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 Norving 2.0 [Nora-Irving]

Nora WeaverAubergisteavatar
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[Je changerai le titre demain, je désespère de trouver une idée et je veux aller faire dodo ]

Samedi 18 Octobre 2008

Nora était victime d’un véritable ascenseur émotionnel depuis ce matin. Toute la semaine elle avait pourtant songé à cet après-midi avec enthousiasme et impatience, se concentrant sur le fait qu’elle allait enfin revoir son meilleur-ami et négligeant le côté un peu délicat de la situation. La dernière fois qu’elle avait passé un moment seule avec Irving, elle venait de rompre avec Grady. Et même si elle ne lui en avait rien dit, c’était en grande partie en raison des sentiments qu’elle éprouvait encore pour lui et que, à en croire leur baiser échangé le 2 Mai, il partageait. Alors maintenant quoi ? Elle arrivait vers lui, lui sautait au coup et l’embrassait fougueusement ? C’était assez tentant comme plan, mais un peu trop audacieux pour elle. Le temps avait passé, depuis le 2 Mai, les choses avaient peut-être changé. Les sentiments d’Irving aussi.

Nora avait le désagréable sentiment de revenir toujours au même point de départ, à se demander si elle devait tenter sa chance ou non, si cela valait la peine de risquer leur amitié.

Enroulant son écharpe autours de son cou –le temps commençait à se rafraichir- la jeune fille sortit du château en chassant au loin tous ses doutes. Leur amitié avait survécu à un baiser inopportun, elle survivrait à un deuxième. Elle ne referait pas les mêmes erreurs. Elle avait passé presque deux ans à se demander si elle devait avouer ses sentiments à Irving, et à force de l’attendre elle avait loupé le bon moment. Elle ne le laisserait pas passer cette fois.

C’est donc pleine de détermination que la Poufsouffle quitta le château en compagnie de quelques camarades qui avaient également décidé de profiter de ce samedi pour une sortie à Pré-au-Lard. Depuis ce matin elle alternait entre les moments où elle avait le sentiment que tout irait bien, où elle avait le cœur léger et se retenait de ne pas courir au village pour se jeter dans les bras d’Irving, et les moments où elle était un peu moins sûres d’elle. Dans ces moment-là elle sentait plein de questions venir troubler son enthousiasme et avait presque envie de rebrousser chemin. Samedi prochain, c’était bien aussi, et ça lui donnerait le temps de réfléchir.

Maudissant son manque de courage –elle ne méritait pas vraiment son surnom de Nora l’intrépide- Nora se concentra sur ce que Jane racontait à propos de Marchebank, qui s’était fait voter les pleins pouvoirs. Trop heureuse de pouvoir voter pour la première fois, et de découvrir un nouveau parti qui défendait les droits des créatures magiques, Nora avait voté pour le FREE les yeux fermés. Elle commençait à se demander si elle avait bien fait.

S’arrachant à ces considérations politiques, Nora abandonna ses amies devant le chaudron baveur. Si jamais l’envie les prenait avec Irving de se promener un peu plutôt que de s’asseoir à la table d’un établissement bondé, mieux valait prévoir des boissons chaudes en conséquences. Elle ressortit du Chaudron baveur quelques minutes plus tard, deux boissons « de saison » dans les mains. Mme Rosmerta avait insisté pour qu’elle essaye sa dernière recette et Nora n’avait pas su dire non –elle apprendrait, un jour.

Hâtant le pas, de peur d’être en retard, elle rejoignit la route principale et chercha Irving du regard. Ses yeux finirent par se poser sur la chevelure bouclée de son ami et elle voulut lui faire un signe du bras mais, avec ses deux gobelets dans les mains, elle dut se contenter d’un grand sourire. Alors qu’elle s’avançait vers le Gryffondor, toutes les questions qu’elles se posaient passèrent au second plan pour laisser la place à l’instant présent. Instant dont elle avait envie de profiter comme il venait.

« Coucou, lança-t-elle avec un sourire chaleureux, à défaut de pouvoir étreindre son ami tout en tenant une boisson dans chaque main. Désolée, je suis un peu en retard, Mme Rosmerta a insisté pour me servir deux de ses…. « cafés lattés à la citrouille et à la cannelle », ou quelque chose comme ça, expliqua-t-elle tout en tendant un gobelet à Irving. A la tienne ! Elle avala une gorgée du breuvage, qui s’avéra être plutôt bon, bien qu’un peu sucré, avant de se tourner vers le jeune homme. Alors, quoi de neuf ? Je suis sûre que tu as plein de choses à me raconte, tout nouveau boulot, tout ça ! » demanda-t-elle avec un sourire, un peu de mousse de son café au-dessus de la lèvre.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Une fois n’est pas coutume, les Dark Boursouf n’avaient pas de répétition en ce samedi matin mais pourtant Irving était bien présent au village de Pré-Au-Lard. Il faut dire qu’il avait prévu de retrouver Nora qu’il n’avait pas revu depuis la rentrée scolaire. Pourtant, il s’était réjoui à l’idée de la voir tous les week-ends grâce à la nouvelle autorisation de sortie des élèves mais il avait vite déchanté en apprenant que les Poufsouffle joueraient le premier match de la saison de quidditch début Octobre. Qui disait match, disait forcément entrainement et Nora, en capitaine consciencieuse, n’avait pas lésiné sur le nombre d’heures passées tous les week-ends sur le terrain de Poudlard si bien qu’ils n’avaient pas pu se voir.

C’était uniquement pour cette raison qu’Irving était un peu nostalgique d’avoir quitté l’école. Il aurait bien aimé apporter son casse-croute à son amie directement sur les gradins pendant ses séances d’échauffements comme il l’avait fait quelques années plus tôt. Appliquée comme elle était, Irving était persuadé que Nora négligeait les heures de repas pour s’entrainer tranquillement, quitte à grignoter quelques biscuits sur le pouce dans l’après midi. Il secoua vaguement la tête  en signe de désapprobation sans parvenir à masquer le sourire attendri que cela lui inspirait.

De toute manière, il avait toujours ce sourire quand il pensait à elle. Et encore plus depuis qu’il avait appris la nouvelle de sa séparation avec Grady. Sur le coup, il avait bien évidemment caché la joie que cette rupture lui inspirait –Nora était bien trop bouleversée pour qu’il manifeste  le moindre soulagement devant elle- mais bordel ! Il n’avait pas entendu de meilleure nouvelle depuis la chute du seigneur des ténèbres ! C’est dire !

Cette annonce l’avait plongé dans un état de douce euphorie. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser que cette rupture découlait directement des événements du  2 mai –Le baiser, pas la bataille- d’autant plus que Nora était à l’initiative de cette séparation. Bien sûr, une partie d’Irving était désolée pour Grady –qui ne le serait pas ? Ce type était si sympa- mais une autre partie de lui-même lui intimait de saisir sa chance. A retardement, il se rendait compte qu’il l’avait laissé passer de nombreuses fois. Beaucoup trop souvent.

La mort de Danny lui avait fait prendre conscience de la brièveté de la vie et depuis, Irving s’était fait la promesse de ne plus attendre. Attendre que les choses se passent. Attendre que les autres décident pour lui. Il devait prendre son destin en main. Se faire violence et surmonter ses craintes car toutes ces belles résolutions n’effaçaient pas ses appréhensions, bien au contraire. Il était toujours animé par l’idée qu’il risquait de perdre son amie –surtout s’il se montrait trop insistant en se déclarant, pour la deuxième fois, tel un gros lourd débile qui n’a toujours pas compris…

Mais, depuis quelques mois, il était assailli par ce sentiment d’urgence, le besoin de vivre pleinement. La perte de Danny avait été un facteur déclencheur et cela s’était accru avec les incidents de Bristol où une ancienne camarade de Poudlard avait perdu la vie également.  Le climat social était lourd depuis plusieurs semaines et les tensions étaient de plus en plus perceptibles entre les habitants. Il suffisait de voir à quel point la conversation avait été engagée, quelques jours plus tôt au Chaudron Baveur, entre pro et anti régime. Le contexte actuel était fait d’incertitude et Irving avait plus que jamais besoin de se sentir maitre de son destin.

Absorbé dans ses pensées, il ne remarqua Nora que lorsqu’elle fut à quelques mètres de lui. Sa mine soucieuse disparut instantanément au profit d’un large sourire qui éclaira son visage.

« Hey ! Salut toi ! »


Il sortit ses mains des poches de son manteau pour étreindre brièvement son amie en prenant bien garde de ne pas renverser les deux gobelets qu’elle transportait.

« Qu’est-ce que tu nous ramènes de bon ? demanda-t-il en humant les effluves qui émanaient des verres, D’la bièreaubeurre ? questionna-t-il en percevant comme une odeur de cannelle.

Nora lui expliqua alors que Mme Rosmerta avait insisté pour lui servir une toute nouvelle recette à base de jus de citrouille.

« Cool, souffla Irving en attrapant son gobelet, Merci. » Il le porta à ses lèvres et but une gorgée avant de se délecter de l’arôme doucement sucré, c’est bon, de toute manière, depuis qu’il avait gouté à la « Mirabelle de Duke » de Danny tous les breuvages trouvaient grâce à ses yeux, et en plus ça réchauffe ! »  ajouta-t-il en attrapant son verre à deux mains pour se réchauffer contre la paroi du récipient.

