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 La Dernière Volonté d'une Condamnée [Pv Sasha]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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28 Octobre 2008, Cellule 41 de la Prison d'Azkaban.

De ses longs ongles effilés, la prisonnière de la cellule quarante-un griffa la surface du mur humide, afin d'y laisser une énième petite encoche en guise de repère temporel. Ne point perdre la notion du temps était devenu l'une de ses priorités journalière, et un habile procédé pour conserver un semblant de contact avec le monde extérieur. De manière à entretenir sa mémoire, la Mardolienne récitait également un chapelet de nombre qui la ramenait systématiquement à des évènements ultérieurs de sa captivité ou à des vestiges de sa vie passée. Dans les ténèbres glacée de sa geôle, l'ancienne professeur trouvait un certain réconfort à se remémorer les différentes techniques de divination sur la base des nombres, comme si elle révisait pour un éventuel d'examen. L'alphabet de Tripoli, le nombre de réalisation, les probabilités, tout y passait. Fixant tristement la nouvelle entaille qu'elle venait de déposer sur son mur, Ana Sorden prenait conscience du caractère spécial de cette journée. S'adonnant à son exercice favori, elle se lança alors dans un monologue soliloque, dans lequel elle ne se privait pas de jongler avec ses chiffres tant aimés.

"Quarante-deux ans... Le vingt-huit... Vingt-huit octobre de l'année dix-neuf cent soixante six... Non... Deux-mille huit... Voila la date... L'année... Du moins le jour... Où une reine de beauté est née... Avec pour nombre d'expression, le Un... Le Un, chiffre témoignant du coté unique... Exceptionnel... Je suis unique... Quarante-deux ans et en paraitre mille... Prisonnière de la cellule quarante-un... Quarante-deux ans... Suite logique... Le quatre et le un... Les chiffres ne mentent jamais... Même dans la cellule quarante-un... Quarante-deux sera toujours un quatre suivi d'un deux... Quatre plus deux égale six... Pour renverser la malchance, il faut renverser le six... Six inversé fait neuf... Il me faut un neuf... Je veux un neuf... Donnez-moi un neuf!!! "

Plusieurs coups répétés vinrent alors heurter la porte de la cellule quarante-un, signe que le récital solitaire de l'arithmancienne commençait à sérieusement agacé son gardien.

"Mais, tu vas te taire vieille bique! Entre toi et le vieux fou, vous me donnez la migraine! Tu as déjà eu ta tambouille hier soir alors tu vas pas exiger d'avoir un œuf! Tu te crois où ma vieille? A l'hôtel? Tu te prends pour qui? "

Le nouveau surveillant était plus bavard que le précédent. Était-ce préférable pour l'orgueilleuse prisonnière blessée dans son narcissisme? Au demeurant non... et pourtant elle éprouvait une sorte de réconfort à disposer d'un interlocuteur de l'autre coté de sa porte de prison, plutôt que de devoir affronter le silence de cette dernière. C'était sans doute un novice, encore peu aguerrit aux règles strictes du métier. Il parlait beaucoup trop. Tel un serpent, Ana Sorden rampa vers la lourde porte faite de bois et de métal. Ses mains crochues en balayèrent la surface, tandis qu'elle plaquait son oreille sur celle-ci. Elle pouvait l'entendre respirer. Un souffle pesant et irrégulier, celui d'un homme qui a peur, et qui préférerait être au coté de sa femme plutôt que de d'avoir à faire le planton dans la prison d'Azkaban. Un souffle qui finira bien un jour par s'interrompre. Les chiffres comme la mort ne mentent jamais. Derrière sa porte, Ana Sorden se mit alors à murmurer une complainte langoureuse à l'intention de son gardien.

" Je me prends pour ce que je suis... Une ancienne reine de beauté qui n'aspire qu'à le redevenir... Avant tous les hommes étaient à mes pieds... Ils m'adulaient... Ils se seraient damnés pour une seule de mes caresses... Je pourrai t'offrir tout cela... Chaque jour de la semaine... Si tu m'apportes les bonnes potions... Je retrouverai ma beauté perdue... Je pourrai alors rendre ta garde si agréable, que tu en oublieras de revenir chez ta femme... " Un silence prodigieux régnait de l'autre coté de la porte, même si Ana Sorden se doutait bien qu'elle avait capté l'attention de son geôlier. Elle poursuivit sa tentative de séduction. "L'étreinte d'une femme... Satisfaire tes désirs... Tout cela doit tellement te manquer... Quel homme digne de ce nom pourrait rester des semaines entières sans obtenir un quelconque réconfort... Il se moque bien de ton confort de vie tes supérieurs... Je parie même que tu es payé une misère... Alors que si tu me procures certaines lotions de beauté... Tu n'imagines pas le plaisir que je pourrai te procurer... Toi, avec une reine de beauté automnale... Et personne n'en saura rien... N'est-ce point ce dont tu as toujours rêvé? "

Ana entendit les pieds du gardien glisser sur le sol, alors que celui-ci se retournait vers la porte de la cellule quarante-un. Il s'exprima alors d'un voix teintée d'une colère et d'une émotion bien particulière.

"Tu vas bien m'écouter vieille folle! Mon fils faisait partie de l'expédition en Laponie qui a faillit lui coûter la vie. Depuis ce jour, il a totalement perdu le sommeil, traumatisé pour le restant de ses jours par cet évènement! Sa vie ne sera plus la même par la faute d'une folle hystérique. Alors s'il y a une seule chose à laquelle j'aspire réellement, c'est de voir cette horrible bonne femme plonger pour de bon dans les flammes de l'Enfer. Ce jour-là, je déboucherai ma meilleure bouteille de Ragnarov pour boire à la santé de notre inestimable Ministre Marchebank, qui a eut le courage de rétablir la peine de mort pour débarrasser notre monde de pourriture de ton espèce! Ta date de péremption est déjà fixée pour le mois de Décembre, et tu peux me croire, je serai aux premières loges pour te voir crever! "

Le visage de la sorcière se liquéfia littéralement alors qu'elle apprenait cette horrible vérité, et le fait qu'elle allait être exécutée très prochainement. Sa voix s'étrangla, mais au prix d'un effort pathétique, elle réussit à hurler sa panique.


"Mais depuis quand??? Comment se fait-il que Fiennes n'est plus Ministre??? Pourquoi rétablir la peine de mort??? Je dois savoir!!! Je ne veux pas mourir ainsi!!! Je peux encore vous être utile!!! Je peux encore dénoncer d'autres Mardoliens!!! Prévenez-vite le bureau des Aurors!!! Me tuer serait une erreur!!! "

Mais toutes ces vaines suppliques n'eurent pour écho qu'un silence pesant qui renvoya directement l'arithmancienne aux propos cruels de l'Auror Meyer. Cette maudite garce avait raison, elle allait mourir seule, dans l'indifférence la plus totale, sans personne pour la pleurer. Elle serait jetée dans une fosse commune, aussi glaciale que déshumanisée. Juste un tas d'os usé, voila ce qu'elle deviendrait! Aucune fleur de jasmin ne viendrait fleurir sa tombe. Ana ne serait plus personne. Machinalement, l'ancienne Mardolienne porta ses mains à sa gorge comme si elle ressentait encore les stigmates de l'odieuse agression dont elle avait été l'objet. Ce jour-là, alors que l'Auror Meyer s'était acharnée sur elle; L'aritmancienne avait eu la désagréable impression que sa malédiction s'était retournée contre elle. La cruauté des paroles restait figée dans sa mémoire, sans qu'elle puisse s'en débarrasser. Certaines vérités peuvent parfois blesser aussi profondément que le plus puissant des sortilèges Endoloris. Ana Sorden en avait eu la preuve avec l'ignoble Auror...

