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 Trouble in paradise [Juliana & Alicia]

Alicia L. JonesMédicomageavatar
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25 octobre 2008

Alicia se laissa tomber sur son canapé, un livre à la main. Jetant un coup d’œil à l’horloge, elle soupira, et commença sa lecture. Cela faisait une petite heure qu’elle attendait Juliana, et ses nerfs commençaient vraiment à lâcher. Oh, si ce n’était qu’un petit retard ! Depuis quelques semaines, la serveuse manquait, ou annulait leurs rendez-vous, en donnant des explications assez vagues, qui laissaient Alicia perplexe. Et, lorsqu’elles parvenaient à se voir, Juliana lui semblait… différente. Presque distante. Quelque chose avait changé chez elle, quelque chose qui l’affectait, et, qui, par la même occasion, affectait leur relation. Et Alicia avait eu beau chercher, elle n’était pas parvenue à trouver ce qu’il se passait.

Des milliers de théories lui passaient par la tête, sans qu’elle ne sache laquelle était la bonne, ni laquelle elle préférait. Lorsque le père de Juliana était mort, Alicia avait respecté le silence de la jeune femme, et lui avait laissé du temps pour qu’elle reprenne ses marques. Mais le silence de sa petite-amie, aujourd’hui, était différent, comme si elle cherchait à lui dissimuler quelque chose. Or, la médicomage ne supportait pas ça, et, depuis, s’agaçait très facilement.

Qu’est-ce que Juliana pouvait bien lui cacher ? La trompait-elle ? Une immense déception envahie Alicia à cette idée, et elle refusa d’y croire. Juliana n’en serait pas capable, n’est-ce pas ? tenta-t-elle de se persuader. Elle était bien trop intègre et honnête pour cela, songea-t-elle, en tentant d’ignorer la petite voix qui lui soufflait qu’elle avait bien trompé Roy Calder avec elle. Oui, mais cette fois, ce n’était pas pareil : Juliana l’aimait. Et, Alicia voulait croire de toutes ses forces qu’elle l’aimait véritablement.

Peut-être que cela venait d’elle, alors ? Peut-être qu’elle s’était finalement trop investie dans cette relation ? Peut-être que Juliana s’était lassée ? Qu’elle avait eu envie d’aller voir ailleurs ? La médicomage secoua la tête, et reporta son attention sur son livre. Elle n’avait pas avancé d’une page. Tout en soupirant, Alicia se passa une main lasse sur le visage. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qu’il se passait, ce qu’elle était censée comprendre de la distance et du silence de Juliana. Peut-être n’avait-elle pas envie, au fond, de comprendre.

Elle s’apprêtait à se lever pour se faire un thé, lorsque la porte s’ouvrit sur sa petite-amie – elle lui avait donné un double des clés, cet été. Levant doucement les yeux de son livre pour les poser sur la jeune femme, Alicia se sentit envahie par une foule de sentiments contradictoires, et fit du mieux qu’elle pu pour garder un visage impassible.  

« Salut. » finit-elle par lancer, sans lâcher Juliana du regard.

Sa gorge s’était serrée, et Alicia s’était redressée, pour faire face à la jeune femme. Elle n’ajouta rien.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Un mois s'était écoulé depuis que Juliana avait rendu visite à Roy, bouleversée après avoir commis son premier meurtre. Le premier d'une longue série, même si elle était pour l'heure à mille lieux de s'en douter... Le temps avait passé sans qu'elle s'en rende compte depuis cet acte, trop occupée à tenter de se remettre à vivre normalement. Le restaurant avait réouvert après quelques travaux et Juliana, qui avait miraculeusement échappé à tout acte de vengeance de la part des Sharacks, avait repris son travail. Elle travaillait d'arrache-pied avec Joel pour rétablir l'image familiale et accueillante du restaurant, mais les clients se faisaient rares après le drame de la guerre des gangs. Ecoeurés, les parents de Joel, qui aspiraient déjà depuis un certain temps à une retraite paisible, avaient décidé d'accélérer la formation des deux jeunes afin de leur léguer officiellement le restaurant. Juliana s'était jetée à corps perdu dans son travail qui lui donnait un rythme, une raison de se lever le matin, une tâche ardue sur laquelle se concentrer.

C'était difficile, et elle était à bouts de nerfs. Joel et elle perdaient régulièrement le sommeil depuis l'attaque du restaurant et ils passaient plus de temps que jamais ensemble, enchaînant les longues journées de travail avec les réunions syndicales, passant certaines nuits enveloppés dans une couverture sur le canapé, à commenter la politique du pouvoir en place et les évènements récents de l'actualité. Et ils en entendaient, des choses, entre les discussions des clients et les discussions de militants...

Paradoxalement, Juliana avait beau se sentir un peu déconnectée et désinvestie de sa vie personnelle, elle se sentait plus concernée que jamais par l'avenir de son pays. Les choses allaient mal, plus mal que jamais, et elle voulait faire bouger les choses. Comme pour donner un sens à la spirale de violence, de colère et de tristesse dans laquelle elle s'était enfoncée depuis quelques mois, comme pour s'assurer que son père était mort pour quelque chose, qu'elle avait tué pour quelque chose. Et non simplement parce que c'était ce que son instinct lui avait dicté de faire face à un homme qui la terrifiait, qu'elle haïssait, un homme qu'elle voulait voir mourir...

Ce soir là, elle s'était justement laissé entraîner par Joel pour boire un verre avec un groupe d'amis avec qui ils avaient discuté longuement des dernières nouvelles, que ce soit les pleins pouvoirs accordés au Ministre pour mettre fin aux troubles qui agitaient toujours la ville, ou l'annonce de la création d'un nouveau corps d'aurors et d'oubliators dirigé par une jeune femme - ce qui n'était pas pour déplaire à certains membres de l'OFFRE. Juliana était en train d'écouter attentivement un ouvrier de l'usine de confiseries de Bristol parler de la façon dont son patron avait réagi à l'annonce de l'impôt sur la fortune quand elle s'était rappelé avoir prévu de retrouver Alicia pour la soirée. Juliana s'était levée d'un bond en jurant entre ses dents, s'insultant de tous les noms, sous les regards étonnés des sorciers qui l'entouraient. Elle avait expliqué rapidement la situation avant de quitter le café à la hâte, sous le regard mi-réprobateur, mi-compatissant de Joel.

