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 Sourires mielleux et mots venimeux [June]

Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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13 août 2008

La matinée du onze août fut bien mauvaise pour Roy. Comme promis à Avner, il n’avait pas perdu de temps avant d’aller voir le tenancier d’un des bars crapuleux de l’Allée des Embrumes, et non, revoir le sourire sarcastique de Bill Griggs ne lui avait pas fait plaisir. Roy avait plutôt bien prévu sa réaction. Evidemment, il s’était fait accueillir par des baguettes pointées sur lui. Etonnant comme négocier s’avérait tout de suite plus difficile, mais en dépit de son caractère tempétueux dans la vie de tous les jours, Roy savait parfaitement l’écraser quand la situation l’exigeait. Ce n’était pas pour rien qu’il était souvent celui qu’on choisissait pour jouer les médiateurs. Dès Poudlard, le Choixpeau avait bien failli l’envoyer à Serpentard, pour ce talent dont il disposait pour amadouer son monde. Un talent qui lui avait été utile face à Griggs, pour qu’il daigne lui accorder une chance de « rectifier le tir », comme le barman avait dit. Si la langue de Roy brûlait de lui répliquer que ce n’était pas lui qui avait attaqué les hommes de l’autre, il s’était bien retenu, et s’était contenté d’accepter le marché. Si tant est que l’on pouvait appeler ça un marché, plutôt qu’un ultimatum. Soit il trouvait l’assassin de Merton Finn, soit leurs affaires s’arrêtaient là, et il pouvait en prime craindre pour ses fesses.

Il était ressorti de cette entrevue avec un sourire de façade, brûlant de rage à l’intérieur. Il avait bien failli passer sa colère sur Avner et Tessio, avant que Jayce, qui avait toujours le mot de la raison, ne le retienne. Créer des scissions dans leur commerce, il devait y avoir quelqu’un qui s’y amusait dans la Voie, et il aurait été mal avisé de leur part de se laisser prendre au jeu. Il fallait garder la tête froide pour mener leur enquête. Leur premier réflexe avait été de chercher qui avait un compte récent à régler avec Griggs, et sans surprise… La liste était assez longue à éplucher.

Deux jours de recherches les avaient menés sur quelques pistes. En cet après-midi du treize août, Jayce lui avait apporté deux nouvelles. Connaissant Roy, il préféra commencer par la meilleure :

« Evan Travis, tu te souviens de lui ?
- Le mec à qui on avait sauvé son affaire d’escroquerie ? » s’enquit le trafiquant.

Il se remémorait assez bien cette rencontre avec l'arnaqueur. Le filou avait bien failli se faire prendre à refourguer une fausse carapace de Crabe de Feu, ces chaudrons de luxe sensés accélérer la concoction des potions. Le ton montait entre lui et son acheteur, un client pingre et suspicieux, alors que Jayce et Roy entraient dans le bar où se concluait l’affaire. Ils ne connaissaient pas Travis, à l’époque, en revanche, ils avaient déjà vendu un bon stock de venin d’Accromentule à son client, et il se trouvait qu’il avait du retard dans son paiement. Tous deux avaient sauté sur l’occasion pour venir réclamer leur dû. Sans le savoir, ils avaient offert une diversion à Travis, et avaient si bien effrayé le vieil acheteur qu’il s’était dépêché d’accepter la carapace, et régler les trois hommes.

« Exact. Ce gars a des oreilles et des yeux partout à Bristol, il se pourrait qu’il ait des infos pour nous. Et il est du genre à régler ses dettes. Je l’ai contacté, il m’a dit qu’il essaierait d’arranger cette histoire pour nous.
- Cool. » approuva simplement Roy.

