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 Pourquoi tant de mystère? [Pv Chloé]

Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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21 Septembre 2008,

Quelque peu matinal, Jacob arpentait déjà la cuisine du 227 Greyfriars Square à la recherche de tasses en porcelaine, et de quoi préparer un bon café qui lancerait merveilleusement cette belle journée. Pour une fois, le Directeur du Département des Catastrophes magiques s'était levé du bon pied, et avec de bonnes intentions. En effet, il voulait faire une petite surprise à sa belle en préparant le petit déjeuner. Il faut dire qu'il avait des choses à se faire pardonner depuis la veille, tant il s'était encore une fois montré odieux avec sa dulcinée. Mais Swann comme toujours n'en faisait qu'à sa tête, incapable de se résoudre à suivre ses conseils. Souhaitant d'ores et déjà organiser les préparatifs pour l'inauguration du deuxième étage de sa boutique, Swannie naviguait de lubie en lubie. La dernière en date étant celle d'aller récupérer des friandises dans la lointaine Bristol, plutôt que de se servir dans l'une des pâtisseries avoisinantes. Un comble! Mais voila, avec sa petite moue légendaire, Swann lui avait servit des formules types, du genre : "Ce sont les meilleures pâtisseries d'Angleterre! "; "Mildred ne m'en a dit que du bien! "; ou encore "Je tient à ce tout soit parfait! ". Parfois Jacob se demandait pourquoi il était tombé amoureux d'une perfectionniste à ce point tête de mule!

Toutefois, Jacob reconnaissait lui-même qu'il n'était pas un homme simple à vivre, ni un amoureux transi qui se pliait à toute les suppliques de sa belle. Même s'il ne le disait pas ouvertement, il savait que son comportement de solitaire, et de vieux garçon endurcit ne favorisait pas toujours l'épanouissement du couple. Mais voila, Swann avait besoin de quelqu'un qui la dirige, qui lui mette le doigt sur ses erreurs. Si elle ne prenait pas conscience de cela, elle risquait de passer à coté d'un bonheur qui pourtant lui tendait les bras. Jacob pouvait tout lui offrir! Et pourtant elle s'obstinait à vouloir développer son activité, et à ventre des nippes de luxe à des greluches dépourvues de la moindre classe. Triste monde superficiel que celui de la mode vestimentaire! Pour Jacob un vêtement n'avait que des buts fonctionnels, d'une part, celui de dissimuler la nudité aux yeux des autres, et enfin de préserver du froid extérieur. Parfois il se demandait, si la société humaine pour le bien de son évolution ne ferait pas mieux de revenir au temps de la caverne de Platon!

En tout cas, ce matin, il n'y avait pas de caverne plus silencieuse que le 227 Greyfriars Square! Swann adoptait une technique typiquement féminine ne visant qu'à le faire culpabiliser de son attitude de la veille :  La technique dite de le "bouderie silencieuse". Bien pire que de se prendre un sortilège impardonnable en pleine face, ce mur de silence féminin avait de quoi rendre fou le plus déterminé des hommes! Jacob ne dérogeait pas à cette règle, et il avait beau tenté de lui extirper une parole : Swann trouvait toujours l'art et la manière pour se dérober. C'est pourquoi, il tenta de l'amadouer avec une tasse de café et de bons croissants. Un petit déjeuner "so Frenchy" comme les aimait parfois sa belle. Mais cette dernière continuait de tourbillonner autour de lui en silence, ignorant totalement cette délicate intention. Franchement il y avait de quoi arracher la barbe de Merlin!

Jacob tenta tout de même de raccrocher la wagon du dialogue à la locomotive.

"Tu es certaine de ne pas en vouloir une tasse? Pourtant, ce café me semble avoir été préparé avec amour... "

Nouvelle moue silencieuse. Swann venait de récupérer un foulard, et son sac, se dirigeant d'un pas décidé vers la porte d'entrée. Pour l'instant les pâtisseries de Bristol écrasaient à plat de couture son petit déjeuner pavé de bonnes intentions. Jacob fit mine d'ignorer sa future épouse, trempant lui même ses lèvres dans le café.

"Mmmmm... Vraiment délicieux, corsé comme il le faut, et avec le soupçon d'arôme nécessaire pour le rendre parfait... Tu ne sais pas ce que tu manques, Swannie... "

Swann lui tournait le dos, se scrutant dans le miroir d'entrée, et gommant les petites imperfections de sa chevelure. Jacob fulminait intérieurement, ne comprenant pas pourquoi elle persistait à l'ignorer alors qu'il faisait des efforts manifestes pour se montrer agréable. Même pas l'ombre d'un sourire, un vague "au revoir", Swann restait aussi muette qu'une carpe. Nul doute qu'il ne parviendrait pas à briser sa bouderie silencieuse. Comme bien souvent quand il n'arrivait pas à ses fins, et plutôt que d'avoir à perdre la face, Jacob fit le choix de se tourner vers son cynisme légendaire.

"C'est bon, tu as gagné! Cours acheter tes pâtisseries aussi loin que cela te plaira! Au fin de la forêt amazonienne, tu trouveras peut être d'excellent choux à la crème! Va savoir? Franchement, je crois que jamais je ne te comprendrai... " Jacob poursuivit ses piques ironiques, en attaquant cette fois-ci sa demi-sœur dont il pensait qu'elle avait une mauvaise influence sur Swann. "Au passage, tu pourras demander à cette tendre Mildy, comment elle fait pour assister à des réunions pour la sauvegarde du droit des femmes; alors qu'en même temps, elle exploite de ses consœurs dans son cabaret à des fins peu louables. Mais oui, Swanny, tu as raison! Autant de mauvaise foi dans une même personne, c'est absolument admirable! Et il vaut mieux écouter cette maquerelle que son futur mari... "

Aucun soupir, rien! Jacob se sentait littéralement vaincue part tant d'obstination. Lorsque Swann posa sa main sur le loquet de la porte d'entrée, Jacob sentit son cœur s'étreindre, frappé par le pressentiment qu'il fallait absolument qu'elle lui adresse un dernier regard o une dernière parole. Pour se faire, l'austère politicien creusa au tréfonds de son cœur de glace, là où reposait tout l'amour sincère qu'il éprouvait pour sa belle et jeune Swann. D'une voix anormalement douce, Jacob lui murmura :

"Tu sais que tu vas me manquer... "

Mais lorsqu'il releva son regard gris clair, il constata que Swann était déjà partie, et que la porte venait tout juste de se refermer derrière elle...

*****


21 Septembre 2008, fin de matinée...

Quand Jacob Dalhiatus franchit les portes du Ministère de la magie, il laissa derrière lui ses déboires personnelles, pour revêtir le costume sans faille du politicien intransigeant et maître de lui. Comme les serpents, il avait l'art et la manière de changer de peau selon les circonstances, ce qui se révélait un habile moyen pour ne pas cogiter. Son esprit se focalisait désormais sur un seul et même objectif, celui d'amener le département des mystères et la recherche magique à travailler pour eux. En effet, c'était devenu une idée fixe pour Jacob qui voulait rendre plus efficace son projet de Milice, et offrir à celle-ci un véritable outil pour rétablir l'ordre public. Pour l'instant, tous ceci n'était que officieux, et ne reposait que sur des échanges en privé avec le ministre Marchebank, même s'il s'avérait essentiel de réformer certaine composante de la justice, comme notamment le régime des peines. De par les dépenses engendrées, la prison d'Azkaban prenait l'apparence d'un gouffre financier, qui devait être résorbé au plus vite, au risque de voir le système judiciaire tout entier sombrer dans une situation inextricable. La peine de mort en bonne voie de rétablissement, Azkaban allait enfin se vider des plus infâmes crapules qui polluaient son espace, mais voilà... Était-ce suffisant?

