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 Prendre la Poudre de Cheminette [Jeremiah & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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15 septembre 2008

-L’éboulement doit être dans le C4, lança Scarlett en avançant d’un pas décidé dans le tunnel.

Irving replia son plan du Réseau de Poudre de Cheminette de Bristol non sans avoir vérifié préalablement où se situait ce fameux secteur : Quelque part entre la voie des Miracles et l’avenue des Douze chênes. Manifestement, Scarlett connaissait le réseau comme sa poche mais Irving avait encore besoin de se référer à son petit manuel d’Agent du Service de Régulation des Déplacements par Cheminée. C’était le nouvel emploi qu’il occupait depuis une quinzaine de jours.
Tout avait commencé fin août lors de la soirée avec son voisin Klem qui lui avait dit que le Département des Transports Magiques embauchait. Irving avait envoyé sa candidature et il avait été reçu par un certain Jason Calder –dont il ignorait d’ailleurs le lien de parenté avec Roy- pour un entretien un peu plus poussé. Son expérience dans le RPC français avait joué en sa faveur puisqu’il avait omit de dire qu’il s’agissait, en réalité, de T.I.G effectués pour avoir fugué de Beaux Bâtons. « Expérience Professionnelle à l’étranger » sonnait nettement mieux que « Travaux d’Intérêt Généraux» non ? De toute manière, tout le monde mentait un peu sur son Curriculum-Vitae, et Irving avait mi toutes les chances de son côté pour décrocher ce job. Un boulot au ministère ! Merlin, sa mère n’en revenait pas ! Certes, il était plus souvent aux quatre coins du pays, en bleu, enfermé dans des tunnels obscurs mais il passait au moins deux fois par semaine au Département pour les réunions d’équipe avec le chef Calder et les autres employés des Transports Magiques. C’était la partie du métier qu’il aimait le moins mais il s’y pliait de bonne grâce, conscient qu’il avait beaucoup d’autonomie dans son travail le reste du temps même s’il n’était pas complètement seul.

En Effet, les Agents du RPC travaillaient toujours en binôme et en temps que plus jeune recrue de l’équipe Irving avait donc écopé de la plus ancienne employée du réseau, Scarlett Parkinson. Elle était chargée de le former, et même s’il aurait préféré être avec quelqu’un de sa génération, Irving devait avouer qu’il était plutôt bien tombé. Scarlett ressemblait parfois à Crispin Dérébusor dans sa manière d’agir mais elle l’avait déjà formé aux principales missions d’un Agent du RPC : Relier une cheminée au réseau, diagnostiquer une panne, vérifier la conformité des conduits…

Irving avait vu plusieurs fois son portrait dans la salle de pause des employés des Transports Magiques au Ministère. On pouvait lire en dessous de chaque photo « Employée de l'Année 1954 », "Emlpoyée de l'année 1966", « Employée de l'année 1984», « Employée de l'année 2000» écrit en lettres d’or… Nul doute qu’il était tombé sur la parfaite binôme pour progresser rapidement. Sur chaque cliché elle vieillissait un peu plus et aujourd’hui sa crinière blanche et ses nombreuses rides ne laissaient pas de doute sur son âge avancé mais son esprit –tout comme sa démarche d’ailleurs-  était toujours d’une vivacité étonnante.

- Alors à ton avis, qu’est-ce qui a pu provoquer cet éboulement Irving ? demanda-t-elle en tournant son regard bleu dans sa direction.

Ils marchaient toujours dans un tunnel sombre, faiblement éclairé par leurs lumos respectifs. Seul le bruit de leur pas et le cliquetis de leurs clefs et outils rompaient le silence environnant.

-Huuum. Un mauvais entretien des conduits ? suggéra Irving en réajustant sa caisse à outils sur son épaule.
-Sous-entendrais-tu que j’ai fait du mauvais travail en ne repérant pas une faille dans un tunnel ? S’enquit-elle en fronçant les sourcils.

-C’est pas c’que j’ai dit, lâcha prudemment le jeune homme.

Scarlett l’observa du coin de l’œil comme si elle tentait de l’évaluer du regard.

-Alors réfléchis par Jupiter ! tempéta-t-elle dans une parfaite imitation d’un certain professeur d’Astronomie, Ou sommes-nous ?
-Bristol.
-Que se passe-t-il en ce moment à Bristol ?
*La fête de la bière* songea-t-il sans toutefois le formuler à voix haute, conscient que ce n’était surement pas la réponse qu’attendait Scarlett.
Il devait d’ailleurs retrouver Jeremy et Juliet le soir même pour y faire un tour. Du moins, si le climat était propice à une virée en ville car Bristol n’était plus ce qu’elle était. La cité maritime avait essuyé de nombreuses manifestations depuis quelques temps et la guerre des gangs, longtemps cantonnée à la Voie des Miracles, semblait s’être propagée à tout le Bristol Sorcier.

- … les règlements de comptes ? Les manifs ? tenta-t-il avec une moue incertaine.

Elle le scruta de son regard perçant –Merlin ce qu’il détestait ça- puis elle ajouta en clignant frénétiquement ses paupières maquillées :

-Et donc ?

Irving n’était pas friand de ce jeu de devinettes que Scarlett pratiquait continuellement- non sans un malin plaisir, il faut le dire. Certes, il devait avouer que cela le forçait à réfléchir et à analyser les situations mais il aurait parfois préféré qu’elle lui explique les choses clairement et simplement. Mais Scarlett ne lâchait rien. Elle avançait toujours d’un pas décidé et attendait manifestement qu’Irving trouve la raison par lui-même.

- …Et bien…peut-être qu’il y a eu des règlements de compte dans les tunnels ?

- Personne -mise à part nous les employés- ne peut se promener dans le Réseau. On ne peut pas transplaner ici. Ni entrer sans la Poudre Ignata. Ni sans les clefs. J’espère que tu le sais ? tonna-t-elle en bifurquant dans un large tunnel ouvert de part et d’autre par une multitude de petits conduits.

- Bien sûr, soupira-t-il. Il savait bien évidemment que le réseau était stratégique et que le Ministère ne pouvait pas se permettre de le laisser sans protection magique efficace. Mais bon, il ne voyait pas vraiment quel pouvait être le lien entre les règlements de compte et l’éboulement,… dans ce cas c’est peut-être un acte de sabotage, tenta-t-il en ouvrant la marche devant Scarlett, Quelqu’un qui voulait rendre le réseau inactif et qui a balancé un sortilège dans le tunnel pendant son transport. Le genre de truc hyper dangereux quoi…"

- Salazar Merci ! Nous y arrivons enfin ! Il t’a bien fallu au moins cinq bonnes minutes mon grand… Laisse-moi deviner, tu n’étais pas à Serdaigle toi, n’est-ce pas ? lança-t-elle en revenant à sa hauteur, …hum… Poufsouffle peut-être ?
Le dédain dans la voix de Scarlett ne plut pas à Irving qui s’empressa d’ajouter.

-Les Poufsouffle sont des gens très bien. C’est surement la maison de Poudlard qui prône les valeurs les plus saines ! s’exclama-t-il,un brin  irrité.

Scarlett lâcha un petit rire et tapota doucement l’épaule d’Irving, Ne t’enflamme pas comme ça mon petit, Que le Baron sanglant m’égorge si je me trompe, mais je mets ma main à désarticuler que tu es un ancien Gryffondor !  Elle coula un bref regard moqueur dans sa direction et ajouta : Mon pauvre, on lit en toi comme dans un livre ouvert… »

Irving soupira. En fait, Scarlett était un mélange de Crispin et de Cassandre dans sa période peste. Génial.
Heureusement, cette dernière semblait enfin disposée à lui expliquer le fin mot de l’histoire :

-C’est une pratique fréquemment utilisé pendant les périodes de conflit. Les sorciers sabotent le Réseau pour isoler leur ennemi, pour ne pas être suivi... Je suis sûre qu’il s’agit d’un sabotage effectué par ces moins-que-rien qui trainent dans la Voie ! ajouta-t-elle en s’arrêtant devant un tas de gravât qui bouchait complètement un conduit, Regarde là, on peut voir l’impact du sort, souffla-t-elle en montrant du doigt une zébrure au plafond, bon apparemment l’auteur du méfait s’en est sorti… A moins qu’il soit encore sous ce tas de cailloux, ajouta-t-elle joyeusement en commençant à faire léviter les gros blocs de pierres.

Irving s’était déjà mi au travail pour l’aider lorsqu’il sentit son badge du RPC chauffer dans la poche de son bleu. Apparemment Jason Calder avait une mission imprévue pour eux.

« C’est l’chef, lança Irving en lisant le message inscrit sur le badge, Cheminée défectueuse chez M.Yarrow à Glastonbury. A traiter d’urgence.»

Scarlett releva la tête et réfléchit quelques secondes. Irving savait que leur planning de la journée était déjà très chargé mais si le chef demandait expressément de faire passer une intervention en priorité c’était surement pour de bonnes raisons. A moins que ce monsieur Yarrow soit ami avec Jason Calder. C’était aussi envisageable.

-Vas-y tout seul pendant que je m’occupe de ça, lança Scarlett.
-Vraiment ? s’étonna Irving, vous préférez pas plutôt que je déblaie…
-Non. Avec l’âge, je supporte de moins en moins les gens. Je reste ici et tu fais l’intervention… Tu vas te débrouiller n’est-ce pas ?
-Oui, oui bien sûr. S’empressa de répondre Irving bien qu’il ne soit pas pleinement convaincu. Mais ça, plutôt mourir que de l’avouer, je vous retrouve dans le B5 après la réparation ? proposa-t-il puisqu’ils étaient censés nettoyer ce secteur après avoir régler l’histoire de l’éboulement.

Son regard aiguisé toujours posé sur lui, Scarlett demeura silencieuse quelques secondes avant d’opiner de la tête.

Irving prit donc la direction du conduit d’évacuation le plus proche qui desservaient l’extérieur du Réseau afin de pouvoir transplaner jusqu’à sa destination. Les sorties étaient en vérité de grandes cheminées écarlates disséminées tout le long des tunnels dont l’âtre était fermé par des grilles ensorcelées. Il fallait donc une clef spéciale ainsi que la Poudre de Cheminette spécifique, la Poudre Ignata (qui tenait son nom de l’inventeur du réseau), pour pouvoir rejoindre la surface.
Irving se plia donc à ce rituel et transplana ensuite à Glastonbury pour sa première intervention en solo.
En chemin, il se remémora la procédure que lui avait enseignée sa binôme si bien que lorsqu’il arriva devant la demeure de M. Yarrow, il se sentait presque prêt.