Il avait compris que Jayce n’était pas venu juste pour l’entendre approuver le CV de Travis. Jayce était le genre d’homme à ne parler que pour annoncer des résultats, pas pour évoquer des possibilités. Et s’il avait commencé par ça… C’était simplement qu’il s’en servait de prétexte pour lui parler d’autre chose. Roy n’eut pas à le pousser, Jayce reprit la parole sans attendre :

« Et Travis. Il m’a dit un autre truc. Il laissa écouler une seconde, comme une précaution. Byrd. Elle est revenue à Bristol. Depuis juin, apparemment, elle reprend du service ici. »

L’information estomaqua assez Roy pour qu’il reste silencieux quelques secondes. Si les deux pouvaient se targuer de mutuellement assez se connaître pour se prédire leurs réactions, cette fois-ci, Jayce était assez incertain sur celle de Roy. Il osait espérer que les cinq années qui s’étaient écoulées depuis la dernière fois que June Byrd avait été vue à Bristol avaient quelque peu apaisé la fureur de Roy à son encontre… et heureusement, il ne semblait pas se tromper. Le ton de Roy fut parfaitement calme, lorsqu’il demanda :

« Et alors ? Travis pense que c’est possible qu’elle soit dans le coup ?
- C’est une mercenaire, répondit Jayce, en haussant les épaules. Bien sûr que c’est possible. »

Léger silence durant lequel Roy parut réfléchir. Jayce poussa un petit soupir, pas surpris de le voir se lever au bout de quelques secondes.

« Elle bosse au Red Bird, dans l’avenue des Douze Chênes… Hé Roy ! Pas de connerie, hein ?
-Bien sûr que non. Je vais juste passer dire bonjour. »

Si son ton était détaché, le sourire qu’arborait Roy à cet instant était bien différent de celui malicieux, qui avait l’habitude d’orner ses lèvres. Il y avait quelque chose de mauvais dans l’expression de Roy, quelque chose… de mauvais augure. En quelques minutes, il fut hors de la Voie des Miracles. Il marcha en toute tranquillité vers l’avenue au cœur du Bristol sorcier, et ne tarda pas à pousser la porte du bar recherché. En ce milieu d’après-midi, il était occupé par des clients, sans être bondé.

Ce fut étrange de voir June, visiblement occupée, derrière un comptoir. Un instant, Roy se demanda ce qui lui avait pris de rappliquer. Il avait tellement maudit cette femme. S’il devait être honnête, il reconnaîtrait que sa rancœur était toujours présente, bien qu’atténuée et mise de côté, depuis toutes ces années. Mais il n’avait ni oublié, ni pardonné. Il avait simplement pris du recul, assez en tout cas pour rester parfaitement maître de lui-même, lorsqu’il s’approcha du comptoir, et déclara, sans même s’annoncer :

« Je suis déçu, June. »

Rien sur le visage lisse de Roy n’aurait pu faire deviner la réelle animosité qu’il ressentait à l’égard de la jeune femme. L’hypocrisie, il maniait très bien, personne, pas même June, ne le lui ôterait. Son ton était de miel, et son sourire, fidèle à lui-même.

« Tu reviens à Bristol, et tu ne viens pas saluer ton ancien patron ? » poursuivit-il lorsqu’elle lui prêta de l’attention. « Mais regardez quelle ingrate j’ai élevée… »

De l’extérieur, le ton semblait tout à fait badin, plaisantin, même. Mais il était certain que June s’arrêterait pas à cette apparence, tant le sous-entendu était évident pour eux deux. Roy s’accouda au comptoir dans l’attente de sa réponse. D’ordinaire bavard, il s’arrêta à ces quelques phrases pour une fois. Il préférait tâter un peu du terrain avant de d’ajouter quoique ce soit, après tout, cinq années de silence pouvaient avoir changé la mercenaire, même si, finalement, Roy l’avait bien mal connue… Il n’avait pas menti à Jayce, l’échange était courtois, et il continuerait de l’être. Pas parce que Roy s’était découvert une soudaine miséricorde. Simplement parce que agir avec violence serait donner de l’importance à son départ et cela, le trafiquant n’en donnerait jamais le plaisir à sa traîtresse d’apprentie.


