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 Les coeurs brisés [Mildred, Isobel, Roy]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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1er novembre 2008

Roy vivait à cent à l’heure, ces derniers temps. Entre ses nouvelles affaires, ses nouveaux associés politiques, sa nouvelle position au sein de la pègre, le cabaret des Folies Sorcières qui tournait à plein régime, il n’avait jamais été autant au summum de ses objectifs. Incroyable comme le destin pouvait vous sourire, du jour au lendemain. Il avait essuyé un mois de septembre difficile et douloureux, aussi bien sur le plan professionnel, familial ou sentimental. Le mois d’octobre avait été sa première éclaircie, quelques avancées avaient enfin pu être faites, jusqu’à l’aboutissement sur de nouvelles opportunités.

Et maintenant, il se trouvait à embrasser passionnément Isobel dans l’un de ses couloirs de son cabaret, et ma foi, cela lui semblait un juste retour des choses.

Comment s’étaient-ils retrouvés là ? Roy était bien trop concentré sur ce qu’il était en train de faire pour se souvenir, avait-ce réellement une importance, de toute manière ? C’était incroyablement grisant ce qu’il vivait, il avait enfin l’impression d’être maître de quelque chose. Maître d’un commerce qui ne lui jamais rapporté autant, maître d’une ribambelle d’hommes et d’employés. Maître de ses désirs, enfin ! Il avait enfin retrouvé un certain contrôle sur les femmes, même si Juliana n’avait pas complètement quitté son esprit, il était capable de passer à autre chose, de s’abandonner tout à fait dans cette étreinte avec Isobel, et mieux : d’y trouver tout son plaisir.

C’était sans doute une façon d’oublier quelque part. Il avait toujours été sensible au charme de la sorcière vaudou, mais ce dernier mois, cela relevait de l’obsession. Dès qu’Isobel lui passait sous le nez, il fallait qu’il la retienne. Oh, elle ne voulait pas s’afficher avec un mafieux devant ses collègues. Parfait, il pouvait faire semblant de simplement s’enquérir de comment elle trouvait le cabaret, s’il lui manquait quelque chose, face aux employés du Ministère. Mais derrière un rideau, dans ce tout petit couloir qui conduisait aux loges privées des artistes, qui pouvait bien les voir ? La décence n’était de toute façon pas ce qui préoccupait Roy, à cet instant, mais plutôt une envie de confort. Après tout, il y avait tout ce qu’il fallait dans le cabaret. Il suffisait simplement de connaître les bons endroits… Il décolla ses lèvres des siennes, le temps de lui souffler, le sourire malicieux :

« Suis-moi. »

Il l’entraîna de la main vers les escaliers. Dans son esprit un peu embrumé par l’adrénaline, le désir, l’alcool, Roy ne se souvint que vaguement des recommandations que Mildred lui avait fait, au moment de lui confier les clés. La confiance, le secret, tout ça… Bah, Mildred avait tendance à faire des tonnes de ce qui n’était pas dramatique. Et puis, il n’avait aucune raison de se poser des questions, il était gérant du cabaret au même titre qu’elle, il pouvait bien accorder sa confiance à qui il voulait, sans en référer à son associée. Ce n’était pas comme s’il comptait montrer à Isobel la « pièce interdite », de toute manière, seulement se rendre directement à l’endroit qui l’intéressait : les garçonnières.

« Isobel Lavespère… Je vous présente l’allée très secrète des Folies Sorcières, dit-il formellement, avec une fausse révérence, une fois qu’ils furent arrivés dans l’allée avec les tableaux. Un petit rire le secoua, avant qu’il ne retrouve un ton plus sérieux pour expliquer. Seuls les habitués peuvent rentrer. Les habitués ou… Les gens qui ont un passe-droit avec les habitués. »

Sur cette parole flatteuse, Roy lui vola un autre baiser, avant de sortir de sa poche les ciseaux qui leur ouvriraient les portes de son paradis à lui. Il intima à Isobel de ne pas lâcher sa main pendant qu’ils traverseraient le tableau. Ils finirent par atterrir dans l’antre si jalousement gardée par Mildred Magpie, le carré VIP qui ressemblait en tout point dans son architecture au rez-de-chaussée qu’ils avaient laissé. Les lieux étaient simplement bien plus silencieux.

Roy entraîna sa partenaire vers les alcôves, non sans un bref regard autour de lui. Il n’était pas stupide ni aveugle, il avait bien vu le manège que Mildred faisait avec lui, c’était entre autres l'une des raisons qui faisait qu’il essayait toujours d’être en compagnie d’une femme. Pour qu’elle ne l’ennuie pas avec ses minauderies insistantes. Un peu lâche comme réaction, certes, mais que feriez-vous si Mildred Magpie posait régulièrement ses ongles vernis roses sur vous et tentait si peu discrètement de vous embrasser au détour d’un couloir ?

« On dirait que l’autre pie n’est pas là » glissa t-il dans l’oreille d’Isobel, en poussant la porte de la chambre.

Il savait qu’elle comprendrait rapidement, Isobel était l’une de ses partenaires préférées quand il jouait à « Allons inviter n’importe quelle femme à danser, histoire d’avoir la paix », elle avait fini par se douter de quelque chose. Et en bonne peste, Roy ne niait pas avoir passé un certain moment à casser du sucre sur son dos, en compagnie d’Isobel.

Il referma sans verrouiller la porte derrière lui, puis revint vers la jeune femme. De ses deux mains, il saisit son visage puis posa de nouveau ses lèvres sur les siennes. Mais très vite, elles s’aventurèrent dans son cou, puis plus bas dans son décolleté, tandis que ses mains se glissaient sous les vêtements de la sorcière, convaincu qu’il était là seul avec elle, en toute intimité…



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel n'était habituellement pas du genre à se laisser détourner de ses objectifs facilement et elle mettait chaque moment de sa vie à profit pour atteindre ses derniers. Lorsque ses collègues lui avaient proposé - après une longue et stressante journée - de passer un peu de temps aux Folies Sorcières, le dernier endroit à la mode prisé de tous les sorciers, elle n'avait pas hésité. Pas qu'elle soit particulièrement d'humeur à la fête mais elle savait que le lieu était idéal pour nouer des relations de travail dans un cadre plus détendu - pour ne pas dire frivole - et elle ne perdait jamais une occasion de se rapprocher de ses ambitions. Elle avait passé pas mal de temps aux Folies Sorcières ces dernières semaines, certains murmurant que les arcanes du pouvoir y passaient souvent du temps. Quelques informations extirpées à Roy - il lui devait bien ça - lui avaient appris que ces rumeurs n'étaient pas tout à fait fausses et c'était toujours quelque chose de bon à savoir.

A vrai dire, la soirée avec ses collègues s'était vite changée en soirée avec Roy, comme pas mal de fois ces dernières semaines même si elle trouvait toujours un prétexte pour s'éclipser. Elle travaillait énormément ces derniers temps, faisait tout pour se faire remarquer par les personnes importantes et ne disait jamais non à quelques instants de détente pour lui changer les idées, ce que Roy cherchait visiblement aussi. Elle n'avait pourtant pas envie que cela se sache - elle avait une réputation à tenir et n'avait pas très envie de devoir justifier comment elle connaissait un trafiquant de la Voie des Miracles puisque cela attirerait forcément l'oeil sur ses activités pas très légales à elle - et en tant que co-gérant officieux des lieux, Roy connaissait donc tous les coins où ils pourraient être tranquilles loin des regards inquisiteurs. Elle avait protesté un peu au début - pour la forme - arguant qu'elle travaillait tôt le lendemain, qu'elle avait des dossiers à régler et des choses mille fois plus importantes à faire mais même elle ne s'était même pas convaincue elle-même tant elle s'était vite laissée prendre au jeu.

