AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Parce que l'ADN ne fait pas tout [Roy]

MétamorphomageMolduavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Métamorphomage le Mar 15 Juil 2014 - 22:47, édité 1 fois
Spoiler:
 

2 Juin 2008


Eden Rosebury, 28 ans, gérante du Paradis d'Eden

Il faisait chaud en ce premier juillet et Eden en avait profité pour sortir sa petite robe blanche à gros pois roses, sa préférée. Même si la plupart des vêtements de la jeune femme étaient roses, il est vrai. Mais le rose était une couleur si fantastique ! Elle représentait le bonheur, l'amour, l'espoir, la vie, toutes ces choses à la fois ! C'était sa couleur préférée et cela se verrait d'ailleurs à l'occasion de son mariage qui se tiendrait quelques semaines plus tard. Si sa robe était blanche - pour respecter les traditions - les fleurs, les robes des demoiselles d'honneur et tous les éléments de décoration se déclinaient dans des tons de rose et de blanc qui ravissaient Eden. Cela faisait un an qu'elle organisait ce mariage et tout serait absolument parfait. Evidemment, elle avait dû prendre des décisions seules. James aurait voulu pouvoir passer plus de temps à ses cotés mais ses activités caritatives étaient plus prenantes que jamais, ce qui l'empêchait de se concentrer sur des choses aussi futiles qu'un mariage. Il est vrai qu'aux cotés de l'avenir des orphelins du Ghana, le choix d'un rond de serviette n'avait que peu de valeur et Eden le comprenait.

James aurait donc beaucoup de surprises en découvrant son mariage et cela n'en n'avait que plus de charme ! Eden avait également choisi le lieu sans lui, lorsqu'il était parti deux semaines en Haïti pour aider les victimes de l'ouragan Hana. C'était un charmant petit hôtel ancien dans la campagne anglaise et il n'y avait rien de plus ravissant que cet endroit. Elle en était tombée amoureuse et avait si hâte de s'y marier ! Mais en attendant, elle devait se concentrer sur le deuxième plus grand projet de son année : l'ouverture d'une deuxième pâtisserie. La boutique du Chemin de Traverse avait connu un tel succès que l'ouverture d'une autre franchise n'avait été que l'étape logique : elle était devenue la pâtissière incontournable du pays et décrochait de plus en plus de contrats, au point d'avoir dû engager sept personnes de plus. Bristol lui était apparu comme l'idéal afin de toucher une nouvelle clientèle et le deuxième Paradis d'Eden ouvrirait donc ses portes la semaine prochaine. En attendant, tous les ouvriers se pressaient pour mettre en forme le magasin et le salon de thé qui lui serait accolé. Les gens pourraient acheter des pâtisseries à emporter ou venir prendre un délicieux petit goûter dans une décoration élégante et pleine de charme. Qu'est-ce qu'elle avait hâte que les travaux se terminent !

La petite boutique donnait sur la jolie place pavée au bout de l'Allée des Douze chênes et Eden imaginait déjà la petite terrasse qu'elle pourrait installer pour inviter les gens à s'assoir et à savourer ses gâteaux. En attendant, deux ouvriers étaient occupés à fixer l'enseigne donc le "i" de Paradis était composé d'un petit muffin aux cerises. Toute ravie, Eden adressait des sourires à tous les gens qui passaient et qui observaient l'installation, curieux. Elle avait hésité avant de choisir ce local, un peu petit au niveau de qui serait la cuisine et l'arrière-cuisine mais elle avait obtenu les autorisations du Ministère pour agrandir ces deux pièces, lui permettant ainsi d'avoir l'espace requis pour stocker ses ingrédients. Elle avait néanmoins investi dans l'achat d'un tout petit entrepôt dans une petite rue derrière qui ne lui servirait finalement. Elle avait néanmoins décidé de le garder : elle ne comptait pas s'arrêter à Bristol et ce dernier pourrait toujours lui servir pour stocker ses chaises et ses tables ! Eden en était là de ses pensées lorsque son regard accrocha soudain une silhouette familière, ce qui lui arracha un cri de joie comme un bébé Boursouf face à sa maman. Elle s'empressa de courir - en talons sur les pavés donc une course tout à fait relative - vers la personne qu'elle avait reconnue et se jeta à son coup avec autant d'enthousiasme que s'ils se retrouvaient après dix ans de silence.

- Qu'est-ce que je suis heureuse de te voir, Roy !

Un immense sourire illuminait son visage et elle déposa deux baisers sur les joues du jeune homme, laissant par là une trace de rouge à lèvres rose.

- Comment vas mon cousin adoré ?

