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 A long way down [Margot]

Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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17 Juillet 2008

Allongé dans sa chambre d'hôpital, Edmund Harris n'avait plus vraiment la carrure de l'enseignant en sortilèges de Poudlard qui tempêtait contre les Gryffondor insolent. Le monde magique commençait à peine à panser les plaies du sombre jour intitulé de manière tout à fait racoleuse "Bloody Sunday" par les médias tandis que lui peinait à se remettre de ses blessures. Les souvenirs de ce jour se mélangeaient dans sa mémoire mais il savait qu'il avait fini par perdre connaissance, le cœur fragilisé par le sortilège qu'il avait reçu. Les Médicomages l'avaient plongé dans un profond sommeil magique pour laisser son corps se reposer et cela faisait un peu plus de deux semaines qu'il était réveillé, pas en merveilleuse forme malheureusement. Le cœur avait toujours été le point faible des hommes Harris - pas qu'ils soient très sentimentaux pourtant - et son propre grand-père était mort d'une crise cardiaque voilà des années.

Les Médicomages tentaient d'être optimistes par rapport à son état mais Edmund était tout sauf un homme idiot et savait très bien que les palpitations qu'il ressentait régulièrement étaient un signe d'alerte. Il était traité par de multiples potions mais avait l'impression que sa vie ne tenait qu'à un fil depuis les évènements du Chemin de Traverse. Et pourtant, presque malgré lui, il se raccrochait à l'idée qu'il serait sur pieds pour la rentrée à Poudlard : cela serait sa dixième année d'enseignement au sein de l'établissement prestigieux et c'était un anniversaire qu'il ne fallait pas manquer. Il suivait donc sagement les consignes des docteurs qui lui assuraient que tout rentrerait dans l'ordre bientôt. L'ironie étant que parmi ces Médicomages se trouvaient certains élèves à qui il n'aurait même pas confié une plante de peur qu'ils y mettent le feu d'un coup de baguette magique, alors sa santé... Enfin, avait-il le choix ? Il se reposait beaucoup, dormait la la plupart du temps mais aimait recevoir des visites lorsqu'il était réveillé et la plus fidèle au poste était sûrement sa propre mère, qui ne ratait jamais une journée de visite. Elle n'allait d'ailleurs pas tarder, songea-t-il en lançant un coup d’œil à l'horloge par dessus la Gazette du Sorcier.

- Sainte-Mangouste n'est plus ce qu'elle était ! tonna Helen Harris quelques instants plus tard et pénétrant dans la chambre de son fils, parée d'une opulente robe de sorcier. Ne pense-tu pas que nous devrions avoir un hôpital privé pour les gens de notre qualité ?
- Les gens qui peuvent payer, vous voulez dire, Mère ? répliqua son fils en haussant un sourcil.
- C'est du pareil au même, mon chéri, répondit-t-elle en s'asseyant sur le fauteuil près du lit. Comment vas-tu aujourd'hui ?

La mère et le fils passèrent une petite heure à parler, Helen veillant consciencieusement sur son fils et s'alarmant à la moindre quinte de toux comme s'il avait encore six ans. Voyant qu'Edmund fatiguait, Helen prit congé, rassemblant ses affaires mais insistant pour laisser la boite de gâteaux à la crème qu'elle avait fait faire par l'Elfe, arguant que la nourriture de l'hôpital laisser à désirer. Elle ouvrit la porte de la chambre avec un dernier salut et Edmund distingua dans l'encadrement une silhouette familière.  

- Entre Margot, lança-t-il, enchanté de la présence de sa collègue.
- Mais tu devais te reposer... protesta faiblement Helen, saluant néanmoins la nouvelle arrivée.
- Mère, je pense que ça ira.

Helen faillit protester mais se tut finalement et adressa un dernier signe de la main à Edmund.

- Je suis heureuse de vous avoir vu, Professeur Adamson. Prenez donc un gâteau !

Une fois sa mère partie, Edmund invita Margot à s'assoir d'un geste de la main et se cala sur ses oreillers, son éternel monocle sur le visage malgré sa blouse d'hôpital.

- Comment vas-tu ? interrogea-t-il. Comment était la Belgique ?