- Où ça ? interrogea-t-elle lorsqu'ils se séparèrent, tout en sachant très bien que Roy se plaisait à faire des mystères, sûrement bien trop fier de gérer désormais un tel lieu.

Il fallait dire qu'il y avait de quoi être impressionné et elle devait l'avouer, Isobel avait mis quelques instants avant de le croire. Il était de notoriété publique que l'endroit appartenait à la fameuse Mildred Magpie et elle n'avait été qu'à moitié surprise de découvrir que cette dernière, grande prêcheuse de vérité dans son journal, trempait dans des affaires pas très nettes et faisait affaire avec des gens peu recommandables. Certes, sur ce point-là, elle n'était pas en reste non plus et pouvait bien se taire. Surtout qu'au vu de la situation, Mildred devait plutôt tremper dans des affaires d'argent quand Isobel était impliquée dans de la magie noire et des actes pas très recommandables et très sévèrement sanctionnés sous le nouveau régime. Elle s'efforçait de ne pas penser à cela, trop fascinée par ce qu'elle découvrait de sa propre magie maintenant qu'elle s'était lancée dans le coté obscur de ses connaissances vaudous. Mais elle refusait d'y penser maintenant, d'abord parce qu'elle réalisait parfois dans quoi elle se lançait et cela lui semblait vertigineux, mais aussi parce qu'elle voulait juste se laisser aller dans les bras de Roy sans penser au reste.

Elle n'était jamais montée dans les étages qui étaient interdits d'accès au grand public - elle était déjà surprise que le troll de l'entrée la laisse passer alors que Mildred Magpie ne la portait visiblement pas dans son cœur, ce qui était d'ailleurs réciproque - et promena un regard curieux sur les lieux, toujours guidée par Roy. Elle se doutait bien qu'en temps normal, Roy aurait peut-être eu un peu plus de scrupules à lui révéler les secrets du cabaret mais elle n'allait pas s'en plaindre : Isobel aimait la connaissance tout simplement parce que c'était l'une des voies vers le pouvoir. Elle avait l'impression de se sentir un peu privilégiée et cette sensation flattait toujours délicieusement son égo. Elle aurait dû se douter qu'un lieu tel que les Folies Sorcières bénéficiait de quartiers secrets mais elle n'avait jamais cherché à en savoir plus, déjà bien occupée au rez-de-chaussée avec les gens qu'elle croisait. Elle eut un léger rire lorsque Roy fit une fausse révérence tandis que son regard avide tentait de retenir chaque détail.

- Très joli, souffla-t-elle en français tandis qu'ils s'arrêtaient devant un tableau particulier. Quelle chance j'ai alors, répliqua-t-elle sur un ton légèrement moqueur qui tendait en réalité à dissimuler à quel point l'idée de découvrir les parties secrètes du cabaret la ravissait : Roy n'avait pas besoin d'elle pour flatter son égo, il le faisait très bien tout seul, songea-t-elle lorsqu'il lui vola un baiser, néanmoins plus amusée qu'autre chose.

Elle l'observa avec attention couper le lien qui retenait une petite pie picturale avec une paire de ciseaux qu'il avait sorti de sa poche sans pouvoir s'empêcher de se demander quel était le sortilège qui gardait les lieux. Elle avait été initiée à la sorcellerie dès sa plus tendre enfance et si elle s'en était détournée à l'adolescence, se replonger profondément dans ses grimoires de vaudou ces dernières semaines avait ranimé sa soif de connaissance à ce sujet. Ses considérations ésotériques furent néanmoins vite repoussées dans un coin de son esprit lorsque Roy l'entraina vers des alcôves vides, l'endroit semblait désert contrairement au rez-de-chaussée, et elle eut un rire lorsqu'il mentionna "l'autre pie".

- C'est méchant de la fuir, tu devrais être gentil avec elle, la pauvre, répliqua-t-elle malicieusement.

Elle avait vite remarqué la manière dont Roy se jetait sur elle - ou sur n'importe quelle femme de l'assemblée à vrai dire - dès que Mildred Magpie apparaissait. Elle pouvait le comprendre en même temps, qui avait envie d'être poursuivi par une telle harpie ? Oh, il est vrai qu'Isy avait la moquerie facile, surtout lorsqu'elle était avec Roy, mais elle retirait une certaine jubilation mesquine à pouvoir avoir ce que Mildred Magpie chassait assidument. Sur le plan professionnel, Isobel savait très bien que la rédactrice en chef de Multiplettes était redoutable et efficace et qu'il ne valait mieux pas la contrarier, ce qui l'agaçait au plus haut point. Mais les choses étaient ce qu'elles étaient et Mildred était une journaliste influente avec laquelle il fallait compter - même si Isobel aurait préféré faire autrement - et elle ne pouvait pas prendre le risque de s'opposer à elle. Disons que c'était une petite compensation sur le plan personnel, voilà tout. Elle n'avait même pas besoin de le savoir : c'était juste pour le plaisir d'avoir ça en tête lorsqu'elle devait faire des courbettes à Multiplettes.

Mais l'heure n'était plus au travail et Isobel sourit contre les lèvres de Roy lorsqu'il recommença à l'embrasser, ferma les yeux lorsque ses caresses se firent plus insistantes dans son cou et entreprit de débarrasser Roy de son pull lorsqu'un léger bruit attira son attention. Rouvrant brusquement les yeux, Isy posa une main sur le torse de Roy, cherchant à guetter dans le silence. Elle était absolument certaine d'avoir entendu quelque chose.

- Roy, murmura-t-elle en instaurant une légère distance entre eux du plat de la main. Calder, insista-t-elle un peu plus fermement en voyant que la première mesure n'avait que peu d'effet. Je crois que nous ne sommes pas tout seuls.

Ou alors elle avait des hallucinations auditives mais Isobel avait plutôt confiance en ses cinq sens et elle penchait donc pour la première théorie.


Isobel Lavespère
I am a villain, a hero, no more and no less, an awful disaster, a beautiful mess. @ ALASKA.

Avatar par foolish blondie.
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Quelques minutes avant le drame...

Mildred Magpie nageait dans un bonheur presque irréel, tandis qu'elle se dirigeait vers le comptoir du bar de son Casino. Un sourire immense aux lèvres, elle se sentait légère, si légère! Telle une libellule survolant les flots d'une rivière enchantée, ses pas ne faisaient qu'effleurer la surface du sol marbré. Jamais les "Folies Sorcières" n'avaient enregistrées de telles recettes, et si les choses persistaient en ce sens, son coffre de Gringotts finirait pas s'avérer trop exiguë pour y contenir sa montagne de galions. Enfin! Elle était riche, et ce après seulement deux mois d'activité! Autant son Cabaret que son journal, ses affaires tournaient à plein régime! Et pourtant ceci n'était pas la véritable raison de cette joie non dissimulée qui irradiait de sa personne. En effet, si la rédactrice de Multiplettes se plaisait dans la contemplation de sa fortune, c'était bien autre chose qui la transportait au nirvana : Elle était amoureuse de son bel associé, et cet amour semblait réciproque...

