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 Le Cercle des Vils [Fidèles parmi les fidèles du FREE]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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10 Octobre 2008, Au Cabaret des Folies Sorcières...

L'héritière des Folies Sorcières laissa ses ongles vernis, venir tapoter d'impatience la surface cuivrée de la rampe du balconet, alors qu'elle scrutait avec attention l'entrée du grand hall en contrebas. C'était l'une de ses journées spéciale où le destin pouvait basculer dans un sens comme dans l'autre, et bien que aucune forme d'émotion venait troubler les traits de son visage, bien cachés derrière son maquillage impeccable; Mildred Mapgie éprouvait tout de même un besoin de voir les choses évoluer rapidement vers une issue favorable pour ses affaires. Car c'était une journée historique pour son Cabaret qui allait devenir le temps d'une nuit, le théâtre d'une rencontre secrète qui regrouperait les plus fidèles partisans du FREE. Bien que se heurtant à sa chargée en communication, l'obstinée rédactrice de Multiplettes avait tout de même réussit à transmettre un message crucial à Leopold Marchebank qui témoignait de son soutien indéfectible au FREE dans la tourmente médiatique qui le secouait depuis les violentes émeutes de Bristol. Mildred Magpie n'avait guère d'autre choix que de graisser la patte des puissants, si elle voulait préserver ses intérêts. Pour le bien de son commerce, le calme devait revenir rapidement à Bristol, de manière à rassurer sa clientèle quelque peu chambouler par l'ampleur des exactions commises. Fort heureusement pour la sorcière rousse, la clef à ses problèmes était toute proche, et prenait la forme de son bel associé au teint hâlé...

Roy Calder se retrouvait piégé dans un règlement de compte dont il n'était point l'investigateur, et qui risquait de nuire gravement à ses affaires. Voir pire, si l'on en croyait les nouvelles provenant de Londres qui mentionnaient un nettoyage en règle des rues de Bristol, et d'une grande purge qui anéantirait jusqu'au dernier malfrat de la voie des Miracles. Mildred Magpie se trouvait face à un dilemme des plus complexes : Celui d'être partagée par l'idée de protéger son associé en affaire qui avait insufflé un essor des plus rentables à son Cabaret Magique, et d'un autre côté de devoir répondre à la détresse dans lequel se retrouvait son demi-frère Jacob depuis la mort de la pauvre Swann. Car dans son cœur froid de journaliste à scandale, la disparition tragique de la gérante de T&T avait considérablement affecté l'ancienne romancière. Profondément tourmentée, elle ne pouvait chasser la vision atroce de Swann étendue à même le bitume ensanglanté! Peut-être s'agissait-il d'un sentiment de culpabilité ou d'un traumatisme généré par la psychose ambiante qui régnait désormais dans les rues de Bristol; Mais Mildred Magpie était bien déterminée à purger sa ville des criminels qui polluaient la quiétude nécessaire à la bonne activité de ses affaires! Swann devait accessoirement être vengée, et son commerce protégé! Et si Roy Calder disait vrai en se disculpant de toute responsabilité dans ses émeutes, alors il avait un grand rôle à jouer : Celui de se mettre à la table des puissants, et de désigner les vrais coupables...

Ivre de vengeance depuis la mort de sa dulcinée, Jacob Dalhiatus avait bien reçut le message de la sorcière rousse. Avec l'aval de son associé et malfrat, elle avait envoyé un message clair aux dirigeants politiques : Celui que les vrais responsables des émeutes de Bristol pouvaient être châtiés jusqu'au dernier, s'ils acceptaient de bien vouloir rencontrer son informateur qui n'était autre que Roy Calder. Après de longues tergiversations, un rendez-vous fut finalement prit, et une réunion secrète organisée sur le territoire même de Bristol. Une rencontre aussi secrète nécessitait un lieu à l'abri de la moindre oreille indiscrète, et quel meilleur endroit que la galerie interdite pour se faire? Mildred Magpie réussit bien vite à faire pencher la balance de son côté, et convaincre les hautes sphères du FREE de venir se regrouper entre les murs de son cabaret familial. Mais maintenant qu'elle avait mis en contact Roy avec les élites dirigeantes, la balle n'était plus dans son camp. Car Leopold Marchebank par le biais de son service de communication fut intransigeant, et l'insidieuse journaliste ne devait point se retrouver dans le périmètre de ses discussions au combien importantes pour l'avenir du Monde Magique. Bref, elle en était exclue, de peur sans doute qu'elle ne déballe dans Multiplettes les dessous de cette rencontre. Un comble pour l'investigatrice même de ce rendez-vous! Mais voilà, on lui faisait guère confiance au Ministère, et l'avenir de ses affaires reposait donc sur les épaules de son associé Roy Calder. Mildred donnait à ce dernier l'occasion unique de faire son entrée dans le cercle des puissants de ce monde, et elle espérait qu'il en ferait bon usage...

Pour l'heure, rien n'était moins sure, tant Roy Calder accusait un retard qui soumettait les nerfs de la pie ambitieuse à rude épreuve. Aurait-il les épaules suffisamment larges pour affronter ce rendez-vous capital, dont l'issue pouvait très bien lui être fatale? Car il fallait une sacrée dose de courage pour venir se jeter dans la gueule du loup, surtout lorsque l'on était un trafiquant de la voie des Miracles. C'était un coup de poker mortel qu'il s'apprêtait à mener, et Mildred ressentit un long frisson lui parcourir l'échine à l'idée de mettre sa vie en danger. Car ne laissait présager du fait qu'il ne serait pas assimilé également aux émeutes. Un seul faux pas et il serait expédié à la potence! Cette idée terrifiait Mildred. Mais Roy ne viendrait probablement pas. C'était couru d'avance, il allait peser le pour du contre, et prendre conscience du danger que représentait une telle manœuvre. Etrangement une part de Mildred espérait voir son beau voyou disparaitre dans la nature, de manière à le préserver des griffes judiciaires, et pourtant... Le cœur de Mildred se resserra quand elle vit son voyou préféré pénétrer enfin dans le grand hall d'un pas décidé. Majestueux, il semblait prêt à affronter son destin, si bien que Mildred réprima une furieuse pulsion de lui faire l'amour derrière un rideau des folies sorcières tant elle admirait son courage...  

Mais gardant l'escalier central, le Troll Frapedur ne semblait pas l'entendre de cette oreille, alors qu'il commit un excès de zèle, en barrant la route au beau gangster. L'imposante créature n'avait pas plus de mémoire visuelle que de neurones, et cela avait tendance à exaspérer la gérante des folies sorcières. Quand allait-il se fourrer dans son crane creux, que Roy était son associé et non un imposteur!? D'une démarche féline, Mildred Magpie descendit les marches du grand escalier pour venir au secours de son associé. Elle calina alors les flancs de son troll d'une main amicale, avant de lui susurrer une douce invective :

"Tout doux, mon Frapounet... Après tout ce temps, tu ne reconnais toujours pas monsieur Calder? " Elle tourna son regard alors son regard vers Roy. " Il faut l'excuser, mon troll a une mémoire de poisson rouge frappé par Alzheimer. Mais quel ravissement que celui de te voir, mon cher associé... "

Mildred descendit alors quelques marches, pour administrer une étreinte plus que chaleureuse à son associé. Elle en profita pour humer son doux et viril parfum. C'est à contre cœur qu'elle s'écarta de lui, et incita le beau malfrat à la suivre à l'étage. N'hésitant point à exagérer son déhanché sensuel dans sa montée des marches, afin d'offrir un spectacle réjouissant au trafiquant, la redoutable cougar commença à lui détailler la situation.

"Le cercle s'est réuni au grand complet. Marchebank est bel et bien présent, entouré de ses plus fidèles partisans. Je crois qu'ils sont impatients à l'idée d'entendre ton récit des évènements. J'espère que tu n'es pas trop anxieux à l'idée de les rencontrer? "

Elle arqua un sourcil interrogateur avant de jeter un regard par-dessus son épaule.

"Tu ne dois pas l'être! Il s'agit d'une occasion unique pour faire ton entrée dans l'arcane du pouvoir, et je n'ose imaginer les opportunités qu'une telle rencontre pourrait engendrer sur nos affaires! Si nous voulons devenir riches, on doit se les mettre dans la poche mon Caldounet! Ainsi va le monde! Il faut réussir à s'incruster à la table des politiciens quand le banquet est garni, et aussi savoir se retirer quand l'on vient à leurs servir du poison. Toujours suivre le sens du vent, c'est une bonne devise pour réussir! Je suis persuadée que tu trouveras les mots justes qui feront de nous le duo plus riche de Bristol! Tu ne trouves pas que nous formons un couple admirable? "

Les deux associés finirent par s'engager dans le hall supérieur qui traversait le premier étage, et dont les murs étaient recouverts de majestueuses peintures. En passant devant l'allée qui conduisait au quartier général de Multiplettes, Mildred nota la présence de son elfe Scibouillard; Celui-ci jeta un regard méfiant à Roy Calder, dans lequel pouvait se lire également une certaine jalousie. La sorcière rousse n'y prêta aucune attention, et se dirgea vers un pan de mur su lequel reposait plusieurs toiles, dont l'élément central était la pie...

" Comme tu peux le constater, les Folies Sorcières regorgent de trésors cachés, et de toiles plus fabuleuses les unes que les autres. Et pourtant... La vérité est qu'une seule d'entre elles possède une importance et une valeur primordiale. Je voulais t'en parler dès le début de notre association, mais j'attendais le moment opportun pour le faire. Je crois que celui-ci est venu... "

Mildred Magpie s'arrêta alors devant une toile singulière, qui représentait un enfant retenant captive une pie encerclant l'une de ses pattes par un nœud de ficelle. Le tout sous le regard de deux gros chatons. La sorcière animagi tiqua quelque peu devant ce spectacle de peinture, comme s'il s'avérait profondément poignant et déstabilisant.

"Quel spectacle horrible, n'est-ce pas? J'appelle cette toile la Gardienne. C'est bien plus qu'une simple peinture, en vérité il s'agit d'une porte magique vers une allée interdites des Folies Sorcières, que des générations de Magpie ont préservés des yeux du commun des mortels! Ce fut jadis un club secret dans lequel les artistes les plus prestigieux se regroupaient pour satisfaire toutes sortes de réjouissances plus ou moins interdites. Aujourd'hui, cette porte secrète continue à dissimuler les épanchements des élites de ce monde. Désormais, je suis la gardienne de ce club et de ce secret, Roy. Le fait de t'en parler témoigne de la valeur de notre association. Alors, tu ne vas pas gâcher cette belle preuve confiance, en trahissant notre secret, n'est-ce pas mon Caldounet? "

Mildred sonda alors Roy d'un regard impénétrable, avant de pouffer d'un rire mélodieux.

"Mais évidemment que tu garderas le secret! Il en va de notre réussite, et jamais tu n'oseras me décevoir. Voici d'ailleurs la clef qui t'intronisera auprès des puissants de ce monde. A toi d'en faire bon usage et de la garder précieusement... "

Mildred tendit alors un petit ciseau en forme de pie à l'intention de Roy Calder, avant de désigne de sa main blanche la surface de la peinture.