Bien que Charlotte Meyer est outrepassée ses droits : Aucune des plaintes de l'ancienne mardolienne ne fut entendue, comme si tout le monde se fichait éperdument de son sort. Certains devaient même s'en réjouir. En ce vingt-huit Octobre, jour de son anniversaire, Ana Sorden venait de perdre tout espoir. Quel plus beau cadeau que celui de savoir le jour de mort! Au moins, elle n'aurait plus à supporter le châtiment d'avoir à supporter cette enveloppe charnelle toute fripée! Car se voir vieillir et mourir à petit feu était la pire chose qui soit. Au final, cette condamnation pouvait se percevoir comme une délivrance. Mais alors pourquoi était-elle encore triste? Qu'est-ce qui la faisait souffrir davantage que l'idée de perdre sa beauté? Pourquoi n'éprouvait-elle aucune forme de réconfort à l'idée de quitter ce monde pavé d'injustice et de souffrance? Ana se replia dans un recoin obscur de sa cellule, s'asseyant à même le sol, alors qu'elle tentait de comprendre ce mystère. Elle demeura ainsi de longues heures, restant prostrée, ses mains encerclant ses vieux genoux cagneux. Alors qu'elle n'entrevoyait aucune réponse, la porte de sa cellule finit par grincer sur ses gonds, inondant la pièce de lumière. Ana se protégea les yeux de sa main flétrie, tandis que son gardien pénétrait dans la cellule. Baguette brandie, ce dernier lança rapidement un sortilège sur une chaine qui pendait sur l'un des murs. Un anneau métallique vint alors encercler la cheville de la prisonnière, lui empêchant de se mouvoir librement dans l'espace de sa cage de pierre. L'odieux gardien la fixa prudemment puis lui déclara d'une voix monocorde.

"Sorden! Il semblerait que certain daigne encore s'intéresser à ton sort. Tu as de la visite... "

Le surveillant de la prison magique se retourna alors vers la porte d'entrée de la cellule puis déclara sans une once d'amabilité.

"Jeune fille! Vous devez respecter les consignes de sécurité à la lettre, et tout se passera bien. Je me trouverai de l'autre coté de la porte et j'interviendrai au moindre signe d'alerte. N'oubliez pas! Toujours rester à plus de deux mètres, surtout ne rien lui donner, et éviter de lui donner des informations qui puissent vous atteindre de quelque manière qui soit. Est-ce clair? " Le garde resta un instant à fixe l'embrasure éclairée de la porte. Puis il annonça : "Vous avez une demi-heure, et pas une seconde de plus! "

Il disparut alors dans la lumière extérieure, pour laisser se matérialiser une silhouette à contrejour. Plissant son regard, Ana finit par distinguer peu à peu qui venait lui rendre visite. C'est alors qu'elle réalisa...
Tout à coup, elle obtenue une réponse limpide à toute les questions qui la tiraillaient au fur et à mesure que les traits de sa visiteuse se matérialisaient devant elle. Emportée rapidement par une vive émotion, la prisonnière laissa alors sa main osseuse venir recouvrir sa bouche ouverte pour masquer l'émerveillement qui s'emparait de son âme entière. Tout espoir n'était point perdu! Les miracles étaient encore possible, même dans la plus obscure geôle d'Azkaban! N'en déplaise à Charlotte Meyer, il y avait bien une personne qui se souciait encore d'elle et qui répondait à sa détresse. Ana balaya ses doutes, tandis qu'un espoir salvateur venait illuminer les ténèbres de sa captivité : Quelqu'un dans ce triste monde l'aimait et l'admirait encore. Un petit ange qui avait déclaré autrefois à l'orée de Poudlard, vouloir lui ressembler, et devenir un jour tout aussi admirable que son modèle! Le regard clair de l'arithmancienne fut troublé par les larmes, alors qu'elle réalisait que sa petite protégée avait répondu à sa lettre. Il s'agissait sans doute de la dernière requête accordée à une condamnée à mort, comme quoi ses suppliques avait été quelque peu entendue. Une dernière offrande qui lui était offerte après avoir livré Alcyd Mardol à la justice, et à laquelle Ana désirait ardemment profiter. Car se sentir aimée, admirée, lui enlevait ses craintes et la peur de mourir. Elle finit par murmurer doucement en guise de bienvenue.

"Tu es venue... Ma petite Colombe... "

Le cœur de l'arithmancienne bâtait à tout rompre alors qu'elle ne trouvait pas les mots pour exprimer toute l'étendue de son bonheur. Elle ne pouvait détacher son regard de celle qu'elle considérait comme la fille qu'elle n'avait jamais eue. Avec les années, elle avait gagner en beauté et en féminité, et Ana éprouva alors une certaine gêne à l'idée de se savoir si enlaidit. Mais elle balaya très vite cette pensée, tant la venue de Sasha Benson représentait un rêve inespéré dans ce monde de cauchemars. Jamais, elle n'avait eu plus beau cadeau pour son anniversaire...


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha tendit sa baguette à l'agent de sécurité qui la lui avait réclamée d'une voix dure tandis que son collègue fouillait son sac. Elle l'entendit marmonner quelque chose à propos du fait qu'une prison n'était pas un endroit pour une gamine, que c'était n'importe quoi et qu'ils ne devraient pas la laisser voir cette vieille folle, mais conserva son sourire aimable de petite-fille bien élevée. Elle avait peut-être treize ans mais elle n'était plus une enfant, et elle détestait qu'on la traite comme telle. Personne ne s'était soucié de son âge quand on avait effacé la mémoire de son père, pourquoi s'en préoccupaient-ils soudainement ?

L'adolescente suivit l'un des gardiens dans un long couloir sombre, sans rien montrer du trouble qui l'agitait. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle était venue cherche ici, ni même ce qu'elle ressentait à l'égard d'Ana Sorden, cette femme qu'elle avait tant admirée, quelques années plus tôt. Elle l'avait détesté, pendant un temps, après son arrestation. Elle lui en avait voulu de l'abandonner après lui avoir fait tant de promesses, elle lui en avait voulu de l'avoir tenue à l'écart de ses plans, de lui avoir caché tant de choses. La rancœur s'était un peu adoucie avec le temps, mais elle restait sur ses gardes. Elle se rappelait trop bien de ce sentiment d'avoir été dupée, manipulée comme une marionnette, et elle ne retomberait pas dans les filets de l'arithmancienne.

Savoir qu'Ana était condamnée à mort avait provoqué en elle une foule d'émotions contradictoires, mais le sentiment d’urgence prédominait. Leur histoire n'était pas terminée, et elle ne se terminerait pas comme ça. Elles avaient des choses à se dire, des choses que Sasha avait besoin d'entendre pour pouvoir faire son deuil, et passer à autre chose. L'époque où elle avait besoin d'un modèle et où elle se laissait embrigader par quiconque prétendant avoir les mêmes idées qu'elle était révolue. Elle avait passé l'âge de faire confiance. Tous ceux en qui elle avait placé un peu d'espoir l'avaient déçu. Elle avait retenu la leçon.

