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 [Correspondance] SOS bouteille à la mer

Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

La pluie menaçait de tomber et sur la petite plage de sable noir d'Ecosse plonge doucement dans la nuit grisâtre. Malgré tout, la chaleur estivale était toujours bien présente. Avant d'être une jeune femme pleine de vie et farceuse, Shea restait quelqu'un d'effacé et de timide. Elle était, finalement, en harmonie avec la météo. C'était un des rares moments privilégiés qu'elle avait, seule et elle en profita pour envoyer son message. Il n'avait pas de destinataire bien précis. Il n'en avait même pas du tout. Shea espérait tout simplement que le simple fait d'écrire et d'envoyer à la mer l'aiderait à se sentir mieux, comme on vide son sac avant de le jeter à la benne à ordures.

Le seul papier qu'elle avait trouvé était celui à entête de sa tante paternelle qui vivait dans un coin reculé d'Ecosse, au sud d'Irvine, là où elle se trouvait aujourd'hui. Entre les événements de fin d'année à Poudlard, le divorce de ses parents et ses cousins particulièrement difficiles à vivre avaient rendu son été proche des abysses. Plus déprimée que jamais, Shea avait alors ressenti un fort besoin de reprendre sa vie en main. Et pour cela, il lui fallait mettre le passé derrière elle. Ou, en l'occurrence... A la mer.

Les mains légèrement tremblantes, la jeune fille aux longs cheveux roux enferma sa petite lettre dans une bouteille pleine de poussière et enfonça fermement le bouchon dans le goulot afin que l'eau ne s'infiltre pas. C'était une idée stupide, si elle voulait se débarrasser de ses démons, pourquoi ne pas les détruire totalement ?

Mais sinon... Qui pourrait lire et venir la sauver ? Une partie d'elle s'accrochait encore à un prince charmant sur son hippogriffe.


Mrs. Darwiche & Children
11 Castle Rd
Dunure,
Ayr KA7 4LW
Scotland
United Kingdom


A toi, Océan Atlantique
12 septembre 1998












Je t'écris à toi parce que je sais que tu ne me jugeras pas, que tu ne me critiqueras pas en disant que je ne suis qu'une petite fille pourrie gâtée qui ne connaît pas sa chance. La vérité, c'est que j'ai l'impression que mon univers s'est totalement effondré. J'ai du mal à me réveiller le matin en étant certaine de qui je suis et de quoi va être faite ma journée. Et la suivante, et la semaine d'après. C'est comme si tout s'était arrêté et que plus rien n'existait.

Tu sais, quand mes parents nous ont annoncé qu'ils se séparaient, je ne les ai d'abord pas cru. Avec tout ce que nous venions de vivre, j'aurais pensé qu'ils auraient cessé de se disputer, mais il faut croire que c'est l'inverse qui s'est produit. Eli ne semble pas être affecté. Tobias s'est terré dans le silence et Lip s'est plongé dans des livres en faisant croire qu'il n'avait rien entendu. Papa essaye toujours de nous préparer le petit déjeuner mais j'ai préféré venir ici, pour me retrouver un peu seule avec toi.

Les cousins sont particulièrement agités cet été, aussi, c'en est à peine supportable. Ou bien est-ce moi qui ne suis plus capable d'encaisser quoi que ce soit. Je suis tellement fatiguée, épuisée. Je voudrais juste dormir et faire que tout ça ne soit qu'un vil cauchemar. Je voudrais que tout soit comme avant, que Maman nous accompagne au train pour aller à l'école. Je voudrais à nouveau serrer Lip contre moi alors qu'il ne supportait pas de voir Maman s'éloigner sur le quai parce que c'était la première fois qu'il s'en allait si loin, si longtemps et qu'il ne la reverrait qu'aux prochaines vacances. Je voudrais revoir Tobias s'accrocher à un arbre pour récupérer le cerf volant que j'ai perdu dans les branchages. Je voudrais à nouveau sentir Papa me prendre contre lui avec Eli et nous réciter ce poème libanais sur l'amitié et l'amour. Je voudrais sentir l'odeur du dimanche matin des pancakes sur la table, moment privilégié en famille.

Je voudrais reprendre le train et ne jamais en descendre. Je voudrais entendre mes parents me dire que tout va bien. Que nous restons une famille unie. Mais Tobias a perdu son meilleur ami, qui était aussi le mien. Alors... Egoïstement, je dirais que nos parents ont choisi le mauvais moment pour nous abandonner. Et moi, je suis quoi aujourd'hui ? Quelles sont mes racines ? Je sais d'où je viens dans mon sang mais qu'en est-il de mon âme ? A quel monde est-ce que j'appartient réellement, est-ce que je dois faire un choix ? Vers qui puis-je me tourner aujourd'hui ? Je me sens vide, inondée, perdue avec la désagréable impression de ne pouvoir compter sur rien ni personne.

Sauf sur toi.

Il paraît que tu balades de belles histoires en bouteille, alors ça veut dire que je peux avoir confiance en toi ? Qui sait, peut-être que tu délivreras mon message à quelqu'un à l'autre bout de la planète. Si c'est le cas... Que cette personne vienne me délivrer et fasse ces horribles cauchemars.

Amen.
Shoshannah ap Gruffydd



Shea avait signé de son prénom "moldu" mais du nom qu'elle conservait uniquement pour la communauté sorcière, marquant ainsi son appartenance à deux mondes bien distincts. Elle étudia la bouteille une dernière et essuya un panneau de poussière pour mieux discerner sa petite lettre à l'intérieur. Elle poussa un profond soupir, la serra quelques secondes contre elle et la jeta le plus fort et le plus loin possible pour que les courants l'emportent jusqu'à l'océan.


After all we've been through.
Everything that I've done.
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Dernière édition par Alexandre M. MacFusty le Lun 7 Juil 2014 - 21:54, édité 2 fois
SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Le vent souffle avec sa régularité habituelle, balayant les côtes écossaise sans regard pour les vagues qui viennent s'y briser. Le paysage, sculpté par les éléments, reste passif face à tant d'acharnement. La brume l'enveloppe, fausse protectrice, compatissant à la violence ambiante.
Et le spectateur reste insensible au combat qui se déroule sous ses yeux. Le plaid le protège du vent du nord qui, malgré l'été, refroidi l'atmosphère et trouble quelque peu les menus instants de calme qu'il parvient à s'octroyer.
Ce n'est qu'après avoir étiré sa pause au plus long qu'il se lève et se dirige d'un pas lourd vers ses responsabilités. Il a de la paperasse à classer, à gérer, à signer. Des hommes à voir. Des dragons à s'occuper.
Les pas longent le bord de la falaise, descendent jusqu'à une plage de sable fin, brutalisé par les vagues. Les traces qu'il laisse derrière lui seront rapidement balayées par l'océan.
C'est à ce moment qu'il remarque, coincée dans les grains de sable, une bouteille couverte d'algues ; le verre est verdi par les flots, mais on distingue encore à travers le papier qui y séjourne. Intrigué, Alexandre sort la bouteille de son cocon de sable, l'examine.
Il attendra d'être retourné dans son bureau pour l'ouvrir. Il défait le bouchon avec mille précaution, retire le papier jauni de sa protection de verre. Il le déroule, le parcourt de ses yeux bleus, note la date d'envoi.
Une adolescente désespérée, sans doute, qui dans un moment de détresse avait confié son chagrin à l'océan.
La lettre reste oubliée sur le bureau pendant plusieurs jours, reléguée au second plan par un homme très occupé. Et puis, un beau jour, elle attire à nouveau l'attention du chef de clan. Les longs doigts calleux effleurent le papier vieilli avant de s'emparer d'une plume.
Le papier est typique des moldus, il le sait assez. Il doit trouver un reliquat de papier à lettres sous son stock de parchemin avant de jouer de sa plume, sans se dire que le rendu serait différent d'un stylo.
Et sans la moindre idée de ce qu'il pourra raconter dans sa lettre au moment où il trace les premières lettres, retrouvant sans mal l'adresse de sa boîte postale du fond de sa mémoire.



PO box 053
24 Academy Street,
Inverness IV1 1LD

1er juillet 2008


Chère Shoshanna,

Votre lettre a mis dix ans à parvenir à quelqu'un. Je ne sais pas si l'océan a permis à la bouteille de parcourir le monde avant que le Gulf Stream ne la recrache ici. Les algues et l'écume décorent toujours votre œuvre, soyez en assurée.
Vous aviez raison de faire confiance à l'océan. Bien qu'il ait pris son temps, on peut toujours lui faire confiance pour trouver de l'aide ou panser ses blessures de cœur. Il a été un peu lent à délivrer votre message, mais il vous a probablement aidé en vous donnant du temps et la possibilité de trouver des réponses par vous-même.

Dix ans plus tard.
Nul doute, les choses ont changé dans votre vie depuis lors. Avec un peu de chance, votre mélancolie s'en est allée, laissant de la place pour du bonheur.
Quand j'ai lu votre lettre, j'ai imaginé une jeune femme debout face à la mer, cherchant à dissoudre ses tourments au travers de l'épaisse atmosphère de l'Écosse.
J'ai songé que vous deviez être une jeune Écossaise aux cheveux blonds.
Mais en lisant à nouveau, j'ai relevé que vous avez écrit à propos de votre tante et vos cousins de Ayr. Je sais donc pour sûr que vous ne vivez pas à l'adresse à laquelle j'envoie ce courrier, mais j'écris tout de même. J'aimerais quelque part savoir si la jeune fille torturée a su s'épanouir en une femme accomplie.
Même si vous n'êtes probablement pas cette femme que j'imagine. J'espère que non ; vous écrire implique ne pas vous voir, n'est-ce pas ? C'est une partie de ce que j'accepte en répondant à votre lettre.

Bien que l'aide arrive tard et que vous n'avez probablement plus besoin d'une consolation supplémentaire à celle que vous auriez trouvé il y a dix ans, j'espère que vous avez pu trouver un équilibre dans votre nouveau monde. Avez-vous trouvé vos racines ? Cela vous a-t-il aidé à vous retrouver ?

Ne vous sentez pas obligée de répondre. Le besoin ressenti il y a des années s'est sans doute envolé, je peux le comprendre.
Je voulais juste vous faire savoir que j'ai trouvé votre lettre.
Très cordialement,

Alex




transcription:
 
en VO:
 

Un billet à l'effigie d'une Reine à laquelle il ne s'identifie pas s'échange. L'employé des postes a eu l'air surpris de la tenue inhabituelle de son client – le kilt et la veste en cuir restent un peu excentrique comme tenue de tous les jours, même en Écosse – mais se plie volontiers à sa demande.
Un penny est un penny.
La lettre est timbrée et ajoutée à d'autres, écrites au stylo plus qu'à la plume.
Et c'est sans trop savoir dans quoi il s'est lancé qu'Alexandre transplane depuis la ruelle adjacente à la poste.
C'est un peu comme de jeter une bouteille à la mer, après tout.


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Après les événements de juin, Shea avait ressenti le besoin de se retrouver en famille. Et quelques jours avant son anniversaire, elle avait retrouvé son frère aîné et son père chez sa tante. Si Lip avait préféré rester à la cité, Tobias s'était joint à sa soeur pour ces petites retrouvailles. Elle avait serré Eli et son père contre elle et retrouvé son sourire éclatant. Le soir à table, sa tante s'était souvenue de cette curieuse lettre arrivée la semaine précédente à l'attention de sa nièce.

– Shoshannah chérie, dit-elle en se levant avant de revenir pour lui tendre la dite lettre. Ceci est arrivé pour toi l'autre jour. Je l'aurais bien adressé à ta mère pour qu'elle te l'envoie mais je ne savais pas non plus comment la contacter ! Et ce n'est pas que cela me dérange, bien au contraire mais... Qui peut bien t'écrire ici ?

Aussi étonnée qu'elle, Shea prit la lettre les sourcils hauts, dubitative. Elle haussa les épaules en répondant qu'elle n'en savait rien et toute la tablée se pendit à sa lecture afin d'avoir le fin mot de cette histoire mystérieuse. Néanmoins, alors que la jeune femme déchirait l'enveloppe pour en extraire son contenu, elle repensa à cette bouteille qu'elle avait jetée, plusieurs années auparavant, et qu'elle avait fini par oublier. Elle n'avait conservé aucun lien moldu en dehors de sa famille. Ce n'était pas par choix mais simplement que cela s'était trouvé ainsi. Quand elle posa ses yeux sur les premiers mots, elle su tout de suite qu'il s'agissait d'une réponse à son message en bouteille. Elle l'avait pressenti mais s'était refusée d'y croire avant d'en avoir la preuve. Eli fit remarquer qu'il s'agissait d'une boîte postale en observant l'enveloppe, mais elle ne réagit pas, ses mains tremblantes serrant la page alors qu'elle lisait les mots de cet inconnu.

L'émotion la submergea et ses lèvres murmuraient chaque mot sourdement alors que ses yeux repassaient chaque phrase pour la seconde fois. Personne ne savait pour cette bouteille, pas même Tobias. Shea proclama un mensonge comme quoi il s'agissait d'un vieil ami reprenant de ses nouvelles mais son jumeau ne se prit pas au piège. Il la connaissait par coeur, elle était sa moitié, c'était comme s'il pouvait entendre ses pensées.

La nuit tombée, alors que les cousins jouaient à la console et que les parents discutaient en cuisine en rangeant la vaisselle, Shea s'installa à la balançoire dans le petit jardin d'enfants, aux pieds de la mer. Elle aimait tant venir ici, plus qu'à Londres où il y avait trop de bruits, trop de voitures, trop de gens. Ici, c'était la campagne, c'était un bout de chez elle. Tobias vint la rejoindre et attendit sagement qu'elle daigne lui dire la vérité. Il observa sa soeur quelques secondes avant qu'elle n'ouvre enfin la bouche pour lui raconter cette vieille histoire datant de 1998. Quand il lui demanda si elle comptait répondre, Shea hésita, partagée. Cette lettre, qu'elle serrait fort contre elle comme une ancre dans sa vie, était un véritable cadeau et elle ne voulait le gâcher pour rien au monde en y répondant. Qui sait si cet Alex ne serait pas déçu de ce qu'elle était devenu ! Il semblait tant l'idéaliser dans ses mots qu'elle ne s'était même pas reconnue. Shea se savait un peu décalée, autant chez les moldus que chez les sorciers. Etait-elle devenue ainsi depuis la fin de Poudlard ou était-ce simplement ce qu'elle était réellement ? Et si elle écrivait et qu'il ne répondait pas ? La magie qui se dégageait de cette bouteille n'avait rien à voir avec celle qui sortait de sa baguette. Elle était d'autant plus pure enivrante et Shea ne réalisait pas encore totalement à quel point cette réponse l'affectait. Les souvenirs l'avaient envahie en lisant, c'était comme si c'était hier et elle avait revécu les événements dans sa tête.

Tobias passa son bras autour de ses épaules et la ramena contre lui en rapprochant les balançoires pour poser sa tête contre la sienne.

– Tu devrais lui répondre, dit-il au bout d'un moment. Répondre à ses questions, lui raconter ce que tu es devenue en dépit de tout ce qu'on a vécu à ce moment-là.

Shea acquiesça et se redressa dans un sourire en inspirant profondément. Elle dormirait la nuit sur cette lettre et devrait y répondre le lendemain pour que sa tante puisse l'envoyer. Tobias avait un doute sur la nature d'Alex, son écriture et la boîte postale les plongeait dans le doute mais quoi qu'il en soit, ils ne pouvaient y répondre que de façon moldue et pour cela, Shea devait écrire sa lettre avant de repartir pour Poudlard.


