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 Avant que le jasmin ne se fane... [Pv Charlie]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Dernière édition par Ana Sorden le Ven 22 Aoû 2014 - 0:12, édité 3 fois

~ 20 Juin 2008 - Prison d'Azkaban ~

"Mais ouvrez-moi cette maudite porte, je dois parler d'urgence à quelqu'un, c'est d'ordre médical! Vous ne pouvez pas laisser dépérir une femme de ma qualité! J'étais reine de beauté automnale! Ne l'oubliez pas! Tout le monde admirait et enviait ma beauté! Que quelqu'un me vienne en aide pour l'amour de Dieu! "

En découvrant le contenu du plateau repas, Ana Sorden poussa une longue complainte de désespoir. Celle-ci se répercuta longtemps contre les parois de sa cellule ensorcelée, mais cela faisait des lustres que personne ne semblait se soucier de l'immense détresse qui habitait l'horrible bonne femme. Il faut dire que depuis sa chute et son arrestation rocambolesque, l'image si lisse de la sorcière américaine s'était terriblement écornée, au point de devenir l'une des personnes les plus ardemment détestées du Monde Magique. De la glamoureuse reine de beauté automnale à celui de mardolienne sociopathe, Ana Sorden avait cruellement sentie passer le souffle d'un poignard de trahison. Chaque soir, dans sa cellule humide et indigne d'une femme de son rang, elle se répétait inlassablement les noms de ceux qui avaient précipité son funeste destin. La liste était affreusement longue et la ramenait indirectement à un sentiment de solitude sans nom, mais cet exercice quotidien avait pour mérite de l'aider à ne point sombrer dans la folie. Toujours animée par le même orgueil incommensurable, qui avait pourtant précipité sa chute, elle ne reconnaissait toujours pas sa propre responsabilité dans son échec. Dans ses ruminements paranoïaques, Ana se voyait encore se faire voler la victoire finale; une ligue de traitres s'unissant contre elle pour la priver de la gloire tant attendue...

Dans sa prison longue de douze pas et large de neuf, l'arithmancienne tournait comme une louve en cage, alors que mille et une pensées haineuses dévoraient son âme. Cette maudite Margot Adamson devait bien jubiler après sa victoire, et se réjouir de voir sa rivale moisir dans un cachot sombre. Pas l'ombre d'une nouvelle ne filtrait des larges murs d'Azkaban, et elle enrageait à l'idée de savoir que cette femme insignifiante lui avait volée son trône de directrice. En choisissant cette maudite Adamson à sa place, l'école de Poudlard s'était privée d'un prestige qui aurait pu changer la face du monde magique. Sans sa discipline et ses règles de bonnes conduites, l'école devait probablement sombrer dans un laxisme chaotique! Tant pis pour ces maudits élèves, ils n'avaient que ce qu'ils méritaient! Car Ana Sorden éprouvait également une rancœur farouche à l'encontre de Chloé Hellsoft et de ses têtes de mule de Gryffondors. Sans leur satanée révolte, elle ne serait pas dans cette geôle insalubre à croupir! Elle en voulait peut être à ses ennemis de l'époque, mais cela n'était rien à comparer de la haine tenace qu'elle éprouvait pour ceux qu'elle ne désignait plus que par le terme de "traitres"! Richard Dalnox et Alcyd Mardol se trouvaient en tête de sa liste noire! Ana Sorden priait chaque seconde de sa misérable vie pour que l'on lui donne la chance de pouvoir se venger des bassesses de ces lamentables bonimenteurs. Car c'était une double trahison qui l'avait frappé en plein cœur et dans ses convictions personnelles. L'arithmancienne gardait encore en mémoire, la terrible sentence prononcée par l'Auror McDougal lors de son arrestation. Ce jour-là, encerclée de toute part, Ana Sorden s'était littéralement liquéfiée sur place, la mine déconfite; alors qu'elle réalisait trop tardivement la trahison dont elle avait été l'objet et qui allait la conduire pour un aller simple à la prison d'Azkaban.

Mais noyée dans sa vanité, Ana Sorden se refusait toujours d'affronter la vérité en face, préférant se cacher derrière la théorie du complot. Si ce stratagème lui permettait d'édulcorer sa propre stupidité, cela l'écartait totalement de la réalité. Elle avait joué dans la cours des grands et perdue lamentablement, n'étant qu'un pion manipulé par des hommes bien plus puissants et intelligents. Pourtant l'arithmancienne s'obstinait à ne pas le percevoir ainsi. De son point de vue personnel, les deux hommes devaient s'être sentis supplantés par son ascension machiavélique. Valtivaara, son insertion dans le ministère, l'incendie de Pré-au-Lard. Ces plans tiraient tout simplement du génie, et n'avaient manqué que d'un souffle de réussite pour atteindre leurs objectifs. Ana Sorden se plaisait à penser qu'elle était forcément devenue dérangeante, de par son intelligence et la complexité de ses intrigues. Pour ne point vivre dans son ombre majestueuse, les deux hommes étaient contraints et forcés de jouer la carte de la trahison. Car comment expliquer que Richard Dalnox puisse se détourner aussi aisément de son corps de rêve? Et par quelle diablerie, Alcyd Mardol se passerait de ses talents dans sa lutte pour briser le secret magique? Si ce n'était parce qu’ils se sentaient tous deux dépasser par son aura machiavélique. Derrière l'image d'horrible bonne femme ne se cachait en vérité qu'une perverse narcissique, bien incapable de s'extirper de l'orgueil pathétique dans lequel elle se complaisait. Même la prison d'Azkaban n'arrivait point à lui faire entendre raison, et plutôt que de tenter de s'absoudre des crimes horribles dont elle était l'investigatrice; Ana Sorden nourrissait encore ses pensées de projets vengeurs et utopiques. L'arithmancienne gardait l'espoir insensé que la prison d'Azkaban ne serait point sa tombe, et que tôt ou tard, elle finirait par faire son retour en grâce. Car il s'imposait que le monde magique ne pouvait se passer d'une femme de sa qualité!

Et pourtant, ce fol espoir fut sévèrement bousculé à l'heure ou le Maton sorcier lui apportait ses repas quotidiens. Depuis le premier jour de son incarcération à Azkaban, Ana Sorden avait disposé d'un régime de faveur spécial de la part d'un intermédiaire mystérieux. En effet, chaque début de semaine, dans le coin de son plateau, elle trouvait des petits cadeaux d'une valeur inestimable aux yeux d'une femme aussi coquète que superficielle. Un inconnu lui faisait passer en douce avec la complicité du gardien, toutes sortes de produits esthétiques : Lotion antivieillissement, Potion Teint-de-pêche, Crème magique Dépoilisantes, autant de subterfuges qui l'aidaient à conserver intacte sa beauté éphémère. Le jour de Noël, elle recevait même en prime, le plus beau cadeau qui soit : Un flacon de parfum senteur Jasmin, dont les effluves l'aidaient à oublier l'espace d'un instant, les conditions de sa captivité.

Mais voilà, toutes les belles choses ont une fin, et Ana Sorden allait l'apprendre à ses dépens. Du jour au lendemain, ses privilèges cessèrent sans l'ombre d'une explication! Le plateau repas paraissait bien vide, ainsi dépourvus de ses précieux présents, et avec pour seul occupant le bol de tambouille indigeste que l'on servait aux détenus. Son sang se glaça dans ses veines à l'idée de ne plus pouvoir bénéficier de cette lueur d'espoir dans les ténèbres de sa captivité. L'arithmancienne chercha à obtenir des informations auprès de son Maton attitré, mais celui-ci resta muet comme une carpe à ses appels de détresse qu'il jugea comme étant des jérémiades de bonnes femmes. Pourtant Ana Sorden avait raison de hurler de la sorte, car sans ses présents, sa vie était clairement en jeu. Profondément accroc à toute sorte de potions de beautés légales ou illicites, et à l'usage outrancier de la chirurgie esthético-magique à outrance, Ana Sorden en avait négligé sa propre santé. Dans sa volonté de conserver sa beauté et sa fraicheur, la mardolienne avait franchi les limites du raisonnable, et consommée au-delà de toute modération des produits qui s'avéraient porteurs d'effets secondaires dévastateurs. En effet, Ana s'était rendue compte que lorsqu’elle cessait l'usage de ces dites potions, son apparence physique se dégradait de manière aussi rapide que brutale. Horrifiée, et après quelques jours seulement, elle entrevoyait déjà les affres de ce vieillissement accéléré. Comme une pomme tombée trop vite de l'arbre, Ana Sorden risquait de se flétrir rapidement si rien n'était entreprit pour lui venir en aide. Ce fléau destructeur était lié à une molécule présente dans certaines potions illicites contre le vieillissement, et qui contraignait les consommateurs à l'utiliser de manière régulière s'ils ne voulaient point subir l'inverse de l'effet escompté. Les médicomages avaient dénoncé en masse ces potions dangereuses, mais Ana Sorden s'en était longtemps moquée tant qu'elle disposait de ses breuvages à portée de main. Certes cela lui avait longtemps procuré la joie éphémère et intense de retrouver sa jeunesse perdue, mais à présent, dans l'ombre d'Azkaban, elle regrettait cruellement ses choix...

