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 The future’s so far, my heart is so frail, I think I’d rather stay inside [Jul]

Adrian CalderMolduavatar
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Dernière édition par Adrian Calder le Lun 24 Nov 2014 - 22:47, édité 1 fois
Jeudi 10 juillet 2008

Adrian ne buvait pas. En temps normal. Il se contentait d’un repas avec de l’eau, ça faisait garçon de douze ans et demi, mais c’était un des rares points qu’il assumait à peu près. Avec les récents évènements il avait commencé à travailler plus tôt que prévu, lui qui s’enthousiasmait pour son mois de vacances avait pris son poste dès début juillet, les commerçants étaient fébriles et même si le gros des achats scolaires s’effectuait en août, certains restaient d’éternels anticipateurs et la librairie était régulièrement pleine. Les premiers jours avaient été les pires et Adrian était bien content de n’avoir pas été dans le coin quand tout s’était passé, il n’était pas sûr qu’il aurait pu revenir au chemin de traverse. Tout s’était calmé. Puis était venu la plaque, une simple plaque en bronze fixée au mur de la boutique. Une simple liste. Tout ce qui restait de ces gens. Ne pas oublier… comment oublier ? Le jeune homme n’avait jamais été fan des monuments, ceux qui avaient vécu les évènements n’aimait pas qu’on les leur rappelle, ceux nés plus tard n’en comprenaient pas l’ampleur. A ses yeux tout ce que faisait cette plaque, c’était le mettre mal à l’aise, mais c’était passé. Puis étaient venus les enfants.

Il était 15 heures quand une jeune fille de onze avait franchi le pas de la porte avec sa mère, des familles il en voyait passer tous les jours, il savait où elles iraient, ce qu’elles achèteraient, sur quoi la mère pourrait trouver à se plaindre, Poudlard était prévisible, les mêmes livres tous les ans, est-ce que quelqu’un lisait seulement encore la liste ? Ce qu’il n’avait pas prévu c’était que la petite soit curieuse. « C’est qui ces noms ? », sa voix résonnait encore dans sa tête alors qu’il portait son verre aux lèvres. A l’air de la mère il avait compris qu’elle savait, qu’elle savait et que sa fille ne comprenait pas. Il réussissait en général à garder un masque impassible quand les clients faisaient des leurs, mais il n’avait pu contenir le mélange de mépris, d’étonnement et de surprise qu’il avait ressenti quand la dame avait emmené son enfant plus loin. Elle avait regardé vers lui, les deux avaient baissé les yeux, aucun des deux ne savait comment expliquer à cette fillette ce qui s’était passé, tous les deux savaient qu’il le fallait –avant septembre- mais comment expliquer la misère, le désespoir, la peur à une petite ? Il ne fallait pas qu’elle puisse comprendre, personne ne devrait jamais avoir à comprendre ce qui était arrivé.

