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 Edinburgh, mon Amour [Shealex]

Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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Edinburgh, mon Amour
Alexandre MacFusty & Shea Gruffydd


Shoshannah Darwiche
c/o Mrs. Anane Darwiche
11 Castle Rd
Dunure,
Ayr KA7 4LW
Scotland
United Kingdom










31 Août 2008
Très cher Alex,

J'ignore si vous avez déjà répondu à ma précédente lettre. Ma tante étant partie avec mes cousins et mon père retrouver mon frère aîné au Liban et n'étant pas chez moi, je me vois obligée de faire sans votre écriture ce qui, étrangement, me manque.

Connaissez-vous le festival de Glastonbury ? Dans le sud-ouest de l'Angleterre, près des pierres levées de Stonehenge. Chaque année, des milliers de personnes s'y retrouvent pour danser, chanter et revenir aux sources de ces terres mystiques qui ont inspiré plus d'un écrivain. Il m'arrive d'y aller avec des amis de ma ville natale. Une façon de nous retrouver et de fêter l'été ensemble. Il se tient sensiblement le même festival tout le mois d'août à Edimburg. Demain sera mon premier jour en tant que professeur dans mon ancienne école. Je suis venue passer quelques jours chez une amie faire un peu de tourisme et nous en profitons pour aller au festival avant qu'il ne se termine.

C'est à croire que toute la ville est en ébullition ! Pour ma part, je préfère rester assise en attendant que mes frères aient fini d'épuiser ma mère. Je suis malade en transport et je ne vous cacherai pas que je ne me sens pas très bien. Comme d'un fait exprès, le soleil cogne dur, aujourd'hui ! Je profite donc de ma tranquillité qui ne va pas durer pour vous écrire quelques mots en espérant que vous allez bien.

Cette année, c'est un véritable festival de culture ! Certains sont venus du monde entier pour faire découvrir leurs coutumes et leurs moeurs qui diffèrent tellement des nôtres ! Quand j'aurai terminé de vous écrire, j'irai me balader. J'ai vu une tente sur la culture écossaise à quelques stands d'ici. Cette année, ils présentent des histoires percutantes sur les temps de guerre, sur les relations entre la culture et le conflit, sur la capacité des artistes de transcender un environnement difficile afin de créer quelque chose de sublime, et sur le rôle de la culture dans le rassemblement des identités et du sens de l’esprit national. Même étant galloise, j'aurai l'impression d'être plus proche de vous. Qui sait ce que j'apprendrai ! Même si j'ai toujours aimé l'Ecosse, je ne m'y suis jamais autant intéressée que ces deux derniers mois.

J'aurais aimé que vous soyez là pour me faire vous-même la lecture.

Je vous embrasse,

Shea


Quand je me suis rendue compte de ma signature, il était déjà trop tard. Et je n'avais pas le courage de recommencer. Je haussai une épaule et me relue, non sans jeter un regard à la tente dans laquelle ma mère et mes deux frères avaient disparu. Je ramenai une mèche de cheveux derrière mes oreilles et penchai la tête en pliant ma lettre. Malgré ma tunique blanche et mon short en jean, j'étais morte de chaud. Je rangeai la lettre dans mon sac et attendis encore quelques minutes le retour de ma famille et de mes amis en sirotant mon jus de citrouille à la cannelle ( ).

Transplaner avec mon frère m'avait rendue passablement malade et j'attendais que mon estomac retrouve sa position normale pour me lever de la table et repartir à l'aventure. Le village où se tenait le festival n'était même pas à une heure de route. Pourquoi fallait-il obligatoirement transplaner ? Lip n'avait pas voulu perdre de temps. Il voulait tout, tout de suite. Il voulait être là à l'ouverture et ne partir qu'à la fermeture. Bien sûr, nous n'avions pas pu venir avant et j'allais donc devoir rentrer à Pré-au-Lard en transplanant avec mon petit frère à nouveau. Mon premier court de vol le lendemain s'annonçait... prometteur.


transcription:
 


After all we've been through.
Everything that I've done.
It can't be for nothing.

Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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« Stad iomluasgach, » grogne un père face à une progéniture qui ne tient pas en place.
Le petit garçon écoute environ cinq secondes, puis, n'y tenant plus, recommence à s'agiter, posant des difficultés à l'homme qui tente de l'aider à fixer le petit kilt sur ses hanches et le béret sur sa tête. Les grands yeux bleus du petit garçon finissent par se poser sur le visage anguleux de l'homme, comme fascinés un instant par l'air concentré de celui qui, jamais, n'aurait pensé que s'occuper d'un enfant signifiait aussi l'aider à s'habiller.
Il faut dire que le kilt de sortie est plus compliqué à enfiler que le kilt de tous les jours, et l'enfant ne se laisse pas souvent faire pour être présentable. Sa grand-mère n'est-elle pas toujours en train de râler comme son petit-fils rentre tout crotté, la chemise trouée et le kilt déchiré ?
Mais Alexandre, comme souvent, a su trouver les mots. Il avait promis au petit garçon une sortie entre hommes, juste tous les deux, loin des autres membres du clan. Toujours très occupé, il peinait souvent à aménager du temps pour l'enfant ; il s'efforce de s'occuper de lui au réveil, et de passer toujours au moins une heure le soir avec lui, dans la mesure du possible, s'occupant de son coucher notamment. Régulièrement, le petit Lúcas le suivait dans ses trajets, ses sorties, dans ses tours sur l'archipel. Mais il faut avouer que, même au regard du grand homme, ce n'est pas suffisant.
Une journée, de temps en temps, l'un avec l'autre, leur faisait le plus grand bien. Loin des responsabilités du chef, loin de leur environnement habituel.
Et puis, il a bien conscience qu'être insulaires coupe l'enfant du monde, même celui de sa propre nation, quand bien même celle-ci est-elle asservie par les sassenachs. Édimbourg est un lieu incontournable, il le sait.
Ce festival était l'occasion idéale.
« Fuirich mionaid, » ajoute-t-il à nouveau alors que le petit n'attend que de pouvoir repartir courir en tous sens. L'adulte attrape un mouchoir, débarbouille rapidement la frimousse de son fils et le relâche enfin, se redressant de toute sa hauteur.
Kilt de la même couleur que celui de son fils, d'un rouge flamboyant rayé de noir, sporran de surcroît, chemise blanche et blouson de cuir sur les épaules, Alexandre s'interroge sur la nécessité d'un béret. Pour Lúcas, la question ne se pose pas : si le rare soleil écossais était de sortie, il ne voulait pas prendre le risque d'une insolation. Mais lui … ?
Il y renonce, s'assure de la présence de sa baguette dans sa manche, de gallions et autres mornilles dans son sporran. L'enfant revient vers lui à l'appel de son père, lui prend la main.
Encore quelques instructions de sécurité, un rappel qu'ils ne seront plus sur l'archipel et donc que les mécanismes – et règles – sont différents, et, alors que le garçon fait des mimiques pour faire comprendre son agacement – et que le père hausse le ton pour le remettre à sa place –, la poigne autour de la petite main se serre.
Pop.

Le fond de l'air est frais.
Mais le soleil pour le moment est au rendez-vous.
Du moins ne pleut-il pas. Pour un Écossais comme Alexandre, on dirait qu'il fait beau. Quelqu'un d'autre ne partagerait peut-être pas son avis.
Il a fait le choix de transplaner dans un coin reculé de la Royal Mile, dans un des passages de ruelles, à l'abri des regards. Lúcas, peu perturbé par le transport, l'est davantage par la ville, même si ce n'est pas la première fois qu'il y vient. Il ne lâche pas la main de son père, intimidé par tous les moldus qu'ils croisent dès lors qu'ils s'engagent sur la grande avenue.
L'enfant est toujours impressionné par les hauts bâtiments et l'atmosphère bien spécifique de la ville. Il regarde autour de lui, ricane des touristes moldus épatés par des histoires de fantômes contés par un guide. Il suit le pas de son père, ralenti pour qu'il puisse rester sans mal à sa hauteur, reste près de lui sans sourciller.
Ils marchent une dizaine de minutes, remontent la rue. Ce n'est que lorsqu'ils arrivent tout en haut, apercevant déjà le château, qu'ils bifurquent brusquement vers un autre passage étroit, sur la droite. Le garçon se rapproche de son père, serre ses doigts dans sa paume moite.
Alexandre a un mot rassurant pour son fils, le soulève pour le retenir d'un bras, pose la main gauche sur la pierre du mur du passage. Il vérifie que personne ne les voit – évidemment, les moldus ne voient pas, puisqu'ils ne savent pas regarder – et pousse la pierre sous sa main.
Et le sol s'ouvre sous leurs pieds.
Lorsque la sensation dérangeante se dissipe, l'homme pose son fils à terre. Lúcas, un peu pâle, s'efforce d'avoir le dos aussi droit que son père, le port aussi altier. Un éclat de fierté passe dans les yeux de l'adulte qui, sans reprendre la petite main, pousse le petit d'une présence entre ses omoplates, l'encourageant à avancer vers le festival qui, déjà, s'étend devant les yeux.

Lúcas est pour le moins impressionné. Comme à son habitude, il se met à commenter tout ce qu'il voit, attire son père ici et là, rit de tout et de rien, demande des explications à celui qu'il voit comme un modèle incontesté. Ce dernier s'y plie volontiers, essaie d'expliquer avec des mots simples, des concepts faciles à comprendre pour un enfant qui, du haut de ses sept ans, ne peut saisir tous ce qu'un adulte est en mesure d'appréhender.
Ce n'est que lorsque mini-lui clame sa faim qu'enfin il réalise le temps qui passe. Lui aussi commence à avoir faim, ce qui quand on connaît son appétit n'est pas peu dire. De sa haute taille et avec l'odorat aiguisé de l'enfant affamé, Alexandre ne met longtemps à trouver où ils pourraient se rendre. Lúcas court déjà faire la queue pour obtenir un repas, rejoint par un père plus calme qui scrute déjà les tables pour trouver une place disponible. Ils doivent attendre un moment encore, et, sans surprise, les voici qui repartent en quête d'une place, le garçon devant, le père tenant une assiette de haggis dans chaque main.
Non, aucun des deux n'a su résister à l'appel de la panse de brebis farcie.
Il faut dire que le contenu des assiettes fait envie, avec sa viande hachée aux bonnes odeurs d'épices, sa purée de navets et celle de pommes de terre.
Et c'est l'instant où le chef de clan se félicite d'avoir collé le traditionnel béret bleu sur la tête de sa progéniture : il ne le perd pas dans la foule, malgré l'enthousiasme enfantin.

