie à côté d'eux essayant de se faire entendre.

"Pas content, pas content, pas content, pas content !"

Klemens le regarde avec un air affligé avant de soupirer et de secouer la tête pour montrer son désengagement total. Hors de question qu'il reste avec eux. Il veut bien soutenir la cause mais il y a des limites au ridicule. Il se retire donc discrètement au moment où une fille aux cheveux bouclé lui crie dans les oreilles.

"Avortons le gouvernement!"

Il la regarde à peine, si il s'était attardé un peu plus, il l'aurait peut-être reconnu mais son regard est attiré par une petite barbichette. Un sourire se dessine sur ses lèvres et se dirige dans la direction de son ami. Il lui assène une claque dans le dos alors qu'il s'arrête à ses côtés.

"Hey Ukochany qu'est-ce que tu fais là ?"

Il lui sourit légèrement et se dit que finalement, c'était une bonne idée de venir. Il peut voir Roy, ça fait un petit moment qu'ils ne se sont pas revus. Depuis la soirée catastrophique avec Jacek en fait. Il s'en veut un peu que cette soirée normalement dénué de drame et censé rapprocher Valery et Roy se soit si mal terminée.

"Je sais pas si tu sais mais Val va pas super bien. Je suis un peu inquiet d'ailleurs, sa maladie semble prendre le dessus. Il montre rien comme d'hab, tu sais comment il est... Mais bon, si tu as le temps, ce serait cool que tu passes à l'appart et qu'on se fasse une petite soirée tous ensemble comme avant. Histoire de se retrouver."

Il sait bien qu'il est un peu injuste de prendre Roy a revers comme ça mais il a peur et il ne veut pas un jour se retrouver sans Valery et avec un Roy qui regrettera de ne pas s'être réconcilié avec lui avant qu'il ne soit trop tard. Et aussi et surtout, il en a marre de plus faire de soirées trop cool parce que ces deux têtes de mules sont pas capable de se rabibocher.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1892

Voir le profil de l'utilisateur
Les activités frauduleuses n’attendaient pas de voir passer le jour du Seigneur avant de reprendre leur cours. Roy ne pensait toutefois pas trouver l’allée des Embrumes dans un tel émoi, en y transplanant de bonne heure. Alors que l’allée était habituellement sourde et silencieuse, pleine de secrets, ce dimanche-là, on entendait des clameurs monter en passant près des bars, signe que des débats échauffés se tenaient sûrement à l’intérieur. Des passants plus ou moins recommandables pressaient le pas, parfois en petits groupes. En sortant avec son associé Jayce d’une boutique où ils étaient venus négocier,  Roy n’apprécia pas beaucoup de se faire bousculer par un petit jeune qui scandait des « A mort le gouvernement ! », « Fiennes fait encore des siennes ! ».

« Qu’est-ce qu’il leur arrive tous, bordel de troll ? finit-il par jurer, en se saisissant du prospectus d’appel à la manifestation que le jeune adolescent avait laissé tomber sur son passage.
-T’as pas entendu parler du discours de Fiennes ? C’est aujourd’hui que les guignols du gouvernement se réunissent pour nous faire croire que tout va bien, répondit Jayce, sans même que son ironie ne transparaisse sur son visage impassible.
- C’est justement pour ça que je vois pas pourquoi on en fait tout un chaudron. J’veux dire, en quoi ça change de d’habitude ?
- On est tous sur les nerfs, voilà c’que ça change. Ca fait beaucoup de scandales d’un coup, en un an, et on n’a rien d’autre que des excuses en guise de réponse. Les gens veulent que ça bouge, voilà tout.
- Ca, je sais, mais c’est pas comme si ça allait changer grand-chose d’aller brandir quelques pancartes. On sera pas plus écoutés qu'avant.
- Mmh… Je voulais faire un tour à la manif, moi.
- Sérieusement ? T’es au courant qu’il y a à peu près toutes les chances pour que l’endroit soit sécurisé à mort ?
- Bah alors Calder, on pisse dans son froc à l’idée de croiser quelques Aurors ?
-Très drôle, Bowers, répliqua Roy, sur le même ton. Je croyais que c’était toi le plus prudent de nous deux, pourtant.
-Bah ! On ne risque pas grand-chose dans une telle foule. Et nos têtes ne sont pas mises à prix non plus, Merlin merci, je peux encore me promener dehors sans qu’on me colle aux basques. »

Roy ne démentit pas l’argument, même s’il n’était pas convaincu pour autant. Il désigna d’un geste du menton un groupe d’hommes encapuchonnés et bruyants, visiblement prêt à transplaner.

« Qu’est-ce que tu crois qu’ils vont faire d’autre que de la casse si ça dérape ? Et bien sûr, ça va nous retomber sur la gueule. J’ai pas envie d’être mêlé à ça, mec, j’ai autre chose à faire de ma journée.
-Ca va pas déraper, ça sera blindé d’Aurors, comme t’as dit. Allez, t’as pas envie d’écouter ce que Fiennes va nous dire pour se sortir de sa mouise ? J’aimerais bien entendre la défense de ce type. S’il voulait bien descendre de son piédestal, qu’on cause d’homme à homme, j’aurai plein de choses à lui dire, moi… Hé, j’ai un gosse à nourrir, j’aime autant le faire sans flipper des saloperies qu’ils refourguent dans ses petits pots !
-Ca vous a rendus paranos, cette histoire de Chaudrillon, ma parole… Détente, Jayce. Aux dernières nouvelles, Chaudrillon fait pas dans la purée d’haricots verts. Ton môme risque rien, sauf si tu rajoutes des potions Poussos pour le faire grandir plus vite, mais dans ce cas, c’est juste que t’es un père un peu con.
-Fais l’malin, c’est ça, grogna Jayce. Est-ce que t’as juste une idée du nombre de femmes qui sont tombées enceintes ces trois derniers mois dans ce pays, à cause de leurs saletés de potions de contraception ?
- Et ? En quoi ça te concerne, ça ?
- Moi, ça me concerne pas. Toi, par contre, tu devrais avoir du souci à te faire. A force de coucher avec n’importe qui, ça m’étonnerait même pas qu’une femme se pointe bientôt chez toi avec un mini Calder dans les bras, pour te demander de prendre tes responsabilités. »

Jayce éclata de rire face au silence soudain du trafiquant, témoin des doutes qu’il avait réussi à semer dans son esprit. Il lui donna une grande claque dans le dos, comme pour qu’il ne lui en tienne pas rigueur, puis renchérit :

« Allez, fais pas ton grognon, Roy ! C’est juste à côté, en plus. On va juste y faire un tour pour voir, j’suis curieux de savoir combien de personnes ça va rassembler, tout ça. »

Le trafiquant finit par se laisser entraîner, plus par manque d’envie de convaincre cette tête de mule qu’était son ami qu’autre chose. Ils eurent tout le loisir d’apprécier l’ampleur de l’évènement, rien qu’en sortant de l’allée des Embrumes, vers le Chemin de Traverse, d’où on entendait déjà les clameurs s’élever. Le discours du ministre n’était plus très clair dans toute cette cacophonie de slogans tapageurs. Roy ramassa un fanion de la FOSSE qu’il venait de piétiner. Sa lecture tordit ses lèvres en un sourire. Un travail sorcier pour les non-diplômés, non à l’université ? Ah ça, c’était trop tard pour lui.

Très vite, Roy se sentit étouffé par les masses agitées et revendicatrices qui se mouvaient autour de lui. Reculer de quelques pas et s’adosser à la devanture d’une boutique l’aida à apprécier la situation plus globalement. Son regard fut alors happé par certains détails, comme le transplanage de quelques aurors, passé presque inaperçu tant le pop était noyé dans la masse sonore. Si cela en inquiétaient certains, Roy était plutôt du genre à s’en porter mieux, même si cela l’intriguait. Qu’est-ce qui pouvait encourager les Aurors à réduire leur effectif –déjà pas très grand pour l’ampleur de l’évènement- ailleurs que là où se trouvait le numéro un du gouvernement ? Quelque chose de plus grave se passait dehors ?

Il en était à cet instant-là de ses interrogations, lorsque la voix et le léger accent reconnaissables entre mille de Klemens le tirèrent de ses pensées.

« Yo Klem » répondit-il en lui adressant un bref sourire, tandis que Jayce le saluait également d’un hochement de tête. « Je prends un bain de foule, comme toi, pour pas dire que je me suis fait traîner… T’es venu tout seul ? »

Il était étonné de ne pas voir Valery avec lui, après tout, ces derniers temps, il ne voyait que rarement Klem sans Valery. Mais le loup avait plus de raisons de se trouver ici que le danseur. La pleine lune sanglante était très certainement encore fraîche et blessante dans sa mémoire, malgré les efforts que Roy avait pu déployer pour l’en déculpabiliser… Et il lui semblait bien avoir entendu quelques slogans sur les loups, plus tôt, dans la foule.
L’aveu que son ami lui fit laissa le trafiquant un peu mal à l’aise. Il n’arrivait plus à s’inquiéter autant qu’avant, pour Valery. C’était triste à dire, mais depuis leur dispute, il avait volontairement mis une distance entre eux, même s’ils étaient officiellement réconciliés. C’était une barrière de méfiance qui s’était de nouveau érigée entre eux deux. Oui, Roy s’inquiétait pour sa maladie, mais de loin. Et puis, Valery avait Klemens pour surmonter tout cela, n’est-ce-pas ? Il n’avait plus besoin de lui. C’était en tout cas ce qu’il se disait pour se convaincre du bien-fondé de sa lâcheté.

« Je peux passer Klem, ça, y a pas de problème, mais… Roy marqua un arrêt, avant de soupirer, pas certain de la tournure que devrait prendre sa phrase. Il finit par détourner le regard, clairement ennuyé. Comme avant ? T’y crois, toi, sincèrement ? »

Lui n’y croyait plus et son haussement d’épaules impuissant le fit comprendre pour lui. Il ne voulait pas passer pour un ami ingrat, alors bien sûr qu’il allait continuer de leur rendre visite. C’était simplement moins souvent qu’avant.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Donald McWildeCinquième annéeavatar
Messages : 207

Voir le profil de l'utilisateur
Posté devant la statue du Sphinx sans nez, Donald se sentait étrangement serein. Il était pourtant connu pour ne pas tenir en place, constamment surexcité, mais l'impatience ne le tiraillait pas comme à l'ordinaire. Plus déterminé que jamais, il avait conscience des risques de sanction qu'il encourrait pour cette énième infraction au règlement. Cette fois, il ne s'agissait pas d'une gentillette escapade à la plage ; l'évènement était de majeure importance, prenait place dans un lieu public et attirerait certainement des masses. L'éventualité de se faire attraper, si elle lui avait effleuré l'esprit, n'effrayait pas Donald – cependant, il n'avait aucune idée des dangers auxquels ils s'exposaient, lui et tous les élèves qui s'agglutinaient au bout de ce couloir sombre du cinquième étage. Cassandre Harper était à l'initiative de l'expédition ; Donald n'en attendait pas moins d'elle. Sans sa coopération, il aurait été bien en peine de quitter Poudlard de son propre chef.

Une fois les fraudeurs au complet, ils pénétrèrent tour à tour dans le passage qui les mènerait à l'extérieur du château. Il y faisait noir comme dans le ventre d'un dragon. En étendant les bras, Donald put constater qu'il était très étroit – « Aïe ! » – et, manifestement, très bas de plafond. Il porta ses mains à son front douloureux, récoltant au passage une volée de « chut » véhéments, puis se fit rentrer dedans par l'individu qui le suivait.

« Hé, fais un peu attention où tu mets les pieds ! » protesta Donald en le reconnaissant.

Victor Lloyd ? Ce n'était pas le genre d'élève à sortir illégalement de Poudlard...

« Taisez-vous ! Vous voulez qu'on se fasse repérer ? »

Donald tira inutilement la langue à la voix qui les avait intimés au silence et reprit son chemin. Ils descendirent des escaliers en colimaçon pendant cinq bonnes minutes – en tout, il dut louper une bonne dizaine de marches –, après quoi ils débouchèrent sur un long tunnel en ligne droite. À ce moment-là, Donald se rappela l'existence de sa baguette magique : un simple Lumos au début du parcours lui aurait évité bien des souffrances... C'était tout de même un comble, se dit-il, que ce genre d'automatisme ne lui vienne pas naturellement alors qu'il vivait dans le monde magique depuis quatre ans. Il était tout entier à ses réflexions lorsque cet interminable souterrain aboutit enfin. Acceptant la main qui lui était tendue, il posa un pied, puis deux à l'extérieur. Le soleil tapant l'éblouit quelques instants après ces longues minutes passées à évoluer dans l'obscurité la plus totale. Il ne sentait pas d'humeur charitable, aussi s'abstint-il d'aider Lloyd à se hisser hors du trou.

« Et surtout, n'oubliez pas de rester groupés ! »

Quelques derniers conseils leur furent prodigués. Donald n'avait de toute façon pas l'intention de les appliquer ; c'était dimanche, personne ne s'apercevrait de leur absence. La petite troupe se tenait sur la route sortant de Pré-au-Lard. Dire que les habitants de ces chaumières ne se doutaient pas de ce qu'il se tramait si près d'eux... Entre les escaliers mouvants et les corridors inconnus, c'était l'un des aspects de Poudlard que le Gryffondor adorait : peu d'écoles pouvaient se targuer de posséder des passages secrets ! Un contre-argument le fit aussitôt réviser son jugement : d'un autre côté, peu d'écoles étaient aussi difficiles de sortie que Poudlard. Ce château était certes un immense terrain de jeu pour quelqu'un comme lui, il se sentait de plus en plus cloisonné à l'intérieur.

Les élèves majeurs firent transplaner les plus jeunes et c'est avec un « clac » retentissant que tous atterrirent sur le Chemin de Traverse. Donald les estima heureux d'avoir évité l'accident : la rue commerçante était si bondée qu'on n'en voyait pas le bout. Lui tout particulièrement, soupira-t-il en s'accrochant à quelques épaules pour se mettre à hauteur d'une grande personne. Il entendait pourtant la voix amplifiée de Fiennes et se surprit à écouter son discours. Il n'était pas ici pour la politique, persuadé de pas s'y intéresser, mais le Ministre était bon orateur et ses justifications assez claires pour maintenir l'attention de Donald en éveil – un exploit, vraiment.

« Sorciers, en colère ! Sortons-nous de la galère ! »

Ce slogan scandé à une quinzaine de mètres de là ramena Donald à l'objectif de sa venue. Le grand étendard et les diverses pancartes des ouvriers de la Cité et autres Nimbusiens perçaient la foule tels un bel indicateur de leur position. De manière à les rejoindre, le garçon progressa entre les sorciers, joua des coudes, passa même entre les jambes d'un grand dadais. Plus il avançait, plus la rumeur montait, grondait, prenait de l'ampleur, et il sentit le calme inhabituel qui l'habitait le quitter peu à peu. Les battements de son cœur cognaient plus fort à mesure qu'il approchait, comme pour donner le rythme à la place du tambour qu'il n'avait pas pu amener avec lui ; enfin il raccrocha le convoi, et il put crier avec eux, emporté par le mouvement commun.

