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 Boursouf un jour, Boursouf toujours ! [Donald & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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Samedi 22 septembre 2008, le matin.

Irving était installé à une table de Trois Balais, un café fumant posé à côté de l’exemplaire de la Gazette du Sorcier qu’il était en train de lire. Les échauffourées sanglantes de la veille à Bristol faisaient la Une du journal et de larges photographies montrant l’avenue et ses douze chênes calcinés illustraient l’article.
Irving avait eut vent de l’information, la veille au soir. Le règlement de compte entre gangs avait fait l’objet d’un flash spécial interrompant le programme rock de la RITM que l’ex-Gryffondor avait prit l’habitude d’écouter. En entendant la nouvelle, il avait immédiatement envoyé un patronus à Jeremy et Juliet ainsi qu’à Juliana, afin de savoir s’ils allaient bien. S’il avait reçu une réponse rapide de son couple d’amis qui lui avaient assuré ne pas avoir été mêlés au combat de rue, les choses étaient différentes pour Julia qui avait été directement prise en otage au sein du Triton Ardent. Pour le moment, Irving n’en savait pas plus mais il avait promis à Juliana qu’il passerait la voir le soir même, après avoir vu Nora l’après midi et Donald ce matin.

Fait nouveau depuis la rentrée scolaire, les étudiants de Poudlard étaient dorénavant autorisés à sortir au village tous les week-ends. Même s’il avait tenu ses engagements et écrit régulièrement à Nora tout l’été, Irving devait avouer qu’il trouvait cela nettement plus confortable de la voir tous les samedis pour lui raconter les dernières nouvelles. Il en était de même pour Donald. Cette autorisation de sortie hebdomadaire avait même relancé leurs projets musicaux et les anciens Dark Boursouf avaient décidé de reprendre du service. Ils ne savaient pas encore sous quelle forme –il leur manquait un bassiste et la perspective d’avoir à remplacer Danny était difficile à envisager- mais les trois amis étaient sûrs d’une chose : Ils avaient encore envie de jouer ensemble. C’était d’ailleurs l’objet de la visite d’Irving à Pré-Au-Lard aujourd’hui. Avec le philosophe, ils avaient prévu de partir à la recherche d’un local de répétition, louable à moindre prix, au sein du village. Il faut dire que le charme anti-transplanage restreignait dorénavant leur zone d’action. S’ils avaient pu se rendre à la plage de Bude au printemps dernier pour entonner un petit air, ce n’était plus le cas aujourd’hui et ils étaient contraints d’œuvrer dans les limites du bourg…sauf s’il trouvait un local pourvu d’une cheminée bien sûr…

Irving était justement plongé dans ses pensées lorsque la porte du bar s’ouvrit à la volée. Une ribambelle de jeunes gens entrèrent et s’installèrent autour des tonneaux qui faisaient office de tables. Pas de doute possible, Poudlard avait ouvert ses grilles et Donald serait là d‘une minute à l’autre. Enfin d’un quart d’heure à l’autre, songea Irving en plongeant de nouveau son nez dans son journal. Comme Danny, Donald n’était pas connu pour être très ponctuel.

Il tourna donc plusieurs pages de la Gazette et  s’arrêta en page sept pour lire l’interview de Janet Skinner, la nouvelle directrice de l’Usine Nimbus. Enfin Cosmos, songea Irving sans parvenir à retenir un grognement. Il était en pleine lecture lorsque trois jeunes filles prirent place juste à côté de lui.

« … et à ce qui parait, l’ancienne préfète-en-chef est morte ! Tu sais ! Swann Twilfit ! »
-Oh Morgane ! J’espère que son magasin ne fermera pas. Avec maman on y allait toujours pour les soldes…
-Hé, Kristen, mais ton père vit bien à Bristol lui aussi ? souligna une petite Serdaigle blonde platine, Tu en sais plus ?
-Tout ce que je sais c’est que j’ai reçu un hibou de mon petit frère qui était mort de peur. Il s’était caché dans la penderie parce que dehors des gens se battaient très fort… Mon père n’était pas à la maison alors qu’il avait fini son service. »

Irving tourna un visage curieux en direction de la fillette aux longs cheveux auburn qui croisait ses bras recouverts de bracelets sur sa poitrine. A en juger par ses yeux brillants, elle semblait avoir beaucoup de mal à contenir ses larmes qui risquaient à tout moment de ruiner son maquillage. Quoique, ce ne serait pas une grande perte, songea Irving, tant le dit maquillage manquait de subtilité.

-Hoooo ma p’tite Kriiiisss, s’exclama alors son amie en la prenant dans sa bras, allez, retrouve ton sourire ma puce, regarde ce que j’ai reçu ce matin, ajouta-t-elle en farfouillant dans son sac orné de la marque des ténèbres en stras argentés. Elle sortit une revue aux couleurs chatoyantes et poursuivit : Le dernier Magic Teen : Special teeeest ! Avec un poster grandeur nature des Wands and Roses à l’intérieur ! Je te l’offre ma beauté mais seulement si tu sèches tes larmes. »

La prénommée Kristen afficha un petit sourire et renifla bruyamment avant de souffler un timide « Merci Kim. »

Elle agita frénétiquement ses deux mains devant ses yeux, tels des éventails, comme si elle voulait que ses propres larmes s’évaporent d’elles-mêmes puis elle ajouta avec un sourire coupable:

« On peut commencer par le test : Quel genre de mecs attires-tu ? »
« Voila la Kristen que j’aime ! » intervint Kimberly en lui faisant un bisou sur la joue avant de chercher la bonne page dans le magazine.

Irving n’eut toutefois pas le loisir d’entendre la première question. En effet, la clochette des Trois Balais venait de teinter, laissant entrer un jeune homme reconnaissable entre mille avec ses charmantes oreilles en feuilles de choux.

« Hey ! Donald ! S’exclama-t-il en levant la main pour attirer l’attention de son ami, Alors comment ça va mon vieux ? La rentrée, bien passée ? s’enquit-il lorsque le philosophe arriva à sa hauteur. En tout cas, ça fait plaiz de t’voir ! »

Irving héla la serveuse pour qu’elle vienne prendre la commande de son copain puis il poursuivit : « Ju pouvait pas v’nir, elle avait une visite de contrôle à St-Mangouste pour le bébé mais elle t’embrasse. »

L’ex-gryffondor accorda un grand sourire à son ami indifférent au trouble qu’avait provoqué l’arrivée de Donald sur la table d’à côté…
Donald McWildeCinquième annéeavatar
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« Tu comprends, j'aime pas ses manières, à Greengrass. Il débarque à Poudlard en mode touriste, il a jamais enseigné ni rien et boum, cet espèce d'arriviste devient sous-directeur ! Mais ce qui m'énerve le plus, c'est qu'il commence à faire ses propres lois, tu vois ? Comme HBF... ça ne présage rien de bon, si tu veux mon avis ! Il a pas encore eu l'occase de me punir avec toutes les heures de retenue que je rattrape de l'année dernière, mais d'après ce que m'ont dit les autres collés il serait du genre à jouer au petit dictateur. En tant que Gryffondor, je peux pas laisser passer ça ! »

Donald marqua une courte pause, puis s'adressa une nouvelle fois à son interlocuteur.

« Et toi, t'en penses quoi de tout ça ? »

Pour seule réponse, deux yeux globuleux continuèrent de le fixer.

Donald se fit la réflexion qu'il n'avait jamais vu un regard aussi vide d'expression. Du vide, était-ce tout ce qu'il y avait derrière cette peau verdâtre ? Pas une pensée, pas même un sentiment ? Il soupira. Il acceptait finalement l'idée que son crapaud n'était qu'un être primitif animé de pulsions tout aussi primitives. Car si le Gryffondor avait autrefois pensé qu'une amitié profonde et sincère les liait tous les deux, et pensait toujours qu'une telle relation était possible entre un homme et un animal, il était forcé d'admettre que seul le désir de nourriture poussait Starr à rester auprès de son maître. Il soupira. Il aurait dû adopter un bébé dragon, selon Hagrid ils étaient bien plus affectueux...

Le Gryffondor abandonna finalement la chaleur de sa couette. Tous ses colocataires avaient déjà quitté le dortoir bien que l'heure ne fût pas tardive – et pour cause ! Ce n'était pas jour à faire la grasse matinée ! Le sommeil, il réservait ça pour les heures de cours. Sautillant, il se débarrassa de son pyjama favori, le rose à motif de canards, pour revêtir un bermuda et un t-shirt d'un rouge criard. Son pied rencontra alors une feuille de journal qui traînait au pied du lit de Forester. Donald avait déjà fouillé dans les affaires de Noah mais n'avait jamais vu ce papier... Intrigué, il se pencha pour le ramasser et put y lire le titre de l'article : « Un héros très discret ». Cette feuille de choux datait d'une quinzaine de jours après le Bloody Sunday ! Après en avoir rapidement parcouru le contenu, son regard s'arrêta sur la photo du nouveau Ministre. Son visage de déforma alors d'un rictus. Leopold Marchebank, sauveur du peuple ? Volé au secours d'une mère et de sa fille ? Quel ramassis de salades ! Donald avait vu, de ses yeux vu Danny porter cette petite inconnue au prix de sa propre vie.

