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 Œil pour Œil, Dent pour Dent [Scénar Guerre des Gangs]

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~ Nancy McStay ~
Mère au foyer
25 ans

21 Septembre 2008, Quartiers moyens du Bristol Magique.

Nancy redressa subitement sa tête de son oreiller, alors qu'une bourrasque glacée venait de s'engouffrer bruyamment par la fenêtre de la chambre, faisant claquer violemment l'un des volets contre la paroi. Encore hagarde, le regard embué par le sommeil, la jeune femme observa l'étrange ballet des rideaux, qui dansaient au rythme du vent. Quelle heure pouvait-il bien être? Trois heures, quatre heures du matin? Une chose était certaine, Andy n'était plus à ses côtés. La jeune mère au foyer pouvait encore deviner l'empreinte de son compagnon sur l'oreiller mais celui-ci avait déserté le lit depuis belle lurette, tant les draps s'étaient totalement refroidis de son côté. Le regard morne, Nancy fixa le plafond, alors que l'appréhension venait obscurcir ses pensées. Cela faisait plusieurs mois déjà qu'elle ne reconnaissait plus l'homme qu'elle avait épousé. Quelque chose s'était immiscée entre eux, et Andy n'était plus le même. Autrefois si doux et prévoyant, il était devenu profondément lunatique, et se laissait souvent emporter dans de violents accès de rage. D'où lui venaient ce revirement caractériel, et cette brusque impulsivité? Cela demeurait encore et toujours un mystère pour la jeune femme, qui avait pourtant tenté de dénouer ce sac de nœuds en de multiples occasions. Encore cette nuit dans la solitude de sa chambre déserte, ses yeux noisette rivés sur le plafond ; Nancy recoupait les moindres détails de sa vie de couple, afin de comprendre quand tout cela avait débuté...

Depuis que Nancy avait lâché son emploi de couturière magique, pour s'occuper de leurs fille ainée, la gracieuse petite Jill; Andy McStay avait multiplié les petits boulots. De vendeurs à la criée sur le Port Magique de Bristol à la fonction de Docker, on ne pouvait pas dire que le jeune homme lésinait sur les efforts pour subvenir au besoin de sa famille. A la fois exploité et mal payé, les fins de mois coinçaient financièrement, le couple devant régulièrement prendre son mal en patience dans l'attente de jours meilleurs. De ce fait, ils vécurent longtemps dans un taudis des quartiers pauvres de Bristol, où ils côtoyèrent cafards et d'autres joyeusetés signe d'insalubrité. Mais aussi étrange que cela puisse paraitre, la petite famille n'éprouvait aucune forme de fatalité. Bien au contraire, ils étaient heureux et se contentaient des plaisirs simples que pouvait leur offrir la vie. Jusqu'au jour où Andy McStay se vit offrir une belle opportunité de carrière, en rejoignant les entrepôts portuaires longeant les Docks, pour un emploi de contrôleur maritime de marchandises. Dès lors, le confort matériel du couple évolua rapidement, et ils purent emménager dans un appartement plus vaste situé non loin du port de Bristol, dans les quartiers moyens. Tous paraissaient aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, du moins jusqu'à la naissance accidentelle de leur seconde fille...

En effet, scandale du Chaudrillon oblige, une petite Kathleen vint agrandir le foyer familial. Et ce qui aurait dû être accepté comme une belle et heureuse surprise, ne produisit pas l'effet escompté. Bien au contraire, cette naissance coïncida avec les premières réactions d'humeur d’Andy, qui commença à se désinvestir progressivement de son rôle de père. Taquinant la bouteille de Whisky Pur-Feu, il commença à devenir hargneux, ne se préoccupant plus que de l'actualité politique et de son travail. La jeune mère de famille tenta bien d'ouvrir le dialogue, mais toutes ses tentatives s'avérèrent infructueuses. Elle n'arrivait point à extirper son mari du mutisme dans lequel il s'était enfermé, et cela commença à la faire sévèrement déprimer. Comme beaucoup de femmes de Bristol, Nancy fréquentait les réunions de l'Offre, et cela lui permettait de sortir de sa solitude, et d'extérioriser quelque peu ses démons. Alors qu'elle s'épanchait sur sa vie de couple tumultueuse avec d'autres consœurs féministes; l'une d'entre elles lui désigna du menton la reine de la presse outrancière, une certaine Mildred Magpie, comme celle qui était à l'origine de ses malheurs. En effet cette horripilante quadragénaire, avait monté une gigantesque affaire sur la promenade des marins, une sorte de Cabaret où les hommes s'agglutinaient en masse pour satisfaire leurs envies lubriques auprès de femmes de petites vertus.

Dès lors, la paranoïa de la femme se croyant trompée l'agita sévèrement, sans qu'elle ne  puisse apporter la moindre preuve tangible qui accuserait son mari d'adultère. Elle finit même par chasser très vite cette hypothèse, lorsque son mari revint un jour couvert de meurtrissures et les vêtements imbibé de sang. Il ne faisait aucun doute qu'il avait participé aux violentes émeutes qui avaient secoué Bristol et le Monde Magique suite aux évènements du Bloody Sunday, mais Andy se discrédita de toute implication dans celles-ci, prétextant un malheureux concours de circonstance. Bref, au mauvais endroit au mauvais moment. Nancy connaissait son mari mieux que quiconque, et elle le savait non-violent; Certes en ce moment, il paraissait perturbé, mais ce jeune homme éprit de poésie ne pouvait pas faire de mal à un boursouf. Ce qu'elle craignait davantage, c'est de le voir tomber entre les mains de malfrats de la Voie des Miracle. Le racket sévissait partout en ville, et son Andy pouvait très bien, être l'une des nombreuses victimes de ces odieuses crapules! Du moins c'est ce qu'elle pensait encore en ce moment même, alors qu'elle se réveillait seule, sans personne à ses côtés.

Soudain un cliquetis dans la serrure mit ses sens en alerte. Andy venait de rentrer de sa mystérieuse escapade nocturne, et ses pas résonnaient à présent sur les lattes du plancher. Nancy voulait des explications, et cette fois-ci elle en obtiendrait! Cela ne pouvait plus durer! Le crissement d'un meuble que l'on traine sur le sol la fit sursauter, alors qu'elle se jetait en dehors des couvertures, pour se précipiter vers l'origine de ce raffut. Machinalement, elle saisit une matraque magique de sécurité, au cas où ce visiteur nocturne ne serait point son mari. Mais il s'agissait bien d’Andy. Celui-ci était agenouillé dans le salon, son bras farfouillant l'arrière de la grande commode en chêne. Sa baguette reposait à ses côtés, et il paraissait particulièrement soucieux, comme si de sa fouille dépendait sa survie. Mais que faisait-il? N'était-il point sensé rejoindre son travail dans la prochaine demi-heure? La jeune femme fit alors mine de se racler la gorge de manière à alerter son mari de sa présence. Ce dernier sursauta quelque peu, avant de se retourner qu'à moitié. Nancy le contemplait d'un air sévère, la matraque toujours en main.

"Mais Nancy qu'est-ce que tu fiches? Retournes te coucher! Bordel! "

Le regard de sa femme se durcit, signe qu'elle n'était pas prête à lâcher l'affaire.

"Non, Andy! C'est plutôt à toi de m'expliquer ce que tu tournes! Tu étais absent la nuit entière, tu reviens et tu fais un boucan d'enfer qui risque de réveiller les enfants. Ne me dis pas que tu étais au travail, je ne te croirai pas! Alors dis le moi! Où étais-tu?! J'exige une réponse! "

Andy finit par mettre la main sur un large sac, dont l'ouverture était cerclée par une corde. Se relevant, il dévisagea sa femme comme si celle-ci était une étrangère.

"J'ai pas le temps de discuter inutilement, Nancy! Le boss m’attend pour un extra, et je ne peux pas me permettre de le faire attendre. Tu piges? "

Il tenta alors de la contourner, mais Nancy s'agrippa à son épaule afin de le retenir.

"Non Andy! Tu me mens! Je le sais! Je connais tes heures de service! Tu ne vas pas travailler! " Le regard de la jeune mère se baissa alors subrepticement sur le sac en toile. "Et qu'est-ce que tu caches dans ce sac!? Andy tu me fais peur! Pourquoi tant de mystère!? "

Andy la poussa délicatement par les épaules, pour la plaquer contre la paroi du salon. Son regard bleu devint aussi tranchant que de l'acier.

"Maintenant tu vas bien m'écouter. Tu ne t'es jamais posé la moindre question sur la provenance de mes galions, alors on va continuer comme ça! Tu crois que je l'ai eu comment cet appartement? Et la poussette de Kathleen, c'est avec quelle fortune? Je m'arrache le cul nuits et jours pour vous donner une vie moins merdique à toi et aux filles, alors s'il te plait... Ne te mets pas en travers de mon chemin! "

Réveillée par le bruit de la dispute, la petite Kathleen se mit à geindre lentement depuis son berceau. Mais plutôt que de se reporter son attention sur son enfant, le regard de Nancy se braqua durement sur son mari.

"Tu bosses pour ces trafiquants de la Voie des Miracles? N'est-ce pas? "

Andy se contenta d'émettre un petit rire dédaigneux, avant de tourner les talons en direction de la chambrette de la benjamine la famille. Sans se soucier des remontrances de sa femme, il saisit dans ses bras sa petite fille Kathleen, pour la berce délicatement. Son regard n'était plus empreint de colère, ni soucieux... Il paraissait juste absent.

"Chut mon ange... Je suis désolé, je suis un papa indigne... Il faut faire dodo ma princesse... "

Nancy contemplait tristement la scène, impuissante. La petite Kathleen semblait se rendormir, ronronnant littéralement entre les bras de son père. Ce dernier finit par la déposer à nouveau dans son berceau. Puis sans l'ombre d'un regard pour son épouse, Andy McStay parla alors d'une voix vide d'émotion.

"Donnes-moi encore un peu de temps, Nancy... Aujourd'hui c'est une journée décisive. Je ne peux rien te dire. Un jour tu comprendras. Je vous aime plus que tout au monde, et je me dois de vous offrir une meilleure vie. Qu'est-ce que tu dirais si on partait à Paris pour les vacances de Noël? Tous ensemble... "

Nancy secoua la tête fébrilement, alors que des larmes envahissaient son regard. Elle ne comprenait pas comment son époux pouvait se montrer aussi matérialiste. La jeune femme ne voulait point être achetée, elle voulait être réconfortée. Elle se fichait éperdument d'un voyage en France! Ne se souvenait-il plus du temps où les rires envahissaient leur minuscule appartement des quartiers pauvres de Bristol?  

"Je m'en moque, Andy... Je préférai mille fois mieux que tu redeviennes comme avant. Au temps où tu ne me cachais point la vérité... "

Tout en contemplant d'un œil triste sa progéniture dans le berceau, Andy se contenta de pousser un long soupir, en baissant la tête; A vrai dire la remarque de son épouse glissait sur lui comme une goutte d'eau sur le plumage d'un canard, tant ses préoccupations actuelles dépassaient le cadre de sa vie sentimentale. Cela faisait bien longtemps que le jeune employé portuaire avait quitté sa propre famille, pour rejoindre une autre voie, celle de de la rue et des gangs. Nancy ne pourrait jamais accepter ce choix personnel et ce que cela générait, Andy le savait. Leur couple n'était maintenu que par le mensonge. En passant à proximité de sa femme, il lui lâcha sur un ton faussement désinvolte :

"Si j'étais toi, je ne sortirai pas en ville aujourd'hui... "

Puis il claqua la porte derrière lui, laissant Nancy, en proie à une terrible détresse. Il venait de quitter sa petite famille, pour en rejoindre une autre, bien plus grande et plus dangereuse...

*****


Andy McStay
Membre du Gang des Sharaks de Bristol
28 ans

Une heure plus tard, à la Taverne du "Strangulot d'eau de Mer"...

Signe qu'il était pressé de retrouver ses partenaires de crime, c'est d'un geste décidé que Andy McStay poussa les battants de la Taverne du "Strangulot d'eau de mer". Ce haut lieu de beuverie situé à deux pas des docks du Port Magique, était en vérité le repère attitré de l'un des plus dangereux gangs qui sévissaient sur la ville sorcière : Les Sharacks de Bristol! Ce groupe d'individus de la pire espèce exerçait une pression de tous les instants sur les activités portuaires, au point d'en devenir l'un des plus grands fléaux de Bristol. L'emblème du Sharack avait était choisi car ce poisson magique avait pour mauvaise habitude de déchirer les filets des malheureux pêcheurs de la ville, afin d'en voler le contenu, ce qui représentait un parallèle parfait avec les activités de racket dont faisait preuve l'organisation criminelle sur les malheureux citoyens de Bristol. Ce gang aussi craint que détesté le devait également à son chef au combien charismatique, le légendaire Joe Sparkles, surnommé dans le milieu "Gros'Joe" pour sa corpulence, ou encore "Le Boullu sanguinaire" du fait de son activité de poissonnier. Il s'agissait d'un homme particulièrement dangereux, qui n'acceptait aucune forme de compromis qui puisse nuire à son business. Tel un cerbère gardant la porte des enfers, Joe Sparkles gardait l'un des accès à la Voie des Miracles, celui des docks et malheur à l'imprudent qui oserait l'emprunter sans lui avoir demandé au préalable sa permission. Car "Gros'Joe" n'était pas du genre conciliant ou permissif, il était de ceux qui cogne avant d'entamer la discussion; Car une gueule cassée était toujours plus apte à vouloir se plier aux ordres de celui qui venait de le massacrer que l'inverse. Telle une légende urbaine, sa propension à la violence avaient fait de lui l'un des pires épouvantard de la Voie des Miracles, surtout lorsque ses victimes finissaient en nourriture pour les poissons du port. Mais si le gang des Sharacks était craint, il ne faisait pas non plus l'unanimité dans la Voie des Miracles. L'usage abusif de la violence n'était jamais bon pour les affaires, et les autres grands malfrats de Bristol n'approuvaient plus ces procédés d'un autre temps. Un climat de tension s'était emparé de Bristol, ou chacun voulait régner en maitre absolu. Le lointain Bloody Sunday fut l'excuse toute trouvée pour s'adonner au règlement de compte crapuleux, les gangs mafieux profitant des mouvements de foule pour commettre des exactions. A l'heure actuelle, il suffisait d'une étincelle pour que la ville s'embrase et sombre dans le chaos...

Andy McStay le savait, et il sentait que cette journée serait décisive pour les activités des Sharacks. Car le groupe venait de mettre la main sur une marchandise de première qualité, qui dans un futur proche, allait reléguer la Mandragore, au stade de l'obsolescence. En effet dans une lointaine archipel magique de l'océan Indien, une nouvelle fleur magique avait été découverte, la "Tenebrosia Ocular", une lointaine cousine du Lotus Noir, dont le graines avaient des vertus hallucinogène d'un tout nouveau genre, comme celui de donner l'impression à ses consommateurs de pouvoir ralentir le temps. L'usage de ces plantes dans la confection de potions était donc primordial, car nul doute que cette drogue allait faire un malheur dans le sombre monde des trafiquants. Par un curieux hasard, le gang de Joe Sparkles avaient mis la main sur un stock faramineux de ces plantes, et comptaient bien l'utiliser à bon escient pour se renforcer dans la lutte de pouvoir qui sévissait sur Bristol. Car avec le Bloody Sunday, et le nouveau régime qui s'était instauré, le ciel s'étaient considérablement obscurcit au-dessus des têtes des Sharacks. Alors qu'ils avaient longtemps bénéficié d'une ramification et d'une certaine protection de la part de fonctionnaire du MIM corrompus, les choses avaient bien changé depuis les récentes émeutes. Désormais, le gros poisson de Bristol n'était plus le gang des Sharacks, mais un certain Bill Griggs, un des plus grands trafiquants du Monde Magique qui opérait également sur Londres. Petit à petit, cet étranger de l'allée des Embrumes avait soudoyé des trafiquants locaux et s'était implanté dans la voie des Miracle, au grand dam de Joe Sparkles. Mais très bientôt, les cartes seraient redistribuées! Andy en était plus que certain...

Le jeune homme vint s'asseoir directement en face de ses comparses, et ne perdit pas de temps avec l'exercice des salutations, il passa directement à l'essentiel et les enjeux de cette journée.

"Le patron va rencontrer ce soir ce fils de Troll de Griggs, dans une gargote de l'avenue des Douze Chênes. Le poisson a mordu à l'hameçon, donc il nous reste plus qu'à le tirer la ligne hors de l'eau, si vous suivez ce que je veux dire... "

Cette déclaration fit quelque peu blêmir Fenton Padwick, qui ne voyait pas cette rencontre de deux des plus grands trafiquants du Monde Magique d'un très bon œil.  

"Mais c'est de la pure folie, en plein Bristol? Pourquoi ne pas le faire dans la Voie des Miracles? C'est insensé! "

Prenant en main son verre de Whisky Pur-Feu , généreusement offert par la maison, Andy McStay dévisagea d'un air froid son acolyte frileux.

"Tu veux le dire au patron que son plan est insensé? Moi si j'étais toi, je fermerai ma gueule. C'est clair que cela risque de saigner, mais vous ne voulez pas venger notre bon vieux Tommy? Cela ne vous a rien fait d'aller repêcher sa dépouille dans le port? Franchement pour ma part, je ne laisserai pas passer cette opportunité de venger la mémoire de mon pote! Pour Tommy! "

Andy leva alors son verre en hommage à son défunt partenaire, qui avait longtemps travaillé à ses côtés et dont le corps avait été retrouvé lesté au fond du port, victime d'un règlement de compte entre bande rivale. Multiplettes en avait fait ses gros titres, et les Sharacks vivaient cela comme une humiliation publique. Nestor Carnby qui observait la scène dans un silence presque religieux, finit tout de même par s'exprimer.

"On le veut tous, Andy... Mais as-tu pensé aux éventuels débordements, si notre plan venait à ne pas fonctionner comme prévu. Nous sommes au beau milieu de la journée, à deux pas de l'une des avenues les plus fréquentées de Bristol. Les dommages collatéraux cela n'est peut-être pas ce qui dérange Gros'Joe, mais pour ma part, j'avoue que cela me rend dubitatif. Comment conserver la confiance de nos clients si les choses venaient à tourner mal? "

Nestor n'avait pas tort, cet homme avait l'âme d'un chef. Andy regrettait en secret que ce ne soit pas lui à la place du Boullu Sanguinaire. Après avoir avalé d'une traite son whisky, il tenta de rassurer son petit monde.

"Vous inquiétez pas, il n'y a pas de raison que cela dérape. L'impasse sera déserte, et Griggs et ses hommes n'auront même pas le temps de comprendre qu'ils sont déjà morts... "

Nestor lui adressa un sourire énigmatique, avant de lui répondre.

"Comme j'aime l'insouciance de ta jeunesse! Que Merlin t'entende mon fiston... "

Etrangement, Andy sentit une soudaine appréhension l'envahir. Une sorte de pressentiment néfaste, comme si Nestor avait réussi à semer le doute dans sa détermination. Il devait se ressaisir, car en cas de réussite, Gros'Joe lui avait promis une place de second et les galions qui vont avec. Et c'est sans doute cela que craignait l'ambitieux Nestor...
Un sourire éclaira de nouveau le visage du jeune malfrat, quand il s'imagina au pied de la Tour Eiffel avec sa femme et ses deux filles. Il touchait du doigt le Nirvana, plus qu'un effort, un tout petit effort...

*****


~ Joe Sparkles alias Gros'Joe ~
Chef du Gang des Sharraks
42 ans

Aux alentours des six heures du soir, dans l'avenue des douze chênes...