Il n’était pas sûr de ce qui l’avait poussé à transplaner à Bristol, ce n’était pas l’endroit pour ne croiser personne, au contraire, pourtant il se sentait plus isolé loin de chez lui, loin de son travail. Pourtant c’était statistiquement l’un des endroits où il risquait de croiser le plus de connaissances, il s’en fichait bien, il n’avait pas besoin de compagnie pour ruminer dans son coin et de toute façon il était très rare que quelqu’un se mette à squatter la table de quelqu’un dans un restaurant – c’était la raison pour laquelle il avait préféré le triton à l’un des nombreux bars du coin-. Il observait son verre, les yeux dans le vide quand un nom le sorti de ses pensées. Sa digestion n’avait pas encore vraiment commencé, ainsi fut-il capable de connecter les trois bons neurones. « Julianna », « Bristol », « restaurant ». Il releva la tête pour observer la femme qui s’affaitait entre les tables, elle ressemblait à… une serveuse, souriant à des gens dont elle n’avait probablement rien à faire. S’il avait observé les clients du triton il aurait probablement trouvé d’autres personnes dans ce cas, mais il ne détacha pas ses yeux de la jeune femme, il lui semblait la connaître, une joueuse de Quidditch, un truc du genre. Lentement il passa la main sur son visage en signe de désespoir, se demandant jusqu’à quelle différence d’âge son aîné était prêt à aller, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut elle devait être plus jeune qu’Irina… Il resta un long moment à l’observer, à bien y regarder son sourire était presque figé, soit elle avait une estime d’elle-même en berne –ce qui expliquerait qu’elle ait réussit à supporter Roy-, soit elle avait fait de la chirurgie esthétique soit… elle était triste, c’était plus simple, mais moins intéressant. Adrian avait conscience de trop la fixer, mais il n’avait pas le courage de regarder ailleurs, en outre s’il pouvait découvrir ce qui avait attiré son frère – à part le fantasme étrange de l’amie de la sœur, qui n’en était probablement pas une- et ce pourquoi elle l’avait envoyé paître –il était persuadé que ça avait été dans ce sens-, il aurait de meilleures cartes pour faire en sorte que son frère se range.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana avait toujours eu le sourire naturel, mais aujourd'hui elle avait des crampes dans les joues. Depuis qu'elle avait reprit le travail, chaque minute passée auprès des clients était une torture. Ses patrons et amis l'avaient bien compris et lui laissaient passer beaucoup du temps en cuisine. Juliana était bonne cuisinière et elle pouvait laisser libre court à ses pensées sombres face à ses casseroles, tandis que le service était beaucoup plus exigeant au niveau de son attitude. La jeune femme, aussi bonne commerçante soit-elle, avait ses limites et elles avaient été pulvérisées le quinze juin, le jour où son père était mort. Depuis, il lui était extrêmement difficile de montrer le même visage avenant, souriant et à l'écoute aux clients qui se pressaient au Triton Ardent, toujours plus nombreux en ce chaud mois d'été. Juliana aurait eu besoin de calme pour se remettre mais c'était malheureusement - ou heureusement, selon les points de vue - le meilleur mois que connaissait le restaurant depuis des années. Entre le beau temps, les vacances scolaires, les soldes et, surtout, la désertion du Chemin de Traverse, le Triton Ardent ne désemplissait pas. Ce qui obligeait la jeune serveuse à sortir de ses cuisines pour prêter main forte en terrasse et en salle, puisque la nouvelle recrue du restaurant, qui était censée travailler cette après-midi, avait eu le mauvais goût de se fouler le poignet.

Plongée dans ses pensées, la jeune femme avait le plus grand mal à se concentrer sur son travail aujourd'hui, et c'était seulement la force de l'habitude qui lui permettait de retenir les commandes des clients et de se comporter avec professionnalisme. A fleur de peau, elle s'efforçait de penser à des choses heureuses et de se concentrer sur des perspectives positives, de peur de s'effondrer en larmes sur l'assiette de ce père de famille qui parlait avec enthousiasme des vacances à venir. Il y avait si longtemps qu'elle n'était pas partie en vacances avec son père, toute occupée à mener sa vie de jeune adulte. Il y avait tant de choses qu'elle aurait eu à lui dire, tant de non-dits qui persisteraient entre eux. Elle avait gâché sa chance et elle mourrait d'envie de dire à cette famille de profiter, de crier à tous ces gens de cesser de gâcher leur existence avec des broutilles, que la vie était courte... Les bribes de conversations perçues entre les tables la désespéraient. Le Bloody Sunday était encore sur toutes les lèvres, les élections faisaient l'objet de tous les espoirs et elle avait parfois envie de frapper la tête des gens contre les murs. Ils ne tiraient aucune leçon de la tragédie qui avait eu lieu, tous, ils étaient prêts à foncer tête baissée derrière tel ou tel politicien sans réfléchir. Le Triton Ardent avait beau être un restaurant assez populaire, sa position idéale sur l'avenue principale de Bristol lui attirait une certaine clientèle et elle ne pouvait plus supporter tous ces électeurs du SPAM ou de l'APPEL qui maudissaient le MIM en assénant que "c'était mieux avant". Juliana ne voyait pas en quoi attiser les inégalités et creuser les fossés dans ce pays jusqu'à ce que la situation soit tellement pourrie qu'une tragédie d'ampleur nationale survienne était une bonne chose, en quoi aller de l'avant était une mauvaise. Elle mourrait d'envie de le crier à tous ces biens-pensants, mais elle devait se contenter de sourire et de servir, car c'était tout ce qu'on lui demandait de faire...