« B'jour Mamzelle ! Je peux m'asseoir avec mon père ?1 »
Le sourire partiellement édenté que Lúcas adresse à Shea est absolument adorable. L'enfant a hérité du charme de son père, et s'en sert inconsciemment. Cela dit, il n'attend pas vraiment de réponse et prend place à côté de la dame, faisant de grands signes à son père pour qu'il vienne s'asseoir en face d'eux.
Il n'attend pas non plus qu'il arrive.
Nouveau sourire pour Shea, et le voici qui se redresse, essaie de guetter son carnet.
« Tu étais en train d'écrire ? Tu es écrivain ? Aislin veut devenir écrivain, tu le savais Papa ? Elle dit qu'elle sera la meilleure écrivaine de tous et qu'elle n'aura plus à vivre dans les Hébrides parce qu'elle veut pas faire le même travail que ses parents, parce que, t'sais, c'est trooooop ennuyeux... Mais elle comprend pas, hein ? Je suis sûûûûûr qu'elle changera d'avis. Si je serais à sa place...2
- Étais.3
- … Oh, oui, si j'étais à sa place, je partirais jamais. C'est comme... On peut pas trouver un autre endroit, non ? Pis où elle trouverait son inspiration, genre ? La mer c'est le plus important, t'sais, Grand-Mère l'a dit ! Tu es d'accord, hein, Mamzelle ? J'ai raison, hein ?4 »
Les grands yeux bleus se tournent donc vers Shea, et Alexandre, installé entre temps, pousse l'assiette vers le petit garçon, amusé.
« Oui, mange ton haggis et laisse la jeune femme tranquille, hm ? » Lúcas hausse les sourcils, attrape une fourchette, la glisse dans la purée, ouvre la bouche pour parler... « Pas la bouche pleine, bonhomme.5 » … Et la referme aussi sec. « Veuillez l'excuser. Il est très sociable. Et bavard.6 »
Et ce n'est rien de le dire.
___________________
1Hi miss ! Can me Da' and I sit wi' ye ?
2Were ye writin' ? Are ye a writer ? Aislin wants tae be a writer, did ye ken tha' Da' ? She says she will be the best wrrriter ever and tha' she wilna ha' tae live in the Hebrides anymore 'cause she doesna wan' tae dae the same job as her parrrents, 'cause, ken, 'tis saaaaae borrrin'... Bu' she doesna understand, aye ? I am suuuuurrre she'll change herrr mind. I would if I was in her shoes...
3Were.
4Och, aye, if I were in her shoes, I would never leave. 'Tis like... Ye canna find tha' somewhere else, aye ? And where would she find her inspiration like ? The sea is the most important thing, ken, GrandMa said ! D'ye agree, Miss ? I'm rrright, aye ?
5 Aye, eat yer haggis and leave the lady alone, will ye ?… Nae wi' yer mouth full, lad, aye ?
6Sarry 'boot that. He's verra sociable. And chatty.


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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En entendant une petite voix m'interpeler, je sursautai, ma paille tressautant en m'éclaboussant légèrement le nez. Je plissai les yeux sous la surprise et portai mon attention sur le petit brigand à jupe qui me sifflait presque à me demander mon numéro de téléphone. Son sourire envahit ma poitrine de chaleur et je l'imitai alors qu'il parlait.

Et parlait, parlait, parlait. Comme un véritable moulin ! Pire que moi lorsque j'étais nerveuse. Mon sourire n'eut de cesse que de grandir, amusé et émerveillé par ce petit garçon qui ne me connaissait pas et partageait déjà avec moi tout son monde. En entendant une tierce voix inconnue, je relevai les yeux sur un adulte, mon sourire s'évanouissant quelque peu sous la surprise. Il était grand. Trop grand. Sa crinière rousse me rappelait celle de ma mère que j'aurais tant aimé avoir. J'étais née blonde comme les blés, comme mon frère, des restes de mes grands parents paternels. Mais depuis que je le pouvais, je passais mes cheveux par toutes les couleurs. Le roux avait ma préférence. Sa voix était profonde, comme si elle pouvait vibrer en moi. Ses yeux perçants m'intimidèrent également mais déjà je reportai mon attention sur l'enfant qui reprenait en s'asseyant à côté de moi. Attendrie, je me mordis une lèvre en souriant un peu plus. Je n'avais jamais eu dans l'idée d'avoir des enfants. Cette idée ne m'est jamais même venue à l'esprit. Je possédais une famille nombreuse, déjà, je n'avais pas ressenti le besoin de l'agrandir plus que ça.

Plus il parlait, plus il me rappelait moi. J'aurais pu tenir le même discours - même à mon âge - concernant ma Cité que j'aimais par dessus tout. Elle n'était pas belle à proprement parler. Elle était comme moi, imparfaite, n'entrant pas dans les canons de beauté mais conservait son charme. Je ris en le voyant obéir à son père au doigt et à l'oeil. Je secouai la tête pour répondre à ce dernier. Aucun signe de mère dans les parages mais cela ne me choqua ni ne me rendit curieuse. Ce spectacle, je l'avais déjà offert avec mon père et mon frère jumeau. Mon père... C'était un bel homme. Grand, le teint hâlé, les cheveux et les yeux sombres. Malgré son nez propre à la morphologie arabisante, pire que le mien, son sourire ravageur en faisait pâlir plus d'une. Ma mère la première, malgré toutes les épreuves qu'ils avaient traversé. Je conservais même le doux rêve qu'un jour, ils se retrouvent et perdent la raison ensemble, vieux et fatigués par une longue vie bien remplie au fond de leur lit. Autrement dit, quand nous étions petits et que ma mère ne nous accompagnait pas car le monde moldu n'était pas sa tasse de thé, combien de femmes s'étaient arrêtées pour le féliciter d'avoir de si beaux enfants - mon frère surtout - et qu'il avait répondu poliment d'un sourire. Aujourd'hui, quand nous sortions, rien que tous les deux, je voyais quelques regards en coin, se demandant si j'avais l'âge d'être sa fille ou son amante. Mon père avait et aurait toujours du succès. Nul doute que celui-ci rencontrait probablement les mêmes compliments avec une pupille aussi vive et entreprenante que la sienne.

Quant à leur kilt... J'admirais ces Ecossais qui n'avaient pas peur du ridicule. Mais j'apprendrai, plus vite que je ne le pensais, à ravaler cette moquerie pour la remplacer par un tout autre sentiment. Non, cet enfant ne me dérangeait pas. Au contraire, j'en avais oublié la nausée qui m'agitait l'estomac malgré leur accent qui me donnait violemment le tournis. Mais ma mère m'avait offert une très bonne oreille grâce à laquelle j'excellais en langues vivantes. Et quand on est capable de dissocier le patois gallois... Le vieil écossais serait bien insolent de chercher à se protéger ! Mais mon propre accent n'était que léger, je n'avais pas été pleinement immergée dans la culture de ma mère. Je repliai alors une jambe sur le banc, me plaçant ainsi parallèlement à la table mais face au petit garçon. Je reposai mon gobelet et ouvrit suffisamment mon sac pour en prendre mon carnet, la lettre pour Alex précieusement pliée à l'intérieur, prête à être postée d'Edimbourg avant de rentrer. Si Lip voulait que je transplane pour rentrer, il allait d'abord devoir me déposer à la poste ! Je pris enfin la parole.

– Non, je ne suis pas écrivain. Mais j'écris beaucoup ! Je suis comme toi, j'aime parler ! Alors j'écris plein de hiboux ! De la même façon que toi, j'aime mon chez moi, je viens de la Cité Nimbus, tu connais ? C'est là-bas qu'on fait les balais. Je suis née là-bas et j'espère bien y mourir quand je serai très vieille ! Mais je suis d'accord, la mer c'est trèèèèès important. C'est gorgé de surprises !

Je pouffai de rire en le regardant manger et je m'accoudai sur le bord de la table pour poser ma tête dans ma main. Ah, il était bavard, hein ? Quand on me lançait, je pouvais difficilement m'arrêter.

– Alors comme ça, tu viens des Hébrides, hein ?

Des Ecossais, des kilts, la mer, les Hébrides... Tout me rappelait Alex. Je venais de fermer la lettre et je nourris à nouveau l'envie de la rouvrir pour m'exprimer. Tout me faisait penser à lui. Si j'avais reçu sa lettre avant, je n'aurais pas mis si longtemps à faire le rapprochement. Mais entre mes voyages, ceux de ma tante et son propre emploi du temps, le mois d'août m'avait semblé si long sans ses lettres. J'avais moi-même mis du temps à répondre à la dernière. Avais-je dit quelque chose de trop qu'il cesse notre correspondance ? Peut-être m'étais-je montrée trop bavarde, trop curieuse et avait-il alors décidé de se passer de mes questions harassantes. Quoi qu'il en soit, mes pensées tournées vers lui, mes lèvres accueillaient un sourire rêveur. J'espérais seulement que le père ne voyait pas d'inconvénient à ce que j'entretienne la conversation avec son rejeton. Sans retirer ma tête de ma main, je repris :

– Et ton amie Aislin écrit des romans, alors ?

[JE SAIS !!!! Il faut qu'il oublie quelque chose. Genre le béret du gamin qui tombe ou un truc comme ça. Et elle lui renvoie en répondant à la lettre qu'elle n'a pas encore reçue. Signe qu'elle a fait le lien, comme il le fera également.]


