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 Le Tremplin [Irvana, Mildy et le public en déliiire !]

Irving WhitakerAubergisteEn ligneavatar
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Samedi 8  Novembre 2008

« …fait pas mal de shows dans les bars d’Aber et de Bristol l’année dernière et on a même joué  en Europe : Paris, Amsterdam –Un concert amazing-  et Berlin –une super presta’.»  Le chanteur de Rebel Spell rejeta sa tête en arrière afin de chasser la longue mèche blonde qui lui barrait le visage. « Donc ce soir, ça devrait être une formalité. »
- Ah. Répondit Irving, les mains plongées au fond des poches de son jeans.
-Et vous alors ? Vous avez joué où avant ? Qui est votre manager ? Harrick ? Stenson ?
-Ben… On n’ en a pas en fait.
Le chanteur peina à cacher son étonnement mais il esquissa bien vite un petit sourire.
- Ah. Vous êtes du genre Old-School toi et ta copine. I like this !, ajouta-t-il en observant Juliana qui finissait de se préparer un peu plus loin derrière Irving.
L’ex Gryffondor suivit le regard du blondin avant de se retourner pour lui offrir un faux sourire :
-Non on est juste du genre fauché.
-Ahah. T’es funny, toi, répondit le blond en le montrant du doigt, I like this ! » ajouta-t-il en s’éloignant à reculons, Good luck pour tout à l’heure. »
-C’est ça…. » Lança Irving en hochant lentement la tête.

Le blondin disparut entre les autres musiciens qui se préparaient autour d’eux dans la loge bondée des Folies Sorcières. En quelques enjambées Irving rejoignit le petit espace qui était imparti à  Irvana  -Entre un portant recouvert de vêtements et la porte des toilettes-  puis il s’installa sur une chaise face à sa binôme.

« Oh bordel, j’aurais jamais pensé dire ça un jour mais ce type était encore plus arrogant qu’un putain d’sportif m’as-tu-vu ! » souffla-t-il en roulant des yeux.

Il faut dire que le tremplin organisé par les Bizarr Sisters avait drainé son lot de participants. Ils étaient au moins une trentaine de groupes pressés dans cette pièce. L’enjeu était de taille : Faire la première partie des Sœurs lors de leur tournée « Black Dragons » ! Qui ne rêvait pas de faire l’ouverture d’un tel monument du Rock !?

Quand Irving avait lu l’appel à candidature dans le Rock N’ Sorc’ de septembre, il n’avait pas hésité une seconde. Il avait renvoyé le coupon réponse pour Irvana en sachant pertinemment que les DB ne pourraient pas participer à cette soirée, ni à la tournée qui s’annonçait s’ils étaient miraculeusement sélectionnés.
Pour le concert de ce soir, on leur avait demandé de préparer un titre original qu’ils avaient écrits à quatre mains, après avoir enquillé des gobières jusque tard dans la nuit. Irving en était plutôt fier d’ailleurs. En toute objectivité, il ne pensait pas être le groupe qui serait sélectionné -Irvana n’existait que depuis quelques mois et la concurrence était rude- mais il était heureux d’avoir l’opportunité de jouer ce morceau sur la scène des Folies devant les Bizarr’ Sisters.

Oh Merlin, il allait les rencontrer en vrai, Irving n’arrivait toujours pas à y croire ! Le jeune homme attrapa sa Red-Phoenix et la réaccorda pour la vingtième fois de la soirée. Le tremplin commençait officiellement dans moins d’une heure et il sentait la pression monter.

« Ca va ? Pas trop stressée ? » Demanda-t-il autant pour se rassurer lui-même que pour converser avec Julia.

Il observa la jeune femme attentivement durant quelques secondes, cherchant à deviner ce qu’elle ressentait à cet instant précis. Il faut dire que Juliana était plus distante depuis la guerre des gangs qui avait secouée Bristol.  Elle avait été aux premières loges puisque les échauffourées s’étaient déroulées dans son restaurant et durant son service mais l’ancien Gryffondor n’en savait pas plus. Il se doutait juste qu’elle avait du  mal à se remettre de ce nouveau coup dur après la mort de son père. Qui plus est, le climat instable qui régnait actuellement à Bristol ne devait pas aider !

Au moins leur musique lui servait d’exutoire, en tout cas, c’est ce qu’Irving espérait.

Il accorda un sourrire à la jeune femme et il  finit par s’étirer, faisant tomber au passage les tenues de leurs concurrents posés sur le portant derrière lui. Il se baissa pour les ramasser et ne put retenir plus longtemps un éclat de rire.

« Hé regarde ! C’est un signe, lança-t-il en brandissant le vêtement devant lui,  Klem & Roy auraient dû nous accompagner ! » Ricana-t-il en visualisant les deux amis dans cet habit de lumière. D’ailleurs, tu penses qu’ils seront là ce soir ? »

Irving se prit à espérer que son voisin serait de la partie, bien présent dans le public. Déjà que Nora et Donald étaient bloqués à Poudlard, que Juliet & Jeremy étaient surement occupés à pouponner alors il comptait sur la présence de la petite bande de la crémaillère pour être les témoins de ce jour mémorable !

Hors jeu:
 
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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VIP. Klem esquissa un sourire à l'entente des mots de son meilleur ami. Il avait bien l'intention de profiter de son nouveau titre pour accéder aux coulisses et aller encourager son voisin. Il n'aurait jamais cru dire ça mais Irving était une sorte de deuxième Roy, plus jeune et moins... mafieux. Il était super cool et il aimait passer ses soirées d'après boulot à l'Entr'pote avec lui. Rire, gobières et anecdotes assurés. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il entraînait Roy derrière lui pour s'assurer le droit de passage. Il lança un sourire candide au vigile en charge de la sécurité et désigna Roy pour lui montrer qu'il était accompagné du grand patron.

Il se faufila à travers les artistes en pleine préparation lorsqu'il aperçut les bouclettes désordonnées de son ami. Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres alors qu'il prenait son élan pour atterrir sur le dos d'Irving et lui coller un gros bisou baveux sur la joue. Il murmura alors à son oreille.

"Je t'avais dit que je viendrais mon petit Vigounet."

Il relâcha son ami, cachant à grand peine un éclat de rire. Il se dirigea ensuite vers Juliana et la prit d'autorité dans ses bras pour lui souhaiter bonne chance.

"Bonne chance Julia chérie, il laissa son regard glisser sur la tenue de la jeune femme et un sourire mutin étira ses lèvres. Très jolie tenue."

Il relâcha légèrement Julia, gardant un bras autour de ses épaules, il glissa son autre bras autour des épaules d'Irving et les fixa en retrouvant son sérieux.

"Vous allez tout déchirer. Z'êtes les meilleurs. N'est-ce pas Roy ?"

Il interrogea son ami d'un regard alors que ce dernier se tenait légèrement en retrait.


Klemens Dabrosky
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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"Mouaimmff..."

