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 Entre frères envahisseurs [Tobias/Roy]

MétamorphomageMolduavatar
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[HRP : J'ai finalement posté en normal parce qu'entre ta propension à faire de jolis posts bien fournis et la mienne de pas réussir à faire moins de 500 mots en ce moment, on va éviter de se brider pour tuer le truc en moins de deux jours, c'est pas le but ]


Tobias Gruffydd - Frère jumeau de Shea Gruffydd

Samedi 19 octobre 1996

Mon frère n'a jamais été quelqu'un de violent. Rarement un mot plus haut que l'autre, ce n'est jamais lui qui élève la voix, en général. C'est plutôt moi. Je ne l'avais jamais vu cogner quelqu'un avant et je ne l'ai plus jamais revu cogner quelqu'un après. J'ignore si c'est parce qu'il ne supportait pas que Roy puisse avoir dans l'idée de me considérer comme une conquête ou parce qu'il ne supportait pas Roy, tout court. Toujours est-il que ce jour-là, à Poudlard, quand il a envoyé son poing dans la figure de son aîné de Gryffondor, je n'ai pas compris. Quand je lui ai posé la question après, il n'a pas su me répondre avec précision. Rien n'avait justifié son geste... Sinon que je sois sa soeur et qu'il se devait de me protéger. Est-ce que j'allais cogner, moi, toutes les filles qu'il approchait avec son sourire innocent ? C'était sûrement sa crinière blonde et ses yeux bleus perçants qui devaient leur plaire. Si Roy avait une assurance et un bagou qui entraînait dans sa toile, même les plus petits nuisibles comme moi, Tobias lui était comme le miel et les abeilles. Charmant et charmeur, l'approche des deux était totalement différente mais fonctionnait aussi bien pour l'un que pour l'autre. En fait, Gryffondor - voire même Poudlard en elle-même - était trop petite pour ces deux-là.

Après l'altercation qui avait valu deux gueules en sang pour les deux bellâtres de lions, Tobias s'est rendu à l'infirmerie. Avec notre meilleur ami, on a jugé bon de l'accompagner, sachant que Roy était déjà là-bas, nous avions eu peur que la bagarre de chiffonniers ne se poursuive. Mais il a refusé. Je le soupçonnais déjà de regretter son geste mais de ne pas oser nous l'avouer. Alors nous l'avons laissé devant l'infirmerie avant de rentrer. J'étais en colère contre lui. Je n'avais pas eu envie qu'il me protège, je n'avais pas voulu qu'il cogne Roy aussi fort pour une raison aussi grotesque. Je voulais me charger de lui seule, sans l'aide de personne. Et en même temps, j'étais en admiration devant mon jumeau. Il était capable de perdre le contrôle de lui, cette diplomatie qui lui est devenue aujourd'hui légendaire, pour me protéger des autres, tout comme de moi-même.

Traînant les pieds, il est entré finalement dans l'infirmerie, une lèvre enflée, une joue gonflée et un oeil à demi-fermé. Les deux lions ne s'étaient pas ratés et Tobias n'avait pas non plus retenu ses coups. A croire que ces deux là avaient un compte à régler depuis un moment. La pièce était vide avec juste un malade en train de dormir sous la dernière fenêtre, tout au fond. Roy était là, à quelques mètres, à attendre qu'on vienne s'occuper de lui. Tobias s'est simplement installé sur le lit d'en face, sans rien dire. Il a porté sa main à sa lèvre avant de grimacer. Sa paume était rougie par les coups qu'il avait donnés et ceux qu'il avait reçus. Il a alors levé les yeux sur Roy sans prononcer un seul mot. Si son regard lançait encore des éclairs, c'était pour avoir défiguré son joli visage. Il fallait croire qu'il y avait plus de sang chaud en Tobias qu'il n'était possible de croire. Mais il n'exprimait plus de fureur, il semblait plus calme. Sûrement le fait que je me sois défendue toute seule. Ou bien que j'ai cherché à défendre Roy et non pas lui.

Je crois, finalement, que c'est ce qui l'a conduit à s'en vouloir terriblement d'avoir agi ainsi. Si Roy n'avait pas fait attention, Tobias, lui n'avait rien manqué de mon approche envers son concurrent direct. Mais mon frère avait tout de même suffisamment de fierté pour ne rien avouer. Alors il a simplement courbé l'échine.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Seul un élève était allongé sur un des lits de l’infirmerie, visiblement endormi, puisqu’il ne bougea pas d’un pouce lorsque Roy arriva en pestant allègrement dans la barbe qu’il n’avait pas encore. Il s’assit sur un lit lui aussi, après avoir saisi un mouchoir au passage pour essayer de stopper ses saignements de nez. Cet abruti lui avait cassé le nez, et même s’il ne doutait pas que Madame Pomfresh puisse régler ça d’un coup de baguette, cela restait douloureux en attendant. Son corps entier lui faisait mal, Roy se sentait contusionné à de multiples endroits du ventre et des bras. Ah ça, non, ils n’avaient pas fait semblant de se battre…

Dans le silence de l’infirmerie, Roy pouvait réfléchir en paix, ou plutôt, maudire mentalement les Gruffydd sans que personne ne vienne le déranger. Tobias, en particulier. Avait-on idée d’être aussi lourdingue ? Il lui avait littéralement sauté dessus, pour jouer les grands frères protecteurs. Comme s’il allait toucher à Shea ! Cette fille ne l’intéressait pas du tout, encore moins maintenant qu’elle avait osé le gifler. Roy avait bien trop de fierté pour se l’avouer, mais Shea avait ouvert une désagréable blessure en lui, plus dérangeante que les bleus infligés par Tobias. Si elle était loin d’être la première fille qu’il avait approchée, elle était en revanche la seule à l’avoir giflé. Un laideron comme elle ! Mais où allait le monde ?

Et derrière ces couches d’insultes mentales, le visage de Jason imposait de plus en plus sa présence, bien que Roy s’efforçât de le chasser. Il préférait se sentir envahi par la colère, plutôt que par la culpabilité. Il n’avait pas réfléchi. Ce n’était pas du tout prévu que les choses se déroulent de la sorte, encore une fois, le Gryffondor s’était laissé emporter par un caprice qu’il n’avait même pas vu arriver. Il était réellement parti adresser la parole de Shea dans le but d’aider son frère, mais comment le croirait-il à présent ? Sa bagarre improvisée ferait jacasser à coup sûr. Même si Shea ne mettait pas à exécution sa menace de tout révéler à Jason, d’autres le feraient pour elle, il y avait eu tellement de témoins, tellement de personnes qui ne savaient pas tenir leur langue et qui s’empresseraient de répandre des rumeurs dans toute l’école… Jason n’aurait même pas à tendre l’oreille pour apprendre, à un moment ou un autre, ce qu’il s’était passé. C'était le plus frustrant dans cette histoire : Roy n'avait pas fini de payer.