"Pour rejoindre l'allée secrète, avec ton ciseau magique, il te suffira de couper le lien qui retient cette pauvre pie prisonnière. Dès lors, comme par enchantement tu verras celle-ci jaillir hors de la peinture et s'envoler à tire d'ailes. Tu disposeras alors de peu de temps pour apposer ta main sur la surface de la peinture, ce qui te permettra de glisser de l'autre côté de ce mur. Suis l'allée obscure vers la lumière, et tu les trouveras réunis autour d'une table ronde. Tu feras alors partie du cercle des initiés, et de ce club secret aussi mystérieux que dangereux. Tu te sens prêt à affronter ton destin, Roy Calder? "

Une léger voile troubla le beau regard clair de Mildred alors qu'elle lui posait cette question vitale pour l'un et pour l'autre. En associés, la réussite de l'un dépendait de l'autre. C'est pourquoi, et de par son âge plus avancé, la sorcière rousse avait tendance à vouloir le materner et le protéger, comme si Roy n'était point capable de voler par ses propres ailes. En lui tendant la clef du club, Mildred éprouva une crainte muette : Celle de voir son beau voyou pour la dernière fois. Sans le savoir, Roy allait s'engouffrer dans un monde encore plus obscur et sournois que la voie des Miracles. Subitement, un instinct protecteur poussa Mildred à retenir le jeune trafiquant dans son geste.

"Je ne peux malheureusement pas t'accompagner, mais j'aimerai te mettre une dernière fois en garde... Pèse chacun des mots que tu emploieras, car un seul d'entre eux pourrait causer ta chute... notre chute. Tu ne peux imaginer à quel point je serai inconsolable à l'idée de perdre mon doux et tendre associé... " * Et aussi à l'idée de passer à côté d'un prestige qui m'octroierai une montagne de galions! * "Je place ma confiance en toi, mon Caldounet! Tu peux partir! Reviens moi vite! "

Mildred tenta alors de lui dérober un baiser à la volée, mais celui dérapa sur la surface de la toile de peinture, tandis que Roy Calder venait de disparaitre de l'autre côté. Mildred se sentit quelque peu idiote après ce geste manqué, mais elle rejeta rapidement sa chevelure de feu en arrière dans un geste souverain. Puis elle disparut de l'allée en direction de son bureau. Tout allait se jouer désormais dans le cercle des vils...

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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le regard sombre de Leopold se promena sur la pièce interdite et sur chacun de ses occupants. A sa droite, Jacob Dalhiatus, directeur de département qui réclamait à cor et à cri la tête de ceux qui lui avaient pris sa dulcinée quelques jours plus tôt, se tenait droit sur sa chaise. A sa gauche, Adonis Greengrass, le nouveau régent de Poudlard, avait quitté l'illustre château pour se joindre à leur réunion informelle. Face à ce trio de choc se trouvaient les deux jeunes femmes rivalisant de beauté qui avaient pris la tête, respectivement, du bureau des Oubliators et de celui des Aurors. Entre elle se trouvait une place vide, face au Ministre, qui attendait leur dernier invité... S'il était jugé digne de s'y asseoir.

Leopold avait longuement réfléchi aux personnes qu'il convierait à cette petite réunion officieuse, pour ne pas dire secrète, qui se tenait dans un lieu des plus inattendus : le cabaret des Folies Sorcières... Il s'agissait là de réunir les personnes les plus fidèles et impliquées du gouvernement - ou associées à lui - afin de discuter de l'avenir du régime, en ces temps troubles. Leopold avait donc faire le point sur les personnes de son entourage politique en qui il avait suffisamment confiance pour mériter d'être associées à ses plans. La question ne s'était pas posée pour Jacob, bien sûr, en qui il avait développé une confiance absolue au cours des mois. C'était pourquoi Leopold n'avait pas questionné la foi que son ami plaçait en Danielle Coleman. Lui-même réservait encore son opinion à ce sujet, mais il devait reconnaître qu'il avait été plutôt heureux de l'avis de Jacob. Danielle lui plaisait bien et il lui pressentait un grand potentiel, qui restait aujourd'hui à confirmer.

Quant à Adonis, les choses n'avait pas été compliquées non plus. Leopold sentait bien leur lien s'étioler au fil du temps, en particulier depuis ses fiançailles avec Rosaleen et l'envoi consécutif d'Adonis à Poudlard, mais il savait que leur relation n'était pas - encore - en danger. Leopold avait été le mentor d'Adonis et en cela, une certaine affection était née entre eux qui, si elle ne suffisait pas à assurer la fidélité du jeune homme, était doublée d'une assurance de destruction mutuelle. Les deux avaient suffisamment d'informations à leur disposition pour causer du tort à l'autre, les deux savaient également que l'autre n'hésitait pas à tuer. A partir de là, Leopold n'avait pas grand chose à craindre. Tant qu'Adonis avait toujours quelque chose à gagner de ce gouvernement, du moins, et c'était pourquoi il n'avait pas hésité à l'inciter à rejoindre leur cercle.

Pour finir, c'était lui-même qui s'était porté garant d'Hailey Peterson. Plus encore que le directeur de la justice magique, la nouvelle chef du BDA était une femme convaincue par la lignée politique du ministre. Talentueuse et intransigeante, Hailey était appréciée par ses collègues et redoutée par les criminels, et elle avait tôt fait de démonter les rumeurs selon laquelle sa promotion n'était due qu'à la longueur de ses jambes... Comme pour Danielle, Leopold voyait beaucoup de potentiel en elle et espérait que son opinion à son sujet se confirmerait ce soir. Car il s'agissait d'un tournant dans son mandat, il le sentait. De nombreuses choses pourraient se jouer ici, en particulier avec l'invité mystère, qui se faisait attendre.

D'autres personnes auraient pu être conviées ce soir. Leopold avait notamment pensé à la directrice des mystères ou à la nouvelle dirigeante de la cité Nim...Cosmos, mais il avait jugé qu'elles étaient potentiellement trop intègres pour rejoindre son cercle officieux, et avait préféré attendre de laisser passer une première réunion.

Leopold avait donc engagé la conversation avec ses collègues, agissant un peu comme un maître des lieux du fait de son statut de ministre. Tous ici se connaissaient mais il s'était chargé de rappeler le rôle de chacun, puisqu'Adonis notamment n'avait guère eu beaucoup d'opportunité de cotoyer les autres. Leopold était en train de raviver le souvenir du gala du FREE avec Danielle lorsque le dernier invité arriva enfin. Un silence tomba dans la pièce durant lequel chacun observa cet homme qui s'avançait. A première vue, il n'avait rien d'extraordinaire, songea Leopold en se levant de sa chaise pour aller à sa rencontre. Un petit trafiquant comme il y en avait tant d'autres... Leopold s'immobilisa face à lui et croisa son regard, satisfait de réaliser que l'homme était légèrement plus petit que lui. Leopold lui-même n'était pas grand et ce genre de choses satisfaisait toujours son ego. Roy Calder avait tout l'air d'un homme ordinaire, donc, comme Leopold lui-même. Restait à savoir s'il avait ce qu'il fallait pour se montrer à la hauteur de ce que Leopold attendait. A en juger par ce que lui avait dit son informateur, Joey Poffin, dit Popof et membre du gang des Botrux, Calder était un Leopold en herbe. Après s'être fait discret pendant longtemps, Calder avait saisi l'occasion de la guerre des gang pour réaliser une sorte de petit coup d'Etat au sein de la Voie. Si c'était le cas, alors cet homme aurait mérité tout son respect...

En attendant, la situation était délicate, pour ne pas dire surréaliste. Dans une même pièce se trouvaient les principaux acteurs du ministère et l'un des trafiquants de Bristol qui avait joué un rôle dans le carnage de Bristol... La situation était potentiellement explosive, et il espérait sincèrement que Mildred Magpie savait ce qu'elle faisait en arrangeant une telle rencontre. Pour ce qu'ils en savaient, Roy était peut-être le meurtrier de Swann et s'il ne jouait pas bien son coup, Leopold aurait bien du mal à empêcher Jacob et Hailey de s'occuper de son cas... La balle était dans le camp de cet audacieux - ou téméraire ? - mafieux.

Incertain sur la conduite à tenir en pareille situation, Leopold décida de s'adresser à Roy comme s'il avait un parfait gentleman face à lui. C'était après tout ce qu'il aurait fait si Roy et lui s'étaient rencontrés avant son élection. Leopold lui offrit donc une poignée de main avant de poser une main impérieuse sur son épaule et de l'attirer vers la place vide entre Danielle et Hailey. Il se chargea ensuite de faire les présentations.

"Roy Calder, Leopold Marchebank, heureux de vous rencontrer. Voici Adonis Greengrass, directeur adjoint de Poudlard, Jacob Dalhiatus, directeur du département des catastrophes magiques, Danielle Coleman, chef du bureau des oubliators et..." Leopold marqua un infime temps d'hésitation, avant de reprendre : "Hailey Peterson, chef du BDA."

Leopold regagna sa propre chaise et tourna un visage indéchiffrable vers Calder.

"On m'a laissé penser que monsieur Calder ici présent, qui exerce ses activités sur la Voie des Miracles, dirons-nous, aurait des choses à nous dire... Hé bien, nous vous écoutons."



Christoph Waltz, merci à Roy
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Hailey Peterson, Chef du BDA

Hailey Peterson n'avait été qu'à moitié surprise lorsque Leopold Marchebank avait requis sa présence ce soir. Surprise parce qu'elle n'était chef du bureau des Aurors que depuis quelques mois. A moitié, parce qu'elle avait déjà fait ses preuves, et qu'il n'y avait aucun doute sur son efficacité au sein du bureau. Il fallait dire que ce n'était pas les affaires qui manquaient en ce moment, à l'étage de la justice magique du Ministère ! Bien au contraire, depuis la guerre des gangs de Bristol, les dossiers se multipliaient, encore et encore. La pile devenait de plus en plus haute, et ne semblait jamais vouloir s'arrêter de grandir. Des combats entre les différents gangs présents à Bristol, des trafics de drogue, des habitants pris en otage... Le BDA était surchargé, et Hailey prenait son rôle de chef très à cœur.

Ces évènements, s'ils avaient semblé troubler le monde magique anglais, n'avait pas surpris la jeune femme plus que ça. Au contraire, même, ils lui avaient rappelé ses années au sein de la brigade de police de Chicago. Voilà ce à quoi ils étaient confrontés tous les jours, là-bas : des affaires de gangs, des enjeux qui se comptaient en milliers de gallions, des batailles entre différents membres d'un même gang, qui luttaient pour en prendre la tête. La ville américaine était déchirée par les affaires de drogue, par les carnages qui avaient tous comme objectif de régner sur la ville. Qu'à Bristol, tout cela soit regroupé dans une simple rue nommée la "Voie des miracles" tenait du miracle pour Hailey. Aussi, habituée à ce genre d'affaire, la chef avait réagi au quart de tour lorsque les Aurors avaient été appelés sur l'Allée des douze chênes. Le bilan, certes, avait été effroyable : plusieurs morts, des blessés à n'en plus finir qui agonisaient sur le sol, les rues de la jolie ville anglaise détruites, mises à feu et à sang par un homme qu'elle avait retrouvé mort à quelques pas du restaurant où tout avait commencé.

Un tel évènement alors qu'elle venait d'obtenir le poste de Chef aurait pu la décourager. Sans trop de surprise, cela n'avait pas été le cas, et Hailey avait géré cette affaire avec la force et l'énergie qui la caractérisaient. Il était absolument inconcevable pour la jeune femme de laisser passer sa chance et de perdre son travail. Elle savait déjà à quel point sa nomination avait soulevé des questionnements et des critiques parmi les Aurors. Critiques qu'elle avait rapidement fait taire, en prouvant sa légitimité. Elle était destinée à ce poste - elle en était persuadée. Après des années passées à Chicago, traquant des criminels, la jeune femme avait rejoint une brigade spéciale, visant à arrêter les actions des Mardoliens. La vie d'Hailey avait radicalement changée lorsque son partenaire, Adam Burgess, avait été retrouvé mort chez lui, dans d'étranges circonstances. Ces circonstances, Hailey les avait attribué aux Mardoliens, et elle s'était jetée corps et âme dans la traque de ces derniers. Cette lutte était devenue une obsession et lorsqu'il s'était avéré que les Mardoliens avaient migré en Angleterre, Hailey n'avait pas hésité une seconde pour demander sa mutation au bureau des Aurors. Elle s'était établie à Bristol - qui n'était pas sans lui rappeler Chicago, sous quelques aspects - et était devenue l'une des Aurors de référence sur le dossier.