Il ne tarda pourtant pas à se demander ce qu'il faisait ici, au juste – une question qu'il ne se serait jamais posée auparavant. Lui n'était pas dans la galère ; il était confortablement installé à Poudlard et ses parents vivaient bien de leurs salaires moldus. Tout autour de lui, ces jeunes motivés, ces membres du FOSSE, ces ouvriers en tablier, leur colère était bien réelle. Certains peinaient à subvenir aux besoins de leur famille avec leurs honoraires de misère. D'autres avaient perdu un proche, l'une des trop nombreuses victimes de la Consumeuse. Usée par l'affaire Nimbus, la ville industrielle était en train de mourir avec ses habitants : les commerces fermaient leur porte pour éviter les remous, les travailleurs faisaient grève sans déposer de préavis, les profits rapportés par les ventes de balais étaient en chute libre. Donald se faisait presque figure d'un imposteur, ainsi entouré de sorciers dont les revendications avaient un réel impact sur leurs conditions de travail et leur vie quotidienne.

L'enterrement de Bradley Whitaker, encore frais dans sa mémoire, se rappela à lui. Si la mort du père d'Irving l'avait marqué, il avait été révolté d'apprendre que la négligence du dirigeant de l'usine en était la cause. « Nos vies valent plus que vos profits », lut-il sur un fanion. Il était sans doute là pour ça aujourd'hui, pour manifester aux côtés de ces gens victimes d'injustice. Le Gryffondor ne détestait rien de plus que les abus de pouvoir. Il était prêt à combattre les inégalités, surtout si cela nécessitait de faire le plus de bruit possible : voilà une activité dans laquelle il excellait ! Il enfonça ses mains dans ses poches et ouvrit la bouche pour faire porter sa voix à nouveau. Minute... n'était-ce pas le monocle d'Edmund Harris qui le surplombait d'un bon mètre, deux pas à côté de lui ? Au bord de la syncope, Donald plongea derrière une large banderole. Lui ! Ici ! Si près qu'il lui suffisait de tourner la tête pour le reconnaître et le ramener illico à Poudlard !

« Je peux ? » demanda-t-il à une fille en désignant le petit drapeau qu'elle agitait, avant de le lui arracher des mains sans ménagement.

Il dissimula son visage derrière un « Non à l'université ! » et bouscula une trentaine de personnes jusqu'à juger la distance assez grande entre son professeur et lui. Pour le Gryffondor, Harris était Voldemort réincarné. Il l'avait échappé belle ! Soulagé, il se découvrit la tête, assez satisfait de son choix de message.

L'adolescent reprochait à Fiennes son université magique. Il était déjà pressé de quitter l'école, pas question de se coltiner encore des années d'enseignement (parce qu'en plus c'était obligatoire) ! Non seulement il ne souhaitait pas faire d'études supérieures, mais les masters proposés étaient très orientés sur l'intégration parmi les Moldus – or Donald en venait, de chez les Moldus, et il n'était pas prêt d'y retourner. Le principe n'était pas complément idiot, mais surtout mal conçu. Lui-même, en tant que Né-Moldu, ne voyait absolument pas l'utilité de faire un stage en entreprise moldue ou de suivre des cours approfondis sur leur société. Le but n'était pas de jeter le blâme sur Fiennes qui n'avait probablement pas pensé le système tout seul, mais de lui faire comprendre que l'université n'était pas adaptée aux besoins de ses étudiants. L'idée de base restait bonne, restait à l'améliorer : pourquoi pas avec un panel de spécialités plus large, des cursus variés vers les professions les plus diverses, favorisant l'intégration des jeunes sorciers dans la société magique en tout point de vue...

Donald s'aperçut brièvement dans une vitrine. Son reflet le surprit : lui qui avait si peur de rester éternellement petit ! Ce n'était plus ce gosse trapu, rondouillard, l'air benêt et oreilles en chou-fleur qui lui souriait de ses dents dérangées, mais un adolescent de quelques centimètres de plus, moins joufflu, qui abordait même des sujets matures à ses heures perdues. Il ne s'était pas vu grandir. Par contre, il avait conservé l'air benêt et les oreilles en chou-fleur. Désespéré de les perdre un jour, Donald partit à la recherche de ses amis parmi les manifestants...
Danny SnealsPersonnage décédéavatar
Messages : 263

Voir le profil de l'utilisateur
Occupant la presque totalité de la table du Van, Danny s'acharnait à confectionner une pancarte digne de ce nom afin de pouvoir s'équiper pour le mouvement de contestation qui allait s'opérer sur le chemin de Traverse. Touché par les propos de son ami Irving, et outré par la non-réaction du Ministère de la Magie, le jeune homme avait décidé de rejoindre la lutte. Les familles de la Cité Nimbus, touchées par l'affreuse consumeuse, devaient obtenir justice et gain de cause pour le préjudice subie. Danny venait tout juste de fixer correctement le manche de sa pancarte, qu'il se lançait déjà dans la réalisation d'un slogan accrocheur. Son âme de poète s'éveillait tandis que des rimes se bousculaient dans sa petite tête. Pour trouver l'inspiration et la motivation, l'ancien élève de Poudlard avait glissé une compilation de musique révolutionnaire dans sa chaine. Une chanson venant du pays de la Révolution et des droits de l'homme résonnait dans l'espace confiné du petit van, tandis que Danny cherchait la formule choc, qui ferait de lui le nouveau Che Guevara du Monde Magique ...

"Fiennes... Point de finesse... Tes maladresses... ont conduit le peuple à la détresse... on va te botter les fesses...! "

Pas mal. A ses yeux, c'était digne de figurer dans un recueil de Baudelaire ou de Rimbaud, mais il finit par trouver que cette formule ne rendait pas suffisamment compte du sentiment d'injustice et de la colère des ouvriers de la Cité Nimbus. Il fallait être plus agressif, plus subversif!

"Population furieuse contre politiques scandaleuses... Ou lorsque consumeuse rime avec recette fructueuse... à quand justice pour la gueuse? Qui a perdu son mari des mains de l'empoisonneuse! "

Nul, nul et nul! Danny déchira son papier avant de le jeter à la poubelle. Il s'arrachait les cheveux à trouver un slogan qui puisse honorer le combat sociétal de son ami Irving, mais l'inspiration n'était pas au rendez-vous. Danny décida alors de passer au chose sérieuse. Si Verlaine et Rimbaud composait avec l'Absinthe, lui disposait de suffisamment de racine de Mandragore pour faire éclater son imagination. Se munissant des précieuses plantes magiques, Danny commença alors à bourrer sa pipe indienne qu'il avait acheter aux puces de Bude, quand, tout à coup, la porte du Van pivota sur ses gonds en un odieux grincements. C'est une Carol des plus maussade qui en franchit le seuil, adressant à peine un petit geste à Danny, en guise de salutation. Cela ne découragea point Danny à lui adresser son plus beau sourire de bienvenue, avant de la bombarder de question.

"Hey ma chérie, ça va...? Tu as une petite mine...? Le boulot s'est mal passé...? Un client t'as mis une main aux fesses...?  "

Carol se laissa retomber lourdement sur le vieux sofa du Van, balayant sa chevelure blond sale d'un geste de la main. Depuis qu'elle travaillait comme serveuse pour le "Blue Lagoon", une discothèque ringarde de Bude, la jeune femme paraissait exténuée.

"J'ai démissionné... "

Danny ouvrit alors des grands yeux de Tarsier, tant sa surprise était grande.

"Mais... mais... Pourquoi...? On avait les moyens de payer l'emplacement de camping à l'année avec tes extras... Je pige pas... On va pas s'en sortir... "

Carol serra très fort un coussin contre sa poitrine, les yeux empreint d'une émotion qu'elle avait toute les peines du monde à contenir. Elle entama des explications d'une voix peu assurée.

"J'en pouvais plus de cette boîte! Trop de bruits! Trop d'alcool! Trop de gens cons! Cette odeur de clopes qui t'imprègne les vêtements! C'est pas une vie pour moi... "

Danny en resta bouche bée...

"Mais... Mais... Je ne vais pas pouvoir assurer tout seul... Le marché du Chouchou est frappé de plein fouet par la crise... On a deux mois d'impayé pour la location du Van... "

A peine eut-il terminer sa phrase que les yeux de Carol s'embuèrent alors brusquement. La jeune femme éclata en sanglot, avant de réfugier son visage larmoyant aux creux de ses mains. Devant ce spectacle, Danny tressaillit.  Voir quelqu'un pleurer le faisait automatiquement couiner comme un marsouin à son tour. La veille au soir, le vendeur de Chouchou avait pleurer comme une fillette devant un simple Talk-Show télévisé, ne pouvant contenir son trop plein d'émotion. Alors que pouvait-il faire face à la détresse de sa tendre chérie? Absolument rien! Ses épaules se secouèrent en rythme, alors qu'un torrent de larmes dégoulinait sur ses joues. Finalement ce fut Carol qui mit fin à cette crise de pleurs.

"Désolée... Je suis désolée... Pardon, Danny... Je ne voulais pas... "

Danny savait au combien la jeune femme était fragile. Elle n'avait pas eu une vie aussi simple, baladée de foyer en foyer, sans aucune famille pour l'accueillir. Laissant tomber sa pipe au sol, il se rua sur elle pour la réconforter. Malgré la morve qui pointait au bout de son nez, Danny se comporta enfin comme un homme devait le faire, en enserrant Carol dans ses bras.

"Mais... mais... Qu'est-ce qui ne va pas ma belle chérie...? Dis-le moi... "

Le regard bleuté de Carol se releva alors sur Danny, et ses lèvres frémirent avant de révéler enfin la vérité...

"Danny... Je suis enceinte... "

Danny ne percuta pas immédiatement toute la portée de cette immense révélation. Son cerveau en ébullition était secoué par différentes émotions. Il ne savait pas s'il devait exploser de rire ou pleurer. Heureux ou malheureux. Il ne trouvait pas les mots, et tenta maladroitement de comprendre la situation.

"Heu... enceinte... Comment...? Tu veux dire... moi, la papa...? C'est pas possible... Non? Tu veux dire... que tu as quelqu'un dans ton ventre...? Pourtant, on a toujours fait attention... Non...? "

Les mains de Carol tremblaient d'émotion. La pauvre jeune femme ne savait plus où se mettre également, se sentant fautive d'un mal qui ne lui incombait nullement. Elle parla d'une voix entrecoupé de sanglot.

"Je suis désolée Danny... C'est entièrement de ma faute... Tu te souviens quand on l'a fait ... après la Chamallow Party... J'étais trop défoncée cette nuit-là... et trop étourdie pour prendre la pilule du lendemain... Je me sens si coupable... Je vais devoir avorter... Je suis un monstre! "

Voir Carol se condamner de la sorte fut pour Danny encore plus douloureux que la fin des Dark Bousoufs, le divorce de ses parents et la mort de Duke réunie! Il prit alors le visage éplorée de Carol entre ses mains, avant de la couver d'un regard réconfortant.

"Ne t'en fais pas... Personne n'est coupable... On va trouver une solution... Je te le promets... "

Carol tenta un sourire, mais le chagrin était encore trop fort.

"Mais comment, Danny? On plane à quinze milles tous les deux? On passe nos journées à se défoncer en mangeant des chamallows? Est-ce que tu connais le prix d'une couche? D'une poussette? Comment allons nous faire? Tu te sens d'être père, toi? "

Danny se remémora alors tous ses échecs. Avec Sophie Kirte, Artémis... Cette incapacité chronique à prendre ses responsabilités, à devenir un homme. Danny en avait plus qu'assez d'être ce loser qui n'arriverait jamais à rien. Carol était plus fragile qu'un coquelicot dans l'ouragan, c'était à lui de se montrer fort pour une fois. Le poufsouffle sécha ses lèvres, et parla d'une voix pleine de détermination.

"Ecoutes moi bien, Carol...! On va le garder cet enfant...! Parce que je serai le plus heureux des hommes si je devais en devenir le père... Je t'aime, Carol... Je te jure que si je pouvais prendre ta grossesse, je le ferai sans l'ombre d'une hésitation...! On va le pondre à deux cet oisillon...! Tu m'entends...? Et chaque jour, je lui donnerai la becquée...! Je te le jure...! Je vais me défoncer pour être le meilleur des papa possible...! "

Danny se pencha alors pour ramasser la pipe indienne remplie de racines de Mandragore. Il la scuta longtemps... Puis d'un geste sec il la brisa contre sa cuisse...

"Et quand je te dis que je vais me défoncer, c'est que je stoppe vraiment la défonce pour de bon...! "

Un geste qui fit scintiller une réelle lueur d'espoir dans le regard de la belle Carol. Cette dernière se jeta à son coup, l'embrassant chaleureusement.

"Merci Danny... Tu es le meilleur des hommes... Je n'en ai jamais douté... "

Danny lui chuchota alors à l'oreille ses intentions.

"Je pense savoir où pouvoir récupérer pas mal de trucs pour notre futur bébé... J'ai un pote qui a des grandes sœurs, toutes devenues maman... Si je lui demande de l'aide... Peut-être qu'il pourra emprunter auprès de ses sœurs certaines choses... " Danny embrassa alors Carol, puis la rassura. "Je reviens très vite, je t'aime... ! "

Puis il se glissa à l'extérieur du Van.

*****

Lorsque Danny arriva sur le chemin de Traverse, il se rendit vite compte qu'il ne serait guère aisé de retrouver son pote Irving et sa bande dans la foule immense qui s'entassait dans la ruelle commerçante. Le poufsouffle avait beau joué des coudes, il avançait aussi vite qu'un escargot pataugeant dans la glue. Mais Danny ne voulait pas reculer devant cette première difficulté, désormais il avait un rôle à assumer, et il en serait digne! En plus d'Irving qui pourrait sans doute le dépanner auprès de ses sœurs, en lui fournissant poussette, vêtements, biberon, et tout ustensile utiles pour son futur mini-moi; Danny espérait voir également Donald et Juliet. Le premier pour qu'il puisse détendre quelque peu l'athmosphère, et la seconde pour qu'elle lui délivre certains conseils de femme enceinte. Oui, Danny avait besoin d'aide, et il cherchait celle-ci auprès de ces amis plutôt que d'embarquer sa famille sur le point de rupture depuis le douloureux divorce de ses parents. Plus il tentait de se frayer un passage dans le magma humain de la foule, et plus ses préoccupations devinrent subalternes.

Compressé, parfois proche d'être étouffé par la foule compacte; Danny ressentit une certaine appréhension l'envahir. Fiennes débitait sons discours depuis le haut de son estrade, tandis que le peuple à ses pieds s'impatientait. Danny avait promit à son pote Irving de venir soutenir son combat contre les injustices liées à la Consumeuse, mais le Chemin de Traverse semblait unifier toutes les colères du Monde Magique. Danny éprouva une certaine émotion lorsqu'il posa ses yeux sur un groupuscule féministe qui réclamait plus d'égalité pour le sexe soi-disant faible. La lutte de ses femmes le ramena à la position de Carol, et il se jura de se comporter dignement avec la future mère de ses enfants. Danny devint aussi blême que la neige, lorsqu'il entendit les slogan pro-avortement. Car même s'il approuvait le fait qu'une femme puisse disposer librement de son corps, il ne voulait point encore envisager cette terrible solution pour Carol. Son cœur lutait contre sa raison, et il se détourna très vite des hyènes déchainées qui s'apprêtait à déchiqueter le gouvernement en place.

A coté de lui, un jeune homme hurla avec ferveur qu'il n'était vraiment pas content du tout de manière répétitive. Danny le dévisagea un bref instant, en se disant qu'il s'agissait là sans doute du meilleur slogan révolutionnaire qui lui ai été donné d'entendre. L'imagination du Poufsouffle s'embrasa alors qu'il s'imaginait déjà brandir une Pancarte portant ce divin cri du cœur. Oubliant quelques instant sa mission première, Danny se laissa alors porter par le vent révolutionnaire qui secouait le Chemin de Traverse, et il vociféra à son tour, en brandissant le poing.