Aujourd'hui, Joe Sparkles avait le sourire. D'une pierre deux coups, il allait mettre à genou la ville de Bristol entière, et tous les malfrats de la Voie des Miracles. Au prix de longues négociations, il avait réussi à convaincre cette bouse d'hippogriffe de Griggs de venir manger à sa table, afin de pouvoir discuter business. Bien entendu, pour attirer ce gros bonnet de l'allée des Embrumes dans son filet de pêche, Gros'Joe avait usé d'un appât de taille. Partager le marché de la "Tenebrosa Ocular" n'était pas une mince offrande, et cela lui avait octroyé une trêve alors que son rival décimait ses hommes durant les violentes émeutes qui avaient secoué Bristol. Le Boullu sanguinaire n'était pas du genre à reculer, même cette fois-ci il avait été contraint de le faire. Pour amadouer Bill Griggs, et restreindre sa méfiance, il lui avait offert de se rencontrer dans un lieu public, situé à l'extrémité de l'avenue des douze chênes, et ce, à une heure on ne peut plus fréquentée. Un code d'honneur régissait ce genre de rencontre entre leader de gangs, celui de ne pas trahir sa parole quand il s'agissait de parler affaire. Et Joe Sparkles lui avait donné la sienne, et la promesse que tout se passerait comme dans un conte pour enfant. Cette alliance scellait un pacte de non-agression, et les prémices de l'un des plus gros trafics clandestins, de quoi faire honnêtement saliver un truand de la trempe de Bill Griggs.

Le souci étant que Gros'Joe avait une ambition aussi dévorante que son appétit était insatiable! Depuis qu'il était devenu le chef du syndicat du Port Magique, et qu'il contrôlait la presque totalité de celui-ci, il avait des vues sur la ville entière de Bristol. L'homme était devenu puissant et respecté, et il s'estimait comme étant le seul à être le digne représentant de SA ville de Bristol. Car contrairement à Griggs, il était originaire de celle-ci, et il pouvait honnêtement comprendre les aspirations de ses habitants. Solidement implanté dans la ville, le chef des Sharracks possédait plusieurs fabriques de poissons, une douzaine de navires de pêche, un hôtel près de du port. Il disposait également d'un splendide manoir victorien à deux pas de l'Académie Lycaon, d'un chien aussi stupide que sa truffe, et d'une femme guère plus intelligente, prénommée Pamela, mais qui avait le sérieux avantage du silicone magique en plus d'avoir été élue Miss Sexy Witch 1994. Mais si Gros'Joe ne souffrait d'aucun déficit matériel, ce qui l'incombait désormais, c'était de devenir le roi de la pègre de Bristol. Et pour se faire, il devait se débarrasser d'un sérieux client en la personne de Bill Griggs.

Entouré d'une demi-douzaine de garde du corps, Joe Sparkles remonta l'intégralité de l'avenue des douze chênes. Sur son chemin, les honnêtes citoyens s'écartaient, ressentant sans doute l'aura de danger qui émanait du dangereux chef de gang. Le rendez-vous avait lieu devant un petit restaurant familial portant le nom du "Triton Ardent". Gros'Joe qui appréciait à la fois la bonne bouffe et les jolies femmes avait réservé une table de l'arrière salle pour plus de discrétion. Alliant l'utile à l'agréable, il se faisait d'ores et déjà un plaisir de pouvoir déguster les petits mets copieux du restaurant et accessoirement de profiter des jolies gambettes de la serveuse. Lorsqu'il arriva sur la grande pavée, le sang de Joe Sparkles ne fit qu'un tour quand il discerna la carrure impressionnante de Griggs, entouré de quelques hommes également. Laissant ses gardes derrière lui, il s'avança pour instaurer le dialogue, chose peu coutumière chez ce malfrat réputé pour frapper avant de discuter. Au loin le ciel semblait se couvrir, et un roulement de terre semblait annonciateur qu'un orage allait être de passage. Arborant une mine faussement amicale, le cigare au bord des lèvres, Gros'Joe se lança dans les négociations :  

"Alors on attends quoi pour se mettre à table, monsieur Griggs? Que la pluie nous trempe jusqu'aux os? Vous m'excuserez j'ai horreur de parler business, quand j'ai le ventre vide! Ce restaurant ne paie pas de mine mais au moins nous pourrons y discuter en toute discrétion. " Gros'Joe se tourna vers ses hommes. "Ne vous inquiétez pas pour eux. Le temps d'enterrer la hache de guerre est venu, et j'ai hâte que nous fassions affaire. Je vous en prie suivez-moi! "

Sans se soucier de l'humeur de son rival, Gros'Joe pénétra dans le restaurant et fit preuve de son exubérance légendaire, en se dirigeant directement vers le comptoir ou l'attendait le gérant de l'établissement. Sans le moindre scrupule, il lui jeta une liasse de Galions en guise de paiement instantané. Une manière d'acheter sa discrétion et de s'imposer en maitre des lieux.

"Je sais, c'est sans doute beaucoup trop, mais vous pouvez garder l'acompte! C'est une manière de vous remercier pour votre discrétion. Mon ami et moi-même aimerions discuter en toute sérénité, du coup c'est un petit dédommagement pour empêcher votre aimable clientèle de venir s'installer près notre table. Pigé? " Joe Sparkles fit mine de s'éloigner, mais se retrourna une dernière fois. "Par contre votre jolie serveuse peut venir nous embêter quand elle veut, je lui prête même mes genoux si elle veut venir s'asseoir avec nous... "

Un bref clin d'œil, puis le chef lourdaud des Sharracks finit par rejoindre sa tablée. Eprouvant quelque difficulté à se glisser sous la table, ils entamèrent le repas dans un silence pesant. Durant les premières minutes du repas, Gros'Joe se contenta de manger comme quatre, tout en matant le déhanché de la belle serveuse. Il finit par s'essuyer la bouche de la sauce de salade qui en dégoulinait, puis il s'adressa enfin de manière concrète à son ennemi.

" J'en ai plus que marre de ce conflit qui s'éternise. Que ce soit de mon point de vue ou du vôtre, nous avons plus de chose à perdre qu'à gagner dans ce conflit. C'est pourquoi je vous suggère une alliance, et en gage de ma bonne foi je vous offre de partager le marché de cette nouvelle drogue que nous appelons la Tenebra ocular. A deux pas d'ici je dispose d'un local dans lequel vous attende une cargaison entière de cette marchandise. Une marchandise qui peut être à vous, en gage de ma volonté d'atténuer les tensions qui nous séparent. A vous de voir maintenant ce que vous envisagez, monsieur Griggs. Une paix durable qui nous conduira à faire fructifier nos intérêts, ou une guerre qui plongera cette ville dans le chaos... "

De ses doigts boudinés, Joe Sparkles arracha la tête d'une écrevette magique  qui trônait dans son assiette, avant de l'engouffrer goulument dans sa bouche. La bouche pleine, mais l'œil aussi vif que celui d'un furet, il attendit un instant avant de lancer une petite boutade :

"Ne jouer pas les timides monsieur Griggs, si j'avais voulu vous piéger, vous seriez déjà mort. Je n'aspire qu'à une chose, celle de partager une tonne de galions avec le nouveau collaborateur que j'entrevois en vous! "

Gros'Joe laissa alors éclater un rire gras, avant de tendre sa main grasse en direction de Bill Griggs.

"Alors vous êtes avec moi ou contre moi? "
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Bill Griggs, 50 ans
Chef de gang basé à Londres


La première chose que Bill remarqua chez Joe Sparkles quand il se présenta à lui fut la suite d’hommes qui attendaient derrière lui. Aucune surprise dans ce constat, deux chefs de gangs ne pouvaient se rencontrer sans se tenir un minimum sur leurs gardes. Pas d’agressions pendant les affaires, c’était leur code d’honneur, mais cela n’empêchait pas de prendre des précautions. « Montre une main blanche, celle que tu utilises pour serrer celle de l’ennemi, mais garde la seconde près de ta baguette » c’était le précepte qu’ils appliquaient tous. Et Bill serra sans problème la main de Joe, en guise de salutations, alors que ce dernier excusait la présence de ses hommes.

« Ne vous inquiétez pas pour les miens non plus, répliqua t-il, avec un sourire bien large. ’Sont doux comme des agneaux, on va pouvoir attaquer le bifteck tranquillement pendant qu’ils brouteront leur salade à côté. »

Bill emboîta le pas à son rival, sans un regard en arrière. Tel un roi qui déléguait à ses subordonnés, il ne prêtait même plus attention à ce qui s’agitait derrière lui pour assurer sa sécurité. Rôdés par l’habitude, ses hommes savaient ce qu’ils avaient à faire. Pourtant, cette assurance n’était qu’une façade. La tension pouvait se lire dans le visage de certains, et même, sur les rides de Griggs, plus dures qu’à l’accoutumée. Il y avait de quoi, quand on savait que derrière cette invitation cordiale se cachait une négociation à la fois alléchante et louche…

Les Sharacks de Bristol étaient la pire gangrène que la ville pouvait connaître. Ils régnaient sans pitié sur le port, pratiquaient leurs activités de racket sur les civils sans qu’aucun n’ose broncher, et détenaient une belle part du marché noir dans la Voie des Miracles. Il avait fallu des années à Bill pour réussir à se tailler un morceau à Bristol. Tant que chacun menaient ses affaires de son côté, tout allait bien. Mais Gros’Joe et ses hommes commençaient à devenir un peu trop encombrants à son goût, pour lui qui n’avait qu’une idée en tête depuis la fin de la guerre des Ténèbres : retrouver sa puissance perdue. Il avait régné sur le marché noir de l’allée des Embrumes quand Voldemort était au pouvoir, c’était si facile, tout le Ministère était corrompu, il lui avait suffit de s’allier avec les Mangemorts pour que l’on laisse son commerce dans une paix royale et qu’il puisse déployer toutes ses tentacules. Quand Voldemort avait été vaincu, les procès s’étaient enchaînés, et de grandes opérations de sécurisation avaient été lancées dans la capitale. Griggs avait bien failli y passer, d’ailleurs, heureusement, il avait réussi à se débarrasser de toutes les preuves qui auraient pu l’inculper. Mais il s’était fait petit, en attendant.

Il en avait rapidement eu assez de se faire petit. Londres n’avait plus rien à offrir pour les malfrats, non, c’était Bristol le nouvel El Dorado, dorénavant ! Griggs l’avait vite compris. Il s’était allié à des trafiquants déjà en place dans la Voie des Miracles, petit à petit, avec patience, il s’était noué ses contacts, avait agrandi son marché. La paix dans la Voie ne tenait qu’au fil, si mince, de la négociation. Chaque gang avait son territoire, bien délimité, c’était le respect de ce partage du marché qui garantissait un équilibre, certes fragile, mais qui avait fonctionné un certain temps... Avant qu’il ne vole littéralement en éclat à cause de l’introduction des potions frelatées dans leur commerce. On avait commencé à chercher les coupables. Que de prétextes ! C’était en vérité l’occasion rêvée pour déclencher une guerre et se purger de tout le mauvais sang qu’ils avaient accumulé par tant d’années de concessions forcées. C’était l’occasion rêvée pour essayer de prendre le dessus, que cela soit par la violence ou… par une affaire en or.

C’était son ambition insatiable qui poussait Bill à se tenir ici, en face du Boullu Sanguinaire, à la table d’un restaurant familial, envers et contre tous les risques qu’il prenait. Si cela n’avait pas été pour la Tenebrosia Ocular, Griggs aurait envoyé Sparkles balader. Une nouvelle drogue, qu’ils s’arracheraient bientôt tous… Il ne pouvait pas laisser passer cela, se ressassait-il alors qu’il prenait place en face de son interlocuteur. Il était déjà suffisamment contrarié que Joe Sparkles ait mis la main dessus avant lui. Il serait le deuxième pour l’instant, en attendant de redevenir le premier, une fois qu’il se serait débarrassé de ce gros lourdeau de Gros’Joe, car Griggs n’était pas plus partageur que lui…
****


C’était la énième ruelle de petits commerces que Roy parcourait, baguette à la main, aux abords de l’Avenue des Douze Chênes. A chaque pas, il maudissait un peu plus Bill Griggs pour son inconscience, son arrogance, et mille autres de ses défauts qui insupportaient Roy. Accepter un contrat avec les Sharacks… On voyait que Griggs n’était pas de Bristol. Tout le monde ici savait que ces filous n’avaient aucune espèce de parole, qu’ils déshonoraient bon nombre des règles tacites qui régissaient la Voie et qu’ils ne connaissaient que la violence comme langage commercial. Ils avaient subi de nombreuses pertes depuis le Bloody Sunday et c’était bien fait pour eux, jugeait Roy. Il avait averti Bill, mais il n’avait rien voulu entendre. Il n’avait qu’un mot à la bouche. La Tenebrosia, la Tenebrosia… Il la lui rentrerait bien par les trous de nez, sa Tenebrosia.

Roy donna un coup dans un énième caillou, de frustration. Ce qui l’agaçait le plus dans cette histoire, c’était d’y être mêlé. Par Merlin, il n’était pas l’un de ses hommes de main, quand allait-il le comprendre ? Lui et Jayce avaient toujours travaillé avec lui en tant qu’associés, Bill était peut-être leur fournisseur, mais ils n’étaient pas payés pour vendre sa came, ils la lui achetaient, et cela faisait toute la différence. Malheureusement, les gros trafiquants comme Bill aspiraient toujours à absorber les revendeurs moyens dans son genre, afin d’asseoir leur assise à Bristol, et ça, Roy n’y échapperait pas, tant qu’il restait là où il était.

Griggs ne lui avait pas laissé le choix. Avec cette guerre des gangs qui mettait tout le monde à cran, il usait et abusait de chantages pour faire rapidement plier les récalcitrants à sa volonté. Roy n’avait essuyé que des humiliations auprès de lui, ces derniers mois. Bill l’avait accusé à tort d’avoir tué un de ses hommes, Roy avait du faire des pieds et des mains pour trouver le véritable coupable. Inutilement. Cette histoire ne sonnait que comme un amer prétexte pour garder le trafiquant redevable auprès de lui. « Je te laisse en vie alors que je pourrais me débarrasser de toi ou te punir, donc fais ce que je te dis », voilà comment résumer la pensée de ce scélérat. La dernière exigence de son Altesse en date ? Utiliser Roy et ses hommes pour assurer sa protection, ce soir-même. Bill avait ses propres gardes, mais il avait aussi besoin de personnes qui connaissaient bien la ville, ils avaient été tout désignés.

Alors il était là, à arpenter les alentours de l’Avenue des Douze Chênes, à l’affut d’agissements suspects. Jayce faisait partie de la suite d’hommes que Bill avait préféré garder à ses côtés, au restaurant. Fergus était resté plus bas, vers le port. D’autres gars patrouillaient, dont les hommes de main londoniens de Bill. Toute cette artillerie déployée parce que cette rencontre pouvait être une embuscade, parce qu’on pouvait essayer d’attenter à la vie précieuse du Ministre des Affaires Frauduleuses, Monsieur Bill Griggs en personne...

« J’espère qu’on te plombera bien le cul, Billy, ça nous fera un lourdaud en moins dans ce pays » marmonna Roy dans sa barbe, en revenant vers la place pavée.

Le plus énervant ? Reconnaître que cela ne l’arrangerait pas, en vérité, que Bill meurt. S’il y avait un seul point positif dans cette histoire, c’était que Griggs garantissait leur protection, malgré tout, et ils ne crachaient pas dessus par les temps sanglants qui couraient dans la Voie… Ils avaient besoin de Bill comme Bill avait besoin d’eux.

Roy en était là de ses ruminations quand il revint près du Triton Ardent où avait lieu la rencontre. Il s’arrêta de marcher, s’adossa en silence contre la devanture d’un commerce, les yeux fixés sur le restaurant familial. Il ne pouvait pas rester de marbre face au choix qu’avait fait Sparkles. Juliana travaillait dedans, après tout, c’était même ici qu’ils s’étaient embrassés la première fois. Si Roy avait enterré leur histoire et rangé Juliana dans la catégorie de ses nombreuses ex, une petite part de lui n’appréciait pas l’idée qu’il lui arrive quelque chose. Ils avaient beau ne plus être en contact, même entretenir une certaine animosité, Roy ne souhaitait pour autant pas la retrouver morte sur un comptoir de bar. Cela ne dépendrait pas vraiment de lui, malheureusement. La rencontre avait l’air de bien se passer, cela faisait une bonne demi-heure que les deux hommes étaient à l’intérieur, sans qu’il n’y ait de signe de danger, c’était bon signe. Ils allaient peut-être réellement conclure une affaire, qui savait.

Un peu d’action allait bientôt se profiler, cependant. Roy allait reprendre sa ronde quand la forme d’un Patronus qu’il connaissait bien s’approcha de lui. Que faisait-il ici ? Ce fut sourcils froncés qu’il accueillit un chien fait de volutes argentées, alors que la voix reconnaissable entre mille d’Antonino Tessio éructait entre trois jurons :

« Hé Roy, tou té fous dé moi ? Jé peux plou transplaner près des hangars, on dirait qué c’est bloqué, c’est toi qui a posé une sortilège ? Arrête tes couillonnadeuh là, jé vais pas rester à attendre ici avec tous tes cartons, y a au moins vingt kilos dé came là-dédans, tou lé sais ça ? -Oh mais fais un peu attention à cé qué tou fais, cazzo ! Tou as dé la merde dé licheur dans les yeux, ou quoi ?- Encore une crétin qué fait des grands gestes pour rien, jé té jure que jé vais lui enfoncer sa baguette dans les trous dé ses oreilles… Hé, Roy, hé ! Jé crois que jé vais ramener la marchandise ailleurs, en attendant, mais dis-moi au moins cé qui sé passe, j’aime pas quand tou mé fais des embrouilles comme ça, là ! »

Et le Patronus s’évapora sous le regard perplexe de Roy, qui mit quelques secondes à assimiler le message. Il ne s’attendait pas à recevoir ce genre de nouvelles de la part de Toni, qui avait toujours réussi à faire son travail correctement, sans que l’on soit derrière lui. De quoi parlait-il, avec cette histoire de transplanage ? Roy n’avait jamais bloqué l’accès de leur hangar, pourquoi le ferait-il, surtout un soir où il savait que Toni était sensé récupérer de la marchandise pour eux aux docks d’Hastings ?

C’était un mystère qu’il allait très rapidement résoudre. Son hangar -ou plutôt, celui que sa cousine Eden lui avait généreusement fourni dans sa confiance aveugle- était situé juste derrière l’Avenue des Douze Chênes, dans la rue Scrouttard, qui lui était parallèle. Il ne mit pas cinq minutes à s’en approcher. A ses abords, il reconnut deux de ses acolytes, Tod Wilkes et Owen Rastrick, patrouillant autour. D’un geste du menton, il leur fit signe de le suivre. Tous trois sortirent discrètement leurs baguettes par précaution. Roy s’avançait dans la rue, sens en alerte, avec un mauvais pressentiment qui lui nouait les entrailles… Il fit signe à ses deux collègues de rester discrets et silencieux. Alors qu’il reportait son regard sur la rue, Roy ne vit pas que Tod s’éloignait plus loin derrière. Ses yeux attrapèrent dans l’obscurité naissante de la nuit la silhouette d’un homme qui longeait les grillages des entrepôts. Il paraissait être un simple citoyen de passage, plongé dans ses pensées, alors qu’il avançait le menton enfoncé dans le col de sa veste. Et pourtant, Roy jura voir jaillir une étincelle près de sa main. Il fronça les sourcils, prêt à attraper d’autres détails, mais l’homme bifurqua à la sortie de la rue, laissant simplement un arrière-goût d’étrange à Roy.

