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 Pas contents, pas contents ! [Ouvert à tous]

MerlinCompte fondateuravatar
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Ven 16 Déc 2016 - 11:25, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Lundi 13 octobre 2008

Le Chaudron Baveur, puis qu'il avait été repris par Hannah Habbot-Londubat, n'avait plus grand chose avec l'échoppe effrayante du vieux Tom. C'était désormais une entrée bien plus rassurante pour les jeunes sorciers qui faisaient leurs premiers pas dans le monde magique: la salle, illuminée par des bougies et nettoyées régulièrement, dégageait une atmosphère chaleureuse qui compensait une clientèle parfois impressionnante ou peu recommandable. La gérante se désolait, depuis le Bloody Sunday, de voir que les passants ne s'arrêtaient plus dans son établissement, préférant rentrer dans l'abri relatif de leurs maisons.

"Ce n'est quand même pas Bristol" déplorait régulièrement le serveur en apportant son thé à Chloé.

Car, si les habitués fuyaient le lieu, la directrice du Département des Mystères l'avait adopté en raison de sa faible population des derniers mois. Deux à trois soirs par semaine, avant de rentrer chez elle, elle s'arrêtait une heure dans la taverne, buvant un thé brûlant à la recherche de courage. Ce soir là, elle avait trouvé refuge dans un recoin sombre et mal éclairé de l'échoppe et peinait particulièrement à lever les yeux de sa boisson. Elle attendait Eileen, priant pour que personne ne la remarque - car, pour une fois, le Chaudron était plein à craquer. L'annonce de la veille n'avait pas manqué de mettre le monde sorcier en ébullition.

A peine rentrée, Chloé avait murmuré une formule pour rendre noire sa robe écarlate, bien trop reconnaissable, et éclaircir ses cheveux d'ébène. Un second sort avait permi de les lisser, leur donnant une longueur respectable qui dissimulait son visage. La métamorphose humaine n'avait jamais été son domaine favori, et elle ne voulait pas risquer d'atterrir à Ste Mangouste bizarrement défigurée. La directrice de département se cachait. Il ne faisait pas bon d'être membre du gouvernement ce soir. Si être prise à partie ne lui faisait pas vraiment peur, les mots qu'elle aurait en réponse, eux, l'effrayaient. Car Chloé avait un devoir de réserve - pire, même, d'approbation! - à l'égard de la politique Marchebank, et ne s'en sentait pas le courage.

A vrai dire, elle se sentait malade à l'idée de faire partie du gouvernement. Elle aurait du rester à Poudlard, soutenir Daisy, accepter la sous-direction et couper l'herbe sous le pied du pantin du Ministre qui créait des brigades d'endoctrinement. Poudlard, c'était sa place, près de Peter, Lou, et surtout de Maeva. Greengrass, par son statut de directeur de Serpentard, était en train de détruire tout ce que l'école avait construit depuis la guerre. Il allait ostraciser à nouveau sa maison, briser une nouvelle génération… Mais le pire était de constater que ce n'était rien à côté de ce que son mentor mettait en place.

Il fallait avouer que le système de communication du ministère était efficace. On entendait surtout parler des réformes sur le travail ou le droit des femmes, mesures qui ne pouvaient faire que l'unanimité. Entre les deux, le régime mettait en avant ses deux emblèmes, la Cité Cosmos, approuvée par une grande partie de la population, et les droits des créatures magiques, dossier qui, lui, divisait la population. Chloé, sachant ce qu'il se passait réellement entre les murs du ministère, avait fini par comprendre que les créatures étaient un sujet bien pratique pour dissimuler d'autres agissements douteux. Pendant que le collectif "Des Baguettes pour Tous" défilait en s'insurgeant contre le risque d'autoriser l'adoption aux les loups-garous (apparemment, devenir loup-garou vous poussait à être bigame avec un elfe de maison et un gobelin), les heurts à Bristol n'occupaient que la page six de la Gazette et les projets pour l'île de Skye étaient soigneusement tus. L'île de Skye… Rien qu'à la pensée du lieu, Chloé frissonna.

"Désolée du retard", souffla soudain une forme qui s'installa en face de Chloé. "Ces projets au pôle recherche sont un véritable bazar depuis qu'on a été éjectés d'Aberystwyth."

Chloé eu un faible sourire à l'adresse de son amie de toujours.

"Salut Eileen. Comment va Louise?"

"Comme une petite tornade… Je sens que la première démonstration magique n'est pas loin."

"J'ai cru comprendre qu'il y a une autre tornade à Poudlard… Mais Tony te fait dire que la punition qu'il a reçu cette semaine était complètement injustifiée. Ne m'en demande pas plus, je ne l'ai vu que cinq minutes, mais j'ai cru comprendre que Greengrass était impliqué."

"Il l'a vraiment pris en grippe" commenta sobrement la mère de famille avec fatalisme. "Et toi, ça va?"

C'était une réelle question face au visage livide de Chloé. Celle-ci ne se fit d'ailleurs pas prier pour parler. Elle n'était pas du genre à se confier, ayant l'habitude de tout garder par devers elle derrière un masque de contrôle parfois excessif, mais elle se retenait de trembler de la tête aux pieds depuis plusieurs jours. Il suffit que la question soit posée pour que les digues ne cèdent.

"Je n'en peux plus" confia-t-elle à voix basse en se voûtant. "J'ai fait une terrible erreur en acceptant le poste. Le FREE… je ne pensais pas que ce serait ça."

Outre la peine de mort et la milice qui prenait forme sans pour l'instant dire son nom, Chloé pensait surtout à Skye. Les projets de Jacob Dalhiatus étaient tout simplement inhumains. Les premiers cobayes en direction d'Azkaban étaient arrivés la veille, et elle n'avait pas eu le courage de se déplacer pour les voir. Coleman et Dalhiatus étaient fous, elle ne voyait pas d'autre explication. Deborah les qualifiait de génies, tellement absorbée par l'aspect scientifique du projet qu'elle en oubliait complètement l'aspect humain, la Convention Européenne Occidentale des Droits du Sorcier et les garanties offertes à tout prisonnier d'Azkaban depuis la guerre. Elle aurait vraiment voulu en parler à Eileen, mais sa conscience professionnelle la tenaillait encore. Elle était tenue au Secret par son statut de Langue-de-Plomb.

Eileen pinça les lèvres tout en l'écoutant. Chloé la connaissait suffisamment pour savoir que son amie n'appréciait pas plus qu'elle les pleins pouvoirs dont Marchebank s'était doté la veille. Mais la différence était qu'Eileen n'y jouait aucun rôle. Elle, Chloé, l'avait vu venir. Le bruit courrait depuis plusieurs jours au Ministère, et elle n'avait rien dit. Rien objecté pendant le conseil des directeurs de Département le mercredi. C'était comme son opposition à Dalhiatus concernant l'île de Skye: elle avait été molle, timorée, elle avait laissé faire. Car elle était consciente d'une chose, celle de ne pas être en position de force. Il avait vite fallu prendre le pli, faire mine de se rendre aux arguments de ses contradicteurs, approuver des mesures qui l'écoeuraient. Jusqu'alors, elle avait plus ou moins réussi à s'arranger avec sa conscience: rien n'était fondamentalement choquant. La brigade dirigée par Danielle Coleman était une "expérience de nouvelles méthodes de travail", et elle avait délégué beaucoup de tâches à Deborah concernant Skye. Mais petit à petit, les prétextes s'étiolaient.

"Je… il faut que je parte, sinon je ne vais plus pouvoir me regarder dans un miroir."

C'était la première fois qu'elle le formulait à voix haute, mais pas la première fois qu'elle le pensait. Elle ne pouvait pas cautionner les agissements du FREE, contraires à toutes les valeurs qu'elle défendait. Mais au vu des récents… problèmes, arrivés à certaines personnes qui avaient protesté de façon un peu trop véhémente contre la politique actuelle, Chloé craignait de quitter le navire en claquant la porte. Elle n'était pas seule. Il y avait Maeva, Lou, Peter… Eileen semblait avoir une objection, mais des cris dans la salle lui coupèrent la parole.

"A ton âge, on se la ferme au lieu de beugler des anneries pareilles!" s'exclamait un homme imposant à l'adresse d'un interlocuteur qu'elles ne voyaient pas. "Marchebank a bien raison de prendre la mesure de la situation. Sans ça, la racaille de Bristol ira envahir Cosmos, puis Londres, puis Poudlard, puis toute l'Angleterre!"

"Tout à fait d'accord", ajouta une petite mamie dotée d'un chapeau en peau d'elfe de maison. "Ces fils de gob… euh… ces gens de la Voie des Miracles ont tué la petite voisine de ma fille, une jeune femme très respectable, pleine d'avenir. Ils n'ont pas besoin d'un avocat ni d'un procès, ils ne méritent que le baiser du Détraqueur!"