Car oui, et il était difficile de le croire mais c'était le cas, Roy et Eden partageaient le même ADN. Eden était une Calder par sa mère et considérait ses trois cousins comme les frères qu'elle n'avait pas eu tandis qu'Irina était un peu comme sa huitième sœur et elle les aimait tous très fort. Rares étaient d'ailleurs les gens qu'elle n'aimait pas mais elle débordait littéralement d'amour pour sa famille et les noyait sous la tendresse et l'affection. Elle en avait une toute particulière pour Roy, son cousin qui avait une si bonne bouille bien qu'il ait l'air un peu ronchon parfois. Elle avait envie de lui faire plein de muffins pour le dérider !

- Tu m'as manqué ! confia-t-elle avec sincérité, ne résistant pas à l'idée de sauter de nouveau au cou de son cousin. Que fais-tu par ici ?
Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1891

Voir le profil de l'utilisateur
Roy marchait paisiblement dans les rues de Bristol, pas vers la Voie des Miracles pour une fois, mais vers l’avenue fréquentée et parfaitement légale des Douze Chênes. Il monta jusque la place pavée, avec une idée bien précise en tête. Un commerce faisait parler de lui dans tout le quartier ces derniers temps, un commerce qui n’aurait jamais attiré son attention s’il n’en connaissait pas la gérante. Un simple Patronus envoyé chez les Rosebury lui avait suffi à savoir qu’Eden venait voir son nouveau chef d’œuvre aujourd’hui, et c’était parfait : Roy avait justement besoin de la voir.

Si Roy se montrait particulièrement doué pour se mettre des gens à dos, à l’inverse, en y mettant du sien, il savait aussi se les mettre dans la poche, à grands renforts d’hypocrisie. Dès son plus jeune âge, il avait compris qu’il était plutôt pratique d’avoir Eden de son côté. Lequel de leurs parents remettrait en cause la parole d’une si gentille petite fille ? Dès qu’il faisait une bêtise, il suffisait que sa cousine jure par Morgane qu’il était innocent –la manœuvre consistant alors à lui faire croire qu’il était innocent, mais ce n’était pas le plus difficile-, et voilà, on le laissait tranquille. Avec un an d’écart, ils s’étaient retrouvés six ans ensemble à Poudlard. Elle s’était montrée particulièrement étouffante, se sentant obligée de lui proposer son aide ou sa compagnie au moindre détour de couloir. Les moments où elle était bienvenue étaient en général ceux où Roy se trouvait avec un devoir de sortilèges à rendre pour le lendemain sans la moindre idée de ce qu'il allait écrire dedans, et il n'allait pas mentir, il lui avait souvent fait ses yeux de chaton pour qu'elle le rédige à sa place. Aujourd’hui, avoir Eden dans la poche allait lui servir pour des choses plus sérieuses, mais il n’allait pas amorcer la conversation immédiatement là-dessus. Il lui fallait préparer le terrain d’abord, et avec l’habitude, il savait exactement comment faire.

Aussi, lorsque sa cousine, toute vêtue de son rose vomitif coutumier, s’élança vers lui à grands éclats de talons aiguilles et de voix suraigüe, il lui offrit son plus beau sourire mielleux. Il ouvrit même grand les bras pour accueillir son étreinte, et contrôla parfaitement l’expression de son visage lorsqu’il sentit le gras de son rouge à lèvres s’étaler sur ses joues. Il effacerait rapidement cette horreur au premier moment où elle se retournerait.

« Ma cousine préférée ! répondit-il à son étreinte, avec un sourire éclatant. Je vais très bien et toi ? Tu as l’air radieuse ! »

Il appuya ses paroles en tapotant gentiment les joues d’Eden, beaucoup trop souriante pour lui. Il l’avait toujours connue comme ça, rayonnante de son bonheur qu’elle jetait à la figure des autres rien que par ses choix de couleur de vêtements. Malgré tout, Roy n’était pas complètement hypocrite avec elle. Il lui devait bien d’être l’un des rares membres de sa famille proche à ne pas lui avoir tourné le dos. Certes, elle ne connaissait pas la nature exacte de ses activités, les Calder ayant toujours pris soin de garder cette information au sein du noyau le plus restreint, par honte de ce qu’était devenu leur fils aîné, très certainement. Roy ne s’en plaignait pas, pour l’instant, cela l’arrangeait qu’Eden ne sache rien.

A sa question, il désigna d’un geste de bras la pâtisserie en travaux, où l’on commençait à fixer l’enseigne célèbre pour les londoniens du Paradis d’Eden. Puisqu’amorcer le terrain signifiait généralement commencer par faire la conversation, Roy répondit avec un enthousiasme plus vrai que nature.