Pour Jacob Dalhiatus, il était clair que non. Tuer des criminels étaient peut être une excellente chose sur le court terme, mais cela n'anéantirai aucunement la menace sur le long terme. Pour vaincre une pandémie, il ne servait à rien de s'attaquer aux foyers de propagation les uns après les autres, mais plutôt de trouver le vaccin salvateur qui réduirait à néant la propagation. Et pour ce faire, Jacob Dalhiatus avait besoin d'aide, car sa milice n'avait pas encore en main une arme qui puisse briser l'origine du mal qui germait dans l'esprit de certain citoyen mal-attentionné. Les Oubliators pouvait effacer, voir lobotomiser des individus grâce à leur sortilège d'oubliettes. Mais pouvait-ils transformer la conscience d'un individu? Découvrir les moindres parcelles de la pensée? Le façonner? Il était clair que la recherche magique devait s'orienter sur la mémoire et le travail de l'esprit, de manière à créer une société parfaite. C'était un travail de longue haleine, et en cela Jacob avait clairement besoin de l'aide de Département des Mystères. Tâche ardue que celle de convaincre un service qui fonctionnait de manière indépendante, et qui n'obéissait pratiquement à aucune loi.

Pourtant Jacob se voyait offrir une formidable opportunité, par le biais de la nouvelle directrice des Mystères qui avait accepté son offre de le rencontrer. Chloé Hellsoft était une femme admirable, dont la compétence n'était plus à prouver. Pour Jacob, il s'agissait d'une nomination essentielle à la bonne marche du Ministère, tant il avait entendu d'éloge au sujet de cette nouvelle reine des mystères. Fait étrange, Jacob avait le sentiment qu'il pouvait s'entendre à merveille avec cette beauté froide, comme si une connexion invisible les reliait. Peut-être se trompait-il, mais le directeur des Catastrophes avait l'impression d'avoir plus d'un point commun avec cette recrue au regard foudroyant. Ne voulant braver le secret du Département des Mystères et se provoquer les ires de sa gardienne, Jacob avait donné rendez-vous à cette dernière dans le Hall Principal du Ministère. Le sujet de discussion devant l'amener à dériver sur l'un des projets qui lui tenait le plus à cœur, celui de créer une prison d'un nouveau type, dans laquelle la recherche allait jouer un rôle fondamentale. Avec l'arrestation d'un certain Crispin Dérébusor, des semaines auparavant, Jacob avait trouvé le cadre parfait et solitaire pour bâtir le futur joyau de sa Milice. Mais voilà, il valait mieux adoucir la réalité de la chose au département des Mystères, afin d'obtenir leur soutien. Quand Jacob vit la belle représentante du département des mystères venir à lui, il lui accorda son plus beau sourire charmeur.

"Et bien dîtes-moi, on dit que pour entretenir sa beauté originelle, il ne faut point dépouiller la femme de ses mystères. En ce qui vous concerne, cette citation vous sied à merveille! Je vous remercie de bien vouloir m'accorder de votre temps précieux, car je tenais à m'entretenir avec vous... "

Jacob regarda sa montre, il était déjà aux alentour de midi. Son regard se redressa alors vers Chloé Hellsoft.

"J'imagine que vous n'avez point déjeuner? Peut-être pourrai-je me permettre le luxe de vous inviter à la table d'un restaurant? Cela s'avérerait un cadre bien moins formel que les allées obscures de ce ministère... "

Jacob se permit l'un de ses sourires teintés d'ironie dont il avait le secret.

"Mais ne voyez chez moi, aucune tentative de séduction, car j'ai malheureusement passé l'âge. Tout cela ne sera que purement professionnel... "

Jacob Dalhiatus réajusta son col, tout en attendant que la directrice de Département lève le voile de mystère qui planait sur ses intentions...


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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:29, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
"Madame la directrice!" s'écria un énième stagiaire du département des Mystères, interceptant Chloé juste avant qu'elle ne s'engouffre hors de la salle aux douze portes, vers le havre de paix qu'était son bureau.

Il fallu toute sa contenance à la jeune directrice pour ne pas lever les yeux au ciel et se retourner sans fusiller la jeune recrue du regard.

"Quoi encore, Stevenson?"

Sa voix claqua, froide et autoritaire. Le débutant sembla soudainement perdre quelques centimètres, ce qui plu énormément à Chloé. Les réactions franches des élèves de Poudlard lui manquaient maintenant qu'elle travaillait au ministère, face à des politiciens toujours chevronnés et orgueilleux, et parfois carrément machistes. Son austérité ne désarçonnait jamais très longtemps, sauf pour les jeunes diplômés des ASPICs.

"Mrs. Lewis vous demande dans la salle des cerveaux, un des bocaux s'est fissuré et…"

Chloé l'interrompit sèchement.

"Et Deborah est parfaitement capable de gérer ceci par elle-même. Il me semble qu'elle a été responsable de cette section pendant six ans au moins, et les fissures des bocaux sont des problèmes réguliers. Soit elle a été particulièrement incompétente à ce poste au point d'en référer systématiquement à Mr. Haddock, soit elle sait comment réagir. S'il s'agit de la première solution, faites-lui savoir que je demande au Ministre la permission de nommer une sous-directrice plus compétente, et que nous aviserons ensemble des conditions de son reclassement cet après-midi à quinze… non, seize heures. Pour l'instant, je suis injoignable sauf crise particulière. Est-ce clair?"

"O… Oui Madame la Directrice."

Et, sans prendre le temps de regarder si Stevenson partait transmettre l'information, Chloé tira la porte et déboucha dans le couloir, bien décidée à ne plus se laisser arrêter. Elle entra dans son bureau et scella la porte d'un coup de baguette magique tout en pestant intérieurement contre sa sous-directrice. Elle ne comprenait pas pourquoi Marchebank avait suggéré que Deborah Lewis occupe ce poste. Elle était, certes, très compétente et s'y connaissait en matière de Mystères, mais elle n'avait absolument rien en commun avec le nouveau régime, et encore moins d'atomes crochus avec Chloé. Déjà à l'époque où elles étaient simples collègues, elles ne s'entendaient pas. Mais Deborah ne supportait pas la nomination de Chloé au poste de directrice, estimant qu'il aurait du lui revenir. Ladite directrice pouvait le comprendre: elle avait quitté le Département des années auparavant alors que Deborah était restée fidèle au poste. Mais même Fiennes, après le départ d'Art, n'avait pas souhaité que Lewis reprenne le flambeau. Pour se venger, Deborah prenait un malin plaisir à accabler Chloé de travail. Elle prenait soin que tout passe par elle, afin d'être informée des moindres informations, mais redirigeait systématiquement tout vers Chloé ensuite.

Sauf que Deborah oubliait une chose: Chloé aussi était une ancienne Gryffondor, et pouvait rivaliser avec elle en terme d'opiniatreté. Pis, elle venait de passer près de dix ans à Poudlard en temps que directrice de cette maison, et avait l'habitude que les autres se plient à ses désirs. Les employés du Ministère n'étaient que des versions plus tortueuses des élèves qu'elle avait dirigé. Et si la jeune mère manquait un peu de pratique avec cette tranche d'âge, elle avait toute confiance en elle pour affuter ses armes et elle ne comptait ni se laisser mener en bateau, ni céder au chantage de Deborah. Les prochaines semaines seraient difficiles.