Très rapidement, dans les jours qui suivirent leur absence, Ana Sorden découvrit les premiers méfaits indésirables de ses lotions miracles et dangereuses sur son métabolisme. Un matin, l'ancienne reine de beauté automnale constata avec horreur, que la peau de son bras s'était toute flétrie. Puis l'aube suivante, ce fut l'apparition de rides sur son visage et la peau de son cou qui se distendait en un affreux goitre de pintade qui l'effrayèrent. La journée qui succéda apporta une nouvelle et cruelle banderille à l'arithmancienne, lorsque sa plus grande fierté, sa poitrine voluptueuse retomba comme deux vulgaires gants de toilette; c'est alors que surgit du néant de sa mémoire un refrain lointain et familier, qui avait de quoi la faire doublement enragée. Mais plus de la rage, ce que Ana Sorden éprouva sur l'instant, fut un immense sentiment désespoir. Car il n'y avait rien de pire pour une femme qui n'avait misé que sur son apparence physique, de voir celle-ci s'envolée de manière aussi soudaine que cruelle.

Un long calvaire avant qu'elle ne devienne poussière, semblait alors lui être promit; Le monde extérieur étant sourd pour l'instant à ses hurlements de détresse...

~ 20 Juillet 2008 - Prison d'Azkaban ~


Un mois s'était écoulé, jour pour jour, sans que l'arithmancienne n'entrevoit une étincelle d'espoir scintiller à l'horizon. Rampant au sol, tel un vulgaire lombric, Ana Sorden n'était plus que l'ombre de la reine de beauté automnale qu'elle avait été. L'absence de soin provoquait de terrifiant ravage sur son apparence : sa peau s'était creusée de sillons gigantesques, sa chevelure blanchie tombait en masse sur le sol de sa cellule, ses dents jaunâtres exhalaient une odeur de mort. Bref, Ana Sorden avait la dégaine d'une vieille momie que l'on aurait extirpée de ses bandelettes! Toutefois, il allait lui reconnaitre un courage et une détermination sans faille pour sa survie, tant elle persistait de grogner sur son gardien pour suggérer de l'aide. Mais à n'en pas douter, la justice magique préférait sans doute la voir tourner casaque, plutôt que de lever des fonds pour lui venir en aide. Ana Sorden se sentait totalement abandonnée, comme si l'on niait son humanité. Ces messieurs de la justice magique ne voulaient-ils point voir le petit cœur de femme qui battait dans sa poitrine flétrie? Personne ne méritait ce qu'elle subissait! Pas même Voldemort en personne! Alors pourquoi persistaient-ils à lui infliger un tel châtiment?

Il faut dire qu’Ana Sorden était totalement coupée du monde extérieur, et elle ignorait donc les changements que subissait le monde magique. Signe de son désespoir, elle en était même venue à espérer que Richard Dalnox lui viendrait en aide, en souvenir des bons moments passés ensemble. Mais rien ne venait, si bien que Ana commençait à se demander si ce dernier avait réellement éprouvé quelque chose pour lui. Dans l'obscurité de sa prison, un seul visage lui apportait véritablement du réconfort. C'était celui de sa petite colombe, la ravissante et loyale Sasha Benson. La seule à ne pas l'avoir trahie, et pour qui elle éprouvait une profonde affection. Elle se retrouvait totalement en elle, ce qui devait probablement avoir une influence dans ses considérations. Car cette petite mésange était promise à un grand avenir, Ana Sorden l'avait constaté dans la lecture des nombres. C'est elle qui briserait le secret magique, elle en était persuadée, les chiffres ne mentent jamais. Contrairement à elle, Sasha Benson n'était qu'aux prémices d'une vie couronnée de succès et de gloire. D'un certain point de vue, Ana l'enviait. En tout cas, elle se serait damnée pour la revoir ne serait-ce qu'un instant...

Malgré les affres du vieillissement, Ana retrouva de la force et son instinct de survie. C'est le souvenir radieux de Sasha Benson qui venait de lui redonner l'envie de se battre! Comme à la belle époque, un plan venait de germer dans son esprit de sorcière manipulatrice. De quoi lui redonner espoir, et une marche à suivre. Lorsque son gardien vint lui apporter son immonde pitance, elle saisit cette occasion de faire changer sa destinée. Le ministère et la justice magique n'avait point pitié d'elle, elle allait alors jouer une autre carte de son jeu. Celle du chantage! Priant pour que le leader des Mardoliens ne se soit point fait capturer dans sa traque, Ana Sorden tenta sa dernière chance. D'un ton solennel et rauque, elle alpagua le maton, pour lui signifier ses conditions.

" Préviens tes supérieurs que j'ai des informations essentielles à délivrer, pouvant permettre l'arrestation d'Alcyd Mardol! Ne passe pas à coté de cette chance, car tes chefs te couvriront de Galions après ce que je m'apprête à leur dire! S'ils daignent entendre ma supplique, je leur apporterai le chef des Mardoliens sur un plateau d'argent! "

Contrairement aux autres fois, le gardien de prison ne sembla pas insensible à sa remarque. L'appât du gain se lisait dans son regard.  Il vida le pot de chambre d'Ana Sorden, puis s'en alla. L'arithmancienne se mit alors à prier pour que ses dires remontent vers les hautes instances de la justice magique. Si un émissaire lui était envoyé, elle pourrait alors négocier ses conditions, et apercevoir enfin la fin du tunnel obscur dans lequel, elle se retrouvait plongée depuis trop longtemps. Pourquoi ne pas y avoir songé plus rapidement? Alcyd Mardol pouvait être son ticket de sortie de Azkaban, à elle de la jouer finement! Elle ne ferait qu'une bouchée de l'idiot que lui enverrait probablement le ministère. Au jeu du chantage, elle était la meilleure et se jura intérieurement de ne point se faire avoir. Le plus dur fut l'attente...

Mais lorsque la porte de pierre coulissa enfin, un sourire machiavélique se dessina sur les lèvres sèches de l'arithmancienne. Cette dernière plaça sa main devant ses yeux pour ne point être éblouie. Le visage de la jeune inconnue qui se tenait dans l'embrasure de la porte, lui sembla alors vaguement familier. Ana Sorden croassa un message de bienvenue, teintée de reproche.

" Enfin, vous voilà! Depuis quand le ministère de la justice magique ne se soucie point des conditions de rétention d'une pauvre femme comme moi! Cela fait des lustres que j'essaie d'attirer votre attention sur mon sort! " Elle marque une seconde, son regard se plissant, avant d'ajouter : " Nous nous connaissons, non? "  

Un face à face venait de débuter, qui allait probablement décider qui de l'Auror intègre ou de la mardolienne sociopathe allait le mieux tirer son épingle du jeu...


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte poussa un profond soupir en apercevant la pile de paperasse sur son bureau. Elle n'avait jamais été une grande fan des papiers mais maintenant qu'elle ne faisait plus que cela, elle était presque devenue allergique. Cela allait faire un peu plus de deux semaines qu'elle avait annoncé sa grossesse à ses supérieurs et cela faisait donc aussi longtemps qu'elle était dispensée de terrain. Elle passait donc ses courtes journées - elle avait beau approcher la fin du premier trimestre, elle était encore très fatiguée - à classer des dossiers, corriger des rapports et faire des liens entre de vieilles affaires. Elle passait aussi beaucoup de temps à aider les Aspirants, les aidant avec leurs cours ou leurs questions. Le terrain lui manquait beaucoup, les interventions et les rondes aussi. Heureusement, elle commençait à bien mieux vivre sa grossesse à coté. Eliott et elle en avait parlé longuement et elle avait réussi à commencer à se faire à l'idée, grâce au soutien sans faille de son fiancé et de son entourage. Elle se sentait plus sereine quant à la naissance à venir et commençait même à avoir un peu hâte.

Il fallait dire aussi qu'elle ne pouvait plus l'ignorer : son ventre commençait et à se voir, elle avait même dû investir dans quelques vêtements de grossesse - notamment des jeans -  accompagnée par sa mère qui semblait ravie d'endosser ce nouveau rôle de future grand-mère. Elle lui avait donné plein de livres qui dataient de sa propre maternité et Charlie avait plongé le nez dedans, ce qui l'aidait à relativiser. Enfin, ce qui lui donnait surtout confiance en l'avenir, c'était toutes leurs conversations avec Eliott à propos du bébé, imaginer la famille qu'ils étaient en train de fonder et tout ce qu'ils feraient avec cet enfant à venir. Penser à cela lui arracha un sourire et elle posa une main sur son ventre où elle commençait à peine à sentir bouger le bébé. C'était tout léger, comme des frémissements, mais elle le ressentait. Elle et le bébé cohabitaient tranquillement et elle commençait à se sentir de nouveau en paix avec elle-même et son avenir, ce qui était plus que reposant. La seule ombre au tableau était sûrement le fait qu'elle s'ennuyait un peu au Bureau, enviant ses collègues qui partaient en intervention. Seamus et elle travaillaient encore ensemble jusqu'en septembre - où il serait assigné à quelqu'un d'autre - mais il se greffait souvent sur les sorties des autres, n'étant pas contraint par une maternité. Son partenaire venait d'ailleurs de passer la porte du QG et se dirigeait vers leurs bureaux avec deux cafés bien chauds à la main. Il en posa un devant elle avant de s'affaler sur son fauteuil, un sourire aux lèvres.