L’Agent du RPC ajusta son sac à outil sur son épaule et épousseta rapidement sa blouse de travail avant de sonner. Un peu stressé, il passa une main dans ses boucles brunes et se composa une mine de circonstance qui se voulait avenante et professionnelle.

« Bonjour, lança-t-il lorsque quelqu’un ouvrit la porte, Irving Whitaker. Agent du RPC. Je viens pour la réparation de votre cheminée.»

Il présenta son badge du Ministère et attendit qu'on le laisse entrer.


Jeremiah YarrowMolduavatar
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Jeremiah ne fut pas conscient de l'aspect "urgent" de son cas. Toutefois, quand il ouvrit la porte, il fut aisé de constater qu'il n'était peut-être pas d'une humeur excellente. En effet, son visage et ses bras étaient couverts de suie, ainsi que ses vêtements et ses cheveux, déjà peu disciplinés, étaient d'autant plus en bataille. Irving n'aurait rien à lui envier sur ce point. Dans son dos, la cheminée était noire de charbon, comme la moitié de son salon.

La demeure de sa soeur se trouvait être un petit cottage au bout d'une route très vite enneigée l'hiver. L'entrée séparait la cuisine d'un côté et le salon de l'autre. Le décor, quant à lui, était assez vieillot, très anglais. Une couleur crème, des fleurs, de vieux tissus, des bibelots partout, des livres aussi. Beaucoup de livres... Jeremiah laissa entrer le jeune homme - qu'il trouvait bien jeune, justement - et se décala légèrement avant de lui présenter l'étendue des dégâts. D'ordinaire, Jeremiah était plutôt souriant, avenant et poli. Mais en l'état... Il soupira et entreprit d'expliquer son problème avec son accent particulier de l'autre bout du monde.

– Je me rendais à Bristol. D'habitude, je transplane mais là où j'allais, ce n'était pas possible. Et pour une raison inconnue, au lieu de m'engouffrer, la cheminée m'a... Recraché.

A n'en point douter que Jerry appréciait moyennement la blague. Il laissa ses bras retomber le long de son corps. Sous la force du rejet, la table basse en avait perdu deux pieds qui s'étaient brisés sous le poids de Jeremiah. Le meuble était alors à moitié par terre et des débris et journaux jonchaient le sol. Il était loin de s'imaginer que cela pouvait venir des manifestations de Bristol, auxquelles il ne participait pas. Pas pour le moment, du moins. Il était plutôt du genre à regarder tout ça de loin.

– J'espère que toutes les cheminées du coin n'ont pas la même réaction que la celle-ci. Vous savez ce qui se passe ? C'est la première fois que je vois une chose pareille.

Jeremiah étudia un instant Irving. A bien y regarder, il ne sut véritablement lui donner un âge. Mais il fut assez impressionné par la rapidité de l'intervention. Quant à lui, il récupéra un torchon sur une chaise de la cuisine pour s'essuyer le visage. Il poussa un soupir de mécontentement en revenant vers Irving.
Spoiler:
 


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Lorsqu’Irving pénétra dans le salon du jeune homme, il découvrit toute l’étendue des dégâts. Pas besoin d’être un fin analyste, il était en présence d’un problème de Régurgitation de Cheminée.  Les meubles étaient noirs de suie, tout comme le propriétaire des lieux d’ailleurs.
L’ex-Gryffondor avait prit envie de rire dès qu’il l’avait découvert, avec ses cheveux en bataille et son visage recouvert de charbon mais il avait su garder un visage impassible : La première règle pour être un bon dépanneur était de ne pas se moquer des clients (enfin du moins, pas ouvertement !) et Irving comptait bien réussir cette première intervention en ayant une attitude exemplaire.

La seconde règle du parfait ramoneur était d’appliquer la procédure de réparation à la lettre. En effet, le Réseau fonctionnait généralement très bien. 80 % des dépannages étaient dû à une erreur humaine et non pas à un défaut ou une anomalie des conduits. Irving devait donc s’assurer que le problème de régurgitation n’était pas dû à ce cher M. Yarrow.  Avait-il donné une adresse existante ?  La cheminée de destination était-elle connectée au réseau ?
C’était typiquement le genre de points qu’il devait vérifier avant d’entamer quoique ce soit :

« Où alliez-vous exactement monsieur ? » s’enquit-il en posant sa caisse à outil sur le sol.

Pour le coup, il s’agissait aussi de faire parler le sinistré et de déceler un éventuel défaut de prononciation. Scarlett lui avait raconté tout un tas d’anecdote de clients outrés qui n’avaient pas  pu rejoindre : « Zin-Mangouzte », « L’avenue des douces scènes »et autre « Archipel des Héb-Héb-Héb-Héb… »
Bref, vous aurez compris.

Irving attendit donc que son client lui donne sa destination exacte. Il avait bien un drôle d’accent indéfinissable mais on comprenait toutefois ce qu’il disait. Le problème de prononciation était donc à évincer, à moins que celui-ci ait été ponctuel :

« Avez-vous hésité au moment de partir ? Ou peut-être accroché un mot ? » demanda Irving en s’approchant de la cheminée pour examiner l’âtre. Il se doutait bien que le client n’aurait pas fait appel à ses services si l’affaire avait été si facile à régler mais la procédure imposait qu’il pose cette question, alors, il n’allait pas commencer à faire fi des protocoles dès son premier jour en autonomie. Plus tard, peut-être… songea-t-il en dépliant son plan du RPC de Bristol et des environs. Il le fit léviter dans les airs devant lui tout en cherchant Glastonbury sur la carte qui scintillait de milliers de petits points colorés pour symboliser chaque foyer relié au réseau.

« Vous êtes le premier de votre secteur à nous appeler, répondit-il lorsque son client tenta d’en savoir plus, C’est peut-être un souci d’raccordement d’vot’e cheminée où un problème de conduits sur le trajet jusqu’à Bristol. Une ligne est coupée par là-bas depuis c’matin. Une équipe est déjà en intervention. »

Enfin une équipe, façon de parler. Il s’agissait juste de Scarlett qui était en train de déblayer un conduit bouché.

« D’abord on va voir si ça vient d’là. »

Il suffisait simplement de regarder si le trajet entre le lieu de départ et le lieu d’arrivée transitait par l’emplacement du sinistre.

« Et si c’est pas ça j’irais faire un tour dans vot’ ch’minée ! » conclut-il en reportant son attention sur son premier client.


Jeremiah YarrowMolduavatar
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« J’habite dans la marina sur la rivière Avon. Il y a une cheminée à disposition pour les personnes de la Marina. Je doute que nous ayons été deux à vouloir atterrir d’un coup. Et sans être interdit, il est déconseillé de transplaner près des bateaux à cause des risques de noyades si quelqu’un venait à mal maîtriser son voyage. Il y a toujours un peu de monde dans cet endroit et avec les bateaux, c’est compréhensible. J’aurais pu transplanter un peu plus loin, vous me direz ! Mais je voulais utiliser un peu la cheminée pour éviter qu’elle s’encrasse vu qu’elle est très peu utilisée. »

Jeremiah lui donna l’adresse exacte de la cheminée de la marina et secoua doucement la tête à ses questions. Il haussa même les épaules.

« Non, je n’ai pas hésité et je n’ai pas eu l’impression de me tromper, non. Cela dit, c’est une éventualité, je ne pensais pas les cheminées aussi sensible mais je reconnais que mon accent peut l’avoir… Déstabilisée ? Mais en deux ans, c’est la première fois qu’elle me fait un coup pareil, quand bien même je ne l’utilise pas tous les jours, non plus. »

Jeremiah se rapprocha d’Irving pour étudier sa carte avant de lui montrer la position de Glastonbury d’un geste évasif du doigt. Il écouta alors ses explications avant de tourner les yeux vers lui et acquiesça.

« Je ne suis pas très fan des réseaux de cheminées. Sans vouloir vous offenser. Mais j’espère que ce n’est qu’une histoire de conduit bouché ou que j’ai mal interprété l’adresse. »

Jeremiah, sans vraiment prendre part aux manifestations, Jeremiah savait ce que des gens en colère pouvaient causer. Par exemple, de boucher des entrées. Il n’y avait qu’une rivière entre les quartiers pauvres et lui. Vivre sur la corde raide, c’était quelque chose dont il avait l’habitude. Bien que dans une situation aisée, il n’avait pas l’arrogance de se considérer comme un riche ou même quelqu’un de simplement supérieur. Alors vivre sur Avon, à la frontière des « pauvres » et des « riches » comme aimaient dire certains, de plus sur un bateau et non dans un immeuble, c’était une façon pour Jerry d’asseoir son indépendance au sein de la ville, de sa famille, de sa situation en elle-même mais aussi de garder le cap sur cette frontière aussi mince que du papier de verre. Bristol était fragile, il en était conscient, surtout en ce moment. Et quoiqu’il ait eu en tête de faire, il préféra d’abord observer. Et vérifier que cette cheminée marche faisait partie de sa mission de reconnaissance. C’était un homme plutôt prudent pour quelqu’un préférant rester en arrière de tout et qui n’avait rien à craindre. Mais en règle générale, son instinct voyait juste. Alors si ses sens étaient en alertes vis à vis de la température humaine de Bristol, Jerry préférait savoir exactement où il était, où pouvait-il aller, comment, dans quel sens et à quelle vitesse.

Il étudia un peu plus Irving et ses lèvres s’élargirent dans un sourire naissant. « Je peux vous demander votre âge ? » Jeremiah ne se voulut pas insultant, ni même déplacé. Simplement curieux.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving traça le trajet entre Gloucester et la Cheminette de la Marina sur la grande carte dépliée du Réseau. Comme il s’en doutait, l’itinéraire passait justement sur le lieu de l’éboulement que Scarlett était en train de résoudre. Trop heureux d’avoir diagnostiqué le dysfonctionnement, un sourire naquit sur le visage de l’ex-Gryffondor  qui ne résista pas à l’envie d’expliquer les causes du sinistre.

