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 Fin de l'Acte I [Alexandra & Roy]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Dernière édition par Roy Calder le Mer 19 Nov 2014 - 13:08, édité 1 fois
21 septembre 2008, au soir, à la Serpe et le Serpent

La boutique dans laquelle pénétra Roy, soutenu par son associé, était plongée dans un silence étrange, compte tenu de l’agitation qui faisait encore rage à l’extérieur. La première chose que fit Jayce en les faisant entrer tous les deux fut de baisser les stores d’un coup de baguette, et de lancer quelques premiers charmes de protection. Au cas où un Auror ou un fou furieux tenterait de s’inviter dans leur petit asile provisoire. Seulement à ce moment-là, Jayce prit conscience du lieu où ils étaient, pendant que Roy allait commater dans un coin de la pièce. Un regard à gauche, un à droite. Il n’avait l’air d’y avoir aucun apothicaire à proximité. Soit le propriétaire de la boutique avait préféré fuir le danger, soit il s’était enfermé dans une réserve d’où il n’entendait pas les bruits à l’extérieur, soit… il était planqué, quelque part. Peu importait, tant qu’il ne se montrait pas, cela l’arrangeait, il n’avait de toute manière pas le temps de se poser de questions. Jayce se mit à fouiller avec frénésie parmi les fioles qui s’alignaient sur les étagères.

De son côté, Roy s’était laissé glisser contre un mur, trop épuisé pour rester debout. Son bras le faisait réellement souffrir, à présent. Mais ce n’était pas le plus dur. Le plus insupportable, c’était de se repasser toutes les images qu’il venait de voir, dont la présence était tellement vive et accentuée par les cris qu’ils entendaient encore dehors. Il n’arrivait pas à s’ôter de l’esprit l’image de sa cousine Eden dans le tumulte, de la jeune femme brune innocente qui était morte à ses pieds, des dizaines de femmes et d’enfants effarés, des victimes innocentes au sol. Du visage tâché de sang d’Andy McStay, de son regard vide quand il lui avait ôté la vie.

« Y a pas de l’essence de dictame dans ce foutu bazar à potions ? surgit soudain la voix de son associé. Mais comment ils rangent leurs trucs, sérieusement ?! »

Jayce s’interrompit quelques secondes dans ses recherches, le temps de tourner la tête vers son ami, dont il s’inquiétait du silence.

« Ca va ?
- …
- Hé, Roy ?
- Ca va, putain, finit par maugréer le trafiquant, d’une voix plus faible qu’il aurait voulu. C’est pas une blessure mortelle, arrête de paniquer.
- J’arrêterai de paniquer quand t’auras retrouvé ton teint épicé, mec, je te jure que tu fais peur à être aussi pâle.
- J’ai juste mal au crâne. »

C’était vrai, sa tête tambourinait à force de tourner en boucle toutes ces terribles images, il avait même envie d'en vomir. Roy ne savait pas quelle force le maintenait encore conscient. L’adrénaline des combats le quittait peu à peu, il ne ressentait que douleur, fatigue et lassitude, désormais. Et un mal-être comme il en avait rarement ressenti. Un bourbis de sentiments confus dont il peinait à faire le tri. Seule la crainte et la tension de n’être toujours pas tiré d’affaire l’aidait à maintenir un objectif clair, à ne pas craquer. Cela, ainsi que la présence de Jayce. Si Roy avait été seul à cet instant-là, il se serait peut-être effondré.

Jayce parut déceler le malaise silencieux de son ami. Il s’approcha de quelques pas, pour venir s’accroupir face au trafiquant, la mine voilée d’une inquiétude dont Roy préféra détourner le regard.

« Si tu peux transplaner…
- Je ne peux pas transplaner, Jay’, l’interrompit le trafiquant, d’un ton sans appel. Alors qu’il pouvait à peine tenir debout ?
- Alors… commença prudemment Jayce, sachant pertinemment que la suite n’allait pas lui plaire. Je devrais peut-être envoyer un Patronus à ta soeur ? Elle pourrait essayer de…
- Trouve plutôt cette foutue essence de dictame, ça suffira. C’est bon, on peut rester planqués ici encore quelques minutes. »

Donner sèchement ses ordres n’était sans doute pas la meilleure manière de convaincre Jayce, mais mêler Irina à ses ennuis était bien la dernière chose que souhaitait Roy. La situation était trop dangereuse, il préférait encore souffrir le martyre avec son bras plutôt que de lui demander de venir le soigner. Et prendre le risque qu’on fasse du mal à sa petite soeur ? Jamais. Il n’irait pas la voir, dans tous les cas. Comme toujours, Roy ne faisait que reporter le problème à plus tard, il allait forcément inquiéter sa famille. Il n’avait aucune chance pour que ce conflit ne soit pas retranscrit avec véhémence dans la presse, dès le lendemain.

Mais pour l’instant, il devait s’inquiéter de se sortir vivant d’ici, et si possible, pas derrière des barreaux. Le silence revint dans la pièce, tandis que Jayce retournait les tiroirs à la recherche de la potion qui pourrait abréger un peu les souffrances de son associé. Bientôt, le bruit d’une porte le fit rouvrir les yeux à Roy, qui dressa sa baguette presque compulsivement vers le nouvel arrivé. Ou plutôt… La nouvelle arrivée, qu’il n’eut pas de mal à reconnaître. De surprise, Roy écarquilla les yeux, mais ne baissa pour autant pas sa baguette. Tout juste eut-il un petit mouvement d’hésitation.

Par Merlin. Il n’était pas dans la bouse de dragon. Il savait pourtant que cette boutique appartenait à cette femme, elle le lui avait dit, trois mois plus tôt. Comment avait-il pu l’oublier ? A la réflexion, ce n’était pas si étonnant, Alexandra Fitz était complètement sortie de son esprit depuis qu’ils avaient pris l’heureuse et sage décision de ne pas se recroiser. Malheureusement, quelqu’un là-haut semblait mettre un point d’honneur à ce que leurs rencontres aient lieu malgré tout, et qu’elles se déroulent toujours dans les pires circonstances possibles…


Alexandra FitzAncien personnageavatar
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Le carnage, la fureur dévastatrice des hommes, leur folie meurtrière… Si Alexandra l’avait voulu, elle aurait pu disserter sur le sujet durant des heures mais son thème n’avait rien d’innovant… Malheureusement, elle avait face à elle une scène de guerre des plus classiques ni plus ni moins. En élisant Marchebank, elle avait naïvement espéré que les tensions qui régnaient dans le pays se calmeraient mais si sa politique était pour l’instant plutôt efficace dans le pays, Bristol, elle, avait explosé.