Un claquement de porte tira le Gryffondor de ses pensées. Il fut déçu de voir que ce n’était pas l’infirmière qui arrivait, consterné et irrité de reconnaître Tobias à la place. C’était précisément pour éviter ce genre de situation pénible qu’il s’était empressé de se rendre à l’infirmerie, avant qu’on puisse le rejoindre. Mais forcément, si Madame Pomfresh restait introuvable… Roy n’eut pas d’autre choix que de laisser Tobias s’asseoir aussi. L’un en face de l’autre, ils passèrent quelques minutes à s’échanger en silence des regards noirs, avant que Roy ne rabatte ses jambes sur le lit, dans une position à moitié allongée, pour cesser de lui faire face. Voir son rival ainsi défiguré l’emplissait de satisfaction, mais pas assez pour contrebalancer la colère qu’il ressentait encore.

Une chose était sûre, ces quelques minutes passées à s’infliger de la vue de Tobias avaient comme réveillé Roy. Il ne comptait pas user de ses poings de nouveau, ni lui, ni le blond ne souhaitaient de toute façon s’amocher davantage. Par contre, s’il pouvait avoir la satisfaction d’avoir le dernier mot, il ne crachait pas dessus. La langue de Roy se délia, sur un ton dédaigneux :

« Je savais que t’étais un mec lourd, mais à ce point… Ca m’étonne que Shea arrive à te supporter. »


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Tobias était sur le point d'ouvrir la bouche mais Roy l'avait devancé. Jusque là, il avait cherché en lui une façon de faire car il ne supportait pas que quelqu'un soit en colère contre lui ou même l'inverse. Vous n'avez pas idée du nombre de fois que je suis passée au travers de ses colères juste avec mes grands yeux bleus. Mon frère n'a jamais été quelqu'un de méchant. Il ne sait pas l'être. Sauf quand des personnes comme Roy se jouent de sa patience... Comme c'était le cas à ce moment-là. Tobias a inspiré profondément pour se maîtriser et se refuser à sauter à nouveau à la gorge du Gryffondor. Il touchait un point sensible, à n'en point douter. Tobias n'avait pas aimé qu'on lui rappelle que je n'avais pas pris sa défense.

Il avait beau être mon jumeau, bien que nous nous ressemblions, tout nous opposait. Mon frère était très grand, une voix déjà très grave et profonde et il avait pris en épaules cette année-là plus que les 4 précédentes réunies. Ce qui le rendait passablement imposant. J'étais restée de taille très moyenne et si son visage s'est marqué avec le temps, pas le mien, sinon affiné. Ma voix est restée la même et je pouvais parfois passer pour un garçon en pleine mue lorsqu'elle se brisait. C'était vraiment frustrant. Tout ce que mon frère avait grandi m'a laissée figée dans le temps. On le prenait au sérieux depuis qu'il avait eu 16 ans, quant à moi, je me devais encore de me faire respecter en élevant la voix... Pour qu'on finisse par se moquer de moi.

– Je suis désolé.

Tobias avait une façon bien particulière de s'en prendre aux autres. Si Roy avait reçu une leçon musclée, il était bien le seul. Non, en général, Tobias était là où on ne l'attendait pas. Il surprenait les gens les uns après les autres et Roy n'était pas une exception à la règle. D'abord le poing, puis ses excuses. Ainsi, il s'imposait face à Roy comme le "raisonnable", et finalement, d'une certaine façon, le "supérieur". Il a relevé les yeux sur son rival avant de reprendre.

– Je n'aurais pas dû te cogner.

Je pense qu'il aurait voulu en rajouter, peut-être se justifier. Je l'aurais fait, en tout cas. Mais Tobias était plus fourbe, plus perfide qu'il en avait l'air. Se justifier l'aurait peut-être amené à dire quelque chose qui ce serait retourné contre lui. Non, il préférais attendre que Roy dégaine et vise mal pour choper le coup en vol. Malgré tout, il en retirait une satisfaction des plus pures. Cogner Roy, il y songeait depuis des semaines, si ce n'était des années. Il le voyait, tourner autour de tout ce qui possédait une poitrine suffisamment développée pour avoir les hormones en ébullition et s'en retrouver réceptive. Il les lui fallait toutes. Ou presque. Du moment qu'elles ne ressemblaient pas à quelque chose d'aussi banal que moi. Ce qui, finalement, ne laissait pas beaucoup de marge à Tobias. Non pas qu'il fasse la course, bien sûr, mais il avait l'impression que Roy cherchait à toutes les posséder. C'était sa technique, sa manière de faire qu'il détestait par dessus tout. Tobias n'était pas quelqu'un de possessif mais de protecteur. S'il a songé une seconde que Roy aurait fait la même chose que lui à sa place, il n'en a rien dit. Pas sur le moment en tout cas.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy ne s’était pas attendu à ce que Tobias s’excuse. En toute honnêteté, cela contrariait ses plans. C’était dans la provocation qu’il était bon, attiser les flammes, ça, il savait faire. Reconnaître ses torts, beaucoup moins. Roy n’était pas comme Jason, foncièrement raisonnable, avec assez de maturité pour prendre les décisions qui feraient le moins de mal. Il décidait à l’image de ce qu’il était : impulsivement, parfois de façon destructive.

Alors, c’était profondément agaçant que Tobias prenne ce ton mesuré face à lui, alors qu’il l’insultait comme un charretier quelques minutes plus tôt. Parce qu’en s’excusant, il le doublait, en quelque sorte. Cela ne plaisait pas du tout à Roy. Il voyait ses excuses comme une façon de déclarer forfait. Or, quand il y avait forfait, il n’y avait pas de gagnant, c’était précisément ce qui contrariait le Gryffondor. Il se trouvait comme le gamin à qui on avait retiré son dernier jouet sans prévenir : d’abord surpris, puis frustré, à se demander sur quoi il allait se rabattre, à présent… Une chose était sûre, lui ne s’excuserait pas de l’avoir frappé, il n’avait fait que lui rendre la monnaie de sa pièce.

« Ouais, bah tu percutes un peu tard. »

Mince, c’était trop facile de lui mettre une dérouillée, et venir faire le repentant, cinq secondes plus tard ! Roy reposa son mouchoir ensanglanté sur la table de chevet, se refusant toujours à regarder Tobias. Il n’aimait pas qu’on le prenne pour un idiot. Or, il lui semblait justement que Gruffydd se croyait plus malin que lui.