« Vous voyez, la ligne est coupée ici. Pile sur votre trajet, indiqua-t-il en pointant sa baguette sur une faible lueur orange, D’habitude, il y a toujours des itinéraires bis afin d’éviter ce genre d’incident  mais la ligne que vous deviez empruntée était déjà une déviation d’un plus grand conduit qui est actuellement en travaux. Il désigna alors une voie, clignotant en rouge sur sa carte. Chaque cheminée est programmée pour que personne ne reste coincé lors d’un déplacement, c’est pour ça qu’elle vous a recraché, expliqua-t-il en repliant le plan d’un coup de baguette magique.

Il le rangea dans la poche de son bleu et s’approcha de la cheminée

« Par contre j’vais essayer d’régler le taux de sa force d’expiration,
lança-t-il en attrapant une poignée de Poudre Ignata, qu’elle vous expulse c’est normal mais pas avec autant d’vigueur, expliqua-t-il en désignant la table basse et ces deux pieds cassés.

Irving  s’installa devant l’âtre avant de se tourner vers Jeremiah, J’reviens de suite, souffla-t-il en jetant sa poignée de poudre. De grandes flammes arc-en-ciel, caractéristiques de l’Ignata, léchèrent les parois du foyer et Irving déclama distinctement sa destination, Zone de réglages. »
Le trajet fut bref. A vrai dire, il ne s’était enfoncé que de quelques mètres dans le réseau jusqu’à l’endroit ou le conduit individuel de M. Yarrow rejoignait les voies collectives. Ici, à l’abri des regards, il sortit son petit manuel des procédures à suivre. Il ne s’agissait pas de se tromper dans les manipulations. Certes les utilisateurs du Réseau ne risquaient pas d’être désartibulés, comme lors d’un transplanage raté, mais une cheminée mal réglée pouvait s’avérer  diablement dangereuse. Irving prit donc plusieurs minutes pour effectuer ses réglages et il ne réapparut dans le salon de son client que lorsqu’il fut quasiment persuadé de sa réussite.

« Voilà. Il ne reste plus qu’à la tester,
lança-t-il en ressentant une légère pointe d’appréhension. Il attrapa un peu de poudre traditionnelle et chercha à rejoindre la Marina, en vain. La cheminée l’absorba durant quelques secondes avant de le recracher, délicatement cette fois, dans le salon de M. Yarrow.

« Héhé ! Ça marche !
lança Irving, presque étonné que sa réparation soit couronnée de succès. Il tourna un visage radieux en direction de son client avant de recouvrer une mine un peu plus professionnelle. Ce dernier n’avait aucune raison de se réjouir puisque sa cheminée ne fonctionnait toujours pas. Irving se racla la gorge et ajouta donc avec sérieux :

« J’vais d’mander à mes collègues de me prévenir quand ils auront tout déblayé dans le Réseau  afin que l’on puisse tester véritablement votre cheminée… »

Sur ces mots, il envoya son patronus informe prévenir Scarlett priant pour que cette dernière ait rapidement terminée sa part du travail, puis il rangea sa baguette et croisa ses bras sur son torse. C’est à ce moment là que son client lui demanda son âge. La question surprit quelque peu Irving qui haussa les sourcils d’étonnement.

« Dix-huit. »
répondit-il toutefois avec un léger sourire poli. Il laissait pousser sa barbe de quelques jours pour apparaitre un peu plus vieux mais les poils ne suffisaient pas ! Il avait surement brillé par son inexpérience lors de ce premier dépannage : Quel genre de réparateur jubilait littéralement après avoir effectué un réglage satisfaisant ?

« J’débute dans l’métier… ajouta-t-il donc, comme si cela était nécessaire.   Il balaya la pièce du regard, hésitant à lui retourner la question. S’ils devaient attendre que Scarlett ait fini de remettre en état la voie autant discuter un peu après tout songea-t-il.

«  Et vous alors ? Vous faites quoi dans la vie ? » S’enquit-il avant d’ajouter : D’ailleurs, z’avez b’soin d’un coup d’main pour remettre en état vot’salon ? » proposa-t-il, plein de bonne volonté en sortant sa baguette. Autant allier l’utile à l’agréable !


Jeremiah YarrowMolduavatar
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Irving l’amusait. Non par moquerie pure mais parce qu’il était un jeune homme semblant plein de ressources et de vie. C’était une chose que Jerry appréciait énormément et qui n’était pas sans lui rappeler sa chère soeur, et son neveu par extension. Il s’épaula contre un mur et croisa les bras pendant qu’il travaillait, lui laissant suffisamment d’espace. Ces trucs là, pour lui, c’était un véritable mystère. Il n’y comprenait rien mais ne s’y intéressait pas des masses non plus. Cela marchait ? Tant mieux. Et quand cela ne marchait pas, on lui faisait venir un petit jeune qui lui rappellerait que la vie continue, que les choses sont normales, quelque part dans ce monde, et que tout peut finir par s’arranger. Pas besoin de tergiverser sur le destin ou ces balivernes, non, simplement avoir espoir en l’avenir. Jerry vivait avec cet espoir depuis un moment, maintenant. C’était probablement ce qui le rendait aussi pragmatique et la tête droite sur les épaules.

Jerry acquiesça. Dix-huit ans, c’était vraiment jeune, il ne pensait pas qu’on les recrutait à la fin des études si directement ! C’était probablement son stage. Spontanément, avec son âge, Jeremiah l’aurait bien tutoyé, quittant son expression austère et adulte mais sa façon de lui parler ensuite l’en dissuada. Il sourit néanmoins et s’avança vers lui pour commencer à ramasser les débris. Il ne rechigna pas à un petit coup de main pour tout remonter et réparer d’un ou deux coups de baguette.

« Je suis écrivain. Enfin, j’essaye. J’écris parfois des chroniques pour des journaux quand l’inspiration me vient. »

Et l’inspiration, elle lui venait en écoutant les autres, en les laissant parler d’eux, de leur vie, de leurs expériences diverses et variées ! Comme Irving, d’ailleurs. C’était ainsi qu’il écrivait ses histoires, tournant parfois les gens qu’ils croisaient en personnages, plus ou moins importants. Jeremiah récupéra la lampe au sol et la posa sur le guéridon à côté du canapé fleurit de sa soeur aînée. Il écrivait pour elle, en ce moment. Il ne montrait rien, ne faisait rien lire mais c’était là, quelque part.

« Vous êtes en stage sur le réseau ? Vous savez déjà si c’est ce que vous voulez faire plus tard ? »

Non qu’il ne conçoive pas qu’on puisse faire ça toute sa vie mais, en sortant de l’école, Jeremiah avait tout de suite su ce qu’il voulait faire. Peu importait le temps qu’il lui faudrait et ce qu’il en adviendrait concrètement. Mais il imaginait mal comment un jeune homme comme Irving pouvait avoir eu le désir de suie dès le plus jeune âge. C’était honorable, être capable de se salir les mains, venir en aide aux gens, certes ! Mais il y avait sûrement plus valorisant, non ? Il ne restait sûrement pas chez tous les clients pour papoter comme il le faisait à cet instant !

« Vous vous chargez uniquement des réseaux de cheminées ou à un peu tous les transports magiques ? »


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Quitte à attendre le feu vert de Scarlett, autant être productif songea Irving en sortant sa baguette. Il lança un sortilège de nettoyage pour éliminer la suie du sol et des murs, laissant le soin à M. Yarrow de ranger ses affaires comme il l’entendait. A vrai dire, c’était aussi –et surtout- l’occasion de faire une petite pause en liant connaissance. Irving n’avait pas pour habitude de discuter avec la clientèle mais il ne comptait pas rester là, à attendre, dans un silence pesant. Apparemment Jeremiah partageait son point de vue et les deux hommes engagèrent la conversation sur leurs emplois respectifs. Ainsi donc, M. Yarrow était écrivain et chroniqueur, quant il était inspiré.

« Vraiment ? Vous écrivez quel genre d’bouquin ?" s’enquit Irving avec un intérêt sincère.

Le nom de son interlocuteur ne lui disait rien mais Irving n’était pas un passionné de littérature à la base. Peut-être que Jeremiah était connu dans le milieu, songea-t-il. Surement d’ailleurs.  Après tout, il écrivait des articles pour des magazines cela voulait bien dire qu’il était doué. Du moins en théorie.
Irving essaya momentanément d’imaginer la journée type d’un écrivain et il se visualisa une plume à la main face à un tas de parchemin vierge. Oh Merlin ! Ce n’était clairement pas un métier pour lui ! Il avait déjà du mal à écrire une lettre à Nora alors rédiger un livre entier !

« Sérieusement j’sais pas comment vous faites. J’ai essayé d’écrire moi aussi –pas des livres hein, juste des paroles de chanson-  et ben rien qu’ça, ça m’a vite calmé !  expliqua-t-il en tapotant un coussin fleuri du canapé qu’il venait fraichement de nettoyer, c’est vraiment très difficile ! »

Il avait bien des thèmes qui lui tenaient à cœur, dont il avait envie de parler dans ses chansons, mais quand il s’agissait de les retranscrire dans un texte percutant cela ne donnait pas grand-chose. Pour ne pas dire, rien du tout.

Irving haussa les épaules avant de reporter son attention sur Jeremiah qui lui demandait s’il était actuellement stagiaire et s’il savait quel métier il voulait  faire plus tard.
Comment ça « plus tard » ?
Irving ouvrit deux yeux ronds, scrutant son vis-à-vis avec étonnement. Etait-il maladroit ou terriblement condescendant ? Il s’exprimait comme si la profession d’agent du RPC ne pouvait pas être une finalité en soit.

« J’vous l’ai déjà dit, répondit Irving en se redressant,  J’débute dans l’métier et j’en suis très content. »
Il observa durant quelques secondes son ainé comme pour le jauger.

Il faut dire qu’en tant que fils d’ouvrier, Irving n’aimait pas spécialement les personnes qui méprisaient les métiers manuels. Son père avait poli des balais toute sa vie et lui-même, il passait ces journées enfermé sous terre. Certes, et alors ? Qui était-il pour sous-entendre que son métier n'était pas digne de ce nom ? C’était un peu comme si Irving s’était exclamé « Ah vous êtes écrivain, cool, mais c’est quoi votre vrai métier ? » un peu plus tôt. L’ancien Gryffondor était perplexe. L’homme lui avait fait une bonne impression de prime abord et s’il avait proposé de l’aider dans son nettoyage c’était uniquement parce qu’il lui était apparu sympathique.
S’était-il trompé sur son compte ?
Irving décida de lui accorder une seconde chance, mettant sa remarque sur le compte de la maladresse.