Ce fut le moment où Tod revint vers eux, la mine empressée. Il posa une main sur l’épaule de Roy, puis se mit à chuchoter :

« Je viens de choper un patronus de Jayce. Ils vont sortir du restau, apparemment, ils ont négocié l’affaire et ils viennent par là, la came est dans un des hangars. »

Roy ne réagit pas, car alors que Tod parlait, il était encore absorbé par son observation des alentours. Et il venait de voir. Il venait de voir un autre homme, proche des entrepôts, mais lui, derrière les grillages. Et pour celui-ci, Roy n’avait aucun doute… Il avait bien sa baguette dégainée, en pleine exécution d’un sortilège.

« T’écoutes, Calder ? On doit revenir vers le Triton ! »

Tod secoua l’épaule de Roy pour qu’il lui accorde de l’attention, mais le regard du trafiquant, exorbité, restait obstinément fixé sur ce qu’il venait de voir.

« Putain de merde. » Les mots sortaient par murmures de la bouche de Roy, sans qu’il ne s’en rende réellement compte. Les liens logiques venaient de se faire et dressaient un constat affolant. Rien d’étonnant à ce que Toni ne puisse pas transplaner dans cette zone… C’était des charmes anti-transplanage que ces hommes exécutaient dans la rue ! Bon sang ! Combien de gars Gros’Joe avait planqué dans ces hangars, baguettes dégainées, à attendre qu’ils entrent sagement dans ces entrepôts pour tous les liquider, sans leur donner une moindre chance de s’enfuir par transplanage ? « Putain, c’est un traquenard, ils essayent de nous entuber ! »

A peine eut-il le temps de s’exclamer qu’Owen poussa un rugissement qui les alertèrent tout deux. Il fit un bond sur le côté pour éviter un sortilège qui le visait, bousculant par là Roy et Tod qui tombèrent à la renverse. La jambe de son acolyte lui entravait la taille, mais Roy parvint à extirper tant bien que mal d’une poche de sa veste le Gallion qui leur servait à communiquer. Pas de message, on ne pouvait émettre avec qu’un signal d’alerte pour ceux qui possédaient d’autres pièces identiques. Il n’avait de toute façon pas le temps de faire plus que ça. Alors qu’il se relevait, un second sortilège fusa à quelques centimètres de sa joue et vint exploser un mur en brique derrière lui.

Les trois hommes se regroupèrent, dos à dos, pour faire face aux cinq sorciers qui les encerclaient à présent, une mine mauvaise collée sur leur visage. L’un d’entre eux prit la parole, avec un sourire moqueur, et Roy tourna aussitôt sa baguette vers lui :

« Ca y est, vous venez de piger dans quelle bouse de troll vous êtes ? On vous laissera pas pourrir notre plan. Votre sale petit chef viendra se pointer ici comme prévu, et vous, eh bien… On le laissera apercevoir vos cadavres quand on aura fermé la porte du hangar derrière lui. »

La menace à peine voilée crispa le visage des trois hommes, mais Roy ne se démonta pas. Le même rictus narquois tordit ses lèvres, alors qu’il répliquait :

« Ah vraiment ? A ta place, je m’inquiéterais plutôt du derrière bien gras de ton patron, parce qu’il risque de recracher ses crevettes dans… Allez, dix secondes ? Satisfait de voir qu’il venait de capter l’attention de leurs agresseurs, il poursuivit : Dommage pour vous, les gars, c’est trop tard, votre plan a déjà foiré. On dirait bien qu’il y aura du sharack à bouffer pour les poissons du port, ce soir. »

Sur ces derniers mots, Roy désigna du menton quelque chose à l’arrière de son interlocuteur, et pour cause : deux autres personnes, de leur camp cette fois-ci, remontaient la rue en courant vers eux. Il profita de cette seconde où il déstabilisa son adversaire pour le désarmer, mais bientôt, les sortilèges fusèrent de tous les côtés entre les deux gangs, sans se soucier d’éventuelles personnes innocentes qui passeraient aux abords…

****


Bill Griggs, 50 ans
Chef de gang basé à Londres

Au même moment, cinq personnes au Triton Ardent sentirent un Gallion chauffer dans la poche de leur pantalon. Bill, et les quatre hommes qui l’avaient suivi dans le restaurant. Joe Sparkles tendait encore sa main vers Griggs, dans l’attente de sa réponse. Il laissa passer un silence, échangea un regard avec ses hommes, comme s’il réfléchissait encore. Mais cet échange de regards tout à fait entendus n’avait en vérité rien de bonne augure pour le Boullu Sanguinaire, sur qui Bill reporta son attention. Ce résidu de calamar cherchait-il à le duper ? De toute évidence. Il avait été très clair avec ses hommes avant de venir. « Si jamais une de ces pourritures vous paraît suspecte, vous réglez ça proprement tous seuls, vous êtes grands, vous savez communiquer par Patronus, j’vais pas vous tenir par la main pour vous montrer où enterrer une carcasse de sharack. J’veux rien savoir de ce qui se passe dehors quand je serai avec Sparkles, sauf si je dois moi-même buter ce gros lard. » Bref, les Gallions ne devaient servir qu’à alerter d’un danger imminent contre sa personne. Bill ne savait pas de quoi il retournait précisément. Il n’avait pas besoin de connaître les détails, pour le moment. Joe Sparkles essayait de le piéger. C’était tout ce qu’il fallait savoir.

Griggs déposa sa serviette près de son assiette, puis se pencha en posant ses deux coudes sur la table, faisant fi des bonnes manières. Aucune trace de colère n’était visible sur son visage, pour le moment, ce fut en s’efforçant de rester calme qu’il prit la parole :

« Vous avez une sacrée réputation, Monsieur Sparkles, tellement qu’on entend parler de vous jusque Londres… On dit que vous n’êtes pas un homme qui négocie, que vous préférez vider d’abord quelques entrailles par-dessus la mer avant de parler, enfin vous voyez, ce genre de trucs. Mais j’aime pas les ragots, je préfère toujours venir voir par moi-même de quoi il retourne. Et… »

Il laissa s’écouler quelques secondes de silence, les yeux vrillés dans ceux de son adversaire. C’était le moment où il était sensé conclure, dire s’il souhaitait lui accorder sa confiance ou pas.

« Je crois que vous n’avez aucune envie que cette guerre cesse comme dans un « conte pour enfants », sale rat. »

Sur ces premières hostilités, les hommes de Griggs dégainèrent leur baguette d’un même geste vers Gros’Joe. En face, l’on fit de même. Cela ne dura qu’un centième de seconde. Il y aurait peut-être un chef de gang atteint, ce soir, ce serait au sorcier le plus prompt parmi toutes ces baguettes.

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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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"J'ai failli lui péter les dents, à ce fils de Doxy !"

"Du calme, Joel. Redis-moi ce qu'il t'a dit, exactement ? Pas la partie sur Juliana", précisa Stanley Hudson de son habituel ton rassurant, même si son front plissé trahissait son inquiétude.

"Qu'ils veulent discuter en toute tranquillité, qu'on doit installer personne autour d'eux. Il m'a balancé des billets..."

"Et combien sont-ils ?", s'enquit Sabrina Hudson d'un ton pressant, tout en continuant de remuer le contenu fumant de sa marmite à intervalles réguliers.

"J'sais pas, dix ou douze..."

Un silence perplexe suivit le récit de Joel, que Juliana approuva d'un signe de tête. La jeune femme se tourna naturellement vers Stanley qui, avec son flegme et sa longue expérience de restaurateur, savait toujours se sortir de n'importe quelle situation. Aujourd'hui, cependant, la situation était des plus délicates, car c'était bien la première fois qu'une bande de sorciers aussi louches s'aventurait dans le restaurant familial. Même le gobelin maussade attelé au bar depuis le début de la journée qui enchaînait les gobières sans interruptions semblait d'une meilleure compagnie que ces types là... Le Triton Ardent n'aurait sans doute pas dépareillé sur la Promenade des Marins, mais du fait de son implantation avantageuse sur l'Avenue des Douze Chênes, il évitait ce type de désagréments et recevait une clientèle tout à fait convenable. C'était le restaurant le moins cher de la rue, au standing le moins élevé, ce qui lui assurait paradoxalement d'être très souvent rempli. Les membres de la police magique et parfois même les aurors n'hésitaient pas à y faire un repas entre deux interventions dans la ville, ce qui tendait à éloigner les malfrats et autres petites frappes qui hantaient la Voie des miracles. Pourtant, aujourd'hui, le groupe d'hommes qui venait de s'approprier d'autorité l'arrière-salle, moyennant une poignée de billets dont l'origine était plus que louche, ne ressemblait en rien aux honnêtes hommes d'affaires qui venaient parfois y déjeuner...

Que la criminalité envahisse la ville n'était un secret pour personne, mais elle se tenait jusque là relativement éloigné de l'avenue commerçante principale. Cette intrusion était donc tout à fait préoccupante et relativement incroyable, comme en témoignait l'air d'incrédulité imprimé sur le visage de Sabrina. La cuisinière connaissait suffisamment son fils pour savoir qu'il était parfois prompt à s'alarmer et à s'emporter. Peut-être avait-il mal saisi la situation...

"Il faut que je remonte, Suzie est seule en salle et ils vont se douter de quelque chose", indiqua Juliana d'un ton pressant, alors que le silence s'éternisait. "Qu'est-ce que je fais, alors ?"

"Il faut avertir les aurors !", s'exclama Joel en sortant sa baguette magique, prêt à lancer son patronus en forme d'ours en direction du Bureau des Aurors.

"Je ne sais pas, Joel...", le contredit sa mère, visiblement mal à l'aise. "Il serait mal vu de faire un esclandre pour rien, tu ne crois pas ? On risque de s'attirer des ennuis. Rien ne nous permet de savoir avec certitude si ces hommes trempent réellement dans le marché noir, et il n'est jamais bon de lancer des accusations gratuites. Ils ont le droit de venir manger chez nous, après tout. Je crois qu'on devrait les servir normalement, et attendre de voir comment la situation évolue."

Tous les regards se tournèrent vers Stanley, le chef implicite de leur commerce, qui finit par approuver les paroles de sa femme d'un hochement de tête.

"Mieux vaut attendre d'en savoir plus avant de faire quoi que ce soit. Juliana, occupe-toi de leurs tables s'il te plait, quitte à refiler les tiennes à Suzie. Je veux que toute ton attention leur soit portée, n'hésite pas à laisser tes oreilles...Discrètement."

"Bien sûr, patron, je suis toujours disc...", commença Juliana avec un sourire, avant d'être brusquement coupée par Joel.

"C'est hors de question que je laisse Julia s'approcher d'eux !"

"Julia est une grande fille qui n'a pas besoin que tu la protèges et qui doit faire son travail", répliqua Juliana d'un ton fier, avant de s'emparer de deux assiettes fumantes. "File, j'te parie deux mornilles que le gobelin t'attend déjà pour une nouvelle gobière !"

"Tenu", gromela Joel avant de suivre sa meilleure amie en salle, où il reprit son poste au comptoir. Il calla sa baguette magique dans la ceinture de son pantalon, et servit sa boisson à la créature velue, non sans jeter des petits coups d'oeils fréquents en direction du fond de la salle. Toute cette situation ne lui disait rien qui vaille...

Juliana déposa les deux assiettes fumantes devant deux jeunes de son âge qui, à en juger par la nature de leur conversation, devaient étudier à Lycaon, avant de se diriger vers les deux gangs. Elle s'approcha de leur table, prête à s'enquérir de leur repas, lorsque les baguettes furent dégainées. Les sorts furent lancés si vite qu'elle sursauta et mit quelques instants à réagir, surprise par ce déchaînement inattendu de violence. Qu'ils viennent ici pour trafiquer quelques affaires louches était une chose, mais qu'ils se battent en plein milieu du restaurant ! Son sang se glaça lorsqu'elle vit qu'un homme avait été touché et elle se hâta de battre en retraite vers le reste des clients, avant de lancer un sort de protection en direction d'un sort perdu. Du coin de l'oeil, elle vit Joel quitter le comptoir et s'avancer vers l'avant-salle, baguette en main, et comprit qu'il ne fallait pas compter sur lui pour prévenir les secours. Si cette idée l'avait obsédé quelques minutes plus tôt, il comptait bien désormais parer au plus pressé en protégeant leur clientèle et leur établissement. Juliana, elle, ne voyait pas comment ils pourraient faire quoi que ce soit contre une bande armée, aussi tenta-t-elle de se concentrer sur un souvenir heureux, mais seules des images du Bloody Sunday lui revenaient.

"Spero patronum", lança-t-elle d'une voix un peu tremblante, qui ne produisit que de maigres volutes de fumée. Merlin ! Elle avait moins de mal avec ce sort, avant. Il était délicat, mais la plupart des jeunes sorciers apprenaient à le maîtriser à leur sortie de Poudlard car c'était un moyen de communication diablement efficace... Enervée par son propre échec et par l'urgence de la situation, Juliana prit une profonde inspiration et s'ordonna de réussir son stupide sort. Ce n'était quand même pas si compliqué.

"SPERO PATRONUM !", s'écria-t-elle en se concentrant de toutes ses forces sur Alicia et la journée qu'elles avaient passé au bord d'un lac cet été. Une panthère argentée jaillit de l'extrémité de sa baguette avant de courir loin fu restaurant, en direction du Ministère de la Magie.

Juliana traversa la pièce avant d'ouvrir en grand la porte du Triton Ardent pour évacuer la clientèle affolée. Certains transplanèrent, mais la plupart étaient trop effrayés et se précipitaient vers la porte, tandis que quelques rares clients semblaient décidés à rester et sortaient leurs baguettes. Le coeur de Juliana rata un battement lorsqu'elle avisa les parents de Joel qui sortaient des cuisines, l'air atterrés, leur baguette respective tremblant entre leurs mains.

*Roy Calder, si tu tiens à la vie, j'espère pour toi que tu n'es pas mêlé à tout cela...*

Le gobelin saoul, le derrière bien arrimé à son tabouret de bar, avait entamé une chanson guerrière pour accompagner le combat.

Les patronus de Joel & Juliana:
 



Merci à Juliet
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Dernière édition par June Byrd le Mar 9 Sep - 1:36, édité 1 fois
June poussa un soupir alors qu'elle observait son reflet dans le miroir de sa salle de bain. Elle posa délicatement une petite pince dans ses cheveux pour éviter qu'il lui tombe dans les yeux et ajusta le décolleté de son haut. Elle mit une touche de brillant sur ses lèvres et décréta qu'elle était prête. Elle vérifia qu'elle avait bien pris sa fiole de poison. Elle n'aurait pas le droit à l'erreur aujourd'hui. Elle allait agir hors de sa zone de confort et en public. Une légère anxiété la saisit pendant un court instant. Elle se dépêcha de la chasser, elle ne pouvait pas se permettre d'angoisser non plus. Elle inspira profondément, il fallait vraiment que la somme promise en vaille la peine pour qu'elle ait accepté une telle mission.

Elle avait été contacté la semaine passé par un chef de gang de seconde zone. Du moins, elle l'avait pris pour tel au début mais au vu de la masse de gallions qu'il avait déposé devant elle, Ezra Barnes cachait bien son jeu. Elle n'avait pas hésité longtemps avant d'accepter son offre. Elle avait calculé les risques et en avait conclu que pour une somme pareille, elle pouvait tenter le coup. Barnes lui avait même donné quelques indications sur où et comment trouver ses victimes. Cela lui faciliterait la tâche, c'était certain mais elle aurait préféré les éliminer séparément si elle avait eu le choix.

Hélas, elle ne l'avait pas eu, son client souhaitait que la chose soit réalisée rapidement et sans vague. Pour ce genre d'exécution, la meilleure arme restait le poison et la dissimulation. Elle avait l'intention d'utiliser le Polynectar pour passer inaperçue. Mais elle préférait attendre avant de le boire, elle voulait profiter de sa petite taille pour examiner les alentours avant de faire quoique ce soit. Elle sentait que la rencontre entre Gros'Joe et Griggs était un traquenard et il était hors de question qu'elle se jette dans la gueule du loup sans préparation. Elle sortie donc sur l'Avenue des Douze Chênes normalement comme pour aller faire ses courses et se dirigea naturellement vers le Triton Ardent où la rencontre devait avoir lieu. Elle décida de bifurquer par la rue Scrouttard pour profiter d'un recoin sombre et boire son Polynectar.

Elle n'eut pas le temps de faire quoique ce soit puisque des hommes sortirent de nulle part et commencèrent à jeter des sorts anti-transplanage. Un sentiment d'oppression s'empara de la jeune femme alors qu'elle se collait dans un recoin sombre pour observer la suite des événements. Elle sortit sa baguette de la poche de son jean et eut une pensée ironique en se disant que finalement, elle n'aurait peut-être pas besoin de tuer Gros'Joe et Griggs mais juste le vainqueur de cette guerre des rues. Elle voyait déjà son butin s'amoindrir à vue d'oeil mais elle ne risquerait pas sa vie pour un tas d'or. Elle n'était pas inconsciente à ce point. Et pourtant, elle ne fit pas demi-tour bien décidée à terminer sa mission.

Elle se permit un coup d'oeil dans la rue et aperçut Roy Calder, elle aurait dû se douter que le trafiquant serait mêlé à ce coup foireux. Elle resta cachée pendant que les hommes de son ancien mentor mettait KO les Sharaks. Elle jeta un léger sort de confusion à l'un d'eux lorsqu'il essaya de s'en prendre à Roy lui même et sortit de sa cachette pour se diriger vers le Triton Ardent. Au diable le Polynectar, de toute manière dans la confusion ambiante, il y avait peu de chance qu'on la reconnaisse. Elle entra donc dans le bar qui ne semblait pas vivre de meilleurs moments que la rue d'à côté. Elle jura tout bas lorsqu'elle reconnut Juliana McNeil parmi les personnes présentes. Il ne manquait plus qu'elle.

La situation était mal engagée et son plan initial tombait à l'eau. Il fallait absolument qu'elle trouve un moyen de finir le travail sans qu'on l'inculpe de quoique ce soit. Mais le poison n'était plus une option puisque ses deux victimes se faisaient face et se lançaient des sorts mortels. Une idée germa alors dans l'esprit de June, il suffisait juste de lancer un sort de confusion à l'un d'eux pour que l'autre l'atteigne. Elle se concentra et murmura son sort sans viser l'un des deux mafieux plus que l'autre.

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Dernière édition par Métamorphomage le Dim 14 Sep - 19:51, édité 1 fois
Isobel Montgomery, Aspirante Auror de deuxième année


Isobel n'avait pas vraiment prévu de sortir ce soir mais Inger et Katy avaient insisté pour qu'elles aillent boire quelque chose ce soir, Katy ayant soi-disant besoin de se changer les idées. Normalement, la jeune Aspirante sortait peu durant l'année, bien trop occupée avec l'entrainement intensif des Aurors. En plus des lourdes horaires, ils devaient travailler des cours et des leçons à coté, sans parler de textes de lois et des protocoles interminables. C'était fastidieux et épuisant mais aux yeux d'Isobel, c'était passionnant. Toute sa scolarité à Poudlard avait été faite dans un seul but, celui de devenir un jour Commandant du Bureau des Aurors. Pour le moment, elle devait encore finir sa formation mais elle ne se décourageait pas : elle avait validé sa première année plutôt honorablement et espérait faire encore mieux durant la deuxième. C'était le moment où ils commençaient à avoir un peu plus d'autonomie, où leurs formateurs les laissaient prendre des initiatives et Isobel comptait bien se faire remarquer pour prouver qu'elle avait sa place au sein du BDA, aussi redoublait-elle d'efforts.