Shoshannah Darwiche
c/o Mrs. Anane Darwiche
11 Castle Rd
Dunure,
Ayr KA7 4LW
Scotland
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Avant de partir, Shea tendit les pages à sa tante et lui demanda de les poster pour elle. La prochaine fois, elle lui enverrait un hibou pour savoir s'il y avait une réponse. Chaque weekend ! Et sa tante pourrait lui envoyer la réponse grâce au hibou. La jeune femme eut du mal à tendre la lettre, elle avait peur de quelque chose sans être sûre de quoi exactement. Mais elle espérait bien que cet inconnu réponde et que la magie perdure.



Transcription:
 


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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

« Qu'est-ce que tu fabriques, gamin ?1 »
Un grondement frustré répond au spectre venu voir ce que pouvait bien fabriquer son descendant. La curiosité est un bien vilain défaut, dit-on, mais il n'a pas résisté à l'envie de comprendre pourquoi le chef de clan a le nez plongé dans une lourde encyclopédie.
Face à l'éloquence de son arrière-arrière-arrière(...)-petit-fils, il tourne, guette le titre du chapitre, accroche enfin le titre de l'ouvrage, marqué sur l'entête d'une page.
« Les moldus ? N'étais-tu pas mariée à une moldue ? Qu'est-ce que tu pourrais bien avoir besoin de savoir que tu ne sais déjà ?2 »
Nouveau grognement. L'ancêtre s'assied dans les airs, croise les jambes, puis les bras, contrarié.
« Qu'est-ce que tu cherches, gamins ? Je peux peut-être t'aider !3 »
Cette fois, il a l'attention de celui qu'il perçoit encore comme un enfant. L'air narquois, plus que dubitatif, d'Alexandre fait ricaner le fantôme. Le rire gras de ce dernier n'est que l'écho de l'ironie : lui-même était de sang pur, et n'aurait jamais envisagé d'approcher un moldu un jour.
« C'est nul part, » marmonne le sorcier en refermant l'encyclopédie d'un geste sec. Un nuage de poussière se soulève, il y reste indifférent. « C'est l'encyclopédie la plus récente que nous ayons, je l'ai achetée il y a dix ans pour mieux comprendre Laetitia ! Rien, rien sur ces trucs Power Rangers ou Tranformers ! » Le coude s'appuie sur la lourde table en bois massif, la main calleuse passe sur le visage anguleux. « Je sais bien ce qu'est un dessin animé, mais...4 »
Le voici qui s'appuie sur le dossier, indifférent à la confusion de son ancêtre qui assiste à l'impasse à laquelle Alexandre est confronté : avoir une question, et ne pas pouvoir obtenir la réponse.
Le Serdaigle qui sommeille en lui a toujours beaucoup de mal à accepter se retrouver sans réponse.
Trop de frustration à faire sortir, trop de curiosité à assouvir.
Il devra faire sans, pourtant. Un coup de baguette plus tard, le lourd volume se lève de lui-même et retrouve sa place dans la bibliothèque du clan, alors que l'homme en sort à grands pas, refermant la solide porte derrière lui.  



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18 juillet 2008


Chère Shoshanna,

J'ai en effet pu lire de deux personnes différentes. La première n'était qu'une adolescente perdue là où la seconde semble être la femme épanouie que j'espérais. Je ne m'attendais pas à une telle réaction lorsque je vous ai répondu, mais je suis ravi de lire que vous avez su grandir et sortir de vos sombres pensées.

Vous avez raison lorsque vous dites que personne ne peut complètement se connaître. Cela dit, je dirais que le plus important reste de savoir d'où l'on vient ; même si vous venez d'horizons multiples, ils font de vous ce que vous êtes. Vous n'êtes pas juste une composante, ni n'avez-vous qu'une seule identité. Tentez de considérer votre dilemme sous cet angle, et vous serez peut-être en mesure de mieux vous comprendre.
Ce que j'en dis... Enfin, en écris.

Je dois dire que vous devez avoir beaucoup de courage pour exercer votre profession. L'enseignement est probablement l'un des emplois les plus difficiles auxquels je peux penser. Auprès d'enfants bien sûr, mais d'adultes surtout ! Je ne saurais dire en ce qui concerne le yoga, mais n'est-ce pas difficile de faire face à des personnes persuadées de mieux savoir que vous ? Il m'arrive de faire face à ce genre de personnes moi-même, et je trouve cela extrêmement difficile, sinon frustrant.

Je suppose que vous écrire implique que je vous parle un petit peu de moi-même également.
Je suis un Écossais pur souche, pour commencer. Je travaille essentiellement avec des animaux, mais une grosse partie de mon travail consiste à faire en sorte que les gens travaillent ensemble et en harmonie. Je pense qu'on pourrait dire que je suis plus ou moins cadre dans mon domaine.
J'ai aussi une grande famille et, entre ça et mon travail, j'ai toujours toutes les raisons d'être satisfait. Tant que l'équilibre entre tout est maintenu... C'est tout ce qui importe.

Une dernière chose que je ne suis pas sûr d'avoir comprise dans votre lettre : un beau cadeau, avez-vous écrit, avec quelques jours d'avance ? Était-ce votre anniversaire ?
Si c'était bien le cas, je suis d'autant plus ravi de vous avoir répondu. J'espère que cela a été un rappel de combien vous avez grandi en laissant vos soucis derrière vous.

Bien cordialement,

Alex




transcription:
 
en VO:
 

Les mots sont pesés avec mille précautions. L'homme veille à chaque terme, chaque équivalence, et il est déjà tard lorsqu'il ferme l'enveloppe – sans la cacheter, se souvient-il au dernier moment – après une bonne relecture.
Les équivalences fournies lui conviennent. Il n'est pas sûr que tout ce flou n'éveillera pas la curiosité de sa correspondante, mais a foi dans sa capacité à ne pas se faire avoir si elle venait à relever les détails.
L'arrogance est un bien vilain défaut.

_________________
1What are ye doin', laddie ?
2Muggles ? Weren't ye nae marrit tae a muggle yerself ? What would ye need tae ken 'boot 'em that ye dinna ken already ?
3 What are ye lookin' for, laddie ? Maybe I can be o' help !
4'Tis nowhere. 'Tis the newest encyclopaedia we ha', I bought it ten years ago tae understand Laetitia betterrr. Naught, naught 'boot this Power Ranger or Transformer thing ! I ken weel what a cartoon is, bu'...




“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
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Shea avait calculé la date estimée de réception de la lettre et envoyé dès lors un hibou chez sa tante dans l’espérance que celui-ci revienne avec la réponse tant attendue. Le matin de son anniversaire, elle laissa partir le pigeon voyageur et ne pensa qu’à son retour toute la journée. C’était plutôt inespéré que la lettre arrive si vite mais Shea vivait dans un monde où tout était possible et elle aimait ça. Pour se rassurer, elle se dit que ce n’était pas plus mal, finalement que la lettre n’arrive pas à l’heure précise de son anniversaire car 28 ans, ça n’avait pas grande importance à ses yeux. Elle prévoyait une grande fête pour sa trentième année, en revanche. Pourtant, tout était différent cette année et elle voulait marquer le coup. Alors la lettre d’Alex serait un bien merveilleux cadeau si elle la recevait avant de s’endormir.

Avant que la poste de Pré-au-Lard ne ferme, elle couru à travers la rue principale - pour la troisième fois de la journée - dans l’espoir que le hibou ne soit pas revenu les serres vides. La déception se lut sur son visage lorsque le postier lui informa que l’animal fantastique n’était toujours pas revenu. Elle baissa la tête et sourit à l’homme avant de hausser les épaules en le remerciant. Mais alors qu’elle allait refermer la porte derrière elle, il l’interpela à la dernière seconde : le hibou venait de rentrer et il tenait quelque chose entre ses serres. Les yeux de Shea s’illuminèrent et elle fit demi tour au pas de course avant de reprendre la lettre d’une main tremblante d’excitation. Elle n’eut pas le courage d’attendre d’être dehors pour l’ouvrir pour découvrir le mot de sa tante.

Citation :
Shoshannah, chérie,

La lettre est arrivée ce matin, juste quand j’allais sortir faire des courses. Je ne sais jamais quoi t’offrir pour ton anniversaire, j’ignore totalement de quoi tu as besoin alors j’ai enfermé ta bestiole le temps de revenir des courses - je ne savais pas quoi faire d’autre et je ne voulais pas qu’elle s’échappe avant que je n’aie pu lui donner ta lettre ! Elle était bien mécontente du traitement, elle a pincé John si fort que depuis, il ne cesse de dire à ses copains que les hiboux ont des dents, qu’il le sait, il l’a vu de ses propres yeux ! Je lui ai donné à manger pour le voyage, j’espère que je n’ai pas mal fait, ce n’est pas une méchante bête.

Quoi qu’il en soit, bon anniversaire, ma chérie.

Shea allait pour lire la lettre d’Alex mais on lui rappela gentiment que c’était l’heure de la fermeture et qu’il serait temps de rentrer chez soi ! La jeune femme s’excusa sans cesser de rire et de sourire et elle serra la lettre contre son coeur jusqu’à rentrer chez elle. Une fois la porte refermée et à nouveau seule dans sa petite chambre douillette, à l’abri des regards, elle se prépara un thé en posant la lettre sur la table. Elle alluma une bougie et s’installa confortablement dans un fauteuil, les jambes repliées sous ses fesses.

Il écrit toujours sur ce papier un peu étrange. Il ressemble assez à ce que l’on peu trouver dans la boutique de la poste de Pré-au-Lard ou de celle de calligraphie du Chemin de Traverse. Soit il est bien plus vieux qu’elle et se trouve être un ermite de la côte nord, ou bien...

A côté d’elle, sur le guéridon, elle avait du papier et de quoi répondre, ce qu’elle ferait immédiatement après avoir lu…


Shoshannah Darwiche
c/o Mrs. Anane Darwiche
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Shea dû s’efforcer de garder un vocabulaire abordable. Elle allait pécher par excès d’informations moldues si elle continuait. Plusieurs fois, elle stoppa son stylo avant de secouer la tête. C’était un peu comme une langue native difficile à reprendre après trop d’années immergée dans une autre sans en sortir la tête. Mais il y avait de petites choses dans la lettre d’Alex qui l’avait faite tiquer, comme le fait d’être cadre sans l’être, ce qui n’avait pas de sens dans sa connaissance du monde moldu. Mais elle n’y prêtait pas plus d’attention que ça. Après tout, elle ne savait rien de lui que ce qu’il lui disait ! Peut-être ne comprenait-elle tout simplement pas bien ce qu’il racontait. Ce ne serait pas la première fois. Shea n’était pas considérée comme un esprit très poussé. Elle était maligne mais manquait parfois d’un peu de réflexion.


Transcription:
 


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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Deux points, D majuscule.
Un sourcil haussé sur son visage anguleux, Alexandre tente de comprendre cette ponctuation des plus étranges, et qui lui échappe totalement. Il sait ce qu'est un avion – ils lui posent assez problème à partager l'espace aérien avec les dragons –, comprend à peu près le concept d'internet, mais alors ce symbole...
Il a pu déduire, au contexte, que cette drôle de combinaison doit bien signifier quelque chose en rapport avec sa joie, son contentement. Il est loin, très loin d'imaginer qu'il faut tourner la tête sur le côté ; il faut dire que, même si l'idée lui venait, il ne verrait à aucun moment le visage simplifié sensé être représenté par cette combinaison des plus incongrues.
Il décide de passer outre. Après tout, cela n'empêche pas la compréhension – du moins espère-t-il ne pas passer à côté d'une subtilité à cause de cela.
À la lueur des bougies, il relit sa correspondance, mise de côté par rapport aux multiples lettres professionnelles qui ornent déjà son bureau. Le silence du château à une heure aussi tardive a un côté apaisant qui l'aide à se concentrer et duquel il profite d'ordinaire pour travailler.
Lúcas est au lit depuis une petite heure déjà, épuisé par une journée des plus chargées. Une journée d'enfant joueur, rythmée par l'étude, la découverte, et les amusements de son âge. Il récupère maintenant, loin de se douter que son père est encore parfaitement réveillé, quelques pièces plus loin dans le château.



PO box 053
24 Academy Street,
Inverness IV1 1LD

24 juillet 2008

Ma très chère Shoshanna,

En effet je pense que les courants marins sont à blâmer... Ou plutôt à remercier. Votre bouteille a probablement été portée de Ayr jusqu'aux Hébrides, est passée à travers jusqu'à faire le tour pour atteindre Inverness. Ca lui a pris un moment, toutefois ; elle a probablement été emportée par un autre courant auparavant, et peut-être même a-t-elle fait le tour du monde, allez savoir !

Je suis ravi d'apprendre que ma lettre vous est arrivée à temps, puisque c'était votre anniversaire, et assez fier de vous offrir une seconde surprise après ma première lettre.

Je ne travaille pas dans un zoo, ni un cirque, non, mais plutôt dans une réserve naturelle. On prend soin des bêtes tout en tentant de ne pas interférer dans le déroulement de leur vie, pour qu'ils restent sauvages. Le paysage est assez brut aussi, comme conséquence, comme vous le disiez. Nos côtes sont parmi les plus belles du monde, mais très dangereuses aussi par endroits. Curieuse comme vous l'êtes, je vous conseillerais de ne pas vous aventurer seule, si un jour vous avez l'intention de suivre votre oncle – allez-y avec un habitant local, j'entends.

En parlant de votre curiosité...
Je suis un enfant unique, pour ma part. Je sais, je vous ai écrit avoir une grande famille, mais pas de sang, si vous voyez ce que je veux dire. Sans doute quelque chose à voir avec la vieille habitude de faire partie d'un clan, héritée de mes ancêtres je suppose.
Peu importe. Je ne me souviens pas m'être ennuyé au point d'inventer tout un monde, ou des amis imaginaires. Mais j'ai toujours été quelqu'un de solitaire, donc je pense que ce genre de détails ne s'appliquent pas à moi. Ils n'ont pas l'air de s'appliquer à mon fils non plus ; mais il a de nombreux amis dans les environs, et n'est jamais seul donc...
Mais ça a l'air de s'appliquer à vous, bien que vous ayez trois frères ! Je ne pense pas que je correspondrais à votre description, autant que vous ne colleriez pas à la mienne. J'ai trente-deux ans, cela dit, et peut-être aussi grand que vous semblez le croire.

Félicitations pour votre nouveau travail ! Savez vous quelque chose à propos de cette école où vous travailleriez ? Quel âge auront les enfants ? Est-ce une bonne école ?
J'espère que vous trouverez un moyen pour que nous restions en contact. En un sens, cet équilibre à propos duquel vous écrivez devient peu à peu aussi important pour moi que pour vous. D'ordinaire, quand je fais face à un obstacle, j'essaie de résoudre le problème de façon à ne plus en avoir. J'ignore si c'est la meilleure façon de faire face, mais garder une certaine logique m'aide. Un besoin de relativiser, je suppose.
Vous êtes curieuse ; je suis logique. Ma femme avait l'habitude de dire que j'étais toujours bien trop rationnel et devrait lâcher prise, au moins un peu.
Et vous ? Parlez moi, peut-être, de vos propres défauts ? Je peux dire que vous êtes une femme spontanée, c'est certain, mais je ne le vois pas comme un défaut, bien au contraire.