Elle avait encore planté Alicia. Ce n'était pas qu'elle le faisait exprès, c'était juste que... Eh bien, elle ne savait pas vraiment ce qui lui arrivait, à vrai dire. Quand il s'agissait de sa petite-amie, son cerveau avait légèrement tendance à faire de l'amnésie sélective depuis quelques temps. Juliana savait pertinement ce qui lui causait ces oublis momentanés, elle savait également comment régler le problème, mais ne parvenait à s'y résoudre. De fait, la simple pensée de voir Alicia en était venu à lui causer des crampes d'estomac et elle ne parvenait plus vraiment à apprécier les moments passés en sa présence, quand bien même elle restait très amoureuse de la jeune femme. Juliana souffrait de la situation, mais cette souffrance ne venait que s'ajouter à tout le reste, et passait presque inaperçue. Juliana faisait tout ce qu'elle pouvait, et Alicia devait se contenter de cela...

Pourtant, aussi douce et compréhensible sa petite-amie soit-elle, Juliana se doutait bien qu'elle avait ses limites. Une fois de plus, elle pria donc pour ne pas les avoir franchies, et transplana devant son appartement. Elle lissa nerveusement sa robe, arrangea ses cheveux puis farfouilla dans son sac pour y trouver les clefs d'Alicia. Un instant plus tard, elle entrait dans l'appartement et offrait un sourire contrit à la jeune femme. A l'attitude de la jeune femme, Juliana comprit instantanément qu'Alicia était contrariée, et perdit son sourire.

"Coucou Alicia, écoute, je suis désolée pour le retard, je... Je n'ai pas d'excuse, vraiment. Comment ça va ?"



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Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Alicia était une jeune femme patiente, réellement. Dans son métier, c’était une qualité indispensable qu’elle avait appris à développer au fil de ses études. Mais aujourd’hui, Alicia était lassée d’être patiente avec Juliana, de lui trouver sans cesse des excuses, de se montrer compréhensive. Elle voulait des explications, elle voulait comprendre ce qu’il se tramait, quand bien même la vérité la blesserait. Rester dans l’ignorance était la pire des tortures pour la médicomage, qui n’avait jamais apprécié être tenue à l’écart de la vérité. Elle avait été élevée dans le secret, dans le mensonge, dans l’hypocrisie la plus totale, et ne supportait pas en être de nouveau victime.

Aussi, lorsque Juliana arriva, lui affirmant qu’elle n’avait aucune excuse, Alicia hocha simplement la tête, bien décidée à ne pas laisser passer ça une nouvelle fois. C’était trop facile : elle arrivait comme une fleur, s’excusait de son retard avec un sourire contrit, était distante le reste de la soirée… Et Alicia devait lui pardonner, à chaque fois ? Non, elle en avait marre. Elle avait envie d’exploser, et de laisser éclater tous les non-dits qu’il y avait entre Juliana et elle.

« Comment je vais ? Depuis la dernière fois qu’on s’est vues, il y a à peu près deux semaines, tu veux dire ? » lança Alicia en croisant les bras sur sa poitrine.

Elle n’était pas spécialement possessive – vraiment pas, d’ailleurs. Elle préférait avoir son indépendance, pouvoir sortir sans sa petite-amie, et n’imaginait pas son couple avec Juliana comme un couple qui ne pouvait pas se lâcher d’une semelle. Alicia n’était pas exigeante, mais attendait un minimum de choses d’une relation amoureuse, en particulier dans le cas de sa relation avec la serveuse. Mais en deux semaines, elles s’étaient à peine vues, et même lorsqu’elles trouvaient un petit moment à elles, Juliana semblait si distante avec elle qu’elle ne parvenait pas à apprécier le temps qu’elles passaient ensemble. Un minimum d’intérêt, voilà tout ce qu’Alicia demandait à sa petite-amie. Et depuis un mois, elle semblait incapable de lui donner cela…

« Donne-moi ton excuse, Juliana. Donne-moi ta véritable excuse. Parce qu’il y en a forcément une. Ça fait un mois que ça dure ! Un mois que j’ai l’impression que tu n’es plus là ! Un mois qu’on se croise à peine, Julia. Dis-moi ce qu’il se passe… » s’exclama Alicia en se levant pour faire face à la jeune femme.

Elle avait comme une boule qui venait de se former dans le ventre, à l’idée de découvrir enfin la vérité.

« C’est à cause de ton boulot ? Tu as un problème avec Joel ? Avec ta famille ? » commença Alicia, presque impuissante. « Tu vois quelqu’un d’autre ? » la questionna-t-elle, la voix un peu tremblante.

Alicia soupira, et prit le temps de se recomposer un visage un peu plus neutre.

« Ça fait un mois que tu annules la moitié de nos rendez-vous, et que tu évites les autres. Les peu de fois où l’on s’est vues, tu as été tellement distante que c’était comme si tu n’étais pas là. Je ne sais pas ce qu’il ne va pas, Julia. Je suis prête à tout entendre, mais par Merlin, arrête de me mentir et de prétendre que tout va bien.» termina Alicia, en triturant ses mains, avant de planter un regard déterminé dans celui de sa petite-amie.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Le visage de Juliana se décomposa peu à peu au fil du discours d'Alicia, comme si son masque de neutralité se fissurait enfin. Ca y était, c'était le moment qu'elle redoutait tant : Alicia voulait savoir. Et, au ton d'Alicia, un ton qu'elle ne lui avait jamais entendu auparavant, Juliana comprit qu'il n'y aurait pas d'échappatoire cette fois. Elle ne pourrait pas se dérober, elle devait s'expliquer ou elle signait la fin de leur relation... Or c'était précisément ce qu'elle avait tenté d'éviter, tout ce temps, une rupture. Alicia pourrait-elle comprendre et pardonner ce que Juliana allait avouer ? Juliana pouvait-elle seulement attendre une telle chose d'elle, après quelques mois seulement de relation ? Alicia n'avait pas signé pour sortir avec une meurtrière... Elle n'avait pas demandé à ce qu'on mette potentiellement sa vie en danger. Elle n'avait rien demandé de tout cela et Juliana savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas lui en vouloir de s'éloigner.

La jeune femme s'efforça de soutenir le regard de sa petite-amie, cillant quand elle lui demanda si elle voyait quelqu'un. La réponse était négative et pourtant...

