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 [Ouvert à tous] Bloody Sunday

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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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Si la situation a dégénéré, ce ne fut pas à cause des Whitaker. Tobias aurait sûrement préféré, d’ailleurs, car cela aurait été bien plus facile à gérer que ce qui était sur le point de se passer. Shea le sentit frémir à ses côtés et vit, du coin de l’oeil, ses lèvres se pincer et sa mâchoire se durcir à l’entente des divers slogans. Ces derniers furent de plus en plus vindicatif et Shea, comme Lip, commencèrent à s’inquiéter à leur tour. Tobias avait toujours eu un pressentiment pour ces choses-là. Mais les Whitaker n’étaient pas entièrement fautifs de ce qu'il se passait. Ils avaient néanmoins perdu tout contrôle de la situation. Shea se retourna avec son jeune frère, les sourcils froncés mais ce qu’ils virent fut une marée de sorciers en colère prêts à leur marcher dessus.

Shea pu sentir le bras de son jumeau autour de ses épaules qui commençait à l’entraîner avec lui. Lip se rapprocha de sa mère mais la jeune femme continuait de fixer la foule qui jouait aux auto-tamponneuses. Malgré les avertissements de son frère pour se mettre à l’abri, Shea se débarrassa de son bras en pensant à Fiennes. Celui-ci comprenait alors qu’il était dorénavant inutile de faire mine de ne rien entendre. Les yeux écarquillés, elle commença à s’avancer vers la tribune. Elle n’était pas une aurore et n’avait rien à voir avec eux mais sa première pensée fut pour Fiennes, allez comprendre pourquoi. Le pressentiment de son frère s’était sûrement répercuté sur elle. Alors que Lip emmenait sa mère plus loin pour se mettre à l’abri, Tobias suivit sa soeur pour tenter de la ramener à la raison.

Alors les sorts ont commencé à fuser dans tous les sens. Alors que Tobias attrapait sa soeur pour la faire pivoter, lui arrachant un léger cri de surprise et de stupeur, un sort l’évita de justesse et manqua de lui faire lâcher prise sur sa baguette. Elle s’en rendit compte enfin : elle l’avait dégainée mais pour quoi faire ? Tobias manqua de trébucher en sentant quelqu’un le bousculer par derrière ainsi que Shea. Elle sentit le coeur de son frère dans son dos, battre la chamade. Il essaya à nouveau de la convaincre de venir avec lui pour se protéger mais elle n’en fit qu’à sa tête. A présent, ils étaient mêlés à un chaos sans nom et une terreur, mêlée d’incompréhension se lu sur le visage de la jeune femme. Si elle refusait de céder à la panique, c’était très probablement à cause de ses leçons de méditation. Pendant un temps, c’était comme une scène surréaliste et fictionnelle qui se déroulait sous ses yeux. S’ils tenaient encore debout, c’était uniquement parce qu’ils se tenaient l’un l’autre.

Tout le monde criait, se battait et des sorts filaient à travers tout le chemin de traverse. Shea hurlait sur son frère, ce n’était plus simplement une manifestation et à présent, elle avait peur pour tout le monde. Tout dégénérait et dans sa tête, des scènes revenaient. Sans trop comprendre comment, elle fut séparée de son frère et se reconcentra sur Fiennes, le but étant de le protéger. Alors que Aaron, non loin, brandissait sa propre baguette, Shea pensa qu’il visait le ministre afin de s’en prendre à lui. Tout en s’efforçant de viser juste et avec un angle dégagé, elle entama une formule de protection mais l’onde de choc l’atteignit et elle chavira dans la marée humaine, Aaron l’évitant soigneusement. Pour se protéger, elle serra ses bras autour de son visage et se recroquevilla pour éviter le maximum de coups de pieds pendant que les souvenirs douloureux se rappelaient à elle. Les cris, les sors, les professeurs, les élèves, elle revit Poudlard à une autre époque et resta, tétanisée, au sol, incapable de penser à autre chose que le chaos autour d’elle. Des pieds martelaient ses côtes, d’autres frôlaient sa tête, certains s’entravaient dans ses chevilles. Alors qu’elle se pensait perdue et seule et à deux doigts de pleurer, elle sentit des mains soulever ses bras et le reste de son corps, comme si elle n’était qu’un poids plume. Tobias la tirait peu à peu en arrière mais elle eut le temps de voir le sort de l’homme qui s’effondra à ses pieds. Le coup, aussi soudain que fatal arracha à Shea un cri strident accompagné d’un juron d'horreur qui s’étouffa dans sa main. Tobias, quant à lui, remarqua le sort qui avait été réservé au ministre et son coeur manqua un battement. Ils restèrent tous deux là, interdits devant les corps sans vie mais ils furent vite ramenés à la réalité lorsqu’on les bouscula pour passer.

Shea rouvrit ses immenses yeux bleus sur la foule, apercevant pas si loin une brume sombre. Où étaient Lip et sa mère ? Etaient-ils à l’abri ? Qui pouvait avoir songé à lancer pareil sort dans un chaos aussi indescriptible ? Qui pouvait tant en vouloir à Fiennes ou tout simplement vouloir entrer dans une guerre telle qu’on en oubliait les manières ! Les Moldus avaient des armes. Mais dans une configuration pareille, si tout sorcier possédait une baguette, ce n’était pas le cas de leurs cousins sans magie. Elle ne comprenait pas. Shea ne comprenait pas comment avait-on pu en arriver là. Si la foule se dispersait, c’était uniquement car des corps avaient touché le sol pour ne plus se relever. Soutenue par son frère mais traînant les pieds sans trop les savoir où poser pour marcher, Shea avança vers la tribune où des aurors tentaient vainement de rétablir un ordre, par la force s’il le fallait. Un filet chaud lui coulait de l’arcade mais elle ne s’en rendit pas compte immédiatement. Elle serra un bras autour de ses côtes et Tobias l’aida à monter sur la tribune pendant que les aurores étaient bien trop occupés à s’occuper du ministre.

Shea se refusa à craquer, pas ici, pas en pleine bataille, pas encore. Le souffle court, elle porta une main à sa tête pour en retrouver les doigts maculés de sang. Ses doigts tremblaient et elle releva les yeux sur Tobias qui promenait sur son visage un regard inquiet. Il lui fallait emmener sa soeur loin d’ici et il eut la même idée qu’Irving. Mais alors qu’il prenait la main de sa soeur pour transplaner, Shea hurla et se redressa pour marcher sur les genoux jusqu’au rebord de la tribune d’où une enfant dépassait, les bras tendus. Elle attrapa l’enfant en la soulevant dans ses bras, une chaleur douloureuse irradiant toutes ses côtes. Elle grimaça et retint ses larmes avant de serrer la petite fille contre elle. Tobias s’était accroupi sur le bord et avait tendu le bras pour récupérer celui de l’homme mais il avait déjà disparu sous la masse humaine et il refusait toujours de sortir sa baguette. Ce n’était pas comme ça qu’il aimait régler les situations difficiles. Néanmoins, il commença à reculer avec sa soeur tenant la petite Cerise dans ses bras, des personnes grimpant tour à tour sur l’estrade, menaçants de désespoir.

D’ici, ils avaient une vue imprenable sur le spectacle qui s’étendait sous leurs yeux, ce qui les laissa sans voix.

– Il faut qu'on retrouve Lip et Maman, souffla Tobias, et qu'on transplane à la Cité avant qu'il ne soit trop tard.


After all we've been through.
Everything that I've done.
It can't be for nothing.

John McNeilPersonnage décédéavatar
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John regardait les ouvriers de la Cité avec fierté. Des tractes de la FOSSE avaient été distribués partout. Le travail de toute une vie, une petite larme lui échappa, il se dépêcha de l'essuyer. Ce n'était pas le moment de pleurer de fierté en pensant au chemin qu'ils avaient parcouru avec les ouvriers. Aujourd'hui, ils allaient se faire entendre et Fiennes ne pourrait plus les ignorer. Il était plus déterminé que jamais sur le parvis à la sortie de l'Usine et ses anciens compagnons l'avaient rejoints avec tous les travailleurs. Toute la cité derrière un même slogan et un même mot d'ordre. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il transplanait en même temps que les autres sur le chemin de traverse. Il avait promis à Gloria qu'il rentrerait dès que tout serait terminé et qu'elle n'avait pas à s'inquiéter pour lui, tout se passerait bien. Ils allaient juste manifester un peu.

Appuyé sur sa canne, ses articulations le faisait de plus en plus souffrir, il mêla sa voix à celle de la Cité en colère. Il savait bien que personne ne devait faire attention à un papy au milieu de toute cette foule mais il savait que ses pairs le respectaient et que la FOSSE ne serait rien sans lui. Alors il était là. Pour le combat le plus important de toute sa vie. Il ne savait pas si d'autres membres de sa famille avait fait le déplacement, il était trop excité et trop en symbiose avec les autres ouvriers à ce moment pour prêter une quelconque attention à autre chose qu'au moment présent. Il entendit bientôt d'autres éclats de voix. Des loups-garous, des féministes. C'était plus qu'il ne l'avait espérer. Toute la population sorcière exprimait ici son ras-le-bol. Fiennes n'arrivait même plus à en placer une. Et dire qu'il avait voté pour ce gugus. Belle erreur de sa part.

C'est alors que la foule commença réellement à s'énerver. Les slogans se firent plus agressifs, des insultes furent lancées et les sorts commencèrent à pleuvoir. Le retraité fronça les sourcils et exécuta un replis stratégique. Il n'avait pas forcément envie de se retrouver au milieu des sorts. Il n'avait pas voulu un tel débordement, la foule commençait à paniquer. Les rares Aurors présents semblaient dépassés puisqu'ils jetaient des sorts à tort et à travers. Un élan de panique le prit alors. Il pensa à ses enfants. Peut-être se trouvaient-ils dans la foule, peut-être même étaient-ils en danger. Il espérait que Hayden était sur une autre mission, que Aidan... Non ce n'était pas le genre d'Aidan de participer à ce genre d'événement. Mais Juliana lui ressemblait bien trop pour ne pas être là. La panique commença à le gagner pour de bon. Il devait retrouver sa fille, il devait la tirer de là. Il parcourut la foule du regard, se frayant un chemin à coup de canne parmi la foule agitée.

Un petit garçon hurlait dans les bras de son père. Il fallait vraiment être inconscient pour trimbaler des gosses ici. C'était pourtant évident qu'un tel rassemblement de personnes ne pouvait que dégénérer et ce n'était pas la place d'un enfant de toute façon. Il serra les dents et se retint d'exprimer son opinion à ce père indigne. Ce n'était pas le moment de râler. Quoique si, c'était parfaitement l'instant quand une espèce de mégère le bouscula sans s'excuser. Il grommela et continua son petit bonhomme de chemin évitant les sorts comme il pouvait. Il n'avait pas sorti sa baguette, peut-être que personne ne l'attaquerait de cette façon. Il passerait inaperçu. Qu'y avait-il à craindre d'un pauvre papy de toute façon ? Il remarqua une chevelure blonde et se mit à espérer que c'était celle de sa fille. Elle était entourée d'autres filles avec des banderoles de féministes. Elle tenait même la main de l'une d'entre elle. John ne prit pas le temps d'assimiler cette information. Il aurait le temps de penser à tout ça plus tard. L'urgence de la situation commençait sincèrement à se faire sentir. Il s'approcha de la fille et posa sa main sur son épaule, mais ce n'était pas elle, il s'excusa rapidement et repartit en quête d'un visage connu. C'est alors qu'il aperçut sa belle-fille. Il ne l'appréciait pas plus que cela mais au vu de la situation, il allait faire un effort.

"Eileen ! Il faut partir. Vous pouvez transplaner ?"

Il jeta un coup d'oeil à sa belle-fille. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Elle n'était pas une femme du peuple elle. Quelles pouvaient bien être ses revendications ? Il était réellement curieux et en même temps très critique. Il se reprit. Ce n'était pas le moment de jouer les vieux grincheux. Il soupira et tourna la tête. C'est à ce moment qu'il le vit. Ce type au regard assassin, un sourire jouissif aux lèvres. A croire qu'il attendait ça depuis longtemps. Comme si il n'était venu que pour ça. Et sa baguette était pointée dans leur direction. Il vit le sort partir et se diriger droit sur Eileen. Ses yeux s'écarquillèrent d'effrois alors qu'il poussait sa belle-fille et se plaçait devant elle, hors du champ d'action du sort.

"Nooooooooon..."

Il se sentit tomber, emportant la jeune femme dans sa chute. Son corps était anormalement rigide. Il n'arrivait pas à bouger. Sa poitrine le faisait douloureusement souffrir. Il essaya de se relever mais il était cloué au sol. La panique s'insinuait doucement en lui alors que les gens autour ne semblaient pas prêter attention à eux. Il entendait des cris, des pleurs. Ses yeux restaient irrémédiablement ouverts, ils n'arrivaient pas à les fermer pour empêcher les poussières de s'incruster sur ses rétines. Il avait de plus en plus de mal à respirer. Ses muscles étaient tétanisés à cause du sort. Il essayait de prendre de profonde inspiration mais tout ce qui sortait de sa bouche entrouverte était un souffle erratique qui se faisait de plus en plus court. Puis tout s'arrêta. Il n'eut plus mal, il expira son dernier souffle dans un léger râle de soulagement. Il ne regrettait rien. Sa vie avait été comblée de toutes sortes de bonheur et quelle meilleure façon de mourir qu'en combattant pour ce que l'on croyait juste ?

John McNeil n'était plus. Mais il avait légué un héritage. La FOSSE ne devait pas mourir avec lui et les ouvriers de la Cité continueraient de la faire vivre temps qu'ils se battraient contre les injustices.



Team Boursouflets
MerlinCompte fondateuravatar
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:03, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
La foule hurlait autour de Chloé, se bousculant dans la panique et la ferveur colérique. L’enseignante sentait la peur la gagner. Une boule lui serrait le ventre et dans sa tête ne raisonnait qu’un objectif : retrouver Peter et Lou avant qu’il ne leur arrive malheur. Alors que, baguette tirée, elle tendait de fendre la foule pour rejoindre l’endroit où elle avait quitté sa famille, sa respiration s’accélérait à mesure que les flash de Valtivaara lui revenaient. Le plafond de glace s’effondrant sur eux, la douleur aigue à l’épaule, l’odeur du sang. Les cris, l’appel de Peter… Peter ! Il fallait qu’elle trouve Peter, et Lou ! Avec l’énergie du désespoir, elle commença à écarter les gens d’elle à grands coups d’Expulso. Et, soudainement, sans qu’elle ne le voie venir, elle trébucha sur une masse de cheveux blonds, qu’elle identifia très vite comme étant ceux de Nora Weaver.

… Nora Weaver ! Chloé se retourna d’un bloc, attrapant la jeune fille par le bras pour vérifier son identité. C’était bien elle. Merlin, mais que fichait-elle là ? Elle aurait du être à Poudlard ! Qui les avait laissé sortir ? Par où étaient-ils passés ? Ils avaient vérifié les passages « secrets » après le drame de février, pourtant !

« Weaver ! Qu’est-ce que vous fichez ici ! » cria-t-elle pour se faire entendre par dessus la foule en colère. Il suffit à Chloé de baisser les yeux encore une fois pour reconnaître une autre silhouette : celle de Donald McWilde. De sa main libre, elle releva brutalement Donald, l’arrachant à un corps qu’elle ne reconnu pas, malmenée par la foule. Ce n’était pas le premier cadavre que Chloé voyait, mais il le corps était jeune et cela l’horrifia. Suffisamment jeune pour être un élève ! Mais, accrochées aux deux élèves, elle ne pouvait pas lutter contre le courant qui les éloignait du mort.

L’enseignante devait se décider rapidement : tout lui criait de retrouver Peter et Lou, mais elle savait pertinemment qu’elle ne pouvait pas laisser Weaver et McWilde au milieu de la foule. Il fallait transplaner – si c’était possible, et elle en doutait. De plus, s’ils étaient ici, d’autres avaient du les accompagner. Avant de se poser d’autres questions, Chloé les poussa brutalement devant elle et repris sa baguette correctement. Elle était moite. A l’aide de sortilèges d’expulsions, elle réussit à les pousser jusqu’au bord de l’étroite allée, devant la devanture d’un magasin qui tenait encore bon. La porte était fermée – le commerçant n’était pas fou. Mais Chloé n’était pas née de la dernière pluie, et elle lança un sortilège peu connu, plus puissant qu’un simple Alohomora, pour entrer de force. Dès que ses deux élèves eurent passé le seuil, elle referma derrière elle pour ne pas qu’on la suive et verrouilla la porte avec l’anti charme qu’on utilisait au Département des Mystères. Elle se tourna ensuite vers les adolescents, prête à laisser libre court à sa fureur, mais un jeune homme entra dans son champ de vision, fort mécontent.

« Vous ne pouvez pas être ici ! » s’exclama-t-il. « La boutique est fermée, vous allez attirer tous ces fous furieux dedans, professeur Hellsoft ! »

Ce ne fut que lorsqu’il lui donna son titre que Chloé le reconnu : c’était Stefan Guipure, qu’elle avait brièvement eu à Poudlard. Elle ne le connaissait pas beaucoup, mais il ne l'impressionnait pas.

« Je ne vous laisse pas le choix, Guipure » dit-elle sèchement. « J’ai des petits malins qui ont échappé à la surveillance de l’école et qui se sont retrouvés dans la foule. Gardez-les moi en sécurité, que je retourne chercher les autres. »

Stefan balbutia une réponse, indécis. La tenante en titre du magasin, sa grand-mère Elena, entra à ce moment dans la pièce, et poussa un cri en apercevant Nora et Donald. Elle était déjà livide, ayant sans doute entendu la conversation depuis la cabine qu'elle rangeait. Chloé l’empêcha de parler d’un geste.

« Vous connaissez des charmes de renforcement ? » demanda-t-elle en indiquant la vitrine. Stefan hocha la tête, incrédule, n'osant pas désobéir à l'ancienne enseignante sous tension. « Vos protections habituelles contre les mouvements de foule ne suffiront pas. Renforcez-les protections magiques et emmenez les élèves loin de la salle principale, au cas où celle-ci soit envahie. »

« Nous… nous avons un appartement au dessus »  balbutia la vieille femme, livide. « Oh, dites moi que Phil et Clara ne sont pas là ! »

« Je les trouverai, si c’est le cas. » C'était une affirmation bien présomptueuse, Chloé le savait, mais elle n'avait pas le temps d'écouter les lamentations de la famille. Elle perdait déjà un temps précieux à négocier avec eux - enfin, à leur donner des ordres. Sans s'embarasser de plus de politesse, elle conjura son patronus.

« A l’attention de William Silverster et Daisy Mason. Faites l’appel de tous les élèves et signalez moi immédiatement ceux qui manquent. Je viens d’en récupérer qui n’ont rien à faire sur le chemin de traverse et ça dégénère, ici, il y a des morts. »

L'animal s'évanouit rapidement, et Chloé se tourna vers les deux fautifs, sévère, les fusillant du regard, plus froide encore qu’à l’accoutumée. Elle les toisa, dardant sur eux son regard bleu froid comme la glace.

« Vous êtes une bande de cornichons inconscients et irresponsables ! » assena-t-elle. Elle aurait aimé continuer pendant des heures, mais le temps pressait. Elle devait retrouver les autres. Elle aurait le temps de discourir longuement sur le fait qu’ils n’aient tiré aucune leçon de la mort de Roxanne Prewett, de l’utilité du règlement et des punitions éternelles qu’elle leur infligerait – et sans compter celles de leurs parents – lorsqu’elle les aurait tous ramenés en sûreté à Poudlard. Elle pria pour que le corps qu’elle avait entraperçu ne soit pas celui d’un autre élève – un mort par an, c’était déjà trop.

« Vous allez obéir au doigt et à l’œil à Mr et Mrs Guipure, où je vous jure que c’est le dernier après-midi que vous passez dans le mon magique ! Qui est venu avec vous? »

Il faudrait sans doute qu’elle trouve d’autres personnes pour l’aider. Si seulement Peter et Lou pouvaient venir se réfugier ici… Il fallait qu’elle trouve Margot et Edmund, mais ils n’entendraient pas son patronus dans cette foule ! Oh, elle priait pour que Maeva ne soit pas venue en douce elle aussi ! Elle sentit son estomac se liquéfier à cette hypothèse. Quelques minutes plus tard, elle replongeait sans plus attendre vers le carnage.

> HRP <
Post concis pour que les élèves de Poudlard sachent à peu près ce qui peut leur tomber dessus et comment ils vont être évacués. Chloé lancera probablement un sort de ralliement qui se verra loin au dessus de la foule (un lion et un blaireau, par exemple), vers la boutique Guipure.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora suivait distraitement Cassandre, n'ayant pas encore décidé si ce qu'elle faisait était une bonne chose ou non. Quand Irving lui avait parlé de la manifestation, elle avait aussitôt eut envie de l'accompagner, d'être là pour lui. Elle lui avait promis qu'elle serait toujours présente à ces côtés, et il lui paraissait important de tenir cette promesse, surtout lors d'une journée importante comme aujourd'hui, qui marquerait peut-être un tournant dans son combat contre Nimbus et la consumeuse. Alors oui, dès que son ami avait évoqué cette manifestation dans un courrier, elle avait senti qu'elle devrait l'accompagner. Mais elle avait aussitôt réalisé que ce serait impossible, puisqu'il n'y avait pas de sortie à Pré-au-Lard de prévu ce jour-là. Impossible donc de sortir du château. Mais impossible n'était pas Cassandre Harper.

La Gryffondor était venue la trouver hier, pour lui demander le plus naturellement du monde si elle voulait se joindre au petit groupe d'élève qui comptait se rendre à la manifestation sur le chemin de Traverse. Impressionnée par la facilité avec laquelle Cassandre parlait d'enfreindre le règlement et convaincue par son assurance, Nora n'avait pas hésité. En y repensant ce matin, elle avait commencé à regretter un peu d'avoir parlé si vite. Elle avait déjà enfreint le règlement plusieurs fois, en se promenant dans la forêt interdite, ou en faisant entrer Irving dans la salle de bain des préfets, mais sortir du château en douce lui paraissait être une entorse bien plus grave. C'était quelque chose de mal, elle en avait conscience, mais c'était dans un but louable, elle voulait juste soutenir Irving.

Toute à son conflit moral intérieur, Nora sentit à peine Will Mendler, le gardien de l'équipe de Poufsouffle, lui attraper le bras. Elle eut tout juste le temps de fermer les yeux avant d'être gagnée par la sensation désagréable qui accompagnait le transplanage. Quand elle les rouvrit ce fut pour découvrir un chemin de Traverse noir de monde. Elle ne s'était pas attendue à ce que la foule soit si dense et dut se résoudre à l'évidence : sa présence ici ne changerait rien, elle n'était même pas certaine de réussir à trouver Irving. Autant demander à Will de la ramener tout de suite. Malheureusement, quand la jeune fille tourna la tête son gardien avait déjà disparu dans la foule, ainsi que Bryan Thompson qui avait également aidé avec le transplanage d'escorte. Et elle ne voyait aucune trace des autres élèves. Elle soupira et décida de se mettre à la recherche d'Irving malgré tout, histoire de ne pas être venue pour rien.