Portez-vous bien,
Alex




transcription:
 
en VO:
 




“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Shea aurait pu répondre plus tôt. La lettre d’Alex se trouvait sur son bureau depuis des jours, depuis qu’elle était rentrée de Bristol. Mais elle dut reconnaître que la mention et d’une femme, ce même au passé pour cette dernière, elle n’avait pas su comment y répondre. Pas nécessairement gênée par le fait qu’il ait un fils, elle se demanda comment aborder l’emploi d’un temps si particulier pour parler de sa conjointe, probablement la mère de son fils, d’ailleurs. A moitié curieuse et méfiante, elle avait pris le temps de réfléchir avant d’écrire quoi que ce soit. Et puis il y avait autre chose. Le fait qu’il parle de clan, de côtes, de réserve, le tout relié à la boîte postale, Shea s’était interrogée longuement. Un clan proche des animaux, en tant que modus elle n’en connaissait pas. Mais ce n’était pas une référence, elle ne maîtrisait pas ce monde par coeur. En revanche, celui des sorciers, si. Et elle ne connaissait qu’un seul et unique clan en rapport avec des animaux… dans une réserve. Mais elle ne pouvait rien avancer de certain.

Finalement, c’était sur le rebord de sa fenêtre, un matin enveloppée dans un des t-shirts de Lip devenu trop petit pour lui, les genoux repliés contre sa poitrine et les pieds nus, qu’elle avait enfin répondu, son thé près d'elle. C’était le premier weekend où elle n’avait rien à faire et contre attente, elle s’ennuyait. La solitude, ce n’était pas trop son truc.


Shoshannah Darwiche
c/o Mrs. Anane Darwiche
11 Castle Rd
Dunure,
Ayr KA7 4LW
Scotland
United Kingdom










2 Août 2008

Très Cher Alex,

Je suis épuisée ! J’ai couru à travers toute l’Angleterre cette dernière semaine. De séminaire en conférence, je n’ai pas arrêté. Dans ma discipline, je suis membre d’une association sportive qui me dispense des formations indispensables. Mais j’en ai profité pour profiter de mon père à Londres ! Un petit peu pour moi toute seule. Et comme je ne supporte pas l’avion et être en hauteur - ce qui est paradoxal avec ma discipline - j’ai tout fait en train.

Mon école est la même que celle où j’ai fait ma scolarité ado. J’étais assez nerveuse à l’idée d’y retourner, d’ailleurs. Notre meilleur ami, à mon frère et moi, y est décédé il y a dix ans et l’école a dû fermer à l’issue de ça. Enfin, il n’a pas été le seul à succomber. Plusieurs fondations se sont écroulées et en plus des élèves, des enseignants y ont laissé la vie. Autant vous dire que lorsque l’on m’a offert ce poste, j’ai d’abord dit non, je ne me sentais pas capable d’y retourner. Mais ma mère a su trouver les mots justes pour me convaincre. Et finalement, je ne regrette pas ! J’ai hâte de commencer. Les enfants ont entre 11 et 18 ans, mais les adultes n’ont pas d’âge. Certains élèves me retrouveront peut-être en cours d’adultes ! En hiver, c’est l’endroit le plus magique et le plus beau que je connaisse ! Vous avez les côtes ! J’ai la neige !

Je me permets de vous demander pourquoi une boîte postale ? A cause de votre clan, j’imagine ? Je sais qu’il en existe un autre dans les îles Hébrides mais je ne sais pas exactement où ! Je ne connais même pas votre nom ce qui vous rend d’autant plus énigmatique et séduisant, si j’ose parler au nom de ma curiosité insatiable. Ainsi, vous avez été marié ? Quel âge a votre fils ? Je n’ai même pas la prétention de dire que j’ai déjà eu une relation qui a ressemblé, de près ou de loin, à un potentiel mariage possible. Je crois que je suis trop impulsive et indépendante pour ça. Vous savez, l’imagination ne naît pas uniquement de la solitude ! Ce n’est pas parce que vous êtes fils unique que vous devez absolument avoir développé un sens aigu et créatif d’un monde qui n’existe que pour vous. Pour certains, il s’agit d’un moyen d’échapper à quelque chose, comme un refuge. Quant à vous, je ne vous trouve pas bien rationnel pour écrire à une inconnue comme moi sans poser de questions. Peut-être y a-t-il plus de rêveur en vous que vous ne voulez y croire ?

Vous savez… Imaginer et rêver ne nécessite pas de s’ennuyer mais suscite plutôt une claire envie d’évasion. Il n’y a pas non plus besoin d’être seul. Mon frère est différent de moi mais il n’en est pas plus seul. Il n’aime pas beaucoup être seul lui-même, d’ailleurs. Bien sûr, il apprécie sa tranquillité mais ça n’enlève rien à son besoin d’être entouré, comme moi.

Je suis aussi présomptueuse, bavarde, un peu excentrique, relativement exubérante, rebelle - ma famille est d’accord là-dessus et mon frère est désespéré. Récemment, il s’est avéré que j’étais également imprudente et indiscrète. Je me mêle souvent de ce qui ne me regarde pas et j’ai tendance à vouloir tout contrôler, sauver le monde. J’ose espérer que ce florilège de défauts aura su vous satisfaire, du moins pour le moment, je ne voudrais pas vous faire subir une overdose et prendre le risque que vous ne me répondiez plus. C’est que je commence à m’y habituer à ces lettres manuscrites ! Et si vous les commencez toutes comme vous avez débuté la précédente, j’ose même songer que c’est réciproque !

3 Août 2008

Si vous sentez une odeur de lavande doublé de pomme, c’est normal. J’ai renversé mon thé en voulant me lever ! J’ai réussi à soigneusement épargner votre lettre mais mon t-shirt s’est vu directement jeté au linge sale. Voilà qui m’apprendra à écrire dans des positions improbables sur les rebords de fenêtres. Etonnant, pour quelqu’un qui a peur des hauteurs, non ? Quoi qu’il en soit, deux de mes frères sont venus me rendre visite à l’improviste et ont passé la nuit ici. Je n’ai donc pas pu finir ma lettre.

Parlez-moi de votre clan ! Et de votre fils. Comment s’appelle-t-il ? Votre fils, pas votre clan ! Cela dit, votre clan a un nom ? J’ai parlé de vous à mon petit frère, d’ailleurs, qui n’est pas au courant, contrairement à mon autre frère. Il me pose encore plus de questions sur vous que moi ! Il ne cesse de me dire de me méfier, qu’après tout, je ne vous connais pas. Je lui ai rétorqué que ce n’était pas évident de connaître quelqu’un en si peu de lettres ! Il a plissé les yeux devant ma répartie et n’a plus rien ajouté. Des fois, j’aimerais avoir une soeur, ce qui changerait tellement les choses ! Je suis entourée d’hommes et ça me fatigue ! Heureusement, ma discipline sportive attire autant de filles que de garçons. Et puis finalement, je suis contente d’avoir des frères. Les filles, ça pleurniche tout le temps, c’est pénible !

Je ne voudrais pas vous endormir, à moins que vous vouliez une berceuse, alors je vais vous abandonner ici pour cette fois. Il se fait tard et je dois me lever demain matin, quand bien même j’ai du mal à poser mon stylo.

Bonne nuit,

Shea


Shea s’aperçut trop tard de sa signature - une habitude devenue féroce - et n’eut pas le coeur de reprendre sa lettre. De toute façon, cela ne changeait pas grand chose, ce n’était qu’un surnom, après tout. Délicatement, elle replia la lettre et la glissa dans l’enveloppe. Elle la posa sur la table et éteignit ses bougies avant de rejoindre son lit pour s’y échouer dans un soupir fatigué.


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Les côtes d'un côté, la neige de l'autre ?
Sa correspondante connaîtrait-elle si mal l'Écosse, ses farouches montagnes et son temps capricieux ?
Le sourire qui flotte sur  son visage lorsqu'il relève le détail ne chasse toutefois pas le doute bien soudain soulevé par le reste de sa lecture. L'école, déjà, lui semble coller un peu trop avec celle où lui-même a fait ses études, quand bien même l'anecdote terrible de la Bataille ait été remplacée par un bien pâle accident.
La mention d'un clan dans l'archipel des Hébrides lui semble une coïncidence trop mal placée. Il sait bien qu'ils ne sont pas les seules : l'île de Skye abrite le clan MacDonald, ainsi que les MacKunnuns et les MacLeods. Ces derniers s'étendent bien aux Hébrides extérieures, mais côté moldu uniquement, du côté de l'île de Lewis ; le côté sorcier était quant à lui plus ou moins officiellement britannique, mais officieusement dominé par les MacFusty.
La question directe du nom du clan pouvait poser un problème, mais il pourrait aisément l'ignorer ; elle n'avait pas les lettres, et oublierait peut-être, noyée dans d'autres informations. Il pourrait rester évasif, tâter le terrain, voir s'il avait bel et bien affaire à une sorcière.
Les détails sur le côté moldu sont pour autant encore trop nombreux pour qu'il décide de passer outre et de révéler le secret. Il ne sait que trop bien les implications d'un si lourd secret le jour où il peut être dévoilé ; il sait aussi que si les paroles s'envolent, les écrits restent.
Un risque qu'il ne peut pas prendre.

Une ride s'est creusée entre ses sourcils. Elle amuse son fils, sauf bien sûr lorsqu'elle s'affirme d'un regard dur comme l'acier du bleu des yeux de son père ; cela signifie alors qu'il a de sérieux ennuis et que Papa a eu vent de ses frasques d'enfant. En cet instant, elle est le résultat du souci que lui pose cette correspondance.
La raison voudrait qu'il refuse de répondre. Ne serait-ce pas l'option la plus logique dans ces circonstances, le mettant à l'abri, lui comme son clan, d'un petit nez trop curieux.
Un petit nez peut-être adorable, certes, mais bien trop curieux tout de même.
Dans l'éventualité où la dame serait une sorcière, le risque serait moindre bien sûr. Plus que le secret magique, il devrait garder les mystères des siens.
Quelque chose de plus simple en soi, pense-t-il en effleurant du doigt sa plume d'oie.
Il ne la saisit pas toutefois. Sa sagesse acquise avec les années le pousse à attendre et à peser sa décision. Si la nuit porte conseil, l'attente sait aussi donner des fruits à la saveur agréablement conseillère.



PO box 053
24 Academy Street,
Inverness IV1 1LD

20 août 2008

Ma très chère Shoshanna,

Désolé d'avoir mis tant de temps pour répondre. L'été n'est pas synonyme de vacances pour moi, et j'ai été un peu débordé ces derniers jours – ou devrais-je dire semaines ?
Eh bien, il semblerait que vous ne traversiez pas une bonne passe non plus. Vos conférences ont-elle été intéressantes, utiles ? Avez-vous fait beaucoup de sport ?

Vous devez être très attachée à votre école pour y retourner après toutes ces années, et tout ce que vous y avez vécu. Vous êtes très courageuse une fois encore d'y enseigner après ce qu'il s'y est passé. Je sais que ma propre ancienne école a vécu des sinistres également, mais je l'avais quittée à l'époque, et ne l'ai pas subi moi-même, même si certains de mes proches, si.
Cela étant écrit, je vous rappellerais que, même si je ne vis loin de la mer, je vois bel et bien la neige tous les ans, et pas qu'un petit peu, je vous assure ! L'Écosse est connue pour son temps, et nous, sur les côtes, sommes autant exposés que ceux dans les terres.

Vous êtes toujours aussi curieuse ! Je ne sais même pas où commencer pour répondre à toutes les questions que vous posez !
J'utilise une boîte postale pour des raisons purement pratiques. Et je vous ferais savoir que les clans sont partout dans les Hautes-Terres écossaises ! Jetez un œil sur Internet, et vous trouverez probablement des cartes des territoires claniques pour vous faire une idée de l'état des choses. De nos jours, ce n'est rien d'autre qu'un indicateur, étant donné que la plupart de ces cartes sont maintenues pour la tradition, mais tout de même.

Ensuite, oui, j'ai été marié. Ma femme est morte de maladie il y a un moment, et m'a donné un fils unique, qu'on a appelé Lúcas. Il est assez vieux pour donner son avis quand quelque chose lui déplaît, mais pas assez encore pour voir lorsqu'il heurte les autres. Il me rend fou, parfois. Ma famille s'acharne à dire qu'il est juste comme son père au même âge, mais je n'étais certainement pas aussi turbulent !
Croyez-moi, être impulsive et indépendante ne veut pas dire que vous n'êtes pas faite pour une relation stable ou pour le mariage. J'ai connu hommes et femmes de ce caractère, feu mon épouse la première, qui ont vécu des mariages où ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.
Et non, je ne suis pas vraiment rêveur. Je ne pense pas. Je suis... Attentionné, je pense. C'est plus pour cette raison que je vous ai répondu. De la curiosité aussi, je suppose. Je suis certainement assez curieux pour ça.

Vous pouvez ajouter la maladresse à votre liste de défauts dirait-on ! Je peux toujours sentir l'odeur du thé sur le papier.
Votre frère a raison, d'ailleurs. Vous ne devriez pas faire trop confiance à quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré. Un autre défaut, donner votre confiance trop facilement ? Je ne saurais dire, mais vous si. Sait-on jamais.
Mais je ne veux pas me montrer trop protecteur envers une femme que je connais à peine, hey ?

Je pense que ma lettre est assez long, mais je devrais être gentleman et vous parlez un peu plus de moi. Des défauts également, ça me semble juste.
Je suis sans aucun doute trop protecteur. Je suis aussi relativement secret, peut-être un peu trop silencieux. Je ne parle pas trop. Je suis un solitaire, donc... Je suppose que tout ce qui y a trait me correspond : peu bavard, réservé, prudent, ne donnant pas sa confiance... J'ai mes qualités aussi, cela dit.
Mais je garderai ça pour ma prochaine lettre. Profitez bien de vos derniers jours de vacances, bonne chance pour votre nouvel emploi !

Portez-vous bien,
Alex




transcription:
 
en VO:
 




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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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Shoshannah Darwiche
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31 Août 2008
Très cher Alex,

J'ignore si vous avez déjà répondu à ma précédente lettre. Ma tante étant partie avec mes cousins et mon père retrouver mon frère aîné au Liban et n'étant pas chez moi, je me vois obligée de faire sans votre écriture ce qui, étrangement, me manque.

Connaissez-vous le festival de Glastonbury ? Dans le sud-ouest de l'Angleterre, près des pierres levées de Stonehenge. Chaque année, des milliers de personnes s'y retrouvent pour danser, chanter et revenir aux sources de ces terres mystiques qui ont inspiré plus d'un écrivain. Il m'arrive d'y aller avec des amis de ma ville natale. Une façon de nous retrouver et de fêter l'été ensemble. Il se tient sensiblement le même festival tout le mois d'août à Edimburg. Demain sera mon premier jour en tant que professeur dans mon ancienne école. Je suis venue passer quelques jours chez une amie faire un peu de tourisme et nous en profitons pour aller au festival avant qu'il ne se termine.

C'est à croire que toute la ville est en ébullition ! Pour ma part, je préfère rester assise en attendant que mes frères aient fini d'épuiser ma mère. Je suis malade en transport et je ne vous cacherai pas que je ne me sens pas très bien. Comme d'un fait exprès, le soleil cogne dur, aujourd'hui ! Je profite donc de ma tranquillité qui ne va pas durer pour vous écrire quelques mots en espérant que vous allez bien.

