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 Les noces rebelles [Leopold]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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9 Octobre 2008

La nuit était tombée depuis quelques temps sur le manoir Marchebank et pourtant Daria Rosier ne semblait pas très encline à partir. Depuis que Rosie avait quitté la maison familiale, sa grand-mère semblait vouloir continuer de garder un contact très étroit qui s'apparentait parfois à une étroite surveillance. Rosaleen avait un temps espéré que la présence de l'impressionnante Griselda Marchebank suffirait à l'éloigner mais il semblait que Daria était bien plus tenace que cela.

Alors qu'elle avait prévu de travailler sur son sujet d'étude - devenir la femme du Ministre de la Magie ne l'avait pas détournée de Lycaon - ce soir, sa grand-mère préférait l'entretenir de longs conseils maritaux tout en fustigeant le fait qu'elle ne soit pas encore enceinte après deux mois de mariage, arguant que sans enfant, elle restait dans une position délicate.  S'éloigner de ses grands-parents avait fait énormément de bien à Rose qui commençait à comprendre l'emprise nocive qu'ils avaient eu sur elle pendant des années et des années. Malheureusement, ils restaient ceux qui l'avaient élevée et elle leur vouait encore un trop grand respect pour exprimer le fond de ses pensées.

Daria en était à critiquer le fait qu'elle continue de poursuivre des études alors qu'elle devrait plutôt s'occuper de son très occupé mari lorsque le bruit familier de la cheminée retentit dans le silence de la grande maison. Réprimant un soupir de soulagement, Rose se leva pour descendre les escaliers d'un pas preste, suivie bien plus lentement de sa grand-mère. Leopold venait de rentrer du Ministère après une longue journée et si elle était heureuse de le voir, elle était également heureuse que son arrivée signifie le départ de sa grand-mère : cette dernière n'osait pas vraiment s'imposer face à lui, surtout depuis qu'il était Ministre de la Magie, tandis qu'elle traitait encore Rosaleen comme une enfant sur laquelle elle avait tous les droits.

- Bonsoir, lança-t-elle avec un sourire tendre, déposant un léger baiser sur les lèvres de Leopold, profitant du fait que sa grand-mère soit encore en train de descendre lentement les marches. Je n'ai pas réussi à la faire partir, s'excusa-t-elle en sachant que Leo n'appréciait pas vraiment la présence de Daria chez lui. Enfin chez eux.
- Monsieur l'honorable Ministre de la Magie, minauda Daria en arrivant à leur hauteur. Voilà quelques jours que nous ne nous sommes pas croisés. Mais je peux comprendre, vous peinez à maintenir Bristol en place, c'est fâcheux, lança-t-elle avec un soupir faussement compatissant et un sourire qu'elle peinait à contenir.

Si les Rosier étaient absolument ravis de voir leur petite-fille épouser l'homme le plus puissant du monde magique, de nombreuses mesures que ce dernier avait pris leur restaient en travers de la gorge, les Sang-Pur étant visés par une politique particulièrement rugueuse. La déférence qu'ils avaient envers lui s'estompait peu à peu, persuadés que la position que leur offrait Rosaleen était intouchable.

- Il se fait tard, grand-mère, j'ai été ravie de vous voir mais je pense que grand-père doit vous attendre avec impatience, lança Rose avec un sourire, glissant une main sur le bras de Leo. Elle n'avait pas très envie de voir les deux s'engager dans une discussion houleuse, même si elle savait que son mari aurait le dernier mot.
- Je pensais que peut-être, pour le dîner...
-  Nous dînons dehors, la coupa Rosaleen d'un ton courtois mais ferme.

Elle soutint le regard de sa grand-mère encore quelques instants avant que cette dernière ne capitule et ne fasse apparaître sa cape d'un coup de baguette magique.

- Bien, je vais donc vous laisser à votre soirée. Monsieur le Ministre, salua-t-elle en mettant son chapeau et en s'avançant vers la Cheminée. Je passerai te voir demain, ajouta-t-elle à l'adresse de sa petite-fille.