Les deux amis se mirent alors en marche, s’éloignant doucement du village sans s’être concertés sur la destination de leur ballade. Nora lui demanda des nouvelles, même si elle savait déjà tout, du moins dans les grandes lignes. Irving avait mis un point d’honneur à lui envoyer des lettres régulièrement. Il avait rapidement évoqué son amitié naissante avec Klem, son nouveau groupe de rock avec Julia et ses premiers chantiers en temps qu’agent du RPC. Mais Irving restait un garçon peu porté sur l’écriture et l’ensemble de ces aventures étaient généralement relaté en une ou deux phrases succinctes. Il préférait de loin discuter avec ses copains autour d’une gobière – en l’occurrence autour d’un café latté citrouille/cannelle-  plutôt que de coucher sa vie sur un parchemin. A contrario, il inondait Nora de hibou pour lui faire parvenir tout un tas de chose complètement insignifiante :
Des photos prises aux quatre coins de l’Angleterre lors de ces dépannages,...
Spoiler:
 


...des petits clins d’œil pour déstresser son amie la veille d’évenements importants...

Spoiler:
 


...ou encore des propositions de sortie pour les vacances prochaines.

Spoiler:
 



A vrai dire, il ne se passait pas deux jours sans qu’il lui envoie une petite note, si bien qu’il avait même songé à s’acheter son propre hibou, lui qui était pourtant si peu enclin à posséder un animal de compagnie.

« Franchement, j’ai l’impression qu’il s’est jamais passé autant d’chose dans ma vie, lança-t-il en se décidant à répondre à sa question, Le boulot s’passe bien même si c’est un peu plus compliqué depuis les problèmes à Bristol. Instinctivement, il porta une main sur sa pommette qui ne gardait plus qu’un léger stigmate des événements du début de semaine où Irving s’était fait agressé par un client, Les gens sont super énervés et l’ambiance au Ministère est franchement tendue. Cette histoire de Plein Pouvoir fait pas vraiment l’unanimité dans les services et la FOSSE veut monter au créneau, il haussa les épaules et ajouta, j’sais pas trop quoi en penser, pour l’moment j’fais mon taf et puis on verra. Il cogna dans un marron tombé de son châtaignier et poursuivit,   mais ça s’passe plutôt bien avec ma binôme, Scarlett, tu sais, j’t’ai parlé d’elle, la vieille sang-pur complètement tarée, précisa-t-il afin que Nora se la remémore, en fait elle est marante. L’aut’ fois, elle a passé quasiment toute une soirée à draguer Klem –Klemens mon voisin du d’ssous- alors qu’il a à peine trente ans ! Irving ricana à ce souvenir avant d’ajouter, l’pire, c’est qu’il avait l’air d’kiffer ! Il secoua la tête de gauche à droite avant de shooter de nouveau dans la châtaigne qui rebondit avant de s’immobiliser à quelques mètres devant Nora, Et toi alors ? Tu t’en sors entre ton boulot et les entrainements ? Tu trouveras l'temps d'venir visiter cette expo sur les animaux avec moi aux prochaines vacances ? » S’enquit-il en relevant les yeux vers elle. Toutefois, il ne put contenir plus longtemps un petit rire moqueur en voyant les lèvres de la jeune fille décorées de mousse.

« Héé, souffla-t-il, j’uis jaloux t’as plus de moustache que moi là, taquina-t-il en lui indiquant la mousse au coin de ses lèvres d’un geste vague. Comme il en restait encore un peu il se décida à prendre les choses en main, Attends. Bouge pas, lança-t-il en s’arrêtant de marcher. D’une caresse du pouce il ôta l’excédant avant d’accorder un léger sourire à son amie, Voilà. Ma virilité est sauve.»

Bon. En dépit de sa petite boutade, il était un peu en train de flirter là non ? se dit-il en sentant les battements de son cœur s’accélérer. Quoiqu’il en soit, l’occasion était trop belle pour la laisser filer et puis la réaction de son amie lui permettrait peut-être d’en savoir plus sur les sentiments qu’elle ressentait aujourd’hui à son égard…  
Toujours immobile, il but une nouvelle gorgée de son breuvage tout en attendant la réponse de son amie.



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora ne put s'empêcher de sourire en écoutant Irving lui parler des récents évènements de sa vie. Elle hocha régulièrement la tête quand il évoqua des personnes dont il lui avait déjà parlé dans ses messages, sans se départir de son sourire. Elle adorait le voir comme ça. Il avait l'air d'aimer son boulot malgré les tensions au Ministère, il faisait plein de nouvelles rencontres, il profitait de la vie et elle était heureuse pour lui. Les lettres qu'il lui envoyait régulièrement, même si elles ne contenaient en général qu'une photo et quelques mots, lui mettaient toujours du baume au cœur et chaque fois qu'elle en recevait une elle passait la journée à sourire bêtement, ce qui lui valait toujours quelques remarques moqueuses de la part de Jane.

Elle était vraiment heureuse pour lui mais elle l'enviait un peu aussi, parfois. Il en avait fini des cours, des examens, des rendez-vous d'orientation, du règlement et des heures de couvre-feu. Il entrait dans la vie active et avait des préoccupations d'adulte alors qu'elle s'inquiétait encore des résultats de son dernier test de potions. Irving souligna d'ailleurs cet état de fait en lui demandant comment elle allait, entre les cours et les entrainements. C'était effectivement les deux seules choses qui remplissaient sa vie en ce moment, et c’était un peu triste.

"Ça va ! répondit-elle avec enthousiasme, comme si elle cherchait à se convaincre elle-même. Il faut absolument que j'ai un E en potions aux ASPIC si je veux avoir une chance d'être prise en sciences vétérinaires l'année prochaine. Je devrais pas avoir de problèmes avec les soins aux créatures magiques, même si Greengrass est un peu bizarre."

Elle haussa les épaules, réalisant que toutes ces préoccupations étaient plutôt insignifiantes, surtout en ce moment. Même à Poudlard où ils étaient relativement protégés du monde extérieur et du climat tendu qui régnait depuis les émeutes à Bristol, les tensions se ressentaient.

"Il parait qu'il aurait commencé à recruter des élèves pour former une sorte de brigade...Un peu comme des préfets, j'imagine, mais à sa botte. On parle de "Jeunesses du Ministère", précisa-t-elle en mimant les guillemets avec ses doigts. Je sais pas trop ce que ça va donner... »

Son visage s'assombrit un instant alors qu'un front soucieux barrait son front. Même si elle avait envie de se lancer elle aussi dans la vie adulte et d'en avoir terminé avec Poudlard, elle aurait préféré passer sa dernière année à se concentrer sur ses ASPIC, sans avoir à se demander quelles étaient les desseins de leur nouveau directeur-adjoint. Mais elle aurait tout le temps de discuter de ça plus tard dans la salle commune. Pour le moment elle voulait profiter de ses retrouvailles avec Irving, notamment en prévoyant plein de sorties pour les prochaines vacances.

"Je trouverai toujours du temps pour te voir essayer d'apprivoiser un hiboux ! répondit-elle avec un sourire amusé. Contrairement à elle, Irving n'avait jamais été un grand-ami des créatures magiques, ce qui rendait sa proposition d'aller avec elle à l'exposition encore plus adorable. Tu penses qu'il y aura aussi des créatures aquatiques ? s'enquit-elle avec intérêt. Sa question avait visiblement un potentiel comique caché puisqu'Irving lui répondit par un petit rire moqueur. Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-elle en fronçant les sourcils, sans parvenir à réprimer un sourire amusé face au rire de son ami.

Irving lui fit comprendre qu'elle avait une moustache de mousse au-dessus de la lèvre et elle baissa la tête, un peu embarrassé, en essuyant du bout des doigts le mauvais coin de sa bouche. Le jeune homme semblait toutefois décidé à lui venir en aide puisqu'il s'arrêta de marcher pour ôter d'un geste du pouce l'excédent de mousse du coin de ses lèvres.

"Merci..." balbutia-t-elle, les joues roses et le cœur battant la chamade.

Et ça recommençait...Elle était là, à fondre littéralement pour lui et à le dévorer des yeux, sans oser faire le premier pas. Un peu de courage par Merlin ! Tout ce qu'elle avait à faire c'était de se hisser sur la pointe des pieds, de glisser une main dans son cou et de l'embrasser. Plus facile à dire qu'à faire.

"Qu'est-ce que je ferai sans toi ?" lança-t-elle en riant doucement pour cacher son trouble.

Ce qu'elle avait pensé comme une boutade prit malgré elle un ton bien plus solennel. Elle leva les yeux vers Irving, croisa son regard et sentit les battements de son cœur s'affoler. Elle le connaissait bien ce moment, c'était celui qu'elle avait toujours laissé filer sans saisir sa chance. Elle avait déjà connu ça, ce regard, cette envie. Dans la forêt interdite, dans la salle de bain des préfets, et chaque fois elle n'avait pas osé. Elle en avait marre, de ne pas oser.