Il sentit une rage terrible prendre peu à peu possession de lui. Il y avait d'un côté la douleur de sa perte ; de l'autre, un profond sentiment d'injustice. Le Poufsouffle s'était sacrifié mais on attribuait tout le mérite du sauvetage à un autre que lui. Pour Donald, héroïsme était synonyme de gloire, et il découvrait aujourd'hui que certains ou peut-être même la plupart des héros étaient des anonymes dont personne ne saurait jamais la valeur. Personne sauf eux. D'une rageuse impulsion, il se mit à déchirer le journal jusqu'à ce qu'il en tombe une pluie de petits morceaux lacérés. Quand il franchit le seuil de la porte, le sourire de Marchebank gisait encore sur le sol du dortoir.

« Move your body like a hairy troll... learning to rock and roll... » fredonna Donald en descendant les escaliers quatre à quatre (mais sans glisser sur la rampe, il y avait du progrès).

Parmi les nouvelles règles en vigueur depuis le début de l'année, celle sur Pré-au-Lard était la seule qu'il cautionnait. Il l'avait même accueillie avec de grands cris de joie, comme la majorité des élèves de Poudlard. Selon lui, cette autorisation aurait dû leur être accordée depuis belle lurette. Ils étaient quand même obligés de passer l'année entière dans ce château ! Les laisser changer d'air à chaque fin de semaine, c'était bien plus vivable que de les limiter à une sortie par trimestre ! D'autant plus qu'ils restaient malgré tout dans le même secteur... Mais le lieu importait peu à Donald, tant qu'il lui donnait la possibilité de voir ses amis. Car la perspective de se rencontrer le week-end leur avait ouvert de nouveaux horizons et c'était vers ceux-ci qu'il se rendait à présent. Il en était à son dernier « Can you dance like an hippogriff ? » quand il émergea entre les premières chaumières du village.

« Yeah », conclut-il en poussant la porte des Trois Balais.

Irving se fit aussitôt repérer d'un signe de main, même s'il était aisément identifiable au milieu des élèves de Poudlard. Sans remarquer l'agitation qui régnait à la table voisine, Donald se cala en face de son ami et lui répondit joyeusement :

« Admire, ch'uis presque à l'heure ! »

Irving lui demanda comment s'était passé sa rentrée. À vrai dire, retrouver le quotidien monotone des cours avait été une bien étrange expérience, tant Donald s'était senti étranger à cette scolaire agitation. Il était content de revoir aujourd'hui un visage aussi familier que celui d'Irving Whitaker, dans le sens où il était surtout plus proche de ce qu'il avait traversé que tous ses camarades de classe ne pourraient jamais l'être.

« Ben, comme une rentrée ! J'ai un emploi du temps de fifou, se plaignit le cinquième année avec un gémissement, la faute à ces satanées BUSEs... »

Il hocha la tête avec un sourire quand Irving l'informa que Juliet avait un rendez-vous à Sainte-Mangouste, pour le bébé.

« J'espère que la lionne et son lionceau vont bien tous les deux ! Et toi alors, Monsieur l'employé du Ministère ? Comment se passent tes débuts ? Les cheminées sont pas trop dégueu jusqu'ici ? »

L'air complice, Donald se pencha en avant.

« Dis-moi que t'as une collègue mignonne ! »
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving accueillit l’arrivée de son ami avec un large sourire. En dépit de ses centimètres supplémentaires, Donald restait le même, toujours prompt à critiquer le système scolaire et à râler sous la charge de travail. Pour le coup, l’ex-Gryffondor comprenait parfaitement son benjamin. La cinquième année était la pire.  Ils étaient forcés de poursuivre certains enseignements où ils avaient conscience d’être parfaitement nuls. L’élève n’y croyait plus, le prof n’y croyait plus non plus et pourtant… Ils devaient passer ces foutus épreuves des BUSEs ! Irving se souvenait encore de son fiasco en Soin en Créatures Magiques où il avait tué son botruc par inadvertance et en DCFM où il n’avait pas réussi à convoquer un patronus messager.

« J’te comprends ! Faut serrer les dents pendant un an mon vieux ! Dis-toi qu’l’année prochaine tu pourras abandonner toutes les matières qui t’saoulent –bon ok tu s’ras quand même obligé d’en garder quelques unes-, ajouta-t-il en souriant, mais tes préférées ! Tu dois bien en avoir deux ou trois quand même…. Genre Etudes des Runes ou Histoire d’la Magie ? poursuivit-il un brin moqueur.

Bien sûr pour Irving l’expérience avait été différente. Le passage en sixième année n’avait pas eu l’effet libérateur escompté, au contraire. A cette époque, en plus de traverser une phase compliquée dans sa vie personnelle,  Irving avait été assommé par le niveau d’exigence requis en post-BUSEs. S’il avait pu passer en année supérieure, c’était uniquement grâce au cours de soutien individualisé qu’il avait reçu de Chloé, son ancienne directrice de maison.

Bon. Certes, au final, cela n’avait pas servi à grand-chose. Du moins, du point de vue d’Irving. Il avait finit par abandonner ses études pour entrer dans la vie active, ce qui était la solution la plus adaptée à son profil. En effet, il ne s’était jamais senti aussi épanoui depuis qu’il était sur le marché du travail. Tout ce qu’il apprenait était concret et il pouvait le mettre en application immédiatement dans un contexte donné. Il n’était plus un simple apprenant médiocre mais il faisait dorénavant partie de la société sorcière. A sa mesure, il apportait sa pierre à l’édifice. Pour la première fois de sa vie il se sentait utile, il était respecté pour ses compétences, même si les dites compétences étaient simplement de relier une cheminée au réseau ou d’entretenir des conduits de Cheminette.

Peut-être que Donald avait besoin de cela lui aussi… Se sentir utile.

« Ça va, l’boulot s’passe bien, répondit-il lorsque ce dernier l’interrogea justement sur son nouveau travail, J’ai même commencé à faire mes premiers dépannages en solo, précisa-t-il avec fierté, pis l’réseau est pas si crade qu’on l’croirait. T’as d’la suie qu’dans les points d’entrée et d’sortie en fait. Les conduits sont propres dans l’ensemble et tu peux pas imaginer l’nombre de gallions qu’on trouve par terre ! expliqua-t-il en se penchant un peu en avant, Les gars font pas attention et prennent le réseau avec plein d’frics dans leur poche, normal qu’y ait quelques pièces qui tombent dans l’transport, lança-t-il avec une mine joyeuse, Scarlett appelle ça « La Prime d’Obscurité ».On passe not’ journée dans l’noir mais le soir, on peut aller s’payer plusieurs tournées d’gobières juste avec c’qu’on a ramassé ! , expliqua-t-il avant d’ajouter en désignant leur deux consommations, d’ailleurs, elle est pour moi celle-là. »

Irving termina son café tout en écoutant la question de son jeune ami. Il ne se souvenait pas avoir entendu Donald parler de filles avant aujourd’hui (En effet ses sujets de prédilection étaient généralement 1/La musique, 2/ Les blagues, 3/ Râler contre les profs ) aussi l’ex-gryffondor haussa les sourcils un peu surpris avant de plisser légèrement les paupières :

« Ahah, ça t’intéresse hein ? lança-t-il moqueur, pour tout t’dire, Scarlett est un p’tit brin d’femme, 1m60 maxi. Elle est très coquette avec de magnifiques yeux bleus et… »

Il laissa passer quelques secondes de silence avant d’ajouter :  « … Elle a au moins 80 ans. »

Suite à cet aveu, Irving éclata de rire. Oui, il était tombé sur la seule octogénaire du département, mais au final, ce n’était pas pour lui déplaire. Scarlett Parkinson lui avait appris les bases du métier en peu de temps et à eux deux, ils faisaient les meilleurs chiffres du service. L’ex-Gryffondor s’apprêtait d’ailleurs à surenchérir lorsqu’un raclement de gorge sur sa gauche attira son attention.

« Excusez-moi de vous déranger. »

C’était la fameuse fille au maquillage disgracieux qui venait de se pencher en direction de leur tonneau.

« Ooooh salut Donald ! Je ne t’avais pas vu,
s’exclama-t-elle avant de glousser légèrement.

Pourtant cela faisait cinq bonnes minutes qu’ils étaient presque assis côte à côte mais Irving ne s’étonna pas de la situation, pensant que cette jeune fille n’était pas très observatrice.

«  Tu vas bien ? » s’enquit alors la fameuse Kristen en s'accoudant sur la table.