Dans l'esprit de Mildred Magpie, cette idylle naissante ne faisait l'objet d'aucun doute, tant tous les signaux lui semblaient au vert. C'est dans l'observation des détails qu'elle s'était auto-persuadée que Roy Calder éprouvait quelque chose de profond et de sincère pour sa personne. Pas plus tard que la veille, alors qu'ils épluchaient les grilles des bénéfices accumulés, la quadragénaire avait intercepté un regard qui ne trompait guère sur les intentions de son Co-gestionnaire des Folies Sorcières. Dans un élan de lucidité ou de lubricité, Roy Calder l'avait bel et bien dévoré des yeux! La sorcière savait décrypter ce genre d'appel, et elle ne chercha nullement à s'en dérober. Bien au contraire! Tout en dévorant les marges bénéficiaires de son Cabaret, Mildred lui délivra à quel point elle était impressionnée par son sens des affaires. Sourire charmeur, Roy s'empressa bien vite de lui retourner le compliment. Un petit jeu de séduction venait de s'instaurer entre les deux associés, tandis que la rouquine amoureuse se réjouissait des propos de son beau voyou. N'osant faire le pas décisif qui comblerait la distance qui les séparait encore l'un de l'autre, l'expérimentée Mildred se décida à passer à l'attaque. Se penchant, elle arbora une bouche de canard sensuel, avant d'arquer un sourcil complice en direction de la porte de la chambre qui jouxtait son bureau. Alors qu'elle brulait de se donner corps et âme au jeune malfrat, ce dernier, sans doute encore trop tendre, préféra s'esquiver, prétextant une quelconque affaire à mener. Maudite timidité! Et douche froide pour la femme cougar qui n'aurait rien pu lui refuser si le jeune homme avait eu le courage d'assumer ses sentiments...

Mais Mildred Magpie n'était pas une ancienne résidente de la maison Poufsouffle pour rien! De nature obstinée, elle ne voulait point baisser les bras. On n’avait rien sans rien, et Roy était un beau combat à mener! En plus d'être un associé brillant, Mildred se voyait bien finir ses vieux jours entre les bras musclés et bronzé de ce jeune homme aux allures de mauvais garçon. Quelle femme s'y refuserait? Même sa petite taille lui conférait un charme irrésistible! Mildred s'imaginait déjà en train de le materner amoureusement, tout en lui faisant profiter de sa grande expérience! Mais pour en arriver là, elle devait évidemment conquérir le cœur de son jeune gangster, qui se révélait si difficile à apprivoiser. Pour se faire, lors de cette soirée du premier Novembre, Mildred s'était donné les moyens d'y parvenir. Maquillée à l'extrême pour se rajeunir de plusieurs décennies, et fardée de l'une de ses robes les plus aguicheuses, elle traversa la salle du casino d'une démarche féline en direction du bar des Folies Sorcières. Après tout un petit verre de Whisky-Feu ne lui ferait point de mal et lui donnerait le courage nécessaire pour bondir sur son bel associé! En la voyant arriver, le barman Volderêve ne put s'empêcher de déglutir avec anxiété, tant il ressentait encore les griffures que lui avait infligé la veille, l'odieuse cougar sur son torse. Comment faire comprendre à sa patronne qu'il n'en pouvait plus de cette situation? Le sourire crispé, il l'accueillit d'une voix faussement enjouée.

"Dame Mildred, laissez-moi vous dire que je vous trouve absolument éblouissante! J'imagine que vous souhaitez vous entretenir avec moi, en privé, mais malheureusement je suis quelque peu souffrant. Sans doute un coup de froid... "

Ce soir, c'était surtout l'anniversaire de son couple, et Volderêve espérait ardemment pouvoir s'extirper des griffes de sa vieille peau de patronne pour rejoindre sa femme. Pour rien au monde, il n'aurait loupé ce rendez-vous romantique, sauf que voilà : Il avait besoin des galions de la gérante des folies sorcières, afin d'assurer la survie des siens. Fort heureusement pour lui, Mildred Magpie ne tarda guère à le rassurer sur ses intentions. Ce soir, Volderêve pourrait s'endormir auprès de sa femme...

"Ne t'inquiètes pas mon Voldy. A partir de maintenant, tu n'auras plus à sacrifier ta vie de famille pour moi. Car j'ai décidé de te rendre ta liberté, et tu pourras bénéficier également d'un salaire plus conséquent en guise de remerciement pour les nombreux services rendus. Ce soir, je me sens l'âme généreuse... "

Volderêve demeura un instant figé, incapable de concevoir qu'il venait enfin de s'extirper de sa condition de gigolomagique. Quelque peu méfiant, il se garda d'hurler sa joie à la face de sa patronne, et se contenta de feindre la curiosité.

"Dame Mildred, dites-moi ce qui vous rend d'une nature si généreuse? Même si vos caresses me manqueront assurément, j'ai plaisir à vous voir si radieuse! "

Mildred balaya sa chevelure du revers de la main, tandis qu'un sourire béat venait illuminer son visage froid.

"Tout simplement, parce que j'ai enfin rencontré l'amour... L'amour avec un grand A! Celui qui donnera un sens à ma vie! Sers-moi un verre de ton meilleur Whisky Pur-feu, afin que nous trinquions à mon bonheur! "

Volderêve poussa un soupir de délivrance, avant de disparaitre dans l'arrière salle pour dénicher son meilleur whisky. Mildred s'accouda au comptoir, les paupières papillonnant alors qu'elle imaginait Roy Calder en train de chevaucher une licorne dans un champ de coquelicots. Peut-être devrait-elle lui dédier un livre? Lui rendre hommage dans l'écriture! Une sorte de Bonnie&Clyde fantastique qu'elle rebaptiserait Mildy&Roy. La romancière poussa un long et profond soupir, quand une petite voix nasillarde vint l'extirper de ses pensées contemplatives.

"De quel bonheur parlez-vous, dame Mildred? De celui qui vient de s'emparer du Cabaret de votre mère pour en faire un repère de vauriens? De ce Roy Calder qui ne s'intéresse qu'à vous délester de vos biens? Franchement, vous êtes amoureuse de ce type à peine plus grand que moi? "

Mildred jeta alors un regard assassin sur son elfe de maison, Scribouillard, qui venait de s'installer péniblement sur l'un des tabourets du bar. Elle secoua la tête avec mépris.

"Tu devrai boire avec modération, Scribouillard! Le vin des Elfes ne fait que révéler ta nature profondément aigrie et jalouse! Roy Calder est un excellent associé, qui est en train de faire fructifier nos bénéfices. Tu devrais te montrer plus reconnaissant envers lui! " Mildred fronça les sourcils avant de déclarer. "Et puis ma vie privée ne te regarde en rien! Tu ne fais que profiter de ta position de Majordome pour venir fouiner et m'espionner! Sache que je fréquente qui je veux! Et tu devras te faire à l'idée que Roy Calder m'aime éperdument! "

L'amertume défigura Scribouillard un instant, et il se contenta d'émettre un ricanement sarcastique et irrespectueux à l'égard de sa rédactrice en chef. Il leva sur elle, un regard embué d'alcool.

"J'ai jamais compris comment vous pouviez être aussi intelligente dans vos affaires, et aussi... stupide dans votre vie sentimentale! "

Le visage de Mildred Magpie se crispa alors en un masque de colère froide à l'encontre de son employé. Jamais il ne l'avait déçu, mais depuis l'arrivée de Roy Calder, ce n'était plus le même Elfe. Il ne faisait que grogner, jeter des œillades assassines, et lancer des remarques acerbes. Cette fois-ci, il venait de franchir la ligne rouge! D'un index autoritaire, la rédactrice de Multiplettes lui indiqua la direction de la sortie, avant de lui signifier sa sanction.