L'arrestation d'Alcyd Mardol avait causé un grand vide chez elle. Après des années à le traquer, le voir enfin derrière les barreaux après lui avoir fait avouer la mort de son coéquipier l'avait laissé quelques jours dans une sorte de néant. Toutefois, sa nomination en tant que chef lui avait permis de se tirer de ce brouillard pour reprendre ses esprits et  prendre la direction du bureau. Professionnelle, Hailey avait fini par réussir à devenir légitime aux yeux des plus anciens Aurors, qui ne voyaient pas d'un bon oeil sa promotion, allant même jusqu'à la mettre sur le compte de son physique. Plutôt sociable, la jeune femme avait également su trouver sa place parmi ses collègues plus jeunes, et était à présent à la tête du BDA en suivant l'expression "une main de fer dans un gant de velour".

Assise en ce moment moment même en face de son nouveau ministre, Hailey s'efforçait de ne pas laisser paraître la gêne qu'elle ressentait face au silence qui s'était imposé entre les quatre membres présents. Elle connaissait vaguement Danielle Coleman pour avoir collaboré avec elle ces derniers mois et il en allait de même pour Jacob Dalhiatus. Le temps que la réunion commence, Hailey avait adopté un visage neutre, distant, de celle qui ne se laisse pas impressionnée par quelques personnalités politiques, aussi importantes qu'elles soient. Si Hailey avait été conviée, c'était bien qu'elle avait place ici, et elle comptait bien le prouver. Elle était peut-être face à des hommes politiques renommés, mais elle avait connu des situations bien plus difficiles qu'une simple réunion...

Ce fut lorsque la porte s'ouvrit sur un homme à la peau halée, que la jeune femme sortit de ses pensées pour observer le nouveau venu. Elle lui adressa un signe de tête lorsqu'il prit place à côté d'elle, tout en gardant le silence, laissant le nouveau Ministre faire les présentations. Elle ne put s'empêcher d'hausser légèrement les sourcils lorsque les activités du dénommé Roy Calder sur la Voie des Miracles furent révélées, et son attention se fit double. Ce Roy Calder avait tout intérêt à faire attention à ce qu'il allait dire et à peser ses mots, car Hailey ne se priverait pas de s'occuper de lui dans le cas contraire... Après tout, n'était-ce pas son travail, d'arrêter ces trafiquants ? Tout dépendait de l'argumentation de Calder...

Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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En acceptant de rejoindre la table de cette réunion secrète, le Directeur du Département des Catastrophes Magiques se mettait dans une situation des plus inconfortables. Luttant pour se murer dans un silence impassible, alors que son âme déchirée ne demandait qu'à déclamer sa haine! Jacob se sentait dans la position d'un homme qui venait de surprendre l'assassin de sa femme, et à qui l'on demandait de rester calme et courtois tandis que celui-ci venait s'inviter à la table du repas. Même s'il paraissait opportun de faire des compromis avec la pègre de Bristol, pour éradiquer la véritable source du mal; Jacob n'était pas d'humeur à user de stratégie. La souffrance engendrée par le décès de sa bien aimée, le poussait à devenir impulsif, et plus Gryffondor que Serdaigle. Heureusement que Leopold était là pour le ramener à la raison, car sinon cela ferait belle lurette qu'il se serait noyé dans une vengeance aveugle et implacable. Tournant inlassablement la bague de fiançailles de Swann dans sa paume, Jacob se remémorait sans cesse les propos de cette ravissante mercenaire qui était venu frapper à sa porte quelques jours auparavant. Mystérieusement, il ne pouvait chasser de son esprit cette tueuse à la gueule d'ange. Elle avait été la bras vengeur éradiquant l'assassin probable de sa future femme, et cela aurait logiquement dû résorber sa soif de vengeance. La description physique de l'assassin correspondait au portrait-robot dressé par sa demi-sœur Mildred Magpie, et le cadavre de l'ignoble crapule avait bel et bien été retrouvé. Et pourtant, il ne pouvait se contenter de cela...

Jacob déglutit péniblement tandis qu'il n'arrivait pas à se débarrasser du gout d'inachevé qui venait obscurcir ses pensées. Saisissant le verre qui trônait devant lui, il le vida d'un trait. Mais aucun vin des Elfes, aussi savoureux soit-il, ne lui enlèverait le gout amer qui demeurait dans sa bouche. Frappé par la malédiction et devant veuf pour la seconde fois de sa vie, il ne pouvait se contenter d'une demi-victoire. L'assassin de sa femme était peut-être mort, mais la mémoire de Swannie ne se trouvait pas encore totalement vengée. Jacob voulait éradiquer les têtes pensantes, celle qui dictaient les plus sombres consignes à l'abri des bombes. Dans la voie des Miracles, ou dans le Bristol magique, Jacob restait persuadé qu'il y avait encore des assassins qui vivaient grassement sans se soucier d'être condamné, faute de preuve. Si cette réunion allait le pousser dans ses retranchements, elle aurait au moins l'avantage de délivrer des noms. Tout ce qu'il voulait, c'était d'avoir de la chair fraiche à fournir en pâture à sa nouvelle Milice. Jacob leva alors les yeux sur Danielle Coleman. Il ne pouvait que se féliciter de l'avoir nommé à la tête de son service d'ordre d'élite. Elle ne rechignait devant aucuns ordres, aussi immoraux soient-ils!  Elle avait gagner sa confiance, et lui donnait entière satisfaction. Nul doute qu'à l'abri des regards, elle ferait parler les personnes incriminées par l'infâme balance qui allait se présenter sous peu devant le cercle des initiés...

Comment se nommait-il déjà? Cela n'avait guère d'importance, tant le directeur des catastrophes magiques le méprisait. Mildred avait beau lui dépeindre un portrait idyllique de cet auguste personnage, pour le politicien qu'il était, cela ne faisait pas de lui quelqu'un digne de confiance. Comme il se plaisait à le penser, lorsque un homme venait à manger à la table des traitres, ce n'était pas pour ne prendre qu'une seule bouchée; tôt ou tard, il finirait par se resservir. Sur ce coup, Jacob ne comprenait pas l'attitude son ami Leopold. Pourquoi inviter un malfrat à sa table, alors que soue le joug de la torture, celui-ci finirait bien vite par parler. En quelques heures à peine, Danielle aurait pu faire arracher des aveux à n'importe qui. Alors pourquoi inviter un habitué de la Voie des Miracles à venir s'expliquer? De près ou de loin, celui-ci pouvait avoir participé à la mort de Swann et aux violentes émeutes qui avaient secoué Bristol. Lui octroyer un droit de parole paraissait indécent, tant cela bafouait la mémoire de sa bien aimée. Nul doute qu'il allait leur servir des mensonges, dont le but n'était que de protéger ses fidèles comparses. Alors pourquoi entrer dans son jeu? Quelle projet animait Leopold? Cette réunion devait apporter toute ces réponses...

Si la vengeance de Jacob semblait sans limite, la confiance qu'il vouait à son ami Leopold l'était également. C'était le genre d'homme qui avait toujours une longueur d'avance sur ses adversaires, et nul doute qu'il s'apprêtait à faire encore cette fois-ci étalage de cet art secret. "Soit proche de tes amis, et encore plus de tes ennemis"; voila peut-être le numéro auquel il s'adonnait en ce moment même. Jacob Dalhiatus devant se résoudre à suivre son supérieur, il lui avait promit de mettre de coté ses émotions et l'aspect affectif que prenait cette réunion. Nul doute que cela ne serait guère aisé quand il se retrouverait face à l'immonde traître, mais il ferait tout pour conserver son sang froid. Jacob avait également rassuré son Ministre au sujet se demi-sœur. Mildred Magpie avait beau être une journaliste à scandale de la pire espèce, elle restait parfaitement corruptible et une femme vénale de la pire espèce. Jacob usa d'une métaphore bien sentie, comparant sa demi-soeur à une jolie plante verte qu'il fallait savamment arrosée chaque jour pour qu'elle donne de jolies fleurs. Pour Jacob, elle ne représentait aucune menace, et pouvait même se révéler une lèche-botte des plus utiles. Les personnes cupides font de belles marionettes, et nul doute que contre des Galions et de la reconnaissance, Mildred Magpie vendrait sa propre famille pour faire les éloges du FREE. C'est dans cette optique que le Cabaret des Folies Sorcières obtint le droit de devenir un QG, apte à recevoir des rencontres aussi informelles que celle-ci...

La porte de la pièce interdite finit par s'ouvrir sur le traitre en devenir, soutirant Jacob de ses pensées. Jacob ressentit un profond malaise l'envahir alors qu'il se retrouvait dans la même pièce que le malfrat. Car rien ne laissait supposer que celui-ci n'avait pas participer de manière indirecte à la mort de Swann. Le directeur des Catastrophes Magiques ne daigna pas lui adresser un seul regard, tant il éprouvait du dégout pour cet immonde personnage. Aussi silencieux qu'un basilic tapit dans l'ombre, il préféra laisser à Leopold le soin de mener cette entrevue au combien douteuse. Jacob opina à peine de la tête quand son Ministre vint à le présenter; Son regard s'obstinant à ne pas croiser celui de l'être indigne qui se retrouvait assis à la table des puissants. Il avait beau faire des petites magouilles avec sa demi-sœur, il ne voyait pas en quoi, il lui devait une quelconque forme d'intérêt. Très vite, Leopold Marchebank se rendrait compte qu'il ne s'agissait que d'un sombre menteur, animé par une seule volonté avide : Celle de se servir au banquet des rois. Une fois qu'il aurait terminé son récital, Jacob le livrerait à Danielle. Elle, au moins, elle lui arracherait un semblant de vérité...

Affichant un air faussement détaché, Jacob daigna enfin tourner son regard vers ce Roy Calder, alors que celui-ci était sur le point de s'exprimer. Une seule fausse note, et la douce mélodie de trahison qu'il s'apprêtait à entonner se transformerait en requiem pour le malfrat de la voie des Miracles...


Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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Le lieu de la rencontre était plutôt étrange mais ce n'était pas un mauvais choix. Qui irait soupçonner l’existence d'une telle pièce à l'intérieur des Folies Sorcières. Le nouveau casino très en vogue de Bristol ou du moins, il était amené à le devenir. Il laissa son regard parcourir la pièce, il s'arrêta un instant sur les charmantes jeunes femmes assises en face de lui. Leopold savait s'entourer. Deux femmes très belles au caractère fort. Suffisamment solide pour occuper deux postes à responsabilité et essentiels pour le bon maintient de l'ordre et de l'équilibre du monde magique.

Il écouta plus qu'il ne participa à la conversation. Essayant de trouver sa place dans cette réunion et avec ses personnes qu'il n'avait que peu l'habitude de côtoyer à cause de son rôle à Poudlard. Il était d'ailleurs plus que flatté que le ministre l'ait convié à cette rencontre particulière. Après tout, il ne faisait pas parti des hommes influents jusqu'à présent. Mais cette invitation révélait que son implication était bien réel et que Leopold le comptait parmi ses hommes de confiances. Il lui donnait une place importante. Il était l'égal de Jacob Dalhiatus et en cela, il se sentait revalorisé.