Sans réfléchir davantage, de peur de se décourager à nouveau, elle franchit d'un pas la distance qui la séparait d'Irving, les jambes flageolantes. Elle posa une main sur son épaule, s'arrêta une seconde, sourit, et vint presser ses lèvres contre les siennes.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Les timides remerciements de Nora arrachèrent un léger sourire à Irving. Elle semblait bien un peu émue mais peut-être était-elle simplement mal à l’aise qu’il se montre de nouveau entreprenant, songea-t-il en buvant son café latté. Toutefois, lorsqu’ elle lui demanda finalement, mi amusée mi troublée,  ce qu’elle ferait sans lui, il sentit que les choses se débloquaient enfin. Le cœur battant, il avala une dernière gorgée de breuvage en scrutant son amie. Elle n’attendait pas de réponse particulière à sa question de toute manière si ce n’est, peut-être, qu’il tente de nouveau de l’embrasser. Mais il n’eut pas à le faire puisqu’il la vit s’approcher de lui en souriant pour déposer ses lèvres sur les siennes.

C’était une évidence au fond, cela semblait si naturel, se dit-il en laissant choir son gobelet sur le sol pour enlacer Nora et répondre favorablement à son étreinte.  C’était comme si toute leur histoire était écrite à l’avance : Comme si tous leurs moments de doute, leurs hésitations, leurs fou-rires et même leurs disputes avaient existé simplement pour rendre ce moment encore plus intense. Irving ne pouvait pas se détacher d’elle. Il voulait rester là, des heures entières, à gouter ses lèvres, caresser son visage et laisser ses doigts s’emmêler dans ses longs cheveux dorés. Il l’embrassa longuement, comme pour asseoir les sentiments qu’il éprouvait pour elle depuis tant d’années et qu’il n’avait jamais réussi à lui dire. Le message était on ne peut plus clair à présent, songea-t-il en détachant ses lèvres des siennes sans pour autant s’éloigner. Il observa ses grands yeux gris et frôla sa joue d’un revers de la main. Elle était magnifique.

Un sourire s’étira alors sur le visage de l’ex-gryffondor tandis qu’il posait son front contre celui de son amie :

« Nora l’intrépide a encore frappé… » murmurra-t-il d’une voix rendue rauque par l’émotion.

Il se mit à rire doucement avant de la serrer un peu plus contre lui. Merlin ce qu’il était bien. Nora avait toujours eut cette effet apaisant sur lui et c’était d’autant plus vrai maintenant qu’il pouvait la prendre dans ses bras sans avoir à s’inquiéter de ce que cela sous-entendait. Plus rien n’avait d’importance : Le ministre pouvait bien s’octroyer les pleins pouvoirs afin d’éviter une guerre civile, Irving n’en avait cure. Il souhaitait juste se concentrer sur le bonheur qu’il ressentait à cet instant précis.

« On va s’asseoir ? » proposa-t-il en désignant d’un geste du menton un petit muret de pierre partiellement recouvert de mousse un peu plus loin. Alliant le geste à la parole il entraina la jeune fille jusqu’au banc improvisé où ils s’installèrent.
Irving passa un bras autour des épaules de sa nouvelle petite-amie  puis il contempla le paysage alentour d’un air serein qui ne lui était pas coutumier.
D’un point de vue objectif, s’était une journée d’octobre des plus banales : L’air était frais et de gros nuages gris laissaient apparaitre momentanément un soleil timide qui éclairait Pré-Au-Lard par intermittence. Mais du point de vue d’Irving, l’automne avait revêtu ses plus beaux atours pour magnifier cette matinée. Les arbres s’étaient parés de couleurs chatoyantes d’une palette allant du jaune vif au rouge écarlate et les raies de lumière tracées dans le ciel par les rayons filtrants du soleil donnaient presque un caractère mystique à ce moment, comme pour le rendre encore plus exceptionnel.

« Tu pourras dire à Mme Rosmerta que son café latté citrouille canelle était …exquis. » souffla-Irving sans quitter des yeux le paysage.

Il se tourna alors vers Nora et laissa échapper un petit rire avant de poursuivre :

« Plus sérieusement, t’as pas idée du nombre de fois où j’ai voulu t’embrasser avant aujourd’hui, révéla-t-il en passant son pouce sur les lèvres de la jeune femme, comme il l’avait fait quelques minutes plus tôt, j’vais passer pour un gros psychopathe mais ça fait longtemps que j’attendais ce moment. »

Il laissa planer un petit silence avant d’ajouter :

« Plusieurs mois. »

Il fronça le nez et précisa en grimaçant.

« Plusieurs années même… »

Bon. Maintenant qu’il avait commencé, il fallait qu’il termine, songea-t-il en cherchant les mots justes. Il attrapa une mèche de cheveu de son amie et la lissa entre son index et son pouce avant de reprendre :

« C’que j’essaye de t’faire comprendre–de manière un peu maladroite, j’te l’accorde-
ricana-t-il, c’est qu’j’ai pas b’soin d’attendre quelques mois pour t’dire quelque chose. J’uis très au clair avec ça d’puis pas mal de temps. Même quand j’savais qu’il fallait qu’j’me fasse une raison c’était plus fort que moi alors...»

Il se souvenait encore de la jalousie qu’il avait ressentit lorsqu’ il les avait croisé, elle et Grady, sur la Grand’Place de la Cité Nimbus.
Irving prit donc une profonde inspiration puis il releva lentement les yeux vers la jeune femme :

« En fait, c’que j’veux t’dire, c’est qu’ j’uis vraiment amoureux d’toi, susurra-t-il  avant d’ajouter en secouant légèrement la tête de gauche à droite, Comme c’est pas permis. »



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, elle avait les jambes en cotons, et elle était complètement étourdie. Elle était à la fois terrifiée par ce qu'elle venait de faire et par les conséquences que cela pourrait avoir, et persuadée d'avoir fait exactement ce qu'il fallait. C'était son moment et elle l'avait saisi, alors peu importait ce qui se passerait ou ne se passerait pas ensuite, elle ne regrettait pas. Elle sentit les bras d'Irving l'enlacer alors qu'il répondait à son baiser et tout son corps se détendit alors qu'elle s'abandonnait complètement à cette étreinte.

Elle attendait ce moment depuis des années. Elle l'avait espéré, l'avait rêvé, imaginé de nombreuses fois, mais la réalité était bien au-delà de tout cela. C'était si simple, comme naturel, comme s'il n'aurait jamais dû en être autrement. C'était comme une évidence.
La jeune fille laissa tomber son gobelet de café au sol pour glisser une main dans la nuque d'Irving, se mêlant à ses boucles folles alors qu'elle savourait le goût de ses lèvres contre les siennes. C'était des sensations délicieusement nouvelles, et pourtant c'était comme si elle avait toujours su qu'embrasser Irving la ferait se sentir ainsi. Jamais elle n'avait été plus heureuse.

Un sourire doux se dessina sur ses lèvres quand elles se séparèrent finalement de celles d'Irving et elle observa l'ancien Gryffondor comme si elle le voyait pour la première fois. Elle aurait voulu que ce moment dure une éternité. Elle voulait passer des heures entières dans ses bras, à se perdre dans ses yeux bleus et ne penser à rien d'autre qu'à l'instant présent. Elle avait envie de savourer son bonheur et d'oublier tout le reste.

Elle rit doucement à la remarque d'Irving et le laissa l'entrainer sur un petit muret en pierre. Elle posa sa tête sur son épaule alors qu'il l'entourait de ses bras, profitant du bonheur de pouvoir agir comme elle le voulait sans se demander si son comportement n'était pas un peu ambigu ou déplacé dans le cadre d'une simple amitié. Elle avait toujours aimé être proche d'Irving, elle aimait le serrer dans ses bras ou lui tenir la main, et elle appréciait de pouvoir le faire sans se poser de questions. Tout semblait si simple maintenant, comme si tous les doutes qu'elle avait pu avoir sur leur relation s'étaient volatilisés.

"Nora l'intrépide n'a jamais pu résister au charme d'Irving l'audacieux, répondit-elle avec un sourire. C'était grillé dès le début de leurs aventures..."

Ce n'était pas complètement faux. C'était même vraiment très proche de la vérité. Elle avait apprécié Irving dès qu'elle l'avait rencontré et ses sentiments avaient grandi à mesure qu'elle apprenait à le connaitre. Elle aurait été incapable de dire à quel moment exactement elle était tombée amoureuse. Ça n'avait pas été le coup de foudre, mais maintenant qu'elle repensait à tous les moments qu'ils avaient passés ensembles, elle avait le sentiment d'avoir toujours craqué pour lui. Ses souvenirs étaient sans doute altérés par ce qu'elle ressentait aujourd'hui, mais elle avait l'impression qu'il y avait toujours eu quelque chose entre eux. Ce petit truc en plus qui faisait que leur amitié avait toujours été un peu plus que ça, du moins de son côté.

C'était visiblement le cas pour Irving également puisqu'il lui révéla avoir déjà eu envie de l'embrasser de nombreuses fois. Elle secoua doucement la tête quand il s'inquiéta de passer pour un psychopathe. S'il savait ! Elle attendait ce moment depuis certainement plus longtemps que lui. Elle esquissa un sourire quand il affirma avoir espérer ce baiser depuis plusieurs mois. Sourire qui s'agrandit pour se changer en léger éclat de rire quand il ajouta quelques années au compteur.