Pourtant, malgré tous les tracas, le stress et la masse de travail, Chloé ne regrettait pas son choix. Poudlard lui manquait, mais elle commençait à avoir fait le tour de l'enseignement. Elle n'avait jamais vraiment coupé les ponts avec les Mystères, y revenant en temps que consultante à intervalles réguliers. Elle ne s'imaginait pas sous-directrice de l'école, rôle trop ambivalent, entre politique et professorat. Non, la direction des Mystères la rajeunissait. Elle retrouvait une ambition qu'elle croyait perdu, l'exhaltation face à un nouveau travail et l'intérêt pour sa passion première. La politique l'effrayait toujours un peu, mais elle avait désormais la volonté de sortir vainqueure des combats sournois qui se tramaient dans les profondeurs du Ministère. Enfin, il était bien qu'elle et Peter aient un travail séparé, maintenant qu'ils vivaient ensemble. Cela maintenait l'équilibre toujours précaire de leur couple.

"Jesse, je sors" annonça Chloé à son secrétaire après quelques minutes. "Si quelqu'un me cherche, prenez le message, à moins que le ciel ne soit en train de nous tomber sur la tête."

Quelques minutes plus tard, Chloé arrivait dans le Hall du Ministère et cherchait Jacob Dalhiatus dans la foule. Son collègue des Catastrophes Magiques avait souhaité la rencontrer pour déjeuner, sans se montrer très explicite sur la raison de cette rencontre. Elle ne connaissait que peu celui qui passait pour être le bras droit de Marchebank. Il adoptait une attitude assez similaire à la sienne, sachant être cassant et glaçant à loisir, mais les quelques fois qu'elle s'était trouvée en sa compagnie, Chloé aurait juré qu'ils ne jouaient pas le même jeu. Alors qu'il n'était pour elle que question d'autorité, Jacob semblait apprécier ces petits jeux de dupes et être bien moins francs dans ses tirades que son homologue féminine. Cependant, à sa grande surprise, Jacob Dalhiatus ne se montra ni avare de mots, ni condescendant. Il fut au contraire serviable et charmeur.

"Passé l'âge, vraiment?" répondit-elle sans cacher son amusement. "Ce n'est pas ce que vos récentes fillançailles laissent à entendre…" Puis, vrillant ses yeux dans les siens, elle ajouta: "Ne seriez-vous pas en train d'insinuer que ce serait plutôt moi, qui aurait passé l'âge?"

Elle autorisa un mince sourire à étirer ses lèvres.

"Je crois qu'un restaurant reste la moindre des choses pour vous faire pardonner votre maladresse. Je vous suivrai donc de bonne grâce. Quelle est notre destination?"

Elle réprima la question qui lui brûlait les lèvres, sachant qu'il n'aborderait pas la réelle raison de leur entretien avant d'être passé à table. Ah, les politiciens!




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Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Curieusement le dialogue s'établit très vite entre les deux membres du Ministère, laissant même envisager une certaine complicité dans l'humour. Souvent méprisant dans ses rapports avec les femmes, Jacob ne percevait pas les choses de la même manière avec cette subtile reine des mystères. En effet, cette dernière venait de s'illustrer à l'instant par une petite pique verbale bien sentie, qui soulignaient autant un esprit vif que de l'audace. L'espace d'une seconde, Jacob en oublia presque l'importance de ce rendez-vous politique, pour ne profiter que de cette belle rencontre. Il lui répondit avec une amabilité empreinte d'humour.

"Voyons, Miss Hellsoft. Jamais je ne me pardonnerai une telle insinuation. Vous êtes ce genre de femmes qui s'embellissent de jour en jour, et sur lesquelles le temps ne semble avoir aucune emprise. J'ignore comment vous faites, mais j'imagine que c'est un secret bien gardé dans l'ombre de votre département des Mystères. Si je n'étais point fidèle en amour, et dépourvu d'une conscience professionnelle infaillible; Nul doute qu'à l'heure actuelle, je ne serai qu'un inoffensif petit chaton vous faisant les yeux doux... "

Jacob réalisa qu'il témoignait peut-être d'une trop grande familiarité à l'égard de la directrice du Département des Mystères, et il se ravisa bien vite. Rien que la pensée que l’ancien professeur de Divination avait certainement croisé le chemin de l'élève Swann à Poudlard, avait de quoi geler son excès de confiance. Voulant faire preuve de courtoisie, il indiqua à la directrice des Mystères de bien vouloir le suivre, et ils quittèrent alors tous deux le ministère.

*****

Ne connaissant les gouts de sa prestigieuse invitée, Jacob avait choisi un restaurant dont il connaissait la qualité de la carte. Situé à deux pas du Ministère, la petite gargote ne payait pas de mine, du moins vue de l'extérieur. Car l'intérieur recelait une décoration des plus originales, au ton chaleureux. "L'As de trèfles à quatre feuilles" était peut-être un nom quelque peu galvaudé pour un établissement culinaire voulant allier gastronomie et cartomancie; Mais voilà, en le choisissant, le Directeur des Catastrophes magiques pensait adresser un petit clin d'œil au talent de divinatrice de son hôte, et bénéficier également de la chance du trèfle à quatre feuille dans cet entretien qui s'annonçait crucial de point de vue des avancées politiques qu'il pouvait entrainé. Leopold Marchebank comptait sur lui, et il tacherait de ne point le décevoir dans son effort de persuasion. Cela ne serait pas une mince affaire que de convaincre l'un des organes les plus indépendants du Ministère de  la Magie. Mais Jacob n'éprouvait aucune crainte à se lancer dans cette entreprise, surtout lorsque cela nécessitait un tête à tête savoureuse avec l'élégante Chloé Hellsoft.

Le restaurant s'inspirait d'un modèle typique d'une obscure ville moldue de France, et n'offrait que de grandes tablées aux sièges resserrés. Le politicien avait réservé l'une d'entre elles, dans son intégralité, de manière à rester à l'écart des oreilles indiscrètes. Jacob tira une chaise pour que son invitée de marque puisse s'y asseoir, et s'installa à son tour. Un serveur ne tarda par à amener la carte des menus, et Jacob ne tarda pas à conseiller aimablement la reine des mystères.

"N'hésitez point à vous faire plaisir, car vous êtes mon invitée. Le charme de ce restaurant réside dans le fait qu'il s'inspire d'un modèle moldu à la française, que l'on appelle un "bouchon". Si les français brillent par leur fainéantise, il faut leur reconnaitre tout de même des qualités indéniables en matière de gastronomie. Je vous conseille particulièrement la "Quenelle au Boullu" avec sa sauce de trèfle à quatre feuilles... "

Un serveur vint leur servir en guise d'apéritif, un succulent vin des elfes, vingt ans d'âge, bien entendu offert gracieusement par la maison. Jacob s'empressa de le gouter et d'en savourer le contenu. Il finit par commander son entrée, une assiette de crustacés venant tout droit du port de pêche de Bristol, du fait que celle-ci s'accordait à la perfection avec son précieux breuvage. Lorsque son entrée fut déposée sur la table, très vite, l'atmosphère du rendez-vous prit une orientation plus professionnelle.


Tout en jouant avec sa fourchette, Jacob finit par dévoiler les véritables raisons de cette rencontre.

"Vous imaginez bien, Miss Hellsoft, que je ne vous ai point fait venir ici pour deviser sur la gastronomie française. Cela serait vous faire affront, et abuser de votre temps précieux. Voyez-vous,  je me suis entretenu récemment avec le ministre Marchebank, au sujet des réformes de notre système pénal, de manière à rendre celui-ci à la fois plus efficace mais également en adéquation avec le modèle de société que le FREE veut bâtir. J'ai le privilège d'avoir été nommé responsable de l'une de ses réformes, et j'espère pouvoir y associer les compétences de votre département de manière à la rendre plus performante... "

Du revers de sa serviette de table, Jacob s'essuya avec délicatesse la commissure des lèvres, avant de poursuivre ses explications.