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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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A Dhia.
Visiblement, ils sont tombés sur une jeune femme qui, elle aussi, aime se lier aux gens. Un sourcil roux se lève au dessus des yeux bleus, mais Alexandre se garde bien de faire tout commentaire. Il veille au comportement de son fils du coin de l'oeil, jauge son interlocutrice avec sa méfiance naturelle.
Mais, globalement, il ne fait rien d'autre qu'écouter.
Ça, pour écouter, il est bon ; bien meilleur que pour parler, par ailleurs.
Lúcas, lui, est ravi d'avoir trouvé quelqu'un prêt à partager un peu avec lui. Il en oublierait presque son haggis s'il n'était pas affamé, motivé de surcroît par sa gourmandise.
Assez peu diplomate, comme beaucoup d'enfants, il hausse les sourcils lorsqu'il entend la remarque de sa nouvelle copine.
Quand elle sera vieille ?
« Mais tu es vieille, non ? Au moins autant que Papa... Mais pas autant que Grand-Mère, hein Papa ?1 »
Apparemment, il se soucie autant des balais que de son premier kilt. Son père, lui, a fait une pause brutale dans son repas en entendant le manque de tact de sa progéniture. Un air amusé a fini par se frayer un chemin sur ses traits, sans réussir à forcer un sourire sur ses lèvres pour autant. Il est curieux de la réaction de l'intéressée, balayant simplement la remarque de l'enfant d'un signe de tête.
Bien sûr que non, mademoiselle n'est pas aussi vieille que sa Grand Mère. Mais Alexandre ne se risque pas à un compliment à une inconnue, bien qu'il doute largement qu'elle ait le même âge que lui.
Lúcas enfourne, avec une méthode toute enfantine, une bouchée entre ses lèvres, attrape la serviette en tissu, fournie avec le repas, que son père lui tend, comprenant le message silencieux. Il s'essuie le visage, prend le temps de bien mâcher et d'avaler – il ne veut pas que Papa lui rappelle deux fois qu'on ne parle pas la bouche pleine, parce qu'à la troisième fois, il devient pas content – avant de reprendre sa litanie infatigable.
« Oui, on vient des Hébrides ! C'est le plus beauuuuu endroit du monde entier ! Il y a plein d'île, et pis de fantômes, et de forêts, et de dra...  » Oh, le regard qui tue de Papa. Lúcas ravale sa remarque, toussote un peu en s'étouffant avec sa purée, et repart. « Enfin, plein de trucs, quoi. Y'a des montagnes aussi, et pis on peut aller jouer un peu où on veut. Y'a des adultes partout, donc Papa il dit rien si j'pars tout seul, parce que y'a toujous quelqu'un pour me surveiller, hein ?2»
On ne relèvera pas le sous-entendu non voulu qui fait passer Alexandre pour un père indigne. Lui le premier : il est en paix avec sa conscience, et cette façon de laisser les enfants faire leur vie par eux-mêmes est aussi logique pour son clan que traditionnelle. Chacun veille sur les petits, les siens ou ceux des autres, chacun étant une vie du clan. À ce titre là, ils sont tous responsables, et veillent tous sur différents enfants.
En tout cas, le père, s'il surveille les éléments que Lúcas partage avec l'inconnue, ne voit apparemment pas d'un mauvais œil leur conversation.
Et puis, elle a l'air de s'intéresser au discours inépuisable du petit garçon...
« Naaaaan, Aislin ne sait pas assez bien écrire. Mais elle adore raconter des histoires, oui. Elle en dit plein, genre, touuuuuut le temps. Et elle veut connaître toutes les légendes aussi, et même les fantômes en ont marr... assez de ses questions qu'elle pose tout le temps ! Mais, t'sais, elle veut aussi être une exploratrice et être la première sorcière à trouver l'Atlantide ! Elle a pas comprendu... 3
- Compris.4
- … Compris que c'est juste une vieille légende. C'est comme le Petit Peuple, tu vois ?5 »
Alexandre fronce les sourcils, guette le visage de Shea, incertain que cette femme à l'accent clair suive les références du petit garçon. Outre le fait que la non-existence du Petit Peuple soit plus ou moins contestable...
« Vous savez ce qu'est le Petit Peuple, Mademoiselle ? » interroge-t-il en empêchant donc l'enfant de reprendre de plus belle. La réponse ne se fait pas attendre et Alexandre hoche la tête. « Pourquoi ne lui expliquerais-tu pas, bonnhomme, hm ?6 »
Lúcas fronce les sourcils dans une mine infiniment concentrée. Il réfléchit, lève la fourchette, se lance.
« Bah euh... C'est... Le Petit Peuple, genre... Ceux sous la terre... Les fées quoi !7 »
Un regard désespéré est lancé vers le père qui, dans un élan de bonté, vient au secours de la chair de sa chair.
« Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler des fées dans les légendes écossaises et irlandaises. Les léprechauns, les gobelins... Ils font partie du Petit Peuple comme on le conçoit. Mais les vieilles légendes parlent d'un temps où ils vivaient sur Terre avec les hommes ; ils sont entrés en guerre, et ils ont suite à cela divisé les terre : les hommes vivraient à l'air libre, le Petit Peuple devrait s'installer sous terre. » Il marque une pause. « On considère les léprechauns et les gobelins comme en faisant partie en un sens, mais ils ne correspondent pas vraiment à nos vieilles légendes, si vous voulez.8 »
Et là dessus...
« Mais Aislin n'est pas une bonne écrivaine, en tout cas. Elle fait juste genre, hein ? Elle restera, j'en suis sûr!9 »
_________________
1Bu' ye are old, aren't ye ? At least as old as Dad... Nae as much as GrandMa though, aye Dad ?
2Aye, we come from the Hebrides ! 'Tis the most b-e-a-u-tiful place in the whooooole worrrld ! There are loads o' islands, and ghosts, and forests, and dra... Weel, loads o' things, ken. There are mountains, too, an' we can go an' play a bit everywhere we want. There are adults everywhere, sae Dad doesna mind if I go by meself, 'cause I'm always looked after, aye ? 
3Naaay, Aislin doesna ken how tae wrrrrite gude enough. Bu' she loves tae tell stories, aye. She tells loads of'em, ken, aaaaall the time. And she wants tae ken all the legends as weel, and even the ghosts are saaaae fed... Tired o' her askin' questions all the time ! But, y'ken, she alsae wants tae be an explorer and tae be the first witch tae ken where Atlantis is ! She hasna understanded 'tis...
4Understood.
5Understood 'tis a just an auld legend. 'Tis like the Auld People, aye ?
6Ye ken who the Auld People are, Miss ?...  How don't ye explain her, lad, then ?
7Weel, 'tis... The Auld People like... The ones under the earth... The fairies, ken !
8I dinna ken if ye ever heard aboo' the fairies in the Scottish and Irish legends. Leprehauns, gobelins... They're part o' the Auld People as we concieve it. Bu' the old legends say that they used tae live on earth wi' mankind ; there was a war, and they parted the land : men could live on the ground, and the Auld People would ha' tae live underground. … We consider leprehauns and gobelins tae be part of it in a way, bu' they dinna fit the auld legends, if ye want.
9Bu' Aislin isna any gude writer, ken. She's just prrretendin', aye ? She'll stay, I'm sure of it !


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Diana Gabaldon, Outlander.
Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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J'éclatai de rire à sa remarque sur mon âge. Loin d'être susceptibles, les seules remarques qui me touchaient étaient celles vociférées par les adultes qui n'avaient en tête que de blesser. S'il y avait une seule chose que je pouvais reconnaître à Roy et lui en remercier était cette école, sévère, du blindage. Vexant et humiliant, il m'avait appris à ne pas me poser en victime ni à me laisser faire. Fort heureusement, il avait quelque peu changé. Et moi aussi. Relevant la tête, j'approchai mon visage de lui sans quitter mon sourire.

– Je ne sais pas quel âge a Papa mais pour ma part, je viens d'avoir 28 ans ! Tu vois, je ne suis pas SI vieille, encore, je n'ai pas l'âge d'être ta mère, je n'ai même pas 30 ans !

Je reposai mon menton dans la paume pour l'écouter... parler et parler et parler. Mon sourire s'agrandit à la menton des "dr...". Un regard au père et je haussai les sourcils, amusée par la complicité qui régnait entre eux. Je me rendis alors compte combien mon propre père me manquait. Je ne le voyais plus aussi souvent qu'avant et par conséquent, quasiment plus seul. Je ne partageais plus ces moments d'intimité avec le premier homme de ma vie avant mon frère jumeau. J'eus un léger rire à la correction de l'aîné, ne me lassant pas d'écouter le gamin parler. A aucun moment le père ne m'a semblé indigne. Mais c'était sûrement parce que la description de l'enfant me rappelait également le mien. Beaucoup de travail, pas toujours là et pourtant des moments uniques et une affection pure.

Je secouai la tête, sans avoir interrompu l'enfant une seule fois. Je connaissais l'Atlantide, oui, mais pas le Petit Peuple. Ou alors, pas sous ce nom-là. J'attendis patiemment mais ce fut le père qui reprit. Un sourire moins "enfantin" aux lèvres, je relevai les yeux sur lui et le dévisageai. Peut-être ne le saurait-il jamais mais sa voix profonde m'envoûta. Je n'écoutai le récit que d'une oreille, l'autre concentrée sur sa voix et sa résonance. A ce tournant de ma vie, je crois que j'en étais à me demander ce qui m'attendait à présent. Ma famille était stable malgré les événements de Nimbus, j'avais un travail que j'aimais, un toit sur la tête et des amis que j'avais passé l'été à visiter avant de devoir m'enfermer à Pré-au-Lard jusqu'à Noël. J'avais tant bougé, fait plus d'expérience en deux mois que sur l'année toute entière que je me demandais à présent ce que le futur me réservait. Etrangement, à en écouter des amies, il serait temps de me trouver quelqu'un, de me marier et d'avoir des enfants. En réalité, je n'écoutai même plus les mots d'Alex, je ne voyais que ses yeux et ses lèvres bouger. Tout ce qu'il dégageait était si calme et si paisible, comme une farandole fluide. S'il n'en était rien pour lui, je crois que la fatigue jouait énormément sur mon humeur. Un instant, je me suis vue, comme la mère de ce petit garçon et la femme de cet Ecossais dont l'accent et l'argot m'avaient perdue depuis plusieurs phrases déjà. Je me surpris même à songer que cet homme en kilt était particulièrement mon genre, mais en avais-je seulement un à bien y regarder ? Est-ce qu'Alex ressemblait à ça ? Je l'imaginais plus vieux. Et brun. Barbu. Bref, un Ecossais du fin fond de son highland. Moins mon genre, mais qui sait...

L'enfant m'extirpa de mes pensées en s'exclamant d'indignation et je clignai des paupières en relevant mon menton de ma main. J'inspirai profondément en retrouvant la "vie" et le bruit alentour. Je ris à nouveau et repris mon gobelet entre mes doigts. Je comprenais ce que disait le fils mieux que le père ! Je tournai légèrement la tête et haussai les sourcils en levant la paille vers mes lèvres.

– Tu le lui as dit que tu ne voulais pas qu'elle parte ? Tu lui as demandé de rester ? - Je sirotai mon jus puis je repris. - Tu veux le lui écrire, peut-être ? Tu sais parfois, c'est plus facile d'écrire les choses quand on a du mal à les exprimer à voix haute.

– Hey.

Je me redressai et levai la tête pour voir mon frère jumeau fouiller dans mon sac en récupérant une petite bouteille d'eau. Je le saluai à mon tour. Tobias était quelqu'un de plutôt discret et de silencieux. Aussi, pour saluer mes nouveaux compagnons, il les gratifia d'un léger sourire avec un hochement de tête et un "Bonjour" simple mais efficace.

– Où sont Lip et maman ?

– Ils passent dix minutes sur chaque panneau, j'ai eu le temps de faire le tour dix fois, j'en ai des cors aux talons. Il fait une chaleur à étouffer là-dessous. Tu sais où sont les toilettes ?

Je me penchai pour avoir un meilleur aperçu de l'allée centrale du festival et lui montrai les cabines plus loin. Il but une gorgée d'eau et posa une main sur mon épaule pour me demander si ça allait mieux. J'acquiesçai dans un nouveau sourire. J'avais fini par oublier mon mal des transports. Aussitôt arrivé, aussitôt reparti, je regardai mon frère s'éloigner, ses cheveux blonds étincelant sous les rayons du soleil. Il était aussi grand que le père du petit garçon et sa taille m'impressionnait toujours, comparée à la mienne. De nouveau seule, je reportai mon attention sur le petit garçon et lui offrir un immense sourire avec mes grands yeux bleus.

– T'as vu ? Il paraît vieux, lui, mais pourtant on a le même âge, c'est mon frère jumeau. Je t'accorde qu'il n'est pas très drôle... Mais c'est le meilleur de tous les frères !

Je fis une moue et plissai le nez avant de le désigner d'un menton, pleine de challenge.

– Alors ? Qu'est-ce que tu vas faire pour Aislin ?

Je n'avais aucune idée de qui cela pouvait-il s'agir. Une soeur, une tante, une nourrice... Mais j'appréciais ce petit garçon. Il me rappelait moi, petite et c'était un temps dont j'étais nostalgique.