"Tu me prendrais pour une psychopathe si je te disais que même quand tu me jetais des rats putréfiés à la figure j'attendais déjà ce moment ?"

A la réflexion, ça faisait vraiment psychopathe. Voyant qu'Irving voulait lui dire quelque chose de sérieux, elle se tut et prit simplement sa main dans la sienne, posant leur mains jointes sur sa cuisse alors qu'il relevait les yeux vers elle. Elle croisa son regard et ne put retenir un sourire tendre qui s'agrandit à l'entente de ce qu'il avait à lui dire. Il était amoureux d'elle. Il était amoureux d'elle ! Il ne craquait pas pour elle, il n'avait pas un coup de cœur pour elle, elle ne lui plaisait pas, il était amoureux d'elle ! Elle aurait voulu le hurler à plein poumons.

"Je suis plutôt gravement atteinte aussi, confia-t-elle en secouant légèrement la tête. Dans le genre complètement accro... Elle rit doucement avant de relever les yeux pour retrouver le regard d'Irving. Je t'aime..." souffla-t-elle avant de se pencher un peu vers lui pour l'embrasser à nouveau -Merlin que c'était bon !

On faisait toujours du premier "Je t'aime" quelque chose d'important, c'était un cap à franchir dans une relation, une étape qui marquait le début des choses sérieuses -d'après les magazines féminins en tout cas. Mais c'était venu tout simplement. Elle n'avait pas eu à se poser de questions et à se demander s'il n'était pas trop tôt pour ce genre de déclaration. Elle était amoureuse de lui, il n'y avait pas le moindre doute là-dessus, et cela faisait deux ans qu'elle hésitait à le lui dire, alors il était plus que temps.

"Qu'est-ce qui nous a pris tant de temps ?" finit-elle par demander en reposant sa tête sur l'épaule d'Irving.

Elle se surprit à se demander comment les choses auraient évolué si elle l'avait embrassé à la soirée mousse, ou dans la forêt interdite, au nouvel an ou dans la salle de bain des préfets ? Seraient-ils tout de même assis ensembles sur ce muret ? Elle voulait croire que oui, mais elle était finalement contente que les choses ne se soient pas déroulées autrement. Elle ne changerait pas une seule minute de leur histoire si elle en avait le choix, parce que le présent était absolument parfait ainsi.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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« Ah ? Les rats putréfiés ça marche auprès des filles ? Il faut qu’j’en parle à Donald je suis sûr qu’il va adorer la technique... »

Irving plaisantait mais il était plutôt étonné à l’entente des paroles de sa petite-amie. C’était assez  déroutant de se dire qu’elle aussi, elle attendait ce moment depuis si longtemps. L’aventure avec le rat d’O’Connor datait du début de leur amitié après tout ! Il laissa échapper un éclat de rire quant elle révéla être « complètement accro ». Il comprenait cette sensation, il la vivait lui aussi: Le manque qu’il éprouvait quand il ne la voyait pas, la douce euphorie qui s’emparait de lui à la perspective de passer un peu de temps avec elle et enfin le bonheur et la sérénité qu’il ressentait quand elle était là, juste près de lui… Il s’agissait d’ une forme de dépendance en somme. C’était un peu effrayant d’ailleurs, si on y réfléchissait bien, mais c’était  aussi tellement merveilleux quand tous ces sentiments étaient partagés. Et c’était le cas. Nora venait de le lui dire. Irving resta béatement immobile quelques secondes, comme s’il voulait figer ce moment pour l’éternité.
Pouvait-on être plus heureux ?
Il répondit à son baiser avec passion complètement indifférent au petit groupe d’élèves qui passait sur la route en contre bas. Quand ils se séparèrent enfin Irving enlaça la jeune femme qui posa sa tête sur son épaule. Il respira l’odeur de ses cheveux longuement tout en méditant à la question de Nora.

Pourquoi n’avait-il pas franchi le pas plus tôt ? Bonne question. Irving repensait à postériori à toutes ces occasions manquées, à tous ces moments où il avait cru déceler une lueur d’envie dans les yeux de son amie. En fait, une partie de lui avait toujours su que leur amitié était ambiguë et que ces regards échangés était lourds de sens mais l’ancien Gryffondor n’était tout simplement pas prêt.

« … Hum… Perso, j’crois qu’j’avais du mal à m’aimer moi-même alors…Ce n’était pas trop concevable que quelqu’un puisse être amoureux d’moi. »

C’était assez triste comme constat mais Irving sentait bien qu’il touchait du doigt la vérité. Il repensa à cette discussion qu’ils avaient eue sur les gradins du stade lors du match Gryffondor/ Serpentard au début de sa sixième année. Une conversation des plus banales,  au sujet d’une sortie à Pré-Au-Lard qu’ils feraient ensemble mais «  en ami. ». Ces simples mots avaient réveillés en Irving ses plus sombres craintes. Nora ne voulait pas de lui comme petit-ami et le pire dans l’histoire, c’est qu’il la comprenait : Elle était si spéciale alors que lui…et bien… Il n’était rien. Comment pouvaient-ils être ensemble ?

Avant de croire à leur amour, Irving avait eut besoin de croire en lui. Avoir confiance, tout simplement. Ne plus se voir comme un loser binoclard, un peu envieux au fond de ces beaux sportifs m’as-tu-vu. Aujourd’hui il était passé au dessus de tout cela. Il se sentait épanoui et il s’estimait enfin digne des sentiments de Nora. Et ça, c’était le plus important. Il esquissa un sourire à cette pensée  avant de déposer un baiser sur le crâne de sa petite-amie.

« Tu sais qu’les potes vont pas nous rater,
souffla-t-il finalement d’un air amusé, J’uis sûr qu’ils vont tous dire « C’est pas trop tôt ! » »

Irving ricana en repensant à tous les sous-entendus qu’il avait essuyés pendant trois ans de la part de ses amis. Donald, Artemis et même Cassandre,  ils avaient tous deviné ! A bien y réfléchir peut-être même que Margot Adamson en personne avait soupçonné leur idylle, songea-t-il en se remémorant sa conversation avec elle au mariage de Samaël et Théo.  Et il ne parlait même pas de Jeremy et Juliet, qui eux, étaient dans la confidence depuis le début. Ils l’avaient toujours poussé à se déclarer, et Merlin, Irving était persuadé qu’il allait se faire chambrer quand ils allaient apprendre ça ! Son large sourrire se figea toutefois quand il pensa à l’un de leur ami commun qui n’aurait pas l’occasion d’apprendre leur relation. Irving resserra son étreinte autour de Nora avant de souffler :

« J’aurais vraiment aimé qu’Danny soit encore là pour voir ça… »



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Nora hocha silencieusement la tête quand Irving lui expliqua avoir du apprendre à s'aimer lui-même avant de pouvoir imaginer que quelqu'un puisse être amoureux de lui. Elle se souvenait de ça, oui. Elle se souvenait de l'adolescent caché sous ses sweat gris, qui se réfugiait bien trop souvent derrière l'humour et qui se moquait tant des sportifs arrogants et m'as-tu-vu. Elle ne savait pas exactement quand il avait commencé à changer, et quand il était devenu ce jeune homme sûr de lui qui se donnait les moyens de faire ce qu'il voulait et qui embrassait les filles sur des falaises. Elle avait, de toute façon, toujours vu au-delà de l'image de loser qu'il aimait à présenter.

"Tu aurais dû te voir comme moi je te voyais..." répondit-elle avec un sourire attendri en repensant à tous les moments qu'ils avaient partagés.

Parce que si lui avait mis du temps à s'en rendre compte, elle avait toujours su qu'il était quelqu'un d'extraordinaire. Celui qui prenait du temps pour lui apporter de quoi manger quand elle sautait des repas pour s'entrainer, celui l'encourageait en hurlant à plein poumons à chaque match, et celui qui lui avait fait réaliser qu'elle pouvait être autre chose que la petite sœur d'Amely Weaver. Elle s'était toujours considérée comme une personne plutôt banale, et sans intérêt, mais Irving avait su la faire se sentir importante, et ils avaient vécu de sacrés aventure ensembles.

La jeune fille se redressa un peu et fronça les sourcils, intriguée, quand son petit-ami assura que leurs amis n'allaient pas les louper et qu'ils allaient certainement se faire charrier à propos de leur couple.

"Comment ça "tous" ? Il y a des gens au courant ?" s'étonna-t-elle.

Comment leurs amis auraient pu se douter de quelque chose alors qu'eux-mêmes avaient eu du mal à ouvrir les yeux jusqu'à aujourd'hui ? Bien sûr il y avait eu des fois où elle s'était demandé si Irving ne ressentait pas un peu plus que de l'amitié pour elle, ne serait-ce que ce fameux soir dans la forêt interdite, où à la fête du nouvel an. Mais elle avait souvent été découragé, en se faisant inviter à Pré-au-Lard "en amie" ou en apprenant qu'il sortait avec Samantha Miller. S'il y avait eu des signes évidents, elle les aurait vus, non ? Et puis elle n'avait parlé de ses sentiments pour Irving à personne, sauf Artémis, et Jane, et Cassandre aussi, qui avait deviné toute seule en fait. Alors comment pourraient-ils "tous" avoir été au courant avant même qu'ils ne le soient eux-même ?