Ils n'étaient que deux désormais dans sa promotion, Hatori et elle, depuis que Ulrich avait passé la baguette à gauche. Honnêtement, lorsqu'il était mort, Isobel avait été plus attristée par le fait qu'elle n'ait pas pu le coincer que par la perte que cela engendrait : ils ne s'étaient jamais entendus et elle le voyait comme son concurrent le plus sérieux au sein du BDA. Si seulement elle avait pu se rendre compte qu'il était le Vengeur Masqué ! Avec cette découverte, la gloire aurait été assurée et elle aurait pu faire comme l'Auror Stormborn : décrocher un poste de lieutenant à la sortie de sa formation. Malgré sa déception, elle ne restait pas sur son échec : il lui fallait avancer pour saisir les opportunités qui pouvaient se présenter à elle à tout moment. C'est pour cela qu'elle était rentrée tôt ce soir, histoire d'être en forme pour le lendemain et aussi parce qu'elle ne supportait plus la voix aigüe de Katy qui lui vrillait les tympans à chaque mot. Katy venait de quitter Poudlard, elle était encore adolescente, songea Isobel en s'engageant dans la rue Scrouttard - raccourci pour rejoindre son appartement - tandis qu'elle était une adulte : elle travaillait, faisait partie d'une élite. Katy Scott ne pouvait pas comprendre ce que c'était, conclut-elle avec suffisance en enfonçant ses mains dans ses poches.

L'air était un peu frais en ce début de soirée de septembre et elle enfouit le bout de son nez dans son léger foulard lorsqu'une sensation familière l'envahit. L'espace d'un instant, l'atmosphère avait semblé plus lourde, comme... Comme lorsqu'un sort anti-transplanage était appliqué. C'était l'une de ses leçons de première année et elle la connaissait encore par cœur. Soudainement prise d'un mauvais pressentiment, elle fit basculer son sac à main de son épaule pour y chercher sa baguette magique. Pourquoi appliquerait-on un sortilège anti-transplanage sur la rue Scrouttard ? Son formateur lui avait toujours dit de se fier à son instinct tout en analysant son environnement. Elle ne voyait aucun représentant des forces de l'ordre dans le coin et n'avait de toute manière pas entendu parler d'une quelconque opération alors qu'elle se tenait au courant de ces choses-là (elle était toujours prête à faire des heures sup' pour montrer son implication.) L'oreille aux aguets, Isobel s'empressa de se rappeler toutes ses leçons : comment analyser une situation, comment regarder autour de soi, comment se positionner... C'était la première fois qu'elle se retrouvait seule dans une situation potentiellement sujette à une intervention d'Auror et elle sentait l'adrénaline l'envahir.

Tout le monde savait - et plus particulièrement les employés de la Justice Magique - que Bristol était en proie à de nombreux conflits entre les gangs et bandes de trafiquants qui y faisaient leur commerce. Avec un peu de chance, elle était tombée sur l'une de ces altercations et elle aurait l'occasion d'y mettre son grain de sel. A coup sûr, si elle arrêtait des criminels notoires, elle était bonne pour les félicitations du Commandant en personne ! Voire du Directeur du Département ! Elle était en deuxième année, cela faisait un an qu'elle observait son formateur et qu'elle s'entrainait : elle savait réaliser une interpellation même si elle n'avait jamais eu l'occasion de le faire seule. Elle connaissait la théorie et elle avait déjà vu faire : c'était largement suffisant ! Puis elle commençait à se débrouiller en duel, elle avait réussi à gagner contre un dernière année avant hier ! Il n'y avait pas de raisons qu'elle ne se débrouille pas. Elle aurait pu appeler quelqu'un - les Aspirants Aurors se serraient plutôt les coudes, vu qu'ils étaient tout de même de futurs collègues - mais elle n'avait pas envie que le mérite de cette intervention lui soit retiré. Aussi, elle lança un Reducto à son sac à main pour le ranger dans sa poche et s'avança à pas lents, scrutant son environnement. Il ne lui fallait pas longtemps pour apercevoir l'éclat des premiers sorts et son cœur s'emballa tandis qu'elle s'imposait de rester calme et stoïque.

Abritée par l'ombre d'un hangar, Isobel avança encore un peu avant d'apercevoir le combat. Son flair avait eu tout bon : ce n'était pas des policiers magiques qui se battaient ! Un sortilège passa à une cinquantaine de centimètres d'elle tandis qu'elle reculait un peu, réfléchissant à un angle d'attaque. Elle pouvait tenter de les Stupéfixer un à un, changeant de position régulièrement pour qu'ils ne la trouvent pas. Elle leva sa baguette magique pour se désillusionner - elle ne maitrisait pas encore très bien le sort mais Filature et Tapinois était sa matière faible - et avança de nouveau à l'angle du mur, passant la tête pour bien voir. Visant le dos de l'un des combattants, elle lança son Stupéfix informulé avant de redresser la tête pour revenir à l'abri du mur. Il fallait bouger maintenant ! Précautionneusement, baguette dressée, elle sortit à découvert. C'était son quart d'heure de gloire : l'Aspirante Auror qui mettait fin à un dangereux duel de rue ! Elle voyait déjà les gros titres de la presse. Et toute à sa gloire future, Isobel ne sentit pas le sortilège de désillusion s'atténuer...

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~ Nancy McStay ~
Mère au foyer, et épouse en quête de vérité.
25 ans

La pauvre Nancy avait encore bien du mal à intégrer cette odieuse vérité, qui plaçait son doux mari au sein de l'une des organisations les plus violentes de Bristol. Depuis l'aube, dans son désir de connaitre enfin la vérité sur l'homme qui partageait sa vie; l'épouse d'ordinaire si prudente s'était transformée en espionne aussi discrète que déterminée! Elle n'avait point suivit les conseils troubles de son homme, qui la renvoyait à ses fourneaux et à s'atteler aux tâches ménagères. Non, pas cette fois-ci! Elle ne se comporterait pas en épouse exemplaire, fermant les yeux sur les agissements secrets de son mari. Nancy McStay voulait découvrir qui se cachait réellement derrière le père des ses enfants, et rien ne pouvait anéantir sa soif de vérité. Confiant la garde de ses enfants à sa voisine et amie de toujours, elle s'était alors glissée in-extremis dans la sillage de Andy. Résolue à l'idée de lever le voile sur les agissements mystérieux et indicibles de ce dernier, elle l'avait alors pisté de l'aube jusqu'au crépuscule. Et cette traque lui avait apporter son lot de réponses...

Son beau Andy empreint de tendresse n'était rien d'autre qu'un immonde "Sharrack". L'une de ces odieuses crapules qui sévissaient autours du port magique de Bristol, et dans la voie des Miracles, en rackettant les honnêtes citoyens de la ville. Le père soi-disant aimant qui brossait tous les matins les cheveux bouclés de sa fille Jill, et qui donnait le biberon à sa petite princesse Kathleen, n'était rien d'autre qu'un meurtrier sanguinaire! Etrangement la pauvre épouse aurait préféré le voir se glisser à l'intérieur des Folies Sorcières, et dans le corps d'une prostituée de bas étage, que de le savoir à la solde de ce gang de fous furieux! Quelle incroyable désillusion pour Nancy, qui ne savait plus sur quel pied danser. Devait-elle rester auprès de cet homme devenu un étranger? Fuir? Prévenir la Brigade de Police Magique? Continuer à vivre dans le mensonge? Avant de prendre la moindre décision, la jeune femme fit le choix d'en savoir plus sur les agissements de son homme. C'est ainsi qu'elle se décida, au mépris du danger, à le suivre discrètement alors qu'il se rendait vers son mortel rendez-vous. Dans sa naïveté touchante, Nancy espérait encore que son homme ne se livrait qu'à des exactions insignifiantes. Pourtant lorsqu'il sortit du au combien mal fréquenté "Strangulot d'eau de Mer", rien dans l'attitude de Andy McStay, soulignait une légère implication dans le gang de malfrats. Au contraire, il se distinguait comme en étant l'un des leaders. Mais Nancy

La filature de Nancy la conduisit jusqu'au centre de Bristol, dans l'une de ses ruelles isolées qui longeait l'allée des douze chênes. La meute de Malfrat s'arrêta un instant dans un premier troquet, avant de se regrouper dans une impasse obscure non loin de la rue Scrouttard. Dissimulée à l'angle d'un mur de briques, elle tenta de saisir les bribes de conversations qui lui parvenait aux oreilles.

" ... on fait quoi Andy? On tombe sur ce fils de chienne quand il sort du restaurant? "

La voix d'ordinaire si douce de époux, paraissait aussi abrupte et rocailleuses que les falaises de Cornouailles. Nancy ne la reconnaissait plus, ni dans le timbre, ni dans les mots employés.

" T'es bouché ou quoi!? On laisse notre poisson sortir de l'eau, et se prendre dans notre épuisette! Tu piges? Gros'Joe va le conduire dans la rue Scrouttard, là où la première équipe va jouer le comité d'accueil, et nous on referme l'impasse pour empêcher toute tentative de fuite de ce salopard! Ils devraient bientôt sortir! Ce plan ne peut que fonctionner, et Griggs nourrira bientôt les crabes du port! "

Nancy sentit son cœur s'étreindre dans sa poitrine alors qu'elle découvrait le penchant meurtrier de son époux. Oui, il parlait bien de tuer un homme. Il n'y avait plus le moindre doute, il s'agissait bel et bien d'un meurtrier! Nancy sentit un désir de fuite s'emparer de son être; Elle devait protéger ces enfants et quitter Bristol au plus vite. Il était clair que son mariage ne lui apporterait que des malheurs. Elle s'apprêtait à prendre ses jambes à son cou quand un tumulte résonna depuis l'embouchure de la rue Scrouttard; comme si un combat magique venait de s'y engager! Andy et sa meute d'assassins se raidirent, brandissant comme par réflexe leurs baguettes.

"Putain mais c'est quoi ce bordel!? On devait attendre Griggs pour passer à l'action! Ce salopard de Griggs a dû flairer quelque chose! On va se séparer! Vous autres, vous venez avec moi, on file aider l'autre équipe. Tandis que le reste ira sauver les grosses fesses de notre boss! Ces bâtards veulent nous piéger, et bien on va leur montrer de quel bois de baguette on se chauffe, nous autres Sharracks! "

Prise de panique, les pas s'approchant, Nancy courut alors aussi vite qu'elle pu, en direction de l'allée des douze chênes. Il fallait qu'elle rejoigne la populace, pour se préserver de ce conflit entre malfrats! Elle pensait y parvenir, quand elle se heurta à un mur. Un homme sinistre à la mine lugubre la contemplait, avec un sourire cruel.

"Alors ma jolie, on écoute les conversations de ces messieurs? On ne t'a jamais dit que c'est pas beau d'écouter aux portes? Je vais te donner une petite leçon moi! Montre moi ce que tu caches derrière tes nippes! "

L'auguste personnage voulut lever la main sur Nancy, mais pour se dégager de toute emprise, cette dernière lui expédia un coup de pieds sournois dans l''entrejambe. Bien plus utile qu'un Stupéfix, le coup fit se courber en deux le malotru, qui poussa de vils jurons à son encontre. Voyant d'autres hommes fondre sur elle, Nancy bifurqua alors dans une étroite allée, qui s'avéra au final être une impasse. Un mur de brique lui faisait face! Le regard désespérée, elle chercha une solution alors que seules des poubelles lui offraient un semblant de cachette. Au loin, elle pouvait d'ores et déjà entendre le souffle de l'homme enragé qu'elle venait de frapper, et qui d'une seconde à l'autre allait débarquer pour exercer sa vengeance. Paniquée, elle leva les yeux, pour découvrir une silhouette féminine en train de l'observer, juchée depuis une petite plateforme. Ne pouvant transplanner, malgré de nombreuses tentatives, elle vit en cette personne son dernier salut. Le visage apeurée, Nancy se tourna vers la femme rousse qui la contemplait froidement.

"Je vous en supplie, aidez-moi! Un homme veut me tuer! "

Comptant sur la solidarité féminine, elle poussa alors une poubelle contre le rebord du mur, et monta dessus. Elle tendit alors une main tremblante vers la femme rousse, qui continuait de l'observer, les bras croisés sur sa poitrine.

"Pour l'amour de Dieu, je vous en prie, je dois rejoindre votre position! "

Alors que le tumulte résonnait au loin, l'impasse demeurait silencieuse tandis que Mildred magpie hésitait encore à hisser la malheureuse jeune mère de famille. Mais qu'allait-elle faire?

Choix de Mildred:
 


Andy Mc Stay
Malfrat des Sharracks, intervenant dans la rue Scrouttard
28 ans

Les Sharracks s'étaient faits doublés! Et dans l'esprit de Andy McStay, cela ne signifiait que deux choses : Soit la bande à Griggs était plus futée qu'elle n'en avait l'air, soit il y avait une taupe dans leur rangs. Car la tactique imaginée par Gros'Jo et lui-même semblait parfaite, et devait au final enlever toute forme de concurrence sur Bristol. Mais dans une guerre entre Gangs Rivaux, la normalité n'existait point, n'ayant que son lot d'imprévus; Et l'altercation magique qui rugissait depuis la rue Scrouttard, tendait à prouver cette fâcheuse tendance. Andy et sa demi-douzaine de Sharracks ne tardèrent point à déboucher dans la ruelle maudite, pour y découvrir les membres de la première équipe au prise avec des hommes de Griggs. Mais nul doute que les débats allaient probablement s'inverser, tant le renfort d'Andy McStay et de ses brutes donnait aux Sharracks un avantage numérique. Sans même se soucier des sortilèges qui fusaient tout autour d'eux, Andy et ses hommes avancèrent d'un pas confiant vers le théâtre du combat.


Le second de Gros'Joe sentit qu'il devait marquer les esprits et semer la peur dans les rangs de ses ennemis. Longtemps son chef lui avait inculqué que c'était en faisant ce que les autres n'osaient faire, que l'on en arrivait à imposer le respect. Pour s'imposer parmi les crapules, il fallait forcement inspirer la crainte, et en cela Andy McStay était plutôt doué. Dévoré par l'ambition depuis qu'il venait d'intégrer le gang, le jeune homme avait dans l'idée de diriger un jour cette ville. Son temps viendrait, et il balaierai Gros'Joe et tous les autres chefs de bandes pour devenir le maître absolu de la voie des Miracles! Andy se voyait comme celui qui finirait par unifier les hordes de gangsters rivaux pour constituer une même entité, qui n'aurait que pour but le profit accumulé. Cette funeste journée était donc décisive, et il était temps pour lui de s'affirmer comme un leader incontesté!

Prenant à revers ses adversaires, Andy McStay se porta à hauteur d'un homme de Griggs qui lui tournait le dos. Sans même le moindre égard, et dépassant tout code d'honneur, Andy McStay bascula alors de manière irrévocable du coté obscur : Pointant sa baguette en direction de son ennemi, il prononça alors les mots interdits...

"Avada Kedavra! "

Un éclair jaillit alors de sa baguette en bois de saule, pour venir frapper par derrière son ennemi qui s'immobilisa brusquement, le regard effaré, avant de s'effondrer raide de mort sur le bitume de la rue Scrouttard. Que les malfrats soit du coté de Griggs ou des Sharracks, le temps sembla se suspendre. Andy McStay bafouait le code d'honneur des truands mais il s'en fichait. L'usage d'un sortilège interdit, et l'absence de scrupule à frapper un ennemi de dos, prouvait qu'il voulait repousser les limites de la violence sévissant sur Bristol. Andy ne tarda pas à s'avancer vers la dépouille de son adversaire, pour lui administrer un violent coup de pied pour retourner son cadavre. Sa victime n'avait guère plus de la vingtaine d'années. C'était un gamin. Mais Andy masqua rapidement toute forme d'émotion, que pouvait lui inspirer sa forfaiture. Avec mépris, il cracha même sur la dépouille de sa victime.

"Œil pour œil, dent pour dent! C'est pour toi, Tommy. On va te venger et donner aux crabes du Port de quoi se mettre quelque chose sous la pince. A qui le tour maintenant? "

Andy McStay jeta un bref regard aux alentours, où les rangs des Sharracks paraissaient galvanisés par ses propos, tandis que le camps adverse éprouvait également une haine légitime et viscérale vis à vis de ce meurtre de sang froid. Le face à face entre les deux gangs annonçait qu'un assaut fatal étant sur le point de se produire. Durant, l'espace d'une seconde la rue Scrouttard ne fut balayée que par les prémices de l'automne et le souffle glacé du vent.


Puis le chaos se réinstalla, les sortilèges fusant de nouveau de toute part. Un Sharrack tomba foudroyé par une attaque, et Andy esquiva de justesse un sort à son encontre à l'aide d'un "Protego". Le regard du chef de meute se porta alors sur un des assaillants, dont le regard noir et l'aspect physique soulignait des origines au delà des frontières de l'Angleterre. Une petite frappe mais qui se battait avec tant d'ardeur que cela en devenait presque dangereux. Bien qu'en minorité, les hommes de Griggs se défendaient comme des beaux diables, et en l'espace d'un battement de paupière, cinq de ses hommes se retrouvèrent au sol, alors qu'un autre fut atteint d'un sortilège de confusion! La rapidité avec laquelle s'équilibrait le combat, laissa Andy quelque peu songeur. Comme si quelqu'un extérieur au combat, les frappaient sournoisement...

Ce doute fut rapidement levé quand Andy se porta à hauteur du petit brun ténébreux qui se battait farouchement. Le second des Sharracks accueillit ce face à face avec un petit sourire rusé aux lèvres. D'une voix calme dans la tourmente, il s'adressa alors à son adversaire courts sur pattes.

"Alors le nabot, un petit duel à mort, cela te tente? Ou tu préfère te débiner? "

Mais Andy n'eut pas sa réponse quand un sortilège vint frapper l'arrière garde des hommes de Griggs. Ces derniers se retournèrent et désignèrent une silhouette diffuse en train de se matérialiser dans l'ombre de la ruelle. Les yeux d'Andy s'agrandirent de stupeur quand il comprit que cette forme humaine ne pouvait appartenir qu'à un membre de la justice magique! L'espace d'un instant, l'attention des Sharracks se porta sur l'intruse qui se matérialisait peu à peu. Car si les gangs détestaient une chose bien plus que tout, c'était de se savoir à proximité d'un Auror. Andy brandit sa baguette en direction de la femme, dont le sortilège de désillusion venait de s'estomper! Puis il lança un ordre terrifiant, contre cette menace bien visible.

"Butez-moi cette grognasse! Elle pue l'Auror à plein nez! "

Sept baguettes de Sharracks, dont celle de Andy McStay, crachèrent alors des sortilèges en direction de la malheureuse Auror. Mais un seul d'entre eux était mortel...