Les gangs s’étaient développés, on ne parlait plus que de cela entre commerçants et si certains restaient encore un peu sceptiques, Alex ne pouvait pas se voiler la face. Ses allées et venues dans l’allée des Embrumes pour rencontrer discrètement ses contacts mardoliens en déroute suite à l’arrestation de Mardol lui avait donné un bel aperçu de l’ambiance qui y régnait. Etonnamment, la chute de son mentor et le déclin de la cause pour laquelle elle se battait depuis cinq ans, celle-là même qui lui avait redonné goût à la vie, ne l’avaient pas laissée aussi abattu qu’elle ne l’aurait cru. Aujourd’hui, elle avait sa propre lutte, son association grâce à laquelle elle espérait pouvoir changer le monde, de façon un peu moins radicale que les Mardoliens, certes, mais de façon efficace, du moins l’espérait-elle.

Contrairement au Bloody Sunday, aujourd’hui n’était pas son combat et c’est bien tranquille derrière son comptoir, sans se douter le moins du monde de la réunion qui se tenait au Triton Ardent, qu’elle avait entendu les premières déflagrations de l’autre côté de la place. Puis, tout était allé très vite et la violence avait déferlé. Dans un instinct de survie, elle avait barricadé les portes et avait lancé les quelques sortilèges de protection qu’elle connaissait. Une fois encore sa faiblesse en sortilèges l’handicapait et alors qu’elle voyait à travers la vitrine, Karl, le vendeur de chaudrons, lancer une multitudes de sorts certainement très efficaces, elle n’était capable que de lancer les plus basiques, ceux qui servaient tout juste à protéger la vitrine des projectiles que lançaient parfois quelques jeunes étudiants éméchés.

Totalement choquée, elle avait passé un long moment à fixer sans la voir la violence qui se déchaînait sous ses yeux. C’était totalement irréel pour elle qui était dans sa calme boutique, qui recevait les bruits de façon assourdie. Son esprit n’arrivait pas à assimiler que ce qui se déroulait était réel, que l’arbre qui flambait était bien le même auprès duquel elle avait l’habitude de retrouver Clyde à la fin de ses journées de boulot pour aller prendre un verre ou rentrer chez elle.

Et puis, doucement, perfidement, d’autres images s’étaient glissées devant ses paupières, d’autres cris avaient remplacé ceux des passants de l’allée des douze chênes et l’air avait commencé à lui manquer. Les mains tremblantes, elle sentait de nouveau la foule la pressant, elle chutait de nouveau et les gens marchaient, marchaient, piétinant son visage, foulant son corps. Décomposée, Alex recula pour ne plus voir la violence, prise de panique, elle s’enferma dans la réserve et se mit à prier elle ne savait quelle divinité sorcière, moldue ou extraterrestre, peu lui importait du moment qu’elle restait en sécurité dans sa boutique.

Un fort craquement la fit violemment sursauter et tout son courage gryffondor disparut, tout ce qu’elle avait acquis durant ses années mardoliennes s’effaça, ne laissant plus qu’une jeune femme totalement paniquée dans le fond de son placard, comme une enfant se cachant des monstres sous son lit, sauf que tout était bien réel et le bruit de la rue la percuta avant qu’une voix d’homme ne lance des sortilèges de protections, bien plus qu’elle n’en connaissait. Si c’était des alliés, elle était désormais en sécurité mais si c’était des ennemis, elle était piégée dans son magasin aussi décida-t-elle de ne pas se montrer tout de suite.

Elle tendit l’oreille pour essayer de savoir à qui elle avait à faire et se concentrer sur une tâche lui permit de reprendre un peu ses esprits et de réfléchir plus efficacement. Apparemment il n’était que deux : un homme et une personne non-identifiée. Celle-ci paraissait blessée puisque l’autre remuait tous ses placards à la recherche d’essence de Dictame faisant grincer des dents Alex qui songeait au rangement qu’elle aurait à faire le lendemain. Continuer à penser comme si tout était normal était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour ne pas paniquer en songeant à ce qui se déroulait réellement et aux répercussions que cela aurait.

Il lui fallait désormais prendre une décision, s’ils n’étaient que deux et que l’un d’entre eux était blessé, elle pourrait sans doute s’en sortir, elle avait sa baguette et connaissait parfaitement son magasin et l’emplacement des ingrédients les plus corrosifs. Alors elle se redressa sans bruit, inspira un bon coup, essuya tant bien que mal les traces de larmes qui striaient ses joues et tourna la poignée.

La première chose qu’elle perçut fut le mouvement de baguette défensif auquel elle répondit de la même façon. Ce n’est qu’ensuite qu’elle vit le visage de l’homme au sol. Calder. Roy Calder. Le dealer de pacotille. Que faisait-il ici dans sa boutique à moitié en sang. Elle eut vite fait de faire le lien alors qu’un sort venait s’écraser sur la vitrine qui tint bon grâce aux sortilèges récemment lancés. Une guerre de gang, un dealer de la Voie des Miracles, ce n’était pas bien compliqué de comprendre pourquoi il se vidait de son sang sur son plancher. C’était normal, logique et cela n’expliquait pas le choc qu’elle ressentait.

C’est en croisant les yeux bruns écarquillés qu’elle comprit. Cet homme n’était pas Roy Calder ou tout du moins il n’était pas celui qu’elle connaissait. Cet homme ne débordait pas de suffisance comme lors de leur première rencontre dans la Voie des Miracles. Cet homme ne transpirait pas la fierté comme lorsqu’elle l’avait trouvé seul et blessé dans la cafétéria de Sainte-Mangouste suite au Bloody Sunday. Cet homme ne l’avait pas attaqué d’une pique agaçante comme il aurait logiquement dû le faire. Cet homme était au sol, recroquevillé sur lui même, paraissant encore plus petit qu’habituellement. Cet homme était perdu, brisé. Et Alexandra le trouva touchant. Pour la première fois, elle trouva Roy Calder humain.

Alors elle aussi changea. Elle ne pouvait pas lui balancer ses quatre vérités à la figure et le jeter dehors comme elle l’aurait sans doute fait la veille. Sans un mot, elle se dirigea vers une étagère à gauche du magasin et revint avec un flacon dans les mains :

« Essence de dictame »

Et ce n’est qu’à cet instant qu’elle regarda l’autre homme, celui qui avait ramené Calder ici, celui qui avait protégé les lieux. Elle lui confia le flacon pour qu’il soigne son ami ? Collègue ? Complice ? Elle ne connaissait les liens qui les unissaient.