- Tu ne devineras jamais ce que j'ai appris !
- Seamus, je sais depuis longtemps que ce n'est pas Merlin qui apporte les cadeau à Noël mais c'est gentil de t'en soucier, répondit-elle avec un sourire.
- Chuuuut ! fit-il mine de s'offusquer en désignant son ventre. Ne lui gâche pas son enfance, mère indigne !

Charlotte éclata de rire avant de boire une gorgée de café. Seamus avait été un peu surpris par l'annonce soudaine de sa grossesse - il la connaissait assez pour savoir que ce n'était pas dans ses plans immédiats - mais avait eut la délicatesse de rien dire et semblait plutôt enthousiaste à l'idée d'être "tonton Seamus", comme il aimait le dire.

- Plus sérieusement, McDougal m'a dit que la plus grande psychopathe du monde magique - en vie du moins - avait quelque chose à nous confier concernant Mardol.
- Ana Sorden ? Elle se réveille maintenant ?

Seamus haussa les épaules, peu concerné.

- Elle doit espérer une remise de peine. Comme si ça allait arriver après avoir essayé de tuer le quart de Poudlard ! Enfin, du coup, le Commandant va envoyer quelqu'un.
- Tu sais qui il a choisi ?
- Je crois qu'il ne s'est pas encore décidé puis il n'y a pas foule pour aller discuter avec cette vieille timbrée.

L'opportunité de sortir un peu du Bureau était trop belle, surtout que Charlotte avait suivit l'affaire de près étant donné qu'elle avait bossé sur le dossier M toute l'année dernière. Remerciant Seamus pour le tuyau, la jeune femme se leva pour aller frapper à la porte du Commandant, bien décidée à défendre sa cause pour récupérer le dossier. Ce n'était pas très protocolaire mais on avait rien sans rien et Charlie le savait très bien. Elle avait les bons arguments pour convaincre Mario Casablanca, le chef du BDA, puisqu'elle n'avait qu'à mettre en avant sa maitrise du dossier, le fait qu'elle ait participé à l'arrestation et son implication de toute l'année dans le dossier M. La seule objection qu'avait le Chef à faire, c'est qu'elle aille justement sur le terrain alors qu'elle était enceinte. A cela, Charlie répliqua que ce n'était qu'un interrogatoire à Azkaban et qu'elle était parfaitement capable de l'assurer. Le Commandant finit par lui donner l'ordre de mission ce qui mit Charlotte d'un peu trop bonne humeur quand on savait qu'elle allait interroger une meurtrière psychopathe et terroriste.

Lorsqu'elle arriva en Cheminée sur les remparts d'Azkaban, balayés par un vent puissant, la jeune femme fut accueillie par les surveillants de la prison que les Aurors connaissaient plutôt bien, à force de les fréquenter. Elle avait revêtit sa robe de travail pour souligner le caractère officiel de sa venue mais commençait à être un peu serrée dedans, le vêtement n'étant pas fait pour ses nouvelles formes qui commençaient à apparaître à presque quatre mois de grossesse. Elle aurait aimé les dissimuler par souci de professionnalisme mais sans cape, c'était peine perdue. Enfin, tant pis, même si elle n'était pas très à l'aise, comme si le fait qu'elle soit enceinte nuisait à son image d'Auror. A force d'évoluer dans le monde très masculin des forces de l'ordre magique, elle commençait à avoir des mauvais réflexes... Quoi qu'il en soit, elle fut guidée jusqu'à la cellule d'Ana Sorden, escortée par l'équipe d'encadrement qui resterait à l'extérieur.

Lorsque la porte s'ouvrit, Charlotte fut choquée de découvrir l'ancienne enseignante dans cet état. On était loin de la femme qu'ils avaient arrêté ou de la flamboyante Mardolienne qui tempêtait durant son procès ! Il ne restait plus rien de la femme élégante qui avait soutenu le MIM, Ana Sorden semblait avoir pris mille ans et Charlie aurait pu parier que c'était à cause de l'usage de potions interdites sur le territoire, dont la composition frôlait la magie noire. Mais sans rien montrer de son trouble, elle fit quelques pas dans la cellule tandis qu'elle se faisait alpaguer par la détenue. Évidemment que personne n'avait écouté ses complaintes, Sorden passait son temps à se plaindre et il était clair qu'Azkaban, même débarrassée des Détraqueurs, n'était pas une promenade de santé.

- Vous avez les mêmes conditions de détention que les autres détenus, Miss Sorden, répondit tout simplement Charlotte, peu désireuse de rentrer dans la victimisation de l'ancien professeur.

D'un coup de baguette magique, elle fit apparaître deux chaises afin qu'elles puissent discuter.

- Je vous en prie, asseyez-vous donc. Je suis l'Auror Meyer, ajouta-t-elle en réponse à la question de Sorden. J'étais présente à votre arrestation et je suis également l'une des Aurors ayant interrogé la jeune Emma Blackbonnes, à Poudlard.

Mais elle n'était pas vraiment là pour papoter.

- Vous disiez donc avoir des informations concernant Alcyd Mardol ?


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Ana SordenPersonnage décédéavatar
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La présence de l'Auror Meyer la ramenait invariablement à un épisode de sa vie, sur lequel l'ancienne mardolienne aurait ardemment souhaité en réécrire le scénario tant elle avait joué de malchance et accorder sa confiance à de vils traitres indignes de celle-ci. Mais malheureusement elle ne disposait point de retourneur de temps, et sa survie allait donc se décider dans ce « tête à tête » avec la représentante de la justice magique. Ana Sorden rejoignit la chaise d'un pas trainant, ses mains fripées s'agrippant au dossier pour ne point trébucher sur le sol de sa cellule, puis elle finit par s'asseoir péniblement. Elle fixa le visage de la jeune femme, alors que cette dernière lui expliquait son rôle dans son arrestation. La mémoire physionomiste de la sorcière de Salem ne s'était point trompée, elle avait bel et bien croisé la route de l'Auror. Le souvenir flou de sa capture se matérialisait peu à peu, alors qu’Ana revoyait clairement cette petite garce la dessaisir de sa baguette, et lui coller les mains dans le dos! Dans la manœuvre, elle lui avait brisé un ongle, si bien qu'elle avait failli porter plainte pour mauvais traitement. Rien que pour cela, elle méritait de figurer dans la liste noire de sa future vengeance! Mais pour l'heure, il valait mieux tromper son monde et se la jouer profil bas, ce qui pour la prétentieuse arithmancienne tenait de l'exploit...


La sorcière décrépite arqua un sourcil blanchâtre, alors que l'Auror lui évoqua le souvenir de cette maudite petite Emma Blackbonnes. Ana Sorden focalisait une grande partie de sa haine destructrice sur la jeune Serpentard, qu'elle jugeait responsable de son cuisant revers. Mais un sentiment d'incompréhension immense venait également troubler son aversion, tant l'ancienne mardolienne n'arrivait point à saisir comment cette petite traitresse avait réussi à retrouver la mémoire. En sorcière renommée de l'école de Salem, Ana Sorden était jugée comme l'une des sorcières les plus puissantes à l'échelle planétaire. Elle n'avait jamais raté le moindre sort, et possédait une expérience infaillible dans l'art de la magie noire. Alors, le fait qu’Emma Blackbonnes puisse retrouver le cours de sa pensée demeurait un véritable mystère aux yeux de l'arithmancienne. Comment son sortilège d'Oubliette avait pu se montrer à ce point défectueux? Elle ne se l'expliquait pas. Si les choses s'étaient passées comme prévue, cette petite sotte n'en aurait jamais souffert, et Ana serait à l'heure actuelle sur le siège de Directrice de Poudlard et non sur une chaise bancale de la prison d'Azkaban! Si un jour, la sorcière de Salem venait à s'extirper des murs de sa cellule, nul doute qu'elle rendrait une visite de courtoisie à celle qui par son témoignage l'avait condamnée. Emma Blacbonnnes regrettera alors "in Eternam" de n'avoir pas sût tenir sa langue de serpentard...

La prisonnière d'Azkaban releva un regard circonspect sur l'Auror Meyer.

"Emma Blackbonnes? Vous voulez parler de cette petite menteuse qui a réussi à berner toutes les instances de la justice magique, avec son histoire à dormir debout? Depuis quand la parole d'une enfant prédomine sur celle d'une adulte responsable? Si j'étais vous, je ne m'en vanterai point, car vos erreurs d'appréciation ont condamné une malheureuse femme innocente à la prison à perpétuité... "

Ana Sorden poussa un soupir entre ses dents jaunâtres.