"Je t'avais pourtant bien prévenu, Scribouillard! Je veux que tu regroupes tes affaires et quitte les lieux sur le champ! Je te démets officiellement de tes fonctions de Majordome! Si demain, tu t'avises de me présenter des excuses sincères, je pourrai éventuellement te garantir une place de pigiste au sein de Multiplettes. Mais dans le cas contraire, nous n'avons plus rien à nous dire! Me suis-je bien fait comprendre? "

Scribouillard engloutit d'un trait son verre, puis se jeta maladroitement hors de son tabouret. Levant des yeux embués de larmes vers celle qu'il avait si longtemps vénérée, Scribouillard libéra sa conscience.

"Je vous ai toujours loyalement servis, Dame Mildred. Je n'ai jamais rechigné devant l'effort. Je me suis sacrifié pour vous! Je n'avais jamais rien réclamé! Vous savez pourquoi? C'était ma façon à moi de vous montrer à quel point j'avais de l'estime pour vous. A quel point je vous aimais... "

Fortement secouée par le remord de devoir se séparer de son fidèle et loyal serviteur, Mildred se contenta de détourner les yeux. Puis d'une voix étouffée, elle murmura :

"Je t'en prie... Pars maintenant! "  

Scribouillard renifla son chagrin, avant de se diriger vers la sortie. Toutefois, il s'arrêta dans son élan, et sans même se retourner, il délivra une dernière parole qui fit se raidir sur sa chaise la rédactrice en chef de Multiplettes.

"Roy Calder ne vous mérite pas! Il est indigne de la moindre confiance! A votre place, j'irai voir ce que fabrique votre Caldounet dans l'allée interdite, surtout en si charmante compagnie. Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée Dame Mildred... "

Les ongles de la journaliste à scandale se plantèrent fébrilement dans la surface du comptoir. Son elfe cherchait sans doute à la blesser, à la faire douter, et pourtant elle sentit son cœur s'étreindre d'une douloureuse appréhension. Et si ce qu'il disait était vrai? Non... Roy ne pouvait lui faire ça! Pourquoi s'offrirait-il les services d'une arpenteuse de remparts, alors qu'il pouvait profiter de son amour? Mildred avait consentit à tellement d'effort pour attirer son regard. Du sport quotidien pour gommer les bourrelets disgracieux, et sa culotte de cheval naissante. Elle s'était privée des semaines entière des délicieux choux à la crème du paradis d'Eden, tout ça pour rentrer dans sa robe! Roy Calder ne pouvait pas lui faire ça! Scribouillard mentait! Elle ne pouvait se retrouver dans l'un de ces scandales d'adultères qu'elle se plaisait à décortiquer. Elle devait rester assise, et ne point se laisser envahir par le doute. Mais très vite la pression devint trop forte, le visage désorienté, Mildred ressentit le besoin de connaitre la vérité, plutôt que de vivre dans le mensonge. Elle poussa alors une longue inspiration...

"Dame Mildred, voici ma meilleure bouteille! "

Lorsque Volderêve revint avec son whisky, son regard se posa sur un comptoir vide et abandonné. La pie s'était venait de s'envoler pour affronter une terrible vérité qui allait lui briser le cœur...  

*****

A l'heure des vérités...

Mildred monta quatre à quatre les grandes marches de l'escalier, de manière à se rendre dans la galerie de peinture. Elle savait exactement là où se rendre. Dans l'aile interdite, se trouvait une chambre secrète qui servait de décor aux relations défendues ou monnayée. Dans son for intérieur, Mildred osait croire qu'elle se trompait et que son Caldounet ne pourrait lui faire subir un tel outrage! Ils devaient être associés dans la vie et dans les affaires, c'était écrit; Du moins dans les romans à l'eau de rose de Mildred Magpie, les choses se passaient toujours ainsi : Les princes épousaient toujours les princesses, et n'allaient point arpenter les remparts! Mais malheureusement, dans le quotidien les choses ne se déroulaient pas ainsi, et les histoires d'amour finissaient mal en général. Aussi anxieuse qu'une poule pénétrant dans le terrier de renard, Mildred Magpie longea l'allée avant de s'arrêter devant la fameuse porte, derrière laquelle elle craignait surprendre son caldounet en odieuse compagnie. Un instant, il lui sembla entendre des rires étouffés, à moins que ce ne soit des gémissements. Une moue d'inquiétude ternit son visage tandis qu'elle se munissait de sa baguette. Elle fixa la porte avant de jeter un sortilège sur celle-ci afin de résorber le moindre bruit indiscret. Mildred poussa avec délicatesse la porte de la chambre interdite, pour s'offrir une vision innommable, qui lui tortura les entrailles. Ses espoirs tombèrent en même temps que sa mâchoire, alors qu'elle découvrait son Roy Calder, en train de couvrir de baiser une jeune femme à la beauté parfaite, qui n'était autre que Isobel Lavespère, la chargée en communication du Ministère. Cela en était trop pour Mildred Magpie, qui resta figée devant ce spectacle affreux, son cœur brisé rebondissant tragiquement dans sa poitrine...


La respiration de la sorcière rousse s'intensifia, alors qu'elle se sentait trompée sur toute la ligne. Elle ne savait comment réagir, ni quoi ressentir. Souffrance, haine, désillusion... Toutes sortes d'émotions s'entremêlaient dans sa tête, tournoyant de manière funeste comme autant de vautours au dessus d'une carcasse. Manquant perdre l'équilibre, elle se rattrapa de justesse à un battant de la porte, mais ses talons résonnèrent contre le sol. Cela suffit à alerter la vigilance de l'affreux couple qui stoppa presque immédiatement de s'étreindre. Tandis que la chargée en fornication chuchotait à Roy Calder de réfréner ses ardeurs, Mildred se décida à agir. Ses doigts griffèrent l'interrupteur magique, et une lumière envahit soudainement la chambre magique. La visage défigurée par la déception et la rancœur, Mildred s'adressa alors à son associé. Sa voix éraillée laissait entrevoir de la souffrance mais également de la colère.

"Mais comment!? Dis-moi comment tu peux me trahir de la sorte? Après tout ce que j'ai fait pour toi! C'est ta manière de me remercier! Tu amènes la première trainée du Ministère dans ce lieu qui devait rester secret, sans même te soucier des conséquences! Tu te comportes comme un enfant trop gâté! Je te faisais confiance... " Mildred pointa sa baguette tremblante en direction du couple. Des larmes commencèrent à scintiller dans les yeux clairs de la sorcière trompée.  " Mon Caldounet... Je croyais que tu m'aimais, que tu me respectais... Comment peux-tu me faire subir pareille humiliation!? Qu'est-ce qu'elle a que je ne peux pas déjà t'offrir? "

Les traits déformée par la jalousie, elle s'adressa alors à cette pimbêche du ministère, lui crachant littéralement sa haine au visage.

"Et vous! Croyez-moi! Je vais faire de vous une si mauvaise presse que le monde magique ne sera pas suffisamment grand pour vous préserver de la honte que je vous infligerai! Maintenant, je comprends mieux comment vous grimpez les échelons... Vous n'êtes qu'une sale trainée, une arpenteuse de rempart! "

Sur ce flot d'insultes, Mildred farfouilla dans le pan de sa robe et jeta en l'air un objet minuscule qui sembla voleter quelque secondes,  avant de se figer au dessous du couple surprit. Un sourire mauvais éclaira alors le visage de la rédactrice en chef de Multiplettes, tandis que petit objet prit la forme d'un appareil photos magique.

"Vous pourriez sourire au moins! Et me donner l'impression d'être amoureux! Ainsi, à défaut de pouvoir me reposer sur des relations sincères, je disposerai au moins d'un bon scoop. Je vous laisse deviner le titre... "

Un flash crépita dans les airs, signe que le cliché choc venait enfin de se réaliser, et figurerait très certainement en première page du numéro de Multiplettes du lendemain...