Le regard insistant d'un client sur elle finit par attirer son attention et elle tourna vers lui un visage interrogateur. Il était jeune et paraissait vaguement familier, mais elle ne parvint pas à le replacer. Cela faisait plusieurs fois qu'elle le voyait regarder dans sa direction, sans pour autant chercher à l'appeler pour commander, et elle finit par trouver son petit manège un peu bizarre. Après avoir déposé trois cafés sur la table d'hommes d'affaires visiblement pressés, elle se dirigea droit vers sa table pour lui adresser un sourire de façade.

"Tout se passe bien, monsieur ? Je peux faire quelque chose pour vous ?"



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Adrian CalderMolduavatar
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A trop vouloir jouer au curieux, on finissait par attirer l’attention, surtout dans un restaurant. Heureusement dans un restaurant, s’il l’avait croisée dans un autre cadre, il aurait sûrement écopé d’une gifle, à la place il se senti obligé de commander un dessert. Adrian aimait quand les choses allaient dans son sens et quand il voulait savoir quelque chose il était en général assez direct, mais pas au point de se mettre à discuter avec Juliana en plein service. De toute façon il voulait en savoir plus sur elle avant de poser les questions qu’il avait en tête, pour ça il attendrait, le rappel à l’ordre inconscient de la jeune femme l’avait quelque peu sorti de sa torpeur et maintenant tout son esprit était concentré sur l’élaboration d’un plan pour sa mission d’espionnage. Cette pensée lui arracha un sourire triste, il savait que l’amusement ne durerait pas, demain serait un autre jour, un retour à sa routine quotidienne, entouré de gens qui n’avaient pas les moyens de partir loin de tout, il devait se concentrer sur cette soirée. Se changer les idées, c’était ce qu’il était venu chercher et il ne pouvait pas laisser sa morosité prendre le pas sur ce qu’il avait trouvé.

Du coup de la cuillère il commença à jouer avec la glace qu’il avait commandée tout en observant la salle, pour la première fois de la soirée des tables se vidaient sans trouver preneur dans les minutes qui suivaient, Bristol profitait de ce que Londres avait perdu, songeur il se demanda comment se passait les choses pour Roy. Plus une rue était fréquentée, plus les allées autour étaient surveillées, les élèves de Poudlard parlaient souvent de l’allée des embrumes avec ce soupçon dans la voix qu’ont les moldus quand ils parlent de maison hanté, mais la vérité était que c’était probablement un coin assez sûr par comparaison au reste de l’Angleterre sorcière, les familles et les touristes venaient faire leurs courses à deux pas, le ministère ne pouvait se permettre d’afficher la… faune locale à ces visiteurs. La pègre se concentrait généralement sur des villes de taille moyenne, assez de population pour faire leurs affaires, pas assez pour que l’on vienne les en empêcher, le calcul était rapide à faire. Bristol allait probablement recevoir un peu plus d’attention dans les mois qui suivaient, Adrian espérait juste que son frère soit assez malin pour anticiper ce qui allait se passer. S’il n’était pas encore en prison c’était bien qu’il était moins bête qu’il se plaisait à laisser paraitre, mais c’était dans sa nature d’être impétueux tout comme il était dans la nature d’Adrian de s’inquiéter pour lui.

A cette pensée il reposa un bref regard sur Juliana avant de faire mine de s’occuper de son dessert. Roy n’était pas du genre à laisser trainer quoi que ce soit qui pourrait l’incriminer, pas à portée de ses conquêtes en tout cas, il n’avait probablement pas de quoi s’en faire de ce côté-là.  Perdu dans ses pensées –voilà qui était raté pour la carrière d’espion qu’il n’avait jamais envisagé- il n’avait pas remarqué que la salle était désormais beaucoup moins remplie qu’auparavant… et qu’il n’avait pas touché à sa glace. Pour faire bonne figure il en avala quelques bouchée rapidement, se laissant aller à grimacer à l’effet du froid sur ses dents, si seulement la glace pouvait-être plus chaude. Profitant qu’elle venait d’apporter quelque chose à une table proche il interpella sa cible avec un sourire embarrassé.