Il ne se voyait plus comme un indésirable qu'on avait envoyé à Poudlard parce qu'on ne savait pas quoi en faire et parce qu'il aurait été délicat de l'évincer complètement sans raison après avoir été nommé sous directeur du département de Régulation des Créatures Magiques. Ses griefs contre le leader du FREE lui semblaient à présent très superflus. Oui, il n'avait plus l'impression d'être un poids mort qu'on avait écarté. Il esquissa un léger sourire à l'une des remarques de Leopold et posa son regard sur Jacob qui semblait légèrement apathique. Comme tout le monde, il apprit sa perte dans les journaux et il se doutait que cet entretient devait être une épreuve pour lui.

Peut-être était-ce l'assassin de sa fiancée qu'ils allaient rencontrer d'un moment à l'autre. Une profonde compassion s'empara d'Adonis. Il savait ce que cela faisait de perdre sa conquête. Rosaleen n'était pas morte évidemment mais la douleur était la même. Peut-être même plus cruelle car il devait vivre en la voyant rire et sourire au bras d'un autre. Il effaça le goût aigre du ressentiment derrière une gorgée d'alcool. Il reposait à peine son verre sur la table que la porte s'ouvrait sur leur invité.

Un rictus amusé se dessina sur les lèvres d'Adonis lorsqu'il avisa la petite taille de l'homme et sa tenue vestimentaire qui ne collait pas vraiment à l'idée que l'on se faisait d'un malfrat. Encore un qui voulait jouer dans la cour des grands. Adonis sut immédiatement qu'il ne pourrait pas s'entendre avec cet homme. Il sentait qu'à la moindre occasion, il n'hésiterait pas à tous les trahir pour sauver sa peau. Et le jeune sous-directeur se méfiait comme de le peste de ce genre d'homme. A lui désormais de faire en sorte que le trafiquant ne ressorte pas vivant de cette entrevue. Et en voyant le regard de Dalhiatus, il en conclut qu'il n'était pas le seul à penser cela.

Un sourire faussement aimable se dessina sur ses lèvres alors que Leopold entreprenait les présentations. Adonis posa son regard froid sur Roy Calder, le détaillant de la tête au pied une nouvelle fois. Son sourire s'agrandit légèrement et se fit légèrement amusé.

"Monsieur Calder, je suis déçu. Je m'attendais à plus de... grandeur."


Adonis Greengrass
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La course au pouvoir était toujours parsemée de sacrifices. Telle était la principale leçon que Roy tirait de ces derniers jours, qu’il avait passée en majeure partie dans la Voie des Miracles, à manigancer, sans cesse. Les coups fourrés, il connaissait, il en avait fait, on lui en avait fait. Et pourtant, il avait l’impression ces temps-ci de se découvrir une autre personnalité, celle d’un sombre manipulateur. Lui qui s’était trouvé réticent à s’engager dans des règlements de compte quelques mois plus tôt se trouvait aujourd’hui avec le sang de deux hommes sur les mains, et des plans tortueux en tête. Que s’était-il passé entre ? L’infortune, l’envie de prouver ce qu’il valait, la douleur, la déception, l’impatience. Le désir de revanche.

Et il avait réussi. Il s’était taillé une place dans ce bourbier traversé de multiples conflits d’intérêt qu’était la pègre de Bristol. En se débarrassant de Griggs, il récupérait un marché qui s’étendait au-delà de ce qu’il avait pu contrôler dans toute sa carrière, avec Jayce. Il avait des hommes pour le suivre dans cette entreprise. Il possédait même pour moitié le cabaret-casino des Folies Sorcières, ce qui faisait de lui un autre genre d’homme d’affaire : le genre dont on connaissait désormais le nom, dans la Voie.

Mais ce qu’il s’apprêtait à faire… C’était encore d’un autre niveau. En franchissant le pas des Folies Sorcières, la résolution de Roy ne fut qu’apparente. Son être entier tressaillait sous le doute. Et s’il n’en était pas capable ? Et s’il allait trop loin ? Il avait passé beaucoup de temps à réfléchir à cette rencontre que Mildred Magpie lui avait proposé, avant de finalement accepter. Après tout, que manquait-il au mafieux qu’il était, après la reconnaissance, l’argent, le respect ? Qu’est-ce qui faisait la différence entre un trafiquant lambda qui tressaillait à la présence d’un Auror et un véritable baron de la drogue, qui pouvait brasser des quantités phénoménales d’argent juste sous le nez des autorités, sans jamais être inquiété ? La réponse était simple, la présence d’alliés aux bons endroits : au ministère, au Magenmagot, au BDA. Il n’avait jamais été question pour Roy de faire cavalier seul, il s’était toujours entouré d’hommes de confiance pour avancer. Mais il fallait reconnaître que le groupe qu’il s’apprêtait à rencontrer n’avait rien en commun avec ceux qu’il avait l’habitude de côtoyer. Ce n’était pas seulement dans la cour des grands que Roy s’apprêtait à jouer, c’était aussi dans la gueule du loup qu’il était sur le point de se jeter.

Le moulin à paroles théâtral que lui servit Mildred à son arrivée l’impatienta encore plus que d’habitude. L’anxiété le rendait peu tolérant envers elle. Il aurait voulu qu’elle se taise et le conduise rapidement là où il devait se rendre. Que croyait-elle ? Qu’il n’était pas conscient des enjeux de cette rencontre ? Qu’il n’avait pas retourné la situation dans tous les sens avant de venir ? Qu’il ne s’était pas trituré les méninges et la conscience, avant d’accepter ? Elle n’avait nul besoin de le materner de la sorte. Il savait pertinemment qu’il se lançait dans une entreprise aussi prometteuse que risquée. Il y avait des choses qu’il appréciait chez Mildred, elle était après tout une femme d’affaire redoutablement efficace et intelligente, mais parfois… Parfois elle était étouffante.

« Nous sommes au moins d'accord là-dessus. » laissa t-il échapper avec une pointe d'ironie, lorsqu'elle déclama que suivre le sens du vent était la meilleure façon de réussir et qu'ils faisaient un couple admirable.

Après tout, ils n'étaient pas associés pour rien, ils étaient aussi opportunistes l'un que l'autre. Elle le mena enfin vers l’aile qui devait le conduire à la partie secrète dont elle lui avait parlé. Evidemment, Mildred ne sut s’empêcher d’enrober son récit d’une multitude de détails inutiles, émoussant tant et si bien la patience du trafiquant qu’il crut qu’il allait finir par la perdre complètement. Il avait bien envie de lui rétorquer que si elle lui faisait tant confiance, elle aurait pu lui parler de cet endroit plus tôt, mais il retint sa langue rendue plus acerbe que d’habitude, à cause de l’appréhension. Ce n’était pas très juste envers Mildred, qui lui offrait la chance inespérée de pouvoir grandir dans son monde. Elle avait raison, s’il réussissait à tirer profit de cette soirée, il pourrait en ressortir avec des alliés redoutables, et de nouvelles affaires juteuses pour tous les deux. Il lui était redevable et reconnaissant pour cela, pour tout ce qu’elle avait fait pour lui, à vrai dire, depuis qu’elle lui avait proposé de devenir son associé.

« Comment entre t-on, alors ? »

Elle lui expliqua enfin ce qu’il souhaitait savoir. Plutôt perplexe face à cet enchantement assez élaboré qui protégeait l’entrée de l’aile secrète, Roy finit par détacher son regard des ciseaux, et le poser sur Mildred, prêt à la remercier. Mais à la façon dont elle le regarda, il sut qu’elle allait tenter un tout autre type d’approche. D’un réflexe, il se détourna et se hâta de franchir le passage. Ah que cette femme pouvait s’avérer péniblement insistante, parfois ! Il avait déjà supporté tout son discours interminable sans broncher, il n’allait pas non plus la laisser poser ses mains -ou plus ?- sur lui. Il n’était pas son Caldounet, bon sang, elle n’avait pas l’air de comprendre que ce genre de petit surnom niais qu’elle pouvait bien donner à un de ses boursoufs stupides était littéralement destructeur de tout désir qu’il aurait pu avoir. Et qu’il n’avait de toute façon pas envers elle.

En pénétrant dans l’aile secrète du cabaret, les pensées du trafiquant revinrent bien vite sur ses ennuis actuels. Il lui fallait se concentrer. Il s’était efforcé d’imaginer toutes les possibilités. Si ces personnalités politiques avaient accepté la rencontre, c’est qu’ils étaient à priori prêts à discuter avec lui, malgré le fait qu’il était un hors-la-loi. Dans ce contexte sensible après la guerre des gangs, Roy était conscient que les gens comme lui étaient pointés du doigt. Il lui faudrait se montrer prudent avant tout.

Une profonde inspiration, et il pouvait y aller. Il pouvait le faire. Il n’était pas un Gryffondor pour rien, par Merlin !

Du courage, Roy en avait bien besoin, car les regards qui se tournèrent vers lui au moment où il pénétra dans la « pièce interdite » auraient eu de quoi intimider n’importe qui. Il se sentit sondé par chacune des personnes présentes, il dut se faire violence pour ne pas laisser voir son trouble. Il savait que s’il se montrait déstabilisé, il était fini.

Les choses arrivèrent très vite, prises en main par le Ministre lui-même. Roy n’avait pas le temps de se dire qu’il paraissait moins grand en vrai que sur la Une de la Gazette, ni tout autre banalité de ce genre, Marchebank faisait déjà les présentations, et il n’avait que quelques secondes pour répondre un « Enchanté » de circonstance, puis mémoriser noms, visages et fonctions. Son attention s’attarda forcément un peu plus sur la chef du BDA qui… n’était pas sa plus grande ennemie dans la pièce, s’aperçut-il, au moment où il croisa le regard de Mr Dalhiatus. Lire les regards était une chose que tout négociateur -ou bon menteur- apprenait à faire. Roy avait l’impression bien inquiétante que derrière son air froid, cet homme contenait une réelle animosité envers lui. Il se nota de rester prudent s’il devait lui adresser la parole directement.

Assis entre les deux seules femmes du groupe -place de choix, mais ce n’était pas tout à fait le moment de l’apprécier-, Roy s’apprêtait à prendre la parole que le Ministre lui accorda, quand la réflexion désagréable de Greengrass, auquel il n’avait pas forcément fait attention en arrivant, le coupa dans son élan. Tiens donc, une remarque sur sa taille. C’était… Oui, c’était petit de sa part, sans mauvais jeu de mots. Ce n’était pas la première fois que l’on cherchait à l’atteindre sur le sujet de sa taille. Si cela agaçait toujours autant Roy, il était conscient qu’aujourd’hui, il n’avait pas le droit à l’erreur. Il s’était préparé à ce qu’on cherche à le tester. A leur place, il aurait fait exactement la même chose : tenter de le déstabiliser, pour mieux voir de quel bois il était fait. Eh bien, il allait le leur montrer bien gracieusement.

« Flatté que vous vous soyez attendu à de la grandeur avant même de me voir, monsieur Greengrass. Ce n’est pas exactement le terme qu’on emploie pour désigner les gens comme moi, d’habitude. »

L’autodérision, même cynique, pouvait vous sortir des situations les plus délicates, Roy avait souvent eu l’occasion de l’apprendre. Il était à la table de personnes influentes, qui avaient le pouvoir de le faire incarcérer sur le champ, si l’envie le leur en prenait. Allait-il se laisser impressionner pour autant ? Il ne devait pas. Il devait leur montrer qu’il savait où il mettait les pieds. Il n’avait peut-être pas le talent de Marchebank pour ameuter les foules par des discours. Il n’avait pas la carrure d’une chef Auror, ni le froid respect qu’imposaient des personnes comme Dalhiatus ou Coleman. Mais il y avait une chose qu’il savait faire, c’était négocier. Il n’était rien venu faire d’autre.