« Il s’agit pas d’une vocation -si c’est c’que vous voulez savoir-, reprit-il donc d’un ton mesuré, mais ça m’convient très bien  pour l’moment. »

Il gagnait un peu d’argent – assez pour mettre quelques gallions de côtés par mois- et le job en lui-même lui plaisait en dépit des conditions de travail assez difficiles. Il n’affirmait pas qu’il ferait ça toute sa vie mais il n’avait pas honte de son métier pour autant. Bien au contraire même.
Jeremiah eut d’ailleurs un regain d’intérêt pour ses fonctions en lui demandant s’il travaillait uniquement sur le réseau.

« Ouep. On a chacun nos spécialités : Le RPC, le transplanage,  les portoloins, les objets volants, etc… Not’ service  peut être amené à faire des interventions sur des Armoires à Disparaitre parce que la magie est assez semblable à c’qu’on trouve sur l’réseau mais c’est tout. » Il haussa les épaules et ajouta « J’uis pas en mesure de réparer vot’ balai volant si c’était votre question. »Plaisanta-t-il en retrouvant son sourire.

Bon. Il était presque persuadé que Jeremiah n’avait pas vraiment réfléchit avant de parler tout à l’heure. Irving n’était pas du genre à lui en tenir rigueur tant il était lui-même connu pour faire des gaffes monumentales –la dernière remontant seulement à quelques semaines lorsqu’il avait croisé la femme du Ministre de la Magie chez Juliet et Jeremy. Le jeune homme retrouva donc son entrain habituel pour questionner son interlocuteur :

« Et vous alors, vous travaillez pour quels journaux ? La gazette ? Gringotts Time ? »

S’il lui répondait Rock N’ Sorc’, c’était décidé, Irving ne lui en voulait plus du tout… Quoique « Sexy Witch » ce n’était pas mal non plus…


Jeremiah YarrowMolduavatar
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Un genre ? Jerry avait-il un genre de bouquin ? Ces derniers temps, il n’écrivait pas beaucoup. Presque rien, en réalité. Le peu qu’il écrivait étaient des notes. Il recueillait tout ce qu’il pouvait pour tisser les pistes pouvant l’aider, de près ou de loin, à retrouver sa soeur. Et cela passait par l’écriture. Sa soeur était une remarquable écrivaine avec une obsession pour les arts occultes, moldus comme sorciers. Aussi, il haussa simplement les épaules en se grattant doucement la lèvre supérieure.

« Pour l’instant, pas grand chose. Je suis en phase de recherches, ce qui prend du temps. Mais je suis plus facilement à écrire des histoires pour enfants. » Cela n’était pas inscrit sur son visage, à n’en point douter. Il semblait si rude, froid et fermé qu’il était difficile d’imaginer qu’il puisse s’intéresser de près ou de loin à ce que les enfants pouvaient construire comme fantaisies. « Mais en parallèle, j’écris un roman pour adulte. Enfin, pour adultes, je n’entends bien sûr pas… Du genre… Adulte. Plus porté sur les mystères, ce genre de choses. Ma soeur écrivait beaucoup plus que moi mais je doute qu’elle ait réussi à être populaire, par ici. »

Jerry nota le changement de comportement du jeune homme mais il n’y réagit pas. Il eut quelque part l’impression de se revoir au même âge lorsqu’on lui demandait pourquoi il était de Sang-mêlé. Ou pourquoi portait-il autant de taches de rousseur sur le visage. Il sentit bien que Irving se tendait mais son cadet décida de poursuivre quand même. Jeremiah se laissa jauger, habitué avec sa soeur à être le sujet de moqueries pour envisager un métier ne payant pas des villas entières. Mais elle comme lui n’avaient pas de rêve d’ambition, sinon celui de raconter des histoires et de comprendre les mystères du monde. Sans s’en rendre compte, il suivait toutefois les traces de sa soeur dans son évolution personnelle, au sein de leur famille… Mais aussi du monde.

L’aîné acquiesça aux explications de Irving. Curieux de tout, il n’avait pas imaginé un instant que sa remarque ait pu être mal interprétée. Non, il avait réellement voulu savoir quel était le projet de carrière du jeune homme. Il lui apparaissait bien sympathique aussi. C’était une des raisons pour lesquelles Jerry avait décidé de garder la maison de sa soeur et d’y venir le plus souvent possible. Glastonbury était une petite ville, comparée à Bristol, et sa superficie, alliée à son calme, lui rappelait la maison. Bristol était une seconde vie pour lui, comme une seconde identité, un autre « lui ». Alors que Irving retrouvait son sourire, Jerry pouffa d’un rire léger mais avec toutes ses dents. Il acquiesça et répondit.

« C’est gentil mais… Je n’ai pas de balais. Je ne suis pas très à l’aise dans les hauteurs. Bien… Faites en sorte de toujours pratiquer un métier dans lequel vous vous sentez bien et qui vous plaît. Il n’y a rien de plus terrible que de travailler sous la contrainte, quelle qu’elle soit. » Quant à la question suivante, Jerry se passa une main devant la bouche avant de s’humecter les lèvres. Il pencha la tête une seconde avant de répondre, l’air peu à l’aise. « Quoi, c’est donc écrit sur mon front que je ne peux écrire que pour des journaux sérieux ? J’ai… Travaillé un temps pour les Multiplettes. Ce n’est plus le cas, je dois dire que mes ambitions vont vers des articles peut-être moins… Commerciaux ? Actuellement, je ne travaille pour personne, uniquement pour moi. Je reste néanmoins ouvert à toutes options. J’aime juste bien venir ici pour écrire. »

La maison de sa soeur, c’était une part de lui, maintenant. Un lien fort avec elle qu’il aimait entretenir. C’était aussi une bonne chose que Shiban, son neveu, conserve un foyer familier. Il avait besoin que lui aussi garde espoir d’un jour retrouver ses parents. C’est ce qui aidait Jerry à tenir.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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En fait, M. Yarrow n’était pas condescendant, seulement juste un peu maladroit. Irving parvint à retenir un éclat de rire lorsque Jeremiah tenta d’expliquer qu’il écrivait des livres pour « adultes », mais l’ancien Gryffondor ne put contenir plus longtemps son amusement lorsque son client révéla avoir travaillé pour Multiplettes.

« Vous ? Sérieusement ? » s’étonna-t-il.

C’est vrai qu’avec son allure de dandy exotique, Irving l’imaginait mal travailler pour la presse à Scandale. Pour lui, les employés de ce journal étaient des accrocs aux potins du genre de Swann Twilfit ou des victimes de la mode comme Victor Lloyd, mais assurément pas des trentenaires calmes et posés qui vivaient dans des cottages au décor vieillot.

« Enfin, si c’est vous qui avez écrit l’article sur l'elfophile pervers, vous avez ma reconnaissance éternelle ! » plaisanta Irving en se remémorant l’interview de l’elfe qui avait été abusé par Jordan Nimbus de Pompadour. Tout ce qui pouvait salir un tant soit peu la famille De Pompadour lui mettait du baume au cœur de toute manière. C’était petit, certes, mais Irving le vivait très bien.

« J’uis d’la Cité Nimbus. » ajouta-t-il, comme si cet état de fait pouvait expliquer à lui seul son enthousiasme soudain pour l’article sur cette perversion innommable.

Irving retrouva toutefois son sérieux quand Jeremiah affirma qu’il se concentrait dorénavant sur des écrits moins commerciaux et qu’il travaillait actuellement en freelance. L’ancien Gryffondor hocha lentement la tête, curieux de savoir comment tout cela se déroulait.

« Vous voulez dire qu’vous choisissez un sujet, un angle et qu’vous écrivez tout avant d’le proposer à des magazines ou des journaux ? »
s’enquit-il avec un réel intérêt.

C’est vrai que cela devait être globalement plus intéressant que de devoir faire une pige imposée par un rédacteur en chef tyrannique sur la foire aux Boursoufs.

« Ça doit être cool d’pouvoir parler d’choses qui vous tiennent à cœur. Perso j’f’rai un article sur l’rock sorcier anglo-saxon ou sur l’vrai visage d’la Cité Nimbus, lança-t-il avec enthousiasme.

Il se demandait d’ailleurs quel était le sujet de travail actuel de Jeremiah –à côté de ses livres pour « adultes », bien sûr- mais il n’osa pas poser la question de peur de se montrer trop indiscret. Avec un peu de chance, il en parlerait de lui-même sans que l’ancien Gryffondor ait à le questionner. Irving ramassa au sol les dernières feuilles de parchemins qui s’étaient envolées lors de l’incident de Cheminette puis il les tendit à l’auteur avec un sourire.

La pièce semblait enfin avoir retrouvée son organisation d’origine, se dit-il en parcourant l’endroit du regard. Avec tous ces livres de partout, il n’était pas étonnant que Jeremiah se sente bien pour écrire ici. C’est comme si Irving était amené à composer un morceau au milieu d’une centaine d’instruments de musique. Le pied total !

« Vous avez une sacrée bibliothèque en tout cas, souffla-t-il en faisant quelques pas en direction des étagères qui recouvraient des pans de murs entier du sol au plafond, on s’croirait à Poudlard,… Madame Pince en moins. Heureusement ! » souffla-t-il en se tournant vers Jeremiah avec un sourire.

Tous les individus qui étaient passés par l’école de sorcellerie anglaise se devaient de casser du sucre sur le dos de cette bibliothécaire irascible qui avait dégouté bon nombre d’élève de la littérature plutôt que de leur faire découvrir ce monde passionnant.

Toutefois,  Irving ignorait que son hôte du jour avait eut l’immense chance de ne pas la croiser durant sa scolarité…


Jeremiah YarrowMolduavatar
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Jeremiah eut un nouveau rire. Irving pouvait se vanter de l’avoir entendu par deux fois déjà en moins de dix minutes. L’Australien était plus facilement laconique dans ses paroles mais Irving apportait un peu de jeunesse dans un monde gouverné la plupart du temps par un troisième âge anticipé. Ce qui avait le don de l’ennuyer. De plus, c’était un jeune homme capable de se salir les mains pour arriver à ce qu’il voulait, aussi, Irving avait obtenu son mérite et ça, c’était quelque chose que Jerry appréciait. Quand on parlait de Multiplettes, qui plus est, il avait le rire facile car bien conscient de qui il avait eu en face pendant plusieurs mois.