« Excusez-moi, vous me semblez familière, vous êtes sûre qu’on ne se connait pas ? » Il ne mentait même pas.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana retint un soupir de soulagement en constatant que la plupart des tables commençaient à se vider et que les derniers clients restants en étaient au dessert ou au café. Son calvaire allait bientôt prendre fin et elle pourrait fermer pour enfin aller se rouler en boule sous la couette. Ce n’était pas une activité qu’elle affectionnait particulièrement avant, mais depuis la mort de son père, le moment où elle posait la tête sur l’oreiller était le meilleur de la journée. Une fatigue harassante semblait s’être emparé d’elle et elle servait comme une automate, peu attentive à ce qui l’entourait.
 
Ainsi, elle ne remarqua pas tout de suite que ce jeune homme qu’elle avait remarqué un peu plus tôt ne touchait pas à sa glace et ne semblait pas pressé de bouger de sa chaise, en dépit de l’heure tardive et de sa solitude. Juliana, qui aimait tant être entourée, avait longtemps ressenti une certaine pitié pour ces personnes qui venaient manger seules au restaurant et qui respiraient l’ennui. Pourtant, maintenant, elle comprenait qu’on pouvait vouloir chercher un peu de compagnie humaine et un bon repas, mais pas de trop près, à la table d’à-côté. Cet homme, néanmoins, semblait avoir une autre idée en tête puisqu’il l’interpella alors qu’elle passait à proximité. Juliana s’immobilisa près de sa table en fronçant les sourcils, comprenant désormais l’étrange comportement qu’il avait eu un peu plus tôt. Se connaissaient-ils ? Elle n’en avait pas l’impression, et pourtant il fallait bien reconnaître que ses traits lui étaient familiers. Elle scruta un instant ce jeune homme aux yeux et aux cheveux sombres. Aucun nom ni aucune situation ne lui venait pourtant à l’esprit, et elle finit par hausser les épaules.
 
« Je ne crois pas, mais peut-être qu’on s’est déjà croisés dans les couloirs de Poudlard », répondit-elle en s’excusant d’un sourire de ne pas le reconnaître. « Juliana McNeil, ancienne Gryffondor, j’ai vingt-deux ans… »
 
Poudlard était bien souvent la raison principale pour laquelle de parfaits étrangers avaient l’air familiers. A vrai dire, elle se moquait bien de savoir dans quelle circonstance ils s’étaient déjà rencontrés. Le monde sorcier était petit et cela pouvait être n’importe où, à l’école mais également dans une rue commerçante, à l’hôpital ou bien au stade de Quidditch… Néanmoins, son client semblait, lui, bien décidé à la replacer et cela en soit l’intriguait. Même si elle n’était pas vraiment d’humeur de sociabiliser, Juliana devait de toute façon faire l’effort d’être aimable avec les clients et ce n’était pas comme si elle croulait sous les sollicitations en cette heure tardive. Pas d’échappatoire, donc, réalisa-t-elle en repoussant une mèche folle derrière son oreille.
 
« Peut-être m’avez-vous déjà croisé si vous êtes de Bristol ? J’habite sur la Promenade des Marins depuis de nombreuses années… Vous êtes d’ici ? »
 
Son regard se posa sur la glace à moitié entamée d’Adrian et elle sentit son estomac se contracter. Elle ne mangeait pas beaucoup depuis quelques temps, par manque de temps autant que par manque d’appétit, et son corps semblait se rappeler à elle. Juliana salua une famille qui quittait le restaurant avec un sourire crispé avant de reporter son attention sur Adrian, masquant mal sa lassitude.



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Adrian CalderMolduavatar
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Il était plus qu’évident que Juliana était ennuyée par l’attitude d’Adrian, malgré son sourire et sa présentation l’adolescent connaissait bien cet air qui voulait dire « je suis gentille, mais si tu pouvais aller en Laponie là de suite, ce serait pas de refus ». Malheureusement pour elle, il avait une notion toute personnelle de la politesse et du respect de la vie privée, qu’elle veuille rester tranquille n’avait pas autant de force que le fait qu’il veuille en savoir plus sur elle, pas de son point de vue en tout cas. Et s’il n’avait que sa conscience pour l’empêcher d’agir comme il le souhaitait, elle travaillait ici et se devait bien de ne pas l’envoyer récurer les rails de Gringott’s si elle tenait à la réputation de son établissement, les rumeurs se propageaient si vite dans le monde sorcier qu’une légère petite erreur pouvait amener à de graves conséquences pour un commerce. Il tiqua cependant sur le nom de la jeune fille. S’il était maintenant certain qu’il s’agissait bien de l’ancienne petite amie de son frère, le nom McNeil lui voila les yeux avec un sentiment de tristesse, après les évènements il restait une semaine à Poudlard et il avait pu observer les élèves qui tiraient une tête d’enterrement, littéralement. Tony en avait fait partie, par la suite il avait fait des efforts pour mémoriser les noms des victimes, il n’était pas sûr de savoir si ça faisait de lui quelqu’un de compatissant ou de carrément flippant, mais il aimait savoir des trucs. Croisant le regard de la jeune femme il lui adressa un sourire poli avant de prendre la parole « Mes condoléances mademoiselle » puis d’ajouter, comme pour justifier ses connaissances « j’étais en cours avec Tony ». Adrian ne suivait pas beaucoup de cours à Poudlard, mais il en avait quand même deux en commun avec le McNeil, c’était à la limite de l’exploit.

