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 Garden-Party chez les Highlands [Joy/Noah/Azénor]

Azénor ReynoldsEmployée aux Transportsavatar
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Dimanche 6 juillet 2008

L’été était bien installé, Azénor, Destiny et Fiona étaient rentrées au manoir et avaient repris leur chambre d’enfant. Azénor était triste, elle avait du mal à se faire à l’idée qu’elle ne retournerait plus jamais à Poudlard. C’était chez elle, c’était son royaume, son terrain. Elle n’était jamais devenue une élève extrêmement populaire, de celles qui attiraient tous les regards sur leur passage, mais elle s’était tout de même fait un nom. Sa présidence du CSEQG lui avait apporté une certaine notoriété que ses éclats de voix dans les couloirs et autres prises de bec mémorables avaient accentuée.

L’avenir lui faisait peur, non, la terrifiait. Elle aurait presque souhaité avoir redoublé sa septième année pour se préparer mentalement à ce qui l’attendait au dehors. Mais contre toutes attentes, elle avait plutôt bien réussi ses ASPICs. Malheureusement, son refus obstiné d’envisager l’avenir l’avait empêché de chercher activement un travail post-Poudlard et elle en était aujourd’hui réduite à envoyer des lettres à tous les départements du Ministère en espérant que quelqu’un l’accepte. Le Ministère était un travail comme un autre et elle l’aurait peut-être choisi de son plein gré si elle y avait réfléchi un peu plus sérieusement ,mais là elle avait un peu l’impression de mendier un poste de stagiaire.

Enfin, ce n’était pas le moment de penser à son avenir incertain. Margaret l’aidait à discipliner ses cheveux pour les relever en une coiffure estivale. Sa mère avait tenu à ce que ses filles aient l’air de vraies petites filles modèles pour cette occasion. Il fallait faire bonne impression devant la famille. Peu importait qu’Azénor se sente ridicule dans sa robe blanche en dentelle, ses cheveux tressés autour de sa tête et un chapeau à larges bords posé sur sa tête pour la protéger du soleil. De l’avis d’Azénor, c’était beaucoup trop pour un simple pique-nique en famille… Enfin, sa mère lui lancerait un regard furibond si elle l’entendait, ce n’était pas un vulgaire pique-nique, voyons ! C’était une garden-party du plus grand chic, ils se devaient d’être fidèles à leur rang.

Dans les faits, ils se rendaient chez son grand-oncle Henry et sa grand-tante Ailein pour fêter les onze ans de Markus. Toute la famille Highlands était réunie pour une garden-party. Ils essayaient de se réunir assez régulièrement afin de maintenir les liens familiaux même si ce n’était pas toujours facile à cause des emplois du temps chargés de chacun. Lorsqu’elle était petite, Azénor adorait ces moments de jeux entre cousins, aujourd’hui, elle ne pouvait ignorer les tensions qui régnaient parfois à table. Ils étaient tous très différents et de temps en temps les mots devenaient un peu plus virulent que ce que l’étiquette préconisait.

Margaret venait de terminer son œuvre, le chapeau était fermement fixé sur ses cheveux tressés, les épingles lui piquaient le crâne mais il fallait bien ça pour qu’il ne s’envole pas en cas de coup de vent. La servante quitta la pièce pour aider l’une de ses sœurs à se préparer. Elle entendait sa mère donner des ordres dans tous les sens pour qu’ils parviennent à arriver à l’heure, ce qui n’était jamais une mince affaire avec tant d’enfants.

« Fiona ! S’il-te-plaît, lâche ces rubans et installe-toi correctement pour que Margaret puisse te coiffer. Destiny, va me chercher mon coffret à bijoux s’il-te-plaît et vérifie au passage que Markus n’a pas froissé sa tenue. Arielle, ma chérie, te voilà ! Tu as des nouvelles de Rosalyn ? J’espère qu’elle ne va pas tarder. »

Azénor sourit, elle aimait lorsque la maison était aussi animée, cela lui rappelait son enfance lorsque la fratrie courrait dans tous les sens malgré les tentatives d’Allison pour les calmer. La jeune fille décida de se lever pour aller accueillir sa sœur et se rendre un peu utile.

Après des embrassades chaleureuses avec sa grande sœur qu’elle ne voyait plus tellement depuis qu’elle habitait Londres, elle aida ses plus jeunes sœurs à finir de se préparer pendant qu’Arielle prenait le relai de leur mère quelques minutes. Ils étaient tous prêts dans le hall d’entrée du manoir mais, comme d’habitude, la princesse se faisait attendre. Azénor rongeait son frein en maudissant sa sœur qui devait toujours se faire remarquer, ce n’était pas possible les gens comme ça !

« Rosalyn ! Ce n’est pas trop tôt ! On a presque failli attendre.
— Maman… Je suis à l’heure et puis tu sais bien qu’il ne faut pas arriver trop tôt dans ce genre d’événement.
— Ne perdons pas plus de temps. Markus tu viens avec moi, Fiona avec ton père, Destiny avec Rosalyn ou Arielle, comme tu préfères, Azénor, tu transplanes seule. »

Azénor ferma les yeux et se concentra. Elle entendit les autres disparaître mais il lui fallut encore quelques instants avant de parvenir, elle aussi, à transplaner. Elle avait obtenu son permis à la fin de son année et n’avait que très peu pu le pratiquer depuis lors. Il valait mieux prendre ses précautions et ne pas se précipiter.



Le manoir de campagne d’Henry et Ailein était des plus agréables, notamment pour son grand parc verdoyant. Une table avait été dressée, recouverte d’une grande nappe blanche qui voletait doucement au gré de la brise. Le temps était parfait pour une garden-party : le soleil brillait mais un faible souffle leur permettait de respirer plus aisément. Quelques ombrelles flottaient magiquement au-dessus de certains sièges, ainsi les plus âgés — ou ceux qui le souhaiteront — pourront s’installer à l’abri. Un peu à l’écart, sur une petite table ronde était installé les rafraîchissements, certainement sous un sort de conservation de la température.

Leurs hôtes s’approchèrent pour les accueillir :

« Allison, Cameron, quelle joie de vous revoir. Comment allez-vous depuis le premier de l’an ?
— Nous allons bien, tante Ailein, merci. »

Le premier de l’an… Un souvenir mouvementé… Mais avant qu’elle n’ait eu le temps de se replonger dans ses souvenirs, sa grand-tante se tournait vers eux, pendant que son père était accaparé par Henry :

« Markus, bon anniversaire ! Comment vas-tu en cette belle journée en ton honneur ?
— Très bien tante Ailein, merci d’avoir organiser cette garden-party. »

Encore une fois, Azénor fut saisi par le changement qui s’opérait chez son frère. Il grandissait et en tant qu’héritier il prenait de l’assurance et surtout des bonnes manières. C’était vraiment étrange de le voir parler en se donnant des airs de petit homme alors que dans l’esprit d’Azénor, il était toujours ce petit garçon courant dans le manoir vêtu de son costume de Dumbledore et jouant avec son Actionmage®️(1).

« Et vous, mesdemoiselles, comment allez-vous ? »

Quelques formules de politesses plus tard —ce n’était pas le moment pour les vraies discussions—, la petite famille se dirigeait vers la table des rafraîchissements où un elfe les attendait pour les servir. Un jus de citrouille glacé à la main —on faisait dans le classique chez les Highlands, pas de jus de papaye ou de cocktails délicieux à base de fruits rouges— Azénor se promenait dans le jardin à la recherche des autres invités.  