Un grondement sourd montait d'une partie de la salle, celle qui jugeait sans doute que le droit de vote devait être enlevé aux vieillardes séniles…

HRP:
 


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving attrapa son blouson sur son cintre et déposa, à la place, son bleu de travail.  Il referma son casier à la volée et se dirigea vers le grand miroir qui jouxtait la porte du vestiaire des hommes du service du RPC. Après avoir essuyé la buée avec son avant-bras, il passa une main dans ses cheveux encore humides et effleura du bout des doigts sa pommette rouge et gonflée. Il prenait rarement une douche au travail, préférant se délasser chez lui, mais il était rentré de son dernier dépannage dans un tel état qu’il n’avait pas pu faire autrement.

En effet, un peu plus tôt dans la journée, il avait dû sortir d’un conduit un bristolien qui avait voulu déménager tout son appartement par le Réseau. Bien sûr, l’homme était resté coincé au milieu de ses cartons dans l’âtre de sa cheminée si bien que Scarlett et Irving avaient dû intervenir en urgence. Ils avaient réussi à le sortir de là, sain et sauf, mais l’homme ne voulait pas entendre raison :  Il s’évertuait à voir utiliser le RPC comme un service de déménagement, son objectif étant de partir le plus vite possible de la ville. Il tenait des propos incohérents prétextant qu’il était menacé, qu’il devait quitter les lieux immédiatement, que la pègre était après lui et qu’elle voulait son appartement puisqu’il donnait sur l’une des entrées de la « Voie ». Irving avait bien tenté de lui faire entendre raison en lui demandant de se calmer mais le ton était monté si bien que l’homme en était même venu aux mains, collant un coup de poing à Irving qui ne l’avait franchement pas vu venir. Scarlett avait immobilisé le bristolien à l’aide d’un sortilège avant d’appeler la Police Magique en renfort qui avait fini par embarquer le gars.

Irving avait été obligé de faire une déposition auprès de la PM avant de remplir le parchemin de Rapport d’Incident du Service des Transports Magiques qu’il avait remis un peu plus tôt à Azenor Reynolds. Même s’il n’avait absolument  rien à se reprocher, ces derniers événements tournaient en boucle dans sa tête et il ne parvenait pas à être complètement serein. Bien sûr, l’homme l’avait frappé, ce n’était pas excusable, mais le bristolien était aussi terrorisé au moment des faits. Depuis qu’Irving avait discuté avec Juliana suite à l’attaque du Triton, il était bien placé pour savoir que la guerre des gangs pourrissait littéralement Bristol. La Police était dépassée et les habitants n’avaient plus que deux choix possibles : fuir ou se faire justice eux-mêmes. C’était justement pour éviter l’un et l’autre que le gouvernement avait proclamé, la veille, les pleins pouvoirs au Ministre. Cette nouvelle aurait dû réjouir Irving qui s’inquiétait chaque jour un peu plus pour ses amis qui habitaient Bristol, et pourtant, il ne savait pas trop quoi penser de cette mesure. Il avait voté pour Marchebank, certes,  mais il ressentait un malaise constant depuis cette annonce. Comme si le Ministre, lui-même, admettait que la situation était trop inquiétante. Qu’elle dépassait le cadre de ses compétences et qu’il était contrait de faire de tel changement pour asseoir enfin son autorité.
Bref, tout cela n’augurait rien de bon. Le climat social était trop tendu depuis fin septembre et les conversations entre sorciers s’animaient et dérapaient rapidement. Irving n’aimait pas ça.

Le jeune homme soupira et détacha finalement son regard de son reflet. Il espérait que ce soir, tout se passerait bien. Il avait prévu d’aller boire un verre avec quelques collègues du Département des Transports Magiques. Il y avait Klem, bien sûr, et  plusieurs agents du RPC parmi lesquels Scarlett. Irving poussa donc la porte du vestiaire et tomba justement nez-à nez avec sa binôme qui l’attendait.

« Cela fait au moins dix bonnes minutes que je t’attends. Et après on dit que ce sont les femmes qui trainent dans la salle de bain ! » souffla Scarlett en ajustant ses grosses boucles d’oreilles en or et son collier de perles, les autres sont déjà parti au Chaudron Baveur pour garder une table. » dit-elle en arpentant le couloir du Ministère.
« Cool. »  grogna Irving d’un air maussade. Il fit passer la bandoulière de son sac au dessus sa tête et cala ses mains au fond de ses poches.
Au bout de quelques secondes de silence, Scarlett se tourna vers lui en fronçant les sourcils :
«  Mais souris un peu ! ajouta-t-elle en lui pinçant la joue, Notre bon Ministre va résoudre tous nos problèmes. Arrête de t’inquiéter pour ce qui s’est passé aujourd’hui, par Salazar! Je te l’ai dis, nous avons respecté la procédure et ce fou furieux n’avait pas à se jeter sur nous!»
Comme Irving ne réagissait pas elle ajouta :
« Et puis cela te donne un petit côté bad-boy cette pommette enflée. C’est typiquement le genre de détail qui plaît aux femmes. » précisa-t-elle en lui faisant un clin d’œil.

Irving secoua la tête de gauche à droite et laissa échapper un petit rire. Entendre le terme Bad-Boy dans la bouche d’une octogénaire, c’était quand même fun.  Son léger sourire finit même par s’agrandir lorsqu’il déboucha dans le hall du ministère et qu’il découvrit Klemens qui l’attendait devant la grande statue de l’atrium.

« C’est lui mon pote. » lâcha-t-il à l’attention de Scarlett en désignant Klemens du menton.
« Par Morgane, qu’il est bel homme ! » roucoula-t-elle.
Irving fronça les sourcils avant de reporter son attention sur Klem :
« Salut vieux, lâcha-t-il en lui serrant la main, désolé pour l’retard, journée d’merde au taf, expliqua-t-il en désignant vaguement sa joue tuméfiée. Il haussa les épaules et s’effaça pour laisser la place à sa partenaire, j’te présente ma binôme.
« Bonsoir jeune homme. Scarlett Parkinson, enchantée. Je peux d’hors-et déjà vous dire que vous avez des yeux magnifiques, Monsieur… ? »
-Oh Scarlett, vous allez vraiment lui faire du gringue toute la soirée ? s’enquit Irving mi moqueur mi-râleur.
-Chut ! N’interrompt pas les adultes quand ils parlent veux-tu ! Persiffla Scarlett avant de s’accrocher d’autorité à l’avant-bras de Klemens, cela fait longtemps que vous travaillez au ministère mon bon ami ? » reprit-elle enjôleuse, vous avez un accent tout à fait charmant, cela dit en passant..."
-Oh bordel, murmura Irving sans parvenir à masquer le petit sourire que cette scène lui inspirait. Scarlett pouvait être vraiment détestable quand elle s’y mettait mais elle était aussi très drôle.

Les trois collègues traversèrent le hall et s’arrêtèrent devant les cheminées qui desservaient l’atrium. Irving croisa les bras sur son torse et se décida finalement à interrompre les deux apprentis tourtereaux.

« Excuse moi d’te déranger Klem, commença-t-il, un brin sarcastique, mais t’as pu prévenir les autres pour ce soir ? »

Sous entendu Juliana, Lilly, Shea et Roy, la petite bande de la crémaillère improvisée de Klem…qui avait d’ailleurs eu lieu dans l’appartement d’Irving. Soit.

Dès que son ami eut répondu, Irving désigna l’une des cheminées avant d’articuler avec emphase :

« Après vous Scarlett… »

« Mon petit, si tu avais eu un minimum d’éducation, tu saurais qu’un gentleman ne laisse jamais une femme entrer la première dans un débit de boisson. C’est très mal venu. C’est à l’homme d’ouvrir le chemin voyons. Par Merlin, on ne devrait pas laisser ces ouvriers de Nimbus procréer entre eux… » s’exclama-t-elle en secouant la tête.
Irving fronça les sourcils.
-On pourrait en dire autant pour les sang-purs quand on vous voit. Rétorqua-t-il. Scarlett fit claquer sa langue sur son palais mais Irving ajouta : Continuez à être désagréable comme ça et j’vous invite plus à sortir avec nous. »
Scarlett leva le menton, dédaigneuse,  et se pressa un peu plus contre le bras de Klemens :
-Il nous fait sa crise d’adolescence. Ça va lui passer. » Souffla-t-elle à l’attention du Loup-garou.

Irving leva les yeux au ciel.  Pour ce soir il jetait l’éponge et lui laissait le dernier mot. De toute manière, ils passaient toutes leurs journées à se chambrer de la sorte, alors, ce n’était que partie remise. L’ex-Gryffondor s’engouffra donc dans la  cheminée et ressortit dans la salle comble du Chaudron Baveur. Il parcourut la pièce du regard, identifia ses collègues pressés autour d’un tonneau et Lilly, installée au comptoir. D’un geste de la main, il lui désigna la table pour l’inviter à les rejoindre puis il partit à la recherche de quelques sièges de libre pour eux quatre.

« Salut toi. » souffla-t-il en revenant vers la jeune femme qui avait rejoint leur table, ça va ? Il lui claqua la bise avant de faire officiellement les présentations, Les gars j’vous présente Lilly. Lilly j’te présente l’élite du RPC, Et Scarlett. Ajouta-t-il en faisant léviter un tabouret devant la vieille dame, puis deux autres devant Lilliy et Klemens. Les collègues saluèrent rapidement l’oubliator mais il reportèrent bien vite leur attention sur une joute verbale qui semblait animer le pub.