Kit par SwannyFilleChérie

 

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Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Margot retint à grand peine une grimace en reconnaissant Helen Harris. La mère d'Edmund était un concentré de toutes les choses qui faisaient que Margot n'aimait pas le monde des sangs-purs et de la haute société, aussi elle se sentit soulagée en voyant qu'elle quittait justement les lieux. Un sourire poli aux lèvres, elle accepta un gâteau et répondit :

"Pareillement, Mrs Harris, merci beaucoup."

L'enseignante entra dans la pièce et lança un regard emprunt d'inquiétude à son collègue et ami. Edmund lui était toujours apparu comme un homme solide, mais il semblait particulièrement vulnérable dans cette blouse, dans ce lit d'hôpital. Margot était très inquiète pour Edmund, car elle-même avait eu l'autorisation de quitter l'hôpital depuis bien longtemps alors qu'elle avait été sévèrement blessée lors du Bloody Sunday. Si les médicomages le gardaient ainsi, c'était que son état nécessitait encore d'être surveillé de façon constante et, dans le monde magique, ce n'était pas bon signe. Un bras cassé ne vous coûtait que quelques heures d'hospitalisation, une morsure par un loup-garou quelques jours, et les plus longues durées indiquaient souvent quelque chose de sérieux. Malgré tout, le discours des médicomages était rassurant et Margot prenait des nouvelles très régulièrement pour s'assurer que Poudlard retrouverait bien son professeur de sortilèges dès la rentrée. Même si cela ne la concernait plus vraiment...

Tirant une chaise près du lit d'Edmund, Margot lui adressa un petit sourire en avisant son fidèle monocle. Même ainsi, il ne s'en débarrassait pas, conservant son habituel air aristocratique.

"Je vais bien, et toi ? Est-ce que tu te sens mieux ?", demanda-t-elle avec sollicitude, résistant difficilement à l'envie de l'ensevelir de questions sur son état de santé. Sa mère s'en était probablement déjà chargé et elle était venue pour lui tenir compagnie et non l'accabler un peu plus...

"C'était très bien, la Belgique. Liège est une jolie ville et le mariage s'est bien passé", raconta-t-elle avec enthousiasme. "Bon, je dois avouer que c'était assez étrange de faire la fête avec nos anciens élèves..."

Se penchant un peu vers Edmund, elle annonça sur le ton de la confidence :

"Figure-toi que j'ai dansé avec Whitaker ! C'était amusant. Ils n'ont pas tant changé depuis leur sortie de Poudlard... Oh, enfin, il y a la petite Wilson qui est enceinte jusqu'au cou, tout de même. Et c'est Baker le père, surprenant si tu veux mon avis, j'aurais parié sur Killian Gray..."

Elle s'interrompit avant de s'emballer et de raconter la vie de l'ensemble de leurs anciens élèves. Margot aimait bien suivre leurs parcours respectifs afin de savoir ce qu'ils étaient devenus après Poudlard et ce qu'ils avaient retiré de leurs années d'étude. Même si elle était en paix avec sa décision de quitter la direction de l'école, l'enseignement allait lui manquer, c'était certain...

"Heureusement quand même qu'il y avait quelques collègues de Samaël et Théo, ça nous a permis d'échanger avec de vrais adultes. Les sujets de conversation ne manquent pas avec les inconnus, ces derniers-temps. Politique par-ci, Bloody Sunday par-là...", soupira-t-elle. "Tout le monde m'a demandé de tes nouvelles et te souhaite un bon rétablissement. Oui, même les Gryffondor !"




Isabelle Adjani, kit par Juliet
Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Comment il se sentait ? C'était la question que tout le monde lui posait depuis des semaines, que ce soit les Médicomages ou sa famille. Et sa réponse était toujours et éternellement la même, litanie de réconfort pour les autres, pour ne pas voir l'inquiétude grandissante dans leurs yeux tandis que les siens s'apaisaient. Edmund était plutôt lucide quant à son état de santé : on ne restait pas un mois entier hospitalisé à Sainte-Mangouste, en cardiologie, pour rien. Mais évidemment, ce n'était pas ce que les gens voulaient entendre et il ne souhaitait pas inquiéter ses proches qui le faisaient très bien tout seul. Alors lorsqu'il prit la parole face à Margot, ce fut pour exprimer la phrase qui berçait ses journées :

- Je me sens mieux, merci.