« J’habite à deux pas d’ici, tu te souviens ? se moqua t-il gentiment. Je suis au courant dès que le moindre commerce ouvre dans le coin. Tu ne m’avais pas dit que tu t’installais à Bristol ! C’est pour me faire encore plus de muffins, c’est ça ? Après tout, se faire gaver gratuitement de gâteaux était un autre avantage quand on était proche d’Eden, le Roy enfant l’avait vite compris aussi. Ta sœur m’a dit que tu passerais voir les travaux aujourd’hui, donc je suis venu. Tu me fais visiter ? »

Bien sûr, il omettait volontairement qu’il avait repéré plus tôt dans le mois les parties qui l’intéressaient. Il avait toute la journée devant lui, il pouvait bien faire semblant de s’extasier sur les cuisines quelques dizaines de minutes.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
MétamorphomageMolduavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Spoiler:
 


Eden Rosebury, 28 ans, gérante du Paradis d'Eden

Si Eden avait été un chat, elle aurait ronronné de bonheur. Roy qui avait d'habitude la mine contrarié semblait heureux et rayonnant et cela emplissait Eden de joie. Il faut dire que la chose qui la rendait encore plus heureuse et optimiste que d'habitude, c'était de voir le bonheur des autres : elle était une sorte d'éponge à ondes positives, elle absorbait tout avant de tout rendre à la face du monde en passant son temps à sourire, rire et à voir - tout à fait littéralement - la vie en rose. Beaucoup disaient que la jeune femme était la joie de vivre incarnée et croquait la vie à pleines dents. Et certains disaient que sa mère avait abusé des sortilèges d'allégresse durant sa grossesse. Mais ils n'étaient que des mauvaises langues et les critiques glissaient sur le dos d'Eden comme la testostérone sur le pelage d'une licorne.

- Je vais merveilleusement bien, le mariage approche à grands pas, je suis excitée comme un Boursouf ! Tu seras là, n'est-ce pas ?

Elle avait évidemment envoyé des invitations à toute sa nombreuse famille, ainsi que toute la famille de James, tous les gens qu'elle connaissait et à peu près la moitié du monde magique, même le Ministre. Après tout, James était un grand sportif reconnu, peut-être que le Ministre Fiennes se réjouissait de faire la rencontre d'un homme qui avait rendu la nation si fière ! Il avait été un grand joueur de Quidditch et son implication dans des causes importantes était connue de tous. Quel homme ! Rien que d'y penser, Eden s'en pâmait. Elle aurait aimé qu'il soit présent pour l'inauguration de la deuxième pâtisserie, mais il avait promis à une association qu'il servirait des repas aux sorciers sans-abris, ce qui lui prendrait sûrement toute la nuit. Rien que de penser à l'idée qu'elle allait passer la soirée entourée de délicieux petits cupcake tandis que James mettrait son cœur à l'épreuve de la misère humaine la faisait se sentir mal à l'aise. Comme pour se racheter, elle avait promis qu'elle ne jetterait en aucun cas les gâteaux invendus du jour mais les donneraient à des associations caritatives.

- Bien sûr que je me souviens, mais je me suis dis que tu travaillerais ! Je suis certaine que tu t'investis beaucoup dans ton travail ! lança-t-elle en glissant son bras sous celui de son cousin. Et que c'est pour ça que Jason ne veut pas en parler, il est jaloux de ton ambition et a peur que son petit frère le dépasse ! annonça-t-elle avec autant de sens psychologique qu'un Troll apprenant le ballet.

Elle n'avait jamais vraiment trop compris l'inimité entre les frères Calder, tant elle-même s'entendait bien avec sa myriade de sœurs. A ses yeux, ce n'était qu'un petit différent que les deux ne réglaient pas par manque de volonté parce qu'il était bien connu que les Calder étaient bien trop fiers pour leur propre bien. Des batailles de coqs, voilà tout ! Elle prônait l'amour et la complicité dans la famille et voir que Jason et Roy n'étaient pas proches lui brisait le cœur, aussi essayait-elle de les réconcilier depuis des années, à l'aide de tentatives plus ou moins subtiles et beaucoup, beaucoup, beaucoup de cupcakes. Comme si partager un peu de sucre glace allait réconcilier les deux garçons. Mais Eden y croyait et ne s'avouait pas vaincue : elle continuait d'essayer avec l'acharnement de la Poufsouffle qu'elle avait été.

- Bien sûr que je te vais visiter ! Viens donc !