Le regard de l’ex-Gryffondor passa de la rouquine à Donald avant de revenir sur la fillette.

« T’avais b’soin de quelque chose ? » demanda-Irving afin de savoir ce qui avait motivé son irruption dans la conversation. Ce n’est pas que cela le dérangeait outre mesure mais bon. Il ne voyait pas Donald si souvent alors il était bien décidé à avoir une discussion avec lui sans être interrompu toute les trois minutes.

« Oui, j’allais oublié ! souffla-t-elle en rabattant la totalité de sa longue chevelure d’un côté de son crâne, vous auriez pas du feu ? »

Elle sortit alors une cigarette moldue  et la cala dans sa bouche. Alors que deux traces de rouge à lèvres rose pailleté se dessinaient sur le filtre, Irving fronça les sourcils. Il avait retenu in extremis un « T’es pas un peu jeune pour fumer ? » mais il s’était ravisé. Il avait encore du temps avant de devenir un vieux con adulte responsable ! L’ex-Gryffondor sortit donc sa baguette et fit apparaitre de petites flammes à l’extrémité de celle-ci, le temps que la jeune femme allume sa sèche.
Elle inspira une longue bouffée avant de se mettre subitement à tousser. Doucement d’abord puis un peu plus fort. Son teint prit une douce couleur gryffondor et ses yeux se remplirent de larmes sous le coup de la quinte alors que son amie lui tapait dans le dos.

« Ça va ? » s’enquit Irving avant de jeter un regard du genre *Tu la connais ?* en direction Donald.

« Oui oui. Bien sûr, répondit-elle entre deux toussotements, Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude. Ça me le fait tout le temps ! ajouta-t-elle en chassant l’air de la main comme s’il s’agissait d’un détail, Merci. »

Son teint était toujours aussi cramoisi mais au moins, elle ne s’étouffait plus. Irving reporta donc son attention sur Donald et demanda :

« Qu’est-ce qu’on disait déjà ? »
Donald McWildeCinquième annéeavatar
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« Deux domaines qui me passionnent... »

Histoire de la Magie en tête de liste, Donald songeait avec délices à toutes les matières qu'ils pourrait laisser tomber. À tous les cours qu'il ne serait plus obligé de suivre, à tous les professeurs qu'il n'aurait plus besoin de supporter... Oh, il savait bien qu'il devrait en garder quelques unes. Étude des Moldus, parce qu'il avait de bonnes notes (en aucun cas liées à sa nature de Né-Moldu bien entendu !) Il était tout aussi sûr de reprendre Soins aux créatures magiques, même avec Greengrass pour enseignant, car approcher toutes ces bébêtes remuantes était un passe-temps bien plus distrayant que la rédaction d'un parchemin de huit pages sur la gravitation des lunes de Jupiter. De plus, les leçons avaient lieu dans le parc une majeure partie de l'année, ce qui lui permettait de libérer son trop plein d'énergie en dehors d'une salle de classe bondée et étouffante.

Avide de détails, Donald écouta Irving lui parler de son boulot. Il avait quinze ans, donc aucune expérience de la vie active. Sa connaissance du monde du travail était extrêmement limitée : elle correspondait tout simplement à l'image que ses deux parents lui en donnaient. Laura McWilde, la face grise et émaciée, des cernes creux sous les yeux, était la représentation même d'individu surmené. Donald refusait de se laisser un jour submerger par les problèmes, il préférait garder la tête légère de toute préoccupation. Sebastian McWilde, lui, était le reflet d'un quotidien répétitif et monotone que son fils abhorrait. Chaque matin, il se levait à sept heures tapantes, enfilait son veston (une couleur par jour de la semaine), prenait un café bien serré tout en survolant le journal et partait au boulot en avance pour ne pas arriver en retard. Donald avait maintes fois essayé de s'imaginer à la place de son père, se conformant à ce rituel immuable qui lui faisait horreur. Il ne pouvait se résoudre à abandonner toute joie de vivre, à accepter la routine – à devenir comme ses parents.

Irving, à présent, lui offrait une toute nouvelle façon de voir l'adulte. Ce nouveau job semblait lui plaire. Il s'était accommodé aux salissants inconvénients et en appréciait les graisseux avantages. Il n'avait peut-être pas le métier de ses rêves, mais Donald nota une pointe de fierté dans la voix du jeune homme à l'évocation de ses premiers succès personnels. Il comprit soudain à quel point cela devait être gratifiant d'avoir son propre poste, sa propre fonction, son propre équipement, ses propres collègues, son propre salaire, ses propres anecdotes à raconter. De sentir que l'on faisait partie d'une entité qui œuvrait pour un but commun. Lui-même s'était toujours imaginé en rockstar, ou bien héros national, glorifié de tous. Cela lui apporterait enfin la reconnaissance dont il avait tant rêvé, mais était-ce bien ce dont il avait besoin ? Ou bien appartenir à quelque chose de grand suffirait à son bonheur ? Finalement, peut-être qu'il ne serait pas rockstar... mais ce n'était pas si grave.

« Perso, j'aurais gardé cette "Prime d'Obscurité" pour m'acheter des bonbons, pas des bières », fit remarquer Donald qui n'avait pas encore dépassé ce stade d'évolution.

Quand Irving commença à lui décrire sa fameuse Scarlett, l'image d'une fraîche jeune femme aux grands yeux bleus se dessina dans son esprit. Il ne put s'empêcher de proclamer sa victoire :

« Ah, je l'avais bien d...
- ... Elle a au moins 80 ans. »

Donald éclata de rire en même temps que son ami. Celle-là, il ne s'y attendait pas !

« Vieux, tu m'étonnes que le courant passe entre vous ! »

Ils furent alors interrompus par une fille de la promo de Donald, Kristen White, qui s'exclama qu'elle ne l'avait pas vu. C'était un peu tiré par les cheveux étant donné qu'il était difficile de ne pas le remarquer, mais bon.

« Euh... salut ! »

Elle lui demanda aussitôt s'il allait bien. Sa question interloqua Donald : même s'ils suivaient les mêmes cours, ils ne s'étaient jamais vraiment adressé la parole. Il faut dire qu'il ne prêtait pas beaucoup d'attention aux élèves de son année. Exception faite de Neils, tous ses potes étaient d'autres niveaux et issus d'autres maisons. De plus, Kristen ne faisait pas partie des rares filles qui partageaient ses centres d'intérêts, comme Mary Coldwater par exemple – avant que celle-ci ne quitte Poudlard, ils avaient fait quelques belles farces aux Serdaigle tous les deux. Néanmoins, il engageait de bon cœur la conversation avec quiconque était assez sympa pour l'aborder, aussi répondit-il naturellement :

« Génial ! »

Il allait lui retourner sa question mais Irving le devança en l'interrogeant sur la raison de son intervention. Quand elle leur demanda du feu, Donald haussa les sourcils. Il regarda Kristen allumer sa cigarette à l'aide de la baguette de son ami, puis la porter à ses lèvres et commencer à tousser. Contrairement à ce qu'elle voulait leur faire croire, elle n'avait pas l'habitude de fumer, c'était évident. Donald était facilement impressionnable mais il savait reconnaître une personne qui essayait de se « donner un genre », pour la bonne raison que c'était ce qu'il s'escrimait lui-même à faire une bonne majorité du temps. Mais pas en feignant d'être un fumeur, nom d'un troll ! Il s'était déjà soumis à l'exercice une fois ou deux bien sûr, pour tester, pas pour crâner. Que cherchait-elle à prouver ? Elle avait flashé sur le bouclé et elle voulait se donner l'air mature ?

Donald croisa le regard interrogateur d'Irving. « Une fille de ma classe » articula-t-il silencieusement, ouvrant les bras comme pour se dédouaner – et pour montrer que la situation le dépassait complètement.

« On parlait de Scarlett, ta collègue mignonne, rappela-t-il quand Kristen se fut éloignée. Tu m'as l'air d'avoir une bonne équipe, en tout cas. C'est cool que tu aies trouvé ta place ! »

Donald se demanda si lui la trouverait un jour. Qui sait, peut-être que son avenir l'attendait là où il s'y attendait le moins. Au Ministère, par exemple ! Chaque matin, le réveil magique sonnerait à sept heures, il revêtirait une robe de sorcier marron (si on était lundi), boirait un verre de jus de citrouille tout en lisant les derniers scandales dans la Gazette, partirait pour le Ministère à huit heures moins le quart et bien sûr, arriverait en retard. Quelle horreur... Il ne voulait pas de cette vie-là, minutieusement orchestrée, programmée à la minute près. Il ne voulait pas se lever sans la saveur d'un aujourd'hui ni se coucher sans l'impatience d'un lendemain. Non, il voulait une vie pleine d'aventures, imprévisible, exaltante, une vie à cent à l'heure, une vie plus grande que lui ! Les détails n'avaient aucune importance – à quinze ans, que connaissait-on de la vie ? Donald ne craignait pas les dangers d'une existence bancale. Au contraire, il désirait sentir l'excitation lui picoter les oreilles, l'adrénaline circuler dans ses veines tandis qu'il se réveillerait chaque matin dans un lieu différent.