La vague réponse qui émergea de Juliana en disait long sur son état d'esprit. A l'heure actuelle, la jeune femme n'était pas sure de pouvoir prononcer quoi que ce soit sans rendre son petit déjeuner, ce qui n'augurait rien de bon pour la suite. Elle espérait vivement que ses entrailles allaient se dénouer une fois sur scène, car elle s'en voudrait de ridiculiser Irving, mais rien n'était moins sur... Qui eut cru que tuer un homme engendrait moins de stress qu'un simple petit concert de rien du tout devant une salle bondée, pour faire la première partie des Bizarr' Sisters ? Certainement pas elle, et pourtant, force lui était de constater qu'elle ne faisait pas partie de ces artistes pour qui la scène était quelque chose de naturel. Juliana se demandait même très sérieusement ce qu'elle faisait là et ce qui lui était passé par la tête le jour où elle avait accepté l'offre d'Irving. Elle était serveuse, elle savait servir des assiettes et c'était tout ! Pour qui se prenait-elle, à se mesurer à ces bêtes de compétition, ces artistes accomplis qui se vantaient devant Irving pendant qu'elle peinait à faire tenir ses cheveux en une coiffure acceptable ?

D'un geste agacé, Juliana ôta les pinces qu'elle essayait de placer dans ses cheveux et les laissa retomber mollement sur ses épaules. Cela lui donnerait un look plus rock, voilà tout. Si seulement elle se souvenait du sort qui permettait à ses camarades de dortoir de donner du volume à ses cheveux, elle était sure qu'Alicia le connaissait... Mais impossible de s'en rappeler. Si seulement elle se souvenait des paroles de leur chanson ! La jeune femme pâlit en réalisant qu'elle aurait été incapable de se souvenir du premier couplet en cet instant, même si sa vie en dépendait. Oooh, Merlin, ohhhhh...

Juliana était au bord de la crise de panique quand Irving lui demanda comment elle allait, et elle dut se forcer pour ne pas le saisir par les épaules pour le secouer comme un prunier. C'était entièrement sa faute !

"Tout roule", souffla-t-elle néanmoins, en essayant d'accrocher un sourire à ses lèvres, ce qui se traduisit par une affreuse grimace. "Et toi ?"

Irving parvint néanmoins à lui arracher un rire lorsqu'il lui montra un justaucorps, en souvenir d'un de leurs délires. L'image de Klem et Roy portant cette chose la détendit et elle continua à la visualiser en rigolant. Cela la força à ne pas penser à ce qu'Irving suggérait, et qui la terrifiait. Un public, ils auraient peut-être un public... Bon, ils allaient avoir un public, ça c'était sûr, mais s'il y avait des personnes qu'ils connaissaient dedans ?! Ce serait forcément le cas, Juliana le savait au fond d'elle. Elle connaissait de vue la moitié de Bristol, qui constituerait probablement une bonne partie de l'audience au vu de l'actualité récente, et elle savait déjà qu'Alicia serait là. Mais Alicia saurait faire preuve de tact face à leur échec cuisant. Klem et Roy ? Merlin, pourquoi n'avait-elle pas pensé qu'ils pourraient être là ? C'était pourtant évident... Et ils ne les laisseraient jamais oublier cela. Et puis elle n'avait pas vu Roy depuis...

"J'espère bien que...", commença Juliana avant d'ouvrir des yeux ronds comme des soucoupes face à l'arrivée brusque de Klemens. "Hé bah, quand on parle du loup..."

La jeune femme sentit ses entrailles se contracter un peu plus en découvrant Roy derrière Klemens. Oh, Merliiiiiin. Pourquoi le sort s'acharnait-il contre elle aujourd'hui ? Et comme il n'avait pas fini de s'acharner, une seconde personne fit presque aussitôt son apparition à côté du trafiquant.

"Coucou Roy, coucou Alicia", lâcha Juliana avec un sourire crispé, son regard passant de l'un à l'autre tandis qu'elle se tapait mentalement le front contre la porte des toilettes. Bien. Ne pas laisser ce moment devenir gênant, elle ne pouvait pas supporter cela maintenant, c'était déjà bien assez stressant de savoir qu'elle allait bientôt devoir monter sur scène devant pleiiiiiin de monde pour chanter cette chanson dont elle ne connaissait plus les paroles, elle qui ne savait de toute façon chanter que dans l'imagination d'Irving.

"C'est gentil d'être venus nous encourager, les garçons", dit-elle bravement en déposant une bise sur la joue de Klemens, dont elle ignora les encouragements. Si seulement il savait à quel point c'était la catastrophe, à quel point elle allait tout rater ! Se dégageant de son étreinte, elle fit quelques pas vers Roy, à qui elle adressa un sourire maladroit. Que devait-elle faire ou dire ? Rien semblait être une bonne façon de procéder, décida-t-elle avant de se tourner vers sa petite-amie avec un certain soulagement.

"Alicia ! J'suis contente que tu sois là ! Fais quelque chose pour mes cheveux, je t'en supplie, j'ressemble à rien !"




Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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C’est qu’il paradait comme un paon, en plus. Roy ricanait intérieurement en voyant Klemens marcher devant lui et faire des commentaires sur absolument tout, puis se présenter comme une fleur face au vigile qui gardait les loges en le pointant du doigt, comme si sa personne était un passe-droit sur pattes. Ce qui était le cas. Et Klem le savait très bien. Ce profiteur ! Il ne changeait pas.

Son sourire se fana un peu en pénétrant dans les loges, tandis qu’il laissait Klemens prendre les devants. Roy restait volontairement en arrière, à quelques pas de distance, moins enthousiaste que lui. Allons, bon. Il avait décidé de tourner la page, non ? Il y croyait, il avait vu d’autres femmes depuis, Isobel, Thelma, pour ne citer qu’elles, cela prouvait bien qu’il était passé à autre chose, n’est-ce-pas ? Revoir Juliana, et constater qu’elle ne lui faisait plus aucun effet, n’était-ce pas un bon test ? Il n’allait pas la laisser lui gâcher ses soirées non plus, et puis, il était adulte, par Merlin, il pouvait bien surmonter cette déception et continuer de la croiser sans avoir l’impression que son monde s’effondrait.

Il allait bientôt le savoir de toute façon. Il resta un peu en retrait, attendant que Klemens ait fini ses effusions d’affection, avant de se diriger d’abord vers Irving.

« Hey, comment ça va ? le salua t-il, en lui frappant amicalement la main. Mais oui, le petit étranglement passager de la dernière fois était parfaitement oublié. Alors on vient gratter de la guitare dans la cour des grands ? »

En rajouter à leur stress ? Pas du tout. Roy effaça son sourire goguenard et reprit, en réponse à Klemens :

« Mais oui, vous êtes les meilleurs. Il l’avait entendu jouer, Irving se débrouillait très bien. Et Juliana avait une belle voix, même si on allait l’accuser de ne pas être objectif. Je t’aurais bien proposé de la mandragore pour te détendre avant de passer, mais tu m’as l’air déjà bien serein toi, je me suis fait devancer ? » ricana le trafiquant, en donnant une dernière tape à l’épaule d’Irving, en guise d’encouragement.