Ses ongles manucurés en rose pivoine se refermèrent sur le bras de son cousin et elle l'entraina tout guilleret vers l'intérieur de la pâtisserie. Des piédestals pour présenter les nombreuses pâtisseries étaient en train d'être fixés tandis qu'un ouvrier s'échinait à installer la caisse enregistreuse qui pépiait derrière le comptoir. Les meubles étaient en bois clairs dans des tons chaleureux et des cloches en cristal étaient posées dans un coin, prêtes à venir protéger les pâtisseries. Toute heureuse, Eden babillait sur toutes les hésitations qu'elle avait eu à choisir tous les éléments de décoration, qu'elle caractérisait à grands renforts de "adorable", "mignon" "choupi" et autres adjectifs. Elle finit par entrainer Roy dans la salle d'un coté, celle du petit salon de thé qui donnait sur une petite cour fleurie et pavée. Au comble du ravissement, Eden finit par les cuisines, petites mais propres et termina par entrainer Roy dans la cour pour lui servir un thé et quelques gâteaux de son choix.

-  Cela fait si longtemps qu'on n'a pas pu parler comme cela ! roucoula-t-elle en posant une tasse rose et un sous-tasse en forme de tulipe devant Roy.  Tu devrais venir à la maison, il faut que je te présente mon James chéri ! Tu vas l'a-do-rer ! assura-t-elle en servant le thé.  Et puis Alma, Carla et Felicia disaient justement qu'on ne te voyait pas assez aux repas de famille. C'est l'amour qui te détourne de nous ? interrogea-t-elle malicieusement.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1891

Voir le profil de l'utilisateur
« Je t’avoue que mes journées sont très chargées en ce moment… Mais je ferai mon possible pour venir, c’est promis, cousine ! »

Doux mensonge. Roy n’avait pas la moindre intention de se rendre à ce mariage. Ce n’était pas contre sa cousine, mais plutôt contre l’idée de se rendre à un tel rassemblement familial, où il était certain de devoir affronter des questions, si ce n’étaient des tensions, à son égard. Aux yeux de la plupart, Roy passait pour l’aîné ingrat, celui qui n’avait pas su faire la fierté de ses parents, celui qui s’était éloigné de sa famille sans dire un mot, celui qui passait à présent sa vie à trafiquer on ne savait quoi, dans un commerce de potions dont personne n’avait le moindre retour. Les rumeurs allaient bon train et fleurtaient avec la vérité, mais le silence des Calder à ce sujet avait fini par tasser les choses. Le sujet Roy était passé aux oubliettes depuis quelques années, et cela lui convenait parfaitement. Eden faisait partie de ces quelques personnes qui n’éprouvaient aucune méfiance, ou ne se posaient simplement pas de question, pas les bonnes, en tout cas. Si Roy n’avait pas envie de la peiner, cette réticence était vite balayée par son égoïsme qui le faisait préférer son confort. Il se chargerait de trouver une excuse pour ne pas venir, en temps voulu, c’était plus simple pour tout le monde, et surtout pour lui.

Roy retint un rire dédaigneux à son explication sur Jason, de justesse, il parvint à le muer en sourire amusé. Ah si seulement Eden savait… Sa naïveté était touchante. Si son frère ne voulait pas parler de son travail, c’était parce que malgré leurs différends, Jason avait été élevé comme lui, autour d’un principe essentiel : la solidarité familiale. Roy savait Adrian ou Irina capables de mentir pour lui. Jason était juste capable de préférer le silence, ce qui n’était déjà pas si mal.

« Jason a toujours été jaloux de moi, malheureusement, j'ai fini par me résigner. » commenta t-il, haussant les épaules, comme pour feindre l’impuissance.

Et Roy manquait de reconnaissance, mais il fallait bien qu’il préserve son secret, après tout, même si cela signifiait abonder dans un sens qui ne rendait pas honneur à son petit frère. Mais pour le moment, c’était surtout dans le sens de « Faisons semblant d’admirer la moindre décoration en porcelaine rose de ce fichu chantier » qu’il devait abonder, et Roy, en bon acteur, exécuta cette tâche assez proprement. Il daigna même donner son avis sur les questions que sa cousine se posait encore sur comment allait-elle mettre en valeur tel stand ou était-ce réellement le meilleur emplacement pour tel lustre… Il crut tout de même que son impatience aurait raison de lui au moment où Eden eut un cri légèrement -comment dire ?- destructeur d’oreille, en le faisant entrer dans  les cuisines dont elle vantait le mobilier. Heureusement, il réussit à faire passer la petite ride crispée au coin de ses lèvres pour la conséquence d’un mal de tête passager. Eden l’entraîna alors vers la cour pour lui servir du thé et des cupcakes, car bien souvent, manger des gâteaux était sa réponse à tous les maux, et Roy n’allait pas contredire cette philosophie. Il allait juste tenter d’oublier qu’il buvait dans un simili de tulipe rose.