"Tout ne va pas bien", répondit Juliana d'une voix blanche, serrant ses mains tremblantes tout en essayant de ne pas trop laisser paraître son désarroi. Mais c'était peine perdue. Il suffisait de voir son visage aux traités tirés pour réaliser qu'elle était bouleversée. La seule pensée de formuler son geste lui retournait l'estomac, c'était bien simple, elle n'y parvenait pas. C'était la raison pour laquelle elle avait gardé le silence aussi longtemps, elle avait fui, tout simplement. Mais ce n'était plus possible aujourd'hui et, cette fois encore, les mots semblaient être bloqués dans sa gorge. Elle inspira profondément, pour tenter de se calmer, pour tenter de trouver du courage en elle, et surtout en Alicia. Elle l'avait blessée, elle le voyait bien, et ce n'était pas encore fini. Alicia avait le droit de savoir, et ce fut ce qui la poussa à confesser enfin son crime.

"J'ai tué quelqu'un, Ali !"

C'était comme un cri du coeur, un cri libérateur, qui raisonna dans la pièce. Juliana ressentit un soulagement passager et elle entreprit de décharger enfin son fardeau. Bientôt, les mots coulèrent tous seuls de sa bouche, tous comme les larmes coulaient seules de ses yeux, et elle raconta tout, tout, chaque geste, chaque moindre détail sordide. La peur et le dégoût qu'elle avait éprouvé lorsque Gros Joe l'avait prise contre lui. La terreur et la rage qui s'étaient infiltrés en elle à la vue de Joel, torturé sous ses yeux. Comment elle avait poursuivi l'homme dans la rue, au mépris de tout bon sens, comment Lilly l'avait suivie, comment elles s'étaient battues contre lui. Les cadavres qui s'amoncelaient sur le pavé de l'allée, un pavé détrempé, les aurors qui commençaient à affluer, le sort qu'elle avait pris dans le ventre, la vision de Roy torturé à son tour, la rage meurtrière qu'elle ne parvenait à calmer. Le regard que Sparckles avait posé sur elle, et ses dernières paroles, sa supplication, et, enfin, le sortilège de mort. La fuite avec Lilly, le momenet surréaliste dans son appartement, la peur indicible qui ne la quittait plus depuis. La honte qu'elle éprouvait face à son propre geste, qu'elle ne parvenait à comprendre et, pire encore, face à sa propre absence de culpabilité. La peur des aurors, des Sharacks et l'incompréhension qui l'avaient poussé chez Roy. Et ce qui s'y était passé. La peur qu'Alica ne comprenne pas, qu'elle ne veuille plus rien avoir à faire avec elle, une meurtrière, et qu'elle l'abandonne. La peur, encore, la peur, toujours.

Les mains de Juliana ne tremblaient plus lorsqu'elle parvint à la fin de son récit, elles pendaient tristement le long de son corps, tandis que ses yeux d'ordinaire emplis de passion semblaient comme vidés. Elle avait l'impression de s'être déchargé d'un poids immense, mais l'avait-elle simplement reposé sur les épaules d'Alicia ? Sans doute. Elle avait encore des milliers de choses à dire, des explications à donner, mais elle devait déjà laisser la jeune femme encaisser tout ce qu'elle venait d'entendre. Et, il fallait bien le reconnaître, c'était énorme...

"Voilà...", conclut-elle sur un ton incertain, avant d'essuyer ses larmes d'un geste de la main. "Tu sais tout."

Tout ce qu'elle pouvait faire maintenant était de prier, prier pour qu'Alicia continue de l'aimer malgré tout, et qu'elle trouve en elle le courage de lui pardonner.




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Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Alicia observa Juliana, incapable de prononcer un mot de plus. Elle voulait savoir, elle voulait enfin connaître la raison de la distance que sa petite-amie avait imposée entre-elles. Elle avait passé un mois à s’imaginer divers scénarios tous aussi déplaisants les uns que les autres. Cet état d’ignorance la tuait à petit feu. Elle se sentait repoussée, abandonnée, et ne savait pas pourquoi. Elle n’avait cessé de se demander ce qu’elle avait fait pour que Juliana la tienne à l’écart de sa vie, pour que l’amour qu’elle prétendait avoir pour elle devienne brusquement inexistant. Alors quelque soit la raison de Juliana, Alicia voulait la connaître.

Say something, I’m giving up on you
I’ll be the one, if you want me to
Anywhere, I would’ve followed you
Say something, I’m giving up on you


La vérité était qu’elle tenait énormément à la jeune femme, et que le fait de la voir s’éloigner l’avait blessée plus qu’elle ne voulait bien l’avouer. Alicia avait toujours eu du mal à laisser les autres s’introduire dans sa vie : les échecs et les déceptions qu’elle avait essuyés dans son enfance l’avaient finalement persuadée qu’elle était bien mieux toute seule. Sa rupture brutale avec Gladys n’avait fait que renforcer  cette impression, et Alicia s’était renfermée sur elle-même. Parmi ses proches, elle comptait Adrian, son frère, Charlotte, Cristina, une de ses collègues, et Juliana. Juliana qui avait su gagner sa confiance, puis son amour, plus vite que quiconque. Juliana qu’elle avait apprécié dès leur rencontre, qu’elle avait fini par aimer, d’abord secrètement, puis au grand jour. Juliana qu’elle admirait pour ses réactions passionnées, pour sa franchise et son intégrité. Juliana qui, si différente d’elle, la complétait parfaitement. Sa relation avec elle était probablement la plus belle chose qui lui était arrivée depuis longtemps. Et, brusquement, d’un jour à l’autre, tout avait changé. Posant un regard las sur sa petite amie, Alicia l’incita silencieusement à parler.

And I am feeling so small
It was over my head
I know nothing at all


Elle s’attendait à tout. A tout, sauf à ça. Lorsque sa petite-amie confessa son crime, Alicia écarquilla les yeux avant d’écouter le récit de la jeune femme. Juliana avait tué quelqu’un, Juliana avait ôté la vie d’une personne. Assommée par cette révélation, la médicomage se laissa tomber sur le canapé, et se prit la tête entre les mains. Elle aurait dû se douter de quelque chose, elle aurait savoir que quelque chose n’allait pas. Quand elle avait évoqué la guerre des gangs avec Juliana, sa réponse aussi brève qu’insatisfaisante aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Mais elle avait été tellement soulagée, tellement heureuse de la voir en vie, que tout lui avait paru normal. Et cela faisait un mois. Un mois que la jeune femme gardait ce secret, un mois qu’elle ne lui avait rien dit. Un mois entier.