"Je suis persuadé que vous avez entendu le discours de monsieur Marchebank concernant le rétablissement de la peine de mort. Certes, c'est une mesure qui peut paraitre radicale au demeurant, mais croyez-moi, elle s'avère nécessaire au vue du gouffre financier que devient la prison d'Azkaban. Comme ce fut le cas pour Alcatraz chez les moldus, nous devons envisager une mise au ban de cet établissement pénitentiaire dont le coût plombe littéralement nos finances. Honnêtement, nous n'avons plus les moyens d'assurer son entretien et de subvenir aux besoins de la racaille qui la peuple. L'instauration de la peine de mort est donc une bonne chose et va nous enlever une sacré épine du pied. J'imagine que vous n'êtes point opposée à l'idée de débarrasser notre société de ses plus dangereux criminels... et que vous ne verserez point de larme sur le sort qui attend cette folle furieuse d'Ana Sorden. Je me trompe? "

Cette allusion à la mardolienne n'était pas innocente, car Jacob espérait ainsi marquer personnellement la directrice du département des mystères afin de ne lui donner aucune forme d'empathie à l'égard du sort réservé aux condamnés. Ana Sorden avait représenté une telle menace sur Poudlard, allant même jusqu'à menacé de pauvres enfants, que sa mort serait sans doute vécue comme une libération pour l'ancienne directrice de la maison rouge et or. Le politicien leva la main comme pour réfréner les arguments de sa consœur politique.

"Je vous rassure sur le fait que la peine de mort ne sera administré que pour éradiquer les pires criminels de notre monde magique : Terroristes, les tueurs en série, violeurs récidivistes, bref elle ne s'adressera qu'à la lie de l'humanité. Quand nous jugerons que le crime perpétré ne nécessite pas une mesure aussi radicale, nous envisageons alors une autre méthode, ou plutôt devrai-je dire, un nouveau régime d'incarcération... "

Jacob adressa un sourire se voulant énigmatique, puis finit par révéler le fond de sa pensée.

"Dans un souci de réinsertion, et de manière à accorder une seconde chance à nos détenus, Monsieur Marchebank souhaite créer un nouveau modèle de prison; modèle dans lequel l'usage de la magie pourrait nous aider à remettre dans le droit chemin certaines brebis égarées. Une solution qui se veut plus humaine, et qui garantira davantage la sécurité de notre monde magique. Un projet aussi visionnaire passe indubitablement par un effort de recherche, et c'est là que vous interviendrez. Mais je suis persuadé que la divinatrice que vous êtes l'avait déjà devinée, n'est-ce pas? "

Tout en taquinant de la pointe de sa fourchette un crustacé qui gisait dans son assiette, le directeur des Catastrophes Magiques attendait la réaction de sa convive sur ce projet au combien important pour le FREE....


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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:29, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé garda pour elle ses pensées sur la tendance à la flatterie de Jacob Dalhiatus, et suivi son collègue dans un restaurant atypique. S'il avait la parole un peu lourde lorsqu'il s'agissait de complimenter, on ne pouvait nier qu'il savait également faire preuve de subtilité pour mettre à l'aise son interlocuteur. La directrice des Mystères saisit tout de suite l'allusion et eu un sourire légèrement moqueur. Elle le dissimula bien vite en s'asseyant face à Jacob et lu attentivement la carte des menus. La moitié des plats lui étaient inconnus. "Escargots à la sauce gobière", vraiment? Mais qui pouvait avoir l'idée étrange de manger cela? Incertaine quant à son choix, elle écouta son hôte qui lui proposait la quenelle du boullu. Elle trouvait le nom peut attirant, mais Dalhiatus semblait être un homme qui aimait la bonne chaire, à en juger par son léger embonpoint. Elle lui ferait donc confiance sur ce point.

"Je vais suivre vos conseils avisés, dans ce cas. La carte est tellement fournie qu'il est difficile de se décider sans regretter de n'avoir pas choisi un autre plat."

L'atmosphère resta conviviale tandis qu'ils goûtaient le vin - fort bon au demeurant. Elle changea dès que les plats furent apportés, ce que Chloé apprécia. Dalhiatus semblait être un homme, certes respectueux des convenances, mais suffisamment intelligent pour savoir qu'elle n'aimait pas les ronds de jambe qui s'éternisaient. Tout en goûtant son entrée méridionale - une charcuterie des plus fines accompagnée de melon, Chloé écouta attentivement ce que l'homme avait à lui dire. Il fit un premier faux pas en l'appelant Miss. Peut-être n'était-elle pas mariée, mais il était de notoriété publique qu'elle était mère de deux enfants et vivait en concubinage. Que ce soit par flatterie ou par mysoginie, Dalhiatus venait de commettre une erreur.

Mais son discours entier fut d'une telle aberration que Chloé en oublia bien vite ce détail. Son collègue était-il en train de lui dire sans sourciller que la peine de mort était une simple solution à un problème économique? Qu'on tuait parce que la prison coutaît trop cher? Que la vie de certains n'avait aucune valeur? Merlin, c'était tellement Seigneur des Ténèbres! Comment pouvait-on encore penser de la sorte à l'heure actuelle? Chloé savait qu'il s'agissait d'une question complexe, que le citoyen moyen n'avait sans doute pas le même avis sur "les plus dangereux criminels" que les victimes et leurs proches. Mais qu'avait donc traversé cet homme dans sa vie pour penser de la sorte? Avait-il perdu un proche des mains d'un fou furieux qui ne s'était jamais repenti? Il faudrait qu'elle se renseigne. Seul ce genre d'argument lui permettrait de relativiser la proposition de Dalhiatus - et même dans ce cas, comment Marchebank pouvait-il laisser faire cela? Peut-être que le numéro deux du gouvernement avait mal interprété la politique du numéro un... Mais cela ne cadrait pas avec le ton du discours. Chloé eu un froncement de sourcil lorsqu'il évoqua Ana Sorden, et pris le temps d'avaler avant de répondre posément.

"A vrai dire, je suis de ceux qui pensent que la peine doit être adaptée au criminel. Si vous connaissiez Ana Sorden comme je l'ai connue, vous sauriez que la mort est un châtiment bien trop doux pour elle, car ce n'est pas la mort qu'elle craint."

Par cette réponse réservée, Chloé espérait qu'il comprenne qu'elle ne souhaitait parler de l'arithmancienne. Elle n'acceptait ni ne rejetait la proposition de Dalhiatus, et n'exprimait pas un avis général, ce qui lui convenait très bien. Chloé n'était pas sûre qu'elle et son vis-a-vis aient la même définition du mot "racaille". A moins que Dalhiatus ne souhaite effectivement éliminer toute la racaille, ce qui faisait tout de même un certain nombre de personnes. Heureusement, il précisa rapidement que ce n'était pas le cas et énuméra un certain nombre d'individus concernés. Puis le coeur du sujet fut abordé.

Ainsi, le FREE souhaitait instaurer une sorte de psychothérapie obligatoire magique. La première pensée de Chloé fut la répulsion à l'idée que l'on puisse manipuler les pensées d'autrui. Puis elle songea que les moldus employaient ce genre de techniques. Elle se souvenait de Daisy lui en parlant en salle des professeurs, d'un article dans la nouvelle rubrique "monde moldu" de la Gazette qui expliquait ce que subissaient certains criminels moldus, quelque chose qu'ils appelaient la castration chimique. Elle avait déjà pensé que la violation du corps du prisonnier était une chose abjecte, alors l'esprit? Pourtant, les moldus n'étaient pas moins humains qu'eux et avaient autorisé ce genre de pratique. Etait-ce le signe qu'il était possible que la recherche fasse progresser le monde? L'esprit de chercheuse de l'ancienne professeur s'éveillait à cette suggestion. Les travaux sur la mémoire étaient aussi fascinants que délicats. Progresser et en savoir plus dans ce domaine était tentant... La conscience de Chloé la rabroua vertement. Elle posa sa fourchette et contempla un instant celui qui venait de lui faire cette proposition insensée.

