AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 L'Orage avant le Mariage. [PV Swann]

Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
Messages : 157

Voir le profil de l'utilisateur

Précision sur la longueur du post:
 

15 juillet 2008

Installé à la grande table de la salle à manger du 227 Greyfriars Square, Jacob fixait l'assiette vide qui lui faisait face. Le politicien était sur le point de perdre un duel de patience engagé depuis bien trop longtemps. A cette heure tardive, les mouvements du battant de l'horloge avec quelque chose d'hypnotique et attiraient sans cesse le regard d'un Jacob devenu électrique par l'attente. Faute de trouver l'envie et appétit, Jacob laissait volontairement refroidir son plat refroidir dans son assiette. L'homme n'avait qu'une chose en tête, celle d'accueillir avec un mépris glacé la retardataire récidiviste! Car depuis quelques semaines, Swann avait la fâcheuse manie de faire beaucoup trop attendre son futur mari! Lui-même faisait des pieds et des mains pour disposer de quelques soirées dans son agenda surchargé de Directeur de Département au Ministère! Il était donc en droit de s'interroger sur comment Swann planifiait ses journées. A force de faire toujours des efforts, et se comporter en mari modèle de patience, Jacob sentait la situation lui échapper, et cela ne pouvait plus durer. Où donc était-elle encore en train de cavaler? A cette heure de la nuit, le Chemin de Traverse devait s'apparenter au désert de Gobi, et le prétexte du travail avait du plomb dans l'aile. La situation était d'ores et déjà électrique, avant même que Swann fasse son entrée. Nul doute que la nuit allait être très longue chez les futurs mariés, et tourner à l'orage dès que la belle franchirait le seuil de la porte...

Un petit tintement métallique se fit entendre alors qu'une clef glissait enfin dans la serrure. Le loquet de la porte finit par se prosterner lentement, avant que la porte ne s'ouvre sur la retardataire. Jacob tapota la surface de la table de ses mains empreintes d'une nervosité trop longtemps contenue.

"J'espère que tu aimes la viande de Licheur froide, parce que tu vas me faire le plaisir d'en déguster. "

Jacob planta une cuillère dans le marmiton, puis d'un geste vindicatif de la main, il invita sa dulcinée à se servir...


Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Swann poussa la porte et ôta ses escarpins. Elle se massa brièvement les pieds tout en repensant à sa soirée. La réunion de l'OFFRE avait été fort intéressante et les différentes réclamations que les membres avaient listées en vue de promouvoir l'égalité  balayaient de nombreux domaines. Si un candidat au poste de Ministre de la Magie s'engageait à faire respecter leurs propositions nul doute qu'il arriverait à conquérir le vote des femmes. La balle était dans le camps de ce cher Léopold, songea Swann en avançant à pas de loup dans l'appartement. Il était tard et Jacob devait déjà être couché. Mais contre toute attente, lorsqu'elle passa dans la salle à manger, elle le trouva attablé devant un plat cuisiné.

"Oh Merlin, tu m'as fait peur !"
lança-t-elle en portant une main sur sa poitrine.

Son regard se posa alors sur l'assiette vide avant de croiser le regard de Jacob.

"Tu m'attendais ? demanda-t-elle, pourtant je t'ai dit ce matin que je ne rentrais pas ce soir, tu sais bien, lança-t-elle en contournant la table pour aller l'enlacer, j'avais cette réunion à Bristol avec ta sœur, pour le droit des femmes..."

Elle déposa un baiser sur sa tempe mais son futur mari ne semblait pas disposé à passer l'éponge si rapidement.

"Oh je t'en prie Jacob... On est vraiment obligé de se disputer ce soir, souffla-t-elle, lasse, Par Merlin, je t'avais prévenu, je t'assure !"

Elle se redressa et soupira.


Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
Messages : 157

Voir le profil de l'utilisateur
Dans l'art de rejeter la culpabilité sur l'autre, Swann n'avait pas d'adversaire. Sauf que cette fois-ci, elle allait se heurter à un roc en la personne de Jacob. Ce dernier n'était vraiment pas décidé à tirer un trait sur ce retard, et les justifications de la jeune femme lui hérissèrent les poils plutôt que de les caresser dans le bon le sens. Voilà qu'elle lui sortait la rengaine du "Je te l'avais dit, pourtant", comme s'il ne voyait as clair dans son petit jeu. Cela ne fit qu'accentuer la colère froide de l'ancien Oubliator, qui se devait de donner une bonne leçon à celle qui deviendrait un jour SA femme. Jacob la fixa longuement, comme si regard pesant cherchait à démêler le vrai du faux dans les propos de sa compagne. Puis sans même prévenir, il se leva d'un bond, contourna la table pour se saisir du marmiton dans lequel pataugeait la viande de licheur froide, avant de se diriger vers la poubelle de cuisine. Dans un geste presque théâtrale, mais sans l'ombre d'une émotion, il jeta le repas qu'il avait cuisiné dans celle-ci. Une manière d'engager les hostilités et de faire comprendre à Swann qu'elle venait de franchir la ligne rouge. Jacob tourna son regard gris sur la retardataire.

"La prochaine fois, tu pourras me revenir quand tu daigneras passer une soirée avec ton futur mari! Cela m'évitera de perdre mon temps... "

Jacob marque une pause avant de surenchérir de plus belle. Il se trouvait dans la position du matador qui plantait une à une ses banderilles, et il n'était pas prêt à lâcher sa cible. Surtout lorsque celle-ci mettait en avant une excuse aussi futile que ce combat perdu d'avance de l'Offre. Voir sa future épouse rejoindre les idéologies de ses femmes castratrices et mal embouchées ne lui plaisait guère, et il s'apprêtait à lui faire savoir durement.

