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 SOS d'un terrien en détresse [Roy & Klem]

Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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30 juin 2008

Klem émet un grognement sous la douleur. Il ne s'est jamais considéré comme une chochotte mais il doit bien avouer que cette fois-ci il ne s'est pas raté. Il soupire lorsqu'un le barman commence à râler qu'il est en train de pisser le sang sur son comptoir tout propre. Le jeune homme lance un coup d’œil désabusé sur le dit-comptoir avant de relever les yeux sur le barman. Il a connu plus propre. Il ne le dit pas explicitement mais son regard parle pour lui. Il secoue légèrement la tête de droite à gauche avant de sortir sa baguette de sa poche et de retirer d'un sort le bout de verre qui s'est incrusté dans son bras. Il serre les dents et pointe la baguette vers la plaie. Il pensait qu'elle allait être plus profonde que ça mais finalement, le verre n'est pas rentré très profondément dans la peau. D'un sort, il referme la balafre et le saignement s'arrête spontanément.

Il murmure une nouvelle incantation et nettoie le sang qu'il a laissé sur le comptoir en lançant un regard un peu provoquant au barman. Il termine son verre comme si de rien était et quitte l'établissement. Dans lequel, il aurait dû s'abstenir d'aller si il avait su comment ça se terminerait. Il n'avait pas eu l'intention de se mêler de la dispute de ces deux types un peu bizarre, au début. Mais ils avaient commencé à devenir un peu plus virulents et ils avaient déjà échangé quelques coups lorsque Klem était intervenu. Le tenant du bar n'avait pas bougé le petit doigt, continuant d'essuyer ses verres avec son torchon sale comme si rien ne se passait. C'est comme ça qu'il s'est retrouvé attaqué par une bouteille en verre qui s'est explosée sur son bras. Ça ne lui ferait qu'une cicatrice de plus après tout. Il les collectionne de toute façon.

Il erre encore quelques temps dans les rues de l'allée des Embrumes. Il cherche une idée de sortie, il aimerait bien faire une surprise à Valery. Il a une bonne nouvelle à fêter après tout. Enfin, tout n'est pas encore définitif mais si tout se passe bien, début juillet, il entrera au service des transports magiques. Il n'est pas peu fier de lui, il doit bien le reconnaître. C'est d'ailleurs après l'entretien d'embauche qu'il a été boire un verre. Il aime passer de temps en temps seul accoudé devant un verre, histoire qu'il se retrouve un peu et pour réfléchir. Il n'a pas encore pleinement eu le temps d'appréhender le Bloody Sunday et toutes ses répercussions. Il n'a pas encore d'opinion bien arrêtée sur le sujet. Il est bien trop absorbé par les fantômes de son passé qui reviennent le hanter.

Il réalise la chance qu'il a d'avoir trouver quelqu'un qui l'accepte tel qu'il est avec son passé. Il traîne un sacré passé et plusieurs morts à son actif. Deux. Deux enfants. Il est encore sous le choc même si il sait que ce n'était pas sa faute. Il ne fait plus de cauchemars mais il n'a pas complètement accepté non plus. Tout cela reste encore très douloureux comme marqué à vif. Et les personnes qui lui rappellent les moments les plus douloureux de son passé n'aident pas à panser les plaies à peine cicatrisées. Certaines se sont mêmes légèrement rouverte. Le fait de discuter avec son compagnon de ses années en Allemagne, sur ce qu'il a vécu. Raconter un peu la relation abusive qu'il a subi l'a aidé à mettre certaines peurs de côtés. A accepter certaines choses, à s'ouvrir d'avantage. Il n'est pas complètement guéri, son besoin d'affection date de plus longtemps que ça, sa peur de l'abandon aussi.

Il frissonne un peu et relève le col de sa veste pour se protéger du froid. Il jette un coup d’œil à sa montre. Valery doit être rentré maintenant il n'a plus de raison de traîner comme il le fait. Même si être seul et ressasser les derniers événements lui a été profitables. Il est plus serein avec lui même et plus enclin aux câlins et à une petite soirée en amoureux. Un léger sourire au coin des lèvres et il marche jusqu'à l'appartement. Il aime marcher dans les rues de Londres. Evidemment, le transplanage est très pratique mais il n'est pas pressé, il a le temps d'apprécier l'air sur son visage et l'effort que lui demande la marche. Une façon de plus de se vider la tête. Il monte sans se hâte les marches de l'immeuble et pousse la porte de leur studio avec un petit sourire.

Sourire qui disparaît bien vite lorsqu'il aperçoit le corps de Val inanimé au sol. Il lâche ses clés sans s'en rendre compte. Il n'entend pas le tintement lorsqu'elles touchent le sol. Les battements de son coeur et l'angoisse qu'il ressent son plus forts. Il se dirige précipitamment vers son compagnon et essaye de ne pas paniquer lorsqu'il remarque la forme étrange de on corps et la marre de sang à côté de lui. Il essaye de capter son pouls à son poignet mais il ne sent rien. Il sent que la terreur l'envahit de plus en plus. Il se redresse et cherche une idée, une solution. Il ne sait pas quoi faire. Il inspire profondément avant de se rappeler qu'il n'est pas tout seul. Il sort la baguette de sa poche, il hésite un instant essayant de se rappeler le geste à faire pour appeler les secours. Il patiente à peine deux minutes qu'il peut entendre frapper à la porte. Il se dépêche d'ouvrir et d'expliquer qu'il a trouvé Valery comme ça, qu'il ne l'a pas bougé et qu'il a juste essayé de lui prendre le pouls mais sans grand succès.

Il sent qu'il va craquer d'un moment à l'autre. Il se passe une main tremblante dans les cheveux alors que les médicomages se penchent sur son compagnon. Il se mordille la lèvre inférieure d'angoisse et les suit jusqu'à l'ambulance magique après qu'ils aient déposé le danseur sur un brancard. Il ne se laissera pas écarter, il va partout où va Valery. Il aimerait bien savoir ce qu'il a, il aimerait bien le voir bouger, pouvoir lui tenir la main, rien que pour se rassurer lui mais il ne peut pas l'approcher. Les urgentistes s'activent. Il semble que ses variantes ne sont pas bonnes, qu'il soit vraiment dans un critique à cause d'un transplanage raté visiblement. Il capte rapidement des mots tel que "pas bon tout ça", "mauvaise désartibulation". Des mots que Klem a peur de comprendre.

Lorsqu'ils arrivent à Ste Mangouste, ils emmènent rapidement Valery en salle d'opération. Il entend vaguement une des médicomage lui affirmer qu'ils le tiendraient au courant dès qu'ils en sauraient plus et qu'en attendant il peut aller s'asseoir en salle d'attente. Puis elle disparaît. Comme les autres le laissant seul avec sa terreur et son angoisse. Il n'arrive pas à se calmer, il fait les cent pas dans la salle d'attente, ne sait pas comment s'occuper et plus le temps passe et plus ses nerfs manquent de lâcher. Son esprit vagabonde alors vers Roy. Il se dit qu'il pourrait le prévenir. Il sort sa baguette une nouvelle fois et fait apparaître un patronus messager cette fois.

"C'est Klem. Suis à Ste Mangouste..."

Il n'arrive pas à dire le reste. Il soupire et laisse son patronus partir. Il essayera de lui envoyer un hibou plus tard pour lui expliquer tout en détail. Mais il a très certainement sous-estimé son ami. Surtout lorsqu'il le voit débarquer. Il se lève et se dirige vers lui. Il esquisse un faible sourire.

"Roy"

Il sent toutes ses émotions reprendre le dessus et fait un gros effort pour ne pas se mettre à pleurer comme un gamin. Il doit garder confiance, tout va bien se passer et il doit expliquer ce qui se passe à Roy. Il est là, tout va très bien aller maintenant.

"Ce... c'est Val. Je l'ai trouvé inconscient quand j'suis rentré. Il aurait raté son transplanage ou je sais pas quoi... Y avait du sang partout... c'était horrible."

Il frissonne alors qu'il revoit les images dans sa tête. Il inspire profondément et ferme les paupières. Tout va bien se passer, ils vont le réparer et tout ira bien. Tout ceci ne serait bientôt qu'un très mauvais souvenirs.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy était lui aussi installé dans un bar de la Voie, un verre à la main. Il ne trinquait à rien du tout, aucun sujet ne prêtait à faire la fête ces derniers temps, et cela se ressentait dans l’ambiance très crispée de la ville, du pays tout entier même. Depuis le discours de Fiennes, que la presse avait nommé avec grande emphase le Bloody Sunday, le monde magique s’était affolé. Les seuls à tirer parti de ce grand marasme, hormis le nouvel élu Marchebank, devaient être les journalistes, qui enchaînaient les unes tapageuses et trouvaient aisément chaque jour de quoi remplir la rubrique politique et les faits divers. Une atmosphère électrique qui fatiguait Roy autant qu’elle éveillait ses instincts de conservation : d’autres soucis le touchaient plus directement, à commencer par ses affaires, qui devenaient de plus en plus tumultueuses. La vague de hargne qui couvrait Bristol semblait même avoir touché la Voie des Miracles, que l’on se plaisait pourtant à décrire comme hors du temps. La méfiance exacerbée de chacun rendait les négociations plus difficiles et ravivait même certaines vieilles rancœurs. Cela faisait longtemps qu’une guerre de gangs n’avait pas explosé dans la Voie... Peut-être trop longtemps, et cela ne présageait rien de bon.