Elle ne dit rien tout d’abord, observant l’effet de la potion sur le bras blessé. Il avait été vraiment amoché mais elle n’allait certainement pas lui demander comment, ça ne l’intéressait pas et lui n’avait sûrement aucune envie de lui répondre. Après tout, il était arrivé blessé ici, elle l’avait soigné, elle n’allait tout de même pas le réconforter. Néanmoins, elle ne pouvait rester là sans rien dire et le silence commençait à devenir pesant.

Une nouvelle déflagration retentit tout près et Alex entendit crier. Elle ferma brièvement les yeux avant d’ouvrir la bouche :

« Il faut qu’on se mette à l’abri. Vous pensez que les sortilèges seront suffisants pour résister à tout ça ou il vaut mieux tenter le tout pour le tout et sortir ? »

Elle ne put empêcher sa voix de trembler sur ces derniers mots. Elle ne voulait pas sortir. Elle voulait rester là, dans sa boutique. Qu’importe la compagnie, elle était en terrain connu et surtout elle n’était pas dans l’horreur du monde extérieur.  


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Dernière édition par Roy Calder le Sam 18 Oct 2014 - 16:40, édité 1 fois
Le temps pendant lequel ils restèrent à se défier de leur baguette parut interminable à Roy. Il tentait d’évaluer ce qu’il risquait, à priori pas grand-chose, sinon Alexandra aurait déjà ouvert le feu, ou au moins, leur aurait demandé ce qu’ils faisaient lui et Jayce dans sa boutique. Cela aurait été parfaitement légitime. Ils avaient tout l’air de voleurs, même si Jayce avait ôté ses mains du tiroir où il était en train de fouiller avant que Fitz n’arrive, c’était trop tard, elle avait eu le temps de tirer ses conclusions. Ils étaient les intrus, les fautifs. Pour autant, Roy ne comptait pas se faire chasser de cet asile inespéré. Le regard qu’il vrillait dans celui d’Alexandra paraissait défiant, mais en y prêtant bien attention, on pouvait y déceler une lueur d’appréhension. Tout dépendrait de la réaction de l’apothicaire. Il n’avait pas envie de faire d’autre victime, c’était comme si, de son simple regard, il souhaitait la dissuader de l’agresser. Sensible à l’électricité dont l’atmosphère se chargeait, Jayce crut bon de tempérer la situation. Il se tourna vers Alexandra, les mains en avant, puis prit la parole, avec le ton hésitant de celui qui cherchait les bons mots :

« Ecoutez, je sais qu’on a l’air de deux voyous comme ça -ce qu’ils étaient- mais c’est la folie dehors, on cherchait simplement un abri. On ne compte pas vous faire de mal, d’accord ? Tout peut très bien se passer si vous baissez votre baguette… »

Jayce n’eut pas à chercher davantage d’arguments. Roy n’était même pas sûr que Fitz l’ait entendu, elle avait l’air plongée dans ses pensées, et lui soutenait simplement son regard… Jusqu’à ce qu’elle finisse par détourner le sien. Soulagé, mais surtout interloqué, Roy baissa lentement sa baguette, sans cesser d’être sur ses gardes, cependant. On ne savait jamais. Mais ce qu’Alexandra alla chercher dans son étagère lui fit comprendre qu’elle avait décidé de les aider. Il échangea brièvement un regard avec Jayce, comprit qu’il était tout autant étonné que lui de ce revirement de situation. Ils n’avaient pas le temps d’interroger le pourquoi du comment. Et puis elle pouvait toujours changer d’avis.

Alors Jayce ne perdit pas de temps. Il s’empara du flacon puis revint vers Roy, qu’il aida à retirer sa veste. D’un coup de baguette, il déchira sa manche. Ce fut seulement à ce moment-là que Roy constata, avec une grimace, l’étendue de sa blessure. Une longue et profonde écorchure, qui avait rougi toute son épaule. L’essence de dictame le brûla, mais les effets magiques furent visibles à vue d’oeil. Sa chair se résorba en quelques secondes, bientôt, il ne resta plus qu’une cicatrice, qui disparaîtrait sans doute, avec un peu de chance. La potion avait seulement guéri sa blessure en surface, Roy restait affaibli et pâle de tout le sang qu’il avait perdu, des coups qu’il s’était pris. Il appuya son arrière-crâne sur la cloison contre laquelle il s’était assis, fermant les yeux pour se laisser le temps de récupérer. Jayce nettoyait avec sa baguette le sang qui était resté, lorsque le bruit d’une explosion les fit sursauter tous les trois.

L’intervention d’Alexandra tint les deux trafiquants silencieux, l’espace de quelques secondes. Jayce réfléchissait à sa question. Roy, quant à lui, venait de remarquer quelque chose de différent. Seulement maintenant, il prêtait attention à la jeune femme, il avait l’impression de la voir sous un tout autre jour que celui où il l’avait toujours vue. Certes, il ne l’avait rencontrée que deux fois, c’était peu pour connaître une personne, mais assez pour se faire une idée. Alexandra Fitz était hargneuse, fière et têtue, à un niveau assez élevé pour en devenir agaçante. Voilà ce qu’il avait retenu. La débâcle au-dehors avait transformé cette Alexandra en une femme soucieuse, qui se faisait toute petite. Avec ses yeux un peu rougis, sa voix plutôt tremblante, il n’était pas difficile de deviner qu’elle avait pleuré. De panique, certainement. Compatir, il n’en était pas à là, mais Roy pouvait comprendre, au moins.
 
« J’ai fait le strict minimum, finit par avouer son associé, en désignant ses charmes de protection. Ca peut tenir encore quelques minutes face aux attaques, mais si quelqu’un essaye de forcer l’entrée, pour un peu que ça soit un bon sorcier, il pourra percer facilement. »

Sur ce constat, Jayce s’arrêta quelques secondes, son regard posé avec une certaine insistance sur Alexandra. C’était l’un de ses regards sondeurs qu’il affichait lorsqu’il voulait jauger quelqu’un, par nature, il avait toujours été un homme méfiant, presque trop prudent. Roy préféra l’interrompre. Ils n’avaient plus le temps de prendre des pincettes. D’ailleurs, une certaine impatience transparaissait dans son ton, une impatience pas dirigée vers Alexandra, mais plutôt vers tous ces évènements qui échappaient à leur contrôle.