Avant que Rose ait pu répondre que ce n'était pas la peine, Daria avait disparu dans une nuée de flammes vertes. Elle se sentait plus légère après ce départ, tant les visites quotidiennes de sa grand-mère lui pesaient et l'angoissaient à la fois sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit pour les espacer : ce n'est pas comme si les Rosier avaient autre chose à faire de leur temps. Détournant le regard de la Cheminée, Rose se tourna vers Leo, glissant sa main dans la sienne.

- Tu as passé une bonne journée ?



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold poussa un soupir de soulagement en s'engouffrant dans la cheminée. La sensation familière des flammes le long de ses jambes le réconfortèrent et il prononça "Manoir Marchebank" avec un empressement certain. Les journées au Ministère se faisaient longues et particulièrement chargées depuis que Bristol avait été le théâtre d'une véritable guerre des gangs, et Leopold n'avait vraiment pas le temps de s'ennuyer. Les soucis s'accumulaient et Leopold devait prendre des mesures difficiles pour éviter que le pays ne sombre dans le chaos. D'un côté, cette animation était stimulante et il aimait l'ambiance effervescence qui s'était instaurée à son niveau du Ministère, mais de l'autre, il se sentait fatigué et n'était pas mécontent de retrouver la quiétude du Manoir en fin de journée.

Ce soir là en particulier, il n'aspirait qu'à une soirée reposante en compagnie de sa famille, et surtout d'une bonne potion contre la migraine. Une douleur diffuse s'était emparé de son esprit depuis le début de l'après-midi, douleur dont même un verre de Ragnarov n'était parvenu à le débarrasser. Le Ministre n'était donc pas dans les meilleures dispositions possibles pour faire face à sa terrible belle-mère, et il eut la plus grande peine du monde à retenir son irritation en se rendant compte de sa présence. Où était donc Griselda quand on avait besoin d'elle ? S'il y avait bien quelqu'un capable d'éloigner une grand-mère Rosier, c'était elle... Par Merlin, quand allait-elle enfin les laisser en paix ?! Son agacement était tel qu'il remarqua à peine le baiser de Rosaleen et qu'il ne put s'empêcher de fusiller la vieille femme du regard. De quel droit se permettait-elle d'évoquer Bristol ? Ils partageait un lien de parenté par alliances, certes, mais ils n'avaient pas gardé les hypogriffes ensemble pour autant, et il n'appréciait pas ses piques occasionnelles sur sa politique. Au cours des dernières semaines, Leopold était devenu tellement excédé par la présence constante et étouffante des grands-parents de son épouse qu'il ne pouvait s'empêcher de penser mesquinement à eux lorsqu'il approuvait un projet de loi qui visait les sangs-purs.

Leopold posa un regard incrédule sur Daria qui avait du mal à dissimuler sa jubilation quant au fait de pouvoir le taquiner sur ce terrain. N'avait-elle pas conscience du fait que sa propre petite-fille aurait pu mourir ce jour là, si Leopold n'avait pas assuré si étroitement sa surveillance ? La mort de Swann était encore un sujet sensible pour le ministre qui n'appréciait certainement pas qu'on lui rappelle les troubles qui agitaient Bristol avec autant de légèreté. C'était bien différent du Bloody Sunday, dont il avait pu se réjouir puisqu'il avait parfaitement placé ses pions et protégé ce qui devait être protégé. Cette fois, la situation lui avait en effet échappé - mais plus longtemps...

"Cela ne sera bientôt plus un problème", répliqua-t-il sèchement.