Il en discutait justement avec Jayce, à mi-voix autour de leur table, quand la silhouette grisée d’un loup que Roy reconnut aussitôt comme le Patronus de Klemens l’arrêta dans son élan. Il n’aimait pas cela du tout. Klem, réticent à quémander l’aide des autres, envoyait rarement des Patronus, la situation devait forcément être urgente, ou grave, ou les deux. Le court message qu’il lui transmit le fit se lever et saisir sa veste.

« Désolé, on en reparlera plus tard, je dois filer !
-Ca va aller, mec, t’es sûr ? Attends, je viens avec toi, décida Jayce, en commençant à se lever lui aussi.
-Nan, t’inquiète ! Rentre chez toi, plutôt, on se voit demain. »

Roy ne lui laissa pas le temps de protester. Il n’y avait qu’un moyen de répondre à ses interrogations, c’était de transplaner immédiatement, même si l’idée de retourner à Sainte Mangouste ne lui plaisait pas beaucoup. Il avait eu la malchance de faire partie du lot de blessés du Bloody Sunday, lui qui n’était même pas venu pour le plaisir de manifester. Se retrouver parqué dans un hôpital débordé s’était avéré terriblement pénible, surtout après avoir revu certaines personnes qu’il ne souhaitait pas retrouver.

Quand il posa pied à terre dans l’hôpital sorcier de Londres, il dut poser quelques questions aux médicomages de garde pour trouver l’étage où était son ami, et mit un certain temps à le retrouver, au Service des Accidents. Une part de lui fut soulagée de voir que Klemens tenait debout et ne semblait pas blessé. Une part seulement, car les conséquences n’étaient pas meilleures : si Klem était là, debout et nerveux dans la salle d’attente, alors quelqu’un d’autre était blessé. Les possibilités n’étaient pas nombreuses, Roy n’en voyait qu’une, à vrai dire. La première phrase du loup ne le surprit même pas. Il tâcha de ne pas se laisser envahir par la panique à la suite de ses paroles. Sa mine toute déconfite, sa voix incontrôlée et ses mots tremblants lui laissait comprendre que Klemens était encore sous un sacré choc, et qu’il était de son devoir de le réconforter, ou au moins, de ne pas céder à l’affolement. Le problème était qu’il ne savait pas trop quoi dire. Non pas qu’il ne compatissait pas, bien au contraire, Roy s’était peut-être éloigné de Valery ces derniers temps, mais cela n’avait pas effacé son inquiétude pour son état de santé. C’était simplement le genre de situation où il était difficile de dire autre chose que des mots creux. Il s’approcha de Klemens, posa une main sur son épaule qu’il sentit très crispée.

« Calme-toi, Klem, ça va aller. On va s’asseoir et tu vas tout m’expliquer calmement, ok ? »

Il l’invita d’un geste à le suivre jusqu’à deux sièges libres, puis une fois assis, Roy lui laissa quelques secondes pour qu’il reprenne ses esprits. Lorsqu’il se tourna de nouveau vers lui, il eut plus de mal à masquer son inquiétude :

« T’attends depuis combien de temps ? Les médecins t’ont rien dit sur son état ? »

Il avait l'impression de redécouvrir la maladie de Valery. Il ne savait rien d'où en était le danseur, prendre ses distances avec lui avait en quelque sorte figé l'appréciation qu'il avait de son état de santé. Qu'un accident survienne aussi brusquement lui paraissait improbable. Valery paraissait plus fatigué certains jours, perdait parfois connaissance, mais... un accident de transplanage ? Roy était loin de s'imaginer que sa magie en était affectée à ce point, et son choc se voyait sur son visage, bien plus livide que plus tôt.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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La main de Roy sur son épaule ne lui apporte pas tout le réconfort qu'il aurait souhaité. Il est néanmoins heureux que son ami soit là avec lui pour le soutenir. Il se laisse entraîner vers les sièges mis à la disposition des proches des malades et s'assoit lourdement sur l'un d'eux. Il soupire et se prend la tête dans les mains pour retrouver son calme. Il est un peu moins terrorisé qu'il y a cinq minutes mais la peur est encore bien présente. Valery ne peut pas l'abandonner. Pas maintenant, pas alors qu'il commence à avoir une vie à peu près bien. Il a réussi à se construire un truc bien avec le danseur. Ils sont heureux. Vraiment. Pour une fois dans sa vie, Klem commençait à se dire qu'il avait le droit à un peu de bonheur, que sa situation n'était pas si désespérée que ça et qu'il allait s'en sortir. Pour de bon cette fois.

Mais tout ça n'est que du vent. Comme d'habitude, il n'entrevoie pendant qu'un bref laps de temps ce que pourrait être son avenir avant que tout ne dérape et ne le plonge en enfer. Il hoche la tête lorsque Roy lui demande si il a des nouvelles. C'est bien pour ça qu'il imagine le pire. Tous les scénarios défilent dans sa tête, il revoit encore le corps de Valery disloqué au sol, la mare de sang. Il ferme les paupières et respire bruyamment. Sa poitrine le fait souffrir, il halète et ses yeux le picotent. Il doit se retenir pour ne pas laisser ses émotions exploser. Il déglutit difficilement et relève la tête pour fixer le trafiquant.

"Je sais rien. Rien du tout. Ils l'ont emmené je sais pas où sans rien me dire. Ça fait plus d'une heure que je suis là. Je crois... je sais pas."

Il a perdu la notion du temps. Il préfère au fond, peut-être que tout ça paraît moins long du coup. Ou au contraire peut-être qu'il exagère le temps. Peut-être que ce qui lui semble durer une heure n'est en réalité qu'une petite minute. Il croise le regard de Roy et il essaye de se reprendre. Il ne doit pas être faible, il est un homme fort capable de tout endurer. Il esquisse un léger sourire dénué de joie.

"Merci d'être là. T'étais pas obligé."

Surtout quand on sait que les rapports entre Valery et Roy ne se sont pas vraiment améliorés avec le temps malgré les efforts de Klem pour essayer de les rabibocher. Il ne semblait pas y avoir de solution miracle pour les réconcilier. Le temps était le meilleur remède mais du temps ils n'en avaient plus.Il se gifle mentalement. Valery n'était pas encore mort et il ne mourrait pas aujourd'hui non plus. C'est à ça qu'il se raccroche lorsqu'un médicomage s'approche d'eux.

"Vous êtes les proches de Monsieur Aster ?"

Klem redresse la tête et hoche lentement la tête. L'expression sur le visage de l'homme n'augure rien de bon. Le loup-garou s'agrippe d'une main au bras de Roy. Il sent que son visage perd ses couleurs, que le faible contrôle de lui qu'il a réussi à conserver menace de s'envoler d'un instant à l'autre. Il implore presque le médicomage du regard. Pitié, ne me dites pas ce que je crains. Pitié, pitié.

"Je suis désolé..."

Sa main se crispe sur le bras de Roy. Sa poitrine le fait soudainement souffrir, il a dû mal à respirer, il respire rapidement, trop rapidement et bruyamment mais plus il inspire et moins il a l'impression que l'air rentre dans ses poumons pour irriguer ses organes. Son cœur bat la chamade, il entend ses oreilles bourdonner. Il ne comprend pas ce que l'homme explique. Il revient à la réalité à la fin de sa tirade.

"... N'avons rien pu faire. Toutes mes condoléances."

Klem regarde le médicomage s'éloigner sans un mot de plus. Mais qu'est-ce qu'il en a à foutre de ses condoléances ? Ça lui ramènera Valery peut-être ? Non. Non, il est seul maintenant, désespérément seul et complètement perdu. Paumé, largué. C'est une blague tout ça, une blague pas drôle comme le danseur sait si bien les faire. Il est sûr que son compagnon va bientôt le rejoindre. Pousser les portes battantes au fond du couloir et crier "Surprise, je t'ai bien eu, hein ?" avec un sourire un peu débile sur le visage. Ensuite, il l'embrassera, le prendra dans ses bras et lui promettra encore une fois qu'il ne le quittera jamais et qu'il l'aime. Il le croyait quand il lui disait qu'ils seraient toujours ensemble que rien ne les sépareraient jamais. Mais il lui a menti, il n'est plus là, il est parti, il l'a laissé. Il sent la première larme couler sur sa joue alors qu'il s'est promis de ne pas pleurer. Il s'essuie la joue en vain puisque d'autres sécrétions lacrymales ont décidé de suivre la première, inondant ses joues.

Qu'est-ce qu'il va devenir lui maintenant ? Comment il va s'en sortir. Val avait tracé tout un chemin pour lui. Ensemble, ils allaient arriver à quelque chose. Mais tout seul ? Il n'est plus bon à rien, il redevient celui qu'il a toujours été. Sa peur de la solitude revient au galop. Sa peur de l'engagement, de perdre l'autre ont été des sonnettes d'alarmes qu'il n'a pas voulu écouter. Il a été tellement stupide. Voilà où tout cela le mène maintenant. Il revient au point de départ. Non pire, il a régressé. Il se sent tellement mal. Il a mal, il a l'impression que son cœur dans sa poitrine vient de prendre un violent coup de couteau. Que quelqu'un s'amuse à le torturer. Qu'il enfonce la lame brûlante d'un poignard chauffé à blanc et qu'une fois enfoncé bien profondément, il tourne et retourne la lame pour faire le plus de ravage possible.