« Non, on ne va pas sortir. D’une, on risquerait notre vie, de deux, c’est bourré d’Aurors et… On n’a pas tellement envie de se faire chopper, conclut le trafiquant, après un bref échange de regard avec son acolyte. Que Fitz sache pour ses activités l’avait toujours indifféré, aujourd’hui, cela allait lui éviter de gaspiller de la salive. Il vrilla son regard dans celui d’Alexandra, sans ciller. A votre place, s’il y a une pièce plus sûre ici, j’y resterais enfermée en attendant que ça passe. Mais nous, on doit s’en aller. Les Aurors vont boucler la zone, si ce n’est pas déjà fait, pour essayer d’attraper un maximum de personnes. »

Son état était encore trop précaire pour qu’il puisse transplaner, il avait déjà du mal à se relever, mais leur temps était compté…

« Vous avez une Cheminette ? »

Le plus simple était de prendre la fuite par là, pour eux, en tout cas.


Alexandra FitzAncien personnageavatar
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Un instant elle y avait cru, elle avait pensé que l’intrusion des deux hommes aurait au moins eu le bénéfice de protéger sa boutique mieux qu’elle ne pouvait le faire mais le comparse de Roy n’avait fait que le « strict minimum ». Bon sang, ce n’était pas suffisant le strict minimum face à ce qui se passait dehors ! Alex s’apprêtait à lui en faire la remarque lorsque l’explosion eut lieu.

Elle se recentra alors sur le plus urgent : sauver leur peau.  Et ses chances venaient de chuter brutalement depuis l’entrée des deux hommes. Il y avait des risques qu’on les ait vu entrer et elle n’avait pas franchement envie de voir débarquer des assaillants en quête de vengeance. Et paradoxalement, elle n’avait pas vraiment envie de voir débarquer les aurors, venir en aide à un type comme Roy ne devait certainement pas être bien vu dans leurs bureaux et Alex n’avait vraiment pas envie d’être fichée au Ministère.

Deux options s’offraient donc à elle : signaler la présence de Roy dans sa boutique ou se rendre complice d’un homme qu’elle n’appréciait pas et qui trempait dans des affaires louches. La raison aurait voulu qu’elle choisisse la première solution mais sa conscience l’empêchait de livrer un homme étant venu se réfugier chez elle avec le bras en sang, un homme qu’elle connaissait surtout, même si elle ne l’appréciait pas.

Il était vrai qu’Alex n’était pas blanche comme neige non plu, elle n’allait pas jusqu’à dire qu’entre utilisateurs de la Voie des Miracles on se soutenait mais elle ne pouvait pas tout à fait réfléchir comme une citoyenne modèle. Et puis, elle n’était même pas sûre que ce geste sauverait sa vie. C’était la folie dehors et elle risquait aussi bien d’attirer un ennemi de Roy ou même un allié qui souhaiterait le venger. Le plus sage était sans doute de collaborer mais pour l’instant elle devait en savoir plus sur ce que souhaitaient ces deux hommes.

Roy avait au moins le mérite d’être clair et elle lui en était reconnaissante, elle n’avait pas envie de perdre son temps en phrases à double-sens. Un instant, Alex eut envie de l’écouter, se planquer dans un coin et attendre que ça passe mais avant cela elle devait régler le problème Calder et c’était bien plus compliqué qu’il ne semblait le penser. Elle grimaça légèrement en s’expliquant :

« Nous avons une Cheminette pour nos livraisons mais elle n’appartient pas à la boutique. C’est une Cheminette commune qui est gérée par l’association des Commerçants de Bristol, la CB, cela réduit les frais liés à son entretien et nous permet d’avoir en plus un espace grand et couvert pour faire nos livraisons. Elle est située derrière ma boutique, pour y accéder, on va devoir traverser la rue des Cafards. Vous avez quand même de la chance, vous êtes du bon côté de la rue. »

Elle laissa quelques secondes aux deux hommes pour assimiler ces nouvelles informations et pour réfléchir à la meilleure solution :

« Je ne peux pas vous dire dans quel état sera la rue, il risque d’y avoir des gens tentant d’échapper aux affrontements. Le plus sûr est peut-être d’attendre un peu ici ? Enfin, si vous pouvez tenir jusque-là, ajouta-t-elle en jetant un coup d’œil à Roy qui était toujours très pâle. »

Il semblait qu’elle avait définitivement pris sa décision, elle allait aider ce dealer de pacotille… Mais il lui restait un dernier point à mettre au clair :

« Par contre, si je vous aide, je suis obligée de vous accompagner pour vous ouvrir l’entrepôt ce qui signifie que je vais devoir abandonner la boutique. J’aurais besoin que vous renforciez les sorts de protection sur la vitrine. »

Elle n’allait quand même pas les aider totalement gratuitement si elle pouvait y trouver un petit dédommagement.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Elle avait bien une Cheminette à disposition. Cependant, il fallait sortir pour l’atteindre. Roy grimaça légèrement, il aurait préféré que les choses soient plus simples, mais il semblait qu’il lui faudrait galérer jusqu’au bout. Au moins, il avait trouvé quelqu’un pour l’aider, même si l’idée qu’Alexandra Fitz puisse lui être utile un jour ne lui aurait jamais traversé l’esprit. Roy secoua la tête en signe de dénégation quand elle leur proposa d’attendre un peu.

« Plus on attend, et plus on prend des risques. Et puis, les Aurors ne sont sûrement pas allés jusque là. »

Après tout il devait y avoir suffisamment à faire dans l’Avenue des Douze Chênes. Mais il parlait pour lui, Alexandra devait bien se moquer de la présence d’Aurors ou pas. Elle fit remarquer à juste titre qu’elle prenait des risques aussi à laisser sa boutique toute seule. Roy échangea un regard avec Jayce au moment où elle leur demanda de lancer d’autres charmes de protection sur le lieu. Il n’était personnellement pas dans le meilleur état pour s’exécuter, et de façon générale, Jayce était une meilleure baguette que lui. L’inquiétude de Fitz était légitime, mais Roy préférait que cela soit vite réglé, qu’ils puissent sortir.

« Je m’en occupe. » déclara son ami.