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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C’était typiquement le genre de moment où Roy détestait être interrompu. Il ressentit une première frustration quand il fut forcé de retirer ses lèvres de la peau de sa partenaire, car cette dernière l’écartait de sa main, arguant avoir entendu un bruit. Quel bruit ? Trop concentré sur ses propres désirs, Roy n’avait pas senti la présence d’une troisième personne indésirable, elle, dans la pièce, et en se retournant, il se maudit de ne pas avoir eu le réflexe de fermer la porte à clef. Quoique, cela n’aurait sans doute pas arrêté une fouine telle que Mildred Magpie, qui les fixait à présent avec une expression de détresse sur le visage qui laissa un instant le trafiquant silencieux.

Les accusations déchirantes qu’elle lui jeta à la figure auraient dû le faire se sentir mal, même un peu, n’est-ce-pas ? Malheureusement, rien dans le coeur égoïste de Roy ne s’ébranla, pas même en voyant les larmes qui scintillaient dans le regard de la journaliste. Ce n’était pas le premier coeur qu’il brisait, après tout. Dans le cas de Mildred, il avait presque envie de dire que ce n’était pas trop tôt. Il commençait à s’impatienter de toutes les approches qu’elle tentait vers lui, pourtant, il avait tenté d’être aimable, de lui faire comprendre qu’il n’était pas intéressé sans la vexer, parce qu’il ne souhaitait pas se mettre en mauvais termes avec elle. Elle était son associée, et il l’appréciait, malgré ce qu’il pouvait lui reprocher. Les techniques douces ne semblaient pas fonctionner avec elle. Involontairement, Roy venait d’employer la plus violente des méthodes en lui offrant le spectacle d’une scène compromettante, mais… Que voulait-elle qu’il lui dise ? Il ne lui avait rien promis. Il n’avait même rien fait -lui semblait-il - pour qu’elle se fasse des idées, et pourtant, elle s’adressait à lui comme s’il lui avait déclaré sa flamme et l’avait honteusement trompée.

Quelque part, il avait envie d’en rire. Parce que le cinéma qu’elle lui faisait était franchement ridicule. Cependant, l’instinct de conservation de Roy lui souffla de ne pas se laisser aller dans cette voie, suicidaire, à n’en pas douter. De toute manière, le discours de Mildred prit une tournure menaçante qui lui ôta toute envie de rire. Ses réflexes le firent exécuter un pas vers Isobel, lorsque la journaliste s’attaqua à elle, comme pour mieux se mettre entre les deux femmes. La jalousie faisait perdre à Mildred tout contrôle, une seconde, Roy crut qu’elle allait leur lancer quelque chose mais ce ne fut qu’un appareil photo qu’elle sortit de sa poche, et ils furent tous deux pris de court. Leur image fut immortalisée.

Roy n’avait pas le temps de laisser la stupéfaction le gagner. Il connaissait la hyène journalistique qu'était Mildred, le discours qu’elle leur servit le réveilla d’ailleurs bien vite. Il ne savait pas exactement ce qu’elle comptait faire d’une telle information, mais sûrement pas quelque chose de plaisant pour eux. Il était moins concerné par des risques qu’Isobel, cela dit. Il n’avait pas d’image particulière à conserver, il était déjà fiché comme trafiquant, mais il n’avait pour autant pas la moindre envie de faire l’objet d’un article dans le chiffon à scandale de son associée. Et Isobel n’avait sûrement pas intérêt à ce que ses supérieurs sachent ce qu’elle faisait de ses nuits aux Folies Sorcières, aux côtés d'un mafieux…

Roy extirpa sa baguette de la poche arrière de son pantalon -qu’il n’avait heureusement pas ôté- et détruisit d’un informulé le petit appareil photo, profitant de la petite tirade de Mildred pour la prendre de court. L’expression qu’il arborait n’avait plus rien de plaisant. Elle était gonflée de leur faire ce genre de coup. Qu’avaient-ils fait de mal ? Rien, ils étaient deux adultes consentants, et Mildred n’avait strictement rien à faire dans cette histoire.

« Ca suffit, rétorqua t-il, sourcils froncés. C’est toi qui te comportes comme une enfant gâtée qui geint parce qu’elle n’a pas ce qu’elle veut. »

C’était lui qu’elle voulait, Roy l’avait bien compris, surtout après un tel discours, mais il ne pouvait pas le lui offrir. Quand bien même c’était cruel, c’était ainsi. Qu’avait Isobel que Mildred ne pouvait pas lui offrir ? Lui posait-elle réellement cette question ? Honnêtement ? Mildred avait l’âge de sa mère et des manières crispantes et froufroutantes qui lui rappelaient un peu trop sa cousine Eden pour que Roy ressente le moindre désir envers elle. Elle ne pouvait pas l’attirer de la même façon qu’Isobel l’attirait, mais cela n’enlevait rien à ses yeux de la légitimité de leur association, qui relevait d’une relation purement professionnelle. Il n’allait pas lui expliquer pourquoi il trouvait Isobel plus séduisante qu’elle, tout de même ! Premièrement, la liste était longue. Deuxièmement, il venait déjà de lui briser le coeur, il était inutile de remuer le couteau dans la plaie. Pour autant, il était de son devoir de clarifier la situation, et de raisonner son associée.

« Nous sommes associés en affaires - il appuya bien sur le terme, désireux de ne laisser aucune source de malentendu cette fois- voilà tout. Je suis désolé mais je ne t’ai rien promis, Mildred. Pas là-dessus. Tu t’es fait des idées toute seule, et c’est pas faute d’avoir essayé de te le faire comprendre sans te blesser. Je te repoussais dans toutes tes approches, je ne vois pas ce que je pouvais faire de plus. Plus il y pensait, moins il comprenait d’ailleurs. Il n’avait jamais vu de femme aussi insistante et aveugle qu’elle. Roy retrouva son ton ferme, pour conclure : Dans tous les cas, j’estime avoir le droit de fréquenter les femmes que je veux, sans que tu les menaces. »

Comment lui faire comprendre qu’il ne lui devait rien et qu’elle n’avait aucun droit de s’immiscer dans sa vie privée, sans la mettre davantage en colère ? Ce n’était pas simple, et Roy sentit comme il s’était mis dans une situation délicate… Encore une fois.



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Lorsque les yeux d'Isobel se posèrent sur Mildred Magpie, elle eut l'impression que le destin voulait lui jouer une mauvaise blague. Évidemment, de toutes les femmes qui auraient pu courir après Roy, il avait fallu que ce soit elle qui pouvait lui nuire professionnellement et elle semblait loin d'être ravie. Et pourtant, malgré tout cela, malgré la colère et les larmes de Mildred Magpie, Isy ne pouvait s'empêcher de trouver la situation désespérément comique. Pourquoi une telle scène ? Elle aurait pu mettre sa main à couper que elle et Roy n'avaient pas une vraie relation amoureuse et pourtant, elle tenait le même discours qu'une femme mariée qui découvrait que son mari la trompait après vingt ans de mariage. Quelle belle hystérique ! Gardant néanmoins ses pensées pour elle-même, Isobel se contenta de hausser un sourcil quand Mildred la qualifia de "trainée du Ministère". Allons bon, tout de suite les grands mots ! L'amusement d'Isy fut complet lorsque le mot "Caldounet" fut prononcé et elle manqua de laisser échapper un rire qu'elle réprima en s'occupant de refermer les boutons de son chemisier, chose qu'elle n'avait pas encore fait dans la surprise de l'instant.