Hélas, pour le moment, c'était à Poudlard qu'il se réveillait chaque matin.

« Tant qu'il te reste un peu de temps pour ton vieux copain ! Avec qui je pourrais jouer de la musique, sinon ? »
Irving WhitakerAubergisteavatar
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L’interruption intempestive fut de courte durée puisque l’apprentie fumeuse se désintéressa d’eux au profit du fameux Magic-Teen et de son test : Quel genre de mec attires-tu ?
Irving observa quelques secondes les trois jeunes femmes piailler au dessus du magazine avant de reporter son attention sur Donald. En guise de conclusion à la conversation muette qu’ils avaient entamée un peu plus tôt, Irving haussa les sourcils et afficha un air qui voulait clairement dire * Whaou ! Elles en tiennent quand même une sacrée couche !*. Les K-Girls n’étaient –et ne seraient jamais-  son genre de fille. Sauf Kelsey Lorgan, bien sûr, qui était clairement le type de tout homme qui se respecte. Paix à son âme d’ailleurs, songea-t-il avec une pointe de nostalgie.

Alors que ses pensées se perdaient du côté des courbes de Kelsey, Donald le ramena sur terre en se réjouissant de sa nouvelle situation. Irving lui accorda un sourire reconnaissant avant d’ajouter :

« Très franchement j’uis pas sûr d’avoir complètement trouvé ma place mais, pour l’moment, ça s’passe bien, alors…  Il haussa les épaules et but une gorgée de café,… et puis j’ai rencontré plein d’gens nouveaux. Au taf, à la Cité… ça fait du bien d’sortir, d’voir du monde et d’parler d’aut’chose que des profs ou des d’voirs ! » souffla-t-il.

Il avait hâte que Donald puisse vivre la même expérience que lui à vrai dire. Il ne voyait pas comment son ami pouvait s’épanouir dans un lieu comme Poudlard même si, dorénavant, il avait l’opportunité d’en sortir une fois par semaine, histoire de souffler un peu . D’ailleurs, Irving comptait bien profiter de ce moment pour changer les idées de son pote. Les Dark Boursouf 2.0 seraient la petite bulle d’oxygène du week-end qui leurs permettrait de mieux supporter les longues semaines…

« J’aurais toujours du temps pour les DB, reprit-il, J’espère que vous l’savez d’ailleurs, ajouta-t-il en fronçant légèrement les sourcils. Un éclat de rire strident issu de la table d’à côté venait de lui vriller un tympan, Même si j’ai d’autres projets musicaux avec une copine, Ju et toi vous restez ma priorité, assura-t-il en se penchant légèrement en avant, après j’vais pas t’cacher qu’ça m’fait bizarre d’jouer sans Danny et d’envisager le groupe sans lui. »

Irving se tut et observa son camarade. Bien sûr il voulait continuer à faire de la musique avec Donald et Juliet mais leur groupe devait évoluer. Le jeune homme voulait faire quelque chose de différent, au moins pendant quelques mois, le temps que l’absence de Danny se fasse moins pesante. L’ex-Gryffondor appréhendait déjà cette première répétition officielle, où ils ne seraient plus que trois. Les trois survivants du Bloody Sunday.  Rien que l’idée le faisait frémir.

«  C’est lui qui avait trouvé l’nom. Il était vraiment l’âme du groupe alors j’vois pas comm… »

Irving voulut continuer mais la tirade puissante de l’une de ses voisines blondes couvrit subitement sa voix :

« …as un maximum de réponses B, Kristen, donc…, elle se racla la gorge et se mit à lire, tu aimes flirter avec les interdits ? Tu n’as pas peur de faire de nouvelles expériences ? Bref tu es un challenge à toi toute seule ! Tu attires les rebelles et les aventuriers, ces mecs qui n’ont pas froids aux yeux et qui veulent vivre. Vivre intensément ! Avec toi ils sont sûrs de ne pas s’ennuyer. Ils sont passionnés, fous, un peu rêveurs, voir franchement barrés  mais ils savent que tu as le potentiel pour les faire frissonner et faire de leur quotidien une folle aventure ! Kimberly interrompit sa lecture et releva la tête en direction de la petite rouquine, Oh! Kriiiiis ! C’est exactement son profil !Vous êtes fait l’un pour l’autre !»
-Oui Kristen, c’est tout à fait lui ! Surenchérit la troisième fille en frétillant sur son siège, Surtout le passage où ils disent qu’il est complètement barré… »

Irving lâcha un soupir, plutôt contrarié d’avoir été interrompu alors qu’il parlait de leur défunt ami. Il aurait mieux fait d’aborder le sujet dans un endroit plus calme. Enfin, c’était trop tard maintenant. L’ex-gryffondor adressa un sourire désabusé à Donald puis il reprit leur système de communication non verbale –puisque, de toute manière, ils ne s’entendraient pas parler. Il indiqua d’un geste du menton l’extérieur de l’établissement puis il posa une main sur sa veste, prêt à poursuivre leur conversation dehors.
Donald McWildeCinquième annéeavatar
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Rencontrer de nouvelles personnes, parler d'autres choses que de cours ou de devoirs...

« Comme je te comprends ! »

« Ça va, l'école ? » était la question qu'on posait le plus souvent à Donald. Pas exactement son sujet de conversation préféré ! Il avait hâte qu'on cesse de l'interroger sur ses résultats scolaires, les cas particuliers de sa classe, les méthodes de ses professeurs, et qu'on s'intéresse un peu à lui... quand bien même il devrait discuter argent ou politique. Lorsqu'il essayait d'en placer une à ce propos lors des dîners, on lui disait toujours qu'il était trop jeune pour comprendre, qu'il ne savait pas de quoi il parlait. Il était prié de retourner manger son dessert et de laisser les adultes débattre sur des sujets de société, comme par exemple la triste constatation que les adolescents ne s'intéressaient plus à rien, de nos jours.

« Je le sais », répondit simplement Donald quand Irving déclara qu'il aurait toujours du temps pour eux. Oui, il le savait mais il était touché de l'entendre. Touché... coulé, se dit-il à l'évocation de l'absence de Danny. Donald baissa instinctivement la tête – peut-être un peu effrayé par l'idée qu'il était incapable de soutenir le regard de son ami.

« Pareil, marmonna-t-il en se grattant le menton. Les DB sans lui, ça me fait bizarre à moi aussi. »

Il fixait toujours les rainures de leur tonneau quand Irving poursuivit sa réflexion –  comment se définissait le groupe sans son bassiste, et... et il fut coupé par les tonitruantes manifestations de joie qui émanèrent de la table d'à côté. Cette interruption permit à Donald de s'accorder un court instant de répit, pendant lequel il releva pensivement les yeux sur Irving. C'était là, maintenant, c'était le moment. Ils n'avaient pas vraiment parlé de la mort de Danny depuis la lettre qu'avait envoyée Donald pour lui relater les faits, et ce n'était d'ailleurs pas là l'objectif de leur rencontre, mais il se sentait déjà soulagé d'un poids à la perspective de libérer tout ce qu'il avait sur le cœur. Profitant d'une accalmie du volume sonore, il lâcha soudain :

« Irving je...
- Oh ! Kriiiiis ! C'est exactement son profil ! Vous êtes faits l'un pour l'autre ! »

Voilà que les piaillements avaient repris, aussi forts qu'une montagne de Beuglantes, l'empêchant de continuer. Donald soupira à son tour, puis répondit au signe de son camarade par un vigoureux hochement de tête. D'un accord tacite, tous deux se levèrent pour se diriger d'un bon pas vers la sortie. La porte des Trois Balais claqua derrière eux. Le Gryffondor s'étira, tout émoustillé de retrouver la fraîcheur de l'air matinal. Il s'immobilisa brusquement, pencha le cou en arrière et ferma les paupières de manière à exposer son visage à la lumière d'un soleil timide, laissant la chaleur chatouiller sa peau. Puis il rejoignit Irving en quelques foulées énergiques. Sans cesser de gambader, il reprit le cours de la conversation un peu plus tôt de là où elle s'était arrêtée.

« Quoi qu'il en soit, si on doit se voir tous les trois le week-end, je pense qu'il nous faudrait un endroit plus tranquille qu'ici... Tu vois, pas l'adresse où tout le monde va ! »

Il côtoyait déjà ses camarades de classe une grande majorité du temps, il n'avait donc pas spécialement envie d'être dérangé par leurs interventions intempestives alors qu'il avait enfin l'occasion de voir ses amis de l'extérieur. De plus, il n'était pas sûr que les élèves de sortie ni les gérants du bar apprécient beaucoup leurs douces expérimentations musicales... Pour Donald, être chez soi signifiait vivre selon ses propres lois. Dans la maison de ses parents comme à Poudlard, il n'avait donc pas moyen de se sentir complètement chez lui. C'était une grande liberté qu'on leur accordait avec l'autorisation de se rendre plus régulièrement à Pré-au-Lard, mais cela restait pour lui une liberté conditionnelle.