Tout le pays détestait Ana Sorden parce qu'elle avait fait des choses horribles. Elle avait tué, elle avait menti, elle avait mis la vie des dizaines d'élèves en danger...Et Sasha était persuadée qu'elle avait sans doute fait pire encore, pourtant elle ne la détestait pas. Elle éprouvait un étrange mélange de curiosité et de rancœur, et avançait dans ce couloir avec le sentiment qu'elle avait quelque chose à terminer. Elle s'était séparée de son mentor sur des mensonges inexpliqués et elle voulait régler cette histoire. Elle méritait des explications. Elle voulait croire que c’était l’unique raison qui l’avait poussé à répondre à la lettre de l’arithmancienne.

Un gémissement désespéré s'éleva d'une des cellules et Sasha prit sur elle pour ne pas revenir en arrière en courant. Elle avait l'impression que plus elle avançait, plus il faisait sombre. Les murs épais et humides semblaient l'écraser alors que le couloir se rétrécissait, il faisait froid et des bruits inquiétants provenaient des différentes cellules. Elle frissonna, s'attirant un regard dédaigneux du gardien qui marchait devant elle. Fermant les yeux une seconde, elle s'efforça de faire abstraction de l'endroit où elle se trouvait, de ne pas penser à toutes ces personnes qui croupissaient derrière des barreaux, et de se concentrer sur les raisons pour lesquelles elle était là.

Le gardien s'arrêta devant la cellule quarante-et-un, expliqua brièvement à son collègue que la "petite" était là pour rendre visite à Ana Sorden, puis disparut sans adresser un mot à Sasha. Son collègue ne se montra pas plus aimable et lui accorda tout juste un regard. En l'entendant s'adresser directement à Ana, Sasha sentit son pouls accélérer un peu alors que son ventre se nouait. Elle qui était décidée à ne pas se laisser manipuler par l'arithmancienne et à se détacher de son emprise, réalisait soudainement à quel point cette entrevue l'effrayait. Ana restait une femme en qui elle avait placé une confiance aveugle, en qui elle avait cru, et pour qui elle aurait fait n'importe quoi. Elle avait peur de ne pas avoir changé autant qu'elle le prétendait. Ana Sorden était son talon d'Achille, et elle craignait de refaire les mêmes erreurs.

Elle entendit à peine les consignes du gardien. Les yeux rivés sur la porte de la cellule, elle tentait de garder son calme et de ne montrer aucun signe de son angoisse. Elle regarda sans le voir le gardien entrer dans la geôle, pour en ressortir un instant plus tard, lui laissant la voix libre. La jeune fille inspira profondément et s'avança prudemment dans la cellule. Ses yeux clairs se posèrent alors sur une vieille femme, prostrée dans un coin de la pièce, sa main fripée levée pour protéger son visage hideux de la lumière. Ana Sorden.

Voir l'ancienne reine de beauté automnale, qu'elle trouvait si élégante et impressionnante autrefois, transformée en une vieille loque en haillons plongea Sasha dans un mélange de dégoût et de fascination. Ana Sorden s'était servi d'elle, elle s'était attiré sa confiance par des mensonges, et l'avait abandonné sans explications, sans repères. Sasha s'était sentie trahie, perdue, mais aujourd'hui elle se tenait debout, alors que son modèle déchu était réduite à ramper sur le sol. Elle s'était relevée, elle avait fait son chemin, et elle en avait encore beaucoup à parcourir. Mais Ana Sorden était finie. Et cette idée la rendait à la fois un peu triste, et étrangement satisfaite.

Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de la jeune fille quand l'arithmancienne l'appela par le surnom qu'elle lui donnait autrefois. Elle n'était plus sa petite colombe. Elle avait appris à voler de ses propres ailes, et elle ne se ferait pas remettre en cage.

"Je suis venue, reprit-elle d'une voix neutre en s'avançant d'un pas, restant à distance raisonnable de la prisonnière, qui l’effrayait un peu. J'ai des questions."

Le visage fermé, les traits durs, Sasha baissa les yeux sur Ana Sorden, sans ressentir une once de compassion pour l'arithmancienne, tout juste quelques vestiges d'une affection qu'elle s'était forcée à oublier. Un instant plus tôt elle craignait encore de ne pas être assez forte face aux paroles de son ancien mentor, face à ses mensonges et à sa ruse. Elle avait eu peur de voir son admiration pour Ana ressurgir lorsqu'elle se retrouverait face à elle. Elle réalisait maintenant que cela n'arrivera pas. Elle avait grandi, et la seule chose qu'elle attendait désormais de la part d'Ana Sorden était des explications.

"Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? commença-t-elle d'une voix forte, lourde de rancœur. Vous disiez que j'étais celle que vous cherchiez, que vous m'aideriez, que j'avais de grandes choses à accomplir. Je vous faisais confiance ! cracha-t-elle alors que sa voix montait dans les aigus. J'aurais fait n'importe quoi pour vous, pour que vous soyez fière de moi. Mais vous n'étiez pas une chasseuse de tête envoyée par le ministère, vous étiez une Mardolienne. J'aurais pu comprendre, reprit-elle, plus calmement. J'aurais pu vous aider, mais vous ne m'avez rien dit. Je vous ai suivi en aveugle sans savoir quelles étaient vos réelles intentions et sans savoir ce que vous étiez prête à faire pour arriver à vos fins... Elle se souvenait encore de ce qu'elle avait ressenti en apprenant la vérité, elle qui pensait avoir une relation privilégiée avec l'arithmancienne. Je ne vous aurais jamais trahi, reprit-elle en cherchant à accrocher le regard de la prisonnière. Mais vous m'avez abandonnée...Elle laissa passer un court instant de silence avant de poser la question qui l'avait réellement amenée ici. Pourquoi ?"

Pourquoi ne lui avait-elle pas fait confiance, et pourquoi voulait-elle la voir aujourd'hui ?




Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Durant sa captivité, le temps s'était chargé de transformer sa petite colombe. Désormais, celle-ci semblait apte à voler de ses propres ailes, tant physiquement, elle n'avait plus rien à voir avec la jeune fille innocente que l'arithmancienne avait connu. Sa silhouette déjà aussi gracieuse que élancée, ses traits de visage fins et élégants : tout cela laissaient présager la naissance d'une beauté qui supplanterait sans conteste celle que possédait jadis l'ancienne professeur. Ana éprouva un pincement au cœur à l'idée d'avoir manqué l'épanouissement de sa petite protégée. Que devenait-elle? Comment se passait sa scolarité? Avait-elle un amoureux? Autant de questions que pourrait poser une mère à sa fille, mais que la jeune Sasha semblait vouloir éluder, afin d'en venir directement à l'essentiel. Un souffle glacial balaya même la cellule quarante-un, quand la jeune visiteuse oublia les règles de bienséance pour annoncer d'une voix sans émotion qu'elle avait des questions à poser à celle qui fut son mentor. Etrangement, sa formulation prenait la forme d'une exigence non négociable. Ana arqua un sourcil interrogateur tandis qu'elle découvrait une nouvelle Sasha, si différente de la petite fille douce et obéissante qu'elle fréquentait autrefois. Mais l'arithmancienne s'en formalisa très rapidement, tant il paraissait normal que sa jeune protégée s'interroge suite à son arrestation. C'est d'une voix douce, qu'elle l'incita à lever les doutes qui ternissaient leurs retrouvailles.