(1):
 
HRP:
 



©️Vivi-le-seul-l'unique
Joy HighlandsSans emploiavatar
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Il faisait bon. Joy avait enfilé une robe estivale dont la blancheur contrastait avec sa peau brunie par le soleil. En effet, elle avait passé sa première semaine de vacances perchée sur un balai. D'une part pour se soustraire à la charmante compagnie de ses parents, de l'autre parce qu'elle avait intérêt à s'entraîner d'arrache-pied si elle voulait dégotter un contrat quelque-part. Rester seule au dessus des champs lui avait permis de réfléchir longuement aux décisions qu'elle s'apprêtait à prendre. La réalité l'avait rattrapée à la fin de l'année : elle quittait Poudlard définitivement et rien n'était encore prévu pour la suite. Prise au dépourvu, Joy avait soudain compris que son choix était fait depuis bien longtemps.

Elle vérifia sa tresse au cas où celle-ci aurait été défaite par le transplanage – encore novice dans la pratique, ce petit voyage spatial la décoiffait à chaque fois – avant de pénétrer dans la propriété de ses grands-parents. Ils avaient décidé de réunir une partie de la famille en l'honneur du jeune Markus dont c'était l'anniversaire. Joy le plaignait de tout son cœur.

« Bonjour grand-père, bonjour grand-mère », les salua-t-elle aimablement.

De toute la famille, ils étaient sûrement les plus ouverts d'esprit. Eux les premiers avaient accueilli Noah quand les autres l'excluaient. Leur comportement vis à vis de lui était diamétralement opposé à celui qu'avait adopté leur fils : tandis que Philip tentait par tous les moyens de couper les ponts entre Noah et Joy, Henry et Ailein avaient cherché à l'éloigner de son père moldu afin de le réintégrer dans la famille. Le stratagème n'avait rien de très honorable d'un point de vue moral mais Joy le leur accordait : ils n'avaient pas de préjugés de sang, et elle leur était reconnaissante d'avoir accepté Noah malgré son sang mêlé. En revanche, ils s'étaient déclarés ravis du nouveau prétendant de Diana, bien sorcier cette fois... et riche, surtout.

Joy écouta gentiment sa grand-mère lui parler du prix de sa dernière bouteille achetée.

« C'est cher, se permit-elle de commenter.
- Comment ça, cher ? Pour une bouteille de Whisky-Pur-Feu, j'estime même avoir fait bonne affaire, expliqua Ailein. Née MacDougal, elle s'y connaissait et prenait très à cœur l'économie écossaise. Je te rappelle qu'il s'agit du whisky des MacFusty, pas n'importe lequel ! Savais-tu que certaines de leurs bouteilles, les meilleures, peuvent monter jusqu'à 35 Gallions ? Dans leur cas, c'est gage de qualité, je peux te l'assurer.
- Je n'en doute pas. »

Ce dont Joy ne doutait pas non plus, c'est que seuls les gens comme sa grand-mère étaient capables d'acheter du whisky à plus de 20 Gallions.

« Ma chère Joy, l'apostropha son grand-père. T'ai-je déjà raconté mon périple dans les hautes montagnes d'Europe de l'Est ?
- Oui, au moins une centaine de fois, assura-t-elle, peu désireuse d'entendre à nouveau cette histoire même si elle avait sûrement beaucoup évolué depuis la version originale.

Henry était un ancien Auror et avait accompli tant d'exploits extraordinaires qu'il avait du mal à les garder tous pour lui. Plus jeune, Joy s'y prêtait de bonne grâce mais après dix-huit années d'existence, elle commençait à saturer. Elle avait arrêté de l'écouter à l'époque où elle s'était rendu compte qu'il assommait un troll de plus à chaque récit.

Joy entreprit ensuite d'aller voir chaque invité. Elle échangea quelques mots sur la carrière de Rosalyn, demanda des nouvelles d'Arielle, s'informa des résultats aux examens de Destiny, bavarda plus aisément avec Fiona qu'elle connaissait mieux, souhaita un joyeux anniversaire à Markus, salua leurs parents et Ingrid, la femme du défunt Wayne Highlands. Celle-ci la gratifia d'un « Encorrre toi, ma fille ? » à l'accent russe prononcé lorsque Joy lui dit maladroitement bonjour pour la deuxième fois – mais comment était-elle censée se souvenir qui elle avait vu et qui elle n'avait pas encore vu ? De toute façon, elle n'avait jamais apprécié cette grande tante dure et sèche. Elle allait à la rencontre d'Azénor quand une voix chevrotante mais puissante se fit entendre à l'entrée.

« Lâche-moi, veux-tu ! Je suis peut-être vieux et sénile, mais encore en état de me déplacer tout seul !
- Voyons, Père...
- Je te dis de me lâcher, Lily-Jane ! »

Joy ne put s'empêcher de sourire. Elle éprouvait une certaine satisfaction à entendre son arrière-grand-mère se faire réprimander. Quel chance de connaître une personne toujours en vie et assez âgée pour avoir de l'autorité sur cette mégère acariâtre... laquelle s'avança vers leurs hôtes, les lèvres pincées.

« Faith et son mari Karl n'ont pas pu venir, signala-t-elle – l'incompréhension dut transparaître un instant sur le visage de Joy puisqu'elle crut bon de préciser ensuite : Faith. Ma sœur. »

Ah oui ! Le branche Schaffer de la famille... Il était temps de réviser l'arbre généalogique. Quant au très vieil homme accompagnant Lily-Jane, son identité ne faisait aucun doute. Sullivan Highlands, rescapé d'une génération perdue, véritable représentant de la longue espérance de vie des sorciers. Quelqu'un qui a vécu plus d'un siècle impose forcément le respect ; pourtant, lui inspirait chez les membres de sa famille une sorte de pitié moqueuse. Il était trop atypique pour rentrer dans sa case, il débordait, ne correspondait pas. L'unique Highlands réparti à Gryffondor pendant quelques décennies. De sa longue vie, aucun mariage ! On aurait dit qu'il prenait plaisir à s'asseoir sur les conventions tout en regardant les autres se dépêtrer ridiculement dedans. Il les enterrerait tous, Joy en était certaine.

Elle se retrouva enfermée contre son gré dans un cercle très intéressé par les failles du programme de Leopold Marchebank. Par politesse, elle n'osa pas leur fausser compagnie bien qu'elle aurait amplement préféré rejoindre Rosalyn, Fiona ou même Azénor, ce qui n'était pas peu dire. Elle se fit quelques réflexions sur le manque de civilité de certains : tout le monde ne cessait de se couper la parole et de parler plus fort que son voisin pour faire entendre la supériorité de son opinion personnelle. Joy trouvait les avis des uns comme ceux des autres très radicaux : chacun restait sur ses positions, persuadé d'avoir raison, sans prendre le temps de nuancer chaque argument. Seul Sullivan gardait le silence comme s'il attendait le bon moment pour parler – ah ! Voilà qu'il ouvrait la bouche et...

« Et toi, Joy, qu'en penses-tu ? »

Malheureusement, il était de ces êtres dont chaque rare intervention incite le commun des bavards à se taire. Les visages se tournèrent donc vers elle, comme s'ils découvraient soudain sa présence. Généralement, ils n'accordaient aucune espèce d'importance à son point de vue, allant jusqu'à ignorer qu'elle possédait des oreilles et une capacité de jugement. Pour eux, elle ne disait rien donc par extension n'en pensait rien. Joy ne perdait pourtant pas une miette de la conversation, était plus ou moins d'accord avec certains arguments et se faisait un avis sur tout. Cependant, elle ne se sentait pas capable d'opposer son opinion à la leur ; elle aurait trop de mal à exprimer son point de vue avec justesse et à le nuancer assez pour ne pas braquer son père. Celui-ci attendait sa réponse, les sourcils en accent circonflexe, comme s'il doutait qu'elle pût faire avancer le débat. Joy leva brièvement les yeux vers le vieux Sullivan, vit son sourire en coin. Elle était prête à parier qu'il la testait.