"A moins que tu préfères rejoindre cette horde de hyènes enragées... "

Comment Swann pouvait se montrer assez folle pour suivre les idéaux de ces maudites fanatiques!?


Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
"Jacob tu ne vas quant même pas..." Et bien si. Le licheur venait de finir sa course dans la poubelle. Littéralement abasourdie, Swann dévisageait son futur mari comme si elle le découvrait pour la première fois. Elle se raidit un peu plus en entendant l'accusation de ce dernier:

"Arrête de dramatiser s'il te plait ! Il s'agit du premier repas que je rate depuis plus d'une semaine !"

Certes il lui arrivait parfois de finir tard et de sauter quelques diners mais il en était de même pour Jacob. Son poste de Directeur de Département l'occupait à plein temps et il se devait d'être disponible 24h/24 pourtant Swann ne s'était jamais plainte de la situation. Au contraire, pour elle, il s'agissait d'un accord tacite entre eux. Ils avaient tous deux des emplois très prenants qui exigeaient beaucoup de temps. Pourtant Jacob avait semble-t-il oublié qu'il était exactement dans la même situation qu'elle et que Swann pouvait très bien, si elle le souhaitait, lui faire les même reproches. Seulement, elle ne le voulait pas.
Malheureusement, dans l'esprit tout masculin de son homme, ce devait forcément être elle qui attendait son cher-et-tendre pendant que le repas refroidissait, et non l'inverse !

"Ne les appelle pas comme ça !"
fulmina-t-elle lorsque Jacob qualifia les membres de l'OFFRE de hyènes enragées. Elle s'était permis de faire la même remarque quelques heures plutôt avec Mildred mais dans sa bouche le terme était un brin moqueur, alors que dans celle de Jacob, c'était une insulte.

"Si tu es décidé à me faire une scène, trouve un autre prétexte je te prie car tu ne te rends même pas compte du ridicule de la situation. On dirait un vieux sang-pur arriéré !" lança-t-elle en croisant les bras.


Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
Messages : 157

Voir le profil de l'utilisateur
Voilà que Swann envoyait l'artillerie lourde, et les insultes à peine déguisées. "Vieux sang-pur arriéré", rien que ça! Jacob n'arrivait pas à savoir lequel de ces termes était le plus blessant, même s'il détestait par dessus tout quand la jeune femme le rabaissait sur son âge. Elle disposait peut être de la jeunesse, mais elle manquait cruellement de sagesse! Lui était-il impossible d'admettre ses torts? Cherchait-elle volontairement le conflit? Gersende dans la même situation, n'aurait jamais agit de la sorte. Jacob masqua toute l'étendue de son courroux, derrière un sourire dédaigneux. Puis un flot de paroles abruptes ensevelit la malheureuse Swann :

"Nous y voilà! Les critiques puériles sur mon âge! Comme c'est étrange, cela te déplait maintenant de t'afficher aux bras d'un vieillard. Pourtant, tu ne disais trop rien quand ce même vieillard est venue te sauver d'une mort certaine! Je suis peut être plus âgé, mais il me semble que ma mémoire est moins défaillante que la tienne! "

Jacob s'avança sur Swann, de manière à la dominer de toute sa stature. Une forme de jalousie malsaine venait obscurcir ses raisonnements, alors qu'il se penchait pour chuchoter de viles remontrances à l'oreille de la jeune femme.

"Tu sais, belle comme tu es, tu n'aurai aucune difficulté à te trouver un jeunot. D'ailleurs, maintenant que j'y pense : Il était où ton ami du Grenier quand il s'agissait de venir t'aider? "

Un petit sourire narquois aux lèvres, Jacob se redressa pour mieux contempler les effets dévastateurs de sa remarque s'imprimer sur le visage de Swann.


Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
"Cela n'a rien à voir avec ton âge Jacob, tu le sais bien, répondit-elle en balayant sa remarque d'un geste de la main. C'était bien trop facile de se cacher derrière cela, je parle de ta conception des choses ! De ta manière de penser rétrograde ! je ne t'ai jamais caché mes ambitions, ni mes projets et je ne comprends pas pourquoi tout cela te pose un problème subitement..."

Mais Jacob ne voulait pas l'entendre. Il restait braqué sur cette histoire d'âge qui semblait vraiment le complexer, alors qu'elle, elle n'y accordait aucune importance. Elle était bien avec lui -du moins, la plupart du temps- et le fait qu'il soit plus âgé ne la chagrinait pas le moins du monde, il aurait dû le savoir ! Toutefois son futur mari semblait bien décidé à trouver n'importe quelle raison pour la tourmenter puisqu'il évoqua ensuite le Bloody Sunday. Swann fut particulièrement blessée par sa remarque: Par Merlin, heureusement qu'il lui était venu en aide, ils allaient se marier !

"Tu sais bien que j'en aurais fait autant pour toi si les situations avaient été inversé, répondit-elle en secouant la tête, pourquoi es-tu aussi blessant ? Je t'ai déjà remercié pour ce que tu as fait  pour moi, tu le sais,  mais comptes-tu me ressortir cela à chaque dispute, comme si je t'étais redevable à vie ?"