Ce n'était même pas si erroné, comme information. Son état était bien meilleur que lorsqu'il était arrivé ici, le jour du Bloody Sunday mais les palpitations permanentes de son cœur ne cessaient de le rappeler à l'ordre. Mais ce n'était pas le sujet du jour, il préférait profiter des visites pour se changer les idées. Les journées étaient longues à l'hôpital et c'était bien les visites quotidiennes de ses proches qui égayaient ses journées.

- Je n'ai jamais visité la Belgique, tiens, constata-t-il, songeur.

Et pourtant, Merlin savait à quel point il avait couru le monde dans sa jeunesse, jeune héritier usant et abusant de l'argent de sa famille pour découvrir d'autres cultures et d'autres civilisations, étudiant les sortilèges à travers le monde, perfectionnant ses qualités de duelliste, profitant même des beautés des monuments moldus. Peut-être qu'il aurait dû faire un tour en Belgique, finalement...

- La petite Wilson enceinte ? Pourquoi cela ne me surprend pas ?

Il aurait fallu être une tombe pour ne pas entendre les cris de Margot ce fameux après-midi où elle avait surpris Juliet Wilson et Killian Gray en train de batifoler dans le parc. L’anecdote avait fait le tour de l'école et n'avait pas échappée à la salle des professeurs qui, même s'ils s'en défendraient, étaient très au courant de ce qui se passait dans l'école, entre leurs élèves.

- Et que devient Whitaker ? Tu sais comment s'est passé Beauxbâtons ?

Il eut un sourire en coin quand Margot lui assura que tout le monde lui souhaitait un bon rétablissement - même les Gryffondor - et il ajusta son monocle sur son œil.

- Je ne te crois pas mais l'attention est gentille, concéda-t-il. On parle beaucoup de politique ici aussi, enfin, les infirmiers m'en parlent. Tu vas essayer de trouver un poste au Ministère ?



Kit par SwannyFilleChérie

 

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Un petit sourire amusé apparut sur les lèvres de Margot à la remarque pinçante d'Edmund. Effectivement, la petite Wilson avait eu son petit succès à Poudlard, ce qui n'avait pas l'air de lui déplaire à l'époque, et son nouveau statut de joueuse de Quidditch professionnelle n'avait probablement rien gâché. Margot se souviendrait probablement toujours du choc qu'elle avait ressenti en la voyant avec Killian sur le point de traumatiser les première année au beau milieu du parc... Les adolescents avaient de ces idées, parfois ! Cela avait été l'une des plus belles gueulantes de sa carrière mais, avec le recul, elle se souvenait de cette anecdote avec amusement. Elle ne souhaitait que le meilleur à Wilson et Baker, qui se réservaient probablement des moments difficiles en faisant ce choix. C'était parfois difficile pour les enseignants qu'ils étaient de voir leurs anciens élèves faire des choix qu'ils considéraient comme un gâchis. Elle doutait que Samuel soit ravi de voir son ancien protégé se détourner de ses études à Lycaon pour élever un bambin...

On pouvait en dire autant d'Irving, dont Edmund lui demanda justement des nouvelles. Margot haussa les épaules en souriant d'un air affectueux. Ce gamin n'irait pas loin dans les études, c'était certain, mais elle était sûre qu'il s'en sortirait. Il avait toutes les qualités pour cela !

"Pas très bien, il a fini avec des travaux d'intérêt général et a décrété qu'il n'était pas fait pour les études. Il est rentré au pays pour de bon et va travailler... C'est dommage, mais je crois que son entourage lui manquait, c'est compréhensible après le décès de son père, et avec tout ce qui s'est passé dans le pays cette année."

Margot était bien placée pour comprendre ce que cela faisait que d'avoir des nouvelles de son foyer par la presse. La première guerre faisait rage lorsqu'elle avait elle-même quitté l'Angleterre pour la France, bien des années auparavant... La sorcière troqua son sourire contre une grimace quand Edmund évoqua son propre avenir.

"C'est une drôle d'histoire mais à vrai dire, j'ai déjà trouvé un poste. Sous réserve que Leopold Marchebank soit élu, il m'a promis une place de choix au sein d'une commission gouvernementale qu'il va créer et dont l'objectif premier sera de délivrer une autorisation de production et de mise sur le marché des potions. Sans cette autorisation, pas de vente, pas d'utilisation ! C'est quelque chose qui devrait être mis en place très rapidement s'il est élu, en marge des procès Chaudrillon et Nimbus, puisque l'objectif est d'éviter de nouveaux scandales sanitaires dans les entreprises comme chez les apothicaires... Donc potentiellement, j'y serai dès le mois prochain. Je travaille sur le projet en ce moment..."