Elle s'enfonça dans la foule plutôt facilement, et fut surprise par les slogans variés qui résonnaient à ses oreilles, repris en cœur par des dizaines de sorciers. C'était bien plus qu'une manifestation des ouvriers de Nimbus, c'était comme si tout le peuple sorcier était venu crier son mécontentement ici. Son coté optimiste, et un peu idéaliste, lui faisait espérer que cela fasse changer les choses. Mais elle craignait également que ce rassemblement ne tourne à l'émeute. Cette crainte se réalisa bien plus vite qu'elle ne l'avait imaginé. Elle était bien plus petite que la majorité des personnes présente et parvenait à peine à distinguer un bout de la tribune officielle, mais elle sentit que les choses dégénéraient. Sa progression jusque-là aisée devenaient difficile, les gens poussaient de tous les côtés, criaient de plus en plus fort. Et toujours aucune trace d'Irving.

- Irving ! appela-t-elle à tout hasard, d'une voix malheureusement trop basse pour se faire entendre par quelqu'un d'autre que ses voisins immédiats.

Nora se hissa sur la pointe des pieds pour essayer d'avoir un champ de vision plus étendue, mais elle fut aussitôt bousculée par un sorcier qui semblait hors de lui et manqua de s'effondrer sur une jeune femme enceinte. Elle retrouva difficilement son équilibre alors que la panique la gagnait. La foule devenait incontrôlable. Elle ne savait pas ce qui avait déclenché le mouvement mais tout le monde criait et courrait dans tous les sens. Elle vit un sortilège fuser juste sous ses yeux et découvrit en tournant la tête qu'il provenait de la baguette d'un agent de la police magique. Elle ne comprenait pas comment les choses avaient pu dégénérer si vite mais était certaine d'une chose : elle devait s'éloigner de là au plus vite. Mais il était hors de question de partir sans avoir retrouvé ses camarades.

Les sorts se multipliaient, et Nora vit avec effroi plusieurs corps s'effondrer sur le sol. Elle saisit sa baguette d'une main tremblante et s'efforça de se frayer un chemin à travers la foule, maudissant sa petite taille et son inaptitude à transplaner. Avancer devenait impossible, et le simple fait de tenir debout relevait désormais de l'exploit. Incapable de se diriger à travers la masse de manifestants, Nora n'essayait même plus de lutter contre le mouvement de foule et se laissa emporter par ceux qui fuyaient l'énorme nuage noir qui se propageait sur le chemin de Traverse. Son cœur fit un bond sa poitrine quand elle aperçut enfin un visage familier. Elle tendit le bras pour attraper l'épaule du Gryffondor et le forcer à se retourner.

- Donald ! appela-t-elle en rejoignant difficilement le jeune homme. Qu'est-ce qui se passe ? Elle doutait du fait que Donald ait plus d'informations qu'elle, mais désespérait de comprendre ce qui avait pu déclencher un carnage pareil en si peu de temps. Il faut qu'on trouve les autres ! hurla-t-elle pour se faire entendre par-dessus la foule.

Nora attrapa la main de son camarade et tenta de reprendre sa progression en énumérant les noms de tous ceux qui étaient venus avec eux. Cassandre, Will, Victor, Bryan. Elle devait aussi trouver Irving. Elle priait pour qu'il ne leur soit rien arrivé, et sa peur grandissait à mesure que le nombre de corps allongés au sol augmentait. Elle poussa un cri d'effroi en écrasant la cheville de quelqu'un, mais n'eut même pas le temps d'aider la personne à se relever car elle se fit entrainer par la foule dans une direction opposée. Elle s'accrochait désespérément à la main de Donald, qui était maintenant plus grand qu'elle et apercevrait certainement leurs camarades avant elle.

Ce fut pourtant Nora qui, la première, aperçut de nouveau un visage familier. Ce n'était pas quelqu'un qu'elle cherchait, pourtant elle le montra du doigt à Donald, et entraina le Gryffondor dans sa direction. Cela faisait des mois qu'elle n'avait pas vu Danny, pourtant elle était certaine que c'était lui qu'elle avait aperçu, une petite fille sur les épaules. La jeune fille se fraya difficilement un chemin à travers la foule, évitant de justesse plusieurs sortilèges et recevant quelques coups de coude en plein figure. Elle ne se laissa pas découragée, animée par l'espoir de retrouver encore un ami. Ils parvinrent finalement à l'endroit où elle avait aperçu Danny, non loin de la tribune officielle, mais ne virent aucune trace du Poufsouffle.

Le regard de Nora se posa alors sur un corps, étendu sur le sol, malmené par la foule, et elle poussa un cri d'horreur. Comme soudainement dotée d'une force surhumaine, elle écarta les gens qui la séparaient de Danny et se laissa tomber à genoux à côté du jeune homme inconscient.

- Danny ! hurla-t-elle en le secouant pour le réveiller. Danny !

Elle reçut un coup de genou en pleine tête et manqua de se faire piétiner par une vague de sorciers affolés, mais elle s'accrocha à son ancien camarade, incapable de se résoudre à l'évidence. Elle aurait du voir les trop nombreuses blessures causées par la foule sur son corps, et remarquer que sa poitrine ne se soulevait plus avec sa respiration. Parce qu'il ne respirait plus. Mais tout ce qu'elle voyait c'était le corps inconscient d'un ami qu'elle ne pouvait se résoudre à abandonner. Elle ne comptait plus les fois où Danny lui avait donné envie de s'arracher les cheveux, pourtant elle s'était attachée à lui au fil des années. Et elle avait finit par vraiment l'apprécier, malgré et pour ses défauts. Elle ne s'en était rendu compte de cela que cette année, quand elle avait réalisé qu'il lui manquait. Elle ne se souvenait pas lui avoir jamais dit qu'elle était heureuse de le compter parmi ses amis. Elle aurait dû.

Nora sentit quelqu'un trébucher sur elle mais ne releva pas la tête, son regard désespéré rivé sur le visage figé de Danny dont elle continuait de sangloter le prénom dans l'espoir fou qu'il rouvre les yeux. Quelqu'un l'attrapa alors brutalement par le bras et la força à se relever. Elle reconnut le professeur Hellsoft et fut envahi par un sentiment de soulagement qui fut rapidement chassé par le regard glacial de l'enseignante. Elle venait les récupérer elle et Donald, pas sauver Danny qu'elle ne semblait même pas avoir reconnu. Le Professeur Hellsoft releva Donald et ils furent tous les trois entrainés loin du corps de Danny. Nora voulut se dégager de la poigne de son enseignante, sans succès.

- Attendez ! sanglota-t-elle en luttant faiblement pour retourner auprès de Danny.

Ils ne pouvaient pas le laisser là, à la merci de la foule, seul. Ses pleurs redoublèrent et elle se laissa entrainer jusqu'à une boutique dont le professeur Hellsoft força la porte sans difficulté. Nora l'écouta à peine parlementer avec les propriétaires du lieu, toutes ses pensées dirigées vers Danny qu'elle avait abandonné, et vers ses autres camarades qu’elle n'avait pas retrouvés. Et s'il leur était arrivé quelque chose à eux aussi ? Cette pensée fit se glacer son sang dans ses veines et elle ne sortit de sa torpeur qu'en entendant la réprimande du Professeur Hellsoft qui les toisait d'un regard glacial. Elle hocha piteusement la tête en réponse aux ordres de l'enseignante, l'idée d'y désobéir ne lui aurait même pas effleurer l'esprit.

- Cassandre Harper, Victor Lloyd, Will Mendler et Bryan Thompson, énuméra-t-elle d'une petite voix, le visage baigné de larmes.

Dans d'autres circonstances elle aurait certainement hésité avant de dénoncer ses camarades, mais aujourd'hui c'était peut-être la seule façon de leur sauver la vie. Elle préférait les savoir punis à vie, et fous de colère contre elle, plutôt que de les imaginés gisant à même le sol sur le chemin de Traverse. Elle n'avait plus qu'à espérer que le Professeur Helsoft parviendrait tous à les trouver, comme elle l'avait promis un instant plus tôt.


Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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Peter hocha la tête et fronça les sourcils quand Chloé commenta le grand nombre de personnes présentes aujourd'hui sur le chemin de Traverse. C'était plutôt normal qu'il y ait foule le jour d'un discours ministériel, mais l'enseignant ne s'était pas attendu à découvrir une masse si dense et si diversifiée. Il reconnaissait les tenues bleues des ouvriers de nimbus, les tracts oranges de l'OFFRE, entendait des loup-garous réclamer l'aide du gouvernement... Chacun y allait se son slogan et les différents groupes s'encourageaient à crier de plus en plus fort. La tension était palpable, même si les choses restaient gérables pour le moment. Ils avaient effectivement eut raison de ne pas prendre la poussette, mais peut-être avaient-ils eu tort d'emmener Lou, même s'il devenait urgent de lui acheter de nouveaux vêtements tant elle grandissait vite.

- Aucune idée, mais j'espère qu'il a prévu quelque chose pour calmer la foule, répondit-il à Chloé en promenant son regard autours de lui.

Fiennes avait tout intérêt à prendre la parole sur un sujet sensible, et à apporter des solutions satisfaisantes. Peter n'était pas un fervent partisans du MIM, préférant les positions un peu plus modérées de l'APPEL, toutefois il ne considérait pas que Fiennes était l'unique responsable de la pleine lune sanglantes ou du scandale Chaudrillon. C'était des incidents qui se seraient produits sous n'importe quel gouvernement. Néanmoins, le ministre avait tout intérêt à trouver rapidement des mesures pour calmer les esprits, faute de quoi le mécontentement des sorciers ne ferait que grandir davantage.

Peter prit Lou dans ses bras et embrassa rapidement Chloé avant de le regarder s'éloigner pour rejoindre la tribune officielle. Il jeta un regard noir à une jeune femme qui venait le bousculer sans ménagement, mais se rendit vite compte qu'elle n'aurait pas pu faire autrement, la foule commençant à s'agiter un peu plus violemment. Les gens commençaient à se presser vers la tribune du Minsitre, poussant de tous les côtés. Peter chercha Chloé du regard, pour lui faire signe qu'il s'éloignait un peu, préférant ne pas rester ici avec Lou. le temps qu'il perdit à chercher l'enseignante suffit à ce que la foule déjà agitée ne devienne incontrôlable. Les premiers sorts fusèrent, d'abord lancés par des manifestants. Les forces de l'ordre ne tardèrent pas à riposter.

Peter abandonna ses recherches et voulu s'éloigner de la tribune officielle avant que les choses ne dégénèrent complètement mais c'était peine perdue, tous les manifestants avançaient en sens inverse, quitter la zone relevait presque de l'impossible. Il dégaina sa baguette juste assez tôt pour lancer un Protego qui les protéga lui et Lou d'un éclair de lumière rouge. Il sentit la peur lui nouer l'estomac alors qu'il prenait conscience de l'ampleur des débordements. Des gens courraient dans tous les sens, les slogans avaient laissés place à des hurlements de peur, des sortilèges jaillissaient de tous les côtés. C'était une véritable émeute.

Il para un nouveau sort à l'aide d'un Protego alors que Lou se mettait à pleurer, effrayée par le bruit et l'agitation autour d'elle. Le bouclier magique heurta deux ouvriers de Nimbus qui furent projetés en arrière mais Peter ne s'arrêta pas pour autant. Il devait protéger Lou avant tout, et pour cela il devait s'éloigner d'ici. Transplaner était beaucoup trop dangereux. Il risquerait d'emmener par erreur plusieurs personnes avec lui, c'était un coup à rater son transplanage et il ne pouvait pas risquer ça avec Lou dans les bras. Et puis des sortilèges anti-transplanage avaient probablement été jetés. Le seul moyen de sortir d'ici était de se frayer un chemin parmi la foule.

L'enseignant progressait lentement, tenant fermement Lou contre lui avec son bras gauche, et enchainant les Protego, aussi bien pour parer les sortilèges que pour écarter les gens de son chemin. Un jeune homme blond, visiblement paniqué, se jeta littéralement sur l'un de ses boucliers, et Peter faillit passer son chemin avant qu'il ne reconnaisse l'adolescent en question. Will Mendler, un élève de Poufsouffle, qui avait eu la mauvaise idée de courir dans sa direction au mauvais moment. Il laissa échapper un juron de colère et d'impuissance en posant les yeux sur le corps inanimé du garçon. Il ne pouvait pas laisser un élève là. La mort de Roxanne Prewett était encore dans tous les esprits, il ne pouvait pas laisser un nouveau drame arriver. Il ne pouvait pas non plus le porter, alors qu'il tenait déjà Lou, tout en continuant de se protéger avec sa baguette. Et si Mendler était là, d'autres avaient forcément suivi.

Il devait absolument avertir ses collègues, ils devaient retrouver tous les élèves au plus vite. Mais il fallait avant tout qu'il mette Lou à l’abri, ainsi que Will. Il se pencha pour secouer le garçon, sans succès. Il respirait à un rythme régulier, mais le choc avait du bien l'assommer. Peter se redressa et fouilla brièvement la foule du regard à la recherche de quelqu'un pour l'aider. Il avait un bébé de quinze mois dans les bras et un adolescent de dix-sept ans inconscient à ses pieds, mais personne ne s'arrêtait. Il saisit le bras d'une sorcière qui passait à coté de lui, prêt à la forcer à l'aider, mais elle se retourna vivement et riposta par un Diffindo qui atteignit Peter à l'épaule gauche, manquant Lou de peu. Libérée de l'emprise de l'enseignant, la sorcière s'éloigna, noyée sous un flot d'injures en finnois qu'elle n'avait aucune envie de comprendre.

Lou se mit à pleurer de plus belle, alors que l'entaille ouverte dans le bras de Peter commençait à saigner.

- Maman....hoqueta la fillette entre deux sanglots.
- Oui, oui, on va retrouver maman.

La voix de Peter se voulait rassurante, mais son regard paniqué continuait de passer de Lou à Will, sans qu'il ne parvienne à trouver de solution. Il continua à jeter régulièrement des Protegos, assez puissants pour qu'ils soient protégés tous les trois, tout en cherchant ses collègues ou d'autres élèves du regard.

- Maman ! Maman ! répéta Lou en tendant les bras devant elle.

Peter suivit le regard de sa fille et ses yeux se posèrent sur Chloé, qui sortait de la boutique de Madame Guipure.

- Chloé ! appela-t-il d'une voix forte. Chloé !

Elle était sa seule chance de parvenir à mettre Lou à l’abri et de sauver Will Mendler de la foule déchainée. Ils avaient également d'autres élèves à retrouver absolument, malheureusement ils ignoraient qui ils devaient chercher et combien ils étaient. C'était impossible. Ils pouvaient être n'importe où, certains étaient peut-être blessés, ou pire...Peter chassa cette pensée de son esprit et guetta l'arrivée de Chloé.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem hoche la tête, affirmant qu'il est bien seul. Il appuie son affirmation par une légère explication sur l'état de Valery avant de l'inviter à passer leur rendre visite. Il voit bien que l'idée n'emballe pas Roy et il pousse un soupir avant de détourner le regard. Bien sûr qu'il sait que rien ne sera plus comme avant. Mais pourquoi il ne peut pas faire un petit effort pour essayer au moins ? Pourquoi tout est tellement compliqué quand il s'agit d'excuses et de mettre leur fierté un peu de côté. Sa mâchoire se serre légèrement et il secoue légèrement la tête.

"Ouai t'as raison. Ça sert à rien d'essayer de faire comme si tout allait bien. Ça sert à rien d'espérer un peu que mon mec et mon meilleur pote vont essayer de se rabibocher juste pour éviter que ça reste tendu parce que de toute façon c'est que des faux-espoirs ça."

Il soupire et se passe une main dans les cheveux. Il s'est emporté pour rien encore une fois. Il a encore du mal à appréhender le fait qu'il joue les balances pour les Aurors. Il se demande si il va devoir raconter leur participation à la manifestation. Sans doute que oui.

"Excuse moi. J'suis un peu tendu en ce moment."

Et encore, si il n'y avait que son rôle d'indic, ça irait. Mais il y avait la santé de Valery qui commençait sérieusement à l'inquiéter. Et puis, son fournisseur lui était tombé dessus après l'histoire des fausses peaux de dragons. Le carton brûlé lui avait coûté cher. Il y avait laissé quelques cotes et avait récupéré quelques bleus en échange. Il pose son regard sur son ami et conclue.

"En tout cas, la porte est ouverte si ça te dit."

Ses yeux parcourent la foule qui commence à s'agiter violemment. Il se fait pousser contre Roy par un mouvement de masse et il fronce les sourcils en grommelant.

"Hey faites un peu attention là, je mords."

Il esquisse un sourire. Sa blague n'est pas drôle mais au moins ça le détend un peu de plaisanter. Son amusement disparaît néanmoins alors que les premiers sorts apparaissent et que les premiers cris se font entendre. Puis sans que Klem ne comprenne bien ce qui se passe, la foule s'agite davantage, hurle et panique. Il s'accroche au bras de Roy pour ne pas le perdre dans l'agitation et sort sa baguette de sa poche. Il lance deux trois sorts de défenses pour les protéger avant de serrer les dents en constatant la violence des sorts lancés. Il décide rapidement que l'avenue est devenue un peu trop dangereuse à son goût.

"On ferait peut-être mieux de déguerpir. T'en penses quoi ?"

Il n'a pas le temps d'entendre la réponse de Roy qu'un sort le touche au bras droit. Laissant une grande traînée sanglante. Son bras le fait affreusement souffrir à la limite du supportable et il lui est complètement inutile maintenant. Il récupère in extremis sa baguette grâce à sa main gauche avant qu'elle ne glisse faute de force dans sa main droite. Il a de plus en plus de mal à se concentrer. La douleur est beaucoup trop intense, il a beau la canaliser dans un coin de son cerveau, ce dernier sera bientôt inefficace. Sa vision se trouble et il titube légèrement s'accrochant comme il peut à Roy pour ne pas tomber.

"... partir..."


Klemens Dabrosky
Donald McWildeCinquième annéeavatar
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Donald n'avait aucune idée de ce qu'il se passait. Il était entouré d'une foule de personnes dont il ne dépassait pas les épaules ; il ne voyait strictement rien, comme enfermé dans un caveau humain à ciel ouvert. Le Ministre avait interrompu son discours pour une raison encore inexpliquée et une lointaine agitation se faisait pressentir, même si elle n'était pas encore parvenue jusqu'à lui. De temps en temps, un déplacement général le poussait sous l'aisselle velue d'un gros balourd transpirant, et on lui avait marché sur les pieds au moins autant de fois qu'il en avait écrasés lui-même. Cette situation le faisait bouillonner sur place : il en avait assez d'attendre sans savoir quoi faire, il voulait de l'action... Son souhait dut être exaucé car à la seconde même, un Stupéfix fusa à quelques cheveux de son crâne. Des bruits de verre brisé se firent entendre presque simultanément, explosion qui insuffla un vent de panique dans la foule. À cet instant précis, le cours des évènements devint hors de contrôle.

Donald vit son petit bout de ciel bleu s'assombrir peu à peu jusqu'à ce que l'obscurité soit complète. C'était comme si la nuit était brusquement tombée sur une portion du Chemin de Traverse, le laissant perplexe et bousculé de toute part. Il recevait des coups de coudes, des coups de genoux, compressé au milieu d'une masse de corps invisibles, entraîné contre sa volonté d'un côté puis de l'autre. Chacun semblait vouloir s'extirper de la cohue en empruntant une direction différente. À plusieurs reprises, il se sentit projeté vers le sol et crut ne jamais pouvoir se relever tant son corps était sous pression. Il battait alors des bras des jambes, s'accrochait à une robe de sorcier pour se remettre sur pieds, encore effrayé par cette propension qu'avait la foule à vous avaler et vous engloutir. Pendant quelques secondes, une frayeur totale et entière avait pris possession de Donald : se faire piétiner était une manière bien misérable de mourir, mais de tels accidents étaient fréquents et si vite arrivés qu'il avait bien cru y rester.

« Donald ! »

Immensément soulagé d'entendre quelqu'un prononcer son prénom, il se retourna et le fut tout autant quand il reconnut le visage familier de Nora. Elle aussi était sûrement venue soutenir Irving. Elle non plus ne l'avait pas trouvé et ils se retrouvaient encore une fois au cœur du chaos. Ce n'était pas sans lui rappeler l'attentat de l'été dernier où ils avaient fini perchés sur le toit d'une camionnette à glaces, à la recherche de sa grande sœur. Mais Donald sentait bien que les enjeux étaient complètement différents aujourd'hui, car bien plus graves. Des corps s'amoncelaient déjà sur le sol.

« Nora ! s'écria-t-il en retour. Tu n'es pas blessée ? Elle lui demanda s'il savait ce qu'il se passait. Je n'en ai absolument aucune idée, mais on doit se tirer d'ici ! »

Elle lui hurla qu'il fallait trouver les autres, ce à quoi il n'avait pas pensé. Alors qu'elle l'entraînait par la main, il cria à son tour pour couvrir les autres bruits :

« Il y a Lloyd quelque part, mais je me souviens pas des autres ! »

Apparemment, Nora les connaissait car elle continua sa progression. Le Gryffondor n'avait pas l'impression qu'ils décidaient eux-même de leur cheminement : en effet, un mouvement de foule les emporta vers la tribune officielle, où semblait régner une anarchie des plus complètes. Il était pourtant heureux d'avoir la main de la jeune fille dans la sienne, sans quoi il aurait été affreusement seul. Il s'y cramponna plus fort pour ne pas la perdre dans la foule. Elle lui montra alors quelque chose du doigt – les yeux de Donald flottèrent quelques instants avant d'attraper du regard une silhouette bien connue. Tout joyeux de rejoindre Danny, il se hâta derrière elle, évitant de justesse un sort bleu dont il ignorait la nature, jusqu'à atteindre l'estrade à côté de laquelle se trouvait leur ami. Il eut à peine le temps de voir deux bras ensanglantés attraper la petite fille qu'il portait sur les épaules ; Nora poussa un cri d'effroi, écarta les gens qui leur bouchaient le passage et tomba à genoux. Danny gisait devant eux, inconscient et insensible aux appels répétés de la Poufsouffle. Donald se baissa précipitamment et se mit à lui parler à toute vitesse, le croyant évanoui.

« Hé mon pote, t'es tombé dans les pommes ? »

Son visage restait inexpressif ; Donald se fit plus pressant.

« Danny ? Hé, Danny ! Devant l'absence de réaction de son ami, une véritable peur-panique s'empara de l'adolescent. Son cœur se mit à battre en accéléré, comme pour combler le silence anormal de celui de Danny. Il l'attrapa fébrilement par le collet et se mit à le secouer comme un prunier. Danny, réveille-toi ! »

Contrairement à Nora qui était prostrée sur le corps, il ne pouvait s'empêcher de l'appeler, de taper ses joues blafardes. Il ne pouvait s'empêcher de croire que Danny allait ouvrir les yeux et sortir une de ses remarques loufoques dont il avait le secret. La vue brouillée, Donald était hermétique aux hurlements alentours ; le sang pulsait fort à ses oreilles, mettant le reste du monde en sourdine. Il était venu dans l'intention de dire « surprise » à Irving et voilà qu'il se faisait lui-même surprendre par le sentiment d'horreur que provoquait chez lui ce visage figé. Comment admettre que ce bon vieux Danny, le plus heureux des hommes à peine quinze jours plus tôt, avait cessé de respirer ? Cette réalité le terrifiait, mais l'évidence était trop grosse pour qu'il la refuse plus longtemps. De grosses larmes dévalèrent soudain ses joues rebondies.

« Danny, sanglota-t-il. Réveille-toi, s'il te plait... »

Désespéré, Donald ne se rendit pas compte que Nora venait de se faire attraper par le bras. Le choc émotionnel passé, sa douleur l'abrutissait complètement.