Elle n'avait pas à se sentir coupable de quoi que ce soit. C'était une relation saine de pouvoir compter sur son conjoint, ça l'était beaucoup moins quant celui-ci s'appliquait à vous rabaisser. Et même à vous humilier ! L'ultime bravade arriva lorsqu'il évoqua Aaron. Elle savait bien qu'il abattait cette carte uniquement pour la faire enrager, et sincèrement, il y parvenait sans problème. Elle s'éloigna et lui jeta un regard noir. Elle fulminait, littéralement. Si elle avait su qu'il se servirait de ses confidences pour les lui retourner contre elle, elle ne lui aurait jamais révélé son passé amoureux.
Mais ce que Jacob ne savait pas, c'est qu'elle était parfaitement capable de faire des coups bas, elle aussi. Swann pouvait se montrer très mesquine. Elle laissa fleurir un sourire factice sur ces lèvres avant de répondre:

"Tu veux sans doute parler d'Aaron Finnigan ! Ne fais pas celui qui a oublié son nom, je sais très bien que tu t'en souviens ! lança-t-elle en arquant un sourcil pour lui montrer qu'elle n'était pas dupe, mais es-tu sûr de vouloir parler de nos ex, ajouta-t-elle particulièrement menaçante en s'approchant de lui, parce que je pourrais exiger d'en savoir un peu plus sur... Gersande.

Sa bouche forma un O parfait, comme si elle n'avait pas prémédité sa remarque puis elle assena sa dernière flèche:

"Oups. C'est vrai. C'est comme Voldemort. Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom."


Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
Messages : 157

Voir le profil de l'utilisateur
La dernière réplique de Swann fit mouche. Jacob resta un instant décontenancé, les yeux écarquillés de stupeur, tant il ne s'attendait pas à une aussi vile riposte. Même dans les situations les plus tendue, Swann conservait toujours son sourire de commerçante, se gardant de blesser ou d'invectiver un client potentiel. Mais il n'en était pas de même avec son futur mari. Le parallèle effectué entre Gersande et Voldemort venait de frapper de plein fouet les certitudes du politicien au sujet de sa compagne. Jamais, au grand jamais, il n'aurait pensé Swann capable de lui expédier un tel camouflet verbal. Il fallut de longues secondes à Jacob pour ce remettre de ses émotions. L'évocation de son ancienne et défunte bien aimée submergea littéralement le Directeur de Département  dans sa répartie coutumière. En voyant la petite moue victorieuse affichée par sa future femme, Jacob réprima un profond désir de lui clouer le bec. Comment pouvait-elle se montrer aussi insidieuse? Serait-ce Mildred qui lui déteignais dessus, ou faisait-elle cela dans un simple accès de colère? Elle ne pouvait pas se permettre de tourner en dérision le souvenir de Gersande, et le ramener aussi violemment à son souvenir. L'espace d'un instant, sa main avait tremblé, animée d'une pulsion presque irrésistible de lui enserrer la gorge; Juste pour lui arracher ses paroles cruelles de la bouche. Mais sa raison reprit vite le pas sur sa colère, et toute forme de violence disparut de ses pensées. Car il le savait trop bien. Dans une telle situation, le conflit n'était point la solution. Swann voulait connaitre la vérité, et bien qu'il en soit ainsi. L'attitude de Jacob changea alors radicalement, alors qu'il se contentait de secouer laconiquement la tête. Sa rage s'était envolée pour laisser la place à une déception infinie. D'une voix grave, il s'adressa à Swann.

"Décidemment, tu ne comprends rien à rien... "

Jacob se détourna de la jeune femme, pour se diriger vers la chaise qu'il occupait quelques instants plus tôt. Le visage aussi pale qu'un linceul, il s'affala sur son siège, la tête enfouie entre ses larges paumes. C'est d'une voix d'outre-tombe qu'il s'adressa à nouveau à l'outrancière jeune femme.

"Le seul point commun que Gersande possède avec Voldemort, est celui d'être morte et disparut à jamais. Il ne t'ai pas venu à l'esprit que si je refuse de parler d'elle, c'est uniquement pour ne point réveiller certaine blessure du passé... " Jacob poussa un profond soupir, avant de demander calmement. "Maintenant, j'aimerai que tu me laisses seul... "

Jacob resta prostré et silencieux, aussi longtemps qu'il faudrait à Swann pour sa culpabilité la submerge...


Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Swann ne s’attendait pas à un tel revirement de situation et cela la déconcerta durant quelques secondes. Elle connaissait assez Jacob pour savoir qu’il était parfaitement capable de poursuivre dans la surenchère. Elle aussi d’ailleurs.  Énervée, elle pouvait balancer les pires horreurs sans aucun scrupule. C’est d’ailleurs ce qu’elle venait de faire et ses paroles avaient fait mouche. Jacob était là, assis, la tête entre les mains complètement effondré.

En le voyant comme cela, elle ressentit un bref sentiment victorieux. Elle avait gagné. Elle l’avait blessé. N’était-ce pas ce qu’elle cherchait à faire depuis plusieurs minutes ? Alors, dans ce cas pourquoi se sentait-elle si mal… La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure envahit par une vague de culpabilité. Au fond, elle était sûre d’une chose, elle aimait Jacob, vraiment, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de démarrer au quart de tour au lieu de chercher à calmer le jeu.