« C’est marrant, reprit-il, d’un ton détaché, tu faisais beaucoup moins le diplomate, tout à l’heure… T’as le sang qui chauffe subitement quand ça touche à ta sœur, ou tu me prends juste pour un crétin ? » Cette fois-ci, il se tourna vers le blond, pour le regarder franchement dans les yeux. « Tu m’la feras pas, mec. Avoue plutôt que ça t’a fait du bien. »

Il ne lui en voudrait même pas, lui aussi, il avait aimé carrer son poing dans sa figure. Il n’aimait pas cette façon qu’avait Tobias de faire le gentil, tout à coup, comme s’il agirait autrement si c’était à refaire. Roy n’y croyait pas une seconde. Sa jolie gueule d’ange blond l’avait toujours rendu méfiant… ou agacé, au choix. Il ne lui laisserait pas le plaisir de s’arracher la couverture du bon gars, alors que pour une fois, ce n’était pas lui qui avait attaqué le premier. Il venait de trouver une faille chez le parfait Tobias Gruffydd, et il comptait bien l’ouvrir autant que possible.


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Mais Tobias ne lui donnerait pas ce plaisir. Pas celui d'avoir réussi à le coincer. Je n'étais pas la seule raison de son emportement. Je n'étais heureusement pas la seule excuse à son comportement. Il n'a même pas sourit lorsque Roy l'a regardé. Il a simplement soutenu son regard. Pour ça, Tobias était aussi doué que moi. Mon frère avait sûrement eu peur que je sois stupide au point de me laisser embarquer. Il avait eu raison, j'aurais été suffisamment stupide.

– Je suis surtout attristé que ma soeur préfère prendre la défense d'un crétin au lieu d'ouvrir les yeux comme il serait temps qu'elle le fasse.

Mais il ne lui avouerait jamais la satisfaction qu'il en avait reçue. Il avait bien trop mal à la main, après coup, pour ça. Main qu'il avait à présent du mal à bouger. Ses phalanges étaient rouges et même égratignées de s'être frottées aux dents de Roy. mais Tobias aussi avait des questions qui fâchent.

– Qu'est-ce que tu venais la chercher ? Elle rentre pas dans tes normes de beauté, Calder, encore moins dans tes standings.

Pour ça, je ne rentrais pas dans les cases. Mais mon frère était curieux. Il nous avait vus, si proches l'un de l'autre, qu'il se demandait véritablement ce que Roy avait bien pu me vouloir car il savait déjà que je faisais partie de ces insipides gamines qui soupiraient après le latino du coin. Pendant un temps, Diggory avait sûrement eu du souci à se faire. Il n'était pas exagéré de dire que mon frère avait repris le flambeau, d'une certaine manière. Et je savais que, derrière son visage d'ange, il en jouait. Pas forcément pour lui. Mais face à Roy. C'était parfaitement stupide et sûrement la raison pour laquelle mon frère ne m'émouvait aucunement contrairement à Roy. J'ai toujours eu cette propension à m'enticher des "faibles" ou bien des "recalés", des "persécutés". Selon la vision de mon frère, Roy était sa victime. Sa proie, ce que je ne cautionnais pas. Du moins, pas jusqu'à ce qu'il m'insulte et m'humilie devant tous les aînés de Gryffondor et même les plus jeunes.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Une satisfaction assez puérile fit sourire Roy, lorsqu’il entendit son camarade reconnaître sa contrariété. C’était donc ce qu’il l’avait le plus blessé : que sa propre sœur ait préféré le défendre, lui… Tobias avait raison. Roy cherchait à toutes les posséder. Tout frais de ses seize ans, il avait commencé une course qui ne s’arrêterait pas de si tôt. Il ne savait pas exactement d’où lui venait cette avidité des femmes, de reconnaissance, et plus tard, d’argent, mais cela avait commencé dès Poudlard, dans un terrain où il s’était découvert ses premiers talents. Parce que Roy avait un ego qui lui en demandait toujours plus. Parce que Roy était comme tout joueur, il se lassait vite de ce qu’il avait déjà obtenu. Alors, oui, il les lui fallait toutes, même la sœur de son rival, et il tirait une nette satisfaction du geste qu’elle avait fait vers lui plutôt que vers son frère, comme une preuve qu’il avait réussi.

Pourtant, il n’était pas parti avec l’idée de faire craquer Shea, au départ. Mais en discutant avec elle, il lui était apparu qu’elle se montrait méfiante, par manque de confiance en elle, ou aux beaux parleurs, sans doute aux deux à la fois d’ailleurs. Et de cette manière, elle s’était malgré elle dotée d’un intérêt, d’une étincelle de défi à relever, pour laquelle Roy ne doutait pas de sa réussite, mais c’était plus fort que lui, il fallait qu’il la réalise. C’était comme s’il cherchait à se rassurer du fait qu’il plaisait même à celles qui faisaient mine de ne pas s’y intéresser, autrement dit, les prudes, les délaissées. Alors il n’avait pas réfléchi, il avait foncé, tout simplement.

« Au contraire, ta sœur a les yeux très bien en face des trous, Gruffydd, elle sait reconnaître une chance qui ne passera pas deux fois. »

Chance que Tobias lui avait subtilisée. Roy était curieux de savoir à quoi allait ressembler l’ambiance des prochains jours entre ces deux-là. Il se contenta d’hausser les épaules quand il lui fit la remarque que sa sœur ne rentrait pas dans ses critères, à quoi il répliqua :

« Non, mais je rentre dans les siens. »

S’il faisait exprès d’appuyer là où cela faisait mal ? Roy ne s’en cachait même pas, à voir son sourire narquois étalé sur sa figure –ou plutôt, le semblant de sourire, à la limite de ce que ses contusions lui permettaient de faire. Et parce que l’arrogance était un état d’esprit chez l’aîné Calder, il poursuivit sur le même ton badin :

« Désolé, j’suis pas aussi propret que toi, j’aime pas la routine. Pour ta soeur, eh bien... Ca fait du bien de changer de cible, de temps en temps. »

Roy n’allait sûrement pas lui révéler ses véritables motivations. Une façon d’essayer de se rattraper pour la bavure qu’il avait commise envers son frère, sans doute. Il pouvait au moins tenter de le tenir éloigné de Tobias.



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J'aurais aimé que Tobias soit un peu plus comme moi, à cette époque. Je n'aimais pas qu'il éprouve toute cette colère. J'avais éprouvé la mienne, quelques temps plus tard, et l'avais regretté. La colère, elle nous faisait dire tant de choses, face à elle nous réagissions de façon si déraisonnée. Elle nous transformait, faisait de nous de piètres personnes. Elle tuait, à petit feu, qui nous étions réellement, au fond de notre coeur. Elle dissimulait notre valeur et nos bons sentiments. Un peu comme l'alcool. Certains éprouvaient de la colère et ne savaient plus comment la calmer sans cogner. D'autres buvaient même sans soif et s'enivrait sans réfléchir au lendemain. Roy et Tobias s'étaient bien trouvés pour ça. Ils avaient sûrement quelque besoin de se défouler l'un l'autre et profitaient mutuellement de leur colère pour exprimer ce qu'ils ressentaient. Peut-être même qu'ils auraient été d'excellents amis s'ils avaient su communiquer autrement que par les coups.