Cette année, c'est un véritable festival de culture ! Certains sont venus du monde entier pour faire découvrir leurs coutumes et leurs moeurs qui diffèrent tellement des nôtres ! Quand j'aurai terminé de vous écrire, j'irai me balader. J'ai vu une tente sur la culture écossaise à quelques stands d'ici. Cette année, ils présentent des histoires percutantes sur les temps de guerre, sur les relations entre la culture et le conflit, sur la capacité des artistes de transcender un environnement difficile afin de créer quelque chose de sublime, et sur le rôle de la culture dans le rassemblement des identités et du sens de l’esprit national. Même étant galloise, j'aurai l'impression d'être plus proche de vous. Qui sait ce que j'apprendrai ! Même si j'ai toujours aimé l'Ecosse, je ne m'y suis jamais autant intéressée que ces deux derniers mois.

J'aurais aimé que vous soyez là pour me faire vous-même la lecture.

Je vous embrasse,

Shea


Quand je me suis rendue compte de ma signature, il était déjà trop tard. Et je n'avais pas le courage de recommencer. Je haussai une épaule et me relue, non sans jeter un regard à la tente dans laquelle ma mère et mes deux frères avaient disparu. Je ramenai une mèche de cheveux derrière mes oreilles et penchai la tête en pliant ma lettre. Malgré ma tunique blanche et mon short en jean, j'étais morte de chaud. Je rangeai la lettre dans mon sac et attendis encore quelques minutes le retour de ma famille et de mes amis en sirotant mon jus de citrouille à la cannelle ( ).

Transplaner avec mon frère m'avait rendue passablement malade et j'attendais que mon estomac retrouve sa position normale pour me lever de la table et repartir à l'aventure. Le village où se tenait le festival n'était même pas à une heure de route. Pourquoi fallait-il obligatoirement transplaner ? Lip n'avait pas voulu perdre de temps. Il voulait tout, tout de suite. Il voulait être là à l'ouverture et ne partir qu'à la fermeture. Bien sûr, nous n'avions pas pu venir avant et j'allais donc devoir rentrer à Pré-au-Lard en transplanant avec mon petit frère à nouveau. Mon premier court de vol le lendemain s'annonçait... prometteur.


transcription:
 


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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
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La rentrée avait démarré sur les chapeaux de roues et Shea n'avait pas eu une seconde à elle. A tel point qu'elle en avait oublié la lettre d'Alex. Mais quand elle la reçut, son coeur manqua un battement et ses mains tremblèrent quelque peu sur le papier à la mention du nom du petit garçon. Si elle avait trouvé des similitudes entre Alex et l'homme à Edimburg, Shea avait mis ça sur le compte de la coïncidence mais n'avait jamais imaginé que ce correspondant auquel elle commençait à s'attacher comme le syndrôme du sauveur, était le même homme que celui qui l'avait envoûtée lors de cette chaude journée.

Aussi mit-elle un long moment avant de répondre. Après tout, rien n'était sûr, Alex n'avait rien confirmé, il n'avait même pas répondu à sa lettre, celle qu'elle avait envoyée depuis le festival. Un peu honteuse et ne sachant pas comment s'y prendre, elle mit plusieurs jours à se décider avant d'envoyer un nouveau courrier. Succinct, du reste mais on ne peut plus clair. S'il s'agissait d'un sorcier, Shea n'en serait que plus rassurée et soulagée. Mais en même temps, la magie naturelle qu'il entretenait depuis le début lui manquerait, elle le savait.


Shea Gruffydd
Woodcroft Inn
Room 5
High street
HOGSMEADE
Scotland










17 septembre 2008


Très cher Alex,

Je crois que ceci appartient à un petit garçon que vous connaissez sûrement...

Shoshannah


Shea ne su quoi ajouter... Elle aurait voulu lui dire merci. Elle aurait voulu répondre à sa précédente lettre, tartiner des pages entières. Mais la constipée des démonstrations sentimentales qu'elle était fit sa timide une fois de plus. Pour une Gryffondor, elle manquait parfois cruellement de courage.



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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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Après dix jours à vérifier régulièrement sa boîte postale, Alexandre s'est montré négligeant.
Elle a bien reçu sa lettre, il en est convaincu. Mais elle met du temps à répondre. Ajoutons à cela qu'il a délibérément évité nombre de détails en répondant lui-même... Sans doute s'est-elle sentie insultée et a-t-elle décidé de rompre ce lien tant qu'il était précaire, pour ne pas donner sa confiance à une personne refusant de lui répondre en toute honnêteté.
Elle aurait raison.
La rentrée, de plus, ne lui a pas accordé le temps nécessaire pour faire face à ce souci relevant du personnel. Lúcas a perdu son béret et l'a fait savoir, malheureux comme tout et refusant d'en avoir un autre. Son entêtement a épuisé la patience d'un père qui a fini par punir l'enfant pour ses caprices répétés. Enfermé dans le château, l'enfant s'est tout de même adapté dans ses amusements, quand bien même ses heures de leçon ont-elles doublé par rapport à l'habitude.
Il a rencontré le nouveau ministre de la magie aussi. L'entretien est encore vif dans son esprit ; les décisions autour de ce dernier également, et les acter, ou du moins commencer à les mettre en place lui prend un temps fou.

À la lueur de la bougie, le visage anguleux semble bien sombre. Les ombres projetées sur ses traits rendent son air grave, alors qu'il est en pleine réflexion.
Le bleu d'un béret tranche avec les couleurs vieillies des parchemins étalés sur le bureau. Il l'a vu avant de voir les deux lettres. Malgré la longueur toute relative de l'une, elles se sont recoupées avec les observations faites précédemment, les coïncidences rencontrées.
Il n'a jamais cru aux coïncidences – à raison, visiblement.



Fusty Island
Hebrides
Scotland

20 septembre 2008

Ma très chère Shoshanna,

Je dois avouer que je ne suis pas si surpris.
Je ne crois aux coïncidences, et elles commençaient à être nombreuses.
Plus besoin de faux-semblant : je suis membre du clan MacFusty, dans l'archipel des Hébrides. Vous en savez beaucoup à notre sujet maintenant. Notre sujet, vis à vis du clan, et de ma famille, j'entends.
C'est étrange d'avoir pris toutes ces précautions pour cacher ma nature de sorcier et prendre conscience que j'ai écrit à une sorcière pendant tout ce temps. Mais d'un autre côté, je me sens plus libre également.
J'ai détesté vous cacher des choses en vous écrivant. Un peu comme si je vous mentais. Et savoir que vous aviez écrit la lettre première avec toute votre honnêteté, ça ne me semblait pas juste.
A l'instant, la vérité est que je ne sais pas quoi vous écrire, parce que je n'ai aucune idée de votre volonté à poursuivre notre correspondance ou non. Votre dernière lettre est trop ambiguë pour que je puisse me décider.
Dites moi, je vous en prie. Je respecterai le choix que vous ferez.

Portez-vous bien,
Alex




La chouette aux plumes cendrées déploie ses ailes, lettres scellées du cachet des MacFusty au bec.
Elle part pour traverser l'Écosse, traverse la nuit couverte d'un épais tapis nuageux. Elle sera à destination dès l'aube.
Et de retour le soir-même, avec un peu de chance avec une nouvelle lettre dans le bec.

transcription:
 
en VO:
 


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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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Ce fut à nouveau d'une main tremblante que Shea réceptionna la lettre d'Alex. Elle prit son temps pour l'ouvrir, détachant soigneusement le sceau du clan. Si un sourire menaçait d'illuminer son visage, elle s'efforça de le dissimuler. Elle refusa de se réjouir d'une lettre dont elle ignorait le contenu. Des deux, elle était celle qui avait le plus menti, finalement, non ? Peut-être pas... Peut-être qu'Alex se contenterait de la remercier.

Pourtant, à la lecture, Shea inspira profondément, comme soulagée. Sa réaction face à Alex "le Père" comme "l'Ecossais" l'étonnait toujours. Elle ne le connaissait pas, quoiqu'un peu plus maintenant, et elle avait l'impression qu'il avait toujours été là. Tobias n'aurait pas été étonné d'apprendre que l'homme d'Edimburg était le même que celui des lettres. Lorsque Shea en avait brièvement discuté avec lui, il avait émis des réserves que la jumelle avait balayé d'un rire avant de détourner son attention sur autre chose.

Shea répondit aussitôt la lettre en main mais elle se donna du temps pour la poster. Toutefois, il était rassurant pour elle d'avoir trouvé un meilleur moyen de communication.


Shea Gruffydd
Woodcroft Inn
Room 5
High street
HOGSMEADE
Scotland










23 septembre 2008


Très cher Alex,

Si ma lettre vous a parue brusque, je m'en excuse, je ne savais quoi dire d'autre et j'ai réçu votre précédent courrier en rentrant chez moi du festival. Mais la rentrée de Poudlard ne m'a laissée que peu de temps à vous consacrer. Je n'ai pris connaissance de votre lettre réellement que très tard. Vous comprendrez donc, je l'espère, que ma surprise, doublée par mon impatience, m'a laissée interdite.

Je tiens à m'excuser, non pour avoir menti mais pour ne pas vous avoir reconnu plus tôt. Je ne sais pas vraiment si je vous ai menti... Comme le savez, je partage ma vie de sorcière avec une branche moldue à laquelle je tiens énormément. Pour satisfaire l'une comme l'autre, j'ai décidé d'adopter deux identités. J'ai pris le nom de mon père pour le monde Moldu et celui de ma mère pour le monde sorcier. Shea n'est que le diminutif affectueux que ma mère me donne depuis que je suis née. Ma tante vous embrasse, par ailleurs. Je crois qu'elle est quelque part ravie de ne plus avoir à jouer les hiboux voyageurs. Toute ma famille paternelle ne sait pas qui je suis réellement... Les allers-retours commençaient à devenir difficiles.

Quoiqu'il en soit, je n'entends pas mettre un terme à cette correspondance. Je ne vous cacherai pas non plus que votre dernière lettre m'a rendu les choses plus complexes. Mais au moins, vous savez que je compatis à vos épreuves, moi-même ayant perdu quelqu'un qui m'était cher. En tout cas, je suis vraiment heureuse de vous avoir rencontré. Je n'aurais imaginé personne d'autre pour me parler de l'Ecosse comme vous l'avez fait. J'avais presque l'impression de vous trahir en laissant un autre le faire à votre place. Je ne sais pas si je dois croire aux coïncidences ou non mais ce que je sais, c'est que rien n'arrive par hasard. Votre lettre pour mon anniversaire répondant à celle qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Vous rencontrer la veille d'un tournant dans ma vie, encore en lien avec ces mêmes lettres... J'ai toujours su que la personne qui répondrait à mon appel serait des plus exceptionnelles. Sans vouloir vous faire gonfler les chevilles, vous n'êtes pas non plus Dieu le Père !

Ma rentrée est plus dure que prévu. Remettre les pieds à Poudlard est une épreuve que je n'avais pas totalement envisagée. L'été m'a permis de revoir tous mes amis avant de venir m'enfermer à Pré-au-Lard et maintenant, j'avoue que tout me semble bien calme, bien vide. Poudlard est grande, les élèves sont différents, les professeurs aussi. J'ignore si vous avez connu l'école, du coup ou non. Si votre fils y vient, peut-être aura-t-il l'occasion de voler à mes côtés ! Je l'espère, cela voudrait dire que j'ai réussi à surmonter bien des étapes dans ma vie. Et surtout que j'aurais survécu à tous ces monstres jusqu'à ce que le vôtre atteigne mes rangs.

Si ma précédente lettre vous a parue trop courte, j'espère que celle-ci saura vous ravir. J'espère aussi que nous serons un jour amenés à nous revoir. Il se pourrait que j'ai d'autres questions à vous poser... A moins que certaines ne vous soient venues entre temps.

Embrassez Lùcas pour moi. J'espère qu'il a récupéré son bien.

Bien à vous,

Shea






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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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« Ooooh ! Càit b'e ? »
L'enfant attrape le béret bleu que son père lui tend, des étoiles dans les yeux. Pour une raison pour le moins obscure, le petit garçon tient énormément à ce couvre-chef ; peut-être est-ce le symbole qu'il représente pour lui, le mettant sur un pied d'égalité avec les adultes.
Après tout, Papa en a un, même s'il préfère porter le glengarry.
Immédiatement, Lùcas enfonce le béret sur ses cheveux tirant de plus en plus sur le roux et se redresse entièrement, tentant d'imiter la tenue de son père en gardant le dos droit.
Il boucle bientôt son plaid sur ses épaules, comme l'adulte. Ils partent dans le grand nord, aujourd'hui.
Il voit bien sur le visage anguleux de son père les traits tirés par l'inquiétude. Alexandre est soucieux : il sait les problèmes actuels, il sait les décisions à prendre et les implications possibles dans tous les cas.
Sa passion penche dans un sens.
Sa raison dans un autre.
Et le clan lui fait savoir ses affinités, de plus en plus.
Lui n'est qu'un funambule qui doit gérer la sécurité et les opinions. C'est pour cela qu'il se rend dans le nord : ils ont toujours été proches des Scandinaves, en particulier les Norvégiens qui sont leurs voisins, via les îles Faroe notamment.
Dans le hall du château, les deux hommes se tiennent, prêts à partir. Le chef de clan ne prend que le temps de glisser une enveloppe scellée avec soin dans le bec d'une belle chouette blanche avant de transplaner, retenant solidement son fils contre lui.



Fusty Island
Hebrides
Scotland

26 septembre 2008

Ma très chère Shoshanna,

En premier lieu, je tiens à être transparent à tout niveau. Savoir que vous êtes une sorcière change les choses, et je serai en mesure de vous écrire sur plus de sujets que je ne l'ai été jusqu'ici.
Malheureusement, je ne pourrai tout vous confier. Il se pourrait que j'aie à vous cacher des éléments. Je veux que vous le sachiez. Cela dit, je peux vous promettre une chose : l'honnêteté. Ce que je vous écrirai sera la vérité nue. S'il arrive que je ne puisse partager quelque chose, je vous en informerai.

Ceci étant dit, vous avez parfaitement raison de me demander si j'ai fréquenté Poudlard. Il est vrai que la plupart des membres du clan ne vont pas à Poudlard : ils apprennent la magie avec leur famille ou avec les adultes du clan. J'ai eu la chance de pouvoir y faire ma scolarité, toutefois. J'appartenais à la maison Serdaigle. J'ai quitté l'école avant la bataille contre Vous-Savez-Qui... Ce qui n'est pas votre cas, n'est-ce pas ? J'imagine que c'est ce que vous vouliez cacher quand vous m'avez écrit sur les fondations qui se sont écroulées dans l'une de vos lettres.
Ne vous inquiétez pas : je suis sûr que vous vous en sortez très bien, et que vous continuerez, suffisamment pour accueillir mon fils dans quelques années. Ne lui en demandez pas trop, pourtant : nous MacFusty ne sommes pas connus pour notre talents sur des balais, bien au contraire. On ne s'en sert pas, ils sont mêmes interdits sur notre archipel pour être totalement honnête avec vous : c'est bien trop dangereux avec les dragons dans les environs. Je suppose que vous connaissez la course de balais qui se déroule en Suède tous les ans ? Cela vous donnera une idée de la raison pour laquelle nous n'autorisons pas cela : le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Je vous en prie, présentez mes excuses à votre tante. Je n'avais pas l'intention de créer un dérangement. Mais je dois vous rejoindre sur le fait que notre correspondance se verra simplifiée désormais.
Les hiboux vont plus rapidement que la poste moldues, vous ne trouvez pas ?

Une dernière question avant que je pose ma plume : comment dois-je vous appeler ?
Shoshanna, ou Shea ?