Pourtant, elle savait que Gersande était un sujet sensible. La dernière fois qu’elle avait voulu en parler, Jacob avait coupé court à la conversation. Elle s’était dit à ce moment là, qu’il était trop tôt pour évoquer cette femme, qui -elle le savait par sa mère- avait un temps été fiancée à Jacob. En découvrant l’attitude butée de son amoureux, elle avait estimé qu’il finirait par lui raconter toute l’histoire quant il se sentirait assez en confiance pour le faire. Seulement, il avait fallu qu’elle lui tire les vers du nez. Elle avait obtenu ce qu’elle voulait savoir... par la force. Il n’y avait aucun mérite à ça. Elle aurait tellement préféré qu’il lui parle de Gersande spontanément, qu’il s’ouvre à elle et qu’il lui fasse assez confiance pour lui expliquer cette histoire. Mais au lieu d’attendre patiemment, de se montrer compréhensive, il avait fallu qu’elle brusque les choses, quitte à mettre leur couple en péril en blessant  Jacob volontairement. Certes, il avait fait de même. Swann avait bien conscience qu’il avait aussi sa part de responsabilité dans ce conflit mais elle ne pouvait pas s’empêcher de penser aux paroles d’Aaron lorsqu’il était venu la trouver au magasin un mois plus tôt…

Elle était forcée de constater qu’elle répétait les erreurs du passé, inlassablement. C’était une forme d’ultimatum qu’elle avait posé à Jacob. Elle voulait la confiance de ses amants mais elle n’était pas en mesure de la gagner… Et comme elle ne supportait pas d’échouer dans quelque chose, elle les poussait dans leur retranchement, jusqu’à ce qu’ils cèdent. Cette technique était beaucoup plus simple que de se remettre en question. Il fallait qu’elle se rende à l’évidence et qu’elle arrête de se voiler la face. Elle devait être en mesure d’admettre ses erreurs plutôt que de rester braquer et de toujours vouloir avoir le dernier mot.  Sur ce point -cela l’énervait de l’admettre-  Aaron avait eut raison. Les remarques de son ex-petit-ami arrivaient trop tard pour sauver le couple qu’ils avaient formé mais elle pouvait peut-être éviter que le fossé ne se creuse entre elle et Jacob. Elle devait juste faire le premier pas vers la réconciliation…

La jeune femme tira une chaise et s’installa à côté de son futur mari. Elle hésita quelques minutes et posa finalement une main sur son épaule, prête à admettre une partie de ses tords :

« Chéri… Excuse-moi… Tes propos m’ont vraiment blessé et j’ai réagit sans réfléchir… Je n’aurais pas dû. »

Elle se tut et le regarda tristement avant de poursuivre :

« Je ne supporte pas de te voir dans cet état. Si tu ne veux pas me parler d’elle c’est ton choix après tout, et je dois le respecter. »

Elle s’approcha et plaqua son front contre son avant bras en quête d’affection. Elle repensa une dernière fois aux reproches d’Aaron et ferma les yeux. Sa voix ne fut plus qu’un murmure lorsqu’elle lui souffla :

« Je t’aime comme tu es, tu sais. Même avec tes silences et tes secrets. »


Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
Messages : 157

Voir le profil de l'utilisateur
Quand il entendit les pieds de la chaise glisser sur le plancher, Jacob comprit immédiatement qu'il venait de remporter une victoire décisive dans l'art de manipuler Swann. Cette dernière se laissait probablement envahir par un sentiment de culpabilité, alors qu'elle se plaçait au coté d'un conjoint qui feignait admirablement bien le visage de la détresse. Tout était savamment calculé pour que Swann n'ose jamais plus mentionner le nom de "Gersende", et cela lui donnait également une formidable l'opportunité de pouvoir semer la confusion dans l'esprit de sa future épouse. Bien que cherchant à la duper sur ses intentions, il apprécia le doux touché de la main de Swann sur son épaule. Fermant les yeux, cela le ramena presque au souvenir lointain de sa défunte bien aimée, jusqu'à ce Swann brise l'instant, en se confondant en excuses. Il la laissa parler une fois, deux fois, trois fois; Autant profiter de l'instant, et de la manière jouissive dont Swann était obligée de s'aplatir pour obtenir le pardon de son cher et tendre Jacob. Ce dernier finit par pousser un long soupir, avant de se redresser sur son séant. Il tourna alors une regard plein d'empathie à Swann.  

"C'est à moi de m'excuser. Tu ne pouvais as deviner une réalité que tu ignores. j'aurai probablement dû t'en parler, mais je ne trouvais n'y la force ni le moment pour le faire. Mais je crois qu'il est  temps que je passe à table, et que je te dévoile certaine chose... "

Dans la valse d'illusion dans laquelle il l'entrainait, le Directeur des Catastrophes magiques voulait imposer son rythme à sa cavalière. Lever un peu le voile de ses secrets ne pouvait, après tout, que renforcer la confiance de Swann. Il fallait juste s'en tenir au strict minimum, sans trop exposer les erreurs de son passé. Jadis, la mort de Gersende lui avait coûter sa place au Ministère, alors qu'il avait laissé parler son cœur vengeur plutôt que sa raison. Dans sa vengeance aveugle, il en avait oublier certaine règle qui régissait le monde magique. Son intervention et la méthode usée contre le meurtrier moldu, Henri Valtran, resterait à jamais comme une tâche indélébile dans sa carrière. C'est d'une voix fragilisé par le remords qu'il s'adressa à Swann.