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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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Les sourcils de l'enfant se froncent, comme si demander à Aislin de rester ne lui avait absolument jamais traversé l'esprit, pour ne pas que cela lui semblait hors de propos. Dans sa tête d'enfant, ce n'est rien d'autre qu'une anecdote qu'il a partagée en rapport avec une affirmation précédente. Aislin ne quittera pas le clan, malgré ses rêves de grandeur. Les personnes ayant claqué la porte des MacFusty se comptent sur les doigts d'une main. Les traditions sont trop ancrées, les libertés et lois trop différentes pour qu'ils se soient complètement adaptés à un autre environnement.
Lorsque les différences sont trop prégnantes, il devient compliqué de s'acclimater.
Mais la conversation est interrompue. Alexandre darde le nouvel arrivant d'un coup d’œil rapide, lui octroît un signe de tête bref, et retourne à ses affaires – à savoir remplir son estomac de haggis. Il n'écoute que d'une oreille, désireux de ne pas espionner, contrairement à son fils qui, sans cesser de remplir sa bouche, n'en rate pas une miette.
Oh, tous deux relèvent que leur interlocutrice va mieux, et qu'elle est accompagnée. Aucun des deux ne fait la moindre remarque, et ce sont deux paires d'yeux bleus qui suivent le départ de l'accompagnant, avant de revenir à leurs assiettes... Et à la demoiselle.
Alexandre se fait brièvement la remarque qu'elle a un beau sourire, mais garde la pensée pour lui, sans se mêler davantage à cette amitié en devenir entre une femme et un petit garçon en âge d'être son fils.
Quoi qu'elle en dise.
Lúcas, quant à lui, fait entendre un petit rire enfantin à la remarque et jette un regard à son père. Ce dernier reconnaît immédiatement l'air espiègle qui s'est peint sur ses traits, reproduction exacte de la mine malicieuse de feu sa femme.
Cette expression qui veut dire qu'il s'apprête à dire une vacherie.
Sept ans ou pas, il en était parfaitement capable.
Et c'est en cette vertu que le petit Écossais balaie totalement le sujet ennuyeux d'Aislin, et préfère rétorquer à la première remarque, comme s'il n'avait pas entendu la suite – tout à ses pensées, il est même probable qu'il ne l'ait pas entendue, par ailleurs.
« Papa n'est pas très marrant non plus, mais c'est le meilleur Papa du monde !1 » s'exclame-t-il avec son grand sourire édenté aux lèvres.
Bah tiens donc.
Thank ye laddie.
« C'est trooooop cool que tu aies un jumeau, par contre ! C'est comment ? Moi j'ai pas de frère et sœur, t'sais, mais c'est sûrement super différent d'avoir un jumeau plutôt qu'un frère ou une sœur, hein ? Vous vous ressemblez pas vraiment, par contre... Pis c'est un garçon ! Je pensais que les jumeaux étaient identiques ! Comment ça se fait que c'est pas une fille... Ou que t'es pas un garçon ?2 »
Ah, on perd le petit Lúcas. Son père, lui, boude désormais son repas au profit d'une attention redoublée, les yeux pétillants d'un amusement mesuré.
La mention d'une fratrie inexistante ne lui a pas échappé, et l'amertume qui en découle lui a brutalement coupé l'appétit. Il aurait aimé avoir d'autres enfants, oui. De préférence d'un âge proche de son aîné, afin qu'ils puissent former une fratrie unie et qui ne serait pas déchirée par la différence d'âge.
Autant dire que c'était fichu, quand bien même se serait-il senti prêt à refaire sa vie avec une nouvelle femme entre ses bras.
Le regret, la douleur du deuil l'étouffent, mais il reste silencieux, dissimulé derrière un amusement de circonstance, un attendrissement réel auquel il s'efforce de se raccrocher.
« Je connais pas de jumeaux, par contre, donc je pense pas que je sais beaucoup sur ça... C'est comment ? Est que c'est genre... Tu sais tout sur lui, et tu peux dire s'il se sent pas bien... Oh, mais lui non, hein ? Puisqu'il t'a demandé comment ça allait... Oh, pis pouquoi tu devrais te sentir mieux ? T'était malade ? Je déteste quand je suis malade, parce qu'après, j'suis tout fatigué et pas bien du tout. Ca craint, c'est tout, t'es pas d'accord ?3 »
L'écart de vocabulaire n'échappe pas à Alexandre qui, pour une fois, laisse couler. Il n'ignore pas l'importance d'un usage correct de la langue dans leur cas, mais préfère se taire après avoir veillé à sa grammaire.
Qu'il n'ait que sept ans n'a pas d'importance aux yeux du chef de clan, au contraire. C'est en commençant dès le plus jeune âge qu'il aura le plus de chance de permettre à Lúcas de s'exprimer bien de façon naturelle.
Même si, à bien y penser, il devrait peut-être davantage essayer de lui souffler que parler aussi facilement avec de parfaits inconnus n'est pas une très bonne idée.
Peut-être que, quelque part, il se rend compte que faire une telle remarque serait se faire hôpital se moquant de la charité.
Après tout, lequel d'entre eux est allé répondre à une bouteille rejetée par la mer ?
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1Dad isna verra funny either, bu' he's the best Dad in the world !
2'Tis saaaaaae cool ye ha' a twin, though ! How is it ? I dinna ha' any siblings, ken, bu' 'tis probably verra different tae ha' a twin rather than a brother orrr a sister, aye ? Ye dinna look like each other a lot, though... And he's a lad ! I thought twins were supposed tae be identical ! How come he's nae a lass... Or ye a boy ?
3I ken no twins, though, sae I dinna suppose I would ken aught 'boot that... What is it like ? Is it like... Ye ken everything 'boot him, and ye can feel when he doesna feel right... Och, but he canna, aye ? Since he asked ye how ye felt... Oh, and why would ye be feelin' better ? Were ye sick ? I hate when I'm sick, ken, 'cause then, I'm all tired and nae good at all at all. It just sucks, aye ?


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
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Je souris un peu plus à la remarque de l'enfant concernant son père, non sans jeter un rapide coup d'oeil à celui-ci. Je ne sais pas ce qui me rend aussi... Sociable. J'étais alors perdue dans mes pensées, la nausée sonnant aux portes de mon gosier et le soleil cognant mes tempes, je commençais presque à regretter d'être venue et n'avais qu'une envie : rentrer chez moi. Ce qui m'avait poussée à rester, c'était cette fameuse tente sur l'Ecosse, ses moeurs, ses traditions et ses habitants. Mais j'étais fatiguée et l'angoisse du lendemain me gagnait. Et il y avait pourtant cet enfant, tout de joie vêtu à l'accent déjà bien prononcé comme s'il s'agissait d'un muscle qui grandissait comme le reste de son corps. J'ignore encore si je nourrissais des envies d'enfants ou même juste de couple, mais je crois que pendant quelques secondes, je me suis imaginée la mère de cet enfant-là. De manière totalement déplacée, par ailleurs. Une pensée que j'ai vite oubliée avec la crainte que l'aîné puisse m'entendre.

– Mon Papa, non plus n'est pas très drôle. Mais c'est mon Papa, c'est l'homme de ma vie !

Je ris à ses exclamations et toutes ses questions. Jamais il ne m'était apparu si mystérieux d'avoir des frères ou des soeurs, ou même des jumeaux. Je ressentais parfois ce besoin de me retrouver seule mais où que je sois, je ne l'étais jamais. J'ai serré ma cheville entre mes mains et me suis légèrement penchée vers l'enfant en ramenant mes cheveux en arrière d'un geste de la tête.

– J'ai trois frères, en vérité. En plus de celui-ci, j'ai un grand et un petit frère. Tu sais parfois, même si deux enfants naissent en même temps, ils ne se ressemblent pas forcément et n'ont pas forcément le même sexe ! Ca arrive ! Quand on avait ton âge, on se ressemblait comme deux gouttes d'eau ! Et puis un jour, il a commencé à grandir et grandir et moi à roussir ! Mais c'est mon jumeau, oui. Je n'entends pas ses pensées, il n'entend pas les miennes mais on reste très fortement liés ! - Je mêlai mes doigts les uns dans les autres - Nous sommes totalement différents, mais complémentaires. Et quand il va mal, alors je vais mal. Et quand il est heureux, je suis heureuse. Pourtant, nous avons deux façons de réagir, de voir les choses mais à la fin de la journée, il est là. Et c'est tout ce qui m'importe !

Je penchai la tête. Parler de mon frère jumeau pouvait me prendre des heures. C'était même probablement mon sujet préféré. Si mon père était l'homme de ma vie, mon frère était une partie de moi. Importante, vitale, ma moitié. Sans lui, je ne respirais pas. J'avais noté que le père ne faisait plus mine d'écouter pour reprendre son fils ou peut-être même lui dire que ça suffisait de parler à une étrangère ainsi. J'avais remarqué, de la même façon que mon frère ou Klemens étaient doués pour se renfermer sur eux-mêmes, que celui-ci avait perdu de son éclat. Mais si j'étais capable de déceler pareil détail, je ne pouvais en aucun cas en deviner la cause, malheureusement. Etait-ce moi ? Le petit ? Je reportai mon attention sur Lùcas après avoir quitté le père des yeux.

– Je déteste transplaner. Ca me rend malade. J'ai envie de vomir, je me sens pas bien du tout et avec la chaleur, c'est pire ! - J'acquiesçai doucement avant de plisser le nez - Je suis d'accord. Ca craint un max. Je n'ai pas l'impression de profiter de ma journée !

Je posai mon coude sur la table et perdit légèrement mon sourire. Des enfants envier ma fratrie, il y en avait déjà eu. A mon âge, plus âgés, plus jeunes... Les gens ne voulaient simplement parfois pas comprendre que nous n'étions jamais satisfaits de ce que nous avions quand nous l'avions. De la même façon que je me plaignais de ne jamais être seule, je savais que s'il arrivait un jour quelque chose à mes frères, j'en mourrais. Mais je n'étais pas conçue pour de telles pensées. Et je voulais qu'il le sache. Je m'humectai les lèvres et pris un air un peu plus sérieux.

– Mais tu sais, il m'arrive de me dire que j'aimerais bien être fille unique et profiter toute seule de mon Papa à moi. Parce que des frères, c'est turbulent et être la seule fille d'une fratrie, ça donne parfois l'impression d'être un garçon manqué. On apprend la vie à la dure ! Tu as une chance incroyable d'avoir ton Papa rien que pour toi ! Moi, je sais que je t'envie.

Je haussai les sourcils en penchant la tête avant d'acquiescer. Assurément que je l'enviais. Et puis je clignai des yeux avant de me pencher sur lui d'un coup, me rendant compte qu'une de mes phrases à la syntaxe biscornue pouvait être mal interprétée.

– Je veux dire, que toi tu aies ton papa ! Pour toi seul ! Ca veut pas dire que je voudrais ton papa pour moi toute seule ! - Quoique. Et... Voilà que je rougissais. Un mal qui me consumait chaque jour un peu plus, cet été-là - Enfin... Tu m'as comprise ! - Et parce que j'étais incapable de commettre une bourde sans enchaîner sur une autre, je me redressai vivement en levant une main paniquée vers le père, mes bracelets cliquetant dans mon geste - Pas que vous soyez pas mon genre, c'est pas ça que je veux dire ! - J'inspirai profondément avec la terrible impression que plus je parlais, pire c'était. - Ceci n'était pas une avance, non plus ! - Je grimaçai sans quitter le père du regard - Par les moustaches de Boursoufs, pourquoi je n'arrive pas à me taire ? Je suis désolée... C'est la chaleur, je me sens pas bien et quand je suis nerveuse, je n'arrive plus à m'arrêter de parler, c'est pire qu'une maladie. A croire que je vomis un flot de paroles discontinu même quand je sais que je devrais me taire mais là, je viens de vous dire que j'étais nerveuse, ce qui n'a rien à voir avec vous, en vérité, je extrêmement nerveuse ces derniers temps. Je commence un nouveau travail demain à des kilomètres d'ici, je sais que je vais devoir transplaner pour rentrer chez moi et j'en ai déjà envie de vomir d'avance. - Je baissai les yeux sur l'enfant, l'air inquiet et surpris à la fois - Tu vois, grâce à toi, je n'y pensais plus depuis cinq minutes...