Portez-vous bien,
Alex





transcription:
 
en VO:
 


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Shea s'était sentie soulagée d'avoir en face d'elle un sorcier et non un moldu à qui elle se devait de cacher des choses pour protéger le secret magique. Au moins pouvait-elle enfin être un peu plus elle-même. Ce qui était étrange, d'ailleurs car elle avait toujours cru pouvoir être moldue comme sorcière. Mais peut-être que finalement, elle commençait à appartenir plus à une branche qu'à l'autre. Cette idée l'attrista d'ailleurs quelque peu, mais ça ne l'empêcherait pas de continuer à rester proche du monde moldu, sans pour autant rejeter le magique.


Shea Gruffydd
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28 septembre 2008


Très cher Alex,

Ne vous en faites pas pour ma tante. Le désagrément que vous lui causez révèle bien plus de curiosité que d'animosité. Même mes frères ne posent pas autant de questions à votre sujet. Et pourtant, autant mon jumeau est d'une méfiance légendaire, autant mon cadet est une commère sans égal.

J'aimerais assez être tout à fait transparente avec vous également : un de mes amis est tombé sur vos lettres lorsque mon sac est tombé le mois dernier. Je dois vous avouer une chose : je lui ai fait ravaler sa mandragore par les trous de nez. Pour cela, il est assez proche de mon cadet. Vous vous demandez sûrement ce que vos lettres pouvaient bien faire dans mon sac, je parie ! Et bien, quand on a 4h de train comme c'est souvent mon cas, on prend un peu de lecture. Vos lettres me servent parfois de marque-page. C'est comme transporter un peu de ma maison avec moi. Ma mère, mes frères, ma famille, c'est une chose ! Mais je vous ai associé à mon passé, d'une certaine manière. Et je ne veux pas oublier ce passé car il est la raison de ce que je suis aujourd'hui.

Oui, en effet, les fondations auxquelles je faisais allusions étaient bien celles de Poudlard. J'imagine ne pas avoir besoin de vous détailler plus les circonstances de cette... Bouteille jetée à la mer, j'estime que ce simple souvenir vous aidera à mieux cerner l'état d'esprit dans lequel je me trouvais alors. Et ce tiraillement entre les deux branches opposées de ma famille. Un équilibre que j'ai perdu au divorce de mes parents, juste après l'effondrement de Poudlard. C'est étrange, par ailleurs. Vous êtes la seule personne de mon entourage à appartenir autant au côté moldu que sorcier de ma vie. Je ne saurais vous dire si c'est une bonne ou mauvaise chose. Aussi, je vous laisse libre de m'appeler comme vous le souhaiterez. Si vous n'aviez pas parlé de clan, je crois que je n'aurai jamais pu deviner que vous étiez sorcier avant de vous voir. Mais je peux vous assurer que vos lettres sont désormais bien gardées, protégées et hors d'atteinte des yeux trop curieux.

Quoiqu'il en soit, j'appartenais à Gryffondor, de la même promotion que Harry Potter et sa compagnie. Et même quand l'école nous protégeait, nous savions tous qu'il se passait des choses et ce, peu importe la maison que nous occupions. Toute ma famille a été à Gryffondor, à l'exception de mon frère cadet qui était à Serdaigle, comme vous. Mais c'est un petit génie, en plus d'être un sacré malin. On dit souvent de cette maison qu'elle abrite des sages. Ceux qui disent ça sont ceux qui n'ont jamais vu mon frère à l'oeuvre à faire tourner en bourrique les professeurs... et les filles. J'ose espérer que vous n'étiez pas de cette trempe ! Même si j'imagine que vous avez dû en faire tourner des têtes... Quand votre fils dit s'ennuyer seul, je voudrais tant lui démontrer combien il est fatiguant d'avoir un frère. Et les miens lui diraient combien il est pénible d'avoir une soeur ! En effet, si Lip est un incontestable petit branleur, je ne suis pas en reste. Je rappelle que je suis la seule fille d'une portée de 4 dragons et que j'ai en prime hérité de cousins à l'effigie aussi séductrice qu'un hippogriffe en rut... Une sorcière doit apprendre à survivre dans ce monde. Et encore... je ne parle pas du fils de mon frère aîné et encore moins de mes cousins au Liban ! Vous dites toujours appartenir à une grande famille. Je vous défie de vous retrouver sexe faible au coeur de la mienne...

Quant à vous, j'apprécie votre honnêteté mais vous ne me devez rien. Je ne vous réponds pas afin de percer les mystères d'une civilisation mais parce que vous avez été là pour moi. Alors à moins que vous refusiez de lever le voile sur le mystère de ce que portent réellement les hommes sous leur kilt, je ne serai pas celle qui tentera d'outrepasser vos frontières. Quand bien même cela m'intéresse, ce ne serait que de la curiosité et non du voyeurisme. De plus... Rien que le fait de ne pouvoir que transplaner pour venir vous voir, je ne vous cacherai pas que si vous avez gagné une fidèle correspondante, vous en avez également hérité la piètre compagnie. A moins que vous ne décidiez de venir plus souvent sur le continent...

J'espère que votre fils se porte bien. Donnez-moi de ses nouvelles.

Shea






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La porte du garde-manger s'ouvre et claque.
Quelques denrées flottent dans les airs, rejoignant la cuisine du château où un homme se tient droit, la silhouette à peine visible à la lueur de l'unique bougie de la pièce. Il attrape au vol une boule de pain de la main gauche, la droite déjà enroulée autour du goulot d'une bouteille de Whisky Pur Feu.
Il mord à pleines dents dans la boule, devine au goût la présence de lard et de fromage de brebis. Il ne s'y arrête pas vraiment et verse de l'alcool dans un verre sorti au préalable. Il repose la bouteille, vide le verre, le remplit.
Recommence.
Lùcas a été couché dès leur retour de Norvège. Rompu de fatigue, gavé de saumon fumé, le petit garçon n'a pas protesté quand son père l'a soulevé du sol pour l'amener jusque dans son lit. Il n'a même pas eu la force d'ouvrir les yeux en retrouvant ses draps après s'être endormi dans les bras de l'adulte.
Un adulte qui atteint un niveau de souci important et qui ressent le besoin de le noyer, ne serait-ce que pour ce soir, pour trouver le sommeil.
Il préfère ne pas laisser son esprit à l'insomnie en ce moment. Cela pourrait entraver la justesse de ses jugements et la sagesse de ses décisions.
Le fait que l'alcool aussi ne lui effleure pas vraiment l'esprit.
Appuyé contre la large table en bois massif, le regard dans le vide, les traits assombris par la faible luminosité, Alexandre reste immobile, un énième verre de whisky à la main. Les pensées commencent à se bousculer sous ses cheveux roux.
Les entretiens du jour ont aidé, oui.
Il a aussi pris conscience qu'il ne fait que repousser une échéance indubitable. Que sa décision est prise.
Et qu'il faut qu'il prenne les mesures en conséquence. C'est là que sera toute la délicatesse de la chose. Il devra s'y mettre dès le réveil, à aiguiser sa plume et formuler les plus belles phrases, trouver les meilleures tournures, préparer le meilleur discours.
La moindre parole de travers pourrait se montrer catastrophique.

La lumière s'intensifie brusquement.
L'homme aurait du sursauter : il ne fait que raidir l'échine et diriger son regard vitreux vers l'encadrement de la porte. Il n'a pas une seconde d'attention pour les petites boules de lumière qui se sont déployées dans la pièce.
« Oh, gamin... Tu as besoin d'une femme dans ta vie.1 »
Un soupir sec répond au constat de l'Irlandaise qui observe son fils empoigner à nouveau la bouteille pour se resservir. Elle lui échappe bientôt, attirée par un sortilège exécuté par la quinquagénaire. Il observe le mouvement d'un air un peu halluciné, avant de se reprendre.
L'alcool lui murmure de s'imposer et de récupérer son bien : c'est lui, le chef, ici.
Sa raison est encore là, toutefois. Et c'est la plus forte.
« Conas atá tú ? »
L'irlandais ne perturbe pas Alexandre, bien que ce ne soit pas la langue qu'il emploie tous les jours. Les passerelles avec le gaélique écossais sont nombreuses ; et il est habitué à entendre la voix caressante de sa mère lui demander comment il va dès que les soucis marquent un peu trop son visage.
Le silence obstiné du chef de clan en dit long. Aoife secoue la tête dans un soupir inquiet.
« Tu as vraiment besoin d'une femme dans ta vie. Tu n'as pas à porter le monde entier sur les épaules, Alex. »
Elle range la bouteille, ne se tourne que lorsque la voix grave de son fils retentit à nouveau, chargée d'un accent à la lourdeur de l'alcool.
« Pas le monde, M'man. Juste le clan. Et c'est bien assez. »



Fusty Island
Hebrides
Scotland

30 septembre 2008

Ma très chère Shoshanna,

On dirait que vous devez composer avec beaucoup de personnes un peu fouineuses ! Je me demande ce que ce doit faire d'être surveillée en permanence de la sorte par une bande de frères trop protecteurs... Et d'amis protecteurs, apparemment.
Je ne suis pas certain de la façon dont je dois prendre le fait que vous m'assimiliez à votre passé. Si important qu'il soit à vos yeux, je pense que je préférerais faire partie de votre présent et futur. J'ai en effet répondu à une lettre vieille de dix ans, et je suis bien en train d'écrire à une femme adulte, vous ne pensez pas ?
Le passé est ce qui nous définit, mais nous ne devons pas y rester coincés.
Je ne veux pas vous faire la leçon, ce n'est pas du tout mon intention. Je veux juste dire que je préfère... Hm, peu importe.

C'est étrange pour moi d'être attaché ainsi à votre côté sorcier comme à votre côté moldu. J'ai beau être de sang-mêlé moi-même, j'ai toujours vécu du côté sorcier. Vous devez vous en douter, maintenant que vous connaissez mes origines, n'est-ce pas ?
J'étais un étudiant sage quand j'étais à Poudlard, en effet. J'étais loin d'être parfait, mais pas turbulent non plus, surtout dans mes dernières années. Je ne peux qu'espérer – pour vous, bien sûr – que Lùcas sera un jeune homme sage quand il foulera le sol de Poudlard. Il peut se transformer en un petit démon, parfois, même lorsqu'il est seul... Même si cela arrive rarement. Bien qu'il n'ait pas de fratrie, il a beaucoup d'amis ici, et ils peuvent se montrer assez pénibles quand ils veulent.
Ce qui peut poser problème, quand on connaît les bêtes avec lesquelles nous travaillons.

Je pensais qu'il n'y avais plus de mystère sur ce que nous portons sous le kilt. Comme s'il était nécessaire de porter quelque chose dessous ! C'est assez chaud et confortable pour n'avoir besoin de rien d'autre, pour être franc. Ces soi-disant mystères n'en sont pas.
Enfin, sauf pour le monstre du Loch Ness. C'est un mystère bien gardé.

Concernant le gamin... Il va bien en ce moment. Il était ravi de retrouver son béret. Nous sommes allés en voyage dans le nord il y a quelques jours, et il a beaucoup aimé. Je crois que je ne l'ai jamais vu mangé autant de saumon fumé auparavant ! Il a même réussi à s'approprier quelques mots de norvégiens et commençait à former des phrases quand nous sommes partis... Il a le truc pour les langues, c'est certain. Pas vraiment surprenant : il doit tenir de moi. J'apprends les langues très rapidement aussi.
J'imagine que vous aussi ? Si vous êtes moitié libanaise, moitié galloise... Ca vous ferait trois langues. En parlez vous d'autres que l'anglais ?
Est-ce que ça vous intéresse seulement ?

Portez-vous bien,
Alex



Ce n'est qu'après quelques jours qu'Alexandre pose sa plume, les yeux cernés, mais l'alcool loin de son bureau. Il a hésité, mais a préféré rester avec le Shoshanna avec lequel il a commencé.
Certains diront qu'un surnom, même un diminutif, est plus intime qu'un prénom entier.
Lui a été séduit par la consonnance du prénom entier, qui a un petit goût d'exclusivité.
Après tout, elle n'a pas l'air de se laisser appeler de la sorte par beaucoup de sorciers.

transcription:
 
en VO:
 
______________________
1… Oh, lad, you need a woman in your life.
2You do need a woman. You don' have to carry the whole world on your shoulders, lad.
3Nae the world, Mam'. Just the clan. Big enough.




“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

A la lecture de la réponse, Shea avait ressenti quelque chose d'étrange. Sans trop savoir d'où cela venait, il y avait une nouvelle dimension dans les lettres d'Alex depuis qu'il savait qu'elle était sorcière. Une part de lui qu'il semblait dévoiler un peu plus, en effet. Sans pour autant déballer sa vie, il semblait en effet bien plus à l'aise. Pourtant, il continuait à l'appeler Shoshannah. Ce qui procura à la jeune femme un autre sentiment étrange. Ce genre de choses qui vous arrivent sans que vous ne compreniez ce qui se passe ni comment c'est arrivé. Vous le ressentez, c'est tout. C'est indéfinissable, incompréhensible et indescriptible. Ca vous met la puce à l'oreille mais vous êtes incapable de mettre le doigt dessus et de dire si cela vous dérange ou non. Quoi qu'il en soit, Shea était rassurée sur une chose : Alex ne mettrait pas fin à leur correspondance de si tôt. Voilà un sentiment qu'elle pouvait définir : elle était soulagée.

Et à présent, plus elle lisait, plus elle souriait à l'idée d'un Roy un peu trop curieux. Bizarrement, elle eut l'envie de lui parler d'Alex. De se confier à quelqu'un. Mais Shea n'était pas quelqu'un de très expressif en terme de sentiments. Encore eut-il fallu qu'elle éprouve quelque chose à l'égard d'Alex, ce qui n'était pas le cas. Elle se sentait surtout proche de lui. Il était comme un secret qu'elle gardait précieusement.

Il était tard et elle était fatiguée. La journée avait été longue mais elle n'avait déjà pas répondu la veille et se sentit coupable de ne pas être plus rapide. Alors elle prit sur elle, s'emmitoufla dans sa vieille écharpe de Gryffondor sur le rebord de sa fenêtre et reprit la lettre d'Alex.


Shea Gruffydd
Woodcroft Inn
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Scotland










October 2nd 2008


Très cher Alex,

Fouineuses, je ne sais pas. Mais ma vie n'a toujours été qu'un très long fleuve tranquille où il ne se passait rien. Balancez-y un gros caillou qui fait des remous et perturbe la surface, vous verrez que la faune - et la flore - s'éveillent, même en pleine nuit. En l'espace de moins d'un an, la Cité s'est soulevée, j'ai quitté ma famille pour venir vivre ici, j'ai traversé tout le Royaume dans l'été, j'ai rencontré plus de nouvelles têtes, retrouvé bien plus d'anciennes connaissances, que depuis que j'ai quitté Poudlard. Je crois que ma vie sentimentale a été bien plus remplie en deux mois qu'elle ne l'aura jamais été en dix ans ! C'est un peu comme... Si j'avais commencé à vivre. Ou que je rattrapais mon retard. D'un certain point de vue. Et étrangement, cela coïncide assez bien avec la réception de votre lettre. Tout ça attirant autant de curiosité que de méfiance de la part de mon entourage, que ce soit à votre égard ou non. Et ce, sans parler des événements extérieurs, comme celui de Juin au coeur duquel je me suis retrouvée. Si vous ne me faites pas de sermon, mon frère s'en charge suffisamment pour deux, je pense. Il me trouve trop imprudente. Mettez ça sur le compte de ma nouvelle ouverture au monde.

Vous savez, quand j'ai dit que je vous associais à mon passé, c'était une façon de parler d'ancrage. Enfin, je crois. J'ignore de quoi le futur est fait. Mais je dois avouer qu'en ce qui concerne le présent, j'apprécie assez que vous en fassiez partie. Je ne sais pas. Je n'ai pas envie d'oublier mon passé, quand bien même je porte toujours un regard au loin devant moi. La preuve en est de tous ces bouleversements que j'ai connus dernièrement. Et quelque chose me dit que ce ne seront pas les derniers.