« Ça te dirait pas, un repère rien qu'à nous ? Une cave, un grenier, peu importe ! »

Donald fit un tour sur lui-même au milieu de l'avenue commerçante, ouvrant les bras vers les chaumières qui les entouraient. Il se demandait bien quels secrets pouvaient cacher ces bicoques.

« Y a matière à explorer, tu crois pas ? »
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving et Donald échangèrent un regard et ils surent instantanément qu’ils étaient sur la même longueur d'onde. En effet dès que l'ex-gryffondor manifesta son envie de quitter le bar devenu un peu trop bruyant, son cadet approuva. Irving attrapa sa veste et rejoignit bien vite l'extérieur des Trois Balais et les ruelles étroites de Pré-Au-Lard timidement chauffées par le soleil. Il rabattit son col contre sa nuque et fourra ses mains au fond de ses poches avant de se tourner vers son ami qui le rejoignait déjà. Ce dernier suggéra d’ailleurs qu’ils se trouvent un coin à eux, loin de l’agitation estudiantine du village.

« C’est clair, lança Irving en reprenant sa marche, je crois qu’elles étaient parties pour faire tous les tests de leur magazine ! » grimaça-t-il en se réjouissant d’avoir échappé à la galerie de questionnaire de Magic Teen. L’ex-Gryffondor frissonna à cette idée puis il enchaina sur la proposition de son camarade.

« Bien sûr qu’je suis partant. D’ailleurs j’ai déjà commencé à éplucher  les annonces de local dans la gazette mais franchement c’est hyper cher, souffla-t-il sans parvenir à masquer sa déception. Ju peut pas mettre trop d’fric dans une location avec l’arrivée du bébé – d’autant plus que leur amie n’avait pas d’emploi pour le moment-  quant à moi, même avec ma prime d’obscurité, j’peux mettre huit galions par mois maxi, mais pas plus. »

D’ailleurs, c’était déjà une grosse entorse à son budget. Il faudrait qu’il freine un peu sur les sorties mais il était prêt à faire quelques concessions pour les Dark Boursouf. Toutefois, il n’avait pas encore abattu son joker, celui qui leur ferait peut-être obtenir une salle de répétition à moindre prix : La technique du démarchage au porte à porte. Comme le soulignait Donald, il devait surement y avoir des dizaines de caves et de greniers non exploités dans ce village. Bon nombre d’habitant était peut-être prêt à louer leur garage quelques heures par week-end pour une poignée de mornilles à une petite bande d’amoureux de la musique. Afin de les convaincre, Irving comptait d’ailleurs sur le bagou de Donald qui allait sans nul doute trouver des arguments percutants. Il est vrai que Juliet n’aurait pas été de trop pour les aider dans cette entreprise: Son sourire et ses longues jambes auraient surement pesé dans la balance auprès des sorciers, quant à ses rondeurs de future maman, elles auraient incontestablement séduit les ménagères de Pré au Lard. Qu’a cela ne tienne, les habitants du petit village sorcier devraient se contenter des bouclettes d’Irving et des oreilles en feuilles de chou de Donald.

« J’pense qu’on d’vrait frapper chez quelqu’un et lui d’mander s’il accepterait d’nous prêter sa cave deux p’tites heures le samedi, lança-t-il en haussant les épaules, ça coute rien d’essayer dans un premier temps.  Si ça marche pas, on s’rabattra sur quelque chose de payant... »
L’ex-Gryffondor allia le geste à la parole et toqua donc sur la porte sculptée d’une chaumière de la rue des Trois Balais. Tout en attendant, il passa une main dan ses boucles brunes avant de décrocha un clin d’œil à son acolyte.

« Qu’est ce que vous voulez ? »


Irving sursauta quelque peu lorsque la question claqua dans l’air. En effet, la porte ne s’était même pas ouverte pour les acceuillir. Irving regarda autour de lui pour voir d’où provenait la voix et c’est seulement à ce moment là qu’il repéra l’ouverture parfaitement dissimulé dans les sculptures de la porte : Là, une petite grille était surplombée par un œil magique qui roulait de Donald à Irving.

« Euh, Bonjour…- Monsieur ? Madame ? Impossible de le savoir- Je m’appelle Irving Whitaker et voici mon ami Donald McWilde, commença-t-il sur un ton avenant en désignant d’un geste de la main le philosophe à côté de lui, Voila, nous faisons partie d’un… »
-Vous voulez me vendre quelque chose, hein ? C’est ça ? Une encyclopédie du quidditch ? Un abonnement à Multiplettes ?
-Non, non, souffla Irving en secouant la tête, on ne veut rien vous…
-C’est la pétition pour limiter la pèche aux Strangulots dans le lac alors ? Non ?
-Non plus, en fait…
-Oh Merlin ! J’parie qu’vous voulez m’faire souscrire à un raccordement au Réseau d’Poudre de Cheminette !
- Ah, vous n’êtes pas raccordé ? s’enquit soudainement Irving avec une curiosité toute professionnelle avant de se souvenir du véritable objet de sa visite, à vrai dire nous sommes là pour toute autre chose mon ami et moi-même. Voila, nous avons monté un groupe de musique et… »

Cette fois, il ne souffrit d’aucune interruption intempestive, au contraire, il s’interrompit de lui-même, observant tour à tour Donald et l’œil magique exorbité posé fixement sur son ami.

« Un problème ? »

« Toi-là, le petit gros. La voix s’était faite soudainement plus menaçante. Ce ne serait pas  toi qui mange toutes les fraises de mon jardin au printemps ? Tu ressembles étrangement au Gryffondor Goulu que j’ai chassé l’année dernière à coup de Crache-Limace. Attend que je prévienne la directrice, C’est quoi ton nom déjà... Romuald ?»
Irving n’avait aucune certitude quant au fait que Donald soit effectivement le « Gryffondor Goulu voleur de baie » mais il devait avouer que la description correspondait plutôt bien au profil de son ami.
« Merci de nous avoir accordé quelques minutes de votre temps précieux, intervint-il en se plaçant entre l’œil et Donald, Passez une excellente fin de journée ! » ajouta-t-il en reculant sur les pieds du philosophe le forçant à faire de même.
Ce n’était pas le moment de se faire remarquer au point d’ameuter tout Poudlard ! Irving savait que Donald était dans le collimateur des profs depuis sa fugue au Bloody Sunday et il ne devait clairement pas faire parler de lui.

Les deux amis rejoignirent donc la rue principale du village et se mêlèrent à la foule d’élèves. Après s’être assuré que le(a) sorcier(e) mal embouché(e) ne les avait pas suivit, Irving ajouta :

« Bon. Je crois qu’j’vais t’laisser choisir les maisons où on va tenter not’chance, lança-t-il avec sagesse, ça vaut mieux… »
Donald McWildeCinquième annéeavatar
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« Hé, lança Donald devant l'air déçu de son ami, tout en lui tapotant gentiment l'épaule, faut pas que tu te ruines non plus ! »

Huit Gallions par mois, à ses yeux, c'était une somme exorbitante. De quoi s'acheter une sacrée quantité de Chocogrenouilles. Ça faisait presque cent Gallions par an cette affaire ! (Non, il ne se donnerait pas la peine de faire le calcul exact. Les maths, ce n'était pas son fort). D'autant plus que cet argent était celui d'Irving, et celui d'Irving seul ; il en avait sûrement besoin pour autre chose que de la bière maintenant qu'il avait son appartement bien à lui. Quant à sa prime, il méritait de la garder pour lui. Donald se sentirait trop coupable de le laisser vider ses poches tout seul. Lui-même aurait volontiers cédé ses économies à la cause si elles avaient été plus conséquentes... Hélas, il n'avait jamais été très économe et tous les sous qu'il récoltait durant l'année s'en retrouvaient dépensés à la minute près en friandises et bric à brac inutile. Il doutait que les douze Mornilles trente-cinq Noises cachées sous son matelas ne les aident beaucoup dans leur entreprise...

« Bon, ben y a plus qu'à espérer que les gens du coin sont du type généreux ! »

Ils s'approchèrent en premier lieu d'une coquette chaumière à la porte sculptée. Ce jardinet n'était pas inconnu à Donald mais il ne se rappelait pas la raison pour laquelle il aurait pu y pénétrer. Irving eut beau toquer, pas de comité d'accueil. Peut-être faisait-on la grasse matinée à l'intérieur ? Quel dommage, se dit le Gryffondor, de gâcher ainsi ce précieux samedi matin ! Il répondit au clin d'œil d'Irving par un sourire de connivence.