"Vous le savez comme moi, que je ne suis qu'une victime dans cette sombre histoire! La bouc émissaire d'un complot qui incrimine les plus hautes sphères du Ministère de la Magie! Vous n'arriviez point à mettre la main sur Alcyd Mardol, il vous fallait désigner une coupable idéale pour dissimuler votre incompétence aux yeux du grand public! Et qui de mieux que moi pour marquer les esprits? J'étais une cible trop belle! Comment pouvez-vous vivre avec cette tâche sur votre conscience? J'étais promise à un grand avenir, la plus belle femme de ce monde, mais j'attisais sans doute trop de jalousie. Il fallait me le faire payer! Regardez-moi maintenant... Je ne suis plus que l'ombre de la reine de beauté que j'étais... Et tout ça par votre faute... "

Une larme slaloma entre les canyons qui ridaient le visage de l'arithmancienne. Baissant la tête de désespoir, elle cherchait à s'attirer les faveurs et la pitié de l'Auror.


"Vous êtes une femme, comme moi... N'éprouvez-vous aucune forme de compassion? Est-ce qu'une personne dans ce maudit Monde Magique mérite de subir une telle déchéance? "

Mais l'Auror ne semblait pas vouloir s'émouvoir, et passer directement à l'essentiel. Trop de preuves l'incriminaient directement pour pouvoir fuir ses responsabilités. Telle une marque des ténèbres, le sceau des mardoliens avait marqué à jamais sa personne. "Mardolien tu es, Mardolien tu resteras" disait l'adage. Et l'auror n'était pas du genre naïve. Elle était venue dans un seul but, celui de mettre un terme aux attentats magiques et de mettre la main sur le plus grand terroriste actuel : Alcyd Mardol. Voilà tout ce qui l'intéressait! Aussi insensible qu'un iceberg venant fracturer la coque d'un navire en perdition, cette Charlotte Meyer ne se souciait nullement de son sort. Comme si voir une femme dépérir sous ses yeux ne soulevait chez elle aucune forme de pitié ou de solidarité féminine. Le monde était ainsi, et seuls les êtres les plus perfides survivaient. Ana Sorden en était persuadée...
Elle fit jouer la montre, son regard naviguant dans l'espace cloisonné de sa prison. C'était à elle d'imposer ses règles, et le rythme de l'échange. Dans son orgueil légendaire, elle pensait pouvoir aisément dompter cette jeune Auror. Elle minauda quelque instant, faisant claquer sa langue sèche sur son palais, puis s'adressa à elle de manière énigmatique.

"Oui, en effet... Je dispose d'informations cruciales. A vrai dire, je n'ai qu'un détail ou deux à vous transmettre, et ce retors d'Alcyd Mardol croupira la nuit prochaine dans une cellule d'Azkaban. Mais vois-tu, ma jolie, dans ce bas monde, chaque chose à malheureusement un prix... "

Un petit rictus rusé souleva l'extrémité des lèvres bleuâtre de la cruelle sorcière, alors qu'elle s'apprêtait à soumettre ses exigences.

"Je ne vous délivrerai mes secrets que sous certaines conditions, et inutile de vous dire que celles-ci ne sont point négociables. J'exige en priorité un allégement de ma peine, et de meilleures conditions de détention! Une liberté conditionnelle avec bracelet magique me conviendrait parfaitement, tant que je puisse sortir de ce cachot humide et répugnant. Comme vous pouvez le voir, je souffre d'un vieillissement spontané qui pour se résorber nécessite l'usage de certaines potions de beauté interdites dont je vous ferai la liste. Sans elles, je risque de mourir dans les mois à venir... et sans mon aide, vous pourrez toujours courir après le fantôme d'Alcyd Mardol. Vous ne pouvez pas laisser passer cette chance. Car dans le cas contraire, nul doute que les futurs attentats pour briser le secret magique, et les victimes innocentes qui en découleront, vont vous faire regretter amèrement de ne point m'avoir écouté. C'est un pacte de confiance! Vous me donnez ce que je veux, et je vous livrerai alors Alcyd Mardol sur un plateau d'argent... "

Le regard d'Ana Sorden se posa alors brusquement sur la robe de sorcière de Charlotte Meyer, à l'endroit précis ou un arrondi généreux soulignait la future vie qui sommeillait en elle. Ana Sorden avait noté ce détail et la grossesse de l'Auror, dès son entrée dans sa cellule. Un mélange de jalousie malsaine et d'envie l'avait alors saisie, la ramenant au souvenir de la progéniture de cette diablesse de Chloé Hellsoft. Elle s'exprima alors sur un ton inquiétant.

"Alcyd Mardol en liberté, et ce Monde magique ne sera jamais sûr pour personne. Si vous ne le faites pas pour vous, vous devriez le faire au moins pour le chérubin qui pousse dans votre ventre. Ne mérite-t-il pas de vivre dans un monde meilleur et plus accueillant? Alors vous devriez mettre de côté votre égo, et me donner ce à quoi j'aspire. N'est-ce point la meilleure solution pour tout le monde? "

Ana Sorden pencha sa tête en direction de son épaule, le regard éclairé par un sentiment victorieux. Un souffle de liberté venait d'enivrer ses pensées...


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte haussa un sourcil circonspect lorsque Ana Sorden se mit à déblatérer sur la petite Emma Blackbonnes, circonspection qui ne tarda pas à se changer en un rire jaune lorsque que l'ancienne enseignante se caractérisa elle-même "d'adulte responsable". Charlie n'était pas idiote, évidemment que l'erreur judiciaire existait et elle n'avait pas la prétention de penser que les Aurors détenaient le savoir absolu. La Justice était une construction humaine, une construction sociale et donc par définition, une Institution soumise aux erreurs humaines. Après la guerre, l'affaire Sirius Black avait défrayée la chronique, Harry Potter clamant sa version de l'histoire et encore plus récemment, même si cela avait fait moins de bruit, l'affaire de l'incendie de Pré-au-Lard complètement bâclée par cet abruti de Furtinus et qui avait envoyé un innocent à Azbakaban pendant quelques mois. Mais s'il y avait bien une chose dont elle était certaine, c'était de la culpabilité d'Ana Sorden. Elle avait fait partie des enquêteurs et aurait mis sa baguette au feu en ce qui concernait son implication dans plusieurs attentats Mardoliens.

- Je ne pense pas que l'on puisse se targuer d'être "une adulte responsable" lorsque l'on tente d'ensevelir une école sous vingt mètres de neige, Miss Sorden.

Elle n'avait de cesse de lui refuser l'emploi du terme "Professeur" alors qu'il était d'usage de l'accorder à tous ceux qui avaient enseigné à Poudlard, même lorsque leur temps était révolu. Ana Sorden avait perdu tout crédit dans le monde magique et Charlotte ne serait pas celle qui lui en redonnerait. Trainée dans la boue durant son procès, haïe de tous, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Ou bien son apparence physique reflétait enfin ce qu'elle était réellement, une femme cupide et profondément mauvaise, corrompue par son ambition au plus profond de son âme, prête à tout pour arriver à ses fins et incapable de distinguer le bien du mal. Elle avait menti, elle avait manipulé, elle avait tué sans jamais se soucier des conséquences. Oui, Ana Sorden avait raison : elle avait été une belle prise, un gros poisson et son arrestation avait été un coup médiatique impressionnant pour le Ministère. Mais même si elle ne le comprendrait jamais, plongée dans son délire narcissique, dans cet univers doré qu'elle avait tenté d'ériger autour d'elle pour en devenir le centre, Ana Sorden n'était pas une victime. Elle était coupable, elle l'avait toujours été et le serait toujours. Alors non, Charlotte n'avait aucune compassion pour le sort de la Mardolienne. Et Merlin savait à quel point elle pouvait être naïve dès qu'on lui servait des regrets sur un plateau. Mais Sorden n'en n'avait aucun et n'avait même pas la décence de faire semblant. Elle continuait de se pavaner dans sa cellule, persuadée que le monde lui était acquis. Sauf que Charlotte ne s'abaisserait jamais à cela aussi n'eut-elle aucune réaction durant le petit monologue de son interlocutrice, se contentant de la suivre du regard.

- Pensez-vous réellement que vous êtes en position de négocier quoi que ce soit ? lança Charlotte en croisant ses bras sur sa poitrine.

Et visiblement, oui, elle se pensait en position de négocier au vu de la liste aberrante d'exigence qu'elle énuméra :  une liberté conditionnelle, des potions interdites sur le territoire anglais sans parler d'un allégement de peine... La totale. Tout cela pour Alcyd Mardol. Oh, malgré tout cela, Charlotte avait bien conscience que Sorden n'était pas bête et elle savait tout aussi bien qu'elle avait raison : tant que Mardol serait en liberté, la sécurité et la tranquillité du monde magique ne serait jamais garantie. Les informations que possédait Ana Sorden les intéressaient beaucoup, surtout que le Ministre provisoire, Leopold Marchebank, leur avait demandé d'être particulièrement vigilants en ce qui concernait les Mardoliens. Mais de là à remettre en liberté cette folle de Sorden ? Elle restait une sorcière talentueuse et trouverait sûrement le moyen de s'échapper, Charlotte en avait parfaitement conscience. Néanmoins, elle ne comptait pas en rester là. Après tout, tout n'était qu'une affaire de négociation. Mais contrairement à ce que semblait vouloir faire Sorden, ce n'était pas les Aurors qui étaient en position de faiblesse. Charlotte s'apprêtait à reprendre la discussion quand le ton menaçant de Sorden la coupa dans son élan, tandis que cette dernière désignait son ventre rond d'un ton doucereux, un éclat malsain au fond du regard. Appréciant peu ce genre de manières, le regard de Charlie se durcit tandis qu'elle posait une main sur son ventre, se penchant légèrement vers l'ancienne enseignante.