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La journée avait plutôt bien commencé pour June. Edison était venu lui faire un rapport assez étrange de la situation Bristolienne. Une guerre des gangs menaçaient d'éclater et tout ceci ne pouvait qu'être bénéfique pour elle. Elle apprit sans surprise que Roy Calder était mêlé à tout ça et qu'il avait réussi à négocier avec Bill Griggs. Négocier dans ce cas était un bien grand mot, il s'était écrasé comme un minable devant lui en réalité. Mais June n'était pas étonnée. Elle entendait la description exact de l'homme qu'elle avait quitté cinq ans plus tôt. Un homme sans réelle ambition et incapable de prendre les risques qui s'imposaient. Une guerre ne serait sans doute pas évitée mais Calder resterait toujours dans l'ombre de Griggs. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres alors que son partenaire terminait son récit. Elle avait une vision d'ensemble de la situation et pour elle, le coupable était tout désigné. Un homme qui souhaitait mettre un terme au règne de Griggs sans se mouiller.

Et la jeune femme assisterait à tout ça, attendant qu'on vienne la chercher pour lui demander son aide. Elle avait eu un bon instinct en décidant de quitter Dublin. Bristol était tellement plus vivante et pleine de promesses. Elle n'avait pas pour autant complètement abandonné son affaire là-bas. Elle avait laissé les rênes à son second en qui elle avait une confiance quasi absolue. Il n'était pas dans sa nature d'accorder sa confiance de façon inconditionné et Parker avait su lui prouver plus d'une fois sa fidélité. Elle était donc partie la conscience rassurée quant à l'avenir de ses trafiques Dublinois. Son installation à Bristol s'était faite plutôt calmement, il fallait qu'elle reprenne ses marques, qu'elle se réapproprie ses contacts et surtout ses clients. Edison et Wayne étaient venus avec elle pour tenter l'aventure et elle devait bien admettre qu'elle n'était pas fâchée qu'ils aient insister. Edison était ses yeux et ses oreilles quant à Wayne, il s'occupait de tenir le Red Bird quand elle était absente ou encore de gérer les petits clients.

June avait appris à déléguer tout en restant parfaitement prudente. Elle n'était pas à l'abris d'une trahison, certains avaient même eu l'audace d'essayer. Leurs cadavres pourrissaient quelques part au fond de la Tamise à l'heure qu'il était. Elle n'avait jamais toléré les traîtres et ils subissaient la sentence qu'elle estimait juste pour leur insubordination. Elle n'avait jamais eu beaucoup d’acolytes, trois ou quatre grand maximum mais leur aide s'était toujours montrée très précieuse. D'autant plus lorsqu'elle avait commencé à devenir une mercenaire. Chose qu'elle n'ébruitait pas évidemment, même Thaddeus ne savait rien de ses activités morbides. Son meilleur ami s'était d'ailleurs réjouit de son retour en Angleterre tout en la mettant en garde. Il s'inquiétait pour elle visiblement, il l'avait prévenu que Roy n'avait peut-être pas complètement oublié leur passé commun et qu'il chercherait sans doute à se venger. Mais elle avait effacé les craintes de son ami d'un geste de la main. L'homme qui l'effraierait n'était pas encore né. Elle n'allait pas se laisser intimider par une petite frappe.

L'après-midi était déjà bien entamé, le bar n'était pas plein mais un nombre correct de client l'occupait malgré tout. La jeune femme essuyait quelques verres, elle n'avait pas de rendez-vous d'affaire aujourd'hui et Wayne devait s'occuper d'une petite histoire d'impayé avec un Junkie complètement à côté de la plaque. C'était lui qui avait accepté de le fournir, c'était à lui de régler le problème. Elle l'attendait néanmoins au tournant, en cas d'échec, elle ne serait pas aussi conciliante qu'elle l'avait été en apprenant son erreur. Elle avait toujours eu en sainte horreur les Junkie, c'était le genre de clientèle qui ne payait jamais à l'heure ce qu'ils devaient. Ils accumulaient les dettes et finissaient au fond d'un caniveau. Ce qui laissait peu de chance d'être un jour payé. Elle poussa un léger soupir alors qu'elle s'emparait d'un nouveau verre lorsqu'une voix reconnaissable entre mille lui fit relever la tête.