« Qu'est-ce que vous voulez ? »

Donald bondit en arrière, manquant de s'étaler sur un parterre de fleurs. Au bord de la crise d'apoplexie, il retrouva son équilibre et se rapprocha de la porte fermée. Cet œil magique le fixait d'un air presque... accusateur, mais... « ça va pas de me faire des frayeurs pareilles ? » s'insurgea-t-il, le cœur battant la chamade. Irving se chargea des présentations mais se fit aussitôt prendre pour un marchand ambulant. Franchement ! Ils avaient vraiment la dégaine de vendeurs au porte à porte ? Donald avait toujours sa bouille enfantine et Irving, ben... c'était Irving. Et ils n'avaient même pas de valise (susceptible de contenir une panoplie de balayettes magiques) ! Quand le ramoneur s'intéressa au raccordement par cheminée de ce désagréable individu, Donald lui envoya un coup de coude dans les côtes.

« Reste concentré ! » lui jeta-t-il avec le plus de discrétion possible.

Apparemment, il n'était pas doué pour passer inaperçu car son chuchotement eut le malheur d'attirer l'attention sur lui. Tout le temps qu'Irving expose leur situation, l'œil ne cessa de le fixer. Donald se demanda d'abord si son imagination lui jouait des tours, comme lorsqu'il avait l'impression que tous les tableaux de Poudlard surveillaient ses allées et venues dans le château à des heures plus que douteuses. L'air de rien, il se décala un peu vers la droite. L'œil roula dans la même direction. Le hasard, se dit-il avec inquiétude. Un petit saut sur la gauche et il fit l'effroyable constatation que la pupille ne se détachait toujours pas de lui.

« Toi-là, le petit gros. »

Donald se retourna, mais il n'y avait personne d'autre que lui dans l'axe.

« Hé, je suis pas gros ! protesta-t-il pour la forme. Juste un peu enveloppé. »

Oui, il tirait cette réplique de l'une de ses bandes dessinées moldues préférées. Le ton de leur interlocuteur invisible l'empêcha néanmoins de surenchérir. Donald n'était pas fou – du moins pas tout le temps. Il se figea sous l'accusation qui lui était portée. Elle n'évoquait pas grand chose chez lui, mais après tout il ne se souvenait jamais de rien. Il lui était arrivé tant de fois de dérober de la nourriture ! Sa voisine au Pays de Galles avait un pommier dont les branches dépassaient par dessus la haie de chez lui, par exemple, et... Oh ! Ça lui revenait maintenant. Un fraisier magnifique, vraiment. Il était en troisième année à l'époque, il y avait de cela une éternité !

Irving lui sauva la mise : il s'interposa, lui écrasa les pieds par la même occasion et l'exhorta à reculer. Une alarme (qui ressemblait étrangement à celle du défunt réveil matin de William Derwent) se déclencha dans le cerveau de Donald. « Repliement immédiat des troupes ! » En moins de temps qu'il n'en fallait pour dire troll, les deux compères déguerpirent sans demander leur reste.

« Je t'en dois une, souffla Donald une fois qu'ils se furent mêlés aux passants. Pour ma défense, ces fraises en valaient vraiment la peine ! »

Irving suggéra que le gourmand choisisse à l'avenir les habitations qu'ils allaient visiter.

« Excellente idée ! À partir de maintenant, je prends la tête des opérations ! »

Donald était d'attaque. Il obliqua dans une rue transversale, plus étroite et moins fréquentée, et jeta son dévolu sur une maisonnette d'aspect assez pittoresque. Au moins, il était certain de n'avoir jamais pénétré dans cette enceinte. Une fois planté sur le pas de la porte, il manœuvra hardiment le heurtoir, puis s'acharna vainement à aplatir ses épis de cheveux sur le crâne.

« Laisse faire le pro », glissa-t-il à son aîné avec une œillade entendue.

Sa tactique pour éviter qu'un incident ne se reproduise ? Inonder leur hôte potentiel sous un flot ininterrompu de paroles. Une femme d'un âge très avancé vint leur ouvrir. Elle avait les cheveux plus blancs que de la neige et se tenait toute courbée sous son châle, mais elle semblait encore très en forme pour les 120 ans que Donald lui donnait facilement. Un grand sourire vint éclairer le visage de l'adolescent.

« Bonjour Madame ! Un merveilleuse matinée à vous ! J'espère qu'on ne vous dérange pas ? Non ? Très bien ! Avant qu'elle n'ait le temps d'articuler un seul mot, il enchaîna : Mon camarade et moi-même sommes à la recherche d'un local qu'il serait possible d'occuper deux petites heures par semaine, et c'est votre maison, bien entendu, qui m'a immédiatement attiré l'œil...
- Eh bien, marmotta la vieille dame, quelque peu submergée par la verve de Donald, ce n'est pas très grand ici. Il y aurait bien les combles mais...
- Magnifique, magnifique ! Voilà qui nous conviendrait parfaitement !
- ...mais je dois cependant vous avertir que Lola...
- Dites donc, coupa Donald dont la tête avait soudainement jailli dans l'entrebâillement de la porte, c'est mignon chez vous ! »

Il ne se fit pas prier pour pénétrer dans le séjour, traînant Irving à sa suite, sans cesser de cancaner.

« Mon cher, n'oublie pas d'essuyer tes pieds sur le paillasson... Nous ne voudrions pas salir vos splendides tapis... Cette direction ? Parfait ! Je monte en premier ! »

Donald escalada les marches grinçantes d'un vieil escalier en bois. Il poussa la trappe qui donnait accès à l'étage supérieur jusqu'à ce qu'elle retombe bruyamment de l'autre côté dans une explosion de poussière. Il n'avait jamais rien soulevé d'aussi lourd mais il ne voulait surtout pas perdre la face en public. Il se hissa donc à l'intérieur et, lorsqu'il se mit debout, découvrit l'un des inconvénients de sa poussée de croissance (de moindre importance à côté des avantages).

« Attention, c'est un peu bas de plafond par ici ! »

Autour de lui s'entassaient un balai au modèle dépassé depuis les années 80, quelques cartons miteux et plusieurs tapisseries enroulées sur elles-mêmes, probablement infestées de Doxys.

« Peut-être qu'après un bon nettoyage... tenta Donald en contournant la petite montagne d'antiquités.
- Bouh ! beugla alors une voix caverneuse.
- Nom d'un... AAAAAAAAAAAAAAAH ! »

Donald chuta sur le sol. Il était tombé nez à nez avec une sorte d'ogre aux dents de lapin, surgi de nulle-part, habillé d'une robe crasseuse et lacérée, et qui se mit à attraper des objets dans un coffre pour les lui envoyer à la figure. Horrifié, le Gryffondor se releva précipitamment et se rua sur la trappe encore ouverte, poussant Irving devant lui et s'écriant :

« Demi-tour, demi-tour, on s'en va ! »

Il attrapa au vol le dernier projectile que la créature balança sur lui, avant de dévaler les escaliers plus vite que jamais. Arrivé en bas, il manqua de rentrer dans la propriétaire. Il lui fourra dans les mains ce qui s'avérait être une lampe de chevet.

« Il y a une goule dans votre grenier ! hurla-t-il comme un dément.
- Je vous avais prévenus ! Lola n'aime pas qu'on la dérange ! »

Mais Donald était déjà dehors, hors d'haleine. Il attendit de retrouver un rythme respiratoire plus régulier pour se remettre à parler.

« Bon, on aurait eu beaucoup de chance de trouver quelque chose dès le deuxième essai... Qui ne tente rien n'a rien ! »
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Donald était tellement… Donald. Avec sa personnalité atypique et sa gouaille légendaire il était surement le plus drôle gars qu’Irving connaisse. Et puis, c’était franchement marrant de le chambrer. D’ailleurs quand ce dernier lui intima de « Laissez faire le pro », Irving ne résista pas à l’envie de taquiner son cadet qui tentait vainement d’aplatir ses épis. Comme l’avait fait Vivianne Whitaker du temps où elle cherchait encore à dompter la chevelure de son fils, Irving lécha ses doigts afin de déposer un peu de bave dessus puis il posa sa main sur la chevelure rebelle de son ami afin de la lisser.

L’ancien Gryffondor eut toutes les peines du monde à contenir le fou rire que ce geste lui inspirait mais Donald –en véritable professionnel- ne se laissa pas désarçonner, bien au contraire. Dès que la vieille résidente de la bicoque ouvrit la porte, le philosophe sortit le grand jeu et parvint même à rentrer en moins de dix secondes. La technique était certes un peu… brutale mais Irving ne put s’empêcher d’être impressionné par le culot de son ami. Il le suivit d’ailleurs, non sans avoir salué la centenaire d’une légère courbette, puis il s’engouffra dans la maison à la suite de son pote.