Honnêtement, si Isobel trouvait plus amusant de laisser Roy gérer ses soupirantes désespérée, elle aurait pu répondre beaucoup de choses - et pas très aimables - au petit speech de Mildred, rien qu'à la question "qu'à-t-elle de plus que moi ?". Isy avait toujours été plutôt sûre de de côté-là et ce depuis qu'elle avait quitté la Nouvelle-Orléans et qu'elle avait compris comment se servir de ses charmes. Ce n'était pas éternel, peut-être qu'elle finirait aussi désespérée que Mildred Magpie à courir après les hommes jeunes mais en attendant, elle ne se priver pas d'en profiter. Il y avait un coté plutôt plaisant à voir la rédactrice de Multiplettes au bord de la crise de nerfs : sur le plan professionnel, Isy avait tout intérêt à s'incliner devant elle puisqu'elle disposait d'une influence médiatique plus que considérable. Elle devait lui servir sourires et flatteries au Ministère et cette petite scène avait des allaures de revanche mesquine sur le plan personnel.

Ce fut justement quand Mildred se tourna vers Isobel pour l'alpaguer que son amusement disparu. Les insultes et les allusions lui passaient au dessus de la tête - c'était tout simplement une splendide crise de jalousie - mais les menaces... Au vu de l'état de nerfs de la journalistes, ces dernières semblaient plutôt sérieuses et surtout réalisables : bien sûr qu'on pouvait faire mauvaise presse à Isobel. C'était même inutile d'aller chercher dans son passé trouble et bien caché : si ses supérieurs apprenaient sa petite histoire avec Roy, il était clair que cela ruinerait sa réputation et elle pouvait dire adieu à sa promotion, si ce n'est son poste. Le comble de la menace fut atteint lorsque Mildred fouilla dans sa poche - Isy crut l'espace d'un instant qu'elle allait leur jeter un sort - pour en sortir ce qui se révéla être un appareil photo dont le flash envahit la pièce. Il était hors de question qu'elle se retrouve en première page de Multiplettes dès le lendemain, peu importe ce qu'elle devait faire pour empêcher cela. Roy ne lui laissa néanmoins pas le temps de fomenter d'obscures machinations puisqu'il sortit sa baguette magique de sa poche pour détruire le petit objet, arrachant un léger soupir de soulagement à Isobel.

Elle n'était plus du tout amusée du tout : elle était furieuse. Il était hors de question qu'elle laisse Mildred Magpie entacher sa réputation tout simplement parce qu'elle était incapable de contrôler ses émotions. Elle était pathétique ainsi, les larmes aux yeux, oiseau tombé du nid et qu'on pourrait écraser du talon. Qu'on ne vienne pas parler à Isobel d'amour et de cœur brisé car elle n'avait jamais connu ni l'un ni l'autre et à voir Mildred ainsi dévastée, cela la tentait encore moins. Comment pouvait-on se laisser aller au point d'en oublier toute dignité ? Enfin, visiblement, ce qu'elle ne perdait pas, c'était son sens pratique et son amour des ragots de caniveau... Isobel aurait aimé lui cracher tout cela à la figure mais elle savait qu'elle ne pouvait pas se laisser aller. Roy avait beau intervenir, c'était aussi une affaire entre elles deux étant donné qu'elles seraient amenées à se revoir sur le plan professionnel. Mais que pouvait-elle dire ? Que c'était un malentendu ? Mildred était arrivée certes tôt mais Roy et elle s'embrassaient dans une chambre tandis que son chemisier en dévoilait déjà trop : personne n'irait croire au malentendu et même si Midred était une sombre cougar hystérique, elle n'était pas idiote.

- Mildred, commença Isobel d'une voix douce qu'on ne lui connaissait pas, comme si la première ne l'avait pas insultée de tous les noms et menacée quelques secondes auparavant. Je sais que la situation est délicate mais je ne pense pas qu'il est nécessaire de la déporter sur le plan professionnel. Tout cela n'en vaut pas la peine, ne pensez-vous pas ?

C'était une pierre dans l'eau, Isy en avait bien conscience : à cet instant, rien n'aurait pu calmer Mildred Magpie et surtout pas elle. Mais que pouvait-elle faire ? La seule solution qui lui venait à l'esprit était de faire taire Mildred à tout jamais mais ce n'était assurément pas la plus pacifique. Elle restait la coupable, évidemment, dans le schéma, celle qui avait détourné le grand amour de Mildred du droit chemin, l'abominable tentatrice. Les hommes avaient toujours le beau rôle lorsqu'on en venait à ces choses-là. Certes, Isobel était loin d'être innocente également et de nombreuses fois elle s'était en effet amusée à détourner des hommes du droit chemin et à les tenter, c'était l'un de ses jeux préférés, celui de la séduction. Mais la situation était un peu différente cette fois-ci : Roy et elle étaient sur un pied d'égalité. Pas sûr que Mildred l'entende, néanmoins.


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Les rêves de grand amour de Mildred Magpie s'effondrèrent aussi rapidement que se brisa au sol le petit appareil photo magique; Extirpant sa baguette d'un geste empreint de détermination, Roy Calder ne se fit pas attendre pour expédier un sortilège sur le témoin gênant de ses exploits éhontés. Décidemment en plus d'être un odieux goujat, il osait également se livrer à des actes de vandalisme. Une triste manière de remercier celle qui lui avait glissée le pied dans l'étrier du pouvoir! Surprise par la réaction de son associé, l'héritière des Folies Sorcières baissa tristement les yeux sur les débris épars et fumant du petit objectif. Absorbée par des pensées douloureuses, elle écouta à peine la leçon de morale que ne rechignait pas lui servir son partenaire en affaire. Comment un corps aussi petit pouvait contenir autant de mauvaise foi? En toute malhonnêteté, voilà qu'il osait lui rejeter la faute dessus. Les hommes se trouvaient toujours de belles excuses pour se disculper de leurs écarts de conduite. Mais la rédactrice en chef de Multiplettes n'était point dupe, et n'endosserait aucune forme de responsabilité dans cette trahison. Elle se trouvait bien dans la peau de celle qui venait de découvrir le pot aux roses, et qui se voyait trompée. Machinalement, elle passa une main tremblante dans sa chevelure rousse, comme pour en extirper les cornes imaginaires et honteuses que Roy et cette pétasse de Lavespère venaient de lui planter dans le crâne.

La bouche de Mildred se pinça d'amertume alors que Roy osait prétendre qu'elle se faisait des idées, sur l'existence d'une attirance mutuelle. Il fuyait l'évidence, dans un réflexe d'auto-défense! Peut-être ressentait-il une forme de culpabilité dans son for intérieur? Du moins Mildred cherchait à s'en persuader, de manière à se préserver de la souffrance et de l'humiliation de se voir perpétuellement éconduite. Mieux valait qu'elle s'enferme dans sa mythomanie, plutôt que d'avoir à affronter cette terrible vérité, qui lui imposait la solitude comme seule compagnie. Ce qui ne devait s'apparenter qu'à une simple sécheresse sentimentale momentanée, s'était transformé au fur et à mesure des décennies en une longue et pénible traversée d'un désert sans fin. Dans l'engagement amoureux, Mildred avait l'impression douloureuse d'effrayer les hommes. Pourtant, de point de vue physique, Mildred était plutôt une belle femme, et ce malgré le poids des années. De plus, la rédactrice de Multiplettes savait comment se mettre en valeur, et s'habiller avec style, de manière à attirer les regards sur elle. Mais bien que séductrice dans l'âme, les poissons qu'elle extirpait de l'eau, ne restaient guère de temps prisonnier de sa ligne. En effet, elle avait multiplié les conquêtes d'un soir, les histoires sans lendemain, mais la malédiction subsistait : Aucun homme ne semblait vouloir vivre le grand amour avec elle! A moins de monnayer ses fréquentations, pas l'ombre d'un membre de la gente masculine ne voulait rester plus d'une nuit avec elle! Ce manque affectif la poussait dans ses retranchement, au point d'en devenir profondément aigrie et envieuses. Mais comment ne pas être jalouse de ces Isobel, Marlène ou autres harpies qui sans le moindre effort arrivaient à mettre le grappin sur les hommes de sa vie! Une besogneuse petite Poufsouffle, qui n'arrivait rien à rien! Et malheureusement, en l'absence d'un amour concret à vivre, c'est une haine rancunière qui s'emparait de l'âme déchirée de la pie éconduite...