« Oui, sérieusement. Il faut bien faire ses armes un jour. Et non, ce n’est pas moi qui aie écrit cet article, je ne faisais déjà plus parti du journal. Je ne suis même pas resté si longtemps. »

Quant à la définition de son travail, vu par les yeux d’Irving, cela vendait du rêve. Mais Jerry se contenta d’acquiescer. Oui, il travaillait sur un sujet, ou deux, cela dépendait. Vendre ses mots n’était pas une mince affaire mais il n’était pas à la porte et n’avait pas besoin d’argent. C’était là un grand avantage de provenir d’une famille comme la sienne. Au moins pouvait-il faire que ce qui lui plaisait. Bien sûr, gagner sa vie honnêtement était un but qu’il poursuivait ardemment. C’était pour cette raison qu’il travaillait mais qu’il n’avait pas décidé de poursuivre à Multiplettes. Mais au moins pouvait-il écrire sans se soucier de ce que cela lui rapporterait.

Jeremiah jeta un regard à la pièce remise en état. Il en avait même oublié la raison de la présence de Irving. Il suivit le regard du jeune homme sur la bibliothèque et avisa la collection également, les bras croisés sur sa poitrine. Ses lèvres s’étirèrent dans un léger sourire, quoiqu’un peu nostalgique et il se rapprocha d’Irving.

« Je ne connais pas Poudlard mais mon neveu y est. Je ne suis pas arrivé en Angleterre depuis longtemps, du coup je découvre les choses petit à petit. Comme Multiplettes. » Jerry eut un nouveau sourire amusé avant de reprendre en fronçant les sourcils. « Je ne connais pas la Cité Nimbus, je n’en ai jamais entendu parler, je crois. » Le journaliste en lui s’éveillait. S’il y avait un sujet qui pouvait le sortir un peu des eaux troubles, il ne s’y refuserait pas. Mais tout ce qu’il entendait ces derniers temps, c’était la montée en pression de Bristol ou les décisions de Londres. L’affaire des Chaudrillon, il en avait bien sûr entendu parler mais ne s’y était pas attardé. Il avait, à l’époque, eu beaucoup d’autres chats à fouetter. Qui plus est, c’était une chose qui ne risquait pas de lui arriver tant il faisait le désespoir de son père qui ne voyait pas arriver l’idée d’un héritier dans l’esprit même de son seul et unique fils. Jerry avait bien d’autres idées pour sa vie qu’une famille. Commencer par retrouver la sienne, par exemple. « Quel vrai visage ? »

Irving avait piqué la curiosité de l’Australien mais il réalisa une chose et sursauta en montrant la cuisine. « Vous voulez boire quelque chose en attendant ? Café, thé… eau ? »


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving haussa un sourcil lorsque M. Yarrow révéla ne pas avoir suivit sa scolarité à Poudlard. Il aurait pu s’en douter d’ailleurs,  vu l’accent étrange qu’avait son client. Il n’était surement pas allé à Beauxbatons –la prononciation française était bien différente- ni à Durmstrang puisque  l’accent de Jeremiah ne ressemblait en rien à celui de Klemens.

« En tout cas, sachez qu’vous êtes un sacré chanceux, lança-t-il en hochant lentement la tête, J’suis sûr qu’Madame Pince vous aurait dégouté des livres. Un Boutefeu avec un collier d’perles cette bonne femme ! »  ajouta-t-il afin que son client se figure parfaitement la bibliothécaire. Bien sûr, Irving ne révéla pas qu’il avait brulé un livre en première année –sans le faire exprès- et que c’était justement l’événement qui avait déclenché la fureur du dragon…Soit. Mais quand même ! Il s’apprêtait d’ailleurs à continuer le portrait peu flatteur de la documentaliste de Poudlard lorsque Jeremiah révéla qu’il ne connaissait pas la Cité Nimbus.

« Vraiment ? » souffla-t-il entre stupéfaction et  (il faut le dire) une pointe d’indignation, Vous connaissez pas ? La fabrique de Balais ? Le procès De Pompadour ? La Consumeuse ? s’enquit-il en citant tous les clichés relatifs à sa ville d’origine, Ça vous dit rien ? »

Manifestement Jeremiah n’en avait jamais entendu parler. Irving peina à camoufler sa déception –Bordel de Troll ! Quand même ! la Cité Nimbus quoi ! -mais il n’ajouta rien, refusant d’évoquer ce stupide projet Cosmos avec son interlocuteur.

Il croisa les bras et fronça quelque peu les sourcils en se demandant comment un journaliste avait pu passer à côté de l’existence de  la petite ville ouvrière surtout avec l’actualité de ces derniers mois. Surement que l’écrivain devait passer ses journées et ses nuits à écrire sur son projet personnel à la lueur d’un lumos. Irving ne voyait pas d’autre explication mais Jeremiah relança la conversation, cherchant manifestement à en savoir plus sur sa ville.

Toute personne sensée  savait qu’il ne fallait pas lancer Irving sur la Cité Nimbus, à moins d’avoir beaucoup de temps devant soit. L’ancien Gryffondor n’était pas le plus objectif des hommes quand il s’agissait de parler de sa ville mais il l’évoquait toujours avec passion. Et aujourd’hui, il était bien décidé à redorer le blason de sa Cité natale que le gouvernement venait d’écorner en créant un plan de réhabilitation à grande échelle.

« Pour vous parler d’la Cité Nimbus, faut qu’j’vous fasse un rapide historique, commença-t-il très sérieusement. (Oui, Jeremiah peut s’asseoir s’il le souhaite ),  La ville a entièrement été crée par la famille Nimbus, les fabriquant d’balais. Y a d’ça plus d’un siècle, ils ont implantés la fabrique dans la périphérie du Sheffield moldu. Petit à petit, ils ont construit des commerces et des habitations autour de l’Usine pour les travailleurs. C’était une manière d’les garder à proximité d’leur boulot bien sûr, et ça a marché. C’est d’venu une Cité ouvrière qui a a prospéré pendant des dizaines d’années avant d’être frappée par une terrible maladie, la Consumeuse, qui a décimé les travailleurs de l’Usine et plongée la ville dans l'déclin. On s’est rendu compte l’hiver dernier qu'la maladie était en fait due aux potions utilisées pour polir les balais. Lawrence Nimbus de Pompadour, le patron, était au courant du lien de cause à effet depuis dix ans, mais il n’a rien fait pour l’en empêcher. Sauf que l’info a fuité dans la presse. La Cité s’est rebellée –quoi d’plus normal- et De Pompadour a été mi en examen et jugé. Son procès a eut lieu cet été et il n’y a pas plus tard qu’une semaine, l'gouvernement a annoncé un plan d'relance pour la ville et la première mesure qu’ils ont proposé, c’est d’rebaptiser la Cité. Cosmos, ça vous dit toujours rien ? » s’enquit-il.

« Mais bref, ça c’est l’histoire que tout l’monde connait. C’est pas le vrai visage de la Cité, souffla-t-il en recouvrant son sourire, Il faut y venir pour la voir sous son véritable jour et rares sont les personnes qui se donnent la peine de faire cette démarche. Vu d’l’extérieur on ne voit qu’une succession de bâtisse en brique orange et des habitants déprimés de voir périr leur proches par Consumeuse mais il faut prendre le temps d’aller à la rencontre des Nimbusiens. Les habitants, c’est l’essence même de not' ville. Bien sûr, on peut avoir l’air un peu revêche voir même franchement râleur admit-il en fermant ses paupières mais il y a, avant tout, une grande solidarité au sein d'la communauté. Parce que les ouvriers triment ensembles depuis des générations, parce que la Cité a toujours fonctionné comme ça. Grâce à l’entraide. Je sais ça sonne très Haut de Hurlelune tout ça, mais c’est vrai ! ajouta-t-il en hochant la tête avec vigueur, il y a une vraie vie de quartier. Des échanges. Des fêtes. Des hommes et des femmes de talents, avec de réels savoir-faire ! la conception de balais était nettement plus complexe que cela en avait l'air.  Nous n’sommes pas des prolétaires qu’il faut sortir d'la crise comme semblent le penser les gens du gouvernement mais un vivier incroyable qui a été malmené-certes- mais qui sait rebondir. Du moins, si on lui en laisse l’occasion. »

Irving poussa un soupir et poursuivit :

« Franchement j’pourrai vous parler des heures d’la Grand’ Place, des jardins du Plat, des soirées à l’Entrepot’es, d’la Grande parade de Noël, du marché, du livreur du Nimbus news qui vous réveille vraiment trop tôt l’matin, de l’Usine et de ses fumées grises, de chaque graffitis dans les escaliers des pentes … mais j’vais vous épargner tout ça. Promettez moi juste que si un jour vous avez un papier à faire sur la Cité vous ferez l’effort de venir à notre rencontre avant d’écrire quoi que ce soit. Les gens d’Londres ou d’Bristol s’contentent d’observer la Cité de loin et ils ne comprennent rien à rien. » souffla Irving en levant les yeux au ciel, Pis, si vous avez b’soin d’un guide, j’uis votre homme.  J’m’appelle Irving au fait, Irving Whitaker. » Ajouta-t-il en guise de présentation.