Heureusement pour les nerfs de Leopold, Rosaleen décida elle-même d'éconduire sa grand-mère. Il se demanda si elle avait senti son irritation ou si elle commençait elle-même par se lasser du comportement étouffant de sa famille. A vrai dire, Leopold penchait pour la seconde solution, tant Doria se montrait parfois sans gène. Leopold n'ignorait pas qu'une partie non négligeable de l'enthousiasme qu'avait éprouvé Rosaleen à l'idée de leur mariage résidait dans le fait qu'elle allait enfin pouvoir s'éloigner de l'influence vampirique de ses grands-parents. Or le "jeune" couple avait bien du mal à éviter les visites incessantes de la vieille sorcière, qui semblait considérer qu'il était de son droit de s'inviter très régulièrement dans la demeure du Ministre de la magie. Outre le fait que Leopold estimait avoir le droit à un peu de paix et de tranquillité lors de ses maigres moments de repos, il ne voulait pas cela pour Rosaleen. La jeune femme méritait d'avoir enfin un peu de tranquillité après toutes ces années sous la coupe de ses grands-parents...

Leopold se détendit quelque peu lorsque la cheminée emporta sa belle-grand-mère, et serra doucement la main de Rosaleen dans la sienne.

"Oui, mais je me sens particulièrement fatigué ce soir", répondit-il en pressant ses tempes d'un air las. "Je te remercie pour avoir demandé à ta grand-mère de partir, je ne me sentais pas prêt à entendre de "l'honorable Monsieur le Ministre" toute la soirée..."

Après tout, cette hypocrisie était fatiguante. Leopold n'était pas sans savoir qu'elle n'avait absolument pas voté pour lui aux élections, ou alors, simplement pour pouvoir se dire proche du pouvoir, et il préférait largement les critiques constructives de son épouse à ces piques mesquines. A vrai dire, il se sentait parfois si irrité par sa belle-famille qu'il n'avait envie que d'une seule chose : la faire taire.

"Et toi, as-tu passé une bonne journée ? Vous avez passé l'après-midi ensemble ?", s'enquit-il en posant sur Rosaleen un regard inquisiteur, curieux de savoir si Rosaleen était aussi agacé que lui par le comportement de sa grand-mère... Ou si elle avait simplement voulu profiter de son mari et le garder pour elle toute seule. L'hypothèse était séduisante mais la première lui semblait plus réaliste...



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- Tu travailles beaucoup, répondit simplement Rosaleen lorsque Leopold lui confia être fatigué.

Ce n'était pas un reproche, au contraire, elle admirait sa ferveur dans son travail et son implication dans son mandat. Elle-même passait beaucoup de temps à Lycaon, planchant sur son doctorat tous comme ceux qui avaient continué après la troisième année d'études. Elle partait tôt le matin pour les cours, revenait tard le soir après avoir travaillé longuement à la bibliothèque... Évidemment les choses n'étaient pas pareilles : Leopold dirigeait le pays et en ces temps agités ce n'était pas chose facile. Les évènements de Bristol avait particulièrement marqué Rose par leur violence. Elle était présente dans le restaurant où avait lieu la rencontre et le début des combats entre les deux chefs de gangs et elle aurait pu faire partie de la liste des victimes... Connor, avec qui elle se trouvait, avait été blessé mais Merlin merci s'en sortait sans trop de dommages. Elle avait eu une chance immense ce soir-là, elle en avait conscience. Ses pensées se tournèrent vers Swann et elle sentit son cœur se serrer. La jeune femme était plus jeune qu'elle et promise à un si grand avenir ! Assassinée en un instant sur les pavés froids de Bristol comme si de rien n'était. Rose avait connu le deuil plusieurs fois dans sa vie mais l'expérience n'empêchait pas le chagrin... Décidée à éloigner ses sombres pensées de son esprit, Rose revint à l'instant, c'est à dire une tranquille et apaisée soirée en compagnie de Leopold.

- Non, Merlin soit loué, soupira-t-elle lorsque ce dernier lui demanda si elle avait passé l'après-midi en compagnie de sa grand-mère. J'ai été à Lycaon toute la journée et je suis rentrée pour te voir et travailler... Mais c'est comme si elle me faisait surveiller par notre Elfe - ce qui n'est pas à exclure - puisqu'elle est apparue dans le conduit au moment où je retirais ma cape.