"Je t'en prie mon ange... C'est parfaitement compréhensible que tu t'interroges, surtout suite aux évènements qui nous ont malencontreusement séparés l'une de l'autre. Poses tes questions, et je te répondrai en toute honnêteté... "

Comme si les rôles s'étaient inter-changés depuis leur première rencontre; Ana fut contrainte de lever les yeux sur sa jeune protégée qui semblait vouloir rompre le cordon et s'émanciper de son ancienne modèle. Le sourire conciliant de la sorcière américaine parut bien pale, en comparaison du regard lourd de reproche qui s'abattait sur elle. Sasha ne tarda pas à libérer une colère légitime trop longtemps contenue, dans laquelle s'entremêlait incompréhension et déception. La petite marionnette venait enfin de briser les fils qui obstruaient jadis sa liberté, pour se retourner contre la marionnettiste. Elle exigeait des explications. Ana Sorden baissa les yeux, incapable d'affronter plus longtemps le regard sévère de celle qui fut son élève. Si elle avait imaginé retrouver sa petite colombe docile, il n'en était rien. La mardolienne lui devait la vérité. Saisie par la culpabilité, Ana se mordilla ses lèvres sèches, tandis que ses yeux laissaient transparaitre une réelle tristesse. D'une voix nouée par l'émotion, elle se lança dans des explications.

"Tu penses vraiment que je t'ai abandonnée? Que j'ai trahie ta confiance? Je suis sincèrement désolée que tu perçoives les choses ainsi, mais sache que cela n'a jamais été le cas. Sur ma vie, je jure que je t'ai toujours soutenue, et ce quel que soit les épreuves que j'ai pu traverser... "

Ana Sorden laissa glisser sa main flétrie sur ses paupières, afin d'en extirper le témoignage d'une trop grande émotion.

"Oui, quelque part je t'ai menti. Mais c'était pour te préserver et assurer ta sécurité. Car tout te dire aurait été une monstrueuse erreur qui aurait pu te coûter la vie! Saches que lorsqu'ils sont érigés dans un but protecteur, les mensonges valent souvent mieux que n'importe laquelle des vérités. Mais désormais, je pense que tu es prête à affronter cette dure réalité dont je me suis évertuée de te préserver... "

Le regard de la sorcière de Salem se figea alors tristement sur un mur de sa cellule. Puis elle se décida à ouvrir la cage de sa douce colombe, pour qu'elle puisse s'envoler vers la lumière de la vérité.

"Bien que étroitement liée au MIM et aux hautes sphères politiques, j'étais bel et bien une Mardolienne en mission. On m'a envoyé à Poudlard, dans le but de prendre le contrôle de l'école, afin de préparer les consciences des jeunes élèves à accepter la fin du secret magique. J'avoue avoir commis des crimes odieux et je comprends que tu puisses me blamer pour ceux-ci. Mais tu dois savoir que toute grande cause nécessite parfois des sacrifices. Je répondais aux ordres d'Alcyd Mardol, et il m'aurait tué en cas de refus. De plus, j'étais aveuglée par mon devoir et le désir de libérer notre monde de cet ignoble secret magique. Je pensais pouvoir le faire par le biais des mardoliens, et c'est là qu'un magnifique grain de sable est venu enraillée toutes mes certitudes... Ce grain de sable, c'est toi, ma douce colombe... "

Ana Sorden délivra alors un sourire empreint d'amour et quelque peu jaunit par sa trop longue captivité.

"Bien avant notre rencontre, je te connaissais et savais ce que tu représentais! J'ai été élevé à Salem par une grande prédicatrice du nom de Christabella Morrow, qui m'a enseignée bon nombre de prophéties et dont j'ai hérité des facultés magiques. En effet, je suis éclairée par un don de voyance qui s'est révélé jusqu'alors infaillible. Sasha, comme les chiffres, mes visions ne mentent jamais. Que tu le veuilles ou non, tu es promise à une grande destinée. Tu seras celle par qui le secret magique se brisera! Quant à moi, je dois te guider dans l'accomplissement de cette noble entreprise, un peu comme le ferait une mère... "

Aux dires de Christabella Morrow, longtemps l'arithmancienne avait pensé être l'héroïne principale de cette noble prophétie, qui prônait la chute des frontières entre monde moldu et magique. Mais ce rêve de grandeur solitaire s'était étiolé au fur et à mesure de ses propres visions, où Ana se voyait régulièrement voler la vedette par la ravissante Sasha. Comment devait-elle le prendre? L'ancienne mardolienne ne cherchait guère d'explication, tant elle se sentait encore supérieure à sa jeune protégée. Sa petite colombe avait besoin de ses services et encore tant de chose à apprendre. Les mains de l'arithmancienne se tordirent fébrilement quand elle entama la partie la plus sombre de ses révélations.

"C'est au vue de cette prophétie que j'ai tenté de convaincre en secret, le leader des mardoliens, ainsi que bon nombre de politiciens convaincu par la nécessité de faire tomber le secret magique. J'ai prôné avec conviction que tu représentais l'unique solution à tous nos problèmes. Je voulais réellement t'aiguiller vers les hautes sphères du pouvoir. Avec du recul, j'avoue qu'il s'agissait d'une erreur. C'était prématuré, ils n'étaient pas prêts à me croire. Ils ne voyaient en toi que l'enfant, et non la destinée qui t'était promise. Je suis devenue une menace, jugée trop instable et dangereuse pour la cause mardolienne. Ils m'ont alors tendu un piège afin de précipiter ma chute. Honteusement trahie par mon propre camp. Par la suite, lors de mon procès et mon emprisonnement, j'ai subi d'énorme pression, visant à me faire craquer et révéler si oui ou non, je t'avais mentionné certains non-dits concernant les dessous de la politique et les mardoliens. Jamais, tu m'entends jamais je n'aurai trahie ta confiance! Même lorsqu'ils m'ont privé de ma beauté et torturé dans l'ombre de cette cellule, j'ai souffert le martyr en silence. Tu comprends mieux pourquoi je t'ai caché la vérité? Pourquoi je cherche à te protèger ? Tu voulais la vérité ? Et bien sache que j'ai agi ainsi, parce que je t'aime comme si tu étais ma propre fille! "

L'arithmancienne se recroquevilla alors sur elle-même, tandis que ses épaules étaient secouées par de longs sanglots. Elle se serait damnée pour une étreinte, un simple geste d'affection, ou encore un mot tendre de la part de Sasha. Bien que cruelle et manipulatrice, Ana Sorden ne dérogeait pas une volonté qui régissait l'humanité : Celle que toute personne, aussi vile soit-elle, cherche à trouver quelque part une once d'amour...


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Les traits du visage de Sasha s'adoucirent légèrement lorsqu'Ana, après avoir avoué lui avoir menti, assura qu'elle était désormais prête pour entendre la vérité. L'arithmancienne avait raison, elle l'était. Et elle considérait l'être depuis déjà longtemps. Elle était persuadée qu'à l'époque où la mardolienne avait cherché à la protéger en lui cachant la vérité, elle aurait parfaitement pu la supporter, mais elle ne dit rien. Elle était venue chercher des réponses, elle n'allait pas se priver d'une chance de les avoir en revenant sur des erreurs passées.

- Je vous écoute.