« Il pourrait mettre des sièges rembourrés quand même, grommela Scarlett en tachant de trouver une position confortable sur son tabouret en bois, Remarquez, je m’assiérais bien sur les genoux de mon charmant voisin, ajouta-t-elle en tapotant la cuisse de Klemens,  mais l’étiquette m’en empêche. »

Toutefois, Irving ne releva pas l’énième remarque de sa collègue puisqu’il essayait d’hors-et-déjà de comprendre ce qui animait le bar. Les sourcils froncés, il écoutait ce que disait une vieille femme qui souhaitait manifestement remettre les détraqueurs à Azkaban.

« Les détraqueurs ? On a qu’à ressortir les rafleurs tant qu’vous y êtes ! Même mieux, les mangemorts tiens ! » répondit Rufus, un de leur collègue du RPC.

Un brouhaha parcourut la pièce tandis qu’Irving se tournait vers Lilly :

« Qu’est ce qui s’passe ? »
demanda-t-il afin d’en savoir plus sur la situation qui risquait de dégénérer à tout moment.


Azénor ReynoldsEmployée aux Transportsavatar
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Azénor avait été invité par quelques collègues à sortir boire un verre sur le Chemin de Traverse après le boulot. Cette nouvelle l’avait laissée enthousiaste et sautillante, elle était dans le département depuis un mois et demi désormais et elle avait quelques difficultés à s’intégrer. Elle était dans les plus jeunes mais surtout c’était « la stagiaire », celle qui passait de poste en poste pour découvrir le métier ce qui l’empêchait de se lier avec des collègues avec qui elle aurait pu faire équipe.

Aussi, quand Moira lui proposa de se joindre à eux, elle n’hésita pas une seconde pour accepter. Elle prit juste le temps d’envoyer discrètement son Patronus à Arielle pour qu’elle ne s’inquiète pas en ne la voyant pas rentrer. La cohabitation avec sa grande sœur se passait plutôt bien, certes elles s’embrouillaient régulièrement pour des histoires de ménage non fait ou parce qu’Azénor trouvait Arielle trop maternelle mais dans l’ensemble elles étaient satisfaites de la situation.

Elle s’était donc installée à leur côté autour d’un tonneau au Chaudron Baveur. Azénor n’était pas des plus à l’aise et pour une fois elle gardait sa langue dans sa poche, tentant de retenir le plus d’informations sur ses collègues tout en buvant sa Gobière. Elle observait les clients agités lorsqu’elle vit des bouclettes reconnaissables entre mille sortir de la foule.

Irving Withaker, ancien camarade de Gryffondor, actuellement en apprentissage dans le même département. Ils se croisaient régulièrement au détour d’un couloir mais ne travaillaient pas ensemble puisqu’Azénor se cantonnait au domaine administratif alors que lui travaillait sur le terrain.

Il était accompagné de sa formatrice, la vieille Scarlett, une vraie légende dans le département ! Et elle ne manquait pas à sa réputation en draguant ouvertement et sans aucune honte le jeune homme accompagnant Irving. Pour être tout à fait franche, Azénor ne pouvait pas lui en vouloir, n’importe quelle femme aurait eu envie de faire de même. Il était… Physiquement intéressant et son accent était tout à fait charmant.

Elle adressa un sourire enthousiaste au petit groupe :

« Bonjour Scarlett, j’espère que vous allez bien ? Irving, ça va mieux depuis tout à l’heure ? Il ne t’a pas loupé notre déménageur écervelé ! Tu n’as pas trop mal ? »

Elle lança un regard inquiet vers Irving et salua la dénommée Lilly d’un signe de tête et d’un sourire avenant avant de se tourner vers Klem en souriant de plus belle :

« Enchantée ! Je n’ai pas l’honneur de vous connaître, Azénor Reynolds, une collègue et ancienne camarade de maison d’Irving, vous êtes ? »

Ne perdons pas les bonnes manières familiales, c’était une règle de base, il faut se présenter lorsqu’on rencontre un inconnu. Et non, elle n’avait aucune autre raison qui la poussait à agir ainsi, aucune…

Un grondement monta alors dans la salle au sujet d’une histoire de détraqueurs, de fils de gobelins et de la Voie des Miracles. Manifestement, la tension qui se sentait dans l’air depuis le début de la soirée venait d’exploser. Elle écouta attentivement pour essayer de comprendre ce qu’il se passait avant de prendre la parole. Alors que Rufus commençait à s’énerver, Moira intervint avec son fort accent irlandais :

« Oh, Rufus ! Toujours à partir au quart de tour… On n’a jamais parlé de ramener les Mangemorts, que Diable, le monde magique devient n’importe quoi ! Tiens, pas plus tard qu’aujourd’hui Irving est venu nous voir pour un Rapport d’Incident du Service des Transports Magiques parce qu’il s’était fait frapper par un mec fuyant Bristol, n’est-ce pas ? Si les citoyens honnêtes ne peuvent même plus faire leur travail… Alors pour une fois qu’un gouvernement prend des décisions et des mesures, je ne vais sûrement pas me plaindre, que Diable ! »

Azénor aimait bien Moira, c’était une des rares personnes avec qui elle avait sympathisé, la jeune femme avait une trentaine d’année et elle n’avait pas oublié ses débuts difficiles en tant que stagiaire, c’est sans doute pourquoi elle pensait toujours à glisser un mot gentil à Azénor lorsqu’elle passait dans son service. Et aujourd’hui, Azénor devait avouer qu’en plus d’être sympathique, elle se révélait fort intelligente avec un raisonnement des plus logiques.



©️Vivi-le-seul-l'unique
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem attendait patiemment à côté de la fontaine centrale de l'atrium. Plus précisément, il essayait de faire abstraction de l'air d'adoration niaise que portait l'elfe de maison en direction du sorcier de la statue. Et pour se faire, il n'avait pas trouver mieux que de fixer les gallions qui brillaient au fond de l'eau. Plusieurs personnes lui avaient déjà jeté des regards peu amènes mais il s'en moquait. Il aurait eu envie de leur dire qu'il bossait ici lui aussi. Mais il avait quitté sa robe de travail aux couleurs des Transports Magiques au profit d'une veste en cuir et d'un jean. Son travail pour l'instant était assez plaisant si il faisait abstraction de la tête d'enterrement que faisait Jason Calder à longueur de journée. Il était à l'opposé de Roy et c'était... ennuyant.

Mais heureusement ses collègues n'étaient pas tous des Jason Calder et il avait pu faire la rencontre de plusieurs personnes qui n'avaient pas peur de sourire. A croire que ça le tuerait d'avoir l'air sympathique ou de parler autre chose que de travail. En plus, il n'avait même pas parlé de Roy, il avait suivi le conseil de son ami et avait gardé le silence. Il poussa un léger soupir et commença à marcher le long de la fontaine tout en attendant Irving. Il lui avait proposé de le rejoindre avec des collègues à lui après le boulot pour boire un verre. Il lui avait également demandé de passer le message à Lilly, Shea, Roy et Juliana ce qu'il avait fait d'ailleurs.

Il ne savait pas si ils viendraient mais en tout cas, il avait passé le message, il était quasiment certain que Roy et Lilly ne manqueraient pas une occasion de s'amuser. Quant aux deux autres tout dépendait de leurs emplois du temps sans doute. Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsque Irving le rejoignit accompagné d'une vielle femme. Il rendit son étreinte à son ami avec un sourire. Il grimaça légèrement lorsqu'il aperçut la pommette de son ami mais ne posa pas de questions au cas où le jeune homme ne voudrait pas en parler. Il se contenta de hausser les épaules d'indifférence lorsqu'il évoqua son retard.

"Salut Irving, pas de soucis."

Il se tourna ensuite vers la susnommée Scarlett. Il remarqua immédiatement le regard de prédateur qu'elle avait posé sur lui. Le genre de regard qui ne trompait pas et qu'il avait maintes fois aperçu dans les yeux des femmes. Surtout à une certaine période de sa vie lorsqu'il vendait ses charmes à des femmes comme Scarlett. Il esquissa un sourire amusé alors qu'elle se présentait à lui, flirtant ouvertement.

"Dabroski, Klemens Dabroski ! Pour vous servir Madame."

Il se saisit de la main de la vielle femme et la porta à ses lèvres pour un baise-main très formel. Il rajouta toutefois le sourire charmeur à la panoplie du parfait gentleman. Son sourire se fit toutefois moqueur lorsque Irving commença à bougonner et que Scarlett le réprimanda sans ménagement. Il se retenait vaillamment de ne pas éclater de rire par respect pour son ami mais le fou rire n'était pas loin. Un sourire amusé se dessina à nouveau sur ses lèvres alors que l'octogénaire s'agrippait d'autorité à son avant-bras. Il ne fit aucun mouvement pour la faire lâcher prise et la conduisit jusqu'aux cheminées de l'Atrium tout en l'écoutant parler. Il la remercia pour sa remarque sur son accent avant de répondre à sa question.

"Je travaille ici depuis un peu plus d'un mois maintenant. Et... je suis d'origine polonaise."