Un sourire se dessina sur ses lèvres alors que son regard tombait sur le visage de Roy Calder. Elle était relativement surprise de le trouver ici mais elle ne laissa rien transparaître de sa stupéfaction. Elle se contenta d'afficher son sourire avenant et commercial alors que ses yeux ne lâchaient pas son ancien patron. Le visage de ce dernier laissait apparaître un certain amusement mais June ne s'y trompait pas, elle connaissait suffisamment l'homme pour savoir qu'au fond, il n'était pas vraiment en train de plaisanter.

"Elevée ? Rien que ça. Voyons, Roy, nous savons tous les deux ce qu'il en est réellement."

Son sourire s'agrandit davantage alors qu'elle lâchait son torchon pour poser ses avant bras sur le comptoir et se rapprocher de Roy.

"Que me vaut le plaisir de ta visite ? Je doute que ce soit pas pure courtoisie, tu serais venue avant. En deux mois, tu as eu tout le temps de passer me dire bonjour."

La commissure de ses lèvres s'étirèrent encore un peu plus, faisant apparaître un sourire de façade alors que son regard restait parfaitement froid et dénué du moindre sentiment.


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C’était cinq ans plus tard que June montrait son réel visage. Quand Roy l’avait connue, elle n’aurait jamais tourné une telle figure insolente vers lui. A l’époque elle avait parfaitement intégré ce que faire le larbin signifiait, ou plutôt, elle avait bien fait semblant. Roy avait commencé à lui faire assez confiance pour la laisser participer à leurs affaires, avec Jayce. Pourquoi s’en serait-il privé ? Elle était volontaire, et surtout, douée. Ils auraient pu former un trio compétent, si June ne les avait pas poignardés dans le dos avant de s’enfuir comme une saleté de lâche. Ils s’étaient laissés avoir par son rôle de petite apprentie docile. Surtout lui. Dire qu’il s’était laissé amadouer jusque coucher avec elle, et que cette catin s’en était servi pour s’attirer un peu plus sa confiance… Ce n'était pas étonnant que Roy ait pris cette trahison de façon beaucoup plus personnelle que Jayce. Il aurait dû la voir telle qu’elle était en premier lieu : une femme, qui n’avait par conséquent rien à faire dans un monde profondément masculin, et de qui il n’avait pas à s’étonner de ce genre de coup bas.

Il avait fait des erreurs qu’il ne répéterait pas, c’était certain. En attendant, elle avait été sa première apprentie, et Roy l’avait sincèrement appréciée. Mais comment distinguer le vrai du faux ? Comment savoir à quel moment June avait été honnête, à quel moment elle n’avait fait que jouer un rôle ? Roy ne chercherait même pas à savoir. Il voyait toute entière comme un mensonge qui ne lui inspirait que méfiance et un profond dégoût, désormais.

Aussi, quand elle lui répondit avec son sourire purement formel, les premières pensées qui vinrent à Roy furent des insultes qui exprimaient tout ce qu’il pensait de sa personne. Elle aurait largement mérité qu'il l’accueille avec une baguette enfoncée dans la gorge, histoire de lui faire passer toute envie de se promener tranquillement dans les rues de Bristol comme si de rien n’était. Mais ce n’était pas son style. Non, Roy était plutôt homme à penser que la vengeance était un plat qui se mangeait froid…

A la place, il eut un rictus moqueur, et des mots à la fois doucereux et incisifs, à défaut de vulgaires :

« Détrompe-toi, je suis quelqu’un de courtois, même avec les rats dans ton genre. Je suis venu voir ce que devenait ma petite Junie » répondit-il d’un ton badin, conscient que ce petit surnom agacerait probablement la jeune femme. « Et je vois que la courtoisie ne t’étouffe pas, toi, par contre. Tu ne me proposes rien à boire ? »