"Pas content, pas content, pas content, pas content. Mais alors pas content du tout! "

Dans la masse informelle de la foule, l'inspiration de Danny se transcenda et il se lança dans des chants de lutte.

"Peuple s'en va en guerre,
Conte le Mi-ni-stè-re,  
Fiennes entends-tu?
le peuple dans la rue!
Prends garde à tes fesses!
Mon petit Fiennes!
"

Un autre homme dans la foule, sans doute un syndicaliste aviné, jeta un regard de défi à Danny, avant de se lançer à son tour dans un combat de rimes.

"Dalnox!
Stop l'Intox!
Pendant que tu te tapes des mardoliennes!
C'est le peuple qui gangrènent!
"

Danny avait trouvé un sérieux concurrent, alors qu'une "battle révolutionnaire" s'engagea entre ces deux poètes de la rue. Le poufsouffle brandit à nouveau le poing et expédia une nouvelle complainte verbale.

"Quand le Mim est complice du crime.
C'est Nimbus qui l'a dans l'anus!
"

Le syndicaliste au visage rougeau finit par abandonner la lutte, et expédia la fin de la battle en un geste de la main. Danny voulut se réjouir de cette inutile victoire, quand tout à coup il entendit les pleurs d'une pauvre fillette venir lui secouer les entrailles. Au beau milieu de la foule, une pauvre enfant hurlait son chagrin d'une petite voix que personne ne semblait entendre sauf Danny.

"Môman... J'ai perdu ma môman... "

Le futur père qui sommeillait en Danny fut alors fortement ému par ce spectacle affligeant. Il se faufila alors vers le jeune fille, pour la saisir par la main avant qu'elle ne se fasse piétiner par la foule indifférente à son malheur.

"Tu as perdu ta maman... Je vais t'aider à la retrouver... "

Danny se dit que si que accessoirement, il pouvait faire coup double et trouver Irving et ses potes dans ce magma humain, cela l'aiderait également considérablement. Il serra les petits de la fillette entre ses mains, alors que celle-ci était dangereusement comprimée et devait manquer d'air. Pour calmer l'enfant, et la mettre en sécurité, Danny eut alors une idée de génie.

" Tu veux que je sois ton cheval...? Grimpes sur mes paules, et dis moi si tu vois ta maman... Ok...? "

La fillette timidement la tête à l'affirmative. Danny la saisit alors par la taille et la déposa sur ses épaules. Il finit par suggérer également autre chose à la fillette.

"Si tu vois aussi un mec tout bouclé, préviens-moi aussi... "

Alors qu'il avançait péniblement, Danny sentit que ce qui n'était jusqu'alors que des pressentiments, devenaient réellement des vérités. Ils étaient en danger...


Juliet E. BakerSans emploiavatar
Messages : 1970

Voir le profil de l'utilisateur
Juliet glissa sa main dans celle de Jeremy alors qu’ils marchaient dans les rues de la cité Nimbus afin de rejoindre les manifestants. Elle avait longuement hésité à venir, et s’était décidée le matin-même. Irving les avait conviés, et sa première impulsion avait été d’accepter, avant de prendre en considération tout ce que cela impliquait. Déjà, le fait de se retrouver en plein milieu d’une foule agitée, ce qui ne lui plaisait pas forcément, surtout après ce qu’il s’était passé l’année dernière en Laponie. Et, surtout, le fait d’y être en étant enceinte de bientôt six mois. Pas forcément le lieu le plus adapté pour elle, donc. Ainsi, elle avait tergiversé longtemps, sans vraiment prendre de décision. Elle avait décidé d’y aller ce matin, en se promettant de transplaner loin du Chemin de Traverse si les choses se mettaient à dégénérer. Elle n’avait aucune envie d’être prise dans un mouvement de foule, comme elle en avait déjà pu faire l’expérience auparavant, notamment lors d’un match de Quidditch auquel elle avait assisté avec Pilli… Toutefois, elle avait ressenti le besoin de s’y rendre. Par solidarité envers les habitants de Nimbus et leur combat contre la Consumeuse, par solidarité envers Irving, et pour faire entendre sa propre voix.

Oh, Juliet se doutait bien qu’ils ne pourraient pas changer le monde. Qu’un gouvernement ne prenait pas toujours en compte les récriminations du peuple, tant il était axé sur ses « objectifs à long terme », qui pouvaient, selon lui, justifier certains troubles. Mais cette année avait été l’année de trop. Il y avait eu la rentrée à l’université magique, qui, au final, ne leur apportait pas ce qu’elle leur avait promis, puis la découverte du rapport Nimbus sur la Consumeuse, qui avait été suivie du scandale des potions de Chaudrillon et de la pleine lune sanglante. Les malheurs semblaient pleuvoir sur le monde magique. Le MIM s’était trop intéressé à l’ouverture aux moldus et avait laissé trop de pouvoir aux entreprises. Alors, évidemment, le gouvernement n’était pas à blâmer entièrement, mais avait tout de même des torts incontestables.

« Tu vois Irving ? » demanda Juliet à son fiancé, en se mettant sur la pointe des pieds pour tenter d’apercevoir les bouclettes de son ami.

Le jeune couple s’arrêta devant le syndicat des étudiants, pour saluer quelques personnes occupées à finaliser leurs pancartes dont la majorité étaient purement et simplement contre l’université magique. Juliet était en train d’échanger quelques mots avec Eva, qui était venue main dans la main avec Horace, lorsqu’une voix facilement reconnaissable s’éleva derrière elle. Elle se retourna pour faire face au visage souriant d’Irving à qui elle rendit chaleureusement son étreinte. Son retour en Angleterre avait été comme un baume au cœur pour la jeune femme, qui avait retrouvé un ami cher.

« Ça commence seulement… Attend de voir dans quatre mois l’état de mon ventre !» lança-t-elle en plaisantant à moitié. Les changements qui s’opéraient sur son corps la perturbait – ce qui, selon sa médicomage, était parfaitement normal. Voir son ventre s’arrondir était une expérience à la fois merveilleuse et un peu effrayante. Comme le fait de sentir son bébé bouger ! « Ca va très bien, et toi ? » répondit Juliet quand il les interrogea. Elle esquissa un sourire à sa question. « Rouge et or, quelle question ! Avec la petite peluche lion qui va avec… » déclara-t-elle malicieusement en glissant un regard vers Jeremy.

Juliet attrapa alors le petit fanion qu’Irving lui distribua, et l’approuva d’un hochement de tête, alors qu’elle lui adressait un sourire. Ne pas accorder le moindre travail sorcier pour les élèves qui ne souhaitaient pas poursuivre à l’université, voilà une des grandes failles de la réforme de Fiennes ! Il était compréhensible de ne pas vouloir poursuivre des études dans un institut aussi scolaire que l’université, ce n’était pas pour autant que l’on devait être rejeté du monde magique ! Il y avait des gens qui n’étaient tout simplement pas fait pour les études – comme Irving, par exemple. Et ce n’était pas normal qu’il ne puisse pas avoir accès à un métier sorcier, juste parce qu’il n’était pas diplômé de l’université magique !

Les premiers rangs commencèrent alors à transplaner, alors qu’un même slogan était répété par toutes les personnes présentes. La Gran’Place se vida peu à peu, et Juliet observa Jeremy, toujours un peu hésitante.

« On y va ? » proposa-t-elle toutefois, avant de se concentrer sur sa destination.

Quelques instants plus tard, elle était en plein cœur du Chemin de Traverse, au milieu d’une foule plutôt agitée, qui scandait, hurlait, levait le poing en vociférant. Juliet s’obligea à respirer profondément, s’empêchant de céder à la panique. La jeune femme n’avait jamais aimé les foules, encore moins les foules agitées. Sa claustrophobie en était sans aucun doute la cause, et ce qu’il s’était passé en Laponie l’année dernière n’avait pas aidé à la rassurer. Elle essayait de mettre cet évènement derrière elle, mais il ne cessait de la rattraper, de la terroriser, à la moindre situation qui s’y prêtait. Gardant sa main dans celle de Jeremy, Juliet se rapprocha légèrement de lui, et tenta de faire abstraction.

« Sorciers, en colère ! Sortons-nous de la galère ! » reprit-elle, sa voix se mêlant à celles des autres manifestants. « Un métier sorcier pour les non-diplômés ! »

Elle allait poursuivre, quand un autre slogan la stoppa dans son élan. « Non aux grossesses-Chaudrillon » « Oui à l’avortement » entendit-elle. Instinctivement, sa main libre se posa sur son ventre arrondi, alors qu’une terrible sensation de malaise s’emparait d’elle. Elle avait choisi de garder cet enfant, sans être poussée par personne. Jeremy et elle l’avait décidé ; ils voulaient cet enfant. Pourtant, si sa potion de contraception avait été active, aurait-elle ne serait-ce que songer à avoir un enfant maintenant ? Non, bien sûr que non. Elle se considérait encore comme trop jeune, et c’était sa grossesse qui l’avait poussé à s’épanouir davantage. Est-ce que cela faisait d’elle une mauvaise personne ? Pouvait-on lui porter préjudice pour garder un enfant qui était dû à un incident de potion ? Juliet se mordit la lèvre inférieure, avant de poser sur Jeremy un regard un peu désemparé, presque triste.

« Finalement je ne pense pas que… Aïe ! » s’exclama-t-elle alors qu’une femme lui écrasait le pied. Cette dernière se retourna vers elle.

« Excusez-moi ! Il y un groupe qui pousse un peu plus loin, et on est bousculés dans tous les sens… Je ne vous ai pas fait mal ? » demanda la jeune femme avec un regard pour le ventre de Juliet.

« Non, non, tout va bien ! » répondit-elle, avant de poser les yeux sur la personne qui accompagnait la jeune femme brune. « Juliana ? » s’étonna-t-elle. « Juliet Wilson » précisa-t-elle. « On était ensemble à Gryffondor, dans la même équipe de Quidditch ! » « Ca fait longtemps ! Qu’est-ce que tu deviens ? »

Juliana McNeil avait été batteuse dans l’équipe de Gryffondor lors des débuts de Juliet en tant que Poursuiveuse. Elles ne s’étaient jamais beaucoup fréquentées, mais c’était toujours agréable de revoir une vieille connaissance.

Une nouvelle personne la bouscula ce qui eut don de la pousser en avant. Elle se rattrapa de justesse à la jeune femme qui accompagnait Juliana et qui l’aida à retrouver son équilibre. Elle lui adressa un léger sourire d’excuse, avant de poser un regard un peu inquiet sur la foule… [/color]



Kit par Irving Ship
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
Messages : 165

Voir le profil de l'utilisateur
Ca aurait pu être une journée en famille, une petite sortie comme il devenait difficile d'en organiser. Annie, la mère des enfants Gruffydd avait préféré arriver tôt dans le matin. Pour profiter un peu de ses enfants, marcher, voir le jour, autre que depuis la Cité Nimbus. Être ici lui rappelait de bons souvenirs. Pour un peu, ils auraient presque pu aider au montage de la tribune de Fiennes. En revenant de leur petit tour de vitrines, les sorciers découvrirent la foule, encore agitée par ce qui s'apprêtait à venir. Lorsque Fiennes monta sur son podium, tout le monde se tu et Shea fit de même, croisant les bras sur sa poitrine. Elle se trouvait entre ses deux frères, Tobias et Lip. Sa mère, quant à elle, demeura silencieuse à côté de son fils aîné.

– Tu parles d'une figure célèbre, bougonna Lip dans sa cape.

Shea lui donna un coup de coude sans quitter Fiennes du regard et Tobias se pencha légèrement en avant pour siffler à son frère de se taire. Quatre enfants avait eu Annie. Quatre personnalités totalement différentes et certaines opposées. L'aîné, Eli, était un arrogant Moldu qui avait décidé de renier une partie de sa famille, la considérant folle. Tobias, le second, était un pacifiste hors pair, charmant et diplomate. Shea, sa jumelle avait le coeur enflammé et quelqu'un menaçait de faire éclater une étincelle. Quant à Lip, le dernier, dans certains contes, il aurait pu être le vilain petit canard, la fausse note, celui qui n'est comme personne. Eli avait tout des origines libanaises de son père, Tobias était blond comme les blés aux yeux clairs, Shea avait hérité du roux de sa mère avec des mèches blondes mais Lip avait les cheveux noirs, la peau claire et les yeux sombres. Activiste encore en sommeil, il ne tarderait plus à se réveiller pour s'opposer à sa soeur et ses valeurs politiques. C'est à Tobias qu'il reviendrait de faire l'arbitre, à ce moment-là.

Si Shea entendit le craquement du transplanage, elle se retourna pas. Son jumeau le fit pour elle alors que la voix d'Irving résonnait au loin. Ce n'était pas sa voix à proprement parler car il s'agissait d'une petite foule, mais c'était bien lui. Shea eut un sourire en coin.

– Les Whitaker, souffla Tobias. Il ne manquait plus que ça.

Il détestait les conflits et en entendait un arrivait. Shea n'avait toujours pas quitté Fiennes du regard. Sa prestance, son charisme et son aptitude à ne pas se laisser décontenancer, elle l'admirait. Il était un symbole pour elle, le chemin à suivre, la voie à choisir. Il incarnait ce qu'elle pensait depuis toute petite mais les principes sur lesquels elle n'arrivait jamais à mettre de mots. Il l'avait fait pour elle. Elle décida de calmer son frère.

– Ils ne font rien de mal, répondit-elle.

– Tu ne vois pas ce qui se passe ? s'exclama-t-il à voix basse.

Bien sûr que si, elle voyait. Shea tourna la tête en souriant un peu plus et aperçu au loin les Whitaker et leur bande, en songeant qu'elle aurait peut-être dû être avec eux, levant sa baguette pour manifester. Mais le déclic ne s'était pas encore fait. Tant que Fiennes serait aux commandes, elle garderait confiance. Le jour où Shea s'élèverait arriverait bien assez vite. Mais les ouvriers de Nimbus forçaient son admiration et chaque fois qu'elle les voyait, elle s'imaginait à leurs côtés. Elle était des leurs mais... Ne les avait pas encore rejoints. Pour l'heure, elle les observait encore de loin, trop timide. Elle perdit néanmoins sa jovialité amusée lorsqu'elle entendit de nouvelles voies, féminines, perçant celles de Nimbus. A présent aussi inquiète que son jumeau, Lip, quant à lui se mit à rire. Ce dernier leva fièrement son poing en l'air.

– AVORTONS ! LE GOUVERNEMENT ! scanda-t-il à son tour.

Shea se demanda alors de quoi devait-elle avoir le plus honte. Que son frère se joigne à une manifestation ou bien qu'il soit féministe ?! S'il n'avait pas été aussi intelligent qu'elle le connaissait, elle l'aurait sûrement pris pour l'idiot du village. Elle échangea un regard avec son jumeau et sa mère. Tobias acquiesça en espérant que tout irait bien et elle reporta son regard sur Fiennes dont elle avait perdu le fil du discours.


After all we've been through.
Everything that I've done.
It can't be for nothing.

Juliana McNeilRésistante DPPavatar
Messages : 1259

Voir le profil de l'utilisateur
"Prête à faire la révolution ?", plaisanta Juliana en glissant ses bras autour du cou de sa petite-amie. Après avoir déposé un baiser sur ses lèvres, elle attrapa la main d'Alicia et se concentra pour visualiser le Chemin de Traverse. Quelques instants plus tard, elles avaient quitté les rues pavées de Bristol pour se matérialiser sur la tortueuse allée londonienne, qui raisonnait déjà d'une grande clameur. Le discours étouffé de Fiennes leur parvenait faiblement à mesure qu'elles avançaient vers la foule, et Juliana glissa un regard complice à Alicia. Les deux jeunes femmes étaient pourtant sensées se réveiller tôt, Juliana ayant prévu de se rendre aux locaux de l'OFFRE pour aider aux préparatifs, mais le réveil avait, comment dire...un peu traîné. C'était contre ses principes de se lever tôt le dimanche matin quand elle ne travaillait pas, de toute façon !