Il ne broncha pas lorsqu’elle évoqua de nouveau son James joueur de Quidditch chéri. En toute honnêteté, il doutait de pouvoir apprécier ce genre d’homme parfait, sportif, riche, bien rangé, physiquement et caritativement intelligent. Mais contredire sa cousine à son sujet revenait à réclamer crédit à un gobelin, c’était inutile et voué à l’échec. A sa question, en revanche, Roy étouffa un début de rire dans son thé. Non, ce n’était pas bien de se moquer.

« Eh non, je n’ai pas la chance d’avoir quelqu’un à épouser dans quelques mois » la taquina t-il. Il haussa les épaules, dans le même geste que tout à l’heure. « Tu sais comment je suis, Eden. »

S’il cachait ses activités illégales, il n’avait en revanche jamais cherché à masquer sa réputation de coureur de jupons, qui le précédait depuis Poudlard où sa cousine l’avait suivi à une promotion d’écart. Le libertinage était encore autorisé dans ce pays, heureusement. Il but une gorgée de son thé, avant de reposer la tasse, et nouer ses mains derrière sa nuque, tout à son aise.

« C’est vraiment une belle affaire, en tout cas, conclut-il, désignant les alentours, et cette fois, il était sincère, arracher une place dans l’Avenue des Douze Chênes n’était pas facile, la concurrence était rude, et les prix, exigeants. J’espère que tu auras autant de succès que sur le Chemin de Traverse ! Si tu as besoin d’un coup de main, n’hésite pas, entre commerçants, il faut bien s’entraider. »

Il proposait sans réellement y penser, juste pour faire plaisir, il savait qu’Eden gérait très bien ses pâtisseries. Eux deux avaient beau être très dissemblables, le commerce devait être présent quelque part, dans l’ADN des Calder-Rosebury. Et les intérêts de Roy le rappelaient à l’ordre, à présent qu’il avait fini sa petite comédie avec la visite de la pâtisserie. Il détacha les mains de derrière sa nuque, alors que sa mine feignait d’être affectée, ou en tout cas, plus sérieuse.

« Si je peux me permettre, je vois un petit bémol dans tout ça… Pour l’ampleur que tu veux donner à ta pâtisserie, les locaux sont un peu étroits, non ? Où est-ce que tu vas stocker tous les ingrédients et le matériel qu’il te faut ? »

Il faisait l’ignorant, mais Roy connaissait déjà la réponse. C’était Tessio qui l’avait informé qu’un des hangars de la rue Scrouttard -une allée parsemée de petites usines de fabrication pour la plupart au bord de la faillite, derrière l’Avenue- avait été racheté pour la pâtisserie d’Eden, sans savoir que la propriétaire était sa cousine. Il avait apparemment tenté de le racheter à un vieil entrepreneur désespéré qui cherchait à liquider des locaux qui lui coûtaient trop cher, mais l’affaire lui avait filé sous le nez. Forcément, se faire racheter par une entreprise légale comme celle d’Eden était toujours plus rassurant que de se rabattre sur des loubards de la Voie en quête d’entrepôts pour leurs marchandises sur lesquelles il ne fallait poser aucune question, bien sûr.

Cet hangar, c’était ce que Roy était venu chercher, plus que la compagnie adorablement irritante de sa cousine.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
MétamorphomageMolduavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Spoiler:
 


Eden Rosebury, cousine de Roy

Voir son cousin adoré promettre qu'il essayerait de venir à son mariage porta Eden au comble de la joie et elle ne put s'empêcher de pousser un cri de joie avant de se jeter au cou de Roy. Elle releva ensuite la tête - ce dernier la dépassait de presque une tête - et planta un gros bisou sur sa joue, laissant par là même une nouvelle trace de son rouge à lèvres favori "Fushia Jorbarbille n°5" sur la peau de son cousin. Voir toute sa famille et ses amis réunis pour le plus beau jour de sa vie était tout ce qu'elle avait espéré depuis qu'elle était fiancée. Ce jour marquerait le début de sa nouvelle existence en tant que femme mariée, en tant qu'épouse du mari le plus adorable, le plus généreux, le plus méritant, le plus tendre, le plus aimant, le plus attentionné et le plus gentil au monde et elle était heureuse de voir que tous les gens qu'elle aimait - et ils étaient nombreux - seraient réunis pour la voir devenir Mrs Smith.