Si Greengrass pouvait se permettre de lui envoyer des piques, ce n’était pas le cas de Roy, pour le moment. Tout homme orgueilleux qu’il était, Roy n’en était pas pour autant stupide. Il était dans la position de celui qui devait faire toutes les révérences nécessaires pour s’attirer la sympathie de ses interlocuteurs. Aussi commença t-il poliment.

« Je vous remercie tous d’avoir accepté cette rencontre. Je ne compte pas vous faire perdre votre temps, j’ai effectivement des choses à vous dire, et j'apprécierais que l’on parle sans détour. »

La première chose que Roy avait à faire était de leur prouver qu’il pouvait leur être utile. Et le premier à qui il décida de s’adresser fut le Ministre lui-même, pour la simple et bonne raison qu’il était le maître à cette table. Paradoxalement, il était aussi le moins impressionnant, pour le moment. Lui avait au moins eu la délicatesse de faire preuve de courtoisie, quand les autres le regardaient avec méfiance, voire défiance. Il se laissa quelques secondes avant de prendre la parole. Il savait que ses premiers mots seraient déterminants. Etait-il prêt ? Il avait réfléchi à ce qu'il pourrait dire avant de venir, bien sûr. Mais les choses ne pourraient pas se passer comme il le prévoyait, ce serait trop beau. Il devait se préparer à être interrompu, à heurter ses interlocuteurs sans l'avoir voulu, bref, à de multiples imprévus et ne pas s'en laisser déstabiliser.

C'était le genre de moment où sa confiance excessive en lui-même lui rendait service. Un autre se serait peut-être liquéfié sur place. Roy finit par trouver on ne savait où l'audace de prendre la parole, sur un ton étonnamment calme :

« Monsieur le Ministre, en tant qu’habitant de Bristol, je peux vous dire que beaucoup de personnes ont voté pour vous ici, et qu’elles attendent énormément de vous. J’imagine que je ne vous apprends rien, compte tenu de toutes les manifestations qui ont eu lieu depuis le vingt-et-un septembre… Mais je peux vous confirmer ce fait, la population a l’impression que votre gouvernement est incapable d’assurer leur sécurité. Elle vous reproche d’avoir laissé la pègre s’installer dans la ville depuis tant d’années. J’imagine bien dans quelle situation délicate vous vous trouvez, à devoir réparer toutes les erreurs de vos prédécesseurs en très peu de temps. Roy s'avança légèrement, croisant les mains sur la table, sur laquelle il apposa ses coudes. Mais justement, j’ai toujours pensé que les situations exceptionnelles demandaient des mesures exceptionnelles… Ou en tout cas, des sacrifices aux procédures habituelles qui ont ce défaut de prendre un temps fou. »

Et c’était bien une entorse aux règles que Marchebank acceptait de réaliser, en le rencontrant très secrètement, aux Folies Sorcières. Roy comptait bien lui proposer une alliance, qui pourrait leur servir tous les deux. Les temps étaient à l’insécurité pour les civils, mais pour les mafieux aussi. C’était la raison principale pour laquelle Roy était ici : il souhaitait grandir, certes, mais il cherchait d’abord à sauver sa peau. Il était menacé comme tous les autres par la purge que les autorités voulaient réaliser sur Bristol. Roy avait d’autres projets que de passer les prochaines années à Azkaban. S’il devait pour cela vendre une partie de ses confrères, il le ferait. C’était désormais chacun pour soi, dans la Voie.

« La situation dure depuis déjà plusieurs semaines, et les journaux n’ont fait part que de quelques arrestations modestes qui n’ont pas su rassurer la population, soyons réalistes. Il ne suffit pas d’arrêter quelques voyous au bas de l’échelle pour perturber un système aussi organisé que celui de la Voie, Miss Peterson en sait quelque chose. »

Son regard se posa brièvement sur la chef du BDA, avant de revenir sur les trois hommes en face de lui. Bien sûr que les Aurors en savaient quelque chose, la pègre gangrénait Bristol depuis des années sans qu’ils aient pu y changer quoi que ce soit, et pourtant, des malfrats comme eux étaient arrêtés tous les jours. Les procédures, le manque de preuves les sauvaient souvent, le système judiciaire étant encore bien frileux. Mais surtout, c’était rarement les gros poissons que les Aurors attrapaient. Un petit revendeur qui n’avait aucune influence sur leur marché pouvait bien disparaître, il serait vite remplacé. En revanche, un chef de gang… C’était déjà porter un coup plus dur à leur système. Il y avait une métaphore dont Roy aimait bien user pour décrire leur situation, il décida de la leur livrer. Et puis comme ça, Adonis Greengrass pourrait le railler sur « Oh, je m’attendais à moins de culture de votre part ».

« Si vous coupez les têtes de l’Hydre, elles repoussent plus nombreuses qu’avant, et vous finissez par vous trouver débordés. Si vous connaissez son point faible, en revanche… Un très léger sourire aux lèvres, Roy s’interrompit quelques secondes, le temps de s’assurer qu’il pouvait poursuivre. Voilà ce que je pense : vous avez besoin de quelqu’un qui connaît la Voie comme sa poche et qui participe aux mouvements actuels, si vous voulez régler la situation. Je peux être cette personne, c’est pourquoi je suis ici. C’est une solution rapide et radicale que je peux vous proposer. Je suis persuadé que nous pouvons tous trouver des intérêts communs. »



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Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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L'attention de Danielle fut piquée quand le dénommée Roy Calder fit son apparition dans la pièce. Elle l'observa en silence, préférant attendre qu'il ait pris la parole une première fois avant de s'adresser à lui. Elle avait à côté d'elle un des plus grands trafiquants de Bristol, à n'en pas douter. Or, la situation de cette ville était justement le sujet qui préoccupait la population. Quand la Milice avait été mise en place, les ordres avaient été très clairs : leur priorité était Bristol : ils devaient apaiser les tensions, par tous les moyens. Mais ces tensions étaient trop anciennes pour être réglées aussi simplement. Danielle, aussi indépendante qu'elle était, n'était pas stupide : elle avait besoin d'un allié. Un allié qui connaissait la ville, un allié qui connaissait les trafiquants.

Aussi, lorsque Jacob Dalhiatus l'avait mise au courant de cette réunion, elle n'avait pas hésité une seule seconde avant d'accepter. Tout d'abord, parce que cela lui permettait d'officialiser sa place auprès du ministre. Et surtout, parce que cette rencontre avec ce fameux Roy Calder l'intriguait. Qui était-il ? Comment avait-il réussi l'exploit de prendre le contrôle de la Voie des Miracles ? Les mêmes questions revenaient continuellement dans l'esprit de Danielle, et elle comptait bien trouver des réponses. Dans un sens, si les rumeurs étaient vraies, elle enviait presque Calder. Car le grand avantage des trafiquants était qu'ils n'avaient pas - ou du moins, ils ne s'en souciaient pas - à respecter une quelconque loi, une quelconque morale. Et les lois et la morale lassaient Danielle.

La jeune femme esquissa un petit sourire à la remarque d'Adonis Greengrass et écouta d'une oreille attentive le discours de Roy Calder. Elle était bien consciente que passer une alliance avec un membre de la pègre n'était pas forcément au goût de tout le monde - Hailey Peterson, en tant que chef du BDA avait parfaitement ses raisons, et Jacob Dalhiatus, ayant perdu sa fiancée dans la terrible guerre des gangs, n'était pas en reste non plus. Mais Calder était la solution à tous leurs problèmes, celle qu'ils cherchaient depuis septembre, et Danielle devait bien reconnaître l'avantage qu'ils auraient sur les citoyens s'ils passaient cette alliance.

Le silence retomba à la fin du petit discours du trafiquant. Plongée dans ses pensées, Danielle pesait le pour et le contre. Elle savait  bien qu'au final, la décision reviendrait au Ministre et à Jacob, mais si elle pouvait faire peser son choix dans la balance, elle n'allait pas se priver... Encore fallait-il savoir quoi dire. Si Danielle avait un don pour prendre des décisions très rapidement, et sans s'encombrer de doutes inutiles, lorsqu'il s'agissait de prendre la parole - surtout devant des politiciens - elle était bien consciente que chaque mot comptait, et que le moindre faux-pas serait terrible.

"La Milice tirerait un avantage énorme à s'allier vous, monsieur Calder." déclara-t-elle en observant Roy, avant de reporter son attention sur Leopold, Jacob et Adonis. "Depuis le vingt-et-un septembre, la pègre est doublement plus discrète, et sur le qui-vive. Les interventions de la milice là-bas n'ont pas été très fructueuses, et ne le seront pas si nous ne savons pas à quoi nous attendre, et vers qui nous tourner."

Danielle se redressa et croisa ses mains sur ses genoux.

"Évidemment, même sans aide de la pègre, la Milice finira par calmer les troubles à Bristol, je n'en doute pas, monsieur le Ministre. Mais la population attend des changements radicaux, et elle les attend maintenant. Elle croit à une paix aussi rapide que définitive, et nous devons la lui donner. Ou du moins, lui en donner l'illusion." affirma Danielle. "Les sorciers attendent beaucoup de vous, monsieur Marchebank." lança-t-elle en se penchant vers lui. "Si cette alliance reste secrète, elle permettra probablement de régler quelques problèmes majeurs."

La jeune femme laissa passer quelques secondes de silence, puis se tourna vers Roy.

"Évidemment, c'est à condition de pouvoir avoir confiance en vous, monsieur Calder. Car c'est quelque chose que vous avez omis de mentionner... Pourquoi devrions-nous vous croire ?"



Kit par Roy Ship
Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Jacob se mura dans un silence prodigieux, laissant aux autres fidèles du FREE le soin de jauger la crapule qui osait se présenter à eux. Pas plus haut que trois pommes, et pourtant il voulait déjà rejoindre les hautes branches du pommier. Les gens de petites tailles étaient souvent des ambitieux épris de grandeur, cherchant à combler un complexe en écrasant plus imposant qu'eux. Nul doute que cette demi-portion de Roy Calder avait les dents qui rayaient le parquet, et qu'il cherchait à s'attirer la faveur des puissants pour mener à bien ses petites activités frauduleuses. Le Directeur des Catastrophes Magiques avait bien voulu fermer les yeux sur les liens étranges qui le reliaient à sa demi-sœur. Mildred ne transpirait pas l'honnêteté, et cette association avec un habitué de la voie des Miracles, avait tout l'air d'être un écran de fumée cachant des activités pas très nettes. Mais si Jacob avait écouté sans broncher les éloges de la sorcière rousse à propos de cet associé en affaire, il voyait d'un très mauvais œil le petit numéro de séduction que jouait celui-ci auprès du Ministère.

Certes le petit homme avait de la répartie, et cela se perçut immédiatement dans sa manière de rebondir sur la remarque piquante de Adonis Greengrass. Peut-être comprenait-il qu'il venait de poser le pied dans une fosse à Basilics, et qu'il risquait de se retrouver à barboter au fond du port de Bristol s'il se montrait trop irrévérencieux; Mais une chose est sûre, c'est qu'il fit preuve de finesse pour se sortir de ce premier piège. Par contre le récital qui s'en suivit de manquait ni de culot, ni d'outrecuidance. Ce gnome de jardin osait prétendre qu'il était l'unique solution miracle qui pouvait régler les problèmes d'insécurité sévissant sur Bristol! Lui le grand Roy Calder arrivait sur son poney blanc de justicier, et nettoyait la ville du mal qui la rongeait depuis des décennies. Quelle farce! Il pointait les défaillances actuelles du ministère dans sa lutte contre la pègre, alors que lui-même avait participé à la propagation de ce cancer criminel! Un infâme félon qui osait leur faire la morale. Comment Leopold allait-il réagir face à autant d'irrespect? Pour qui se prenait ce fichu nabot?