Embrassez votre fils pour moi. J'ai réellement apprécié sa compagnie. C'est un petit garçon bien éveillé, curieux et avec les yeux grands ouverts sur le monde. Il me fait un peu penser à moi, lorsque j'avais son âge. Et même plus âgée, d'ailleurs. Encore aujourd'hui, en y réfléchissant bien. Quant à cette légende du kilt, je vous assure que je ne sais que penser. C'est bien quelque chose dont je serais totalement incapable ! Et je suis certaine que vous me faites marcher. Cela doit faire partie des choses que vous ne pouvez me révéler. Comme le Loch Ness, avouez. Je sais que vous ne direz rien. J'ai déjà remarqué que vous étiez un homme de mystères. Un peu secret, oui. Même si vous me l'avez dit, j'ai eu l'occasion de m'en apercevoir de moi-même.

Vous trouverez cela sûrement étrange mais non, je ne parle pas trois langues. Du moins, pas bien. L'Anglais est ma langue natale. Je parle couramment Arabe, mon père y tenait. Quant au Gallois, je le baragouine, je connais mes rudiments, oui mais ce sont mes frères qui le parlent bien plus que moi. J'ai très jeune montré un intérêt pour la branche paternelle de ma famille quand mes frères ont favorisé le côté maternel. Lip, mon frère cadet est un sorcier pur. Il fait presque un rejet du côté moldu et de mon père lui-même. Mon frère aîné, dont je ne parle quasiment jamais, fait pareil... mais avec le côté sorcier. Tobias et moi sommes au milieu mais je suis plus proche du côté moldu - en vivant côté sorcier - alors que mon jumeau, lui, est avant tout tolérant de l'autre monde. Mais les langues étrangères m'intéressent, oui. Si j'en crois un ami... J'ai même un attrait certain pour les contrés éloignées. Tout court.

Pardonnez-moi de ne faire plus long aujourd'hui. Les journées sont interminables, les matchs commencent et je n'ai jamais eu autant d'enfants à gérer à la fois ! Pour tout dire, je ne suis même pas très à l'aise avec les enfants, tout court. Votre fils est une exception. Visiblement.

J'espère que mon hibou vous trouvera en bonne forme. Je viens de l'acheter, ce qui m'évite d'aller à la poste tous les jours. Il atterrit directement sur ma fenêtre. Il me tient aussi compagnie. Il adore les pommes...

Bien à vous,

Shoshannah






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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Une tige d'abord. Puis les feuilles. Un bouton vient enfin surmonter l'oeuvre, avant de s'éclore, lentement, pour ne pas froisser ses pétales. C'est qu'elle veut être la plus belle des fleurs, et ne pas être tout frippée, comme les coquelicots. Elle s'épanouit du bout d'une baguette de cèdre, fleurit enfin, ses pétales blancs se pavanant à la lueur du jour.
La rose est magnifique. Beauté fatale, et pourtant si timide.
Alexandre, un genou posé à terre, observe la plante délicate, déglutit difficilement, la gorge serrée.
Il lui est toujours difficile de venir la voir. Les derniers mois, riches en événements et émotions, ont accéléré le processus de deuil. Mais la douleur est toujours là.
La difficulté de tourner la page aussi.
You do need a woman in your life.
Oui, peut-être bien. Mais avant de commencer à agir dans ce sens, avant ne serait-ce que de songer à cela, il doit impérativement faire le deuil de cette femme qui a partagé son cœur, son lit, sa vie.
Ce n'est pas simple.
Et il ne pense pas qu'il fonctionne dans le sens contraire ; que c'est en retombant amoureux qu'il parviendra finir de faire son deuil. Que ce n'est que la dernière étape.
Une lourde main se lève pour venir se poser sur la pierre de la stèle. Les yeux bleus se ferment. Loin de son esprit, la correspondance qu'il mène. Loin de lui, tout ce que les mots tracés sur le parchemin peuvent transporter.
Il n'a pas encore remarqué que les heures passées avec Shea, même sans sa présence physique, sont autant d'heures où il oublie trouble, soucis et chagrin.
Sa candeur, son innocence.. Des détails, certes. Mais des détails qui apportent un peu de simplicité dans sa vie.



Fusty Island
Hebrides
Scotland

4 octobre 2008

Ma très chère Shoshanna,

Des contrées lointaines ? Je ne sais pas si vous parlez ici de distance physique ou culturelle. Si vous penchez côté culturel, je me dois de m'accorder avec votre ami. Vous avez l'air très intéressée par les autres en général. Vous m'avez marqué comme quelqu'un de curieux à Edimbourg. Non pas que je n'ai été ravi de vous éclairer sur l'histoire de mon pays ! Mais vous avez l'air curieuse d'en savoir plus sur les différences, pour comprendre comment on peut vivre différemment.
Et croyez moi, très peu de gens sont comme vous. Ils sont plus enclins à critiquer ce qu'ils ne comprennent pas.

Je suis content de lire que votre vie a été si bourdonnante au court des dernières semaines. Je ne suis pas sûre de comprendre pourquoi vous écrivez que vous commencez à peine à vivre : qu'avez-vous fait pendant toutes ces années pour avoir l'impression de ne pas avoir vécu ? Je suis certains que votre vie était pleine d'aventures que vous n'aviez pas soupçonnées !
La vie n'est-elle pas une aventure de tous les jours, après tout ?
Et vous prenez des risques, dans cette aventure. Même si vous connaissez mon visage désormais – je ne peux qu'espérer que vous ne m'ayez pas pris pour quelqu'un de louche – vous prenez toujours des risques en écrivant à quelqu'un qui n'est peut-être plus tant un étranger que cela et que vous connaissez à peine. Ces risques font aussi de vous ce que vous êtes.
Même si vous vous mettez dans des situations dangereuses. Je ne peux qu'être d'accord avec votre frère, maintenant que vous mentionnez ce qui est arrivé en juin dernier. Je suppose que vous n'y étiez pas de votre propre chef, cela dit. Mais comme je vous l'écrivais dans une autre lettre : vous pourriez vouloir vous montrer plus prudente.
Je pourrais venir à vous et vous faire du mal, allez savoir.
Je ne le ferai pas, bien sûr. Mais par les temps qui courent, vous devriez faire preuve de plus de prudence. Je suis navré de paraître aussi patronisant. Ce n'est pas mon but. Mais je pense vraiment que tout le monde devrait être un petit peu plus méfiant.
Des changements sont en marches.

Je ne suis pas sûr que notre correspondance soit le lieu idéal pour parler de ce sujet toutefois. Veuillez m'en excuser.
A propos de Lùcas, je dois dire que tout le monde ne s'entend pas aussi bien avec lui. Non pas qu'il soit turbulent, mais il ne fait pas confiance facilement, surtout aux adultes, depuis que sa mère nous a quittés. Il vous aime beaucoup. Il voulait vous écrire un mot, mais il a oublié. La prochaine fois je pense.
Il vous passe le bonjour, tout de même.
Pourquoi devenir un professeur si vous ne supportez pas les enfants ? Surtout des adolescents ! Je dois dire que je n'ai pas hâte de voir mon fils en devenir un. Je ne sais pas du tout ce qu'il pourrait devenir, mais, même si j'étais un adolescent assez calme, quelque chose me dit que ça ne sera pas son cas.
Il est plus Gryffondor que Serdaigle, à mon sens.

Je repose ma plume ici.
Une dernière fois, même si cela peut vous agacer : faites preuve de prudence. Je vous en prie.

Portez-vous bien,
Alex




La pomme a été croquée. Les traces de bec y sont encore bien marquées.
Lorsqu'il la ramasse, sans un regard pour le cimetière qu'il quitte, c'est pour observer, au dessus de lui, l'animal qui la lui a ramenée, transportant une enveloppe dans le bec alors qu'il s'envole pour l'est.
Une pomme.
Symbole du changement, du commencement.

transcription:
 
en VO:
 


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Shea s’habituait avec une certaine aise à ces réponses rapides. Elle s’installa, toute sourire sur le rebord de sa fenêtre pour commencer sa réponse, celle qu’elle écrirait sur au moins deux jours pour avoir le temps de coucher tout ce qu’elle n’avait pas eu le temps d’écrire la fois suivante. Car plus vite elle écrivait, plus vite il répondrait. Et depuis qu’ils s’étaient rencontrés, sachant à présent à qui ils avaient à faire, Shea avait noté des changements à venir, oui, en effet, mais ceux-ci émanaient avant tout d’Alex, bien avant son frère cadet ou Marchebank, qu’il était bien trop tôt pour soupçonner encore.

Si Alex avait toujours quelqu’un pour le surveiller, ce n’était pas le cas de Shea qui aimait profiter de ses quelques heures de solitudes, loin des enfants, des crises d’adolescents et du bruit de la foule. Bref, quelques maigres heures, juste pour elle. Et pour Alex. Finalement, Shea ne faisait plus rien d’autre de son temps libre. Le peu qu’elle l’avait, elle le lui consacrait.


Shea Gruffydd
Woodcroft Inn
Room 5
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HOGSMEADE
Scotland










October 3rd 2008


Très cher Alex,

Voilà que je prends un peu plus de temps pour vous écrire, cette fois. J’ai oublié de vous demander ce que vous étiez allés faire en Norvège ! A part pêcher du saumon… J’ai entendu dire qu’il y avait des aurores boréales dans cette partie du monde mais qu’on pouvait également en voir depuis le nord de l’Ecosse ! Je ne vous cacherai pas que j’ai du mal à imaginer  comment du vert flou peut rendre la vision d’un paysage… magnifique. Je vous avouerai aussi que je manque peut-être un peu de romantisme après avoir laissé cette lourde tâche à mon cher et tendre frère jumeau. Mais oui, quand je parle contrées éloignées, c’est autant géographiquement que culturellement. De plus, il est bien connu que les îles Hébrides sont écossaises, en effet, mais pour beaucoup, de par leurs cultures vraiment particulières, c’est comme un pays totalement différent situé très loin. Mais depuis qu’on m’a dit ça, j’ai réalisé que oui, j’étais toujours attiré par ce qui n’existait pas près de chez moi. Pour ainsi dire, ce qui est différent. Je m’intéresse aux choses là où d’autres ne prennent pas le temps d’approfondir. Soit par flemme, soit par manque d’intérêt, soit parce qu’ils estiment avoir rempli leur devoir face à une « minorité marginale », sans vouloir me montrer grotesque ou bien arrogante. Mais pour vous dire, je ne suis pas entièrement d’ici, l’ami dont je vous parlais ne prend pas non plus ses origines de notre pays et je suis sortie avec son frère il y a quelques années. Cet été, j’ai rencontré quelqu’un, il vient de Pologne. En y réfléchissant, aucun des hommes que j’ai connus n’étaient natifs du Royaume-Uni. Et puis il y a vous. Je l’avoue, j’ai un faible pour ce qui vient d’ailleurs.

Quant à ma vie… Je vais vous décevoir mais non, je vous assure que je n’ai connu aucune aventure depuis Poudlard. J’ai évolué dans la Cité, travaillé dans les bureaux de Nimbus, je n’ai jamais cherché à faire autre chose. Du jour où j’ai envoyé cette bouteille à la mer, j’ai choisi de vivre paisiblement, calmement. Loin des problèmes, peu importaient lesquels. Je vivais avec ma mère et mes deux frères et mon travail me suffisait amplement. Je n’ai jamais eu besoin de plus. J’aurais pu d’ailleurs m’en contenter encore un moment si la Consumeuse ne s’en était pas mêlée. Ma mère a remué ciel et terre pour me faire sortir de Nimbus avant que la maladie ne me gagne. Elle n’a pas voulu comprendre qu’il ne pouvait rien m’arriver là où j’étais. J’ai trouvé ça injuste de faire l’autruche quand ces hommes, que je connaissais, succombaient les uns après les autres. J’ai longtemps refusé de décréter que ma vie valait mieux que la leur. Ces gens travaillent avec acharnement depuis des années et parce que la maladie survient, moi, bureaucrate, je dois m’en aller pour ne pas être touchée ? Je comprends ma mère et j’entends bien mes frères ! Mais j’aimais mon travail par dessus tout. Peut-être un peu trop. Je suis venue ici un petit peu pour calmer ma mère et ne plus entendre les sermons grognons de mon frère. Quoiqu’il en soit, ma vie a changé cette année, elle a beaucoup bougé cet été et maintenant, je suis en train de doucement prendre une nouvelle routine. Je ne vous cacherai pas que cela me rassure un peu. Je n’aime pas beaucoup les changements, ni trop bouger. J’ai pris cette chambre dans Pré-au-Lard pour avoir plus d’indépendance et parce que je ne peux pas dormir entre les murs de Poudlard. C’est impossible pour moi, il y a trop de fantômes. Je ne vis pas pour connaître des aventures, non. Traitez-moi d’ennuyeuse si vous le souhaitez, j’aspire à la tranquillité. A une vie… Normale ?

Je pourrais vous dire que tout ce que je veux, c’est… Trouver l’homme de ma vie, fonder une famille, me trouver une maison perdue au milieu de nulle part mais je doute d’être faite pour tout ça ! Et je n’ai jamais dit que je ne supportais pas les enfants. Encore moins que je ne les aimais pas. Je dis simplement que… Je ne suis pas à l’aise avec eux. Peut-être parce que je suis restée une enfant moi-même, peut-être que je n’ai pas envie que ça se sache. Peut-être que mon malaise vient du fait que… Je me sente bien plus en confiance, et comprise, avec eux, qu’avec des adultes. Mais j’ai tant de choses à voir, à faire, à découvrir et à apprendre ! Je crois qu’un enfant serait bien trop malheureux avec moi. Mais qui sait un jour de quoi ma vie sera faite ! Je suis encore jeune et je n’ai pas peur de l’avenir.

October 4th 2008

Je repensais à votre visage et ce que vous disiez. Je n’ai pas percuté la première fois parce que je n’ai pas compris. Mais en quoi aurais-je dû vous trouver louche ?

Et vous savez, les Gryffondor ont la tête dure ! Mais heureusement, nous ne sommes pas tous des Harry Potter… Je sais de source sûre que les enfants les plus turbulents n’empirent pas forcément avec l’âge. Pour certains, c’est le contraire. Mon frère Lip, par exemple. A Poudlard, c’était un petit vicieux. Sage, tranquille, obéissant… Mais vicieux. Aujourd’hui, il est beaucoup plus agréable, gentil, aimant et attentif. Il n’en est pas moins moqueur, taquin et parfois peut-être un peu cynique, mais il s’est calmé. J’en connais d’autres qui étaient des petits monstres à l’époque et qui aujourd’hui ont obtenu tous les diplômes hauts la main et ont déjà fondé une famille ! Pour ma part, j’étais calme, sans histoire, invisible… Et c’est toujours passablement le cas. Personne ne peut prévoir ce qui adviendra d’un enfant au fil du temps. Un caractère n’est pas héréditaire. Il se forge à travers une éducation et des expériences bien particulières. Je suis certaine que vous apprenez à Lùcas à faire des choix qui seront décisifs dans sa vie et représentatifs de ce qu’il est, en plus d’honorer votre nom. Cependant, des erreurs, il en fera. Comme vous, comme vous, peut-être plus, probablement moins. Mais vous serez toujours là pour le rattraper, l’aider à se relever et à ne plus commettre ces fautes. Et c’est ça qu’il retiendra. Quant à m’aimer beaucoup, je pense que vous exagérez un peu. Il ne m’a vue qu’une fois et vous ne m’avez pas l’air de quelqu’un qui parle beaucoup de lui, pas même à son fils. Alors je vous imagine mal lui parler de moi qui ne suis qu’une étrangère.