Klem se recroqueville un peu sur lui même, il a un peu oublié Roy. Il aimerait se dire que tout ce que vient de raconter ce médicomage n'est qu'un mensonge. Il préférerait nier la vérité mais la présence de son ami à ses côtés lui rappelle la cruelle réalité. Il ne veut pas bouger de son siège et en même temps, il voudrait mettre le plus de distance entre cet établissement et lui. Une infirmière s'approche doucement d'eux et vient lui demander si il veut le voir une dernière fois. Le jeune homme redresse la tête et s'essuie les yeux. Il doit très certainement donner une vision bien pathétique de lui même. Il ne sait pas quoi faire. Aller le voir une dernière au risque de se rappeler de lui uniquement comme un cadavre ou ne pas y aller et regretter toute sa vie de ne pas y être aller. Il se tourne vers Roy. Il ne sait pas quoi faire, si Roy y va, il ira. Il ne veut pas y aller tout seul. C'est trop dur.

"Tu... tu veux ?"


Klemens Dabrosky
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Pour que Klemens soit au bord des larmes, la situation devait être très préoccupante. Car Klemens était comme lui, sur ce point-là, trop fier pour livrer ses émotions, trop fier pour laisser entrevoir ses faiblesses. Il avait envie de le secouer, de lui dire de se comporter comme un homme, mais l’expression pleine de désespoir de son ami le décourageait à faire un quelconque geste brusque. Klemens n’avait sans doute pas besoin de ça.

Roy passa un bras autour de son épaule pour l’attirer contre lui. Y avait-il quelque chose de mieux à faire pour lui montrer qu’il était là, qu’il le soutenait ? Il détestait voir Klemens dans cet état, tout comme il détestait se sentir autant impuissant. Ah, si Valery s’en sortait, il allait l’entendre, il allait commencer par s’assurer qu’il ne transplanerait plus jamais seul… Et il se détestait de commencer à raisonner par des si, comme si leur ami était déjà perdu. Roy relâcha Klemens lorsqu’il sentit qu’il avait à peu près repris ses esprits.

« Dis pas ça. On est un trio, tu te souviens ? Il lui donna une tape sur l’épaule et réussit même à lui faire un sourire, pour appuyer ses paroles. Ca va aller, Klem, ça va aller… »

Certes, le trio s’était un peu mis à mal ces derniers jours, mais Roy allait se rattraper. Il mettrait son ego blessé de côté, s’il le fallait. C’était dingue, il fallait toujours qu’il se retrouve dans des situations extrêmes de ce genre pour comprendre combien il avait été idiot… La vérité était que Roy avait peur. Il avait beau le répéter que tout irait bien, il n’en savait rien du tout. Il aimerait bien. Il aimerait bien que ça se conclue par un « Plus de peur que de mal », que Valery se pointe en leur disant de ne pas s’inquiéter, avec une blague pourrie, comme d’habitude. C’était sans compter sur l’inexplicable pressentiment qui lui enserrait le cœur, le même qui taraudait Klemens, et qui leur faisait craindre le pire.

L’arrivée d’un médicomage ne les laissa pas plus longtemps se morfondre dans leur silence. Il avait beau soutenir sans ciller son regard, il n’était absolument pas prêt à l’entendre s’excuser. Non. Non, non, non. Roy ne voulait pas d’excuses. Il n’avait pas besoin de ça, il n’avait pas besoin de la compassion de ce satané médecin incapable de leur annoncer une bonne nouvelle. L’aveu d’impuissance qui leur adressa fut la goutte de trop. Mais Roy était trop sonné pour réagir par la colère. Il ne sentait même pas la poigne de Klem sur son bras, et pourtant, elle était douloureuse. Alors, Val était… ?

Le premier réflexe du trafiquant fut de se tourner vers son meilleur ami. Cela ne fit que lui déchirer un peu plus le cœur. Roy se trouva parfaitement immobile et désemparé face à sa détresse.  C’était fou comme cela lui avait paru plus simple de serrer son ami dans ses bras pour le réconforter, quelques minutes plus tôt, quand ils n’étaient pas encore fixés. Quand Klemens n’était pas autant dévasté.

Il détourna les yeux et se leva, au moment où le loup se mit à pleurer. Non, il refusait de voir ça. C’était peut-être lâche, égoïste de sa part, mais il refusait d’encaisser aussi crûment le désespoir d’un autre. Il ne partit pas, pour autant, c’était hors de question qu’il le laisse seul. Roy était simplement trop intérieurement agité pour rester immobile. Il n’avait jamais réussi à intérioriser quoique ce soit, c’était un reproche que lui avait souvent fait sa mère, d’être à ce point incapable de maîtriser ses colères, de retenir sa langue ou ses poings. Roy se mit à faire les cent pas comme lion en cage, comme s’il cherchait frénétiquement une solution alors qu’il n’y en avait aucune. Il n’y avait aucun moyen de retourner en arrière. Il pourrait pester contre la terre entière, personne ne pourrait faire quoique que ce soit. Personne ne pourrait leur rendre Valery.

« Et merde ! »

Son juron, suivi d’une flopée d’autres bien plus vulgaires, alarma quelques personnes autour d’eux mais Roy s’en fichait royalement. Il aurait pu rentrer dans l’infirmière qui vint leur parler, tant ses pas étaient nerveux. La proposition qu’elle leur fit eut le mérite de calmer un peu le jeune homme. Il échangea un regard incertain avec Klemens, qui était malheureusement encore plus perdu que lui.

"Tu... tu veux ?"

Roy écarquilla les yeux de stupeur. Non. Non, il n’avait pas le droit de lui poser cette question. Ce n’était pas à lui d’en décider. Klemens était la personne la plus proche du danseur, c’était à lui de savoir ! Roy ne savait pas plus que lui. Roy ne savait pas prendre ce genre de décision, il n’avait jamais été confronté à la mort d’un proche. Il le suivrait, il le soutiendrait, mais il ne prendrait pas ce poids de la dernière image que Klemens aurait de son amant.

Et alors quoi ? Il n’allait pas répondre un « Si toi, tu veux », ça serait tourner en rond. Roy s’efforça de sonder son âme, à la recherche de ce que lui souhaitait. S’il devait être honnête, non, il n’avait pas envie de voir Valery étendu sur son lit d’hôpital, sans vie. Il serait parfaitement capable d’oublier ce dernier mois de dispute, pour ne garder que les souvenirs de ses bons moments avec Valery. Il en serait beaucoup moins capable si le visage blafard et inanimé de son ami devait hanter son esprit. Est-ce qu’il allait pour autant refuser cette dernière visite à Klemens, et prendre le risque qu’il le regrette plus tard ? Peut-être que Roy lui-même regretterait. Il ne voulait pas être responsable de ça. Il ne voulait pas risquer que Klem lui en veuille un jour. Les cauchemars pouvaient passer, avec le temps, les remords, beaucoup moins.

Et puis, inexplicablement, Roy avait le sentiment qu’ils devaient aller le voir. C’était une façon d’accrocher la réalité sur une nouvelle qui leur paraissait encore aberrante. Elle finirait forcément par  leur retomber dessus, la réalité, s’y confronter le plus vite possible, en ayant l’occasion de faire leurs adieux, leur ferait moins de mal.  

« Viens. »

Sa voix était étonnement ferme, alors qu’il tendait sa main à Klemens pour l’aider à se relever. Roy avait toujours été doué à ce jeu de se composer une façade de dureté, pour ne pas montrer quand des choses l’affectaient. C’était précisément ce qui l’avait aidé à supporter le rejet de sa famille. C’était ce qui l’aidait toujours, lorsqu’il leur rendait visite, occasionnellement. C’était somme toute le problème de personnes trop fières comme lui qui se refusaient à dévoiler leur sensibilité. Roy tenait bon. Pour l’instant. Ils n’étaient pas encore près de Valery.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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« Viens. »

La voix de Roy lui fait relever la tête. Il semble avoir arrêté ses allers-retours pour se planter devant lui et lui tendre la main pour l'aider à se lever. Il regarde un instant la main tendue songeur. Il se demande si c'est réellement une bonne idée. Il se laisse néanmoins entraîner, il ne sera pas seul. Son ami sera avec lui tout ira bien. Enfin aussi bien que possible du moins. L'avenir lui semble désormais plus qu'incertain, il se demande même si il réussira à continuer tout seul en Angleterre. La seule raison qui l'a fait rester jusqu'à maintenant, c'est le fait d'être avec ses amis. Il lui reste Roy pourtant. C'est une raison suffisante de rester. Mais tout cela semble irréel, complètement absurde. Valery ne peut pas être mort, c'est impossible. Ce médicomage mentait forcément, ils allaient voir son compagnon dans sa chambre. Peut-être affaibli mais certainement pas mort, il refusait d'admettre.