Et qu'on se le dise, ce n'était pas l'excuse de longues recherches en métamorphose qui allaient empêcher Daria de monopoliser sa petite-fille. Dès que Rosaleen tentait de lui faire comprendre qu'elle aurait aimé un peu plus de tranquillité, sa grand-mère se lançait dans un véritable chantage affectif pour la faire culpabiliser, comme depuis onze ans en fait. Mais ce n'était que depuis qu'elle ne vivait plus avec eux qu'elle s'en rendait compte. Certes, ses grands-parents l'aiment sûrement et tenaient à elle mais cette emprise nocive qu'ils exerçaient sur elle et leurs autres petits-enfants... Cela devait cesser. Malheureusement, Rose n'avait aucune solution pour s'opposer frontalement à ses grands-parents et préférait d'ailleurs éviter le conflit. De plus, ils avaient toujours la garde de Reda et d'Oreste... Laissant échapper un soupir qui trahissait ses pensées, Rose se reprit bien vite et posa ses mains sur les épaules de Leopold.

- Je sais qu'elle est envahissante et j'ai essayé de lui dire mais... Elle ne veut pas l'entendre, elle me dit que je suis ingrate et j'ai peur qu'elle m'interdise de voir Oreste si les choses s'enveniment.

Daria était parfaitement capable d'utiliser un enfant de dix ans comme moyen de pression contre Rosaleen et elle en avait parfaitement conscience.

- Enfin, ce n'est pas très important, je ne veux pas t'embêter avec cela après tes journées chargées. J'irai en parler à mon grand-père.

Recouvrant le sourire, Rose laissa descendre ses mains sur le torse de Leopold.

- Tu veux boire quelque chose ? Ou dîner ?


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La consternation du ministre augmenta d'un cran au récit de son épouse. Il n'avait pas réalisé à quel point Daria pouvait être vicieuse et acharnée. Leopold avait bien conscience de l'ascendant psychologique que ses grands-parents avaient sur Rosaleen, c'était bien contre quoi il s'était battu lorsqu'il avait voulu conquérir la main de la jeune femme, mais il avait naïvement cru que leur mariage suffirait à l'extirper de leur influence malsaine. Il se rendait compte maintenant que c'était un leurre. En quelques semaines, Daria avait largement pris ses aises et cela s'empirait de jour en jour. Leopold ne pouvait souffrir qu'on fasse surveiller ses agissements ou ceux de son épouse par un elfe. Il y avait beaucoup trop d'ombre dans sa vie pour qu'il puisse le tolérer, sans oublier le fait qu'il détestait cette idée. S'il s'avérait que Rosaleen avait raison à ce sujet, Leopold serait contraint de réagir. Si Daria voulait jouer au plus malin avec lui, elle allait être servie... A croire qu'elle n'avait toujours pas compris à qui elle avait affaire.

Qu'elle menace Rosaleen de ne plus voir son frère était la goutte d'eau. De quel droit cette vieille harpie pensait-elle pouvoir empêcher son épouse de faire quoi que ce soit ? Et de quel droit espérait-elle pouvoir prendre en otage un enfant impunément ? Cette fois, s'en était trop, Leopold était déterminé à récupérer la garde d'Oreste, d'une façon ou d'une autre, ce gamin ne serait pas utilisé par ses grands-parents à des fins utilitaires comme ses soeurs avant lui. L'expression de son visage en disait long sur ce qu'il pensait, quand bien même Rosaleen tentait d'atténuer son ressenti. Tandis que les mains de Rosaleen descendaient sur son torse, celles de Leopold vinrent encadrer celui de la jeune femme. Son regard sombre se planta impérieusement dans le sien.

"Si, c'est important, Rose. Parce que ce n'est pas admissible que ta grand-mère te menace de ne plus voir ton frère, ni, le cas échéant, de faire surveiller tes déplacements. Et c'est aussi important, parce que tu es importante pour moi. Tu peux me parler de tout ce que tu veux."

Leur mariage était tout jeune, aussi jeune que les nouvelles fonctions de Leopold, et il ne pourrait pas tenir si Rosaleen se sentait intimidé par son travail. Elle devait se sentir en droit de lui dire ses tracas ou même de l'importuner le soir après une longue journée de travail. Leopold ne comptait pas sacrifier son développement personnel et sa vie familiale au profit de ce pays... Bien loin de là. S'il fallait sacrifier le pays pour les beaux yeux de Rosaleen, de sa soeur ou de ses enfants, là, il le ferait. Heureusement, ils n'en étaient pas là...