Militante dans l'âme, Juliana avait toujours été aux premiers rangs pour combattre les injustices et promouvoir les causes qui lui tenaient à coeur. Pourtant, depuis quelques temps, il fallait bien avouer que son caractère tempétueux s'était quelque peu apaisé. Sans doute était-ce l'influence d'Alicia et de leur relation naissante, Juliana se sentait un peu trop bien dans sa petite bulle de bonheur pour s'inquiéter de l'avenir de leur pays autant qu'avant. Nul doute qu'elle reviendrait bien vite à la réalité... D'ailleurs, il lui suffit de voir la masse d'ouvriers Nimbus et de camarades de Bristol qui s'étaient mobilisés pour s'incruster au discours de Fiennes pour qu'elle retrouve son indignation et son envie de faire bouger les choses. Du fait de son engagement féministe et de ses attaches familiales à la cité Nimbus, Juliana se sentait particulièrement impliquée par le combat du jour.

"Un métier sorcier pour les non-diplômés !", reprit la serveuse avec entrain, tandis qu'elles se frayaient un chemin parmi les manifestants de Nimbus.

Ravie de voir tout ce monde et grisée par l'ampleur de la manifestation, Juliana ne s'inquiéta pas plus que cela d'être un peu bousculée. Elle poussa une exclamation ravie en reconnaissant deux de ses anciens camarades de Quidditch de Gryffondor, qu'elle n'avait pas revu depuis sa sortie de Poudlard. Son visage s'éclaira et elle gratifia Jeremy d'une claque dans le dos, tandis que Juliet se raccrochait à Alicia.

"Juliet et Jeremy ! Ca alors, mais vous avez grandi !"

Ses yeux se posèrent alors sur le ventre de Juliet et s'arrondirent aussitôt. Pas de doute, la petite Juliet Wilson allait être maman ! Voilà donc la raison de sa démission de l'équipe de Flaquemare, que Juliana avait appris avec un certain étonnement en lisant le journal en diagonale au travail. Avait-elle là sous les yeux le résultat d'une potion Chaudrillon ? Voilà la première question qu'elle se posa, mais qu'elle garda pour elle. C'était un sacré choc de se dire que son ancienne camarade, sa cadette, était aujourd'hui en âge d'avoir un enfant...

"Un bébé ! Félicitations Juliet ! Qui est le... Oh !"

Jeremy venait de glisser un bras protecteur autour des épaules de Juliet, visiblement peu rassuré par les mouvements de foule qui commençaient à se propager. Son attention se fixa à nouveau sur Juliana et Alicia et il ne put se retenir de bomber un peu le torse en voyant le sourire amusé de son ancienne coéquipière.

"J'l'avais dit à Eliott, à l'époque ! Ces deux-là, ils vont nous faire des bébés-Gryffondor un jour !"

"Et toi alors, qu'est-ce que tu deviens ?"

"Toujours serveuse à Bristol, au Triton Ardent sur la rue principale, vous devriez passer un de ces jours ! Et je vous présente Alicia... Ma petite-amie."

Juliana guetta avec une certaine anxiété la réaction de ses interlocuteurs, notant intérieurement le regard surpris de Jeremy, qui adressa néanmoins un sourire à Alicia. Jusque là, Juliana n'avait parlé qu'à Joel de sa relation avec la jeune femme, mais il faudrait bien qu'elle en parle à d'autres personnes un jour, alors autant s'habituer et commencer par des personnes dont la réaction n'importait pas tant que cela. L'heure n'était pas aux confidences, cela dit, puisque la foule se resserrait de plus en plus et que la clameur augmentait.

"On va y aller, on milite avec l'OFFRE. Faudrait qu'on aille boire un verre pour rattraper le temps perdu, un de ces jours ! Manifestez bien !"

Juliana adressa un dernier sourire aux deux futurs parents puis jeta un coup d'oeil autour d'elle. Son père devait bien se trouver quelque part dans les parages, mais le retrouver risquait d'être compliqué, et elle ne tenait pas vraiment à le faire en présence d'Alicia de toute façon. Glissant sa main dans celle de la jeune femme pour ne pas la perdre dans la foule, elle l'attira à sa suite.

"C'est marrant de les voir ici", dit-elle à l'attention d'Alicia tandis qu'elles se frayaient difficilement un chemin jusqu'au groupe de l'OFFRE. Elle avisa Alexandra et se dirigea vers elle, désireuse d'échanger quelques mots.

"Hey ! J'pensais pas qu'il y aurait autant de monde...et j'vois pas tant d'aurors. Peut-être bien qu'on va pouvoir se faire entendre pour une fois..."

Se faire entendre, Fiennes, lui, n'y parvenait plus. Autour d'elle, Juliana n'entendait qu'une pluie de slogans, de moins en moins humoristiques et de plus en plus énervés. La colère s'était emparé de beaucoup de sorciers ces derniers mois et semblait sur le point de se cristalliser aujourd'hui...



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Margot AdamsonAncien personnageavatar
Messages : 1956

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Margot Adamson le Dim 29 Juin 2014 - 15:06, édité 3 fois
Margot accueillit son ancienne élève, Swann Twilfit, avec un sourire. Elle avait toujours apprécié Swann, l'ancienne préfète en chef, qui donnait une très bonne image de Serpentard et qui avait, semble-t-il, parfaitement réussi depuis sa sortie de Poudlard. Si Margot avait été surprise d'apprendre son lien de parenté avec Edmund, comme le reste de la bonne société d'ailleurs, elle trouvait aujourd'hui que c'était finalement assez évident. Edmund et elle avaient clairement un air de famille, songea-t-elle en la saluant d'un signe de tête. Swann fut projetée contre Margot par un mouvement de foule et la directrice l'aida à reprendre l'équilibre :

"Ne vous en faites pas !"

Mais Swann était déjà en train de vilipender celui qui l'avait bousculée. Margot ne put retenir un petit rire en entendant la même remarque que son père dans la bouche de Swann, et elle glissa un regard légèrement moqueur à Edmund. Elle retrouva bien vite son sérieux néanmoins, la clameur de la foule se faisant plus intense.

"Ce n'est peut-être pas une mauvaise idée", commenta Margot quand la jeune femme leur proposa d'écouter le discours depuis son magasin. La directrice n'était pas très à l'aise entre toutes ces personnes tendues. De mémoire de sorcier, on avait rarement vu telle concentration sur le Chemin de Traverse, et la situation ne lui disait rien qui vaille...

Réalisant qu'elle n'entendait plus la voix du Ministre de la Magie survoler la clameur des manifestants, Margot tourna un regard inquiet vers l'estrade. Fiennes avait visiblement compris qu'il était vain de poursuivre dans de telles conditions et était désormais en grand conciliabule avec Richard Dalnox et d'autres officiels. Au vu des grands gestes saccadés de Fiennes et de la mine défaite de Dalnox, la situation n'était pas brillante, et Margot pria pour que les forces de sécurité soient à la hauteur. La foule était désormais compacte et mêlait manifestants et simples spectateurs en un joyeux mélange. La directrice voulut dire quelque chose à Edmund mais elle entendit une voix coléreuse scander un tout nouveau slogan non loin d'eux.

"Adamson t'es foutue, les parents sont dans la rue ! Profs assassins, nos enfants sont dans l'pétrin !"

Margot sursauta violemment et glissa un regard atterré sur l'homme hargneux vêtu d'un bleu de travail Nimbus qui les avaient visiblement reconnus, Edmund et elle. La directrice savait qu'elle avait perdu en popularité suite à l'attaque de ses deux élèves mais elle n'aurait jamais pensé être l'objet d'une telle haine de la part de quelqu'un. Car c'était bien ce qu'elle lisait sur le visage crispé de cet homme visiblement prêt à en découdre... Son cri avait attiré l'attention sur leur présence, et quelques autres personnes reprirent des slogans anti-Poudlard en vociférant. L'un d'eux lui saisit le poignet et elle en lâcha sa baguette, qui roula au sol.

"Lâchez-moi ! EDMUND !", cria-t-elle, un brin de panique au fond de la voix.

C'était exactement pour cela qu'elle avait quitté l'Angleterre toutes ces années. Margot n'était pas une battante, elle n'était pas courageuse, elle n'affrontait pas ses peurs et n'avait pas d'ennemis. Ana Sorden avait été l'exception et elle avait bien faillit le regretter amèrement. A cet instant, elle se rappelait pourquoi elle avait tant hésité avant de se lancer dans la course à la direction de l'école. Poudlard n'était pas une école comme les autres, non, c'était un lieu qui semblait attirer les ennuis, un lieu que la politique et les conflits finissaient toujours par rattraper, et chacun de ses directeurs avait eu à s'impliquer, à se battre. Peut-être bien qu'elle n'était pas faite pour cela, songea-t-elle avec effroi tandis que les cris de colère se faisaient plus nombreux encore. Comme elle avait été stupide de croire que la paix était durablement installée, stupide comme ce gouvernement qui n'avait pas senti toute la tension qui parcourait le pays...

L'homme la lâcha à la faveur d'un mouvement de foule qui projeta Edmund contre elle, l'assommant à moitié au passage. Elle entendit les appels au calme de la voix magiquement amplifiée de Fiennes, aperçut du coin de l'œil quelques sorts lancés par les aurors... Puis ce fut le chaos. Une partie des manifestants, emportée par la colère, semblait bien plus intéressée par prendre à partie les maigres forces de sécurité présentes, baguettes magiques à l'appui, que de défiler. Les aurors semblaient désorganisés et sous tension, se mêlant à la foule sans trop savoir comment réagir. Et au milieu de tout cela, spectateurs et manifestants se trouvaient pressés de toute part et parcourus par une panique grandissante. Les sorts commençaient à fuser, les slogans disparaissaient au profit de cris d'effroi et l'on était bousculé de toute part.

Margot avait abandonné l'idée de retrouver sa baguette, probablement brisée par les pas de l'un de ses voisins. Elle fut rassurée de voir qu'Edmund avait la sienne, tout comme cet auror qui avait le regard fixé sur elle. La situation n'était peut-être pas si désespérée, finalement...


HRP : Comme vous avez pu le lire, les aurors et la police magique sont présents mais désorganisés et en sous-nombre, vous pouvez les PNJiser dans vos posts.

Lancé de dés : tous les personnages tirés par le dé vont être blessés, à vous de choisir quelle est la gravité de leur blessure ainsi que les circonstances de l'incident. 11 personnages sur 35 seront tirés au sort. Si les dés tirent deux fois le même personnage, le personnage suivant sur la liste sera blessé également.

Pour ceux qui ne seraient pas tirés, vous pouvez toujours blesser ou tuer vos personnages. Twisted Evil Pour toute question, vous pouvez les poser dans le topic spécial dans la Cabane Hurlante ! Bon jeu !


Lancé de dés:
 



Isabelle Adjani, kit par Juliet
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur
Le membre 'Margot Adamson' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Bloody Sunday' : 25, 25, 12, 16, 24, 31, 14, 17, 30, 4, 25


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
Charlotte aurait tout donné pour être ailleurs qu'à ce discours à deux noises et pourtant, elle avait voté MIM et Fiennes était son patron. Mais cette fois-ci, il n'était pas question de ses opinions politiques mais de son boulot et elle était furieuse d'avoir été attribuée à la surveillance du Chemin de Traverse. Un an. Un an qu'elle bossait sur le dossier Mardolien, un an qu'elle se donnait corps et âme à cette enquête, un an qu'elle avait axé sa carrière sur ce foutu dossier et voilà comment on la remerciait ! Elle aurait dû être avec ses collègues sur les îles des Hébrides, elle aurait dû être là pour ce qui s’apparentait à la conclusion d'un an d'enquête de longue haleine et elle était là à jour les baby-sitter pour politiciens ! Elle avait arrêté Ana Sorden, elle avait travaillé avec Mika, elle avait donné un an de sa vie pour ce foutu dossier et elle en était exclue à la dernière minute !

Dire que Charlotte fulminait aurait été un bel euphémisme. Elle aurait pourtant dû être avec ses collègues du dossier M et ce qui avait été prévue jusqu'à hier soir. Malheureusement, le binôme d'Auror - Angie et son partenaire - qui devait assurer la supervision de la surveillance du Chemin de Traverse avait été sérieusement blessé hier lors de leur dernière intervention de la journée. Et comme il fallait un lieutenant pour superviser les autres Aurors, on s'était tourné vers elle, tout simplement parce que les lieutenants les plus expérimentés étaient envoyés vers la plus grosse intervention. Quand c'était Angie, lieutenant elle-aussi et membre du dossier M, qui avait été assignée à la surveillance du Chemin de Traverse, Charlotte avait consolé sa collègue, sincèrement désolée pour elle mais toute aussi ravie de pouvoir faire partie de l'opération. Et voilà que désormais, c'était elle qu'on mettait de coté, tout simplement parce qu'il fallait bien superviser une équipe déjà en sous-nombre. Et bien que furieuse, Charlotte avait encaissé l'ordre de ses supérieurs et n'avait rien dit, parce qu'elle devait obéir et n'avait rien à dire.

C'était ainsi qu'elle s'était retrouvée assise sur le bord de la tribune du Ministre, Seamus à ses cotés, tôt le matin. Le Chemin de Traverse était encore vide et les employés du Ministère s'affairaient à installer des sièges sur la tribune et à régler le pupitre du Ministre. Les Aurors étaient déjà là, tous avec l'air morose. Il n'y avait que cinq équipes qui étaient réquisitionnées, soit un total de cinq binôme, c'est-à-dire rien du tout, surtout que sur les cinq, quatre étaient composés d'un Aspirant et de son formateur. Trois binômes, toujours Aspirants et formateur, étaient de garde au BDA pour les affaires courantes et les éventuels renforts mais tout le reste de la Brigade se trouvait sur le point de partir attaquer les Mardoliens. Aux yeux de Charlotte, c'était une bêtise énorme, tout simplement parce que les effectifs étaient complètement déséquilibrés. Alors oui, ce n'était qu'un petit discours tranquille et il n'allait rien se passer, mais si quelque chose devait arriver, ils étaient dix Aurors, dont quatre débutants et c'était dérisoire. Quant à leurs "renforts", ils étaient six ce qui ne servirait à rien en cas de problème. Bien sûr, normalement, surveiller les foules, c'était pas leur boulot, ça revenait à la PM. Eux, ils étaient là pour assurer la protection du gouvernement, voilà tout. Quatre membres des Baguettes d’Élite étaient postés sur les toits, elle savait qu'une cinquantaine de policiers seraient présents et voilà ce qui constituaient les forces de l'ordre du jour. Et Charlie détestait en faire partie.

- J'espère que ça se tiendra à carreaux, marmonna Seamus en avalant en jetant un coup d’œil au Chemin encore vide. Que ça se termine vite et qu'on puisse rejoindre les autres.