Juliana, en revanche… Roy ne put s’empêcher de la regarder de haut en bas, même s’il ne fit pas de pas vers elle. Juliana n’avait jamais été le genre à cacher ce qu’elle ressentait, en l’occurrence, elle paraissait bien au bord de la panique, son sourire crispé ne dupait pas le trafiquant. Pourtant, aux yeux de Roy, elle était tout prête. Il la connaissait courageuse et passionnée dans ce qu’elle faisait, elle allait assurer. Il n’en doutait pas une seconde. Même si elle avait l’air de s’être acharnée sur sa chevelure et qu’elle avait trituré ses vêtements d’angoisse, elle était magnifique. Elle l’était d’autant plus qu’elle laissait voir toutes ses craintes, mais ce n'était pas du tout le moment de la serrer dans tes bras, Roy.

Alicia ? Il ne l’avait pas vue arriver. Roy s’aperçut qu’il s’était encore une fois laissé emporter dans ses pensées. Il détourna le regard, saluant d’un bref signe de tête la médicomage. Un bref silence un peu gêné s’installa, que Roy ne fit aucun effort pour rompre. Ah ça y est, sa mine des mauvais jours revenait. Etait-ce sa faute ? Il ne savait pas ce qu’il faisait là, tout compte fait. Juliana s’en sortirait très bien sans lui, Alicia était là, après tout, et c’était elle dont elle réclamait l’aide. Cette scène avait d’ailleurs comme un arrière-goût de déjà vu, se rendit-il compte, en croisant le regard de Klemens. Sauf que cette fois, il y avait Irving entre eux quatre.

« Bon. On va se trouver des bonnes places. Bon courage à tous les deux, ça va bien se passer, termina t-il, avec un sourire trop bref pour être autre chose que forcé. Tu viens, Klem ? »

Il plongea son regard dans celui de son meilleur ami, priant pour qu’il n’insiste pas pour rester.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Mildred poussa un profond soupir, tandis que les quatre membres immatures des Bizarr'Sisters se lançaient dans une grotesque bataille de pop-corn. Des gamins dans des corps d'adultes, voilà tout ce qu'ils étaient! La sorcière ne comprenait pas comment ces pseudo-artistes pouvaient susciter autant d'admiration de la part de la jeunesse : Leur musique était braillarde, ils se fagotaient de manière extravagante, et ils n'ouvraient la bouche que pour prononcer des paroles puériles! De plus, les Sisters avaient largement abusés sur la boisson, allant même jusqu'à faire vomir, le pauvre Volderêve. Une honte! Juchée sur l'estrade qui se tenait prête à accueillir les membres du jury et des officiels, Mildred Magpie jouissait d'une vision d'ensemble, lui permettant de surveiller et d'annihiler le moindre écart de conduite. En effet, le troll Frapedur se tenait prêt à intervenir, même si en ce moment la fosse paraissait bien plus calme que le balconnet des célébrités. En fixant sa chaise vide, l'héritière des folies sorcières se demanda un instant où se trouvait son lubrique associé. En coulisse, nul doute que Roy Calder devait butiner une jeune fleur à peine majeure et en mal d'émotion forte. Mildred s'était faite à cette idée, et fermait désormais les yeux sur les agissements du trafiquant. Son associé n'avait plus qu'une fonction d'enrichissement. Tout à coup, un jet de popcorn dévia de sa trajectoire initiale, pour venir s'enfuir dans le corsage de la rédactrice en chef de Multiplettes. Cette dernière leva un regard dédaigneux au plafond, tandis qu'elle ne pouvait plus supporter rester une seconde de plus auprès de cette bande de gosses quadragénaires! En cette soirée, Mildred avait un rôle officieux bien plus important que celui de faire de la garderie! Tandis que Donaghan Tremlett était juste mort de rire, le chanteur des Bizarr'Sisters tenta de s'excuser auprès de la tenancière.

"Désolé m'dame! J''avais juste parié qu'il n'y parviendrait pas... "

Trop c'est trop! Mildred poussa un profond soupir, extirpa avec mépris le projectile, avant de se lever quelque peu furibarde. Elle ne se sentait définitivement pas à sa place auprès de cette bande de grossiers personnages, et une ronde de surveillance dans les loges, lui ferait le plus grand bien. Le matin même de ce tremplin, la sorcière rousse avait reçu un hibou en provenance du ministère qui soulignait à quel point cette soirée ne devait comporter aucune forme de transgression pouvant mettre à mal la politique sécuritaire que venait d'amorcer le FREE à Bristol. En fidèle et loyale pion du système, Mildred Magpie voulait faire preuve de zèle quant à cette directive. AUCUN débordement n'aurait lieu dans SON Cabaret! Et même si cela impliquait d'ordonner à son Troll de sécurité de jeter un adolescent imbibé de Bierraubeurre à la Mer! Cette soirée placée sous le signe du "Rock'n'roll" ne comporterait aucun débordement. D'un pas décidé, en mode grande inquisitrice, Mildred Magpie traversa la salle, pour se faufiler derrière le rideau de la grande scène. Le tremplin devait débuter dans quelques minutes, et la sorcière voulait vérifier une dernière chose auprès des jeunes artistes en herbe...

Mildred Magpie poussa alors la porte des loges où s'entassaient les divers participants, et éleva quelque peu le ton afin d'imposer le silence. Son petit speech de bienvenue n'avait en vérité que pour fonction de favoriser son inspection auprès des groupes. En effet, la journaliste tenait en main un petit calepin, qui s'apprêtait à recevoir diverses annotations.  

"Amis musiciens, je vous souhaite la bienvenue dans mon Cabaret des Folies Sorcières! Je me nomme Mildred Magpie, et comme vous le savez très certainement, je suis l'investigatrice de ce merveilleux concours! Ceux qui auront la chance de récolter les faveurs de notre jury, se verront octroyer le droit d'assurer la première partie du grand retour sur scène des Bizarr's Sisters. Je tiens à vous informer également que bon nombre de représentants des labels de musique magique se trouvent réunis dans la salle, et que Dylan Starvis, le célèbre chroniqueur de "Rock'n'Sorc" sera également parmi nous. Comme le dit un dicton, la musique adoucit les mœurs... Alors j'exigerai de vous aucun débordement intempestif qui puisse nuire au bon déroulement de ce tremplin musical, sous peine de vous voir éliminer prématurément. Maintenant, je vais passer auprès de vous, afin de récolter de précieuses informations qui seront très utiles pour les délibérations de notre jury. Je répondrai également à toutes vos questions... "

Sans plus attendre, Mildred se dirigea alors vers un premier groupe, dont le leader charismatique cherchait la bonne tonalité pour son morceau de Rock.