« Tu peux pas... tu peux pas être mort, t'as pas le droit ! »

Il se fit relever de force par une main inconnue et se débattit comme un beau diable pour échapper à cette emprise, mais on ne pouvait rien contre la colère de Chloé Hellsoft. Car c'était sa directrice de maison qui les avait alpagués sans ménagement, Nora et lui, visiblement peu ravie de les trouver ici. Elle les propulsa à l'aide d'un sortilège d'expulsion contre la devanture d'une boutique. « Non ! » protesta Donald, ne pouvant se résoudre à abandonner le pauvre corps de Danny. Cela n'empêcha pas leur enseignante de forcer une porte d'un coup de baguette (dans des circonstances différentes, le Gryffondor aurait sifflé d'admiration) et de les précipiter à l'intérieur. Elle se heurta aux propriétaires du lieu, auxquels elle exposa l'urgence de la situation en qualifiant ses élèves de « petits malins ». L'expression sonnait dangereusement dans sa bouche mais les réprimandes qui suivraient ne faisaient ni chaud ni froid à Donald : les foudres d'un professeur n'étaient rien à côté de ce qu'il venait de vivre. Il essuya d'un revers de manche son nez qui coulait et son visage rougi et baigné de larmes.

« Vous êtes une bande de cornichons inconscients et irresponsables ! »

Il encaissa sans broncher, mais l'idée de baisser les yeux ne lui vint pas à l'esprit. La vision de son ami inanimé l'obsédait et le ramenait à un flot de souvenirs en pagaille. Danny pleurant le divorce de ses parents sur son numéro de Rock'n'Sorc, Danny placardant ses affiches pour la promotion des Dark Boursouf, Danny affrontant la terrible Ana Sorden, Danny courant dans le camping de Bude, il y a moins de trois semaines... Lui venaient, plus douloureuses encore, les images d'un futur avorté : les chansons qu'ils auraient pu écrire ensemble, les feux de camps sur la plage, tous ces moments que Danny ne vivrait jamais !

Hellsoft repartit à la recherches d'autres élèves. Conformément à l'ordre qu'ils avaient reçu, le jeune homme et la vieille dame les emmenèrent dans l'arrière-boutique au cas où la salle principale serait envahie. Donald s'affala sur une chaise ; il ne restait plus qu'à attendre, mais comment attendre dans ces conditions ? Leurs camarades étaient encore dehors, à la merci des sorts et de la violence, ainsi que d'autres personnes dont ils se souciaient, Irving par exemple, et puis... et puis il y avait Danny. L'idée le faisait mentalement souffrir.

« J'en reviens pas, murmura-t-il faiblement. On l'a laissé dans ce foutoir... »
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy, qui perçut l’ironie latente sous les paroles de son ami, lui glissa un regard en coin. Il venait de le vexer, ou alors il ne connaissait pas Klemens. Que voulait-il qu’il lui dise ? Non, il ne comptait pas faire semblant que tout allait bien. Valery restait son ami, mais pas comme avant, voilà tout. C’était mieux pour eux trois, Klem ne s’en rendait tout simplement pas compte. Il renonça à répliquer, ce n’était de toute façon ni le lieu, ni le moment pour cela, et heureusement, le loup le comprit aussi. Roy soupira aux excuses qu’il lui fit, empli d’une grande lassitude. Ce n’était pas à lui qu’il en voulait, il n’avait rien à se reprocher.

« Ca va, on est tous à cran en ce moment… Et c’est noté. » répondit-il brièvement, lorsque Klemens renouvela son invitation.

C’était simpliste et lâche comme réponse, car Roy avait beau avoir dit ça, il savait que les choses ne changeraient pas si vite et facilement. Un mouvement de Klem vers lui, poussé par la foule, le tira de ses pensées. Il fusilla du regard la personne qui n’avait, à son goût, pas fait assez attention. Qu’avaient toutes ces personnes à piailler et à se marcher dessus de la sorte ? Roy ne s’attendait pas à voir une foule d’une telle ampleur, mûe par une telle colère, autrement il serait tranquillement resté chez lui. Heureusement, ils s’étaient tous les trois abrités contre une devanture de boutique, ce qui les éloignait un peu de la masse compacte que formaient les manifestants. L’abri ne serait pas sûr longtemps, toutefois, l’agitation ne faisait que grandir dangereusement…

« Roy, regarde ! »

Le trafiquant se tourna vers l’endroit que lui pointait Jayce. Des Aurors, reconnaissables à leur uniforme, se fondait dans la masse et lançaient quelques sortilèges.

« Ils vont évacuer, on ferait mieux de se barrer !
-Sans blague… » grinça Roy, après tout, ce n’était pas lui qui avait insisté pour venir.

A partir de là, les choses se passèrent très vite. Sans qu’ils ne comprennent comment, la fureur de la foule s’intensifia et les sortilèges fusèrent de toute part, de façon complètement incontrôlée. Roy eut un mouvement de recul, qui ne le fit pas échapper à quelques bousculades. Il entendit Klemens formuler des sortilèges de protection, mais dans un grouillement humain pareil, rien ne semblait pouvoir les protéger vraiment.

"On ferait peut-être mieux de déguerpir. T'en penses quoi ?"

Il ne croyait pas si bien dire. Roy se tourna vers Klemens pour exprimer son accord, lorsque la vue du sang le stoppa aussitôt.

« Klemens ! »

Son rugissement ne parut pas si sonore que cela, tant l’agitation sur le Chemin de Traverse prenait d’énormes proportions de violence et de bruit. Son ami lui tomba littéralement dans les bras, trop faible pour tenir debout, tandis que Roy cherchait frénétiquement à le réveiller.

« Klemens, hey ! Reste conscient ! Klemens ! »

Son regard s’agrandit d’effarement lorsqu’il tomba sur la plaie profonde qui lui parcourait tout le bras. Mais qu’est-ce que c’était que ça ? Un Diffindo très énervé ? Un sort de magie noire ? Les gens étaient devenus tarés de lancer des sortilèges pareils, à l’aveuglette ! Il aurait bien cherché qui était le fou furieux qui avait fait cette horreur, pour lui rendre la pareille, mais il y avait plus urgent pour le moment. Il hurla à Jayce de l’aider à soutenir Klemens, le temps qu’il essaye de refermer la blessure. Il ne parviendrait pas à la soigner, mais si au moins, il pouvait faire cesser l’hémorragie…

-NE ME TOUCHEZ PAS !

Fut le cri d'une femme qui perça la foule et qui interrompit Roy, avant d’être suivi d’un éclair écarlate qui vint exploser la façade Weasley&Weasley, précisément celle contre laquelle il se tenait. Il sentit des éclats de verre faucher son bras qu’il avait rabattu devant son visage, en vain, puisque quelques morceaux parvinrent à son visage. Sa joue fut sillonnée d’une longue coupure, et son oreille fut frôlée par un éclat, d’assez près toutefois pour que cela l’incise. Ce fut le plus douloureux. Roy plaqua une main contre son oreille ensanglantée, qui lui paraissait siffler atrocement. Pour ne rien arranger, lorsqu’il ouvrit les yeux, il constata que l’obscurité totale les enveloppait. Il ne voyait rien, il ne savait plus où étaient Jayce et Klemens, son seul contact avec ce qui l’entourait se résumait aux cris, aux mains qui l’agrippaient, le poussaient, aux pieds qui écrasaient les siens. Roy s’efforçait de rester debout tant bien que mal. S’il se laissait pousser au sol, ses chances d’en ressortir sans se faire violemment piétiner seraient minces…

La poudre d’obscurité se dissipa enfin. Roy put rouvrir les yeux et constater d’une part, qu’il avait atterri un peu plus loin que les quelques marches devant la boutique des frères Weasley, d’autre part, qu’un homme lui agrippait fermement la jambe. Il eut beau se débattre pour avancer, il s'accrochait avec l'énergie du désespoir.

« Mais LACHEZ-MOI ! »

Roy dégaina sa baguette, fou d’impatience, pour lancer un Expulso qui propulsa cet homme entêtant à ne pas vouloir lâcher sa jambe. Il ne vit que son regard effaré d’être projeté aux pieds d’une foule qui allait très certainement l’écraser dans les minutes qui suivaient, avant d’atterrir, mais à cet instant, seule sa propre survie comptait. Des corps parsemaient ponctuellement le sol pavé du Chemin de Traverse, sans qu’on ne sache s’il s’agissait de blessés ou de morts, Roy n’avait pas envie de faire partie du lot.

Il revint devant la devanture de la boutique, avec l’espoir de retrouver ses deux amis. Jayce était introuvable mais Merlin merci, il retrouva Klemens au sol, toujours inconscient. Le seul problème était qu’un homme miteux s’était penché vers lui… visiblement en train de lui faire les poches. Le sang de Roy ne fit qu’un tour. Il envoya littéralement valser cette ordure, avec toutes les insultes qu’il méritait. C’était incroyable, inconcevable. Entre les abrutis paniqués qui lançaient des stupéfix dans le tas, les psychopathes qui en profitaient pour augmenter la casse, et les truands qui passaient voir ce qu’ils pourraient voler comme des charognards, ils nageaient en pleine illustration de tous les travers humains. Roy fit fi de ses propres blessures, s’agenouilla près de Klemens pour lui agripper la main, dans l’espoir de les faire transplaner tous les deux, mais il eut beau se concentrer, rien ne se produisit. Il laissa exploser sa fureur, de toute manière, dans un tel vacarme, il ne crierait pas plus qu’un autre.

« On peut pas transplaner ! Bordel de troll, ils ont mis des sortilèges anti-transplanage, ces imbéciles ! »

Comment allaient-ils s’en sortir, maintenant ?



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Juliana et son amie venaient de partir depuis quelques minutes à peine lorsque le chaos fut semé sur le Chemin de Traverse. Jeremy resserra son bras sur la taille de Juliet en avisant la fumée noire qui envahissait le ciel non loin d'eux, avant de jeter un coup d'œil atterré vers l'estrade. C'était l'effervescence du côté des officiels et c'était la panique sous l'estrade, où la foule se trouvait compressée en un mouvement qui n'allait pas tarder à les entraîner. Autour d'eux, les slogans se faisaient moins nombreux et plus vindicatifs, laissant place aux exclamations de peur, de panique et de haine, tandis que les sorts commençaient à fuser. Jeremy ne voyait plus Irving autour d'eux. Il ne reconnaissait personne, à vrai dire, et il glissa sa main dans sa poche pour en tirer sa baguette. Jeremy sursauta violemment quand un officier de la police magique tenta de désarmer un homme juste à côté de Juliet et que le sortilège frôla sa fiancée, qui fut à nouveau bousculée.

"Hé ! Attention, y'a des femmes enceintes par ici !", cria-t-il d'un ton scandalisé à l'attention de l'officier de police, qui avait déjà disparu dans la foule. Le jeune homme fut compressé contre son voisin de devant par un mouvement de panique et lâcha momentanément Juliet, avant de jouer des coudes pour la retrouver. Il agrippa sa main, le cœur battant, tandis que son regard atterré se posait sur une jeune femme étendue à terre un peu plus loin, que l'on piétinait allègrement. Il allait y avoir des blessés ! Une explosion qui semblait lui venir de l'estrade fit évoluer sa pensée presque aussitôt. Il allait y avoir des morts, et une peur panique l'envahit pour celle qui représentait sa famille, son avenir. Jeremy avait été ravi de venir soutenir Irving dans cette lutte politique à laquelle il s'identifiait mais il n'avait pas imaginé de tels débordements, personne n'avait imaginé ça, et il était hors de question que la vie de Juliet, de leur enfant ou la sienne soient mises en danger aussi stupidement. Que faisaient les forces de sécurité, à part semer la panique ?! Où étaient-elles, à part quelques hommes clairsemés qui semblaient jeter des sorts au hasard ?

"Il faut qu'on sorte d'ici", lâcha-t-il à l'attention de Juliet en se concentrant de toutes ses forces pour transplaner. L'habituelle sensation de tiraillement se fit sentir autour de son nombril pour être aussitôt bloquée par ce qu'il identifia comme un sortilège d'anti-transplanage. Jeremy eut des sueurs froides lorsqu'il comprit que s'enfuir risquait d'être beaucoup plus compliqué que prévu.

"Qui a été assez stupide pour lancer des sortilèges anti-transplanage ?!", cria-t-il à l'attention de Juliet, les yeux rougis à cause de la fumée noire qui obscurcissait l'air. Il tenta de regarder du côté de l'estrade pour voir ce que fabriquaient les officiels mais ne discerna que le chaos. Le fiancé du moment de Rosaleen était présent, il l'avait reconnu en arrivant, mais il ne voyait plus rien désormais, tout comme il en parvenait à voir si son amie avait fait le déplacement dans le carré VIP. Il espérait que non, tout comme il priait pour ses amis qui devaient se trouver à l'avant du cortège, c'est-à-dire au cœur du chaos, mais il ne pouvait rien faire pour eux. En temps normal, il serait parti à la recherche d'Irving mais aujourd'hui, Jeremy avait d'autres priorités. Ce n'était pas une mêlée au Quidditch ou une fuite face au concierge de Poudlard, ce n'était même pas le bal de Laponie. Il n'était plus question de courage ou de solidarité, tout ce qui importait pour lui à cet instant était de mettre Juliet et leur bébé à l'abri, de la sortir de cet horrible désastre.

Le corps saturé d'adrénaline, Jeremy referma sa prise sur sa baguette magique. Tant qu'elle était là, il pouvait s'en sortir. Les paroles de son professeur de métamorphose humaine à l'académie lui revinrent en tête. "La métamorphose peut vous sortir de n'importe quelle situation." Si la plupart des personnes avaient du mal à agir en situation de crise, c'était tout le contraire pour Jeremy. Rien ne l'aidait autant à mobiliser ses capacités que devoir les mobiliser en situation d'urgence... Cela devait être un trait de famille, songea-t-il en ayant une pensée subite pour son cousin Gaétan. Et s'il était présent, avec les autres aurors ?! Non ! Il ne devait pas penser à cela. Gaétan savait se défendre, lui devait sortir Juliet d'ici. Jeremy inspira une profonde inspiration d'air vicié et tenta de faire le vide en lui, de réfléchir avec discernement. Cette biographie d'Harry Potter qu'il avait lu mille fois lui revint en tête. Comment avait-il vaincu le dragon lors de la seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers ? En utilisant ses capacités, en mobilisant ses meilleurs atouts. Que savaient-ils faire, Juliet et lui ? La réponse apparut aussitôt dans son esprit, comme une évidence, et il leva les yeux au ciel. Voler.

Juliet, gros ventre ou pas, était l'une des plus talentueuses joueuses de Quidditch de sa génération, et il se défendait aussi. Mais où trouveraient-ils des balais en plein chaos ? Transformer une branche d'arbre en balai devait être dans ses cordes mais il ne voyait plus grand chose autour d'eux, et le temps pressait. L'air commençait à lui manquer, un sortilège venait de frôler sa tête blonde et de plus en plus de corps tombaient au sol. Certains saignaient abondamment, ce qui était plutôt mauvais signe. Quels sorts lançait-on au juste ?! Jeremy n'était pas seulement bon pour voler, non, son véritable talent résidait ailleurs. Il excellait pour la métamorphose animale, c'était ce qui lui avait permis d'entrer à Lycaon...et c'était ce qui lui permettrait de les sortir de ce bain de sang aujourd'hui. Sa respiration s'accéléra brusquement à la pensée de ce qu'il allait tenter. C'était risqué, car il avait toujours eu du mal à réaliser une métamorphose complète en cours, mais c'était peut-être leur seul espoir. Jeremy ne voyait pas comment ils pouvaient se frayer un chemin vers l'une ou l'autre des sorties du Chemin et rester en un seul morceau. Attirant Juliet contre lui, il la serra brièvement dans ses bras, se prenant à prier pour que cela ne soit pas leur dernière étreinte.

"Tu me fais confiance, j'espère", souffla-t-il à son oreille sur un ton humoristique pour dissimuler le tremblement de sa voix. "Je vais nous sortir d'ici. Retrouve-moi devant l'entrée du Chaudron baveur côté moldu. Je t'aime."

Il pressa brièvement ses lèvres sur celles de la jeune fille, l'observa un bref instant comme pour imprimer son visage dans sa mémoire, puis pointa sa baguette sur elle. Il se concentra sur son sort, les conseils que Rosaleen lui avaient prodigué sur la question lui revenant en mémoire, puis il visualisa le résultat qu'il voulait obtenir et prononça son sortilège d'une voix ferme et dénuée d'hésitation. Juliet n'avait pas eu le temps de protester qu'elle se trouvait frappée par le sort, qui la fit rétrécir et se transformer de façon radicale. Un immense sourire de soulagement s'étira sur le visage de Jeremy alors qu'il recueillait l'animal entre ses mains, impressionné par la réussite parfaite de son propre sortilège. Rien de tel que l'action et l'urgence pour accomplir quelque chose que le froid implacable d'une salle de classe rendait impossible... Le jeune homme leva le petit être gracile jusqu'à la hauteur de ses yeux.

"Vole !", murmura-t-il avant de lever les bras vers le ciel, comme pour accompagner son mouvement.

Il avait toujours adoré regarder Juliet voler. Aujourd'hui ne faisait pas exception, même s'il sentit son cœur se serrer en voyant le petit oiseau d'apparence si vulnérable qui disparaissait dans le ciel d'encre. Mais l'hirondelle était très rapide et agile, bien plus rapide que le golden retriever qui se matérialisa quelques instants plus tard à la place de Jeremy, et elle serait bientôt hors d'affaire. Le chien se fraya un chemin plus facilement que l'homme parmi la foule en panique, utilisant son instinct et n'hésitant pas à mordre des mollets s'il le fallait. L'odeur du sang lui envahissait la truffe mais c'était sa volonté d'homme qui prenait le dessus, le poussant à tout ignorer pour se rendre vers la sortie. Enfin, il y parvint et ce fut sous sa forme humaine qu'il pénétra dans le Chaudron Baveur empli à craquer, un soulagement sans nom l'envahissant. L'angoisse le terrassait néanmoins lorsqu'il sorti du bar miteux pour déboucher sur la rue moldue, angoisse qui s'atténua nettement quand une hirondelle fondit sur lui pour se poser sur son épaule. Il prit le petit animal entre ses mains et l'examina sous toutes les coutures, se moquant éperdument des regards interloqués des passants. Il n'avait certes pas fière allure avec une trace de brûlure qui lui barrait le front, ses cheveux ébouriffés, son visage noirci par la fumée, ses vêtements froissés, mais au moins avait-il mis des habits moldus. A vrai dire, lorsqu'il plongea sa main dans ses poches et réalisa qu'il avait perdu sa baguette dans la mêlée, briser le secret magique était bien la dernière de ses préoccupations.

Jeremy lâcha une flopée de jurons en jetant un regard paniqué sur l'oiseau qui était en réalité Juliet. Comment allait-il la retransformer sans sa baguette ? Et si elle restait pour toujours piégée dans ce petit corps d'oiseau ? Une pensée un peu plus cohérente fit le jour dans son esprit, et il se dirigea vers le bord du trottoir, prêt à héler le premier taxi qui passait. Il suffisait de se rendre à l'hôpital. L'endroit serait probablement très vite submergé par les blessés en bien plus mauvais état qu'eux, mais Jeremy était prêt à attendre pour pouvoir ensuite bénéficier d'une échographie. Il aurait pu se rendre chez Rosaleen et lui demander de lancer le sort, mais il ne savait pas si elle était sur le Chemin ou non et il ne voulait pas être celui qui lui apprendrait que son futur mari était peut-être blessé, voire mort... Heureusement pour eux, un taxi s'arrêta bientôt auprès d'eux et Jeremy se précipita à l'arrière. Son visage s'illumina quand il reconnut le conducteur. Il réalisa qu'il n'était pas sûr d'avoir assez d'argent moldu sur lui pour payer la course, mais Eliott lui permettrait peut-être de le rembourser plus tard, en hommage à leurs années de Quidditch commun. Juliana, puis Eliott, décidément, les dieux du Quidditch étaient avec eux aujourd'hui !

"Eliott ! Ca alors ! Quelle chance de tomber sur toi, merci, par Merlin ! Conduis-moi à Sainte Mangouste, s'il-te-plait !", s'écria-t-il avant de se laisser tomber contre la banquette en serrant le petit oiseau contre lui, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Une angoisse terrible le saisit, l'empêchant de répondre tout de suite à son conducteur et ancien coéquipier. Et si quelque chose était arrivé à Juliet, ou à leur enfant, à cause de son sort ? Il ne se le pardonnerait jamais ! Il tenta de se rassurer, en se remémorant ses cours sur l'état initial et l'état d'arrivée dans la métamorphose humaine d'autrui. Tout irait bien pour eux. Son esprit s'égara aussitôt du côté des autres personnes restantes sur le Chemin de Traverse. Irving allait-il s'en sortir ?! Et les autres personnes qu'il connaissait ? Il y en avait probablement d'autres, même s'il n'avait pas eu le temps de les croiser... et le Ministre, les directeurs ? Qu'allait-il arriver à leur pays ? Dans quelle folie furieuse étaient tombés les sorciers sur le Chemin de Traverse aujourd'hui ?!

Le taxi ne tarda pas à être prit dans les embouteillages londoniens et Jeremy dut prendre son mal en patience. Tentant de mettre de l'ordre dans ses pensées et de réaliser ce qui venait d'arriver, il entreprit de tout raconter à Eliott, dans le désordre et sur un ton saccadé. L'adrénaline retombait et la peur commençait à le paralyser. Il avait bien conscience qu'elle risquait de s'étendre à Eliott, qui connaissait probablement du monde sur le Chemin lui aussi, mais Jeremy était dans un tel état de choc qu'il lui était impossible de rester silencieux, surtout avec le destin de sa famille qui tenait dans le creux de sa main.

Le taxi parvint enfin à sa destination, pour le plus grand soulagement de Jeremy, qui en bondit presque.

"Merci, merci infiniment", glissa-t-il à Eliott avant de lui déverser le contenu de sa bourse, puis de filer vers l'entrée moldue de l'hopital. Du fait du sortilège anti-transplanage, l'endroit n'était pas encore envahi par les blessés et Juliet fut aussitôt prise en charge, tandis que des médicomages urgentistes bondissaient sur Jeremy pour l'inonder de questions sur la situation au Chemin de traverse. Une équipe de secouristes allait apparemment être envoyée mais attendait des renforts de sécurité, et les informations manquaient. Jeremy lui-même ne sut trop que leur dire, tant la situation sur place était chaotique, et l'on finit par le laisser tranquille pour revenir au chevet de Juliet. Sa fiancée avait retrouvé sa forme humaine et l'échographie avait indiqué que leur enfant était en parfaite santé, ce qui relevait du miracle aux yeux de Jeremy.

"Tout va bien, tout va bien", répétait-il en caressant les cheveux de Juliet, comme pour se rassurer lui-même.

Mais rien n'allait plus, ils le savaient tout aussi bien l'un que l'autre. L'avenir était aussi sombre que le ciel du Chemin de Traverse, et aussi sanglant que son pavé...


HRP : fin pour Jeremy & Juliet


Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora se laissa entrainer dans l'arrière-boutique sans opposer la moindre résistance, comme dans un état second. Elle vit Donald s'affaler sur une chaise mais resta debout, les bras croisés et le regard dans le vague. Les mots du Gryffondor ne firent qu'accroitre le sentiment de culpabilité qui la poursuivait depuis que le Professeur Hellsoft les avait arrachés à la foule. Elle se mit à faire les cent pas, comme pour fuir cette horrible vérité : ils avaient abandonné Danny. Elle aurait dû retourner auprès de lui, elle aurait dû se débattre, lutter contre l'emprise de son enseignante. Danny aurait mérité qu'elle se batte pour lui, peu importe les conséquences.