"C'est une proposition intéressante" dit-elle sans s'avancer. "Pédagogique, très certainement, et tout aussi innovante. Mais vous n'ignorez pas que nous touchons là à la limite des droits du sorcier et du citoyen. L'époque où le maintien en détention d'un malade atteint de loup-garoutisme ne constituait pas en elle-même une violation de l'article 3 de la CEDH (Convention Envoutante des Droits de l'Homme) est révolue depuis longtemps." Elle fit une pause, réajustant sa serviette d'un geste machinal. "La chercheuse que je suis admire votre idée, mais en temps que responsable politique et citoyenne, j'en vois aussi les limites. A quel genre de criminels pensez-vous? Qu'entendez-vous par "les remettre dans le droit chemin"? Imaginez-vous cela sur la base du volontariat? Pourquoi ne pas se servir de ces recherches pour ceux que vous condamnez à mort? Il me semble que ce serait justement eux qui en auraient le plus besoin."

Chloé but une gorgée de vin et reposa son verre avec un sourire énigmatique, adoptant une attitude qui se voulait très intéressée (par l'idée, bien sûr).

"Cela fait beaucoup de questions, j'en conviens. Mais je suppose que vous avez déjà les réponses. Nous touchons ici à un domaine très sensible pour l'opinion publique, qui, je crois, n'a pas oublié la devise malheureuse d'Albus Dumbledore: pour le plus grand bien..."



Défi de jeu:
 


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Jacob ne sembla pas s'émouvoir du flot de questions ininterrompus, se contentant de piquer une écrevette qui lui échappait depuis trop longtemps dans son assiette. Il était parfaitement normal que la Directrice des mystères s'interroge sur la politique au combien expérimentale du FREE. Mais lui-même avait tant de questions à lui poser sur les règles déontologiques qui impactaient son département des mystère; Sur les limites morales que se fixaient les chercheurs, sur les secrets non avoués... Et Chloé Hellsoft ne lui en révèlerait jamais la couleur. On ne pouvait critiquer ce que l'on ignorait, et c'est exactement ce que son plan de "réinsertion" prévoyait. Cette nouvelle forme d'incarcération ne faisait que s'inspirer de son propre Département, et elle lui récitait sa petite mélopée de juriste modèle, de citoyenne parfaite en accord avec sa conscience. C'était juste de l'hypocrisie politicienne...

Bien que exprimée avec une passion communicative, cette mauvaise foi ne pouvait que amuser intérieurement Jacob. En ce moment même, dans l'ombre, le département des mystères œuvrait peut-être à la réalisation d'un sortilège au combien nuisible, ou pire sur un potion contenant les germes d'un virus mortel... Et qui le saurait? Personne. Aucun organe de contrôle ne viendrait régenter leur travail, ou mener des enquêtes sur leurs découvertes. Les "Pierre et Marie Curie" du monde sorcier pouvaient continuer leurs expériences sans se soucier de la dangerosité de certaines. Ils étaient libres, comme le FREE souhaitait l'être! Se libérer des contraintes juridiques, des discours moralisateurs, voici la clef qui permettrait au monde magique d'évoluer. Le progrès n'étant rien d'autre qu'une forme de transgression de l'interdit.

Le Directeur des Catastrophes magique ne voulait pas se lancer dans un bataille juridique, ou chacun avancerait des articles de loi pour contrer les arguments de l'autre. Jacob connaissait parfaitement les limites du système judiciaire, pour y avoir longtemps siégé, que ce soit au Magenmagot, ou au sein de la Police magique. Sans transgression, il n'aurait jamais pu livrer l'assassin de Gersende aux autorités moldus. Jamais sa mort n'aurait été vengée. Le chemin vers la justice n'est jamais en ligne droite. Mais cela Chloé devait encore l'apprendre, encore obstruée par sa conscience de Gryffondor. Tôt ou tard, elle finirait par comprendre, que le Ministère se fichait complètement de ses états d'âme. Elle était là pour obéir, et ce repas n'était qu'une mise en scène pour rendre les injonctions plus aimables et moins coercitives. Leopold Marchebank viendrait frapper à sa porte et ne lui donnerait pas le choix. Soit elle restait dans l'idéologie du FREE, ou préférai sans soustraire, et se verrai alors débarquée du Ministère. Le constat était aussi simples que cela. C'est pourquoi, Jacob ne s'encombra pas de répondre directement aux question de la directrice du Département des Mystères.

"Je vous en prie, madame Hellsoft. Ne mélangez pas tout! C'est faire affront à votre intelligence que d'émettre de telle comparaison. Chaque contour de ce projet à été étudié pour qu'il s'intègre parfaitement aux lois qui régentent notre monde Magique! Vous n'oseriez mettre en doute mes compétences juridiques, ainsi que celles de monsieur Marchebank, n'est-ce pas? Alors tranquillisez-vous, et cessez de vous préoccuper de l'opinion publique; Et ce n'est clairement pas votre rôle que de vous soucier de ce genre de détail. Tout ce qui doit vous importer, concerne l'avancée de vos recherches, et de savoir si oui ou non, vous souhaitez vous intégrer dans ce projet. Sans réponse, notre discussion s'arrêtera là... "

Par ces propos, il venait de faire comprendre à Chloé Hellsoft que si elle avait des mystères à préserver, lui aussi n'était pas en reste. De plus, il pouvait très bien trouver d'autres voies, et d'autres personnes qui la remplacerait dans ce projet novateur. Il ne fallait surtout qu'elle se sente indispensable, car ce n'était pas le cas. Un instant seul le bruit des couverts, sembla entrecouper le silence qui venait de tomber sur leur repas. Même si Jacob s'en accommodait, il finit par briser ce silence avec une question des plus étranges, et quelque peu déstabilisante.

"Madame Hellsoft... Vous êtes la mère d'un enfant n'est-ce pas? "

Jacob la transperça alors de son regard résolument froid et insondable. Il guetta sa réponse comme une vipère des sables attendait le passage d'un suricate, avant de délivrer les raisons de cette question au demeurant hors contexte.

"Alors vous savez qu'une mère après avoir punit son enfant, ne tarde jamais à le couvrir de baisers... " Jacob but une lampée de son vin des Elfes avant de poursuivre ses explications. "C'est exactement ce qui va se produire avec notre projet, et notre gestion de la criminalité. Car derrière la sanction se cache bien souvent une volonté sincère d'accorder une seconde chance. Mais pour celà, dans un premier temps, nous devrons nous montrer intransigeant dans l'application de la peine de mort, de manière à délivrer un message clair aux criminels : Celui que nous sommes farouchement déterminer à rétablir l'ordre public, quitte à en passer par le prix du sang! Sans un minimum de violence, nous ne pourrons jamais éduquer notre peuple et le remettre sur le droit chemin. Aucune forme de réinsertion ne serait envisageable sans la peur d'un éventuel couperet! C'est pourquoi, ceux qui n'accepteront point cette forme de volontariat, comme vous vous plaisez à la qualifier, seront châtiés comme il se doit. Pour obtenir le pardon, faut-il encore le mériter! N'est-ce point faire preuve d'une grande clémence que d'accorder une seconde chance ? "  

Le regard de Jacob se perdit quelque peu dans le lointain, alors qu'il se rendait compte à quel point le décor de ce restaurant était kitsch. Puis d'une voix monocorde, il ajouta :

"Vous vouliez que je qualifie la nature des criminels qui seront concernés par cette mesure. Je me contenterai de vous répondre qu'il devrait s'agir de tous ceux que l'on jugera comme étant un danger potentiel pour la sauvegarde et la sécurité de notre nation magique. Leur salut viendra alors de leur degré de motivation à vouloir se repentir. Et je compte sur vous pour trouver des solutions magiques qui renforcerait cette conviction à vouloir entamer une seconde vie, si différente de la précédente. Cette réponse vous suffit-elle? "

La vraie question étant de savoir si Chloé Hellsoft avait les épaules suffisamment larges pour mener à bien un tel projet, sans se poser trop de questions...