"Bonsoir. Je vous prie de bien vouloir m'indiquer le nom de votre groupe, ainsi que l'œuvre que vous voulez présenter à notre jury ce soir... "

Le jeune rocker dont la silhouette irradiait de senteur mandragorée, entama alors son récital.

"Yep, M'dame Magpie. Devlin Stratonino pour vous servir! Mon crew s'appelle les "Sisters of the Dark Moon Side", c'est un p'tain de bijou Rock-Fusion qui déchire sa mémé... si vous voyez ce que je veux dire... Notre "song-choice" s'intitule "Your my lord in the cold dark night! ", et je la dédicace à un grand monsieur... "

Mildred tiqua quelque peu sur le personnage, se demandant si la chanson interprétée contenait quelque chose de subversif. Croisant les bras sur sa poitrine, le regard méfiant, elle fit un geste de la main afin de demander au leader des "Sisters of the Dark machin chose" de bien vouloir lui montrer les paroles de la dite chanson.

"Mais je vais faire bien plus M'dame, si vous vl'ez bien, j'vais vous la chanter en avant-première et à capella... " L'artiste enfumé fit alors résonner un La-Mineur sur sa guitare, puis s'échauffa la voix "Milano-Torino-Napoliiii, Milano-Torino-Napoliiiii...! D'solé mes origines italiennes qui parlent...! "

Puis il lança son refrain d'une voix qui oscillait entre les basses et les envolées de soprano. Devlin Stratonino semblait habité par sa chanson, ses pas de danse frôlant la perfection, nul doute qu'il allait figurer parmi les favoris de ce tremplin magique! De plus, ses paroles, bien que fortement orientées politiquement, ne pouvait que satisfaire une Mildred Magpie qui léchait désormais les bottes du ministre Marchebank.

"All your woooords are made of gooooold!
You're my looord in this pretty wooooorld!!!
Gooooood bless my king Leoooopooooooold!
oooooh yeaaaah!
"

Une fois le massacre sonore terminé, Mildred s'empressa d'applaudir frénétiquement la performance du jeune homme, qui correspondait en tout point aux critères de sélection qu'elle s'était fixée. La géante des folies sorcières se permit même le luxe d'étreindre le jeune homme, et de lui chuchoter une confidence à l'oreille.

"Maintenant, je comprends mieux tous le sens de l'expression " sa déchire sa mémé"! Je serai très heureuse de pouvoir m'entretenir avec vous en privé après le concert. Car vous êtes assurément mon chouchou pour la victoire finale... "

Puis elle se décolla enfin du jeune homme, pour se diriger vers un autre groupe de musiciens vers lesquels se tenait son associé, et un illustre inconnu. Mildred feignit la joie de retrouver son associé des Folies Sorcières, bien qu'elle soit surprise de le retrouver dans les loges de SON spectacle.

"Roooooooy, mais que fais-tu ici? Tu n'étais pas sensé t'occuper des nouvelles tables de jeu du casino? " Un regard sur les membres du groupe, et Mildred Magpie se fit automatiquement une idée sur les raisons de la présence de Roy Calder dans les coulisses de son spectacle. Ce n'était certainement pas le jeune homme bouclé qui intéressait son associé, mais plutôt la ravissante jeune femme qui se tenait à ses côtés. Mildred piqua cette dernière de son index, un sourire moqueur aux lèvres. "Ooooh! Je comprends mieux maintenant... " Puis, l'attention de la sorcière se reporta sur le séduisant jeune homme aux bouclettes anormalement frisées. Sans crier gare, intriguée par ce phénomène capillaire, Mildred balaya de sa main blanche la chevelure du jeune homme.

"C'est naturel cette crinière? Ou est-ce un artifice magique? "

Toujours aussi tactile, Mildred Magpie finit par revenir à des préoccupations plus professionnelles, tandis qu'elle posa la question rituelle qui expliquait sa venue dans les loges.

"Je vous en prie... Nom du groupe, chanson choisie et paroles de celle-ci? "  

Sourire aux lèvres, elle tendit sa paume ouverte en direction du groupe de Rock. Un contrôle bien nécessaire qui permettrait à ce concours de se dérouler sous les meilleurs auspices...


Irving WhitakerAubergisteEn ligneavatar
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Juliana avait beau affirmer le contraire elle n’avait pas vraiment l’air dans son assiette. En effet, cela faisait dix bonnes minutes qu’elle s’échinait sur sa coiffure, en vain, si bien qu’elle semblait franchement désespérée.

« Mais laisse comme ça, c’est très bien naturel ! » souffla Irving en devinant son agacement.

Le concernant, il n’avait pas particulièrement soigné son style aujourd’hui. Son tee-shirt des Dark Boursouf était l’unique fantaisie qu’il s’était permis -en hommage à ces potes musiciens de la première heure- et pour le reste, il avait opté pour ses vêtements sombres habituels. De toute manière, Juliana était le joyau de leur duo, celle qui attirerait le feu des projecteurs. A la différence de la chanteuse du  groupe voisin qui venait de sortir des toilettes dans son justaucorps moulant, Julia n’avait pas besoin d’artifice ou d’un costume aguicheur pour briller, sa voix parlerait d’elle-même.   De toute manière, ils venaient là pour faire de la musique, et non pas pour participer à l’élection de Miss Monde Magique et Irving mettait un point d’honneur à ce qu’ils restent fideles à ce qu’ils étaient : Deux enfants de la Cité Nimbus, passionnés de Rock. Ni plus ni moins.

Perdu dans ses réflexions,  il ne vit pas Klemens traverser la loge et il ne se rendit compte de sa présence que lorsque ce dernier se jeta littéralement sur lui pour l’enserrer dans ses bras.

« Non. Non. NON, grogna Irving en tentant de maintenir sa joue à bonne distance des lèvres  humides de Klemens. Mais c’était sans compter avec l’ardeur débordante du loup qui y déposa un bisou bien baveux.

«  Nooonaaaarrrgh ! Putain Klem ! » bougonna-t-il en essuyant son visage sur son épaule, t’es dégueu ! »

Comme si l’humiliation n’avait pas été assez grande, son ainé se paya le luxe de l’appeler « Vigounet ». Pour toute réponse, Irving pointa son majeur dans sa direction et lui adressa un regard noir, même si, en son for intérieur, il était vraiment content que son voisin ait fait le déplacement pour tenir sa promesse.

En dépit de leur différence d’âge, Irving avait l’impression de nouer des liens privilégiés avec son ainé. Il ne savait pas trop s’il pouvait d’hors et déjà parler d’une réelle amitié –c’était peut-être trop tôt pour le dire- mais les deux garçons prenaient plaisir à sortir en ville ensemble ou se retrouver chez l’un ou chez l’autre autour d’une gobière. Avec Donald à Poudlard et Jeremy bien occupé entre ses études et sa vie de famille, Irving avait peu d’ami homme et l’ex-gryffondor devait avouer que le climat de franche camaraderie qui régnait entre lui et Klemens était plutôt agréable. Sauf quand ce dernier décidait de lui baver sur la joue, bien sûr.