L’avantage avec cet intermède, c’était qu’il repoussait le moment où il se présentait, il n’était pas bien sûr des circonstances dans lesquelles les deux jeunes gens –quoi qu’un des deux commençait à ne plus être tout jeune- s’étaient séparés et il ne tenait pas à servir de bouc-émissaire pour tout ce qu’elle reprochait à Roy. D’un autre côté, ne pas donner son nom de famille semblerait étrange après qu’elle ait choisi de donner le sien, d’autant plus qu’il ne pouvait pas prétendre ne pas avoir entendu, il venait de rebondir dessus. Heureusement, elle reprit la parole, donnant de ce fait un sursis à son interlocuteur. Pour quelqu’un qui préférait qu’on la laisse tranquille, elle mettait du cœur à rester aimable et à feindre d’être intéressée, Adrian admirait ce genre d’attitude, mais ne regrettait pas la sienne pour autant.

« Pas très loin, Cardiff, de toute façon pour un sorcier tout le Royaume-Uni n’était pas très loin. Il constata avec amusement qu’il avait donné son ancienne adresse et s’empressa de compléter, enfin, plus maintenant, j’ai migré vers le sud ! Le sud, les vagues, les plages, le soleil, ça faisait rêver comme une mauvaise sitcom. Il marqua une pause et reparti vers la première question qu’elle lui avait posé –commande mise à part- ha, j’oubliais, premier mensonge,  dix-huit ans, ancien Serpentard, Adrian Calder.  Il avait renversé l’ordre de présentation, guettant la réaction de la jeune femme, puis se dit que s’il voulait paraitre innocent dans cette histoire il lui valait mieux continuer la conversation sur la même note d’insipidité que celle sur laquelle elle avait commencé. Votre frère a obtenu son inscription à la fac d’arts ? » Dommage qu’il n’ait pas plus étudié l’arbre généalogique McNeil.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana ne savait pas si elle devait être touchée ou agacée par l'expression de tristesse qui apparaissait sur le visage de ses interlocuteurs lorsqu'elle disait son nom. A vrai dire, elle n'aimait pas vraiment que la première chose que quelqu'un sache à son sujet était que son père était mort, mais c'était l'inconvénient des familles de sorcières expansives comme les McNeil, c'était un peu comme les Weasley : tout le monde les avait fréquenté à un moment ou à un autre, alors il n'était pas bien difficile de faire le lien entre la jeune serveuse au sourire crispé et le John McNeil qui venait de perdre la vie lors des émeutes du Chemin de Traverse... Elle balaya d'un hochement de tête la mention de Tony, pas plus surprise que cela - qui à Poudlard aujourd'hui n'avait pas cotoyé l'un de ses neveux en cours ? 

"Je vous remercie", répondit-elle avec un sourire de façade. Les condoléances, elle les entendait à longueur de journée ces temps-ci et faisait tout ce qu'elle pouvait pour les éviter. Pourtant, elle savait bien que les gens ne le faisaient pas pour lui rappeler la mort de son père mais pour être gentils et, tout simplement, parce que c'était la convention sociale. Elle aurait fait la même chose à leur place. Pourtant, elle le ressentait comme des politesses vaines qui glissaient sur elle sans l'atteindre, et aurait préféré, en toute honnêteté, qu'on la laisse seule avec son chagrin et les quelques personnes qui comptaient vraiment pour elle. C'est-à-dire certainement pas ce client un peu bavard et visiblement peu désireux de terminer son dessert pour la laisser remporter son assiette. Maintenant que la mort venait de tomber sur leur conversation, sans doute le laisserait-il tranquille, non ? Qui voudrait sympathiser avec une serveuse endeuillée ? Mais non, il était obstiné, réalisa-t-elle en le maudissant intérieurement. Elle se fichait bien qu'il ait dix-huit ans et qu'il soit à Serpentard et qu'il s'appelle Adrian Ca...