Jacob s'apprêtait à fustiger cruellement ce petit traitre de pacotille, quand sa chef de la Milice le devança, et usa d'une diplomatie salvatrice pour le bon déroulement de cette réunion. Danielle soulignait un détail important, celui que dans sa lutte contre les organisations criminelles, la Milice manquait encore de contacts placés dans les rangs même de l'ennemi. Des espions et des délateurs, qui puissent informer et pointer du doigt les vraies origines du mal. Mais ce Roy Calder était-il digne de confiance et le moyen le plus sûr pour résoudre cette défaillance? Jacob préférait mille fois compter sur un agent de la Milice infiltré que d'avoir à compter sur un vulgaire voyou sans scrupule. Danielle Coleman posa alors la question de savoir jusqu'à où irait cette relation de confiance. Pour Jacob la réponse était limpide : Cela ne conduirait nulle part, si ce n'est dans des eaux troubles où il serait impossible de s'en extirper...

Leopold Marchebank ne pouvait s'engager sur ses pentes dangereuses et pactiser avec un individu aussi fourbe. Pactiser avec la pègre, c'était comme ouvrir la boite de Pandore. Cela devenait rapidement ingérable et finissait toujours par vous entacher. Jacob ne pouvait plus se retenir, et il laissa retomber lourdement sa main sur la table en signe de protestation. Le Directeur des Catastrophes Magiques, sans même un regard pour Roy Calder, s'adressa alors à son ministre :

"Je m'oppose à toute sorte de compromis avec un tel individu! Qui vous dit que ce Roy Calder n'a pas participé aux émeutes et coûté  la vie à des victimes innocentes? Pactiser avec le mal, celui-là même que nous voulons éradiquer ne réglera aucunement les problèmes d'insécurité qui règnent sur Bristol. Cessons ce jeu de dupes, voulez-vous! Pourquoi croyez-vous que cet énergumène se présente à nous? Il veut simplement saisir l'opportunité de se débarrasser de concurrents dangereux et tirer son épingle du jeu en trahissant ses anciens amis de la voie des Miracles. Une action bien basse pour un individu décidemment bien petit! Je vous en prie, monsieur le Ministre, regardez-le... Que voyez-vous? "

Jacob Dalhiatus accompagna ses dernières paroles d'un geste de la main, pointant du doigt l'ignoble félon qui osait se présenter à eux avec ses beaux discours.

"Pour ma part, je ne vois qu'un individu indigne de confiance qui nous trahira à la première occasion venue. Car n'oubliez pas une chose : C'est dans la nature du traître que de trahir à nouveau ! Pourquoi devrions-nous se salir les mains, alors que cette vermine vient de lui-même de se rendre à nous en prétendant tout savoir de la voie des Miracles. Pourquoi ne pas profiter de ce cadeau tombé du ciel ? "

Le Directeur des Catastrophes Magiques se tourna légèrement vers sa fidèle lieutenante de la Milice.

"Avec votre assentiment monsieur Marchebank, et les compétences de notre chef de la Milice, ici présente; Je suis persuadé que sous la contrainte, nous pourrions extirper toutes sortes d'aveux de la part de monsieur Calder, qui se révéleraient au final beaucoup plus crédibles que toutes ses belles paroles. N'est-ce pas plus judicieux d’agir de la sorte que d’accorder un quelconque crédit à un malfrat? "

Collaborer avec ce Roy Calder qui était peut être responsable de la mort de Swann ne lui offrait pas le recul nécessaire à envisager autre chose que de vaincre le mal par le mal. Après tout, pourquoi s'encombrer de cette alliance dangereuse alors qu'il suffisait tout simplement de lui éplucher le crane...


Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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Un léger sourire étira les lèvres d'Adonis lorsque Calder répondit à sa pique. Il avait de la répartit le petit, il aimait ça. Il reprit néanmoins son sérieux dès que les choses sérieuses reprirent et que la raison de leur présence ici fut abordée. Il savait d'expérience que le trafiquant avait raison. Il ne fallait pas se contenter de quelques arrestations et pour être doublement efficace, le meilleur moyen était encore d'infiltrer la Voie.

Toutefois laisser entrer un parfait inconnu dans leurs rangs, un homme qui avait sans doute passé sa vie à trahir les siens pour en arriver là où il était. Cela n'encourageait pas la confiance. Et la question de Danielle Colleman était parfaitement justifiée. Pourquoi lui ? Même si l'assurance et le bagout de l'homme lui plaisait. Il fallait agir prudemment. Il jeta un coup d'oeil à Dalhiatus qui semblait un peu trop enclin à jouer de prudence. Et surtout à faire payer au premier mafieux venu la mort de sa fiancée.

"Je doute que même avec des informations de sa part, il nous soit possible d'avoir accès à la Voie. Je pense en toute honnêteté que cette Voie est soumis à un sortilège de Fidelitas. Sinon, il me semble que cela fait bien longtemps que nos autorités auraient découvert l'entrée."

Il jeta un regard désolé à Jacob avant de se saisir de son verre. Il se doutait que torturer Calder aurait été une partie de plaisir pour lui. Mais il avait la sensation que tout le monde aurait à gagner à s'associer avec un homme tel que Roy Calder.

"Je ne dis pas que je ne suis pas d'accord avec vous lorsque vous affirmez qu'il tirera profit de cette alliance pour se débarrasser de ses ennemies. Toutefois, je pense que ses ennemies actuellement sont les mêmes que les nôtres. Et comme le dit si bien Miss Colleman. Nous gagnerions un temps précieux à nous allier avec Monsieur Calder."

Et puis, s'allier ne voulait pas forcément dire lui accorder leur confiance. Au moindre mouvement suspect de sa part, ils pourraient toujours se débarrasser de lui. Et Jacob pourrait le torturer tout son saoul.

"Et puis, je doute que Monsieur Calder prenne le risque de nous trahir, n'est-ce pas ? Après tout, c'est sa tête qui tombera la première si jamais il fait cette bêtise. Et je crois que certaines personnes, ici présente, seraient ravies d'avoir la chance de lui faire payer cette erreur."

Un sourire tranquille s'étira sur ses lèvres alors que la menace planait dans l'air. Il fallait voir où était leur intérêt avant de se précipiter et de jeter le malfrat aux oubliettes.


Adonis Greengrass
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold laissa échapper un petit rire suite à la répartie de Roy, qui ne se laissait pas démonter par Adonis. Très bien, il ne voulait pas de quelqu'un dénué d'audace ou de sens de la dérision au sein de ses troupes. Le sens de l'humour d'un homme en disait long sur sa personne... Le ministre hocha la tête quand Roy affirma vouloir parler sans détour. Calder n'était pas un politique et Leopold appréciait autant s'entourer de personnes qui ne tournaient pas autour du pot. Ce genre de réunion informelle avait justement pour but de pouvoir laisser les faux semblants et l'hypocrisie de la politique de côté pour faire avancer concrètement les choses, en sautant les étapes laborieuses que la bureaucratie et la démocratie leur imposaient d'ordinaire. Il avait un Etat à gérer, un Etat à imposer, et cela nécessitait une cellule de crise efficace et réactive.

Posant un regard neutre sur le trafiquant, Leopold écouta avec attention ce qu'il avait à lui dire, bien décidé à ne rien laisser paraître. Quelle que soit la réaction de ses soutiens, il voulait qu'elle soit sincère et spontanée, et non entâchée par une certaine volonté de leur part de ne pas lui déplaire. Il se contenta donc de sourire intérieurement face aux formulations employées par Calder, ce trafiquant de petite envergure qui parvenait sans mal à se faire une place au sein des grands. Le fils de son ami de Poudlard avait décidément bien du sang Serpentard qui lui coulait dans les veines... Il avait su trouver les mots justes pour parler à l'homme sans scrupules qu'était Leopold. Des mesures exceptionnelles pour des situations exceptionnelles, des sacrifices aux procédures habituelles... Voilà effectivement un discours sans détours, qui pouvait plaire à certains, comme Leopold ou, il le soupçonnait, Hailey, mais pas à tous. Du coin de l'oeil, Leopold observa ses lieutenants, en particulier Jacob, dont il redouttait le plus la réaction. Entre la mort de sa fiancée et son caractère assez peu flexible, Jacob serait sans aucun doute l'homme à convaincre... Contrairement à ce que pouvait laisser penser le discours de Roy, naturellement tourné vers lui, naturellement séduit par sa proposition. Cela ressemblait tellement à une idée que lui-même aurait pu avoir qu'il ne pouvait en être autrement...

La suite de la conversation ne fit que confirmer les doutes de Leopold. Danielle confirma tout le bien que le ministre pensait d'elle en sautant sur la proposition de Roy avec ce qui ressemblait à de l'enthousiasme. Vrillant son regard dans celui de la jeune femme, Leopold approuva ses propos dirigés vers lui d'un léger hochement de tête, retenant à grand peine un sourire séducteur. Il devait rester concentré. Le ministre se força donc à reporter son attention sur son voisin, Jacob, nettement moins attrayant physiquement parlant, mais dont le discours était tout aussi intéressant. L'air grave, Leopold adopta une mine attentive et soucieuse, prenant la mesure des objections de Jacob - tout en sachant pertinemment qu'il allait tenter de le convaincre par la suite. Blablabla, pactiser avec le mal, Jacob n'avait-il donc pas appris avec le Bloody Sunday que le monde n'était pas aussi manichéen qu'il semblait le penser ? Oui, évidemment, Roy avait de nombreux avantages à tirer de cette collaboration, mais... il n'était pas le seul. C'était bien là le but d'une alliance. Non pas se battre pour une juste cause, sauver la veuve et l'orphelin, mais bien retirer chacun des avantages concrets, sonnants et trébuchants... Ah, Jacob avait beau jeu de critiquer l'attitude de Roy, quand la sienne n'avait guère été différente lors du Bloody Sunday !

Une fois encore, Leopold dut retenir un sourire ironique. Un traître, n'en était-il pas un lui-même ? N'avait-il pas grossi successivement les rangs des sympathisants de Lord Voldemort, de l'APPEL, du MIM et maintenant, de son propre parti, le FREE ? N'avait-il pas littéralement voulu poignarder dans le dos son leader, Alan Fiennes ? Sans oublier son père, qu'il avait regardé mourir, une lueur de satisfaction et de fascination au fond du regard... Décidément, il avait presque trop bien fait son affaire avec Jacob, et son bras droit n'avait sans doute pas tout à fait compris à qui il avait affaire - contrairement, sans doute, aux autres personnes de cette pièce.

Heureusement, Adonis sembla prendre la situation en main, traduisant exactement les pensées de Leopold. Tout comme lui, son poulain savait pertinemment qu'il ne suffisait pas de faire une incursion dans la tête d'un vulgaire malfrat pour pouvoir pénétrer dans la Voie des Miracles, le procédé était bien plus mystérieux et complexe. La magie permettait de transformer en sanctuaire n'importe quel lieu, et celle qui gardait l'entrée de la désormais célèbre Voie était puissante. Si Jacob souhaitait percer ce secret, il s'y prenait mal : il fallait bel et bien pactiser avec l'ennemi, et non jouer la carte de l'autorité...