D'ailleurs en ce moment même, c'est cette effroyable rancœur qui déformait les traits de Mildred Magpie, alors qu'elle regardait tour à tour les deux amants surpris en plein batifolage. Roy Calder s'imposait comme le traitre égoïste, celui qui la privait d'un immense bonheur, qu'ils auraient pu partager à l'abri de leur Cabaret des Folies Sorcières. Le cœur de la quadragénaire se fissura, à la simple pensée de toutes les belles choses qu'elle ne pourrait jamais se voir offrir. Son associé au teint hâlé venait d'anéantir ses rêves, ne lui offrant qu'une horrible désillusion. Tout en le dévisageant froidement, la sorcière jalouse imagina toute sorte de plans terrifiant qui pourraient étancher sa soif de vengeance. Si les lois le permettaient, Mildred l'aurait bien enfermé dans un recoin obscur des Folies Sorcières, de manière à le garder rien que pour elle. Et aucune greluche ne serait venue le pervertir! Toutefois, le ton ferme de Roy Calder finit par l'extirper de ses pensées vengeresses, alors qu'il l'excluait totalement de son équation amoureuse. Mildred Magpie fut anéantie par le culot de son associé, et de se voir traiter comme une vulgaire menace!


"Comment oses-tu me parler ainsi? Ta mémoire est-elle aussi courte que la taille de ta baguette? N'oublie jamais que c'est moi qui t'es introduit dans le cercle des puissants! Tu me dois ta notoriété naissante! Sans moi, tu ne serais encore qu'un vulgaire larbin de la voie des Miracles! " Proche de la crise hystérie, le souffle saccadé par la colère, Mildred finit par trahir ses volontés profondes, plutôt que de les contenir. "Oui j'avoue... J'osais espérer que tu finisses un jour par m'aimer! Car je pensais le mériter! Je pouvais réellement tout t'offrir! Nous aurions été le couple le plus influent de Bristol! Mais tu as préféré trahir ma confiance, avec cette trainée du ministère... "

Mildred pointa alors l'un de ses longs ongles effilés et accusateur en direction de la jeune chargée en communication. Nul doute que si la justice magique lui avait octroyé un moyen de se venger, la sorcière rousse aurait ramener sa rivale au bon souvenir de Salem.  

"Voilà la véritable menace pour nos affaires! Cette vipère férue de magie noire! L'une de ses sorcières américaines, qui comme Sorden, vous ensorcèlent de beaux discours pour mieux vous nuire! De belles promesses qui dissimulent autant de poignards! Cela vous amuse de me tourmenter? De m'usurper mon bonheur!? "

Des larmes de douleur et de rage vinrent perler un instant le regard de la sorcière au bord de l'hystérie. Mais très vite, plutôt que de se laisser aller à la détresse, Mildred Magpie commença à sortir les ongles. Car elle avait une règle d'honneur, si jamais on se permettait de l'attaquer; La réplique devait engendrer le double de dégâts. Son visage n'exprimant plus qu'une froide colère, sa vengeance prit une orientation professionnelle.  

"Mais je me demande bien ce que dira monsieur Marchebank, si je venais à lui relater cet incident? Contre galions versés, je peux trouver mille témoins factices qui témoigneront contre vous. Et tout le monde se fichera bien de savoir si l'information est véridique ou non! Le doute sera enclenché et vous serez balayé! "

La voix mielleuse de la chargée en communication finit par pousser la journaliste à scandale dans ses retranchements. Pour elle, il ne s'agissait que d'un simple incident qui ne valait pas la peine d'être ébruité. Mais se rendait-elle compte du mal que cet "incident" lui infligeait? Le cœur de la journaliste à scandale était brisé! Jamais elle ne pourrait se relever d'une telle humiliation et avoir foi en l'amour! Folle de rage, Mildred finit par se laisser déraper sur des pentes dangereuses. Ses ongles fraichement décorés de motifs Leopard, ne demandait qu'à passer à l'action, et infliger de cinglantes griffures à sa rivale! Hystérique, elle jeta un bref regard foudroyant à Roy Calder qui se dressait entre elle et l'ignoble tentatrice du ministère. D'une voix empreinte de colère, elle lâcha la formule qui lançait le début des hostilités!    

"Tu l'entends??? Cela n'en vaut pas la peine!!! Mais je vais la dévisager cette maudite garce! "

Poignardée dans son amour possessif, et oubliant quelque peu sa baguette, la femme cougar bondit alors en avant, toutes griffes manucurées dehors!

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Le membre 'Mildred Magpie' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Piqué de la façon dont Mildred s’adressa à lui, Roy préféra garder le silence pour le moment. Il ne pouvait pas tellement répliquer. Elle n’avait pas tort, sans leur alliance, il n’aurait jamais gagné la notoriété et l’argent nécessaires pour dominer la Voie, il n’aurait jamais rencontré ses meilleurs alliés actuels, des politiciens peu scrupuleux de qui il pouvait tirer des avantages. Mais ce que Mildred ne semblait pas comprendre, c’était qu’il s’agissait d’une alliance professionnelle, et qu’il n’avait jamais été question d’autre chose. Que pouvait-il y faire, si elle était tombée sous son charme ? Quelques mois plus tôt, Roy l’aurait sans doute envoyée sur les roses sans aucune forme de ménagement, peut-être même en se moquant d’elle et de ses réactions démesurées. Tout avait toujours été physique avec lui, il n’avait jamais rien compris à l’amour… avant que cela ne lui arrive. Il comprit à la quasi-déclaration que lui fit ensuite Mildred qu’il ne s’agissait pas d’une simple attirance, et qu’elle avait eu des sentiments sincères pour lui. Une seconde, il éprouva une forme de compassion pour elle, parce qu’il savait désormais ce que cela faisait de subir une déception amoureuse.

Oh il n’allait pas la laisser se baigner de faux espoirs, il était bien obligé de lui faire comprendre que ses rêves de grand amour avec lui étaient complètement illusoires. Et il n’excusait pas pour autant l’attitude menaçante de son associée. Il chercha néanmoins à se montrer moins dur dans son ton, et faire appel à un discours apaisant, lorsqu’elle pointa Isobel d’un doigt accusateur :

« Sois raisonnable, Isobel n’a rien à voir avec nos affaires, tu te laisses aveugler par la colère. Elle ne cherche pas à te voler quoique ce soit, on se connaît depuis longtemps. »

Telle une paranoïaque, Mildred semblait faire des liens qui n’avaient aucun lieu d’exister, comme si des ennemis cachés en voulaient à sa personne. Pourtant l’équation était toute simple : Isobel et Roy se plaisaient mutuellement, et ils s’étaient connus bien avant que Roy ne commence même à traiter avec Mildred. Cela n’avait rien à voir avec la journaliste, en somme. Et ce n’était pas non plus une sombre histoire de sorcière croqueuse d’hommes pour leur extirper de l’argent. Malheureusement, parler avec raison ne semblait avoir aucun impact sur Mildred, tant elle était au bord de l’hystérie. Elle l’écouta à peine, et préféra continuer sur sa lancée en menaçant clairement la chargée de communication d’attenter à sa carrière.