Il prit une profonde inspiration et riva ses mains au fond de ses poches, satisfait d’avoir pu expliquer sa vision de la Cité. Jeremiah lui proposa alors quelque chose à boire –c’est vrai qu’il commençait à avoir la gorge sèche après avoir tant il avait parlé- aussi il répondit :

« J’veux bien un café seulement si vous m’dites où vous avez grandit ! Chacun son tour ! »


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Jeremiah n’eut pas idée de ce qu’il avait déclenché alors que Irving se mit à parler. Il haussa une épaule et fit la moue en regardant dans le vague une seconde. « Si, j’en ai entendu parler mais je n’avais pas fait le lien. Mais je n’avais pas pensé aux balais, en effet. »

Le récit d’Irving maintint l’attention de Jeremiah tout au long. Quiconque aurait pu se sentir oppressé ou envahit, voire même inondé sous ce flot d’informations, Jeremiah emmagasinait tout, mot après mot. Et plus il parlait, plus il trouvait ça intéressant. Plus que son âme d’écrivain, c’était le rebelle en lui, le révolutionnaire qui s’éveillait au fur et à mesure. Il ne décroisa pas les bras et garda les sourcils légèrement froncés. Une attitude passablement sévère renforcée par ses yeux noirs et la suie sur son visage. Chaque fois qu’il se retrouvait face à un sujet potentiel, Jeremiah se transformait en cet homme probablement moins aimable mais d’autant plus ouvert aux possibilités. néanmoins, il laissa passer un léger soubresaut de rire à la mention du roman de Mildred Magpie. « Oui, j’ai lu ce roman… Pour des raisons professionnelles, bien sûr. »

Il se mit à la place d’Irving une seconde et se dit qu’il aurait probablement réagi de la même manière, avec autant de ferveur et de passion. Que le jeune homme décide de lui même de se taire le frustra. Il aurait voulu qu’il continue mais un oeil à l’horloge et avec l’aperçu qu’il venait de lui donner, il songea que ce n’était peut-être pas le meilleur moment pour s’étendre sur des sujets pareils. Si Jeremiah avait lancé Irving sur ce terrain, ce n’était pas innocent. Aussi, il ne répondit pas au monologue tout de suite. Il invita Irving à le suivre jusqu’à la cuisine qui se trouvait de l’autre côté de la porte d’entrée, totalement ouverte, simplement séparée par un escalier pour se rendre à l’étage.

Il pouffa de rire à la remarque du jeune homme. Où il avait grandi ? C’était ça qu’il voulait savoir ? Jeremiah ne rechigna pas à lui offrir un de ces secrets-là. « J’ai grandi dans une petite ville du bush australien. » Les mains sur le dossier d’une chaise, Jerry scruta la réaction d’Irving avec un léger sourire en coin. On lui posait une question, il y répondait, même s’il savait que sa réponse à lui n’avait pas du tout la même valeur que le monologue qu’il lui avait donné. Cependant, Irving ne lui avait rien demandé de plus. Jeremiah se redressa et s’affaira à préparer du café pour le jeune ouvrier et il reprit son sérieux, quittant l’esprit de farce qu’il avait installé. Il inspira profondément avant de reprendre.

« En effet, c’est un sujet qui m’avait interpelé à l’époque où ça a commencé mais… J’avais des préoccupations qui m’ont retenu. Je n’ai, d’une part, pas forcément fait le lien, mais je crois que je n’ai pas bien compris non plus, n’ayant qu’une partie du puzzle. Puzzle que vous venez de reconstituer pour moi. Et je vous en remercie. » Jeremiah déposa une tasse devant Irving en lui indiquant de s’asseoir et il le dévisagea un instant, attendant patiemment que l’eau chauffe dans son dos. « J’adorerais vous écouter me parler de chez vous et tous ces symboles forts que vous évoquez. Mais je doute que nous en ayons le temps aujourd’hui. En vérité, j’aimerais assez venir visiter cette Cité. Mon neveu n’a que de cesse de me parler de ces balais si révolutionnaires. Je vous avouerais que ce n’est pas ce que j’affectionne le plus mais c’est un jeune garçon très sportif… » Une nouvelle moue se lut sur le visage de Jeremiah alors qu’il haussait une épaule. « Je ne suis ni Bristolien, ni Londonien. Je ne vis en Angleterre que depuis deux ans, je n’ai même pas la prétention de pouvoir prétendre avoir observé quoi que ce soit, d’où que ce soit. J’aurais bien entendu besoin d’un guide. » Et un sourire en coin naquit sur ses lèvres.


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Si l’on se referait à son petit sourire en coin, Jeremiah n’allait pas dévoiler davantage d’information sur ses origines.

« Oh allez,faites vous pas prier… insista Irving, Dites m’en un peu plus ! »

Il ne savait quasiment rien de l’Océanie, ses connaissances se limitant à la culture populaire :  Les animaux emblématiques, comme l’Opaloeil des antipodes ou encore le Billywig, les rares sorciers aborigènes vaguement étudiés en histoire de la Magie et les paysages, les côtes balayées par les vagues ou les déserts à la terre rouge. Bref, que des clichés ! Lui aussi, il voulait connaitre le vrai visage du Bush Australien ! Le récit de M. Yarrow serait certainement bien plus passionnant que les cours de Myrdhin Schaffer. Toutefois, son interlocuteur ne semblait pas vouloir en dire davantage. Il n’était pas journaliste pour rien, se dit-il en s’asseyant à table face à sa tasse. Son hôte aimait poser  des questions mais pas forcément y répondre.

D’ailleurs, Irving avait semble-t-il réussi à aiguiser son intérêt puisque Jeremiah évoqua de nouveau la Cité Nimbus révélant qu’il comprenait un peu mieux la situation de la ville grâce aux explications de l’ancien Gryffondor. Ce dernier laissa fleurir un immense sourire sur ses lèvres, ravi d’avoir pu partager sa vision des choses et son point de vue authentique. Jeremiah disait peut-être cela uniquement pour être poli ou pour alimenter la conversation mais l’ancien Gryffondor su rapidement que ce n’était pas des paroles en l’air. En effet, Jeremiah souhaitait venir visiter la petite ville ouvrière.

Merlin, un touriste à la Cité Nimbus !

Presque immédiatement, Irving commença à tracer un parcours mental dans la ville, cherchant le meilleur angle pour commencer la visite. Surement en haut du Mont d’ailleurs. Du cimetière on pouvait avoir une idée très clair et rapide de la géographie des lieux et de l’implantation de la Cité. Et puis, on commençait la visite par le Manoir des De Pompadour avant de descendre dans le vrai cœur de la ville. Pour Irving, il était hors de question que le château grandiloquent des dirigeants soit le clou de la visite. Non. Ils termineraient par la Grand Place, au moment du changement d’équipe où les employés de l’après midi sortent en bleus et saluent ceux de l’équipe du soir qui prennent la relève. Oui, c’était le timing parfait !

Irving leva la tête vers son interlocuteur qui était resté debout lorsqu’il évoqua son jeune neveu sportif passionné par les balais volants. Il pouvait venir lui aussi. C’était même une excellente idée !
Pour une fois que quelqu’un semblait s’intéresser à sa ville natale pour de bonnes raisons, et non pas pour la Consumeuse ou ses conséquences comme l’exode urbaine, Irving n’allait pas le laisser filer :

« Il faut que vous veniez avec lui ! Il y a un espace de vol à côté du magasin d’ l’Usine où vous pouvez tester les dernières nouveautés. J’connais bien l’vendeur, il pourra faire voler vot’neveu sur l’Furtif CX. –C’est l’dernier modèle très rapide et maniable,  garantie Respect d’l’environnement et tout l’baratin habituel- expliqua-t-il, et puis dans le hall de l’Usine y a comme une p’tite exposition avec des photos des stars du quidditch et leur Nimbus. Bon, j’uis pas l’meilleur pour parler d’ça mais si vot’neveu s’intéresse à ce sport, il reconnaitra surement les joueurs…  »

Irving commençait déjà à planifier tout ça dans sa tête pour savoir quand et comment il allait pouvoir organiser cette journée.

« Vous m’avez dit qu’vot’ neveu est à Poudlard, souffla-t-il pensif,  va falloir attendre les prochaines vacances de décembre du coup, supputa-t-il en passant une main sur son menton, Remarquez, ça s’ra bien, y aura l’marché d’Noël sur la Grand’Place. Vous viendriez qu’tous les deux ou y’aura ses parents aussi ? s’enquit-il, D’ailleurs j’le connais p-t’être vot’neveu, c’est quoi son nom ? »

Irving n’avait pas quitté Poudlard depuis si longtemps que ça après tout.


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Discuter de sa vie, d’où il venait et exprimer l’amour de ses origines comme Irving n’aurait pas dérangé Jeremiah s’ils n’avaient pas des propos plus intéressants à traiter. La Cité Nimbus attirait à présent son attention. Quand il y avait une cause à défendre, il se sentait souvent à l’intérieur de lui-même. Dans ses tripes, diraient certains. Il fonctionnait beaucoup à l’instinct et y faisait confiance quasi aveugle. Il y avait quelque chose là-bas, ses sens étaient en alerte et si Irving n’avait pas mentionné l’idée d’y emmener son neveu, il s’y serait bien rendu le prochain weekend, tout du moins, sur les prochains jours de repos du jeune homme, lui-même n’ayant pas d’obligations. Et puis, une idée naquit dans son esprit et Jerry finit par acquiescer.

« Oui, c’est une bonne idée, après tout. » Jeremiah esquissa même un plus franc sourire. « Pourquoi pas ! Si la Cité Nimbus est perçue comme un No Witch’s Land depuis les épidémies, il peut être intéressant de profiter de Noël pour lui rendre un visage plus humain. Qui plus est, je suis certain qu’il y a de la neige là-bas pour les vacances. Je n’ai jamais vu la neige. Bristol est trop près des côtes, quant à Glastonbury, l’année dernière, je suis rentré chez moi pour les fêtes et le temps avait été bien trop doux, elle n’était déjà plus là à mon retour. Je suis né en Australie, j’ai grandi là-bas, je n’en suis sorti que pour venir ici. Et si nous avons des périodes de mousson, nous n’avons certainement pas de neige ! Du soleil, de la terre aride, des sables rouge… Heureusement, nous avons quelques forêts sur les côtes et l’océan. »

Une façon comme une autre de développer un petit peu plus sa réponse à la question précédente du jeune homme. Jeremiah servit le chaud breuvage dans la tasse d’Irving et il fit de même avec la sienne avant de s’installer à côté. Il haussa les épaules en serrant son bien dans une main.

« Il vient d'entrer en deuxième année. A Gryffondor, ce dont il est extrêmement fier parce que c’est la maison d’Harry Potter. » Jerry soupira et se frotta les sourcils. « Il a douze ans et espère vivre ses propres aventures. Pevensy. Shiban Pevensy. Il n’est pas très grand, toujours un regard éveillé, les cheveux en bataille… Il parle beaucoup. Il tient ça de son père. Mais il a mes taches de rousseur ! » Dans un léger rire, il désigna son visage d’un index. Jeremiah ne se départit pas de son sourire pour répondre à la question d’Irving. « Non, ses parents ne pourront pas venir, ils ne sont pas là. C’est pour ça que je m’occupe de lui, jusqu’à leur retour. » Qu’il espérait bientôt. Jeremiah prenait un bon soin à ne pas trop s’étaler sur sa soeur, d’abord pour éviter les questions gênantes, mais aussi parce qu’il n’avait pas envie que tout le monde sache qu’il était le frère d’une sorcière disparue dans des conditions trop étranges. Il ne voulait pas mettre le Département des Mystères là-dessus.