Il accorda un léger clin d'oeil à Scarlett avant de continuer son chemin tout en continuant à écouter parler la collègue d'Irving qui semblait quant à lui exaspéré par son petit manège peu subtil. Si il pouvait rendre la soirée d'une vieille dame agréable, il n'allait pas jouer les goujats. Il esquissa un sourire en direction de son ami bouclé lorsqu'il s'excusa de le déranger et lui demanda si il avait averti les autres.

"Oui, ils sont au courant mais je sais pas si ils pourront tous venir. Normalement, Lilly et Roy devraient être là."

Il laissa ensuite le soin à Irving de montrer le chemin et il dut se retenir pour ne pas exploser de rire face à verve de sa compagne de soirée. Il était quasi certain qu'elle n'allait pas le lâcher maintenant. Il dut néanmoins prendre énormément sur lui lorsqu'elle évoqua la crise d'adolescence d'Irving et il put ricaner à loisir lorsque les bouclettes de son ami disparurent dans un halo verdâtre. Il suivit ensuite Scarlett et remarqua que le bar était déjà bien plein lorsqu'ils arrivèrent. Il remarqua Lilly au comptoir qui se dirigeait vers la table occupée par le RPC, il lui décocha un sourire éclatant avant de lui faire la bise.

"Toujours aussi belle."

Il esquissa un léger clin d'oeil dans sa direction avant de s'installer sur le siège que Irving avait fait venir pour lui. Il esquissa un sourire charmant à la jeune femme qui venait de le saluer. Décidément, il avait la côté ce soir. A lui de jouer le jeu et de satisfaire toutes ces dames.

"Tout le plaisir est pour moi Mademoiselle Reynolds. Klemens Dabroski mais appelez moi Klem, je suis le voisin d'Irving et accessoirement, je suis le nouveau venu du coin portoloin."

Il constata sans surprise que Scarlett était assise à côté de lui et il ne broncha pas lorsqu'elle lui tapota la cuisse. Il esquissa un sourire mutin avant de se pencher vers sa voisine de tabouret.

"C'est quand vous voulez ma chère."

Il se redressa avec un sourire espiègle sur le visage lorsque des éclats de voix lui firent perdre son sourire. Il se concentra sur la discussion pour essayer d'en comprendre le contenu et surtout le sujet. Son visage s'assombrit légèrement lorsqu'il comprit que les nouveaux pouvoirs du ministre Marchebank portaient à controverse.

"Pour ma part, je pense qu'il n'est jamais bon de donner autant de pouvoir à un seul homme. Aussi juste ses réformes soient-elles. Mais ce n'est que mon humble avis, tout comme le fait que je considère la peine de mort comme une chose affreuse. Qui sommes nous pour décider de la vie ou de la mort d'un homme quel que soit son crime ?"

Il s'était exprimé d'un ton détaché presque badin alors qu'il portait son verre à ses lèvres. Il n'avait pas tellement envie de rentrer dans le débat, toutefois, il lui semblait juste de remettre toutes les choses dans leurs contextes avant de partir sur des idées farfelues tel que la réintégration des Détraqueurs et le retour des Mangemorts. Alors oui, il y avait sans doute des réformes à faire mais confier les pleins pouvoirs à un unique homme ne lui semblait pas la chose la plus judicieuse à faire. Après tout, on ne savait pas d'où il sortait ce Leopold Marchebank, il n'avait encore rien prouvé et il lui semblait que la décision du Magenmagot était un peu précipitée.


Klemens Dabrosky
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Dernière édition par Irving Whitaker le Mer 29 Oct 2014 - 15:18, édité 1 fois
Irving venait tout juste de s’installer entre Lily et Azénor quand cette dernière se tourna vers lui pour lui demander s’il allait mieux suite à son agression. Merlin, comme s’il avait envie de parler de tout cela juste après le boulot ! S’ils avaient décidé de sortir boire un verre tous ensemble ce n’était pas pour discuter inlassablement de leur journée de travail mais pour se détendre !

« Ouai, ouai ça va. » grommela-t-il sans même regarder sa voisine histoire de couper court à la conversation qui fort heureusement ne se propagea pas au reste de la table puisque Scarlett s’empressa de répondre aux salutations d’Azenor.

« Bonjour ma petite puce ! Comment vas-tu ? Ton intégration dans les bureaux se déroule bien ? s’enquit-elle, Je suis persuadée que Moira te montre toutes les ficelles du métier, n’est-ce pas ? ajouta-t-elle en coulant un regard tendre en direction de l’irlandaise.

Irving profita de la diversion de sa collègue pour héler le serveur avant de reporter son attention sur Klem qui se présentait. Toutes les filles du service semblaient déjà acquises à sa cause, songea-t-il en voyant Az’, Scarlett et Moira témoigner tant d’intérêt au polonais qui rencontrait encore plus de succès que Jeremy. C’est dire !

Mais bien vite l’attention du jeune homme fut accaparée par la discussion animée qui se jouait de l’autre côté de leur tablée. Il était bien évidemment question des nouvelles mesures politiques prises par le Ministre de la Magie mais la conversation prit un tour inattendue lorsque Moira évoqua l’incident qu’Irving avait vécu aujourd’hui.  Ce dernier se figea quelques secondes et plusieurs regards se posèrent sur lui :

« Oh merde. Qu’est-ce qui s’est passé Whitaker ? » demanda Rufus avec un intérêt non dissimulé.
« Pourquoi tu nous as rien dit ? »
« Hein ouai, pourquoi ? Tu sais qu’on peut exercer notre droit de retrait si on estime que les conditions de travail sont trop dangereuses… » ajouta un autre gars du service qui avait sa carte à la FOSSE.

Voila. C’était exactement ce qu’il voulait éviter. Il n’avait pas envie d’être l’instrument des pros ou des anti régime, il voulait juste boire une gobière tranquille, bordel de troll !

« C’est bon ça va, souffla Irving d’un air irrité, y’a pas à dramatiser, c’était juste un gars qui voulait faire un déménagement par le’Réseau et qui n’a pas supporté qu’on lui dise non. C’est tout. »

Il croisa brièvement le regard d’Azénor pour lui intimer de ne pas en dire davantage. Déjà qu’elle avait cafté pour le rapport d’incident auprès de Moira alors elle n’avait pas intérêt à en remettre une couche ! Irving avait toujours trouvé cette fille trop bavarde –beaucoup trop bavarde même-  et ce n’était pas pour rien qu’ils ne s’étaient jamais fréquentés durant leur scolarité à Poudlard. Bien qu’ils soient dans la même année et dans la même maison ils avaient toujours eu deux groupes d’amis bien distincts.

« Cela ne sert à rien de minimiser ce qui s’est passé Irving, intervint subitement Scarlett qui jusque là était restée en marge de la conversation, ni de lui donner une haute portée symbolique Moira, ajouta-t-elle en reportant son attention sur elle, mais il est vrai que nous ne pouvons pas nier qu’il y a actuellement des problèmes à Bristol. Ce monsieur à raison, reprit-elle, un ton plus haut en désignant l’homme imposant qui avait lancé le débat un peu plus tôt, si le gouvernement n’agit pas, la mafia de Bristol va gangrener tout le pays et les retombées ne seront  plus du tout  gérables, expliqua-t-elle en croisant ses doigts ornées de bagues imposantes, Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que le travail de la PM et des Aurors est très difficile en ce moment dans cette ville. Marchebank ne peut pas laisser la situation s’envenimer, il doit être en mesure d’octroyer plus de pouvoir aux forces de l’ordre le plus rapidement possible. A conditions exceptionnelles, mesures exceptionnelles. » conclut-elle en soupirant mais sans se départir de son léger sourire.

Sa prise de parole calme et posée avait permis d’apaiser quelque peu l’ambiance et ce fut sur un ton tout aussi courtois que Klemens opposa ses objections, soulignant à quel point il trouvait dérangeant que le Ministre dispose des pleins Pouvoirs et qu’il souhaite rétablir la Peine de mort. Sur ce point, il est vrai qu’Irving était partagé. Quand il avait entendu l’annonce de cette mesure, il avait instantanément pensé à Lawrence Nimbus de Pompadour qui croupissait à Azkaban. Pendant quelques secondes il avait tenté d’imaginer ce qu’il ressentirait s’il assistait à la mise à mort de cet homme qui était responsable de la maladie qui avait tué son père. Voir sa réaction au moment de l’injection par poison. Lire la peur dans son regard, la même peur qu’Irving  avait perçue dans les yeux de Bradley au moment où sa maladie s’était révélée incurable. A ce moment là, il s’était senti tellement impuissant face à la mort mais que ressentirait-il dans ce contexte si différent ?
Serait-il soulagé ? Aurait-il le sentiment de justice rendue ?

Irving passa une main dans ses cheveux, conscient qu’il était bien incapable d’avoir un avis aussi tranché que Klemens sur la question.