« Donald, t’es un gros taré… » murmura-t-il, franchement amusé, alors que ce dernier était encore occupé à cancaner. Le philosophe rejoignit alors un petit escalier en bois pentu qui desservait une trappe à l’étage. Irving attendit au pied des marches que son ami dégage la voie pour monter.

« Besoin d’un coup d’main ? » s’enquit-il en le voyant en difficulté pour ouvrir la trappe -même si personnellement, il préférait éviter de se retrouver à deux sur cet escalier fragile- mais contre toute attente, Donald parvint à s’en sortir seul. Un sourire satisfait éclaira le visage d’Irving qui entama son ascension au moment même où Donald pénétrait dans les combles. Finalement cette technique de porte à porte se révélait franchement concluante, songea-t-il en posant une main sur le palier. Mais la tignasse bouclée de l’ex-gryffondor émergeait à peine de la trappe lorsqu’il entendit un grand bruit de chute.

« Qu’est-ce que… » Commença-t-il en se hissant d’une marche supplémentaire afin d’obtenir une meilleure visibilité…. Oh Bordel ! » Lâcha-t-il en s’accroupissant brusquement pour esquiver un vase qui se fracassa juste au dessus de lui.  

« Demi-tour, demi-tour, on s'en va ! » s’écria Donald qui lui écrasa littéralement les doigts en s’engouffrant dans l’escalier(Juste retour des choses me direz vous  après qu’Irving lui eut écrasé les pieds). Sous la pression de son ami, l’ex-Gryffondor manqua de débarouler au bas des marches mais il se retrouva dehors en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il se retourna pour voir si son ami le suivait toujours et il le vit déposer une lampe de chevet entre les mains de la propriétaire avant de prendre la fuite à son tour pour le rejoindre.

« Bon, on aurait eu beaucoup de chance de trouver quelque chose dès le deuxième essai... Qui ne tente rien n'a rien ! »
lança-t-il encore essoufflé pour leur course folle.

Les mains sur les hanches et le souffle court, Irving approuva d’un signe de tête avant d’observer la rue d’un air perplexe.

« Bon. On essaye celle-là ? » Souffla-t-il en désignant d’un geste du menton une maison un peu plus loin.



***


« …omment est-ce qu’il peut nous dire ça ? « Le rock, ce n’est pas de la musique. ». Le gars il a dix-putains-d’posters de Christina Moldubec dans son salon et il veut nous apprendre, à nous, ce que c’est que la musique ? Non mais sérieux ? Bordel de Troll ! »

Irving ne décolérait pas. Il sortait tout juste d’une charmante chaumière au volet rose qui renfermait, en son sein, un odieux fan de Moldubec.

« … J’aurais dû lui dire qu’elle chante en playback pendant ses concerts, grogna-t-il en croisant les bras sur son torse, Ça lui aurait cloué l’bec à s’cognard ! » ajouta-t-il sans mauvais jeu de mot.

L’ancien Gryffondor soupira un bon coup pour se calmer avant de reporter son attention sur son ami. Il venait de passer toute leur matinée et une bonne partie de leur après-midi à faire du porte à porte, en vain. Ils avaient rencontré des habitants charmants, d’autres franchement louches, mais aucun d’entre eux n’avait accepté de leur céder un petit emplacement pour que les DB se reforment. Irving était quelque peu découragé. Les premiers élèves commençaient à rejoindre Poudlard, signe que la nuit n’allait pas tarder à tomber.
Il leur restait peu de temps, certes, mais ce n’était pas le moment d’abandonner.

« Bon. C’est pas si grave, après tout, relativisa-t-il,  Il nous reste une rue… C’est forcément la bonne ! » souffla-t-il avec tout l’entrain dont il était encore capable.

Les deux amis s’engouffrèrent donc dans la ruelle la plus à l’est du village qui desservait le salon de thé de Mme Pieddodu. D’ailleurs, n’était-ce pas elle qui arrivait à leur rencontre ? On la reconnaissait aisément à ses formes généreuses à vrai dire, songea Irving juste avant qu’elle ne les interpelle.

« Excusez-moi… » Lança-t-elle en les regardant tour à tour « Je recherche deux jeunes gens qui sont venu  chez ma mère ce matin, expliqua-t-elle, ils correspondent à votre description. »

Irving se demanda momentanément en quel terme ils avaient été décrit. Le bouclé et l’enveloppé ? Cette pensée le fit doucement sourire alors que l’incident avec l’œil magique  lui revenait subitement en mémoire. Et si Mme Pieddodu était là pour retrouver Donald et le livrer à Daisy Mason ? Son petit rictus s’effaça bien vite tandis qu’il tentait une approche pour en savoir plus.

« Ça s’pourrait, c’est à quel sujet ? » souffla-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

« Et bien, voila. Ma mère m’a expliqué que deux charmants garçons sont passés la voir ce matin… »

Irving ne put s’empêcher de chercher le regard de Donald en entendant le compliment. Ils étaient charmants. Cool. Ça commençait plutôt bien.

« … Ils cherchaient un local pour faire de la musique, il me semble, et ils sont montés dans son grenier… »

*La Maison de la Goule !*
songea Irving, qui cette fois, ne chercha pas croiser les yeux de son ami afin de ne pas se trahir.

« …Malheureusement les combles était trop bas de plafond –et occupés par Lola aussi, accessoirement- donc ils n’ont pas souhaité s’installer là-bas mais ils ont tout de même pris le temps de redescendre à ma mère une lampe de chevet qu’elle voulait récupérer depuis des années !  Elle savait bien que Lola la gardait précieusement.  Il a suffit que ces deux garçons montent, à peine deux minutes, et ils ont réussi à amadouer notre goule qui leur a rendu l’objet. »

Le sourire reconnaissant de Mrs Pieddodu  témoignait de sa gratitude aussi Irving sauta sur l’occasion.

« C’est bien nous ! lança-t-il en attrapant Donald par l’épaule pour le presser contre son flanc. D’un geste de la main, il les désigna tour à tour, les deux charmants garçons !  Vot’ mère habite une maisonnette pittoresque à l’entrée du village n’est ce pas ? Et elle a de splendides portraits de bébés niffleurs dans son couloir ? » ajouta-t-il,  bien décidé à hameçonner sa proie.

« Oui, c’est bien ça ! s’exclama Mme Pieddodu en applaudissant frénétiquement devant sa bouche, C’est vous alors ? Oh Merci. Vous avez été si gentils ! Il est bien rare de voir des jeunes gens aussi serviables de nos jours, ajouta-t-elle attendrie, Est-ce qu’il y a quelque chose que je puisse faire pour vous remercier ? » s’enquit-elle alors.

Irving ouvrit des yeux ronds devant cette occasion en or qu’ils ne pouvaient pas laisser filer.

« Et bien… » souffla-t-il en coulant un regard en direction de Donald. La balle était dans son camp maintenant. Après tout, c’était lui le pro !
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« Crois-moi, tu prêches un convaincu ! »

Personne ne pourrait apprendre à Donald ce qu'était réellement la musique, certainement pas un gugusse dont Celestina Moldubec était l'idole. Mais il comprenait la colère d'Irving, il l'avait déjà partagée – d'ailleurs, c'était vraiment bizarre d'être le plus tempéré des deux, pour une fois. Ils parcouraient les ruelles du village depuis longtemps, sans pour autant trouver ce qu'ils cherchaient. Certains habitants n'étaient pas très coopératifs (il ne comptait plus le nombre de fois où on leur avait claqué la porte au nez), d'autres n'avaient rien qui corresponde à leur demande. Cependant, Donald ne se laissait pas abattre aussi facilement et ces quelques embuches n'auraient pas raison de lui – il était de ce type-là, increvable. Témoin du léger découragement de son ami, il s'employa à remonter le moral des troupes.

« Allez, on reste motivés ! On va sûrement pas rentrer bredouilles ! »

C'est alors qu'une petite femme rebondie s'approcha d'eux dans l'apparente intention de les aborder. Qu'est-ce qu'elle leur voulait, celle-là ? « Bonsoir ! On peut vous aider ? » lui demanda Donald de manière assez expéditive – il avait suffisamment fait les frais du caractère irascible des gens du coin. Elle avait néanmoins l'expression avenante, quoi qu'un peu perplexe. En effet, elle était à la recherche de jeunes gens s'étant rendus chez sa mère, et Irving et lui pourraient bien faire l'affaire. À voir. Ainsi, ils correspondaient à leur description ? Celle d'un beau et fringant jeune homme, assurément, accompagné d'un maigrichon maladif qui avait le besoin urgent de se tondre la toison... Le rictus affiché par Irving en cet instant même confirma à Donald qu'ils partageaient tous deux une blague intérieure relativement similaire.