- On l'a abandonné...reprit-elle d'une voix faible, sans oser croiser le regard de Donald.

Elle ne voulait pas retrouver sa propre culpabilité dans les yeux du Gryffondor. Ils avaient vu la même chose tous les deux, les mêmes horreurs, et elle ne voulait pas voir ça dans le regard de Donald. Elle ne le connaissait pas très bien, mais elle l'avait assez côtoyé pour s'être habitué à son expression espiègle et à ses yeux rieurs. Elle ne se souvenait pas avoir déjà vu le jeune homme sans son grand sourire. Mais elle savait que si elle se tournait vers lui maintenant, elle ne verrait ni regard pétillant, ni sourire malicieux. Elle préférait fermer les yeux.

Mais si ses paupières closes parvenaient à retenir ses larmes, elles n'éloignaient pas la vision du corps de Danny, piétiné, roué de coups, inanimé. Cette image insupportable avait marqué son esprit à jamais. Il était encore là-bas, malmené par la foule comme une vulgaire poupée de chiffon. Ils l'avaient laissé à cette mort atroce. Cette idée était insoutenable. Mais Nora avait beau fermer les yeux, et se dire qu'elle n'aurait rien pu faire, sa culpabilité la rongeait de l’intérieur et elle brulait d'envie de retourner se jeter dans la cohue pour ramener le corps de Danny ici. Il méritait au moins ça.

La jeune fille fut tirée de ses pensées par un bruit saccadé. Quelqu'un cognait à la porte de la boutique. Non, c'était des dizaines de personnes, qui frappaient désespérément contre le panneau de bois, dans l'espoir de trouver un refuge. Ils appelaient à l'aide en criant. Nora s'approcha de l'ouverture qui séparait l'arrière-boutique du magasin. Le jeune homme qui les avait accueillis était occupé à renforcer les sortilèges de protection, comme le lui avait demandé le professeur Hellsoft. C'était comme s'il n'entendait pas leurs hurlements déchirants. Nora l'observa en silence, terrifiée par la façon dont les choses avaient tourné.

A peine une heure plus tôt, elle se demandait si c'était mal de transgresser les règles pour venir en aide à un ami. Maintenant il n'était plus question de morale. Le bien et le mal étaient des notions complètement abstraites, dépassées. Et alors qu'elle observait Stephan Guipure barricader la boutique, sourd aux supplications des victimes de l'émeute, elle réalisa que son geste n'était ni bon, ni mauvais. Il était nécessaire, juste ça. S'il ouvrait la porte, la folie qui s'était emparé du chemin de Traverse s'étendrait jusqu'ici, et cela ne changerait rien. Il faisait ce qu'il fallait pour survivre, sans se soucier des autres. Ils en étaient arrivés à un point où il fallait choisir entre sa vie et celle des autres, et Nora découvrait une partie de la nature de l'homme qu'elle avait toujours préféré ignoré jusqu'à aujourd'hui. Un instinct de survie presque animal, égoïste.

- Ce sont peut-être des élèves...tenta-t-elle d'une petite voix.

N'importe qui pouvait se trouver derrière cette porte. Un de leurs amis, quelqu'un de blessés, un enfant -elle en avait vu plusieurs en traversant la foule. Le jeune homme suspendit son geste et se tourna vers Nora avec un regard désolé. Il avait conscience de ce qu'il faisait, et elle voyait que cela lui coutait, mais il le faisait quand même. Nora voulait se dire qu'il n'avait pas le choix, elle s'accrochait à cette idée avec une énergie désespérée. Mais au fond elle savait bien qu'on avait toujours le choix. Elle savait qu'ignorer l'appel de gens qui avaient besoin d'aide ne pouvait pas être la seule option. Il y avait forcément une autre solution, mais c'était une solution qui mettrait leurs vies en dangers. Pouvait-on dire pour autant que c'était une mauvaise solution ? Et que laisser ces gens s'écraser contre la porte était la bonne ? Elle ne voulait pas répondre à cette question, elle refusait de vivre dans un monde ou abandonner les autres à leur sort était le bon choix. Pourtant elle était plongée dedans.

Elle observa Stephan Guipure reprendre son sortilège de protection là où il l'avait laissé. Il avait fait son choix, impuissante. Il avait choisi sa vie, sa sécurité, au détriment de celles des autres. Et Nora ne parvenait pas à lui en vouloir, parce qu'une petite voix au fond de sa tête lui murmurait qu'elle avait fait le même choix, quelques instants plus tôt. Elle s'était laissée entrainer par le Professeur Hellsoft au lieu de se battre pour rester auprès de Danny. Elle ne se le pardonnerait jamais. Ecoeurée par le spectacle terrible des hurlements de la foule qui devenaient de plus en plus lointain à mesure que les sortilèges de protection se renforçaient, Nora fit quelques pas en arrière pour retourner dans l'arrière boutique.

Son regard se posa sur son reflet, dans le petit miroir qui était accroché près de la porte, et elle s'arrêta un instant. Elle avait changé, brutalement. Et ça n'avait rien à voir avec sa pommette enflée -résultat d'un coup de genoux en plein visage- ou avec ses cheveux en bataille. Il y avait dans son regard quelque chose de sombre, de grave, et elle avait du mal à se regarder dans les yeux sans sentir sa culpabilité s'alourdir. Parce que si elle pouvait s'observer dans le miroir, c'était qu'elle était vivante, et elle l'était parce qu'elle avait bien voulu abandonner le corps de Danny à la foule. Jamais elle ne se serait cru capable de ça avant. Mais aujourd'hui elle comprenait qu'ils étaient tous capables du pire quand leurs vies étaient en péril. Accepter cette vérité lui faisait mal.

- Si c'était eux ? demanda-t-elle finalement en tournant la tête en direction de la rue, d'où les cris leur parvenaient encore, étouffés.

Le professeur Hellsoft avait dit qu'elle retrouverait tous les élèves, et elle n'aurait aucun mal à déjouer les sortilèges de protection lancés par les propriétaires des lieux. Mais si elle ne les avait pas trouvés ? Si c'était Irving, ou Cassandre, ou Will, qui réclamait de l'aide en cognant contre la porte ? Incapable de supporter cette idée, Nora s'assit à même le sol et enfoui sa tête entre ses mains, ses genoux repliés contre elle. Mais elle pouvait se boucher les oreilles et fermer les yeux tant qu'elle voulait, elle n'échapperait pas à l'horrible réalité.




Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le visage empreint d'une fascination consternée, Leopold observait le chaos qu'il avait causé. Carnage correspondait mieux, à vrai dire, et il était ébahi de voir à quel point son plan avait fonctionné. Peut-être un peu trop bien, songea-t-il en avisant un sorcier au bras nécrosé, visiblement touché par un sortilège de magie noire. Bien sûr, Leopold et Jacob avaient rassemblé tous les éléments pour permettre ce massacre, mais jamais le directeur n'aurait imaginé que les choses prendraient de telles proportions. Il n'aurait jamais pensé que lui, qui avait une vision souvent bien noire - et réaliste - de la réalité, était capable de sous-estimer la noirceur humaine. Et pourtant, cette horrible vérité s'étalait sous ses yeux sidérés, le plongeant dans des abysses de perplexité et d'émerveillement. C'était lui qui avait causé cela, lui qui avait su convaincre un allié de poids du bienfondé de sa cause et de sa propre légitimité, lui qui avait su appuyer sur toutes les petites et grandes blessures du peuple pour provoquer une manifestation d'une ampleur sans précédent en sol britannique, lui qui avait échafaudé un plan digne du plus machiavélique des comploteurs politiques. Leopold venait d'entrer dans l'Histoire, cette journée maculerait à jamais le passé de ce pays. Et le plus beau dans tout cela était qu'il allait réussir à en récolter tous les bénéfices et à s'élever, tandis que ses rivaux sombraient...

Le directeur s'était arrangé pour se tenir à l'écart d'Alan Fiennes jusqu'à ce que son complice ne l'assassine, évitant ainsi l'onde de choc qui avait envoyé à terre une partie des personnes présentes sur l'estrade. Puis il s'était précipité vers celui dont il voulait prendre la place, le visage horrifié. Ce n'était plus l'heure des pensées mégalomanes, il fallait agir pour tirer profit de cette journée, en termes d'image et de popularité.

Leopold dut prendre sur lui pour ne pas laisser apparaître son irritation quand il entendit un auror s'écrier que Fiennes était vivant. Pourquoi avait-il fait confiance à ce Colin Straton ? C'était un incapable, voilà tout ! Il ne savait pas vraiment ce qui lui avait pris de s'associer avec les mardoliens. Si ces gens-là étaient aussi ingénieux qu'ils le prétendaient, ils auraient réussi à briser le secret magique depuis bien longtemps. Ce n'était pas grave, se raisonna-t-il avant de s'écarter de Fiennes pour se rapprocher du bord de l'estrade, il saurait tourner cette alliance à son avantage, comme toujours. Quant à Fiennes, il pouvait bien survivre : personne n'en voudrait plus comme Ministre après une telle débâcle...

Un homme aux couleurs de la police magique se pressait prêt de lui, visiblement nerveux. Leopold hocha imperceptiblement la tête pour rassurer celui qui s'avérait être l'un des nombreux hommes qu'il avait payé grassement pour assurer sa protection ce soir, la sienne et ceux qu'il ne souhaitait pas voir tomber ce soir. Le directeur s'était félicité de sa prévoyance quand son espion à Poudlard, un elfe de maison du nom de Malabry, lui avait rapporté que sa propre fille avait mené une expédition clandestine pour venir manifester. Il n'arriverait rien à Cassandre, il s'en était assuré, mais il ne répondait de rien pour ses camarades de Poudlard qui avaient eu l'audace de quitter la protection du château... Nul doute que cette journée allait bousculer le pays sur tous les plans, y compris scolaires. N'étaient-ce pas les professeurs Adamson et Edmund qu'il voyait un peu plus loin sur l'estrade, inconscients à terre ? Leopold espérait vraiment que Margot s'en sortirait, mais il ne pouvait nier qu'il adorait voir les batailles de pouvoir pour la direction de l'école. Lire le récit de ses débâcles avec Ana Sorden dans la presse lui avait donné des frissons de jubilation...

Suite au mouvement insistant de son homme de la police magique, Leopold comprit qu'il ne pouvait pas rester ici plus longtemps. Il avait beau être particulièrement bien entouré, Leopold n'était pas à l'abri d'un sort perdu. Quelle ironie, s'il périssait lors de cette journée que l'on appellerait plus tard le Bloody Sunday ! De plus, les quelques aurors présents étaient en train d'organiser une évacuation des officiels à l'arrière de l'estrade, à l'opposé du côté face à la foule où les manifestants se trouvaient pris au piège et se pressaient dans un concert de hurlements. Leopold allait suivre Fiennes et Dalnox que l'on mettait à l'abri, mais avant, il devait accomplir quelque chose, n'importe quoi, un acte de bravoure qui permettrait de lancer ses ambitions politiques et dorer sa réputation. La foule avait besoin d'un héros, et Leopold, tout charismatique qu'il soit, n'en était pas un. C'était cet homme un peu bizarre qui aimait les créatures magiques, n'avait pu lancer le moindre sort pour protéger son ministre, allait épouser une jeune fille par un mariage arrangé. Il devait apparaître sincère aux yeux des électeurs, honnête quant à ses intentions d'aider ce pays à se relever de cette terrible épreuve et à voler vers des lendemains meilleurs. Hélas, l'estrade qui commençait à se faire envahir par les manifestants désespérés n'était pas le meilleur endroit pour cela.

Il y avait bien cette petite fille, mais elle avait été sauvée par une jeune femme plus rapide que lui... Qu'importe, songea Leopold en se baissant légèrement pour éviter un sort perdu, il pouvait toujours les mettre à l'abri. De toute façon, il n'était pas cruel au point de vouloir voir des enfants périr sur l'autel de ses ambitions... Leopold n'eut pas à se forcer beaucoup pour afficher un air angoissé. Ses mains se posèrent sur les épaules de Shea et il la fit tourner vers lui. Tiens ! Elle était très jolie, mais ce n'était pas vraiment le moment de flirter... Tant pis.

"Venez, je vous amène à l'abri, à l'arrière", proposa-t-il à l'attention de la jeune femme avant de poser un regard inquiet sur la petite fille qu'elle transportait. Elle lui était familière mais il ne sut la replacer, dans l'excitation du moment. Un homme semblait les accompagner, qu'il invita également à le suivre d'un signe de tête. Un bras posé d'autorité autour des épaules de Shea en un geste protecteur, Leopold conduit les manifestants vers l'arrière de l'estrade, par où les autorités venaient d'évacuer les officiels en faisant apparaître une sorte d'échelle.

"Allez-y, faites les descendre", ordonna-t-il à l'attention d'une femme de la police magique. Lui-même voulut en faire de même, mais il était bien trop occupé à tenter de voir en quel état était Fiennes pour voir où il mettait les pieds. Le directeur rata un barreau et s'étala lamentablement sur le sol du Chemin de Traverse. Une douleur fulgurante se fit sentir dans son bras droit et il laissa échapper un grognement, le visage déformé comme celui d'un joueur de Quidditch qui vient de prendre un cognard. Quelques personnes se précipitèrent au pied de l'estrade pour l'aider mais il les écarta d'un autre grognement, désireux de se relever seul. Leopold se redressa et jeta un regard contrarié à son bras, qui le faisait tellement souffrir qu'il laissa finalement une charmante auror le lui immobiliser.

"Désolée, monsieur le directeur, nous ne pouvons pas faire mieux tant que les médicomages de Sainte Mangouste ne sont pas arrivés... J'espère qu'ils ne vont pas tarder, pour monsieur le Ministre", souffla-t-elle en jetant un coup d'œil inquiet à Fiennes qui était entouré d'une foule de sorciers incapables de l'aider. "Désolée, vous allez devoir supporter la douleur, je n'ai pas de potions à vous donner."

Leopold hocha la tête d'un air grave avant de répondre d'un air vaillant :

"Ne vous en faites pas, je survivrai, retournez plutôt vous occuper des autres !"

La jeune auror, qui devait être en formation vu son âge, ne se le fit pas dire deux fois et retourna sur l'estrade pour revenir s'occuper des manifestants. Leopold, quant à lui, jeta un coup d'œil en direction de Shea, Cerise et Tobias pour s'assurer qu'ils allaient bien avant d'inspecter les lieux plus en détail. Une sorte de carré entouré de protections magiques avaient été instauré par les aurors, dont on ne pouvait entrer ou sortir que par l'échelle de l'estrade - foutue échelle - et dans lequel se trouvaient tous les officiels et personnes du carré VIP qui avaient pu s'échapper. Ceux qui possédaient une formation médicale couraient de blessés en blessés et tout le monde priait pour l'arrivée rapide des renforts et des médicomages, car le carré se remplissait vite, qu'il s'agisse de blessés ou de manifestants désireux de se mettre à l'abri... Un sortilège anti-transplanage avait été lancé sur le carré, tant la peur d'être envahi par des manifestants enragés était forte. Tant pis si les secours mettaient plus de temps à arriver...

Leopold se dirigea vers Fiennes en grimaçant à cause de son bras et se laissa tomber à genoux à côté de la tête du Ministre. Trois sorciers étaient en conciliabule autour de lui, tentant de discuter de la meilleure façon de le soigner. Mais Alan Fiennes semblait frappé d'un mal bien étrange, et il faudrait probablement tous les efforts des plus grands médicomages du pays pour réussir à lui sauver la vie... L'impuissance se lisait sur l'entourage du ministre, impuissance que Leopold s'efforça de refléter lorsqu'il murmura quelques mots victorieux à l'attention de son rival.

"Ca va aller, Alan, on s'occupe de vous..."




Christoph Waltz, merci à Roy
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Juchée sur une petite branche sèche de glycine, la petite Pie Grièche à tête rousse trépignait d'impatience, alors que la foule commençait à se mouvoir dangereusement en dessous d'elle. Elle voletait d'un angle du Chemin de Traverse à l'autre, afin de ne rien perdre du chaos qui se généralisait à toute l'allée commerçante. Combien étaient-ils? Des milliers et des milliers de manifestants qui se comprimaient dans un bal de l'horreur qui n'attendaient qu'une fausse note pour dégénérer en tragédie. Les jacassements excités du curieux volatile était recouvert par le tumulte de la foule, et nul ne lui prêtait attention, à l'exception peut être d'un politicien dont le regard suivait son vol gracieux. Jacob Dalhiatus ne pouvait se montrer indifférent envers cet oiseau, qui serait bientôt le témoin privilégié des sombres manigances qu'il avait tissé dans l'ombre avec Leopold Marchebank.  En effet, quelques jours auparavant, à l'abri des oreilles indiscrètes, Jacob et la Pie curieuse avaient scellé un pacte de sang; Un accord, qui leurs permettraient à tous deux de s'adjuger une place de choix dans le futur virage politique que s'apprêtait à subir le Monde Magique. Derrière son plumage bien lisse, Mildred Magpie n'éprouvait aucune forme de scrupule à rejoindre les rangs des comploteurs, qui sans se soucier des conséquences de leurs agissements, s'apprêtaient à jeter en pâture le Ministre Fiennes à la foule. Après tout, ne valait-il pas mieux être du coté de ceux qui écrivent l'histoire, plutôt que de ceux qui la subissent? Le choix fut vite tranché pour l'ambitieuse rédactrice du journal à scandale "Multiplettes", qui voyait en cette occasion unique, le moyen rêvé pour donner un l'élan salvateur tant espéré à sa carrière!

Dans une intrigue politique de cette ampleur, il n'y avait pas de place pour l'improvisation. Depuis des mois, tout était savamment dirigé en secret par les maitres marionnettistes que sont Leopold Marchebank et son fidèle allié Jacob Dalhiatus. Désormais rien n'empêcherait la chute du gouvernement Fiennes. Bien que cette bascule politique générait bon nombre d'espoir dans l'esprit calculateur de Mildred Magpie, elle n'était pour l'heure qu'un outil de cette machination, se restreignant au peu d'information que lui avait transmit son demi-frère. Car contrairement à elle, Jacob n'était pas du genre bavard, et il s'était juste contenter de l'informer de l'endroit exact où elle devait se trouver pour faire les gros titres de la Presse Magique. Pour l'heure la foule était suffisamment en colère pour générer une information digne de figurer dans les colonnes de "Multiplettes", mais ce n'était pas encore le scoop tant espéré. Il en fallait plus pour faire la première page! Même si les féministes de l'Offre et leur slogan "Avortons le gouvernement" gagnait la sympathie de l'insidieuse journaliste, cette dernière attendait encore la petite étincelle qui ferait s'embraser cette marée noire de monde! Il lui fallait retranscrire de l'émotion, du sang et des larmes pour attirer ses lecteurs. Aussi nombreuse soit-elle, cette foule d'où émanait des slogans syndicalistes et des violents relents de sueur, ne lui rapportait encore aucune forme d'information rentable. Durant les dernières semaines, la journaliste à scandale avait fait des efforts considérables pour semer un vent de révolte dans l'esprit des résidents du monde magique. Sous les ordres de Jacob, la pie s'était muée en corbeau, en envoyant quantité de lettres anonymes dans les boites aux lettres de nombreux habitants. Elle avait fait un édito spécial où elle accusait Fiennes de se comporter en despote peu soucieux de la sauvegarde de sa population, et de sa diversité. Certes la foule était au rendez-vous, mais il manquait encore une certaine folie destructrice qui puisse chambouler l'ordre des choses. Mais Mildred ne perdait pas espoir; Sous sa forme animale, l'ingénieuse animagi pouvait quadriller l'espace, sans attirer l'attention, ni même subir la promiscuité de la foule devenant de plus en plus dangereuse au fil des minutes.

Mais tout vient à point à celle qui sait attendre...

Et la patience de Mildred fut récompensée, lorsque des sortilèges fusèrent de toutes parts dans la foule, provoquant des mouvements aux conséquences dévastatrices. Apparemment de membres de la Police Magique et même certain Aurors, avaient la baguette quelque peu facile, et lançaient des sortilèges au milieu des manifestants entassés. Habile moyen de souffler sur des braises déjà ardentes, cette action engendra une scène de panique digne du naufrage du Titanic!  

*Enfin! * se murmura intérieurement la Pie voleuse de scoop.

Voila, un évènement digne de figurer en à la une de Multiplettes! La pie bondit alors de son perchoir pour survoler le Chemin de Traverse et l'horreur que s'apprêtait à lui servir l'élan de panique généralisé. Tout en cherchant à identifier des visages connus au sein de ce désordre mortel, Mildred Magpie se remémorait en silence les consignes délivrées par son demi-frère Jacob Dalhiatus :

* Quand la chose se produira, je veux que tu nous racontes l'une de ses histoires dont tu as le secret... Un drame humain dans lequel Alan Fiennes et Richard Dalnox auraient le mauvais rôle, et le peuple, celui de victime innocente. Mais même dans la plus sombre tragédie, il est important de laisser une lueur d'espoir aux spectateurs. Et si cette dernière trouvait son reflet en la personne de Leopold Marchebank, alors je peux t'assurer que rien ne pourra t'interdire de devenir la nouvelle reine de l'information! *

A la lumière du massacre qui se déroulait en contrebas, ces paroles si énigmatiques au demeurant devinrent tout à coup limpides comme de l'eau de roche. Elle détenait l'exclusivité de cet évènement et en ferait un usage aussi intéressé que bénéfique à sa propre carrière. Et même si pour cela elle devait glorifier le rôle de Leopold Marchebank, au détriment de la vérité. Après tout, elle n'omettrait que certain détails insignifiants, et en exagèrerait d'autres. Qu'importe le flacon tant qu'on a l'ivresse! Si sa vision erronée de la réalité permettrait au monde magique de se rassembler, alors Mildred ne voyait pas en quoi elle devrait culpabiliser. Elle ferait coup double, aussi bien d'un point de vue strictement personnel, que sociétal, en offrant au monde magique le digne représentant qu'il était en droit d'espérer. Elle s'envola à tire d'aile vers le seul endroit qui puisse satisfaire cette noble ambition, et donc en direction de l'estrade des officiels depuis laquelle Fiennes claironnait quelques minutes auparavant un discours dithyrambique. Mais durant son vol, la pie manqua percuter de plein fouet une hirondelle malhabile qui osa lui couper la trajectoire. Quelque que peu irritée d'être passée si près d'un accident aérien, la Pie poussa des petits cris stridents à l'intention de cette stupide hirondelle. Des piaillements un brin racistes et enflammés qui voulaient dire dans le langage des oiseaux :

*Retournes en Afrique, maudite Hirondelle de printemps! *

Mais une fois la pie arrivée sur la plateforme d'atterrissage que représentait l'estrade des officiels, elle oublia très vite l'incident et cette rencontre aérienne, pour se reconcentrer sur son travail d'investigation. Elle bénéficiait d'un angle de vue imparable sur la tragédie qui sévissait dans le Chemin de traverse, et il était temps d'abandonner les plumes pour retrouver sa peau soyeuse. Une lumière incandescente tourbillonna alors autours de la silhouette du petite volatile, qui se dématérialisa un instant, avant de reprendre l'apparence humaine de la célébrissime rédactrice en chef de Multiplettes. Mildred Magpie avait la chance inestimable de se retrouver au cœur de l'action, et sa conscience professionnelle la poussa rapidement à exercer son devoir d'information. Très vite, elle dégagea d'un pan de son tailleur, une baguette profilée en bois de Prunellier, qu'elle dirigea rapidement vers l'une de ses poches pour en extirper un minuscule appareil photo magique. A l'aide d'un sortilège informulé, elle fit grandir celui-ci à une taille décente, de manière à pouvoir le manipuler à sa guise. Un calepin et une plume magique ne tardèrent par à léviter à ses cotés, de manière à retranscrire toutes ses observations. Enfin Mildred pouvait exercer son métier de journaliste, et offrir son propre compte-rendu des évènements. Elle se dirigea vers le rebord de l'estrade, afin de pouvoir prendre quelque cliché de la catastrophe. C'est alors, qu'à quelques mètres seulement des malheureuses victimes qui périssaient comprimés dans l'étau de la foule, que Mildred ressentit une vive émotion qui faillit prendre le pas sur sa conscience professionnelle et ses ambitions.