Autant dire que malgré les excuses de Tobias, Roy avait encore de l'énergie à revendre. Et sûrement un désir de mort caché. Ou bien de destruction. Si ce n'était pas le cas de mon frère, ça ne l'a pas empêché de lancer des éclairs à travers son regard. Les dents serrées, il s'est sûrement demandé à quel moment il allait réussir à se maîtriser. S'il se levait, alors Roy gagnait et Tobias serait affublé d'une magnifique punition, probablement jusqu'à la fin de l'année. Or, nous venions tout juste de la commencer. C'était au tour de Tobias d'entrer dans ses 16 ans et il avait probablement fait le même constat, était arrivé à la même conclusion que Roy : il était temps de s'imposer.

Tobias s'est levé après de longues secondes de réflexion où il fixait Roy de son regard bleu glace. Les bras ouverts, il a même poussé grognement, quelque chose de glutural avant de se ruer sur Roy et de le renverser. Il aurait sûrement trouvé quelque chose pour rester calme si son opposant n'avait émit l'idée re me prendre pour cible. Tobias s'imaginait parfaitement de quoi Roy était capable et n'a pas pu supporter l'idée qu'on puisse se venger de lui en se servant de moi. Il a alors bondi de son lit pour fondre comme un prédateur sur une proie, faisant rouler Roy jusqu'à tomber du lit, renversant un paravent dans sa chute. Le bruit occasionné a réveillé l'élève au fond de la pièce mais Tobias s'en fichait. Il s'était remis à ruer Roy de coups.

– Je t'interdis d'insulter ma soeur !

Des coups, il en a pris autant que Roy en a donnés mais je pense qu'à cet instant, il s'est fait plus de mal à lui. Etrangement, cet incident n'a pas entaché sa réputation mais l'a renforcée. Roy avait peut-être gagné avec moi, d'une certaine manière, mais il avait perdu quelque chose avec Tobias. La passion qu'il déchaînait sur son opposant avait forcé l'admiration de ceux qui n'aimaient déjà pas Roy ou qui en avaient assez d'être dans son ombre. Et il s'est attiré le respect et la notoriété auprès des anciennes conquêtes de Roy. S'il avait mal dans chacun de ses os, Tobias était incapable de s'arrêter. Une rage l'animait tant et si fort que, si j'avais été là, je me demande à quel degré j'aurais été effrayée. Assurément que non... Sa réputation et sa notoriété n'avait pas grandi pour moi après ça. Au contraire. Il était mon frère, mon jumeau, et je l'aimais passionnément. mais il m'a fallu plusieurs semaines pour lui pardonner. Les regards que j'ai reçus pendant des jours m'ont parfois coûté cher au cours des matchs de Quidditch. En tant que Batteuse, il m'est arrivé plusieurs fois d'éviter un souffle de justesse. Les colères de Roy et Tobias s'étaient abattues sur plusieurs d'entre nous,d es dommages collatéraux, s'il en est.

Madame Pomfresh est arrivée alors que l'élève hurlait à Roy et Tobias d'arrêter. Elle se mit à hurler, sûrement paniquée à l'idée qu'ils puissent s'entretuer, mais Tobias ne lâchait pas. Il ne sentait plus ni douleur, ni souffrance. Juste la colère et la rage qui l'animaient. D'un coup de baguette, elle les a forcés à se séparer, Roy allant percuter le sommier d'un lit et Tobias un mobile où étaient entreposés des flacons de soins dont certains lui tombèrent dessus. A bout de souffle, il a écouté les remontrances de l'infirmière, le regard plus noir qu'une tempête menaçante. Je crois qu'il aurait pu lui sauter à la gorge aussi. Son coeur battait plus vite que celui d'une souris. Il a regardé Roy à quelques mètres de lui et a esquissé - seulement esquissé - le geste de se relever pour lui sauter dessus à nouveau, mais Madame Pomfresh a agité sa baguette vers lui pour le clouer au sol, contre le mobile. Et d'une voix blanche, entre ses dents, elle s'est exprimée après quelques secondes de battements.

– Par tous les poils de barbe de Merlin, mais que se passe-t-il ici ?! C'est une infirmerie, ici, pas un ring de Skiz !

Mais tout ça, se n'étaient que des bagarres d'écoliers, non ? Aujourd'hui, tout ça nous semblait si... futile.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Il avait eu ce qu’il voulait, au fond. Roy avait tellement bien rouvert la faille, qu’il avait réussi l’exploit de faire sortir Tobias Gruffydd de ses gonds une deuxième fois, en l’espace d’une demi-heure à peine. Et c’était ce qu’il avait cherché, c’était sa vengeance personnelle, parce que cette fois, il l’avait provoqué consciemment. Cette fois, il n’avait pas été pris de court de voir Tobias fondre sur lui pour le frapper. Même si la contrepartie était douloureuse, Roy ressentait un certain plaisir de voir qu’il avait un peu de pouvoir sur ce garçon tellement lisse, qu’il était capable de le débaucher, d’une certaine manière. Il l’avait provoqué, mais il ne passerait pas pour le méchant de l’histoire. Les deux fois, c’était Tobias qui avait fait la bêtise d’en venir aux poings, et Roy pouvait au moins en tirer cette satisfaction.

Pour autant, il récoltait les graines de discorde qu’il avait semées, à force de ne pas tenir sa langue, et cela faisait mal, très mal. Roy ne sut ce qui l’empêcha de perdre connaissance à cet instant, l’adrénaline et la colère, sans doute. Il se souviendrait un moment de cette bagarre, extrêmement violente pour des garçons de leur âge. Il n’avait encore jamais reçu de sortilège Doloris, à cette époque –encore heureux- mais il pariait que  cette méthode parfaitement moldue fonctionnait tout aussi bien. Quand Mrs Pomfresh arriva pour les séparer et le fit percuter le lit, Roy sentit un étourdissement le prendre si fort, qu’il en ferma les yeux quelques secondes. Lorsqu’il les rouvrit, l’infirmière jurait par Merlin, et Tobias lui faisait face, avec un regard obscur qui en aurait fait pâlir plus d’un.

Sans bien savoir pourquoi, la première réaction qu’eut Roy fut de se laisser secouer par un rire, léger, qui prit de plus en plus de sonorité. C’était la seule barrière qui lui restait, rire. Rire pour évacuer toute cette colère, qui ne se décidait pas à partir, malgré tous les coups qu’il avait pu donner pour se défouler. Rire pour essayer de faire croire que cela ne l’affectait pas tant que ça.