N’était-il pas un client dans son bon droit ? Il attendit qu’elle lui serve un verre, le temps de promener son regard sur tous les contours du bar, qui devait sûrement servir à couvrir ses activités. Quand il décida qu’il n’y avait aucune espèce d’intérêt dans ce lieu, il reporta son regard sur la serveuse, toujours en face de lui. Sa venue l’ennuyait peut-être, en tout cas, c’était ce que laissait penser son air froid. Il n’avait même pas menti, il était réellement venu voir quelle personne était June, puisqu’il avait eu tout faux sur son compte depuis tant d’années. Pour le moment, Roy était surtout curieux. Elle avait choisi de revenir à Bristol ? Qu’elle le fasse, qu'elle reste, même. Cela serait encore plus simple pour lui de trouver un moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il posa un coude sur le comptoir, appuya son menton sur la paume de sa main, sans quitter la jeune femme des yeux alors qu’il reprenait tranquillement, comme s’ils entretenaient une conversation tout à fait banale :

« On m’a dit quelques trucs intéressants sur toi, Junie. Rien de tellement étonnant, en fait. Au bout d’un moment, ça devait être lassant pour toi de jouer les catins pour gratter quelque chose, j’imagine. Alors… Tu préfères éventrer des gens, maintenant ? »

Dans l’échelle de la criminalité, être mercenaire était l’une des activités qui rapportait le plus, si l’on comparait les sommes gagnées pour le temps passé. Un petit assassinat et pouf, des milliers de Gallions cash vous tombaient dessus. En contrepartie, c’était sans doute le métier le plus sale. Il fallait n’avoir aucune espèce d’état d’âme ou de principe pour accepter ce travail. Surprenant de voir quelle noirceur se cachait derrière ce visage rond, aux traits presque enfantins, songeait Roy, sans rien laisser paraître de ses interrogations.


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Un éclat de rire s'échappa de la gorge de la jeune femme lorsque Roy proféra la première insulte. Un rat, rien que ça. Un sourire amusé perdura sur son visage alors qu'elle sortait un verre de sous le comptoir. D'un mouvement habille du poignet, elle fit léviter la bouteille de Whisky-pur-feu jusqu'à elle et remplit le verre qui se trouvait sur le comptoir. Sans se départir de son sourire, elle le poussa vers le trafiquant, son regard plongé dans le sien.

"Excuse-moi, je manque à tous mes devoirs. Pour la peine, je te fais un prix d'ami. Ça fera dix gallions."

Un sourire ingénue se dessina sur ses lèvres. Elle ne savait pas ce qu'il venait faire ici et elle était bien décidée à le découvrir. Sa pseudo courtoisie ne la convainquait pas du tout. Roy Calder n'était pas le genre d'homme à se déplacer pour se montrer courtois. Il lui aurait envoyé quelqu'un d'autre pour ça. Jayce à n'en pas douter. L'affaire devait être assez importante pour que le trafiquant se déplace en personne. A mois que... Peut-être était-il là uniquement pour se rendre compte par lui même qu'elle était bien de retour. Peut-être même l'avait-elle profondément blessé en le trahissant. Un étrange sentiment de jubilation malsaine monta en June à cette idée. Elle avait été capable de toucher cet homme que tout le monde qualifiait d'insensible.

Elle l'avait suffisamment touché pour qu'il se déplace en personne pour l'insulter. Elle ne se départit pas de son sourire lorsqu'il laissa sous entendre qu'elle ne valait pas mieux qu'une femme de petite vertu, néanmoins son regard se fit glacial et sa main la picota désagréablement. Une violente envie de gifler l’impertinent bonhomme la saisit mais elle su se retenir. Conservant son masque d'indifférence. Une réaction de sa part aurait trop fait plaisir à l'homme et elle n'était pas d'humeur à le satisfaire aujourd'hui.

"Que voilà de bien vilains mots de la part d'un si petit homme, elle esquissa un sourire moqueur alors qu'elle se penchait pour murmurer à son oreille. Tu n'as pas toujours affirmé ça. Tu dois t'en souvenir n'est-pas ?, son sourire s'agrandit légèrement alors qu'elle soufflait au creux de son oreille, un ton plus bas. Tu admets donc avoir été l'un de mes clients ? Ou plutôt... l'un de mes pigeons."