Pas rancunier pour deux sous, Irving ne se laissa toutefois attirer près de son voisin qui prenait à témoin Roy, l’obligeant quasiment à affirmer qu’Irvana était le meilleur groupe du tremplin. Irving leva  les yeux au ciel en ricanant doucement devant l’enthousiasme de Klemens. Lui-même, il n’était pas vraiment là pour gagner. Il n’avait jamais été un compétiteur dans l’âme et la seule chose qui importait à ses yeux était de prendre du plaisir sur scène … en essayant toutefois de ne pas être complètement ridicule. Comme le soulignait très justement Roy, ils jouaient dans la cour des grands ce soir.  Irving checka d’ailleurs avec ce dernier  (apparemment, c’était la manière de se saluer en vogue à Bristol) avant de répondre à sa remarque.

« Et quelle cour ! souffla-t-il en indiquant du regard la pièce où ils se trouvaient recouverte de moulure rococo et éclairée par un énorme lustre à pampilles- Il parait d’ailleurs  qu’c’est un peu à toi tout ça ! ajouta-t-il en observant les lieux d’un air appréciateur.

A vrai dire, Irving avait été plutôt surpris d’apprendre que le trafiquant était en réalité un homme aussi influent. Il ne l’avait croisé qu’en de rares occasions depuis cet été. Pour lui, Roy était le meilleur-ami et le dealer attitré de Klem. Irving l’imaginait vivre une vie assez semblables à la leur : Un job basique, un petit appart en centre ville, des soirées entre potes et quelques magouilles pour arrondir les fins de mois. Rien de plus. Alors, rien ne laissait présager qu’il fût en réalité le nouveau gérant des Folies Sorcières ! Que ce soit au poker ou dans la vie, Roy cachait bien son jeu et il avait incontestablement la bosse des affaires… D’ailleurs, n’était-il pas en train de lui proposer de la mandragore ?

Irving laissa fleurir un sourire coupable sur ses lèvres. Roy avait vu juste, il n’en avait pas vraiment besoin. Il s’était roulé un petit joint avant de venir ici, histoire de ne pas se laisser ronger par le stress et il était forcé de constater que c’était plutôt concluant puisqu’il se sentait carrément détendu.  Plus que Julia en tout cas qui semblait avoir blêmit encore plus depuis l’arrivée de Klemens et Roy. Il s’apprêtait d’ailleurs à lui conseiller de boire quelque chose –ou d’aller se faire vomir au toilettes- quand elle retrouva un peu de sa superbe en découvrant sa petite-amie. La fameuse Alicia.
Curieux, Irving observa la jeune femme qu’il ne connaissait pas encore avant de la saluer d’un bref « Salut ! »engageant. Juliana avait visiblement autre chose en tête que de faire les présentations officielles alors l’ancien-Gryffondor reporta machinalement son regard sur Roy. Contre toute attente, ce dernier ne tenta pas d’étrangler la jolie Alicia. Le petit numéro de l’ex possessif semblait révolu. A la place, un silence un peu gêné s’installa. Irving surpris même un regard échangé entre son voisin et le trafiquant sans qu’il puisse comprendre ce qu’il sous-entendait.  Après tout, Roy, Klem et Julia  se connaissaient tous depuis un sacré bout de temps et ce n’était pas quelques soirées passées en leur compagnie autour d’une gobière qui permettraient à Irving de décrypter ce qui se jouait actuellement. L’ex-Gryffondor resta donc silencieux préférant ne pas intervenir plutôt que de risquer de mettre un pied dans le chaudron. Il fit mine de ne pas avoir remarqué le malaise et se contenta de remercier les deux potes qui s’apprêtait à s’éclipser.

Mais l’arrivée impromptue de la reine des lieux, Mildred Magpie, les obligea à rester encore un peu. Le silence se fit instantanément dans la loge tandis qu’elle se présentait et qu’elle expliquait le déroulement de la soirée. Irving échangea un regard avec Julia quand la propriétaire mentionna la présence de Dylan Starvis dans l’auditoire et il se félicita d’avoir opté pour la Mandragore ce soir sans quoi il aurait été complètement tétanisé. Bon, ça ne l’empêchait pas d’être un peu stressé mais juste assez pour que cela soit motivant et que l’impatience prime sur l’angoisse.  L’ex-Gryffondor expira et sautilla sur place en se frottant les mains avant de s’asseoir sur l’accoudoir de son fauteuil le temps que Miss Magpie passe vers les autres groupes.

« C’est ta chef ?» s’enquit-il auprès de Roy sans quitter des yeux le leader de "Sisters of the Dark Moon Side" qui entamait un véritable numéro de charme auprès de la quadragénaire. Irving haussa quelque peu les sourcils en entendant les vocalises de ce cher Delvin avant de grimacer très franchement devant les paroles de sa chanson et sa chorégraphie.

« Franchement. Si c’est eux qui gagnent, j’fais une DBD. » souffla-t-il en se laissant glisser de l’accoudoir au fond du fauteuil. Finalement, ils avaient peut-être leur chance, se dit-il en passant une main sur son menton. Lui, une rock star, en tournée avec Juliana et les Bizarr’Sisters…Ça serait tellement cool en fait !

"Roooooooy ! »

L’exclamation le sortit de ses rêveries (dans lesquelles des fans en liesses lui jetaient leurs soutiens-gorges) et il leva les yeux en direction de  Miss Magpie qui venait d’arriver à leur hauteur afin de saluer son associé. Irving sauta sur ses deux jambes pour se présenter à son tour non sans avoir tiqué au sous-entendu de Mildred. Nul doute que Roy était un incorrigible dragueur mais ce n’était pas très professionnel de la part de sa partenaire en affaire de le faire remarquer devant tout le monde. Si cette petite pique chiffonna quelque peu Irving, ce ne fut rien comparé à l’affront – que dis-je- l’outrage que lui fit Mildred quelques secondes plus tard.
En effet, cette femme, qu’il ne connaissait ni en blanc ni en noir cinq minutes plus tôt, tenta, sans y avoir été invité, de lui toucher les bouclettes. Irving se contorsionna (de manière un peu ridicule certes) pour esquiver le geste bousculant presque Klemens au passage. Il jeta un rapide coup d’œil à Roy qui voulait clairement dire *Non mais pour qui elle se prend sérieux ?* avant de croiser les bras avec défiance :

« C’est naturel. » grommela-t-il, persuadé que ses camarades avaient en mémoire un fait similaire qui s’était déroulé lors de la crémaillère de Klemens, quand Juliana s’était amusée à faire « zwinguer » l’une de ses boucles. Dans ce contexte, l’ancien Gryffondor s’était montré nettement plus loquace, voir même carrément entreprenant envers la coupable. Nul doute que la petite bande se chargerait de lui faire remarquer à quel point sa réaction était différente à l’encontre de miss Magpie.
Irving coula donc un regard complice en direction de sa partenaire, la laissant par la même occasion répondre aux autres interrogations de cette drôle de bonne femme.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Il y avait bien longtemps qu’Alicia n’avait pas mis les pieds à un évènement de ce genre. A vrai dire, elle avait un plutôt mauvais souvenir de la dernière fois qu’elle était à un rassemblement musical de ce genre. Mais ce soir, ce n’était pas un simple tremplin musical. Non, ce soir, Juliana chantait sur scène, et c’était aux yeux de la médicomage la meilleure raison de se déplacer. Sa petite-amie avait une voix merveilleuse – en toute objectivité – et la jeune femme n’aurait manqué ça pour rien au monde. Et puis, ce tremplin, c’était aussi une façon de constater que Juliana allait mieux – un peu mieux, en tout cas. Après tout ce qu’elle avait traversé, elle commençait doucement à se remettre, et cette apparition en publique en était bien la preuve.