« Monsieur Calder, peut-on savoir ce que vous trouvez de si amusant ? » claqua la voix glaciale de Mrs Pomfresh.

Roy releva la tête vers la vieille femme, qui avait toujours sa baguette dégainée en main, au cas où.

« Vous ne trouvez pas ça drôle, vous ? »

Elle secoua la tête d’indignation, face au visage anormalement tranquille du  Gryffondor, dans une telle situation.

« Cela suffit ! Cinquante points de moins à Gryffondor, pour chacun de vous. Dix de plus pour votre insolence, Monsieur Calder. Je toucherai un mot de votre comportement inadmissible au professeur McGonagall, vous ne vous en sortirez pas si facilement, tous les deux. Elle regarda les deux garçons, tour à tour, d’un air furibond, avant d’éclater. Qu’est-ce que vous  attendez pour vous relever, que je puisse tenter de rattraper vos bêtises ?! »

Elle était animée d’une telle rage que Roy ne songea même plus à la contrarier. Il s’exécuta en se rallongeant sur son lit, comme il le pouvait, entre deux grimaces de douleur. Il profita du fait que Mrs Pomfresh s’éloignait pour chercher quelques pommades, pour pester en laissant tomber sa tête sur l’oreiller.

« Sérieux, Gruffydd, pense à fumer de la mandragore de temps en temps, ça te détendra... »

Sa voix était si contenue entre ses dents qui se serraient qu’il n’était même pas sûr que  Tobias l’avait entendu. Il se tut ensuite, il avait suffisamment attisé les flammes, il s’était même un peu  brûlé au passage. S’il avait cherché à provoquer une réaction chez Tobias, c’était davantage de l’ordre du combat verbal, à choisir, il aurait préféré ne pas recevoir une deuxième raclée. Il jeta un œil en coin au garçon, pas moins amoché que lui. Bon, dans un tel état, il pouvait être sûr qu’il n’y aurait pas de troisième fois. Roy n’était même pas sûr d’avoir encore la force de serrer son poing. Il ferma les yeux de nouveau, ne les rouvrit que lorsque Mrs Pomfresh arriva dans un bruit de verres qui s’entrechoquaient, les mains pleines de fioles de potions et d’instruments. Elle s’approcha de Tobias d’abord –Roy prit ça pour une façon de le punir de son insolence de tout à l’heure, bien évidemment.

« Se battre comme des sauvages… pestait t-elle en s’affairant avec ses produits. Mais qu’est-ce qui vous a pris ?

Roy soupira, fermant les yeux de lassitude. Il haussa les épaules en répondant :

« Demandez-lui, il saura mieux répondre. »

Il répétait, tout à son confort dans sa position de victime : ce n’était pas lui qui avait frappé le premier.


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Tobias n'a pas retenu son sourire. Celui qui allait avec l'insolence de Calder. Malgré la masse de points en moins, Tobias a gardé son sourire, simplement parce que Roy en avait fait perdre 10 de plus. Cette punition, ce n'était pas uniquement McGonagall qui leur infligerait mais le reste de la maison. Les autres en riraient bien en l'apprenant, d'ailleurs. Tout se savait, dans cette école. Roy avait manqué de tourner de l'oeil sous la douleur. Ca aussi, Tobias en était fier. Il avait gagné l'avantage en donnant le premier coup, néanmoins, il n'était pas en reste et a senti son visage lui brûler bien plus qu'avant. Et ses côtes aussi.

Deux si beaux visages, abîmés par tant de colère d'adolescent... A l'ordre de Mrs Pomfresh, Tobias a grimacé en posant une main au sol pour se redresser. Si l'adrénaline l'avait secoué et tenu bien éveillé, la chute de tension faisait son oeuvre tout aussi rapidement. Il sentait les courbatures arriver et commençait à regretter. Il allait d'autant plus souffrir le lendemain avec les contusions, il le savait. Il a posé une main sur le bord du lit à côté de lui pour se relever, non sans une grimace et un bras en écharpe pour soutenir ses côtes. Il a légèrement grogné en s'asseyant et porté ses doigts à ses lèvres. Puis, il a fermé les yeux en sentant la douleur piquante se propager dans tout une partie de son visage. Il aurait volontiers craché la boule sanguine qui le gênait mais il conservait un minimum de manières.

_ Va te faire mettre, Calder.

Sa voix était profonde et rauque, gêné par ce qu'il ne pouvait se résoudre à vulgairement cracher sur le sol de l'infirmerie. Mais il n'avait pas parlé plus fort que Calder. Son nez coulait et sa vue s'était troublée. Il sentait dans ses côtes que quelque chose lançait et ça commençait à l'empêcher de réfléchir.

Au retour de Mrs Pomfresh, elle lui a relevé le menton un peu sèchement, lui arrachant plus qu'une grimace avec un gémissement. Il a serré les dents sous le désinfectant, se demandant à quel moment elle avait utiliser sa baguette pour autre chose que les séparer. Mais bien sûr, Roy n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait eu la possibilité de s'amender, de faire profil bas mais il n'avait pas pu se retenir de relancer la machine. Tobias a rouvert les yeux et s'est écrié :

_ La ferme, Roy, bon sang, tu ne sais pas quand fermer ta boîte de scrouts à pétards !

Quand je m'énervais, ma voix vrillait dans les aigus, tel un petit garçon en pleine mue. Tobias, quand il hurlait, c'était toute la terre qui tremblait. J'en étais même jalouse. Je m'étais pourtant entraînée à avoir autant d'impact que lui mais rien à faire... Des deux, il avait pris toute la force et ne m'avait laissé que des miettes, juste de quoi entendre dire que j'étais bien la soeur jumelle de mon frère. Mrs Pomfresh a relevé les mains en reculant d'un pas sous la force que Tobias avait utilisée pour répondre à Roy.

_ Ooohhh, mais ça va suffire, oui ?! 10 points de moins pour Gryffondor à nouveau, Monsieur Gruffydd, ce qui vous apprendra la courtoisie des mots ! Et des maux, pour votre gouverne.

Encore une fois, Roy et Tobias se retrouvaient au même niveau. Et dans le même panier. Mon frère était bien incapable de se calmer, même s'il avait mal. Elle lui a tendu un mouchoir et Tobias a craché dedans, non sans jeter un nouveau regard mauvais à Roy. Il ne payait rien pour attendre. Mrs Pomfresh s'est alors interposée entre eux afin qu'ils ne se voient plus et ne soient donc plus tentés de s'envoyer des roses bien épineuses en travers du nez. Elle lui a collé un sac de glaçons sur les côtes et posé sa main par dessus.

_ Rendez-vous donc utile, jeune homme.

Elle l'a fusillé du regard avant de passer au suivant. Elle a soupiré en regardant Roy et étudié son visage qui était probablement pire à cause d'un nez cassé. Elle a secoué la tête, bien désolée pour ces jolis minois.