Echangeant un regard entendu avec le directeur adjoint de Poudlard, Leopold se leva de sa chaise et fit quelques pas tranquilles dans la pièce, avant de se planter en bout de table et de parcourir l'assemblée du regard. Il fallait faire preuve d'autorité, ce qui n'était pas forcément évident face à un tel regroupement, et surtout, il fallait convaincre. Heureusement, d'autres s'en étaient chargés pour lui...

"Jacob, crois-moi, je comprends tout à fait tes objections. Il m'est difficile à moi aussi d'envisager une telle alliance, mais je rejoins la pensée d'Adonis, cette fois. Il ne vient à l'esprit de personne ici de prétendre que monsieur Calder est autre chose qu'un homme opportuniste, mais c'est également un homme intelligent, plein de ressources, influent, à en juger par mes informateurs."

La carte du réseau d'espions n'était pas celle que Leopold utilisait le plus souvent. A vrai dire, s'il considérait que l'information était le pouvoir, c'était avec cette nuance : elle devait être employée à bon escient. En l'occurence, trop révéler l'étendue de ses connaissances sur le monde sorcier et surtout sur son marché noir pouvait se montrer dangereux, mais en dévoiler un peu à ce cercle - de confiance ? - pouvait s'avérer utile. Quitte à faire un peu de bluff pour le but de la démonstration, car il devait reconnaître que son intérêt pour Roy Calder était récent, tout comme l'était la montée en puissance du sorcier, d'ailleurs. Mais il fallait toujours garder un oeil sur les jeunes talents, car mieux valait les avoir avec soit que contre soit...

"Je pense donc qu'il peut réellement nous assurer une réelle avancée sur le terrain de la Voie qui, comme le savent tous ceux qui ont participé aux manoeuvres des forces de l'ordre à Bristol", son regard se posa ostensiblement sur les deux femmes présentes en quête de soutien, "reste inconnue et mystérieuse du Ministère. On n'y entre pas comme l'on entre sur le Chemin de Traverse pour aller acheter sa première baguette. En conséquence, tant qu'un tel sanctuaire existera, il n'y aura que deux voies d'action pour les forces de l'ordre. D'une part, tenter de la combattre de l'extérieure, de la réduire à un endroit le plus minimal possible, et espérer qu'elle s'y cantonne, sans trop déborder sur la ville. Nous avons tous vu ce que cela a donné par le passé."

Cette fois, Leopold se tourna directement vers Jacob, conscient qu'il devait inclure la guerre des gangs et la mort tragique de Swann dans son argumentaire, à son avantage.

"D'autre part, nous pouvons décider de prendre enfin le minotaure par les cornes, et de s'attaquer au problème sans chercher à l'éviter ou à le circonscrire comme nos prédécesseurs. Oui, cela implique de réfléchir à la façon la plus intelligente pour cela, quitte à assouplir quelque peu les procédés traditionnels, afin de parvenir enfin à une situation apaisée. Certes, nouer une sorte d'alliance avec un individu tel que Calder peut rebuter sur le plan des principes, et c'est bien normal..."

Son regard effleura rapidement le trafiquant avant de revenir se poser sur Jacob.

"...Mais n'est-ce pas là un moindre mal ? Inflitrer la Voie de l'intérieur, y faire entendre la voix du Ministère, n'est-ce pas là mieux que de laisser la ville sombrer dans le chaos ? De laisser à nouveau des innocents périr ? Non, les trafiquants de la Voie ne sont pas les seuls responsables pour la guerre des gangs. Nous le sommes aussi, nous qui avons laissé cette situation perdurer, et nos précédesseurs avant nous. Les trafiquants prennent la place que nous leur laissons, leur audace augmente avec notre couardise. Nous avons fait cela."

Ouvrant grand les bras, Leopold engloba l'assemblée dans son étreinte, y incluant Roy.

"A nous de le défaire."

Ses bras retombèrent le long de son corps et son visage à l'expression résolue sembla interroger Jacob, en quête de son verdict.



Christoph Waltz, merci à Roy
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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La première à réagir fut l’une des femmes à ses côtés, chef des oubliators, s’il avait bien retenu. Roy l’écouta non sans un certain soulagement exposer un point de vue plutôt en sa faveur. Evidemment, elle ne tarda pas à demander une preuve de sa bonne foi, chose à laquelle Roy s’était attendu avant de venir. Oh, il n’espérait pas s’attirer la confiance de ses interlocuteurs si vite, seulement leur démontrer qu’ils avaient des intérêts communs qui pouvaient les faire oeuvrer ensemble. Si confiance il devait y avoir, elle viendrait plus tard, Roy n’était pas non plus le genre à l’accorder à n’importe qui.

Ce n’était pas une tentative d’arnaque qui l’amenait ici. Prêt à démontrer que son offre était solide, Roy s’apprêtait à reprendre la parole quand la voie tonitruante du directeur des catastrophes magiques l’interrompit dans son élan, pour déverser le fiel qu’il contenait depuis visiblement quelques minutes. Roy n’avait pas rêvé quand il avait cru déceler une réelle animosité à son égard derrière la stature froide de cet homme. Il resta silencieux, perplexe et un peu soucieux, il fallait le reconnaître, face à Dalhiatus qui était ni plus ni moins en train de suggérer de le torturer pour lui extirper des informations. Tant de violence ! Alors qu’il leur offrait sa coopération sur un plateau ? Ce n’était sûrement pas la raison qui faisait parler cet homme, un instant, Roy se prit à se demander d’où venait cette fureur qu’il nourrissait à son égard, comme s’il tenait là le responsable en personne de la guerre des gangs, ou qu’il cherchait absolument un bouc-émissaire. Etait-il personnellement lié au conflit ?

Ce n’était pas le genre de réunion où il pouvait couper et prendre la parole comme bon lui semblait, Roy comprit qu’il était dans son intérêt d’attendre que ses interlocuteurs aient fini de s’exprimer avant de reprendre sa défense. Coleman s’était exprimée en sa faveur, pas Dalhiatus. Rien n’était encore joué, les autres n’avaient pas parlé, et il préférait voir quel était leur avis afin d’avoir toutes les cartes en main pour mieux répondre. Heureusement, Merlin était de son côté ce soir. Premier retournement de situation favorable, Greengrass reprit la parole, cette fois-ci pour l’appuyer. Roy ne cilla pas au ton léger qu’il prit pour instaurer un climat de menace à la fin de son discours. Evidemment, il n’avait pas intérêt à chercher à entourlouper ces messieurs, stratèges politiques à n’en pas douter, et surtout, détenteurs d’un pouvoir qu’il n’avait pas. Le moindre pas de travers, et il finissait ses jours à Azkaban avec tous les autres, Roy en était conscient et c’était bien pour cette raison qu’il avait pris les devants. Il était hors de question qu’il connaisse le même triste sort, alors qu’il commençait tout juste à tirer son épingle du jeu.  

Enfin le ministre reprit les rênes de leur échange, jetant dans l’assemblée un silence où transparaissait une tension mêlée de respect. Il était le maître à bord, celui qui prononcerait la décision finale, mais tout comme Roy, il avait attendu d’obtenir l’avis des autres avant de rebondir. Roy n’attendait plus que le sien, à vrai dire, car il était l’homme à convaincre avant tous les autres. Il ne put empêcher une part de lui de s’enorgueillir, à la façon dont le ministre le qualifia. ll pouvait au moins se targuer d’avoir réussi à lui faire bonne impression. Il ne demandait pas mieux que d’être considéré à sa juste valeur, celle d’un homme qui était tout à fait capable de réfléchir et d’utiliser tous ses moyens pour parvenir à ses fins. L’opportunisme, Roy n’avait jamais considéré qu’il s’agissait d’un défaut, bien au contraire, et quelque chose dans la façon qu’avait eu le ministre de prendre le pouvoir, et celle qu’il avait désormais de défendre leur alliance lui disait qu’il était du même avis…

Il nota que Marchebank parlait d’informateurs, sûrement des policiers infiltrés dans leur réseau, supposa le trafiquant, il y en avait toujours quelques uns. Le fait qu’il se soit renseigné sur lui avant leur rencontre prouvait sa prudence. Marchebank savait de toute évidence à quoi s’en tenir face à un malfrat, et la suite de son discours ne fit que conforter Roy dans cette impression : il savait de quoi il parlait. Avant tout, il lui fallait déceler ses intentions s’il voulait pouvoir les utiliser à son avantage. Marchebank parlait de faire entendre la voix du Ministère, d’agir de façon intelligente, « quitte à assouplir les procédés traditionnels », et surtout d’agir de façon complètement différente à ses prédécesseurs… Roy ne savait pas s’il s’agissait là d’un homme incroyablement décidé à sauver l’Angleterre, ou tout simplement pétri d’ambition et de pouvoir, mais une chose était sûre, Marchebank était un ministre qui tenait à ce que tout soit sous son contrôle. La politique tiède, il n’en voulait pas, concluait Roy, qui méditait sur certaines de ses paroles. Les trafiquants prennent la place que nous leur laissons, leur audace augmente avec notre couardise. Non, Marchebank ne comptait pas laisser la Voie grandir sans avoir une certaine main mise dessus, et il asseyait toute son autorité dans son discours. Le gouvernement était en partie responsable ? Oh mais ce n’était pas un aveu de faiblesse qu’il faisait, bien au contraire : c’était l’annonce ferme qu’il ne comptait pas se défiler face à la pression et que son gouvernement serait fort face à une mafia qui avait pris décidément trop de place.

Roy comptait défendre son bifteck, évidemment, mais pour le moment, il devait s’assurer que toute la tablée était prête à négocier avec le trafiquant qu’il était. S’il devait résumer les personnalités face à lui, il avait le sentiment que Coleman étant la première à avoir rebondi avec un discours clair et court, elle devait être le genre d’exécutante à ne chercher rien d’autre que des résultats rapides et efficaces. Greengrass avait un ton doucereux qui seyait très bien à la sournoiserie qui transparaissait derrière son discours : la fin justifiait les moyens. Marchebank était plus difficilement saisissable, Roy avait simplement l’impression qu’il ne manquait ni d’audace dans sa façon de faire, ni de volonté. Quant à Dalhiatus, il avait montré qu’il était irascible et susceptible, et surtout, épris d’une certaine droiture, nul doute que Roy devrait peser ses mots face à lui, mais il ne désespérait pas de le convaincre, avec l’appui de ses collègues, qui étaient pour le moment en faveur d’une alliance.

Bien. Pour quel angle d’attaque devait-il opter ? Roy sentit qu’il s’était assez tu, et que son tour venait de répondre aux questions qui étaient plus ou moins explicitement posées, et la première, celle de Miss Coleman. S’il ne profitait pas maintenant de la brèche que venait de lui ouvrir le ministre, en dédouanant un peu son camp de mafieux face aux accusations de Dalhiatus, il allait rater une belle occasion de se faire entendre avant son prochain réquisitoire.