Les mains de Leopold glissèrent dans le dos de la jeune femme et il l'attira doucement contre lui, avant de lui voler un baiser.

"Buvons un verre ensemble, oui", répondit-il avec un sourire. Manger, en revanche, ne lui disait rien qui vaille...




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Rosaleen soutint de ses yeux vers le regard sombre de son mari, tandis que ses propos résonnaient à ses oreilles. Elle n'avait jamais été capable d'évaluer correctement les limites des agissements de ses grands-parents, tout simplement parce qu'ils avaient réussi à al convaincre que c'était normal. Bien sûr qu'elle voyait que pour les autres jeunes femmes de son âge, cela ne se passait pas ainsi. Mais cela faisait des années que Rosie avait arrêté d'être une jeune femme de son âge normale. A partir du moment où elle avait perdu ses parents - sa mère en couches, son père à Azkaban - ses grands-parents avaient veillé sur elle et ses frères et sœurs, sacrifiant - selon eux - beaucoup de choses. Un confort matériel, la tranquillité d'une retraite bien méritée... Depuis dix ans, on avait appris à Rose qu'elle était redevable de la situation et qu'en contrepartie, elle devait rendre ce qu'on lui avait donné. Tout était parti de là et elle vivait encore dans ce schéma là, sans parvenir à s'en défaire. Mais n'avait-elle pas payé ce qu'elle devait ? Elle avait fait un mariage prestigieux, même plus que prestigieux et c'était ce qu'on avait attendu d'elle. Serait-elle redevable toute sa vie pour une situation qui dans le fond était peut-être normale ? Ses grands-parents avaient recueilli des enfants orphelins, c'était presque logique.

Il était peut-être temps de mettre fin à la situation en effet, songeait Rosaleen sans quitter Leopold du regard. Elle n'était plus seule, elle n'était plus en position de faiblesse comme elle l'était avant et avec le soutien de Leo, elle pourrait assurément prendre l'ascendant sur ses grands-parents. Il était temps qu'elle cesse d'être cette enfant que l'on dirige d'un claquement de doigts, qui ne dit jamais rien et prend sans cesse sur elle pour ne pas contrarier sa famille. Elle allait avoir vingt-deux ans, était mariée, ne vivait plus sous le toit de ses grands-parents, était diplômée d'une prestigieuse école de métamorphose... Et elle était l'épouse du Ministre de la Mage, un homme riche et influent, bien plus influent que ses grands-parents. Qu'est-ce qui l'empêchait de s'affirmer face à eux ? Son éducation, sûrement, sa retenue. Rosaleen avait toujours été quelqu'un de très doux qui n'aimait pas les conflits... Peut-être était-il temps de se faire violence. Elle hocha la tête lorsque Leopold martela qu'elle pouvait lui parler de tout et qu'elle devait lui parler de tout. Ils étaient mariés depuis quelques temps déjà mais Rose avait toujours été pudique, sur tous les plans et notamment pour exprimer ce qui la tracassait, aussi peinait-elle encore à réaliser qu'elle pouvait désormais se confier. Elle eut un sourire lorsqu'il lui vola un baiser et se dirigea vers le bar dans le salon pour servir deux verres, dont un d'alcool pour Leo. Elle n'avait pas perdu ses réflexes de serveuse, songea-t-elle en lançant son sortilège sur la bouteille, avant de tendre son verre à son époux.

- Est-ce que tu penses que je pourrais demander la garde d'Oreste ? lança-t-elle après un instant de silence. Je sais que ce n'est pas très bien vis à vis de mes grands-parents mais... Il serait mieux avec nous, tu ne penses pas ?

Reyna avait fini ses études à Poudlard, Reda terminerait bientôt les siennes... Mais Oreste n'avait que dix ans et il avait la vie devant lui. Il serait bien plus positif pour lui de rester avec sa sœur que seul au manoir avec Daria et Elbert.