A mesure qu'il parcourait les couloirs impersonnels de l'hôpital, l'espoir s'insinuait en lui. Valery n'était pas mort. Il ne pouvait pas l'abandonner maintenant, il ne pouvait pas lui faire ça. Il marche un peu plus vite derrière l'infirmière. Pressé de vérifier ses certitudes. Que le médicomage leur à fait une blague sur demande de Val. Ils s'arrêtent enfin et l'infirmière les fait entrer dans une petite chambre occupée par un seul lit. Klem sent son coeur s'emballer et sa respiration se fait légèrement plus rapide. Il se dirige vers le lit où Valery est allongé. Il est pale et ses paupières définitivement closes. Il sent sa poitrine lui faire douloureusement mal. Comme si on venait de lui annoncer pour la seconde fois que son compagnon n'était plus. Il constate par lui même. Ce n'est pas une blague. Valery ne respire plus, il ne bouge plus. Il tend la main pour écarter les mèches de cheveux qui lui tombe sur le front. Il sent ses yeux s'embuer à nouveau mais il refuse de se laisser à nouveau. Il ne pleurera plus. Il doit être fort. Il croise le regard de Roy furtivement avant de reposer ses yeux sur son amant. Il semble si paisible. La dureté de la vie ne atteindra plus jamais. Mais lui, il prend tout dans la figure d'un coup. La colère en plus de la tristesse s'insinue en lui.

"T'avais pas le droit de m'abandonner. T'entends ?"

Il saisit la blouse que son amant porte à deux mains et commence à secouer le corps sans vie.

"T'entends ? T'avais pas le droit. T'es qu'un sale égoïste. Réveille toi ! Tu m'entends ? Réveille-toi, Bordel ! Tu peux pas... T'as pas le droit..."

Il relâche le morceau de tissu et se recule horrifié. Il se retrouve dos au mur et regarde ses mains comme si c'était lui venait de tuer Valery. Il expire bruyamment et se laisse tomber au sol. La colère semble l'avoir abandonner. Son excès de rage semble l'avoir calmé et il reste amorphe au sol attendant il ne sait pas trop quoi. Plusieurs minutes passent peut-être, il ne sait pas. Le monde autour de lui a complètement disparu. Il reste uniquement un grand vide à la place. Il se relève machinalement et se dirige vers la sortie. Il ne peut pas rester là, il doit sortir. Il a besoin d'air.

"J'ai besoin d'un verre je crois."

C'est lâché machinalement mais le besoin d'alcool dans son organisme se fait violemment ressentir. Il a juste besoin d'oublier tout ça maintenant. De faire comme si il n'avait jamais perdu l'homme de sa vie. Celui avec lequel il avait tout plein de projet et qui lui faisait entrevoir l'avenir positivement pour une fois.


Klemens Dabrosky
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Roy sentit l’hésitation de son ami, quelques secondes seulement, avant qu’il ne saisisse sa main. Il avait décidé pour eux deux qu’ils iraient voir Valery une dernière fois, mais en vérité, Roy ressentait la même incertitude que lui. Sa fermeté apparente n’était que sa façon à lui d’encaisser le choc et d’aider le loup à tenir le sien. Au moins pour Klem, il devait se montrer fort.

La marche vers la chambre d’hôpital parut trop rapide au trafiquant. Il aurait voulu retarder ce moment où il leur faudrait affronter la réalité. C’était paradoxal, c’était lui-même qui avait pris la décision d’y faire face, pour des raisons qu’il croyait justes. Mais Roy avait toujours été cet homme qui retardait les échéances, pour éviter les situations inconfortables. Adolescent, il avait retardé le moment où il était sensé discuter avec ses parents de ses études dont il ne tirait rien, résultat, à vouloir s’en sortir seul, il était devenu un voyou. Il repoussait le moment de revoir sa famille, parce qu’il savait qu’il devrait faire face à des reproches. Plus récemment encore, il avait retardé la discussion honnête qu’il devait avoir avec Juliana et il l’avait perdue. C’était sans doute cette attitude qui faisait de lui encore un homme pas très responsable dans sa tête, sans situation stable ni avenir certain alors qu’il était à quelques pas seulement de la trentaine.

Cette fois-ci, cependant, il n’avait rien derrière quoi se cacher, la porte blanche lui faisait face, et il n’avait pas d’autre choix que de la pousser, en inspirant un grand coup. L’image qui l’attendait derrière fut brutale, sans concession. Elle resterait un moment gravée sur la rétine de Roy, qui se trouvait incapable de détourner les yeux. La vision de Valery, inerte, incroyablement pâle, aimantait littéralement son regard, précisément parce qu’elle était choquante.

Ce fut la réaction de Klem qui le ramena à la réalité et le fit s’apercevoir que son cœur à lui aussi craquelait. Sa colère de tout à l’heure avait disparu. Ce que Roy sentait monter à présent n’était pas des larmes, mais une infinie succession de regrets, celui d’être passé tant d’années à côté de l’amitié de cet homme, celui de ne pas s’être vraiment réconcilié avec, dans les derniers jours de sa vie. Et par-dessus-tout, l’incompréhension. Le sentiment écrasant d’injustice. Les accidents de transplanage étaient courants, souvent pris à la légère, et s’ils étaient mortels, c’était pour les autres, jamais pour soi. Valery avait des instants de flottement où il avait du mal à contrôler sa magie, à cause de sa maladie. Pourquoi avait-il fallu qu’il transplane précisément à un moment où ses capacités n’étaient pas complètes ?

Roy en voulait à Val de s’être toujours obstiné à faire comme si tout allait bien, de ne pas avoir vu que son entêtement lui coûterait la vie un jour. Il lui en voulait d’avoir pris sa maladie à la légère, d’avoir refusé de s’appuyer un peu plus sur Klem, sur lui. Et surtout, Roy s’en voulait à lui-même d’avoir si mal tenu ce rôle d’appui, pour son ancien ami.

A cet instant, si c’était plutôt l’apathie qui le gagnait, Klemens, au contraire, laissait éclater sa colère. Déraisonnablement. A sa façon d’interpeller et de secouer leur ami, il montrait qu’il refusait d’intégrer la réalité. Roy accourut aussitôt vers lui pour retenir ses gestes violents, en vain.

« Klem, arrête ! Calme-toi, ça sert à rien, il ne t’entend pas ! Lâche-le ! »

Il tirait la taille de Klemens pour qu’il se redresse, mais ce dernier le fit de lui-même, brusquement. Roy s’écarta automatiquement, tandis que le loup reculait, le visage crispé d’effroi. Il eut beau chercher à croiser son regard, Klem gardait les yeux désespérément fixés au sol, comme s’il n’existait pas. Rien ne fit plus mal à Roy à ce moment-là que de sentir qu’il ne lui était d’aucune aide. Aucun silence ne fut jamais aussi long et lourd à supporter que celui que son meilleur ami lui imposa.

La situation resta en suspens un moment, sans qu’aucun des deux ne sache comment réagir après ces quelques secondes de violence soudaine. Roy tournait délibérément le dos au corps inanimé, de toute manière, il avait beau fermer les yeux, se passer les mains sur le visage avec nervosité, son image lui revenait sans cesse. Il était temps de sortir de cette pièce. Il avait eu tort, voir Valery ne l’avait pas déchargé de quoique ce soit, bien au contraire, et il n’était pas sûr que cela ait fait du bien à Klemens non plus. C’était peut-être encore trop vif, trop brutal pour eux deux. Quand le loup évoqua un verre, Roy hocha machinalement la tête. Il en avait besoin lui aussi.

Peut-être parce qu’ils étaient trop sonnés, peut-être parce que tout ce qui était en lien avec les transports magiques à cet instant-là les rebutait, ni Roy ni Klemens ne songèrent à transplaner. Ils marchèrent simplement en silence, dans les rues illuminées et encore bien vivantes de Londres. C’était étrange de passer de l’atmosphère calfeutrée d’une chambre d’hôpital au grand air frais nocturne de la capitale. Etrange, pas désagréable. Roy jetait quelques coups d’œil en coin à Klemens, régulièrement, comme s’il craignait à chaque instant de le voir piquer une nouvelle crise.

Cette marche hasardeuse dans les rues londoniennes ne dura pas longtemps, avant qu’ils ne poussent la porte d’un bar moldu relativement tranquille. Roy avait pris soin d’en choisir un parfaitement au hasard, qu’ils n’avaient jamais fréquenté tous les trois, ce n’était pas le moment de raviver leurs souvenirs. Ils se trouvèrent une table dans un coin où ils purent s’asseoir l’un en face de l’autre, commandèrent chacun un verre. Puis, deux. De plus en plus inquiet, Roy freinait sa propre consommation à mesure que celle de Klemens augmentait trop vite. Il enchaînait les verres dans un parfait silence inexpressif. Au bout d’un moment, le trafiquant comprit qu’il ne comptait pas s’arrêter et qu’il était capable de se noyer dans l'alcool jusqu’à ne plus se souvenir de son prénom. C’était sans doute son objectif, d’ailleurs.

« Klem, parle-moi. » Il le fixa quelques secondes, exaspéré par son silence, avant de lui retirer de force son verre pour le reposer bruyamment sur la table. « Je sais, t’es assez grand pour décider de te soûler ou pas, mais t’es sûr que c’est la meilleure solution ? Tu… »

T’es assez pathétique comme ça, allait-il dire, avant de se mordre la lèvre. Si Klemens commençait avec cette attitude, cela ne présageait rien de bon pour la suite. Roy n’avait pas la moindre envie de le trouver ivre mort chaque soir parce qu'il aurait eu l’espoir que l’alcool lui permettrait de noyer son chagrin, alors qu’il n’en serait rien, cela le rendrait juste un peu plus malade, malheureux et grincheux chaque jour.