« Mon bon ami, je suis bien d’accord avec vous, reprit Scarlett en tapotant doucement la main de Klemens, qui sommes-nous pour juger du droit de vie ou de mort de quelqu’un ? Et pourtant, l’incapacité des précédents gouvernements à régler la situation à Bristol poussent les habitants à ne plus se poser cette question fondamentale. Le peuple ne se sent plus protégé. Il ne se sent plus en sécurité. Il a le sentiment qu’il doit se faire justice lui-même et  voila comment on pousse, des honnêtes gens à devenir des bourreaux. Parce qu’ils n’ont plus le choix. C’est ce qui se passe tous les jours à Bristol, mon cher, et Marchebank souhaite juste mettre fin à tout cela. Notre système judiciaire doit frapper un grand coup non seulement pour dissuader la pègre de poursuivre ces agissements mais également pour redonner confiance au peuple en notre système politique et judiciaire…Le ministre n’a pas d’autre choix que de rétablir l’ordre.  Je sais que cela peut sembler paradoxal mais je suis intimement persuadée du bien fondé de ces mesures qui ne sont que temporaires, je vous le rappelle, Marchebank a insisté sur ce point.»

Scarlett observa Moira et Azenor d’un air entendu avant d’accorder un petit sourire à Klemens :

« Mais faites moi plaisir mon brave, ne laissons pas nos divergences d’opinions ternir notre amitié naissante… » souffla-t-elle enjôleuse en caressant la joue de Klem de son index. Le regard de la vieille femme parcourut brièvement la pièce et elle sembla voir quelqu’un de sa connaissance installé dans un recoin du Chaudron, «  Oh. Si vous voulez bien m’excusez, je reviens tout de suite. » Elle se leva et posa une main délicate sur l’épaule de Klemens, « M. Dabroski, je compte sur vous pour me garder cette place à vos côtés. J’aime tellement discourir de sujets de société avec vous… »
Elle lui accorda un petit clin d’œil avant de s’éloigner en direction d’une table qui était justement occupée par une nimbusienne, Eileen McNeil, ainsi qu’une autre personne tapie dans l’obscurité du recoin. Irving ne connaissait pas assez la mère de Grady pour aller la saluer directement mais il lui accorda toutefois un bref signe de tête en guise de bonjour comme il était coutume entre habitant de la Cité. Il reporta alors son attention sur Lily et Azénor avant de leur demander :

« Et vous alors ? Vous en pensez quoi ? »


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Scarlett Parkinson, Employée du Réseau de Poudre de Cheminette



Louvoyer. Scarlett avait fait ça toute sa vie ! En bonne Serpentard, elle avait toujours su naviguer sur des eaux troubles pour atteindre son but. D’ailleurs, c’était exactement ce qu’elle était en train de faire dans cette salle bondée du Chaudron Baveur.  Elle voulait tâter le terrain avant d’abattre ses cartes.
Et pour cela, ne dit-on pas qu’il faut prêcher le faux pour savoir le vrai ?

Plus sérieusement, comment pouvait-on être favorable à la Peine de Mort, par Salazar ! Mourir d’une injection rapide et indolore. Quel ennui ! Mieux valait une lente et cruelle agonie, songea-t-elle en masquant parfaitement ses pensées sarcastiques alors qu’elle déblatérait avec conviction son monologue sur la justice, l’ordre et les pseudos bonnes intentions de ce cabotin de Marchebank…
Elle avait réussi à capter l’attention d’une bonne partie du bar et nul doute que la conversation allait finir par s’enflammer, révélant les convictions intimes des uns et des autres.  D’ailleurs elle regardait tous ces collègues, un par un, cherchant à deviner leur position derrière son regard faussement bienveillant.
Qui avait la carrure ici pour s’opposer au régime ? Qui poserait les bons mots sur ce qui se tramait véritablement, à savoir, la prise de pouvoir abusive de Leopold Marchebank ? Qui aurait l’intelligence de rester en retrait de cette conversation ?

Son regard passait des uns aux autres. Ces interlocuteurs ne voyaient en elles qu’une vielle femme inoffensive, un peu extravertie et fofolle, mais  ils ne se doutaient pas que derrière ce sourire affable, il se cachait en réalité une personnalité bien plus contrastée qui n’hésitait pas à manipuler pour arriver à ses fins. Des fins louables, rassurez-vous. Du moins, à ses yeux.
Par exemple, elle n’avait pas hésité à œuvrer durant la dernière guerre pour la Salamandre, ce réseau d’évacuation qui avait pour mission de mettre à l'abri les personnes traquées par le régime en raison de leurs opinions ou du statut de leur sang. Avec deux maris sur trois nés-moldus, comment pouvait-il en être autrement ?
Ainsi, elle avait pu organiser la fuite de dizaines d’enfants nés-moldus tout en conservant sa couverture d’employée modèle au sein du RPC. Elle avait même été l’une des employées préférée du Ministre à cette période grâce à son efficacité au sein du département. Le jour, clôturer les cheminées des familles nées-moldues afin de faciliter le travail des raffleurs, puis, la nuit, organiser l’évacuation clandestine des prisonniers ou des personnes menacées. Voila ce qui avait été le quotidien de Scarlett pendant trois ans: Un jeu de dupe, nécessaire mais aussi terriblement dangereux.

Alors il est vrai qu’ aujourd’hui, elle craignait que des arrestations sur des critères aussi arbitraires soient remises au gout du jour par leur nouveau Ministre.

Cela était difficile à admettre mais Scarlett était forcée de constater qu’elle l’avait sous-estimé ! Au départ, elle l’avait simplement perçu comme un opportuniste, coureur de jupons,  qui finirait son mandat avec une guirlande de plaintes déposées pour harcèlement sexuel par ses secrétaires. Mais il s’était révélé diablement plus manipulateur  que ce qu’elle avait imaginé de prime abord. Cet homme était avide de pouvoir. Il en voulait toujours plus et il ne s’arrêterait pas si bon chemin. Les échauffourées de Bristol lui offraient les pleins pouvoirs sur un plateau si bien que c’en était presque à se demander s’il n’avait pas manigancer cette histoire de guerre des gangs dans ce but inavoué !

Comme le disait le dicton populaire, on n’apprend pas au vieux Doxy à faire la grimace et Scarlett parlait en connaissance de cause. Elle aussi, elle était un pur produit de la maison Serpentard. Elle savait jusqu’où pouvait aller les verts et argents pour atteindre leurs objectifs. N’était-elle pas justement en train de mentir sans aucun scrupule afin de se façonner une image de bonne citoyenne respectueuse de l’ordre public ? Nul doute que cette couverture lui serait utile si jamais les choses s’envenimaient… mais à ce moment là, sur qui pourrait-elle compter ?

Rufus et ces idées révolutionnaires ? Merlin, c’était typiquement le profil du résistant inutile qui chercherait à mourir en héros sur une barricade en beuglant un « Liiiiibeeeerté ».
Pathétique.

Moira ? Non. Elle avait des idées bien trop arrêtées sur le bien et le mal. Et puis Scarlett avait pris l’habitude de se méfier des gens qui employaient des expressions comme « honnêtes citoyens ». Ils étaient du genre à écrire des lettres de délation pour dénoncer ceux qui ne partageaient pas la même conception de l’honnêteté justement.

Azenor ? C’était trop tôt pour le dire. Elle la connaissait à peine et elles n’avaient pas encore abordées de questions fondamentales ensemble.

Irving ? Hum. C’était compliqué pour lui. Scarlett était persuadé qu’il avait une personnalité trop permissive et qu’il était prêt à tolérer tout et n’importe quoi pour peu qu’on lui donne une illusion d’explication à laquelle se raccrocher. Il suffisait de le regarder en ce moment même. S’il restait en retrait de la conversation, ce n’était pas par intelligence –ça Scarlett en était parfaitement sûre- mais plutôt parce qu’il semblait lui-même douter de ses propres convictions. Elle attendait de lui un sursaut d’indignation, ou quelque chose dans ce genre là, mais pour le moment il était plutôt occupé à cuver sa gobière dans son coin.

Le profil du charmant M. Dabroski était nettement plus intéressant. Il gardait les idées assez claires pour défendre ses opinions posément. Engagé sans être aveuglé, du moins, c’est l’impression qu’en avait Scarlett. Il faudrait encore beaucoup de temps pour qu’elle se vérifie mais Klemens partait avec un bon point. Et puis ses badinages étaient divertissants et sa désinvolture n’était pas sans lui rappeler ce cher Jonas, son premier mari.

Enfin, l’heure n’était pas aux vieux souvenirs. Scarlett avait lancé le débat et elle comptait bien observer les retombées de son intervention. Elle parcourut la pièce du regard afin d’inviter les personnes à rebondir sur ces déclarations et c’est à ce moment là qu’elle croisa le regard d’une ancienne de la Salamandre, Eileen McNeil. Elle ne pouvait décemment pas rester là sans aller la saluer. A contre cœur elle abandonna sa place près du jeune polonais –non sans avoir tâté ses épaules musclées à travers le cuir de son blouson- puis elle rejoignit son ancienne amie :

« Bonsoir Eileen, s’exclama-t-elle en tendant les deux bras pour embrasser la Cosmopolitaine, quel plaisir de vous voir! Ne trouvez-vous pas que la discussion qui vient de s’engager est particulièrement intéressante ? » s’enquit-elle, une lueur complice dans le regard.