Jayce fit quelques pas vers la devanture, laissant quelques secondes Roy et Alexandra seuls. Le trafiquant conserva le silence, mais ses yeux lançaient de brefs regards en coin à la jeune femme. Etrange, la situation était sensiblement la même que la dernière fois, quand ils s’étaient rencontrés à Sainte Mangouste. Une situation exceptionnelle où ils s’étaient trouvés forcés de faire la conversation. Cette fois, Roy n’avait pas envie de parler, Fitz non plus, à voir son visage pâle et inquiet, ses traits tirés par les larmes qu’elle avait du verser. Pourtant, il sentait qu’il devait dire quelque chose. La remercier, pour commencer, mais les mots ne voulaient pas sortir. Roy était retenu par une espèce de sentiment de déconcertation qui l‘empêchait de comprendre ce qui lui arrivait. Il avait failli mourir dehors. Il avait tué quelqu’un. Et à présent, il se trouvait en présence d’une femme qu’il n’appréciait pas, mais qui avait été sa seule main tendue. C’était étrange, dérangeant de se dire qu’il lui devrait probablement la vie s’il réussissait à s’en sortir, alors qu’il n’avait rien fait pour mériter cela de sa part. Sans bouger d’un pouce vers elle, Roy finit par s’enquérir, avec une certaine hésitation :

« Ca va ? »

La question était bête, peut-être même malvenue, mais c’était la seule phrase que Roy avait trouvée pour meubler le silence. Pour faire croire qu’il s’inquiétait, à défaut de pouvoir dire merci.


Alexandra FitzAncien personnageavatar
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Alex aurait dû s’en douter, les deux hommes préféraient fuir au plus vite. Elle n’était pas certaine que ce soit la meilleure solution, en fait, il n’y avait sans doute aucune bonne solution dans leur situation. Elle décida donc de les laisser prendre leur décision, après tout, il s’agissait de leur vie. Elle en profita toutefois pour leur demander de sécuriser sa boutique. Si ils parvenaient à atteindra la Cheminette sans dégât, elle n’allait certainement pas faire le chemin inverse pour venir protéger sa boutique, cela n’aurait aucun sens. Elle préférait donc faire le maximum avant de fuir elle aussi.

Logiquement, c’est le comparse de Calder qui s’y colla, le trafiquant n’était clairement pas en état de jeter des sorts. Alex se retrouva donc à ses côtés près du comptoir alors que l’autre homme s’était dirigé vers la vitrine. Elle se sentait un peu idiote, elle ne savait que dire à l’homme qui était affalé à ses pieds, le visage pâle. Elle hésita un instant puis finit par se laisser glisser contre le comptoir, toutes ces émotions la laissait fébrile et ainsi elle ne voyait plus ce qu’il se passait dans l’Allée des Douze Chênes.

Le silence était retombé dans la boutique à la fois pesant et réconfortant. Une bulle qui les protégeait de la terreur extérieure. Néanmoins Alex restait fébrile, elle savait qu’ils n’en avaient pas fini et qu’ils allaient bientôt devoir affronter la rue. La tête rejetée en arrière, les traits tirés, les yeux fermés, elle tentait de se calmer, elle allait avoir besoin de toutes ses capacités. Nerveusement, ses doigts tapotaient sa jambe droite qui se rappelait encore plus souvent à son bon souvenir depuis le Bloody Sunday. Elle était en train de se remémorer sa fuite lors de l’attentat du London Eye pour se convaincre qu’elle pouvait échapper aux aurors, qu’elle l’avait déjà fait, lorsque Calder prit la parole.

Elle ouvrit les yeux et redressa la tête, un peu surprise par son intervention, elle était persuadée qu’il n’allait pas lui adresser la parole jusqu’à ce que son acolyte revienne et encore moins pour lui demander comment elle allait. Un instant, elle se demanda s’il ne se moquait pas d’elle et de ses larmes séchées alors qu’elle était restée bien au chaud dans sa boutique contrairement à lui. Cependant, une légère hésitation dans son ton lui fit comprendre qu’il était peut-être bien sincère. Elle réfléchit tout de même quelques instants avant de lui répondre :

« Pas franchement mais ça pourrait être pire, je suppose… C’est un tel carnage dehors… »

Elle soupira et ferma brièvement les yeux. Elle finit par lui jeter un coup d’œil et par se lancer à son tour, après tout, il avait fait un premier pas vers elle, c’était son tour :

« Et toi ? Ca va aller ? »

Inconsciente du fait qu’elle était subitement passée au tutoiement, elle songeait plutôt à la formulation de sa question. Elle avait préféré ne pas lui demander comment il allait puisqu’il était évident qu’il n’allait pas bien. Et c’est d’une oreille étonnamment attentive qu’elle écouta sa réponse.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Comme pour le Bloody Sunday, c’était le genre de situation d’urgence où l’on se sentait prêt à entraider des personnes que l’on préférait ignorer le reste du temps. Dans d’autres circonstances, Fitz ne l’aurait jamais aidé, Roy en était conscient. Pourquoi fallait-il toujours qu’il la croise dans de pareils moments ? Ils demeuraient là, assis contre un comptoir l’un à côté de l’autre, en silence, mais l’accalmie était encore loin. Roy hocha la tête en l’entendant parler du carnage, à l’extérieur. Oui, ils entendaient encore quelques cris et bruits de sortilège. Il ne serait question que de quelques minutes avant que les Aurors ne rétablissent l’ordre. Quand les renforts arriveraient, tout serait très vite réglé et Roy espérait bien être loin de Bristol, quand cela arriverait.

Il tourna sa tête vers l’apothicaire quand sa voix s’éleva de nouveau pour lui retourner la question. Il fut un peu surpris de l’entendre le tutoyer, à son souvenir, ils se vouvoyaient la dernière fois. Pas la première, dans la Voie des Miracles. Il se souvenait qu’elle avait dit quelque chose comme « C’est un peu bizarre de vouvoyer quelqu’un qu’on insulte » pour se justifier, par la suite. C’était inconscient, en somme, là aussi, sauf que cette fois, Roy ne voyait pas bien ce qui lui avait fait croire que le tutoyer serait plus naturel. Considérait-elle qu’ils venaient de passer à autre chose, en lui apportant de l’aide ? A une espèce de proximité ? Roy chassa rapidement ces considérations sans importance de son esprit. Il ne savait pas pourquoi il était attentif à ce genre de détails inutiles, surtout dans une pareille situation.

« Faut bien. » se contenta t-il de répondre.

Il sentait l’attention de la jeune femme sur lui, quelque part, il aurait préféré qu’elle se montre aussi froide et sèche qu’il l’avait toujours connue. Il avait l’impression de lui inspirer de la pitié. Comment faire autrement ? Il avait débarqué en sang dans sa boutique, il ne payait pas de mine avec ses vêtements déchirés, son teint pâle. Il ne paraissait pas seulement vulnérable, il l’était, et il n’aimait pas que quelqu’un soit là pour le remarquer.