Destin de Isobel:
 

[HJ : L'intervention de Gros'Joe au restaurant du triton interviendra demain, je ne voulais pas la bacler faute de temps^^]
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~ Joe Sparkles alias Gros'Joe ~
Chef du Gang des Sharracks
42 ans

Une chose s'avérait certaine, ce soir, aucun des deux gangs n'avaient eut l'intention d'ouvrir le dialogue. Que ce soit du coté de Griggs ou de Gros'Joe, tout devait se régler dans le sang, c'était écrit, tant il ne pouvait y avoir qu'une seule tête pensante qui contrôle la ville de Bristol. Le leader des Sharracks comprit immédiatement que son piège venait de tomber à l'eau, et que ce satané troll de Griggs ne bougerait pas ses grosses fesses jusqu'au mortel rendez-vous de la rue Scrouttard. Alors qu'il bouillait pourtant littéralement de l'intérieur, Joe Sparkles, sa colère ne demandant qu'à exploser; Gros'Joe fit mine de se contenter de cette situation, et ne broncha même pas quand les baguettes se brandirent tout autours de lui. L'insulte de "sale rat" apparut même comme un compliment dans la bouche de l'homme qu'il abhorrait. Gros'Joe le dévisagea froidement, avant de parler d'une voix qui contrastait étonnement avec le climat de tension qui s'était emparé du Triton Ardent.

"Vous savez ce qu'il y a bien avec les "sales rats" dans mon genre? C'est qu'ils arrivent toujours à trouver une porte de sortie, même quand le navire est sur le point de couler! " Gros'Joe regarda un instant son verre de Whisky Pur-Feu, comme s'il regrettait presque de ne point pouvoir le savourer. " Et vous savez quoi? Je crois que vous n'êtes qu'un paquet de merde. J'ai jamais imaginé une seule seconde qu'un accord était envisageable avec une pourriture dans votre genre! "

Tout à coup, sans l'ombre d'un indice révélateur sur ses intentions, les doigts de Joe Sparkles se resserrèrent brusquement sur son verre; Sans même calculer les risques d'un tel geste, il jeta violemment celui-ci à la tête de son rival. Le verre s'éclata en mille morceaux sur le front de Griggs, tandis qu'un déluge de sortilèges était sur le point de s'abattre à l'intérieur du restaurant du Triton Ardent! De manière à s'offrir un rempart protecteur, Gros'Joe donna un violent coup de pied dans la table, qui tomba sur le coté en se déversant de ses plats sur le sol. Se plaquant contre celle-ci, Gros'Joe sortit sa baguette et alpagua ses hommes.

"Allez-y, butez-moi ces parasites! Parole du Boullu sanguinaire, il va y avoir du Griggs au menu des poissons du port! "

Un sourire éclaira le visage de Gros'Joe, tant il était dans son élément; Depuis toujours, il adorait la violence et sentir l'adrénaline enivrer ses sens. Un déferlement de sortilèges craqua de toute part alors que les hommes de mains des deux gangs réglaient leur différent. Le chaos fut alors total. Non loin de Gros'Joe, et sous l'impact d'un "Expulso", un Sharrack fut projeté dans les airs, pour atterrir lourdement sur une table qui se brisa sous le choc. Ce qui provoqua la rage du Boullu sanguinaire!

"Putain, mais vous allez me nettoyer l'endroit de ces parasites qui n'ont rien à faire à Bistol! "

Gros'Joe hasarda un œil hors de sa cachette, pour voir Griggs se trainer sur le sol vers un refuge de fortune non loin du comptoir d'accueil. Nul doute qu'il allait très vite reprendre ses esprits, et la situation des Sharracks deviendraient alors des plus compliquées. Le sang du Boullu sanguinaire ne fit qu'un tour alors qu'il se jeta à l'assaut du comptoir. Ses hommes le couvrirent, leurs baguettes crachant des rayons magiques de toute part. Sur sa route, Gros'Joe tomba sur un obstacle, en la personne du garde personnel de Griggs. Alors que ce dernier voulait engagé le duel, le violent chef des Sharracks ne lui laissa pas l'ombre de cette opportunité : Tenant d'une main sa baguette, et de l'autre la fourchette de son repas, Gros'Joe planta celle-ci dans la joue de son assaillant. Ce dernier s'effondra alors au sol.

"Tu apprendras, que j'ai toujours eu un bon coup de fourchette! " s'exclama le Boullu sanguinaire avant de s'esclaffer d'un rire tonitruant.

Mais le rire du Boullu Sanguinaire s'étrangla bien vite, quand Griggs lui fit face. Il ne fallut pas attendre une seconde pour qu'un duel à l'issue fatale ne s'engage entre les deux hommes. Aussi doué l'un que l'autre dans l'art de combattre, le duel paraissait des plus équilibrés. Rien ne semblait ne pouvoir départager les deux chefs de gang, quand un élément extérieur vint changer la donne. A peine entrée dans le restaurant du Triton Ardent, une jeune femme redoutable se mêla à la bataille et expédia un sortilège de confusion à Gros'Joe. Ne voyant que trop tard cette vicieuse attaque, le chef Sharrack n'eut pas le temps de l'esquiver. Ses yeux s'écarquillèrent de manière béates alors qu'il que pensées se troublaient sous les effets du sortilèges. Ou était-il? Que faisait-il dans ce lieu? Qui était cet homme qui le fixait avec le regard empreint de haine et baguette à la main? Aussi étrange que cela puisse paraitre, le terrifiant Boullu Sanguinaire se mit alors à exécuter des pas de danse, se lançant dans un numéro de claquettes, et ce au beau milieu d'un duel magique. Plutôt que de profiter de l'occasion, Griggs demeura sans doute profondément trop perplexe par cette situation ubuesque, et baissa alors sa garde. Le sortilège de confusion agissait de manière diffuse dans l'esprit de Gros'Joe qui tout à coup se reprit, son visage se durcissant brusquement. C'est alors que d'un sortilège informulé, il esquiva la garde magique de Griggs, pour venir le frapper en pleine poitrine. Ce dernier s'effondra alors sur le sol, sa tête heurtant violemment le plancher. Gros'Joe regarda sa baguette sans trop comprendre ce qui lui arrivait, puis s'avançant vers le corps étendu de son ennemi, il le dévisagea un instant.


"Alors on a bobo, monsieur Griggs? "

C'était à son tour de profiter de la situation, mais la confusion régnait encore dans son esprit. Il devait lui expédier un maléfice mortel, mais ses pensées se court-circuitaient. Il pointa alors  sa baguette en direction du visage inconscient de Griggs et puis...

Châtiment infligé par Gros'Joe sur Griggs:
 

Une fois son forfait accompli, Gros'Joe secoua la tête comme pour évacuer le trouble qui s'emparait de lui. La situation dérapait complètement, et nul doute que se déferlement de violence allait se retourner contre les deux gangs. En effet, les gérants du Triton Ardent semblaient vouloir protéger leur bien, l'un d'eux se jetant même au cœur de la bataille, baguette en main. Du coin de l'œil, Gros Joe aperçut la serveuse aux jolies gambettes en train d'envoyer un patronus, et son sang ne fit qu'un tour. Bien que confus, il s'approcha de celle-ci, avant de la saisir par les cheveux pour la plaquer contre lui, en guise de bouclier humain. Déjà des renforts accourraient dans le bar, un couple de vieux sortant des cuisines. Braquant sa baguette sur la tempe de la jolie jeune femme, il lui susurra gentiment à l'oreille.

"Pas d'héroïsme inutile, jolies gambettes! Qui t'a dit de prévenir les Aurors? J'imagine que c'est ta petite famille que je vois là. Alors tu vas être sage et tu vas dire à tes vieux de ranger leurs baguettes, ainsi qu'à  ton chéri, je veux qu'il arrête de jouer au preux sorcier! Pigée ma belle? "

Une confusion malsaine s'empara de Gros'Joe, mais qui cette fois-ci ne découlait peut être pas directement du sortilège, mais plutôt d'une pulsion naissante alors qu'il sentait le corps de la jolie serveuse se plaquer contre lui. Sans le moindre égard pour sa personne, sa main baladeuse vint lui caresser les fesses, Gros'Joe se permettant même l'infamie de lui lécher la joue.

"Un jour, toi et moi, on devrait s'accorder un peu de temps dans l'arrière cuisine. Cela ne te plairait pas? " Puis se tournant vers les résidents du Triton Ardent, il les molesta d'un ton qui ne souffrait d'aucune discussion. "Pas d'héroïsme inutile, ou je la butte! Je veux juste sortir! Alors ne jouer pas au troll! "

Gros'Joe recouvrait quelque peu ses esprits alors qu'il se dirigeait à pas de loup vers la porte d'entrée. Il prenait garde de bien se protéger derrière la silhouette longiligne de son otage, mais la situation prêtait presque au grotesque tant son ventre proéminent dépassait de part et d'autre de son bouclier humain. Mais alors qu'il était sur le point de s'éclipser le plus jeune des gérants fit un geste suspect, que ne manqua point de sanctionner l'impitoyable Boullu Sanguinaire. D'une voix sans appel, il prononça alors une formule interdite qui fit se tordre de douleur l'homme derrière son comptoir.

"Endoloris ! "

Gros Joe tira la chevelure de la serveuse en arrière pour lui intimer l'ordre de ne point réagir. Et son dans une effluve alcoolisée, il lui souffla une violente réplique.

"Vous n'êtes vraiment que des crétins! Incapable de ne pas jouer aux cons! Par la barbe de Merlin, je vous avais prévenu pourtant! Mais non! Il faut toujours que vous jouiez aux héros! Je crois qu'il est grand temps que ce restaurant ferme ses portes! L'hygiène des lieux me semble déplorable! "

Sans ménagement, il propulsa la serveuse au sol. Puis sortant une fiole magique de sa poche, il la jeta également au sol; lorsque celle-ci se brisa, elle déversa une nuée de cafards qui ne tardèrent pas à envahir l'espace environnant. C'était le prix à payer à vuloir s'en prendre au chef des Sharracks. Ce dernier ne tarda point à s'éclipser vers l'extérieur, et l'avenue animée des douze chênes, comprenant que les Aurors allaient intervenir d'une seconde à l'autre. Gros'Joe éprouva une grande frustration à l'idée de point pouvoir acheve son ennemi Griggs, mais l'urgence lui imposait de fuir! Fort heureusement, à peine sortie, il tomba sur ses hommes venus en masse le secourir. Leurs visages blêmes témoignaient qu'ils n'étaient pas porteur de bonnes nouvelles. L'un d'eux finit par s'exprimer.

"Chef! Les Aurors sont déjà là, on était obligé de fuir! La rue Scrouttard s'est transformée en bain de sang! On a perdu beaucoup d'hommes. On est fait comme des rats! "

Nul doute que les Aurors allaient cadenasse l'allée des Douze chênes, et referme le collet sur eux. Mais ce sale rat de Gros'Joe avait plus d'une corde à son arc, et il pensait bien profiter de l'agitation de la célèbre avenue de Bristol.

"C'est vrai, on a peu de temps pour agir! Mais j'ai une idée. Il nous faut semer un vent de panique dans la populace, et profiter de la confusion qui régnera pour disparaitre comme par enchantement. Les Aurors n'y verront que du feu... "

"On procède comment chef? "

Gros'Joe jeta un œil sur la fontaine qui occupait le centre de la place pavée, puis sur les fameux douze chênes. Puis il finit par dire :

"Un chêne... Cela a besoin de beaucoup d'eau. Laissez moi m'occuper de cela, pendant ce temps, je veux que vous frappiez la foule au hasard. Tuer quelque promeneurs innocents et la panique s'emparera des lieux! Vous pouvez incendier les commerces ou ces foutus chênes, je veux juste que les Aurors se sentent débordés par la situation! "

Les Sharracks s'exécutèrent et prirent alors pour cible d'innocentes victimes de passage sur l'allée des douze chênes. Une femme fut frappée de plein fouet par un sortilège mortel, un vieillard fut piétiné par plusieurs gangster. L'horreur s'emparait de cette artère fréquentée de Bristol, ramenant indubitablement au souvenir du Bloody Sunday. Un Sharrack jeta un sortilège "Incendio" sur un des douze chênes, tandis que Gros'Joe voulait jouer au pompier de service, du moins le faisait-il croire. L'horrible chef des Sharrack braquait en effet sa baguette sur la fontaine, et prononça un sortilège "Aguamenti" sur celle-ci. Cette manœuvre eu pour résultat d'inonder l'allée la plus célèbre de Bristol, des litres et des litres d'eau se déversant sur l'asphalte. Bien plus qu'une guerre des gangs, il s'agissait d'une véritable catastrophe qui s'abattait sur le Bristol magique! La confusion la plus totale s'était installé, et les Sharracks commençaient à se fondre dans la foule paniquée. Gros'Joe afficha alors une mine satisfaite, un rictus victorieux aux lèvre.

Sauf qu'il oubliait une chose importante, celle que celui qui sème le vent récolte bien souvent la tempête. Et ce soir, ses actes ne demeureraient point impunis tant il avait déversé un torrent de haine sur la ville. Joe Sparkles sentit alors une présence dans son dos. Une présence animée par un seul sentiment, celui de la vengeance...
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Dermot Flaherty, Directeur et enseignant à l’Académie Lycaon

Dermot était content de sa petite bande de thésards comme il aimait les appeler. Ils  étaient tous en train de bucher sur leur sujet de mémoire et ils n’avaient pas levé le nez de leurs grimoires depuis plusieurs heures. La petite Rosaleen était de loin sa préférée même si le jeune Connor se défendait vraiment bien. Il avait cette espèce d’arrogance positive qui qualifiait les petits génies. Si Dermot avait pris initialement la fille Lestrange pour une vulgaire abeille besogneuse soucieuse de bien-faire  (Bref, un profil d’élève ennuyant à mourir !) il s’était vite rendu compte de sa méprise à son sujet. La gamine était vive et intelligente. Un peu trop modeste à son goût -quant on avait un don tel que le sien, on pouvait bien se vanter de temps en temps - mais il ne doutait pas qu’elle gagnerait en assurance avec le temps... Et, par la force des choses : Il faut dire qu’elle était dorénavant madame Marchebank, la femme du Ministre de la Magie, même si pour Dermot elle serait toujours son petit Colibri.

« Les enfants, c’est presque 19h et si je veux pouvoir profiter de l’happy-hour au Red Bird je dois vous mettre dehors ! » lança l’enseignant à la cantonade, Miss N’Gouna n’oubliez pas de me laisser votre parchemin ! » ajouta-t-il en pointant du doigt une étudiante assise dans le fond.

Nafissati était une nouvelle élève, arrivée cette année de l’Institut de Recherche Magique de Pretoria. Son sujet de mémoire portait sur « Corps et esprit : l’identité des Métamorphomage ». Avec l’arrestation de Mardol, elle allait avoir de quoi écrire des centaines de pages sur le sujet ! songea Dermot en attrapant la copie que la jeune femme venait de lui apporter. Il était pressé de se faire une idée sur son style d’écriture et sur sa capacité d’analyse.

« Pour les autres, je vous rappelle que votre plan est à finir pour lundi ! Et trouvez-moi une idée originale pour me le rendre ! Je ne veux pas d’un tas de parchemins dans mon casier sinon je l’incendie immédiatement ! Suivez donc l’exemple de M. Adency qui m’a rendu son rapport de deuxième année sur un rouleau de papier toilette ! Dermot ricana à ce souvenir, Au moins, il était sûr que je lisais son mémoire au calme… Allez Zou ! Filez ! » lança-t-il finalement en les poussant à l’extérieur de la salle de classe.



Nafissati N’Gouma, Etudiante en troisième année au Lycaon

Nafissati posa son sac sur son épaule et attrapa sa pile de grimoire sous son bras. Elle laissa passer le professeur Flaherty, qui semblait très pressé de rejoindre le Red Bird, puis elle descendit les escaliers à la suite de ses nouveaux camarades de promotion Rosaleen et Connor. Au moment où ils arrivaient au rez-de-chaussée de l’Institut, ce dernier se tourna subitement dans sa direction :

« On va manger un bout au Triton Ardent avec Rose, tu viens avec nous ?

La jeune femme esquissa un sourire tout en réajustant son sac sur son épaule.

« C’est gentil mais je ne suis pas disponible ce soir… C’est vraiment dommage…Une prochaine fois peut-être. »

Soucieuse de ne pas s’attarder, elle passa entre les deux jeunes gens en s’excusant et sortit la première sur le perron de l’Académie. D’un rapide coup d’œil elle s’assura que la rue était bien calme et qu’il n’y avait rien d’anormal. Elle vérifia ensuite que la relève était bien présente : Scarpa, un gobelin récemment promu aux Baguettes d’Élites faisait mine de se promener dans les jardins qui jouxtaient l’école. Parfait, tout était en ordre. Nafissati se retourna pour faire un petit signe à ses camarades avant de prendre la direction du pont qui enjambait l’Avon pour rejoindre les quartiers pauvres.
En chemin, elle sortit son miroir magique qui lui permettait de communiquer  avec son binôme afin de lui faire parvenir un dernier message « L’oiseau ne rentre pas à la maison. Il va au Triton Ardent avec l’Américain. » puis elle rangea l’artefact magique dans sa poche en poussant un soupir las.

Enfin la journée était terminée ! Elle n’avait plus à supporter les élucubrations de ce Flaherty qui se disait professeur ni les sourires mielleux de Rosaleen. Dire qu’elle avait osé demander à son mari de ne pas avoir de garde du corps à Lycaon ! Quelle gamine capricieuse ! Madame avait ASPIC+3 et elle pensait sérieusement pouvoir se défendre contre tous les ennemis de son mari ? Soit elle était vraiment très douée soit –et c’était nettement plus probable- elle minimisait leur nombre…
Quoiqu’il en soit, dorénavant elle était la femme du Ministre, elle ne pouvait pas se passer d’une surveillance rapprochée. Elle aurait dû le savoir d’ailleurs et ne pas les gêner dans l’exercice de leur fonction. Au lieu de ça, les gardes du corps du Ministre étaient contraints de jouer à une partie de cache-cache ridicule. La protéger sans qu’elle s’en doute. Merlin, si Nafissati n’avait pas été sous les ordres de Leopold depuis de nombreuses années, elle l’aurait envoyé balader…

D’ailleurs, il était peut-être temps que le Membre de la Police Magique enlève son déguisement.

A peine eut-elle franchi le pont que Nafissati s’arrêta au pied d’un immeuble modeste. Elle  poussa la porte du rez-de-chaussée et descendit dans les caves. Là, dans la pénombre, elle se concentra quelques secondes en plissant les yeux afin de recouvrer son apparence normale…




Ezequiel White, 43 ans, Policier Magique. Baguette d’Élite.

Lorsqu’il rouvrit les paupières, Ezequiel se sentit instantanément mieux. Rien n’était plus confortable que son propre corps et s’il avait choisi la métamorphomagie pour sa pseudo thèse qui lui servait de couverture à Lycaon, ce n’était pas pour rien. Le policier sortit finalement de sa cachette non sans avoir changé de vêtements puis il retraversa le pont en sens inverse.

Avant de rentrer chez lui, il avait autre chose à faire…

Quelques minutes plus tard, il poussait la porte du Circée afin de rejoindre la table habituellement réservée aux Aurors.

« Un whisky. » lança-t-il à l’attention de la serveuse qui n’était fort heureusement pas Madame la Première Dame. Il ne manquerait plus qu’elle veuille poursuivre son job étudiant ! se dit-il en s’installant sur la banquette à côté de ses collègues du Ministère.
Remarquez, les surveillances seraient nettement plus simples pour lui s’il devait passer ses journées ici…

« Salut les gars, grogna -t-il avant d’ajouter, « Hailey» en découvrant la chef du Bureau Des Aurors sur le siège en face du sien, entourée de plusieurs de ses lieutenants. Ce n’était pas parce qu’ils n’étaient plus ensemble qu’il allait s’asseoir à une autre table. Après son divorce il avait momentanément partagé la vie de la Chef et si son ex-femme détenait le premier prix de la plus belle garce, nul doute qu’Hailey se positionnait sans conteste sur la deuxième place du podium.
Mais quoiqu’il en soit, Ezequiel était légitime, il avait autant d’amis qu’elle ici. Il avait été aspirant avec plusieurs des gars présents ce soir même si au final il avait choisi la PM et son unité d’Elite, les Baguettes, plutôt  que de s’enfermer dans un box du BDA.