La vieille femme tourna alors son visage radieux en direction de la personne qui accompagnait Eileen et c’est seulement à ce moment là qu’elle l’a reconnue.

« Merlin, vous ici ? » souffla-t-elle en découvrant une Chloé Hellsoft grimée de la tête aux pieds « Vous auriez dû me prévenir que nous faisions une réunion entre anciennes du club de tricot ! » lança-t-elle joyeusement en s’installant d’autorité à coté d’Eileen McNeil.
Façon de parler.
Trois anciennes de la Salamandre réunies par des temps si controversés, l'occasion était trop belle pour ne pas avoir une petite conversation !
Scarlett scruta donc Chloé quelques secondes comme pour la jauger. Ses traits tirés et son teint livide ne pouvaient malheureusement pas être attribués à son déguisement, se dit-elle sans se départir de son sourire. La nouvelle Directrice du Département des Mystères semblait avoir atteint son point de rupture et Scarlett avait une idée assez précise de ce qu’elle pouvait ressentir et de ce qui devait, très certainement, tourner dans sa tête depuis quelques semaines.

La vieille femme étendit donc son bras au dessus de la table puis elle posa sa main sur celle de Chloé pour la presser brièvement.
Enfin, elle se pencha en avant et souffla avec douceur:

« Ma belle… N’y pensez même pas. »
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Ven 16 Déc 2016 - 11:25, édité 1 fois
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L'agitation dans la salle grandissait. Chloé tournait résolument le dos à l'assemblée, tentant d'ignorer les arguments et les partis pris, jusqu'à ce que deux voix bien connues résonnent à ses oreilles. Elle n'avait pas beaucoup vu Irving depuis leur rencontre à l'hôpital. Il y avait résolument des tensions entre eux suite au Bloody Sunday, et avec son nouveau poste, Chloé n'avait pas eu le temps de vraiment s'en inquiéter. Quant à Scarlett, elle ne l'avait plus rencontré depuis des années. Mais il était difficile d'oublier les quelques membres de la Salamandre qu'elle avait connu. Clarissa, Eileen, Scarlett et Chloé, autant de profils différents pour un seul but pendant la guerre. Chloé savait qu'il y avait d'autres anciens, mais le réseau avait toujours été fait de manière à protéger farouchement l'identité de ses membres. Et si, après la guerre, certains s'étaient rencontrés, beaucoup étaient restés dans l'ombre, un peu comme elle.

La directrice résista à l'envie de se tourner vers la salle pour voir le débat, se contentant d'écouter. Irving parlait peu, et les opinions semblaient largement divisées. Elle cru reconnaître une ancienne élève qui faisait l'apologie de Marchebank, et manqua de défaillir en entendant Scarlett la soutenir. Elle fixa Eileen, les sourcils froncés, mais celle-ci regardait quelqu'un derrière elle. Scarlett, encore, qui venait la saluer.

"Bonjour, Scarlett" dit-elle d'une voix rauque lorsque leur ancienne... collègue la salua après un moment de surprise. "C'est qu'il y a beaucoup de nouveaux modèles d'aiguille, ces temps-ci, vous ne trouvez-pas?" Mais elle-même ne croyait pas à sa tentative d'humour. D'ailleurs, la main presque maternelle qu'elle posa sur la sienne en témoignait.

Au ton employé par l'employée du Ministère, Chloé compris qu'elle s'était trompée sur son compte, et se demanda même comment elle s'était faite avoir. Bien sûr, Scarlett maniait l'art de se fondre dans la foule avec brio. Elle l'avait toujours fait, et elle-même était en train de jouer le même jeu, chaque jour qui passait, à prétendre que le régime Marchebank était merveilleux.

"Et qu'est-ce que vous voulez que je fasse? Leur donner les adresses de tous les mécontents que je connais? Il faut que ça s'arrête, Scarlett. Vous savez comment ça se passe au Ministère. Il n'y a rien qui puisse les arrêter, et je ne peux pas cautionner ça."


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Scarlett Parkinson, Employée du Réseau de Poudre de Cheminette, Membre de la première Salamandre


Scarlett retint un soupir quand Chloé confirma ses doutes. Bien sûr qu’elle ne pouvait pas cautionner cela mais se rendait-elle seulement compte de la place stratégique qu’elle occupait. Si jamais tout cela dégénérait –comme elle le craignait - il leur faudrait des hommes et des femmes de confiance dans le pouvoir en place. Et Chloé occupait un poste de premier choix en temps que directrice des Mystères.

« Je ne pense pas que ce soit le lieu le plus adéquate pour parler de cela mon enfant »
souffla toutefois Scarlett avec un sourire affable, mais… »

Vu de l’extérieur, elle avait tout l’air de prendre gentiment des nouvelles des deux femmes mais c’était un tout autre discours qu’elle s’apprêtait à tenir :

« …si jamais vos craintes se vérifient, nous allons avoir besoin de vous, là ou vous êtes actuellement. Et vous le savez, c’est pour cela que vous n’avez pas encore déposée votre démission. » Poursuivit elle sans se départir de sa bonne humeur de façade.

Même si elle ne connaissait pas Chloé aussi bien qu’Eileen, elles avaient été alliées durant la dernière guerre. Scarlett savait que la directrice était une femme intelligente qui savait analyser une situation avant de prendre une décision. Elle avait forcément envisagé la possibilité d’être une sorte d’espion si le contexte politique s’envenimait mais Chloé était peut-être arrivée à la conclusion que cette fois, elle avait plus à y perdre qu’à y gagner. Scarlett devait absolument titiller l’instinct gryffondoresque de sa consœur afin de ne pas perdre leur plus précieuse alliée. Défendre les plus faibles, combattre les injustices : Chloé y était forcément sensible.

« Souvenez-vous de ce pourquoi vous vous êtes battu lors de la dernière guerre,
souffla-t-elle, Il y a plusieurs manières d’agir. Bien sûr vous pouvez vous opposer frontalement –en bonne Gryffondor que vous êtes- mais avant, posez vous cette question : Si jamais tout cela se détériore, où serai-je la plus utile et la plus efficace pour défendre les valeurs qui me tiennent à cœur ? »

Scarlett balaya la pièce d’un regard qui se voulait indifférent mais elle souhaitait surtout s’assurer qu’aucune oreille indiscrète ne trainait dans les parages. Elle accorda un sourire à M. Dabroski assis un peu plus loin –il se languissait déjà de sa présence le beau brun-  puis, sans le quitter des yeux elle poursuivit à l’attention de Chloé :

« Vous avez déjà joué sur les deux tableaux auparavant. Vous pouvez le faire de nouveau. Nous en avons plus que jamais besoin aujourd’hui. »
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« Ma petite puce »… Azénor n’était certainement pas ravie d’être surnommée de la sorte mais elle était bien élevée aussi adressa-t-elle un sourire poli à Scarlett tout en répondant d’un temps enjoué :

« Je vais bien, merci, tout se passe pour le mieux. Le département et ses employés sont vraiment accueillants, je n’ai pas à me plaindre. J’ai eu vraiment beaucoup de chance d’être acceptée ici. Et vous avez vu juste, Moira prend grand soin de moi, elle est toujours présente lorsque j’ai une question ou un problème. Je lui en suis très reconnaissante, son avis compte beaucoup pour moi. »

Son attention et celle de Scarlett furent détournées par la présence du nouveau venu du coin Portoloins comme il se désignait lui-même. Klemens Dabroski, un nom à retenir à n’en pas douter… Azénor lui adressa un sourire des plus charmeur mais fut un peu vexée lorsqu’elle s’aperçut qu’il prêtait plus d’attention à cette vieille Scarlett qu’à elle-même. Etait-il de ce genre d’homme qui préféraient les femmes âgées ? Elle espérait que non, cela serait du gâchis. A moins qu’il agisse ainsi dans l’espoir que Scarlett lui offre une bonne place dans le Département, après tout, tout le monde connaissait Scarlett et son avis pesait son poids sur les autres employés. Dans tous les cas, Azénor était agacée, aussi reporta-t-elle son attention sur la discussion qui commençait à enflammer la salle.

Rufus et Moira commencèrent à s’apostropher mais Azénor préféra ne pas intervenir, elle n’avait de toute façon rien de plus à dire. Irving fut tout à coup le centre des débats lorsque Moira commenta son accident, cette fois-ci, Azénor aurait pu intervenir, après tout, elle avait parlé un peu plus tôt avec Irving. Cependant, elle capta le regard noir qu’Irving posa sur elle et elle fut assez intelligente pour garder le silence devant tout le monde même si elle ne put s’empêcher de lui faire comprendre ce qu’elle en pensait :

« Tu n’es pas obligée de me regarder comme ça, je n’y suis pour rien moi ! Moira a vu elle-même le rapport d’incident, ce n’est pas toujours moi qui parle ! Je ne suis pas une idiote sans cervelle… »

L’impression d’être perdue, trop jeune, pas à sa place qu’elle ressentait depuis qu’elle était entrée dans le bar commençait doucement mais sûrement à lui taper sur les nerfs et si en plus Irving tenait à lui lancer des regards d’avertissement comme sa grand-mère Ingrid lors des repas de famille, elle n’allait pas tenir.