Donc, Alicia s’était arrangée pour échanger sa garde à l’hôpital avec un de ses collègues, était partie dès qu’elle avait pu – heureusement que la journée avait été à peu près calme ! – et elle était passée chez elle pour se changer. Une fois habillée – cela faisait du bien de troquer sa blouse de médicomage contre une robe, de temps en temps ! – Alicia avait transplané aux Folies Sorcières. Ce casino-cabaret était magnifique, elle devait bien le reconnaître – et à vrai dire, elle avait un peu de mal à croire qu’il appartienne à moitié à Roy Calder. Et, bien qu’elle n’apprécie pas ce dernier, elle était forcée d’avouer qu’il avait dû faire un travail phénoménal pour mettre un tel endroit sur pied.

Lorsqu’elle entra dans la salle, elle fut d’abord étonnée par le nombre de personnes présentes : la salle était tout simplement bondée. Évidemment, un tel évènement attirait du monde, ce n’était pas nouveau… Alicia eut du mal à se glisser jusqu’aux coulisses où elle était censée retrouver Juliana avant son passage – elle le lui avait promis – et elle jeta un regard noir à un homme qui hurlait d’une voix insupportable qu’il venait de voir un des membres des Bizarr’ Sisters. La médicomage finit par s’extirper de la foule pour gagner les coulisses, et elle chercha sa petite-amie du regard. Elle ne tarda pas à trouver cette dernière, entourée d’un garçon à bouclettes – Irving Whitaker, probablement – de Klemens et de… Roy Calder forcément. Essayant de garder un visage avenant – elle était au dessus de ça, elle était largement au dessus de ça, tenta-t-elle de se convaincre – Alicia se dirigea vers eux.

« Bonsoir… » lâcha-t-elle en arrivant, légèrement – excessivement – gênée.

Le silence qui s’installa ne fit que renforcer sa gêne et Alicia se tourna vers le garçon à bouclettes.

« Alicia enchantée ! » fit-elle avec un sourire, avant de reporter son attention sur sa petite-amie, qui était visiblement au bord de la panique.

« Calme-toi, Julia ! » rit Alicia. « Imagine ce que ça sera si tu te présentes à Miss Magique… » plaisanta-t-elle pour la détendre – évidemment que Juliana ne mettrait jamais les pieds dans un tel concours de beauté, et tant mieux ! La médicomage sortit sa baguette et la pointa sur Juliana. Le volume de ses cheveux augmenta immédiatement, tirant un sourire à Alicia. « Tiens, voilà, c’est parfait comme ça ! T’es parfaite. Très rock. » déclara-t-elle en souriant.

Sa petite-amie était magnifique, et en toute objectivité, évidemment. Les yeux rivés sur elle, Alicia ne détourna le regard que lorsqu’une grande dame rousse arriva et les interrogea sur leur chanson…



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Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet passa la porte des Folies Sorcières, sa main dans celle de Jeremy. Elle était une mère horrible, absolument horrible, songea-t-elle avec un sentiment de culpabilité, tout en jetant un coup d’œil à son fiancé. Elle venait de laisser sa petite fille pour aller à un concert. Quel genre de mère faisait ça ? Elle était épouvantable. Bon, certes, elle avait laissé Gabrielle à Théo et Samaël, qui étaient plus que ravis de jouer les baby-sitters le temps d’une petite soirée. Et certes, ce n’était pas un concert banal, mais Irving qui se produisait en public afin de remporter un concours qui lui permettrait – éventuellement – de faire la première partie d’un concert des Bizarr’ Sisters. Mais tout de même !

C’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait hésité à venir – et qu’elle hésitait encore un peu, à vrai dire. Mais cette soirée était importante pour Irving, et Irving était important pour elle. Elle avait envie d’être là pour lui – parce qu’Irving comptait. C’était devenu comme un membre à part entière de sa famille : c’était son petit frère de cœur, l’oncle de Gabrielle. Et ce n’était le temps que de quelques heures – deux, tout au plus ! – elle serait rentrée à temps pour donner à manger à sa fille. Et puis, si quelque chose allait mal, Théo avait promis de la prévenir sur le champ.

Elle était bien trop stressée, réalisa-t-elle en entrant dans la salle de concert des Folies Sorcières. Beaucoup, beaucoup trop stressée. Il fallait dire que c’était la première fois depuis la naissance de Gabrielle que Jeremy et elle quittaient la maison en même temps, et laissaient Gabrielle à d’autres personnes. Et c’était si effrayant, de se dire que la sécurité de ce petit être adorable et tout fragile dépendait d’eux ! Elle avait mis au monde un enfant, et c’était son devoir de s’en occuper. Et Gabrielle était si petite… Si fragile ! Une soirée, se raisonna Juliet. Elle avait pleinement confiance en Théo et Samaël : tout allait bien se passer.

Et puis, cela leur ferait du bien aussi, de passer une petite soirée en amoureux, songea la jeune femme en se rapprochant de Jeremy. Il fallait bien avouer que bébé n’était pas exactement synonyme d’intimité ! Le couple discutait encore lorsqu’ils atteignirent les coulisses. Balayant du regard le lieu, Juliet finit par repérer – on ne pouvait pas la manquer – la touffe de cheveux de son ami. Elle s’avança vers lui et posa sa main sur son épaule.

« Salut guitariste m’as-tu-vu… » lança-t-elle en guise de bonjour, tout en souriant. Elle attira le jeune homme dans ses bras pour l’enlacer, avant de laisser Jeremy le saluer. « Ca va ? Pas trop stressé ? » demanda-t-elle. « On est venus scander ton nom dans la foule avec Jerem ! » annonça-t-elle. « J’aurais bien fait des tee-shirt « Irving Whitaker : meilleur guitariste arrogant de tous les temps » mais j’ai manqué de temps ! » plaisanta Juliet, avant de reporter son attention sur les personne qui entouraient son ami – dont une dame rousse assez impressionnante - et Juliana, son ancienne coéquipière de Quidditch. "Coucou Julia ! Comment tu vas ?" demanda-t-elle en lui adressant un grand sourire en guise de salut. « Bonsoir ! » lança-t-elle finalement à l'attention de toute l'assemblée.