« Je veux pas que tu fasses une connerie, c’est tout. Or, c’était précisément ce qu’il allait faire, à n’en pas douter, si Roy le laissait seul ce soir, dans l’appartement qu’il était sensé partager avec Valery. Quel merdier... On va trouver une solution. Tu peux dormir chez moi pour le moment, ça te va ? Ouais, on va faire ça, tu viens chez moi, et à deux, on va gérer. Alors t’as pas besoin d’te mettre une mine, mec, je suis là, ok ? »



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Klemens marche sans but aux côtés de Roy. Son regard est perdu dans le vide et il ne pense à rien, juste marcher de façon mécanique, se vider l'esprit. Il ne sait pas comment réagir, ne sait pas comment il doit prendre tout ça, quelle attitude adopter. Son meilleur ami semble plutôt serein presque résigné. Lui, il se sent perdu, il a pleuré, il a été en colère et maintenant, il se sent juste vide. Il a juste envie d'oublier tous ses souvenirs de Valery. Il préfère oublier, fuir plutôt que d'affronter la réalité et souffrir. Pour l'instant, il est plutôt amorphe, il se laisse entraîner, il est aux abonnés absent, il préfère. Ça lui évite d'avoir à réfléchir, ça lui évite de revoir encore et encore Valery, pâle et immobile. Il est encore sous le choc, tout cela a été si rapide. Et comme une protection, il ne pense à rien, regarde sans voir et marche sans s'en rendre compte comme dans un rêve. Tout cela n'est qu'un rêve et demain matin, il se réveillera aux côté de Val et de son petit sourire candide.

Il suit Roy à l'intérieur d'un bar moldu et s'installe en face de lui. Il commande machinalement la même chose que son meilleur ami et commence à boire par automatisme. Il enchaîne les verres sans réellement s'en rendre compte. Il se rappelle de sa dernière soirée avec Valery, nouveau verre, il ne veut pas se rappeler. Il ne veut pas que ses souvenirs heureux reviennent à la surface comme un étalage de tout ce qu'il n'aura plus jamais. Ses doigts se crispent légèrement autour de son verre qu'il vide d'une traite. Il ne parle pas, il n'a rien à dire de toute façon. Son regard fixe sans le voir un point sur la table. Entre la main et le verre de Roy. Peut-être un micro-défaut du bois. Il commande un nouveau verre et commence sérieusement à commander la bouteille, ça ira plus vite. Il n'a pas l'intention de s'arrêter maintenant de toute façon. A défaut de pouvoir passer la soirée avec Valery, il espère que l'alcool pourra le réconforter et le combler le vide dans sa poitrine.

Il sent soudain qu'on tire violemment sur son nouveau meilleur ami et sursaute légèrement lorsque Roy l'abat brusquement sur la table. Il fixe le trafiquant d'un œil morne en essayant de comprendre ce qu'il lui veut. Il tend le bras vers son verre pour essayer de le récupérer mais échoue. Il grogne légèrement peu prêt à accepter son échec alors que les paroles de Roy s'éclaircissent dans son esprit embrumé. Pourquoi il veut l'empêcher de boire ? Il le prend pour un gamin ou quoi ? Il va pas faire de connerie, il veut juste qu'on lui fiche la paix. Il veut juste pouvoir rester là à boire toute la soirée. Il veut juste retrouver une sorte d'inconscience. Celle qu'il vient de perdre.

"Fiche moi la paix, Roy ! De toute façon fais pas genre comme si t'en avais quelque chose à faire. Tu t'en foutais de Valery sinon tu serais venu nous voir avant."

Il ne sait pas si ses paroles sont volontairement blessantes ou si il a parlé sans réfléchir. Sans doute un mélange des deux. Il en veut un peu à Roy de ne pas s'être complètement réconcilié avec Valery avant tout ça. Il lui en veut de ne pas paraître triste. De faire comme si tout allait bien et de l'empêcher de finir son verre. Il lui en veut de sa proposition parce qu'il a l'impression de trahir Val en allant ailleurs qu'à l'appartement. Parce qu'il veut sentir son odeur une dernière fois. Mais il ne sait pas si il le supportera, il ne sait pas si il peut continuer à vivre dans ce lieu qui lui ressemble tellement et qui est trop rempli de sa présence. Comment tourner la page dans ses conditions ? Mais il ne veut pas tourner la page au fond, il veut continuer à vivre dans le souvenir de son compagnon. Alors il en veut à Roy de vouloir l'oublier trop vite et en même temps, il veut l'oublier aussi parce que penser à lui, ça fait mal. Il est un peu désemparé et complètement perdu. Il tend son bras en direction de Roy.

"Mon verre ! Rends le moi"

Il fixe son meilleur ami, la mâchoire serré. Il est prêt à se battre si il le faut mais il récupérera le droit de se saouler en paix.


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Dans d’autres circonstances, l’amorphisme de Klemens aurait agacé le trafiquant, qui se serait dépêché de le secouer. Pas ce soir. Il venait de perdre l’être qui lui était sans doute le plus cher, Roy ne pouvait pas lui en vouloir de se laisser abattre, même si le regard vide de son ami l’inquiétait. Il lui faudrait du temps, pour se relever. Du temps et du soutien, pas de l’alcool, Roy en était persuadé. Ce fut la raison pour laquelle il ôta son verre à Klem et essaya de lui parler avec toute la patience dont il était capable.

Il s’attendait à ce qu’il réplique violemment, à force, il avait appris à le connaître. Klemens s’emportait vite, et était capable de se montrer très cassant quand il était blessé, comme c’était le cas. Il s’y attendait, mais cela ne lui fit pas moins mal pour autant. L’entendre lui renvoyer à la figure son comportement avec Val le peina bien plus qu’il n’en laissa paraître. Il aurait pu se mettre en colère, il aurait pu frapper Klem pour ça… dans d’autres circonstances, encore une fois. Car quoiqu’en dise le loup, Roy était abattu lui aussi, il n’avait pas la tête à la violence, surtout pas quand elle ne règlerait rien. C’était précisément le moment où ils devaient se soutenir l’un l’autre, pas se tirer dans les pattes, Klemens ne comprenait-il donc pas ? Non, il était aveugle de son chagrin, il devait en vouloir au monde entier, mais peut-être bien qu’il pensait sincèrement ce qu’il venait de dire. C’était le plus blessant, que Klem le juge de cette façon, sans vouloir comprendre. Encore une fois il passait pour le méchant de l’histoire. De qui se moquait-il ? Il n’avait pas arrêté de s’inquiéter pour Valery !

« Tu te trompes, Klem, commença t-il d’une voix grondante, mais contrôlée. Tu ne sais pas ce que tu dis. »

Il serrait toujours le verre du polonais entre ses doigts, verre qu’il se mettait à réclamer à présent. Roy manqua de le fracasser en le reposant devant son ami. Cet homme et sa tête de mule allaient finir par lui sortir par les yeux !

« Vas-y, je t’en prie. Bois, c’est bien, ça va te calmer. Ca va peut-être même te faire oublier. C’est ce que tu cherches, hein, oublier ? Et demain matin, quand tu te réveilleras dans le pieu que tu partageais avec Val, complètement matraqué, tes souvenirs te reviendront, et tu te serviras un autre verre. Puis un autre, jusqu’à devenir complètement déchiré. Et là, oui, là seulement, tu pourras enfin dire que tu es pathétique. »

Si la provocation pouvait le réveiller de son état apathique… Il relâcha le verre. Klemens pouvait faire ce qu’il voulait avec, au moins, il l’avait prévenu. Son ton fut plus calme, plus désolé en quelque sorte, lorsqu’il reprit :

« Ecoute, cette histoire avec Val… J’aurais aimé que ça se passe autrement. Je sais pas ce que tu t’imagines mais je me foutais pas de lui. Je voulais pas m’immiscer dans votre histoire, c’est tout. Je pensais que tu l’avais compris… Je sais ce que tu vas me dire, que j’aurais dû revenir, faire un effort,  mais pour une fois, j’ai fait le choix de me ménager, et pour ça, je vais pas m’excuser. Pas après m’être pris la tête des mois avec vous deux. » Roy prit une inspiration, pour calmer tous ses ressentiments qui recommençaient à monter. « Et oui, je me sens bête maintenant qu’il est trop tard pour revenir, et je vais probablement le regretter, mais tu sais quoi ? Je lui dois encore un truc à Val. »

Il laissa quelques secondes s’égrener, tandis qu’il plantait son regard dans celui du loup. Le plus désespérant était de se dire que dans cet état, Klemens ne se souviendrait probablement pas de tout le lendemain. Cela avait un côté positif : Roy pouvait se lâcher.