_ Comment peut-on être aussi intelligents que ces deux-là et pourtant faire montre d'une telle idiotie, ça me dépasse ! Et vous, Monsieur Calder, auriez-vous décidé de sortir le grand jeu pour votre dernière année ? A ce rythme, le bouquet final risque d'être spectaculaire ! Vous devriez plutôt être occupé à montrer l'exemple.

Assuremment que Tobias n'était pas réputé pour s'énerver sans raison. Roy avait obligatoirement fait quelque chose pour ça. Mrs Pomfresh a alors sorti sa baguette afin de réparer le pauvre nez déboîté de ce cher Calder. Dans son dos, Tobias mimait Mrs Pomfresh en l'exagérant. Ce miel insupportable le dégoûtait. Roy s'attirer même les faveurs des infirmières !
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Roy répondit par un simple rictus aux insultes de son camarade. Il ignorait encore que sa sœur jumelle allait lui sortir exactement la même phrase, treize ans plus tard, mais que cette fois, il en rirait de bon cœur… Il se tut, pour une fois, en partie parce que Mrs Pomfresh était là. Roy avait toujours eu le chic pour se mettre les adultes dans la poche, il savait amadouer les gens, et il en jouait nettement pour s’éviter des remontrances qu’il méritait pourtant largement. Roy Calder pour les professeurs de Poudlard ? Un élève qui s’en sortait tout juste au niveau de ses notes, mais c’était tout de même un « charmant garçon », dont on ne doutait pas de l’intelligence. Il était hors de question que Tobias brise cette image qu’il s’était forgé.

Quand Mrs Pomfresh annonça dix points en moins pour Tobias, ce fut au tour de Roy d’afficher un sourire victorieux vers lui, profitant du fait que la vielle dame ne pouvait pas le voir avec son dos tourné. Cela commençait à faire beaucoup, mais Roy se fichait bien des points qu’ils pouvaient faire perdre à leur maison. L’administration de cette école était vraiment pète-sec, c’était toujours quand on voulait s’amuser un peu qu’on perdait des points… De toute manière, Gryffondor trouverait bien un moyen de se rattraper, avec Potter et sa clique. Ils les avaient bien sauvés quelques années plus tôt, avec cette histoire de pierre philosophale cachée dans le château, Roy se souvenait avoir doucement rigolé en voyant la tête des Serpentard se décomposer, ce soir-là…  

Il haussa les épaules d’indifférence, au regard vengeur que lui lança Tobias. Qu’il essaye de lui faire payer encore, il n’avait pas peur de lui. De toute manière, que pouvait-il faire de pire, à part le tuer ? Or Roy ne doutait pas de la bonne conscience de son camarade, qui devait sans doute être en partie sincère, quand il lui avait présenté ses excuses, tout à l’heure. Oui Tobias était quelqu’un de bien. Quelqu’un d’énervant, mais de bien, à n’en pas douter. Roy avait beau le fustiger, il pouvait comprendre la réaction qu’il avait eue, en le voyant si proche de sa sœur. Pour l’instant, Irina, du haut de ses neuf ans, ne lui causait pas trop de soucis, mais si elle avait eu quelques années de plus et s’était trouvée à se faire courtiser par un garçon qu’il ne supportait pas, Roy aurait agi de la même façon. La seule nuance entre lui et Tobias était que lui était plus possessif que protecteur, donc le courtisan en question n’était  même pas obligé d’être dans les mauvaises grâces de Roy pour qu’il râle, en vérité.

Il fut tiré de ses pensées en sentant l’infirmière lui saisir le menton, pour voir de plus près son nez cassé. Ses plaintes firent sourire le Gryffondor. Si elle savait…

« Au moins, vous vous souviendrez de moi, même quand je serai parti, Madame, répliqua t-il, le ton onctueux.  
-Oh mais je me passerai bien de vos petites manœuvres, jeune homme ! Restez un peu tranquille, que je vous soigne ça. Ne bougez pas, ou vous aurez encore plus mal. »

Un Episkey lancé par la main adroite de leur infirmière suffit à replacer les os de son nez, dans un craquement qui arracha une grimace de douleur à Roy. Il porta la main à son nez envahi d’une désagréable sensation de froid, comme pour vérifier qu’il était bien réparé, mais c’était en vérité pour mieux cacher ses lèvres étirées en un sourire narquois. Il venait de surprendre les mimiques transpirantes de mauvaise foi de Tobias. Etait-il jaloux ? Roy voulait bien compatir, pour lui aussi, ce n’était pas facile de récolter tous les jours des regards envieux.

Son sourire s’effaça bien vite, quand il dût serrer les dents. Mrs Pomfresh appliqua une pommade brûlante un peu partout sur son visage et ses bras parsemés de bleus violacés.  Puis elle entreprit de verser une potion ambrée dans deux petits gobelets métalliques, qu’elle tendit aux blessés.

« Cela vous aidera à supporter la douleur. On peut dire que vous ne vous êtes pas ratés... Elle attendit que les deux garçons vident leurs gobelets, avant de renchérir. Bien, est-ce que je peux vous laisser cinq minutes sans que vous ne vous sautiez à la gorge de nouveau ? Je vais envoyer une note à vos professeurs pour qu’ils soient mis au courant du fait que vous ne pourrez probablement pas assister aux cours demain. »

Roy aurait  bien aimé qu’elle s’en aille sur cette seule bonne nouvelle de la journée, mais Mrs Pomfresh  parut hésiter quelques secondes, sans perdre sa mine sévère, avant d’ajouter, désireuse de conclure proprement cette histoire :

« Mais je veux que vous vous présentiez vos excuses, d’abord. »

Si la demande le laissa muet quelques secondes, Roy ne tarda pas à tendre sa main vers Tobias. Il ne laisserait pas Mrs Pomfresh écrire à leurs professeurs qu’il avait fait preuve de mauvaise volonté, même s’il devait reprendre avec la plus grande hypocrisie les mots de son camarade :  

« Je suis désolé, je n’aurais pas dû te cogner. »


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Ne pas aller en cours le lendemain, ça c'était quelque chose qui agaçait mon frère. S'il aimait s'amuser et les débandades, il aimait avant tout étudier. Et manquer une journée voulait dire devoir rattraper des cours qu'il n'aurait pas suivi... Sur moi. Je prenais mal mes notes, je n'étudiais que très peu, j'étais extrêmement moyenne comme élève. Je n'avais d'yeux que pour le vol et le Quidditch. Aussi, il a eu l'envie de foudroyer Roy du regard, malheureusement, s'ils en était là, c'était sa faute. Il a donc inspiré profondément avant de prendre le remède de Mrs Pomfresh d'un cul sec, non sans une grimace. Il allait accepter son sort, parce que c'était de sa faute. Il n'allait rien dire et juste tourner le dos à Roy en attendant que le remède fasse effet. Mais le couperet de Mrs Pomfresh l'a laissé interdit. Il reposait le gobelet sur la table de nuit et a levé des yeux sur elle de dément. Etait-elle sérieuse ? L'infirmière ne faisait finalement que rarement d'humour. Et puis Roy a tendu sa main. Avec sa réplique.