Nora reposa sa tête sur l'épaule d'Irving, un sourire amusé aux lèvres, en se demandant qui de leurs amis avaient bien pu être plus perspicace qu'elle ne l'avait été ? Beaucoup de monde, apparemment... Elle se blottie dans ses bras quand le jeune homme la serra contre lui, savourant cet instant de bonheur. Elle perdit subitement son sourire quand il mentionna le seul de leur ami commun qui n'apprendrait jamais la nouvelle.

"Moi aussi..." souffla-t-elle, troublée.

Elle ferma les yeux un instant et les images de ce qu'on appelait désormais le "Bloody Sunday" se dessinèrent dans son esprit, aussi précises que si cela s'était passé la veille, aussi cruelles. La plupart du temps elle arrivait à ne pas y penser, à mettre ça de coté, mais chaque fois que les souvenirs revenaient, la culpabilité les accompagnait. Elle sentit son ventre se nouer alors que les regrets l'assaillaient. Les mêmes regrets qui l'avaient assaillis ce jours-là, quand elle avait réalisé ce qu'elle avait fait. Elle l'avait abandonné. Elle avait abandonné le corps de Danny, livré à la foule en délire, seul au milieu de ce massacre.

Se séparant d'Irving, Nora se redressa et fixa un point dans le vague, soudainement incapable de croiser le regard de son nouveau petit-ami. Ils n'avaient jamais vraiment parlé de ça. Ils avaient échangé des regards, ils s'étaient compris, ils avaient partagé leur douleur, mais ils n'en avaient jamais parlé.

"J'aurais dû faire quelque chose... lança-t-elle finalement d'une voix étranglée, le regard fuyant. Ce jours-là, je... J'aurais du essayer... Elle avait essayé, bien sûr, mais pas assez fort, elle aurait du lutter jusqu'au bout, elle aurait du se battre. Je suis tellement désolée..."

Désolée, et honteuse. Honteuse d'avoir abandonné Danny, honteuse de ne pas être l'amie loyale qu'elle aurait voulu être, honteuse d'avoir été si faible.


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Devant l’étonnement de sa petite-amie Irving esquissa un sourire coupable.

« J’ai mi Jerem’ et Juliet dans la confidence y a pas mal de temps déjà, avoua-t-il, ils ne faisaient qu’me dire qu’il fallait qu’j’me lance mais…tu connais la suite.»

Il ne s’était jamais déclaré, du moins, jusqu’au 2 mai dernier.

« Quant aux autres, j’ai entendu plusieurs sous-entendus qui m’laisse penser qu’certains ont d’vinés… » Expliqua-t-il en haussant les épaules.

A vrai dire, il n’y accordait pas vraiment d’importance. Ses amis pouvaient bien se moquer de son inaction pendant tant d’années,  Irving était content d’avoir attendu d’être bien dans ses baskets pour franchir le pas avec Nora. Il ne regrettait pas leurs mois d’amitié qui leurs offraient des bases solides pour cette nouvelle relation qu’ils venaient tout juste d’entamer. De toute manière, Irving était si heureux et si fier que rien ni personne ne pouvait altérer sa bonne humeur !

A part, peut-être, Nora elle-même.

En effet, son sourire disparut instantanément quand il perçut le trouble dans la voix de sa petite-amie à l’évocation de Danny. Ce n’était pas vraiment tabou entre eux mais ils n’en avaient jamais parlé directement: Ils avaient soigneusement éludé le sujet au mariage de Samaël et Théo –le contexte ne s’y prêtait guère-  et il ne l’avait pas abordé non plus lorsqu’ils s’étaient croisés, cet été, en compagnie de Grady à la Cité Nimbus.

Irving se demandait d’ailleurs si Nora avait eu l’occasion de parler de ces événements à quelqu’un. Si elle avait réussi à extérioriser sa peine auprès d’une oreille attentive. Lui, il avait pu le faire, à maintes reprises: Avec Chloé tout d’abord puis avec Samantha et Juliet. Mais elle ? S’était-elle confiée à son ex-petit-ami justement ? Ou alors à Artémis ou Kathrina avec laquelle elle semblait avoir noué des liens sincères ?
L’ex-Gryffondor n’en savait rien mais lorsque la jeune femme se détacha  de lui sans oser croiser son regard il eut une petite idée de la réponse.

Nora prenait systématiquement soin de tout le monde. Elle était gentille, serviable, toujours prompte à aider les autres et à vouloir vous remonter le moral en cas de coup dur. Mais en retour, qui s’occupait d’elle ? Qui était soucieux de son bonheur ? Après tout, elle avait vécu un véritable traumatisme là-bas en voyant mourir l’un de ses amis sous ces yeux, est-ce que quelqu’un s’était inquiété de ce qu’elle avait ressentit suite à ça ?

Irving avait toujours mis un point d’honneur à faire en sorte que son amie se sente bien. Bien sûr il était moins doué qu’elle pour les relations humaines.  Nora n’avait pas peur de la détresse des autres contrairement à lui qui cherchait toujours à dédramatiser chaque situation avec une blague. Elle savait écouter et trouver les mots justes pour réconforter. C’était une qualité qu’il lui enviait à ce moment même tant il avait envie de lui enlever le poids qui semblait l’accabler.

« Hé… souffla-t-il doucement en lissant sa chevelure dorée derrière son oreille, regarde-moi, ajouta-t-il en cherchant à accrocher son regard.

«Tu n’as pas à être désolée. Désolée de quoi ? »
souffla-t-il finalement en secouant ses boucles brunes.

Irving pouvait deviner les sentiments de la jeune femme à cet instant précis. Il était passé par là lui aussi. Il avait été rongé par la culpabilité après la mort de Danny. Comme elle, il aurait voulu récrire l’histoire : Ne pas lui demander de venir à la manifestation, lui donner rendez-vous à la Cité plutôt que de le rejoindre sur place. Un infime détail aurait pu changer le cours des événements…et pourtant, c’était trop tard.
L’ex-Gryffondor savait qu’il porterait toujours le poids de cette mort, mais en l’espace de quelques mois il avait appris à le gérer. Les nombreuses conversations qu’il avait eues avec Chloé, Samantha, Juliet ou même Juliana lui avait permis de prendre du recul sur cette situation.

Alors,  à défaut de trouver les mots de réconfort adéquat, il souhaitait surtout offrir à Nora la possibilité de vider son sac, de dire ce qu’elle avait sur le cœur. Il était là, prêt à l’écouter si elle voulait en parler.

Il pressa doucement ses mains comme pour l’encourager et ajouta :

«Ne sois pas trop sévère avec toi. Je sais comme c’était horrible là-bas. Tout l’monde était terrorisé. Tu sais qu’Jerem’ a été obligé de mordre des gens pour s’en sortir ? »

Il se tut quelques secondes avant de reprendre :

« J’ai piétiné une femme dans un mouvement d’foule et j’ai laissé un type mourant au milieu de la chaussée préférant aller m’cacher. »

L’image du vieux monsieur allongé sur les pavés du Chemin de Traverse lui revint en mémoire mais il la chassa en soupirant.

« J’regrette tout ça, vraiment, mais… On voulait tous sauver notre peau au fond. Est-ce que ça fait d’nous des mauvaises personnes ?»

Il secoua la tête de gauche à droite avant de murmurer. « J’crois pas. »



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Nora s’obstina à fixer un point dans le vague droit devant elle, luttant contre les larmes, refusant de croiser le regard d’Irving. Elle n’avait aucune envie de raviver leur chagrin suite à la perte de leur ami. Elle ne voulait pas parler de ça, et pourtant elle en avait besoin. Pas pour s’entendre dire que ce n’était pas de sa faute, pas pour être rassurée, juste pour se vider de toute cette culpabilité qui lui pesait depuis des mois.

Plus encore que d’habitude, elle avait redoublé d’attention envers ses amis depuis la rentrée, et elle avait fait de même avec des élèves qu’elle ne connaissait pas. Elle avait été présente pour tous, s’était toujours précipité pour réconforter les plus jeunes, rassurer ceux qui en avaient besoin, écouter ceux qui n’avaient personnes d’autres pour le faire. Mais cela ne changeait rien. Elle pouvait être aussi bienveillante qu’elle le voulait, cela n’effacerait pas ses erreurs. Elle avait abandonné un ami ce jour-là, et c’était une faute qu’elle ne pouvait pas racheter.