« La première fois qu’il est venu me parler sans que tu sois là, c’est le jour où il a appris ton secret. Il a sonné chez moi, je l’ai laissé rentrer. Pour moi, c’était encore une espèce de danseuse étoile échouée on n’sait pas trop comment au Ministère, je m’en méfiais, forcément. Rien à en tirer. Enfin, c’est quand même pratique de connaître quelqu’un du Département des Mystères, tu me diras... Bref, il connaissait ton secret, et j’ai lâché le mien, parce qu’à ce moment-là, on était devenus des espèces de collaborateurs. Le deal était  simple, on veillait ensemble sur toi, à la mesure de ce qu’on pouvait faire chacun. C’est pas par hasard si on s’est rapprochés quand t’as fui en France. Tu piges, Klem ? C’est toi qui as toujours été notre lien, avec Valery, juste toi. Si t’as besoin de preuves que je tenais à lui, je peux rien faire de mieux que de m’occuper de toi. Je pense qu’il me botterait le derrière si je te laissais seul une seconde. Alors je me fiche de ce que tu peux me dire pour rester à broyer du noir dans un coin, moi, j’te laisserai pas tomber, ok ? »



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Klem ne pense même pas ce qu'il dit à Roy. Il le dit uniquement pour le blesser pour qu'il lui fiche la paix. Pour que en colère à cause de ses paroles, il l'abandonne là tout seul et le laisse se noyer dans l'alcool comme il l'entend. Mais il ne pense pas que son meilleur ami n'en a rien à faire que Val soit mort. Il ne le pense pas du tout. Mais il sait qu'il a prononcé des paroles blessantes et à la place de Roy, il serait profondément vexé et il l'aurait laissé en plan là. Mais ce n'est pas ce que fait le trafiquant. Il lui rend son verre certes mais il ne lui épargne pas une leçon de moral. Klemens fait mine de ne pas l'entendre. Il laisse croire que les paroles de son ami lui passe par dessus la tête. Mais il écoute, il sait qu'il sera encore plus pathétique après, il sait bien tout ça. Il sait que l'alcool ne résoudra rien du tout mais il n'a pas la force de se battre ce soir. Il n'en a pas envie, il veut juste se laisser sombrer.

Il récupère son verre en vitesse lorsque Roy le lâche enfin, il aurait pu le vider d'une traite comme un assoiffé mais il se contente de le garder près de lui comme une bouée de sauvetage. il se raccroche à ce tout petit verre qui menace de casser si il continue à le serrer comme ça. Il n'ose pas regarder son ami, il préfère garder les yeux baissés sur la table. Il préfère rester apathique à faire semblant de ne pas entendre ce que Roy lui raconte. Il préfère faire comme si il ne voyait pas les efforts de son meilleur ami pour le soutenir. Parce qu'il préfère se dire qu'il est tout seul dans cette galère pour se sentir moins coupable de se laisser sombrer comme ça. Mais il a besoin d'évacuer son chagrin et il ne sait pas comment faire. Il ne veut pas passer son temps à pleurer, il ne veut pas tourner la page trop vite par respect pour la mémoire de Valery et aussi parce qu'il ne sait plus quoi faire de sa vie. Il ne sait plus comment avancer, il ne sait plus rien faire seul. Il ne veut plus avancer seul serait plus exact. Il veut Val. Il fait un caprice comme les petits enfants qui chinent des bonbons à leurs parents. Sauf que lui, il veut Valery, il veut ses câlins, sa peau contre la sienne et il veut que son odeur lui emplisse le nez encore pendant beaucoup d'années. Ce n'est pourtant pas grand chose qu'il demande. Du moins, il a l'impression que ce n'est pas grand chose.

Il ne sait pas trop ce que fait Roy, il essaye de justifier son absence des derniers temps peut-être. Mais il n'a pas d'explications à donner. Il avait le droit de se protéger. Il sait bien qu'avec Valery s'était compliqué. Et lui même est pas sûr de savoir quelle réaction il aurait eu si Valery avait louché en permanence du côté de son ami. Il l'aurait mal pris sans doute. Peut-être que cet éloignement qui n'en était pas vraiment un était ce qu'il y avait à faire. Il n'en veut même pas à Roy. Il lui a reproché toute à l'heure, il le sait mais il ne lui en veut pas. C'est sa douleur qui a parlé. Il avait besoin de se défouler. Il avait besoin d'évacuer sa rancœur et sa tristesse et il a pris Roy comme bouc-émissaire parce qu'il était là. Il s'en veut un peu. Il bouge un peu, un mouvement furtif, un cillement et un coup d’œil éphémère en direction de son meilleur ami lorsqu'il évoque une dette.

Qu'est-ce qu'il doit à Valery ? Que lui a-t-il promis ? Il croise son regard et il détourne aussitôt le regard. Il s'en fiche, il ne veut pas savoir. Mais il écoute quand même et sa gorge se sert à mesure que Roy parle. Il sent qu'il étouffe que son cœur va exploser, qu'il va déborder. Il se sent nauséeux et ses yeux le picotent. Il ne veut pas entendre ce que dit Roy. Il ne veut plus rien entendre. Il veut juste se boucher les oreilles et ne pas savoir que son amant et son ami ont monté une espèce de pacte pour le protéger, le ménager, prendre soin de lui. Il n'est pas un bébé loup, il peut s'occuper de lui tout seul. Il se rend compte qu'il a toujours était une source d'inquiétude pour eux. Et en même temps, il est le lien qui les unissait tous. Est-ce que Roy aurait fréquenté Valery si il n'avait pas été là ? Il en doute. Il se sent encore plus mal. D'une certaine manière, il oblige Roy à prendre soin de lui maintenant.

Il sent que ses yeux ne peuvent plus retenir ses larmes et bientôt ses joues sont inondés. Il pleure dans un bar devant plein de gens. Il pleure et il n'a même plus honte. Son cœur est bien trop piétiné pour ça. Il étouffe de ce trop plein d'émotions. Il est secoué de sanglots incontrôlables. Sa tête repose trop lourde sur sa main libre, son front lourdement appuyé sur son poing replié. Son autre main serre désespérément son verre quasiment vide et il essaye de reprendre son souffle entre deux sanglots étranglés. Il halète légèrement, il essaye de se calmer avant d'être pris de hoquets avant de perdre toute fierté et toute décence. Il arrive peu à peu à reprendre son calme sans toutefois y parvenir complètement.

"Je suis... désolé..."

Il arrive à peine à balbutier des excuses avant qu'une nouvelle salve de sanglots ne le reprenne, le secouant sans qu'il puisse même faire quoique ce soit pour les arrêter ou les diminuer. Ça y est, sa fierté vient d'en prendre un gros coup. Enfin, ce qu'il en restait. Là, il n'en a plus du tout. Rien du tout. Il aurait préféré finir bourré finalement. Parce que si il était devenu pathétique au moins, il aurait gardé une certaine virilité et il ne serait pas en train de pleurnicher comme une fillette. Saleté de Roy.


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Klemens restait désespérément silencieux, inerte, comme si ses mots n’avaient aucun effet sur lui, comme s’ils lui glissaient dessus, sans l’atteindre. C’était ce qu’il voulait faire croire, Roy en était certain, et il n’était pas dupe. Certains gestes nerveux, certains coups d’œil furtifs trahissaient son ami. Alors Roy parlait, inlassablement, Roy n’abandonnait pas, parce qu’il voulait que Klemens réagisse. Qu’il cesse de se contenir.

Et cela arriva. Brutalement. Klemens lâcha absolument tout contrôle qu’il pouvait avoir sur lui-même, il oublia même qu’il n’était pas seul, que des gens l’entendaient et le regardaient, mais Roy ne lui en tint pas rigueur, au contraire. Roy était soulagé, quelque part, qu’il cesse enfin de se cacher. Il ne lui avait pas servi tout ce discours sans n’avoir aucune intention. C’était ce qu’il attendait, au fond, que Klemens craque.

And the tears come streaming down your face
When you loose something you can't replace
When you love someone, but it goes to waste
Could it be worse?(1)

C’était ce qu’il attendait, oui. Il n’y était pas préparé pour autant. A cet instant, même si Roy partageait la douleur d’avoir perdu Valery, il ressentait une peine infiniment plus immense pour Klemens. Il n’avait jamais vu personne en proie à un tel désespoir, qu’il s’agisse de son meilleur ami ne le désolait que davantage. Pas une seconde, la pensée qu’il était ridicule ou pathétique, à éclater de cette façon en sanglots dans un lieu public, ne lui vint à l’esprit. Roy avait bien plus urgent à gérer que les regards indiscrets des curieux aux alentours, c’était la peine de son ami. Que pouvait-il faire ?

Tears stream down your face
When you lose something you cannot replace
Tears stream down your face
And I...(2)

Que pouvait-il faire quand il ne partageait en réalité pas un cinquième de la douleur de son ami ? Valery n’était pas aussi important pour lui que pour Klemens. Il pouvait lui dire qu’il était avec lui, qu’il ressentait la même chose, qu’il le comprenait, mais en réalité, Roy ne comprenait pas. Il n’avait personne pour qui il pourrait verser autant de larmes. Il ne savait pas ce que c’était d’aimer quelqu’un au point de s’oublier soi-même et se laisser emporter par une douleur qui balayerait son amour-propre. A cet instant, Roy était loin de juger Klemens sur une quelconque virilité qui lui manquerait. C’était son propre manque qu’il voyait, son propre vide. Il n’avait personne. Il n’y avait que lui et son ego, il n’y  avait toujours eu que cela. Qu’elle était belle, sa fierté, quand elle lui paralysait le cœur ! S’était-il endurci au point d’être incapable de fondre en larmes pour un ami, lui aussi ?