« Ca ira quand je serai loin d’ici » conclut-il, en détournant son regard d’elle.

Il fixa les yeux face à lui, sur Jayce, qui achevait ses charmes de protection, pour que personne d’autre ne puisse entrer. C’était plutôt étonnant, la façon dont eux deux avaient pénétré dans la boutique, sans difficulté, finalement, et comme la boutique leur avait paru désertée. Roy prêtait attention à d’autres détails, à présent qu’il pouvait réfléchir. Ils avaient cru que le propriétaire avait quitté les lieux, mais ils s’étaient trompés. Pourtant, Fitz leur avait bien laissé cinq minutes avant de sortir de l’endroit où elle s’était cachée. Premier point étrange. Second point, elle était là, toute seule, et elle comptait sur eux pour assurer sa protection. Il tirait sans mal la conclusion qu'elle ne savait pas lancer des sortilèges de protection efficaces, si elle se reposait sur eux pour le faire, mais dans ce cas-là, Roy ne comprenait pas pourquoi elle n'avait pas pris la fuite. Il comprenait qu’elle n’ait pas eu envie d’abandonner la boutique au carnage, mais n’importe quel commerçant sensé aurait préféré sauver sa vie. Mais Fitz avait choisi l’étrange option de ne rien faire, de rester simplement cachée, inactive. Tétanisée, sans doute. Inconsciemment, le tutoiement lui vint aussi, quand il finit par demander :

« Pourquoi tu n’as pas quitté ta boutique ? Quand tu as entendu les cris dehors ? »


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La réponse de Calder fut plutôt succincte et Alex se sentit de nouveau un peu idiote. Voilà, ils s’étaient demandés comment ils allaient, et maintenant ? Devaient-ils de nouveau laisser le silence prendre le dessus ou tenter d’engager une véritable conversation ? Lancer une conversation, pourquoi pas, mais pour dire quoi ? Elle ne connaissait rien de Roy, ou plutôt elle en connaissait trop sur ses activités pour pouvoir lancer une discussion insouciante. De toute façon, ce n’était ni le lieu ni le moment, songea-t-elle en entendant quelqu’un crier non loin.

Alex s’était résignée à se taire lorsque Calder intervint de nouveau et curieusement, sa réponse vexa la jeune femme. « Loin d’ici » voulait très certainement dire loin des affrontements qui avaient lieu dans la rue mais dans un premier temps elle avait compris loin d’elle. Elle savait très bien qu’il ne l’aimait pas et ce n’était un secret pour personne, elle ne pouvait pas supporter ce dealer de pacotille à l’égo démesuré, cependant elle aurait aimé avoir un peu plus de reconnaissance. Après tout, elle risquait beaucoup en l’aidant, elle mettait sa vie en danger et aurait sans doute mieux fait d’appeler les aurors plutôt que de s’embêter. Alors bien sûr, il voulait fuir au plus vite, c’était normal mais elle aurait préféré qu’il lui montre un petit signe de gratitude plutôt que de lui répondre par monosyllabe en cherchant manifestement à éviter son regard.

Vexée, elle se mura dans le silence, de toute façon, elle n’avait rien à dire, rien à lui dire. Elle regarda l’autre homme lancer une série de sortilèges de protection avec une pointe de jalousie, elle n’était même pas fichue de protéger sa boutique… De nouveau, elle tapotait ses doigts contre sa cuisse droite mais cette fois-ci plus d’agacement que d’anxiété. Elle avait désormais hâte de sortir d’ici, elle voulait quitter sa boutique, rentrer chez elle et oublier au plus vite qu’elle avait aidé Roy Calder à sauver ses fesses. Enfin, ils n’en étaient pas encore là.

Lorsque Calder brisa contre toute attente le silence de la boutique, Alex darda sur lui un regard noir. En quoi cela le regardait-il ? Et surtout pourquoi s’en souciait-il ? Il n’aurait pas pu faire comme d’habitude, ne pas réfléchir et se taire ? Non, il avait fallu qu’il mette le doigt sur des choses qu’Alex n’avait certainement pas envie de partager avec lui. Néanmoins, il attendait une réponse et Alex préférait éviter d’entrer dans une dispute aujourd’hui, alors elle prit sur elle et répondit d’un ton un peu agacé :

« J’ai pas eu le temps… Le temps de comprendre ce qu’il se passait et il était trop tard. La rue était en panique, j’ai lancé quelques sorts et je me suis planquée. »

Pas la peine d’entrer dans les détails. Inutile de lui dire qu’elle avait passé un temps fou à essayer de se souvenir de sortilèges de protection un peu plus évolués que ceux qu’elle utilisait quotidiennement sans grand succès. Inutile de lui dire qu’elle avait été totalement paralysée par ce qui se passait dans la rue et qu’elle avait préféré s’enfermer dans sa réverse pour pleurer hystériquement en tentant de repousser les souvenirs du Bloody Sunday. Non, tout cela ne le regardait pas.

Elle devait changer de sujet si elle ne voulait pas se retrouver avec des questions encore plus ennuyantes. Il lui fallut toutefois un long moment avant de trouver une question qui ne soit pas « Qu’est-ce que tu faisais là ? » ou encore « Es-tu responsable de ce carnage ? ». C’est un entendant le murmure d’un sortilège qu’elle sut :

« Qui est-ce ? lança-t-elle en désignant l’autre homme d’un geste de la main. Un ami à toi ? »

Elle espérait que cette question-ci, au moins, n’était pas trop polémique parce qu’avec le peu qu’elle connaissait de Roy – et le peu qu’elle avait envie de savoir sur lui – leur conversation n’allait pas faire long feu.


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Roy resta silencieux après la réponse de l’apothicaire. Il sentait dans son ton qu’elle était agacée. Il s’était peut-être montré trop curieux en lui posant cette question. Néanmoins, composer avec les susceptibilités d’Alexandra Fitz était bien la dernière de ses préoccupations, aussi n’ajouta t-il rien. Ni pour s’excuser -elle ne lui avait rien reproché, après tout- ni pour relancer la conversation. Ses pensées continuèrent de vagabonder. C'était tout de même louche, ils n'avaient pas rencontré de difficultés pour rentrer. Ses sortilèges n'avaient rien eu d'efficace. Elle était peut-être Cracmole et avait honte de l’avouer ? Il était étrange de se mettre à réfléchir sérieusement sur des détails si futiles dans une telle situation, mais faire des suppositions sur Alexandra était la seule chose qu’il avait pour éviter de trop penser au carnage, dehors.