« Je pense que... je pense que Mr Marchebank a réalisé un coup de maître. Je ne le soutiens pas, je n'adhère pas à ses idées, je trouve juste sa stratégie incroyablement bien jouée. Il a profité de la pagaille occasionnée par l'attentat pour prendre le pouvoir. La population lui fait confiance pour tout régler ; il ne lui reste plus qu'à tourner les révoltes et les émeutes à son avantage, et le tour est joué. Il a le soutien des classes moyennes grâce à son programme ; quelques Sang-Pur mécontents ne font pas le poids à côté des deux tiers de la population. »

Déjà Philip s'apprêtait à objecter, mais une exclamation de sa mère le coupa dans son élan :

« Diana, Edward ! Vous voilà enfin ! »

Le Edward en question n'était autre que Mr Weston, supposa Joy, le beau-père. Elle sentit une tension entre Philip et Diana – le frère et la sœur n'avaient jamais été en bons termes, mais lui avait sûrement fait pression pour qu'elle se trouve un mari afin de « racheter sa faute ». Ladite faute qui suivait les nouveaux arrivants, d'ailleurs. Joy adressa un sourire à Noah, y mettant toute sa force mentale pour lui donner du courage et s'en donner à elle aussi. Il avait beau lui avoir déjà dit qu'elle n'y pouvait rien, elle se sentait coupable à la place son père. Elle avait honte de sa famille et de ce qu'elle faisait subir à ce garçon dont le seul tort était d'être né.

Soudain, comme surgi de nulle-part, le vieux Sullivan attrapa les épaules d'Azénor d'un bras et celles de Noah de l'autre (avec une énergie surprenante pour un grabataire) tout en s'exclamant :

« Ah, quelques sains d'esprit dans cette famille de fous ! Entre Gryffondor, on doit se serrer les coudes ! Embrassez-moi mes petits... »

Et de les serrer l'un contre l'autre dans une touchante étreinte.
Noah ForesterPréfetavatar
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Les vacances avaient fini par arriver, ce moment où n’importe quel élève était sensé dire « Enfin ! », celui que Noah avait appréhendé jusqu’à vouloir reculer. Il était mieux à Poudlard. Si vacances signifiaient passer du temps avec le compagnon de sa mère, alors oui, vraiment, il était bien mieux à Poudlard. Rarement on avait vu ces deux-là dans un tel froid, alors que leur complicité avait toujours été naturelle et discrète. Désemparée face à l’attitude de son fils, Diana avait su faire preuve de la patience qui la caractérisait, considérant que Noah avait simplement besoin de temps. C’était depuis la guerre silencieuse entre mère et fils,  à qui craquerait le premier. Noah s’obstinait à s’enfermer dans une attitude râleuse, parfois volontairement méchante et cassante, simplement pour tester sa mère. Elle finirait bien par lui prêter de l’attention, non ? Mais Diana voyait clair dans son jeu, et n’y rentrait pas, elle avait bon espoir que son fils redevienne raisonnable, après tout, il l’avait toujours été…

Il y avait des jours comme celui-ci où il fallait signer une trêve. Le pauvre Markus n’y était pour rien,  il n’avait pas à subir des tensions où il n’avait aucune incidence. Ce serait assez difficile pour lui de feindre l’enthousiasme et le bonheur toute la journée pour son anniversaire que toute sa gentille famille avait organisé. Plus ça allait, et moins Noah supportait ses vastes réunions familiales. Qu’on le laisse respirer, qu’on cesse de lui poser des milliers de questions, identiques à chaque fois, sur ses résultats ou sur sa sociabilité à l’école, voilà ce qu’il voulait, et il lancerait un méchant regard noir à quiconque évoquerait une crise d’adolescence.

Il enfilait une chemise à manches courtes –le T-shirt étant un vêtement peu considéré chez les Highlands- quand il entendit frapper à sa porte. Il n’eut même pas besoin de lever la tête pour savoir que c’était sa mère.

« Noah, est-ce qu’on peut parler deux minutes ? »

Le Gryffondor ne masqua pas sa fatigue, un soupir lui échappa, alors qu’il faisait mine d’être concentré par la fermeture de ses boutons, pour ne pas regarder sa mère.

« Je sais déjà ce que tu vas me dire. Oui, je me comporterai bien, j’irai donner son cadeau à Markus après avoir bien salué tout le monde, je ferai semblant d’être absolument passionné par les histoires de grand-père, et je serai aimable et poli avec tout le monde, même avec grande tante Ingrid. Un parfait petit garçon. »

Diana ne se laissa pas démonter par le ton sarcastique de son fils. Très calmement, elle vint lui fermer ses derniers boutons, geste qui agaça Noah, il n’avait plus cinq ans pour se laisser habiller, mais il ne se débattit pas.

« Et avec Edward aussi, tu te montreras parfait ?
- Je ne savais pas qu’on avait un Edward, dans notre famille.
- Noah, asséna Diana, sans que son fils ne cille face à son ton ferme. Elle se radoucit presque  aussitôt, sa mine peinée faisait bien plus mouche chez le garçon. Fais un effort, s’il te plaît. Juste une fois, juste aujourd’hui… Ne crois pas que tu es le seul à être mal à l’aise pendant nos rassemblements de famille. C’est encore tout nouveau pour Edward, il est déstabilisé lui aussi.
- Personne ne le force à venir.
- Moi, je tiens à ce qu’il vienne. Et je tiens aussi à ce que mon fils me soutienne, aujourd’hui, ajouta t-elle en serrant la main de Noah. Elle insista, voyant qu’elle n’obtenait aucune réaction. Ne me mets pas dans l’embarras, s’il te plaît. »

Noah détourna les yeux du regard presque suppliant de sa mère. Elle qui s’était toujours montrée digne et ferme dans ses choix, il ne la reconnaissait plus. Sans cesse elle cherchait son approbation, comme si elle avait besoin de quelqu’un pour avancer… ou pour la rassurer sur le fait qu’elle ne faisait pas une erreur. Noah avait eu le temps d’y réfléchir, et il croyait moyennement à une soudaine histoire d’amour entre ce Weston et sa mère. Cela tombait trop bien, et surtout, cela tombait un peu trop comme un cheveu sur la soupe, au goût du garçon. Edward Weston était le gendre dont rêvait sa famille maternelle, après tout. Il n’était pas stupide, et il savait que les mariages arrangés étaient encore de coutume chez les Sangs-Purs. Si les Highlands s’étaient détachés de cette pratique, Noah les savaient capables de « suggérer » fortement une union, et les soupçonnait de l’avoir fait pour sa mère. C’était entre autres la raison pour laquelle il ne se montrait pas ravi de cette petite garden party familiale. Par pure défiance.

Dans le salon, Edward les attendait, debout, derrière sa forte carrure. Sa famille n’était pas Sang-Pur mais des sorciers bourgeois, amateurs d’art, il avait lui aussi grandi dans une élite sociale. Rapidement, il avait repris la collection d’œuvres d’art magiques de son père, pour la gérer d’une main de maître. Diana et lui se seraient apparemment rencontrés au détour d’une vente aux enchères publiques organisée par le Ministère, à laquelle la jeune femme avait assisté, en tant que représentante des Archives Magiques. Bref, Edward Weston avait l’insolence d’être très cultivé, en plus d’être riche et plutôt bel homme, ce qui agaçait parfaitement Noah.  Que pouvait-il reprocher à ce genre d’homme ? L’indifférence qu’il ressentait à l’égard du garçon, peut-être. Diana pouvait bien le défendre, Edward n’avait pas vraiment fait de pas vers Noah, mais ça, ça arrangeait plutôt bien le Gryffondor. Il devait considérer que c’était la femme qu’il épousait, et non le fils. En tout cas, Noah préférait y voir cette explication, plutôt que celle de sa mère, qui consistait à dire qu’Edward ne savait pas comment l’approcher. Cela l’aidait à trouver de quoi le critiquer.