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Trois frères.
Les yeux bleus s'agrandissent face à toutes les possibilités qui s'ouvriraient à lui s'il avait eu autant de frères. Les informations sur les jumeaux lui paraissent extraordinaires, et on le voit très bien dans son regard fasciné. Il ne quitte plus des yeux les deux mains blanches liées entre elles, sans voir donc que l'attention de son interlocutrice a basculé sur son père.
Père qui soutient le regard qu'on lui jette, sans comprendre le soudain intérêt de la jeune femme pour lui, alors que son fils a été son locuteur privilégié jusqu'ici.
Mais ça ne dure pas, car elle explique bientôt que le transplanage est ce qui la rend patraque. Nouvelle surprise de l'enfant, qui ne se déplace qu'en transplanage d'escorte, ou en portoloin. Comment peut-on tomber malade à cause de ça ? Mystère pour la petite graine d'Écossais.
« T'as pas l'air malade, pourtant...1 » fait-il remarquer entre deux phrases de la jeune femme, comme s'il doutait de ses affirmations. Il sait que des fois, transplaner pour la première fois fait se sentir mal, mais bon, elle ne devait plus en être à sa première fois maintenant !
En outre, il ne comprend pas forcément pourquoi il serait mieux d'être enfant unique. Il était tout seul, et des fois, ses amis n'étaient pas disponibles pour rigoler tous ensemble. Et puis, être tout seul, c'était aussi être la seule cible pour se faire disputer.
Et ça, c'est carrément pas cool. Sa seule chance, c'est de se cacher dans le château pour échapper au courroux parental. Et encore ! Ca avait une légère tendance à mettre Papa en colère.
On se demande pourquoi.
Enfin, la mademoiselle lui explique pourquoi, et c'est vrai qu'en un sens, il est bien content de ne pas avoir à partager son père avec un autre, un bébé qui pleure tout le temps, ou une petite sœur qui... Bah qui pleure tout le temps aussi.
Parce qu'il est bien connu que les filles, ça fait que pleurer.
À cela près que sa nouvelle amie s'emballe, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Un sourcil se hausse sur le visage anguleux de son père, qui n'a pas plus que le petit pensé à cette interprétation des choses. La perplexité fait rapidement place à l'amusement et, s'il ne pipe pas mot, il ne rit pas non plus au nez de la jeune femme qui tente de rattraper son coup.
Comme elle peut.
Le regard vif guette les rougeurs qui s'installent autour des taches de rousseur, soutient les yeux qui s'acharnent à le convaincre autant que ses mots.
Ca l'amuse. Auraient-ils été plus proches qu'il l'aurait interrompue, peut-être même en posant un de ses doigts sur ses lèvres. Mais il n'en fait rien, se contentant de laisser la jeune femme s'expliquer, tenter d'exprimer sa pensée avec plus ou moins de clarté.
Lúcas ne comprend pas tout, jusqu'à ce qu'on se tourne à nouveau vers lui. Il sourit, s'apprête à reprendre quand...
« Lúcas ! Mamaaaaan, c'est Lúcas ! Heeeeey Lúcas !2 »
Une petite tête blonde arrive vers eux, fonçant à toute vitesse et offre un grand sourire au petit garçon, auquel il manque quelques dents. La petite fille, sans doute du même âge que son copain, s'arrête à sa hauteur, et commence à s'adresser à lui d'une voix surexcitée.
Mais pas en anglais. Elle déballe une tonne d'informations, auxquels Mini-MacFusty répond dans la même langue et avec le même débit, sous l'oeil complètement blasé du père de l'un et de la mère de l'autre qui, vêtue d'une sobre et belle robe semblant venir d'un autre temps, adresse un signe de tête respectueux au chef de clan.
Il ne faut qu'une minute avant que le petit garçon ne se tourne vers son père, les yeux suppliants.
« Am faod mi dohl ? Ma 'se ur toil e ! »
Alexandre hausse un nouveau sourcil, cherche l'avis de la jeune mère du regard. Il semble prendre une décision, et hoche finalement la tête.
« Thig air ais ann a h-aon uair !
- Mòran taing, m'athair ! »
Et le petit garçon s'apprête déjà à s'enfuir, mais...
« Oh, au r'voir mamoiselle ! À la prochaine !3 »
Et le voici parti, sous le regard attentif d'un père qui, jusqu'à ce qu'il ait totalement disparu de son champ de vision, ne le lâche pas. Il est à peine plus tendu, quelque chose d'à peine perceptible. Il jette un regard au haggis abandonné – quand bien même Lúcas y avait déjà mis une sacrée claque – puis à la jeune femme lâchement abandonnée.
« Excusez le, vous savez comme sont les enfants... » fait-il de sa voix grave. « Vous voulez un verre ? Je vais m'en chercher un, et ça aide toujours quand on se sent un peu... Eh bien... » Il hausse les épaules comme si cela pouvait résumer l'état de la jeune femme, mains à plat sur la table, alors qu'il s'apprête à se lever. « Et vous n'avez pas à être embarrassée pour ce que vous avez dit tout à l'heure. Le môme ne l'avait pas interprété de façon ambigüe... Et moi non plus. Whisky ?4 »
_________________
1Ye dinna look sick, though...
2Lúcas ! Maaaam', 'tis Lúcas ! Hiiii Lúcas !
3Och, goodbye, miss ! See ye !
4Excuse him, ye ken how weans are... Would ye like a wee drrram ? I'm gettin' one, and 'tis always helpin' when ye feel a wee bit... Weel...And ye dinna ha' tae feel embarrassed 'boot anythin' ye said earlier. The lad hadna thought 'boot anythin' ambiguous... Neither had I. Whisky ?


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La réaction du père ne me rassura pas. Roy avait peut-être raison, je manquais de confiance en moi. En tout cas, son regard renforça mes rougeurs sur mes pommettes. L'intervention de nouveaux venus me sauva la mise mais que pour quelques secondes. Je saluai l'enfant d'un geste de la main, le gratifiant d'un sourire. Cette rencontre resterait gravée dans ma mémoire pour un long moment, c'était certain. Quand le père, dont je ne ressentais pas le besoin de demander le prénom, s'adressa a nouveau à moi, je sursautai légèrement. J'avais imaginé que l'enfant parti, le père ferait probablement de même, m'invitant ainsi à retrouver une vie normale. Je ne sais pas s'il était possible de parler de quelque chose de banal pour la vie que je menais cet été là. Depuis que j'avais quitté le domaine familial pour pré-au-lard, je n'a_vais eu que de cesse de bouger. Bristol, Londres, Ayr et Bristol à nouveau, Nimbus puis Édimbourg. J'avais plus voyagé cet été là que depuis que je travaillais. Ce petit garçon était une bouffée d'air frais. Je tournai la tête vers le père avec un léger sourire timide.

- C'est vraiment un adorable garçon que vous avez.

J'eus l'intelligence de ne pas demander où était la mère. La question aurait pu me sembler naturelle ou justifiée. Elle aurait aussi pu ne pas me monter au cerveau avec l'arrivée de cette femme qui m'avait laissée une impression bizarre... Mais si j'avais retenu quelque chose de Lùcas, c'était bien qu'il était fils unique. Néanmoins je n'ai pas fait l'affront d'une telle indiscrétion à mon interlocuteur. Merlin sait la réponse que j'aurais pu avoir et me mettre dans une situation embarrassante. Quoiqu'il en soit, je ne pris pas le risque. Je n'aimais pas non plus répondre que si mon père n'était pas la, c'est parce qu'il était moldu. J'en avais trop mal au coeur. Je n'avais vu mon père qu'un weekend lors de mon anniversaire et malgré cela, il me manquait toujours terriblement.

La mention du verre me fit hausser un sourcil. Si plusieurs de ses mots m'étaient difficiles a comprendre du premier coup, je n'eus aucune difficulté à comprendre le dernier. Je me demandais alors s'il était sérieux, cet homme, père de famille, bien sous tout rapport, à m'inviter pour un apéritif à midi en plein soleil. Je balbutiai avec un léger rire perplexe.

- Je ne suis pas sûre que le whisky soit adapté au mal de l'air, vous savez. Dans d'autres circonsdtances, volontiers. Mais... Je vais vous accompagner avec une simple bierraubeurre, si vous y tenez !

Si je refusais le whisky, c'était uniquement à cause de l'heure et de la chaleur. Et de mon mal de tête. Cependant, dans d'autres circonstances, je n'aurais pas tant fait la mijoree. Mais je le gratifiai d'un sourire en acquiesçant pour le remercier de "prendre soin de moi". Je le suivis des yeux alors qu'il s'éloignait. Ces histoires de kilts me dépassaient totalement mais je devais avouer que l'habit lui allait bien ! Je tournai la tête en me demandant pourquoi mon frère mettait autant de temps. Peut-être avait-il croisé une connaissance sur le chemin ou bien était il aussi malade que moi finalement comme le laissait penser le petit garçon. Je penchai la tête pour scruter l'allée principale mais ne vis pas le signe de la crinière blonde de mon cher frère. Ma mère et Lip était toujours concentré sur les faits historiques d'une Irlande magique du moyen âge. J'offris un nouveau sourire a Alex lorsqu'il revint, repoussant mon sac sur la table en y rangeant mon carnet.

- Merci. Quel âge a votre fils ?


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Homme, père de famille, bien sous tous rapports, mais Écossais avant tout.
Après un repas, un verre de whisky est toujours très bien indiqué. Ou avant. Ou pendant. Le whisky a ça de bien qu'il passe sans mal à toute heure de la journée. Et puis, c'est un remontant en lequel tout homme du nord croit, qui aide à chasser les maux et à oublier la faim.
Interloqué donc par le refus, plus encore par la demande de la demoiselle – des bulles, dans un estomac vide et malmené ? – Alexandre hausse les épaules et se lève, sans un mot supplémentaire. Il passe une jambe par dessus le banc et se dirige vers le comptoir dressé un peu plus loin, à l'endroit même où il avait récupéré de quoi manger. Le kilt éclatant se mouvant au rythme de ses pas, la veste en cuir solidement attachée à ses larges épaules, il se fraie un chemin dans une foule de plus en plus dense, avide de se remplir l'estomac avec les spécialités locales. Il repère un couple de sorciers français occupés à examiner un haggis avec un air circonspect, un petit groupe d'Allemands tenter de se faire comprendre pour qu'on leur serve autre chose que ce qu'ils considèrent comme un plat infâme. Il reste indifférent aux regards amusés de le voir dans des vêtements traditionnels, habitué aux yeux des sassenachs incapables d'envisager quelque chose de différent de leurs habitudes.
Est-ce plus étrange que les tenues moldues, au juste ?