Mrs Pieddodu (il l'avait finalement reconnue) spécifia alors que ces deux garçons étaient charmants. Croisant le regard d'Irving, Donald lui envoya un clin d'œil appuyé du style « On est charmants, mec ! » En revanche, lorsqu'elle mentionna qu'ils étaient montés dans le grenier, il perdit toute envie de contact visuel avec son associé et, au souvenir de leur mésaventure, se mit alors à fixer un point très éloigné droit devant lui. Il était si concentré dans cette tâche que la suite du discours ne l'atteignit qu'à moitié ; aussi, quand il fit enfin le lien entre la maison de Lola, Mrs Pieddodu et une lampe de chevet, Irving avait déjà attrapé la balle au vol.

« Ouep, c'est nous ! » renchérit Donald alors qu'il se fendait de son sourire le plus avenant.

Il bomba le torse en approuvant tout ce qui était dit, un échange à propos de portraits de bébés niffleurs ?... Bref, Irving manœuvra son affaire comme un chef puisque leur interlocutrice sembla s'estimer redevable d'il ne savait trop quoi (qu'on se le dise, cette lampe était absolument hideuse. Parmi tous les avares cultivateurs de fraisiers et les fans d'une insulte à la chanson sorcière qui peuplaient les alentours, s'il y avait bien une personne de bon goût dans ce village il s'agissait de celle qui avait relégué l'artefact dans les combles...) Donald se racla la gorge : à son tour maintenant de prendre les devants.

« Vous savez déjà ce qui nous ferait vraiment plaisir, amorça-t-il quelque peu cavalièrement.
- Un local pour faire de la musique, c'est bien ça ?
- Quant à savoir si vous pouvez réellement faire quelque chose pour nous remercier, vous êtes la seule à pouvoir nous le dire. »

Tandis que la réflexion transparaissait sur le visage de Mrs Pieddodu, Donald ne cessa de la regarder patiemment dans le blanc des yeux, l'air candide.

« Un sous-sol pourrait-il vous convenir ?
- Tant qu'aucune goule n'y a élu domicile, grinça-t-il en se retenant de laisser exploser sa joie.
- Dans ce cas, suivez-moi ! »

Donald offrit une expression ravie à Irving avant d'emboiter le pas de leur sauveuse. Celle-ci contourna son petit commerce pour les mener de l'autre côté du bâtiment, puis les fit entrer par ce que le Gryffondor baptisa immédiatement « la porte de derrière », c'est-à-dire l'entrée dont l'usage était strictement privé car réservé aux propriétaires. À partir de ce point-là, seul un rideau les séparait du salon de thé, eux et une paire d'escaliers étroits. Le premier, sinueux, escaladait l'angle de la pièce ; le second, qu'ils empruntèrent, desservait l'étage inférieur. Donald s'engagea à la suite de leur hôtesse. Contrairement à un bon nombre de caves qu'ils avaient visitées, l'endroit était propret et démeublé – à l'exception d'un divan rose bonbon qui occupait la moitié de la longueur d'un mur.

« Il prenait trop de place au rez-de-chaussée. Le descendre m'a permis de rajouter deux petites tables rondes, minauda Mrs Pieddodu. D'ailleurs, c'est l'heure de la fermeture ! Messieurs, je vous laisse cinq petites minutes... »

Dès qu'elle eut disparu dans les escaliers, Donald leva sa main en l'air en signe de victoire.

« High five ! Irving, tu sais que t'es ma face de troll préférée ?! »

Après plusieurs heures de recherches pour le moins mouvementées, ils avaient enfin trouvé le gros lot. Unique désavantage : la baisse de température qui se faisait sentir dans le sous-sol, mais qui n'était irrémédiable.

« Y a même une cheminée, tu te rends compte ? » s'exclama-t-il avec une exaltation inexpliquée. Il ne savait pas encore pourquoi, mais Donald avait la singulière impression que cet élément aurait son importance.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving laissa son ami mener le reste de l’entretien de main de maître, il faut le dire. Après quelques échanges ils se retrouvèrent tous les deux à suivre Mrs Pieddodu pour rejoindre l’arrière-cour. Tout en marchant, il leva les deux pouces en l’air en signe de victoire. Donald et lui étaient passé maître dans l’art de la communication non-verbale aujourd’hui ! Enfin, ils ne devaient pas se réjouir trop vite et attendre de voir ce que le local donnait mais l’ancien Gryffondor avait bon espoir. Cette fois, c’était la bonne !

La tenancière du salon de thé les guida jusqu’au sous-sol de son établissement où ils pénétrèrent à sa suite. Irving balaya la pièce du regard plus que satisfait de la surface et de la configuration des lieux. L’espace était assez dégagé pour mettre la batterie du Philosophe et il y avait même un divan –hideux certes- mais apparemment confortable. Le jeune homme hocha la tête avec bienveillance lorsque Mrs Pieddodu affirma qu’il prenait trop de place à l’étage avant d’ajouter un « pas d’soucis. » poli lorsqu’elle s’excusa de devoir les abandonner quelques minutes.
A peine fut-elle hors de vue qu’Irving alla toper la main de son pote dans un claquement sonore.

« Yeaaah ! J’peux t’retourner l’compliment Face de Goule  ! » lança-t-il en lui prodiguant une légère bourrade de l’épaule.

C’était leur manière bien à eux d’afficher leur amitié sans tomber dans quelque chose de trop sentimental. Qui aime bien châtie bien, était résolument le dicton qui qualifiait le mieux leur relation. Irving afficha un sourire ravi et fit quelques pas dans la pièce avant de prendre son élan pour se laisser tomber de tout son long sur le divan rose, soulevant par la même occasion un léger nuage de poussière. Il cala ses deux mains derrière sa tête et  s’exclama :

« J’sens qu’on va être bien ici… »

La poussière retombait lentement tout autour de lui l’invitant à tourner la tête  pour observer Donald qui prenait lui aussi possession des lieux.

Au bout de quelques minutes, il sortit sa baguette de la poche de son jeans et fit apparaitre son patronus devant lui.

« Mission trouver un local effectuée avec succès ! Ma p’tite tu vas hallucinée parce qu’on a vraiment un truc qui déchire ! On espère qu’ton rendez-vous à St-Mangouste s’est bien passé et on t’attend toi, ton gros ventre et ta jolie voix samedi prochain dans l’sous-sol de Madame Pieddodu.  On t’embrasse avec le Philosophe ! » conclut-il avant d’envoyer son message à Juliet.

L’ancien Gryffondor se leva, s’étira puis il rejoignit Donald qui s’extasiait littéralement devant la présence d’une cheminée dans leur lieu de répétition. Irving s’apprêtait justement à abonder dans son sens lorsque Miss Pieddodu réapparut dans les escaliers.

« Regardez ce que j’ai trouvé, un joli plaid brodé de roses pour recouvrir le canapé, Plaid encore plus laid que le sofa d’origine, il faut le dire, et quelques tableaux pour décorer un peu la pièce. Ce sera plus chaleureux ! »

La tenancière du café fit léviter les portraits représentant chatons, niffleurs et boursoufflets dans des paniers fleuris jusqu’aux murs puis elle posa ses deux mains sur ses hanches avant de demander, Alors, cela vous convient-il ? »

« C’est parfait madame. Merci. Répondit-Irving en tentant d’ignorer le cadre orné de petits boursoufs roses à l’air niais, il y a juste un détail … »

L’ancien gryffondor coula un regard complice en direction de son ami avant de s’approcher de Miss Pieddodu. Cette fois, c’était à lui de prendre les choses en main.

-Nous aurions un dernier petit service à vous demander : Serait-il possible de raccorder cette cheminée au réseau ? demanda-t-il en désignant l’âtre d’un geste de la main, Comme vous le savez, c’est assez compliqué d’arriver par transplanage dans votre village le samedi et nous sommes plusieurs membres du groupe à avoir déjà quitté Poudlard dont une femme enceinte…
-Vraiment ?
-Oui, de presque huit mois, ajouta-Irving conscient d’avoir réussi à capter l’intérêt de la commerçante, Avec sa grossesse elle préfère utiliser les moyens de transport plus doux.
-Moi aussi le transplanage me rendait malade ! Et Je ne parle même pas du Magicobus !
- Oh oui, un vrai calvaire, surenchérit Irving comme s’il était expert en la matière, Vous savez, j’travaille justement au Ministère dans le département des Transports Magiques.
- Vous faites si jeune pourtant.

-On me le dit souvent ! -Il faut que je me laisse pousser la barbe- mais sachez qu’j’uis en mesure d’faire un raccordement très rapide, dans les jours qui viennent.
-Vraiment ?
- Oui avec votre accord signé bien sûr et je peux même faire un p’tit check up de vos cheminées à l’étage.
-Ça tombe bien, j’en ai une qui
me pose quelques problèmes…
-Vous voulez qu’je monte voir de suite ?
-Ce serait très gentil de votre part
en attendant je vais chercher un parchemin pour la demande de raccordement…"
-Excellente idée !


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Boursouf un jour, Boursouf toujours ! [Donald & Irving]

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