Jeremiah porta sa tasse à ses lèvres en dévisageant son nouveau camarade.

« Parlez-moi encore de votre Cité. »


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«  De la neige on en a tous les hivers. D’ailleurs il vaut mieux prendre son balai pour descendre sur la Grand’Place car les escaliers des pentes sont fréquemment verglacés à cette saison ! » ajouta-Irving en souriant, mais j’espère quand même qu’il y en aura quand vous viendrez. »

La cité enneigée était vraiment magnifique aux yeux d’Irving même si pour beaucoup l’arrivée des chutes de neige rimait souvent avec galère.

Le jeune homme écouta alors M. Yarrow décrire l’endroit où il avait grandit tout en buvant une gorgée de café. Finalement, la description de l’Australie que faisait son interlocuteur semblait assez conforme à l’idée qu’il avait de ce territoire.  Il aurait bien aimé que Jeremiah développe davantage d’ailleurs  mais il se contenta d’une rapide description avant de poursuivre la conversation  sur Shiban Pevensy, son neveu.

« Le nom m’dit rien. Faut dire qu’il est arrivé l’année où j’suis parti finir ma scolarité à Beauxbâtons. Enfin « finir »  était un bien grand mot, On s’est raté d’peu, révéla-t-il en haussant les épaules,  Gryffondor était ma maison, on aurait pu partager la même salle commune.»

Irving ne releva pas lorsque Jeremiah affirma que les parents du petit étaient absents et que c’était donc lui qui s’en occupait pour le moment .Il ne voulait pas se montrer trop intrusif- après tout, il n’était que le réparateur de cheminée- alors il préféra rebondir sur le côté aventurier du gamin :

« Il a vraiment trouvé sa place chez les rouge et or dans ce cas. Tous les Gryffy qu’je connais sont des intrépides dans l’âme… Et même quelques Poufsouffle ! Ajouta-t-il en songeant à Nora avant d’ajouter,  Et sinon en Australie, vous avez un système de répartition aussi ? »

Irving était vraiment curieux d’en savoir plus sur ce pays mais Jeremiah semblait vouloir esquiver toutes les questions qui portaient sur ses origines  puisqu’il le questionna encore une fois sur la Cité.
L’ancien Gryffondor afficha un sourire en coin avant de répondre :

« Oh non, vous m’aurez pas une deuxième fois. J’sais qu’vous êtes journaliste et qu’c’est  vot’ boulot d’faire parler les gens mais si j’vous en dis trop sur la Cité Nimbus vous n’aurez pas l’ plaisir de la découvrir de vos propres yeux quand vous viendrez réellement.  Promis, j’vous dirais tout c’que vous voulez entendre quand on s’ra attablé autour d’une gobière à l’Entrepot’es, le principal restau d’la ville. Mais pas avant. ricana-t-il, par contre, en attendant, vous pouvez p’t’être me parler d’chez vous ? Je sais qu’il n’y a pas de neige maintenant mais j’aimerai bien en savoir un petit peu plus. »

Il but une nouvelle gorgée de café et reposa sa tasse devant lui.

« J’connais vraiment pas du tout mais ça m’t’enterait bien d’visiter… »

Peut-être que s’il arrivait à mettre assez d’argent de côté jusqu’à l’été prochain il pourrait envisager des vacances dans l’autre hémisphère. Il faudrait qu’il en parle à Nora pour savoir si elle serait partante pour partir quelques jours avec lui, en tout bien tout honneur bien sûr.


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Jeremiah rit en baissant la tête. Il n’avait pas tellement tenté de se cacher, ou de se défiler devant ses origines, il trouvait simplement Irving bien plus intéressant. Irving et la Cité, oui, en effet. Jeremiah était curieux de nature. Il acquiesça en s’humectant les lèvres et reprit.

« Visiter, c’est déjà loin. » Jerry inspira profondément et se redressa en croisant les bras sur la table. Bien, si ce jeune homme voulait entendre parler du pays, alors qu’il en soit ainsi ! « Pour commencer, oui, nous avons une cérémonie de répartition comme la vôtre. Shiban m’a parlé de la sienne, je dirais que c’est assez proche. Votre école réunit tout le Royaume-Uni, la nôtre couvre quasiment tout le continent océanien. Il faut dire que si tout le monde pense l’Australie immense, un très fort pourcentage de ses terres est désertique. Je viens d’une petite ville, à l’est du pays, dans le bush, d’une famille réputée pour sa magie ancestrale. C’est sûrement la seule chose qui me rend différent d’un autre, ici. Pour le reste, notre école est similaire, les valeurs sont identiques, seuls les noms changent. Je me suis renseigné quand je suis arrivé ici, pour Shiban et si j’avais été élève de Poudlard, la maison qui correspond est celle de Serpentard. Il paraît que ceux-là accomplissent de grandes choses. » Amusé, Jeremiah ouvrit les mains et sourit. « Jusqu’à présent, je n’ai pas fait grand chose à part venir ici m’occuper de mon neveu ! Mais j’imagine que je suis encore jeune, que j’ai encore bien du temps devant moi. Quoi dire d’autre… »

Il fronça les sourcils en réfléchissant à quelque chose d’exceptionnel qui pourrait satisfaire la curiosité d’Irving. Il aurait pu lui parler de la disparition de sa soeur et de son beau-frère, de combien Shiban ne semblait pas tellement affecté, des disputes avec son père quant aux choix qu’il avait fait pour rechercher sa soeur… Il aurait sûrement pu lui parler d’une tonne de choses mais ils ne se connaissaient pas et Jerry était quelqu’un de méfiant et de prudent. Quand bien même le jeune homme ne représentait pas une menace, il douta que cela puisse l’importer outre mesure, de toute façon.

« Oh ! Nous avons le Quidditch, bien sûr, mais nous avons un autre jeu de renommée nationale, aussi… L’Hippoditch. C’est presque la même chose mais à dos d’Hippogriffes. Les jeux en sont d’autant plus dangereux que les hippogriffes n’en font parfois qu’à leur tête ! J’ai entendu dire qu’il y a des dragons aussi mais je n’en ai jamais vu. Je ne pense pas qu’ils soient de ce côté-là du pays, en tout cas. J’imagine que des élevages d’hippogriffes, c’est déjà suffisant, comme ça ! Beaucoup s’imaginent que ce ne sont que des chevaux un peu magiques, que ça ne vaut pas le danger qu’on leur prête, pas plus qu’un balais ! » Jerry haussa une épaule, désolé. « Hey, il n’y a pas que le Quidditch qui compte des morts parmi ses compétitions… »

Jeremiah reporta sa tasse à ses lèvres en scrutant Irving d’un regard tout aussi intrigué que lorsque le jeune homme lui parlait de la Cité. « Un voyageur, alors, hein ? »


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Enfin, Jeremiah Yarrow semblait décidé à en dire un peu plus sur lui. Irving laissa fleurir un sourire sur ses lèvres tandis que son interlocuteur évoquait sa terre d’origine, et le système scolaire océanien. L’écrivain affirma que la cérémonie de répartition en Australie était relativement semblable à celle de Poudlard et il ajouta même qu’il aurait eu sa place à Serpentard, ce qui laissait à penser que son flegme cachait très certainement une volonté de fer et une réelle ambition de réussir. De toute manière, Jeremiah aurait besoin de cette force de caractère s’il souhaitait réellement percer dans un métier aussi difficile, se dit Irving avant d’enchainer :

« Pour tout vous dire, Serpentard a longtemps été un peu connoté comme la maison des vils, expliqua-t-il ravi de pouvoir éclairer un étranger sur les us et coutumes de son pays, il y a de ça dix ans, l’racisme et les théories sur la pureté du sang étaient monnaie courante là-bas et beaucoup d’Mangemorts avaient été répartis chez les verts et argents… Mais d’puis la fin d’la guerre j’trouve que c’est la maison dont les élèves ont l’plus évolué. (exeptés O’Connor  et Keller bien sûr) Quand les Serpentard décident de mettre leur intelligence et leur ruse au service de noble cause, ils sont vraiment les plus redoutables ! » lança-t-il en songeant à Samantha .

L’ancien Gryffondor laissa échapper un petit rire lorsque son interlocuteur affirma être prêt à accomplir de grandes choses lui-aussi, même si pour le moment, cela ne se voyait pas trop.

« Et comment s’appelle la maison des ambitieux chez vous ? S’enquit-Irving avec un réel intérêt juste avant que Jeremiah ne poursuive sa présentation de l’Australie en évoquant le sport national … Et quel sport !

Prenez tout ce qu’Irving déteste, à savoir, les Créatures Magiques et le Quidditch, puis mélangez-le pour obtenir : L’Hippoditch !

« Merlin ! Quelle horreur ! » souffla-t-il avec effroi, Et à l’école, vous faites aussi des tournois sportifs à dos d’hippogriffe ? »

Cet Institut magique océanien avait tout de l’enfer sur terre, songea Irving en terminant son café, mais, hormis ce détail,  le territoire australien semblait fort intéressant. Comme s’il avait deviné ses pensées, Jeremiah lui demanda alors s’il était du genre globe-trotter :

« Jusqu’à maintenant, pas vraiment. J’uis juste allé en France parce que j’y étais obligé mais j’ai pas beaucoup voyagé. J’aimerai bien mais j’ai pas vraiment l’âme du bourlingueur solitaire. » expliqua-t-il avec un sourire.

Jeremiah avait surement deviné qu’Irving était attaché à sas racines mais il ignorait à quel point il accordait d’importance à son tissu de relation.

« Si j’devais partir j’le f’rais à plusieurs, reprit-il,  Avec des potes. Pour pouvoir partager mes découvertes avec des gens. C’est quand même plus cool non ? »

Oui, il s’imaginait bien partir à la conquête d’un nouveau continent avec Nora l’Intrépide, par exemple, ou avec Jeremy et Juliet. Le seul souci, c’est qu’il était le seul à être libre comme l’air. Nora était encore à Poudlard et il y avait fort à parier qu’elle envisagerait une poursuite d’étude l’année prochaine quant à Jeremy et Juliet, ils allaient être très occupés (au moins pendant les 18 ans à venir) avec l’arrivée de leur premier enfant. Finalement, Irving avait peut-être tord d’attendre les autres pour découvrir le monde, se dit-il en reportant son attention sur Jeremiah  qui lui, semblait nettement plus enclin à partir sur les routes.