Car en contrebas, le carnage ne faisait aucun détail : Des enfants périssaient piétinés, des femmes et des vieillards s'effondraient, même des hommes robustes tentait vainement de transplaner sans que cela ne soit possible, du fait des sortilèges de protection qui protégeait le Chemin de Traverse et le discours de monsieur Fiennes. Des visages blêmes au yeux morbide scrutaient les hauteurs de l'estrade comme s'il existait encore un espoir de pouvoir l'atteindre. En voyant ce spectacle, le regard d'ordinaire si confiant et voyeuriste de Mildred Magpie s'obscurcit l'espace d'une seconde, alors que sa main tremblante saisit machinalement la lanière de son appareil photo. Mais les larmes qui perlaient au coin de ses yeux et qui traduisaient une vive et sincère émotion, furent très vite balayée par une volonté encore plus puissante; Celui de mettre une distance professionnelle, entre elle et les victimes, et de pouvoir atteindre par le biais de cette tragédie, son rêve de devenir la nouvelle reine des médias. Sa détresse se transforma alors très vite en une fascination morbide, qui poussa Mildred Magpie à mitrailler de son objectif les visages agonisants des pauvres victimes de la foule. Elle capta toute sortes d'émotions tragiques, à la recherche de la photo parfaite qui ferait la une du futur Multiplettes. C'est alors que Mildred croisa la détresse d'un groupe de jeune gens, qui tentaient de rejoindre le bas de l'estrade, pour une raison encore indéterminée. Pour la journaliste en quête d'image forte, cette situation pouvait capter l'émotion de ses lecteurs. Mildred esquissa alors un léger sourire victorieux, lorsqu'elle sur une jeune femme blonde, aussi frêle qu'un poussin, qui luttait contre vent et marée pour rejoindre le corps allongé et immobile de son ami. Mildred éprouva alors un plaisir des plus malsains, lorsqu'elle réalisa que cette petite blonde au visage d'ange allait lui offrir sur un plateau d'argent, une photo valant au bas mot plusieurs centaines de millier de Galions. Aussi pathétique que tragique, la lutte de l'innocente jeune femme pour extirper des griffes de la foule son jeune compagnon avait quelque chose de surréaliste, voir de mystique pour Mildred Magpie. A lui tout seul, ce cliché racontait une histoire à laquelle n'importe quel lecteur de Multiplettes pourrait s'identifier! Aussi horrifiée que fascinée, alors qu'elle zoomait sur le visage en larmes de l'inconnue au visage d'ange, Mildred éprouva une satisfaction immense pour son travail et l'idée d'immortaliser cet instant tragique. Elle murmura alors doucement :

"C'est bien ma belle, continue comme ça. Oui, pleure! L'image n'en sera que plus belle! Oui mon ange, tu peux le serrer dans tes bras. Parfait! "

Tout à coup, quelqu'un l'interrompit dans son exercice de journalisme voyeuriste, en lui tapotant doucement sur l'épaule de la pointe d'une baguette magique. Sans se retourner, Mildred pensa une seconde qu'il devait probablement s'agir du service d'ordre de Fiennes. Trop habituée à se faire éjecter comme une vulgaire paparazzi, c'est d'une voix aussi douce que tranchante, qu'elle molesta celui qui osait troubler son moment de grâce.

"Voyons monsieur. Je suis dans mon droit le plus absolu, j'exerce simplement mon métier de journaliste! Vous voulez voir ma carte de presse? "

C'est alors que quelqu'un se pencha sur elle, et une voix des plus familières finit par lui chuchoter à l'oreille un doux rappel.

"C'est inutile Mildy... Je me permets juste d'intervenir pour te dire que tu ne te préoccupes pas du bon coté de l'estrade. Ce que tu vois là, en bas, c'est ceux qui seront à jamais des victimes. Des pauvres petites larves trop bêtes pour comprendre à quel point elles sont manipulées. Fiennes fait partie d'eux désormais. Ils vont bientôt évacuer la tribune des officiels, alors agis vite comme il était convenu de le faire! Enfin si seulement tu aspires encore à rejoindre les puissants de ce monde... Est-ce toujours le cas, Mildy? "

Mildred hocha de la tête, ses petites lèvres se pinçant quelque peu à l'idée d'être reprise par Jacob. Il est vrai qu'elle s'était peut-être laissée emporter par l'émotion de ce scoop gigantesque, mais elle savait parfaitement ce qu'elle devait faire. Seulement, son Elle se tourna vers Jacob Dalhiatus, pour lui réaffirmer son engagement.

"Bien entendu que je le désire, laisse-moi juste un peu de temps! Et bientôt, nous n'aurons plus besoin de supplier personne ... "

Mildred se détourna de la fosse et de ses innombrables victimes, et contourna Jacob pour se rendre vers son objectif initial. Celui-ci n'était point la dépouille blessée de Fiennes, qu'elle ferait passer dans les heures à venir pour l'un des principaux responsables de cette tragédie, et la victime collatérale d'un tir perdu provenant de son incompétent service d'ordre. Non celui qui ferait de Mildred une reine de la désinformation, se trouvait juste devant elle. Comme convenu, elle se tint à quelques encablure de Leopold Marchebank qui était sur le point d'évacuer vers l'arrière de l'estrade, avec à ses cotés une femme tenant dans ses bras une jeune fillette. N'était-ce pas là le cadre rêvé pour faire de lui un exemple de bravoure? Mildred Magpie fit alors léviter son appareil photographique magique, attendant le moment propice qui ferait de ce fuyard, le héros de tout un peuple. Lorsque l'homme posa sa main sur l'épaule de la pauvre mère, pour l'aider à se réfugier,  l'imagination de Mildred s'enflamma en même temps qu'un sourire victorieux. Leopold était de la race de ceux qui sauve la veuve et l'orphelin, au mépris de sa propre survie. Voila qui donnerait de lui une image, pouvant lui donner un capital sympathie indéniable!

Alors que sa plume magique retranscrivait toutes ses pensées d'un bloc, un déclic se produisit, signifiant qu'une photographie venait d'immortaliser à tous jamais ce tableau idyllique de Leopold Marchebank, le digne sauveur du peuple. Plus l'histoire est belle, et plus les gens ont envie de la croire, surtout après pareille tragédie. Après ce "bloody sunday", Leopold Marchebank avait toute les cartes en main pour reprendre les rênes du monde magique, et la rédactrice en chef de Multiplettes comprit très vite qu'elle venait de miser sur le bon cheval. Elle remercia secrètement Jacob de l'avoir intégré dans ce réseau de comploteurs, puis se décida à quitter cette tribune improvisée qui manquait de s'effondrer d'une minute à l'autre et donc, elle se dirigea vers le rebords, ou la foule s'entassait en contrebas. Se bouchant les oreilles de ses mains pales, afin de ne pas se laisser distraire par les hurlements terrifiés de al foule, Mildred imagina alors toutes sortes de titres qui pourraient éclairer la première page de son journal à scandale. Ce Bloody Sunday allait faire d'elle une femme immensément riche!


Nul doute que son édition du lendemain dépasserait ses records de vente historique, et que Multiplettes deviendrait un média incontournable du monde magique! A elle de bien broder son histoire, et tisser ses mensonges. Tout en méditant sur ses futurs articles, Mildred continuait d'avancer vers le vide et la foule. Alors que tout laissait présager une chute fatale de sa part, au dernier pas fatidique, elle se métamorphosa à nouveau en Pie, pour s'envoler vers une zone éloignée du danger...

[Fin Mildred]


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Dieu existerait-il vraiment? Ou était-ce le fruit d'une pure coïncidence? En tout cas Jacob feignit une divine surprise alors que ses prières de voir s'achever le discours démagogue d'Alan Fiennes, venaient de s'exaucer, suite à mouvement de panique sur le Chemin de Traverse. Jacob se redressa sur son séant, et tendit la tête pour analyser la situation. Voila que la Police Magique se mettait à tirer sur la cohorte de manifestants, sans se soucier du danger et des mouvements de foule qu'une telle initiative risquaient d'engendrer. A ses cotés, Richard Dalnox gesticulait sur son siège alors qu'un chef de la Brigade de Police magique lui faisait un rapport éclair de la situation. Tirs isolés venant des manifestants, répliques du service d'ordre, apparemment nul ne pouvait donner les circonstances exactes sur la source de cet incident. D'ailleurs la situation devenait ingérable pour les quelques Aurors et la Police Magique en sous-effectif, alors que les sortilèges fusaient de toute part comme si une guerre venaient de s'installer dans l'allée commerçante. Intérieurement, Jacob jubilait de voir le petit prince de la politique nager en plein désarroi, et il ne manqua pas cette belle occasion d'accroitre la tension qui s'emparait de son ennemi politique.

"Monsieur Dalnox, dites-moi si je me trompe... Mais j'ai l'impression que vous avez totalement perdu le contrôle de vos hommes? Était-ce réellement une bonne initiative que d'envoyer un cordon de Police magique dans la foule de manifestants? Tout en sachant que vous êtes en sous effectif? Personnellement c'est le genre de provocation que j'aurai évité... "

Richard Dalnox n'arrivait plus à suivre tous les interlocuteurs qui s'adressaient à lui en même temps, mais la remarque du directeur du département des Catastrophes magiques venait sans doute de le piquer à vif. Et en cela résidait l'objectif de Jacob, qui ne cherchait qu'à lui faire perdre le peu de raison qui subsistait encore en lui. Dalnox ne tarda point à tomber dans le piège, et laisser parler son orgueil, plutôt que sa raison.

"Vous avez la critique bien facile monsieur Dalhiatus. Quelques minutes auparavant vous m'encouragiez dans mes choix, et voila qu'à présent vous me faites des reproches! C'est à ne plus rien y comprendre. Nous avions des individus potentiellement dangereux à canaliser, il était du devoir de la PM d'intervenir! Et en aucun cas je me permettrai d'interagir avec leur décision! "

Jacob adressa une moue dubitative au bras droit de Fiennes, attestant de son scepticisme sur sa manière de gérer son Département.

"En clair, vous êtes en train de me dire, que vous avez jugé opportun de ne délivrer aucune consigne de sécurité à vos services, et ce malgré le caractère exceptionnel de ce meeting publique! Vous venez de faire l'aveu même de votre incompétence! Vous avez mit en danger le ministre Fiennes, ainsi que nos concitoyens! Attention! "

Tout à coup des sortilèges vinrent frapper la tribune des officiels, et Jacob écarta plusieurs d'entre eux en usant de sortilège défensifs. Dalnox recevait quant à lui des Patronus de toute part qui l'informaient d'un danger devenu incontrôlable, et de l'obligation de lever les sortilèges freinant le transplanage, de manière à éviter que les mouvements de foule ne tournent au drame. Cette recrudescence de la violence dans le Chemin de Traverse souleva un vent d'inquiétude dans la carapace de sang-froid de l'ancien Serdaigle. Jacob éprouva une certaine appréhension à l'idée de savoir sa Swann plongée au milieu de ce chaos. Il lui avait pourtant indiqué de bien se calfeutrer à l'intérieur de son magasin, mais nul doute qu'elle aurait préféré encore une fois, n'en faire qu'à sa tête, et rejoindre la rue et ses cohortes de manifestants. La curiosité était un défaut typiquement féminin contre lequel l'homme ne pouvait lutter! Au risque de faire passer ses ambitions politiques au second plan, Dalhiatus préféra ignorer les plans d'évacuation et se rendre en direction du chemin de Traverse. Mais alors qu'il s'éloignait de la tribune des officiels, un sortilège vint frapper de manière frontale le Ministre de la magie, Alan Fiennes. Comme un symbole, le leader charismatique du MIM, déchira dans sa chute la bannière du Parti pro-moldu. Fallait-il y voir un symbole? Un signe de renouveau? En tout cas, cette attaque magique provoqua dans son for intérieur, un sentiment assez ambigu, comme s'il ne s'attendait pas à une telle exaction. Car ce sortilège mortel n'était pas le fruit du hasard, mais un acte prémédité. Fiennes était clairement visé, et à part lui, il ne voyait qu'un seul homme pouvoir donner un tel ordre. Jacob chercha à attraper en vain le regard de Leopold Marchebank, afin d'y discerner une éventuelle lueur assassine, mais le comploteur lui tournait le dos. Avait-il commanditer le meurtre de Fiennes? Après tout, cela n'était pas impossible, tant il l'avait suggéré à demi-mot lors de leur discussion. Chose étrange, Leopold ne dégageait pas l'aura d'un tueur, et c'est ce qui le rendait encore plus effrayant. Les beuglements effrayés de Dalnox finirent par le soutirer de ses pensées. Incapable de se maitriser, il vilipendait son service d'ordre de manière confuse.

"Mais il faut évacuer! Le ministre n'est pas mort, vous devez le secourir! Mais par Merlin, qu'est-ce que vous attendez? "

Richard Dalnox n'avait pas l'étoffe d'un grand, et sans le Ministre de la magie pour l'appuyer, il n'était plus rien. Une vulgaire marionnette coupée de ses fils. Jacob poussa un long soupir et l'abandonna à son sort, pour se diriger vers le bord de l'estrade. Etrangement, Swann était devenue sa priorité, ce petit grain de sable d'allure inoffensive qui venait pourtant enrayer toutes ses machinations. Les femmes étaient sa plus grande faiblesse, et pourtant c'est l'une d'elles qui le ramena sur les sentiers de la raison. La silhouette de sa demi-sœur se tenait à proximité de la fosse, ignorant le danger et les sortilèges qui voletaient dangereusement tout autours d'elle. La rédactrice en chef de Multiplettes qui faisait partit intégrante du plan instauré par le duo Leopold & Jacob, jouait son rôle de témoin directe en prenant des clichés racoleurs de l'affreuse catastrophe humaine. Toutefois, elle semblait pour l'heure être accaparer par les petites fourmis qui mourraient à ses pieds, ignorant les empires qui se construisaient dans son dos. Le journalisme d'investigation ne devait-il pas aller droit à l'essentiel? Jacob s'avança à pas de loup vers sa demi-sœur, pour déposer une main amicale sur son épaule. Dans un chuchotis complice, il lui suggéra alors de passer à la seconde étape de son plan. Cette dernière s'exécuta sans rechigner, laissant Jacob dévorer des yeux la foule à la recherche de sa dulcinée.

Protégé par une barrière magique, le puissant sorcier ne tarda pas à arriver à ses fins, du moins l'espace d'une seconde, lorsqu'il entraperçut  le visage de Swann au milieu de la foule. Mais la seconde suivante, elle fut de nouveau absorbée par la foule, ce qui arracha un juron à Jacob. Trop éloignée pour qu'il puisse la rejoindre, c'est une circonstance particulière qui la ramena à lui. Un de ses agents corrompus qu'il avait engagé et grassement payé pour semer le désordre dans la foule, venait de la frapper durement en pleine poitrine pour la projeter juste en bas de l'estrade et de sa position. Jacob sentit son cœur s'arrêter l'espace d'un instant, alors que la jeune femme demeurait immobile à ses pieds. Sans se soucier des conséquences, dévoré par une haine féroce, le chef du département des Catastrophes Magiques dégaina sa baguette pour expédier un puissant sortilège "Expulso" qui envoya sombrer le policier magique dans la foule. Puis il se concentra à nouveau sur Swann, qui recouvrait peu à peu ses esprits. L'air hagard, elle posa les yeux sur un jeune homme au visage bien familier. Aaron Finnigan se tenait devant elle et paraissait hésiter à venir la secourir, sans doute dépassé par la situation dans laquelle il se retrouvait plongé. Qu'il en soit ainsi, car Jacob ne voulait pas voir cet énergumène sortir de son grenier pour venir en aide à sa fiancée! Peut être par Jalousie ou Amour, en tout cas il s'activa de brandir sa baguette en direction de Swann.

"Levicorpus! "

Le corps de Swann se souleva alors dans les airs, comme si une main invisible venait de la saisir par la cheville. Jacob pria pour que aucun sortilège ne vienne la frapper durant ce déplacement magique. Mais c'est rassuré qu'il la vit léviter au dessus de la plateforme, et venir juste en dessus de lui. Le sorcier prononça alors le contre-sort qui libéra Swann de son emprise magique.

"Liberacorpus! "  

La jeune femme retomba alors dans les bras de Jacob Dalhiatus, qui sans même un regard pour Aaron Finnigan et les victimes laissées derrière lui, s'enfuit vers la zone d'évacuation. Une fois à l'abri des sortilèges, il jeta un regard de reproche à celle qui deviendrait un jour sa femme.

"Quand comprendras-tu que tu dois m'obéir? Tu devais rester dans ton magasin! Alors que faisais-tu au beau milieu de la foule? Je veux que tu m'écoutes car je ne serai pas toujours là pour te venir en aide! Maintenant et pour ton bien, tu feras ce que je te dis de faire! "

Puis sans se soucier du ressenti de Swann, il la serra très fort contre lui, avant de lui murmurer sur un ton plus adoucit.

"Je pensais t'avoir perdu, ma belle... Je vais te trouver un médicomage pour qu'il  t'examine... Tu verras tout va aller pour le mieux... "

Tenant toujours Swann dans ses bras, Jacob dévala alors les marches qui les emmenaient en sécurité...


Alexandra FitzApothicaireavatar
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Alex était satisfaite, la manifestation prenait bien et ils n’étaient pas du tout ridicules, au contraire, une partie de la foule se joignit à leurs cris, le reste les fixaient avec des regards ennuyés voire carrément hostiles : ils dérangeaient et Alex aimait ça. Les étudiants et les loups-garous étaient également de sortie et ça faisait plaisir à voir, la jeunesse et les exclus, unis pour enfin se faire entendre.

Tout à sa manifestation, elle n’aperçut pas tout de suite Joan s’approchant d’eux. La femme était une membre active de l’OFFRE, toujours vindicative, elle était d’une grande utilité notamment grâce à son implication dans l’édition du Cognard Déchaîné qui publiait de temps en temps des informations sur l’OFFRE. Elle leur avait fait faux bond ce matin comme un certain nombre de militants, Alex avait été un peu déçu mais ils avaient été suffisamment nombreux pour finir le boulot dans les temps et l’excitation qu’elle ressentait à l’idée de manifester aux côtés du reste de la population avaient vite atténué son léger énervement ; et puis, il fallait dire qu’elle les comprenait, le dimanche matin était fait pour paresser, dur de casser ses habitudes.

Elle salua d’un signe de la tête et d’un sourire la femme. Celle-ci se rendit tout de suite utile en prenant une partie des tracts que Rosalyn Reynolds tenait dans ses mains. Alex aimait l’efficacité de Joan, elle allait droit au but et ne faisait pas les choses à moitié, en témoigne le nouveau slogan qu’elle venait de lancer et qu’un certain nombre de personnes reprenaient en cœur :

« Avortons le gouvernement ! »

Prise par son enthousiasme, Alex ne vit pas tout de suite la jeune serveuse se dirigeant vers elle, ce n’est que lorsqu’elle entendit ses paroles qu’elle s’arrêta de scander son mécontentement. Elle était contente de la voir, elle appréciait la jeune femme qui était à ses côtés dans le noyau dur de l’OFFRE depuis un bon moment maintenant. Une collègue mais aussi une amie même si elle ne se voyait pas souvent en dehors des locaux de la Promenade des Marins.

« T’as vu ça ! C’est impressionnant ! Je savais qu’on serait nombreux grâce aux Nimbus notamment mais c’est plus que je n’espérais. Fiennes ne sortira pas indemne de cette journée et il n’aura pas d’autre solution que de nous écouter ! »

Elle laissa s’écouler quelques instants avant qu’un autre élément du discours de Juliana ne fasse son chemin dans sa tête :

« Tu as raison, ils ne sont vraiment pas très nombreux… C’est tout de même bizarre, ils devaient bien se douter qu’un tel rassemblement pouvait dégénérer… Peut-être sont-ils habillés en civil ? »

Mais Alex doutait de ses propres paroles, les quelques aurors et policiers magiques avaient les traits tirés, ils paraissaient inquiets et tendus. Elle vit un binôme échanger des paroles énervées à quelques pas de son groupe, malheureusement, la clameur l’empêcha de saisir la teneur de leur échange. Enfin, elle n’allait pas s’inquiéter de ça maintenant, c’était même une opportunité pour se faire entendre comme l’avait souligné Juliana. Elle haussa les épaules, sourit à la jeune femme et à son amie et ensemble, elles reprirent les slogans habituels.

Alex commençait à avoir la gorge enrouée de trop crier. La foule était fébrile, Alex était heureuse. Enfin, les choses bougeaient. Enfin, le peuple parlait, hurlait son mécontentement. Elle avait l’impression d’agir, la communion des voix de centaines de personnes la faisait frissonner. Depuis quatre ans, elle ne vivait plus que pour ça, ces moments d’exaltation, de foule, où le danger était imminent. Ces moments où elle avait l’impression d’être entourée, de ne pas être seule à refuser cette vision du monde magique. Elle retrouvait les frissons qui l’avaient parcouru presque un an plus tôt lors de l’attentat du London Eye ou encore lors de la chasse au trésor de Pré-au-lard, chasse au trésor qui avait très mal tourné à cause des potions Chaudrillon… Bien entendu, elle ne pouvait pas se plaindre ouvertement de cela mais derrière ses slogans anti-Chaudrillon, elle ne pensait pas qu’aux grossesses non-désirées mais aussi à l’intervention ratée de ce jour de février.

Des cris à sa gauche la tirèrent de ses pensées révolutionnaires, une petite vieille était en train de faire la morale à l’une de ses nouvelles recrues. Une toute jeune femme victime de Chaudrillon, qui portait son ventre trop lourd comme un fardeau. Le scandale l’avait amené à gérer de nombreuses jeunes femmes qui s’étaient tournées vers l’OFFRE à la recherche d’un peu de soutien. Elle avait tâché de faire au mieux, les avait dirigé vers des Médicomages ou des hôpitaux moldus, les avait épaulé comme elle le pouvait. Elle n’avait pas cherché à les embrigader, ça n’aurait servi à rien, elles avaient déjà suffisamment de problèmes personnels pour penser à la lutte commune, mais un certain nombre d’entre elles avaient tout de même décidé de s’engager à leurs côtés.  

Certaines étaient là aujourd’hui malgré les risques que représentait une telle réunion et Alex ne pouvait tout simplement pas supporter qu’une inconnue fasse la morale à l’une d’elle. Ce que vivait la jeune femme ne la regardait en rien et l’accuser ainsi ne ferait rien de bien. De toute façon, il était trop tard pour un avortement. Lorsque la vieille femme osa poser la main sur le ventre de la future maman, le sang d’Alex ne fit qu’un tour et elle s’approcha, repoussant la foule agitée l’entourant. Jamais il ne serait venu à l’esprit de quelqu’un de toucher le ventre d’une jeune femme au milieu d’une foule ou alors le geste aurait été considéré comme un attouchement commis par un obsédé. Et là, sous prétexte que la jeune femme était enceinte, on trouvait le geste normal. Il n’avait rien de normal, il était tout aussi méprisable et dépassait de beaucoup ce qui était acceptable. C’était son corps, c’était son enfant et personne n’avait le droit de la toucher.