La jeune femme se recula avec un sourire affable mais son regard brillait de sournoiserie. Elle se rappelait encore de l'époque où le trafiquant occupait son lit et des mots qu'il lui chuchotait au creux de l'oreille. A l'époque, il n'y avait pas de vulgarité. Roy semblait avoir oublié que pour ce genre d'affaire, il fallait être deux et il était tout aussi coupable qu'elle d'avoir cédé à ses avances. Elle reconnaissait volontiers avoir joué avec lui. Elle avait profité de sa faiblesse pour les femmes et avait utilisé tous ses atouts pour l'amener à lui accorder toute sa confiance. Cela avait été beaucoup plus facile qu'elle ne l'avait d'abord cru. Calder avait tout du parfait pigeon à l'époque. Peut-être était-il plus réfléchi aujourd'hui. Elle en doutait sincèrement.

"Et pour répondre à ta question, mon travail actuel me permet de multiplier par dix ce que je gagnais en travaillant avec toi. Ça a... un petit côté grisant que tu ne peux pas connaître en continuant tes petits trafics. Mais après tout, ce n'est pas ta faute, tout le monde n'est pas taillé pour ça."

Elle le détailla de la tête aux pieds avant d'afficher un petit sourire condescendant. Oui, pas de doute, Roy Calder était et resterait un minable pour le restant de ses jours.


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La façon dont Roy haussa les sourcils quand June lui demanda dix gallions pour son verre ne laissa aucun doute quand à ce qu’il comptait faire de ce « prix d’ami ». Il ne dit rien, se contenta d’avaler son whisky. Il savait qu’elle avait dit cela surtout pour le provoquer, mais qu’elle soit sérieuse ou pas, elle pouvait courir pour avoir plus que la quinzaine de Mornilles que coûtait normalement ce genre de consommation.

La suite était davantage de nature à réveiller sa hargne, en revanche. Son visage était tout ce qu’il y avait de plus impassible, mais venant de quelqu’un comme Roy, c’était déjà alarmant. Quand il ne faisait pas semblant de sourire, c’était qu’il était face à quelqu’un pour qu’il éprouvait un niveau assez élevé, voire assez exceptionnel de haine. June ne lui donnait pas envie de faire semblant. La seule envie qu’il nourrissait à son égard était de lui faire ravaler ce sourire impertinent, violemment, si possible. Il se délecterait tellement de la voir tomber du piédestal où elle croyait se tenir. Dans son orgueil, Roy estimait qu’elle ne serait jamais parvenue à rien sans lui, puisqu’il lui avait tout appris. Qu’elle se montre si peu reconnaissante, pire, condescendante, lui donnait des envies de meurtre. De torture, plutôt. Surtout quand il l’entendait lui rappeler les moments qu’ils avaient passé à deux, qu’ils lui apparaissaient à vomir, dorénavant. Elle avait tout gâché, elle n’avait simplement pas l’air de se rendre compte à quel point.

Typiquement, elle était le genre de femme dans son parcours relationnel qui l’avait dégoûté de toute forme d’engagement. June Byrd avait été l’une des expériences qui faisait que Roy considérait difficilement une femme comme autre chose qu’un objet de désir à jeter une fois qu’il avait obtenu ce qu’il voulait. Oh, il y avait eu quelques exceptions. Juliana, pour citer la plus récente, mais elle, s’il l’avait perdue, c’était entièrement de sa faute et il l’assumait à peu près. June, en revanche, s’était jouée de lui du début à la fin, parce qu’il avait eu la bêtise de lui accorder sa confiance. Une erreur qu’il ne répéterait pas de sitôt et qui ne resterait pas sans réparation. Le petit sourire hautain qu’elle lui adressa à la fin de sa petite démonstration le fit hausser un sourcil sceptique, de la même manière que plus tôt. Il s’appliqua à laisser quelques secondes de silence s’égrainer, pour mieux faire preuve d’ironie :