Il revient peu après, un verre court dans une main, rempli au quart d'un liquide à la robe ambrée, et un second, plus long, dans la seconde, une chope dont la mousse semble sur le point de déborder à chaque instant. Il s'efforce de ne bousculer personne, et reprend place, poussant la bièraubeurre vers celle qui a su si bien tenir compagnie à son fils unique.
Il accroche des yeux le carnet, se fait la remarque qu'il s'agit de papier et non de parchemin, mais ne fait pas de remarque. La main serrée autour de son whisky, il hausse un sourcil à la question, intrigué de l'intérêt que l'enfant a suscité chez son interlocutrice.
« Il a sept ans,1 » répond-il simplement, de façon plus que succinte. Assez grand pour comprendre les choses, trop jeune pour avoir la retenue qui lui sera un jour nécessaire. Assez grand pour saisir son environnement, trop jeune pour en appréhender toutes les subtilités.
Il lève son verre finalement, en direction de la jeune femme, poli, un sourire à peine esquissé sur les lèvres.
« Slàinte mhath ! » trinque-t-il avant de glisser ses lèvres dans le breuvage, sa chaleur roulant sur sa langue dans un ballet exquis. Il garde son verre en main, même quand il n'y boit plus, observant d'un air distrait la danse de l'alcool et de ses volutes invisibles.
« Vous n'avez pas l'air d'être le genre de femme qui aime être seule... » soulève-t-il bientôt, ses yeux bleus revenant vers le visage rond. « Comment se fait-il que vous ne soyez pas avec votre famile ? Besoin d'un peu d'air ? 2 »
Dans ce cas, sa galanterie lui imposerait de laisser la jeune femme seule, pour qu'elle puisse profiter d'un moment en tête-à-tête avec elle-même.

[pas très long, mais c'est dur de faire plus avec Fluffy xD]

______________
1 He's seven.
2Ye dinna seem tae be the kind o' lass who'd be on her ain... How come yer family isna wi' ye at the moment ? Need tae be a wee bit alone ?


“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
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Je n'avais pas songé aux bulles ni au dérangement que cela pouvait m'occasionner. Juste au fait que ça ne me faisait pas peur et que je pouvais en boire partout dans n'importe quelle condition. Alors quand il leva son verre, je trinquai avec lui... En Gallois, dans un "Iechyd da !" franc. Après tout, s'il avait un dialecte, j'avais le mien également. Je tenais à mon héritage finalement. Je ne souhaitais pas m'en séparer, tout comme mon origine moldue. A presque 30 ans, j'avais trouvé ma place... Entre les deux. Un équilibre tangible, délicat, mais qui me permettait d'honorer tous les membres de ma famille. Je le gratifiai à nouveau d'un sourire avant de porter mon verre à mes lèvres.

_ Sept ans, c'est l'âge de la découverte et des questions !

Un commentaire qui n'appelait pas vraiment de réponse. A nouveau, je tendis le menton en me demandant pourquoi mon frère mettait autant de temps. Le père de famille me rappela à lui et je croisai son regard, intriguée à mon tour par sa question. Il ne m'avait pas semblé avoir fait comprendre que je me sentais seule après tout. Et sûrement pas à ses côtés. Un sourire revint sur mes lèvres et je secouai la tête.

_ Qu'est-ce qui vous fait dire que je n'aime pas être seule ? Mais, non c'est vrai. Je ne suis que très rarement seule dans ma vie maintenant que vous le dites ! Et normalement je ne quitte jamais mon frère lorsque nous sommes ensemble, mais mon autre frère, celui avec lequel j'ai transplane jusqu'ici est plus... Brusque et m'a vraiment détourné l'estomac pour le coup alors pendant qu'ils sont allés voir autre chose, j'ai préféré m'arrêter ici un petit moment. Je n'étais là que depuis 15 minutes quand vous êtes arrivés. Marcher sous cette chaleur m'a tourné la tête qui plus est. Mais votre fils est si vif et si curieux, plein de vie que j'en ai oublié tout le reste et je me sens requinquée !

Je me retournai pour regarder les tentes au loin et en designai une d'un geste.

_ Je voulais finir mon verre et ensuite aller du côté de l'Écosse, justement ! Parfaire un petit peu mes connaissances qui sont assez maigres !

Je reportai mon intérêt sur lui avec les yeux brillants de curiosité, égaux à celui d'un enfant que tout émerveille.

_ J'attends le retour de mon jumeau et je l'embarque, qu'il le veuille ou non. J'espère juste qu'il n'est pas tombé dans la fosse sceptique ! Je serais bien embêtée pour aller le chercher ! Sinon il va falloir que je vous kidnappe vous !

Je laissai un rire s'échapper des mes lèvres et le fis taire avec une nouvelle gorgée. Je reposai mon menton dans ma main pour l'observer, reportant me curiosité sur lui plutôt que sur son fils.

_ Et vous ? Vous m'avez l'air de quelqu'un plus solitaire. Toute cette foule, vous n'avez pas l'air très à l'aise. Mais vous savez quoi ? Même pour moi il y a bien trop de monde. Vous êtes ici juste pour la journée ?

[Et même pas sur une aire de repos. Direct cash sur l'autoroute. Bon, les RP tablettes, c'est fini. Après ça, on reprend le sérieux, hop hop hop]


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Pas besoin d'être fin psychologue pour deviner que Shea n'aime pas être seule.
Déjà, le fait qu'elle ait une grande famille. Trois frères, ce n'est pas rien, et grandir avec tant de proches déteint forcément sur son propre comportement. Ensuite, la visite de son jumeau, le fait qu'elle guette le retour des siens. Et finalement, la facilité déconcertante avec laquelle elle avait noué le dialogue avec son petit... Et avait accepté son offre sans rechigner.
Et puis, quelqu'un d'aussi bavard ne pouvait qu'apprécier la compagnie...
Tout attentif qu'il soit, l'homme décroche un peu dans le flot de paroles de son interlocutrice, se laissant bercer par le bruit de fond que cela lui prodigue. Il boit, de temps à autres, une gorgée de son nectar d'Écosse, restant d'un calme olympien. Il hoche la tête à la mention de son fils, ne rit pas à la plaisanterie sur le frère de la jeune femme, retient qu'elle parle de s'informer un peu plus sur l'Écosse.
Oui, c'est aussi pour ça qu'il a amené Lúcas. L'enfant ne connaît pas encore bien l'histoire de son pays, côté sorcier ou moldu, comme n'importe quel petit de son âge. Il vivait certes l'Histoire au quotidien – la joie de vivre entouré de spectres – mais bon, il avait encore beaucoup à apprendre.
Il ne relève pas non plus qu'elle veuille le kidnapper pour faire son tour. Il aurait pourtant pensé être assez bourru pour qu'on ne se risque pas à vouloir passer trop de temps avec lui, avec ses cheveux roux, son air de guerrier écossais et sa barbe courte.
« Oui, » répond-il enfin, de façon on ne peut plus concise. « Je voulais que le môme découvre un peu plus de choses sur son propre pays.1 »
Il pourrait s'étendre, comme sa joueuse s'amuse à le faire dans le récit. Faire remarquer que Mini-Lui pourrait découvrir mille et une traditions qui lui étaient encore inconnues, des faits historiques, et la raison de cette haine centenaire avec ceux qu'ils appellent les sassenachs.
« Je ne suis pas dérangé par tout ce monde, non. Mais je suis un solitaire, en effet. Pas très bavard.2 »
Des fois qu'elle ne s'en soit pas rendue compte. Il faut dire que s'il avait été plus bavard, il aurait sans doute déjà pris le pli de l'emmener vers la tente écossaise pour lui faire la visite guidée lui-même. Il faudrait pour cela qu'il soit moins réservé également. Se promener avec une femme au bras n'est pas tellement quelque chose qu'il se sentirait prêt à faire dans l'immédiat.
« Que savez-vous exactement à propos de cette grande Nation qu'est l'Écosse?3 » interroge-t-il finalement, soucieux de retrouver la mélodie de fond de sa voix et ses intonations entre le sud de l'Angleterre et le fond du Pays de Galles. Un accent dont il a certes l'habitude, mais dont les teintes galloises en plus donnent un charme tout particulier.
L'accent oui, mais la voix aussi, qui le souligne agréablement. Et puis, son regard pétillant est agréable aussi. Ça le change de la compagnie des fantômes, des bêtes, de son fils et des Écossais bourrus de son clan. Des politiques, aussi, ou des accords commerciaux.
En un mot comme en cent : ça lui fait du bien.
________________
1Aye. I wanted the lad tae discover a wee bit morrre 'boot his ain country.
2I amn't that disturbed by all these people, nay. Bu' I'm more o' a loner, aye. Nae verra chatty.
3What do ye ken exactly 'boot this great Nation that Scotland is ?



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Peut-être aurais-je préféré l'entendre à nouveau parler. Parce qu'une voix qui n'est ni celle de mes frères, de mon père ou de mes cousins, c'était rassurant ? Une voix masculine nouvelle. Encore une fois, j'étais à la frontière, d'autant plus aujourd'hui que la veille ou le lendemain, d'une ère nouvelle. Mon nouveau travail, ma séparation nette avec ma famille, ma prise d'envol réelle, mon indépendance... Tout ça me travaillait plus que je ne voulais l'admettre. Roy avait finalement sûrement raison quand il disait que je manquais de confiance en moi. Enfin, je crois. Il était toujours difficile de croire que Roy pouvait avoir raison sur quelque chose qui vous touchait personnellement et surtout psychologiquement à défaut de cerner psychomagiquement. Je me demandais ce que ma nouvelle vie pouvait bien me réserver, à présent. Il était également assez rare que l'on me pousse à parler. En général, Lip essayait de me faire taire et d'autres détourneraient la conversation. Mais lui... Non. Quand bien même il n'était pas bavard - sans blague - il était toujours là. A côté de moi à poursuivre une discussion qu'il aurait tout aussi bien pu avorter au départ de son fils. Je me demande bien de qui je pouvais tenir cet obsession pour l'observation et l'étude des gens. J'étais si naïve et influençable. Mon frère me le répétait si souvent ! Lip ne comprenait pas la correspondance que j'entretenais avec un étranger à des lieues de moi, sans connaître son nom. Pour lui, c'était presque un danger, un Moldu de surcroît à qui j'avais donné volontairement l'adresse de ma tante alors qu'il se cachait derrière une boîte postale.

Et aujourd'hui, j'étais là, en face d'un nouvel inconnu dont j'ignorais également le nom sans même chercher à le connaître. Buvant ses paroles comme des évangiles. J'étais naïve, oui. mais je savais lire un signe quand j'en voyais un. Je savais lire certains gestes. J'aimais aussi à croire que le pire était derrière nous, que les heures sombres étaient passées. J'allais bientôt découvrir qu'il était plus difficile de se battre contre un gouvernement que contre un Vous-Savez-Qui, mais pour l'heure, j'étais un peu simplette. Je me sentais... En sécurité, dans ma vie. J'étais si bien entourée, que pouvait-il à nouveau m'arriver ? Mon karma avait déjà bien souffert mais ne dit-on pas qu'il se renouvelle tous les 7 ans ? Depuis quand avais-je fermé la porte sur la personne que j'étais avant ? Je pouffai de rire en tournant la tête dans mon menton et je plissai le nez en réfléchissant.

– Pas grand chose, je le crains. - J'ouvris une main - Enfin ! - Je pris une profonde inspiration - Je croyais ! - Et je tournai à nouveau la tête vers lui en roulant des yeux dans un sourire - Mais quelqu'un m'a violemment rappelé à l'ordre ces derniers temps. Je n'ai quasiment jamais quitté la Cité de toute ma vie, sauf pour étudier à Poudlard ou pour suivre mon père lors de certains de ses voyages, notamment de son côté de la famille. - Je me penchai légèrement vers l'homme d'un air entendu - Il est Moldu.