« Eh Ez’ t’as pas récupéré la garde de ton gosse chez toi depuis Juin? » s’enquit alors Stein, d’un air perplexe,  une gobière entre les mains.

Réflexion faite, Ezequiel n’avait pas que des amis autour de cette table. Bien sûr qu’il avait un mioche à la maison  et même deux autres à Poudlard, mais Jarvis était assez grand pour se commander un plat chez le chinois. Du haut de ses dix ans, il n’avait pas besoin que son cher père l’assiste…

« Et toi, t’as pas une femme chez toi ?,
s’enquit-Ezequiel en fronçant les sourcils, Ah …Non c’est vrai j’avais oublié, elle s’est barrée… » conclut-il avec un sourire mauvais avant de boire son verre de Whisky.

« Ezequiel si tu viens ici pour foutr… » Commença Ron Weasley avant de s’interrompre brusquement. Il tâtonna ses poches et tous les autres Aurors  l’imitèrent simultanément. Pas de doute possible, ils venaient de sentir chauffer leur badge dans leur poche et ils allaient partir en intervention d’ici peu. Ezequiel serait contraint de finir les gobières des uns et des autres… Quel dommage.

« Règlement de compte entre barrons de la pègre au Triton Ardent ! » s’exclama Stein qui fut le premier à mettre la main sur le message. Les Aurors se levèrent à l’unisson manquant de renverser les verres sur la table.

Le Triton Ardent. Ezequiel serra la mâchoire.

Pourquoi Scarpa ne l’avait-il pas prévenu ? Il aurait pu l’appeler en renfort… Ce n’était pas de bonne augure pour l’Oiseau ça… Et par extension, pour lui non plus !

 Il était déjà dans la rue sa baguette à la main lorsqu’il entendit un puissant grondement émanant de la place en contre bas. Les sorciers et les sorcières courraient à sa rencontre, fuyant le déferlante qui s’abattait sur l’Avenue des Douze Chênes. Comme ses collègues Aurors, Ezequiel s’arrêta de courir à l’angle de la ruelle qui desservait la rue Scrouttard afin de viser l’énorme vague de sa baguette :

« Aresto Momentum ! » cria-t-il.

La masse de liquide, se figea dans les airs juste devant lui, tel un énorme mur d’eau.

Malheureusement, au même moment un groupe d’assaillants déboucha de la ruelle….

Dé:
 
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"Hum. Délicieux. » Souffla Swann en goutant l’assortiment de petits fours qu’Eden Rosebury venait de lui présenter.

Mildred lui avait conseillé cette célèbre enseigne à Bristol, spécialisée dans la pâtisserie et le service traiteur. Le lancement de la collection MacFusty et l’inauguration du nouveau magasin étant dans deux semaines à peine, l’ex-préfète devait se charger au plus vite de l’élaboration du buffet pour cette réception.
Elle avait donc fait confiance à sa belle-sœur en se tournant vers le Paradis d’Eden. Et Swann était forcée de constater que la réputation de ce commerce n’était pas usurpée et que leurs bouchées apéritives étaient absolument démentes ! Elle venait enfin de trouver ce qu’elle allait servir à ses convives  lors de  cette soirée si importante pour son avenir professionnel.

« Je prendrais douze plaques de bouchées salées et dix de sucrées. Par contre si vous pouviez me remplacer les tartelettes au réglisse par des mini-chou à la crème, cela serait absolument parfait. » lança-t-elle avec un sourire.

Eden semblait être une commerçante arrangeante et Swann ne doutait pas qu’elles parviendraient à se mettre d’accord toutes les deux. La jeune femme espérait d’ailleurs une petite ristourne histoire de sceller cette nouvelle collaboration entre deux jeunes chefs d’entreprise à l’avenir prometteur. Certes, il est vrai que les questions d’ordre budgétaire n’étaient plus un problème depuis que Swann avait hérité de son père, mais elle était sensible à ce genre de petit geste qui permettait de fidéliser une clientèle… Si Eden Rosebury voulait revoir la future femme du n°2 du gouvernement dans son magasin, elle savait ce qui lui restait à faire !

Merlin, Swann faisait honneur à Salazar en pensant de la sorte ! Surtout en sachant qu’elle projetait justement de mettre en stand-by ses projets de mariage, mais ça, Eden n’était pas censé le savoir. Elle y avait bien réfléchi et elle avait l’impression que tout était allé trop vite avec Jacob. Leur histoire avait été magique à Milan mais depuis qu’ils s’étaient installés ensemble, ce n’était plus pareil… Elle avait toujours apprécié qu’il soit prévenant et attentionné à son égard mais le fait de vivre au quotidien avait quelque peu  changé la donne. Il n’était plus protecteur mais étouffant. Ce n’était plus de l’attention qu’il lui portait mais plutôt une forme de surveillance. Comme si elle devait rendre des comptes du moindre de ses faits et gestes… Swann ne voulait pas de ça. Elle voulait rester libre d’agir à sa guise et si elle devait retarder le mariage de quelques mois pour faire comprendre cela à Jacob, elle était prête à le faire.
A vrai dire, dans ces moments de désespoir, elle avait même songé à annuler leur union avant de revenir sur sa décision.  Jacob et elle étaient un couple, avec ces hauts et ces bas et elle devait apprendre à composer avec.

Toutefois, Swann sortit de ses pensées lorsqu’Eden lui demanda les informations pour finaliser la commande :

« L’adresse de livraison est le magasin T&T sur le Chemin de Traverse. Pour le 30 septembre, à 18h. L’ex-préfète chercha dans son sac pour en sortir une invitation, Tenez, si vous êtes disponible je serai très heureuse de vous compter parmi les invités. Il s’agit de l’inauguration du deuxième étage de mon magasin ainsi que du lancement de la prochaine collection, » expliqua-t-elle en tendant le carton.

Eden Rosebury était une belle plante. Nul doute que les hommes s’attardaient sur sa plastique de rêve et que les femmes l’enviaient. Elle ferait une parfaite ambassadrice de la marque sur elle consentait à s’habiller chez T&T, songea Swann en se relevant après avoir signé le contrat.

« Je vous remercie Mrs Rosebury, lança-t-elle en serrant fermement la main de la pâtissière, A bientôt. »

La clochette du commerce retentit au moment où Swann quittait le magasin pour rejoindre l’avenue des douze chênes. Elle comptait emprunter la Promenade des Marins pour se rendre aux Folies Sorcières où elle avait prévu de retrouver Jacob et Mildred pour le repas…
Merlin, elle n’aurait pas dû gouter chaque petit four d’Eden, elle n’avait déjà plus faim ! songea-t-elle en refermant son manteau.

Alors qu’elle contournait la fontaine qui faisait face à la pâtisserie elle entendit des éclats de voix sur sa droite. Des hommes qui venaient de sortir d’un restaurant semblaient particulièrement agités… Il n’était pas rare de voir des marins ivres dans les rues de Bristol si bien que Swann ne leur accorda pas un regard. C’est seulement lorsqu’elle entendit le cri d’une passante qu’elle releva la tête dans leur direction et découvrit un homme qui pointait sa baguette droit sur elle. La jeune femme n’eut pas le temps d’interpréter ce geste qu’elle était déjà morte, foudroyé par un sortilège impardonnable. Le contrat qu’elle venait de signer avec Eden lui glissa des doigts et son corps tomba lourdement sur les pavés de l’avenue.

Ironie du sort, le lendemain son cadavre ferait la couverture de la Gazette. Enfin en Une, comme elle l’avait toujours souhaité…

Terminé pour Swanny

I love you


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Jensen Arcker

« Est-ce que tu me pardonneras un jour ? » demanda Lilly, en relevant les yeux sur Jensen, qui l’observait, avec une infinie lassitude.

*


Il avait fallu des jours – non, des mois – à Jensen pour accepter de revoir Lilly. Des mois qu’il avait passé à panser sa blessure, à se reconstruire lentement. Ça avait été un processus long, difficile, éprouvant, mais il y était parvenu et se sentait aujourd’hui plus apaisé, plus serein. Oh, évidemment qu’il restait un homme blessé, meurtri. Mais il avait évolué, il avait changé. Pas en bien, pas en mal. Juste changé. Ainsi, au début du mois de septembre, il avait envoyé une lettre à son ex-fiancée pour lui proposer une rencontrer. La réponse était venue – tardivement, mais elle était venue – ainsi qu’une date. Le 21 septembre, à Bristol, au Triton Ardent. Un lieu dépourvu de souvenirs pour l’ancien couple ; un lieu nouveau, qui ne leur rappellerait rien.

Jensen s’était donc rendu dans le petit restaurant, tentant de masquer son anxiété en se composant un visage posé, neutre. Lilly arriva quelques minutes après lui, et le jeune homme sentit une boule se former dans sa gorge : on n’oubliait pas ainsi, ce n’était pas si aisé. L’Oubliator mit quelques secondes à le repérer, et finit par croiser son regard. Ce contact dura à peine que déjà, les deux détournaient les yeux, gênés. Lorsqu’ils se retrouvèrent face à face, cela ne fut pas mieux. Le silence durant longtemps. Un silence lourd, nerveux.

« Ca va ? » finit par demander Jensen, relevant finalement la tête.

« Ca va. » répondit la jeune femme en tentant de soutenir son regard. « Et toi ? »

« Ca va. »

Silence. Jensen se maudissait intérieurement. Avant de venir, il avait préparé un long discours à servir à son ex-fiancée. Un discours qui résumait tout ce qu’il avait pu ressentir lorsqu’elle était partie le jour de leur mariage, lorsqu’elle l’avait laissé devant l’autel. Mais à cet instant, aucun mot ne lui venait. De son côté, Lilly ne semblait pas en mener large non plus. Terrifiée à l’idée de revoir son ancien fiancé en tête à tête, elle avait à peine dormi de la nuit, trop préoccupée par ce qu’elle pourrait bien lui dire. Plongés dans leurs pensées, aucun des deux Gryffondor ne prenait la parole, laissant à l’autre la lourde tâche de commencer la conversation.

« J’ai appris pour ta promotion, d’ailleurs. Félicitations ! » lança Lilly, en se remémorant ce que Charlotte lui avait dit quelques jours plus tôt.

« Merci. » répondit-il avec l’ombre d’un sourire fier. « La place n’était pas facile à avoir, je suis bien content de l’avoir décrochée… » poursuivit-il, avant de s’interrompre. « Lilly… » commença Jensen, en lui lança un coup d’œil hésitant.

« On ne se revoit pas pour parler travail, j’imagine ? »

« Effectivement. »

C’était le moment de commencer, le moment de se lancer, aussi difficile que cela puisse paraître. Aucune phrase ne convient à Jensen, car aucune ne semble résumer tout ce qu’il a à dire. Il soupira.

« Pourquoi ? » demanda-t-il finalement.

A cette question, Lilly s’agita sur sa chaise, mal-à-l’aise.

« Pourquoi ? » répéta-t-elle pour gagner du temps.

« Ne fait pas celle qui n’a pas compris, Lils. »

Lilly leva les yeux vers Jensen, hésitante. Il attendit, patiemment, et, rapidement, les mots commencèrent à affluer. Des phrases parfois sans sens, des phrases entrecoupées de longs silences. Surtout, des phrases horriblement blessantes. Des phrases qu’il aurait préféré ne pas entendre. Pourtant, il savait qu’il avait besoin de savoir, et que, justement, depuis le jour de leur mariage avorté, l’ignorance lui pesait encore plus que la souffrance. Alors, Lilly raconta. Tout. Comme elle avait paniqué lorsqu’il l’avait demandé en mariage, comme elle avait accepté pour lui faire plaisir, et parce qu’elle l’aimait. Comme la vie qu’il lui proposait ne lui correspondait pas, comme elle s’était retrouvée enfermée, étouffée dans les préparatifs du mariage. Puis, comme elle l’avait trompé, à plusieurs reprises. Elle lui raconta sa culpabilité, ce cercle vicieux dans lequel elle était tombée. Elle lui avoua tout ce qu’elle gardait sur le cœur depuis des mois et des mois.

« Et au lieu de me le dire, comme n’importe quelle fille honnête, tu as préféré me tromper, me mentir ?! » explosa Jensen.

Lilly se ratatina sur place, honteuse.

« Mais bordel, à quoi tu pensais ?! »

Elle leva un regard flamboyant sur Jensen, avant de se redresser, finalement décidée à ne pas se laisser démonter. Jensen, lui, n’en menait pas large. Partagé entre la colère, la tristesse et la lassitude, il ne savait pas comment agir, et se contentait de faire des reproches à son ex-fiancée. Reproches qui étaient justifiés, songea-t-il en haussant les sourcils. Il se fichait bien de sa culpabilité ! Il se fichait bien de savoir qu’elle avait essayé de faire des efforts. Elle n’avait pas réussi. Elle l’avait trompé. Elle avait trahi sa confiance, elle avait trahi leur relation. Ils étaient en couple depuis près de huit ans ! Et elle n’avait pas pu lui faire part de ses doutes quant au mariage !

« Tu ne m’écoutais pas ! » se défendit-elle lorsque Jensen lui fit part de cette réflexion. « A chaque fois que j’abordais le sujet, tu mettais ça sur le compte du « stress de la mariée » et tu passais à autre chose ! »

« Alors ça va être ma faute maintenant ? Ma faute si tu m’as trompé ?! »

« Mais non ! » Elle avait haussé la voix et rougit en se rendant compte qu’elle avait attiré le regard de quelques clients. Elle baissa le ton. « Je n’ai jamais dit ça, Jensen ! J’avais pas envie de te faire du mal. J’ai jamais eu envie de te faire du mal. »

« C’est raté. » lâcha-t-il d’une voix froide.

*

« Est-ce que tu me pardonneras un jour ? » demanda Lilly, en relevant les yeux sur Jensen, qui l’observait, avec une infinie lassitude.

Leur longue et houleuse discussion touchait à sa fin. Après des pleurs, des explications, des reproches, Jensen se sentait vidé de toute énergie. Vidé, certes, mais il se sentait également mieux, plus serein. Il ouvrit la bouche pour répondre à la question de Lilly…

Et puis ce fut la panique.

Sans qu’il ne comprenne pourquoi, les sorts se mirent à fuser de partout. Jensen plongea sous la table en même temps que Lilly pour en éviter un, et il se releva d’un bond. Il chercha des yeux l’origine de ce chaos, et repéra deux hommes en confrontation. Les clients avaient dû prendre peur en les voyant s’affronter, et, désormais, le restaurant familial ressemblait plus à un champ de bataille. Jensen sortit immédiatement sa baguette pour se défendre.

« Lilly, attend ! » s’exclama-t-il en voyant la jeune femme se lancer dans la bataille, baguette levée.

D’un mouvement de poignet, il lança un protego sur une vieille dame qui hurlait de peur, avant de pointer sa baguette sur l’un des deux hommes.

Spoiler:
 


De son côté, Lilly n’avait pas réfléchi avant de saisir sa baguette pour se mêler à la bataille. Ce qu’elle voyait la faisait halluciner. Des impardonnables fusaient. Des impardonnables. Un frisson lui parcouru l’échine alors qu’elle repensait à la Grande Bataille de Poudlard. Dans le restaurant, quelques corps gisaient déjà sur le sol. Elle détourna les yeux des cadavres, et se concentra sur ce qu’il se passait devant elle. Un homme tenait une jeune femme par les cheveux, et lança un endoloris sur une garçon qui hurla de douleur. Un haut le cœur saisit Lilly, alors qu’elle lançait un sortilège sur un homme qui s’apprêtait à suivre l’exemple de cet infâme homme. Un diffindo bien placé suffit à lui faire lâcher sa baguette.

Prise dans la bataille, Lilly repéra d’un œil le dénommé « Gros Joe » sortir du restaurant, suivi de près par la jeune femme qu’il avait malmené juste avant. Plusieurs minutes plus tard, Lilly s’éclipsa à son tour à l’extérieur, à la fois inquiète pour la jeune femme qu’elle avait vu sortir un peu plus tôt et bien décidée à ne pas laisser cette pourriture lancer le moindre impardonnable...
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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Mildred Magpie tira subitement la couverture à elle, lorsque Scribouillard fit irruption dans sa chambre, sans même se donner la peine de toquer au préalable à la porte d'entrée. La rédactrice en chef de Multiplettes ne tarda point à s'offusquer de la conduite de son fidèle serviteur, qui devait apprendre à respecter la sphère privée de sa patronne. Alors, elle le vilipenda sans ménagement.

"Voyons Scribouillard! Est-ce des manières de se conduire? Tu ne peux pas entrer de la sorte, sans même me prévenir de ton entrée! Par Merlin, imagine une seule seconde que je sois dévêtue, cela serait une situation des plus inconvenantes! N'est-ce pas? De plus, je t'avais bien fait comprendre que ce soir, je voulais me reposer et me coucher tôt, car je souffre d'une atroce migraine! Alors, j'espère que tu as matière à te justifier! "

Scribouillard bloqua un instant sur la poitrine généreuse qui s'offrait à son champ de vision, puis il fit mine de détourner innocemment le regard de manière à ne point s'attirer les foudres de sa patronne. L'elfe ne tarda point s'expliquer, sa voix trahissant une émotion peu coutumière.

"Vous m'en voyez sincèrement désolé, Dame Mildred... Mais il s'agit d'une urgence! D'une actualité brulante, qui est en train de se produire à seulement quelques pâtés de maisons des Folies Sorcières. L'Avenue des Douze Chênes est en proie à de violentes émeutes! On parle de guerre des gangs, de morts, de membres déchiquetés, d'inondation, de flammes, bref la totale! C'est absolument horrible! "

Dans un premier temps, une lueur carnassière embrasa le regard de Mildred Magpie qui imaginait déjà ses gros titres; Ou quand les douze chênes millénaires de la célèbre avenue de Bristol deviendrait sanguinaires! Mais cette réaction de hyène flairant la charogne, fut très vite réprimée par une horrible crainte : Celle que ce massacre entre gangs rivaux se produisait beaucoup trop prêt de son Cabaret, et pouvait dévier jusqu'à celui-ci. A l'idée que cela puisse entacher ses affaires, le sourire de Mildred se dissipa automatiquement, pour ne laisser place qu'à une intense appréhension.

"Mais c'est absolument affreux! Je ne peux accepter cette infamie! Que vont penser mes clients soucieux de se distraire, si un massacre se produit à deux pas des Folies Sorcières! La peur n'est pas bonne pour les affaires! Tu te rends compte Scribouillard, cela risque d'engendrer une perte astronomique dans mon chiffre d'affaire du mois! Chose affreuse que je ne peux point me permettre, tant je dois rembourser mes investissements! Pourquoi les gangs ne règlent-ils pas leurs affaires dans la voie des Miracles, c'est beaucoup plus propre, et cela ne risque point d'entacher la réputation de mon Cabaret! "

Les petites épaules de Scribouillard se soulevèrent en signe de désarroi. Avec l'appui de Roy Calder, son gangster préféré, l'activité du Cabaret prenait une tournure absolument savoureuse et au combien rentable! En diversifiant ses services, que ce soit de manière légale ou illégale, "Les Folies Sorcières" s'imposait désormais comme un lieu incontournable pour les noctambules du Bristol magique! Mais voilà, un seul grain de sable, et cette belle machine s'enraillerait! Mildred savait retourner chaque situation à son avantage, et cette fois-ci elle devait réagir promptement. Très vite, un plan d'action se dessina dans l'esprit de la journaliste à scandale. Mildred s'imposa alors comme une chef militaire!