La question qu’elle lui posa à propos de Jayce le fit de nouveau tourner la tête vers elle. Il ne répondit pas immédiatement. Non qu’il refusait de lui fournir sa réponse, mais il était toujours un peu dérangé par l’étrangeté de la situation. Si on lui avait dit qu’un jour il se trouverait à papoter tranquillement avec cette femme… Il prit la parole, avec un léger soupir :

« Oui. C’est mon associé aussi, Jayce. On était à Gryffondor ensemble. » Voilà, il ne savait pas quoi ajouter de plus. Il n’allait pas lui raconter toute leur vie non plus. Une question pour elle, peut-être. « Et toi tu travailles ici toute seule ? »

Il eut tout juste le temps d’avoir la réponse d’Alexandra, avant que Jayce ne revienne vers eux et n’interrompe leur petite conversation improvisée :

« C’est bon, avec ça, la boutique peut tenir un bon bout de temps. Je vous conseille de ne pas rester ici, quand même, on ne sait jamais » précisa t-il à l’adresse de la propriétaire des lieux.

Roy s’était tant bien que mal levé en le voyant arriver. Il se tenait prêt pour sortir d’ici. Il tendit une main vers Alexandra toujours contre le comptoir, dans la proposition de son aide silencieuse. Et d’une trêve aussi, quelque part.


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Un instant, Alex crut que Calder n’allait pas lui répondre mais il finit par lui en révéler un peu plus sur ce fameux Jayce. Alors comme ça lui aussi avait été dans sa maison, elle n’avait pourtant aucun souvenir de lui. Enfin, si, peut-être mais rien de bien frappant. Elle n’eut pas l’occasion de se poser d’autres questions au sujet de Jayce car Calder la relançait déjà. Finalement, ils semblaient capables de tenir une conversation civilisée sans se taper dessus.

« Je m’occupe de la boutique aux côtés de Charles Mickleburgh, c’est mon patron mais il commence à se faire vieux et a besoin de quelqu’un pour l’aider à tenir le commerce. Il me forme en quelque sorte. »

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle lui confiait tout ça, elle aurait pu se contenter d’une réponse succincte et ne pas lui confier ses projets d’avenir mais elle avait sans doute besoin de parler pour ne pas réfléchir à la situation dans laquelle ils étaient. Pourtant, le retour de Jayce lui redonna bien vite le sens des priorités.

A ses côtés, Calder s’était péniblement relevé. Elle s’apprêtait à en faire de même lorsqu’elle aperçut la main tendue. Elle leva vers l’homme un regard surpris. Elle aurait très bien pu se relever seule sans aucun souci, c’était plutôt lui qui aurait eu besoin d’aide et pourtant, il était là, tendant sa main vers elle comme si c’était le geste le plus naturel du monde. Elle n’était pas dupe, c’était une façon de la remercier pour l’aide qu’elle leur offrait, c’était une façon de faire une trêve, de sceller ce moment étrange. Alors, elle tendit sa main et empoigna fermement celle de Roy.

La main était étonnamment chaude, réconfortante pour elle qui était restée à trembler durant de longues minutes. Elle n’était pas seule dans ce pétrin. Lors du Bloody Sunday, c’était Irving qui lui avait tendu la main, aujourd’hui c’était Roy… Et si elle n’oubliait pas qui il était, elle appréciait tout de même de ne pas être seule. Elle se releva et lâcha la main du dealer pour se tourner vers son collègue :

« Merci. Vous avez raison, il ne faut pas nous attarder plus longtemps. Je vous accompagne. »

Elle se dirigea d’un pas qu’elle espéra déterminé vers l’arrière de la boutique et déverrouilla d’un sort la porte donnant dans la rue des Cafards. Elle respira un bon coup et la poussa d’une main tremblante.

Dans la ruelle habituellement calme et déserte résonnait le bruit des affrontements qui faisaient rage dans l’allée des douze chênes. Des habitants la traversait en courant, affolés, quelques sorts crépitaient… Même ici… Elle jeta un regard inquiet vers les deux hommes et désigna la porte d’un entrepôt à leur droite.

« C’est ici. Il faut qu’on traverse rapidement sans se faire repérer. Une fois là-bas, je déverrouillerai la porte. On entrera et je refermerai derrière nous. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’on doit être discret ? On n’a pas besoin d’un mouvement de foule à gérer. »

Une fois ses explications terminées, elle jeta un regard en arrière dans l’attente de la réaction des deux hommes.


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Sa main à elle était froide, Roy put sentir qu’elle était encore fébrile. Il se prit à vouloir lui passer un peu de soutien dans cet échange bref. Non par pitié, mais par… réelle envie de la réconforter un peu, aussi étonnant cela soit-il. N’étaient-ils pas tous les deux dans la même galère ? Ce contact disparut trop vite pour qu’il ait le temps de réellement y penser. Bientôt, ils revinrent à leurs préoccupations. Jayce et Roy suivirent l’apothicaire jusque l’arrière boutique. Lorsqu’Alexandra ouvrit la porte et s’avança de quelques pas précautionneux, ils dégainèrent machinalement leurs baguettes. Aux commentaires de la jeune femme, ils hochèrent la tête d’un même geste. Le plan était simple et réalisable. Il suffisait simplement qu’ils se dépêchent.

« J’irai devant, restez derrière moi. »

Jayce passa en tête de leur petit groupe, tandis que Roy resta derrière Alexandra, à couvrir leurs arrières. Ils n’avaient qu’une rue à traverser, mais on n’était jamais trop prudents. Roy n’avait pas manqué le petit sortilège informulé qu’elle avait utilisé pour ouvrir la porte tout à l’heure, démentant ses théories : Fitz n’était pas Cracmole. Mais elle n’avait pas l’air à l’aise avec l’idée de se défendre dans des combats. Quoiqu’il en soit, c’était par leur faute qu’elle se trouvait à prendre des risques, ils lui devaient bien de la protéger pendant l’opération.

Ils parvinrent à la porte du local sans encombres. Les deux trafiquants laissèrent Alexandra s’occuper de leur ouvrir l’accès et reprendre la tête de la procession, pour les mener jusqu’à la Cheminette. Ils devaient fuir vers une autre ville que Bristol, dans un abri sûr, là où on ne leur poserait pas de question… Pour Roy, la réponse était évidente. Il déclara à l’adresse de Jayce :

« Allons chez Klemens. Son ami hocha la tête et parut attendre qu’il pénètre dans l’âtre, mais Roy ajouta, après une demi-seconde d’hésitation : Vas-y le premier, je te rejoins. »

Jayce, qui sembla comprendre ce à quoi il pensait, ne broncha pas. Il saisit une poignée de poudre puis disparut, derrière une colonne de flamme vertes. Roy lui emboîta le pas, mais avant de franchir le seuil de la Cheminette, il se tourna brièvement vers Alexandra.