Alex s’interposa :

« Ecartez-vous ! »

Elle n’était pas la seule à avoir réagit, la future maman avait brandit sa baguette. Alex repoussa la vieille femme pour l’écarter du ventre de la jeune fille mais aussi la protéger du sort que la militante s’apprêtait à lancer. Alex avait beau désapprouver son geste, elle ne souhaitait tout de même pas que la femme âgée soit blessée, voire pire, à son âge, un sortilège pouvait vite mal tourner. Un jeune homme avait eu le même cheminement de pensée qu’elle puisqu’il poussa le bras lançant le sort, celui-ci explosa contre une vitrine et instantanément, le noir envahi leur coin du chemin de Traverse.

Immédiatement, la foule paniqua, les cris fusèrent et les corps furent poussés dans des sens contraires. Alex gérait assez bien le mouvement de panique. Ses pieds touchaient le sol, elle était malmenée, poussée dans diverses direction mais elle tenait debout. Par contre, impossible de sortir sa baguette, ses bras étaient comprimés contre ses flancs. Un sort passa au dessus de sa tête et elle réalisa réellement ce qui était en train de se passer. La manifestation avait dégénéré et pas qu’à moitié. Contrairement à la foule l’entourant, Alex parvenait à être satisfaite de ce retournement de situation. Bien entendu, elle ne prenait pas de plaisir à entendre les cris de panique et de douleur l’entourant ; elle aussi elle tremblait en entendant des enfants appeler désespérément leurs parents mais elle avait une vision à long terme. Elle voulait que les choses changent et depuis longtemps elle savait que ça ne se ferait pas sans cris et sans larmes. Le jour où elle avait intégré les Mardoliens, elle avait aussi accepté le fait qu’il fallait sacrifier des hommes pour la Cause. Une révolution ne se faisait pas en déclarant naïvement vouloir que tout le monde soit égal. Une révolution c’était du sang et des larmes pour un monde meilleur, c’était accepter de se sacrifier et parfois de sacrifier les autres pour changer le monde.  

Ballotée par la foule, Alex s’accrochait à ses pensées révolutionnaires pour ne pas paniquer. Elle n’était pas bien grande et respirer devenait difficile mais elle tiendrait bon. Elle ne savait pas ce qui avait obscurcie l’air mais ça allait se dissiper et la foule se desserrerait à ce moment-là, du moins, elle l’espérait. Elle écarta ses jambes de quelques millimètres supplémentaires pour être un peu plus stable. Un mouvement de foule sur la droite lui arrache un cri de douleur. Son voisin venait de percuter durement sa hanche droite. Des larmes emplirent immédiatement ses yeux alors que son souffle se coupait. La douleur était insoutenable. Alex jura.

Des années que sa jambe la faisait souffrir. Des années qu’elle traînait la patte en tâchant de faire comme si ça ne la complexait pas. Des années qu’elle se réveillait brutalement la nuit parce qu’une mauvaise position avait réveillé la vieille douleur. Et il avait fallu que cet abruti tombe pile sur sa hanche maudite.

Le mouvement de la foule repartie dans l’autre sens et Alex tituba. Elle s’accrocha à son voisin, les yeux plein de larmes, le souffle court, elle cria lorsqu’elle tenta de prendre appui sur sa jambe droite. Plus de doute possible, il n’avait pas que réveillé l’ancienne douleur, il l’avait rouverte. Alex titubait. S’en était fini de son appui stable d’il y avait quelques instants, s’en était fini de ses pensées révolutionnaires. L’instinct de survie prenait le dessus alors qu’elle se tordait dans tous les sens, portée par les mouvements de foule. La panique l’envahit réellement lorsque ses pieds quittèrent le sol. C’était la fin. Sans plus aucun contact avec la terre ferme, elle n’avait plus aucun moyen de lutter contre la foule et ce qui devait arriver arriva.

Un brusque écart et Alex entra violemment en contact avec le sol. Elle eut à peine le temps de relever la tête et d’inspirer une bouffée d’air avant que la foule ne se referme sur elle. C’est à cet instant que l’enfer commença. Les pieds la martelaient, buttant et trébuchant contre son corps. Pendant quelques secondes, elle tenta de se débattre mais bien vite elle comprit que ça lui faisait plus de mal que de bien. Elle parvint alors tant bien que mal à se mettre en position fœtal et elle se laissa faire. Elle ne pouvait pas lutter, elle n’avait aucun moyen de se sortir de cette situation. Les yeux fermés, les larmes ruisselant sur son visage, elle subissait les coups en gémissant et criant. Elle ne commandait plus rien. Bientôt, les pieds ne se contentèrent plus de butter contre elle, ils commencèrent à la piétiner. Le souffle brisé par les coups et les sanglots, elle ne parvenait plus à aspirer l’air bouillant l’entourant.

Elle réalisa alors qu’il était trop tard, qu’elle ne pourrait pas s’en sortir. La foule n’allait pas se dégager miraculeusement, elle n’allait pas arrêter de la piétiner et l’aider à se relever. Elle resterait là, frappée par des dizaines de chaussures qui meurtrissaient sa chair et éteignaient son souffle. Sans qu’elle ne le contrôle, un souvenir lui revint en mémoire. Un stade immense, la foule autour d’elle, la compressant, la mettant mal-à-l’aise, mais des bras rassurant l’encerclant, la musique hurlée par des enceintes monstrueuses, les cris de joie et Steve fredonnant les paroles dans son oreille. Aujourd’hui, elle était seule. Elle avait dédié sa nouvelle vie à la lutte et il semblerait qu’elle prendrait fin plus tôt que prévu. Une sorte de résignation s’empara d’Alex, elle n’avait rien à perdre, personne ne la regretterait. Ses parents surement mais ils s’étaient perdus depuis longtemps. Un nouveau sanglot, d’un autre genre celui-là, la secoua et même le pathétique de la situation ne parvint pas à la faire réagir. Elle allait mourir là, seule, piétinée par des dizaines de chaussures inconnues. Ridicule.

Une main agrippa son poignet mais meurtrie comme elle l’était, elle ne réagit pas. Ce n’est que lorsque la sensation habituelle de transplanage la saisit qu’elle réalisa ce qui était en train de se passer. Elle toucha brutalement le sol, cria. Etalée de tout son long, elle essayait difficilement de respirer. Tout son corps la faisait souffrir et elle avait l’impression que les pieds continuaient de la marteler. Ses oreilles bourdonnaient mais elle percevait tout de même les cris de la foule et des sorts crépitant. Elle n’avait pas quitté le Chemin de Traverse. Elle entrouvrit les yeux mais ne put apercevoir qu’une tête brune entourée de bouclettes. D’une voix croassante, elle s’adressa à la personne qui venait manifestement de lui sauver la vie :

« Merci »

Ce simple mot lui arracha une quinte de toux.

Echouée sur le parvis de Gringotts, le corps tuméfié, les vêtements en lambeaux, les cheveux sales, arrachés, emmêlés, Alex faisait pitié.


Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Alicia avait été formée pour réagir aux situations de crises, aux situations d’urgences. Lorsqu’on amenait un patient dans un état critique à l’hôpital, il fallait réagir immédiatement. Il fallait prendre les choses en main, rester calme, et agir. C’était l’une des choses les plus importantes chez un médicomage, et Alicia l’avait bien compris. Aussi, alors qu’elle était en plein milieu d’une foule immense, agitée, déchaînée, la jeune femme parvenait à garder un semblant de sang-froid. Elle n’aurait su dire quand les choses avaient commencé à dégénérer ainsi. Juliana et elle étaient arrivées un peu en retard, mais avaient fini par rejoindre l’OFFRE, pancartes en main. Les slogans qui furent lancés étaient parfois d’une rare violence, et Alicia avait noté toute la colère qui émanait des manifestants. Il y avait des membres de la FOSSE, de l’OFFRE, du syndicat des étudiants… Il y avait des vieillards qui hurlaient d’une voix grave, des femmes enceintes qui accusaient le gouvernement, des hommes, des femmes, parfois des enfants, qui criaient, qui faisaient revendiquer leurs droits, qui tentaient de se faire entendre, de dénoncer toutes les injustices auxquelles ils étaient confrontés. Puis, sans prévenir, des sorts s’étaient mis à fuser, les uns après les autres. La foule était paniquée – et il n’y avait rien de plus dangereux qu’une foule paniquée.

Une partie du cerveau d’Alicia était pétrifié parce qu’il voyait, tandis que l’autre l’empêchait de sursauter, comme deux engrenages. Le premier était effaré, observait les corps qui tombaient par terre, apercevait les sortilèges fuser dans tous les sens. L’autre se contentait d’analyser la situation. La femme qui venait de tomber à terre ne pouvait être sauvée – la blessure qu’elle avait été profonde, elle décéderait avant d’arriver à l’hôpital. L’hémorragie d’un jeune homme était contrôlable, si elle parvenait à faire pression dessus. Mais ils furent séparés par la foule. Alicia resserra sa prise sur la main de sa petite-amie, se refusant de la laisser s’éloigner d’elle.

« Julia ? Julia, ça va ? Faut absolument qu’on sorte de là… » souffla la médicomage, plus pour elle qu’autre chose. Elle retournerait évidemment sur le Chemin de Traverse avec les médicomages pour soigner les blessés avant qu’ils ne soient envoyés en urgence à St Mangouste. Mais elle ne pouvait pas faire ça tant qu’elle serait avec Juliana – pour la simple et bonne raison qu’elle s’inquiétait beaucoup trop pour la jeune femme.

Le couple tenta de rejoindre une allée un peu dégagée du Chemin de Traverse, sans grand succès. Elles étaient bloquées par la foule, quoi qu’elles fassent. Alicia soupira, avant de sursauter lorsqu’un sort la frôla de peu. La situation était incontrôlable, et elle était bien chanceuse de n’avoir reçu que quelques coups pour l’instants, songea Alicia en tirant Juliana vers elle. Elle se retourna pour observer cette dernière, et aperçu avant impuissance un sort se diriger vers elle. Elle hurla, tentant de faire bouger Juliana – trop tard. Le sort – qu’elle reconnu comme étant un Diffindo – atteignit sa petite-amie au niveau de l’estomac, provoquant une ouverture béante, qui commença à maculer le tee-shirt de la jeune femme de sang.

« Oh non. Non, non, non ! » s’exclama Alicia avant de jurer allégrement, tout en se précipitant vers Juliana pour la soutenir.

*Juliana est en train de se vider de son sang, elle pourrait mourir. La foule est toujours agitée, il n’y a rien à faire pour les calmer. Je ne peux pas soutenir longtemps comme ça. Je ne peux pas la laisser tomber, elle en mourrait. Elle ne peut pas mourir, je ne veux pas qu’elle meurt.* songea le premier engrenage de son cerveau. *Juliana a une plaie béante au niveau de l’estomac, qui n’arrête pas de saigner. Le sort a pu toucher des organes vitaux, c’est sérieux. Il faut stopper le saignement avant. Je ne peux pas lancer le sort, il y a trop de gens autour. Il me faudrait de l'essence de dictame, je n’ai pas ça sur moi, et je ne peux pas attendre l’arrivée des médicomages, ce serait trop tard. » rétorquait la deuxième partie de son cerveau, alors qu’elle tentait de maintenir Juliana debout contre elle.

Alicia jura une nouvelle fois, avant de faire pression avec ses mains sur la plaie de la jeune femme, tentant de l’entraîner à l’écart. Transplaner était impossible, un imbécile avait jeté un sort anti-transplanage sur le chemin de Traverse. Elles étaient piégées, songea la jeune femme en traînant Juliana vers une petite ruelle qui jouxtait le Chemin de Traverse. Elle avisa une porte qui menait à une cour et sortit sa baguette pour l’ouvrir. Elle dû s’y reprendre à trois fois, changeant de sorts pour faire sauter les protections. Elle débarqua dans la petite cour, et se retourna immédiatement pour refermer la porte et y appliquer un sortilège de protection. Puis, elle allongea Juliana sur le sol, les membres encore tremblants de l’effort qu’elle venait de fournir.

La jeune femme s’agenouilla auprès de la petite-amie, et ôta le foulard qu’elle avait autour du coup pour s’aider à stopper l’hémorragie. Elle s’était spécialisée dans les potions par Merlin, pas dans les sortilèges ! Une fois le saignement à peu près maîtrisé, Alicia reprit sa baguette magique, et la pointa vers le ventre de sa petite-amie qui – à demi-consciente – délirait légèrement. La médicomage murmura quelques incantations, insuffisantes pour refermer la plaie, mais qui – elle l’espérait  - parviendraient à faire tenir Juliana jusqu’à sa prise en charge à St Mangouste. Les organes vitaux ne semblaient finalement pas touchés – pas gravement, ce qui rassura la jeune femme.

« Tu n’as pas intérêt à mourir Julia. Je te préviens, ne t’avise même pas de mourir ! Tu m’entends ? Reste en vie, je t’en supplie… » lâcha Alicia, des sanglots dans la voix. « Les secours vont bientôt arriver, d’accord ? Ils seront bientôt là. Ça va aller. Tu t’en sors bien. » lui souffla la jeune femme en lui saisissant la main. « Je t’aime, Julia, et tu vas t’en tirer. Ca va aller, ça va déjà mieux… » affirma la médicomage, en observant son travail. « Mieux » était bien un grand mot. Mais ce n’était pas mal.

*

Jusqu’à l’arrivée en masse des médicomages, Alicia resta auprès de Juliana, lui racontant n’importe quoi pour qu’elle reste consciente. Elle tenta par tous les moyens de limiter ses blessures, et ne fut rassurée que lorsqu’un de ses collègues vint les trouver et prit la jeune femme en charge, affirmant qu’elle s’en sortirait. Alicia souffla un long moment, tremblante. Elle devait encore y retourner, elle, pour aider au triage des blessées, puis pour prendre en charge les plus graves à St Mangouste.



Kit par Daisy ♥
Donald McWildeCinquième annéeavatar
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Toute sa vie, Donald avait cherché à se faire accepter pour ce qu'il était. Il l'avait vite compris, la famille dans laquelle il était né ne voulait pas de lui, ou aurait tout du moins espéré qu'il soit quelqu'un d'autre. Mauvaise pioche, il était le contraire de ce qu'ils attendaient. Il n'était pas ce fils sage et intelligent dont ils seraient fiers le jour de sa remise de diplôme. Entre un père qui cherchait à effacer de son cerveau l'existence de son fils, une mère qui le croyait atteint d'anomalies génétiques et un grand frère qui faisait tout pour le rabaisser au rang des cloportes, Donald avait toutes les raisons de se sentir exclu. Il avait cru un moment que les choses seraient différentes à Poudlard... Rejeté à cause de son attitude lourde et bizarroïde, être seul avait fini par devenir une habitude. Danny était l'un des rares à l'avoir malgré tout accueilli bras grands ouverts. Rencontrer des personnes telles que lui avait changé la vie de Donald de bout et bout. Pour la première fois depuis toujours, il s'était senti accepté, apprécié, entouré. Et voilà qu'il trahissait l'amitié qu'il avait reçue en abandonnant la dépouille de son camarade sur le champ de bataille...

Tourmenté par de sombres pensées, Donald commença à se tortiller sur son siège. Il avait déjà du mal à rester immobile en temps normal, mais c'était tout bonnement impossible avec cet énorme poids qui lui broyait le cœur. Il avait l'impression qu'un licheur lui dévorait lentement les entrailles. Aucune position n'atténuait la douleur, même si enfoncer le bas de son visage dans ses bras lui permettait de retenir la boule de sanglots qui montait dans sa gorge. Donald aimait jouer au gros dur mais en cet instant, il se demandait juste comment Nora parvenait à ne pas pleurer. Il n'avait jamais subi de perte aussi brutale. Dans son esprit, la mort était un processus très lent : le vieillissement progressif, le relâchement d'une fin de vie, la descente du cercueil. Il venait de faire l'expérience du contraire ; il avait fallu si peu de temps à la foule pour couper la respiration de Danny, si peu de temps pour mettre fin à une vie ! Donald se leva soudain, manquant de renverser sa chaise. L'attente était insoutenable, il ne supportait pas de rester ainsi enfermé. Il se mit à tourner en rond comme un lion en cage et donna un coup de pied dans la table sans même s'en apercevoir.

« Bordel de Troll ! » rugit-il, son chagrin s'étant mué en colère. Le juron était sorti tout seul et lui valut un regard réprobateur de la vieille gérante.

Comme pour lui faire écho, des bruits violents leur parvinrent depuis le devant du magasin. On tambourinait aux panneaux de bois au point de les faire trembler. Donald entendait distinctement le choc des corps se heurtant sur les murs, et il ne put s'empêcher d'imaginer la maigre carcasse de Danny, compressée contre les parois qui le gardaient lui-même à l'abri. Rien que pour s'ôter cette insidieuse image de la tête, il aurait voulu défaire les sortilèges de protection et ouvrir cette satanée porte. Pourtant, une autre part de son être lui hurlait que ces précautions ne seraient pas suffisantes pour résister aux perpétuels assauts. La magie était-elle assez puissante face à l'énergie du désespoir ? Les hommes étaient parfois capables de prouesses quand la situation les poussait au delà de leurs limites. Maintenant, ils n'étaient plus des sorciers mais de simples êtres humains habités par une seule volonté : survivre, eux et leurs proches. C'était la seule chose qui comptait. L'idée d'un autre Danny qui manquerait peu à peu d'air à quelques mètres de là s'estompa derrière une unique conviction. Donald ne voulait pas mourir. Il voulait vivre.

Ce sont peut-être des élèves...

La timide suggestion de Nora le poussa à jeter un coup d'œil aux agissements du jeune vendeur. Celui-ci esquissa un geste d'impuissance avant de pointer sa baguette vers l'entrée. Il aurait été fou ou inconscient de laisser la foule déferler à l'intérieur, saccager la boutique et les mettre en danger (sans égard pour les avertissements de leur professeur) dans le simple espoir de tomber sur un visage connu. Mais comment blâmer la Poufsouffle de vouloir leur venir en aide ? Ses intentions étaient plus louables que celles de chaque personne barricadée dans l'ensemble des bâtiments. On crachait souvent sur les bons sentiments ; certains se refusaient même d'en éprouver pour ne pas se donner l'apparence de quelqu'un de fragile. En vérité, agir avec bonté dans un monde qui vous poussait au contraire n'était pas signe de faiblesse, mais de force. Donald s'était toujours figuré qu'être brave signifiait accomplir des exploits extraordinaires, affronter un dragon par exemple. Et l'altruisme ? Et le sens du sacrifice ? Danny avait sauvé une petite inconnue au prix de sa propre vie. Un acte noble digne du plus grand des courages ; il avait été un Poufsouffle jusqu'au bout, et c'est ce qui faisait de lui un héros.

Si c'était eux ? répéta Nora, le visage dissimulé derrière ses mains.

Toutes les fois où Donald l'avait croisée, un sourire fleurissait sur les lèvres de Nora Weaver. Elle était la bonne humeur personnifiée, et sa détresse faisait d'autant plus peine à voir. Lui n'avait pas grand chose en commun avec elle, à part quelques amis, toutes ces ecchymoses et ce qu'ils venaient de traverser ensemble. Mais c'était suffisant pour lui permettre de distinguer les craintes de la jeune fille. À vrai dire, il en partageait un bon paquet. Quand bien même ses mots seraient inefficaces, il voulait tenter de la rassurer.

« Ça pourrait être n'importe qui. T'as raison, peut-être qu'ils sont là, derrière cette porte. Le problème, c'est qu'on a aucun moyen d'en être sûrs. On ne peut pas chercher à les secourir en comptant uniquement sur le hasard ! Ce serait mille fois trop risqué, et crois-moi, les risques, ça me connaît. »

Donald s'était déjà retrouvé impliqué dans une quantité incroyable de plans douteux. À chaque fois, il était le premier à tenter le diable en prenant la décision la plus hasardeuse ou le chemin le plus dangereux. Il sautait sans le moindre remord sur les complications générées par ses actions irréfléchies, bluffé par sa propre audace. En revanche, aucune de ses périlleuses expéditions n'avait jusque-là menacé la vie d'un autre que lui. Et c'était sans doute la seule chose qu'il n'était pas prêt à mettre en jeu.

« Mais imagine un peu... et si on ouvre et ce n'est pas eux ? Si Hellsoft les a trouvés de son côté et revient ici alors que le lieu n'est plus sécurisé ? Commettre ce genre d'erreur ne nous exposerait pas seulement au danger, mais les maintiendrait eux aussi dedans. »

Donald s'accroupit à côté d'elle.

« Il n'est pas question d'égoïsme ou quoi que ce soit... C'est juste qu'on ne peut pas sauver tous les gens qui sont là dehors, il y en a des centaines. Tu as bien vu ce qui est arrivé à la dernière personne qui a essayé ! L'adolescent ferma les paupières un court instant. Il n'aurait pas dû dire cela. Il n'aurait pas dû mentionner Danny... Ça ne vaudrait pas le coup, tu sais ? » reprit-il d'une voix brisée, les yeux brûlants de larmes.

Il posa une main hésitante sur l'épaule de Nora, autant pour lui accorder son soutien que pour en soutirer un certain réconfort.

« C'est de nos gens dont il faut se soucier maintenant. Par cela, il entendait Cassandre, Bryan, Will et même Lloyd. Ces autres élèves de Poudlard qui ne rentreraient peut-être pas indemnes à l'école. C'est déjà bien assez. »

Il espérait naïvement que tout le monde, sur le Chemin de Traverse, avait quelqu'un pour veiller sur lui. Il espérait que les maris prenaient soin de leur femme (et vice-versa), que les enfants présents avaient tous un parent pour les protéger, que les amis restaient dos à dos pour s'entraider – et puis que certains, comme Danny, étaient là pour ceux qui n'avaient personne. Au milieu de ce carnage, dans cette lutte pour sa propre survie, la beauté d'un geste redonnait parfois espoir en l'espèce humaine ; une main tendue à un inconnu, un pas fatal qui sauve une autre vie, une étreinte protectrice, lutte unie contre la mort...

« Tout ce qu'il nous reste à faire, c'est... ce qu'Hellsoft a dit. Ne pas leur infliger deux pertes supplémentaires. Je peux t'assurer que je déteste être bloqué ici, mais c'est le meilleur moyen pour nous d'aider. »

Le regard dans le vague, Donald tourna la tête en direction des hurlements.

« Ils vont les ramener sains et sauf. Cassandre, Bryan, Will... même Lloyd ! Ça me tue de le dire, mais pour une fois, il faut faire confiance aux professeurs. »
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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Peter n'était définitivement pas le genre d'homme à se laisser dominer par ses émotions. Il ne montrait jamais ce qu'il ressentait, affichant toujours le même demi-sourire un peu énigmatique, et abordait toutes les situations avec un flegme hérité tant bien de ses origines anglaises que scandinaves. Mais aujourd'hui Peter avait peur, et son corps entier le hurlait, de son ventre noué à son regard paniqué, presque fou.