- Le monde sorcier ne sera jamais plus sécurisé qu'avec vous derrière ces barreaux, articula-t-elle d'un ton froid.

Puis elle se redressa, un sourire qui n'avait rien d'aimable sur les lèvres.

- J'ai bien peur que vous n'ayez aucun moyen de pression, Miss Sorden... Il faut dire qu'ici, vous êtes plutôt coupée du monde extérieur, continua-t-elle  tranquillement en promenant son regard sur la cellule. C'est de la moisissure, dans ce coin ?  

Abandonnant son examen, l'attention de Charlotte se porta de nouveau sur l'ancien Professeur. Pendant des années, son grand défaut au BDA avait été de ne pas savoir mentir, chose reprochée par ses supérieurs. Et puis elle avait pris du galon, de l'expérience et elle avait appris à mener correctement un entretien. C'est donc avec aplomb qu'elle reprit la parole.

- Je suppose que vous n'avez accès aux journaux ici. C'est bien dommage, cela m'aurait évité le déplacement. Nous avons attrapé Mardol il y a deux semaines, annonça-t-elle d'une voix emplie de fierté contenue. Je vous accorde que ce ne fut pas facile, mais c'était le fruit d'une enquête de longue haleine qui a mobilisé tout le bureau pendant deux ans. 

Si seulement c'était vrai... Il avait des pistes pour Mardol mais il leur filait sans cesse entre les doigts, comme une ombre.

- Son procès se tiendra dans quelques mois. Je suis certaine qu'il se fera un plaisir de vous le raconter en détails lorsqu'il vous rejoindra ici... Il y a de la place pour deux, non ? interrogea-t-elle avec un sourire réjoui.

Elle songea un instant que Stormborn serait fier d'elle à cet instant très précis. Elle tourna son visage vers la porte, comme si elle songeait à partir avant de faire mine de se raviser, laissant passer quelques secondes de silence, comme si elle avait réfléchi et s'était adoucie.

- Néanmoins... Il est vrai que vous ne bénéficiez pas des meilleurs quartiers. Si vous avez des informations qui pourront aider à condamner Mardol encore un peu plus lourdement, je suis certaine que l'on pourra glisser votre entière collaboration au moment du procès. Vous pourriez avoir une cellule plus lumineuse et plus confortable ou un droit de visite... Il y a sûrement quelqu'un que vous aimeriez voir, non ?


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L'assurance de la sorcière de Salem prit un sérieux camouflet lorsque l'Auror Meyer se pencha vers elle, pour lui expédier une cinglante réplique. Le ton froid et cassant dont elle avait usé pour lui signifier que le monde sorcier ne serait jamais mieux en sécurité sans sa présence, laissa un arrière gout désagréable à l'arithmancienne. Celui qu'elle allait croupir dans sa geôle pour le restant de sa vie, à l'image de la moisissure que lui désignait sournoisement cette jeune pimbêche éprit de justice. Non, le Monde Magique ne pouvait se passer d'une personne de son calibre, elle avait le destin d'une reine adulée et la crainte de mourir dans l'indifférence la plus générale la terrifiait. Ana Sorden n'aimait pas se sentir en fâcheuse posture, et sa poitrine flasque commença à se soulever frénétiquement alors qu'elle était saisie par un affreux doute : Celui qu'elle allait perdre ce face à face. Pourquoi cette maudite Auror se montrait-elle aussi confiante? Que détenait-elle qui puisse lui permettre de jouer autant les arrogantes? La vanité et son instinct de survie poussèrent la mardolienne à réagir, et à rabbatre le caquet de cette impertinente, mais cette dernière n'avait pas dit son dernier mot. Le petit château de cartes que tentait de bâtir désespérément Ana Sorden pour exercer son fabuleux chantage sur la justice magique, s'effondra alors d'un seul bloc. Alcyd Mardol avait été arrêté!


La visage de l'arithmancienne se liquéfia, alors que sa visiteuse venait de lui couper l'herbe sous les pieds. Sans sa carte maitresse, Ana Sorden était condamnée à moisir à Azkaban. La mâchoire inférieure de l'arithmancienne tomba littéralement, tandis qu'elle réalisait enfin le destin funeste qui l'attendait. Elle allait mourir, ici, entre ses murs sinistres. Ana resta de longues secondes aussi muette qu'une carpe, les yeux perdus dans le vague, alors l'Auror Meyer se réjouissait de son malheur. Son monde, ses espoirs venaient de s'effondrer sous elle, et la cruelle arithmancienne sentait déjà les flammes de l'enfer venir lui lécher les pieds. Sa raison l'abandonna, laissant place à une vive émotion, alors qu'elle voyait sa liberté disparaitre à jamais. Son regard se sertit de larmes, alors qu'elle entrevoyait toutes ces joies simples qu'elle ne pourrait jamais plus revivre. Elle n'éprouverait jamais le bonheur infini de retrouver sa beauté légendaire. Jamais plus elle ne sentirait le souffle sensuel du vent venir lui caresser le visage. Chaque matinée apporterait son lot de souffrance, et elle finirait par perdre le souvenir et la saveur de son Thé au Jasmin. Le bruit familier de ses Louboutins de Luxe claquant sur l'asphalte finiraient, eux aussi, par disparaitre dans le lointain. Au fur et à mesure que la folie s'emparerait de son âme, elle oublierait tous ses gestes qui rythmaient son quotidien, comme le plaisir qu'elle ressentait à se maquiller. Ana tressaillit quand elle comprit également, qu'elle n'aurait plus l'occasion de tresser des couronnes de Jasmin. Sa bouche se tordit d'horreur. Jamais, elle ne pourrait revêtir son costume de "vengeuse masquée", et punir ceux qui l'avaient honteusement trahie. Ses mains se tordirent de rage. Le rêve de voir un jour le visage de Margot Adamson se muer en terreur au moment de sa mort s'envolait également! Mais en vérité, la chose qui foudroya complètement l'arithmancienne, fut celle de ne jamais pouvoir revoir sa petite colombe, Sasha. Cette petite fille, qu'elle considérait comme sa propre fille, et qui voulait tant lui ressembler! Comment allait-elle survivre sans elle? Jamais elle ne pourrait entreprendre sa grande destinée, et briser le secret magique, sans un modèle à ses côtés. Car dans l'esprit narcissique d’Ana Sorden, sa petite mésange n'aspirait qu'à une chose, ne devenir que le reflet de sa propre beauté. Ne l'avait-elle point dit après tout?

Pour la première fois de sa vie, Ana Sorden se sentait complètement dépassée par les évènements. Dépourvue de la moindre trace d'orgueil, l'arithmancienne paraissait pitoyable, et aussi fragile qu'une vieille poupée de porcelaine laissée trop longtemps à l'abandon. Elle bredouilla alors toute l'étendue de sa détresse, tellement choquée et éreintée par ses conditions de détention, qu'elle ne voyait même pas la supercherie de l'Auror. D'ordinaire si rusée pour démasquer les mensonges et les pièges, Ana Sorden n'était plus que l'ombre de la femme machiavélique qu'elle avait été. Azkaban avait fait son œuvre et l'arithmancienne n'avait juste plus la force de se battre...

"C'est... C'est impossible... inimaginable... Je ne peux le croire... "

L'arrestation d'Alcyd Mardol venait de doucher ses dernières espérances, et Ana Sorden luttait contre la confusion qui venait de s'emparer de son esprit. Lorsque l'Auror Meyer tourna son regard en direction de la porte de sa cellule, Ana Sorden sentit son cœur de pierre manqué une pulsation. Elle tendit sa main décharnée dans la direction de la jeune femme comme pour la supplier de rester à ses côtés.