And I will stumble and fall
I’m still learning to love
Just starting to crawl


Mordant sa lèvre inférieure, Alicia garda les yeux rivés sur le sol, en proie d’une foule de sentiments contradictoires. Du soulagement, parce que Juliana était toujours là, devant elle, en vie mais aussi une certaine forme d’incompréhension et de la tristesse, lorsqu’elle avait appris qu’elle avait gardé ce secret pendant si longtemps, sans la mettre dans la confidence. Elle avait ce pincement au cœur, cette amertume injustifiée, face au comportement de la jeune femme. La médicomage hocha légèrement la tête Juliana mentionna sa peur, et surtout sa honte par rapport au geste qu’elle avait accompli. C’était surréaliste. Et, si ses ongles qui s’enfonçaient dans sa paume ne la rassuraient pas quant à la réalité de la situation, Alicia aurait été persuadée qu’elle était en plein rêve. Mais non, tout cela était bien réel. Juliana était bien là, dans son salon, à lui raconter tout, absolument tout.


Say something, I’m giving up on you
I’m sorry that I couldn’t get to you
Anywhere, I would’ve followed you
Say something, I’m giving up on you


Ce ne fut que lorsque Juliana mentionna Roy qu’Alicia releva la tête pour l’observer, estomaquée. Ses larmes – pourtant si bien retenues pour l’instant – lui montèrent instantanément aux yeux, alors que sa petite-amie poursuivait son récit. Juliana avait mis Roy au courant, songea-t-elle alors qu’une boule se formait dans sa gorge, l’empêchant de prononcer le moindre mot. Juliana avait mis Roy au courant, parce que Juliana avait confiance en lui – plus qu’elle n’avait confiance en elle, visiblement. Et s’il n’y avait que ça. Non, il avait aussi ce baiser presque échangé entre eux, ou les doutes que Juliana avait eu par rapport à leur couple, par rapport à elle. Des doutes qui l’avaient poussée à se rendre chez son ex petit-ami, à aller chercher du réconfort auprès de lui, plutôt qu’auprès d’elle. Des doutes qui l’avaient quasiment poussé à l’embrasser. Et elle lui disait ça, un mois plus tard, après lui avoir menti à chaque fois qu’elles se voyaient – quand elles se voyaient. C’était trop douloureux, trop blessant. Alicia essuya rageusement les larmes qui coulaient sur ses joues en feu, et évita le regard de la jeune femme. Alors certes, elle avait fini par le repousser, lorsqu’il s’était déclaré. Mais ce qu’Alicia reprochait réellement à Juliana, c’était ce temps qu’elle avait mis à réagir, ce temps où elle avait hésité à retomber dans ses bras – ce temps où elle avait hésité à la tromper. C’était même plus que cela, c’était le simple fait d’être allée le voir, d’avoir décidé de lui accorder sa confiance. Que croyait-elle donc ? Qu’elle était incapable de la comprendre, qu’elle était incapable de la soutenir ? Qu’elle allait se précipiter chez les Aurors pour la dénoncer ? Elle lui avait assuré qu’elle serait là pour elle, toujours, et pour tout, et elle n’avait pas prononcé ces mots à la légère. Qu’est-ce que Roy lui avait apporté, si ce n’était un cœur brisé ? Alors pourquoi ? Pourquoi l’avoir choisi lui ? Peut-être avait-elle des sentiments pour lui, après tout, et que ce n’était que par obligation envers elle qu’elle avait repoussé Roy, souffla une petite voix dans sa tête.

Say something, I’m giving up on you

C’était à la fois la confiance qu’elle avait en Juliana qu’elle voyait s’écrouler, mais également celle qu’elle pensait que sa petite-amie avait placé en elle, et cela lui laissait un arrière goût d’amertume, de lassitude, qui se mêlait à sa tristesse. Plus que jamais, Alicia cru en Juliana, en leur relation. Elle s’était mise à rêver à un futur possible, tant elle se sentait bien aux côtés de la jeune femme. Peut-être avait-elle espéré trop fort, trop vite, pour une relation si jeune… Plus que jamais, Alicia se sentait trahie, blessée, par une personne en qui elle avait voulu croire. Et pourtant, en levant les yeux vers Juliana, la médicomage sut qu’elle ne pouvait pas cesser de l’aimer, malgré tout ce qui arrivait. C’était ainsi – et c’était peut-être mille fois plus douloureux que si elle avait pu seulement rompre avec la jeune femme. Parce qu’elle acceptait cette blessure infligée par Juliana, ses mensonges.

« Un mois, Juliana. Tu m’as caché ça pendant un mois entier. Tu m’as menti pendant un mois, et qui sait combien de temps ça aurait pu continuer, si je ne t’avais pas forcé à t’expliquer ! Mais pourquoi ? » lâcha-t-elle finalement d’une voix un peu rauque. « Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu m’accordes si peu de confiance ? Une confiance que tu accordes même à ton ex Juliana, bordel ! » s’exclama Alicia avant de se passer une main sur le visage. « Et si tu penses que je ne t’aurais pas soutenue, que je serais allée te dénoncer aux Aurors, ou que je t’aurais quitté… Merlin, tu me connais mal, Julia. Je ne sais pas qu’elle valeur notre relation avait – a – à tes yeux pour que tu penses ça, ou pour que tu décides d’aller te jeter dans les bras de Roy… »

Alicia secoua la tête, avant de vriller des yeux brillant de larmes sur Juliana.

« Que tu aies tué quelqu’un…  Juliana, ce n’est pas comme si tu avais assassiné un homme de sang froid, dans la rue… C’était soit toi, soit lui. Quoiqu’il ait dit avant, il n’aurait pas hésité à te tuer si tu l’avais épargné. Il aurait lancé tous ses hommes à ta poursuite… Julia, ne t’en aurais jamais voulu pour ça… J’aurais été là pour t’aider à surmonter ça, pour te protéger, pour t’aider. » Mais elle lui avait volontairement ôté cette possibilité, cette chance. « Mais que tu ne me l’aies pas dit… Que tu sois allée vers Roy… Il savait, Juliana, pendant que tu me laissais dans l’ignorance la plus totale, volontairement ! Je ne sais pas ce que tu veux de plus de ma part, Julia. Si… Si t’as des sentiments pour lui, va le rejoindre, qu’est-ce que tu veux que je te dise… » souffla-t-elle. « Parce que je ne vois pas d’autres raisons qui peuvent justifier le fait que tu sois plus honnête avec lui qu’avec moi. »

Elle pria intérieurement pour que Juliana ne prenne pas cette échappatoire, pour qu’elle ne la laisse pas.