Tobias a cru devenir ivre de rage. Il a levé les yeux de la main de Roy pour les porter sur son visage. Les lèvres scellées, il n'en croyait pas ses oreilles - et ses yeux. Il l'a vu. Il a vu son aîné reprendre ses mots pour se faire mieux voir par l'infirmière. Il n'en pensait rien, pas une seule seconde et il reprenait ses propres mots, non pas pour Mrs Pomfresh, mais pour provoquer purement et simplement Tobias. Alors mon frère a vivement tourné la tête vers l'infirmière.

– Je me suis déjà excusé sans vous avoir attendue et je dois me remettre à genoux ? C'est une plaisanterie ?

Dans sa profonde diplomatie et son aptitude à se sentir meilleur que les autres, Tobias en oubliait parfois qu'il n'était qu'un adolescent. Sans pour autant être imbu de sa personne, il pouvait parfois manquer d'un peu de modestie. Et quand il était vexé comme ce jour là, il manquait surtout cruellement de patience. Alors il a montré Roy d'un geste de la main.

– C'est un leurre ! C'est moi qui l'ait frappé, par deux fois. Il essaye juste de vous amadouer.

Mrs Pomfresh, n'aimant pas spécialement qu'on revienne sur ses requêtes, s'est penchée vers Tobias et lui a tapoté le côté de sa joue qui était le moins touché. Et puis, elle a souri.

– Mon garçon, si vous voulez avancer dans la vie, vous allez devoir apprendre à être humble, même face à l'injustice. Il est important de comprendre que ce n'est pas en vous rabaissant au niveau de votre assaillant que vous en obtiendrez plus de lauriers. Je vous invite à méditer ça.

Elle s'est redressée et a regardé Roy avec un sourire.

– Voilà qui vaut autant pour l'un que pour l'autre. Alors maintenant, présentez vos excuses. Pas de bagarre dans mon infirmerie. J'attends, monsieur Gruffydd si vous ne voulez pas que votre aveu coûte 50 points de plus à votre maison !

Tobias a cligné des yeux en tournant la tête alors que Mrs Pomfresh croisait les mains devant elle, postée entre nous. Il a soupiré en s'humectant une lèvre. Cette philosophie, Tobias l'emploierait à multiples reprises au cours des années suivantes. S'il devait avoir au moins appris une leçon de tout ça, c'était bien celle-ci. Il n'a eu que de cesse de me rabâcher les oreilles avec, d'ailleurs. Quoiqu'il en soit... Il a décidé de l'appliquer aussitôt. Tobias a soupiré mais Mrs Pomfresh attendait toujours. Alors au bout de quelques secondes, il a abdiqué. Il a changé de main sur les glaçons pour libérer la première et l'a enfin tendue à Roy. Mais il ne fallait pas non plus trop lui en demander. Alors il ne s'est exprimé qu'entre ses dents.

– Je suis désolé.

Une musique douce aux oreilles de Mrs Pomfresh.
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Si Roy était ravi de voir Tobias s’enfoncer tout seul en reconnaissant l’avoir frappé, il l’était moins de ce que ses aveux sous-entendaient. Puisqu’ils étaient lancés dans une course à qui serait le garçon le plus honnête… Roy pouvait bien continuer de faire semblant.

« Mais j’ai répliqué, fit-il remarquer, comme s’il était un garçon plein de raison qui se rendait compte de son erreur. Ce n’était pas très intelligent de ma part… »

Il ne laisserait pas le choix à Tobias, il allait accepter ses excuses, aussi hypocrites soient-elles. Soit il les acceptait, et tous deux passeraient pour des garçons raisonnables, soit il les refusait, et Tobias serait le seul à paraître immature. Telles étaient les options qui se présentaient à lui. Roy eut à peine le temps de s’enorgueillir de l’avoir poussé dans ces retranchements, que Mrs Pomfresh s’empressait de rééquilibrer les choses, signalant qu’elle n’était pas si dupe que cela. Elle leur délivra une leçon de sagesse, que Roy, tout adolescent qu’il était, s’empressa de ranger dans un coin pas très visité de son cerveau. Oui, oui, il aurait le temps d’y penser plus tard. Un jour. Pour le moment, il regardait Tobias sans un mot, mais l’insistance avec laquelle il le fixait semblait dire « Allez, Toby, ca serait dommage de nous faire perdre cinquante points, encore... ». Sous la pression ferme de Mrs Pomfresh, Tobias finit par capituler. Roy fit l’effort de ne pas laisser éclater son sourire de victoire, même si ses yeux, eux, pétillaient de suffisance. Il serra brièvement la main du Gryffondor, puis se tourna vers l’infirmière.

« On se tiendra tranquilles, c’est promis ! »

Et ils le firent. Après cela, ni l’un ni l’autre ne cherchèrent à s’adresser la parole, ils se tournèrent simplement le dos, acceptant cette trêve temporaire, comme un cessez-le-feu où les deux camps étaient sensés soigner leurs blessures. L’intervention de Mrs Pomfresh avait été salvatrice, finalement. Roy la soupçonnait tout de même d’avoir glissé quelque chose de pas très net dans leur potion, car il ne lui fallut pas plus de dix minutes de silence pour s’assoupir profondément. Quand il rouvrit les yeux, l’infirmerie était plongé une obscurité quasi-totale. Il exécuta un mouvement pour changer de côté. Il n’aurait jamais dû. Toutes ses contusions avaient repris du poil de la bête, pendant son sommeil, semblait-il. Son corps entier cria sa douleur à son mouvement, et il s’en fallut de peu pour que Roy ne fasse pas la même chose. Juste un geignement lui échappa, puis un soupir, quand il choisit de s’immobiliser. Dans le calme silencieux de la nuit, sans la tête de Tobias pour l'irriter, et avec la sienne un peu dégonflée par la fatigue, il pouvait commencer à regretter un peu. Mais vraiment, qu’est-ce qui lui avait pris de faire une telle démonstration de boxe pour une histoire si futile ?