"Je vous prie... Ne partez pas... Accordez-moi une dernière chance... Je suis persuadée que je peux encore vous être utile... "

L'Auror Meyer lui glissa alors une dernière proposition. Cette dernière avait plus l'allure d'un lot de consolation, tant elle était à des années lumières des premières exigences de l'arithmancienne. Mais Ana l'écouta sans broncher, si désespérée qu'elle en redevenait totalement humaine. L'horrible bonne femme tremblait comme une feuille, au point d'attirer presque la pitié sur sa personne. Elle demeura un instant inerte, puis se lança alors dans ce qui ressemblait à une profession de foi. Le temps de se mettre à table était venue, et Ana Sorden ne voyait plus d'autres solutions s'offrir à elle. Elle commença alors un long monologue :

"Oui, il y a bien une personne que je désire ardemment voir avant que cette cellule ne se transforme définitivement en cercueil, et si pour cela je dois tous vous révéler, alors je le ferai... Je n'omettrai aucun détail... Je sais que vous me voyez comme un monstre, indigne de vivre ou incapable d'aimer ou de ressentir la moindre émotion. Mais je vous assure que vous vous trompez lourdement... Je rêvais réellement d'un monde meilleur, où Moldus et Sorciers vivraient en harmonie, enfin débarrassés de ce maudit secret magique. Mais voilà, pour en arriver là, aucune méthode douce n'était envisageable. Je me suis salie les mains pour des gens comme vous, puissent un jour se complaire dans un monde meilleur. L'ingratitude de ce monde me débecte, et je ne crois plus en rien aujourd'hui tant je suis persuadée que j'ai été trahie par mon propre camp, celui des mardoliens. Maintenant c'est à mon tour de le faire. Je vais tout vous dire... "

Son regard se posa sur le sol, alors qu'elle entama son grand déballage. Mais étrangement ce dernier ne reflétait qu'une vérité tronquée, alors qu'elle venait de trouver un moyen de se pouvoir se venger. Quitte à tomber, elle ne le ferait pas toute seule. Elle allait anéantir les mardoliens...

"Au sein de notre organisation, j'étais une mardolienne très haute placée. A une époque où Alcyd Mardol croyait encore en moi, il m'avait donné l'ordre de m'immiscer dans l'école de Poudlard. En devenant Directrice et avec les complicités du Ministère, nous aurions pu préparer les consciences des jeunes enfants à accepter la réalité qu'il fallait se débarrasser du secret magique. Douce utopie, tant la trahison couvait parmi mes alliés directs! Ces derniers étaient au nombre de deux. Le premier d'entre eux, vous le connaissez certainement, puisque vos services l'ont interrogé suite aux évènements tragiques de Valtivaara : Il s'agit de Crispin Dérébusor! Je lui avais demandé de se débarrasser proprement de Margot Adamson, mais ce vieux fou a préféré déclencher l'apocalypse sur terre, manquant tuer une multitude d'enfants innocents... "

Ana Sorden fit mine de plaquer une main sur sa poitrine comme si cette pensée lui était tout bonnement insupportable.

"Ma seule volonté était de remporter la succession au poste de directrice mais le professeur Dérébusor a totalement déraillé. Il a exigé de moi des choses horribles, comme celle de manipuler une enfant. Je le regrette du fond du cœur. Vous savez j'étais perdue dans mon combat idéologique, je pensais réellement devoir le faire, pour le bien du Monde magique. Crispin venait sans cesse me pressuriser, me dire que toute noble cause exigeait des sacrifices. J'aimerai implorer le pardon de cette pauvre enfant, Emma Blackbonnes, pour tout le mal que je lui ai fait subir. J'étais perdue... "

Ana Sorden poussa un long et profond soupir.

"Lorsque les choses ont tourné en ma défaveur, je me suis retrouvée plongée dans un terrible complot visant à faire de moi l'unique responsable de cette sombre affaire. Crispin Dérébusor s'est volatilisé de Poudlard, de peur que les soupçons se reportent sur lui. Quant à mon autre allié direct, il a trahit l'amour que j'éprouvais jadis pour lui... "


Ana éclata alors en sanglot, comme si cette trahison la faisait réellement souffrir.

"Je pensais qu'il m'aimait... que l'on pourrait construire notre vie ensemble, une fois que les mardoliens auraient triomphé. Mais Richard Dalnox m'a laissé tomber comme si je ne représentais rien à ses yeux. Comment a-t-il pu oublier tous ses moments délicieux que nous avons passés dans le secret de cet hôtel londonien? Comment ai-je pu être la maitresse cachée d'un homme aussi égoïste? Le petit prince de la politique n'est rien d'autre que le numéro deux de la cause Mardolienne. A côté de lui, je ne suis qu'une pauvre âme innocente. Mais cela ne veut plus rien dire maintenant que Alcyd est tombé... "

Ana Sorden renifla son chagrin, puis leva un regard inquisiteur sur l'Auror Meyer, comme si un détail la troublait.

"Mais dites-moi... Comment avez-vous procédé pour savoir que Alcyd Mardol était un métamorphomage? "

Sans le savoir elle venait de révéler un détail capital dans le dossier "M". Un détail que même les plus intuitifs Aurors n'avaient point envisagé...


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Voir le visage d'Ana Sorden se décomposer ravit Charlotte. Pas qu'elle se complaisait particulièrement dans le malheur des autres mais tout simplement parce que l'ancienne enseignante venait de plonger tête baissée dans le piège qui lui était tendu, permettant ainsi aux Aurors de reprendre le dessus dans cette négociation. Le nouveau Ministre par interim leur avait demandé de se montrer particulièrement vigilants au sujet du dossier M et de lui transmettre toute nouvelle information : ils ne pouvaient donc pas se permettre de passer à coté d'informations que pourraient détenir Sorden, même s'il fallait passer par la ruse et le mensonge pour les avoir. A vrai dire, en se lançant dans cette entreprise, Charlie ne pensait pas que cela serait aussi facile. Elle s'était certes entrainée à mentir au fil des années au sein du BDA mais Ana Sorden avait été reconnue comme une grande manipulatrice qui avait su berner facilement les enseignants de l'école. Et pourtant, en quelques mots, elle flanchait. Tout ce qui se disait sur Azkaban était donc vrai : cela brisait les gens et même une Mardolienne de talent comme Ana Sorden n'y avait pas résisté.

- Et pourtant... répondit Charlotte, renforcée dans sa belle assurance, quand la détenue afffirma que c'était impossible.

Si seulement cela avait pu être vrai... Cela faisait deux ans que les Aurors traquaient Mardol sur leur territoire et il leur filait entre les doigts comme de l'eau. Ils avaient pourtant bénéficié du soutien des Prikaatis et des forces de l'ordre américaines mais rien n'y faisait, le leader des Mardoliens était toujours en liberté et ne cessait de les narguer. Il préparait sûrement déjà quelque chose de nouveau, profitant de la déconvenue du Bloody Sunday et en profitant pour narguer le pouvoir en place et le BDA ne pouvait que se préparer à essuyer les dégâts qui seraient forcément causés à cause de cette nouvelle action Mardolienne. Arrêter Mardol semblait être devenu un utopisme au fil du temps, tant ils peinaient à nouer des contacts au sein du groupe très soudé des Mardoliens. Ana Sorden était une chance exceptionnelle pour faire avancer leur enquête, même si Charlotte ne lui avouerait évidemment jamais. Il lui suffit alors de faire mine de partir - un vrai cliché tant cette ruse avait été utilisée - pour que Sorden se mette à table, offrant un spectacle presque misérable.

- Parlez donc alors, lança-t-elle tranquillement en se renfonçant dans sa chaise, ses bras noués sur sa poitrine.

L'idée du monde magique et du monde moldu de nouveau réunis en harmonie était évidemment tentante, songea Charlotte tandis que l'ancienne enseignante commençait son récit. Elle-même n'en n'avait-elle pas rêvée, jeune née-moldus propulsée dans un monde dans lequel elle ne connaissait rien et dans lequel elle devait tout apprendre. Elle était persuadée que les sorciers avaient beaucoup à apprendre des moldus tandis que les moldus pourraient bénéficier largement de ce que savaient faire les sorciers, notamment en matière de santé. Mais comment pouvait-on imaginer une paisible cohabitation lorsque l'on voyait que des partis comme le SPAM récoltaient encore des scores à deux chiffres ? Tous les sorciers n'étaient pas prêts pour vivre avec les moldus et leur imposer cela ne pourrait que causer des dégâts. Quant au monde moldu, qui subissait actuellement la montée des partis extrémistes, comment pouvait-on imaginer que les moldus - qui peinaient déjà à s'accepter entre eux - arriveraient à comprendre qu'une autre société vivait juste à coté d'eux ? Alors certes, le Secret Magique avait ses injustices et ses tragédies. Mais il garantissait la paix et c'était pour le moment la chose la plus importante à prendre en compte : les Mardoliens n'apportaient que la guerre et le chaos.

- Dérébusor ? répéta Charlie en fronçant les sourcils.

L'ancien professeur d'Astronomie avait été interrogé par ses soins et ceux de Mika et son audition les avait poussés à s'intéresser au cas de Samuel Nolan, Dérébusor ayant affirmé avoir vu un "loup aux yeux humains" se tenir un peu plus loin de lui et des élèves qu'il escortait alors. Il avait été longtemps suspect mais leur enquête les avait amenés ailleurs et faute de preuves tangibles, Crispin Dérébusor n'avait pas été inquiété. Il avait quitté Poudlard quelques mois après cela et le BDA l'avait laissé en paix. Jusqu'à présent... Le témoignage d'Ana Sorden était plus qu'accablant et correspondait aux doutes du BDA au début de l'enquête sur l'avalanche. Néanmoins, Charlotte avait conscience que tout ce que disait Sorden devait être pris avec des pincettes et soumis à l'avis de ses supérieurs en ce concernait les décisions à prendre concernant l'enquête sur Dérébusor, comme elle venait de le prouver en parlant de nouveau d'Emma Blackbonnes, implorant son pardon.