Il fallait agir, et vite. Il ne pouvait pas rester ici, avec Lou dans les bras et le corps inconscient d'un élève à ses pieds. Il les protégeait pour l'instant en enchainant les sortilèges de bouclier, mais cela ne marcherait pas bien longtemps. Il devait les mettre à l’abri tous les deux et partir à la recherches d'autres élèves -Mendler n'était certainement pas venu tout seul. Mais comment ? Chloé ne l'avait pas entendu, et avait disparu dans la foule, il ne pouvait pas porter Lou et Will tout en continuant à jeter des sorts, et il était hors de question qu'il pose sa fille au sol au milieu d'un tel carnage, surtout pas alors qu'elle savait tout juste marcher.

Peter fit fonctionner son cerveau à plein régime, analysant chacune des maigres options qui s'offraient à lui. Il dut bien vite se résoudre à l'évidence : il n'y avait pas de solution miracle, il ne lui restait plus qu'à opter pour celle qui lui paraissait la moins dangereuse. D'un "accio" il fit venir la baguette de Will Mendler à lui, la passa dans sa main gauche et lança un sortilège de lévitation sur le corps du jeune homme qui s'éleva légèrement au dessus de la foule, hors de portée des coups et des sortilèges. Son bras gauche était un peu immobilisé par Lou, et par le sortilège qu'il avait reçu à l'épaule, mais il devrait réussir à maintenir le sort quand même.

L'enseignant repris son combat contre la foule, essayant de se frayer un chemin vers une zone plus calme, voire de s'extirper de ce bourbier humain. Il progressait lentement, n'osant pas aller trop à l'encontre des manifestants avec Lou dans ses bras et s'arrêtant régulièrement pour parer un sortilège. Il fatiguait, et avait le sentiment que ça ne finirait jamais. Lou pleurait, tout le monde paniquait et essayait de fuir dans des directions opposées, il y avait des corps au sol, et il n'avait plus aperçu Chloé depuis qu'elle avait disparu de son champ de vision. Peter chassa toutes ces angoisses dans un coin de son esprit et se concentra sur le chemin qu'il lui restait à parcourir avant d'atteindre la boutique Guipure de laquelle il avait vu sortir Chloé, avec le sentiment qu'il ne s'en était pas rapproché d'un mètre.

Il leva les yeux une seconde, pour vérifier que le corps inconscient de Mendler lévitait toujours juste au-dessus de la foule. Une seconde d’inattention qui lui couta très cher. Il baissa les yeux pour apercevoir le sortilège qui fusait dans leur direction, et lança son Protego avec une demi-seconde de retard. Il voulut s'écarter de la trajectoire de l'éclair lumineux mais le sortilège de stupéfixion le frappa en plein poitrine. Pourtant il ne perdit pas connaissance, ne se retrouva pas figé, tout juste un peu étourdi. Il réalisa avec horreur que Lou, qui avait posé sa tête contre le torse de son père, avait reçu une partie du sortilège à sa place et était désormais inconsciente.

Pris d'un rage folle, Peter lança un puissant Expulso à la jeune femme qui avait eu le malheur de jeter un Stupéfix dans leur direction. Cette dernière fit un vol plané et s’écrasa un peu plus loin au milieu de la foule, assommée. Il ne se laissa pas le temps de regretter ce coup de colère et voulut reprendre sa progression mais ses gestes étaient ralentis par le sortilège de stupéfixion qui l'avait atteint. Sa vision se troublait, sa blessure à l'épaule le lançait terriblement et il se sentait lentement glisser dans un état second. Sa concentration vacilla, il en oublia son sortilège de lévitation et le corps de Will Mendler retomba à ses pieds. Il mobilisa toute la force qu'il lui restait pour lancer un Protego assez puissant pour les protéger tous les trois. Ils en étaient revenus à leur situation initiale, sauf que cette fois il ne tiendrait pas longtemps. Déjà les cris de la foule lui parvenait à demi-étouffés et les gens qui s'agitaient autours d'ex n'étaient plus que des trainées floues.

A bout de forces, mais décidé à ne pas abandonner, Peter leva sa baguette et envoya des étincelles rouges en l'air pour appeler à l'aide. Il ne s'en sortirait pas seul, mais il avait une petite-fille de tout juste un an et un étudiant de Poudlard à protéger. Il trouverait de l'aide, il le fallait.

HRP:
 
Victor LloydMolduavatar
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Victor ne sait plus exactement ce qui l'a décidé à sortir pour aller à cette manifestation. Il a sans doute trouvé que c'était une bonne idée sur le moment. L'excitation est à son comble lorsqu'il parcourt le passage secret pour sortir de Poudlard. Tellement forte qu'il ne regarde même pas où il met les pieds et fonce droit dans McWilde. Il s'excuse rapidement et continue vite sa progression. Il en a assez de marcher courber, il est en train de s’abîmer le dos et en plus, il est sûr d'avoir des toiles d'araignées dans les cheveux maintenant. Mais il continue d'avancer sans broncher parce qu'il a décidé d'être là. Lui aussi il veut changer le monde. Il se doute que les mardoliens vont faire quelque chose pendant le discours de Fiennes et il veut en être. Il en a assez d'être toujours laissé à l'écart, lui aussi il a des choses à dire.

Alors lorsque les élèves les plus âgés les fond transplaner et qu'il se retrouve sur le chemin de Traverse bondé, il est aux anges. Il a enfin l'impression d'être à sa place et de se sentir utile. Il est prêt à militer pour ce qu'il croit juste. Il regarde ce que l'entoure avec un sourire un peu benêt et commence à se faufiler entre les gens pour se trouver une bonne place. Il se laisse prendre par l'air révolutionnaire et attend désespérément un signal, quelque chose. Il sait que les Mardoliens seront là, c'est obligé. Mais la déception le gagne petit à petit, les slogans fusent de toute part mais aucun signe d'agitation non magique notoire. Il commence à se retirer sur les côtés, là où il a moins de monde quand tout s'emballe. Il ne comprend pas ce qui se passe. La foule s'agite, devient violente. Il sent une main s'abattre sur sa joue et le griffer au passage. Les yeux ébahis d'horreur, il se protège de ses mains et essaye de s'extraire de la foule.

Il doit absolument retrouver les autres. Il ne sait pas où ils sont et ne se souvient pas de tout le monde. Il sait qu'il y avait McWilde et Weaver et aussi Harper. Mais pour les autres, il ne sait pas. Alors, il se hisse sur la pointe des pieds et essaye de repérer les oreilles en feuille de choux de Donald. Le truc le plus hideux qu'il n'ait jamais vu de toute sa vie. Mais à cet instant, c'est la chose qu'il désire voir le plus au monde. Il est même prêt à les embrasser si il sort d'ici vivant. Les sorts fusent autour de lui et il en vient presque à regretter d'avoir souhaité que les choses bouge un peu. est-ce que ce sont les Mardoliens qui sont à l'origine de ça ? Il ne croit pas, il a toujours pensé qu'ils étaient dénués de méchanceté profonde. Quoique Ana Sorden et ses actions auraient dû le détromper. Mais ce n'est pas le moment de penser à tout ça. Sortir de la. Il hurle de frayeur lorsqu'une femme tombe juste devant lui. Il voit les gens la piétiner et lui reste immobile sans rien pouvoir faire, il la regarde se faire marcher dessus, il voit le sang sous elle, son visage qui devient de plus en plus méconnaissable mais il ne bouge pas. Il n'y arrive pas. Il se fait pousser dans tous les sens mais il reste camper sur ses jambes. Et il continue de hurler.

Il voudrait se rouler en boule, fermer les yeux et se réveiller. Parce qu'il est forcément dans un cauchemar. Il rêve, il n'y a pas d'autres explications. Il arrête enfin de crier, il n'a plus de voix et horriblement mal à la gorge. Les gens continuent de le pousser, de passer à côté de lui sans le voir. Et ses jambes commencent à trembler. Il sent quelqu'un de très costaud lui rentrer dedans et il se sent tomber en arrière. Il se retrouve assis sur quelque chose de mou, il ne sait pas ce que c'est. Il voit le corps piétiné de la femme et il retient un haut le cœur. Il sait qu'il doit vite se relever si il ne veut pas finir comme elle. Il sent déjà des pieds lui écraser les mains et des genoux lui frapper le front, le nez et les joues. Il sent une main sous lui s'agripper à son T-shirt et sans réfléchir d'avantage. Il se lève d'un bond en hurlant comme un dingue. Il pousse tout les gens qui se trouvent autour de lui au passage. Il commençait à manquer d'air en dessous en plus. Il inspire une grande goulée d'air frais.

Un peu plus et il allait finir écrabouillé. Son beau visage réduit en bouilli. Il frissonne légèrement à cette pensée mais il n'est pas encore tiré d'affaire. Des types louches jettent des sorts louchent dans tous les sens et lui, il sait à peine se défendre et se servir de sa baguette. Il va mourir ici. Il sent qu'il ne va plus tenir très longtemps comme ça. Des larmes de terreur commencent à couler sur ses joues lorsqu'il sent une poigne forte le tirer vers l'arrière. Une femme qu'il ne connait pas commence à l'entraîner avec elle vers un coin plus sécurisé du chemin de Traverse. Elle l'appelle Tom pendant tout le chemin mais il se fiche bien d'être débaptisé ou confondu avec quelqu'un du moment qu'il s'en sort. La femme semble s'apercevoir de son erreur lorsqu'ils sont enfin dans un coin tranquille, elle le dévisage et commence à hurler le prénom de celui qui doit être son fils avant qu'elle ne disparaisse à nouveau dans la foule.

Victor quant à lui se laisse aller contre le mur le plus proche et attend. Il ne bouge plus. Un visage connu finira bien par le reconnaître ou il finira bien par apercevoir un signe ou quelque chose qui lui permettra de retrouver les autres. Pour l'instant, il tremble comme une feuille contre son mur et il n'a pas l'intention de le lâcher.



Kit par Ju choupie Choupi
Irving WhitakerAubergisteavatar
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C’était une femme. La trentaine peut-être mais il n’en était pas tout à fait sûr. A vrai dire, il ne s’attarda pas vraiment sur son âge mais plutôt sur son état de santé. Tout son corps semblait meurtri par les coups de pieds qu’elle avait reçus. Son visage et ses bras étaient tuméfiés mais elle trouva tout de même la force de le remercier pour le transplanage. Irving trouva la situation plutôt incongrue. Comment pouvait-elle lui dire merci alors qu’il était justement celui qui l’avait piétiné de la sorte. Il ne l’avait même pas tiré d’affaire alors il ne méritait vraiment pas ces paroles songea-t-il en se redressant. Les combats faisaient rages tout autour d’eux et comme il s’estimait moins amoché que la fille, il se releva en titubant pour la rejoindre.

« Ça va ? Vous pouvez bouger ? »


Il la scruta quelques secondes, comme pour s’assurer qu’elle était assez consciente pour comprendre ce qu’il venait de dire puis il ajouta :

« On va se réfugier dans Gringotts ,venez ! »


Il n’était pas sûr qu’elle ait bien compris mais il la força à se lever en la tirant vers le haut par l’avant-bras. Hors de question qu’ils restent au milieu du carnage et maintenant qu’il l’avait sorti du nuage noir, il ne s’imaginait pas l’abandonner à son sort sur les marches de la banque. Ils avaient une sorte d’accord tacite maintenant et se sentaient surement responsables l’un de l’autre, du moins, c’est ce qu’imaginait Irving. Il imputa la légère claudication de la femme aux coups de pieds qu’elle avait reçu aussi il lui proposa son aide pour l’aider à se déplacer. Ils montèrent les marches jusqu’au parvis et rejoignirent la foule déjà pressée devant l’entrée de Gringotts. Irving joua des coudes pour se retrouver devant la porte close. Tout autour d’eux, les sorciers tambourinaient ou assenaient de puissants sortilèges pour tenter de forcer l’entrée en vain. Les deux larges portes vitrées restaient désespérément fermées.  A l’intérieur, on discernait parfaitement les gobelins et les quelques sorciers qui avaient eu le temps de se réfugier avant le verrouillage de la banque. Irving imita ses voisins et frappa de toutes ses forces sur la paroi vitrée.

« Ouvrez-nous ! Ouvrez ! »
cria-t-il avant de mettre ses mains en casquette contre le vitre pour observer l’intérieur. Pas un mouvement. De l’autre côté, les survivants les regardaient,immobiles et à bonne distance.

« Ouvrez, s’il vous plait ! Des gens meurent ici ! » supplia-t-il en croisant le regard d’un gobelin qui finit par détourner les yeux sous l’insistance de ses suppliques. Non loin de la créature, un homme se bouchait les oreilles, tétanisé.  Il regardait pourtant dans sa direction mais il ne  semblait le voir que comme une partie du monstre- une masse mouvante, incontrôlable- qui attaquait Gringotts…

« Bordel ! » cracha Irving en gratifiant la porte d’un puissant coup de pieds qui n’eut pour seul conséquence que d’attiser une vive douleur dans son genou gauche.
Comment pouvait-on ignorer leur détresse à ce point ? Ils étaient des dizaines pressés contre cette porte et les gens à l’intérieur se contentaient de les observer, comme à travers la vitre d’un zoo. C’était leurs amis, leurs familles qui périssaient dehors, et pourtant… Rien.

Rageur, l’ex-gryffondor attrapa le poignet d’ Alexandra :
« Ils n’ouvriront pas » grogna-t-il avec un mélange de dégout et de colère. Laissant éclater sa fureur, il poussa plusieurs sorciers qui leurs bloquaient le passage, et s’arrangea pour revenir au point de départ, sur les marches de Gringotts. Il devait se concentrer pour trouver une issue, et vite, sinon ils allaient finir comme ce vieux type allongé un peu plus bas, qui hélait des secours qui ne viendraient sans doute jamais. Irving détourna les yeux, comme l’avait fait le gobelin se dit-il furtivement, avant de souffler à sa binôme:

« Il faut qu’on trouve un endroit où se planquer. »
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:03, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé, une fois sortie de la boutique, ne mis pas longtemps à comprendre qu'elle ne retrouverait jamais les élèves en cherchant au hasard dans la foule. Longeant le mur à toute allure, elle repéra un débris d'un magasin projeté par l'explosion et se hissa dessus. Puis, déchirant d'un geste de baguette sa robe de sorcière qui entravait ses mouvements, elle attrapa les barreaux d'une fenêtre pour gagner encore de l'altitude. L'effort était rude: elle n'avait plus vingt ans et venait déjà d'effectuer un effort physique intense. Mais l'adrénaline lui permit de tenir et après quelques efforts, elle réussi à grimper sur la fenêtre. Elle aurait du penser à faire ça depuis la boutique Guipure, où l'étage lui était accessible.

Mais ce n'était pas la peine de perdre du temps. Invoquant à nouveau son patronus, Chloé enregistra un message bref et l'envoya à Cassandre Harper, Bryan Thompson, Will Mendler et Victor Llyod. A son grand soulagement, la forme argentée survola la foule avant de plonger par trois fois au même endroit. Seul le quatrième élève était isolé des autres. Sans perdre plus de temps, Chloé repéra le lieu où son patronus s'était volatilisé et sauta brusquement à terre. Elle avait bien songé à utiliser un Levicorpus pour se transporter, mais il aurait été trop facile de se prendre un sortilège perdu.

Au lieu de ça, l'enseignante trancha à nouveau la foule en panique à coup d'Expulso. Elle progressa trop lentement à son goût, mais fini par atteindre sa destination. Ils étaient là, tous les trois: Harper, Llyod et Thomson, réfugiés sous un porche, bousculés par la foule, baguettes sorties mais inutiles au milieu de tout ce carnage. Débouchant devant eux, Chloé ne pris même pas la peine de les rassurer. Elle attrapa le premier à sa portée - Miss Harper, quel heureux hasard.

"J'aurai du m'en douter!" siflla-t-elle de tension et de fureur.

Ni la Laponie ni le règlement n'apprendraient jamais rien à cette petite sotte. Ses parents la trouveraient sans doute héroïque d'avoir sciemment défié la sécurité de l'école pour se battre pour une cause, et elle aurait plus sûrement droit à des bonbons qu'à des privations. Peu importait dans l'immédiat. Chloé comptait bien infliger la frayeur de leur vie aux fraudeurs, quand bien même ils l'avaient déjà eu.

"Tenez-vous la main et avancez devant moi." Son ton était sec et ne souffrait d'aucune contestation. Elle poussa les resquilleurs devant elle. Ils étaient plus grands que Nora et Donald, mais ça n'avait pas d'importance. L'enseignante tenait l'épaule de Cassandre d'une main de fer. Si elle n'avait pas eu à lancer des sortilèges de protection, nul doute qu'elle lui aurait fait part de ses pensées à propos de son arrogance, de son immaturité, de son orgueil démesuré et de son insignifiance. Hélas, elle ne pouvait pas se permettre de perdre la jeune fille par mégarde dans la foule: son père serait bien capable de réclamer la fermeture de l'école pour cette imprudence!

Après ce qui sembla à Chloé plus d'une heure de combat, ils arrivèrent devant Guipure. Sans lâcher Cassandre, elle posa la main qui tenait la baguette sur la porte et la précipita à travers. L'élève passa à travers, entraînant Victor et Bryan qui lui tenaient la main. Chloé traversa à son tour.

"A l'étage!" tonna-t-elle en les poussant sans ménagement.

Ils dépassèrent Stefan Guipure qui ensorcelait sans répit la vitrine et gravirent les marches. Chloé traversa l'appartement sans gêne aucune et ouvrit la fenêtre à la volée. Elle eu un instant le souffle coupé par l'image de la foule dense qui hurlait son horreur et sa peur dans l'allée marchande. C'était une image sinistre comme, même pendant la Seconde Guerre, elle n'en avait jamais vu. Après un instant où l'horreur se peignit sur ses traits, Chloé se força à réagir. Trouver Will.

"Spero Patronum!"

Le patronus conjuré pour partir à la recherche de Will s'évanouit. Chloé savait ce que cela signifiait. Will n'était plus sur le chemin de traverse, plus dans son champ de vision. L'animal courrait vers un autre lieu. Au moins l'élève était-il vivant, sans quoi l'animal n'aurait pas bougé. Mais Chloé ne pouvait plus rien pour lui. En s'éloignant de la zone de danger, il s'était par là même soustrait à son aide. Mais il ne devait pas risquer grand-chose ailleurs qu'ici: Will était un septième année plutôt doué. A peine soulagée, Chloé leva sa baguette et, d'un ton tremblant, le conjura à nouveau.

"Tr… trouve Peter et Lou."

A nouveau, son patronus s'évanouit. Elle referma la fenêtre et, pâle comme la mort, chancela et s'appuya tout contre. Elle n'arrivait pas à être rassurée. Il n'y avait plus qu'à attendre.

"Professeur?" La voix grave de Stefan la rappela à l'ordre. Elle ouvrit les yeux, tentant de reprendre contenance.

"Un patronus est arrivé pendant que vous étiez absente. Il y avait les noms des élèves absents et un message qui indiquait que l'infirmière vous attendrait devant les grilles de l'école."

Sur le parchemin que lui tendit le jeune homme, seuls les noms déjà donnés par Nora figuraient. Cette fois-ci, l'enseignante eu un véritable soupir de soulagement. Elle n'aurait pas besoin de retourner dehors. Par la fenêtre, la situation semblait se calmer comme des Aurors en robe bleue apparaissaient progressivement. Elena Guipure servait du thé et des gâteaux aux cinq adolescents attablés autour d'elle, et invita Chloé à s'asseoir. Elle refusa, guettant l'extérieur anxieusement. Pour le bien des adolescents, elle restait à l'écart. Lorsqu'il faudrait leur parler, elle exploserait. Pour l'instant, elle se rongeait les sangs.

[RP Terminé pour Chloé]

HRP a écrit:
Dès que les sortilèges anti-transplanage sont levés, Chloé crée un portoloin et les élèves atterrissent devant l'entrée de Poudlard ou Daisy et Rachel les prendront en charge. Après un bref dialogue avec Daisy, en apprenant que Peter n'est pas rentré, Chloé retransplane immédiatement à Ste Mangouste.

Nora, s'il y a un problème avec le fait que Will, Peter et Lou ne soient plus dans le champ du Patronus de Chloé, j'éditerai! Mais je place ça plutôt vers la fin du carnage, étant donné le temps qu'il lui a fallu pour trouver les élèves et les ramener.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Danielle ColemanChef de la miliceavatar
Messages : 101

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Danielle était venue écouter le discours de Fiennes sur le Chemin de Traverse. Elle était en effet bien curieuse de voir comment un homme si haït par les sorciers anglais pouvait s’en sortir face à eux. Il ne fallait pas être devin pour s’apercevoir du ras-le-bol général du monde magique. Les Mardoliens, la crise de Nimbus, l’affaire de Chaudrillon, la pleine lune sanglante… Tout le monde en parlait, tout le monde donnait son avis. On ne pouvait plus avoir une conversation sans que ces sujets ne soient abordés. Pour elle, et pour tant d’autres sorciers, Alan Fiennes avait lamentablement échoué. Il n’avait pas réalisé le quart de son programme, et ses espérances avaient été bien trop grandes pour lui. Au lieu de s’intéresser à des choses utiles, à des choses efficaces, il avait voulu s’attaquer à des problèmes déjà trop ancrés dans le monde magique pour qu’ils soient résolus aussi rapidement, sans la moindre réflexion.

Une fois Fiennes sur scène, Danielle n’avait pu s’empêcher de lui trouver un air miteux, vêtu de son costume et caché derrière des lunettes noires. L’Oubliator avait toutefois écouté son discours avec attention. Du moins, le début de son discours… A peine avait-il commencé, que l’agitation s’était propagée dans la foule, qui, elle-même, avait semblé devenir plus dense. Fiennes avait trébuché sur son discours, s’était empêtré dans ses mots, et avait posé sur la foule un regard effaré. Cela avait fait rire Danielle, qui n’avait pas lâché des yeux le ministre. Voilà ce qu’on récoltait à assurer que tout allait bien ! Que tout était en train de s’arranger !

C’était une belle après-midi de juillet, et le Chemin de Traverse était noir de monde. Le bruit caractéristique du transplanage n’avait cessé de retentir, finissant par alerter Danielle. Alors qu’elle détournait son regard de l’estrade, elle avait entendu les slogans de la FOSSE retentir. Ceux de la FOSSE, puis ceux de l’OFFRE, puis ceux des citoyens… Les sorciers étaient en train de se révolter. Après des mois de silence, après de mois à accepter les réformes de Fiennes, ils étaient là, plus nombreux que jamais, réclamant leur droit, dénonçant les injustices. Des vieilles femmes, des femmes enceintes, dont certaines portaient un tee-shirt qui laissaient voir clairement leur ventre rond, et qui portaient l’inscription « Je ne veux pas qu’on puisse m’imposer un enfant, oui à l’avortement ! ». Des hommes, des femmes, tous sorciers, tous en colères.

Danielle eut un sourire appréciateur en observant cette foule contrariée. Ce n’était pas tant par compassion pour eux, mais plus parce qu’elle prenait cet évènement comme une revanche contre Fiennes. Le pauvre homme, qui dominait la foule semblait être bien dépassé par la situation ! nota Danielle. Elle fronça les sourcils lorsqu’un homme la bouscula, et lui envoya un regard noir. Toutefois, en observant la foule, elle remarque que celle-ci avait encore grossi, et qu’une vague humaine semblait monter vers l’avant du Chemin de Traverse pour s’échouer sur l’estrade. Fusillant du regard les deux adolescents qui venaient de passer en courant, lui coupant la route, Danielle continua son chemin, tentant de s’extirper de la foule.