Tears stream down your face
I promise you I will learn from my mistakes
Tears stream down your face
And I...(3)

Roy baissa les yeux. Encore une fois, il ne pensait qu’à lui, quand le moment était tout sauf adéquat. Quelques minutes s’étaient certainement écoulées, depuis que le loup avait commencé à pleurer, et il n’avait encore rien fait. La pensée de Juliana, dans une détresse similaire quelques jours plus tôt, lui traversa l’esprit. C’était la deuxième fois qu’il se trouvait dans la situation délicate de réconforter des personnes en deuil en l’espace de quelques jours, il n’y était pas plus à l’aise pour autant. Encore moins quand le décès en question le touchait également.  Encore moins quand Klemens laissait éclater sa peine, sans ménagement pour lui, qui se retrouvait comme face à une immense vague qui n’allait pas tarder à l’engloutir, alors qu’il était sensé sortir la tête de l’eau. Ou en tout cas, en sortir Klemens, à défaut de lui-même. La réponse vint alors qu’un énième sanglot incontrôlé secouait son ami, et qu’il s’excusait faiblement. Il n’y avait rien à dire, rien à faire si ce n’était faire preuve de compassion et se montrer présent pour lui.  Il était de toute manière incapable de ramener Valery, n’est-ce-pas ? Alors, il se leva, posa simplement une main sur son épaule, pour l’attirer contre lui et le serrer dans ses bras en silence. Les clients du bar autour d’eux détournèrent bien vite les yeux quand Roy leur retourna un regard qui leur suggérait clairement de s’occuper de leurs affaires.

Lights will guide you home
And ignite your bones
And I will try to fix you(4)

« De quoi tu t’excuses, Klem ? »

Son étreinte ferme sur son ami rendait le trafiquant plus fort et assuré qu’il ne l’était réellement. En vérité, il n’avait aucune idée de comment il pourrait concrètement aider Klemens à surmonter sa peine. Car ce n’était qu’un début, Roy pensait déjà aux prochains jours, autour d’une seule question. Et que se passerait-il ensuite ? Connaissant Klem, il chercherait à rester seul, parce qu’il ne voulait être le fardeau de personne. Parce qu’il s’était trop laissé ronger par la solitude, et qu’elle avait fini par devenir une habitude, comment aurait-il pu en être autrement pour un homme que même sa famille avait abandonné ? Il l’avait bien vu, lorsqu’il avait rencontré Jacek, quelques mois plus tôt, Klemens n’avait plus aucune attache solide avec ses origines. Roy resserra son étreinte sur son ami, presque jusqu’à lui en faire mal. Il était en Angleterre, à présent, il avait commencé à construire une nouvelle vie, et Roy ne le laisserait pas penser que la mort de Valery avait rendu tout cela vain. C’était hors de question qu’il laisse ses vieux démons de solitude se réveiller.

Lights will guide you home
And ignite your bones
And I will try to fix you(4)

« J’te laisserai pas tout seul. A aucun moment, tu m’entends ? Je sais ce que tu te dis. Que c’est trop dur, que t’arriveras jamais à faire face, mais c’est normal, Klem, c’est encore trop… trop vif. Le mot était à ses yeux celui qui devait le mieux qualifier une telle meurtrissure. Roy ferma quelques secondes les yeux. Il avait tellement envie de lui marteler certains mots, qu’il lui avait déjà répétés maintes fois, dans d’autres circonstances. Ne t’imagine surtout pas que tu vas affronter tout ça seul. Je te promets que ça finira par rentrer dans l’ordre, d’accord ? »

Sa gorge commençait à se nouer, alors Roy s’arrêta là. Oui, il voulait l’aider, faire tout son possible pour alléger sa peine, même s’il savait que sa simple présence ne comblerait jamais le vide qui commençait à se creuser dans le cœur de Klemens, et qui ne se creuserait qu’un peu plus dans les prochains jours. C’était injuste, ce qui leur arrivait. Injuste et brutal. Valery était déjà malade, ils savaient tous les deux combien sa maladie pouvait le rendre faible par moments, mais jamais, la pensée qu’ils pourraient le perdre si tôt ne leur avait traversé l’esprit. Que leur était-il arrivé de bien, ces derniers temps ? Les pertes du Bloody Sunday avaient été tout autant injustes et brutales.  Depuis leur sortie de l’hôpital, Roy se ressassait ces noires pensées qui accroissaient son sentiment de colère, car il ne supportait plus d’être à ce point aux prises des évènements, sans pouvoir rien faire d’autre que de les subir. Il avait toujours préféré agir, quitte à se mettre en difficulté.

Roy relâcha enfin Klemens, laissant toutefois sa main posée sur son épaule. Un maigre sourire sensé détendre l’atmosphère étira ses lèvres, tandis qu’il se moquait gentiment :

« T’es tout pâle, mec. Ca commence à devenir étouffant, par ici… On rentre ? Il ajouta, non sans une certaine hésitation : On peut passer chez toi, d’abord, si tu préfères. »

Volontairement, il avait remplacé le « chez vous » habituel par un « chez toi », il était inutile de rappeler à son ami que l’appartement de Valery ne serait plus jamais occupé par son premier propriétaire…

Spoiler:
 



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Il sent les bras de Roy l'entourer et il se laisse aller contre son ami. Il s'accroche désespérément à sa veste comme à une bouée et il pleure sans discontinuer. Il finit par se calmer, il est complètement vidé, il n'a même plus d'eau à pleurer. Il a tout perdu déjà, il reste contre le trafiquant, puise une certaine paix dans cette étreinte. Il sait que lorsque son ami le lâchera, il n'ira pas mieux, que sa peine n'aura pas disparu. Mais il puise un peu de force et de courage pour affronter la réalité. Il écoute sans les entendre les mots du jeune homme. Il entend le soutien qu'il lui promet et il lui en est reconnaissant. Il a l'impression de ne pas pouvoir affronter ça, de ne pas pouvoir continuer. Tout semble plus sombre.

Il s'essuie plus ou moins discrètement les joues et les yeux lorsque Roy le relâche. Il inspire profondément et termine son verre. Il a les yeux rouges d'avoir trop pleuré. Il se sent honteux de s'être laissé aller comme ça. Il n'ose plus regarder son ami. Il sait qu'il ne lui en veut pas mais il a plus de fierté que ça habituellement. Il n'ose pas non plus regarder les gens aux tables alentours. Il hoche faiblement la tête lorsqu'il lui propose de rentrer.

"Non, pas là-bas. Pas ce soir."

Il n'a pas la force nécessaire pour affronter le vide de leur appartement et puis, peut-être que le sang y est encore. Personne n'a nettoyé et il ne veut pas repenser à ce qu'il s'est passé. Revoir la scène dans sa tête lui suffit. Il passe une main tremblante dans les cheveux et sort du bar. Il suit son ami dans les rues animées de Londres. L'air frais lui fait du bien. Il inspire à plein poumon et ferme les paupières quelques instants. Peut-être que la douleur sera moins sourde de cette façon.

"Merci Roy. Je sais pas ce que je ferais sans toi. Et puis... excuse moi pour mes paroles toute à l'heure, je les pensais pas. Et je voulais pas... que... me laisser aller comme ça."

Il se sent honteux en plus du grand vide dans sa poitrine. Il est complètement épuisé, vidé et il a envie de rentrer. Mais est-il capable de transplaner ? Il n'est pas sûr d'y arriver seul. Mais peut-être que c'est la solution à tout ses mots après tout. Un bête accident comme Valery et il ne souffrira plus jamais. Il regarde Roy songeur. Il se refuse à accepter son offre dans son intégralité, il dormira chez lui ce soir mais pour le reste, il se débrouillera. Il ne veut pas l'embêter plus. Il ne veut pas être un poids ni une promesse funèbre.

"C'est gentil de m'héberger ce soir mais après je partirais. Je veux pas m'imposer et puis, je sais pas quelle promesse tu lui as faite mais te sens pas obliger de la remplir. Ça ira très bien, j'me débrouillerais tout seul."

Il n'arrive même pas à prononcer son prénom. C'est comme si c'était devenu un mot interdit. Comme lorsque les hommes préhistoriques qui parlaient ne prononçaient plus le nom du mort pendant un an après la mort de peur que l'esprit du défunt ne trouve jamais la paix. Klem n'arrivait pas à dire son prénom parce que c'était trop difficile et parce qu'il avait l'impression que ça porterait malheur à son âme. Qu'elle se perdrait quelque part au lieu d'être en paix.


Klemens Dabrosky
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Le trafiquant ne fit aucune objection au refus de son ami de retourner dans l’appartement de Valery. Il pourrait récupérer des affaires plus tard, ou envoyer quelqu’un d’autre, Roy était prêt à lui rendre ce service, s’il le lui demandait. Il avait beaucoup moins de souvenirs et d’attaches sentimentales à ce lieu, comparé à Klemens, qui avait trouvé là sa première colocation, lui qui avait toujours tenu à être indépendant. Valery avait changé Klemens, même Roy s’en était aperçu. Il avait encore en tête leur discussion chez lui, quand il était venu lui annoncer qu’il avait déclaré ses sentiments à Valery. Il n’aurait jamais imaginé le loup capable de se fixer avec quelqu’un, Roy avait toujours cru qu’ils étaient semblables tous les deux, tous les trois, même, à croire que la vie leur appartenait, qu’elle était "cool" quand ils faisaient ce que bon leur semblait, sans compter, sans s’attacher à quoique ce soit. Mais même un homme volatile comme Roy avait su saisir que les sentiments de Klemens étaient sincères, différents, cette fois-ci. Qu’il perde tout, alors qu’il avait pris le risque de changer… Roy ne pouvait pas comprendre dans quel abîme de douleur et de remise en question cela plongeait Klemens, il ne pouvait que l’imaginer vaguement. Et c’était suffisant pour le peiner.