Heureusement, la situation s’apaisa avec l’intervention de Scarlett puis celle de Klemens qu’Azénor écouta attentivement. Elle avait conscience qu’elle devait se créer une opinion sur le sujet. Le pays était en ébullition et si elle voulait s’intégrer au Ministère, faire oublier aux autres mais aussi à elle-même qu’elle sortait tout juste de Poudlard, elle devait s’intéresser à la politique. Alors, elle écoutait, essayait de voir quel discours était le plus juste à ses yeux, technique pas forcément très judicieuse puisque chacun semblait avoir des arguments défendables.

Scarlett décida soudain que l’herbe était plus verte de l’autre côté de la salle et elle les abandonna pour aller saluer d’autres amis, non sans draguer ouvertement Klemens, Azénor se retint de lever les yeux au ciel. Elle ne savait que penser de Scarlett, elle avait tout de même de bien étranges manières… Mais une chose était sûre, lorsqu’Irving reprit la parole, elle aurait tout donné pour que Scarlett ne soit pas partie.

Elle lui lança un regard légèrement agacé, elle n’avait rien demandé, par Merlin ! Et la voilà désormais au centre de l’attention de tous ses collègues. Finalement, le moment de prendre position était arrivé bien plus vite que prévu et elle n’était absolument pas prête pour cela. Que pouvait-elle dire ? Qu’allaient-ils penser d’elle ? Il ne fallait surtout pas qu’elle mette les pieds dans le plat. Elle qui avait toujours adoré parlé en compagnie de ses amis, détestait parler en société. Dans les réunions de la Haute, elle était toujours mal-à-l’aise, sentant peser sur elle le regard de ses parents mais surtout de sa grand-mère Ingrid qui ne laissait jamais rien passer. Aujourd’hui, elle aurait presque aimé qu’elle soit là pour lui dire que répondre, que penser mais Azénor devenait adulte et elle devait prendre ses propres décisions.

Plusieurs regards étaient posés sur elle, attendant sans aucun doute de voir ce que la petite stagiaire avait dans le ventre… Pas grand chose selon elle mais elle ne pouvait se défiler alors en bonne Gryffondor elle se lança avec un ton bien plus sûr d’elle qu’elle ne l’était en réalité :

« Je suis d’accord avec le Ministre lorsqu’il affirme que la situation ne peut durer ainsi et pour une fois, le gouvernement prend des décisions, ce qui n’est pas mal. Alors oui, j’ai confiance en monsieur Marchebank pour rétablir l’ordre, pour éviter que le Monde Sorcier devienne un monde corrompu par la mafia et les guerres de gangs. J’émets toutefois une réserve sur le sujet de la peine de mort. Je suis d’accord avec Klemens lorsqu’il affirme que personne ne peut décider de la vie ou de la mort d’un être vivant. Nos prisons sont suffisamment sûres pour que nous n’ayons pas à nous soucier d’évasions. Alors pourquoi ne pas simplifier le système judiciaire pour que les criminels soient plus vites incarcérés et fasse moins de mal, sans pour autant les condamner à la peine capitale ? »

Azénor était concentrée et lorsqu’elle eut fini sa tirade, elle souffla un bon coup. En réalité, elle était bien peu sûre d’elle, avait lancé quelques idées généralistes dans l’espoir de se donner une contenance. Le plus important était qu’elle avait parlé, il ne lui restait plus qu’à voir ce que les autres en pensait. Sous les yeux de ses collègues réunis, Azénor avait l’impression de passer un deuxième entretien d’embauche.



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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Ven 16 Déc 2016 - 11:26, édité 1 fois
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"Vous êtes une vraie avocate du diable, on ne vous l'a jamais dit?" demanda Chloé à Scarlett lorsque celle-ci eu terminé son plaidoyer.

Parce que Scarlett avait raison, bien sûr. Chloé le savait, elle avait déjà eu cette réflexion. Mais tant de choses avaient changé, depuis la dernière guerre! Il y avait déjà une énorme différence entre être une simple Langue-de-Plomb fouineuse qui alimentait la résistance en informations, et être directrice d'un département qui créait des armes horribles. Car, si elle restait à son poste, c'était bien ce qu'elle devrait faire. Elle avait un pouvoir décisionnaire qui modifiait toute la perspective de la situation. Les recherches auraient lieu. Qu'elle profite de sa participation pour en trouver les failles et créer des antidotes ou des boucliers ne les rendrait pas inoffensives. Fournir et informer les opposants n'empêcheraient pas les armes de faire des victimes, victimes qui seraient à mettre à sa charge.

Chloé n'était pas sûre d'avoir les épaules pour supporter un tel poids. Il aurait été plus facile de partir en claquant la porte, de tout dénoncer à la presse, de se présenter comme le cheval blanc contre les dérives de Dalhiatus et Marchebank. Mais elle doutait de l'efficacité d'une telle méthode. Pourquoi se contenter d'informations qui seraient vite dépassées lorsqu'elle avait le pouvoir de tout connaître? Les recherches auraient lieu, qu'elle les dirige ou non. Scarlett avait raison sur ce point, elle était plus utile là où elle était.

"Je sais que vous avez raison, Scarlett. Mais les enjeux..."

Les enjeux n'étaient plus les mêmes hier et aujourd'hui. Pendant la première guerre, Chloé n'était pas la cible d'un régime anti Sang-Pur. Ses parents étaient assez jeunes pour protéger Maeva en cas de problème, et elle n'était pas un leader, juste un simple membre d'un réseau de défense passive. Aujourd'hui, elle devait s'occuper de Maeva, trop grande pour être couvée, et de Lou. Même si elle avait toute confiance en Peter pour la protection de ses deux filles, elle avait l'impression d'avoir bien plus à perdre. Parce que les ambitions de Marchebank étaient bien plus floues que celle du Seigneur des Ténèbres. L'opposition frontale aurait l'avantage de savoir exactement ce qu'elle risquait, mais Chloé ne se voyait pas fuir avec deux enfants. Quant à rester espionner, cela signifiait prendre des risques, ne rien changer à ses habitudes, laisser sa famille exposée. Le danger frapperait peut-être au moment où elle s'y attendrait le moins, et elle ne pourrait rien y faire. C'était une situation inextricable.


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Scarlett laissa échapper un petit rire lorsque Chloé la qualifia d’avocate du diable. Par Salazar, elle n’était rien de tout ça. Juste un pur produit de sa maison, aguerrit par quelques années au compteur. Elle avait vu plusieurs gouvernements totalitaires se mettre en place et elle commençait à savoir déceler les signes avant-coureurs. Elle savait aussi, qu’il fallait placer ses billes à l’avance. Rentrer dans le cercle des fidèles une fois une dictature installée était quasiment impossible, aussi, si la Salamandre devait un jour reprendre son activité,  elle devait placer de bons éléments, à des postes stratégiques, dès maintenant.

Eileen McNeil lui avait parlé d’une proposition d’embauche à la surveillance magique et Scarlett lui avait bien évidemment conseillé d’accepter. A elles trois, elles étaient implantées dans différents départements du Ministère. Si les choses dégénéraient, elles pourraient laisser trainer leurs oreilles, observer les faits et gestes de chacun, tâter le terrain… Bien sûr Chloé était la cerise sur le gâteau dans le sens où elle avait un accès direct au bureau du Ministre. Ces grandes responsabilités impliquaient forcément des grands risques. Mais pas plus grands que ceux qu’elle avait déjà pris par le passé : En effet, elle avait déjà mi sa vie et celles de ses proches en péril pour une cause qu’elle jugeait juste, elle pouvait tout à fait recommencer aujourd’hui.  Il suffisait à Scarlett de trouver l’argument qui ferait mouche :

« Écoutez Chloé, je ne suis pas là pour vous convaincre. Vous savez aussi bien que moi que c’est typiquement le genre de décision qu’il faut prendre en son âme et conscience. Loin de moi l’envie de vous contraindre, cela serait contre productif. Bien sûr, je serai plus rassurée de vous savoir dans les arcanes du pouvoir mais vous êtes libre de choisir ce que vous souhaitez faire et la seule à pouvoir prendre cette décision. »

La technique du « Mais-vous-êtes-libre-de » avait fait ses preuves depuis longtemps. En bonne Serpentard, Scarlett savait que cette phrase magique avait le pouvoir d’augmenter considérablement le pourcentage d'acceptation d’une requête  et elle espérait que cela fonctionnerait auprès de Chloé. D’autant plus que cette dernière s’était déjà engagée dans cette cause auparavant, aussi Scarlett avait bon espoir d’arriver à ses fins.

« Prenez le temps de la réflexion mon enfant. »
souffla-t-elle en tapotant la main de la directrice du département des Ministères.

Hors jeu:
 
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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"Vous semblez fort bien renseigné sur ce qui se passe à Bristol, Scarlett. C'est amusant, parce que ce n'est pas du tout l'impression que j'ai moi pour avoir fréquenté cette ville un certain temps. Je conçois qu'on ne peut pas laisser les mafieux agir comme bon leur semble. Toutefois, ils ne sont pas tous à exterminer. Certains sont... simplement perdu et ont besoin d'aide. Pour la plupart, le trafic n'est qu'un moyen de se remettre à flot le temps de trouver autre chose. Pour d'autres, je ne dis pas, c'est vraiment un choix de vie. Mais il ne sont pas tous méprisables et ce ne sont pas tous des assassins."