Elle savait que sa famille n'était pas parfaite et que certaines tensions pouvaient régner au sein de cette dernière, même si elle avait mis près de vingt-ans à s'en apercevoir, la relation compliquée entre Roy et son petit frère en était par exemple la parfaite illustration. Elle-même avait du mal à imaginer ce que cela faisait tant elle était en bonne relation avec ses sœurs. Enfin, dans son esprit, toutes les sœurs Rosebury s'adoraient. Eden, Maria, Alma, Carla, Felicia, Isadora et Magdalena étaient certes très proches - chez les Rosebury - Calder, l'esprit de famille était primordial - mais leur relation était également faite de rivalités, de jalousie, de non-dits et d'autres obscures querelles d'enfance et d'adolescence jamais résolues. Évidemment, Eden ne voyait rien de tout cela et couvait ses petites sœurs comme au premier jour, sans voir que Maria souffrait du fait que les parents Rosebury aient toujours porté beaucoup d'attention à leur adorable ainée, que Alma ne supportait pas la naïveté de sa grande sœur, que Carla fricotait un peu trop avec des gens peu recommandables, que Felicia était en pleine crise d'adolescence, qu'Isadora était trop influencée par Maria et que Magdalena détestait que Eden la couve. Mais évidemment, Eden était aussi avertie de cette situation qu'elle l'était de l'augmentation du prix du caoutchouc au Mozambique.  

- Je pourrais te présenter quelqu'un tu sais, affirma-t-elle sans prêter attention à l'allusion de Roy à ses nombreuses aventures. Aux yeux d'Eden, il était juste un éternel romantique qui cherchait le vrai grand amour. J'ai plein de copines célibataires, je suis sûre que tu tomberais amoureux de mon amie Debby au premier regard !

Elle les imaginait déjà, leurs regards se croisant devant le restaurant, les joues rosies de Debby, les yeux plein d'espoirs de Roy... Et elle aurait la satisfaction d'avoir ramené son cousin sur la noble route toute tracée de l'accomplissement familial. Malheureusement, son cousin ne semblait pas vraiment tenté par sa proposition, ce qui ne la découragea pas pour autant. Eden avait la ténacité et la détermination des Poufsouffle et il était tout bonnement impossible de la détourner des objectifs qu'elle s'était fixée : aux yeux d'Eden, vouloir, c'était pouvoir. Et contrairement aux apparences, la jeune femme était plus ambitieuse qu'elle ne le laissait croire. Rares étaient ceux qui la prenaient au sérieux, surtout lorsqu'elle avait commencé à vouloir lancer sa propre affaire, en achetant directement un local sur le Chemin de Traverse avec toutes ses économies. Beaucoup avaient prédit son échec avant la fin de l'année d'ailleurs. Et pourtant, Eden avait mené son affaire d'une main de fer, intransigeante - mais toujours avec le sourire et un cookie - lorsqu'il s'agissait d'affaires. Elle était certes naïves mais entourée de personnes de confiance, ce qui lui avait permis de faire grossir son affaire jusqu'à en obtenir une renommé nationale. Désormais, plus une réception ne pouvait se passer de ses pâtisseries et elle était même le traiteur officiel des desserts du Ministère. Bristol n'était qu'une étape sur son plan : elle visait Pré-au-Lard, Manchester, Oxford, Glasgow... Le monde magique dans son intégralité serait bientôt envahi par ses tartelettes à la gelée de citrouille ! Aussi lorsque son cousin complimenta son affaire, elle ne put s'empêcher de rosir de plaisir en posant un regard plein de fierté sur son enseigne.

- J'ai déjà plein d'idées pour faire venir les clients ici. Le salon de thé est déjà un plus par rapport au Chemin de Traverse, mais j'envisage également d'implanter un petit stand près de la plage ! Et puis... Tu vois le cabaret de la jetée ? Il est de nouveau en travaux, la propriétaire veut le relancer. Je compte bien lui proposer un partenariat d'affaires avec mon service traiteur. Si ça marche, je pourrais employer six personnes supplémentaires !

Il faut dire qu'entre Londres et ici, Eden commençait à être à la tête d'une vraie petite équipe de pâtissiers et de serveurs ! Elle avait laissé Zoey aux commandes de la pâtisserie du Chemin le temps qu'elle puisse lancer celle de Bristol sur les rails.