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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Un sourire de soulagement apparut sur les lèvres de Juliana quand Alicia arrangea sa coiffure, sourire qui s'agrandit imperceptiblement quand Roy et Klemens amorcèrent un mouvement pour se retirer. Elle appréciait qu'ils soient venus les voir pour les encourager, mais elle n'avait vraiment pas besoin de stress supplémentaire avant leur première apparition publique... Juliana était donc en train de les remercier quand une femme rousse à la voix haut perchée interrompit les conversations dans la loge. Elle se présenta comme la propriétaire du Cabaret, et Juliana l'identifia donc comme la patronne de Roy - l'imaginer lui rendant des comptes lui tira un sourire. La mention de la présence de Dylan Starvis fit augmenter la pression du petit duo, et Julia glissa un regard entendu à Irving, qui paraissait un peu trop détendu pour que ça soit naturel. Il avait intérêt à assurer sur scène, sinon elle lui couperait les bouclettes !

Croisant nerveusement les mains sur sa poitrine, Juliana écouta Mildred avec attention, se demandant intérieurement à quoi elle faisait référence en mentionnant des débordements intempestifs. Bien sûr, ils étaient là pour jouer de la musique, pas pour lancer des Bombabouses ! Miss Magpie ne s'attarda pas sur ses consignes puisqu'elle se lança dans une inspection des différents participants, souhaitant probablement organiser un ordre de passage ou quelque chose comme cela. Le premier groupe qu'elle auditionna provoqua chez Juliana un regard atterré. Bouche-bée, elle se demanda si quelqu'un avait bien osé composer une horreur pareille.

"God bless my king Leopold ?!", chuchota-t-elle à la cantonnade, tout en suivant Mildred du regard, alors qu'elle congratulait leur opposant. Merlin. Si c'était le type de chanson qu'ils attendaient, alors ils allaient être très déçus... Et Irvana n'aurait pas l'ombre d'une chanse. A moins que le jury ne soit à la recherche de chansons engagées et diverses, pria-t-elle tandis que la rouquine se dirigeait vers eux. Ses entrailles se resserrent un peu plus en la voyant s'approcher. La petite démonstration des Sisters of the Dark Moon Side n'avait fait qu'accroitre sa nervosité, et cette Mrs Magpie ne lui disait rien qui vaille. La méfiance qu'elle éprouvait à l'égard de cette femme se muta en franche antipathie quand Mildred la piqua du doigt, avant de faire un sous-entendu qui lui fit froncer les sourcils. Juliana jeta un regard peu amène à Mildred et se rapprocha inconsciemment d'Alicia, comme pour se protéger de l'influence néfaste de cette vieille pie, désormais occupée à malmener la crinière d'Irving. Juliana adressa un sourire taquin à son acolyte, sachant à quel point il détestait qu'on touche ses cheveux, et se souvenant de la façon dont il avait réagi dans d'autres circonstances... Elle ne fut pas mécontente de constater qu'il avait un tout autre comportement envers Mildred.

La propriétaire des Folies Sorcières tendit alors la main pour avoir les paroles de leur chanson, et Juliana se mit à farfouiller dans ses affaires pour en extirper un parchemin un peu froissé, sur lequel trônait une tâche de Gobière. Si elle avait su qu'on leur ferait subir une inspection, elle aurait préparé quelque chose de plus propre ! Après un instant d'hésitation, Juliana tendis la feuille à Mildred, la défiant du regard de dire quoi que ce soit.

"Nous sommes le groupe Irvana, et nous allons jouer la chanson "Never Free"."

Sur la feuille de parchemin, gribouillée et raturée, figuraient les paroles pour le moins subversives de leur chanson. Subversives, sans doute, mais ils étaient dans un pays de droit, dans lequel la liberté d'expression régnait, liberté à laquelle une journaliste telle que Mildred Magpie devrait être sensible... Quand bien même Multiplettes n'était qu'un torchon pro-régime. Libre à Mildred de les laisser concourir, ou de leur prouver que les paroles de leur chanson étaient plus justes que jamais. Ces paroles, Juliana comptait bien les jouer sur scène car, fausses notes ou pas, inexpérimentés ou pas, ils avaient un message à transmettre...

Never Free, Irvana a écrit:
When I see the pavement of Diagon Alley
Stained with the blood of our brothers
I can’t believe in this death valley
Yet everything’s true, it will haunt me forever

I could never be free
Despite what the minister told me

When I walk the streets of Nimbus city
I can see how it’s disfigured
The minister wants to steal our identity
But Cosmos is nothing, just a dirty word

I could never be free
Despite what the minister told me

When the twelve oaks are blazing
My screams are rising in echo
That nightmare burns my eyes and skin
I want to forget everything, but I know…

I could never be free
despite what the minister told me

My brain explodes, guilt assails me
I just wanted to be safe and sound and to live free.
Live free.


Pendant que Mildred déchiffrait son écriture brouillonne, Juliana adressa un sourire ravi à Juliet et Jeremy qui venaient d'arriver à leur tour pour les saluer. Cela la touchait de voir qu'ils avaient tant de soutiens, même si l'idée d'avoir tant de personnes connues dans le public pour les écouter l'angoissait. Elle laissait ses deux anciens coéquipiers saluer Irving, sachant qu'ils étaient proches, puis les accueillit à son tour.

"Bonjour, vous deux, ça va merci, et vous ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous féliciter pour la naissance, comment va la petite ?"

Les salutations faites, Juliana échangea un regard anxieux avec Irving avant de reporter son attention sur Mildred Magpie, qui devait arriver au bout de sa lecture...

"On peut vous l'interpréter aussi, si vous le souhaitez", proposa Juliana en glissant un regard incertain sur l'hurluberlu des Sisters machin chouette. Elle n'était pas certaine que chanter Never Free devant lui était l'idée du siècle, à moins de lancer des débats politiques potentiellement sanglants dans les loges...

Disclaimer:
 



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Mildred Magpie adressa un sourire presque mécanique à la jeune femme, tandis que celle-ci achevait de présenter son groupe et lui tendait fièrement le brouillon sur lequel reposait les paroles de leur chanson. Never Free de Irvana? Quel nom de groupe étrange! Cela sonnait comme une vulgaire marque de serviette hygiénique magique, et pourtant le groupe se revendiquait résolument rock. La rédactrice de Multiplettes avait d'emblée tiqué sur le titre de la chanson, bien trop tendancieuse et sombre à son gout. Mais que voulez-vous? C'était la marque d'une époque et d'une génération, les jeunes aujourd'hui se complaisaient dans la victimisation et dans l'exacerbation du désespoir. Tout cela pour être le premier à tenter de se trancher les veines avec une canette rouillée de Gobière;  Juste histoire d'attirer l'attention et de montrer qu'ils sont là, bien vivant! Les jeunes désespérés et suicidaires, c'était du pain béni pour la journaliste à scandale qui se délectait de leurs frasques sans aucunes demi-mesures...