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Tobias a secoué la tête. Roy n'était qu'un beau parleur. Un imposteur. Mais il l'a laissé avoir le dernier mot. Il s'est allongé sur son lit alors que Mrs Pomfresh s'éloignait enfin pour les laisser se reposer. Si Tobias a tenté de lutter pour ne pas dormir, il n'a pas réussi longtemps. Il était trop tôt pour lui, il était encore bouillant de colère et son coeur battait si vite. Il lui fallait avant tout se calmer, décompresser. Il voulait repenser à ce qu'il avait fait et qui plus est, il ne supportait pas cet endroit. C'était trop calme, trop froid. Et puis il a entendu la respiration de Roy qui s'était calmée. Il n'entendait que lui, à quelques mètres. De loin, il voyait la petite lampe de Mrs Pomfresh qui devait étudier je ne sais quel sérum. Mais Tobias refusait toujours de fermer les yeux. Et plus il luttait, plus la douleur dans ses côtes le lançait.

Mais quand il a cligné des yeux, il les a rouvert sur du noir. Mrs Pomfresh n'était plus là, l'infirmerie était plongée dans le silence et il n'a aperçu que la lueur de la lune par les fenêtres. Il s'était assoupi ou avait-il profondément dormi ? Un mal de tête lui cognait les tempes et il a grimacé en portant une main à son visage. Le souvenir de Roy se retournant contre lui était encore si vif qu'il n'avait pas dû dormir aussi longtemps qu'il n'avait besoin. Il n'osait plus bouger, tout son corps hurlait. Au moindre millimètre, il sentait son corps s'éveiller à la douleur. Et puis, ses paupières ont recommencé à se fermer, lentement avant qu'il ne sombre pleinement dans le sommeil.

Il s'est réveillé à nouveau deux heures plus tard, gêné par la douleur qui l'empêchait de bouger. Mon frère était quelqu'un qui bougeait énormément, ce qui n'était pas mon cas. Je prenais beaucoup de place, oui, mais une fois installée, je me réveillée dans la même position. Quand nous dormions ensemble, chez ma tante, il finissait toujours par terre. Parce que je lui avais mis un coup durant la nuit en m'étalant et parce que dans mon rêve, je le passait par dessus le bord d'un bateau qui tanguait trop. Notre enfance a parfois été agitée pour mes parents...

Le temps qu'il retrouve une place confortable, Tobias a entendu les gémissements de Roy et a rouvert les yeux sur le plafond. Il se sentait lourd et épuisé. Mais à la respiration de Calder, il le savait réveillé aussi à présent.

– Tu dors pas, Calder ? Cesse donc de gigoter.

Il a grimacé légèrement en gigotant pour trouver une nouvelle place qui ne lui donne pas l'impression que ses côtes lui perforait un poumon.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy se sentait encore épuisé, malheureusement, la douleur toujours présente dans ses muscles ne l’aidait pas à se rendormir. Il resta quelques minutes à n’écouter que le bruit de sa propre respiration, en plein dans ses pensées. Maintenant que son animosité envers le frère et la soeur Gruffydd s’était atténuée, il était en proie à un sentiment beaucoup plus rongeant et dérangeant à la pensée de son frère à lui. Jason serait forcément mis au courant de cette histoire. Non pas qu’il craignait son petit frère, mais Roy n’avait pas voulu lui faire de mal. Or il savait que ses agissements blesseraient probablement Jason. Il avait sans doute eu raison, finalement, à son sujet… Il n’était bon qu’à tout faire planter. Quelque part, constater qu’il justifiait complètement la méfiance de son frère à son égard lui faisait plus mal que les hématomes qui lui clouait les côtes sur le lit.

La voix de Tobias interrompit ses pensées. Roy l’avait entendu bouger, il avait vainement espéré qu’il se rendormirait. Garderait le silence, au moins. Ce n’était pas comme s’il avait envie de faire la conversation avec ce crétin blond. Le ton beaucoup moins moqueur que plus tôt dans la journée, Roy rétorqua :

« Personne ne t’a obligé à prendre le lit juste à côté du mien, hein… Et je ne bouge pas autant que toi »

Il se tut, pestant intérieurement après Gruffydd. Tout était de sa faute. Pourquoi s’était-il senti obligé de jouer les grands frères envahisseurs ? Franchement, ce n’était pas comme Shea avait quoique ce soit qui aurait pu l’intéresser. Il n’en revenait toujours pas de s’être fait amocher à ce point pour une fille qui n’en valait même pas la peine… L’ironie de la vie, ou une punition divine, peut-être. Soupirant légèrement, Roy s’efforça de revenir à des pensées plus calmes, pour essayer de se rendormir. Après quelques minutes de silence, où son corps le faisait toujours souffrir et l’empêchait par conséquent de dormir, il finit par reprendre la parole :

« Toi aussi t’as l’impression qu’un troll s’est assis sur tes côtes ? »

S’il pouvait au moins se rassurer de la pensée que Tobias souffrait aussi…


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Mon frère était toujours plus intelligent qu’il n’y paraissait. Répondre à Roy n’aurait servi à rien, il le savait. Alors il s’est tu. Et il a même tenté de se rendormir mais en vain. Il était réveillé maintenant, douleur ou non. Quand il a entendu se voix résonner à nouveau dans l’infirmerie, Tobias a vivement tourné la tête vers lui. Non par humeur ou avec rage, simplement, il était étonné qu’il lui adresse la parole de façon… Normale ? Communicative ? Etant réveillé, il ne crachait pas à de la compagnie. Même si elle venait de Roy. Il a acquiescé en silence avant de répondre.

« Un troll… Et sa trollesse avec. »

Tobias a eu un sourire en reportant le regard sur le plafond. Si, moi, je n’étais pas d’une grande popularité auprès de la sorcellerie masculine, mon frère, quant à lui, connaissait l’inverse. Et tout bon samaritain qu’il était, si une jolie fille traversait son champs visuel, même en gardant ses bonnes manières, au fond, dans sa tête… Il était comme Roy. Mais c’est à cause d’un rire, même léger, que mon frère s’est remis à grimacer, donnant donc tout plaisir à Roy de profiter de sa douleur sans gêne.

« Avec un Détraqueur, en prime… »

Son visage le faisait finalement plus souffrir que le reste. Roy n’y avait pas été de main morte et il espérait lui avoir vaillamment rendu les coups, voire, qu’il avait d’autant plus mal que lui. Il s’est passé une main sur le visage avant de soupirer.

« Qu’est-ce que tu lui voulais ? »

Tobias a tourné la tête vers lui, le ton un peu plus sérieux. Il ne s’était pas contenté de s’en prendre à Roy, il avait cherché à me protéger de quelque chose. Tobias n’avait rien contre Jason, bien au contraire, il le trouvait de bon goût, sympathique et sérieux. Rien à voir avec son frère. Alors pourquoi Roy s’était-il approché de moi ?

« Elle n’est pas ton genre, elle n’a rien des filles sur lesquelles tu lorgnes en inondant la salle de potion avec ta bave de troll. Alors qu’est-ce que tu lui voulais ? »
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Entre frères envahisseurs [Tobias/Roy]

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