« Je l’ai abandonné ! s’exclama-t-elle en tournant finalement la tête vers Irving, les yeux brillants de larmes, quand celui-ci lui demanda de quoi elle était désolée. Il…Il…Il était juste là, sous mes yeux, je…je le tenais. Il aurait suffi que…Que je m’accroche, que j’essaye un peu plus et…J’aurais pu le sortir de là. Et Irving pourrait dire n’importe quoi, elle savait que c’était vrai. Elle aurait pu le faire. J’aurais pu le ramener, et je n’ai rien fait ! Je l’ai laissé tout seul, au milieu de…au milieu de ce cauchemar, sa voix se brisa alors que les images du 15 Juin déferlaient dans son esprit. C’était comme si personne d’autres ne le voyait, poursuivit-elle alors que la scène se rejouait dans son esprit. Personne n’en avait rien à faire, tout le monde paniquait, on avait tous peur, mais…Mais moi je…J’étais son amie, souffla-t-elle en détournant à nouveau le regard. J’aurais dû faire tout ce que je pouvais pour le tirer de là. Et je l’ai pas fait. »

Elle secoua doucement la tête quand Irving lui reprocha d’être trop dure envers elle-même. Elle n’était pas sévère, elle était réaliste. Les choses s’étaient réellement passées de cette façon, et elle ne pouvait rien y changer. Elle avait juste à l’accepter. Accepter ce qu’elle avait fait –ou plutôt ce qu’elle n’avait pas fait- et apprendre à vivre avec.

Elle fronça les sourcils en entendant Irving lui raconter les difficultés qu’avaient rencontrées d’autres de leurs camarades. Elle était surprise que Jeremy en soit arrivé à de telles extrémités.

« Mordre des gens ? » hoqueta-t-elle, persuadée qu’elle avait forcément mal compris.

Elle pressa doucement les mains d’Irving quand il lui avoua avoir dû, lui aussi, abandonner des personnes en détresse pour sauver sa propre vie. Elle n’osait pas le dire mais savait qu’une différence résidait dans le fait que ces gens-là, il ne les connaissait pas. Elle avait honte de penser ainsi, parce qu’une vie ne valait pas plus qu’une autre, mais c’était Danny qu’elle avait abandonné. Danny qui, en tant que son ami, aurait dû pouvoir compter sur elle en toutes circonstances.

Elle ne répondit pas à la question d’Irving. Etaient-ils des mauvaises personnes ? Elle avait envie de croire que non. Elle n’avait jamais pensé à Irving comme une mauvaise personne, et la gentillesse dont il faisait de nouveau preuve avec elle aujourd’hui le prouvait. Pourtant c’était horrible d’abandonner des personnes à leur sort alors qu’on aurait pu les aider. Serait-elle morte, si elle s’était accrochée au corps de Danny, ce jour-là ? Irving serait-il mort s’il avait pris le temps d’aider cet homme mourant ? Peut-être que non. Peut-être qu’ils auraient réussi à sauver leur peau tout en protégeant aussi celles des autres. Mais peut-être que non. Et elle savait bien que c’était cette incertitude qui avait dicté leur choix, bons ou mauvais.

Elle hocha doucement la tête quand Irving répondit à sa propre question dans un murmure. Peut-être qu’il avait raison. Ils n’étaient pas des personnes horribles, alors pourquoi devait-elle se sentir si mal ? Si elle n’avait rien à se reprocher, pourquoi devait-elle affronter sa culpabilité ?

« Je sais, je sais… répondit-elle dans un souffle. C’est juste que… jusqu’à ce jours-là j’avais jamais pensé que ma survie puisse dépendre de la mort de quelqu’un d’autre, expliqua-t-elle d’une voix étranglée. Tu vois ? Que je puisse être obligée de laisser d’autres personnes mourir pour espérer m’en sortir. C’est pas juste… » termina-t-elle d’une petite voix.

Elle baissa la tête, consciente qu’elle était ridicule, à parler comme une enfant, avec ses idées de la justice ou du bien et du mal, qui semblaient dérisoires dans le contexte actuel. Mais elle y croyait encore, à tout ça, elle croyait en ce qui était juste, elle croyait en une société où l’on n’avait pas à choisir entre sa vie et celle des autres. Ou du moins elle essayait d’y croire, mais cela devenait plus difficile depuis les évènements de Juin dernier. Et elle n’aimait pas sentir que sa vision des choses changeait, et qu’elle perdait doucement cet espoir et cet optimisme qui l’avaient toujours caractérisé. C’était effrayant.

Étrangement, formuler à voix haute la culpabilité et les doutes avec lesquels elle luttait depuis des mois lui avait fait du bien, même si cela avait réveillé de vieilles blessures qui commençaient tout juste à cicatriser. Elle n’avait peut-être pas choisi le meilleur moment pour le faire, mais quelque part elle était contente d’avoir craqué. Et elle était surtout soulagée d’avoir trouvé quelqu’un pour l’écouter, quelqu’un qui la comprenait et à qui elle n’avait pas eu peur de confier ses démons. Elle essuya les quelques larmes qui avaient coulé sur ses joues et adressa un pâle sourire reconnaissant à son petit-ami.

« Merci, murmura-t-elle. Tu n’avais certainement pas envie de parler de ça aujourd’hui…reprit-elle avec une grimace d’excuse. C’est le pire premier rendez-vous de l’histoire de l’humanité, pas vrai ? »

Il fallait croire que la tendance du Gryffondor à dédramatiser chaque situation avec un trait d’humour douteux était contagieuse.


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Irving aurait voulu trouver les bons mots. Vraiment. Pas de ceux qui sonnent comme des formules toute faites : « Ce n’est pas de ta faute. », « Cela ne sert à rien de te torturer », « Tu as fait tout ce qui était en ton pouvoir. ». Même si c’était vrai, il était bien incapable de les dire à Nora. Il avait méprisé si fort les personnes qui lui avaient tenues ce discours après la mort de Danny qu’il n’avait pas envie de faire partie de ces gens là. Comme Nora, il avait eu besoin d’assumer sa part de responsabilité dans la mort de son ami et il pouvait comprendre les reproches qu’elle se faisait à elle-même, même s’il les trouvait injustifiés.

Toutefois il ne chercha pas à la contredire, la laissant déverser toute la culpabilité qu’elle ressentait d’une voix brisée. Il savait bien que le fait d’en parler ne suffirait surement pas  à apaiser pleinement  sa petite-amie mais pouvoir formuler tous ces remords c’était déjà un premier pas vers l’acceptation.
Il resta donc près d’elle, à lui tenir la main, tout en tentant d’ignorer la boule qui s’était formé dans sa gorge, car s’il y avait bien une chose qu’il détestait sur terre, c’était voir Nora aussi bouleversée.

Il referma ses bras autour d’elle quand elle révéla qu’elle n’avait jamais pensé que sa vie puisse dépendre de la mort de quelqu’un d’autre avant le Bloody Sunday. Irving n’avait jamais pensé aux événements du 15 juin en ces termes mais il était forcé de constater que Nora avait raison. C’était l’instinct de survie qui les avait guidés ce jour là, les poussant à se montrer si égoïste.

« Je sais… » Souffla-t-il à son oreille quand elle déclara que cette situation était injuste.

La vie était injuste - Il en avait fait l’amer expérience en perdant son père à tout juste 16 ans- mais Irving avait envie que sa petite-amie ait encore l’énergie de rester l’éternelle optimiste qu’elle était. C’était sa force. Même dans les moments les plus sombres, elle avait toujours été celle qui entrevoyait une lueur d’espoir. Certains la trouvaient peut-être naïve mais Irving estimait qu’il s’agissait là de sa plus grande qualité et il ne laisserait pas cette désillusion ternir cette foi qui la caractérisait. Aujourd’hui, c’était  à son tour d’être l’optimiste des deux :

«C’est fini maintenant… »
dit-il doucement. Pourtant, il avait parfaitement conscience que le contexte actuel était plus qu’instable mais il voulait y croire lui-aussi. Il voulait lui jurer que le pire était derrière eux, même si en toute honnêteté, il n’en savait fichtrement rien…
A vrai dire, il n’était sûr que d’une chose. Même si la société sombrait dans la décadence, il pouvait tout de même s’engager sur un point qu’il était en mesure de tenir :  

«  Et puis, tu sais, j’uis là, souffla-t-il en esquissant un sourire, Et j’serai toujours là. » ajouta-t-il, paraphrasant ce qu’elle lui avait dit le jour de l’enterrement de son père.

Il resserra son étreinte autour d’elle et déposa un baiser sur son crâne tout en observant le village en contre bas durant quelques minutes. Cette conversation l’avait rendu quelque peu mélancolique mais il se sentait plutôt bien. Nora était là, blottie contre lui et il n’avait jamais eu la sensation d’être autant à sa place qu’à cet instant. Il aurait pu rester silencieux encore de longue minutes mais, une fois n’est pas coutume,  ce fut Nora qui réengagea la conversation  avec un trait d’humour. L’ex-Gryffondor laissa échapper un franc éclat de rire quand elle qualifia leur entrevue de pire premier rendez-vous de l’histoire de l’humanité. C’était si bon de voir qu’elle n’avait pas le moral complètement plombé par le poids de la culpabilité. Prompt à dédramatiser la situation lui aussi, Irving s’éloigna quelque peu pour la regarder en secouant la tête de gauche à droite:

« Vraiment ? C’était si horrible que ça ? s’enquit-il avec un air contrit contredit par un léger rictus  Bon, Ok, c’est vrai. J’ai trouvé l’moyen d’te faire pleurer moins d’une heure après notre premier baiser ! –Enfin premier, façon d’parler. »

Il ricana au souvenir du deux mai et poursuivit :

« Mais j’suis sûr qu’il existe des rendez-vous encore pire … Par exemple… ,Il fit mine de réfléchir et ajouta, j’aurais pu t’inviter au salon d’thé d’Madame Pieddodu, t’faire du pied sous la table en t’racontant combien j’étais génial avant d’me leverpour t’embrasser fougueusement devant une trentaine d’élèves de Poudlard. »

Il grimaça quelque peu suite à la description du rendez-vous idéal et enchaina :

« Ou alors j’aurais pu t’emmener dans la foret interdite une nuit, dans le seul et unique but inavoué d’sortir avec toi, et tout aurait pu déraper à tel point que j’aurais fini par me casse la cheville et qu’tu aurais vomi à quelques mètres de moi en découvrant ça… »

L’ex-gryffondor pinça les lèvres pour ne pas éclater de rire suite à cette anecdote qui les replongeait deux ans en arrière dans l’une des folles aventures de Nora l’Intrépide et d’Irving l’Audacieux.