Puis je me redressai dans une moue de réflexion avant de laisser mon menton retomber dans ma main. J'enserrai mon verre entre mes doigts, laissant la fraîcheur me remonter dans le bras et me clarifier les esprits. Le froid calmait toujours mes mots de têtes. Et moi qui voulait tant profiter de cette journée. A croire que le transplanage n'avait pas été le seul à me clouer à ce banc. L'angoisse, la frustration et la crainte de l'échec s'y étaient ajoutés.

– Quoiqu'il en soit, tout ce que je sais... Je l'ai appris dans des livres à une époque où il devenait assez difficile de rester concentré. Chaque année avait son lot de surprises et je n'étais déjà pas une élève très studieuse, alors... - Je haussai les épaules en plongeant les yeux dans me breuvage avant de le porter à mes lèvres. - Je sais que c'est un grand pays qui a connu de nombreuses guerres. Trop, si vous voulez mon opinion à ce sujet. Je sais aussi que c'est un pays indépendant, quoiqu'en dise l'Angleterre. Il n'y a qu'à voir vos clans dans le nord... Ca veut tout dire.

Je secouai la tête en le scrutant d'un regard en biais entendu.

– Je me demandais ! - Je fronçai les sourcils en me tournant un peu plus vers lui - Vous n'êtes d'ailleurs pas les seuls, à ma connaissance. Et je ne parle pas des dragons...

Je captai son regard d'un air entendu. Je n'étais pas totalement stupide. Et si je ne savais pas grand chose, j'avais tout de même les oreilles qui avaient bien traîné. Je manquai certes de détails et de connaissances, mais j'étais là pour ça, non ? Et qui, mieux qu'un Ecossais pure souche comme lui, pouvait m'aider à mieux comprendre les choses ? Et Alex, par la même occasion.

– Mais entre les clans, les Moldus, les créatures magiques dans les Hébrides, comment... Je veux dire... Personne n'entend jamais parler de vous. Comment faites-vous ? Avez-vous des règles strictes, des frontières ou des barrières magiques, ce genre de choses ? Lorsqu'éclate un conflit, si l'Ecosse se secoue, c'est comme si... - Ne trouvant pas les mots, je secouai la tête en haussant les épaules - Vous étiez vous-mêmes indépendants de l'Ecosse elle-même. Je me suis souvent demandée  quelles en étaient les raisons.


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Aucune trace d'émotion particulière, de dégoût, de dédain ou de compassion sur les traits bruts lorsque la jeune femme lui confie les origines de son père. Si lui-même est de sang-mêlé et vit d'une façon traditionnelle proche de certaines familles de sang-pur – l'isolement par rapport aux moldus en fait partie – il a depuis longtemps dépassé ces préjugés irrationnels quant aux problèmes que pourraient poser ces individus.
Ils ne sont pas différents d'eux.
Il pense juste qu'ils peuvent devenir sacrément dangereux si un jour le secret magique venait à être révélé.
Quoi qu'il en soit, il écoute son interlocutrice avec une attention redoublée lorsqu'elle lui évoque, à demi-mots, les raisons pour lesquels ses connaissances en la matière sont limitées. Il comprend l'allusion à la Seconde Guerre – à vue de nez, elle devait encore être à Poudlard le jour de la Grande Bataille -, hoche lentement la tête à la mention des clans du nord.
Ah ça... Il en sait quelque chose.
« Pas les seuls ?1 » répète-t-il, intrigué par la remarque de la jeune femme. Il ne comprend pas exactement ce qu'elle entend par là, mais ne s'y arrête guère bien longtemps. Elle met un sujet autrement plus délicat sur le tapis.
Le coin des lèvres du chef de clan frémissent. C'est que Mademoiselle est plus vive qu'il n'y paraît, et a l'air d'avoir des connaissances relativement solides, finalement. Les questions l'amusent presque, et il se félicite d'être resté ainsi pour nouer le lien avec cette jeune femme que son fils a immédiatement appréciée.
Il comprend les questions. Pèse intérieurement la réponse qu'il peut lui fournir, le nombre de détails qu'il peut partager à cette inconnue. Des bribes d'informations, sans doute, guère plus. Ce qui tombe dans le domaine public, finalement.
« Mais nous le sommes,2 » répond-il simplement. Ils sont indépendants du Royaume-Uni, et par extension de l'Écosse. Ou plutôt, ils sont le dernier bastion d'indépendance de l'Écosse face à l'oppresseur anglais. Quoi de plus idéal pour garder ses distances que d'être des insulaires, isolés par la mer et par la façon de penser ?
« Si vous prenez l'exemple de mon clan, nous sommes indépendants de... l'Angleterre, ou même l'Écosse. Nous sommes le tout dernier petit bout de terre à ne pas être dirigé par les Britanniques.3» Il ne donne pas son nom, mais la mention aux dragons est assez claire pour qu'il sache qu'elle a parfaitement deviné à qui elle avait affaire. Du moins en partie ; elle ne s'imagine peut-être pas faire face au chef du clan MacFusty, Himself en personne.
« On n'entend pas beaucoup parler de nous parce que nous ne le voulons pas. Nous sommes... Comme une miniscule nation, d'accord ? On ne peut pas prendre le risque de s'engager dans un conflit, ou quoi que ce soit de ce genre, pas sans de solides alliances. Prenons l'exemple de Vous-Savez-Qui : mon clan était totalement contre lui et a aidé à sa façon à combattre ce qu'il tentait d'instaurer. Nous avons fourni une terre d'asile, à manger, et quelques uns d'entre nous sont allés se battre sur le terrain. Mais nous n'étions pas en position de déclarer une guerre ouverte. On aurait été dépassés en nombre, et notre position sur un archipel aurait rendu les choses faciles pour eux, ils auraient pour nous faire mourir de faim en quelques mois, et ce malgré nos alliances avec l'Angleterre ou la Norvège. Tout ce que nous pouvions faire était de faire profil bas et attendre le bon moment.4 »
Il ne s'imagine pas que ce scénario cauchemardesque pourrait se répéter d'ici peu. Qu'il sera remis dans une position délicate, devra faire un choix, et peut-être jongler avec plusieurs fronts pour maintenir l'intégrité des siens.
Voit-on jamais ce genre de choses venir ?
« Si nous ne nous montrons pas assez prudents, on pourrait perdre notre indépendance, mademoiselle. Notre culture propre, la façon dont nous avons toujours vécu. Vous n'entendez pas parler de nous parce que nous ne pouvons pas être sous la lumière des projecteurs. Et pour être honnête, nous ne le voulons pas non plus. 5»
Leur position d'insulaires coupés du monde leur convient. Ils vivent en paix, selon leurs propres lois, selon un équilibre fragile qu'ils maintiennent envers et contre tout, avec un entêtement bien écossais.
C'est qu'ils y tiennent. Et que beaucoup d'entre eux ne sauraient pas vivre autrement, habitués à leurs traditions depuis des siècles. Alors ils maintiennent ce microcosme, jusqu'au bout.
Et leur chef se fait l'écho de la volonté de tout un clan, même s'il est, au final, celui qui devra jongler entre les opinions et protéger les siens de guerres qui pourraient détruire l'équilibre fragile qu'est leur vie.
_____________
1Nae the only ones ?
2 But we are.
3If ye take the example o' me clan, we are independent from... England, orrr even Scotland. We are the verra last wee bit nae tae be goverrrned by the Brrri'ish. 
4 Ye dinna hear a lot from us 'cause we dinna want ye tae. We're... Like a verra wee nation, aye ? We canna take the rrrisk tae take part in a conflict, orrr aught like it, norrr wi'oot strong alliances. Let's take the example o' Ye-Ken-Who : me clan was definitely against him, and helped in its ain ways tae fight what he was trrryin' tae put in place. We prrrovided shelter, food, and a few of us would fight on the field. Bu' we were in no position tae declare open war. We would've been ootnumbered, and our position on islands would've made it easy for'em tae starve us tae death in a few months, though we do ha' alliances wi' England orrr Norwa'. All we could do was keepin' it low and wait for the rrright moment.
5If we arena careful enough, we might lose our independence, Miss. Our ain culture, the way we've always lived. Ye dinna hear a lot 'boot us 'cause we canna be under the spots light. And tae be honest, we dinna want tae either. 


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Shea GruffyddProfesseur de Volavatar
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En l'écoutant, mes yeux ne le quittèrent pas d'une seconde, sauf peut-être pour cligner des paupières. J'étais tellement absorbée par ses paroles, à en déchiffrer l'accent si particulier, que mon cerveau avait du mal à tout emmagasiner. Même quand il eut terminé, je ne cessai de le dévisager. Pour être tout à fait honnête, ça me fascinait autant que cela m'effrayait. Il y avait ce sens de la "famille", ou tout du moins dans son cas de la communauté mais je ne pouvais qu'en déduire l'aspect famille, que je ne pouvais qu'admirer et respecter pour avoir le même. Mais il y avait également cet isolement qui me terrorisait plus qu'autre chose. Et puis... C'était loin.

– Donc, vous ne vous déplacez qu'en transplanant, c'est ça ?

J'en eus des frissons dans le dos et je fis une légère grimace. Comme si, tout ce qu'il avait dit, seul le transport non mentionné avait attiré mon attention. Ce n'était pas le cas mais c'est tout ce qui m'est venu à l'esprit. Et puis, je me suis demandée ce que cela pouvait être du côté moldu, du côté d'Alex. Je n'avais toujours pas reçu sa réponse à ma dernière lettre et donc pas l'explication de la boîte postale, mais en écoutant le père de famille, j'eus l'impression de mieux comprendre pourquoi. Et d'un coup, je fronçait les sourcils. Combien y avait-il de chance pour que je rencontre deux membres d'un clan silencieux dans la même région, en l'espace de moins de deux mois ? C'était curieux, certes mais après tout, ils n'étaient pas reclus dans leurs îles ! Quoiqu'à entendre l'homme, si... J'ouvris la bouche pour parler mais ne réussis qu'à inspirer profondément, comme si je m'apprêtais à plonger. Puis je tournai finalement la tête pour réfléchir en m'inspirant des passants et je portai mon verre à mes lèvres avant de reprendre.

– Je ne sais pas comment vous faites. Je ne pourrai jamais vivre comme ça. J'ai beau ne jamais sortir de ma Cité - ou presque - je crois que je me sentirais bien trop malheureuse. Ici, je suis au coeur de ma famille. Enfin, je veux dire, depuis que j'habite à Pré-au-Lard, moins, mais à la Cité, j'étais presque à distance équivalente ! Si ma seule option était de transplaner pour retrouver ma famille, je ne sais pas trop, c'est...

Je me mis à rire en baissant la tête et relevai les yeux sur lui.

– Vous devez me trouver bien stupide.

Puis je me redressai soudainement en ouvrant une main et repris d'une voix inspirée.