- Je pensais qu'Emma Blackbonnes n'était qu'une "petite menteuse" qui avait réussi à berner tout le monde, rétorqua Charlie en citant les propres mots de l'enseignante.

Elle avait bien changé, songea-t-elle. Voilà quelques années, elle aurait accepté les remords d'Ana Sorden sur un plateau d'argent, s'empressant de voler à son secours. Et voilà qu'elle la regardait éclater sans sanglots sans même se demander si c'était vrai ou pas : la femme en face d'elle n'avait plus aucun crédit à ses yeux. Elle avait tant menti, tant manipulé, même à son propre procès, qu'il était impossible pour Charlotte de la croire, tant elle était persuadée que chaque geste était calculé. Peut-être bien qu'elle se trompait, peut-être bien que le chagrin d'amour de Sorden envers Dalnox était véritable. Mais à cet instant, elle était bien plus concentrée sur la révélation ? L'ancien Directeur du Département de la Justice Magique, numéro deux de la cause Mardolienne ? C'était difficile à croire. Il était certes incompétent et incapable de diriger correctement les forces de l'ordre mais de là à être un terroriste... Enfin, pour le moment, elle n'avait pas à entrer dans ces considérations : elle devait seulement recueillir le témoignage de l'ancienne Mardolienne, elle ferait le tri à tête reposée, avec ses collègues du dossier M. Et en parlant de témoignage... Charlotte sut que son air assuré était tombé à l'eau au moment où Ana avait prononcé le mot "Métamorphomage", faisant rater un battement à son cœur. Elle n'aurait pu décrire l'euphorie qui l'avait envahie à cet instant précis : Mardol métamorphomage, cela bouleversait complètement leur dossier et leur permettait de voir les choses sous une nouvelle perspective. En quelques instants, elle venait d'apprendre sur Mardol plus que tout le BDA ne l'avait pas en deux ans et elle n'en revenait pas. Incapable de dissimuler ce que l'information lui faisait comme effet, elle laissa un sourire un peu incrédule naître sur ses lèvres tout en relevant un regard plein de défi sur Ana Sorden.

- Nous ne le savions pas, souffla-t-elle d'une voix pourtant claire.

Toutes les possibilités qui s'offraient à eux avec cette seule chose... Sans parler de la piste Dérébusor, mille fois plus sérieuse que celle de Dalnox...

- Merci pour cette précieuse collaboration.


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Lorsque Ana Sorden comprit toute l'étendue de la supercherie et à quel point elle venait de s'enliser dans sa propre stupidité, elle poussa un hurlement si terrifiant que celui-ci manqua ébranler les fondations même de la prison d'Azkaban. Dans son ignorance, elle venait de griller son unique chance de pouvoir exercer un chantage sur la justice magique, et désormais son cas semblait réglé : Elle pouvait crever la bouche ouverte, personne n'entendrait jamais plus parler de la reine de beauté automnale. Par cette révélation et sa "précieuse collaboration", l'arithmancienne venait de précipiter sa propre chute et celle des Mardoliens.  Mais plutôt que d'admettre son erreur, et formuler des regrets, elle éprouva une haine indicible envers cette maudite Auror qui venait de la duper de manière magistrale. Fusillant du regard cette dernière, l'écume aux lèvres, Ana Sorden sentit la rage et un désarroi incommensurable s'emparer de son âme de prisonnière. Charlotte Meyer contemplait l'ancienne mardolienne avec un petit air de défi qui suffit à la faire s'embraser. N'acceptant point d'être tombée tête première dans le piège de la jeune Auror,  la sorcière américaine se transforma littéralement en torrent d'insultes et de haine!

"Espèce de petite garce! Comment as-tu osé me tromper de la sorte!? Tu te crois plus maline que moi? Enlève immédiatement ce sourire de ton visage, ou je te jure que je vais te l'arracher! Tu vas apprendre à tes dépends qu'il ne faut jamais berner une sorcière de Salem! Quand le jour de ma vengeance viendra, tu pourras me supplier tant que tu voudras, je demeurerais sourde à tes suppliques! Jusqu'à mon dernier souffle, je vais faire de ta vie un enfer! Tu m'entends!? "

Même si Charlotte Meyer venait de rejoindre la liste noire de l'arithmancienne, cette dernière semblait oublier un détail important, et le fait qu’elle se trouvait entre les quatre murs d'une cellule qui ruinait tout espoir de vendetta. Mais Ana Sorden ressentait le besoin de se croire puissante et en mesure de se venger du mensonge de l'Auror. Douce utopie que celle-ci, mais que l'arithmancienne n'aurait occulté pour rien au monde tant elle était faite comme un rat. Elle ne tarda point à révéler son véritable visage, celui d'une dangereuse psychopathe qu'il valait mieux garder enfermé que de voir en liberté.


"Tu veux savoir la vérité! Et bien je vais te la dire, sale petite menteuse! J'ai éprouvé mille plaisirs à voir cette idiote de Septima Vector succombée à mes pieds! Comme j'aurai adoré entendre les cris de ces satanés mioches s'éteindre lentement sous une tonne de glace! Aucun d'entre eux ne méritait de survivre! Je sais qu'un jour viendra où je sortirai de cette maudite cage dans laquelle on me retient prisonnière, et alors je tuerai un à un, tous ceux qui ont osé me tromper! Les chiffres ne mentent jamais! Je suis une reine parmi les reines! Ma destinée sera légendaire, et j'aurai droit à ma vengeance! Quel bonheur se sera que celui de t'arracher la vie, et de voir ce sourire insolant disparaitre de tes lèvres blêmes! "

Etrangement, Ana Sorden retrouvait quelque peu espoir dans la lecture de la prophétie que lui avait faite, jadis, la grande divinatrice Soraya Malflamme (Cf ce post). Car la sorcière de la grotte de Flamenguard ne s'était jamais trompée une seule fois quand il s'agissait de prédire la mort d'une personne. Même si cela prenait souvent la forme d'hyperbole et d'allusion métaphorique, ses divinations cachaient toutes un fond de vérité. C'est en entrevoyant un indice sur sa mort dans les flammes que la cruelle arithmancienne savait à peu près à quoi s'en tenir concernant l'issue fatale de sa vie. Et cette dernière ne pouvait rationnellement s'achever à Azkaban, tant sa vision était précise, et prenait la forme curieuse d'un renard. Que conclure de celle-ci? Qu'il valait sans doute mieux fuir la promiscuité avec cet animal au combien rusé. C'est d'ailleurs pour ces raisons, que Ana Sorden avait éprouvé une crainte indicible quand elle avait apprit la forme animale de Samuel Nolan. Chez l'arithmancienne, cela en était presque devenu une phobie risible, tant elle fuyait apeurée la promiscuité avec le moindre goupil de passage. C'est ainsi que parfum jasmin et senteur de renard ne feraient jamais bon ménage! Au moins, la sorcière américaine pouvait se rassurer en se disant que ce n'était pas entre les quatre murs de sa cellule d'Azkaban, qu'elle risquait de faire la rencontre avec ce maudit animal à fourrure!

La soif de vengeance de la cruelle Sorden devint dangereuse quand elle finit par se lever brusquement de son siège pour dominer de sa taille la femme enceinte. Le face à face prit alors une tournure aussi inattendue que inquiétante, quand l'aritmancienne désigna de son index crochu le ventre arrondi de Charlotte Meyer. D'une voix sépulcrale, Ana Sorden récita alors une incantation maléfique, dont l'origine ne pouvait que se trouver dans les rites ancestraux des sorcières de Salem. Experte en magie noire, et bien que dépourvue de sa baguette, l'horrible bonne femme voulait simplement jeter le mauvais œil sur la grossesse de l'Auror, de manière à la châtier cruellement pour son mensonge. Bien que cela ne révélait la plupart du temps que du folklore, les sorcières de Salem étaient mondialement reconnues pour la puissance de leurs malédictions. Chacun des mots que employa Ana Sorden sembla résonner comme les prémices d'une menace sur l'avenir de mère de Charlotte Meyer.  

"Ô toi fantôme d'Abigail,
Toi qui régis la colère,
Donne moi la force de diriger la mienne,
Vers la personne que je pointe du doigt!
J'implore le mauvais œil!
De faire de ce ventre un cercueil!
Que le vol noir des corbeaux,
Recouvre d'ombre le berceau!
Faites que ce nourrisson futur,
N'apporte que mauvaise augure.
Et que la mère de cet enfant!
Ne connaisse que le tourment,
D'un petit cœur qui saigne,
Jusqu'à ce que mort ne règne!
"

Une fois cette malédiction proférée, Ana Sorden adressa alors un sourire des plus provocateur à l'intention de l'Auror désormais maudite. Nul doute qu'elle savourait cette malédiction.