Roy se tourna brièvement vers Isobel, qui adoptait le même ton apaisant que lui, pour se défendre. Elle voulut la dissuader de reporter leur conflit sur le plan professionnel, mais rien à faire. En reportant son attention sur Mildred, Roy sentit qu’elle allait faire une bêtise. Une grosse bêtise. La rage déformait littéralement ses traits et sa voix augmenta d’un ton. La dévisager ? Allait-elle réellement s’en prendre physiquement à Isobel ?


Roy se bénit d’avoir eu la prévenance de se mettre entre les deux femmes -même s’il n’allait pas se bénir longtemps- car il put intervenir. Ses réflexes le firent saisir la sorcière de ses deux bras, pour l’empêcher d’avancer davantage. Evidemment, elle se débattit comme une diablesse, planta même ses ongles dans les bras de Roy, ce qui éveilla de nouveau son impatience et sa colère.

« Ca suffit ! Calme-toi, bon sang ! Tu vas trop loin ! De force -c’était le genre de moment où il était heureux d’être un homme- il saisit Mildred par les épaules pour maintenir une distance entre eux et planter son regard furieux dans le sien. Laisse-la en-dehors de ça ! Mais qu’est-ce que tu t’imagines ? Que c’est la première avec qui je couche depuis qu'on est associés ? Tu ne me connais pas ou tu es juste aveugle ? C’est Isobel, mais ça aurait pu en être une autre. Tu veux la vérité ? Dès que je te voyais venir vers moi, j’allais chercher la compagnie de n’importe quelle autre femme, parce que tu es étouffante, Mildred. Et oui, j’ai couché avec la plupart d’entre elles. Et alors, qu’est-ce que tu vas faire ? Etrangler la moindre femme que j’approche ? Et tu espères que quelqu’un finira par t’aimer avec une attitude pareille ? Mais ouvre les yeux, la vie ne se passe pas comme dans tes bouquins à la rose ! Sur cette assertion cruelle mais vraie, le ton de Roy baissa légèrement. Je suis désolé si je te déçois, mais je préfère être clair avec toi. Ca ne pouvait pas continuer comme ça, de toute façon, aussi bien pour toi que pour moi. »

Roy savait qu’en faisant digérer de force les pires vérités à son associée, il risquait de se mettre définitivement en froid avec elle, mais il espérait que Mildred soit suffisamment raisonnable -ou en tout cas, consciente de ses autres intérêts- pour ne pas prendre de mauvaises décisions. De son point de vue, l’affaire pouvait être réglée sans dégâts démesurés, car il n’y avait pas de méchant dans cette histoire, seulement des intérêts incompatibles. Il espérait avoir assez sonné et refroidi Mildred pour qu’elle prenne conscience de l’absurdité de cette situation. Enfin, ça… C’était dans le meilleur des cas.

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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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S'il y avait bien une chose que les sorcières de la Nouvelle-Orléans n'aimaient pas, c'était bien être comparées à leurs consœurs de Salem. Contrairement au Royaume-Uni, le monde magique des États-Unis d'Amérique était bien plus grand et possédait plusieurs foyers importants ainsi que plusieurs écoles de magie très différentes. Il y avait évidemment les grandes écoles américaines, sur le modèle des écoles de Salem, mais on retrouvait également des magies moins connues comme les quelques communautés amérindiennes qui persistaient et... La Nouvelle-Orléans. Le statut de cette dernière était un peu particulière. Cité historique de la magie vaudou, elle abritait une communauté de sorciers et de créatures magiques, notamment des loups-garous et des vampires, importantes, bien qu'Isobel se doutât que cette dernière eut été violemment touchée par l'ouragan de 2005, bien qu'elle déteste penser à cela. Quoi qu'il en soit, la Nouvelle-Orléans revendiquait une identité culturelle forte – si ce n'est une indépendance – et s'arrangeait pour que le gouvernement magique ne mette pas trop son nez dans leurs affaires. Salem représentait une autorité un peu trop envahissante et surtout un peu trop lumineuse. Tout le monde pensait à Salem, jamais à la Nouvelle-Orléans et pourtant, il ne fallait pas longtemps pour trouver qui possédait le véritable talent.

C'est bien pour cela que la mention des sorcières de Salem et d'Ana Sorden fit lever les yeux au ciel d'Isobel et ne fit que renforcer son agacement. Les menaces de Mildred n'avaient de cesse d'empirer et Isy sentait les fourmillements familiers de la magie qui courraient dans ses doigts. Sa baguette était dans son sac à main, elle n'avait jamais lancé d'Oubliettes mais après tout, quelques dommages collatéraux sur le cerveau de Mildred ne feraient aucune différence, n'est-ce pas ? Tout le monde n'y verrait que du feu. Il était hors de question qu'elle laisse cette femme détruire ce qu'elle avait soigneusement construit en Angleterre, tout était bien trop fragile. La réputation d'Isobel était impeccable : employée modèle et communicante talentueuse, elle avait vite fait ses preuves au sein du Niveau 1 et son supérieur lui confiait des dossiers délicats les yeux fermés. Son image au sein du Ministère était impeccable, on la considérait comme discrète et efficace et cela lui allait très bien, Isy n'avait clairement pas envie que ses petites affaires privées – et pas très glorieuses – s'ébruitent, surtout pas sous la plume revancharde de Mildred Magpie. Les faits seraient déformés, amplifiés et maltraités et cela serait presque impossible à rattraper. Isobel avait beau avoir fait de la communication son métier, elle savait qu'une rumeur bien implantée était quasiment impossible à rattraper, surtout lorsqu'elle était juteuse et plaisait au public. On pouvait détourner l'attention et l'enterrer mais elle ressortirait toujours dans les moments les plus fâcheux. Non, assurément, elle ne pouvait pas se le permettre : Magpie ne s'en sortirait pas comme cela.

Toute à ses pensées de « comment se débarrasser d'une rédactrice en chef d'un quotidien national discrètement ? » Isobel ne vit qu'au dernier moment le geste de Mildred envers elle et recula brusquement d'un pas lorsque cette dernière se jeta sur elle comme une enragée, les ongles dehors, et en hurlant qu'elle allait la défigurer. Elle avait connu des femmes considérées comme peu saines d'esprit dans sa vie – sa mère, sa grand-mère, toutes les femmes de sa famille dans l'ensemble – mais Mildred Magpie battait des records. Roy lui saisit les poignets avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit et la repoussa avec force en perdant son calme pour la première fois de cette entrevue, ce qui semblait nécessaire pour faire rentrer les informations dans la tête de Mildred. Néanmoins, si elle validait la première partie du discours, la suite était beaucoup moins diplomate – même si elle était entièrement et complètement d'accord et qu'elle aurait même fait pire si elle avait eu de la marge de manœuvre – et risquait de fortement contrarier la vieille harpie. D'un geste discret, Isy se rapprocha de son sac qui contenait sa baguette, sans pour autant prononcer un mot. Savait-on jamais: elle préférait les deux associés régler leur petite crise de ménage.


Isobel Lavespère
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Les coeurs brisés [Mildred, Isobel, Roy]

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