Diana eut la perfidie –aux yeux de son fils- de partir la première et laisser Edward se charger d’exécuter le transplanage d’escorte. Comme si cela allait leur faire nouer un quelconque dialogue ! Les lèvres de Noah restèrent obstinément fermées. Edward se racla la gorge, visiblement gêné, puis tenda la main vers le garçon.

« Tu me donnes ta main ? »

Mais n’était-il pas assez grand pour la prendre tout seul ? Le naturel chipoteur de Noah reprenait le dessus, tandis qu’il saisissait celle de son futur beau-père de mauvaise grâce. Quelques secondes plus tard, ils se retrouvèrent dans le jardin ensoleillée de la maison familiale, à Cornouailles, déjà baignée de quelques rires et vives discussions. Noah mit quelques secondes à se remettre du transplanage qui lui donnait toujours un peu le vertige. Il ne rouvrit les yeux que lorsqu’il sentit une main ridée, mais ferme, se poser sur son épaule.

« Ah, quelques sains d'esprit dans cette famille de fous ! Entre Gryffondor, on doit se serrer les coudes ! Embrassez-moi mes petits... »

Le vieux Sullivan tira le garçon vers lui et Noah se ressaisit rapidement, pour saluer le vieil homme. Noah avait un rapport un peu différent avec Sullivan Highlands, qu’avec les autres membres de sa famille. Lily-Jane s’amusait souvent à dire que les deux avaient beaucoup en commun. Deux Gryffondor bougons, peu loquaces, mais perspicaces. Noah se souvenait de parties d’échecs mémorables avec son arrière arrière –arrière ? il ne s’en souvenait même plus, à ce stade-là, il valait mieux l’appeler ancêtre- grand-père. Il les avait toutes perdues bien sûr, mais il avait énormément appris, et il affectionnait particulièrement ces moments de calme avec lui. Enfin quelqu’un de sa famille qui ne cherchait pas à le faire parler à tout bout de champ.

Lorsqu’il eut enfin passé le long –et pénible- tour de famille, que la mère d’Azénor lui eût tiré les joues avec affection, que Lily-Jane ait commenté sur un ton impitoyable la tenue du garçon, qu’Ailen lui ait proposé un jus de citrouille (qu’il avait refusé),  Noah put enfin souffler et se diriger vers des personnes de son âge.

« Salut Markus ! Bon anniversaire. »

Il lui tendit le paquet que sa mère avait emballé le matin-même. Il contenait un jeu complet de Bavboules à l’effigie des Pies de Montrose, l’équipe de Quidditch préférée de Markus. A la vue du paquet, les yeux du jeune garçon pétillèrent de curiosité.

« Oh qu’est-ce que c’est ?
- Bah je vais pas te le dire, c’est pas drôle, sinon, ricana Noah. Mais ça devrait te plaire. »

Il laissa le petit frère d’Azénor déposer le paquet parmi les autres. Azénor n’était à ce propos pas loin de lui, avec Sullivan, mais Noah préféra détourner le regard. Ils ne s’étaient pas vraiment réconciliés depuis leur dispute à l’infirmerie, si lointaine à présent… C’était ridicule de s’en vouloir encore pour une histoire vieille de huit mois. Noah était rancunier, ça, ce n’était plus une surprise. Azénor en revanche… Le Gryffondor ne cachait pas qu’il pensait –espérait, plutôt- qu’elle fasse le premier pas, comme on l’attendait d’elle.

Il préféra s’approcher de Joy qui l’avait salué d’un sourire tout à l’heure. Avec elle, au moins, les choses étaient nettement plus simples. Malheureusement, la voix de Sullivan le rattrapa, avant qu’il n’ait eu le temps de parler à sa cousine :

« Noah, reviens donc par là. Il tapota de nouveau son épaule, alors que le garçon esquissait un sourire un peu crispé. Assieds-toi près de moi. »

Noah échange un regard assez étonné avec la première personne près de lui –qui se trouvait être Azénor- avant de prendre place sans protester. Le vieux singe posa son regard perçant sur le nouveau membre de leur famille, Edward, qui venait de prendre place à leur table, à côté de sa fiancée.

« Edward, comment allez-vous ? Je crois que c’est la première fois que nous nous voyons ! »

Sullivan n’avait en effet pas eu le plaisir de rencontrer le collectionneur. Il vivait la plupart du temps reclu dans un étage du manoir, et ne se montrait qu’en de rares occasions, comme celle-ci, passant ainsi pour un vieux grincheux au sein de sa famille. Mais Noah voyait cette attitude comme un besoin de tranquillité et de méditation qu’il ne pouvait que comprendre.

« Enchanté de vous rencontrer, Sullivan, j’ai cru comprendre que vous étiez un pilier dans cette famille, répondit aimablement l’homme, dans un trait d’humour.
-Un pilier, exactement ! Ecoute-bien ce garçon, Lily-Jane, enfin quelqu’un qui reconnaît mon importance ! La vieille mégère fit mine d’acquiescer, levant les yeux au ciel, tandis que quelques rires secouaient les invités. Un gardien, je dirais même. Je veille à ce que mes enfants bien-aimés ne manquent de rien… Noah se sentit secoué par de nouvelles tapes énergiques de l’ancêtre, dont le ton devenait plus sérieux. J’espère que vous prenez soin de ce petit râleur, il est comme le fils que je n’ai pas eu.
-Je fais de mon mieux. »

Ce Weston qui était d’une hypocrisie étouffante ! protestait intérieurement Noah. Ah ça, il avait bien appris à sauver les apparences. Quand Noah était seul chez lui, il ne montrait pas le moindre intérêt envers lui. Mais face à sa future belle-famille, c’était tout l’inverse.

« Ne l’embarrasse pas, allons, voulut tempérer Philip, de sa voix forte. Racontez-nous plutôt votre dernière affaire ! Je crois que vous m’aviez parlé d’un de ces rarissimes reliquaires abyssiniens entièrement faits d’os de gobelins, je me trompe ? »

Bien sûr, il fallait que cet oncle maudit tente de vanter les mérites du fiancé de sa sœur, qui devait tellement plus lui convenir que Peter Forester. Noah baissa la tête, pour ne pas être tenté de lui lancer un méchant regard noir. Il décida qu’il n’avait pas la moindre envie d’écouter les histoires barbantes, auxquelles il ne comprenait pas grand-chose, sur des acquisitions d’œuvres d’art qu’il ne connaissait même pas, et se leva discrètement de la tablée. S’il faisait mine d’aller chercher un verre de jus de citrouille, on le laisserait peut-être tranquille… Même si quelqu’un le rejoignait, ça ne serait pas Edward, trop occupé à parler de ses exploits, et c’était déjà ça, songea le garçon en se versant un verre.


Spoiler:
 


Azénor ReynoldsEmployée aux Transportsavatar
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Azénor faisait distraitement tourner son verre de jus de citrouille dans sa main. Elle aurait préféré un verre de Whisky Pur Feu, à cette heure de la journée, ce n'était pas forcément une bonne idée mais ça aurait sans doute rendu la journée plus amusante. Pour l'instant, elle s'ennuyait comme un Boursouf abandonné… Elle avait vu Joy arriver mais celle-ci avait été accaparée par les adultes et elle n'avait franchement pas le courage d'écouter une énième conversation politique inintéressante au possible alors elle abandonna sa cousine à son triste sort.

Quelques temps plus tard, c'est Noah qui transplana aux côtés de son nouveau beau-père. Azénor lui lança un regard rapide, elle était toujours en froid avec lui, n'ayant pas apprécié qu'il se moque d'elle et n'apprécie pas à leur juste valeur les efforts qu'elle faisait pour prendre soin de lui. En réalité, elle était surtout vexée que Noah - qu'elle appréciait énormément - ne lui montre que de l'indifférence. La dispute aurait dû se terminer bien plus rapidement s'ils n'avaient pas été des Gryffondor entêtés.