"Il y a de cela bien longtemps, alors que j'occupais une fonction au Magenmagot, j'ai croisé la route d'une jeune femme du nom de Gersende Florenson. C'était une jeune stagiaire du service des détournements de l'artisanat moldu, d'une grande beauté et... dont je suis tombé éperdument amoureux. C'était la première fois que j'éprouvais quelque chose d'aussi intense pour une autre personne... Et fort heureusement, l'amour fut réciproque. Nous avons fait un bout de chemin ensemble, et j'ai ressenti le besoin de franchir une étape, de renforcer cette sublime relation... Je m'apprêtais à lui faire ma demande en mariage, romantique à souhait... mais il n'y avait plus personne devant qui s'agenouiller... Ils ont retrouvé Gersende en territoire moldu... sauvagement assassinée alors qu'elle ne faisait que son travail... "

Jacob s'effondra sur lui-même, alors que des sanglots emplissaient sa voix. Mais il se ressaisit pour poursuivre ses explications.

"La suite n'a guère d'importance... Je n'étais plus que le fantôme de moi-même... J'ai sombré dans une grave dépression qui a plombé fortement ma carrière... je me suis retiré littéralement du monde des vivants... Tu comprendras alors pourquoi je ne veux plus entendre parler de Gersende... Elle me ramène à une souffrance à laquelle j'ai passé des décennies à oublier... "

Jacob renifla, avant de lancer un regard franc à Swann.

"Le pire dans cette histoire, c'est que je ne l'ai pas vraiment oublié... Elle fait partie de moi, et explique certaine de mes colères à ton encontre... Car Gersende, d'une certaine manière te ressemblait... Elle se dévouait corps et âme dans son travail, au point d'en oublier parfois sa vie... Le soir où je devais la rejoindre pour lui remettre sa bague de fiançailles... Elle n'était pas là parce qu'elle avait accepté une mission qui au départ n'était pas de sa responsabilité... Ce que j'essaie de te dire, Swann... C'est qu'il ne faut pas t'oublier... La carrière est une chose, mais ce n'est que matériel... Tu dois te concentrer sur des choses plus essentielles... Notre mariage par exemple... Un bébé... Il y a tellement de belle choses que tu retardes, alors que l'on pourrait simplement les vivre... Je te prie d'y réfléchir... "

Jacob finit par se relever comme si le temps des confidences venait de s'achever, il se tourna vers Swann alors qu'il se dirigeait vers son bureau.

"Mais je n'exigerai qu'une chose! C'est que tu ne répètes cette histoire à personne. Et surtout pas à Mildred. Aussi amusante et distrayante qu'elle puisse paraitre au premier abord, c'est la pire des fouines qui soit! Elle aurait vendu sa mère pour un scoop croustillant! Ne te fie pas aux apparences, ce n'est pas ton amie. Mildred n'a pas d'amis! Elle n'en a jamais eu et n'en aura jamais! Maintenant, je vais rejoindre mon bureau, je veux rester un instant seul, je ne trouverai pas le sommeil de toute façon. Demain est un autre jour, je me ferai pardonner ma colère... Bonne nuit, Swann. "

Jacob quitta alors les lieux pour se réfugier dans la pénombre de son bureau.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
Messages : 676

Voir le profil de l'utilisateur

Du coté de Bristol, et des appartements privés de Mildred Magpie, la soirée se plaçait sous les meilleurs auspices. A peine la réunion de l'Offre terminée que Mildred Magpie voulait déjà satisfaire son sentiment de supériorité sur la gente masculine. En mal de tendresse, la rédactrice en chef de Multiplettes s'était octroyée une petite distraction, en monnayant les services d'un jeune Gigolosorcier, qui répondait au pseudonyme de Volderêve. Bien souvent, la sorcière en manque d'affection s'offrait ce genre compagnie, et une présence qui puisse lui faire oublier le néant de sa vie sentimentale. Les Galions lui offraient cette opportunité, et un subterfuge salutaire pour oublier sa solitude... mais aussi des pectoraux d'acier en guise d'oreiller. L'air béat, le jeune Gigolosorcier sortit de la cuisine, une bouteille à la main, le show "chaud" pouvait débuter...

" Vous voulez que je vous serve une coupe de vin des Elfes, m'dame Magpie? "

Le regard mutin de Mildred Magpie se posa sur le corps parfait et irradiant de jeunesse de Volderêve. Ce dernier, répondait en vérité au nom de Conrad Betswick, et n'était qu'un jeune homme paumé qui se tuait à la tâche, dans un métier de docker magique sur les quais du port de Bristol. Tout ça pour gagner un salaire de misère! C'était un père de famille de quatre enfants, qui cherchait désespérément à joindre les deux bouts pour subvenir au besoin des siens. Sa femme, Bethina, côtoyait les rangs de l'Offre, et saluait fréquemment la rédactrice de Multiplettes lors des nombreux meetings féministes; C'est d'ailleurs à l'occasion d l'un d'entre eux que Mildred Magpie rencontra le bel Apollon et finit par lui proposer de l'argent contre certain service en nature. D'abord réticent, il ne résista guère longtemps à l'appel de ces galions tombés du ciel. Même sa femme furibonde, finit par noyer sa souffrance et l'humiliation, et fermer les yeux sur ces extras qui se révélaient vitaux pour la survie de la famille Betswick...