Il ne répondit pas aux remerciements de son ami, pas alors qu’il venait de se sentir proprement inutile et étranger face à sa souffrance. Il aurait aimé pouvoir l’aider plus, il avait l’impression de ne pas pouvoir faire grand-chose d’autre que lui adresser des paroles rassurantes, sans vraiment savoir ce qu’il en serait réellement. La suite le fit en revanche réagir, il tapota brièvement son épaule, et son commentaire fut tout aussi bref :

« T’en fais pas. »

Etait-ce trop attendu, trop bateau de répondre que les amis étaient faits pour ça ? Roy se contenta de le penser, fort. Klemens le savait, de toute façon.

Puisqu’ils avaient décidé de ne pas passer par leur appartement londonien, le trafiquant commençait à se dire qu’ils n’allaient pas pouvoir marcher indéfiniment de la capitale jusqu’à Bristol, et qu’il faudrait bien qu’ils transplanent à un moment ou un autre, quand le loup le coupa dans ses pensées, avec de nouvelles déclarations. Il enfouit ses mains dans ses poches, sa mien se renfrognant malgré lui en l’entendant parler.

« Je ne te le propose pas parce que je me sens obligé, Klem, tu le sais » commença t-il, dans un léger soupir.

Il craignait surtout que Klemens fasse une bêtise, s’il le laissait seul, une bêtise beaucoup plus grave et irréversible que d’aller se soûler dans un bar… Qui sait jusqu’où pouvait aller le désespoir ? Roy pouvait se vanter de connaître son meilleur ami, il n’était pas dans sa tête pour autant, si de noires idées venaient à la remplir, serait-il apte à réagir assez vite ? Pas si Klemens s’éloignait et souhaitait se débrouiller « seul », c’était certain.

« Comment tu peux encore t’imaginer que tu t’imposes ? Je croyais qu’on avait dépassé ce genre de politesses. Reste autant de temps qu’il te faut, Klem, c’est tout. Et honnêtement, je crois pas que demain, tu te réveilleras en étant d’attaque pour te débrouiller dans quoique ce soit… Laisse-moi juste t’aider. Je le ferai même si tu refuses alors, sois coopératif » ajouta t-il, avec un léger sourire, pour tenter de le dérider, même juste un peu.



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Klem esquisse un faible sourire de remerciement à Roy lorsque ce dernier lui tapote l'épaule suite à ses excuses. Il a un peu de mal à situer la suite de la soirée, il se voit bien continuer à marcher comme ça sans but encore longtemps. Tout comme il ne souhaite pas imposer sa présence à Roy. Il sait qu'il peut-être rapidement envahissant et très désagréable lorsqu'il souffre. Il ne veut pas faire endurer ça à son ami et préfère préserver leur amitié plutôt que d'avoir une violente dispute avec le trafiquant dû à un ras-le-bol général. Mais visiblement le jeune homme n'a pas vu cet aspect là de la chose. Il semble s'obstiner à vouloir le garder près de lui. Comme si il craignait qu'il fasse une bêtise ou un truc du genre. Mais il ne fera rien si ce n'est trouver une solution d'oublier tout ça. L'alcool lui est interdit visiblement et la drogue... il n'y pense même pas. Il a déjà testé et ça a été suffisamment difficile d'arrêter pour songer à replonger.

Il ne lui reste donc pas beaucoup d'options si ce n'est le replis sur lui même. Il a besoin de temps, il ne peut pas faire comme si rien n'avait eu lieu. Il a à peine la force de continuer de toute façon. Ses yeux sont complètement bouffis d'avoir trop pleurés et il se sent vaguement nauséeux. Il hausse les épaules d'indifférence à la dernière remarque de son ami. Etre coopératif. Il veut bien si ça ne demande pas trop d'efforts.

"Si tu veux. J'm'en fiche."

Ça ne servira strictement à rien de protester alors autant se laisser faire. Il n'est pas certain de vouloir transplaner jusqu'à Bristol néanmoins. Tout à coup, il a un peu peur. Il est légèrement rebuté à l'idée de devoir exécuter cette action magique qui a coûté la vie à son compagnon. Il attrape le bras de Roy pour l'arrêter et parle d'une voix un peu pâteuse à cause de l'alcool qui commence à agir sur son organisme.

"Roy... J'veux... j'veux pas transplaner. Tu veux pas qu'on aille ailleurs avant chez toi ?"

Un autre bar pourquoi pas. Il sait qu'il a peut-être déjà un peu trop bu pour la soirée mais juste un verre de plus pour lui donner le courage de pouvoir transplaner. Juste un tout petit, du courage liquide pour lui embrumer encore un peu le cerveau. Et ça n'a rien avoir avec la douleur lancinante de son cœur qui se réveille doucement pour se montrer de plus en plus violente et insupportable. Parce que cette douleur là ne l'a pas quitté un seul instant depuis qu'il est sorti de la chambre d'hôpital.


Klemens Dabrosky
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Klemens avait raison. Leur colocation improvisée causerait quelques coups à leur amitié, mais cela, Roy ne le savait pas encore. En vérité, même s’il l’avait su à cet instant-là, il aurait réagi de la même façon.  Parce qu’il n’était pas du genre à reculer devant les obstacles de ce genre, et si Klemens était têtu, Roy l’était au moins autant que lui. Est-ce que de toute façon, ils avaient avancé autrement qu’en se cognant l’un à l’autre, tous les deux ?

Roy tint la réponse de Klemens, aussi réticente était-elle, comme une victoire, tant il était persuadé d’agir pour son bien. Le loup lui avait fait part d’un tel désespoir tout à l’heure, en cédant à une crise de larmes, qu’il ne pouvait pas se résoudre à le laisser tout seul. Cela serait peut-être juste pour quelques jours, au moins le temps que son ami décide s’il souhaitait retourner dans l’appartement de Valery, ou non. Tout dépendrait de comment Klemens réagirait, il était encore trop tôt pour le prévoir. Il était encore trop tôt pour parler de rebondir.

« On n'a qu’à marcher un peu, si tu veux. » déclara le trafiquant, quand Klem lui fit part de ses appréhensions.

Et Roy savait exactement où il l’emmenait. A Londres, il y avait quelques endroits incontournables, et parmi eux, le Millenium Bridge. Le pont, destiné aux piétons, surplombait la Tamise, offrant des vues imprenables sur l’ensemble de la ville. Roy avait un rapport particulier aux paysages marins, et la Tamise était ce que la capitale surpeuplée pouvait lui offrir de mieux. Il n’avait pas choisi la ville portuaire de Bristol complètement par hasard, ni la Promenade des Marins comme rue de résidence sur un coup de tête. Se réveiller sur une vue vers le canal de Bristol était un réel bien-être pour le trafiquant. Un psychomage se serait fait un plaisir de faire le lien avec les paysages de son enfance, avec sa famille qu’il avait délaissée, sur la côte du Pays de Galles, justement en face à face avec Bristol. Roy n’en savait rien. Il ne savait pas si c’était pour combler un manque qu’il se tournait vers des lieux proches de ceux où il avait grandi, il savait juste qu’il était capable de regarder la mer, un lac, un fleuve, pendant un long moment et que cela l’apaisait. En général, il le faisait seul –parce que c’était un peu niais quand même- mais ce soir, Roy faisait volontiers exception à la règle. Parce que c’était avec Klemens, l’ami avec qui il partageait le plus de choses. Parce que s’il s’était surtout préoccupé du loup, maintenant que son chagrin semblait s’être un peu calmé, celui de Roy reprenait ses droits…

Lui aussi sentait son cœur se percer, du deuil qu’il allait devoir faire. Valery, qui riait encore la veille, qui faisait encore des blagues pourries, qui buvait et racolait comme le fêtard qu’il était, venait de disparaître aussi subitement que le pop de transplanage qui lui avait coûté la vie. C’était un ami dont il devrait dorénavant parler au passé. Roy refusait encore de se faire à l’idée, tout comme Klemens, il était sous le choc. Le coup était trop dur, trop vif pour qu’il puisse mettre les mots exacts dessus. Il ne réalisait pas, tout simplement.

Cette fois, Roy resta silencieux. Ils avaient assez usé de leur voix pour la soirée, tous les deux, et puis, un autre discours serait sans doute mal placé, à cet instant-là. Il était si facile de briser avec des mots malvenus ce que la Tamise noire et brillante des lumières d’un Londres nocturne leur offrait, que Roy préféra se taire. Il attendit simplement que Klemens fasse le premier mouvement, qu’il décide du moment où il était prêt à partir, pour le faire transplaner. Ils n’avaient pas le choix pour se rendre à Bristol, aussi réticent Klem était à l’idée de le faire. Le transplanage d’escorte, espérait Roy, devrait l’inquiéter un peu moins, en tout cas, il ne lui laissa pas le temps de protester avant de saisir sa main. Le tourbillon où il les emporta lui fit mal au crâne, bien plus que d’habitude. Et ce n’était rien, comparé à la spirale infernale de mal-être qui les attendait pour les prochains jours…


FIN DU RP



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SOS d'un terrien en détresse [Roy & Klem]

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