« Oh pardon, il fallait que je sois admiratif ? Il applaudit de ses mains, un peu trop fort pour que cela soit sincère. Je te félicite d’être une meurtrière en plus d’une traîtresse, vraiment, je m’incline face à tant de saloperie. »

Un léger sourire moqueur vint étirer ses lèvres, brièvement toutefois. Roy retrouva vite la lueur d’animosité et de menace qui avait animé son regard, le visage empreint d’une parfaite froideur qui ne lui ressemblait pas tant que ça. Si elle croyait qu’il allait la laisser se moquer de lui, elle se fourrait la baguette dans l’oeil. Quand il vrilla son regard dur dans celui de la mercenaire, sa voix claqua bien moins légèrement.

« Tu devrais faire plus attention, Junie. Ce n’est pas parce que tu t’es enfuie cinq ans que les ardoises sont effacées, bien au contraire. Ah c’est un truc que j’aurai pu t’apprendre si tu n’étais pas partie si vite… Tout finit par se payer, ici. Et plus tu attends, plus il y a des intérêts. »

Sur cette menace à peine voilée, Roy but cul sec ce qui lui restait de son whisky, puis reposa son verre bruyamment, laissant entendre qu’il allait la planter là. Mais il avait encore quelques sujets à aborder. Il se rassit contre sa chaise, bras croisés, avisa June de haut en bas. Il ne se faisait pas vraiment d’illusion, elle ne se montrerait certainement pas coopérative, mais rien ne coûtait d’essayer de savoir où elle se positionnait dans leur conflit qui naissait à Bristol.

« En fait, t’aurais mieux fait de ne jamais revenir. Qu’est-ce qui t’a appâtée ici, il n’y avait pas assez de cadavres à enterrer là où t’étais ? »


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Un léger rire lui échappa alors que Roy l'insultait galamment de saloperie. A croire qu'il ne connaissait que des insultes pour la qualifier. Elle leva toutefois les yeux au ciel avant de reprendre son sérieux. La façon dont Roy la voyait ne la touchait que peu. Il y avait bien longtemps qu'elle avait arrêté de rechercher l'approbation de quiconque. Ce n'était certainement pas de sa famille qu'elle l'aurait obtenue de toute manière. Ses parents avaient toujours été doués pour faire des enfants toutefois, l'éducation qu'ils leur donnaient derrière était quasi inexistante. Il fallait croire que le fait de les avoir mis au monde était déjà une grande prouesse alors pour le reste... Il ne fallait tout de même pas trop leur en demander.

June haussa un sourcil inquisiteur alors que son ancien patron la menaçait ouvertement. Elle esquissa un sourire dénué de joie alors que son regard se faisait glacial, coupant comme le tranchant d'une épée. Elle soutint le regard du trafiquant. Il ne lui faisait pas peur. Il n'avait aucun moyen de pression sur elle. Les seules personnes pour qui elle aurait pu être inquiète étaient soit moldus et donc hors de porté de Roy, soit de très bons sorciers à même de se défendre.  

"C'est une menace ?, son ton était léger presque badin pourtant l'intensité de son regard ne trompait pas. Elle n'allait certainement pas se laisser impressionner comme ça. Parce que tu sais... je ne me suis pas enfuie, elle esquissa un petit sourire candide. J'ai vu une meilleure opportunité ailleurs. Les clients étaient plus attirants à Dublin. Et puis... j'avais suffisamment marché sur tes plates bandes comme ça, tu ne crois pas ? Toutefois, ne crois pas que j'ignore comment fonctionne notre petit monde. J'ai eu le temps d'apprendre en cinq ans et beaucoup mieux que tu ne l'images. Tu crois réellement que je me suis inspirée de ta grandeur d'âme pour réussir ? Laisse moi rire."

Elle laissa un petit rire sans joie lui échapper alors qu'elle reposait son regard dénué de sentiment sur Roy.