Malheureusement, elle fut prise au piège par la foule. Coincée entre deux sorciers, étouffant presque, Danielle remercia Merlin de l’avoir faîte grande – quelques centimètres de moins, et elle mourrait, asphyxiée. Elle essaya de se dégager, en vain. La pression était trop forte, la foule était trop dense, les sorciers étaient trop paniqués. D’une minute à l’autre, la manifestation était devenue un carnage. Lorsque Danielle essaya de transplaner, il était trop tard, ces idiots d’Aurors avaient déjà posé un sort anti-transplanage. En parlant des Aurors, ils étaient visiblement en sous-effectif, et complètement dépassés. Dépassé, Richard Dalnox semblait l’être aussi, nota rapidement la femme en l’injuriant mentalement.

Longtemps après, lorsqu’elle eut un peu plus d’espace, elle sortit immédiatement sa baguette, et se fraya un passage à l’aide de sorts. D’une concentration extrême, le visage fermé, Danielle était insensible au sort de ceux qu’elle stupéfixiait et qui tombaient lourdement à terre. Sortir, elle devait sortir. Surtout, elle devait sortir d’ici vivante. Elle jeta un Expulso à une femme qui hurlait face à elle – elle détestait les hurlements – lorsqu’un cri strident retentit. Sans y prêter attention, Danielle continua son avancée dans la foule. Un homme lui bloquait le passage, et elle leva sa baguette, prête à lui envoyer un sort, lorsqu’elle remarqua qu’il portait un bébé. Par Morgane, mais qui avait l’idée d’emmener un bébé dans ce genre de manifestation ? s’étonna-t-elle. Elle allait passer son chemin, lorsque l’homme leva sa baguette magique vers le ciel et lança des étincelles rouges, signalant qu’il avait besoin d’aide.

Danielle aurait pu faire comme si de rien n’était si la vie d’un enfant et celle de ses parents n’avaient pas été en jeu. L’homme qui tenait l’enfant dans les bras était sans doute son père, et on ne savait pas ce qu’il avait pu arriver à la mère… Brusquement, elle revit ses parents, revit leurs corps étendus sur la route. Sans réfléchir, elle s’avança.

« Je vais vous aider à sortir de là. » annonça-t-elle, en analysant rapidement la situation. Il y a le père, la fille dans ses bras, et un jeune garçon qui lévitait. Danielle évita de lui demander s’ils pouvaient le laisser là, et se dépêcha de trouver une solution – s’ils restaient là, ils seraient pris au piège. « Je passe devant avec le garçon, vous me suivez. Gardez un bouclier permanent sur vous et votre fille et surtout, ne me perdez pas dans la foule. On avance aussi rapidement que possible. »

Elle attrapa des mains du père la baguette qui faisait léviter le jeune homme, et commença à avancer. Avec sa propre baguette, elle alternait entre bouclier et attaque pour dégager le chemin. Elle se reçut un sort dans l’épaule, et grimaça, avant de se concentrer sur son but. Elle savait parfaitement ou elle devait aller. Elle jeta un coup d’œil à l’homme qui la suivait, et jeta un bouclier sur le père et la fille alors qu’un sort orange fusait vers eux.

« On n’a pas de temps à perdre ! » les pressa-t-elle en poussant une dame pour libérer le passage.

Elle sentait doucement ses forces l’abandonner. Son épaule et son bras la faisait souffrir, sa hanche gauche aussi, et elle avait reçu un gros coup au niveau de l’estomac. Elle reprit toutefois espoir lorsqu’elle aperçu l’enseigne du petit magasin d’apothicaire que tenait Janet Houston, sa meilleure amie. Danielle s’avança vers la porte, tapant de gros coups contre la paroi.

« Janet, c’est moi, Danielle ! Ouvre-moi, s’il-te-plait ! On est quatre, il faut absolument qu’on entre… Janet ! »

Il ne fallu pas longtemps pour que la Janet en question cède aux supplications de sa meilleure amie. Elle l’entendit retirer les nombreux sorts de protections, et leur ouvrir prudemment la porte.

« Vite, entrez ! » lâcha-t-elle à l’adresse du père, rentrant après lui dans la boutique. Elle poussa un profond soupir lorsqu’ils furent à l’abri, et aida Janet à poser de nouvelles protections sur sa porte.

Après avoir discuté quelques instants avec Janet, Danielle hocha la tête et se dirigea vers Peter.

« Vous allez pouvoir rejoindre St Mangouste avec la cheminée qui est là-bas. » indiqua-t-elle en désignant la cheminée du menton. « Allez-y avec votre fille, et filez directement aux urgences, il n’y a pas de temps à perdre… L’hôpital va être rapidement surchargé, mais si vous y allez maintenant, vous pourrez avoir une consultation immédiate, je pense. Je vous suivrais avec celui-là. » indiqua Danielle en désignant le jeune homme qui reposait par terre. « Comment s’appelle-t-il ? » demanda-t-elle en poussant le père vers la cheminée.

Il n’y avait pas une minute à perdre, songea Danielle, soulagée d’être en vie. Les visages de ses parents s’imposèrent de nouveau à elle, et elle se sentit en paix avec elle-même. Ne venait-elle pas de sauver le père et l’enfant d’une mort certaine ? Ça, assurément, ce n'était pas ce qu'elle faisait d'ordinaire...
Alexandra FitzApothicaireavatar
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Alex n'arrivait pas à reprendre son souffle, chaque bouffée d'air la faisait souffrir le martyre, sans doute avait-elle une - ou plusieurs - côte cassée. Le "merci" qu'elle lâcha tout de même à son sauveur faillit lui faire perdre connaissance et elle le regarda avec des yeux vitreux quelques instants. Il était en train de lui parler, non ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui dire ? Elle cligna des yeux plusieurs fois en espérant que ses idées seraient plus claires et finit par capter un mot : "Gringotts".

Gringotts, la banque... Qu'est-ce qu'il voulait aller faire à la banque ? Alexandra était totalement déboussolée, aussi, lorsque l'inconnu la tira par l'avant-bras, elle se laissa faire non sans laisser échapper un gémissement douloureux. Son corps entier semblait meurtri, il lui fallait des soins : première pensée cohérente depuis qu'elle était sortie de la foule.

Maintenant debout, elle avait une meilleure vision de la situation et son cerveau comprit enfin la manoeuvre qu'entamait le sorcier à bouclettes. Elle s'était fourvoyée, elle n'était pas sortie de la foule, la foule était partout, déchaînée, ils devaient se mettre à l'abri et Gringotts était un lieu sûr.

Malheureusement, ses quelques espoirs s'évanouirent lorsqu'elle aperçut les portes closes sur lesquelles les gens tambourinaient. Trop égarée pour réagir, elle se contenta de rester agrippée à l'épaule du jeune sorcier alors qu'il se joignait aux suppliques des dizaines de citoyens. La situation était révoltante mais Alex n'avait plus la force de se révolter. Elle vit le jeune homme se blesser en lançant un coup de pied rageur dans la porte :

"Il faut qu'on se tire de là avant qu'on se fasse de nouveau écraser."

Manifestement, le jeune homme avait eu la même idée puisqu'il lui agrippa le poignet et vira quelques sorciers qui se ruaient vers Gringotts. Alex avait un peu reprit ses esprits et la vue plongeante qu'elle avait désormais sur le Chemin de Traverse lui fit froid dans le dos. C'était un carnage, des corps étaient déjà étendus sur le sol et elle priait pour qu'ils ne soient qu'assommés, tout en sachant au fond d'elle que tout le monde ne sortirait pas vivant de ce jour sombre. Après tout, sans l'aide du brun, elle serait sans doute morte écrasée à l'heure qu'il était.

"Il faudrait qu'on trouve un moyen d'aller à St-Mangouste, je ne vais pas tenir longtemps debout et je ne vois aucun endroit où nous planquer."

Réfléchir, il fallait qu'elle réfléchisse. Impossible de transplaner, ils avaient rapidement compris que des sortilèges anti-transplanage avaient été lancé. Comment quitter le Chemin de Traverse ? Comment s'abriter ? Elle devait bien connaître quelqu'un dans la coin pourtant. C'est dans ces moments-là qu'Alex réalisait qu'elle n'avait que peu d'amis. Quelques connaissances de l'OFFRE mais personne d'assez proche pour qu'il lui ouvre la porte... Quoique...

Jiggers ! Bien sûr ! Il était fréquent que les deux boutiques d'apothicaires se contactent pour diverses raisons, notamment pour s'échanger des ingrédients lorsque l'un ou l'autre en manquait. Alex était depuis le début celle qui s'occupait de ces contacts et elle avait peu à peu appris à apprécier le vieil homme. Il devrait lui ouvrir la porte de sa boutique, du moins, elle l'espérait.

"Je connais l'apothicaire, on peut essayer d'entrer et d'emprunter sa cheminée."

Fière de cette nouvelle résolution, Alex se dirigea vers la boutique portant l'enseigne "L'Apothicaire Slug et Jiggers". Son enthousiasme retomba bien vite lorsqu'elle trébucha. Grimaçante, elle s'agrippa plus fermement à l'épaule de son compagnon de mésaventure.

Les quelques mètres qu'ils avaient à parcourir se transformèrent en parcours du combattant. Bousculés de part et d'autre, Alex crut qu'ils n'arriveraient jamais à la porte, pourtant ils finirent par frapper contre la devanture. Alex était accrochée à la grille comme un désespérée, elle n'allait pas tenir longtemps, dans quelques instants, elle s'écroulerait au sol.

"Jiggers ! C'est Fitz, Alexandra Fitz, qui travaille avec Charles à Bristol. Vous pouvez nous ouvrir ? Nous ne sommes que deux, je suis blessée, j'ai besoin d'utiliser votre cheminée pour aller à St-Mangouste."

Elle patienta quelques minutes, perdant peu à peu espoir, lorsque finalement la porte s'ouvrit. Le vieil homme passa la tête dans l'entrebâillement et après l'avoir reconnue, il fit entrer les deux jeunes gens.

"Allez-y mais dépêchez-vous, je ne peux accueillir personne d'autre, la boutique va être saccagée sinon..."

Les deux jeunes gens entrèrent dans la boutique et Jiggers referma derrière eux. Le calme du lieu étourdit un instant Alex, étouffée par les murs la clameur de l'extérieur était pourtant effrayante. En se dirigeant vers la cheminée, Alex comprit qu'elle était sauvée et, égoïstement, elle décida d'ignorer le fait que des gens qu'elle connaissait était en train de mourir dehors. Ajourd'hui, c'était chacun pour sa peau... Enfin, pas tout à fait. Les traits toujours aussi tirés, elle se tourna vers l'homme qui lui avait tendu la main :

"Merci de m'avoir sortie de là, je vous dois la vie je crois bien... Vous pouvez rentrer chez vous si vous le souhaiter, je vais me débrouiller maintenant."

Et après un sourire crispé, elle disparut dans la cheminée.
[RP terminé pour Alex]


Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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Peter en était arrivé à songer aux solutions les plus extrêmes -abandonner Mendler ici, stupéfixier toutes les personnes sur son chemin, faire exploser la porte de n'importe quelle boutique- tant la situation était désespérée. Lou était inconsciente, et il ne tarderait pas à l'être également, à en croire ses forces qui le quittaient peu à peu. Le stupéfix qui avait atteint Lou l'avait touché également et ralentissait tous ses réflexes, il ne faudrait pas longtemps avant qu'ils soient de nouveau touchés par un sortilège perdu.

Un autre jour, à un autre endroit, n'importe qui leur serait venu en aide -on ne passait pas son chemin devant un bébé blessé. Mais aujourd'hui chacun luttait pour sa vie, et uniquement pour la sienne. Plus que de défendre sa propre vie, c'était celle de sa fille que Peter protégeait, et c'était la seule raison qui le maintenait debout. Mais tout l'amour qu'il portait à Lou ne suffirait plus à les sauver. Il avait désespérément besoin d'aide, et il avait beau être noyé dans la foule, personne ne s'arrêtait.Ce fut la voix assurée d'une jeune femme qui lui redonna espoir. Elle disait qu'elle allait les sortir d'ici, et elle avait l'air d'y croire. Peter ne prit même pas la peine de se demander qui elle était, et pourquoi elle avait décidé de se mettre en danger pour les aider, et il écouta ses instructions avec attention.

La jeune femme lui prit des mains la baguette qui maintenait le corps de Will Mendler au dessus de la foule, et commença à se frayer un chemin au travers de cette dernière, déterminée. Elle séparait les gens avec force, les poussait de son chemin sans ménagement, et alternait sans répit entre sortilèges d'attaque et de défense. Peter n'avait qu'à la suivre, et à protéger Lou des coups et des sortilèges. Il osait à peine baisser les yeux sur le visage inconscient de sa fille tant cette vision le terrifiait. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire, tout comme il ne pouvait s'empêcher de penser à Chloé. Il ne l'avait pas revu depuis qu'il l'avait aperçu un peu plus tôt. Pourtant elle devait être à leur recherche, leurs chemins auraient dû se croiser. L'enseignant repoussa ses inquiétudes et reporta son attention sur la jeune femme qui venait de le sauver d'un sortilège.

Ils étaient tous les deux à bouts de force quand elle s'arrêta finalement devant la boutique d'un apothicaire, qu'elle connaissait visiblement. Elle tambourina à la porte, suppliant la propriétaire des lieux de leur ouvrir la porte. Il ne se passe que quelques instants avant qu'une jeune femme ne leur ouvre la porte de l'échoppe dans laquelle ils s'engouffrèrent rapidement. Sitôt à l'intérieur, Peter tenta de réveiller doucement Lou, sans succès. Son angoisse augmenta d'un cran et il dû s'adosser à un mur pour se maintenir debout. Après avoir discuté un moment avec la propriétaire des lieux, la jeune femme revint vers lui pour lui expliquer qu'ils allaient pouvoir rejoindre Sainte-Mangouste.

"Will Mendler, répondit-il à sa question concernant le Poufsouffle. Merci pour tout, reprit-il gravement. Vous nous avez sauvé, je ne l'oublierai pas."

Peter savait mentir avec aplomb, mais cette fois ses mots débordaient de sincérité. Il avait une dette immense envers cette jeune femme, et il saurait la lui rembourser en temps voulu. Ne souhaitant pas perdre une seconde de plus, Peter remercia l'apothicaire qui les avait accueillis et mobilisa toutes les forces qu'il lui restait pour s'approcher de la cheminée et l'emprunter en direction de Sainte-Mangouste, suivi par la jeune femme et Mendler.

Comme elle l'avait prédit, l’hôpital n'était pas encore surchargé. Les premières victimes de l'émeute arrivaient déjà, mais Peter parvint à trouver une infirmière et exigea que l'on s'occupe de Lou tout de suite. Il refusa les soins qu'on lui offrait, insistant pour rester auprès de sa fille, mais un médicomage vint le trouver pour lui expliquer qu'il devait examiner Lou seule. A bout de force, et mort d'inquiétude, Peter se laissa tomber sur une chaise du couloir des urgences pédiatrique et attrappa sa tête entre ses mains, fermant les yeux comme pour oublier ce cauchemar. Ce fut le patronus de Chloé qui le sortit de sa torpeur. Elle était vivante, elle allait bien, et les élèves qui s'étaient rendus à la manifestation allait bien aussi. Peter sentit une vague de soulagement l'envahir, mais elle n'emporta pas la boule d'angoisse au fond de son ventre. Angoisse qui ne disparaitrait que lorsqu'il verrait Lou.
Fin pour Peter
MétamorphomageMolduavatar
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Amely Weaver - 21 ans - Aspirante Auror

Amely arrivait à la fin de sa formation d'Auror. Depuis trois ans elle s'entrainait, elle observait, elle apprenait, et elle se sentait enfin prête. Elle était une des meilleures aspirantes de sa promotion et comptait bien gravir les échelons le plus vite possible. Le métier lui plaisait, elle aimait faire régner l'ordre, elle aimait la justice, et elle aimait le prestige qui allait avec l'insigne, qu'elle avait hâte de revêtir. A vrai dire, si tirer sur cible mouvante à cinquante mètres ou travailler jusqu'à deux heures du matin sur un dossier ne lui posait aucun problème, travailler en équipe était parfois un peu plus difficile. Habituée aux responsabilités, Amely aimait avoir le contrôle des opérations et faire les choses à sa façon. Or en tant qu'Aspirante ce n'était pas vraiment ce que l'on attendait d'elle -pas du tout même. Et elle savait qu'elle aurait encore à passer quelques années à obéir avant de pouvoir donner des ordres à son tour. Mais elle était persuadée qu'elle ferait une bien meilleure Lieutenant qu'Aspirante.

En cette après-midi de Juin, la jeune femme patrouillait sereinement sur le Chemin de Traverse ou le Ministre Fiennes donnerait un discours dans quelques minutes. Comme à chaque apparition officielle du Ministre de la magie -en particulier depuis les scandales Chaudrillon- les forces de l’ordre étaient présentes en nombre, juste au cas-où. Entre les officiers de la PM en uniformes, ceux en civils, et les Aurors, le lieu était plus que largement sécurisé, sans compter les quelques baguettes d'élite. Et pourtant, le fait qu'ils ne soient que dix représentants du BDA, dont plusieurs aspirants, semblait inquiéter le lieutenant Meyer. Pourtant ils n'attendaient pas tant de monde que ça, si les choses se passaient comme ils l'avaient prévu il n'y aurait pas de soucis. Sauf que les choses ne se passèrent pas comme prévues.

Les visiteurs écoutaient pourtant le début du discours avec plus ou moins d'attention, apparemment sans intentions perturbatrices. Mais une, puis deux vagues de transplanage, remplirent soudainement d'ouvriers en colère, visiblement venus pour se faire entendre. En seulement quelques minutes, la situation dégénéra. Amely consulta son binôme du regard, prête à intervenir sur le groupe de manifestant s'il lui en donnait l'ordre, mais celui-ci lui désigna les officiers de la PM, qui étaient déjà sur le coup. Ils pouvaient être rappelés vers la tribune ministérielle à tout moment, les Aurors n'étaient plus très nombreux là-bas. Quelques sorts fusèrent, au loin. Le cordon de sécurité censé protéger les officiels était sur le point de céder. D'un signe de tête, son binôme indiqua la tribune et ils commencèrent à se frayer un chemin dans cette direction, mais ils furent rapidement stoppés. Une véritable vague de panique et d'agitation déferlait sur le chemin de Traverse.

En quelques minutes, le rassemblement s'était transformé en une véritable émeute. Ils perdirent complètement le contrôle de la situation. Amely para plusieurs sortilèges à l'aide d'un bouclier, stupéfixia un sorcier qui arrivait vers elle avec une expression peu engageante, et chercha ses collègues du regard pour voir comment ils géraient ça. La réponse était qu'ils ne géraient pas. Elle aperçut du coin de l’œil l'agent McGowan, de la PM, coucher un manifestant virulent au sol d'un puissant coup de poing. Manifestants et forces de l’ordre étaient pris dans un mouvement de foule auquel ils ne pouvaient pas résister et, plus qu'un affrontement entre deux camps, c'était une véritable lutte pour la survie qui c'était engagé.

Un changement presque imperceptible dans l'atmosphère lui apprit qu'un sort anti-transplanage venait d'être jeté sur toute la rue, empêchant d'autres manifestants d'arriver, et ceux qui étaient déjà là de prendre la fuite. Un cri attira son attention et Amely posa les yeux sur une jeune femme allongée au sol, un morceau de jambe en moins. Désartibulée. Elle avait dû vouloir transplaner au moment où le sort avait été jeté, le retour au lieu de départ c'était visiblement mal passé. Parant un sortilège à la dernière minute, l'aspirante s'arracha à la contemplation de la blessée et chercha son binôme du regard. Elle l'avait perdu. Au lieu de quoi ses yeux tombèrent sur le lieutenant Meyer.

"Weaver ! la héla-t-elle. Il faut mettre les enfants et les blessés en sécurité, forcez les boutiques s'il le faut. La tribune officielle est évacuée, on se charge des manifestants ensuite."

Une fois n'est pas coutume, Amely était plus que soulagée de ne pas être seule qui devait décider aujourd'hui, et rassurée d'avoir quelqu'un pour lui dire quoi faire. Elle hocha la tête et revint quelques pas en arrière pour secourir la jeune femme désartibulée qu'elle avait aperçue un instant plus tôt. Elle glissa un bras dans son dos et l'aida à se relever sur sa jambe valide avant de progresser avec elle vers la boutique la plus proche, la portant à moitié. Elle stupéfixait tous ceux qui avaient leurs baguettes brandies, invitait tous ceux qui n'en avait pas à se réfugier derrière son bouclier. Ce dernier ne serait bientôt plus assez grand pour abriter plus de monde, mais plusieurs de ses collègues agissaient de la même façon et bientôt de petits groupes de gens apeurés suivirent les Aurors et les agents de la PM jusque dans des échoppes où ils étaient mis à l’abri.

Tandis qu'une partie des effectifs se chargeait tant bien que mal de protéger la population, d'autres s'occupaient des manifestants les plus belliqueux. Le capitaine de la Police Magique, à grands renforts de sonorus, parvint à faire revenir le calme sur une partie du Chemin de Traverse. Aucun mal ne serait fait aux personnes qui baissaient leur baguette. Il ne fallait pas paniquer. Se rapprocher des Aurors ou des Agents de police pour demander de l'aide si besoin. Ne plus jeter de sorts.

Petit à petit, un semblant de calme revint sur la rue commerçante. Quelques duels musclés se jouaient encore ici ou là, mais le gros de la population avait arrêté de jeter des sortilèges et de courir dans tous les sens. Quelques médicomages arrivèrent de Sainte-Mangouste par diverses cheminées, placées dans des boutiques ou chez des particuliers, pour apporter les premiers secours à ceux qui en avaient le plus besoin. Pour beaucoup ils arrivaient malheureusement trop tard. C'était un véritable carnage. Dans le feu de l'action, Amely avait aperçu des corps au sol, du sang un peu partout, des blessés, mais maintenant que le calme était revenu, on ne voyait plus que ça. Des plaintes douloureuses s'élevaient de tous les coins, des gens rampaient au sol en quête d'aide, d'autres pleuraient un proche perdu. Un véritable cauchemar.

Une fois les officiels et les blessés les plus graves évacues par Cheminée ou Portoloin, avec une priorité au Ministre qui avait été grièvement touché, le sort anti-transplannage fut levée, après que le Capitaine de la PM eut hurlé une bonne dizaine de fois à la foule de ne pas se précipiter pour transplaner, afin d'éviter les incidents. Il y en eu malgré tout, mais en nombre raisonnable, et la rue se vida doucement. Les manifestants rentrèrent chez eux, ne laissant derrière eux qu'un tableau désolant d'un Chemin de Traverse ravagé. Il restait des blessés qu'il faudrait aider à transplaner, des gens qui cherchaient des membres de leur famille -qu'ils ne retrouvaient peut-être jamais- et beaucoup de corps inanimés, étendus sur le sol. Morts ou inconscient.

A bout de forces, et de nerfs, Amely leva les yeux vers son binôme qu'elle avait retrouvé un instant plus tôt. Elle sortait de trois ans d'une formation considérée comme l'une des plus dures d'Angletterre. Pourtant rien n'aurait pu la préparer à ce qu'elle venait de vivre. Elle avait toujours considéré les Aurors comme un corps d’élite, que rien ne pouvait ébranler, mais aujourd’hui ils avaient été complètement dépassés.

« C’est fini, souffla-t-elle plus pour elle-même que pour son interlocuteur en balayant tristement la rue du regard.
- Non, répondit-il, s'attirant un regard surpris de son aspirante.Je crois que ce n’est que le début… » lui répondit ce dernier d’un ton grave, les yeux rivés en direction de la tribune ministérielle saccagée.

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