Mildred ne culpabilisait nullement, et avait même l'impression d'accomplir une bonne action en s'octroyant les services du jeune homme. Après tout, elle n'était pas responsable de tous les maux du Monde Magique! Alors pourquoi ne pas profiter de la misère humaine à des fins personnelles? Pourquoi se priver de ses envies? Ses préoccupations étaient lus d'ordre personnel. En effet, elle se demandait pourquoi ses désirs n'évoluaient pas en fonction de son âge; La sorcière se focalisant sur des hommes d'une vingtaine d'années. Peut-être était-ce lié au fait que son unique coup de foudre avait dans ces âges? Le temps et son béguin pour les hommes restant figé à ce souvenir indélébile. Les moldus usaient d'une odieuse expression pour qualifier les femmes dans son genre : celle de "Femme cougar". Comme si une femme qui souhaitait s'épanouir pleinement dans son amour, devait forcément être comparée à un animal! A l'inverse, il n'y avait aucun qualificatif pour désigner les hommes qui sortaient avec des jeunettes! Leopold... Jacob... Personne n'oserait les désigner sous le sobriquet "d'hommes pumas"! Alors pourquoi les femmes ne pouvaient-elle pas bénéficier de ce traitement de faveur? La réunion de l'Offre n'était pas étrangère à ses pensées engagées, et elle tenta à les chasser, en se concentrant à nouveaux sur le corps de rêve de Volderêve.

" Tu crois que je ne te vois pas venir, mon voyou... Tu veux me rendre pompette pour profiter ensuite de mes largesses avinées! N'est-ce pas? "

Volderêve fit mine de réajuster son nœud de papillon, tout en prenant un air faussement innocent.

" Loin de moi cette idée, M'dame Magpie! Je suis un gentleman! "

Cette remarque humoristique fit glousser Mildred Magpie, qui s'apprêtait à inviter le jeune Gigolosorcier à venir la rejoindre, quand tout à coup, son visage changea subitement d'expression. Une pensée venait de lui traverser l'esprit et la ramener à une situation beaucoup plus terre à terre que l'envolée lubrique de Volderêve.

" Par Merlin! Non! "

Le jeune homme sentit le trouble s'emparer de sa riche cliente, et ne tarda pas à l'interroger sur ce brusque revirement d'ambiance.

" Un souci... m'dame Magpie? "

Se redressant sur son séant, Mildred se mit brusquement à farfouiller dans son sac à main! Les doigts délicats de la sorcière rousse finirent par se poser sur un objet qui n'y avait nullement sa place, et qui ne lui appartenait pas. En effet, les lunettes de Swann Twilfit se retrouvaient malencontreusement en sa possession, alors qu'elle les lui avait empruntées pour lire un tract, lors de la réunion de l'Offre! Les deux belles-sœurs venaient tout juste de se quitter, mais Swann avait déjà disparu dans la cabine d'essayage de la plage, qui reliait Bristol à Londres. D'ordinaire, la rédactrice de Multiplettes n'était pas du genre tête en l'air, et du coup cet oubli la fit quelque peu enrager contre elle-même.  

" Merdouille! Que la fée Morgane me transforme en Croupiture! Comment puis-je être aussi distraite?! Je te demande pardon, mon voyou, mais je dois m'esquiver. Nous remettrons cela à plus tard..."   "

Malheureusement, la soirée torride de la scandaleuse journaliste venait de tomber à l'eau, et Volderêve pouvait gentiment aller se rhabiller. Mildred Magpie ne voulait point que les lunettes de sa belle-sœur lui fassent défaut le lendemain, surtout quand elle en avait besoin pour son travail de précision sur les dentelles et les coutures. La sorcière se hâta de s'habiller plus décemment, et après s'être excusée pour le dérangement auprès de son Gigolosorcier, elle quitta ses appartements et le Bristol magique pour se rendre au 227 Greyfriars Square, à Londres...

*****

Une fois arrivée sur place, Mildred comprit qu'elle n'avait point rattrapé son retard sur la jeune Swann. Plutôt que de déranger le couple à une heure aussi indécente, elle se tourna alors vers la boite à hiboux, afin d'y déposer ces maudites lunettes. Elle fixa un instant le portail en métal forgé, mais alors qu'elle s'apprêtait à partir, le son d'une discussion animée lui parvint jusqu'aux oreilles. Tient donc! La soirée du couple tournerait-elle à l'orage? De là, où elle se trouvait, Mildred ne pouvait discerner la teneur des propos, mais le ton était bien celui d'une dispute. La rédactrice de Multiplettes se mit sur la pointe des pieds, afin de jeter un coup d'œil curieux par-dessus le portail. Une fenêtre du rez-de-chaussée brillait bien dans l'obscurité du jardin, signe de la présence du couple; Mais Mildred n'arrivait à voir aucun des protagonistes de la scène de ménage. Elle finit par pousser un long soupir en se disant qu'elle n'allait tout de même pas espionner sa propre famille... Et puis pourquoi pas! Après tout sa soirée était gâchée, et plutôt que de rentrer seule l'âme en peine, elle pouvait bien s'octroyer un petit plaisir.

A peine s'était-elle déchargée de toute responsabilité, que Mildred Magpie troqua son costume de belle-sœur modèle contre celui de journaliste à scandale. Une scène de ménage apporte bien souvent son lot de vérité, et il était important pour Mildred de tenir informer sur sa famille. D'un geste expert en métamorphose, elle usa de son pouvoir d'Animagi, en se transformant en Pie grièche à tête rousse. Le portail en fer forgé ne fut alors plus un obstacle, et son vol s'acheva sur une branche d'arbre qui offrait une vue imparable sur le rectangle de lumière de la fenêtre. A présent, il ne lui restait qu'à compter les points...