CALDER ?! La surprise apparut nettement sur le visage de Juliana, qui finit par se reprendre mais observait désormais son interlocuteur avec un mélange de méfiance et d'hostilité. Elle qui trouvait son comportement un peu étrange depuis tout à l'heure venait d'avoir la réponse qu'elle attendait, ce type n'était probablement pas en train de lui parler par hasard. Par le slip de Dérébusor ! Les Calder n'étaient vraiment pas très nets ! Sentant la colère l'envahir, Juliana ignora totalement la tentative d'Adrian pour faire évoluer la conversation sur des eaux neutres. Ce mini-Roy - oui, elle voyait la ressemblance physique, maintenant qu'il le disait - n'avait pas le caractère de son aîné, ça c'était certain. Il était beaucoup trop...pas assez... Merlin ! On voyait pourquoi il était à Serpentard, songea Juliana en le jaugeant du regard. Louvoyer et tourner autour du pot semblait être sa spécialité. Hé bien il avait face à lui une véritable Gryffondor pur jus, une Gryffondor dont la patience déjà pas très maigre en tant normal était amenuisée par le deuil et une dure journée de service. Elle allait obtenir des réponses claires et directes de cet Adrian, et elle allait les obtenir vite.

"Roy n'a rien de mieux à faire que d'envoyer son frère, ou son cousin, pour m'espionner ?!  J'pensais qu'on avait dépassé ce stade, Merlin ! La dernière fois qu'on s'est vus, c'était à Ste Mangouste et je venais de perdre mon père, il pourrait pas respecter au moins ça ? Qu'est-ce qu'il vous a demandé ? Qu'est-ce que vous me voulez, au juste ?"

Car il lui était impensable d'imaginer que Roy n'avait pas envoyé cet Adrian pour une raison étrange et calderienne...

"Un café avec votre dessert, peut-être ?", reprit-elle sur un ton vaguement plus serviable, bien qu'emprunt d'ironie.



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Adrian CalderMolduavatar
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Juliana fut aussi rapide à le situer quand elle sut son nom de famille qu’il en avait mis lui-même. À vrai dire il avait suffi que "Calder" passe ses lèvres pour qu’elle laisse paraitre son agacement, la conscience professionnelle avait disparue en moins de temps qu’il n’en fallait à McWilde pour s’enfuir après une blague débile. S’il n’avait pas eu un minimum de retenue il aurait souri, aussi triste que cela puisse paraitre, la situation l’amusait, quand il était rentré dans ce restaurant plus tôt dans la soirée, il s’attendait simplement à s’apitoyer sur son sort avant de rentrer chez lui regarder la télé et finalement aller se coucher. A la place, il allait probablement récolter quelques informations et pourrait s’amuser du sort de son frère à la place, ce n’était pas beaucoup plus sain, mais bien plus jouissif.