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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:29, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
En posant ses questions, Chloé ne s'attendait pas à rencontrer une réaction aussi violente. Elle avait simplement évoqué les contours du projet, s'était interrogée sur les questions pratiques de base. La simplicité même, mieux, de la logique! N'importe qui en aurait fait autant à sa place, même une personne dénuée de scrupules: il fallait toujours savoir dans quoi l'on mettait les pieds, autant pour pouvoir s'en sortir que pour se couvrir en cas de problème. S'il n'était pas prêt à répondre à ses questions, que dirait-il à la presses, à ses employés? Car il n'aurait jamais les capacités de ne faire intervenir que quelques fidèles sur un projet d'aussi grande envergure, et devrait, tôt où tard, répondre à des accusations. Son emportement et sa volonté de la museler, teintée de menace, n'effrayait pas Chloé. Au contraire, cela décupla sa colère. Ses longues années passer à résister à la pulsion d'étrangler un élève ou d'assassiner des parents lui servirent à ne pas hurler sur le directeur des Catastrophes.  Elle se contenta de le fixer froidement tandis qu'il la méprisait de toute sa hauteur.

"Changez de ton" dit-elle, cinglante, de la même manière qu'elle aurait réprimandé un première année récalcitrant. "Je comprends pourquoi personne avant le Ministre n'a jamais pris le risque de vous sortir de votre placard. Vous êtes la définition même du suicide politique."

Elle croisa les jambes lentement, un air condescendant sur le visage. Elle savait qu'à lui tenir tête, elle jouait un jeu dangereux. Si Dalhiatus ne disposait d'aucun pouvoir direct sur elle, ses accointances avec Marchebank lui donnait une influence redoutable. Cependant, Chloé ne craignait pas vraiment de perdre son poste. Elle avait suffisamment d'argent de côté pour se permettre quelques mois de chômage, et suffisamment de compétences pour trouver du travail ailleurs. Elle était même sûre que Daisy se ferait une joie de la réaccueillir à Poudlard et de lui donner le poste de sous-directeur à la place d'Adonis Greengrass l'année prochaine. Le problème était plus qu'elle aimait son travail actuel. La politique et les Mystères lui plaisaient, malgré ses doutes concernant le premier. Les jeux de pouvoirs comme celui qui était en train de ce jouer la stimulaient, redonnant une nouvelle jeunesse à sa témérité et à son envie de flirter avec le "danger". Prise entre son refus de se laisser marcher sur les pieds et son désir de conserver son travail, elle marchait sur des oeufs...

"Laissez-moi résumer la situation: vous venez me trouver pour un projet hautement sensible qui est à même d'engager ma responsabilité et celle de mon département, et vous refusez de répondre aux questions les plus élémentaires que je pose sur le sujet? Si tel est le cas, je ne vous retiens pas, allez donc voir ailleurs. Je suis sûre qu'il existe de nombreuses entreprises privées avec autant de ressources que les Mystères, qui seront ravies de risquer une seconde affaire Nimbus et Chaudrillon pour satisfaire vos projets nébuleux."

... chose pour laquelle elle n'était pas très douée. Le simple fait de n'avoir pas déjà accusé Dalhiatus d'un bonne douzaine d'infractions pénales constituait un exploit. Car autre chose retenait Chloé de laisser exploser sa colère. Les quelques justifications qu'il avait avancé ne suffisaient pas à la calmer, bien au contraire: elles augmentaient son inquiétude. Derrière ses paroles raisonnables, Dalhiatus laissait transparaître un projet dangereux, méprisant les droits des personnes. Il faisait l'apologie de la contrainte et de la violence sans même s'apercevoir - ou accepter - du danger qu'il représentait. Son discours enflammé montrait qu'il ne tolérerait pas que ses idées soient restreintes à un nombre limités de détenus. Si cela voyait le jour, il y avait fort à parier qu'un simple voleur de botruc risquait de se voir charcuter le cerveau. Et cela, Chloé ne pouvait le laisser passer. Elle avait besoin d'en savoir plus. Aussi se contenta-t-elle d'envoyer son homologue dans les roses sans critiquer le projet en lui-même.

"Si vous refusez de répondre aux questions de base" - elle insista bien sur le dernier mot - "que je vous pose, cela ne peut avoir que deux significations: soit vos projets sont bien plus illégaux que ce que votre présentation laisse entendre, soit vous n'avez pas encore pensé à ces légers détails."

Ce qui traduirait tout de même une incompétence crasse, mais après le discours qu'il venait de lui servir, rien n'étonnait Chloé. Elle n'avait aucun scrupule à remettre en cause ses capacités juridiques, mais lui jeter cela à la figure n'était pas très diplomatique, et malgré sa colère, elle savait où était les limites. En temps que directeur des Catastrophes, Dalhiatus travaillait en public. Il n'avait certainement pas l'habitude de s'embarasser de problèmes déontologiques, les lois sur la protection du secret magique étant particulièrement claires: un moldu qui causait des problèmes se voyait infliger un Oubliette, point. Chloé, elle, gérait des recherches sensibles dans lesquelles les Magenmagot pouvait mettre son nez à tout instant. La confidentialité des Mystères n'empêchait pas l'institution magique de censurer des dossiers, même sans en informer le grand public. Et si en pratique les juges ne s'intéressaient pas à un département jusqu'ici en désuétudes, l'éthique de Chloé lui commandait de surveiller les pratiques de ses chercheurs.

"Dans un cas comme dans l'autre, il est hors de question que je participe sans un minimum d'informations. N'avez-vous pas retenu les leçons de ces derniers mois? Tout finit toujours par sortir, monsieur Dalhiatus. Libre à vous d'apprendre l'endoloris à votre bourreau, mais ne demandez pas aux autres d'être aussi inconscients."

Elle préférait passer pour une timorée qui craignait les conséquences plutôt que pour une forte tête qui pointerait sa folie sans espoir de l'envoyer au service psychiatrique de Ste Mangouste.


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Apparemment, Dame Mystère était choquée et ne tarda pas à le faire savoir de manière cinglante. Elle s'adressa au numéro deux du ministère comme s'il s'agissait d'un petit enfant qui n'avait pas ranger sa chambre. Une faute professionnelle, qui ne choqua pas outre mesure Jacob, puisque ce dernier ne cherchait qu'à découvrir le degré d'engagement de chacun des membres du Ministère auprès de Leopold Marchebank. Décidemment cette Gryffondor hargneuse, ne craignait pas de mordre la main qui la nourrissait. Peut-être s'imaginait-elle encore dans un rôle de Directrice de Poudlard? En tout cas, elle prenait bien trop ses aises à l'égard de la hiérarchie, et manquait cruellement de tact dans ses propos. Plus que de la suspicion, Jacob commençait à émettre des doutes sur les compétences réelles de la reine des Mystères, qui dévoilait un caractère entier, pouvant s'avérer fort dangereux dans la réalisation des projets du FREE. Jacob ne se départit point d'un petit sourire amusé, alors qu'elle accumulait les gaffes gryffondoresques : "Sortir de votre placard"; "Suicide politique"; "Projets nébuleux". Si Leopold était là pour entendre le mépris qui se dégageait de ses propos, la carrière de Dame Mystère serait déjà terminée, avant même d'avoir véritablement débutée. Fougueuse comme une lionne mal dressée, elle n'avait pas encore conscience qu'il fallait lécher la main de son dompteur pour envisager quelques récompenses. Que d'amateurisme! Elle ne gérait point son irritabilité, et n'avait pas encore les épaules suffisamment larges pour participer à un projet de l'envergure de celui de l'Île de Skye. Jacob sentit qu'il avait peut-être commis une erreur en voulant s'attacher ses services, et il faudrait en référer au Ministre. Mais avant cela, il devait donner une leçon d'éducation à cette inconsciente, pour lui faire comprendre qu'elle n'était plus à Poudlard.