Charlotte hocha la tête en soupirant et entreprit de vérifier son matériel pour s'occuper la tête. Une clameur lui fit lever la tête lorsqu'une cinquantaine de policiers transplanèrent brusquement sur le Chemin, parfaitement organisés. Dans un réflexe de meute, les Aurors se concentrèrent autour de la tribune tandis que les policiers gradés répartissaient déjà leurs troupes. Ils ne concertèrent pas les Aurors sur leur plan d'action mais Charlotte ne s'en formalisa pas : tout le monde savait que les membres de la Police Magique étaient les sorciers qui avaient raté l'entrée au BDA.  Elle-même descendit de la tribune d'un bond, fit signe aux autres Aurors d'approcher et entreprit de les répartir : avec cinq binômes, ça allait vite. Elle en plaça deux sur la tribune, postés derrière les Directeurs de Département, deux autres patrouilleraient au milieu de la foule et elle-même et Seamus seraient devant la tribune pour empêcher les gens d'y accéder. A eux-deux, cela serait difficile, mais elle savait que des policiers magiques s'y placeraient aussi, ce qui lui fut confirmé par les gestes d'un des lieutenants de la Police magique qui expliquait son plan à grand renfort de tours de bras. Mais malgré la présence de la PM, Charlie était assez inquiète : ils n'étaient clairement pas assez d'Aurors en cas de problèmes, surtout avec des Aurors débutants dans leurs rangs. Elle aurait aimé avoir plus d'hommes, le Commandant voulait d'ailleurs le double d'Aurors sur le Chemin de Traverse mais l'ordre était venu d'en haut : Richard Dalnox voulait que toutes les troupes soient concentrées sur les Mardoliens, le reste attendrait. C'était une prise de position dangereuse, au point qu'elle mit de coté les principes des Aurors pour aller se coordonner avec la PM. Ils n'avaient pas assez d'homme pour se permettre le luxe de les gaspiller.

Le temps que les maigres forces de l'ordre se coordonnent, le gouvernement avait commencé à arriver et le Chemin à se remplir. Les premiers arrivés furent fouillés par la PM mais la Police se retrouva bien vite débordée par le nombre et abandonna l'idée de contrôler toutes les personnes présentes. Charlotte s'était repliée sur la tribune pour donner ses consignes aux Aurors présents - en cas de souci, repli immédiat du gouvernement, toujours garder le contact avec les Baguettes d’Élite, priorité au Ministre de la Magie - mais finit par redescendre auprès de Seamus, formant un cordon avec la police pour empêcher les gens de s'approcher trop près. Elle gardait les yeux rivés sur la foule tandis que le Ministre commençait son discours, mais rien ne semblait détonner. Elle reconnaissait certains visages dans l'assemblée mais tout le monde semblait écouter de manière calme et posée, rien de suspect n'était à remarquer. Elle leva les yeux pour vérifier que les Baguettes d’Élite étaient toujours là et continua sa surveillance tranquille, sa baguette magique entre ses doigts. Il ne s'écoula néanmoins que quelques minutes avant qu'une vague de transplanage attire son attention. Il ne s'agissait pas de quelques retards mais bien d'invités surprises aux intentions perturbatrices. Elle comprit rapidement qu'il s'agissait des ouvriers de la Cité Nimbus, aux slogans qu'ils poussaient mais ce fut leur nombre qui l'effraya. Plusieurs centaines, au bas mot.

- C'est pour nous, marmonna le lieutenant de police à ses cotés avant de faire un signe à ses hommes.

De nombreux membres de la PM se frayèrent dans la foule, notamment quelques membres du cordon de sécurité, ce qui obligea les membres restants à s'écarter pour continuer de couvrir la même surface. Charlotte était plus que tendue à l'idée de voir la surveillance des tribunes diminuer et elle envisagea de rappeler ses Aurors dans la foule pour assurer leurs arrières. Malheureusement, une nouvelle vague de transplanage ne lui en laissa pas le temps : de nouveaux manifestants arrivaient et cela signa le début de l'agitation de la foule. Le cordon dut repousser quelques sorciers qui arrivaient sur eux, bousculés par l'arrière et quelques sorts de protection furent lancés pour s'assurer que personne en franchirait la distance de sécurité. Le Chemin était étroit, les manifestants nombreux - bien trop nombreux pour eux - et la situation pouvait exploser d'un moment à l'autre. Il était hors de question de prendre le risque de maintenir la situation, il fallait annuler le discours, évacuer le gouvernement et disperser la foule. Charlotte se fichait des conséquences politique d'une annulation : elle voulait éviter tout débordements et pour cela, il fallait mettre en sécurité tout le monde. Elle envoya un Patronus au BDA pour appeler les quelques renforts dont ils disposaient.

- Je veux pas laisser la situation pourrir, lança-t-elle à Seamus, on évacue.

Ce dernier hocha la tête et s'apprêtait à envoyer un Patronus aux Aurors sur la tribune lorsqu'il fut violemment bousculé par deux manifestants qui avaient réussi à forcer le cordon pour s'approcher du Ministre. Seamus réagit au quart de tour par deux sortilèges de Stupéfixion qui arrêtèrent les deux agités mais provoquèrent de violentes réactions dans leur entourage, des huées commençant à pleuvoir sur la PM et les Aurors. Il ne s'agissait désormais plus de quelques bousculades : des sorts commençaient à pleuvoir et Charlotte sentit un enchantement lui effleurer le visage. Dégainant sa baguette, elle entreprit de désarmer les plus agités, avançant dans la foule pour essayer de la repousser. Malheureusement, les manifestants étaient bien plus nombreux que les forces de l'ordre et elle perdit rapidement de vue ses collègues qui se battaient contre la foule agitée.

- AURORS CORROMPUS ! hurla un sorcier qui devait faire deux fois sa taille en se précipitant vers elle.

Le sortilège de Stupéfixion de Charlotte l'atteignit entre les deux yeux et il s'écroula brusquement, bousculant au passage une fille et son petit-ami, petit-ami dont la tête vint violemment heurter un pavé, maculant ce dernier de sang.

- Jack ! hurla sa copine en sanglotant. Jack, réveille-toi !

Malheureusement, Charlotte n'eut pas le temps de porter secours au Jack en question puisqu'elle fut violemment bousculée par deux ouvriers Nimbus. Désarmer n'était désormais plus suffisant puisque les manifestants s'empressaient de récupérer leurs baguettes, plus agressifs que jamais. En les pétrifiant, ils tombaient au sol et risquaient se faire écraser par la foule, mais c'était la solution la plus radicale pour diminuer le nombre d'agresseurs. Elle n'avait pas le choix : la foule devenait incontrôlable, des hurlements retentissaient partout et elle était seule face à ça, sans aucune trace de ses collègues qui devaient se démener autour. Elle évita de justesse un sortilège vert qui fonçait vers elle et lança un Expulso sur un type qui s'en prenait à une fille avec une bannière de l'OFFRE. Des sortilèges pleuvaient du ciel et fauchaient de nombreux sorciers, les Baguette d’Élite tendant à neutraliser ceux qui essayaient de remonter vers la tribune. Malheureusement, de nombreux sorts étaient lancés vers le gouvernement et Charlotte aperçu plusieurs membres à terre. Ils allaient se faire tuer par le Commandant, sérieusement. Abandonnant l'idée de repousser la foule loin de la tribune - tout le monde avait échoué - elle commença à rebrousser chemin pour retrouver Seamus lorsqu'elle sentit qu'on l'attrapait par le poignet avant de la plaquer violemment contre un mur, une main serrée autour de sa gorge. Il marmonna un truc qu'elle ne comprit pas, trop occupée à essayer de respirer tout en tentant de dégager son poignet et donc sa baguette magique de sa poigne. Malheureusement, il avait trop de force et tandis que Charlie suffoquait, elle abandonna brusquement ses réflexes de sorcière pour une technique bien plus moldue. Elle remonta brusquement son genou droit avec toute la force dont elle était capable, portant par là un coup à la virilité de son agresseur. Ce dernier la lâcha brusquement et elle enchaina avec un sortilège d'entrave. Elle aurait pu le Stupéfixier mais il n'aurait plus senti la douleur et cela aurait été dommage, tout de même.

Elle passa une main sur sa gorge et s'autorisa quelques secondes de répit avant de reprendre sa course folle vers la tribune pour essayer de revenir au plan initial et aider ses collègues à évacuer les membres du gouvernement. Elle était coupée dans son élan à chaque pas, alternant entre sortilèges de protection et sort pour arrêter les gens. Les offensives des manifestants étaient de plus en plus violentes et elle était obligée de répondre avec force pour ne pas se laisser déborder. Elle aperçu deux policiers magiques frapper un manifestant pour le mettre au sol et détourna le regard. Ils étaient débordés de partout, des sortilèges fusaient : ce n'était pas le moment pour l'éthique, il fallait juste faire cesser le carnage. Elle mit à terre d'un sortilèges deux jeunes adultes aux baguettes brandies, sans vraiment se soucier de ce qu'ils faisaient. Tous les sorciers avec une baguette étaient des opposants potentiels et elle tenait à désarmer le plus de monde possible. Charlotte visait bien et la plupart de ses sortilèges touchaient de plein fouet les sorciers visés, sans vraiment se soucier de leurs actions. Elle fut néanmoins interrompue brusquement lorsqu'on lui saisit le poignet pour la faire se retourner...

HRP : Ça peut être n'importe qui, manifestant, ami, personne que Charlotte a essayé d'abattre...


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
Messages : 92

Voir le profil de l'utilisateur
Edmund avait la moustache frémissante devant tant de maladresse et d'impolitesse des gens qui les entouraient. Il assassina du regard un jeune homme qui venait de lui écraser les pieds - et surtout ses chaussures en cuir de dragon qui valaient plus que le salaire mensuel d'un ouvrir Nimbus -  et ajusta son monocle. Ce fut une main sur son épaule qui le fit se retourner et son air revêche s'adoucit considérablement en reconnaissant sa fille, toujours aussi élégante même dans une foule agitée.

- Swannie, la salua-t-il, s'écartant pour la laisser passer entre lui et Margot pour essayer lui éviter les coups de leurs voisins. Je commence à songer qu'il y a un peu trop de monde sur le Chemin aujourd'hui, répondit avec une ironie palpable.

Malheureusement sa technique fut vaine puisque Swann fut bousculée par le malotrus de tout à l'heure et il s'apprêtait à élever la voix avant d'être devancée par cette dernière. Il retint un sourire en l'entendant prononcer la même phrase que lui quelques minutes auparavant - certaines choses étaient visiblement génétiques - et hocha la tête lorsqu'elle lui proposa de plutôt écouter le discours du premier étage du magasin, où ils seraient sûrement bien plus à l'aise et moins oppressés.

- C'est une excellente idée, ajouta-t-il à la suite de Margot, sortant sa baguette magique pour leur frayer un chemin dans la foule compacte. Nous ne sommes pas venus pour être des moutons dans un train de bétail !

Le petit groupe s'apprêtait à avancer lorsqu'une voix haineuse les invectiva, faisant se tourner de nombreux regards vers eux. Dans un réflexe, Edmund écarta légèrement Swann tandis que plusieurs personnes se rapprochaient d'eux de manière agressive et ses doigts se refermèrent autour de sa baguette lorsqu'il croisa le regard d'un homme visiblement prêt à en découdre au duel magique. Il ignorait à qui il avait affaire, songea-t-il tandis que de légères étincelles apparaissaient au bout de sa baguette. Il n'avait beau être être désormais qu'un vieux professeur de Sortilèges, Edmund avait été le champion international de duel de l'année 1966 et sa victoire avait été écrasante. Il était un duelliste reconnu et ce péquenaud n'aurait aucune chance. Il n'eut néanmoins pas la chance de lancer le premier sort puisque la voix paniquée de Margot lui fit tourner la tête. Il s'apprêtait à intervenir contre le malotrus qui l'agressait mais ce dernier la lâcha presque immédiatement grâce à une bousculade qui l'envoya un peu plus loin.

- Tu vas bien ? lança-t-il à l'adresse de Margot. Il faut absolument sortir d'ici avant que les choses ne se gâtent !

Et c'était un euphémisme. Autour d'eux, la foule commençait à paniquer et surtout, de nombreux sortilèges fusaient de partout. Il eut juste le temps d'apercevoir l'éclat d'un Stupéfix dans le ciel et son Protego fusa par réflexe, empêchant par là une vieille dame de recevoir par là un sort qui aurait pu être mortel. Les Stupéfix faisaient très mauvais ménage avec les cœurs fragiles ou âgés et c'était une cause de mort assez fréquente dès que l'on en venait aux morts par sortilèges. Ses sens étaient en alerte et son cerveau tournait à toute allure, cherchant comme sortir d'ici le plus rapidement. Le transplanage aurait été la solution la plus adaptée mais c'était trop dangereux dans une foule agitée comme cela. Un sortilège fusa juste derrière lui et il se retourna pour chercher Swann du regard. Il n’aperçût pas tout de suite cette dernière et son cœur fit une violente embardée d'inquiétude mais il se forca à relativiser en se disant que la foule était dense et qu'elle devait tout juste avoir disparu derrière quelqu'un qui lui était passé devant. Un cri aigu lui fit tourner la tête et il vit un Policier Magique lancer un sort vers la scène, mais donc dans leur direction. Sans réfléchir, il pointa sa baguette magique sur Margot qui se retrouvait dans la trajectoire du sortilège et l'entoura d'un Protego.

Ce fut à ce moment précis qu'il sentit le sort le toucher en plein dans le dos. La brûlure était familière et il sentit tout ses membres se raidir tandis qu'il touchait violemment le sol. Un Stupéfix. Il ne l'avait pas entendu arriver, son esprit étant trop partagé entre Swann et Margot. Swann songea-t-il dans son esprit embrumé. Est-ce qu'elle allait bien ? Une douleur aigüe lui vrilla la poitrine et il eut soudainement du mal à respirer. Le Stupéfix était dangereux pour les cœurs fragiles, n'est-ce pas ? Tant d'ironie... Il avait l'impression d'entendre à travers du coton et ses yeux se fermèrent malgré lui. Est-ce qu'il allait mourir, là ? Au milieu d'un foule désordonnée qui manquait de l'écraser à chaque seconde ? Est-ce qu'il allait mourir, maintenant, comme ça ? C'était comme si on lui compressait le thorax et chaque respiration était plus laborieuse que la précédente. Il était beau le champion de duel, il était beau Edmund Harris. Ses pensées se tournèrent vers ses frères sans qu'il ne puisse le contrôler. Peter et Alan étaient morts assassinés par les Mangemorts, après un duel, dans une ruelle. Est-ce qu'ils avaient ressenti la même chose ? Cet état cotonneux, cet entre-deux, cette impression d'être tiraillé entre la réalité et le rêve, allongés sur des pavés froids, l'esprit plein de regrets et de douleur ? Les trois garçons Harris, nés au manoir, morts dans la rue, les derniers descendants de la famille... Edmund avait passé sa vie à se penser différent de ses frères et voilà qu'ils se retrouvaient à la fin.

Il avait été cet enfant si vif, si intelligent, si passionné par le monde. Il avait été l'enfant chéri de sa mère, le frère martyrisé, la fierté de son père, le préféré de sa sœur. Il avait été cet élève de Poudlard si brillant, ce préfet respecté, cet adolescent moqué, ce diplômé à l'avenir tout tracé. Il avait été ce jeune adulte plus rebelle qu'on ne le pensait, ce jeune homme qui avait découvert le monde et ses merveilles, ce sorcier qui avait poussé sa quête de connaissances jusqu'au bout, ce duelliste si admiré. Il avait été cet homme adulte solitaire, ce professeur cynique, ce collègue moqué, cet ambitieux si lâche. Il y avait beaucoup de choses qu'Edmund regrettait dans sa vie, tellement d'amertume et de choses qu'il aurait voulu effacer. Il y avait tant de choses qu'il voulait encore faire, tant de conversations qu'il voulait avoir, tant de moments qu'il voulait vivre.