- Je ne voudrais pas brusquer Dave, ou lui imposer quoi que ce soit mais... Oreste serait mieux à grandir ici que tout seul là-bas avec toi, moi... Nos enfants.

Ils n'avaient jamais évoqué le sujet directement mais dans l'esprit de Rose, avoir des enfants était juste une évidence.


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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Un hochement de tête confiant de Leopold salua la requête de Rosaleen. Qu'il était grisant d'être dans ses bottes, en ce moment, songea le ministre en savourant une gorgée d'alcool, retenant un soupir de contentement quand le liquide ambré s'écoula le long de sa gorge. Il avait le pouvoir de répondre à l'affirmative à la plupart des requêtes que l'on pouvait lui faire, tout comme il avait le pouvoir de les refuser. Il avait le pouvoir. Pas absolu, mais il n'en était pas loin, et ce qu'il ne pouvait obtenir par la légalité, il pouvait toujours le conquérir par les moyens illégaux qu'il avait toujours privilégié avant son élection. Obtenir la garde d'Oreste aurait donc sans doute été compliqué dans d'autres circonstances - après tout, ses grands-parents avaient pris soin de lui depuis le décès de ses parents, Rosaleen n'était qu'étudiante et Leopold venait tout juste de se remarier. Mais en l'occurence, il lui suffisait de faire un peu de charme au Magenmagot, ce qui ne serait pas difficile...

"Je pense que cela devrait pouvoir se faire, oui", répondit-il en faisant mine de réfléchir à la question, adoptant un air pensif. "Il serait très certainement mieux avec nous. Il y a toujours du monde au Manoir, même lorsqu'on travaille, et puis il serait avec toi..."

Il serait avec Rosaleen, et recevrait donc une bien meilleure éducation, Leopold en était certain. Quant à lui, il n'était pas le père idéal, mais il suffisait de voir Dave pour se rendre compte qu'il était capable d'élever une meilleure personne qu'il ne l'était lui-même... Certes, Meredith avait eu son rôle à jouer également, mais il était prêt à parier que Rosaleen ferait une meilleure mère encore que son ex-épouse.

"Je vais voir ce que je peux faire pour que cela arrive", répondit-il avant que son regard ne se fasse plus affectueux et taquin. "Nos enfants, hm ? Tu en voudrais combien, par curiosité ?"

Ce n'était pas qu'il était contre l'idée de s'entourer d'une ribambelle d'enfants, bien au contraire. Leopold n'était certes plus tout jeune mais il avait toujours aimé les enfants et n'avait rien contre le fait de devenir à nouveau père. De toute façon, cela faisait partie du deal lorsque l'on épousait une jeune femme de sang-pur et il s'était toujours douté que Rosaleen et lui en arriveraient là plutôt tôt que tard.

"J'ai hâte de faire leur connaissance...", souffla-t-il avant de glisser une main sur la taille de son épouse et de se pencher vers elle pour lui dérober un baiser. "Tu vas faire une mère formidable."



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La réponse de Leopold aurait arraché un cri réjoui à Rosaleen si elle n'avait pas été élevée de manière si guindée mais elle se contenta de laisser un très large sourire naître sur ses lèvres. L'idée d'avoir la garde d'Oreste la comblait de bonheur plus que tout au monde, c'était tout ce qu'elle avait toujours voulu, tout ce qu'elle avait promis à ses parents. Elle avait pour ses grands-parents beaucoup d'affection et une reconnaissance encore plus grande, ils s'étaient occupés d'eux après la mort de leur mère et l'emprisonnement de leur père, ils avaient pris soin de leur famille et ils le lui rappelaient tous les jours. Mais malgré tout cela, elle savait que son petit frère serait mille fois plus heureux auprès d'elle, loin de l'autorité parfois étouffante des Rosier et de leurs attentes pesantes sur les épaules de leurs petits-enfants. Il pourrait grandir au manoir Marchebank sans avoir à porter le poids d'une culpabilité entretenue depuis des années par ses grands-parents, il allait pouvoir grandir comme le petit garçon qu'il était censé être depuis longtemps. Elle s'occuperait de lui à la maison, elle n'aurait plus à compter les sous pour l'habiller, elle lui transmettrait des valeurs bien plus saines que celles des Rosier et Reda pourrait venir ici aussi, lorsqu'elle n'était pas à Poudlard. Rosaleen voulait offrir à son frère la vie qu'elle n'avait pas eu et comptait bien tout faire pour qu'il puisse grandir tranquillement et qu'il soit libre de faire ce qu'il voulait. C'était aussi pour cela qu'elle s'était mariée : elle offrait ainsi plus de liberté et plus de marge de manœuvre à ses sœurs et son frère.