« Ça fait un mois que tu mens, Julia… » répéta Alicia, comme si elle essayait d’assimiler la nouvelle. C’était trop, trop d’un coup.

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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana n'avait jamais été quelqu'un de très patient ni de très diplomate. Amadouer son entourage n'était pas sa spécialité et quand elle sentait son sang bouillir dans ses veines, elle était incapable de se retenir. Les paroles d'Alicia l'attendrirent, elle la touchèrent, mais par dessus tout, elles la mirent sur les nerfs. Alicia ne comprenait pas, elle ne comprenait rien du tout ! Comment pourrait-elle se faire pardonner si elle lui prêtait des intentions qu'elle n'avait pas eu ? Incapable de retenir le flot de paroles qui lui brûlait les lèvres, Juliana explosa :

"Comment tu peux ne pas m'en vouloir ?! Je m'en veux, moi ! Je m'en veux d'avoir fait ça et de ne même pas le regretter ! Je m'en veux pour ce que je suis devenu ! Tu m'aimais, oui, avant, tu m'aimais avant que mon père ne meurt, avant que j'me mette à tuer des gens. De sang froid en pleine rue, si, c'était ça, finalement. J'aurais pu courir loin d'ici, j'aurais pu demander une protection aux aurors, mais non, j'l'ai regardé droit dans les yeux et j'ai prononcé un Avada ! Comment j'aurais pu savoir comment tu allais réagir, Alicia ? On n'appelle pas ça un impardonnable pour rien ! Beaucoup seraient prêts à m'envoyer au baiser pour ça !"

Car Juliana avait un sens aigu du timing, elle commettait son premier crime à l'instant exact où la peine de mort était en court de rétablissement.

"Après ça, je... J'étais dans l'obscurité, je n'osais pas sortir de chez moi, et je n'en ai parlé à personne. Seul Joel était au courant parce qu'il a bien vu que je restais prostrée et choquée et parce qu'il me connaît depuis toujours mais... J'ai mis personne d'autre au courant, et j'étais terrifiée que les aurors ne m'attrapent ou que les mafieux décident de se venger, sur mon entourage ou sur moi. J'étais dans le noir complet, j'avais peur, alors oui je suis allée voir Roy... Mais j'me suis pas jeté dans ses bras ! J'y suis pas allé parce que c'était mon ex ou parce que j'avais des sentiments pour lui !"

La jeune femme plongea son regard enflammé dans celui d'Alicia et ajouta, après avoir hésité à peine un quart de secondes :

"J'y suis allé parce que c'est l'un d'entre eux, Ali. Je t'ai dit que j'avais rompu parce qu'il me mentait mais c'était pas simplement parce qu'il fricottait avec d'autres femmes. J'ai surtout appris, par mon frère auror, qu'il n'avait rien d'un honnête commercial et tout du trafiquant louche qui connaît la Voie des Miracles comme sa poche. Il n'était pas présent par hasard ce jour-là, il était impliqué jusqu'au cou et j'avais besoin de parler à quelqu'un qui pouvait m'expliquer ce qui s'était passé, me dire si je risquais quelque chose et puis... Oui, j'avais besoin de connaître à quel point il avait été acteur de tout ça, deux chefs de gangs avaient quand même rendez-vous dans mon restaurant et..."

Elle laissa mourir sa phrase en détournant les yeux avec amertume, préférant garder ses récriminations pour elle. Roy s'était largement fait pardonner en acceptant de faire ce qui était en son pouvoir pour la protéger, et puis Alicia n'avait probablement pas envie d'entendre ça.

"Oui je lui ai fait confiance sur ce coup mais j'avais pas trop le choix, j'pouvais vraiment plus rester dans le flou. J'me suis pas jeté dans ses bras, je l'ai même repoussé, même si j'ai mis un peu de temps à le faire parce que la situation m'avait rendu tellement confuse et puis..."

Et puis lui aussi avait commis son premier meurtre ce jour là. Mais c'était une information qu'elle ferait mieux de garder pour elle, selon sa propre théorie qui était qu'un secret n'était jamais aussi bien gardé que lorsque personne ne le connaissait.

"Je ne me doutais pas un instant qu'il éprouvait ça pour moi, on a mis les choses au clair, notre relation avait fini de façon si brusque et explosive qu'il y avait encore des choses en suspend j'imagine. Roy n'est pas quelqu'un de très démonstratif, c'est le moins qu'on puisse dire, et moi non plus. J'ai conscience que j'ai négligé notre couple Ali, mais... J'ai tout négligé ce mois-ci, j'ai menti à tout le monde, ce n'est pas contre toi, c'est juste que..."

Frustrée de ne pas parvenir à exprimer ce qu'elle ressentait, Juliana poussa un soupir désabusé avant de continuer.

"Je sais que rationnellement je n'aurais pas du agir comme ça. Mais je ne suis plus très rationnelle depuis quelques temps, Ali. On a tué mon père, j'ai failli mourir plusieurs fois, mon meilleur ami a été torturé sous mes yeux, mon restaurant attaqué, je... J'sais que c'est pas des excuses, et que j'me suis mal comportée avec toi, et c'était un peu un cercle vicieux tu vois ? Je n'arrivais pas à te le raconter, c'était trop... énorme, je n'y arrivais tout simplement pas, alors c'était plus simple de me replier sur moi-même... Ca ne veut pas dire que je ne t'aime pas de tout mon coeur, au contraire."

La jeune femme s'interrompit un instant, perdue dans ses réflexions, avant de reporter son attention sur Alicia.

"Je crois que c'est moi que je n'aime plus, en fait", souffla-t-elle finalement. "Et... Je ne peux pas t'en vouloir si tu décides que tu n'y arrives pas non plus, que je t'ai trop menti... Je comprendrais."

Des larmes revinrent embuer ses yeux malgré elle à cette pensée, et elle ne put s'empêcher de s'approcher d'Alicia pour la saisir sa main entre les siennes. Oui, elle comprendrait que sa petite-amie refuse de lui pardonner ses agissements au cours du dernier mois. A vrai dire, Juliana devinait que pour que la douce médicomage lui tienne ce discours, il avait fallut qu'elle atteigne ses limites de patience... Et elle ne pouvait l'en blâmer. Cependant, Juliana avait encore l'opportunité de rassurer Alicia et de lui faire comprendre à quel point elle était importante pour elle. De plus, Juliana ne pouvait la laisser partir sans tenter de lui faire comprendre son point de vue. Elle ne pouvait la quitter en pensant toujours que Juliana était amoureuse d'un autre, et qu'elle n'avait fait que se jouer d'elle...