Un peu mal-à-l'aise de le voir et ne sachant plus trop comment réagir dans cette ambiance familiale - après tout, Noah était plutôt son allié lors de ce genre d'occasion habituellement - Azénor s'approcha de lui discrètement, comme si de rien n'était, attendant de voir ce qui allait se passer.

La brusque étreinte du vieux Sullivan la laissa choquée quelques instants, elle ne s'y attendait pas et se retrouver collée ainsi à lui - même si elle l'appréciait - était un peu déroutant. Il était bien gentil mais il sentait le vieux grenier, ce n'était pas très agréable. Instinctivement, elle leva les yeux vers Noah, échangeant un regard amusé avant de détourner rapidement la tête… Ils étaient sensés être en froid !

Elle s'éloigna donc prudemment et retrouva Joy pour discuter tranquillement. Mine de rien, Azénor gardait un oeil sur Noah. Elle capta son regard étonné lorsque le vieux Sullivan l'interpella et le plaignit sincèrement lorsqu'elle comprit qu'il se retrouvait coincé dans une discussion avec l'ancêtre et son futur beau-père. Elle se tourna alors vers Joy :

"Je ne sais pas ce que tu en penses mais je le sens moyen cet Edward ! Déjà au réveillon, il m'avait énervé, tout le monde n'avait d'yeux que pour lui et ses connaissances artistiques… Et puis, il met Noah mal-à-l'aise… J'espère qu'il n'est pas trop désagréable avec lui. Je n'ai pas eu l'occasion d'en parler avec Noah. Enfin, Noah ne me raconte pas grand chose, je ne comprends pas pourquoi d'ailleurs ! Je suis toujours gentille avec lui et tout et tout, il devrait savoir qu'il peut se confier à moi. Je suis là pour l'écouter. En même temps, on est un peu en froid ces derniers temps lui et moi. Il t'en as parlé à toi ?"

Elle était curieuse d'avoir l'avis de Joy sur le sujet mais, au fond d'elle, elle espérait que Noah ne s'était pas ouvert à elle, une petite pointe de jalousie la piqua à l'idée que son petit Noah pouvait peut-être préférer sa cousine Joy à sa cousine Azénor.

Noah réussissait d'ailleurs finalement à s'échapper et partait dans un coin un peu plus tranquille, un coin loin des adultes. Partagée, Azénor se tourna vers Joy, celle-ci pourrait lui servir d'alibi pour aller voir Noah, non ?

"Tu veux aller voir Noah ? Il a sans doute besoin qu'on lui remonte le moral."



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« Et vous, chère Rosalyn ?
- Vous n'allez pas le croire, mais j'ai été engagée chez Twilfit & Tattings il y a quelques jours à peine ! Le magasin va bientôt inaugurer son deuxième étage, il s'y tiendra un défilé prochainement... »

Un défilé auquel Rosalyn rêverait de participer, songea Joy en scrutant sa jolie cousine. Elle ferait probablement une très bonne vendeuse, mais sa véritable ambition, à la base, était de devenir mannequin. Entre les mains de Swann, elle démarrait plutôt bien.

« C'est formidable, mon enfant ! » piailla Lily-Jane en joignant ses mains ridées.

Joy la savait fidèle cliente de T&T, ce qui ne la rendait pas plus sympathique à ses yeux pour autant. La vieille bique trouvait son bonheur dans les collections les plus colorées de la boutique, ces tenues modernes lui donnant sans doute l'illusoire impression de paraître aussi fraîche qu'à ses vingt ans. Tout était dans le mot « illusoire »... À côté d'elle, Ingrid Highlands ne cachait pas son air désapprobateur, en accord total avec sa robe plutôt classique et austère. Joy détourna prestement la tête – car, à la seconde où leurs regards s'étaient croisés, elle aurait juré qu'elles étaient sur la même longueur d'onde. Elle n'aurait jamais cru se trouver un jour un point commun avec cette russe sévère et définitivement vieux-jeu, mais force était de constater que les manières de son arrière grand-mère n'étaient pas appréciées de tous. Elle se demanda si Ingrid était plus ennuyée à cause du choix de carrière de sa petite-fille, ou bien parce qu'elle-même se fournissait chez Guipure. Peut-être un peu des deux.

« Salut Azénor », dit Joy quand cette dernière s'approcha d'elle. Ce furent tous les mots qu'elle eut le temps de prononcer avant qu'Azénor déverse son flot de paroles accoutumé. Là, c'était déjà trop tard, il fallait attendre patiemment la fin du monologue. En une seule fois, elle réussit à parler tour à tour de son animosité envers Edward Weston, du dîner familial du réveillon, du mal-être de Noah, du mutisme de Noah, de son attitude par rapport à Noah et enfin de son froid avec Noah. Beaucoup de Noah là-dedans ! La situation devait vraiment la déranger.

« Non, il ne m'en a pas parlé, répondit Joy, un peu méfiante. Elle avait l'impression que son avis, même s'il était sollicité, n'était pas forcément le bienvenu. Au niveau affectif, Azénor était sensible, le genre de personne à ménager, si bien qu'elle ajouta : Enfin, comme tu le sais, Noah n'est pas très bavard. »

Contrairement à certains. Mais Joy n'avait pas besoin de faire parler son cousin pour savoir ce qui clochait chez lui. Du côté humain, ce n'était pas difficile à cerner car il était comme elle : pas très porté sur les démonstrations massives d'affection. Azénor avait beau être pétrie de bonnes intentions, elle avait tendance à brusquer un peu trop ses semblables. En gros, à leur casser les pieds. C'était plus facile de l'envoyer, elle et ses bonnes intentions, casser les pieds de quelqu'un d'autre... comme l'avait fait Noah.

Quant à ses états d'esprit vis à vis du beau-père, Joy plaignait moins Noah qu'elle ne plaignait Diana. En plus de subir la rancœur de son fils, c'était elle qui se remariait, et certainement pas par amour. Son promis devait sûrement lui plaire, que ce fut pour sa personnalité, son physique, sa culture ou son goût pour l'art. L'ancienne Serdaigle ne s'engagerait pas avec le premier venu, elle avait choisi quelqu'un qu'elle appréciait. Mais ce dont Joy était persuadée, c'est que Diana ne l'aimait pas comme elle avait aimé le père de Noah. Elle ne l'aimait pas comme elle avait aimé Peter Forester, au point de braver l'autorité parentale et de tourner le dos à son frère. Plus suggérée qu'arrangée, cette nouvelle union indiquait que Diana Highlands s'inclinait. Un peu tard, mais elle s'inclinait. Sous bien des aspects, Joy s'était toujours sentie proche de sa tante. Peut-être étaient-ce leurs caractères qui se ressemblaient, à tenter un temps de se rebeller, puis retomber aussitôt dans la passivité.

"Tu veux aller voir Noah ? Il a sans doute besoin qu'on lui remonte le moral."

Joy jaugea l'expression innocente d'Azénor. Était-ce une honteuse tentative de manipulation ? Sans aucun doute. On ne la faisait pas à une Serpentard. En résumé, Azénor n'osait pas aborder Noah et cherchait à utiliser Joy comme appât. Oui, littéralement. Quant à Noah, il était trop têtu pour faire le premier pas. Ces deux têtes de mule seraient capable de rester brouillées toute leur vie, simplement par fierté ! Joy était bien tentée de les laisser se dépatouiller entre eux pour donner une petite leçon de courage à ces faux Gryffondor. Un regard à sa cousine, si désireuse de se réconcilier, puis un autre à son cousin, qui leur tournait le dos, lui suffit à comprendre qu'elle n'en ferait rien.