Elle s'interrompit et jeta un coup d'oeil à son collègue, soucieuse. Elle n'avait pas partagé ses doutes avec quelqu'un d'autre hormis Alastair jusque là mais elle espérait qu'Edmund serait de bon conseil.

"Je suis un peu partagée quant à ce poste, pour être honnête. C'est une opportunité fantastique, au fond, ce serait un emploi très stimulant pour lequel j'ai l'expérience nécessaire, cela me changerait de l'enseignement à un point de ma carrière où je saturais un peu, c'est bien payé...", sourit-elle avant d'ajouter : "Mais je ne sais pas quoi penser du FREE, de Marchebank, tout cela est trop soudain, les choses s'emballent depuis..."

Elle avait du mal à mentionner le Bloody Sunday en la présence de son ami. Son inquiétude pour lui était trop grande, chaque fois qu'elle lui rendait visite et qu'il n'était toujours pas autorisé à quitter l'hopital, ce qui la conduisait à aborder toutes sortes de sujets de conversation pour éviter de laisser transparaître sa peur qu'il ne s'en remette pas.

"...quelques temps et je n'ai pas eu le temps de me faire une idée réfléchie de ce nouveau candidat. Et si le FREE n'était qu'un nouveau MIM ? Je continue de voter APPEL, après tout, est-ce que je peux travailler pour un gouvernement en lequel je ne crois pas ? Enfin, je me doute bien que tous les employés du Ministère ne soutiennent pas forcément toutes les actions du Ministre. Mais...je ne sais pas, il y a quelque chose qui me dérange un peu. Ca doit être Marchebank, en fait. Je connais un peu le bonhomme, un sang-pur bien sûr, et il est malin. Plus intelligent que Fiennes, très certainement. J'ai l'impression qu'il sait parfaitement utiliser les atouts à sa portée pour retourner une situation à son avantage."

Après un instant de réflexion, elle conclut :

"C'est ce qu'il a fait avec moi, en fait. Il a su appuyer où il fallait et comprendre ce que je voulais pour me faire quitter la direction de l'école sans vagues. Je veux dire, ce poste qu'il m'offre... C'est presque du sur mesure. Il m'a manipulé. Je l'ai laissé me manipuler."

Haussant les épaules, elle croisa le regard d'Edmund sans vraiment le voir, plongée dans ses réflexions. La vie son collègue semblait toute tracée, c'était un peu comme s'il avait épousé Poudlard jusqu'à ce que la mort les sépare... Margot, elle, n'en pouvait plus de cette école qui manquait de lui causer une nouvelle crise cardiaque tous les trois jours. Son futur n'était pas là-bas, alors...

"Mais je crois que je vais accepter quand même. J'aurais au moins l'impression de faire quelque chose de bien."



Isabelle Adjani, kit par Juliet
Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Edmund hocha lentement la tête lorsque Margot lui annonça que le passage du petit Whitaker à Beauxbâtons ne s'était pas très bien passé. Changer ainsi d'école et être déraciné dans une période difficile n'était jamais le meilleur moyen de prendre un nouveau départ, aussi pouvait-il comprendre que le résultat n'ait pas été très concluant. Son ancien élève avait toujours été un peu remuant et agité – trop Gryffondor à son goût – mais Edmund savait dans le fond qu'il n'était pas un mauvais bougre. Il avait beau prêcher (à l'image de ses parents et des membres de sa famille qui portaient une très haute estime à l'éducation) la réussite scolaire à tout prix, il savait que les longues études n'étaient pas pour tout le monde et que certains trouvaient leur épanouissement ailleurs, même si, tout à fait honnêtement, il avait parfois du mal à le concevoir.

- S'il s'épanouit comme ça... C'est un gamin volontaire, il trouvera bien à faire.