"Scribouillard, pendant que je vais me rendre sur les lieux de ce massacre, je veux que tu organises la défense des Folies Sorcières! Son activité ne doit point souffrir de cet évènement : tu n'auras qu'à tirer les rideaux sur le monde extérieur, et passer de la musique de chambre pour rassurer et adoucir l'humeur de nos clients. Je veux que notre Cabaret soit perçu comme un refuge dans la tourmente! Notre puissant Troll Frapedur gardera l'entrée, et donne lui l'ordre de chasser tous les malfrats qui oseraient venir s'entretuer devant notre porche! Tu pourras tisser un sortilège de protection pour protéger notre parvis! Car le tapis en satin rouge qui décore l'entrée m'a couté une petite fortune, et je ne voudrai point qu'une seule goutte de sang vienne l'entacher de manière irrémédiable. Suis-je bien clair mon Scribouillard? "

Scribouillard hocha du chef, signe qu'il incorporait bien les consignes de sa chef. Puis il demanda :

"Vous voulez que je mette en sécurité certaines personnes dans vos quartiers? Dans le cas où les Folies Sorcières seraient investi par cette meute sanguinaire... "

La respiration de Mildred s'accéléra alors qu'elle imaginait cette tragique éventualité. Même si c'était déjà un peu cas avec Roy Calder, elle ne pouvait imaginer son cabaret au main de la pègre locale. Caldounet devrait lui fournir des explications, car un tel climat de peur n'était tout simplement pas envisageable à Bristol! Mildred s'empressa alors de répondre à la question de son elfe de maison.

"Je veux que tu mettes mon adoooorable petit Puffy en sécurité! Et sur ta vie, tu dois me jurer que tu le défendras jusqu'à ton dernier souffle! Tu sais comme je l'aime, c'est comme mon bébé! Personne ne doit lui faire du mal! " Mildred marqua un petit temps d'arrêt, avant d'enchainer. "Accessoirement, tu peux aussi placer Swann Twilfit dans la pièce sécurisée, mais je veux que tu lui expliques de ne point caresser, ni même toucher mon adoooorable petit Boursouf! Je suis la seule qui peut se permettre ce luxe, et tu sais au combien je suis jalouse... Qu'est-ce qu'il y a mon scribouillard? "

Scribouillard leva alors soudainement sa petite main crochue pour demander l'autorisation d'en placer une, et du coup interrompre sa patronne dans son élan passionnel à l'égard de Puffy. Se dandinant d'un pied sur l'autre, il annonça alors une terrible vérité.

"Je suis confus, mais mademoiselle Twilfit nous a quitté. Elle a suivi vos recommandations et s'est rendue au Paradis d'Eden, pour acheter des pâtisseries... "

Mildred éprouva alors un terrible pressentiment, celui d'avoir conduit sa belle-sœur, au cœur du carnage. S'il lui arrivait quoi que ce soit, jamais Jacob ne lui pardonnerai. Déjà qu'il réprimait les rencontres avec l'offre, comment pourrait-il accepter de savoir sa fiancée plongée dans le tumulte d'une guerre des gangs. En plus d'être son demi-frère, Jacob était son lien avec le Ministère, et le seul qui avait le pouvoir de lui offrir le rang auquel elle aspirait : Celui de faire de Multiplettes, la source d'information prioritaire du Monde Magique. En plus d'apprécier sincèrement Swann pour ses qualités humaines, Mildred éprouva la désagréable sensation d'avoir mis en péril sa quête de notoriété. D'un geste vindicatif, elle désigna de l'index la porte d'entrée de sa chambre.

"Sors Scribouillard! Je dois me vêtir et partir la rechercher sur le champ! Allez ouste! "

Chassant son elfe de maison de la main, Mildred ne voulait plus perdre une seconde supplémentaire. La petite créature ne tarda pas à disparaitre, et la rédactrice sulfureuse de Multiplettes souleva alors les couvertures.

"Et il en va de même pour toi! Sors de là! Je n'ai plus le temps de m'amuser! "

Nu comme un ver, Volderêve s'extirpa alors de sa cachette et de dessous les couvertures, de manière à pouvoir quitter les lieux, et laisser sa maitresse se préparer dans sa mission de sauvetage!

*****

Quitte à devoir jouer les sauveteuses, Mildred pensa à allier l'utile à l'agréable. En effet, l'aspect positif de cette incursion au cœur du carnage, demeurait le fait qu'elle allait pouvoir exercer son métier de journaliste d'information, et offrir toute sorte d'exclusivité sanguinolente à son public. C'est pourquoi, elle emmena avec elle son appareil photo magique, ainsi que sa plume à papotte au cas où un mourant voudrait lui confier ses dernières volontés. Pour atteindre plus rapidement les lieux, et afin d'éviter de se mettre en danger inutilement, l'animagie qu'elle était, prit sa forme de volatile. C'est ainsi qu'une pie grièche à tête rousse ne tarda point à survoler les toits de Bristol, pour se rendre sur les lieux du carnage engendré par cette odieuse guerre des gangs. Au font d'elle, Mildred avait toujours éprouvé une fascination morbide pour ce type d'évènement, et ne semblait point craindre d'être confrontée à un amoncellement de cadavres. A vrai dire, elle ne voyait que trois inconvénients à cette actualité du type "Bloody Sunday" : Primo, le fait que celui-ci soit trop limitrophe à ses activités; Deuxio, elle craignait que son investisseur et beau Caldounet se retrouve mêlé à cette histoire; et Tertio, elle éprouvait des craintes quant à la sécurité de sa belle-sœur...

Au vue de l'ampleur du carnage, cette appréhension s'avéra totalement justifiée, tant l'avenue des Douze Chênes venait de sombrer dans un chaos prodigieux! La pie Mildred frémit jusqu'au tréfonds de son duvet quand elle découvrit toute l'étendue de la catastrophe : Des impardonnables étaient projetés par des malfrats qui ne se souciaient aucunement du sort de leurs victimes, La fontaine débordait de mille flots et inondait le pavé. De son vol léger, et sa priorité étant de sauver Swann, Mildred tenta de remonter la plus célèbre avenue de Bristol, afin de rejoindre sa pâtisserie attitrée. Mais le chaos ambiant qui y régnait s'avérait tout aussi dangereux pour le petit oiseau qu'elle était. Un sortilège lui arracha une plume, et la fit dévier de son vol. Tout n'était que pure folie! Elle tenta de se poser sur la branche d'un chêne millénaire, mais celui s'embrasa aussitôt sous l'effet d'un sortilège! Mildred s'échappa de justesse, alors que les flammes se reflétaient sur les flots tumultueux qui avaient envahi l'avenue. Très vite Mildred, comprit qu'elle ne réussirait point à progresser davantage, et qu'elle risquait de se faire foudroyer par un sortilège perdu. D'un coup d'aile, elle bifurqua en direction des toits, afin de trouver une zone plus protégée. Une fois en lieu sûr, elle reprit sa forme humaine, trop éprouvée par les efforts consentis et pour conserver sa forme de Pie. Les mains sur les hanches, Mildred Magpie cherchait à se remettre de ses émotions, quand elle entendit des talons claquer dans l'impasse en contrebas de sa position. Avec chance, il pouvait s'agir de Swann?

Mildred se redressa, avant de se pencher vers l'allée étroite et lugubre qui n'abritait en vérité que des rangées de poubelles désordonnées. C'est alors qu'elle découvrit le visage implorant d'une jeune femme inconnue. Cette dernière, complètement paniquée, espérait pouvoir rejoindre la position de Mildred. Pour se faire, elle traina une poubelle contre la paroi, afin de gagner en hauteur. L'inconnue tendit une main tremblante en direction de la journaliste à scandale.  

"Je vous en supplie, aidez-moi! Un homme veut me tuer! Pour l'amour de Dieu, je vous en prie, je dois rejoindre votre position! "

Les bras entrecroisés, Mildred ne poussa qu'un long soupir en guise de réponse. Non, elle n'allait pas s'abaisser à prendre des risques pour sauver une inconnue. Pourquoi le ferait-elle? Cela n'avait aucune forme d'intérêt pour elle. Elle ignora totalement la main tendue de la pauvre jeune femme. Celle-ci tenta toute de même d'amadouer l'impitoyable journaliste.

"Mais je vous connais! Vous êtes Mildred Magpie! J'étais assise derrière vous à la dernière réunion de l'offre, je vous ai demandé un autographe. Vous vous en souvenez? Je suis une lectrice assidue de Multiplettes! J'adore ce que vous faites! Par pitié! Aidez-moi! "

Le visage inexpressif, Mildred secoua laconiquement la tête. Elle se contenta d'arquer un sourcil, avant de dévisager la pauvre malheureuse. Sa réponse fut sans appel.

"Vous m'en voyez désolée, mais je ne me souviens pas de vous. J'ai malheureusement d'autres priorités que votre petit cas personnel, et je ne souhaite point me mettre en situation de danger. Je vous demande pardon. Je crains que Multiplettes ne doivent se priver d'une fidèle lectrice, mais je vous jure que je ferai honneur à votre mémoire dans mon futur article. D'ailleurs qu'elle est votre nom? "

Nancy McStay secoua la tête avec mépris devant autant de froideur humaine! Desserrant à peine les dents, elle cracha une insulte à la rédactrice aussi lâche que cupide.

"Allez vous faire foutre! Vous paierez pour cela! "

Mildred ne comprenait pas le sens de cette insulte. En quoi était-elle coupable de na pas vouloir se mettre en danger? Il ne s'agissait que d'une question de survie, et non de cruauté. D'un petit geste du menton, Mildred Magpie désigna alors l'homme qui venait de surgir derrière la malheureuse prisonnière de l'impasse.

"Je crains devoir vous abandonner. Ne m'en voulez point, mais je ne cherche qu'à sauver ma peau. Je ne suis pas en mesure de vous aider. Pardon... "

Tout en se dissimulant derrière un rebord, Mildred prit alors un cliché de l'agresseur, alors que celui-ci se jetait sauvagement sur sa victime. C'était un homme de haute stature, impressionnant, dont le regard froid avait quelque chose d'impitoyable. Face à ce spectacle effroyable qui se produisait à quelques mètres en dessous d'elle, Mildred éprouva un certain malaise, et plaqua une main légèrement offusquée devant sa bouche. Comment un homme pouvait-il maltraiter de la sorte une femme? Mildred Magpie finit par s'éclipser et laisser derrière elle la dépouille sans vie de Nancy McStay. Elle reprit courage et se décide à faire un nouveau vol de reconnaissance au dessus de l'avenue des Douze chênes...

*****

De nouveau sous sa forme de Pie Grièche, Mildred observa depuis le ciel la silhouette familière de Swann Twilfit. Après de longues minutes infructueuses, et au pris de nombreux risque, les yeux acérés de la Pie se posèrent enfin sur la gérante de l'enseigne T&T. Sa belle-sœur se tenait à seulement quelque mètres de la célèbre pâtisserie, immobile, scrutant de ses yeux effarés le chaos qui s'était installé dans la rue. Depuis combien de temps se tenait-elle là? C'était un mystère, mais à rester de la sorte, elle encourait un grave danger. D'un battement d'ailes, Mildred se rapprocha et c'est alors qu'elle découvrit avec effroi une autre silhouette familière. Celle-ci n'avait rien de bon présage, et se dirigeait tel un serpent vers la pauvre Swann Twilfit. Cela ne faisait aucun doute dans l'esprit de Mildred, il s'agissait bel et bien du même homme. Il avait la même stature, le même regard que précédemment, et lui aussi à son tour, il venait de rjoindre l'avaenue des douze chênes!

Le sang de la pie ne fit qu'un tour dans ses veines, quand elle vit l'homme implacable brandir sa baguette en direction de la vendeuse londonienne. Mildred poussa un cri qui s'étrangla dans son bec, mais oublia très vite tout sentiment de lâcheté, alors qu'elle piqua en direction de l'affreux malfrat sanguinaire. Car cette fois-ci Mildred voyait des intérêts à intervenir! Peut-être était-ce qu'elle ressentait de l'estime et une ébauche d'amitié sincère avec sa belle-sœur? A moins que ce ne soit qu'elle ne craignait simplement de se mettre en porte à faux avec Jacob? En tout le petite pie se jeta courageusement sur le criminel, lui griffant même au passage de ses petites pattes le visage! L'homme fut tout d'abord quelque déconcerté par cette étrange attaque, mais se ressaisissant, il administra alors un violent camouflet à ce volatile qui l'empêchait de nuire! La pie fut alors projetée dans les eau de la  fontaine, dans laquelle elle disparut de longues secondes...

Le plumage mouillée et dans l'incapacité de s'extirper du bassin, Mildred recouvrit une nouvelle fois sa forme humaine. Sa main s'agrippa alors au rebord de la fontaine, afin de se hisser à l'extérieur de celle-ci. La rédactrice était trempée de la tête au pied, et mit quelque temps pour retrouver ses esprits. Son appareil photo, sa plume à papotte, tout avait disparut. Elle s'essuya le visage, pour y évacuer toute l'eau qui y ruisselait, et chercha alors instinctivement du regard sa belle-sœur. C'est alors qu'elle la découvrit, immobile... allongée sur le sol... comme morte... Le cœur froid de la journaliste se mit alors à rebondir dans sa poitrine, ses mains tremblèrent alors qu'elle comprenait toute l'étendue de la tragédie. Swann venait de se faire frapper! Elle poussa alors une longue complainte étranglée....

"Non... Non... Non, non, non.... C'est pas possible... Venez lui en aide... Je vous en prie... "

Complètement tétanisée au bord de la fontaine qui lui ruisselait dessus, Mildred Magpie était dans l'incapacité complète d'agir. La journaliste se contentait de regarder tristement le corps sans vie de Swann, à quelques mètres d'elle, en espérant que tout ceci ne soit pas vrai. Que Swann allait se relever, et que demain elle pourrait savourer toutes les deux un délicieux chou à la crème du Paradis d'Eden. Mais voila la guerre des gangs n'offrait pas ce genre de fin heureuse, et Mildred ne se rendait point compte de la menace qui reposait à présent sur ses épaules...

En effet, à quelque mètres de là, un sorcier était sur le point de lancer un impardonnable, qui avait pour unique cible la rédactrice tétanisée. Sans une aide de circonstance, Mildred Magpie allait rejoindre Swann au paradis... mais pas d'Eden celui-ci.


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Dernière édition par Juliana McNeil le Mer 17 Sep - 19:58, édité 1 fois
Juliana poussa un cri de douleur lorsque Gros'Joe agrippa sa chevelure pour le plaquer contre lui, en guise de bouclier. Elle se tortilla un instant avant de s'immobiliser en sentant la baguette de l'homme contre sa tempe. Son sang se figea dans ses veines et elle retint sa respiration inconsciemment, tout en resserrant sa poigne sur sa propre baguette. La peur l'étreignait à cet instant, plus vive encore que lors du Bloody Sunday. Une formule et elle était morte, morte comme le cadavre qu'elle voyait à ses pieds, affalé sur le sol du restaurant. Sa situation était d'autant plus précaire qu'elle servait de bouclier humain à ce mafieux à qui d'autres mafieux voulaient visiblement faire la peau, et qui se fichaient bien du destin d'une jeune serveuse... Son cerveau réfléchissait à toute allure et elle envisagea de tenter un Stupefix pour s'échapper, quand Gros'Joe menaça la famille Hudson, plongeant Juliana dans un effroi teinté de colère. Oh, non, il n'allait pas toucher un seul de leurs cheveux, se promit-elle en se tenant plus immobile encore, prête à se transformer en statut si c'était ce qu'il fallait pour assurer le salut de Sabrina, Stanley et Joel.

"Faites-le, rangez vos baguettes", ordonna-t-elle d'un ton péremptoire aux trois gérants du Triton, les suppliants du regard. Elle refusait de connaître un autre deuil parce qu'ils se seraient montré un peu trop téméraires alors que les aurors étaient en chemin... Se tenir immobile s'avéra cependant beaucoup plus difficile que prévu. Elle sursauta brusquement en sentant la main du malotrus s'égarer à un endroit qu'il n'avait pas du tout à connaître et se mordit violemment l'intérieur de la joue pour ne pas réagir au contact de sa langue fétide sur sa joue. Des éclairs jaillissaient des yeux de la jeune femme qui se sentait profondément révoltée et elle réprima de son mieux un haut-le-coeur. Pourtant, tout cela n'était rien, rien comparé à ce qu'elle ressentit lorsqu'elle entendit le nom du sortilège impardonnable dans la bouche de son agresseur. Les hurlements de son meilleur ami la glacèrent au plus profond d'elle et la douleur insoutenable qui s'exprimait sur ses traits lui fendit le coeur.

"JOEL !", hurla-t-elle impulsivement, incapable de retenir son cri d'effroi, avant de sentir une vive douleur alors que l'homme lui tirait les cheveux à nouveau. Juliana fut projetée au sol et lâcha un cri de dégoût alors qu'un cafard lui montait le long de la jambe. D'un Expulso rageur, elle expédia l'animal loin d'elle avant de jeter un rapide coup d'oeil en direction du comptoir. Joel était entier, bien que pâle et passablement secoué, et ses parents l'étaient aussi. C'était tout ce qu'elle avait besoin de savoir. Sans prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle était sur le point de faire, Juliana attrapa sa baguette qui lui avait échappé des mains, se remit sur ses pieds et, sans un mot de plus, quitta le restaurant à la poursuite de Gros'Joe.

Elle était aveuglée par la colère, une colère telle qu'elle n'en avait jamais ressentie auparavant. Tout son corps bouillonnait alors qu'elle courait sur les pavés de l'Allée des Douze Chênes, inconscience du danger et des Avada Kedavra qui sifflaient autour d'elle, abattant les corps des passants les uns après les autres. Tout ce à quoi elle parvenait à penser à cet instant était le sortilège Doloris que cet homme avait lancé sur Joel, les cris inhumains que son ami avait poussé, et l'halène fétide de Gros'Joe alors qu'il la tenait plaquée contre son corps répugnant. Tout ce qui l'animait était la volonté de le neutraliser, de le faire taire, de s'assurer qu'il ne fasse jamais de mal à qui que ce soit. Mais ce n'était pas tout, non, au fond du regard sombre de Juliana luisait la flamme de la vengeance...

L'homme fut facile à trouver, avec sa corpulence, et elle ressentit sa colère se transformer en véritable rage à sa vue. Juliana était comme dans un état second, elle avait perdu toute maîtrise de ses actes et elle réalisa à peine que c'était sa voix qui venait de jeter un sort, sa main qui avait tendu cette baguette. Tout ce qu'elle réalisa, ce fut le soulagement bref et intense qui l'envahit alors que la décharge de magie jaillissait de sa baguette...

"Expulso !"

Lancé de dé:
 



Merci à Juliet
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Le combat ne resta pas équilibré bien longtemps, pour les hommes de Griggs. Roy analysa rapidement la situation, en voyant un groupe de sharacks venir vers eux, baguettes dégainées. Cela n’avait rien d’étonnant qu’ils soient si nombreux face à eux, quand on savait qu’ils s’étaient tous amassés près de la rue Scrouttard pour exécuter leur plan détestable… A cet instant, Roy et ses acolytes avaient le désavantage d’être éparpillés un peu partout dans la ville. Même si l’alerte avait été donnée, ils ne pourraient pas compter sur des renforts avant quelques minutes, ce qui était déjà trop. Un combat sorcier pouvait se conclure si vite ! Ils ne pouvaient pas compter sur qui que ce soit, pour le moment, il leur faudrait se défendre à cinq contre dix.