"Mais Ali, ne crois pas que je ne t'aime pas, parce que c'est faux. Je t'aime si fort que la peur de te perdre me fait faire n'importe quoi, tu vois."



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Lorsque Juliana se mit à parler, Alicia décida de garder le silence jusqu'à ce qu'elle ait fini - c'était sûrement la meilleure façon de faire, elle avait visiblement besoin de vider tout ce qu'elle avait sur le cœur. Croisant les bras sur son ventre, la jeune femme l'observa, à moitié surprise de la tirade qu'elle lui servait. Une tirade qui pourtant, lui laissait une étrange sensation, un peu désagréable, un peu amère. Juliana ne comprenait pas, et, dans un sens, ça la mettait hors d'elle. Parce qu'elle continuait à la cataloguer comme la gentille fille douce, patiente, compréhensive, et qu'elle n'arrivait visiblement pas à concevoir qu'elle était bien plus que ça. Peut-être que son comportement des derniers mois n'avaient pas aidé sa petite-amie à la voir autrement, puisqu'elle avait cherché avant tout à l'aider à surmonter les épreuves qu'elle traversait. Alicia était adorable, Alicia était lumière ; Alicia était surtout rongée par une noirceur intérieure qui la suivait depuis l'enfance. Elle pouvait comprendre, elle pouvait concevoir, d'autant plus quand il s'agissait de Juliana.

La révélation sur Roy Calder ne l'étonna pas : elle l'avait toujours cru louche - pas forcément pour les bonnes raisons, elle l'entendait bien. Mais, tout le monde le savait : Bristol était gangrenée par la pègre : là-bas, il suffisait d'agir un peu étrangement pour être considéré comme appartenant à la Voie des Miracles. Alicia, à partir du moment où elle était tombée amoureuse de Juliana et que Roy s'était mit en couple avec elle, avait décidé de faire de même, et l'avait catalogué de "louche". Pour autant, au fond d'elle, elle savait bien qu'elle n'avait pas de preuves, de raisons tangibles, et qu'elle ne faisait preuve que de mauvaise foi à son sujet. Toutefois, jusqu'à ce que sa petite-amie lui révèle la vérité à son sujet. Révélation, qui, d'ailleurs, eut le don de la soulager un minimum : si cela ne réparait pas tout, si elle restait toujours déçue, blessée, c'était déjà un commencement.

Ce fut le ton de Juliana qui acheva de la convaincre. Son ton, et son regard perdu. Parce que, quand Alicia posa les yeux sur la jeune femme, elle sut. Elle sut que, malgré les mensonges, malgré le mois qu'elles avaient passé, malgré ce que Juliana avait pu faire, malgré tout, elle l'aimait. C'était plus fort que tout, plus fort qu'elle, plus fort même que sa volonté de s'éloigner. Si Alicia avait sentit quelque chose se briser lors des aveux de Juliana, elle savait à présent que ce n'était pas leur relation, pas encore. Sa confiance, peut-être, mais pas son amour. Pourtant, l'amour, aussi beau soit-il, ne pardonnait pas tout. Et, une fois que Juliana se soit tue, Alicia résista à l'envie de la prendre dans ses bras. A la place, elle posa ses mains sur ses épaules, et vrilla son regard dans le sien.

"Je te pardonne, Juliana, d'accord ? Je te pardonne, en connaissant les faits, je te pardonne en sachant ce que tu as fait, je te pardonne sans te chercher de circonstances atténuantes. Non, je ne vais pas te dire que c'est bien, que tu as bien fait, que ce n'est pas grave. Oui, tu aurais pu faire autrement. Mais je te pardonne, d'accord ?" lui assena-t-elle avec force, sans la lâcher du regard. "Je t'aime, de tout mon cœur. Je n'ai jamais cessé de t'aimer, c'est clair ? Et met le toi bien en tête, Juliana : je ne t'ai jamais moins aimée après la mort de ton père, je ne sais pas où tu vas chercher ça."

Alicia finit par relâcher Juliana, et secoua la tête, un peu perdue dans le fil de ses pensées.

"Oui, je trouve que tu n'as pas fait le choses comme tu aurais dû les faire, Julia, et oui, j'aurais préféré, que tu me fasses assez confiance pour me parler de ce qu'il s'était passé, même à demi-mot, plutôt que de me laisser dans l'ignorance."

Après un moment d'hésitation - elle ne savait plus trop comment agir - Alicia finit par poser sa main sur celle de Juliana.

"Tu changes depuis la mort de ton père, Juliana. Pas en mal. C'est normal de changer après ça, après un tel évènement. N'attribue par le... le meurtre à ce changement. Ce n'est pour ça que tu n'es plus toi." affirma Alicia.

Elle replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de Juliana, et garda sa main contre sa joue.

"Je t'aime, quoique tu fasses, souviens-toi. Mais tu ne me laisses pas t'aimer, Julia. Je ne sais pas si c'est par peur, ou juste par habitude, mais tu me repousses Juliana, continuellement. Et je ne peux pas te forcer à m'accepter." déclara-t-elle. "Tu ne peux pas dire que je suis ta petite-amie et me tenir à l'écart de ta vie - et je ne parle pas que de ce mois. Fais-moi confiance, Juliana, s'il-te-plait." souffla finalement Alicia en laissant tomber sa main sur le canapé.



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Juliana baissa les yeux quand Alicia lui asséna qu'elle ne l'avait jamais moins aimée après la mort de son père. Où allait-elle chercher cela ? Elle se le demandait aussi, et au vu de ce que lui disait Alicia aujourd'hui, elle se rendait compte qu'elle avait eu tort. Mais pouvait-on réellement l'en blâmer ? Peu étaient les personnes qui auraient réagi comme Alicia. On avait quitté Juliana pour bien moins que cela, on l'avait trompé sans qu'elle ne sache jamais ce qu'elle avait fait pour provoquer une telle chose. Comment pouvait-on savoir que cette fois, elle avait rencontré quelqu'un qui l'accepterait, qui l'accepterait et qui l'aimerait malgré tout, de façon inconditionnelle ? Comment pouvait-elle savoir où étaient les limites d'Alicia ?