Jacob ne répondit pas immédiatement à la critique, préférant déplier une fine étoffe en soie de sa poche. Elle se plaisait à le réprimander comme un petit garçon, alors pourquoi ne pas lui infliger la même sanction? Sans même lui demander l'autorisation, le Directeur des Catastrophes Magiques lui tendit le petit carré en tissu; Un geste empreint d'une fausse délicatesse, tant cela se voulait infantilisant.

"Je vous prie de m'excuser, Madame Hellsoft, mais vous avez de la sauce Gobière à la commissure des lèvres. Je suis désolé mais ce petit détail me perturbe, au point d'en oublier presque votre tornade de critiques à l'égard des projets du FREE... D'ailleurs, vous avez terminé? "

Le regard intransigeant de l'ancien Serdaigle se posa sur son invitée, qui osait penser que son ressenti et ses craintes personnels avaient une quelconque importance aux yeux du Ministre Marchebank. Pourtant, le choix était très simple : Soit elle décidait de rester à bord du navire, soit elle le quittait... Nul n'est irremplaçable, et comme elle le soulignait à juste titre, d'autres entreprises privées pouvaient rejoindre le système à sa place. Jacob ne regrettait qu'une chose; Avoir perdu son temps, alors que son agenda était des plus serré.

"Madame Hellsoft, laissez-moi vous dire une chose... Je peux encore comprendre que vous soyez quelque peu timorée à l'idée de participer à un projet de grande envergure. Je peux même accepter le fait que vous ne partagiez point notre vision, et les idéaux du FREE... " Sonnant comme le glas de leur discussion, Jacob fit teinter sa petite cuillère sur le rebord de sa tasse de café que l'on venait de lui apporter. "Mais ce qui chagrine réellement, c'est que vous puissiez remettre en cause mon intelligence politique et par la même occasion celle de monsieur Marchebank. Pour qui vous prenez-vous? Vous pensez réellement pouvoir nous donner des leçons? Quelle expérience politique possédez-vous? Veuillez rester à votre place, et faire preuve d'une plus grande modestie à l'avenir. Je ne vous en tiendrai pas rigueur, et je vais mettre cela sur le compte d'une erreur de jeunesse... "

Jacob Dalhiatus ne voulait plus avoir à subir la moindre contestation de la part de l'irrévérencieuse bleusaille politique qui se voulait jouer les maitresses d'écoles. Au contraire, il allait même lui infliger le coup de grâce, et montrer à quel point sa méfiance et ses craintes à l'égard de son projet n'étaient point justifiées. D'un geste solennel et quelque peu théâtral, Jacob déposa sur la table un dossier semblant provenir directement du département de la Justice magique.

"Je ne pensais pas avoir à me justifier, et devoir apporter des preuves sur le fait que je n'entreprends jamais une action politique qui sort du droit chemin. Mais pour lever vos doutes au sujet de mes compétences et dissiper vos craintes, alors voici les accords ratifiés de la plume même du Magenmagot. Tous ce qui concerne l'aspect juridique de notre projet, est géré par un binôme de juristes, composé de Edward-John Pilliwickle, et de son épouse, la ravissante Gerline Pilliwickle. Je vous en prie, ne soyez-point frileuse : Jeter un œil sur ce dossier!" Avec dédain, Jacob Dalhiatus poussa le fameux dossier en direction de la Directrice du département des Mystères, avant d'éclaircir un nouveau point, concernant les éventuelles fuites dans la presse. "Pour ce qui est de la communication, et de la relation avec la Presse, la charge en revient à Mademoiselle Isobel Lavespère. C'est une employée extrêmement compétente qui tisse dans l'ombre les discours de monsieur Marchebank en personne. Mais peut-être qu'elle n'est pas assez bien pour vous? J'oubliais que vous nous êtes tellement supérieure... "

Jacob esquissa un sourire mauvais, signe que Dame Mystère avait beaucoup à se faire pardonner. Maintenant le balle était dans son camp, et Jacob détestait la frilosité. Il aurait aimé s'attirer les services du département des Mystères, mais la nouvelle directrice ne semblait point correspondre aux exigences d'une telle fonction. Peut-être devrait-il se tourner vers des chercheurs magiques. Cela serait plus onéreux, mais à la fois plus sécurisant...


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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:29, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé s'attendait à un éventail très vaste de réactions après avoir remis aussi brutalement Dalhiatus à sa place. De la colère, un reniflement hautain, une meance... Mais pas vraiment à ce qu'il lui tende une serviette en lui faisant remarquer un manque de tenue. Elle fut si surprise qu'elle n'eut même pas le réflexe de l'envoyer sur les roses. Seule sa présence d'esprit lui permis de ne pas prendre la serviette de son interlocuteur, mais la sienne, et d'essuyer furtivement la goutte qui risquait de faire déborder le vase. Ses yeux continuaient de lancer des éclairs, mais elle avait conscience que la balle n'était pas dans son camp.

Elle darda sur l'homme un regard noir lorsqu'il se permis une fois encore de la toiser. Elle aurait pu répondre à chacun de ses interrogations sans même réfléchir - mais ce qui l'irritait plus que tout était qu'il interprète ses paroles de façon aussi biaisée. Croyait-il réellement qu'elle avait voulu critiquer le FREE ou était-ce une menace déguisée? Dalhiatus semblait avoir une très haute opinion de lui-même et cela ne l'aurait qu'à moitié surprise qu'il préfère ignorer la critique qui lui était adressée, préférant la détourner pour accuser Chloé et la mettre en péril. Cependant, elle ne s'inquiétait pas trop. Marchebank était un homme autrement plus intelligent. Si le problème surgissait devant lui, Chloé saurait plaider sa cause. Et s'il ne voulait rien entendre, eh bien! Elle ne serait pas mécontente de quitter un gouvernement qui préférait les vieillards orgueilleux aux personnes objectives et compétentes.

Elle s'apprêtait à répondre à sa nouvelle némésis, moins vertement mais de façon tout aussi piquante, lorsqu'il lui tendit un dossier. Surprise, une nouvelle fois, et Chloé le pris en fronçant les sourcils. Mr. Catastrophe avait décidément une logique qui échappait totalement à l'ancienne directrice de Gryffondor. Il la prenait de haut quand elle manifestait son intérêt pour le projet, et lui tendait le dossier lorsqu'elle lui signifiait qu'elle n'avait aucune intention d'y participer. Que cherchait-il? A savoir si elle était une femme de caractère?

Chloé parcouru rapidement les documents. Le contenu ne révélait pas grand chose sur les expériences en elles-mêmes, ce qui était sans doute normal puisque ce serait aux Mystères de les déterminer. Mais l'idée était glaçante, et les paragraphes trahissaient le soin méticuleux de contrôler cela de bout en bout. La citoyenne qu'elle était ne savait quoi penser de cela. L'idée était noble, mais les moyens mis en oeuvre semblaient déjà contraire à l'éthique, quand bien même les quelques pages qu'elle parcouru assuraient une parfaite conformité aux textes. Distraite par l'étude du dossier, elle n'écoutait que d'une oreille son hôte pérorer. Ce fut la dernière phrase qui la tira de sa réflexion.