Au comble de l'excitation, la pie sautillait d'une patte sur l'autre, tandis que Swann et Jacob s'échangeait leur quatre vérités. La fille de Sheba Twilfit tenait de sa mère, et Mildred appréciait la manière dont elle expédiait des piques tout en conservant une certaine forme de distinction. Jacob maniait le mépris et le sarcasme avec habilité et semblait reprocher l'ingratitude de Swann. Lui reprocherait-il une liaison extra-conjugale? Qui est ce jeunot du grenier dont il parle? La discussion ne paraissait avoir ni queue ni tête, du moins Mildred n'arrivait point encore à cerner la raison principale de cette dispute. Cela tournait autours des Ex, sujets le plus fréquent et banal dans les disputes. L'inconnu du grenier se nommait Aaron Finnigan, et devait être une ancienne conquête de Swann, au vue du visage empourpré de Jacob. Pourquoi ce nom lui disait quelque chose? N'était-ce pas le petit protégé de Fiennes? Mais la pie se détourna bien vite de ses réflexion intérieures, quand Swann expédia un terrible camouflet à Jacob. Mildred savait que Jacob haïssait parler de son passé, et apparemment Swann en connaissait davantage qu'elle à ce niveau! Gersende!? En tout cas la simple évocation de ce prénom suffit à faire se liquéfier toute la mauvaise foi de Jacob.

La pie jubila sur sa branche, comme si la solidarité féminine prévalait sur les liens du sang. Enfin, elle allait connaitre le passé de Jacob, tant ce dernier semblait prêt à se confier. Prostré sur sa table, la tête entre les mains, Jacob n'éprouvait plus aucune forme de tension, mais un désir de confidence. Ce qu'il fit très rapidement!
Le bec à demi ouvert, la pie n'en croyait pas son plumage! Jacob avait démissionné de son poste au Magenmagot pour une histoire de fesses!? C'était tout bonnement incroyable, et cela bousculait Mildred dans toutes les certitudes qu'elle avait jusqu'à présent sur son demi-frère! Jacob romantique? Non! Mildred avait l'impression de plonger dans l'un de ses romans, ou les amoureux maudits étaient aussi nombreux que des fourmis sur une fourmilière! Swann ferait vraiment une excellente journaliste de Multiplettes, tant elle avait réussit avec brio à arracher les secrets du glacial Dalhiatus. Pour l'heure, la pie semblait se réjouir du spectacle, mais cela fut de courte durée quand Jacob énonça un cruel vindicte à son encontre. Mildred manqua alors tomber de sa branche, tandis que chaque mot se plantait cruellement dans son cœur.

*  Aussi amusante et distrayante qu'elle puisse paraitre au premier abord, c'est la pire des fouines qui soit! Elle aurait vendu sa mère pour un scoop croustillant! Ne te fie pas aux apparences, ce n'est pas ton amie. Mildred n'a pas d'amis! Elle n'en a jamais eu et n'en aura jamais! *

La pie voulut cacher sa tête sous son aile, tant cette déclaration venait de la fusiller sur place. Comment pouvait-il la juger aussi sévèrement? Pourquoi ne voyait-on en elle, qu'une personne abjecte et incapable d'aimer? Elle croyait Jacob différent de ses semblables, mais au final il se comportait comme les autres. Son demi-frère, sa seule famille, venait de la trahir de la pire des manières dans le portrait qu'il venait de dresser d'elle. Jamais Mildred ne s'était sentit aussi seule et mal aimée. Même le succès de Multiplettes et ses projets pharaoniques sur Bristol, lui semblèrent bien fade. Elle dégringola littéralement de branche, avant de s'enfuir du jardin. Une fois de l'autre coté du portail, elle quitta sa forme animale pour retrouver sa peau de méchante sorcière rousse mal aimée. Car c'est ainsi que tout le monde la voyait! Comme une personne affreuse, incapable d'éprouver le moindre sentiment et indigne de confiance! Si Jacob le disait, c'était peut-être vrai après tout. Cette fois-ci c'est une larme qui dégringola de sa joue. Elle devait se mentir, s'inventer du bonheur au plus vite, au risque de sombrer dans la dépression. Mildred avait besoin de quelqu'un qui lui mente en retour, qui lui dise qu'elle était adorable, qu'elle comptait vraiment. Peut-être que Volderêve était encore disponible pour elle? Elle se prit alors à rêver, à espérer...
Mais lorsqu'elle revint sur Bristol, son Gigolosorcier avait rejoint sa vérité à lui : celle de son foyer et d'une femme qu'il désirait ardemment plus que tout. Mildred Magpie s'assit alors sur le rebord de son lit, seule, le regard perdu dans le vide. Cette nuit s'annonçait aussi blanche, que les pages de ses romans quand elle ne trouvait pas l'inspiration. Le sourire de Roy, lui traversa alors l'esprit. Lui au moins, il la comprenait! Alors, elle se prit de nouveau à rêver, à espérer...


Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
Messages : 1123

Voir le profil de l'utilisateur
Elle avait fait le premier pas vers la réconciliation et aussitôt elle s’en félicita. Elle devait avouer que savoir admettre ses erreurs était sans nul doute une des clés pour entretenir une relation épanouissante avec son conjoint. Pas avec le commun des mortels, bien sûr, car les personnes qui s’excusaient constamment étaient parfaitement horripilantes et offraient des failles  trop évidentes à leur détracteurs, mais il fallait croire que les règles qui régissaient la vie de couple étaient différentes de celles qui régissaient la vie sociale.