Irving Whitaker
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Nora savait que les mots d'Irving étaient destinés à la rassurer et que, contrairement à ce que le Gryffondor affirmait, ce n'était pas terminé. Elle avait beau être protégée par les murs de Poudlard, et par son éternel optimisme, elle commençait à réaliser que les choses dehors n'étaient pas aussi roses que l'on voulait leur faire croire. Mais blottie dans les bras d'Irving, à l’abri du vent d'Octobre, sa tête dans son cou à respirer l'odeur de sa peau, elle voulait bien se laisser convaincre. La vie était peut-être injuste, les choses allaient peut-être mal pour le pays, la colère grondait peut-être un peu partout ; tant qu'ils étaient ensembles le monde pouvait bien s'écrouler qu'elle trouverait le moyen d'être heureuse.

Elle leva les yeux vers lui et esquissa un triste sourire quand il souffla qu'il serait toujours là, reprenant mot pour mot les paroles qu'elle lui avait murmuré à l'oreille le jour de l'enterrement de son père. Elle s'était fait une promesse ce jour-là. Elle s'était promis qu'elle ferait tout ce qu'elle pouvait pour que plus jamais Irving ne souffre comme elle l'avait vu souffrir. Il méritait tellement d'être heureux qu'elle s'était juré de ne jamais arrêter de tout faire pour qu'il le soit. Et maintenant que leur amitié avait pris une tournure un peu différente, elle était plus que jamais déterminée à tenir cette promesse, et cela commençait par essayer de ne pas gâcher complètement leur premier rendez-vous avec ses états d'âmes.

Ravalant ses larmes et rangeant sa culpabilité et ses remords dans un coin de son esprit, elle se redressa et tenta un trait d'humour en lançant que c'était certainement le pire premier rendez-vous de l'histoire de l'humanité. Elle rit doucement face à l'air mi-contrit mi-amusé d'Irving et secoua doucement la tête quand il évoqua leur "presque" premier baiser -ils avaient dit qu'ils oubliaient le 2 Mai !

"Ce n'est pas vraiment une aventure de Nora l'intrépide et d'Irving l'audacieux si l'un de nous ne finit pas trempé, il fallait bien respecter la tradition !" répondit-elle avec un sourire quand il souligna le fait qu'elle avait finie en larmes moins d'une heure après leur premier baiser -parce que le deux mai ne comptait pas.

Elle haussa un sourcil, curieuse, quand le Gryffondor affirma que ça aurait pu être bien pire et l'écouta avec attention décrire ce qui pourrait être le rendez-vous idéal pour certains, mais qui lui donnerait plutôt envie de partir en courant. Elle n'était pas insensible au romantisme mais le salon de thé de Madame Pieddodu était un endroit un peu trop...excessif.

"Le rendez-vous de mes rêves ! répondit-elle avec ironie. Je nous réserve une table pour la semaine prochaine ?" ajouta-t-elle en papillonnant des cils, faussement sérieuse.

Heureusement qu'ils avaient le droit de sortir tous les week-end cette année, elle aurait été bien incapable de se contenter de voir Irving une fois par trimestre. Et maintenant qu'elle avait son permis de trabsplannage elle aussi, ils ne seraient même pas obligés de se retrouver à Pré-au-Lard. Elle n'était pas tout à fait certaine d'avoir le droit de sortir du village en réalité, mais tant qu'elle rentrait à l'heure personne ne le saurait.

Continuant sa présentation des rendez-vous les plus catastrophiques, Irving se lança dans le récit d'une de leur aventures les moins glorieuses, sans omettre le moindre détail. Nora enfouie son visage dans le cou de son petit-ami pour cacher sa gêne et marmonna un vague "me parle pas de ça".

"J’espérais que les anti-douleurs t'avaient fait oublier cet épisode, bougonna-t-elle en se redressant finalement. Je propose qu'on modifie la fin de cette histoire, suggéra-t-elle avec un sourire mutin. Si jamais on doit raconter ça je suggère de dire que tu as encaissé la douleur en silence comme un vaillant Gryffondor et que j'ai réagi avec tout autant de bravoure en supportant courageusement la vision de cette blessure. Ça sonnait beaucoup mieux comme ça. Je suis sûre que tous les grands récits sont un peu enjolivés !"

Comme si Harry Potter avait vraiment tué le Basilic de la chambre des secrets avec l'épée de Gryffondor ! Ce n'était même pas mentir, c'était juste raconter les choses de façon un peu plus romancées.

"Mais ne t'en fais pas, je veux bien te donner une chance de te rattraper, reprit-elle avec un air espiègle, revenant sur leur premier rendez-vous pas si catastrophique que ça. Tu peux encore me chanter la sérénade avec ta guitare ou m'inviter à valser sur la place du village..." suggéra-t-elle sans parvenir à réprimer un éclat de rire.

En vérité, elle n'aurait rien changé à ce début d'après-midi. Tout ne s'était pas forcément passé comme dans un roman de Mildred Magpie, mais c'était un premier rendez-vous qui leur ressemblait, et il était absolument parfait pour l'instant.


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A dire vrai, Irving fut soulagé de voir la conversation se détendre quelque peu. Il se sentait beaucoup trop démuni devant la tristesse de Nora aussi il rit de bon cœur lorsque son amie –enfin sa petite-amie-  l’entraina  sur un terrain nettement plus léger en affirmant qu’ils perpétraient la tradition de leurs folles aventures en finissant trempés.

« C’est vrai. j’avais pas vu les choses sous cet angle. »
souffla-t-il en observant la jeune femme qui semblait enfin avoir retrouvé son sourire, Mais on va essayer d’pas trop s’enfermer dans cette tradition hein… » ajouta-t-il.

Il n’était pas pressé de voir Nora pleurer de nouveau. Au lieu de ça, il préférait largement plaisanter sur le bide qu’était ce premier rendez-vous. D’ailleurs, à  bien y réfléchir, ils étaient plutôt abonnés aux catastrophes tous les deux. Il suffisait de se souvenir de leur périple dans la forêt interdite pour en être persuadé. Ils faisaient vraiment tout de travers !
Alors qu’Irving se remémorait toutes les fois où leurs entrevues s’étaient soldées par un ratage complet  (c'est-à-dire très souvent) Nora suggéra de modifier légèrement la réalité.

Etonné, l’ancien Gryffondor arqua un sourcil :
« Toi ? Tu veux mentir ? » répondit-il sur un ton volontairement taquin. Il n’était pas contre le mensonge –il l’avait d’ailleurs prouvé une ou deux fois par le passé – mais c’était étonnant que Nora propose cela de sa propre initiative. Elle devait vraiment avoir honte de cette anecdote avec le saule cogneur pour qu’elle s’autorise ce genre de comportement : «  Qu’est ce que t’as en tête ? » Demanda-t-il donc en affichant un air amusé.

La jeune femme proposa alors de revisiter cette histoire en omettant volontairement quelques passages… Le moins que l’on puisse dire c’est que la proposition de Nora séduisit instantanément Irving :

« Tu veux dire que personne ne saura jamais  que j’ai gémis comme une fillette quand j’me suis cassée la ch’ville ? Hum… fit-il en faisant mine de réfléchir, Deal, déclara-t-il finalement en tendant sa paume vers le ciel afin que Nora la tope. Il voulait bien ne plus jamais la taquiner à propos de cette anecdote si elle faisait de même. Il pensait d’ailleurs avoir enterré la hache de guerre pour la journée en celant cet accord mais c’était sans compter avec l’espièglerie de la jeune femme qui insista pour lui faire remarquer qu’il pouvait encore se rattraper de ce premier rendez-vous foireux.

Mais c’est qu’il allait finir par se sentir offensé !

« Très bien j’ai compris, lâcha-t-il en feignant la vexation, mon Poussin voudrait du romantisme !» s’exclama-t-il en insistant volontairement sur le petit sobriquet choupi qu’elle s’était attribuée quelques années plus tôt pour lui donner rendez-vous incognito dans la salle de bain des préfets, Dans ce cas, viens avec moi. »

Il entremêla ses doigts aux siens et se leva pour l’entrainer en direction du village qu’ils avaient quitté un peu plus tôt.  Le jeune homme resta volontairement silencieux durant tout le trajet jusqu’ à ce qu’ils débouchent devant le salon de thé de Mrs Pieddodu.