Entre le comportement écrasant de Dalhiatus et les idées qui transpiraient de son projet, Chloé s'était faite son avis. Elle avait affaire à un homme dangereux. Marchebank ne pouvait l'ignorer. Même s'il trouvait à Jacob des qualités qui compensaient, ou tout simplement parce qu'ils étaient amis, le ministre avait choisi de faire de lui l'un des hommes les plus importants du pays. Il avait sciemment choisi d'autoriser les plans de ce fou furieux. Qu'il garde un oeil ou non sur les dérives que cela pouvait engendrer n'était pas important. Au moindre problème, le directeur des Catastrophes se réfugierait sous la protection d'un homme d'une plus grande envergure. C'était cela, et non son horrible caractère, qui en faisait quelqu'un à craindre. Car même si Chloé n'imaginait pas risquer plus que de perdre son emploi, elle réalisait qu'elle n'avait droit à rien d'autre que d'avoir un problème de personnalité avec Jacob. Le ministre comprenait sans doute que son bras droit soit difficile à fréquenter, mais ne tolérerait pas que l'on remette en cause son travail. Pour l'instant, il n'avait rien contre elle. Et elle n'allait pas lui donner plus.

Aussi, lorsque Chloé releva la tête à l'entente de la dernière pique de Dalhiatus, elle eu un sourire amusé. Sans hâte, elle ferma le dossier et croisa les mains dessus. Ainsi appuyée, elle pris son temps pour répondre.

"Je vois que ma réponse vous a déplu." Courte pause après ce qui était la définition même de l'euphémisme. "Je pourrais encore répondre aux accusations infondées que vous venez de porter à mon encontre..." Non, ça n'était pas vraiment intelligent de partir sur cette voie, s'admonesta intérieurement la directrice des Mystères. Mais son changement d'avis ne fut pas perceptible. "Mais, maintenant que nous avons établi que nous sommes tous deux des personnes qui refusent d'être traitées comme des employés de seconde zone, je pense que nous pouvons laisser ces enfantillages de côté et aborder le coeur du sujet."

Elle tapota du bout des doigts le dossier qu'elle gardait toujours sous le coude. Elle avait conscience de titiller Jacob en se présentant comme celle qui était capable, contrairement à lui, de mettre fin à la guerre des egos. S'il était intelligent, il comprendrait pourquoi elle s'était emportée. Mais, étant donné la façon dont il avait réagi jusqu'à présent, Chloé avait plutôt l'impression qu'il deviendrait encore plus orgueilleux et prendrait ses paroles pour une reddition. Elle enfoui ces pensées au plus profond d'elle-même pour ne pas céder à ses pulsions meurtrières et conserver un sourire de façade.

"Mes questions n'étaient pas une critique" crut-elle bon d'expliquer, "mais une marque d'intérêt. Je n'ai pas l'habitude de perdre mon temps avec des choses inutiles. Vous qui avez conçu cette expérience, vous savez sans doute mieux que moi les risques qu'elle comporte et sa complexité. Je ne peux pas vous garantir que nous obtiendrons des résultats en ayant survolé ce dossier. J'ai besoin de l'étudier pour établir un schéma d'étude et les différents paramètres que nous devons prendre en compte avant de commencer."

Et si Dalhiatus pouvait être le premier cobaye, elle en serait ravie.


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Jacob Dalhiatus était venue pour tâter le terrain et les réactions que pouvaient engendrer un projet aussi brûlant que le centre de Skye, et il n'était pas déçu. Chloé Hellsoft lui offrait l'exemple type de la citoyenne qui s'attachait d'emblée aux dérives, plutôt que de voir toutes les avancées que pouvait apporter une telle entreprise. Là où il voyait projet de réhabilitation, elle ne voyait qu'une boîte de pandore qu'il ne fallait surtout pas ouvrir. Alors que le Monde magique nécessitait de se restructurer en profondeur, certain jouait encore la carte de la prudence et de l'immobilisme. Nul doute que Leopold Marchebank éprouverait toutes les difficultés du monde à dépoussiérer un système reposant sur des préceptes moraux d'un autre âge.

Mais le Directeur du Département des Catastrophes Magiques cessa de jouer la carte de la provocation, afin ne pas fermer définitivement la porte des Mystères à son projet de cœur. Il voulait fonder Skye, et doter le Monde Magique d'un système pénitentiaire d'un tout nouvel ordre et il lui fallait des investisseurs. Pas question de mettre Chloé Hellsoft hors-jeu, tout ça pour une question d'égo et d'angle de vue différent. Jacob fit un petit signe de la main en direction du serveur, afin d'obtenir l'addition. Un instant, il avait pensé laisser cette dernière au frais de l'ancienne directrice du Poudlard; Mais à défaut de partager les mêmes idées, il se comporterait en gentleman.

"Madame Hellsoft, j'espère que vous trouverez dans ce dossier de quoi vous rassurer sur le bien-fondé de ce projet de réhabilitation pénitentiaire, car nous avons réellement besoin de personne compétente comme vous. Sachez que je n'envisage pas non plus de bousculer l'ordre moral des choses, mais juste à bâtir une prison qui offre un meilleur choix que celui d'être simplement enfermer derrière des barreaux. Je veux donner de l'utilité à ce qui n'en a pas aujourd'hui. La prison doit générer du lien social, et octroyer réellement une seconde chance de pouvoir s'intégrer... "

Dans un geste élégant signifiant l'imminence de son départ, Jacob boutonna la manche de sa veste; Tout en jetant un regard bienveillant sur sa consœur du Ministère de la Magie.

"Vous savez, l'idée de cette Prison d'un nouveau type n'est pas de moi, mais elle s'est imposée comme une nécessité aux lueurs de ce tragique évènement du Bloody Sunday. Alors que je me recueillais auprès des tombes des nombreuses familles de victimes, une personne est venue me parler et me remettre un dossier, contenant le fruit de ses recherches. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce simple geste m'a redonné l'envie de croire à un monde meilleur. Le désir de m'investir! Car dans les yeux de cette chercheuse anonyme qui s'est présentée à moi, j'ai vu briller la passion qui nous fait tellement défaut à l'heure actuelle. Ce désir de changer le monde. Caché derrière nos textes de lois, nous n'avons plus de rêves, alors que les plus grandes évolutions sont nées de projets au demeurant insensés. "

Jacob se leva doucement de sa chaise, ne perdant des yeux Dame Mystère. Aussi piquante soit-elle, il lui trouvait un charme certain. Aussi intelligente qu’intransigeante, elle avait l'art de cultiver également le mystère et le danger. Une divine combinaison lui assurant son indépendance et sa liberté de pensée.  

"Croyez-moi ou non, mais ce projet de Prison est essentiel pour la sécurité de nos génération futures. C'est pourquoi, je vous demande d'y réfléchir. J'ai toujours été un fervent défenseur de l'indépendance et de l'autonomie du Département des Mystères, mais je pense qu'il est temps de faire bloc autour d'un projet commun. Ne vous excluez pas de l'arène des décisions, car nous avons besoin de votre avis éclairé et de vos compétences. Vous soustraire au projet du FREE pourrait diviser le monde de la Recherche. Vous ne voulez point vous faire supplanter, je me trompe? Leopold Marchebank incarne l'espoir de tout un peuple, madame Hellsoft, ne le briser pas pour de basses considérations d'ordre personnelle et éthique. Ne cherchez pas le Diable là où il ne se trouve pas... " La pendule du restaurant sorcier se mit alors à tinter, signe qu'il était déjà treize heure et l'heure de partir. " Sur ces bonnes paroles, je ne vais guère abuser plus longtemps de votre temps précieux. Informez-moi de votre décision, et je vous en dirai davantage sur ce noble projet. Ce fut un plaisir que de pouvoir déjeuner en votre compagnie, Madame Hellsoft; Même si je me doute que ce sentiment n'est peut-être pas partagé... "

Jacob laissa alors le temps de la réflexion et la Directrice des Mystère méditer au sujet de ce projet pénitentiaire quelque peu épineux d'un point de vue moral et éthique...  

[Fin de RP]


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Pourquoi tant de mystère? [Pv Chloé]

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