Faire des concessions n’avait jamais été dans la nature de Swann mais elle était forcée de constater que cela pouvait parfois débloquer certaines situations. La preuve, l’attitude de Jacob changea du tout au tout puisqu’il s’excusa à son tour et accepta subitement de se confier à elle.

Hormis son patronyme, Swann ne connaissait rien de cette fameuse Gersande Florenson. Elle savait, par sa mère, que Jacob avait entretenu une liaison avec cette femme mais rien de plus. Elle écouta donc attentivement les confessions de son amant sans l’interrompre, trop consciente de la fragilité de cette instant. Une parole malheureuse pouvait briser pour toujours la confiance que Jacob venait de lui accorder.
Elle savait qu’elle aurait du se sentir flatter puisqu’ils étaient arrivés à ce moment clef dans l’histoire d’un couple où les deux protagonistes dévoilent leurs peurs et leurs angoisses les plus enfouies. Oui, ils franchissaient le pas tant attendu, et pourtant Swann ne pouvait pas s’empêcher d’être mal à l’aise.
Elle avait complètement échoué cette étape dans son histoire avec Aaron. Par orgueil et peut-être aussi par peur, elle avait réagit à chaud de manière virulente et butée lorsqu’il lui avait révélé ses démons. Elle comptait bien ne pas répéter les mêmes erreurs aujourd’hui et prendre le temps de la réflexion.

Elle accueillie donc les révélations sur Gersande sans laisser transparaitre le sentiment de jalousie que cela lui inspirait… C’était stupide, Swann le savait, cette femme était morte depuis des dizaines d’années, assassinée qui plus est, il n’y avait aucune raison d’être envieuse… et pourtant ! Jacob avait l’air tellement concerné et abattu lorsqu’ il parlait d’elle. Il en était presque effrayant. «  Eperdument amoureux »,« sublime relation » ,« romantique à souhaits »… les superlatifs pour décrire cette idylle ne manquaient pas.

Pour Swann, il était clair que son futur mari avait finit par idéaliser cette relation et cela l’inquiétait au plus au point. Il n’avait manifestement pas fait le deuil de cette histoire et elle était certaine que dans l’esprit de son bien-aimé, elle serait toujours en concurrence avec Gersande. Malheureusement, Swann ne pouvait pas rivaliser avec une morte, dont les défauts avaient été gommés par le temps et les qualités exacerbées par l’amour que Jacob lui vouait encore. Swann, elle, était bien en vie : Avec ses bons et ses mauvais côtés.

Les paroles de Jacob confirmèrent ses craintes lorsqu’il révéla qu’elles se ressemblaient beaucoup l’une et l’autre. Swann se raidit imperceptiblement lorsqu’il lui dit de ne pas agir comme Gersande qui s’impliquait manifestement beaucoup dans son travail elle aussi.
D’après lui, la carrière professionnelle était un élément secondaire de l’existence et elle ne devait pas l’oublier…

Merlin, mais pourquoi les hommes ne la comprenaient-ils pas ? Sa carrière n’avait rien de secondaire. La mode faisait partie d’elle. T&T était sa passion, sa principale raison de se lever le matin avec le sourire. Son magasin la rendait heureuse. Elle se sentait épanouie ! Pourquoi personne ne voulait voir ça ?
A la différence de sa mère, Swann s’était toujours dit qu’elle arriverait à mener de front une carrière et une vie sentimentale épanouissante.  Toutefois aujourd’hui, elle commençait seulement  à comprendre que Sheba n’avait peut-être pas eu le choix et qu’elle avait été vraisemblablement contrainte au célibat…Les hommes n’étaient pas prêts à soutenir une femme carriériste ni à l’encourager dans cette voie. Il suffisait d’écouter Jacob parler des choses « essentielles » :  Un mariage, un bébé…
OOoooh Merlin ! Et son bonheur à elle, y avait-il seulement pensé ?

Elle avait envie de hurler. De dire NON. Qu’il comprenne enfin qu’elle n’aspirait pas aux mêmes rêves que la grande majorité des femmes. La maison, le mari, le boursouf, les enfants… Ce n’était pas son idéal de vie si cela l’obligeait à réduire son activité professionnelle qu’elle aimait tant. T&T était bien plus qu’un métier et ça Jacob ne voulait pas le comprendre.

Elle n’écouta même pas sa dernière tirade assassine à l’encontre de Mildred tant la conversation l’avait chamboulée. Elle avait l’impression d’avoir touché du doigt quelque chose d’essentiel dans sa relation aux hommes mais –fidèle à la résolution qu’elle venait de prendre- elle ne réagirait pas à chaud. Elle avait besoin d’y réfléchir, encore et encore. Il y avait trop de points à prendre en compte. Aussi, quant Jacob décida de s’éclipser dans son bureau, elle ne le retint pas. Elle posa juste une main sur son avant-bras et déclara d’un air triste:

« Je suis contente que tu m’aies parlé. »

Elle esquissa un léger sourire et ajouta : « Bonne nuit à toi aussi. » tout en sachant pertinemment que, pour sa part, elle ne fermerait pas l’œil de la nuit.

[RP Terminé]


Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

L'Orage avant le Mariage. [PV Swann]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Nick retrouve Sharon au bar avant le mariage...
» Virginité chez Tolkien.
» [Mariage - R] Maelya Castel Vilar et Yannig Von Wittelsbach
» Une nuit d'orage...{libre}
» Demande de baptême, mariage, funérailles, confession etc.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Londres,-