« Tu flippes hein ? » s’enquit-il alors qu’ils se trouvaient à deux pas de l’entrée.

Toutefois, ils ne pénétrèrent pas dans l’établissement puisqu’ils  bifurquèrent au dernier moment pour emprunter une flopée de marches qui semblaient desservir le sous-sol du commerce. Irving sortit une clef de sa poche et déverrouilla l’entrée pour déboucher dans un petit local modestement éclairé par des cafurons au raz du sol côté rue et côté jardin.

« Bienvenue dans le nouveau repère des Dark Boursouf ! » s’exclama-t-il en écartant les bras.

Au milieu de la décoration désuète trônait la batterie de Donald, la RedPhoenix d’Irving et le cahier de partition de Juliet.

« Madame Piedoddu nous prête gentiment son sous-sol pour nos répétitions et accessoirement nos premiers rendez-vous ratés, expliqua-t-il en la guidant jusqu’à un canapé recouvert d’un plaid tricoté de grosses roses. Il lui fit signe de s’asseoir tandis qu’il rejoignait son tabouret prêt de la cheminée.

« Bien… »
souffla-t-il en s’installant.

Il empoigna sa guitare, vérifia rapidement son accordage avant de lever les yeux vers sa petite amie :

« Une sérénade donc… » lança-t-il en barrant son premier accord.

Il n’avait strictement aucune idée de ce qu’il allait chanter mais il allait improviser, du moins, s’il parvenait à contenir le fou-rire que la situation lui inspirait. Il n’était pas chanteur, ni parolier –loin de là même- mais il prit un air de crooner sûr de lui avant de se racler la gorge pour entamer son hymne impromptu :


« Oh Poussin, A chaque fois que je te voiiiis, commença-t-il d’une voix éraillée
C’est comme si on m’jetait, un leviosaaaa
Mon cœur s’envole d’un coup, comme çaaaa »


Il devait trouver une rime en A mais il refusait d’utiliser Avada Kedavra (trop sombre) Téquila (hors contexte), Accromantula (pas assez glamour) ou Vodka (Hors contexte, Bordel!) Alors il se rabattit sur un :

« OoOOOohhhh Noooorrrrraaa »


Bon, les rime en A, ce n’était pas trop son truc, se dit-il en plaquant une suite d’accords sur sa guitare, il décida donc de changer sa baguette de main et reprit d’un air faussement habité :

« Et il continue à planeeeer,
Suffit qu’j’regarde tes ch’veux doorrréééés
Qui m’éblouissent tel un soleeeillll
*Putain ça rime pas* …d’étéé.
J’voudrais pouvoir tous les jours m’envoler.
Comme le vif d’or que tu dois attrapeeer


Il grimaça quelque peu et poursuivit :

Pourquoi je parle de quidditch dans ma chansooon,
Tout l’monde sait qu’j’déteste ce sport à la…


Irving marqua un court silence d’autocensure avant d’afficher un sourire coupable.

« J’crois qu’j ferais mieux d’m’arrrêter lààà,
Quoi qu’je dise ça retranscrira paaaas,
Tout ce que j’ressens vraiment pour toooiiiii
OoOOOOOOoooOOOOOohhhh Noooorrrrraaaaaaaaaaaaaaaaa !»


Il accompagna sa dernière note à grand renfort de riffs endiablés théâtraux avant de reposer sa guitare sur son trépied.

« Bon, la sérénade, ça c’est fait, lâcha-t-il brusquement, Appelle moi Féodor dorénavant.
Il ricana quelques secondes, « N’oublie pas qu’c’est toi qui a voulu ça ! s’exclama-t-il en la pointant du doigt, maintenant c’est officiellement le pire premier rendez-vous de l’histoire des rendez-vous.»

Il se leva et s’étira avant de la rejoindre sur le canapé. Accoudé sur le dossier, il poursuivit : «  sauf si bien sûr on décide « d’enjoliver » l’histoire en disant que j’ai composé le titre parfait en ton honneur et qu’je l’ai chanté d’une voix grave et sensuelle. »

Il lissa une mèche de cheveux de sa belle entre son index et son majeur avant de se pencher vers elle pour l’embrasser longuement.

Au bout de quelques minutes, il se détacha à regret des lèvres de sa bien aimée pour lui souffler « Alors, qu’est ce que t’en dis ? »



Irving Whitaker
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"Deal ! Nora fit claquer sa paume dans celle d'Irving avec un sourire ravi, avant de prendre une expression faussement outrée quand elle se rappela qu'il l’avait tout de même accusée de mentir. Et ce n'est pas vraiment un mensonge, les Poufsouffles ne mentent jamais, déclara-t-elle d'un ton sans appel. Disons que c'est...Omettre certain détails, pour rendre l'histoire plus dynamique, tout ça...poursuivit-elle en hochant la tête d'un air faussement sérieux. Si personne ne pose plus de questions il n'y a pas de mensonge..." acheva-t-elle avec un sourire espiègle.

Ce fut au tour d'Irving de prendre une expression vexée quand elle lui suggéra de saisir une seconde chance pour rattraper un peu ce premier rendez-vous "raté", qui ne l'était absolument pas. Nora lui tira la langue quand il employa le surnom ridicule qu'elle s'était donné quelques années plus tôt pour lui adresser un message anonyme, et se laissa entrainer en direction du village en se demandant ce que son petit-ami avait en tête. Mais elle eut beau le questionner à grands renforts de regard de chaton suppliant, le jeune homme resta silencieux toute la durée du trajet.

Nora perdit elle aussi subitement la parole quand ils s'arrêtèrent devant le salon de thé de chez Madame Pieddodu. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas envie d'une démonstration de romantisme devant toute une partie de ses camarades, mais elle préférait tout de même s'abstenir. C'est toutefois avec un sourire qui se voulait confiant -mais qui n'aurait pas trompé le plus naïf des Poufsouffle- qu'elle se tourna vers Irving quand il se moqua gentiment d'elle.

"Je n'ai jamais peur moi ! On ne m'appelle pas l'intrépide pour rien."

Bon, elle méritait probablement plus son surnom de poussin que celui-ci, mais elle pouvait très bien être les deux à la fois. Les poussins intrépides, une espèce très répandue. La jeune fille ne retint même pas un soupir de soulagement quand ils bifurquèrent finalement pour emprunter un escalier qui semblait desservir le sous-sol de l'établissement.

"Une cave ? interrogea-t-elle avec un sourire amusé. Tu emmènes souvent des filles dans des caves après leur avoir promis un peu de romantisme ? On m'avait pourtant dit de me méfier des mauvais garçons !"

Une fois que le Gryffondor eut ouvert la porte, Nora lui vola un baiser et se laissa guider à l'intérieure de la petite pièce à la décoration désuète, qui s'avérait être le nouveau lieu de répétition des Darks Boursoufs.

"C'est génial que vous ayez trouvé un endroit ! s'exclama-t-elle en regardant autours d'elle. C'est cool que vous jouiez encore... Ses pensées revinrent inévitablement vers Danny mais elle les chassa d'un sourire, plus de ça aujourd'hui. J'aime beaucoup le tableau de chatons !" ajouta-t-elle avec un éclat de rire en désignant l’œuvre d'art en question.

Tandis qu'Irving s'asseyait sur un tabouret près de la cheminée, Nora s'installa sur le canapé en posant un regard intrigué sur sur son petit-ami. Elle plaqua une main sur sa bouche pour s'empêcher d'éclater de rire quand le jeune homme joua une première note en lui annonçant une sérénade avec une voix grave. Plus elle découvrait les paroles improvisées de cette chanson plus elle avait du mal à se contenir de rire mais ce fut finalement un sourire attendri qu'elle afficha quand l'artiste reposa sa guitare. Elle aurait probablement dû trouver ce numéro drôle, voir ridicule, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de trouver ça terriblement mignon.

"Féodor ? Oh non, ça dépassait de très loin le niveau de romantisme des Hauts de Hurlelune !" répondit-elle avec un sourire amusé.

Et elle devait dépasser de très loin le niveau de mièvrerie de son héroïne, à cette instant précis.

"Et je ne regrette absolument pas ! répondit-elle quand il lui rappela que c'était elle qui avait demandé une sérénade. Eh ! Non ! C'était pas si mal que ça ! répliqua-t-elle avec conviction quand il assura que maintenant ils pouvaient vraiment parler du pire rendez-vous de l'histoire de l'humanité. Moi j'aime bien ! Tu m'offres la version CD pour noël ?" suggéra-t-elle, presque sérieusement.

Elle rit affectueusement quand il suggéra d'enjoliver le récit de cette performance artistique mais secoua la tête de droite à gauche.

"J'aime bien la version originale moi..." souffla-t-elle, un peu troublée par la main d'Irving dans ses cheveux.

Elle répondit tendrement à son baiser, se laissant aller contre lui et s'abandonnant doucement à cette étreinte.

"J'en dis que ça c'est une partie du rendez-vous qui n'aura pas à être enjolivée..." répondit-elle, les joues roses et le souffle un peu court, avant de l'embrasser à nouveau.


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Norving 2.0 [Nora-Irving]

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