Il esquissa un léger sourire à l'intention de la vieille femme. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Roy. Il n'était pas un assassin. C'était juste un homme qui avait décidé de s'enrichir en vendant des produits illégaux. Mais après tout, si il n'y avait personne pour les acheter, il n'y aurait pas de marché noir.

"Les habitants, les gouvernements sont autant coupables que les trafiquants. Pourquoi croyez vous que ça fonctionne aussi bien ? Parce que les gens demandent ces produits. Si il n'y avait personne pour acheter de la Tenebrosia ou de la Monalisa croyez-vous que le marché noir serait aussi développé ? Pour ne prendre qu'un exemple, les loups-garous. Pendant des années, les potions Tue-Loup ont été hors de prix. Comment croyez-vous que les plus pauvres se fournissaient ? Grâce aux trafiquants. Et il n'y en a pas qu'à Bristol, il y en a un peu partout. Alors oui, Bristol a subit un drame horrible. Mais est-ce qu'il faut tout stigmatiser ? Deux gangs se sont affrontés. Croyez-vous que les hommes qui se sont battus ont eu le choix ? Non, ils ont obéis à un chef. Certains par conviction. Comme vous à cet instant lorsque vous vantez le régime Marchebank. Et d'autres par peur et pour avoir une chance de nourrir leur famille."

Pourquoi prenait-il la défense des trafiquants ? Il se le demandait bien. Peut-être parce qu'il avait été un homme perdu lui aussi à un moment de sa vie et qu'il s'était tourné vers l'argent facile. Parce que lui aussi avait été victime d'un chef de gang. Il poussa un léger soupir et secoua légèrement la tête avant de reprendre.

"Après, je ne dis pas qu'il faut les laisser agir impunément. Je dis juste qu'il ne faut pas regarder le bout de son nez et voir un peu plus loin. Et je pense que les mesures de Marchebank ne répondent pas aux attentes des citoyens. Que sous couvert d'actions répressives qui se disent protectrices se cache quelque de beaucoup plus malsain. Mais je me trompe peut-être."

Il en doutait cependant. Et c'est légèrement énervé par la prise de position de Scarlett qu'il plongea son nez dans sa gobière à peine entamé. Il esquissa un léger sourire à la vieille femme lorsqu'elle souhaita retourner vers des eaux moins agitées visiblement. En lui demandant de ne pas laisser leurs opinions mettre un terme à leur amitié naissante.

"En aucun cas Scarlett cela n'affecte notre amitié, soyez rassurée. On ne peut pas être d'accord sur tout après tout."

Il esquissa un léger sourire rassurant avant de la regarder s'éloigner non sans qu'elle le tâte encore une fois avant de disparaître dans la foule. Il poussa un profond soupir avant de reporter son attention sur la discussion. Il ne doutait pas que ses déclarations allaient en choquer plus d'un. Après tout, il n'avait que d'honnêtes gens devant lui n'est-ce pas ? Il n'avait jamais rien fait de répréhensible dans leur petite vie bien rangée. Ils étaient tout beau, tout propre et ils montaient un peu le ton pour faire bonne mesure rien de plus. Mais il n'y en avait pas la moitié dans tout leur petit groupe prêt à bouger le petit doigt pour réellement faire bouger les choses de façon efficace.


Klemens Dabrosky
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving sirotait sa gobière d'un air absent. A vrai dire, il ne trouvait pas les arguments de Klemens très convaincants. Dans le drame qui s'était joué à Bristol, il n'était pas question de petits trafiquants de Mandragore -à l'instar d'un Danny, un peu paumé et vaguement dépendant aux substances qui rendaient la vie plus belle- non, il s'agissait de gros bonnets de la mafia qui n'avaient pas hésité à régler leur compte au milieu de l'une des artères les plus fréquentées du monde magique.

"Attends, tu peux pas dire qu'les habitants d'Bristol sont aussi responsables qu'les mafieux. Faut pas abuser quand même. Y a une différence entre acheter quelques grammes de Mandragore et buter quelqu'un d'un Avada -Il était bien placé pour le savoir puisqu'il s'autorisait le premier délit mais il était impensable qu'il comète le deuxième pour le moment J'veux bien qu'y ait un espèce de cercle vicieux qui s'mette en place mais quand même !"

Klem tempéra ses propos en affirmant qu'il ne fallait pas non plus laisser agir les trafiquants impunément mais que les solutions apportées par Marchebank n'étaient pas forcément adéquates. Les pleins pouvoirs ? Irving ne savait pas vraiment quoi en penser. Cette mesure était provisoire et il avait envie d'y croire. Même si le Ministre l'avait déçu dans sa manière de conduire la réhabilitation de Nimbus, il ne pouvait pas gérer une deuxième crise aussi mal, n'est-ce pas ?

Pour le coup, il partageait presque les idées d'Azenor. Avec un peu moins d'enthousiasme toutefois. Il se tourna vers elle lorsqu'elle prit la parole, sans se départir de sa mine boudeuse -elle lui avait parlé sur un ton assez sec tout à l'heure, ce qui ne lui avait vraiment pas plu- et il l'écouta exposer son point de vue sur la politique du Ministre.

Il est vrai qu'Azénor avait tapé dans le mille en affirmant un peu plus tôt qu'Irving la voyait comme une idiote sans cervelle aussi l'ancien Gryffondor haussa les sourcils d'étonnement devant son argumentaire construit et sa prise de position franche. Il ne s'attendait pas à autant d’aplomb venant de cette fille qui ne faisait que cancaner à longueur de journée dans leur salle commune. Manifestement, il n'était pas le seul à être impressionné par  la jeune femme puisque Moira surenchérit:

"C'est exactement ce que je pense ! Peut-être faudrait-il même créer des centres de semi-liberté afin de remettre les détenus dans le droit chemin, progressivement. Cela permettrait aux trafiquants dont vous parliez Klemens, ceux qui sont pris dans un engrenage néfaste,  de retrouver un travail honnête sous la tutelle de l'état et de l'institution. Je suis sûre que Marchebank serait favorable à de telles mesures." conclut-elle en adressant un sourire à Azénor.

Irving but une nouvelle gorgée de gobière. Tout cela le laissait perplexe et il préférait attendre de voir ce qu'allait faire le Ministre avec ses pleins pouvoirs avant de se prononcer sur la question...


Fin pour Irving


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Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Prendre le temps de la réflexion… Elle ne faisait que ça depuis des mois ! Réfléchir, peser le pour, le contre, revoir le poids des arguments et leur place dans une balance qui persistait à rester équilibrée – ou qui oscillait vers le danger - au lieu de pencher du côté du bon sens. Chloé en avait soupé de la réflexion. Elle voulait prendre une décision, la bonne, celle de quitter les Mystères, de retourner à Poudlard et de laisser Dalhiatus se débrouiller avec son projet glauque. Elle songeait aussi à aller trouver le Chicaneur ou Sorcière Hebdo pour leur raconter les détails sordides des plans du directeur des Catastrophes. C’aurait été une douce revanche, et, l’avant-veille, elle l’aurait probablement fait. Mais les pleins pouvoirs changeaient tout en donnant une dimension beaucoup plus menaçante au gouvernement. De Ministre autoritaire, Marchebank venait de prendre une teinte inquiétante de despote, et elle en venait à s’interroger sur les conséquences d’un tel acte.

Chloé regarda Eileen, qui lui adressa un regard aussi compatissant qu’impuissant. Scarlett était, comme toutes deux, une femme de raison et il semblait difficile de ne pas se ranger à ses arguments. Mais le combat à mener était épuisant. Elles n’étaient plus ces jeunes femmes idéalistes qui ne pesaient pas bien les conséquences de leurs actes. Elles étaient mères depuis bien plus longtemps. L’âge, l’expérience et la raison éclairaient leurs actions d’une lumière plus dangereuse. Peut-être y avait-il aussi une certaine fatigue, une résignation à voir que les problèmes revenaient, à chaque fois sous d’autres formes. Que malgré des périodes d’accalmie, il n’y aurait jamais de repos. Dès lors, pourquoi lutter ? Pourquoi s’exposer ? Après tout, Marchebank n’était pas aussi fou que Voldemort. On pouvait vivre en paix tant que l’on ne s’opposait pas à lui, ce qui n’était pas imaginable dix ans auparavant, quand le simple fait d’exister pouvait vous mettre en danger.

« Je crois qu’il n’y a pas vraiment de choix à faire » fut pourtant la réponse que Chloé formula en laissant son regard courir sur la salle. Les trois femmes levèrent leur verre d’un air grave.

Le brouhaha de la salle, le débat animé leur parvenait plus nettement désormais. Ces gens, innocents, croyaient encore disposer du droit de donner leur avis. Combien de temps leur faudrait-il pour apprendre à se taire ?
[RP Terminé]


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