Sa voix avait perdu son ton glacial, mais elle restait distante. Sur ses gardes, Sasha écoutait la prisonnière tout en épiant attentivement le moindre de ses gestes, cherchant la moindre faille dans son masque de tristesse, la moindre fausse note dans son sourire aimant. Elle savait déjà tout ce que l'arithmancienne lui révélait : qu'elle était une Mardolienne, qu'elle avait commis des crimes odieux. Elle lisait la Gazette, elle était au courant.

Son agacement laissa rapidement place à une réelle curiosité quand Ana Sorden revint sur un sujet qu'elles avaient déjà évoquées ensembles, à savoir la soi-disant destinée qui attendait Sasha. Après l'arrestation de son enseignante préféré, la jeune fille avait rangé toutes les révélations qu'elle avait pu lui faire dans un coin de sa tête, préférant les oublier dans la mesure où il s'agissait très certainement de mensonges. Et voilà qu'ils refaisaient surface. Sasha ne pouvait pas se mentir, elle aimait ce qu'elle entendait. Elle rêvait de grandeur et de gloire depuis toujours et, de façon plus récente, elle rêvait de la fin du secret magique. Et Ana lui offrait tout ça sur un plateau d'argent, ou presque. Elle ne demandait qu'à la saisir, cette destinée incroyable, mais comment ?

La jeune fille redoubla d'attention alors qu'Ana Sorden lui révélait enfin une part de la vérité qu'elle avait ignoré jusqu'alors. Elle fronça les sourcils en entendant la mardolienne lui expliquer qu'elle avait essayé de convaincre les autres de l'importance du rôle que Sasha était censée jouer. Elle avait raison sur un point : c'était une erreur. Ana Sorden avait été trahie par son propre-camp, elle n'était plus rien qu'une Mardolienne déchue, et elle avait entrainé Sasha dans sa chute. Que pourrait-elle bien devenir maintenant qu'elle n'était plus que cette gamine dont une vieille folle leur avait tant parlé ? Sasha se sentit envahie par un sentiment de colère à l'encontre de son ancien mentor. Elle avait placé en elle tant d'espoirs, elle avait cru qu'elle pourrait l'aider, qu'ensembles elles feraient de grandes choses, mais Ana Sorden ne lui avait que compliqué la tâche en la tirant vers le bas. Et elle lui en voulait terriblement.

Le cœur de la Serpentard fut néanmoins touché par les paroles de l'arithmancienne, qu'elle voulait croire sincères. Elle ne l'avait pas trahie, elle l'avait protégée comme une mère l'aurait fait avec sa fille. Sasha avait perdu un parent, et il y avait encore en elle une petite fille qui ne cherchait qu'à retrouver cet amour parental qui lui manquait. Renonçant à la délicieuse sensation qu'était celle de pouvoir dominer son ancien mentor de toute sa hauteur, Sasha s'accroupit pour se placer au niveau d'Ana. Elle tendit une main, prête à la poser sur son épaule, mais se rétracta. A quoi bon ? A quoi bon espérer à nouveau, à quoi bon s'attacher, à quoi bon parler d'avenir ? Ana Sorden était condamnée à mort. Et Sasha ne voulait pas se construire de nouveaux repères si c'était pour les perdre quelques semaines plus tard. Égoïstement, elle voulait s'épargner cette souffrance.

La Serpentard était tiraillée entre des sentiments contradictoires. Une part d'elle ne demandait qu'à croire tout ce qu'Ana lui disait, parce que c'était facile, et parce que c'était beau, cette histoire de grande destinée et de prophétie. C'était rassurant, de se laisser guidée et encouragée. Mais une autre partie d'elle lui répondait qu'elle n'avait pas besoin de l'aide d'une mardolienne condamnée et détestée de tous, et qu'elle avait passé l'âge de croire aux histoires pour enfants. Ana Sorden était finie, elle ne devait pas s'attacher à elle. Elle ne coulerait pas avec le navire.

Mais tout ça l'arithmancienne le savait, alors pourquoi la faire venir ici ? Pourquoi lui révéler finalement la vérité ? Pour partir la conscience tranquille ? Ou pour lui demander un ultime service ? Cette deuxième option ressemblait bien plus à la sorcière que Sasha avait connu.

- Je vous crois, dit-elle finalement, d'une voix qui s'était adoucie. Posant finalement sa main sur le bras flétrie de son ancienne enseignante, la jeune fille chercha à accrocher son regard, plantant ses prunelles claires dans les siennes. Je ne vous en veux pas. Pas un tremblement dans sa voix, pas une trace d'hésitation dans son regard. Pourtant elle mentait. Mais rassurer l'arithmancienne était la meilleure façon de lui extirper davantage de révélations. Vous m'avez manqué, ajouta-t-elle d'une voix chargée d'émotions, réelles cette fois-ci.

C'était vrai, Ana Sorden lui avait manqué, et lui manquait toujours, parce qu'elle ne la retrouvait en rien dans cette prisonnière en haillons qui lui faisait face. Elle regrettait l'ancienne Ana, celle qui rêvait en grand, celle qui avait des plans, celle avec qui elle avait le sentiment qu'elles pouvaient accomplir quelque chose. Et l'heure était venue de voir s'il restait quelque chose de la volonté et des ressources de l'ancienne Ana Sorden :

- Pourquoi m'avoir fait venir aujourd'hui ?



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Au doux touché de la main de Sasha venant se poser sur sa main flétrie, l'arithmancienne comprit que le temps et Azkaban n'avaient point réussit à effacer les anciennes connexions qui reliaient jadis l'élève et son modèle. Ana Sorden sentit une onde de chaleur salvatrice parcourir son corps glacé depuis trop longtemps par l'isolement et la captivité. Telle une vague venant effacer les vieilles rancunes retranscrites sur le sable, la jeune Serpentard accordait finalement son pardon, et de quoi redonner espoir à la future condamnée. Un sourire chargé d'émotion éclaira quelque peu le visage émacié de l'ancienne mardolienne quand sa petite colombe lui révéla enfin à quel point elle lui avait manqué. Touchée par cette marque d'affection, Ana Sorden délivra une caresse empreinte de reconnaissance sur la joue de celle qu'elle considérait comme sa propre fille. Cette dernière lui insufflait à nouveau l'énergie qui lui faisait tant défaut depuis la dernière visite de cette maudite Charlotte Meyer. Par ses propos virulents, l'Auror aussi fourbe que malintentionnée avait réussi à briser le bouclier de confiance de l'arithmancienne; En osant lui faire croire notamment qu'elle n'était promise à aucune forme d'avenir, et qu'elle finirait par pourrir dans une fosse commune comme une vulgaire anonyme. Mais n'en déplaise à celle-ci, Ana Sorden n'était pas finie! Bien au contraire, grâce à sasha Benson, un nouveau chapitre de son histoire venait de s'ouvrir...    