- C'est ce que je me disais aussi, répondit-elle à la question de Roy, buvant une gorgée de thé au passage. Mais j'ai obtenu les autorisations pour un sortilège d’agrandissement de la réserve, l'agent du Ministère et l'entrepreneur doivent passer demain. A vrai dire, Alma connaissait le responsable du service au Ministère, confia-t-elle à voix plus basse en se penchant vers Roy. Elle a un peu... vanté le projet, murmura-t-elle comme s'il s'agissait là du plus grand des crimes. Après tout, ce n'était pas très réglementaire et Eden était très à cheval sur le respect des règles ! Mais les affaires étaient les affaires et nécessitaient parfois des concessions, songea-t-elle avec gravité comme si elle avait dû faire du chantage au service des permis de construire du Ministère. Mais bon, comme je n'étais pas sûre d'obtenir les autorisations nécessaires, j'ai acheté un petit entrepôt pas très loin. Ce n'est pas très grave, je le garde sous le coude, cela peut toujours servir ! conclut-elle en souriant. Il peut rester vide un an ou deux, le temps que j'ouvre une troisième boutique.

Et puis elle pourrait y ranger les tables de la terrasser l'hiver, voilà tout.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1891

Voir le profil de l'utilisateur
Eden pouvait vous rendre de formidables services parfois. Et elle était tellement pleine de bonnes intentions qu’il était difficile de la sermonner dans tous les cas. Mais ses embrassades débordantes pleines de rouge à lèvre collant… Ah, Roy ne s’y ferait jamais. C’était comme être forcé d’avaler du Poussos. Ca passait difficilement. Les années à côtoyer sa cousine avaient heureusement appris le contrôle à Roy qui parvint à coller un sourire crispé sur son visage.

Il rit toutefois sincèrement à son commentaire sur son amie Debby. Bah voyons ! Les amies de sa cousine Eden, il voyait parfaitement de quel genre de femme il s’agissait. A peu près aussi horripilantes et maniérées qu’elle. Le genre de pie bavarde et surexcitée qui n’étaient absolument pas son genre. Il avait toujours préféré les femmes de caractère, qui avaient une conversation intéressante, plutôt que futile. En plus de rentrer dans ses critères de beauté, mais ça, c’était une évidence. Et puis, tomber amoureux ? Au premier regard en plus ? Cela ne lui ressemblait pas, il ne savait pas d’où Eden tirait cette idée qu’il était quelqu’un de romantique, mais elle devait être sacrément aveugle ou naïve -ou les deux- pour le croire. Allait-il briser les illusions de sa cousine si adorable pour autant ? Non, c’était drôle quelque part, de la voir croire au père Noël.

« Je la croiserai peut-être à ton mariage, alors. » commenta t-il, sans se départir de son sourire moqueur.

Allez, de cette façon, en lui donnant une assurance, il était certain qu’Eden n’insisterait pas, et lui savait qu’il ne croiserait jamais cette fameuse Debby puisqu’il ne comptait pas venir à ce mariage. Les bons procédés.

La suite de la conversation arriva enfin vers ce pour quoi Roy était venu. Il hocha la tête lorsqu’Eden évoqua le cabaret prêt de la plage, que tout Bristol savait en travaux, désormais.

« Tu parles des Folies Sorcières ? C’est une bonne idée, confirma t-il. Ca peut te faire une jolie pub, le cabaret a une réputation presque historique, dans la ville. »

Restait à voir si l’affaire pourrait être redressée, étant donné l’ampleur des travaux. Mais il reconnaissait bien Eden dans son efficacité à se trouver de bons partenaires aussi vite. Elle n’était peut être pas très maligne à première vue, mais elle savait faire des affaires, paradoxalement. Même si elle était parfois attachée à des principes qui faisaient doucement sourire Roy… Heureusement que toutes les soeurs Rosebury n’étaient pas aussi intègres qu’Eden. Vanter son projet, quitte à grossir un peu les choses, était le propre de tout commerçant qui réussissait. Parfois, il ne le cachait pas, il se demandait d’où Eden tenait un tel succès. Elle avait peut-être énormément de chance. C’était à croire que la grâce divine avait toujours épargné cette femme, tant elle rayonnait de bonheur, sans l’ombre d’un problème dans sa vie. Impressionnant, d’une certaine façon.

« Je vois. Tu ne t’en sers donc pas, pour l’instant ? Est-ce qu’on peut aller le voir, cet entrepôt ? »

Il reposa sa tasse de thé et se pencha légèrement vers sa cousine, comme s’il allait lui faire des confidences.

« Je vais être honnête avec toi Eden, mes affaires s’agrandissent aussi, en ce moment, et j’ai du mal à trouver des entrepôts à bas loyer dans Bristol pour stocker mes potions. Tu sais quelle galère c’est dans cette ville, la concurrence est rude, il faut se battre pour le moindre mètre carré pour son commerce. Donc je me dis… qu’on pourrait s’allier, temporairement. Le temps que je trouve un autre local. Je sais que je peux te faire confiance, cousine, donc ça te dirait de monter une petite association familiale ? Je payerai ma part du loyer, bien sûr. »

En vérité, il ne doutait pas qu’Eden lui offre l’entrepôt dans sa gentillesse légendaire. C’était plutôt sournois d’en profiter mais c’était Roy.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
MétamorphomageMolduavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Spoiler:
 

Eden Rosebury, cousine de Roy

- Non, il est vide ! confirma Eden avec un sourire quand Roy lui demanda si elle se servait de son entrepôt.