Edmund Harris ne voulait pas mourir. Pas maintenant, pas comme ça. Edmund Harris avait été beaucoup de choses dans sa vie, Edmund Harris avait également beaucoup de défauts mais Edmund Harris n'était pas quelqu'un qui renonçait. Il voulait vivre, vivre encore. Il voulait parler à Swann, devenir ce père qu'il n'avait pas pu être. Il voulait être l'ami de Margot, il voulait être cet enseignant sévère qui aimait pourtant ses élèves avec toute la passion qu'il avait pour son métier. Il voulait survivre à ses parents, ne pas leur faire vivre la perte d'un troisième enfant. Edmund voulait continuer, il voulait voir les enfants de Swann, de Meredith, de Melvin. Et surtout, surtout, Edmund Harris ne mourrait pas au milieu de gens sans éducation. Il avait une fierté à tenir, même dans la mort.

Alors Edmund rouvrit les yeux et prit une longue gorgée d'air malgré la douleur latente dans sa poitrine. Il vivrait. Parce qu'il l'avait décidé.

Spoiler:
 



Kit par SwannyFilleChérie

 

On travaille en silence, jeunes gens.
Irving WhitakerAubergisteavatar
Messages : 3454

Voir le profil de l'utilisateur
Les ouvriers de la Cité Nimbus furent rapidement rejoints par d’autres groupes de  contestataires. Passablement intrigué par leurs revendications, Irving attrapa au vol quelques tracts afin d’en savoir plus sur  l’OFFRE. Il avait vaguement entendu parler de cette organisation lors des repas de famille avec ses sœurs et savait qu’il s’agissait d’une association féministe mais ses connaissances s’arrêtaient là. Il détailla donc la liste de leur requête imprimée sur le papier et décida de reprendre en cœur leur slogan accrocheur :

« Avortons le gouvernement ! Avortons le gouvernement !»

Le poing levé, il se mêla aux femmes et aux loups-garous venus en masse eux aussi : La consumeuse, les grossesses-chaudrillon, la pleine lune sanglante… Les raisons de ce ras-le-bol étaient diverses mais les sorciers faisaient front, ensemble. Oui, cette foule hétéroclite avait le pouvoir de faire changer les choses, Irving en était persuadé,  et Fiennes ne pouvait pas ignorer le mécontentement général plus longtemps. L’ex-Gryffondor s’époumonait avec une ferveur nouvelle, indifférent aux regards désapprobateurs de certains membres de la foule, Tobias Gruffydd pour ne citer que lui. De toute manière, il n’avait rien à perdre alors autant se faire entendre. Le climat devenait de plus en plus électrique mais la sensation grisante d’appartenir à un tout prenait le pas sur la dangerosité de la situation qui se dessinait. Ils étaient trop nombreux, trop tendus et il ne suffisait d’une étincelle pour que tout cela s’embrase…

« Vous ne pouvez pas tenir de tel propos, mademoiselle, s’exclama alors une vieille dame en voyant une jeune militante au ventre rond brandir une pancarte pour la légalisation de l’avortement, la vie est ce qu’il y a de plus beau… »
« Qu’est ce que vous en savez vous! répondit la militante de l’OFFRE les yeux brillants, vous pensez vraiment que sa vie sera belle ? Enchaina-t-elle en désignant son ventre avec son index.  Le gouvernement m’empêche de travailler dans le monde magique et même les moldus ne veulent pas de moi ! répliqua-t-elle avec vigueur, J’ai rien à lui offrir ! RIEN DU TOUT ! » hurla-t-elle au bord des larmes.

Irving s’arrêta, laissant filer Jeremy et Juliet. Les propos de cette femme l’avaient interpelé tout comme sa détresse. Il connaissait cette désagréable sensation de rejet, l’impression de ne pas être assez bien pour le monde magique… Il avait envie de lui dire qu’il la comprenait, qu’elle n’était pas seule, il fendit donc la foule pour rejoindre le lieu de l’altercation.
« C’est un être vivant que vous portez en vous… » Insista la vieille dame en effleurant le ventre de la jeune fille.
. -NE ME TOUCHEZ PAS ! répondit cette dernière en brandissant sa baguette.

Plusieurs personnes s’interposèrent entre les deux protagonistes dont Irving qui attrapa la main de la militante afin de dévier le sort qu’elle s’apprêtait à lancer. Merlin, elle avait failli stupéfixer une mamie, songea-t-il en voyant fuser l’éclair de lumière rouge qui termina sa course dans la devanture de Weasley&Weasley. Sous la puissance du sortilège la vitrine éclata en une pluie de bris de verre et l’enchantement frappa de plein fouet les présentoirs de poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou.
Un nuage noir impénétrable s’abattit alors sur la partie la plus à l’ouest du Chemin de Traverse.  Les premiers cris de terreur retentirent et un puissant mouvement de foule entraina Irving sur plusieurs mètres sans que ses pieds ne touchent le sol. Tout le monde cherchait à fuir la zone obscure mais la foule était bien trop dense pour trouver une échappatoire. Irving était littéralement compressé contre d’autres sorciers qui se débattaient, luttant pour ne pas tomber à terre. A cause de la poudre, l’ex-Gryffondor ne voyait même pas ses voisins directs qui étaient pressés contre lui mais il pouvait sentir le souffle chaud de leurs respirations saccadés et entendre leurs cris de détresse. Le sifflement d’un sort résonna alors et les plaintes de l’un de ses voisins cessèrent brusquement. Bordel de Troll. Des manifestants lançaient des sortilèges dans ce merdier…

« Tirez pas ! »
 S’exclama-t-il en sentant la peur s’emparer de lui, « TIREZ PAS ! » répéta-t-il un ton plus fort, en vain. La foule devenait de plus en plus compacte, les bruits de sorts fusaient de toutes parts et des hurlements déchirants brisaient l’obscurité.  C’était un cauchemar.
De puissantes mains s’abattirent alors sur ses épaules, puis sur sa tignasse. Quelqu’un tentait de lui monter dessus pour se maintenir au dessus de la foule.
« Dégage ! Hurla-Irving en le repoussant  avec une violence insoupçonnée.
Il avait la sensation de lutter pour sa vie, il devait sortir d’ici, tout de suite, sans quoi il risquait d’y passer, songea-t-il en tentant d’attraper sa baguette dans son jeans.
Il n’avait pas tout à fait atteint sa poche lorsque son sang se glaça subitement dans ses veines.  Merlin. Quelque-chose bougeait sous ses pieds.
Quelqu’un.
Il était en train d’écraser une personne. Il la piétinait. Sa respiration s’accéléra alors qu’il tentait de se dégager pour retrouver la terre ferme, mais quoiqu’il fasse, ses pieds finissaient toujours par se poser sur la pauvre victime qui se débattait au sol. Il était incapable de se baisser pour l’aider à se relever tant il était comprimé de toutes parts. Il devait transplaner, et vite, pour lui laisser une chance de survie mais ses deux voisins directs le prirent de cours et se volatilisèrent subitement .Déséquilibré par la pression de la foule, Irving tomba lui aussi au sol dans l’espace laissé vide. Il n’eut même pas le temps d’esquisser le moindre geste pour se relever que plusieurs sorciers lui marchaient déjà dessus, lui coupant la respiration à chaque pas, écrasant sa tête et chacun de ses membres sans se soucier de lui. Chaque foulée lui arrachait un cri de douleur et il était complètement désorienté, privé d’oxygène, toujours dans le noir le plus complet sans pouvoir anticiper le moindre choc.
Pourtant, il savait qu’il ne voulait pas mourir comme ça, dans l’obscurité la plus totale, piétiné par ses semblables. Il devait transplaner, loin d’ici, mais il ne pouvait pas se résoudre à laisser l’autre personne à terre. Il lui suffisait de la toucher pour la faire transplaner se dit-il en  tâtonnant le sol jonché de prospectus et de pancartes délaissées. Chaque seconde était plus horrible que la précédente si bien qu’il s’apprêtait à abandonner lorsqu’il posa enfin la main sur ce qui s’apparentait à un poignet. Sans attendre, il se concentra pour visualiser la Grand’Place de la Cité Nimbus et il ressentit la sensation salvatrice de vertige caractéristique du Transplanage. Toutefois, prit de remords soudains,  il se ravisa en cours de déplacement sur la destination : Il ne pouvait pas abandonner tout le monde ici : Ses sœurs, Jeremy et Juliet, peut-être même Danny qui lui avait promis de venir.
Il devait absolument retourner sur le Chemin de Traverse.

L’Ex-Gryffondor  visualisa le parvis de Gringotts et tomba lourdement sur les pavés de l’entrée de la célèbre banque sorcière. Les cris et les bruits de sorts fusaient encore mais lorsqu’il ouvrit les yeux, il constata que le nuage d’obscurité n’était pas arrivé jusque là puisqu’il discerna, enfin, les traits de la personne qu’il avait tiré du mouvement de foule…

Hors RP:
 


Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Ils s’apprêtaient à rejoindre la boutique afin d’être un peu plus au calme lorsqu’un malotru invectiva le P. Adamson. En temps normal, Swann se serait indigné d’un tel comportement mais c’était sans compter avec le climat électrique qui régnait sur le Chemin de Traverse aujourd’hui. Plusieurs manifestants s’étaient approchés d’eux et ils semblaient très remontés contre le corps professoral de Poudlard. L’ex-préfète ressentit une légère appréhension en voyant son père brandir sa baguette et se poster entre elle et les individus.
« Je suis sûre que l’on peut résoudre ce malentendu en dialoguant… » souffla-t-elle en posant une main sur l’épaule de son père.
Elle l’avait déjà vu à l’œuvre durant les cours de Sortilèges et elle savait qu’il avait été primé comme duelliste dans sa jeunesse mais elle s’inquiétait tout de même de l’issue de la situation si un combat s’engageait.
Toutefois Swann se rendit vite compte qu’une simple discussion ne résoudrait pas les choses lorsqu’un homme empoigna son ancienne directrice de maison.
« Oh Merlin ! »souffla-t-elle en sortant sa baguette afin de rester en couverture d’Edmund qui venait de lancer son premier sortilège.  Si elle était particulièrement douée pour les enchantements de confection, elle se révélait être une piètre combattante qui avait abandonnée les DCFM dès qu’elle en avait eu l’occasion. Aujourd’hui, elle regrettait amèrement ce choix : La situation lui échappait complètement et elle détestait ça. Elle n’avait qu’une seule envie, transplaner dans la boutique et s’enfermer à double-tour, en sécurité. Mais, bien sûr, il avait fallu qu’elle écoute Jacob et qu’elle mette des charmes de protection, qui empêchaient toutes  intrusions magiques.  Merlin, mais quelle idée !
 
La main légèrement tremblante, elle se décida à désarmer son premier assaillant en le voyant fondre sur la droite. Elle dû toutefois enchainer avec un nouveau sort afin que ce dernier ne finisse pas le travail avec ses poings, à la moldu. Elle lui asséna un maléfice du saucisson qui le coupa dans sa course mais qui eut comme conséquence de faire enrager la femme qui l’accompagnait. Cette dernière se jeta purement et simplement sur la baguette de Swann pour la désarmer mais l’Ex-préfète l’agrippa avec force.
 
« Lâchez-ma baguette ! » s’exclama-t-elle d’une voix suraiguë en se débattant.
 
La folle planta alors ses ongles dans le crane de l’ex-préfète et tira d’un coup sec son joli chignon .
La puissance de la poigne arracha un cri de douleur à Swann qui tomba à genoux sans pour autant lâcher l’instrument magique, consciente qu’elle tenait là son seul moyen de défense. Elle devait se dégager de l’emprise de cette femme, songea-t-elle en se faisant trainer sur plusieurs mètres. Toujours à la lutte pour la conservation de  sa baguette, l’Ex-Serpentard griffa jusqu’au sang les jambes de son agresseur de sa main de libre avant de parvenir à dévier la pointe de la baguette en direction du visage de son assaillante.
 
-Stupefix ! hurla-t-elle en saisissant l’opportunité.
 
Le sortilège frappa de plein fouet le front de la femme si bien que sa tête fut violemment projetée en arrière avant que son corps ne s’écroule sur le sol, telle une poupée désarticulée. Haletante, son chignon  pendant mollement sur le côté, Swann se releva et épousseta machinalement sa robe sans pouvoir détacher ses yeux de la femme inconsciente. Les manifestants trébuchaient sur son corps, certains la piétinaient déjà mais l’ex-préfète l’abandonna à son sort, trop déboussolée par le chaos qui régnait autour d’elle. Elle voulait retrouver son père et fuir, tout de suite.
 
« Edmund ! » Cria-t-elle en se faufilant à contre sens entre des sorciers qui tentaient de quitter les lieux en rejoignant l’allée des embrumes non loin de là, EDMUND ! » Répéta-t-elle sans parvenir à le retrouver. Un énorme nuage noir d’encre s’éleva alors au fond du chemin de Traverse mais Swann n’y accorda pas d’importance, trop accaparée par à son environnement direct. Les gens autour d’elle criaient et pleuraient. Elle ne voyait que des visages effrayés, haineux  ou tordus de douleur. Ici une femme portait un jeune enfant inconscient dans ses bras. Là, un vieillard se tenant le cœur semblait prêt à vaciller. La situation dérapait complètement. Ce n’était pas possible.
 
Désorientée, Swann rejoignit enfin l’emplacement où elle avait retrouvé les deux professeurs mais elle buta sur quelque chose qui manqua de la faire tomber.
 
« OH ! Papa ! Souffla-t-elle en s’agenouillant à côté du corps inanimé d’Edmund sur lequel elle avait trébuché, Réveilles-toi ! REVEILLES-TOI ! Insista-t-elle, en lui donnant de violentes claques sur le visage, en vain.  Margot Adamson gisait non loin de lui mais Swann n’en avait que pour son père. Déterminée et résolue, elle pointa sa baguette sur lui et cria, ENERVATUM !
Malgré un léger tressautement, comme si son corps avait été parcouru d’un courant électrique, Edmund ne se réveilla pas.
 
Des larmes de rage et de désespoir roulèrent sur les joues de l’ex-préfète tandis qu’elle balayait les alentours d’un regard hagard. Il fallait qu’on l’aide. Quelqu’un devait l’aider. Pourquoi personne ne s’arrêtait pour soigner Edmund ? Elle agrippa à une robe de sorcier et tira dessus de toutes ses forces pour freiner un individu qui fuyait le Chemin de Traverse :
 
« S’il vous plait, aidez-moi… » implora-t-elle mais l’homme se dégagea d’un geste brusque.
 
Swann laissa échapper un cri de frustration presque hystérique. Les mains littéralement crispées sur sa baguette, elle sentit une colère sourde monter en elle, nettement plus puissante que la peur qui l’avait tétanisé jusque là.  Qu’ils crèvent tous ! Songea-t-elle, rageuse. Piétinés .Écrasés. Étouffés. Elle s’en fichait. Puisque c’était comme ça, elle allait sortir son père d’ici, toute seule. Son regard se posa alors sur le corps inanimé du professeur Adamson non loin de là. Edmund et elle étaient deux personnes influentes dans le monde magique et si elle parvenait à les faire transplaner sur l’estrade du ministre, nul doute que les secours prendraient soin d’eux. En plus Jacob serait là et Swann pourrait ainsi bénéficier de la protection des aurors et de la police magique.
 