"Maintenant ma jolie, tu vas apprendre à tes dépends qu'il ne faut jamais se mettre à dos une sorcière de Salem. Et l'espèce d'immondice que tu couves dans ton ventre va bientôt être la première victime de ton mensonge! j'espère que tu savoures encore le fait d'avoir voulu me berner, car tant que j'aurai un souffle de vie, je pourrai profiter de ton malheur! "

L'horrible bonne femme éclata alors d'un rire mauvais, soufflant au passage son haleine fétide de renard à la face de la jeune mère...


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Ana Sorden était folle. Pas que Charlotte en ait jamais douté mais elle découvrait à cet instant précis la profondeur de cette folie tandis que la vieille sorcière semblait perdre tout contrôle d'elle-même, laissant alors échapper un hurlement strident. Elle n'avait jamais autant ressemblé à la méchante des contes de fées, comme si elle venait de s'échapper de Blanche-Neige et les sept nains après avoir été poursuivie par les animaux de la forêt sous un orage tumultueux. Partagée entre aberration et méfiance, Charlie observait l'arithmancienne s'agiter, ses doigts s'étant refermés machinalement autour de sa baguette magique tandis qu'elle s'était en même temps qu'Ana Sorden, qui se tenait désormais plantée face à elle en déversant un torrent d'insultes. Elle aurait pu la faire taire d'un sortilège - ce n'est pas comme si les droits des prisonniers étaient particulièrement privilégiés à Azkaban - mais voir l'ancienne enseignante perdre tout contrôle ainsi avait un certain avantage.

Tout ce qu'ils avaient jamais suspecté, tous les soupçons qu'ils avaient eu, tous les témoignages qu'ils avaient peiné à obtenir venaient d'exploser en morceau : Ana Sorden faisait ses aveux. Des années de mensonges, des années à jouer la comédie et voilà qu'elle révélait enfin son vrai visage, crachant sa haine du monde au visage de Charlotte et révélant ainsi les tréfonds de son âme ainsi que toute l'étendue de son délire. Reine parmi les reines... Se rendait-elle compte de ce qu'elle disait ? On murmurait qu'Azkaban faisait perdre la tête, que ces épais murs de pierres renfermaient les folies les plus furieuses mais à cet instant précis, Charlie aurait pu parier tout ce qu'elle possédait pour dire qu'Ana Sorden était née folle. Elle l'avait toujours été, il n'y avait pas d'autres explications et toute sa vie avait été dictée par des instincts de grandeur issus d'un esprit profondément dérangé. Elle avait eu ce qu'elle voulait, elle n'avait pas de raison de rester une minute de plus admirer Ana Sorden déblatérer des insanités : Charlotte ne perdait pas son sens pratique et elle savait qu'elle devait rapporter au plus vite au BDA l'information sur Mardol, l'information qui leur permettrait enfin de l'arrêter.

Seulement l'ancienne enseignante ne semblait pas l'entendre comme cela puisqu'elle pointa un doigt sépulcral dans sa direction, sortant de sa litanie de folie pour proférer des menaces qui dépassaient le cadre de ce que Charlotte pouvait supporter. Elle avait vécu des situations difficiles dans son métier, avait été blessée, maltraitée et menacée plus de fois qu'elle ne pouvait compter sur ses doigts. Cela faisait partie de son boulot et elle l'acceptait, elle s'en protégeait. Qu'on se permettre de la menacer, elle pouvait l'encaisser. Mais que Sorden se permette de menacer la vie de son bébé... Le sang de Charlotte ne fit qu'un tour dans ses veines et au moment où Ana Sorden éclatait de rire, le sortilège la heurta de plein fouet. Suspendue à la gorge par une main invisible, collée contre le mur à plusieurs dizaines de centimètres du sol, la professeur d'Arithmancie n'était plus en mesure d'effectuer le moindre mouvement tandis que Charlotte gardait sa baguette pointée sur elle, accentuant un peu plus la pression à chaque seconde.

A force de les traquer, elle connaissait bon nombre de sortilèges interdits dont elle ne s'était jamais servi. Elle se considérait bien trop intègre, bien trop juste, bien trop raisonnable. Mais à cet instant précis, tous les principes moraux de Charlie s'étaient évaporés, lui laissant juste une froide colère qui animait son bras. Ses yeux bruns plantés dans ceux d'Ana, elle fit quelques pas dans sa direction, la soulevant un peu plus du sol. Dans son enfance, elle avait cru aux contes de fées et aller à Poudlard en avait été un. Elle était tombée amoureuse de la magie puis elle l'avait étudiée. Étudiée au point qu'elle en perde beaucoup de mystère : en bonne Auror, elle en connaissait les principaux mécanismes, les principaux sortilèges, la magie noire. Elle méprisait les mages noirs, elle les traquait, les emprisonnait. Et pourtant, ce jour-là, dans cette cellule, devant la menace que représentait Ana Sorden et pour la première fois de sa vie, elle les comprenait. Le sentiment de puissance, la magie qui filait entre vos doigts... Elle resserra encore un peu plus sa prise sur la gorge de la sorcière.

- Vous allez crever ici, cracha-t-elle. Ce soir, demain, après-demain, peu importe. Vous allez mourir ici et on balancera votre corps dans une fosse commune.

Un pas en avant, des liens qui se resserraient encore un peu plus.

- Et tout le monde s'en fichera. Vous serez oubliée. Vous ne serez rien de plus qu'un corps en décomposition parmi les autres et quelques feuilles mortes. Mais moi, je serai là. Et je viendrais, ce jour-là. Quand on balancera votre cadavre flétri dans la fosse.

Charlotte leva sa baguette un peu plus haut, ses doigts crispés autour de la rune de cette dernière.

- Vous ne serez rien. Vous n'êtes rien. Vous êtes finie. Vous êtes faible, vous êtes abandonnée, vous n'avez plus rien. La vie n'est pas une histoire, Sorden . Vous n'êtes l'héroïne d'aucune grande destinée. Vous êtes juste cette pauvre folle de la cellule quarante-et-un. C'est ça votre grand destin. Pourrir au fond d'Azkaban puis pourrir au fond d'un trou. Sans amis, sans soutien, sans enfant.

La main invisible se resserra encore un peu plus.

- Et moi je vais sortir. Je vais rentrer chez moi, je vais vivre. Et j'aurais une pensée pour vous, de temps en temps.

Levant le sortilège, Charlotte observa le corps d'Ana retomber lourdement sur le sol comme une poupée de chiffon.

- Vous ne me faîtes pas peur, Professeur. J'ai passé l'âge de à la méchante sorcière.

Et avec un dernier regard méprisant, Charlotte se détourna et quitta la cellule, laissant la lourde porte claquer derrière elle.

0000

La salle de pause du BDA avait beau être lumineuse et chaleureuse, Charlotte était glacée. Ses mains refermées autour d'une tasse de thé, elle tentait vainement de se réchauffer et de contrôler le tremblement de ses doigts. Sa baguette magique était posée sur la table, abandonnée et elle n'osait plus la toucher. Ce qui s'était passé dans la cellule d'Ana Sorden ne cessait de tourner en boucle dans son esprit, ses mots sur le bébé, son sortilège de magie noire... Fermant les yeux, elle avala une gorgée de thé.

Un.

Deux.

Trois.

Elle inspira profondément et releva la tête. Elle avait agit sous le coup de la colère. C'était une erreur. Sorden s'en était pris au bébé et... Elle avait réagi impulsivement. Ses doigts se crispèrent autour de sa tasse, d'une manière presque douloureuse. C'était idiot. Sorden était faible et perdue, ses pouvoirs en souffraient forcément. Elle n'avait pas de baguette magique. C'était des mots en l'air. C'était psychologique, elle voulait lui faire peur. Charlie pensa à Eliott. A Lilly. A Jensen. A ses parents. Elle pensa au bébé qui était en sécurité, il ne lui était rien arrivé de mal, il ne lui arriverait rien de mal. Elle ne laisserait pas Ana Sorden la torturer, c'était ce qu'elle voulait. Elle était adulte, elle était Auror. Elle avait passé l'âge de croire aux malédictions. Ce n'était que du folklore magique. Elle, elle croyait en la vraie magie, en la magie tangible, concrète. Comme son sort de magie noire.

Nouvelle gorgée de thé.

Personne n'en saurait rien. Cela resterait entre les murs d'Azkaban. Elle jouait sa réputation, son poste... Et elle-même. Elle n'avait jamais pensé qu'elle aurait pu lancer un sort avec un esprit aussi glacé. Sans compassion. Sans empathie. Elle eut un frisson. Posa les yeux sur sa baguette magique. Elle s'était égarée. Cela n'arriverait plus. Et personne ne le saurait. Elle finit sa tasse d'un coup. Saisit sa baguette magique.

Et quand elle sortit de la salle de repos, avec un sourire aux lèvres pour ses collègues, ce fut comme si rien n'était jamais arrivé.

FIN POUR CHARLOTTE

 


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
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Avant que le jasmin ne se fane... [Pv Charlie]

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