Elle fut un peu surprise de la demande de son cousin d'aller le voir - ce n'était qu'un petit hangar dans la rue Scrouttard, rien de bien transcendant - mais son éternel sourire reprit le dessus et elle hocha la tête avec ferveur. Après tout, elle lui avait bien promis de lui faire visiter son commerce de fond en comble ! Mais si Eden avait été heureuse de faire visiter sa petite affaire, voir Roy se pencher vers elle pour lui confier un secret la combla aux portes de la joie et elle en sautillait presque sur sa chaise. Elle adorait nouer des relations privilégiées avec les gens et elle savait que son cousin aimait bien garder des choses pour lui, avoir son petit monde, aussi, imaginer qu'il puisse lui confier quelque chose... C'était comme avoir Noël en avance ! Animée du délicieux sentiment d'être privilégiée, Eden se pencha vers lui en retour avec un air de conspiratrice, hochant la tête lorsqu'il affirma que ses affaires à lui s'agrandissaient aussi et qu'il cherchait donc un entrepôt à bas prix à Bristol, vu que les loyers étaient plutôt hauts.

Eden savait tout cela, elle savait également que le marché était compliqué mais elle s'était lancée dans l'aventure comme elle le faisait toujours : avec un optimisme et une foi débordante en son projet. C'était bien simple, elle n'avait tout simplement jamais pensé échouer. Il fallait bien avouer que toutes les cartes étaient entre ses mains : son commerce était absolument florissant à Londres et elle avait donc pu investir largement à Bristol pour acheter des grands locaux et tout ce qui allait avec. Elle avait déjà un nom dans le monde magique, ce qui lui avait permis de préparer le terrain ici. L'idée de s'associer avec son cousin était tout simplement la cerise sur le gâteau : les Calder - Rosebury allaient régner sans partage sur Bristol, dans des domaines évidemment tout à fait différents : tout le monde savait que Roy vendait des potions quand elle vendait des macarons. Son entrepôt ne lui servait absolument pas et d'ailleurs, même s'il lui avait servi, elle se serait fait un plaisir de le partager avec Roy : une famille, ça s'entraidait et de toute manière, Eden avait toujours cédé aux gens qu'elle aimait et ceci de manière absolument inconditionnelle. Quand son cousin évoqua le fait de lui payer un loyer, elle leva une main manucurée en rose boursouf  pour l'interrompre.

- Oh non, non, non, surtout pas ! Pas de question d'argent en famille !  

Attrapant son sac à main rose qui était à ses pieds, Eden le posa sur la table pour fouiller dedans et en sortit un trousseau de deux clés orné d'un porte-clé du meilleur goût avant de le tendre à Roy.

- Tiens, c'est pour toi !

Adressant un sourire rayonnant à son cousin, Eden tendit la main par dessus la table pour saisir celle de ce dernier.

- Tu peux t'en servir aussi longtemps que tu veux. J'y rangerai juste mes tables en hiver mais il est assez grand donc ça ne posera pas de problèmes ! Puis comme ça tu pourras le protéger de tous ces gens malhonnêtes qui trainent dans les rues de Bristol, ajouta-t-elle dans un rire. Tu sais que James avait peur que je m'installe ici ? Il dit que la pègre est partout. Il est adorable, toujours à vouloir me protéger !

Son fiancé était un amour, toujours à veiller sur elle et sur le reste du monde, d'ailleurs, notamment les orphelins chiliens.

- Mais tu es là, toi, ajouta-t-elle avec la chaleur d'un soleil en ébullition.

Finissant son thé, Eden reposa sa tasse sur la petite assiette tulipe et adressa un sourire à Roy.

- On y va ?

RP TERMINE
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Parce que l'ADN ne fait pas tout [Roy]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Songes du Temps ~ Parce que tout est éphémère
» Parce que le monde est fait de crétins...
» Parce que l'amour vous fait faire n'importe quoi... [PV : Andrew Clensen / Alistair M. Fitzbern]
» L'alcool est notre pire ennemi, fuir serait lâche. [Zoey]
» Une petite promenade, pas tout a fait de tout repos ~ ft Kenneth

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Bristol, :: L'Avenue des Douze Chênes ,-