Ce qui était le plus beau dans l’histoire, c’était qu’elle pense que son frère l’envoie, il n’était pas certain du temps qu’ils avaient passés à être ensemble, mais si Roy lui avait mentionné son existence, c’est qu’à un moment ou à un autre ça s’était bien passé entre eux. Pourtant elle n’avait pas pu mesurer l’ampleur des soucis familiaux chez les Calder, se faire envoyer espionner par son grand frère relevait de la science-fiction à ses yeux, ils étaient bien plus du genre à s’espionner sans se parler, c’était toujours comme ça que ça marchait. « En fait je suis venu tout seul, je savais même pas que vous seriez ici. » Malgré tout ce qu’il pouvait penser, malgré le fait qu’il adorait voir cette fille s’énerver, malgré encore le fait qu’il se sentait complètement innocent par rapport à ce de quoi elle l’accusait –ce qui était une sensation assez nouvelle et étrangement agréable- il se sentait obligé de se justifier. Après tout, il était certain à présent que son frère avait encore tout fait rater avec elle, les détails étaient encore à préciser, mais pour le "qui avait fait quoi", c’était clair. Qu’il se sente désolé pour elle allait de soi, qu’il soit obligé de se justifier était plus étrange. Sans doutes considérait-il que le caractère de son ainé était en partie de sa faute, les gens avaient le caractère que leur famille leur laissait avoir, quelqu’un ayant tous les droits enfant finira par être un vrai tyran expansif, une personnalité plus réservée signifiait peut-être qu’on ne le laissait pas parler plus jeune. Le fait que Roy puisse être une véritable plaie venait donc à ses yeux du rejet dont il était victime de la part de sa famille, famille dont Adrian faisait partie, s’il ne rejetait pas son frère, il n’arrivait pas non plus à convertir les autres à son point de vue, l’échec retentissant de la liaison entre Juliana et Roy était donc en partie de sa faute. « Je ne sais pas ce qu’il s’est vraiment passé entre vous, mais à votre réaction ce n’a pas été un conte de fée » il grimaça un instant en se demandant si Roy finirait vieux garçon entouré d’une portée de labrador et de médicaments contre l’arthrite « Je vous présente mes excuses » légère pause hésitante, puis d’une voix plus basse il reprit, presque inaudible « puisque j’imagine qu’il ne l’a pas fait. »

Il reposa son attention sur son dessert en même temps qu’elle, il était vrai qu’il était dans un restaurant, il avait si peu l’habitude d’être dans un endroit de ce genre seul et avait tellement peur d’être le stéréotype même du type qui a besoin de parler à des gens payés pour être gentils pour qu’on l’écoute qu’il avait fait en sorte d’oublier où il se trouvait. « Oui, un café volontiers. » Ca y est. Il était vieux.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana se radoucit quelque peu à la réponse d'Adrian, réalisant qu'elle s'était peut-être emportée un peu vite. Peut-être, car on ne pouvait jamais être vraiment sur avec un Calder... Oh, en tant que McNeil, elle savait qu'il pouvait être dangereux de faire des généralités sur une seule et même famille, mais elle aurait été stupide de ne pas se méfier cette fois. Rien n'indiquait que cet Adrian n'était pas un mini-Roy et qu'ils ne partageaient pas quelques traits communs, à commencer par un goût prononcé pour la Voie des Miracles... Il n'était d'ailleurs pas forcément très sage de se mettre à dos ce type de personne et elle se promit intérieurement de se montrer moins emportée. Son impulsivité et sa propension à ne pas se laisser marcher sur les pieds lui avaient peut-être été utiles face aux petits voyous à deux noises de la cité Nimbus mais elle n'était certainement pas à la hauteur des malfrats de Bristol. Du moins le pensait-elle alors.

Toujours un peu méfiante, Juliana se contenta de soulever un sourcil ironique quand Adrian lui présenta ses excuses. Rien ne lui permettait d'indiquer qu'il était sincère - c'était un Serpentard, après tout, et un Calder qui plus est.

"Roy, s'excuser ? Non, ce n'est pas vraiment son genre, en effet. C'est moi qui ai rompu avec lui mais je crois que si vous lui posez la question il vous tiendra un tout autre discours."

Un petit sourire détendit son visage. Avec le recul, son ressentiment s'étant quelque peu apaisé, cette scène de rupture avait été plus comique qu'autre chose. Roy y avait déployé l'ampleur de son ego et n'avait fait que la conforter dans sa décision.

"Quant à la raison de notre rupture... Disons que Roy n'a pas toujours été très honnête", éluda-t-elle rapidement, peu désireuse de s'étendre sur le sujet. A vrai dire, les zones d'ombres quant à l'étendue des mensonges de Roy étaient encore trop étendues pour qu'elle puisse révéler quoi que ce soit. C'était d'ailleurs ce qui avait provoqué leur rupture, plus que les actes de Roy eux-mêmes, qu'elle soupçonnait finalement plus qu'elle ne les connaissait.