« D'accord, suis-moi. Mais c'est bien parce que vous me faites pitié, tous les deux. »

Alors qu'elle se déplaçait parmi les invités, Joy capta un coup d'œil malicieux de Sullivan Highlands. Déjà, au repas de famille de janvier, elle l'avait surpris à l'épier de l'autre bout de la longue table. Son attitude vis à vis d'elle l'avait toujours amenée à se poser des questions. En quoi la personne qu'elle prétendait être pendant ces réunions pouvait-elle susciter la curiosité ? Il avait toujours manifesté à son égard une sorte d'intérêt tranquille, une attention toute particulière à ce qu'elle pouvait bien penser quand le reste de la famille s'accordait à croire qu'elle n'avait pas d'opinion propre sur le sujet. Elle avait toujours préféré se tenir à l'écart de cet ancêtre bien trop démonstratif, car il avait une fâcheuse tendance à la pousser sur le devant de la scène au moment où elle préférerait plutôt se faire oublier.

Lui se comportait différemment avec Noah et Azénor, de cette camaraderie toute gryffondorienne qui l'amenait à les saisir brusquement par les épaules lorsqu'ils s'y attendaient le moins, et s'adresser à eux comme à de vieux copains d'avant-guerre. Il ne l'avait jamais incluse dans le groupe. Peut-être savait-il que ça la gênerait. Malgré tout, il avait cette façon de l'observer, comme s'il attendait quelque chose d'elle...

« Bon, commença la Serpentard en posant ses poings sur la petite table ronde, faisant trembler la carafe de jus de citrouille. J'en ai marre de vos histoires. Vous ne croyez pas que l'après-midi est assez compliqué comme ça ? »

Elle fixa Azénor et Noah l'un après l'autre, puis reprit d'un ton sans réplique qu'elle ne se connaissait pas :

« Quelle que soit la raison de votre dispute, j'exige que vous ayez une conversation là-dessus comme les deux personnes matures que vous devriez être. À vous ! »

Elle n'était pas mauvaise actrice. Après tout, elle avait bien réussi à faire croire à Kelly Murdoch que le Quidditch avait été supprimé pour éviter qu'elle ne se rende aux sélections.
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Noah avalait d’un geste morne une première gorgée de jus de citrouille, quand un coup sur la table le fit sursauter. Incrédule, il se tourna vers Joy, qui arborait une mine sévère qui ne lui ressemblait pas. D’un ton sans réplique, elle exigea qu’il parle avec Azénor, qu’il avait fait mine d’ignorer jusqu’alors.

Tête baissée, Noah reposa son verre, se laissant comme toujours un temps de réflexion avant de réagir. L’après-midi était en effet déjà bien compliqué. Il aurait voulu fuir dans le manoir, s’enfermer à la bibliothèque, prendre un bon bouquin pour se changer les idées et oublier toute sa petite famille d’hypocrites réunies ici, mais son absence serait trop remarquée. Il n’avait pas discuté de ce qu’il ressentait avec ses cousines, tout d’abord parce qu’il n’en avait pas eu l’occasion -c’était la première fois qu’il se voyaient, cet été-, ensuite parce que celle qu’il voyait le plus souvent à Poudlard, eh bien, il était fâché avec elle depuis des mois. Azénor l’aurait écouté et lui aurait montré tout son soutien, il en était sûr, après tout, elle s’était toujours -un peu trop- soucié de lui. Elle était étouffante, certes, mais… Noah était forcé de constater qu’elle lui manquait, quelque part. C’était plus dur qu’il ne le pensait de faire face à l’indifférence de sa cousine, quand elle avait toujours été aux petits soins avec lui. N’était-il qu’un garçon ingrat pour la repousser autant, alors qu’elle ne cherchait qu’à lui faire plaisir, et se plaindre ensuite quand elle ne venait plus le voir ?

Hésitant, il releva le regard vers Azénor. Comment lui dire ? Il n’avait jamais été bon pour les excuses. Et puis il avait toujours ce petit grain de fierté et de rancune qui l’empêchait de faire le premier pas. Sans compter que même plusieurs mois plus tard, il n’avait toujours pas compris pourquoi Azénor s’était vexée de la sorte. Joy avait sans doute raison, le mieux à faire était d’avoir une discussion.

« Je… »

Premier mot sorti. Noah posa un regard perdu sur Joy, avant de revenir sur Azénor, puis soupira.

« Je ne sais pas quoi dire, avoua t-il, en baissant piteusement la tête. Je trouve juste ça stupide qu’on se fasse la tête aussi longtemps, Azénor. Moi j’suis prêt à passer l’éponge, même si… »

Même s’il lui en voulait encore un peu, au fond ? Noah décida de mettre sa nature rancunière de côté, et de poser les véritables questions.

« Même si je sais pas trop comment on en est arrivés là. »


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Un peu égoïstement, Azénor était contente de voir que Noah ne s’était pas confié à Joy. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de s’en inquiéter, en avait-il parlé à quelqu’un au moins ? Elle l’espérait car il n’était pas bon que garder ce genre de choses pour soi, il fallait parler pour se décharger de ce mal-être. Malheureusement, parler de sa famille n’était pas toujours facile à Poudlard et Noah n’était pas connu pour être un bavard ni même pour avoir une foule d’amis. Enfin, il avait toujours William, Nils, Lisa, Nate ou même cette petite Maeva, la fille du Professeur Hellsoft, Azénor avait remarqué qu’ils passaient pas mal de temps ensemble. Elle devrait d’ailleurs lui en toucher deux mots, c’était très intriguant mais pour cela, il fallait qu’elle se réconcilie avec lui mais son orgueil l’en empêchait et la présence de Joy lui donnait un bon prétexte pour s’approcher de lui.

Malheureusement, Joy ne se laissa pas avoir par sa tentative de manipulation comme Azénor aurait pu s’en douter, après tout, une Gryffondor face à une Serpentard, c’était perdu d’avance. Elle la remercia tout de même d’un grand sourire lorsqu’elle décida de l’accompagner auprès de Noah, sourire qui se mua en regard ébahi lorsque Joy frappa des deux poings sur la table. Etait-ce vraiment Joy, la douce et discrète Joy, qui était face à eux. En quelques mots, elle venait de détruire l’image qu’Azénor avait d’elle, complétement déboussolée, l’ancienne Gryffondor regardait sa cousine montrer un autre aspect de sa personnalité et si elle n’avait pas été aussi embêtée par ce qu’elle disait, elle aurait sans doute félicité Joy pour se montrer aussi déterminée et sûre d’elle.

Néanmoins, Joy la mettait dans une bien mauvaise position. En effet, si elle était toujours aussi vexée et énervée contre Noah, c’était surtout par orgueil. Bien sûr, ce jour-là il l’avait vexée en étant un peu trop franc et l’avait surtout profondément touchée dans un de ses points faibles, ses relations avec les garçons, mais même-elle devait avouer qu’elle s’était un peu emportée. Et puis, de l’eau avait coulé sous les ponts, maintenant elle avait Adrian, elle avait enfin sa relation sérieuse qui lui faisait oublier le désastre de sa vie amoureuse durant les dernières années. Tout cela pouvait amener à se demander pourquoi étaient-ils encore fâchés ? Sans doute à cause de leur caractère respectif – Azénor était têtue mais pas forcément rancunière – qui les empêchaient de faire le premier pas l’un vers l’autre.