- Tu penses que le Mangenmagot accepterait ? s'enquit-elle, la voix pleine d'espoir. Mes grands-parents s'en sont occupés pendant des années mais ils commencent à se faire vieux et c'est difficile aussi pour eux, financièrement. On pourrait peut-être mettre ça en avant ?

Évidemment, Rose n'était pas si naïve et se doutait bien que le Ministre de la Magie en personne pouvait obtenir facilement quelque chose d'aussi dérisoire à l'échelle du pays que la garde d'un enfant de neuf ans orphelin. Inconsciemment, c'était les arguments contre ses propres grands-parents qu'elle préparait, ces derniers ne se laisseraient sûrement pas faire si on tentait de leur retirer leur dernier petit-fils. Elle n'avait jamais aimé entrer en conflit contre eux, avait courbé le menton bien plus de fois qu'elle ne pouvait compter et se remémorer mais les sacrifices qu'elle faisait pour elle-même, en toute connaissance de cause, elle n'était pas prête à les faire faire à son frère. S'il fallait entrer en guerre ouverte contre Elbert et Daria, alors elle le ferait. Pour la première fois de sa vie, Rosaleen savait qu'elle pouvait s'opposer à eux et surtout, qu'elle pouvait gagner. Elle cessait peu à peu d'être cette enfant qui avait grandi sous leur coupe et devenait une adulte en position de s'affirmer et d'imposer ses propres choix. Il était prendre de prendre ses propres décisions et quoi de mieux que de commencer avec une vieille promesse ? Oreste serait son cheval de bataille et lorsqu'il le fallait, Rosaleen était d'une détermination inébranlable, surtout lorsqu'on en venait à sa famille. Oreste était son propre petit frère au même titre que Reyna et Reda mais elle avait toujours pour lui une affection particulière, le désir et le besoin pressant de combler quelque chose, de combler l'absence de leur mère et à ce titre, elle estimait être la mieux placée pour prendre soin de lui désormais. Il était déjà grand mais il continuerait de grandir auprès d'elle et de ses enfants à venir, enfants qu'elle venait justement de mentionner presque sans y penser, arrachant visiblement un regard tendre à Leopold.

- Aies-je l'air démesurée si je te réponds autant que nous pourrons en avoir ? répondit-elle avec un sourire malicieux, même si le fond de sa pensée était plus que sérieux. Je sais que tu as déjà Dave mais... Une grande famille, cela a ses charmes également, tu ne penses pas ? Deux, trois, cinq... Nous verrons bien.

Ses parents avaient eu cinq enfants et Rosaleen gardait de son enfance avec son grand-frère et ses sœurs un souvenir tendre, sûrement embelli par les années sombres qui avaient suivies, et elle souhaitait reproduire quelque chose comme cela pour ses propres enfants, dans une configuration néanmoins moins tragique, bien évidemment. Elle posa ses mains sur les épaules de Leo lorsqu'il lui vola un baiser et répondit à son compliment par un rire un peu gêné mais néanmoins attendri. Se hissant sur la pointe des pieds, elle l'embrassa doucement de nouveau avant de répondre.

- Nous allons faire une famille formidable, corrigea-t-elle. J'en suis certaine.

FIN DU RP


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Les noces rebelles [Leopold]

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