Le nuage noir commençait à arriver sur eux aussi la jeune femme ne réfléchit pas plus longtemps. Elle agrippa les deux enseignants et les fit transplaner sur le podium. Malheureusement, elle n’était pas la seule à avoir eut cette idée et les sorts fusaient de toute part ici. Soucieuse de montrer sa bonne foi –après tout elle n’était pas ici pour agresser le ministre- Swann pointa sa baguette vers le ciel et se leva pour accueillir le policier magique qui venait à sa rencontre.
 
« Monsieur, s‘il vous plait, il faut que…. »
 
Le sortilège de l’agent l’atteignit en pleine poitrine, lui coupant la parole et le souffle. Swann fut littéralement projetée en arrière et chuta lourdement sur les chaises du quartier VIP en contre bas de l’estrade.
 
Complètement sonnée par la puissance du choc, elle mit quelques secondes à recouvrer ses esprits. Elle cligna des yeux et parvint finalement à focaliser sa vision sur les nuages qui dansaient au dessus du Chemin de Traverse, indifférents à la tragédie qu’ils vivaient ici. Au prix de nombreux efforts, Swann s’assit péniblement et tira sa robe déchirée et tachée sur ses genoux pour retrouver un semblant de dignité dans ce chaos. Encore groggy, elle balaya du regard les sorciers autour d’elle et s’arrêta finalement sur un visage bien connu, celui d’Aaron Finnigan.


Danny SnealsPersonnage décédéavatar
Messages : 263

Voir le profil de l'utilisateur
Gagné par une inquiétude grandissante, Danny serrait fermement les petits pieds de la fillette afin qu'elle ne dégringole point de sa monture improvisée. La pauvre enfant n'entrecoupait ses sanglots que pour pousser des appels désespérés à l'intention de sa mère, ce qui avait pour don de déchirer le cœur de l'ancien Poufsouffle plutôt que de l'aider dans ses recherches. Danny sentit le poids de la responsabilité qui reposait sur ses épaules, et il chercha vainement des yeux un passage dans la foule compacte.

* Ha! Qu'est-ce qu'on est serré, au fond de cette impasse...* pensa-t-il avec effroi.

Se frayer un chemin dans la foule devenait aussi compliqué que de demander à une sardine de bondir hors de sa boite. Danny sentit la jeune fille frissonner sur ses épaules. La pauvre gamine devait être terrorisée! Le père en devenir qu'il représentait, se sentit responsable et dans l'obligation d'agir rapidement pour lui venir en aide. Il tenta alors de la distraire, en engageant la conversation, sur un ton se voulant léger.

"Ne t'en fais pas, on va la retrouver ta maman... On a qu'à dire que tu es la vigie, et que moi je suis le navire...Hein? Cela te plait comme jeu...? "

Croulant sous le chagrin, la petite fille renifla, avant de malaxer de ses petits poings son regard humide. Elle jeta un regard triste sur la foule qui commençait à se bousculer de toute part, avant de hocher timidement de la tête.

"Oui... Mais c'est quoi une vigie? "

Danny manqua trébucher sur une plaque de la chaussée, mais il laissa s'exprimer son agilité pour se rattraper habilement. S'engageant dans une petite brèche qui venait de s'ouvrir devant lui, Danny tenta de dissimuler la peur qui commençait à l'envahir...

"Et bien la vigie, c'est un monsieur, ou en l'occurrence une demoiselle, qui comme toi surveille l'horizon depuis le haut du mât d'un navire... "

Un mouvement de foule déséquilibra la petite fille qui s'agrippa brusquement à la chevelure de Danny, arrachant à ce dernier un petit cri de surprise.

"Je ne veux pas être une vigie, je veux être LA capitaine! "

Danny éprouva un certain réconfort de voir la petite fille entrer dans son jeu. Quelque part cela le rassurait de ne point se savoir seul dans cette galère, même si pour seul équipage, il n'avait qu'une fillette de huit ans tout au plus. Mais où diable se trouvait Irving, Donald, Juliet et toute la bande? Mieux valait chercher une aiguille dans une botte de foin, qu'un bouclé de Nimbus dans cette manifestation immense! Danny chassa ses doutes, en se recentrant sur la discussion avec l'enfant.

"Tes désirs sont des ordres, MA Capitaine...! Alors dites-moi capitaine, pas de navires pirates en vue...? "

Plissant le regard pour mieux scruter la foule, la petite fille secoua la tête de droite à gauche, avant de regarder étrangement ses mains, la mine quelque peu déconfite.  

"Non pas de pirates en vue. Mais... Pourquoi tes cheveux sont si gras? "

Danny poussa alors un soupir de soulagement, comme s'il était réellement rassuré de ne point croiser la route de Barberousse, et de constater également que la jeune fille se préoccupait pour l'instant davantage de son hygiène capillaire, que de la disparition de sa mère. Plutôt que de lui dire qu'il ne s'était pas lavé les cheveux depuis deux mois pour se faire des dreadlocks, il préféra détourner la discussion sur l'identité de la petite fille.

"Ils sont pas gras d'abord...! Ils sont soyeux...! Et puis au fait, comment dois-je appeler ma Capitaine...? Tu as bien un petit nom... Hein..? "

La petite fille devenait de plus en plus à l'aise, et commençait doucement mais surement à se détendre.

"Oui, je m'appelle Cerise... Comme le fruit... Et toi? "

Par Merlin, pourquoi les parents s'acharnaient-ils à donner des prénoms ridicules à leurs enfants! Dans un proche avenir, cette pauvre gamine subirait les railleries de ses camarades, et se ferait probablement traiter de Clafouti devant la classe entière! Ce prénom, elle allait se le coltiner comme un boulet toute sa vie! Danny trouvait cela presque irresponsable de la part des adultes, et pour la première fois, il s'interrogea sur le prénom qu'il pourrait éventuellement donner à son futur bébé. Si c'était un garçon, il l'appellerait certainement "Gandalf", parce que depuis son retour en terre moldue, Danny était devenu un fan absolu de la saga de Tolkien. Par contre, le Poufsouffle séchait complètement en ce qui concerne un prénom féminin. Aucun ne lui venait en tête, si ce n'est qu'il excluait totalement le prénom Ana. Danny revint à ses moutons, ou plutôt à sa Cerise qui culminait du haut de ses épaules, pour faire un petit trait d'humour.

"Moi mon nom c'est Gâteau...! "

La petite fille finit par s'esclaffer, ne se souciant plus des bousculades multiples engendrer par la foule environnante.

"C'est même pas vrai! Gâteau, c'est pas un vrai prénom... "

Danny éprouvait une certaine joie de voir une complicité naitre avec la petite fille. Peut-être ne serait-il pas un père si catastrophique, qui sait?

"Bah si... Comme ça on peut dire que tu es la Cerise sur le Gâteau...! "

La petite fille fit une petite moue dubitative, comme si le trait d'humour n'était pas à son goût.

"Moi de toute manière, je préfère les glaces à la Pistache! Dis... tu pourras m'en acheter une? "

Danny n'avançait plus, le Chemin de Traverse était complètement bloqué. Il s'apprêtait à répondre gentiment à la fillette, quand tout à coup un sortilège le frôla, pour venir frapper en pleine poitrine un manifestant qui s'immobilisa d'un bloc, comme pétrifié. Il chercha instinctivement du regard l'origine de cette attaque, et il aperçut subrepticement une ombre disparaitre derrière des rideaux d'une fenêtre située au dessus de la Librairie Fleury et Bott. Était-ce son imagination? En tout cas, cette odieuse attaque fit s'agiter de plus belle la foule compacte, qui compressa Danny et sa cavalière comme dans un étau. Inutile d'espérer pouvoir progresser plus en avant, déjà devant lui des gens trébuchaient et se faisait engloutir par la foule paniquée. Juchée sur les épaules de l'ancien Poufsouffle, Cerise ne semblait pas prendre la pleine mesure du danger; Tout ce qui lui incombait était de retrouver sa maman et de d'obtenir une glace, et Danny préférait la voir ainsi, plutôt que terrifiée. N'avait-elle point vue le sortilège, ou déguisait-elle parfaitement son effroi? Plutôt que de tenter de rejoindre le point de ralliement inaccessible, où se trouvait Irving, la priorité de Danny fut de mettre Cerise en sécurité. Il ne voyait qu'un seul endroit, offrant un quelconque gage de sécurité, et il s'agissait rien de moins que de l'estrade depuis lequel les officiels et Fiennes tenaient leurs discours. Il n'hésita guère plus longtemps dans ses choix, tandis que le Chaos commençait peu à peu à se généraliser. Il bifurqua alors en direction de la scène improvisé, avec l'idée fixe de protéger sa cerise.

"Tu as raison, Capitaine Cerise, il fait beaucoup trop chaud pour naviguer... On va rejoindre notre port d'attache pour manger une glace à la Pistache, cela te va mon... "

Il fut contraint et obligé de stopper nette sa phrase, quand l'horreur se présenta face à lui. Un homme âgé tentait avec l'énergie du désespoir de relever une malheureuse femme qui venait de s'évanouir, sans doute asphyxiée par la pression du nombre. Sans pouvoir agir autrement, la foule commença à la piétiner sauvagement, et ce malgré les hurlements horrifiés du pauvre vieillard. Danny prit alors conscience du danger de mort qui venait de s'abattre sur le Chemin de Traverse. Si par malheur Cerise venait à chuter dans la foule, elle n'aurait aucune chance d'en ressortir vivante...
Danny avait fait en sorte de se tourner de manière à ne point dévoiler le triste spectacle à la pauvre enfant, mais désormais l'horreur était partout.

"Accroches toi... On va traverser une tempête... "

Danny ne pensait pas si bien dire, une vingtaine de mètres tout au plus, le séparait de l'estrade salvatrice, mais le tumulte qui agitait la foule risquait de compromettre sévèrement son avancé. Il prit une longue inspiration pour se donner du courage. Sur sa gauche, un adolescent compressé entre les manifestants, le fixait de son regard blême. Il sentit ses jambes vaciller sous lui, et une énième poussée manqua de le faire trébucher fatalement. Cerise poussa un petit cri horrifié lorsqu'elle bascula par dessus les épaules du jeune homme. Mais le jeune homme, oublia sa légendaire nonchalance pour rattraper de justesse la fillette par le col de sa veste. Terrifié à l'idée de la perdre, il l'étreignit contre lui, avant de la faire se hisser à nouveau sur ses épaules. Cerise n'ignorait plus la menace qui l'encerclait de toute part, et alors qu'elle pleurait, elle encercla fébrilement le cou de Danny. Ce dernier, tout en cherchant des yeux un chemin, serra très fort la petite main de la fillette.

"Jamais je ne te laisserai tomber! Tu m'entends : JAMAIS! "

Il se lança alors à l'assaut de la multitude de corps qui l'entravaient dans sa progression. Sa seule obsession était d'avancer! Toujours avancer. Un pas, deux pas, trois pas. Aussi laborieux soit-il, Danny marchait tel un funambule au dessus du vide, profitant du moindre millimètre qui se dégageait quand des manifestants venaient à chuter autours de lui. Levant ses mains au dessus de la foule, il tenait fermement la petite fille pour qu'elle ne se dérobe point. Plus que quelques mètres, quelques centimètres, et enfin! Il pouvait poser la main sur la surface métallique de l'estrade qui remontait verticalement deux mètres au dessus de sa position. En contrebas du promontoire, Danny n'arrivait point à discerner si quelqu'un pouvait lui venir en aide. Des sortilèges de protection devaient sans doute en protéger l'accès, et dans le chaos ambiant qui régnait, il paraissait difficile de signaler sa présence au service de sécurité du Ministre. Mais ce dernier n'allait pas les laisser crever comme des rats? Il se devait de trouver une solution de secours! A l'instar des gens qui se compressaient autour de lui, Danny se joignit alors à la terrifiante complainte qui secouait le chemin de traverse. Malgré ses bras qui tremblaient sous l'effort, il soutenu la petite Cerise en pleurs, au dessus de sa tête, dans l'espoir que l'un des occupants de l'estrade finisse par se pencher pour venir la sauver. Il s'époumona alors comme jamais il ne l'avait fait :  

"Je vous en prie! Par pitié! C'est une enfant! Elle va mourir si vous ne faites rien ! "

Danny luttait avec l'énergie du désespoir pour maintenir l'enfant au dessus de l'amas humain. Face à l'urgence de la situation, il en oubliait presque la peur. Dopé par l'adrénaline, seule la vie de l'enfant comptait à ses yeux. Grimaçant de douleur, il sentit sa cage thoracique se compresser dangereusement contre la paroi de l'estrade. La panique l'envahit quant il constata qu'il n'arrivait même plus à crier, le souffle coupé par la pression exercée contre lui. Danny ne pourrait bientôt plus tenir à bout de bras la pauvre Cerise, et il savait pertinemment que dans quelques secondes, il devrait se résoudre à l'abandonner à son triste sort. Une lutte contre lui-même venait de s'engager, qui se mua très vite en une prière revancharde contre cette aide inespérée qui ne venait pas...

* Encore un effort, juste un petit effort... Mais que fait Dieu, bordel..! Il faut être un satané Troll égoïste pour laisser périr une pauvre gamine...! Tu m'entends Dieu...! Si tu n'interviens pas rapidement en sa faveur, je te jure de faire de ton paradis un enfer...! Je finirai pas corrompre toutes tes bonnes âmes, et même tes anges finiront par fumer de la Mandragore avec Voldemort! Je plaisante pas! *

Peut-être qu'un miracle se produisit, et que Dieu finit par entendre la sainte colère de l'ancien Poufsouffle; mais levant les yeux au ciel, Danny finit par entrevoir une silhouette se découper dans la clarté du ciel. En effet, du haut de l'estrade, quelqu'un se tenait penché au dessus de la masse informe de la foule. Les bras de Danny furent tout à coup plus léger quand l'individu saisit la petite fille par la taille, pour l'extirper du danger. Puis comme elle était venue, cette ombre dans la lumière disparut, emportant avec elle la petite Cerise. Malgré la douleur qui le tiraillait de toute part, un sourire éclaira le visage lunaire de Danny.

Il l'avait fait, il l'avait sauvé...  

Mais à quel prix? Sans doute, au détriment de sa propre vie. Car en ce jour funeste, personne ne viendrait sauver le malheureux jeune homme. Dans un élan d'une bravoure infinie, et au mépris de sa propre sécurité, Danny avait commit une énième erreur. Celle de trop. Celle qui allait laisser une jeune femme de dix-sept printemps, décidée seule de l'avenir de son bébé à venir. Certaines décisions aussi héroïques soient-elles au demeurant, peuvent créer un vide encore plus immense derrière elles. Mais Danny était ainsi, il n'avait jamais chercher à calculer, laissant toujours son cœur et ses émotions parler en lieu et place de sa raison. Dans une société et un monde magique où l'individualisme prédomine, Danny s'évertuait à jouer la carte de l'altruisme. Malheureusement pour lui, cette fois-ci il y avait fausse donne; Danny comprenant trop tardivement qu'il n'y avait pas de place dans ce monde pour les rêveurs et les utopistes. Au bord de l'asphyxie, Danny sentit son corps s'engourdir et ses pensées devenir plus confuses. Dans quelques instants, il allait basculer de l'autre coté, dans l'inconnu...