October 5th 2008

Ma mère fabrique des petits objets volants pour sa boutique de souvenirs à la Cité. Je vous en joins un en espérant qu’il plaise à Lùcas. Ou même à vous. Je sais que vous n’usez pas de balais par chez vous. Mais ceux-ci tiendront tout juste dans au creux de votre main ! Ils sont fabriqués avec des crins d’hippogriffe et le même bois utilisé pour les balais. Léger mais robuste. Ou bien si vous voulez, il vous fera aussi un peu la poussière dans les recoins plus difficiles d’accès...

Je n’ai retenu ma réponse que bien trop longtemps cette fois-ci. J’apprécie que vous vous souciez de moi comme mon frère mais je vous assure que ce n’est pas utile. Je vous l’ai dis : je suis quelqu’un sans histoire.

Prenez soin de vous.
Je vous embrasse tous les deux.

Shoshannah


Shea ferma sa lettre, grimaçant légèrement d’un certain mal de fesse à force de rester assise là pendant des heures, emmitouflée à cause du froid qui gagnait le village. Dans l’enveloppe, légèrement plus grande que les précédentes, elle y glissa le petit balais énergique, enfermé dans un papier plié précautionneusement. Elle donna un morceau de fruit à son hibou avant de lui tendre la lettre pour qu’il la porte à son destinataire.


Transcription:
 


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« What dae ye think it means, laddie? »
L'homme grimace. Il ne sait pas. Cela fait déjà quelques temps qu'il réfléchit à la position des siens, aux changements précipités qu'ils voient, depuis les Hébrides, se produire au Royaume-Uni. Cela fait plusieurs mois, déjà, que les choses bougent. Mais depuis trois ou quatre mois, la méfiance du clan s'est accrue. Les événements du Chemin de Traverse a inquiété. L'intervention malvenue d'aurors les a braqué.
Les tensions s'affirment.
Tout bascule.
L'échéance est arrivée : il devra arrêter ses choix avant la fin de la semaine, déclarer le statut de l'archipel face à ces bouleversements. Réfléchir, encore, aux implications, prendre les décisions qui s'imposeront.
Le changement annoncé par le Magenmagot est énorme.
Il n'est homme à se raidit à l'annonce de pleins pouvoirs confiés à un unique homme. C'est bien sa position, et leur système reste tout de même démocratique et juste.
Sa méfiance vient de l'application réelle sur tout un État qui, visiblement, a une opinion plus que partagée sur la question.
Les prochains jours se passeront le nez dans les journaux, consultations de lairds, débats sans fin. Puis déclaration officielle.
Une main passe sur le visage fatigué d'un Alexandre qui a bien besoin de vacances. À défaut, il passe un peu de temps avec un petit garçon qu'il borde affectueusement, observant la vieille peluche en forme de dragon coincée dans les petits bras.
Il devient grand pour dormir avec une peluche, se dit-il pour la quinzième fois depuis le début de l'été. Mais il n'a pas le cœur de le séparer de cet élément le rattachant encore au passé d'une famille heureuse et unie.
Et puis, ensuite, il retourne dans son bureau. Encore.
Pour s'adonner à l'une des seules activités de détente qu'il lui reste, sans comprendre la légère contrariété qui l'a prise à la lecture de la missive précédente.
Comme s'il avait compris quelque chose qu'il aurait préféré ne pas comprendre.



Fusty Island
Hebrides
Scotland

12 octobre 2008

Ma très chère Shoshanna,

Il y a bien des aurores boréales en Écosse. Il s'agit même d'un phénomène assez commun sur nos îles les plus au nord. Je n'étais pas en Norvège pour en parler, cela dit, mais je ne peux pas vous dire précisément les raisons de mon voyage sur place. Disons simplement que je devais voir quelques personnes là-haut, pour affaires.

C'est assez drôle, la façon dont vous parlez de votre vie, comme si elle était ennuyeuse. Vie ennuyeuse, personne ennuyeuse ; et vous semblez être beaucoup de choses, mais pas ennuyeuse.
Je comprends bien quand vous dites que vous ne voyez pas la justice de votre situation à la Cité Nimbus. Je comprends vraiment. Ne pas être sur le terrain ne vous rend pas plus méritant que qui que ce soit. Une vie reste une vie et personne ne devrait être prioritaire sur un autre.
Je suis aussi quelque peu surpris de lire que vous aimez votre routine. Vous m'avez marqué comme quelqu'un de créatif, plus du genre à aimer bouger et les changements. Les surprises, aussi. Et maintenant, je vous lis et je découvre que, bien que vous aimiez la tranquillité, une vie simple et ordinaire n'a pas l'air de vous convenir non plus.
Vous êtes pleine de paradoxes.

A propos de moi...
Je ne sais pas ce qui aurait pu vous faire penser que je suis louche, mais sait-on jamais. Je sais assez bien que je ne suis pas le genre d'homme que l'on croise tous les jours en Angleterre, et je n'aurais pas voulu vous faire peur de quelque manière que ce soit.
Vous avez raison, je ne suis pas quelqu'un qui parle beaucoup de soi. Non pas que je parle beaucoup de vous non plus : mais depuis que le béret lui est revenu, Lùcas a posé question sur question à votre sujet. Il a compris que nous entretenions une correspondance depuis un certain temps maintenant, et se montre aussi curieux qu'un... Qu'un Serdaigle.
C'est gentil de votre part de vouloir me rassurer à propos du gamin, mais je vous assure que je ne suis pas encore si inquiet que cela. Il est encore assez jeune pour que je n'aie pas à m'en préoccuper.
Vous feriez mieux de vous inquiéter de vous et vos élèves. Comment cela se passe-t-il, d'ailleurs ? Parvenez vous à les tenir, un petit peu au moins ?

Les choses semblent se corser, par ici.
Les changements qui s'opèrent en Grande Bretagne nous concernent tous mais, plus important, les expéditions vers les nids viennent de commencer et nous tentons de voir si les dragonnaux ont survécu ou non, lesquels pourraient être transportés dans la plaine pour que nous nous occupions d'eux pendant l'hiver.
On s'attendrait à ce que les dragons n'aiment pas le froid. C'est un fait. Ils réchauffent leurs nids la plupart du temps, mais les hivers sont rudes sur notre archipel. Certains petits n'arrivent pas à passer l'hiver même avec l'aide de leur mère, c'est la raison pour laquelle nous prenons le relais.
Je ne vous mentirai pas sur la question : partir pour ce genre d'expéditions n'est pas sans risque. Le pire moment de l'année est pendant la période de reproduction, ceci dit, quand les mâles se défient et que les femelles veillent sur leurs œufs.
Ca devrait aller, je suppose.

Merci beaucoup pour le balai. Lùcas l'adore.

Portez-vous bien,
Alex








Et, alors que la lettre est confiée à un bec assuré, dans la chambre à coucher d'un petit garçon, un balai miniature attend tranquillement l'éveil de son propriétaire pour jouer à nouveau avec lui.

transcription:
 
en VO:
 


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
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En recevant enfin une réponse d’Alex, dans sa précipitation, Shea fit tomber les mots de Lùcas. Elle se baissa pour ramasser le petit parchemin de l’enfant et pouffa de rire en le lisant. Un geste s’il en est, elle serra la jeune missive contre sa poitrine en lisant celle du père, dont elle commençait à trouver le temps long. Il s’était écoulés près de dix jours depuis sa propre lettre. Bien qu’elle reconnaisse qu’il avait une vie à mener, la voilà qui se montrait quelque peu… Egocentrique. Les lettres d’Alex gagnaient en importance et son impatience se mesurait à la quantité de mots qu’elle gravait sur le papier avant de les faire transmettre par son hibou.

Néanmoins, gonflée de bonne volonté, il lui fallut deux fois plus de temps que d’habitude pour y répondre à son tour.




Shea Gruffydd
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October 16th 2008

Comme vous dites… Des choses sont en plein changement.

Je n’ai jamais dit qu’une vie simple ne me convenait pas. Ou alors, je me suis mal exprimée. Bien au contraire, c’est ce à quoi j’aspire ! Cet été, comme je l’expliquais, a été bien trop rocambolesque pour moi. C’était amusant, je me suis sentie vivre, en effet, comme cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Mais j’apprécie beaucoup de retrouver une routine, bien qu’elle ait du mal à se faire, c’est normal ! C’est la première fois que je vis seule, j’ai beaucoup d’enfants à m’occuper tous les jours. Les choses ne vont pas se mettre en place en si peu de temps !

Saviez-vous que la Cité Nimbus a été renommée Cité Cosmos ? J’ignore comment je dois le prendre. Je crois que je ne réalise pas encore. Quand j’ai appris la nouvelle, mon frère, Tobias, celui que vous avez rencontré à Edimbourg, est devenu fou. Lui pourtant si calme… De vous à moi, j’ignore comment le prendre, encore. Je ne suis pas décidée. Tous ces aménagements sont pour le bien de la ville mais je comprends qu’ils inquiètent. Cependant je ne veux pas crier avant d’avoir mal. Mais je reconnais qu’ici, il commence à y avoir une ambiance curieuse. Mon jeune frère m’envoie hibou sur hibou, il s’inquiète pour notre mère. Si je ne sais pas trop quoi penser de tout ça, lui, si.

Mais ici, les enfants sont encore assez éloignés de toutes ces choses. La plupart sont trop jeunes pour comprendre, l’autre part garde en mémoire l’insurrection d’un certain petit brun à lunettes ce qui n’est pas pour me donner des sueurs froides. Le temps semble s’assombrir plus par les souvenirs que par ce qui se passe réellement à Londres. Ou à Bristol. J’y étais une bonne partie de l’été et curieusement, je n’ai rien senti de tout ça. Je n’ai rien vu venir et je vous avouerais que je suis même bien plus inquiète en songeant à Bristol où j’y ai des amis. Mais les enfants sentent quand quelque chose ne tourne pas rond. S’ils ne disent rien, ils commencent à me le faire sentir. Le chat de mon frère est comme ça, il peut sentir un orage approcher des heures avant ! A côté de ça, ils ne sont pas si terribles. Quand on commence à prendre le pli, il y a toujours les mêmes clichés qui refont surface. Le petit génie qui sait tout mieux que les autres, le petit branler qui s’ennuie, le cancre qui se cure le nez, celui qui bête comme ses pieds mais pour qui la maison Poufsouffle est plus qu’un état d’esprit, c’est un art de vivre… Il y a toujours cette magnifique poupée qui fait fureur même chez les pré-pubères, enfin… Au moins, je retrouve mes marques. Quant à vous, je ne cherche pas à vous rassurer. Je sais que votre fils rentrera bientôt dans l’une de ces catégories et qu’il décidera d’être, comme la majorité des enfants… Un challenge à vos yeux. La jeune adolescente en moi a hâte de voir ça. Par pure malice ! J’ai vu bon nombre de parents penser connaître leurs enfants. Ce n’est pas tant que ce ne soit pas le cas mais un enfant se révèle toujours bien différent au contact de personnes extérieures à leur monde natal. Entre eux, les enfants deviennent… Autre chose.

J’imagine que vos expéditions ne sont pas toujours très tranquilles mais j’espère que vous reviendrez avec de bonnes nouvelles. Je me demandais, vous parliez de la Norvège mais… Celle-ci est tout de même bien loin de vos archipels, non ? Je sais que vous faites déjà attention mais… Encore une fois, le pourcentage d’accident reste non négligeable, vous savez ?

Faites attention à vous et embrassez Lùcas pour moi. Dites-lui que Cité Nimbus ou Cosmos, ça n’a pas d’importance, j’ai plein de jouets en réserve !

Bien à Vous,

Shoshannah






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« 'N aire, mo charaid ! »
L’interpelé se baisse de justesse et évite la queue sifflante d'un dragon mécontent d'avoir été dérangé dans son sommeil. Un long rugissement ponctue cette action, et tous les hommes lèvent leur baguette d'un même mouvement pour ensorceler l'imposant animal. Une formule prononcée en chœur plus tard et la bête s'effondre dans un sommeil bienheureux.
Alexandre se laisse glisser le long de la roche et rejoint le jeune homme de plus de dix ans son cadet, encore tout secoué par la proximité avec le dragon. Aidan est blanc comme un linge, mais tente de rester digne. C'est sa toute première expédition, et il en gardera sans doute un souvenir cuisant... Ainsi qu'une belle cicatrice.
L'ascension se poursuit sur encore quelques dizaines de mètres de dénivelé. Les mains calleuses des Écossais, habituées au contact avec la pierre, trouvent des prises sans mal et c'est avec une aisance troublante qu'ils escaladent la paroi.
Jusqu'à arriver à l'entrée du nid. L'ouverture dans la montagne est béante, suffisamment large pour laisser passer deux bêtes adultes côte à côte. Une lueur orangeâtre domine l'intérieur de la cavité, accompagnée d'une forte odeur de souffre. D'un même geste – à l'exception d'Aidan qui a une seconde de retard – les hommes remontent le plaid qui couvrent leurs épaules et l'enroulent autour du bas de leur visage pour se protéger des fumées et autres vapeurs toxiques pour un être humain, tout sorcier soit-il.
Puis ils entrent enfin, en se divisant par groupes de deux ou trois, pour accomplir la tâche pour laquelle ils sont venus.

« Tu as beaucoup de courrier qui t'attend, jeune homme,1 » annonce Aoife MacFusty avec un petit sourire en coin. Elle s'est inquiétée, comme à chaque fois, pendant cette expédition de plusieurs jours. N'a-t-elle pas perdu le père de son enfant dans des circonstances similaires ? Voir la chevelure flamboyante de son fils au loin alors qu'il rentre au bercail est toujours source de soulagement, pour elle, et pour le petit garçon qui attend le retour de son héros.
Et quand il revient, invariablement, elle reste sur des sujets triviaux pour ne pas trahir son inquiétude. Dans le présent cas, l'excuse était toute trouvée.
Le sourcil auburn se hausse à la mention de son courrier, pourtant d'une abondance invariable. Il devine que quelque chose de nouveau a attiré l'attention, passe en revue les lettres qu'il peut attendre.
Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre qu'elle fait référence à sa correspondance personnelle et non pas à sa correspondance professionnelle. Les yeux bleus se lèvent au ciel et il préfère ignorer le regard curieux de la quinquagénaire pour attraper son fils et le soulever du sol.
Tant que le gamin le laisse encore faire... Et que lui est encore en mesure de le soulever.
L'enfant remarque une marque vive, à la base du cou de son père, juste à la jointure avec l'épaule, approche une main. Alexandre se dégage, grogne quelque chose en gaélique et Lùcas retire sa main avant de retrouver le sol. Une large patte vient ébouriffer ses cheveux et l'homme s'enfonce seul dans les entrailles du château.

Une large entaille barre le flanc du chef de clan. Il nettoie la plaie à grande eau, sachant qu'elle doit être propre avant qu'il ne mette du baume cicatrisant. La brûlure, contre son cou, brille de la magie des dragons. Une main passe dessus, comme si cela pouvait apaiser la désagréable sensation.
Finalement, une serviette nouée autour des reins, il sort de la salle de bain, attrape des potions de soins. Il sait que les marques infligées par ces créatures ne disparaissent jamais totalement. La trace sur son biceps ne s'est pas estompée malgré les années, par exemple.
Un soupir las.
Il est fatigué.
Mais il a à cœur de s'occuper de son courrier, surtout la lettre qui a attiré l'attention de l'Irlandaise.