Joy avait donc tout à fait raison de les mettre devant le fait accompli mais maintenant qu’elle y était, elle se retrouvait – une fois n’est pas coutume – à court de mots. Etonnamment, c’est Noah qui lui sauva la mise en prenant la parole le premier et elle faillit se jeter sur lui pour lui faire un câlin et lui ébouriffer les cheveux comme elle aimait tant le faire à l’entente de ses paroles mais elle le laissa terminer avant de se lancer toute trace de rancune envolée :

« Oh mon petit Noah ! Moi aussi je suis désolée, je ne voulais pas qu’on se fasse la tête aussi longtemps, tu m’as vraiment manqué mon p’tit Noah. T’imagines pas comme c’était dur pour moi de te croiser dans les couloirs et de rester de marbre. En plus, j’avais aucun moyen de savoir comment tu allais, j’ai bien essayé d’aborder un de tes amis, un petit Serdaigle qu’on trouve toujours à la bibliothèque, mais il m’a regardé avec de grands yeux effrayés, a balbutié quelques paroles décousues et s’est enfui en courant… Vraiment étrange ce garçon, soit dit en passant. Enfin, bref, tout ça pour dire que c’était stupide et que tu m’as manqué ! »

Cependant, une dernière chose l’empêchait de le prendre dans ses bras, elle n’était pas totalement idiote et se doutait bien qu’elle devait quelques explications à Noah. Elle n’avait pas plus envie que cela de parler de ses histoires de cœurs en plein milieu d’une réunion de famille mais elle n’avait pas vraiment le choix si elle voulait récupérer Noah et puis, ça lui permettrait de parler de son bonheur avec Adrian. Elle jeta tout de même un coup d’œil autour d’elle pour s’assurer qu’aucune oreille adulte ne traînait dans le coin mais heureusement ils étaient tranquilles, les adultes étant partis dans une grande discussion autour de la table principale.

Se confier à son petit cousin sur le sujet n’était pas forcément très agréable mais Joy était là et dans un coin de sa tête, elle se disait que cela pourrait les rapprocher. Joy était plutôt réservée alors si elle lui faisait part de ses déboires amoureux et du bonheur qu’elle ressentait aujourd’hui, peut-être Joy se confierait-elle à elle pour savoir comment elle avait fait. En effet, Azénor ne doutait pas un instant que Joy était trop timide et effrayée pour se débrouiller seule en amour et elle serait ravie de pouvoir être sa guide. Cependant, elle bafouilla légèrement lorsqu’elle prit la parole, un peu décontenancée tout de même par la situation :

« Je… Heu… C’est un peu compliqué. Tu ne pouvais pas deviner en fait, Noah, mais tu as touché un point sensible ce jour-là. C’est même pas sûr que tu t’en souvienne ni même que tu t’en sois rendu compte, elle lâcha un petit rire mal-à-l’aise. Ce jour-là, tu m’as parlé de mes relations avec les garçons, tu étais tellement sûr de toi et un peu arrogant sur les bords. Tu refusais que je te pose des questions sur tes relations sentimentales mais ça ne t’a pas dérangé de faire de même pour moi, supposant que comme j’étais plus âgée j’avais plein de choses à te raconter. Malheureusement, ce n’était pas le cas ou tout du moins je n’avais pas la moindre envie de te raconter cette partie de ma vie. Tu es plus jeune que moi, Noah, et tu es un garçon, mon petit cousin… Je n’avais certainement pas envie d’aborder ce sujet avec toi. A cette époque, c’était un sujet très sensible, bien sûr comme tu me l’avais fait remarqué avec un ton tellement sûr de toi, j’avais déjà eu des histoires mais ce n’avait été que de mauvaises expériences. Je n’entrerai pas dans les détails maintenant mais je me suis bien fait avoir à plusieurs reprises, son ton devenait un peu amer. Je n’avais donc pas la moindre envie de montrer mon échec à mon petit cousin choupi qui doit très certainement faire craquer plein de filles. Alors, je me suis un peu lâchée ce jour-là te disant des choses blessantes et un peu disproportionnées bien que pas totalement fausses. J’étais sincère, Noah, quand je disais que j’étais blessée par ton comportement souvent désagréable à mon encontre. »

Azénor fit une petite pause, juste le temps de récupérer ses esprits, de jeter un coup d’œil vers ses cousins et de reprendre ses esprits, chassant les souvenirs de la dispute et elle reprit de son ton enjoué habituel :

« Mais maintenant tout va pour le mieux. J’ai rencontré un garçon fantastique ! Je ne sais pas si vous le connaissez, il s’appelle Adrian… Adrian Calder… C’est un ancien Serpentard. Un beau brun avec des yeux foncés et mystérieux à se damner ; je pourrais passer des heures à le regarder dans les yeux… On est ensemble depuis la fin de l’année dernière et tout se passe pour le mieux entre nous. On s’aime, vous comprenez… Il bosse comme vigile chez Fleury et Bott cette année, c’est un honnête job et ça va lui permettre de se faire un peu d’argent. Et puis, c’est la classe parce qu’on va habiter tous les deux à Londres l’année prochaine. On pourra se voir souvent comme ça, pas comme tous ces couples que la fin de Poudlard sépare. »

Un sourire un peu rêveur aux lèvres, elle revint à elle pour observer ses cousins d’un air joyeux :

« Alors, maintenant que tout ça est réglé, je peux m’enquérir de vos histoires de cœur, non ? »



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Il y eut un court instant de flottement durant lequel ses deux cousins restèrent muets. Joy craignit que sa démarche n'ait servi à rien, jusqu'à ce que Noah ouvre la bouche, tente d'articuler quelque chose et pose brièvement ses yeux sur elle. Joy répondit à son regard mal assuré par une expression encourageante. Lorsqu'il se lança enfin, elle soupira de soulagement ; apparemment, il n'en fallait pas plus à Azénor pour ouvrir la vanne des multiples excuses qu'elle retenait depuis des mois. Devant cette avalanche de « mon petit Noah », Joy recula de quelques pas. Maintenant qu'elle les avait poussés l'un vers l'autre, elle ne voulait pas s'immiscer outre mesure dans les hauts et les bas de leur relation. Elle se sentait comme une intruse dans une conversation trop personnelle qui ne la concernait pas assez pour qu'elle se permette d'écouter, même sans intervenir. Elle en profita pour regarder les occupations de sa famille. Markus, par exemple, était captivé par le récit épique que lui contait le grand-père Henry en gesticulant.

« J'étais aussi doué que certains Baguettes d'Élite, ça oui, mais la mienne m'avait été honteusement écartée. J'étais perdu... du moins, c'est ce que je me suis dit sur le moment ! Tu sais bien que je m'en sors toujours ! Car, un éclair de génie me FRAPPANT (son brusque haussement de ton fit sursauter Lily-Jane), j'attrapai l'une des massues abandonnées sur le sol (il mima le geste) puis, emporté dans un élan de FUREUR dévastatrice, je la fis touuuurnoyer au dessus de ma tête et j'ÉCRASAI un premier troll des montagnes, comme ça, PAF !!! » cria-t-il avec un coup de coude dans le dos de Lily-Jane qui renversa son thé.

Joy aurait pu se délecter un peu plus longtemps du spectacle de l'arrière-grande-tante en train d'éponger furieusement son col si ses deux cousins n'avaient pas attiré de nouveau son attention. Azénor parlait d'elle. À vrai dire, Azénor parlait tout le temps d'elle, mais cette fois-ci les points qu'elle abordait étaient sensibles. En temps normal, elle n'évoquait jamais ses « insécurités affectives », or elle faisait maintenant le choix de les dévoiler à Noah et elle semblait tenir à ce que Joy en soit témoin elle aussi. La Serpentard se demanda pourquoi. Ça n'avait pas de sens, elle n'était même pas impliquée dans leur dispute. Alors pourquoi Azénor semblait s'adresser autant à Noah qu'à elle ? Pourquoi voulait-elle lui faire connaître ses doutes et ses incertitudes sans aucune raison de se justifier ? Elle savait qu'Azénor était loin d'être aussi sûre d'elle qu'elle n'en avait l'air ; elle ignorait si Azénor savait qu'elle savait, mais celle-ci cherchait incontestablement à lui faire savoir quelque chose d'autre.