Oui, Edmund était fatigué et affaibli et c'était bien cela qui lui faisait vanter les mérites d'un Gryffondor, qu'on se le dise. Dès qu'il irait mieux, il retrouverait assurément la morgue habituelle qui le caractérisait. Ils avaient essayé de l'attendrir, aussi, avec leurs vœux de bon rétablissement ! De vrais Serpentard, parfois. Au fil des années, il avait d'ailleurs remarqué que ces deux maisons se ressemblaient bien plus qu'elles ne voulaient l'admettre et qu'on retrouvait souvent des points communs entre les élèves de Salazar et ceux de Godric. Tous fiers, déterminés – même si les moyens changeaient – persuadés qu'ils pourraient changer le monde s'ils le voulaient assez fort. Les Serdaigle étaient au dessus de cela, évidemment : c'était effectivement eux qui changeaient le monde, au moins le monde des idées.

Enfin, les maisons et leurs conflits disparaissaient vite quand on quittait Poudlard, au profit des aléas du monde du travail, comme l'exprimait Margot au sujet de son nouvel emploi. Ainsi, Leopold Marchebank l'avait approchée personnellement pour lui proposer un poste ? Si Edmund ne doutait nullement de la compétence de sa collègue, il trouvait ce genre de manières surprenantes. Il connaissait peu l'homme, bien qu'ils soient issus du même milieu et aient fréquenté Poudlard à la même époque mais il savait déjà qu'il était bien trop indolent pour être un Ministre traditionnel s'il venait à être élu. Le projet était effectivement très intéressant – et malheureusement très utile au vu de l'actualité actuelle – mais aller chercher directement l'ancienne directrice de Poudlard... Surtout qu'il connaissait assez Margot pour savoir que ses idées se rapprochaient plus de celles de l'APPEL que ce celles – très innovantes voire bouleversantes – du FREE. Edmund avait beau être alité, il continuait de suivre assidûment l'actualité, lorsqu'il avait l'esprit assez clair. Son cœur était encore faible, aussi les Médicomages n'avaient de cesse de le faire dormir, pour essayer de le reposer.

Margot semblait visiblement partager ses questionnements et il hocha la tête lorsqu'elle affirma que tout allait très vite. Sans voir le mal partout, il fallait avouer que Leopold Marchebank semblait avoir un plan bien rôdé pour quelqu'un qui se retrouvait Ministre par intérim dans l'urgence. Il voulait bien croire qu'il était un politicien efficace mais cela imposait tout de même une certaine retenue : on ne lui ferait pas croire que toute la soudaine motivation de ce dernier venait uniquement d'un entier dévouement envers une société magique ébranlée par les derniers mois écoulés.

- Je vois ce que tu veux dire, énonça-t-il lentement. Et je suis plutôt d'accord avec toi, sur tous les points. C'est sûrement mon attachement au SPAM mais le FREE me laisse méfiant, tout comme Marchebank. Je ne sais pas ce qu'il veut vraiment – le pouvoir mais encore ? - mais je pense que tu n'as pas tort, quand tu dis qu'il sait exactement tourner les choses à son avantage. Pire qu'un politicien incompétent, c'est un politicien intelligent.

Edmund garda le silence quelques instants, les yeux posés sur la Gazette du Sorcier qui trônait sur le plateau devant son lit. La situation était compliquée ces derniers temps. Ses parents n'avaient pourtant pas l'air vraiment inquiets – si ce n'était pour sa santé - : après tout, la famille Harris avait tout connu. Les guerres, Voldemort, tous les remous politiques... Le monde magique n'allait tout de même pas connaître une troisième guerre en trente ans, non ? Il n'était question que d'agitations politiques, la population était mécontente mais il lui suffirait d'élire un nouveau gouvernement, le cœur gonflé d'espoir, afin de passer à autre chose. Il pouvait comprendre les réticences de Margot, il aurait eu les mêmes mais si elle souhaitait prendre cette place, il aurait été dommage d'y renoncer.

- Si tu t'es rendue compte de tout cela, c'est sûrement qu'il n'a pas pu te manipuler tant que ça : tu as eu l'obligeance de le laisser faire, commenta-t-il sans ironie.

Sa collègue était loin d'être naïve et celui qui pourrait véritablement utiliser l'ancienne directrice des Serpentard sans qu'elle ne se rende compte de rien n'était sûrement pas encore de ce monde.