« Merci pour ça. On… ne l’oubliera pas. »

Il hésita à ajouter quelque chose, mais se ravisa. Les remerciements n’étaient pas vraiment son fort. Pourtant, ils étaient sincères. Ce n’était pas vraiment le moment de s’y épancher, de toute manière. Il avait d’autres priorités pour l’instant. Il se promit toutefois de revenir à l’occasion, dès qu’il pourrait, pour la remercier de façon plus correcte. Ce fut la dernière pensée qu’il eut, en même temps que sa dernière image de la jeune femme, avant de disparaître dans un tourbillon de flammes, et de se tenir prêt à retrouver Klemens.
FIN POUR ROY


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Lorsqu’Alex se retourna elle découvrit que les deux hommes avaient dégainés leur baguette et se sentit étonnement rassurée. Ils semblaient l’avoir écouté attentivement et se contentèrent d’hocher la tête avant que le comparse de Roy ne prenne la parole et par la même occasion le commandement des opérations. Il se glissa devant Alex et celle-ci se retrouva coincée entre les deux malfrats. Juste avant qu’ils ne s’élancent dans la rue, Alex jeta un petit coup d’œil à Roy, son visage semblait déterminé et c’est un peu plus sûr d’elle qu’elle s’élança dans la rue des Cafards.

La traversée se fit sans encombres, ils passèrent totalement inaperçus au milieu de la pagaille. Alex se retrouva devant la porte de l’entrepôt. Elle jeta un regard à droite et à gauche pour s’assurer que personne ne prêtait attention à ses faits et gestes puis elle déverrouilla la porte. Les trois rescapés se glissèrent dans l’entrepôt obscur qu’Alex s’empressa de refermer et d’éclairer.

Autour d’eux s’étendaient quelques marchandises pas encore déballée, regroupées en fonction de la boutique à laquelle ils appartenaient. Et dans le fond, la cheminée. Ils s’en approchèrent d’un pas pressé, Alex n’avait plus qu’une seule envie : en finir avec cette journée cauchemardesque et rentrer chez elle.

Elle laissa les deux hommes organiser leur retraire chez un certain Klemens. Jayce s’en alla le premier sous les ordres de Roy sans qu’Alex ne comprenne tellement pourquoi. Il disparut dans les flammes vertes et Roy s’empressa de le suivre. Sans qu’elle ne s’y attende, Roy se retourna vers Alex au dernier moment pour la remercier d’un ton presque hésitant, Alex le fixa dans les yeux puis il disparut.

Les yeux toujours fixés sur la Cheminette désormais vide qui s’éteignait, Alex était un peu abasourdie. Elle se sentait seule tout à coup et ne comprenait plus bien ce qu’elle faisait là. Un frisson la parcourut alors qu’elle entendait le claquement d’un sort échoué sur la tôle de l’entrepôt. Elle s’empara d’une poignée de poudre de Cheminette et la lança :

« 21 Promenade des Marins »

Alex ferma les yeux le temps du transports et ne les rouvrit que lorsqu’elle fut stabilisée. Sans même regarder autour d’elle, elle s’engouffra d’un pas rapide dans son immeuble. Les mains tremblantes, elle déverrouilla sa porte d’entrée, entra, referma et se laissa glisser contre le battant tout juste refermé.

Les yeux fermés, elle tentait de reprendre son calme et d’enrayer la crise de larmes qui semblait poindre. Depuis le Bloody Sunday, elle avait la désagréable impression de revenir quelques années plus tôt lorsqu’un rien la faisait exploser en sanglots. Elle détestait son hyperémotivité, elle avait l’impression de la contrôler jusqu’à la faire disparaître depuis qu’elle était entrée chez les Mardoliens et il n’avait suffit que d’une seule fichue journée pour que tout disparaisse.

Elle voulait retrouver sa carapace, ne plus ressentir aucun sentiment parce que c’était bien mieux comme ça. Elle voulait juste penser à elle. Être égoïste. Elle ne voulait pas avoir peur pour quelqu’un d’autre. Des temps sombres s’annonçaient – ils étaient déjà là – et il fallait être aveugle pour ne pas le comprendre. Alors elle avait intérêt à oublier, à retrouver sa sérénité pour affronter les prochaines batailles avec détermination.

Elle croyait en l’OFFRE, elle croyait en ces idéaux, elle se battait pour eux depuis plusieurs années déjà, c’était même devenu sa raison de vivre alors qu’allait-elle devenir si elle perdait cela ? Elle se fichait des rapports humains, elle devait vivre pour la lutte. Si elle avait besoin d’un peu de compagnie le soir ou simplement de parler à cœur ouvert, elle avait Clyde. Si elle avait juste besoin de boire un verre et de parler de tout et de rien, elle pouvait appeler l’une de ses collègues de l’OFFRE.

Elle était bien dans son train de vie. C’était ce qui lui maintenait la tête hors de l’eau, ce qui l’empêchait de penser. Ce qui l’empêchait de se souvenir et de se dire « et si… ». C’était ce qui l’empêchait de se rendre compte que sa vie était devenu un désert social et qu’elle était seule, terriblement et désespérément seule. Pour son propre bien, pour ne pas inquiéter les autres, pour ne pas s’inquiéter pour les autres. C’était plus simple ainsi.

Et pourtant, lorsqu’elle ouvrit les yeux, sur son salon aux couleurs chaleureuses, Alex ne put empêcher un sanglot de s’étrangler dans sa gorge. Parce qu’il était vide. Et peu importait le soin qu’elle mettait à le rendre vivant, à le rendre chaleureux et agréable. Peu importaient tous ses efforts car le soir, lorsqu’elle rentrait chez elle, elle était seule. Désespérément seule. Et aujourd’hui, après une aussi terrible journée, alors qu’elle aurait tant eu besoin de soutien, Alex resta appuyée de longues heures contre cette porte close sur son appartement vide dans l’attente désespérée d’une aide qui ne viendrait pas.

En ce 21 septembre 2008, Alexandra Fitz craqua et laissa ses peurs, ses angoisses et son passé la rattraper.
[FIN DU RP]


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Fin de l'Acte I [Alexandra & Roy]

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