Joy comprit de quoi il s'agissait lorsque la Gryffondor lâcha brusquement qu'elle était en couple avec Adrian Calder. Et ce qu'elle comprit ne lui plut pas du tout. En révélant à quel point son cas était désespéré mais qu'elle avait malgré tout trouvé chaussure à son pied, Azénor pensait rassurer Joy. En fait, Joy n'avait aucune idée de ce qu'Azénor s'imaginait à son sujet mais cette dernière semblait lui associer une vie amoureuse aussi compliquée que la sienne. Pire encore : il s'agissait de lui prouver que tout n'était pas perdu. La Serpentard trouvait extrêmement vexant de se faire ainsi prendre en pitié par sa cousine. De quoi elle se mêlait, celle-là ? Qu'est-ce qu'elle en savait ? Froissée, Joy ravala la blessure de son amour-propre en se disant qu'Azénor n'avait probablement pas l'intention de se montrer condescendante à son égard ; au contraire, elle lui apportait son aide (non requise et non nécessaire) de manière tout à fait maladroite, certes.

Joy était surprise, mais pas par ce qu'Azénor disait. Plutôt par ce qu'Azénor voulait lui faire comprendre, les intentions derrière ses mots. Depuis le temps qu'elle la fréquentait, elle gardait avec elle l'impression d'avoir tout entendu de sa bouche. Elle s'était habituée à croire que rien dans ce que disait sa cousine n'était inattendu de sa part, un sentiment bien confortable. Désormais, Joy se rendait compte qu'elle s'était méprise. Elle se promit de ne plus écarter de qui que ce soit, même de la plus ennuyeuse des bavardes, sa capacité à la surprendre. Peut-être aussi lui reconnaître sa capacité à se surprendre elle-même, car il n'y avait pas de causes perdues.

"Alors, maintenant que tout ça est réglé, je peux m’enquérir de vos histoires de cœur, non ?" s'enthousiasma Azénor.

« C'est pas vrai », se dit Joy. Il y avait définitivement des causes perdues. Elle coula un regard atterré à Noah. Dire qu'elle avait eu de l'espoir, pendant quelques petites minutes...

« Je veux bien parler d'une histoire d'amour, s'empressa-t-elle de répondre, désireuse de détourner la conversation, mais ce sera celle d'une mère et de son fils, puisque tu m'en parlais justement tout à l'heure, Azénor. »

Avec un froncement de sourcil inquisiteur, Joy se tourna vers Noah. Ça n'échappait à personne, il était très froid avec Diana depuis le début de l'après midi, Diana dont il était pourtant proche. Quitte à régler ses comptes, autant le faire jusqu'au bout.
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Voilà. Le moulin à paroles était reparti. Un peu décontenancé par la vitesse à laquelle Azénor avait retrouvé son sens des discours interminables, Noah s’efforça de ne pas grommeler à ses horripilants petits surnoms dont elle aimait l’affubler. D’abord, il n’était pas petit et il n’était pas son Noah… Mais ce n’était pas le moment de protester, et puis, s’il devait être tout à fait honnête avec lui-même, le soulagement de voir qu’elle voulait bien lui pardonner l’emportait sur tout le reste. Il voulait bien faire l’impasse sur tous les petits côtés agaçants de sa cousine, tant qu’elle ne lui en voulait plus. Ces longs mois de froid entre eux avaient au moins eu le mérite de lui faire comprendre qu’il l’appréciait plus qu’il ne voulait bien le montrer, et que l’absence d’Azénor ne lui faisait pas dire bon débarras, mais était plutôt de nature à l’attrister.

Cependant, de là à ce qu’il le reconnaisse à haute voix, il y avait un grand pas à faire pour le petit Noah pudique, qui se contenta de sourire simplement à la fin du discours d’excuses de sa cousine. Il échangea un bref regard avec Joy, qui semblait prête à s’éclipser pour les laisser tous les deux, mais son attention fut de nouveau attrapée par Azénor, lancée dans un second discours. Ah, les explications, il les attendait. Il s’était creusé la tête un long moment pour tenter de comprendre ce qui était passé par la tête d’Azénor, en vain, et ce n’était pas faute d’avoir toujours dit que les filles -surtout Azénor- étaient compliquées à comprendre. Alors qu’elle rappelait les circonstances de leur dispute, Noah se souvint qu’effectivement, c’était au moment où ils avaient commencé à évoquer leurs vies amoureuses respectives que sa cousine s’était fâchée. Mais ce n’était pas lui qui avait commencé à poser des questions embarrassantes pourtant ! Il n’avait fait que lui retourner la politesse. Si parler de garçons la gênait, pourquoi avoir lancé le sujet, alors ? Surtout que Noah n’était pas plus à l’aise qu’elle dans ces questions là, non, il ne faisait pas craquer plein de filles, comme elle disait, pas du tout. Ou alors il n’était pas au courant. Mais ce serait étonnant qu’il plaise à des filles, il n’en côtoyait presque pas, la seule avec qui il était vraiment régulièrement était Maeva.

Songer à son amie réveilla quelques pensées qui le firent détourner les yeux avec embarras, pour se fixer sur celle qui était son rocher dans les moments délicats, Joy. Il crut voir un peu de crispation dans son expression, et se demanda ce qui pouvait provoquer cela, sachant qu’elle avait toujours été plus patiente et diplomate que lui, quand Azénor était lancée dans son moulin à paroles. Elle finit par s’arrêter de disserter sur le bel Adrian en question -qui ne disait rien du tout à Noah, mais il n’allait pas trop voir du côté des Serpentards- ce qui attira de nouveau son attention vers elle. Il fallait dire quelque chose pour ne pas lui donner l’impression qu’elle parlait dans le vent, non ?

« C’est… cool pour vous deux. » conclut Noah maladroitement.

C’était plutôt sincère en plus, tant mieux si Azénor avait trouvé chaussure à son pied. Il se demandait juste à quoi pouvait ressembler cet Adrian pour supporter la sur-présence et la volubilité constante de sa cousine -peut-être un autre grand bavard et du coup, il surenchérissait ?- mais après tout, pourquoi pas. Il y avait de tous les goûts dans la nature. Noah souffla un petit coup, comme pour relâcher toute la tension qui l’habitait, entre le fait qu’il aurait préféré être ailleurs, et sa réconciliation bancale avec Azénor. Il s’apprêtait à se resservir du jus de citrouille et prendre congé pour rejoindre Markus, plutôt -il avait rempli son quota de discussions de filles dans la journée- mais la question que leur retourna la Gryffondor le fit avaler une gorgée de travers. Bon, une diversion, il pouvait toussoter au lieu de répondre. Heureusement, Joy détourna habilement la conversation à sa place. Il n’avait aucune envie d’évoquer avec deux filles de sa famille ce qui avait pu se passer à la soirée de fin d’année avec Maeva…

Pour autant, Joy ne l’interpellait pas sur un sujet plus facile. Sa mine s’assombrit légèrement, alors qu’il répondait dans sa barbe :

« Une mère qui préfère un autre genre d’histoire d’amour, tu veux dire ? » Reposant son verre sur la table, il finit : « Moi je n’ai pas très envie d’en parler. »

Sur ces mots, il quitta la table des rafraîchissements pour se diriger vers Markus, désireux de ne plus évoquer ce beau-père qui attirait déjà toute l’attention à la table du repas. Il crut voir le regard de sa mère le suivre alors qu’il passait à quelques centimètres, en coup de vent, mais il détourna très vite le regard, une grande indifférence collée au visage. Il n’avait que ce moyen de lui faire comprendre qu’il lui en voulait toujours.


FIN DU RP


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Garden-Party chez les Highlands [Joy/Noah/Azénor]

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