Fusty Island
Hebrides
Scotland

20 octobre 2008

Ma très chère Shoshanna,

Dures journées. Je rentre à l'instant d'une expédition aux nids. Pour une raison obscure, les bêtes sont agitées en ce moment, et se montrent donc agressives. Nous avons failli perdre un homme – mais il a été pris en charge et devrait aller mieux à partir de maintenant. Je suis épuisé moi-même, pour être honnête. Aucun regret toutefois : nous avons pu sauver deux œufs qui n'auraient pas pu passer l'hiver, et remarqué une femelle blessée que nous avons pu soigner.
C'est assez étrange, cela dit. Leur comportement est plus que tendu. Il se pourrait que quelque chose se mette en place.

Pour répondre à votre question, la Norvège n'est qu'à quelques centaines de kilomètres. Nos îles les plus à l'est doivent être à quelques cinq cents kilomètres des côtes norvégiennes. On y transplane, mais ne vous inquiétez pas : je n'ai jamais eu d'accident de la sorte. Les incidents restent quelques cas isolés sur des milliers de transplanages par jour.
De plus, quand nous nous rendons aux nids, nous y allons à pied et en escaladant les parois, sans magie. Ils pourraient la sentir. Les balais sont hors de question, ils nous prendraient pour des proies. Et transplaner fait bien trop de bruit... Ils nous attaqueraient.
Nous n'avons pas vraiment le choix.

J'ai entendu parler du changement de nom de votre ville natale. Je ne suis pas certains des implications d'une réforme de la sorte. J'ai été très occupé ces derniers temps, comme je vous l'ai écrit, et je n'ai pas pu rester en contact avec toutes les informations nouvelles. Cela pourrait pourtant être une partie de ces changements qui se déroulent ces derniers temps, des changements qui ne sont peut-être pas pour le plus grand bien, si je puis me permettre.
Vos étudiants bien sûr n'y prêtent pas attention. Les enfant ici non plus, Lùcas encore moins. Ils sont trop jeunes pour se soucier de telles et ça, c'est pour le meilleur. Ils ne devraient pas avoir à s'inquiéter de ce genre de choses, comme nous le devions il y a quinze à dix ans.

Si je peux me le permettre, je suis curieux de vous voir si craintive des systèmes de transports magiques. Avez-vous eu un accident dans votre jeunesse ? Ou quelqu'un de votre de connaissance ?
Vous n'êtes pas obligée de répondre bien sûr. C'est une question quelque peu indiscrète.

Portez-vous bien,
Alex




transcription:
 
en VO:
 


_______________
1You've got loads of mail awaitin' you, lad.


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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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Après une longue semaine et un weekend agité, Shea profita que Lip se soit calé avec un livre pour répondre à Alex. Enfin. C'était étrange comme, malgré tout, Lip était proche de sa soeur aînée, d'autant plus depuis qu'elle était ici, à Poudlard. A croire qu'ils avaient reconnecté par le Quidditch. Ce n'était pas si illogique, quand on y pense. Mais Shea avait plus vu son frère cadet ce mois-ci que son jumeau. Celui-ci se terrait à la Cité pour une obscure raison lorsque Lip aimait venir passer ses weekends à Pré-au-lard. Et le dimanche, Shea ne donnait aucun cours, c'était son véritable jour de repos. Lip ne tarderait plus à rentrer à Londres, mais avant, ils auraient leur petit tea time pour discuter, notamment, de pourquoi il rechignait tant à passer du temps avec leur mère à la Cité. Mais d'ici là, ils prenaient tout deux un peu de temps seuls, même dans la petite chambre d'auberge.

– Tu écris encore à ton Ecossais ?

Shea acquiesça sans relever les yeux de son papier. Elle avait du retard dans son courrier et c'était assez inadmissible pour elle. Lip ne posa plus de questions, se contentant de sourire en secouant la tête, et il se leva pour préparer le thé.


Shea Gruffydd
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Scotland










October 26th 2008

Cher Alex,

J'espère que vous allez bien. A la lecture de votre lettre, je dois reconnaître que je me suis un peu inquiétée. Vous avez sûrement l'habitude de ses... expéditions, mais ça ne m'a pas l'air bien sécuritaire ! Savez-vous ce qui peut agiter les dragons de la sorte ? S'ils peuvent ressentir ce qu'il se passe à Bristol, c'est compréhensible. J'y ai quelques amis et je vous avoue que lorsque l'un d'entre eux n'a pas répondu à mon hibou, je me suis inquiétée d'autant plus. Ce n'est qu'un hibou, après tout ! Il suffit de répondre "Oui je vais bien, merci !" Je ne demande pas non plus à ce qu'on parade en me racontant sa vie mais je suis une personne soucieuse ! Sachez que si vous disparaissez du jour au lendemain suite à une de ces expéditions, je trouverai moi-même un des bateaux pour venir vous rechercher et c'est moi qui vous flanquerai moi-même la raclée de votre vie pour m'avoir causé une telle peur ! A bon entendeur !

Quant à mes étudiants, ils s'agitent. En silence mais je perçois quelque chose. J'aimerais en être plus certaine mais j'ai peur que mon frère me déteigne dessus et me fasse voir des complots partout. Il regarde en ce moment-même ma lettre d'un oeil méfiant. Je ne pense pas qu'il soit totalement d'accord avec notre correspondance, même s'il ne dit rien. Je lui ai dit, bien sûr, que je vous avez déjà rencontré ! Mais il persiste sûrement à penser sortis de Londres, c'est al campagne. Et sortis du "continent", si je puis dire, ce sont des sauvages. Mon frère est quelqu'un de très intelligent et malin. Mais il lui arrive d'être foutrement con, si vous pouvez me passer l'expression. Mais il n'est pas méchant. Juste débile. Il me rend souvent visite ces derniers temps. Je me demande ce qui se passe dans sa tête.

Quant mon... Problème de transports magiques, non il ne m'est jamais rien arrivé. Je ne supporte tout simplement pas ça. J'ai peur de rester coincée, bloquée, démembrée ! Mes frères ne veulent pas comprendre ça mais je préfère transplaner avec Lip qu'avec mon jumeau. Je le trouve plus doux. Pourtant, des deux, c'est n'est sûrement pas lui le plus tendre ! Mais il est plus doué avec sa baguette que Tobias.

Quoiqu'il en soit, ce mois-ci aura encore été riche en émotions. Heureusement que j'ai mes cours de yoga le samedi pour décompresser un peu ! Enfin, quand il n'y a pas de match de Quidditch.

Pour l'amour de Merlin, faites attention à vous.

Je vous embrasse.

Shoshannah


Shea replia la lettre en y glissant un carré de chocolat avec un mini mot dessus "Pour la douceur." Et Lip n'en perdit pas une miette jusqu'à ce qu'elle laisse partir le hibou et referme la fenêtre. Un jour aussi gris comme celui-ci les avait forcés à allumer les lumières déjà. Il pleuvait averse dehors mais Shea avait pris soin de protéger son bien, en espérant que l'animal arriverait à bon port, en entier.


Transcription:
 


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La main calleuse accroche la roche sans peine. Les muscles de bras se bandent, puis soulève tout le poids d'une solide carrure. Les jambes dans le vide, le corps n'est plus soulevé que par la seule force du haut du buste. Finalement, un genou parvient à s'appuyer à la surface visée. Le reste est alors beaucoup plus simple et l'homme se hisse sans plus aucune peine au sommet d'un plateau.
Alexandre se redresse de toute sa hauteur, laisse le vent se faire un chemin dans ses cheveux flamboyants. Les yeux bleus scrutent les alentours, l'océan agité, la lourde brume qui semble se faire de plus en plus dense, jour après jour. C'est le fait du temps, changeant, de l'approche de l'hiver, mais aussi de la méfiance d'un clan qui, lentement, se met à l'abri.
A l'abri de tout.
Une méfiance peut-être trop forte.
Ils ne se sont pas fermés à tout. Ils se prémunissent simplement d'intrusions possibles, et non voulues, pouvant les amener à basculer contre leur gré.
Il laisse son regard se poser sur la lueur du soleil qui filtre à travers le brouillard. L'ouest. L'avenir. Plein d'incertitudes. Plein de promesses et d'autant de dangers.
Et il lui incombe la responsabilité d'amener les siens vers l'espoir, et non vers le chaos.



Fusty Island
Hebrides
Scotland

1er novembre 2008

Ma très chère Shoshanna,

Je ne pense pas que vous vous montriez paranoïaque. Dragons, enfants, adolescents... Quelque chose se passe. Nous le sentons tous à notre façon. S'en inquiéter est naturel. J'espère simplement que ça ne sera pas quelque chose qui nous forcera à gérer une catastrophe.
Vous savez, la plupart des gens nous prennent pour des sauvages, parce que nous ne vivons pas selon les mêmes lois ou les mêmes traditions. Rien que le fait que nous ne portons ni robes de sorcier ni pantalons font penser que nous ne sommes pas civilisés. Je ne peux en vouloir à votre frère de penser la même chose, même si je maintiens que nous sommes aussi civilisés que d'autres – peut-être même plus.
Mais il a raison sur un point : nous ne vivons certainement pas en ville.
C'est une bonne chose qu'il vienne vous voir, pourtant, ne pensez-vous pas ? Il se peut qu'il veuille simplement s'assurer que tout aille bien. Encore une fois, je ne peux pas lui en vouloir. Je ferais probablement la même chose à sa place.

A propos de votre peur, je dois avouer que je n'avais jamais croisé de sorcière – ou de sorcier – ayant peur de transplaner avant vous. Des moldus pour sûr, ils ne sont pas habitués à ce type de transport. Mais pas de sorcière, vous êtes la première. Je n'aurais cru qu'il y avait des transplaneurs plus doux que d'autres. Mais je suppose que cela est identique au vol en balai : certains personnes n'aiment pas ça, certaines sont mêmes incapables de voler.

Jusqu'ici, j'ai pu suivre votre conseil et faire preuve de prudence. Pas de grosse blessure des expéditions, je vais bien, pas d'inquiétude. Je n'en ai plus qu'une qui aura lieu d'ici quelque chose, mais rien d'inquiétant, vraiment. Le plus gros est derrière nous, pour cette année du moins.
Désormais, nous nous préparons à la venue de l'hiver. Le vent souffle de plus en plus fort sur les côtes, et nous nous attendons à voir la neige arriver dans les prochains jours, et les prochaines semaines si nous sommes chanceux. Le mois de novembre est souvent l'un des plus chargés car nous devons nous préparer à l'hiver, prendre soin des troupeaux, des champs, et j'en passe.
Je vous dis qu'il s'agit du plus chargé, mais je suppose que chacun d'entre eux l'est à sa façon.
Pour être honnête, je suis plutôt inquiet, Shoshanna. Inquiet de tous ces signes, inquiet de l'arrivée de l'hiver. Mon instinct me souffle que quelque chose s'apprête à changer.
Je suis prudent. Mais soyez le plus encore. Poudlard est toujours au centre de grands changements, vous seriez en première ligne.

Portez-vous bien,
Alex




transcription:
 
en VO:
 


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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SOS Bouteille à la mer
Correspondance : Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd

Dans les gradins du terrain de Quidditch, Shea s’était emmitouflée dans son énorme écharpe et sa cape. Encore quelques minutes et le jour ne suffirait plus à éclairer sa plume. Mais aussi frénétiquement qu’elle écrivait, elle serait même de retour à l’auberge avant ça, et son hibou se serait déjà envolé pour les Hébrides. Bien qu’un peu frileuse, Shea préférait être à l’air libre, même quand il y faisait froid. Il était toujours plus facile de s’emmitoufler. C’était une autre paire de manche d’écrire avec des mitaines et les mains gelées. Quant à une éventuelle plume à papote, c’était hors de question. Elle avait bien hérité du côté moldu de son père et appréciait de faire les choses par elle-même, comme voyager ou encore écrire.

Recroquevillée sur elle-même, Shea laissa le vent jouer dans ses cheveux, l’écharpe lui cachant le nez.


Shea Gruffydd
Woodcroft Inn
Room 5
High street
HOGSMEADE
Scotland










November 5th 2008

Cher Alex,

J’espère que ma lettre vous trouvera en bonne forme, ainsi que votre fils ! Je pense souvent à lui quand j’enseigne aux Première année. Je me retrouve à l’imaginer avec son premier balais en main et je repense alors à mon tout premier cours et à mes séances de vol particulières où je devais convaincre ma mère de me laisser entrer dans l’équipe de Quidditch de l’école. Être ici en général me rappelle pas mal de souvenirs. Les élèves sont de plus en plus perturbés… Ca aussi, ça me rappelle des souvenirs.

Quant à mon frère, il n’est pas vraiment question de civilisation mais vraiment d’être étranger. Il ne vous connaît pas, ne vous a jamais vu et ne comprend probablement pas ce que vous pouvez bien avoir à me dire. Ou ce que moi je peux avoir d’intéressant à raconter à un inconnu. Voyons voir ce que je peux avoir d’intéressant… Quand j’ai fêté mon vingtième anniversaire, je me suis baignée nue dans l’océan au pied de la maison de ma tante. Et je dois vous annoncer que l’eau est très froide, même en juillet. Surtout la nuit. Lip m’avait imitée mais Tobias, lui… Les trucs fous ce n’est pas vraiment son genre. Ce n’est pas vraiment le mien, non plus, d’ailleurs. Mais mon frère cadet a toujours eu une influence sur moi, j’imagine. Sûrement pour ça que nous nous entendons mieux tous les deux que lui et le reste de la famille. Je m’adapte facilement.

Il est vrai, maintenant que vous le dites, que j’ai parfois du mal à faire monter des enfants sur un balais. Certains sont excités, d’autre ont le vertige. Je pense que c’est pareil pour moi. Quant aux adultes, ils rechignent parfois à laisser le tapis s’envoler avec eux. Nous ne montons jamais bien haut, cela dit, pas plus d’un mètre mais cela suffit à les déconcentrer dans leur méditation.

J’ai entendu un des professeurs parler d’une expédition dans les Hébrides. Je ne sais pas ce qu’il en est, je ne suis pas dans ses petits papiers, mais j’imagine que vous en avez entendu parler ! J’aurais bien encadré les élèves mais j’ai un match de Quidditch le même weekend. C’est dommage… Voilà qui aurait pu être une bonne occasion de vous revoir. J’espère qu’il y en aura une autre très bientôt. Et pas parce que votre instinct vous alerte. Je ne saurai vous cacher que le mien s’agite aussi mais je ne préfère pas l’écouter. Sûrement parce que je suis une grosse froussarde qui garde de mauvais souvenirs d’un instinct… « agité ».

Faites attention à vous, Alex.

Je vous embrasse.
Shoshannah


En relisant la lettre d’Alex pour s’assurer de rien avoir oublié, Shea s’arrêta sur ses derniers mots. Ils lui donnaient toujours des frissons incontrôlables. Elle déglutit et entrouvrit les lèvres pour aspirer l’air glacial d’un crépuscule approchant. « Poudlard est toujours au centre des grands changements. » C’était vrai et ce n’était pas pour la rassurer, bien au contraire. Shea n’était pas sûre d’être capable de revivre une chose pareille. C’est avec une main fébrile qu’elle referma la lettre d’Alex pour la donner à son hibou et le laisser s’envoler.


Transcription:
 


After all we've been through.
Everything that I've done.
It can't be for nothing.

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[Correspondance] SOS bouteille à la mer

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