Tel un remède au mal, et par ces quelques mots, la petite fille venait de la réveiller! Sans le savoir, en soufflant sur les braises endormies de son égo, la serpentard redonnait vie à l'une des plus dangereuses sociopathes ayant jamais foulée le sol du Monde Magique. Car la sorcière de Salem puisait sa force dans l'admiration et l'estime que nourrissaient les autres à son égard. Plus qu'une règle élémentaire, il s'agissait véritablement d'une question de survie! Elle aimait par-dessus tout se sentir admirée, enviée et jalousée. Aussi égoïste que narcissique, Ana ne pouvait accepter l'idée de se faire supplanter. Comme un besoin maladif, elle se berçait dans la certitude d'être promise à une grande destinée, que rien ni personne ne pourrait contrecarrer. Lors de sa captivité, la fleur de Jasmin s'était quelques peu desséchée, la visite de l'Auror Meyer étant l'apogée de son calvaire; Mais voilà, quelques gouttes d'eau suffisaient à lui redonner de sa verdure synonyme d'espoir. Le temps d'une caresse, la main fripée de l'arithmancienne dériva de la joue de sa protégée pour glisser affectueusement le long de sa chevelure.

"Toi aussi, tu m'as manquée ma douce colombe... J'imagine comme cela à dû être pénible pour toi de devoir vivre sans moi! Mais par Merlin comme tu as grandis! Tu es devenue une belle jeune femme! Assurément, une future reine de beauté... "

L'espace d'une seconde, Ana Sorden fut submergée par une violente vague d'amertume, en découvrant à quel point sa jeune protégée était devenue belle et attirante. L'ancienne reine de beauté se surprit même à l'envier, tandis qu'une forme de jalousie malsaine s'immisçait en elle. Car contrairement à la sorcière de Salem, les plus belles années de Sasha étaient devant elle. Un torrent de nostalgie envahit l'arithmancienne, alors qu'elle se remémorait ses jeunes années à Salem, du temps où elle avait l'âge de Sasha. A cette époque bénie, Ana Sorden avait déjà pris conscience de la pleine mesure de son pouvoir de séduction. Fuyant la vigilance stricte de son école pour sorcières, elle se plaisait à jouer de ses charmes auprès des beaux mâles de l'Institut Magique limitrophe. Quel plaisir jubilatoire elle éprouvait alors, à l'idée de faire plier des hommes plus âgés et transis d'amour. Ana adorait se dérober au moment cruel où l'homme ne pouvait se soustraire à son désir. Quel divertissement que de voir alors des hommes ramper à ses pieds, tels de vulgaires lombrics! Sa jeune protégée s'amusait-elle de la sorte? Avait-elle conscience de son pouvoir de séduction? Mais ce n'était pas pour répondre à ce genre de question que Sasha avait franchi les portes de la prison d'Azkaban; La jeune Serpentard n'avait qu'une idée fixe, celle de connaître enfin les véritables intentions de l'arithmancienne. Cette question balaya les idées noires qui entravaient l'esprit d'Ana Sorden.

"Tu veux savoir pourquoi je t'ai faite venir dans cette prison si lugubre? C'est très simple ma belle : Je voulais m'assurer d'une part que tu places encore ta confiance en moi, et également te réitérer ma promesse qui est celle de faire de toi la sorcière la plus puissante de ce Monde Magique... " Ana Sorden marqua un temps d'arrêt, cherchant à décrypter le sentiment que faisait naitre cette déclaration ahurissante chez sa protégée. "Que se passe-t-il ma colombe? Tu mets en doute ma parole? Du réel pouvoir des prophéties? "

En signe de consternation, les pupilles de l'arithmancienne roulèrent dans leurs orbites. Le torse droit, elle croisa ses bras sur sa poitrine, retrouvant quelque peu de sa superbe et de son dédain glacial d'autrefois. D'une voix calme et posée, elle se décida à évoquer sa situation, et le couperet qui planait au-dessus de sa tête.

"Oh, je vois. Tu as entendu parler de la condamnation qui plane au-dessus de ma tête, et de cette funeste date du vingt-trois Novembre à laquelle je devrai en toute logique passer de la vie à trépas. J'imagine que la Presse doit en faire ses gros titres. Pfffffff! Tout ceci n'est que pure idiotie! "

Ana plaqua alors délicatement ses mains sur les épaule de sa disciple, avant de poser sur elle un regard empreint de détermination et de mystère.

" Je tiens à te rassurer, sache que rien de tout cela ne se produira! Je n'ai aucun doute là-dessus! Ma destinée est bien trop grande pour les pauvres murs de cette prison, et ce n'est pas cette ridicule menace d'exécution qui va tendre à m'effrayer. Rien de ce que j'ai lu dans les prophéties me concernant, ne me prédis un destin aussi... pathétique. Au contraire, cette date du vingt-trois Novembre sera le signe de mon renouveau et que tout redeviendra comme avant. Je redeviendrai la sorcière belle et puissante que tu as tant admiré fut un temps. Ma libération sera la preuve vivante que ce que je te dis n'est pas pure fantaisie mais bien réel! Dès lors, rien ne pourra plus s'opposer à notre marche en avant! Le Monde Magique nous appartiendra! N'est-ce point ce dont tu as toujours secrètement rêvé ma douce colombe?  "

Jadis, dans la grotte de la sorcière Soraya Malflame, Ana Sorden avait entrevu dans les flammes une vision nette et précise, de ce qu'il adviendrait d'elle et de la menace qui planait sur sa mort. Rien dans Azkaban et sa condamnation n'allait dans le sens de cette horrible prédiction, de quoi la pousser à un élan d'optimisme. Plus qu'une exécution sommaire, la sorcière pressentait un coup de théâtre salvateur, et un parfum de liberté émaner ce rendez-vous fatidique avec ses bourreaux. Etait-ce le fruit d'une folie illuminée? Ou la certitude que les prophéties comme les chiffres ne mentaient jamais?


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Sasha frissonna quand la main glacée d'Ana Sorden vint se poser sur sa joue, luttant contre l'envie de se laisser convaincre par ses paroles. Elle avait tellement envie de se laisser envouter, de croire à toutes ses promesses, et de se laisser conter l'incroyable futur qu'elle lui prédisait. Mais elle ne devait pas. Parce que la sorcière de Salem ne pourrait pas tenir ses engagements, même avec toute la bonne volonté du monde. Elle ne pouvait plus rien pour elle, Sasha refusait de se lier à nouveau à quelqu'un qu'elle finirait pas perdre. Si Ana rêvait encore d'un futur grandiose où elles domineraient ensembles le monde magique c'était que les barreaux de sa cellule avaient eu raison de son esprit. C'est avec un voile de tristesse sur les yeux que la jeune fille releva le regard vers l'arithmancienne quand celle-ci assura qu'elle ferait d'elle la plus grande sorcière du monde magique.

"Comment...?" souffla-t-elle finalement.

Comment l'arithmancienne se proposait-elle de lui offrir un tel destin alors qu'elle était condamnée à mort ? Ne se rendait-elle pas compte que c'était la fin ? Ceci était une conversation d'adieux, pas une nouvelle conspiration. Sasha avait appris de ses erreurs, elle ne se laisserait pas avoir par des promesses irréalistes. Si Ana Sorden n'avait plus rien de concret à lui offrir, alors elle se passerait d'elle. Elle se débrouillerait toute seule. Tous ceux sur qui elle avait compté l'avait abandonné, elle commençait à avoir l'habitude. Elle s'en sortirait, elle travaillerait dur, elle n'abandonnerait jamais. Elle accomplirait de grandes-choses, elle se le promettait, mais pour cela elle devait arrêter de s'appuyer sur les mauvaises personnes.