Ils firent le choix de casser leur formation en cercle et s’éparpiller, afin de ne pas offrir une cible trop facile à leurs adversaires. Il était plus rassurant de rester groupés, mais ils n’avaient plus le choix face au surnombre des sharacks, leur meilleure défense serait l’attaque ! C’était un coup à prendre plus de risques, toutefois, et les moins expérimentés d’entre eux allaient vite en payer le prix.

La fulgurance d’un éclair vert fit tourner la tête de Roy vers Tod Wilkes, qui s’effondra au sol, inerte. Le temps parut s'arrêter, le silence tomba comme une chape de plomb sur la rue. C’était un gamin que l'on venait d'abattre, un pauvre gamin d’à peine vingt ans en pleine perdition comme il y en avait mille qui traînaient dans la Voie, et qu’une mère pleurerait bientôt en silence, quelque part. Un enfant, se répétait Roy, les yeux exorbités, fixés sur le meurtrier, grand et maigre, qui crachait à présent sur le cadavre de son camarade. Les sharacks venait encore une fois de bafouer leur code d’honneur, une fois de trop.

Roy aurait dû sentir la terreur lui nouer les entrailles, il y avait de quoi, sa vie était en danger. Mais ce ne fut que l’instinct de survie et surtout, la colère, qui le dévoraient tout entier à cet instant-là. Sa baguette se leva avec une fureur nouvelle. Il ne subirait pas le même sort que Tod, non. Il n’avait pas la moindre intention de mourir ce soir, abattu sur le bitume d’une rue délabrée, dans un massacre où il n’aurait même pas dû se trouver. Non, non. Son sang ne coulerait pas pour un homme comme Griggs, jamais. Pas une goutte. A chacun de ses gestes, c’était comme s’il refusait un peu plus cette idée, comme s’il imprimait un « non » à chaque fois plus violent à la figure de ses adversaires. Puisque les Sharacks voulaient jouer de façon déloyale, Roy fit peu à peu fi des bonnes manières. Ce premier impardonnable venait de signer l’abolition de toute forme de règle. Il profita du fait que l’assassin de Tod regardait ailleurs pour lui envoyer un virulent Diffindo avec lequel il aurait aimé lui cisailler le nez ou l’oreille, mais l’homme parvint à se protéger de justesse. Il n’eut pas le temps de déplorer son coup manqué, car un autre sharack lui tomba dessus.

Ce ne fut que partie remise. Roy eut droit à son face à face, après s’être débarrassé de celui qui avait entravé sa route. Il eut un sourire mauvais à la provocation de celui qui semblait être leur chef.

« J’ai l’air de me débiner, enfoiré ? »

Il allait engager le duel mais une toute autre forme d’agitation plus loin leur fit tourner la tête à tous les deux. Roy commençait à croire qu’ils reprenaient doucement le dessus, les bérets de leurs adversaires jonchaient le sol. Quelques uns des leurs les avaient rejoints, et le meurtre de Tod avait donné des ailes à certains. Mais ils n’étaient pas les seuls acteurs de ce revirement de situation. La confusion régnait dans certains rangs, aux arrières, notamment. Une jeune fille se matérialisait face à eux, une fille qui n’avait rien à faire dans cet endroit. Le cri d’un des Sharack sema le trouble. Une Auror, elle ? Cela avait tout l’air d’être une gamine qui jouait les héroïnes. Une apprentie, tout au plus. Mais ils n’avaient pas le temps de déterminer si oui ou non cette fille faisait partie de la justice magique. Son apparition fédéra l’espace de quelques secondes les deux gangs ennemis contre cette menace policière. Pas tous. Roy estima que douze baguettes pointées sur cette pauvre fille était bien assez, elle n’avait tout simplement aucune chance de s’en sortir, avec la déferlante de sortilèges qui allaient s’abattre sur elle, il s'en désintéressa bien vite.

Premier lancé de dés :
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Ce fut plutôt sur un Andy McStay tourné vers l’Auror qu’il pointa de nouveau sa baguette. Oeil pour oeil, dent pour dent. Roy n’aurait peut-être pas son face à face, mais s’il pouvait avoir une dépouille en digne réparation du meurtre commis, ce serait déjà bien assez…

Deuxième lancer de dés :
Spoiler:
 

Son forfait commis, un autre évènement attira bientôt l’attention de tous, de l’autre côté de la rue, à l’embouchure avec l’Avenue des Douze Chênes. Cette fois, l’uniforme des nouveaux arrivants au coin de la rue ne faisait plus de doute.

« Des Aurors ! » rugit un homme derrière Roy.

Ce fut le mot qui signa la débâcle. Certains des leurs, les plus jeunes, prirent la fuite comme des dératés, d’autres, les plus fous furieux, se mirent à attaquer les forces de l’ordre encore trop peu nombreuses pour forcer le passage. Dans tous les cas, la razzia de la rue Scrouttard fut mise entre parenthèses et tous les hommes s’éparpillèrent pour rejoindre leurs acolytes respectifs, dans l’Avenue. La fureur de leur bataille avait été telle qu’ils ne s’étaient pas soucié des autres sources de tapage aux alentours. En quelques minutes, l’horreur s’était propagée dans Bristol. C’était mille fois pire, ce qui se passait ici, dans l’Avenue des Douze Chênes !

Un éclair qui siffla près de son oreille tira Roy de ses contemplations silencieuses et horrifiées du carnage qui se tenait là. Ce n’était pas le moment de s’attarder devant des vitrines brisées, ni même devant cette immense vague d’eau immobile qui n’allait pas tarder à déferler dans l’avenue. Roy comprit que l’enjeu n’était plus de gagner ou non face aux sharacks, mais de se tirer vivant de ce sacré bourbier et d’échapper aux Aurors qui ne tarderaient sans doute pas à appeler les renforts, pour commencer un nettoyage en bonne et dûe forme. A partir de là, ses priorités changèrent complètement. La première chose à laquelle il pensa fut de retrouver Jayce, qui devait être encore au Triton Ardent… s’il était toujours en vie. L’éventualité qu’il ne le soit pas glaça d’effroi Roy, qui se mit à courir vers la place pavée.  

Il peina à se frayer un chemin, tant le carnage était total. Les civils se bousculaient pour quitter les restaurants et les boutiques, forcément pleines en soirée, dans une ville aussi éveillée que Bristol. Mais même dans cette masse qui grouillait pour fuir vers les rues adjacentes, Roy reconnut des visages. Celui de sa cousine, agenouillée près d’un corps étendu sur le sol.  

« Eden ! »

Il bifurqua de sa destination originelle, pour courir vers la devanture du Paradis d’Eden, où sa cousine se tenait. Il s’aperçut alors qu’elle était toute proche d’une autre femme qu’il connaissait bien. Mais la présence de Mildred Magpie lui importait si peu, comparée à l’affolement qui lui tendait tous les muscles de voir Eden dans un tel lieu de massacre. Il était prêt à parier toute sa fortune qu’elle avait voulu aider quelqu’un, au lieu de rester barricadée dans sa boutique, comme l’aurait fait n’importe quel commerçant un peu sensé ! Il fondit sur elle, pour la saisir par les épaules et lui administrer ce qui devait être l’une des plus grosses remontrances de sa vie :

« Mais qu’est-ce que tu fous là ? Retourne à l’abri, tout de suite ! Bordel ! T’es complètement malade, t'as aucune conscience du danger, ou quoi ? Ne reste pas ici, allez, lève-toi ! Eden, lâche-la ! »

C’était par la colère que sa voix s’exprimait, mais c’était l’inquiétude qui crispait tous les traits du visage de Roy. Eden était en larmes, aux pieds d’une jeune brune inerte qu’elle persistait à ne pas vouloir lâcher. Roy la força à se lever, désemparé de tenir sa cousine à ce point éplorée dans ses bras. Il n’avait pas le temps de la rassurer. Il avait même oublié qu’Eden ne savait rien de ses véritables activités et qu’il devrait sans doute s’expliquer plus tard. Peu importait. Paniqué, il leva la tête vers Mildred, la seule personne à proximité en qui il estimait qu’il pouvait placer sa confiance.

« Mildred ! l’alpagua t-il, espérant qu’elle saisissait, elle, toute l’ampleur de ces circonstances dramatiques. Occupez-vous d’elle, rien ne doit lui arriver, vous m’entendez ? Ne restez pas là, vous non plus, retournez à la boutique toutes les deux et sauvez-vous, vite. »

Il pria pour qu’elle ne fasse pas de difficulté et emmène rapidement sa cousine loin de ce carnage, par transplanage, réseau de cheminette ou que savait-il. Ils n’avaient pas une seule seconde à perdre, d’un instant à l’autre, un sortilège pouvait les frapper et pour le moment, Roy avait sa baguette toujours en main, mais sa garde était complètement baissée…

HRP :  
Spoiler:
 


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Isobel Montgomery

Au moment où tous les regards se tournèrent vers elle, Isobel sut qu'elle était grillée. Son sang ne fit qu'un tour : il allait falloir réagir vite et bien si elle voulait sauver sa peau. Il ne s'agissait plus d'un entrainement ou d'une mise en situation, cette fois-ci, c'était la réalité. Et cette dernière se matérialisait sous la forme d'une dizaine de baguettes pointées vers elle. Isobel n'eut même pas le temps de penser à réagir, ses réflexes le firent pour elle. Elle plongea en direction de la ruelle, s'égratignant les genoux au passage mais se releva sans attendre, pour découvrir qu'elle était coincée dans un cul de sac. Le cœur battant, elle s'efforça de se concentrer sur un souvenir heureux pour envoyer un Patronus de détresse à ses collègues. Sa belle assurance s'était envolée : elle ne pourrait pas gérer cela toute seule, pas maintenant qu'elle était découverte.

Cette situation dépassait de loin ce qu'elle avait pu imaginer sur le terrain. Evidemment, elle savait que c'était dangereux mais elle avait l'impression qu'elle pourrait mourir d'une seconde à l'autre, qu'il lui suffirait d'une erreur. Elle avait beau passer dans sa tête tous les sorts qu'elle avait appris au BDA, sans son formateur pour assurer ses arrières, tout cela lui semblait bien vain. Et pourtant, il fallait qu'elle y arrive. Elle n'avait justement pas le droit à l'erreur, songea-t-elle en se cachant derrière une poubelle, le temps de réfléchir. Son entrainement lui avait sauvé la vie en première fois, en lui donnant le réflexe de plonger suffisamment vide. Et il le ferait jusqu'au bout. Elle avait ses ASPICS, elle était Aspirante au Bureau des Aurors, l'élite des baguettes... Elle pouvait le faire.

Un premier sortilège vint s'écraser à coté de son oreille et elle comprit que son reguge précaire ne la protégerait que pendant quelques secondes. Elle inspira un grand coup et dégaina sa baguette envers deux de ses agresseurs.

- Stupéfix !

Son sortilège frappa l'un des types en pleine poitrine et elle enchaina avec un Protego pour éviter un éclair violet. La ruelle était un cul-de-sac, sa seule issue était donc les airs. Elle n'avait pas de balai magique sous la main... Réfléchis ! se morigéna-t-elle en plongeant derrière les poubelles une nouvelle fois tandis qu'une pluie de sort déferlait sur elle. Son formateur disait toujours qu'elle manquait de créativité, qu'elle était trop portée sur le manuel... Invente, bordel, invente ! Elle leva les yeux vers le ciel au moment où la poubelle qui la cachait s'envolait dans un immense bruit métallique.

- Ascencio ! hurla-t-elle en pointant sa baguette vers le ciel.

Ses pieds décollèrent du sol au moment où un sort venait frapper sa position. L'ascension fut extrêmement brutale et sans vraiment comprendre comment, elle se retrouva sur un toit, tremblante de tous ses membres mais en sécurité. Elle se laissa aller quelques secondes, incapable de retrouver ses esprits avant que son instinct ne la pousse à bouger. Si elle avait pu monter, ses assaillants le pouvaient aussi et elle n'avait pas l'intention de se laisser avoir aussi facilement. Elle se redressa et entreprit de changer de toits dans un équilibre un peu précaire. Difficilement, elle réussit à rejoindre le toit d'une maison de l'allée des Douze Chênes et ce qui s'y déroulait la laissa sans voix. Des sortilèges interdits fusaient de partout et des corps étaient allongés au sol. Les jambes vacillantes, Isobel se laissa glisser le long de la gouttière, baguette entre les doigts. Plongée dans l'ombre, personne ne semblait vraiment faire attention à elle. Ce fut des éclats de voix familiers qui attirent son attention et elle tourna la tête pour distinguer ses collègues. Poussant un soupir de soulagement à l'idée de retourner sous la protection des Aurors expérimentés, Isobel se mit à courir vers eux.

Mais au même moment, un bruit sourd retentit et elle se retourna pour voir une immense vague déferler sur la rue, ce qui ne fit qu'accélérer sa course. Un membre des Baguettes d'Elite semblait maintenir la vague à distance tandis que les Aurors et membres de la PM se battaient contre les mêmes trafiquants qu'elle venait de quitter. Pleine de bonne volonté et rassérénée par la présence de ses confrères, Isobel se lança dans la bataille, bien décidée à reprendre le dessus.

Spoiler:
 
 
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Ezequiel White, Baguette d'Elite

Ezequiel était préparé pour faire face à ce genre de situation qui requérait concentration et maîtrise de soi. S’il avait préféré les Baguettes d’Élite à l’activité d’Auror, c’était justement pour passer le plus clair de son temps sur le terrain. Il s’entrainait plusieurs fois par semaine avec les Baguettes et quelque fois avec les Aurors afin de travailler la coordination entre les services. Aujourd’hui, ce travail portait ses fruits. Stein l’avait immédiatement couvert le temps qu’il stoppe la vague qui déferlait sur l’Avenue des Douze Chênes. Profitant de l’accalmie que lui avait offerte son collègue, Ezequiel avait jeté un sortilège de disparition sur le mur d’eau qui s’était volatilisé immédiatement.

Toutefois, ils n’avaient pas réglé le gros du problème, loin de là ! Les trafiquants de tous bords se mêlaient aux citoyens paniqués qui  tentaient de rejoindre un abri en lieu sûr. La plupart des sorciers courraient, baguette à la main, lançant des sortilèges à tord et à travers. Le policier  se cala à couvert derrière l’un des chênes de l’Avenue qui lui offrait une protection tout en s’efforçant d’analyser les solutions qui s’offraient à lui. Sa priorité était de rejoindre le Triton Ardent afin de retrouver Scarpa et leur contrat. Si Rosaleen Marchebank était touchée, il pouvait dire adieu aux nombreux avantages qu’offrait le Service de Protection du Ministre. Plus il attendait, plus les chances de la retrouver en vie s’amenuisait.
Il devait transplaner et vite mais au moment où il s’apprêtait à rejoindre le restaurant une femme le percuta violemment. Ezequiel se retourna brusquement prêt à lui asséner un sortilège à bout portant si jamais elle tentait quoique ce soit contre lui. Ce fut seulement à ce moment là qu’il la reconnut. Une aspirante. Ils s’étaient entrainés dans le même commando pas plus tard que la semaine précédente.

« Putain mais qu’est-ce que tu fous dans mes pattes !? »
vociféra-t-il en l’attrapant par le col sans ménagement. Il la tira à couvert et ajouta, planque toi bordel ! »
Dans ce genre d’interventions délicates les forces de l’ordre devaient s’arranger pour ne pas se gêner les unes les autres. C’était un principe de base que la nouvelle semblait avoir oublié. Il n’y avait pas de place pour l’approximation et le moindre faux pas pouvait leur être fatal. Il se plaça dos à dos avec l’aspirante et observa la rue. Ce petit contretemps avait permis aux trafiquants de progresser dans leur direction si bien qu’Ezequiel ne put se résoudre à transplaner immédiatement. Il visa une silhouette à l’angle de l’Avenue et lança un Stupefix qui atteignit sa cible. Il réitérera son geste avec moins de succès cette fois. Le sort ricocha contre une poubelle et alla briser la vitrine du Red-Bird. L’agent vit sortir un lycaon recouvert de bris de verre, ce qui laissait peu de place au doute quant à l’identité de l’animagui qui tentait de fuir.

Quoiqu’il en soit Ezequiel ne pouvait pas se lancer dans un combat de rue. Il avait d’autres priorités. Il chercha Peterson du regard parmi les combattants et attira son attention en sifflant. Il lui indiqua silencieusement qu’il comptait se rendre au Triton afin que les Aurors s’organisent sans lui pour rétablir l’ordre dans l’avenue. Lui, il se chargerait du restaurant avec sa binôme de fortune dont il ne se souvenait plus le nom. D’ailleurs elle avait intérêt à assurer cette fois:

« On transplane au Triton Ardent. Les heurts ont commencé là-bas. C’est possible qu’il y ait la femme du ministre donc, fais pas n’importe quoi. Tu me couvres, tu neutralises tous ceux que tu peux. Et pas de conneries cette fois, c’est clair ? » La dernière phrase sonnait plutôt comme une menace mais la petite avait intérêt à faire le boulot, sans quoi, Ezequiel se chargerait personnellement de lui rendre la vie dure…
Dès qu’il fut sûr qu’elle avait saisit l’importance de la situation il lui attrapa fermement le bras et la fit transplaner d’autorité derrière le comptoir du petit restaurant familial.

Ils se matérialisèrent au côté d’un jeune homme allongé sur le sol et d’une femme qui était à son chevet. A en juger par la ressemblance, il s’agissait d’une mère et son fils et ils portaient tout deux des tabliers aux couleurs de la maison. Mme Hudson et son garçon, sans aucun doute :

« P.M » souffla Ezequiel en brandissant son insigne avant de leur faire signe de rester cachés. Les combats faisaient rage de l’autre côté du bar et dans la rue juste devant le  restaurant. Le bruit des échauffourées et des sortilèges lancés parvenaient jusqu’à eux mais il était hors de question qu’ils se jettent dans ce chaos sans anticiper un minimum leur intervention. Tout en chassant plusieurs cafards qui lui montaient dessus, Ezequiel attrapa un bris de miroir au sol pour voir par-dessus le comptoir. Le reflet leur renvoya un aperçu de la situation des rares clients encore debout dans le restaurant. On pouvait deviner que plusieurs personnes étaient encore au sol, au bruit de leurs pleurs, de leurs râles ou de leurs respirations mais les deux agents ne pouvaient pas  les voir. Ezequiel pria pour que Scarpa ait fait transplaner la première dame loin d’ici puis il se tourna vers Isobel pour lui murmurer à l’oreille :

« Je saute par-dessus et tu me couvres par l’extrémité du comptoir.»
Ezequiel attendit que la jeune femme soit  en position de couverture avant de prendre une profonde inspiration. Il fallait que son plan fonctionne. Il faisait diversion pour concentrer l'attention pendant que l'aspirante assurerait ses arrières discrètement. Après tout, c’était justement pour vivre de tel moment de tension qu’il avait choisi ce métier. Il  ferma les paupières quelques secondes pour se concentrer, et entama un décompte mental. A zéro il ouvrit brusquement les yeux, fin prêt.

« Police Magique, tout le monde à terre. Personne ne bouge !» lança-t-il en bondissant de l’autre côté, tous les sens aux aguets.

Isobel et lui-même étaient prêts à tirer sur le premier qui esquisserait le moindre mouvement suspect…
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Œil pour Œil, Dent pour Dent [Scénar Guerre des Gangs]

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