Ne sentant plus ses jambes, Danny se laissa lentement glisser vers le sol. Une larme glissa sur sa joue, alors qu'il se remémora toutes ses personnes exceptionnelles qui avaient traversé sa vie et qu'il ne reverrait probablement plus. Les bons et mauvais souvenirs défilèrent derrière ses paupières closes : Comme cet instant magique, où en compagnie de son pote Irving, il s'était dérobé de la vigilance de Poudlard pour se rendre à un concert mythique des Bizarr Sisters. Les souvenirs des soirées Monopoly également, ou sa tendre sœur Linnet aimait fixer ses propres règles. Dans le genre moins hostile, Danny se remémora aussi de la gentille capitaine Nora et de ses éclats de rire lorsqu'il lui racontait des blagues  lors des entrainements de Quidditch. Par ses conseils, elle avait réussit à lui donner la confiance qui lui faisait défaut, et de croire également en ses capacités sportives. Tout comme les Dark Boursoufs, Donald et Juliet, qui avait été là pour le consoler lors de la séparation de ses parents. Entre Don le rigolo de service, Juliet la tigresse du rock et Irving le guitare héros, ils auraient pu former l'un des groupes les plus mythiques du Monde Magique, si leurs routes ne s'étaient pas séparées. Au milieu de ces doux moments fugitifs, Danny se remémora de certaine chose beaucoup plus cruelle, comme la chute contrainte et forcée de son crapaud Duke, sous les injonction de l'horrible bonne femme. Mais au moins il avait obtenu justice et réparation pour ce crime odieux, lorsque quelque mois plus tard, il avait découvert avec joie, dans la presse, la tête médusée d'Ana Sorden, et sa condamnation pour la prison d'Azkaban. Au milieu de ce kaléidoscope de souvenirs, surgit également la belle Artémis, une fille pour qui Danny nourrissait quelques déceptions, comme celle de n'avoir jamais réussit à trouver les mots qui aurait expliqué clairement ce qu'il ressentait pour elle. Mais si l'on comptait sa liaison avec Sophie Kirte et le baiser sulfureux de Kelsey à la soirée mousse, Sexy Danny n'éprouvait au bout du compte guère de regrets quant à son passage en terre magique dans l'école de Poudlard.

A vrai dire sa plus grande réussite et son plus grand échec à la fois, se trouvait en terre moldue, et prenait l'apparence d'une histoire au gout d'inachevé avec la douce et fragile Carol. Alors que le souvenir de leur première rencontre aquatique à la piscine municipale de Bude remontait à la surface, Danny fut en proie à un horrible doute sur l'avenir de celle qu'il allait laisser seule sur terre. Souvent trahie dans sa vie, Carol verrait en Danny, un énième mec trop lâche pour assumer sa paternité. Mais qu'allait-elle devenir? Comment interpréterait-elle sa disparition? Garderai t'elle ou non le bébé? Autant de questions auxquels Danny n'obtiendrait jamais de réponse. Son cœur manqua un battement, puis deux... avant de s'arrêter définitivement. Ses dernières pensées, furent pour celle qu'il allait laisser dans l'incompréhension la plus totale.

*Pardon Carol... Je pensais réellement pouvoir être un bon père... En tout cas, si c'est une fille, j'aimerai que tu l'appelles Cerise... *

Soudain, il sentit son corps se dématérialiser, tout devenir tellement plus léger, comme si le poids de la foule n'était plus qu'un souvenir si lointain. Ses soucis se dissipèrent tous d'une traite. Comme dans un rêve, Danny s'envola vers une immense lumière blanche, qui s'achevait en une sorte de tunnel incandescent. Danny pouvait marcher à nouveau librement, et sans savoir trop où se rendre, il avança prudemment le long de l'allée lumineuse. Tout à coup, il sentit quelque chose lui frôler le pied. Le jeune homme baissa alors les yeux sur une petite créature minuscule et son visage entier exprima alors une immense joie teintée de surprise.

"Duke, mon crapaud, mais qu'est-ce que tu fiches ici? "

*****


Aaron FinniganPersonnage décédéavatar
Messages : 476

Voir le profil de l'utilisateur
Il semblait à Aaron que la situation avait dégénéré en un clin d'oeil. D'abord, tout se déroulait comme prévu: Fiennes commençait son discours, la foule écoutait comme les foules écoutent: bruyamment. Et soudain, il sembla que le nombre de personnes avait été décuplé par dix, par cent. Des gens, des humains, des formes à perte de vue, une masse grouillante qui criait - d'abord de façon colérique, vindicative, puis, subitement, de peur, de panique, de terreur. Une vague sembla traverser la marée humaine et venir se heurter aux Aurors qui gardaient l'estrade.

Fiennes arrêta de parler - on ne l'entendait plus, de toute façon, et fit signe à Dalnox de venir près de lui. D'où il était, Aaron ne voyait guère ce qu'il se passait, et il se déporta sur la gauche pour mieux comprendre. Le tableau qui se présenta à lui était effrayant. Mais parce qu'il n'avait jamais vu de mouvement de panique, il ne comprit pas l'ampleur du désastre avant qu'il n'arrive à lui.

Au bout de l'allée marchande, une boutique vola en éclat avant que tout ne devienne subitement noir, comme engloutit par la terre. L'ancien Serdaigle fronça les sourcils, oubliant ses pensées moroses. Allons bon, qu'est-ce qu'il se passait? Il entendit un cadre du ministère s'affoler, évoquant des fauteurs de trouble de Shielfield et Bristol. L'homme était en nage et s'agitait dans tous les sens de façon ridicule, semant la panique autour de lui. Aaron ne lui accorda pas d'importance, trouvant qu'il s'inquiétait pour rien. Il reporta son regard sur Fiennes et Dalnox, en grande agitation. Le ministre n'avait pas l'air content. Un Auror se matérialisa à ses côtés et tenta de l'entraîner vers la sortie, mais il se dégagea. Aaron savait qu'il ne partirait pas de lui-même devant la clameur de la foule: c'eut été une catastrophe en matière de communication.

Si Fiennes, qui avait vue sur l'ensemble de la situation, n'était pas inquiet - il semblait plutôt en colère contre Dalnox - c'était que c'était moins grave qu'il n'y paraissait d'ici. Certes, la situation était tendue, les gens mécontents, mais le service d'ordre était en place et ce n'était pas quelques slogans qui allaient anéantir le gouvernement. D'autant que ce discours était justement là pour désamorcer la situation. Pourtant, les certitudes et la tranquillité d'Aaron furent de courte durée: à peine avait-il fini ce raisonnement très logique que des sorts commencèrent à fuser. Aaron sursauta violemment quand le premier traversa la tribune pour frapper l'homme au teint rubicond qui s'effondra sur sa chaise. Le jeune homme plongea au sol lorsqu'un jet perdu explosa au dessus de sa tête et sortit vivement sa baguette, le souffle court. Qu'est-ce qu'il se passait?

Aaron leva la tête par dessus la chaise qui lui servait de rempart. Les représentants du gouvernement et du MIM s'agitaient dans tous les sens, tels des brebis égarées. Une fois qu'il connaissait bien hurla, peinant à passer au dessus du tumulte.

"Evacuation!"

Aaron aperçu Seamus et quelques membres de la Police Magique se frayer un chemin vers les officiels. L'air habituellement détendu de son cousin avait fait place à une mine sévère et concentrée, et il n'hésitait pas à écarter d'un coup de baguette ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Pas d'autres Aurors en vu. Et pourquoi ces abrutis de directeurs n'obéissaient pas? Ils ne pouvaient pas transplaner seuls comme des grands? Y'avait-il un protocole à suivre en la matière? Si ce genre de chose était nécessaire chez les moldus, Aaron les trouvait ridicule chez les sorciers. Les personnages haut placés devraient avoir des ordres en pareille situation et les suivre à la lettre! Mais c'était sans compter leur propension à refuser de recevoir des ordres...

Les maléfices fusaient à présent dans tous les sens, et il vit le Directeur du Département des Mystères s'écrouler, hurlant de douleur en se tenant l'épaule. Aaron était trop loin pour lui venir en aide et se sentait pris au piège faute de visibilité. Il repéra son mentor, encore sur l'estrade, baguette sortie, mais toujours aussi peu disposé à partir. Aaron sut ce qu'il fallait faire: gagner l'estrade, jeter un oeil au dessus de la foule, et décider de quoi faire. Au pire, si lui ne savait pas, Alan Fiennes saurait. Lentement, prudemment, il se mit en mouvement, se faufilant entre les sièges pour atteindre son but. Il arriva derrière le podium, dans la fosse où les gens se bousculaient en hurlant. La police magique avait du mal à contenir les manifestants derrière les barrières - Mais où étaient les Aurors? Pourquoi Dalnox ne faisait-il rien?

Aaron avait toujours été doué en Défense Contre les Forces du Mal. Le meilleur de sa classe, même, et l'ASPIC obtenu avec un O. Mais il découvrait aujourd'hui qu'il y avait une bien grande différence entre gagner un duel en sécurité dans une salle de classe, ou un duel d'adolescents à minuit dans la salle des trophées, et survivre dans le chaos qui s'était emparé du chemin de traverse. Il se heurta à plusieurs personnes, évita des sortilèges par pure chance. Il commença à prendre un rythme maladroit, lançant des Protegos devant et derrière lui à intervalles réguliers. Il évita de peu un jet de lumière rouge en plongeant par terre.

Plusieurs "CRAC" retentirent et il du rouler sur le côté pour éviter un sorcier qui se matérialisait au milieu de l'espace officiel. Affolé, il se déplaça de quelques centimètres pour relever la tête en sûreté. Certains arrivant semblaient paniqués, mais plusieurs en profitèrent pour jeter des maléfices à tout va.

"Sortilèges anti transplanages!" rugit une voix autoritaire à l'adresse des forces de l'ordre. "Il faut éviter que ces fous-furieux nous envahissent avant que tout le monde ne soit évacué!"

Aaron songea confusément que ce qui devait être un système de sécurité allait être un véritable piège. Comment évacuer les directeurs de Département et le ministre s'ils ne pouvaient plus transplaner? Il resta à terre, n'ayant pas envie que le fou furieux qui se trouvait à quelques mètres le prenne pour cible. Soudain, ce dernier s'écroula. Aaron regarda l'auteur du coup et reconnu la coéquipière de son cousin. Il se leva d'un bond et couru le plus vite possible en sa direction.

"Charlotte!" cria-t-il en l'attrapant, soulagé. Il était encore trop loin pour monter sur l'estrade mais un visage connu dans la foule était une source de réconfort. "C'est moi!" La rapidité des réflexes de la jeune femme le fit bondir en arrière instantanément. Le geste maladroit le plaça face à la foule, à hauteur de l'estrade. Et deux choses survinrent alors en simultané.


Il vit l'homme en noir, perché sur un toit, qui pointait sa baguette sur le Ministre. Il vit le sniper, immobile, indifférent, prononcer la formule. Il hurla, pointant sa propre arme vers Alan Fiennes.

"PROTEGO MAXIMA !"

La bulle translucide gicla hors du mince bout de bois et se déploya à toute allure, trop lentement. Le jet d'un blanc brillant, mortel, traçait sa route depuis le ciel, droit sur sa victime. C'était une course entre deux magies, terrifiante, et Aaron savait qu'il allait perdre, mais il ne pouvait pas détacher ses yeux du spectacle. Il était subitement devenu sourd aux hurlements, hermétique aux tremblements du sol, aux bousculades. Il ne sut pas s'il avait réussi. Pire, il fut persuadé qu'il avait échoué.

De l'extérieur, on ne vit qu'un éclair argenté frapper le Ministre. Tous ceux qui l'entourèrent furent expulsés par un soufle d'air dévastateur alors qu'un bruit sec, comme un fouet qui claque, retentissait au dessus du vacarme. De l'extérieur, ce fut aussi violent que bref. Mais, lorsqu'Elena Guipure, qui assistait à l'échaufourée depuis son appartement au dessus de sa boutique, repasserait la scène sur ses multiplettes quelques jours plus tard, elle verrait qu'un millième de seconde avant que le sort ne frappe, un bouclier bleu avait dépassé le corps du Ministre. Elle verrait les deux maléfices qui se heurtaient, dégageant une onde de choc qui propulserait tout le monde autour du Ministre. Et elle verrait le mince filet blanc, qui, réchappé du bouclier, toucherait l'homme malgré tout.

Les multiplettes n'avaient pas filmé le jeune homme, dans la tribune, qui avait suivi toute la scène. Horrifié, Aaron vit le corps de son mentor voler au dessus de la tribune officielle, puis retomber lourdement contre le drap aux orange aux couleurs du MIM. Il dégringola le long du tissu, laissant derrière lui une trainée de sang qui suivait le trajet de sa tête, puis resta prostré. Sans mouvement, inerte.

Et tout ça n'avait duré que quelques secondes. Dans un réflexe désespéré, Aaron voulu s'élancer en direction de l'homme à terre. Mais il n'eut pas le temps de prendre son élan que lui et Charlotte furent projetés contre les sièges par la matérialisation de deux personnes inconscientes sur leur dos. Déjà sonné par ce qu'il venait de voir, Aaron du secouer la tête pour se remettre de ce second choc. Son instinct de survit pris le relai de son cerveau et il rampa pour se débarasser de celle qui s'avéra être le professeur Adamson. Un nouvel éclair le fit sursauter, frappant une jeune femme en pleine poitrine, la projetant dans sa direction. Instinctivement - car il n'y avait plus que cela qui comptait, à présent - il se recroquevilla pour l'éviter. Elle atterrit presque devant lui, mais il avait déjà détourné la tête. Ses bras étaient libres, et il poussa Margot pour se dégager les jambes. Haletant, il fit demi-tour pour voir comment s'en sortait Charlotte.

Son regard croisa alors celui de la jeune femme. Deux yeux qu'il ne connaissait que trop bien, qu'il n'avait plus aucune envie de revoir. Deux yeux vitreux, perdu, mais cela ne changeait rien. Que devait-il faire? L'aider, pour qu'elle lui en veuille jusqu'à la fin de ses jours d'avoir "secouru une faible femme"? L'ignorer, parce qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle, mais être jugé comme un monstre sans coeur

Ah ah, vous y avez cru, hein?

Non, Aaron et Fiennes ne sont pas morts. Fiennes est juste dans un état lamentable, et Aaron vient de voir un homme tomber raide mort devant lui, du coup il est un peu pétrifié… choqué… court circuité… Mais indemne

Patapé What a Face !
? Qu'aurait-il fait, si c'était une inconnue? Il ne savait pas - il était incapable de penser. Après s'être figé pendant une fraction de seconde, le bruit de l'extérieur le heurta de plein fouet et le fit réagir.

"Oh, et puis merde" grinça-t-il en se débarrassant de sa chemise, inconscient des boutons qui sautaient, et en la lui lançant pour qu'elle puisse s'habiller.

Il n'était pas un monstre sans coeur. Il n'était pas non plus un bon samaritain: il n'avait aidé personne jusqu'à présent, trop préoccupé pour s'en sortir, mais personne ne lui était tombé dessus aussi littéralement. Il ferait le minimum, et cela suffirait largement. Il tatonna à la recherche de sa baguette, se demandant quoi faire. Il reconnu le professeur Harris inconscient à côté du professeur Adamson. Qu'allait-il pouvoir faire de ces deux poids morts?

"Charlotte? Qu'est-ce qu'on va…"

Et soudain, il n'y eu plus rien.
Rien qu'un corps sur le sol.
Mort.


Sing me a song of a lad that is gone
Say, could that lad be I?
Merry of soul he sailed on a day
Over the sea to Skye
Billow and breeze, islands and seas
Mountains of rain and sun
All that was good, all that was fair
All that was me is gone

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

[Ouvert à tous] Bloody Sunday

Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» [Ouvert à tous] Bloody Sunday
» Sunday Bloody Sunday [RPG]
» BLOODY SUNDAY || Act #2
» Cours de Philosophie (Ouvert à toutes et à tous !)
» ouvert à tous !!!!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Londres, :: Chemin de Traverse,-