– C'est pas que je n'admire pas ce que vous faites et comment vous vivez, c'est tout le contraire en réalité. Enfin, du peu que j'en sais, parce que je ne sais pas grand chose. Que ce qu'on peut entendre vite fait ou ce que vous m'en dites. Mais n'étant pas quelqu'un qui cherche la grande vie comme mon petit frère, ni capable de me tenir si loin des miens, comme mon frère aîné, vivre à "la campagne", au plein air, j'entends par là dans la nature, je sais que c'est ce que je veux. Pour ça que je ne veux pas quitter ma Cité. Enfin... Que j'y retournerai le plus souvent possible pendant les vacances scolaires, j'imagine mais même là, c'est une ville qui s'agrandit de plus en plus. Et puis récemment, on ne peut pas dire qu'elle ait été également la plus calme. Et moi, j'aspire au calme. A la quiétude. Je fais du yoga. Tout ce tapage me donne le tournis, je vous assure, et pourtant je suis professeur de vol, c'est vous dire ! Ce que j'aime à Pré-au-Lard c'est que le village a su rester calme au fil du temps, si on met de côté... - Je poussai un profond soupir - Enfin vous savez. Bref. - Je pris une nouvelle gorgée et grimaçai en reprenant mon moulin à paroles, manquant de m'étouffer en laissant à peine le temps à mon interlocuteur d'en placer une - J'adorerais vivre comme vous mais j'en serais bien incapable. Vous savez, comme ces trucs qu'on aimerais faire dans sa vie mais dont on a trop les miquettes pour se lancer et plonger dans le grand bain. Le fait de ne pas avoir la moindre idée de ce que je pourrais faire là-bas en plus ne me donne absolument pas d'ailes. Et pourtant, je trouve ça fantastique ! Je veux dire... C'est tout un écosystème à vous seuls ! C'est comme si vous aviez fondé votre propre pays, votre politique, votre propre "gouvernement" si j'ose dire ! Je trouve ça vraiment impressionnant et pour être tout à fait honnête, clairement intimidant. Vous êtes intimidant !

Je hochai la tête en riant et agitai mon index entre nous. Mais je voulais revenir sur quelque chose qu'il avait dit.

– Et je suis très honorée que malgré votre discrétion vous ayez accepté d'en discuter avec moi. Je vous assure. Après tout je ne suis qu'une inconnue, une étrangère à qui votre fils a décidé de faire du charme inconsciemment avec des grands yeux bleus à rendre jaloux mon frère. Je pourrais travailler pour les Multiplettes ! - Je levai une main - Je vous rassure. Ce n'est pas le cas. Je n'ai absolument pas la fibre de l'écrivain. Encore moins du scandale. Mais je suis certaine que vous êtes bien trop poli pour avouer que je parle trop et que je vous saoule alors que vous avez sûrement plus envie de retrouver votre fils une fois votre whisky terminé que d'attendre le retour de mon frère avec moi !


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Alexandre M. MacFustyMolduavatar
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La première question prend l'homme de court ; il fait vite le lien avec le malaise qu'elle avouait plus tôt, mais a tout de même du mal à saisir. Bien sûr que lui et les siens ne se déplacent qu'en transplanant ! Avec le portoloin pour les plus jeunes, cela va de soi, mais...
Enfin, comment pourraient-ils faire sinon ? Il y avait toujours cette navette, aux airs de drakkar, mais tout de même... Cela prenait une lenteur infinie, et pour lui, voyager autrement est inenvisageable.
C'est qu'il doit être partout à tout moment de la journée, et que la rapidité du transport lui est absolument indispensable.
« Aye, » répond-il donc, sans partir dans les détails.
De toute façon, il n'en aurait pas la possibilité, quand bien même l'aurait-il voulu. Ses sourcils roux se froncent, alors qu'il ne comprend pas tout à fait où elle veut en venir. Après tout, quand on naît dans un clan, on y reste très souvent et on vit là-bas. Comme un petit État, ou une ville immense et étendue.
Un peu comme la Cité dont elle lui parle.
Mais une fois encore, il n'aura pas la possibilité de le relever, ou pas encore.
Alors il sirote tranquillement son whisky, écoutant la jeune femme parler, parler, parler encore, retenant bien plus de détails qu'on pourrait l'imaginer. Car s'il est une qualité qu'on ne peut lui retirer, c'est bien celle-ci : il sait écouter, et fait preuve d'attention. C'est qu'il est ravi de ne pas avoir à remplir le silence lui-même, comprenez bien !
Il relève qu'elle s'interrompt, esquisse un sourire à la comparaison qu'elle fait, visiblement loin de se douter qu'elle a vu juste en les comparant à un petit pays.
Avec sa propre politique.
Son propre gouvernement.
L'État, c'est moi.
Mais non. Elle parle une fois de plus. Elle fait des compliments qu'elle ne mesure peut-être pas, et ce petit côté candide, ingénu même, a un petit quelque chose de tout à fait charmant à ses yeux. Quelque chose dont il ne fera pas part, homme réservé qu'il est.
C'est qu'on pourrait presque le penser timide, caché derrière de hautes barrières de conventions et de traditions.
« Mon fils est occupé, de toute façon, et ne sera pas de retour avant un moment,1 » fait-il remarquer, comme pour balayer toutes les théories de la jeune femme. Il y a une certaine modestie, dans sa façon de détourner les choses. Mais ce n'est certainement pas quelque chose qu'il mettra en avant.
Pas plus qu'il dira qu'il a relevé des détails qui l'intriguent.
Elle est enseignante. De vol, donc de sport. Elle fait du yoga. Des coïncidences importantes, mais qu'il garde pour lui-même. Il ne serait absolument pas cavalier de demander son nom à la demoiselle – et peu fiable : elle pourrait avoir utilisé un pseudonyme... Ou lui donner un faux nom, par méfiance. Jouer cartes sur table est tout autant exclu.
Il est coincé.
Son regard vif se fait peut-être un poil plus perçant, cela dit. Alexandre cherche à sonder plus précisément sa bavarde interlocutrice, fouille dans son esprit en quête d'un moyen de l'amener à confirmer ou infirmer ses doutes.
« Vous savez, vous parlez de la façon dont nous vivons, mais vous n'avez pas idée du point auquel vous avez raison. Mon clan est en effet un état à part entière, avec son propre gouvernement, ses propres traditions. Nous ne faisons pas partie du Royaume Uni en tant qu'entité politique ni... Ni rien. Nous sommes indépendants, mademoiselle.2 »
Le verre, vidé, retrouve place sur le panneau de la table. Le chef de clan garde son regard rivé sur celui de la métisse.
« Notre façon de vivre n'est pas si différente de la vôtre. La plupart d'entre nous ne quittent pas l'archipel, certains prennent le bateau quand ils veulent e rendre sur le continent, comme on l'appelle. C'est un peu comme la façon dont vous vivez dans votre ville. Avec la famille et les amis, vous voyez.3 »
Si ce n'est qu'ils sont dans un environnement plus ouvert, infiniment plus nature, et qu'ils jouissent d'une liberté devenue rare pour certains.
Un privilège qu'ils mesureront plus encore lorsqu'ils deviendront les spectateurs d'un régime à la dérive.
Une dérive bonne ou mauvaise ?
Ça, ce sera la question la plus délicate à laquelle répondre.
__________________
1 My son's busy, anywa', he wilna be back before a while.
2Ye ken, ye talk 'boot the way we live, bu' ye've nae idea how much ye're rrright. Me clan actually is a state, wi' its ain goverrrnment, its ain traditions. We arena part o' the UK as a political entity, nor... Nor aught. We're independent, miss, so we are.
3Our wa' o' life isna that different o' yers. Most o' us dinna leave the islands, some take the boat when they want tae come on the main land, as we call it. 'Tis a wee bit like the wa' ye seem tae live in yer city. Wi' family, wi' friends, 'ken.



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Il parlait à nouveau. Continuant la descente de mon verre, je l'écoutai avec attention, toujours plus intriguée à chaque phrase. J'imaginai Alex, mon correspondant, dans ce concept de vie et ma curiosité s'envola de plus belle. J'ai alors assommé le père de famille de questions. Le ravitaillement de nourriture, comment se passait le travail, comment était constituée une journée de chef de clan, comment le devenait-on, quelles étaient les plus grandes traditions, jusqu'à quand remontaient-elles, comment s'implantait-elle dans l'histoire d'Ecosse et depuis quand ? Le système clanique sorcier était-il le même chez les Moldus, y en avait-il beaucoup ? J'étais de sang-mêlé, une vraie, une pure, une dure, j'aimais tout savoir d'un côté comme de l'autre, de la même façon que j'aimais honorer les origines de mon père ainsi que celles de ma mère.

Je ne me laissai pas de sa voix, encore moins de ses explications. J'étais d'une curiosité presque maladive mais il ne cessait de me répondre alors je n'ai cessé de le questionner. Finalement, je n'avais même plus besoin d'aller au stand que je voulais, l'Ecossais me faisait un tour du propriétaire gratuit, en bonne compagnie, et tout à fait agréable, avec un verre, et à l'ombre. J'en oubliai mon mal de transplanage, la chaleur, et le fait que mon frère jumeau n'était toujours pas revenu. Il avait dû rencontrer une connaissance sur le chemin. Tobias connaissait tout le monde, c'était incroyable, il s'entendait avec tout le monde aussi.

Nous parlions ainsi depuis si longtemps qu'au retour de son fils, j'ai sursauté en remarquant l'heure. J'avais fini mon verre et le petit garçon s'animait à nouveau entre son père et moi. J'ai alors libéré mon interlocuteur, non sans un au revoir décent, cette fois et je ne me suis pas lassée de remercier l'homme pour sa compagnie et toutes ses explications. Je ne connaissais pas son nom mais je n'en avais pas eu besoin. A peine s'éloignait-il que j'ai senti mon frère cadet dans mon dos me masser les épaules avant de m'embrasser le front. Ma mère et lui venaient de me rejoindre et je fus submergée par un flot de paroles des plus animées alors qu'ils s'installaient à mes côtés en prenant la bouteille d'eau qui était dans mon sac. Alors que Lip s'asseyait, il sursauta en se redressant et brandit un petit béret qu'il avait malencontreusement écrasé. Il allait le poser sur la table à qui se rendrait compte de son oubli mais je l'interceptai en me redressant à mon tour. Mon regard se promena sur la foule à la recherche du petit garçon et de son père... Mais ils avaient déjà disparu. Un frère n'arrivant pas seul, mon jumeau daigna enfin me rejoindre et quand je lui demandai s'il avait croisé l'homme qui était là avec moi quelques minutes plus tôt, il répondit que non.

Lip suggéra les objets oubliés et nous repartîmes au coeur du festival pour retrouver des amis. Je n'eus de cesse que de chercher l'homme des yeux mais la fin de la journée arrivée, le béret était toujours dans mon sac. Et j'oubliai de le donner aux objets trouvés. Alors, le soir venu, en rangeant mes affaires avant de me coucher, je le retrouvai, un peu écrasé au fond de mon sac avec mon carnet, allégé de la lettre que j'avais postée pour Alex. Je soupirai à l'idée de n'avoir pu le rendre à son propriétaire et mes pensées s'égarèrent au souvenir du père. J'ignorai comment le retrouver et c'est bien là que je regrettai de ne pas avoir son nom. Mais j'étais bien trop fatiguée. Je me promis alors dans le courant de la semaine de trouver une solution pour le faire parvenir à qui de droit. Des clans sorciers en Ecosse, il ne devait pas y en avoir tant que ça. La poste de Pré-au-lard devait probablement posséder une telle information, après tout.


After all we've been through.
Everything that I've done.
It can't be for nothing.

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Edinburgh, mon Amour [Shealex]

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