Elle aurait dû le savoir. Elle aurait dû le sentir, elle aurait dû lui faire confiance. Juliana redressa la tête en sentant la main de la jeune femme sur sa joue, et tressaillit à ce contact. Elle avait l'impression que ses joues brûlaient de honte, et une lueur d'espoir brillait au fond de son regard. Alicia n'allait pas la quitter, cela n'en prenait pas le chemin, elle saurait lui pardonner ce manque de confiance de la part de Juliana. La gorge serrée par l'émotion, Juliana se contenta de hocher la tête pour approuver la requête d'Alicia. Oui, elle lui ferait confiance. Oui, elle s'ouvrirait à elle, puisque c'était ce qu'Alicia voulait, puisqu'elle l'aimait sincèrement, réellement. Pas comme les autres fois où on lui avait dit "je t'aime", comme ça, en passant, cette fois, c'était du sérieux... Et Juliana venait seulement de comprendre à quel point.

Elle avait pourtant eu des indices, elle aurait dû le sentir et l'accepter plus tôt, mais Alicia avait raison sur ce point : Juliana avait résisté. Peut-être par habitude, peut-être par incrédulité, sans doute aussi par peur. Elle n'avait que vingt-trois ans, après tout, n'était-ce pas jeune pour s'engager à ce point ? Pour pouvoir dire à sa petite-amie qu'elle avait commis un meurtre sans que celle-ci ne s'enfuie en courant ? Non, ça ne l'était pas, réalisa-t-elle silencieusement. Alicia voulait être proche d'elle, proche comme l'était Joel, à qui Juliana pouvait tout dire sans craindre sa réaction, auprès de qui elle pouvait se reposer et pour qui elle se sentait prête à tout. A tout, oui, même à tuer. C'était un sentiment rare et inestimable, et elle venait seulement de réaliser sa chance, leur chance de pouvoir vivre cela avec quelqu'un.

Juliana se sentait enfin prête à donner à Alicia ce qu'elle voulait, à la faire entrer dans sa vie, pour de bon. Mais comment le lui dire ? Juliana n'était pas toujours très douée avec les mots, à plus forte raison lorsqu'elle craignait de dire la mauvaise chose et de faire fuir Alicia. Pourtant, Alicia lui avait bien fait comprendre qu'elle ne s'en allait nulle part, n'est-ce pas ? Expirant un bon coup, Juliana tendit une main timide pour saisir à nouveau celle d'Alicia, et la serrer entre la sienne. Son regard plongea dans celui de la médicomage et elle réalisa qu'elle mourrait d'envie de l'embrasser, mais elle se retint, n'étant pas sure de savoir comment elle serait accueillie.

"D'accord", murmura-t-elle finalement. "Tu as raison, je me suis tenue à l'écart, je t'ai tenue éloignée de moi et je ne veux plus le faire. Je t'aime, Alicia, et je te fais confiance. Je suis tellement désolée, si tu savais à quel point..."

"Ne me quitte pas, s'il-te-plait", rajouta-t-elle intérieurement, sans oser le rajouter. C'était à Alicia de décider...



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Lorsque Juliana s'excusa, Alicia hocha doucement la tête, et saisit la main de sa petite-amie dans la sienne. Elle peinait à réaliser ce qu'il venait de se passer, à vrai dire, elle n'était même pas sûre de le comprendre. Juliana avait tué quelqu'un, d'accord. Elle l'avait évité un mois, bien. Elle s'était confiée à Roy, et l'avait quasiment embrassé, bon. Toutes ces informations tournaient dans la tête de la médicomage, et elle enfonça ses ongles dans la paumes de sa main libre pour vérifier qu'elle ne rêvait - toujours - pas. Non. Très bien.

Voilà une situation à laquelle Alicia n'aurait jamais imaginé être confrontée - en même temps, elle doutait que quiconque ne s'y soit déjà préparé. Elle souffla lentement, désirant reprendre ses esprits, et posa son regard sur Juliana. Elles avaient été toutes proches de la rupture, réalisa-t-elle avec effroi. A vrai dire, si son amour pour la jeune femme n'était pas aussi fort, aussi intense, Alicia n'aurait probablement pas réussi à ne serait-ce qu'envisager de pardonner à Juliana. Elle n'était pas une Gryffondor - loin de là, même - et, à part dans son métier, elle préférait nettement fuir les problèmes plutôt que des affronter directement. Juliana était une exception, parce qu'elle était trop importante, parce que leur relation était trop précieuse à ses yeux pour être abandonnée.

"Je sais que tu es désolée Julia..." souffla finalement Alicia en l'attirant contre elle.

Juliana devait être terrorisée, songea-t-elle en lui caressant doucement les cheveux. Tuer un homme, ce n'était pas rien, ce n'était pas un geste anodin. C'était retiré la vie d'une personne, c'était avoir cet acte sur sa conscience, continuellement. Et Alicia en avait vu défiler, à St Mangouste, des hommes, des femmes, qui avaient perdu toute conscience parce qu'ils avaient - volontairement ou non - tué quelqu'un. Et cela ne pouvait pas arriver à la serveuse - elle jurait sur tout ce qu'elle avait qu'elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher cela.

"Je vais commencer à croire que tes amis sont des mauvaises fréquentations..." plaisanta Alicia. "Entre Roy et Shea..." lança-t-elle avec un petit sourire en coin. "Et ne parlons pas de Callaghan ! On était dans la même promo. Je crois qu'on n'a jamais réussi à se voir en peinture avant de quitter Poudlard !" expliqua-t-elle en essayant de détendre l'atmosphère - légèrement, hum - tendue.

Alicia fronça les sourcils, et resserra sa prise sur Juliana. Déposant un baiser sur son front, elle laissa passer quelques secondes de silence.

"Je t'aime Juliana." déclara-t-elle d'une voix basse. "Et je pense que je serais capable de tout te pardonner. Mais viens me voir, et parle-moi. Je peux t'aider, d'accord ? J'ai plein de moyens à ma disposition pour t'aider. Je suis là pour t'aider." lui affirma-t-elle avec force. "Et pour commencer... Hum, je vais t'interdire de quitter mon appartement pendant... Deux jours. Au minimum." lui lança-t-elle avec un sourire amusé. "Sauf si je décide de te faire dormir sur le canapé..." finit-elle, mutine.