"Les sentiments n'ont pas leur place dans notre business. Si tu crois pouvoir m'atteindre aussi facilement avec tes menaces à deux noises c'est que tu es un idiot Roy Calder."

Elle le regarda vider son verre sans sourciller, elle savait qu'il n'allait pas la planter là. Il avait trop calculé son effet pour partir maintenant et elle savait que le motif de sa venue n'était pas uniquement le plaisir de l'insulter. Il avait quelque chose à lui demander et elle sentait que les choses sérieuses allaient vraiment commencer. Un sourire énigmatique presque amusé se dessina sur ses lèvres alors que la question encore une fois était limite insultante.

"Oh les cadavres, ce n'est pas ce qui manque. Les vivants à faire disparaître par contre..., son sourire s'agrandit légèrement. Non, je n'ai pas quitté mon petit royaume florissant pour rien. Les choses évoluent et notamment la Voie des Miracles. Ces guerres de rue ne sont pas anodines. C'est le commencement d'une ère nouvelle. Et je veux en faire partie."

Son regard s'illumina d'une lueur d'excitation mêlée d'anticipation. Son sourire s'agrandit encore davantage. Toute cette agitation et les promesses de carnage à venir faisaient drastiquement monter son adrénaline. Elle était plus que prête à passer à l'action. Et le butin qui attendait au bout n'était pas négligeable. Sans doute était-elle rongée par la cupidité et la folie, sans doute qu'une partie d'elle l'était mais elle n'en avait cure. Dans sa trop grande confiance en elle, elle était certaine de sortir victorieuse de tout ça, quoiqu'il arrive.


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Un nerf tiqua légèrement au coin des lèvres de Roy, quand June le qualifia d’idiot. Il l’avait été, idiot, à l’époque. Idiot de lui faire confiance. Mais il ne l’était plus, si June s’imaginait qu’il était toujours le même et qu’elle était la seule à avoir évolué, elle se trompait lourdement. Et il comptait bien le lui faire intégrer. De façon brutale, si possible. Il ne cachait même pas son animosité dans son regard noir qu’il vrillait dans celui glacial de June. S’il y avait une chose qu’il ne supportait pas, c’était qu’on se moque de lui. June avait l’air d’avoir gagné en arrogance depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Roy ne se promettait qu’une chose à cet instant, c’était de lui faire ravaler sa fierté et lui faire cracher les excuses qu’il méritait.

Elle visait juste en lui renvoyant le sujet des sentiments à la figure. C’était toujours sur ce plan là que Roy se faisait avoir. S’il était bon négociateur et commerçant, dès que sa vie personnelle commençait à ingérer dans son travail, il lui arrivait toujours des mésaventures, il en avait eu quelques exemples déjà, June n’étant que le plus douloureux. Au fond, elle l’agaçait à faire la femme si froide et dénuée de toute émotion. Lui avait-elle menti, si longtemps, sur toute la ligne ? Roy ne voulait pas croire qu’elle était si rationnelle, si peu humaine. Il était certain que June avait également ses faiblesses. Il lui suffisait simplement de les trouver…

Roy repoussa du bout des doigts son verre vide à la fin de la tirade de son ancienne employée, qui lui annonçait qu’elle voulait revenir dans l’arène. Il se leva, jeta quelques pièces sur le comptoir, puis se pencha vers la jeune femme, le ton aussi doucereux que menaçant.

« Tiens-toi prête alors, ma petite Junie. Parce que je vais tout faire pour te faire regretter d’être revenue, tu peux compter là-dessus. Puisque tu te crois tellement invincible, je vais me faire le plaisir de te prouver le contraire. Retiens bien cette phrase, ma belle. »

Sur ces mots, il quitta June et son bar, son âpreté lisible sur son visage. Il gardait le sujet dans un coin de sa tête, pour le moment, June pouvait couler quelques jours tranquilles, avant qu’il ne se décide à se manifester de nouveau, et la surprendre d’un coup en traître, de sa part, cette fois-ci.


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Sourires mielleux et mots venimeux [June]

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