« Comme l’a justement fait remarquer monsieur Greengrass, je suis ni plus ni moins en train de me jeter dans la gueule du loup. Autant pour illustrer ses dires que pour faire imprimer la suite, Roy posa brièvement son regard sur chacun de ses interlocuteurs, tous autant capables de lui attirer des ennuis, chacun à leur façon. Vous pouvez être sûrs d’une chose : vu les risques que je prends en présentant face à vous, je ne serai pas venu si je n’avais pas une offre réelle et solide à vous proposer. »

Il osa planter son regard dans celui du directeur des catastrophes magiques, cette fois, décidé à lui montrer qu’il n’était pas aussi diaboliquement calculateur qu’il le présentait :

« Nul jeu de dupe là-dedans, monsieur Dalhiatus. Je ne cherche pas à vous berner. Je suis prêt à vous exposer clairement chacun de mes objectifs. Evidemment que j’espère tirer quelque chose de cette rencontre, après tout, rien n’est gratuit dans ce monde. C’est un marché, que je vous propose, du donnant-donnant, selon la pure loi des affaires. Je n’aurais aucune raison de trahir des alliés avec qui je partage des intérêts… Et je suis prêt à faire plus que de simplement vous fournir des informations qu’il vous manque. »

Non, s’il se contentait de cela, eh bien, eux se contenteraient de le jeter une fois qu’ils auraient obtenu ce qu’ils souhaitaient savoir. Roy devait leur prouver qu’il pouvait se montrer utile à long terme, à beaucoup plus long terme que les quelques semaines, quelques mois, au mieux, que pourraient durer les émeutes à Bristol. Reculant contre son dossier, Roy reporta son attention sur les deux femmes présentes, représentantes des forces de l’ordre.

« Vous voulez rassurer la population avec des résultats concrets et rapides, c’est ça ? reprit-il, selon les mots de Coleman. Sans vouloir vous offenser, vos dernières captures répercutées dans les journaux n’étaient rien d’autre que quelques pauvres voleurs de cacahuètes… Mais s’il s’agissait cette fois d’un gang entier ? -Et Roy avait déjà sa petite idée sur l’identité de ce gang. S’il s’agissait des têtes d’affiche connues à Bristol, que vous traquez depuis si longtemps ? Vous auriez un sacré écho dans la presse. Ca pourrait même prendre la forme d’une grande opération d’arrestation publique, qui rassurerait tout le monde sur la capacité du nouveau gouvernement à agir pour la sécurité des habitants…  »

Mais ce n’était pas tout ce qu’il était prêt à faire. Cette fois-ci, il vrilla son regard dans celui de Leopold, espérant qu’il avait bien cerné ses objectifs, car l’efficacité de son argumentaire en dépendrait.

« La Voie est complètement morcelée, vous n’arriverez jamais à faire entendre une voix unique, si vous vous adressez à une assemblée où il y a presque autant d’intérêts que de personnes. Asseoir votre autorité dans un lieu où l’anarchie règne… Si vous voulez que votre Ministère soit fort, même dans un endroit aussi farouche et indépendant que la Voie, alors vous devez commencer par la discipliner. Et pour cela, la placer sous l’égide d’une personnalité forte, comme vous le faites avec votre gouvernement. »

Sa main désigna d’un léger geste les quatre chefs ici, dont le meilleur exemple était peut-être Adonis Greengrass : Marchebank avait placé l’un de ses fidèles partisans à la sous-direction de Poudlard, n’était-ce pas une manifestation évidente de sa volonté d’avoir des points d’accroche et de contrôle partout, même là où il n’y en avait pas auparavant ? Là était son intérêt d’avoir un allié permanent, et surtout puissant, dans la Voie des Miracles, car il était toujours plus facile de s’entendre avec un seul grand groupe dominant, plutôt qu’avec des centaines de petites bandes qui s’entredéchiraient… Si Roy était prêt à se corrompre pour le bien de ses affaires, il n’avait pas encore le pouvoir de dominer la Voie : c’était précisément ce qu’il était venu chercher ici. Il avait besoin d’alliés puissants, capables de le débarrasser de toutes les personnes qui le gênaient dans son ascension.

« Voilà mon offre. Je suis prêt à vous livrer tous les noms qu’il vous faudra pour faire votre purge à Bristol. Mes concurrents, pas mes amis, précisa t-il, en reprenant volontairement les termes de Dalhiatus. Si la Voie s’est tellement agitée ces derniers temps, c’est parce qu’elle est en proie à des luttes pour le pouvoir. Elle n’attend que d’avoir un nouveau chef pour retrouver son calme. Laissez-moi être cette personne, laissez-moi surveiller et discipliner la Voie pour vous en toute impunité, et nous pourrons bâtir une alliance à long terme… Plus aucun débordement, les trafics resteront là où ils doivent rester : à l’écart des civils. Et vous aurez un contrôle sur tout ce qui s’y passe. Chacun y trouve ainsi son compte, n’est-ce-pas ? »

S’il osait, il leur proposerait même d'être la mafieux qui pourrait leur régler d’éventuels problèmes -chacun savait que tout homme politique qui se respecte a quelques cadavres dans son placard-  mais Roy ne comptait pas leur faire l’affront de présupposer qu’ils étaient le genre à se salir les mains sans scrupule, car après tout, il ne les connaissait pas… pour le moment.



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Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Jacob avait exprimé son désaccord à l'idée de conclure un pacte avec le Diable, ou plutôt avec le diablotin, tant le mafieux de la Voie des Miracles était court sur pattes. Mais une réalité s'imposa très rapidement d'elle-même, et finit par contraster de manière significative tous le mépris qu'il éprouvait pour ce jeune homme. Ce dernier  ne manquait ni de cran, ni d'assurance, mais si cette approche pouvait apparaître suicidaire au demeurant, il fallait également reconnaître elle n'était pas dénuée d'une certaine logique et de raison stratégique. Roy Calder avait sagement prémédité cette tentative d'alliance, et se montrait à la fois très à l'aise, et futé pour trouver les bons arguments qui achèveraient de convaincre le Ministre et son cercle restreint. Pour vaincre la vermine qui pullulait dans les entrailles de Bristol, il fallait inévitablement corrompre et s'infiltrer aux racines du mal. Seule solution pour contrôler une pègre devenue aussi dangereuse qu’influente. Malgré le malaise qui l'habitait, Jacob Dalhiatus écouta respectueusement le Cercle s'exprimer sur la question d'intégrer ou non ce trafiquant aux dents affutées comme des rasoirs.

Dans l'exercice du pouvoir, il fallait se montrer prudent, et peser le pour et le contre de chaque décision. Intégrer Roy Calder s'était se salir inévitablement les mains, et s'exposer à un possible retour de bâton de la Justice Magique quand la roue du pouvoir finira par tourner et pointer un autre leader politique. Jacob essayait d'anticiper sur le long terme; Chose que ne faisait pas son voisin de table, Adonis Greengrass. En effet, le sous-directeur de Poudlard pensait que rien n'échapperait à leur contrôle, et surtout pas ce Roy Calder. N'était-ce pas faire affront à l'ingénieux trafiquant que de le sous-estimer?

"Monsieur Greengrass... Je ne doute pas que la tête de monsieur Calder peut se décrocher très facilement, à la première lueur de trahison. Mais ce que je crains davantage c'est le risque de voir tomber ma tête avec lui, et celles de ce Cercle également. Contrairement à vous, je n'ai ni votre prétention, ni la certitude que ce voyou restera tranquillement derrière les barreaux de sa cage. Rien ne prédit qu'il ne commettra pas des erreurs ou qu'il voudra s'élever à son tour, ce qui ne manquera pas de nous éclabousser. Bref, je vous trouve très conciliant avec une menace qui peut autant nous servir, que nous détruire... "

Celui qui n'avait jamais vue son petit monde et son confort s'effondrer ne pouvait redouter l'imminence d'un cataclysme. Jacob cassait peut-être l'ambiance de ce conciliabule secret, mais il devait exprimer ses doutes quant à l'intégration d'un système mafieux à une cause aussi noble que celle entreprise par Leopold Marchebank. Le Ministre ne tarda pas à prendre la parole, et ses propos tentèrent de convaincre son ami politique de se montrer moins frileux quant à cette alliance. Infiniment stratège, il ne voyait Roy que comme un outil lui permettant d'asseoir son pouvoir. Nul doute qu'une partie de la pègre tomberait avec cette alliance, offrant ainsi gloire et prestige au Ministre. Mais quand est-il de l'autre? Mais plutôt que de contredire Leopold Marchebank, il devait reconnaître ne pas disposer de solution miracle pour nettoyer la violence émergente des gangs. L'inertie était bien pire que les risques consentis avec cette stratégie d'alliance avec Roy Calder.

"Vous avez raison monsieur le ministre, nous avons trop longtemps laissé gangréner la situation. Il est sans doute utopique de pouvoir guérir le mal, avec des moyens disons, plus légaux. Mais avec cet individu à nos côtés, je crains que nous ne soyons dans l'obligation de plonger dans des eaux troubles. Il s'agit d'une réelle et dangereuse rupture avec notre ligne politique... "

C'est alors que le formidable orateur qui sommeillait en Roy Calder finit par atteindre le point culminant de son argumentation. Le trafiquant de la Voie des miracles s'adressa à chacun des membres réunis de la pièce secrète. Avec une méthode digne des plus grands politiciens, et choisissant soigneusement chacun de ses mots, il acheva de convaincre l'assemblée. Jacob ne pouvait que s'incliner devant le génie de cet homme qui ne cherchait qu'une chose, pouvoir gravir à son tour les échelons du pouvoir. En s'associant à ce charismatique vendeur de potions interdites, Mildred avait eu le nez creux : Roy Calder était un businessman hors-pair. Nul doute qu'il aurait pu faire passer un innocent Boursouf pour un dangereux dragon auprès de clients crédules, mais une question chiffonnait encore l'humeur du Directeur des Catastrophes magiques; Celle de savoir, où allait s'arrêter les ambitions de ce jeune loup aux dents longues? A l'image de son associée Mildred Magpie, il avait connus les relents du caniveau d'une basse situation sociale, et il ne faisait pas l'ombre d'un doute que l'ivresse des sommets allait faire bien plus que le séduire. Jacob craignait par-dessus tous les ambitieux qui ne partaient de rien pour aboutir aux hautes sphères du pouvoir. Ces derniers ne savaient jamais s'arrêter et se comportaient en dangereux boulimiques du pouvoir, cherchant toujours quelque chose à grignoter. Si Mildred pouvait être contenue par une vie de luxe; Quand était-il de ce Roy Calder? Une question épineuse qui ne semblait pas embarrasser le cercle réunit autour de la table. Le directeur des Catastrophes ne se permit pas l'outrecuidance de contredire l'argumentaire du trafiquant, qui brillait par son désir de transparence et de laisser les mains libres à Leopold Marchebank et sa clique. Jacob se tourna vers son ami et leader du Free.

" Bon. Je suppose que tout le monde s'est exprimé sur la question d'intégrer ou non Monsieur Calder dans notre cercle, et si vous n'y voyez aucun inconvénient, je pense que nous pouvons passer directement aux votes. Je demanderai donc à ceux qui veulent partager une telle alliance, de bien vouloir se donner la peine de lever la main... "

N'ayant aucune solution miracle à apporter, si ce n'est la violence et l'éradication de la vermine de Bristol, Jacob préféra tout de même s'abstenir de lever le bras. Roy Calder représentait une menace, et à force de jouer avec le feu depuis le Bloody Sunday, le risque de se bruler augmentait dangereusement. Mais au vue des mains qui se dressèrent autour de la table, dont celle du Ministre en personne, nul doute que le trafiquant avait réussi son opération séduction. Jacob se sentit bien seul, mais se refusa à émettre toute polémique à l'encontre de ce choix. Il avait exprimé son opinion, et il se pliait à l'exercice démocratique.

"Et bien, on dirait que notre cercle va s'agrandir. Félicitation et bienvenue dans votre nouvelle demeure monsieur Calder... "

Jacob Dalhiatus poussa un soupir alors que le FREE venait de franchir une nouvelle ligne dangereuse. Il jeta un petit regard inquiet à son ami, Leopold Marchebank, espérant que celui-ci soit tel un chat, apte à toujours savoir retomber sur ses pattes...

[Fin de RP]


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