«Et vous alors ? j’uis sûr qu’vous avez parcouru l’monde en long et en large. »


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Si Jerry avait dû être un Serpentard, en plus du Sang-Mêlé honteux, il serait peut-être devenu quelqu’un d’autre. Il n’était pas non plus vraiment certain de faire preuve de ruse, mais il se savait plutôt intelligent et suffisamment malin pour ne plus se faire marcher dessus. Jeremiah n’eut pas le coeur à dire à Irving que ce « racisme » existait toujours, car il avait heureusement évolué. Aussi, il eut un simple rire.

« C’est une chance que je n’en ai pas fait partie pendant la guerre, alors ! »

Il avait beaucoup entendu parler du Seigneur des Ténèbres, d’autant plus depuis que Shiban était à Poudlard. Mais il avait beaucoup étudié sur le sujet et sa soeur avait comblé les lacunes. C’était un sujet qu’il connaissait oui mais qui lui semblait si lointain, comme une fable ou un conte pour faire peur aux enfants. Ce n’était pas qu’il n’arrivait pas tellement à y croire, il était surtout sceptique. Pragmatique, il ne croyait que ce qu’il voyait. Il n’avait pas beaucoup supporté la folie de sa soeur, il admettait accepter de croire qu’elle veuille bien y croire. Mais aujourd’hui… Jeremiah fronça les sourcil en réfléchissant et finit par sourire, un brin moqueur et amusé. Il avait cette petite lumière dans le regard lorsqu’il faisait de l’esprit.

« La maison des Ambitieux. Ambition, Loyauté, Sagesse et Courage. Mais au final, il n’y a pas d’ambition sans courage, ni de loyauté sans sagesse… Les matchs d’Hippoditch ne sont accessibles qu’aux deux dernières années, à cause de la difficulté de communication avec la créature. Les années précédentes utilisent des balais pour s’entraîner. Mais ce n’était pas vraiment mon truc, non plus. Je passais plus de temps avec les érudits. Ce que j’ai pu entendre sur Poudlard était bien plus fermé. Chez nous, c’était plus une manière de vivre, une voie que nous empruntions. Notre répartition se décide au cours d’une illusion. Notre maison dépend de la réaction la plus impartiale et la plus spontanée que nous avons pendant ce temps-là. Une sorte d’épreuve face à quatre situations totalement différentes. La famille, l’amour, le danger et le travail. J’ai… » Il pouffa légèrement de rire en baissant les yeux. « On ne connaît pas les résultats de nos tests, ce qu’ils disent de nous. Ce sont des choses que nous apprenons au cours de notre scolarité, mais certains ne s’attendent pas à leur résultat. Je ne pensais pas échouer du côté des ambitieux pour la simple et bonne raison que le travail ne m’intéressait pas et que j’ai totalement échoué à l’épreuve sur l’amour. Quant à celle du danger, je me suis juste… Caché, j’ai joué la sécurité, la mienne, mais aussi celle de mon entourage. Il m’a fallu du temps pour comprendre que je n’appartenais pas à la loyauté parce ce trait de caractère ne se révélait qu’au sein de ma famille, pour qui je donnerais tout. Mais ma famille, c’est mon travail. Mon ambition, c’est ma famille. Autrement dit, chaque sorcier est aussi complexe qu’un autre. Notre éducation n’est pas seulement vouée à la connaissance de la magie ou de l’histoire, des enchantements, elle n’est pas faite que de livre, elle tend surtout à révéler quel sorcier nous sommes, et pourquoi, comment. Pendant sept ans, nous recevons une éducation impartiale qui conduira à notre avenir. »

Jeremiah fronça les sourcils en secouant la tête.

« Beaucoup de sorciers, surtout chez les Ambitieux et les Courageux, décident de leur propre chemin, décrétant que personne n’a à leur dire qui ils doivent être. Ce sont eux qui comprennent mal le but de notre éducation. Et c’est dommage pour eux car notre caractère n’est pas figé. Nous pouvons changer à tout moment, décider de qui nous sommes en tant qu’adulte. Néanmoins… Non. Je n’ai pas parcouru le monde. »

Jerry eut un nouveau sourire un brin timide.

« Je n’ai fait que chez moi, l’école de magie, Bristol et Glastonbury. Je suis allé à Londres, une fois, mais c’est bien là tout. Qu’est-ce qui vous fait dire que j’ai voyagé tant que ça ? Ce sont les livres de ma soeur ? Dans un livre de créatures démoniaques, je suis sûr qu’on peut y trouver un portrait de ma soeur sous l’indication « Dévoreuse littéraire ! » ».

Ce à quoi, Jerry étouffa un rire dans son mug avant de reprendre son sérieux alors qu’il songeait à sa soeur et à tous les continents qu’elle avait traversé. « Mais le voyage, ce n’est pas forcément une question de partage. C’est aussi la découverte de soi-même. J’imagine qu’il faut une certaine volonté pour s’engager dans une telle entreprise. » Et de l’ambition aussi, mais ça, Jerry, malgré son intelligence et son empathie avec le monde, ne l’avait pas encore compris dans ce sens. Être venu ici, initialement pour son neveu et retrouver sa soeur, le conduirait à bien plus que la seule volonté de retrouver sa famille. Cela en disait également beaucoup sur lui-même et son aptitude à traverser les frontières et affronter les barrières qui se dressent devant lui comme des obstacles jugés insurmontables. Le courage ne faisait pas partie de ses qualités les plus aiguisées, néanmoins, il l’était, à un certain degré.

« Obligé d’aller en France ? En quoi ça a pu être une obligation ? »


Irving WhitakerAubergisteavatar
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En fait, M. Yarrow était vraiment bavard. Il suffisait de le lancer sur un sujet qui semblait l’intéresser et il pouvait facilement discourir cinq bonnes minutes sur les systèmes de répartition dans les écoles de sorcellerie. La répartition australienne avait d’ailleurs l’air nettement plus complexe que l’anglaise. Si,  chez les uns, il suffisait de passer sous un chapeau magique durant quelques secondes, les petits sorciers océaniens, eux, devaient affrontés une véritable batterie de tests de personnalité ! Irving haussa quelque peu les sourcils lorsque Jeremiah évoqua les quatre champs sur lesquels il avait été éprouvé tout en se demandant comment se mettait en place cette fameuse illusion …

A bien y réfléchir, cela avait l’air presque sadique surtout si les enseignants mettaient volontairement leurs élèves en situation de danger simplement pour observer leurs réactions et les classer comme il se doit.

Toutefois, Irving n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à tout ceci puisque Jeremiah poursuivit  son analyse du sorcier et même de l’humain dans sa globalité. L’ancien Gryffondor s’enferma dans un silence prudent. Il n’était pas trop du genre à théoriser sur l’espèce humaine et il se sentait vite dépasser avec des personnes qui tenaient des propos d’apparence complexe. Enfin, s’il le suivait bien, Jeremiah semblait affirmer que l’homme avait de multiples facettes et était en constante évolution. Ça, Irving pouvait le comprendre.

« Tout à fait d’accord. »
souffla-t-il pour donner le change alors que Jeremiah embrayait déjà sur un autre sujet affirmant qu’il n’était pas un grand voyageur.

Pourtant, Irving avait du mal à penser que ce type à l’accent exotique, qui disait avoir traversé le globe pour rejoindre l’Angleterre, ait peu voyagé. Ou alors, ils n’avaient pas la même notion de « peu » !

« Fin bon, vous v’nez quand même d’un autre hémisphère, fit-il remarquer avant de répondre à la question de son vis-à-vis au sujet de la France : « Oui, j’ai suivi ma mère qui s’est installée là-bas. Comme j’étais mineur à l’époque j’avais pas trop l’choix. Mais j’uis pas resté très longtemps, juste quelques mois et puis j’suis revenu. J’voulais pas spécialement m’réinstaller à la Cité Nimbus mais les loyer sont tellement pas cher qu’du coup c’était plus pratique. » Ajouta-t-il en souriant.

Et quand on gagnait le SMIC Sorcier –Salaire MICroscopique- C’était le genre de détail qui avait son importance !

« Donc, à part Beaubâtons j’ai pas vu grand cho…. »

Irving fut subitement interrompu dans ces explications par un patronus qui se matérialisa juste à côté de lui.

« C’est Scarlett, j’ai libéré le C4 donc tu peux dire à M. Yarrow qu’il devrait pouvoir effectuer son déplacement sans problème dorénavant. N’oublie pas les excuses pour le dérangement occasionné. » Ajouta-t-elle avant que sa louve argentée ne s’évapore.

Bordel de troll, il savait qu’il devait présenter les excuses du Ministère! Pas la peine de le ridiculiser devant le client en lui rappelant la procédure… songea-t-il en reportant son attention sur Jeremiah avec un sourire contrit.   En même temps, s’il avait respecté la procédure à la lettre, il n’aurait surement pas dû se trouver dans la cuisine du sinistré, paisiblement installé en train de prendre un encas durant son temps de travail.

« J’crois qu’vous allez enfin pouvoir rejoindre la Marina, souffla-t-il en se levant, Merci pour l’café en tout cas ! » ajouta-t-il en attrapant sa tasse et en cherchant l’évier des yeux pour l’y déposer.

Irving rejoignit ensuite le salon et attrapa sa caisse à outils avant de se tourner vers Jeremiah pour lui serrer la main :

« Bon… ben… Bonne continuation pour vot’ bouquin et puis… A bientôt à la Cité Nimbus alors ! »

Il accorda un franc sourire au jeune homme avant d’attraper une poignée de Poudre de Cheminette afin de tester la ligne en premier.  Lorsque les flammes vertes apparurent dans l’âtre, Irving s’approcha du feu avant de s’arrêter net.

« J’allais oublié, dit-il en se retournant, Toutes nos excuses pour la gêne occasionnée… » conclut-il avec un large sourire.


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Prendre la Poudre de Cheminette [Jeremiah & Irving]

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