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Un immense soulagement envahit Juliana lorsqu'Alicia l'attira contre elle. Elle se blottit dans ses bras et posa sa tête contre sa joue, les yeux clos, profitant de sa présence. Elle avait bien failli la perdre, par sa faute propre, et elle réalisait maintenant à quel point elle s'en serait voulu si cela avait été le cas. Alicia était une femme hors du commun, et elle tenait vraiment à elle. Elle n'était pas comme ses ex, Juliana pouvait réellement compter sur elle et s'ouvrir à elle, car Alicia était également plus forte qu'elle n'y paraissait au premier abord. Réaliser cela ne fit que renforcer l'amour qu'elle éprouvait pour elle.

La serveuse était encore bouleversée quand Alicia se mit à faire de l'humour, probablement pour détendre l'atmosphère, et elle mit quelques instants à réagir. S'écartant légèrement pour pouvoir la regarder, elle laissa échapper un petit rire et répliqua :

"Bon, Roy, je ne dis pas... Mais Shea et Lilly sont de chouettes filles, promis ! C'est plutôt moi la mauvaise influence, d'ailleurs. On a fait fumer de la mandragore à Shea, et Lilly est plus ou moins devenue une criminelle à cause de moi."

Son ton humoristique atténuait la gravité de ses propos, mais il lui parut encore trop tôt pour en plaisanter. Elle se demanda néanmoins pourquoi Lilly et Alicia ne s'entendaient pas. Probablement des différences de caractère, tout simplement, car il n'y avait pas de raison sinon. Elles étaient toutes les deux pleines de qualité, et elles étaient ses deux alliées dans cette épreuve qu'elle traversait, aussi Juliana avait-elle du mal à les concevoir en opposition.

L'atmosphère se fit plus grave à nouveau, et Juliana ancra son regard dans celui d'Alicia, s'imprégnant de ses paroles. Elle lui offrit son consentement d'un hochement de tête. Juliana ne risquait pas de commencer de sitôt de cacher une telle chose à Alicia, pas si cela signifiait qu'elle pourrait la perdre. Et puis elle réalisait maintenant qu'Alicia pourrait réellement lui apporter une aide précieuse, au-delà de son simple soutien moral. La jeune médicomage avait des ressources, et elle était aussi plus mature et probablement plus intelligente que Juliana, alors elle ferait tout aussi bien d'écouter ses conseils. Elles étaient plutôt complémentaires, l'une et l'autre, et il aurait été dommage de se passer de sa moitié... Car c'était ce qu'elle était, vraiment. Pas un simple passe-temps, quelqu'un avec qui passer du bon temps, une amourette de jeunesse, non, c'était bien plus fort que cela.

Forte de cette pensée, Juliana accueillit parfaitement bien l'interdiction qui lui était faite de quitter l'appartement pour les deux prochains jours - même s'il lui faudrait néanmoins le faire le lendemain pour aller travailler, mais elle rappellerait ce léger détail à sa petite-amie plus tard. Pour l'heure, son esprit était tout entier absorbé par Alicia et par les idées qu'elle venait d'implanter dans son imagination...

"Je veux bien dormir sur le canapé...", répondit Juliana de sa voix basse, avant d'ajouter : "Mais seulement si tu y dors avec moi."

Ce fut avec une timidité qui ne lui était pas du tout coutumière que Juliana glissa une main sur la nuque d'Alicia, avant d'attirer son visage vers le sien. Elle ne voulait pas attendre une seconde de plus pour l'embrasser, pour oublier leur dispute, pour oublier ses actes dans ses bras, pour sentir ses lèvres contre les siennes. Juliana captura les lèvres d'Alicia avec tendresse, savourant l'étreinte avec délice, tout en caressant son dos et ses cheveux. C'était comme si elles se retrouvaient après une longue séparation, comme si les baisers échangés au cours des dernières semaines n'avaient pas été réels, en comparaison de celui-ci. Un poids s'était enlevé des épaules de Juliana, et leur relation s'en trouvait plus légère, plus sincère aussi. Quand elles se séparèrent, Juliana posa son front contre celui de la jeune femme, et murmura :

"Je t'aime."

Sa main glissa innocemment au creux des reins d'Alicia, tandis qu'un sourire mutin apparaissait sur ses lèvres.

"Alors, pour cette histoire de canapé..."



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"Faire fumer de la mandragore à une future prof, tu n'as pas honte..." plaisanta Alicia en replaçant une mèche de cheveux de Juliana derrière son oreille.

Elle n'avait envie de rien de plus que d'oublier cette histoire, cette dispute, et d'avancer avec Juliana à ses côtés. Évidemment, les choses ne s'effaçaient pas aussi facilement, Alicia en était bien conscience. Mais la médicomage sentait qu'elles étaient en train de prendre un nouveau départ. Un départ plus sain, cette fois, sans tous les non-dits qui pesaient depuis un temps sur leur couple. Il faudrait certes du temps à Alicia pour pardonner, pour accorder de nouveau toute sa confiance à Juliana. Mais le plus important n'était pas d'y parvenir instantanément, mais d'avoir envie de lui pardonner, d'avoir envie de lui faire confiance. Et malgré tout ce qu'il avait pu se passer dans leur couple, la jeune femme en avait réellement envie, et comptait bien faire en sorte d'y parvenir. Parce qu'Alicia était intiment persuadée qu'elles pouvaient vivre quelque chose de très grand, ensemble, quelque chose de très beau.

"Il va falloir négocier ça, mon lit est tellement plus confortable que ça." fit remarquer Alicia d'un ton faussement narquois, lorsque Juliana posa une condition à sa nuit sur le canapé.

Leurs petites plaisanteries semblèrent alléger la tension qui régnait dans l'appartement. Alicia se laissa attirer contre Juliana, et répondit à son baiser avec douceur, glissant une main dans les cheveux de la jeune femme, tandis que son autre main se posait au creux de son dos.

"Je t'aime aussi." répondit-elle en caressant doucement la joue de la jeune femme.

Elle s'apprêtait à rajouter quelque chose, lorsque Juliana l'en empêcha d'un geste, revenant ensuite sur "cette histoire de canapé."

"Mais quelle Serpentarde !" s'exclama Alicia, toutefois amusée et attendrie. "Eh bien, on va dire que ça devrait pouvoir s'arranger, cette histoire de canapé. Mais simplement parce que - en bonne médicomage - je m'inquiète pour ton dos si tu passes une nuit là-dessus..." affirma Alicia avec un sourire malicieux. Elle se leva et tendit la main à la jeune femme pour l'aider à faire de même. Déposant un baiser sur ses lèvres, Alicia l'entraîna ensuite à sa suite.

En espérant que les prochains mois soient fait de jours plus calmes.
RP terminé.



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Trouble in paradise [Juliana & Alicia]

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