La question de la jeune fille semblait toutefois avoir réveillé l'arrogance et la détermination de l'arithmancienne, qui sembla soudain retrouver un peu de sa superbe, comme si les murs d'Azkaban perdaient peu à peu leur emprise sur elle. Sasha regarda la sorcière se redresser avec un mélange d'admiration et de crainte. Un sourire se dessina malgré elle sur ses lèvres quand la prisonnière assura que ce n'était pas une menace d'exécution qui allait l'arrêter. Ana Sorden était de retour, et Sasha se sentait retomber doucement dans ses filets. C'était si bon, de retrouver cette femme qu'elle avait tant admiré, qui venait raviver ses anciens rêves d'enfants en soufflant sur leurs braises. Oui, c'était tout ce dont elle avait rêvé. Le pouvoir, l'importance, la notoriété, c'était tout ce qu'elle avait toujours voulu, et tout ce qu'elle recherchait encore aujourd'hui.

Mais elle ne se laissait plus acheter par des rêves aujourd'hui. Elle n'était plus une enfant et il faudrait plus que de belles promesses pour qu'elle accepte de collaborer avec la Mardolienne. Elle était prête à le faire, mais seulement si cela en valait la chandelle. Elle était prête à fermer les yeux sur les crimes, à essayer de les comprendre, elle était prête à l'aider à échapper à sa condamnation, prête à enfreindre la loi s'il le fallait, mais uniquement si elle obtenait en retour quelque chose qui en valait la peine. Quelque chose de plus que des promesses.

"Oui, et c'est ce que je veux toujours, mais... Elle soupira. Mais même si vous vous échappez, vous serez recherchée par tout le pays et...Et même les Mardoliens ne vous aideront plus ! Elle était à la fois agacée de devoir souligner ainsi l'évidence, et triste de briser ainsi des projets en lesquels elle aurait préféré croire. Ce ne sera pas aussi simple que ça !"

Sasha craignit un instant d'avoir été un peu trop franche en partageant ainsi ses doutes avec Ana Sorden, surtout alors que celle-ci avait ses mains sur ses épaules. La sorcière n'aimerait sans doute pas voir ses prédictions ainsi remises en question, mais la jeune fille n'avait pas pu s'en empêcher. Car si l'arithmancienne ne  voyait pas en quoi touts ces détails risquaient de freiner considérablement leur "marche en avant", c'était soit qu'elle avait complètement perdu la raison, soit qu'elle avait un plan de génie. Se raccrochant à cette dernière idée, Sasha reprit d'une voix plus douce.

"Comment comptez-vous y arrivez ? Je...Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire ?"

Sans même s'en rendre compte, la jeune fille retournait petit à petit dans la cage qu'elle avait eu tant de mal à quitter, offrant de nouveau son aide à la sorcière de Salem. Mais le piège ne s'était pas encore refermé autours d'elle, et au moindre risque de danger, au moindre signe de folie, ou de trahison, la Serpentard était prête à retirer son offre.



Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Le regard de sa jeune protégée se troubla, tandis qu'elle avouait nourrir des doutes quant aux perspectives d'avenir que lui offrait une nouvelle collaboration. Le contraire aurait été surprenant, tant Ana Sorden se retrouvait isolée et dans l'incapacité d'accéder dans l'immédiat aux hautes sphères du pouvoir. Aussi ambitieuse que réfléchie, la jeune serpentard exigeait de savoir où ses choix la conduirait. La douce colombe ne voulait point endosser à nouveau le rôle du pigeon. Pourquoi devoir lui reprocher de se montrer méfiante, après les épreuves qu'elle avait dû endurer seule sans personne à qui se confier. Sasha Benson exigeait de la transparence, et il n'y avait pas matière à la lui refuser. Car cette entrevue n'avait rien d'un dernier adieu, bien au contraire, pour Ana Sorden, il s'agissait d'une promesse de renouveau! Et en cela, la sorcière de Salem avait un plan qui balaierait les erreurs du passé. Esquissant un sourire dont le but avoué était de réconforter sa petite colombe égarée, elle finit par lui avouer ses noirs desseins.

"Oui, mon ange, j'aurai besoin de tes services. Ton aide me sera même indispensable! Cette prison n'a point eue raison de mes facultés intellectuelles, et je conçois qu'il va s'avérer complexe de regagner la confiance perdue après les affreuses accusations émises à mon encontre. C'est pourquoi j'aurai besoin de toi pour incarner ce souffle libérateur dont a besoin le Monde Magique. Tu dois me faire confiance, Sasha... Car je sais exactement comment inverser le cours des choses, et nous octroyer les clefs du pouvoir. Laisse-moi devenir l'ombre qui te guidera dans la lumière, et te dire comment tu peux me venir en aide... "

Ana Sorden se rapprocha de sa protégée, afin de se cloisonner dans une intimité propice aux confidences. Pour l'arithmancienne, il était temps de briser ses chaines et de nourrir à nouveau de viles ambitions de reconquête. La sorcière de Salem savait pertinemment que son précédant échec avec les Mardoliens, venait de remettre cruellement en cause ses chances d'accomplir sa destinée. Mais un vent de fraicheur venait de souffler alors qu'elle contemplait la beauté presque insolente de sa jeune protégée. Telle une cure de jouvence, Sasha Benson incarnait à merveille cette seconde chance inespérée qui lui permettrait d'asseoir à nouveau sa suprématie. Dans une flopée de murmures, elle lui exposa ses sombres projets futurs.

"Le vingt-trois Novembre prochain sera le jour où je retrouverai ma liberté; Il ne peut en être autrement; Les chiffres ne mentent jamais. Mais quel que soit le moyen que je trouverai pour fuir ses murs, malheureusement, je ne serai point blanchie des accusations qui planent au-dessus de ma tête. Je vais traverser une période durant laquelle je vais devoir devenir invisible aux yeux du monde magique. Mais je te rassure, tout cela ne sera que provisoire, car je connais un endroit en Angleterre, au sein duquel je pourrai peu à peu retrouver de ma liberté de mouvement. Car je ne suis point seule, ma colombe; j'ai encore des alliés très puissants dans l'ombre, dont il me faut pour l'heure taire les noms. Mon retour ne fera que ranimer les braises d'un feu jusqu'alors endormi, et je te promets que l'on pourra reprendre notre quête de pouvoir, là où nous l'avons abandonné la dernière fois! Mais pour que cela soit possible, j'ai besoin que tu accomplisses une chose pour moi... "

La main ridée d'Ana Sorden cessa de caresser la chevelure de la Serpentard, alors qu'elle s'apprêtait à lui confier son rôle.

"Tu as toujours en ta possession la blanche chouette que je t'avais offerte, n'est-ce pas? Saches qu'elle est la clef qui m'ouvrira la porte d'un refuge salvateur, dans lequel je pourrai retrouver de ma superbe. Alors écoutes-moi bien : Une fois que tu auras appris ma libération, je veux que tu lui accroches une fleur de Jasmin à l'une de ses pattes; Puis après lui avoir caresser sept fois la tête comme je te l'ai enseigné jadis, tu devras prononcer ces mots... " Ana Sorden colla alors ses lèvres bleuies par la captivité contre l'oreille de la jeune Sasha. "Le noir est le refuge de la couleur... "


Une fois libérée de la formule, Ana Sorden se recula pour mieux jauger la réaction de celle qu'elle considérait comme sa propre fille. Tout cela devait lui sembler encore une fois trop énigmatique, trop risqué, et rien ne laissait envisager qu'elle allait suivre ses recommandations. Pourtant, il le fallait. Sans son aide, la sorcière de Salem n'avait aucune promesse d'avenir. C'est pourquoi elle choisit ses mots avec parcimonie, afin d'achever de la convaincre.