- Si tu veux cet emploi, Margot, saisis-le. Ce n'est pas non plus un sacerdoce, si tu te sens vraiment mal à l'aise, tu pourras partir : ton expérience t'ouvrira toutes les portes. C'est un poste à responsabilité, mais ce n'est pas un poste politique, il n'y a pas de raison pour que l'on vienne t'y nuire. Et puis tu as bien mérité de passer à autre chose, avec l'année que nous venons de vivre...

La mort de Roxanne Prewett, l'attaque de Samantha Miller, le Bloody Sunday, tout cela évidemment après l'année Ana Sorden... Poudlard avait son lot de problèmes pour les dix années à venir et Margot en avait sûrement eu assez pour l'ensemble de sa carrière.

- Te voir occuper ce poste me donnerait presque envie que Marchebank soit élu, déclara-t-il, absolument pince-sans-rire.



Kit par SwannyFilleChérie

 

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Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Un politicien intelligent... Les pires de tous, songea Margot intérieurement, tout en approuvant d'un hochement de tête grave. Edmund sut néanmoins la rassurer, et Margot accordait beaucoup de poids à son opinion. Si le Serdaigle si droit et emprunt de valeurs jugeait qu'elle ne se compromettait pas en acceptant ce poste, alors... Elle pouvait le faire, non ? De toute façon, ce n'était pas comme si elle avait réellement envie de remettre un orteil à Poudlard... C'était triste, au fond, de se dire qu'une carrière d'enseignante s'achevait après plusieurs décennies, sacrifiée sur l'autel du Bloody Sunday. Mais Margot devait prendre soin d'elle. Cette année, cette fin d'année surtout, l'avait épuisé jusqu'à la moelle et elle admirait profondément le professeur Dumbledore pour avoir tenu Poudlard si longtemps, pendant des heures aussi sombres. Diriger cette école n'était décidément pas une sinécure, et elle souhaitait bon courage à qui allait prendre sa place... Heureusement qu'Ana Sorden croupissait derrière les barreaux. Elle n'aurait guère aimé la voir frétiller et manigancer pour tenter de prendre sa suite.

Margot adressa un sourire mi-amusé, mi-affectueux à son collègue suite à ses dernières paroles.

"Tu sais quel bulletin glisser dans l'urne, alors", répliqua-t-elle d'un ton innocent. Elle-même voterait-elle pour le FREE ? Elle n'était pas encore décidée sur la question. Voter APPEL, pour ses convictions, ou FREE pour sa carrière ? Ce n'était pas un choix facile et elle se déciderait surement au dernier moment, dans le silence de l'isoloir...

"En attendant, tu vas me manquer l'année prochaine. Et je parie que je vais te manquer aussi, entouré de jeunes profs qui vont accorder plein de points à Gryffondor et avoir des méthodes d'enseignement soit-disant modernes !"

Eh oui, la querelle des anciens et des modernes n'épargnait pas non plus Poudlard, entre ceux qui prônaient la discipline et les heures de retenue, et ceux qui refusaient de traumatiser ces pauvres chérubins d'élèves...

Un petit coup d'oeil à sa montre indiqua à Margot que l'heure tournait et qu'il fallait qu'elle prenne congé. Le devoir l'appelait, puisque Marchebank n'était pas encore élu et qu'elle ne pouvait pas encore échapper au poids des responsabilités.

"Je vais devoir te laisser, mon ami", annonça-t-elle à regret en posant sa main sur le bras d'Edmund. "Mais je reviendrai te voir très vite. Prend soin de toi, Edmund."

Margot se leva, fit glisser son sac sur son épaule et traversa la pièce. Sans trop savoir pourquoi, elle se retourna sur le pas de la porte et adressa un dernier regard à Edmund affaibli dans son lit d'hôpital. Il y avait une certaine solennité dans le regard qu'ils échangèrent dans le silence de Sainte Mangouste. Comme s'ils savaient au fond d'eux que c'était la dernière fois qu'ils se voyaient... Désireuse de conjurer cette impression qui faisait accélérer son coeur d'une sourde urgence, Margot souffla du bout des lèvres :

"A bientôt."

Puis elle quitta les lieux sans attendre de réponse, refusant d'écouter ses sombres pressentiments. Ils avaient eu leur dose de malheur, après tout, Edmund et elle. Ils étaient de bonnes personnes, le sort ne pouvait pas s'acharner à ce point. Oui, c'était certain, Edmund allait se remettre, Margot allait trouver sa place... Tout irait mieux, désormais.
RP terminé



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