"Je vous apporte ça. Je vous présente mes excuses pour mon emportement", indiqua-t-elle avant de s'éloigner de la table, un peu décontenancée par l'échange. Elle ne savait pas si Adrian partageait les activités louches de son frère mais il avait très certainement le même don pour la décontenancer. Plongée dans ses pensées, Juliana versa du café fumant dans une tasse et disposa du sucre et un chocolat sur le rebord de l'assiette, puis apporta le tout à Adrian. Elle jeta ensuite un regard dans la salle, à la recherche d'un autre client à servir, mais seul le jeune homme semblait décidé à s'attarder ici. Elle hésita à le laisser à sa tasse de café, ne sachant s'il souhaitait poursuivre cette conversation, puis la curiosité l'emporta.

"Qu'est-ce que vous faites dans la vie, Adrian ?"

Une question pouvait en cacher une autre. Ce n'était pas comme si elle pouvait lui demander directement s'il trafiquait des choses pas nettes avec son grand frère, lui aussi...



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Adrian CalderMolduavatar
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Le problème avec le monde était sorcier c’était que tout le monde connaissait quelqu’un qui forcément connaissait la personne avec laquelle on était en train de parler, les moldus parlaient des quatre degrés de séparation au sein d’un pays, chez les sorciers c’était plutôt un, deux à tout casser. Du coup il n’était pas rare que ce genre de scènes arrive, mettez des bandes d’adolescents dans le même endroit pendant sept ans, rajoutez des notes et une légère ségrégation pour attiser la compétition et ça donnait parfois des conflits familiaux qui feraient passer la guerre de cent ans pour un déboire de repas de famille. Pour Roy et Juliana c’était différent, ils s’étaient connus plus tard, bien plus tard – Adrian frissonna à l’idée que seul le choixpeau avait empêché la jeune fille de partager un dortoir avec Irina, son frère n’avait décidément aucune retenue- ce qui avait le problème notoire de rajouter des sen… du se… enfin bref des trucs auxquels Adrian ne préférait pas réfléchir.

Malgré tous ses bons sentiments à l’égard de son frère il ne put s’empêcher de rire en entendant la remarque sur l’origine de la rupture. Il essayait en général de se montrer solidaire avec sa famille, avec tout son cœur il s’efforçait de maintenir cet état d’esprit positif, pourtant il y avait des moments où il avait besoin de relâcher un peu la pression. En général quand cela arrivait il en parlait à Azénor en plus ce genre de moments avait l’avantage de le faire passer pour quelqu’un de sentimental et de sensible, les filles appréciaient ça en général, jusqu’à un certain point seulement en revanche, après ça faisait pas assez viril. Pour les moments où il se devait de conserver un peu de virilité il allait voir ses potes, Simon connaissait à peu près tout de ce qu’il ne pouvait se permettre de dire à une fille, le niveau intellectuel était rarement très élevé, mais cela faisait le charme des soirées à ne rien faire. Croiser une fille qui connaissait assez bien son frère pour en parler et trop bien pour jamais lui reparler encore était un îlot de perfection dans sa vie, du moins le pensait-il.

En même temps que son café il se vit apporter un chocolat. Chouette. Bien évidement il s’agissait de la présentation normale d’un café dans ce restaurant, mais il aimait bien le chocolat et ne pouvait pas ne pas aimer quelqu’un qui lui en apportait, quand bien même il avait payé pour ça. « J’travaille à Fleury et Bott. Vigile. C’est pas très prestigieux, mais faut bien vivre ! » Ce n’était pas tout à fait la façon dont il se sentait vis-à-vis de son travail, qu’il l’assume ou non il l’avait choisi, il n’était pas de ceux qui paniquaient alors qu’ils se retrouvaient sans rien à l’issue des vacances, il était simplement conscient que ce n’était pas un métier de passion, les gens qui rataient leurs ASPIC pour être Auror et qui échouaient aux tests psychologies de la police finissaient vigiles, c’était plus une voie de garage qu’une vocation, un peu comme s’il avait été… « Et vous vous êtes serveuse j’parie ? Z’avez bien du courage. Je supporterais pas les gens comme moi perso ! » Signe qu’elle pouvait très bien le laisser seul et qu’il trouverait le chemin vers la caisse sans trop de problèmes, en effet, il avait déjà été le stéréotype du mec qui mangeait seul, celui qui discutait avec la serveuse… il avait une très petite fenêtre s’il ne voulait pas être aussi le mec qui reste jusqu’à la fermeture, mais cela impliquait de dépasser le couple de l’autre bout de la salle.

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The future’s so far, my heart is so frail, I think I’d rather stay inside [Jul]

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