"Je peux lire l'avenir comme dans un livre, ma douce colombe. Si tu me rends ce service et délivre ce message, alors nous pourrons écrire ensemble un chapitre merveilleux à nos vies. Que tu le veuilles ou non, nos destins sont étroitement liés l'une à l'autre. Mes prédictions ne se trompent pas. Sans moi, tu ne pourras jamais réaliser tes rêves, et t'accomplir pleinement... " Les lèvres émaciées d'Ana Sorden dessinèrent un léger sourire en coin. "Alors que décides-tu, mon ange? Tu te sens prêtes à m'accorder de nouveau ta confiance? "

Les prémices d'une association machiavélique et malveillante semblaient se dessiner dans les ténèbres de la cellule quarante-un d’Azkaban. Sasha Benson se retrouvait à l'instant fatidique où elle allait devoir faire un choix crucial dans sa destinée, et trancher entre un avenir pavé de choupitude ou au contraire une plongée dans la vilitude...


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Comme Sasha s’y était attendue, Ana avait besoin d’elle. Elle lui demandait de lui faire de nouveau confiance et de l’aider, en échange de quoi l’arithmancienne la guiderait vers un avenir glorieux. La petite Serpentard ne savait pas quoi penser. D’un côté, elle aimait se dire qu’elle n’avait plus besoin de l’aide de son ancien mentor pour y arriver. Elle travaillait très dur pour s’assurer l’avenir qu’elle souhaitait, elle passait des heures à la bibliothèque, essayait de s’engager dans la vie de l’école, elle s’intéressait à un maximum de choses, elle méritait de réussir, toute seule.

D’un autre coté elle savait bien qu’il ne suffisait pas de s’en donner les moyens pour réussir à devenir quelqu’un d’important, sinon le monde serait gouverné par les Poufsouffles. Il fallait des relations, du charisme, de la chance, des opportunités. Et Ana Sorden en était une, d’opportunité. Une opportunité qu’elle s’était empressée de saisir, deux ans plus tôt. Une erreur qu’elle avait peur de reproduire. Indécise, la jeune fille conserva le silence et laissa à la sorcière de Salem le soin de lui révéler dans un murmure ce qu’elle attendait d’elle.

Les barrières de méfiance dont Sasha s’était entourée faillirent voler en éclat quand la prisonnière lui parla de ses puissants alliés, qui l’attendaient quelque part. Y aurait-il encore des mardoliens, du côté d’Ana ? Des gens qui n’attendaient qu’un signe pour reprendre les choses là où ils les avaient laissées ? Elle ne demandait qu’à y croire, tant c’était exactement ce qu’elle désirait, mais elle ne pouvait pas se laisser avoir par des promesses. L’arithmancienne lui avait déjà menti par le passé, rien ne l’empêchait de recommencer.

La Serpentard hocha la tête quand Ana lui demanda si elle avait toujours la petite chouette qu’elle lui avait offerte. Après l’arrestation de la mardolienne, elle avait songé à la remettre à Margot Adamson, mais s’était finalement rétracté. Ce n’était pas parce qu’Ana l’avait trahi que Blanchelune en ferait de même, s’était-elle convaincue. Elle s’était accrochée à l’idée que la petite chouette blanche pouvait encore lui apporter l’aide promise. Et voilà que c’était l’arithmancienne elle-même qui avait besoin des facultés de l’animal. Comme si elle avait tout prévu depuis le début.

Sasha frissonna au contact de la peau glacée d’Ana Sorden contre sa peau mais écouta ses instructions avec attention. Quand la prisonnière se recula, l’hésitation était clairement lisible sur le visage de la jeune fille. L’arithmancienne ne lui demandait rien de dangereux, ni même de trop contraignant. Elle ne prenait que peu de risques, elle ne saurait même pas où la fugitive serait cachée. Si cela devait arriver, et si cela tournait mal, elle réussirait à retomber sur ses pieds.

Mais ce n’était pas tant l’acte qui la faisait réfléchir mais plutôt tout ce qu’elle impliquait. Ana l’avait dit elle-même, si Sasha acceptait de l’aider, la sorcière offrait d’être l’ombre qui la guiderait. Et la Serpentard n’était pas certaine que ce soit ce qu’elle veut. Bien sûr, elle voulait de cette réussite, de cette gloire, de ce futur doré, mais elle ne voulait pas redevenir le pantin d’Ana Sorden. Si elles devaient de nouveau s’allier, l’arithmancienne devrait reconsidérer leur relation, Sasha ne voulait plus être conduite à l’aveugle sur des chemins dont elle ignorait al destination. Elle poserait des questions, et elle exigerait des réponses. Elle ne se ferait plus avoir.

Sasha fronça les sourcils quand la prisonnière affirma qu’elle ne réussirait jamais sans son aide. Elle retint une réplique assassine et se contenta d’afficher un visage fermé. Bien sûr que si elle pouvait réussir sans son aide ! Elle n’avait besoin de personne, elle se débrouillait très bien toute seule. De toute façon, ses mentors l’abandonnaient les uns après les autres. Son premier modèle avait été son père. Son prince charmant, son héros, celui qu’elle pensait capable de déplacer des montagnes pour la rendre heureuse. Aujourd’hui il ne se souvenait même plus de son prénom. Puis il y avait eu Ana, il y avait eu Valery, il y avait eu Swann. Tous partis les uns après les autres. Elle était seule, et elle s’en sortait très bien, quoi qu’en dise les chiffres.

« C’est vous qui avez besoin de mon aide, pas l’inverse »  rappela-t-elle d’une voix dure. Ana n’était pas vraiment en position de supériorité pour le moment, et Sasha appréciait bien trop ce nouveau rapport de force pour laisser l’arithmancienne l’oublier.

Toutefois, la sorcière de Salem avait réussi à toucher un point sensible chez la jeune fille : la peur de l’échec. Elle se donnait tant de mal qu’elle refusait d’imaginer qu’elle pourrait bien finir sa vie sans rien avoir accompli d’important. C’était ce qui arrivait à la plupart des ambitions, à la plupart des rêves d’enfants, ils n’étaient jamais réalisés. Alors si Ana pouvait ne serait-ce qu’augmenter ses chances de réussir, si elle pouvait lui permettre de faire de grandes choses, Sasha se devait d’en profiter.

« Je le ferai, reprit-elle finalement. jJe vous enverrai Blanchelune, avec la fleur de jasmin. Oui, elle acceptait de l’aider, de s’allier à elle, mais elle refusait d’être de nouveau manipulée comme une marionnette. Mais je ne fais plus confiance maintenant, ajouta-t-elle en faisant un pas en arrière pour s’éloigner de la prisonnière. Quelque chose que vous m’avez appris.»

A partir de maintenant elles étaient partenaires, associées, peu importait les termes. Elles œuvraient ensembles pour une cause commune. Sasha ne voulait plus entendre parler de « fille qu’elle n’avait jamais eu » ou d’autres choses du genre. Elle n’avait plus le temps pour ça, la vie l’avait déjà trop déçue.

[Si Ana n'a pas d'autres requêtes, tu peux conclure dans ton prochain post, ou on peut arrêter ici  ]



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La Dernière Volonté d'une Condamnée [Pv Sasha]

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