Par contre ce qui commençaient à insupporter considérablement la reine Pie, était de voir toute une tripotée de jeunes perruches venir s'incruster dans les loges, alors qu'elles n'y étaient pas conviées. La chanteuse de Irvana s'empressa d'ailleurs de leur faire la causette, sans se soucier de la présence de l'organisatrice. Les jeunes n'avaient décidemment plus de respect pour leurs ainés! Mais plutôt que faire un scandale, Mildred préféra soupirer et lever les yeux au plafond en signe de protestation. Si son associé Roy Calder ne se souciait guère de la sécurité du Cabaret et que l'on puisse venir derrière la scène comme s'il s'agissait d'un pauvre moulin à vent, c'était son problème! Quelque peu irritée, elle se reconcentra sur le contenu de la chanson, et ce qu'elle y découvrit avait de quoi lui faire largement oublier le léger détail des loges pour se focaliser sur un autre vrai problème. Dans son intégralité,  cette chanson se voulait outrancière à l'encontre du ministre Marchebank! Au fur et à mesure que la co-gérante des Folies Sorcières dévalait les lignes de ce pamphlet haineux, plus elle s'enfonçait dans un océan de consternation! Si bien qu'elle n'entendit même pas la proposition de la chanteuse, préférant s'offusquer de ce choix artistique clairement trop engagé...

"Vous n'avez pas quelque chose de plus convenable à me présenter? Une autre chanson... Dirons-nous plus adaptée à ce tremplin musical? Car je crains ne pas pouvoir vous laisser pénétrer sur scène avec de telles paroles. Par Merlin, c'est beaucoup trop sombre et déprimant... Ne sommes-nous pas ici pour nous amuser? "

Mildred regarda à tour de rôle les deux artistes, et il ne lui fallut guère de temps pour comprendre qu'ils n'avaient pas de plan B plus adapté. Cette chanson représentait leur unique espoir de pouvoir rejoindre la tournée des Bizarr's Sisters, et nul doute que la leur refuser soulèverait forcément chez eux un tsunami d'indignation. Mais l'intransigeante sorcière préférait rester bien droite dans ses bottes, et veiller à ne pas aller à l'encontre de ses intérêts plutôt que de se laisser apitoyer par des musiciens qui ne lui apporteraient de toute manière que des ennuis. Dans son désir d'accroitre sa fortune personnelle, Mildred nourrissait de grandes ambitions pour son établissement de loisir, comme celle qu'il devienne un carrefour des élites du monde magique. Pour accroitre son prestige, elle avait besoin de l'appui des puissants, et cela passait forcement par flatter servilement la politique du FREE et de son ministre. Leopold Marchebank pouvait lui offrir la légitimité après laquelle elle courrait depuis tant d'année, alors pourquoi s'en priver? C'est pourquoi elle se devait de tuer dans l'œuf tout ce qui risquait de contrecarrer l'avancée de ses beaux projets opportunistes : Comme c'était le cas en ce moment même avec les paroles de la chanson "Never Free". Pour désamorcer cette bombe sur le point d'éclater, Mildred choisit la parcimonie et une technique de manipulation qui faisait mine de compatir avec le désarroi des Irvana.

"Mes pauvres choux! Vous n'avez vraiment que cette triste partition à votre répertoire? Cela me fend le cœur... " La sorcière rousse jeta alors subitement un regard enjôleur à son associé Roy Calder, avant d'ajouter : "Mais comme vous semblez bien connaître monsieur Calder, mon partenaire... en affaire. Je veux bien faire preuve d'indulgence à votre égard, et vous octroyer une chance de concourir. Mais pour cela, je vais devoir modifier certain aspect de votre chanson. Comme les paroles... Pas grand chose, je vous rassure. Quelques petites retouches de rien du tout... "

Extirpant sa plume à papote de son petit sac Louis Vuitton, Mildred se lança dans un exercice qu'elle affectionnait tout particulièrement; Celui de raconter une histoire. Car comme ses romans, une chanson avait quelque chose à raconter. Dans le cas de Irvana, leur texte était beaucoup trop engagé et enragé pour séduire un large public. Il fallait arrondir les angles, gommer les travers et rendre cette chanson plus abordable. Sa plume à papote finit par venir à bout de sa légère correction, et avec un sourire radieux, Mildred finit par tendre le chef-d'œuvre de relecture aux deux musiciens.

"Et voilà! Ne me remerciez point, c'est la moindre des choses que de venir en aide aux jeunes artistes. Car avant de devenir célébrissime, je n'oublie pas que je n'étais rien, tout comme vous... " Mildred caressa alors délicatement la joue du jeune guitariste tout bouclé qui lui faisait face! Avec ses bouclettes, il était presque aussi mignon que Puffy son petite Boursouf adoré et tout rose. Se passant une main dans sa chevelure de feu, elle voulu leur accorder un dernier conseil de romancière à musiciens. " Mais si je peux me permettre une légère remarque qui je l'espère vous guidera tout au long de votre carrière ; Je vous dirai simplement que le meilleur moyen de se faire des Galions est d'abonder dans le sens du vent. Être subversif ne vous conduira à rien... "

Mildred Magpie espérait réellement que ce groupe finirait par suivre ce sage conseil. Car derrière ses atours empreint d'empathie, ce message dissimulait une menace bien réelle...


Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Au moment où il s’apprêtait à quitter les loges avec Klemens, de l’agitation derrière eux retint l’attention du trafiquant. Tous entendirent le discours de Mildred, qui annonçait le déroulement de la soirée avant de commencer à faire un tour des participants. Roy voulut presser Klemens de le suivre vers la sortie, mais l’arrivée vers eux de sa partenaire en affaires les contraint à rester encore quelques instants.

« Mon associée » corrigea t-il en remettant ses mains dans ses poches, quand Irving lui demanda si Mildred était sa chef.

Il ne manquait plus que ça ! La journaliste avait des manières suffisamment dirigistes sans que Roy ne soit obligé de courber l’échine devant elle. Heureusement qu’ils avaient la même façon de faire des affaires et qu’ils étaient d’accord dans la plupart des décisions qui concernaient le cabaret, autrement, leur partenariat aurait rapidement tourné au vinaigre, avec deux tels égos… Cependant, s’ils s’entendaient parfaitement bien sur le plan commercial, il y avait de nombreuses choses dans la personnalité de Mildred qui agaçaient Roy, à commencer par son indiscrétion. La façon dont elle arriva pour suggérer devant tout le monde qu’il n’avait rien à faire ici -disons les choses clairement- et surtout, la manière dont elle regarda Juliana, en faisant des sous-entendus à peine voilés, acheva de profondément l’agacer, même, de l’inquiéter légèrement. Quand on savait comment Mildred avait réagi quelques jours face à Isobel en les découvrant ensemble, Roy avait de quoi regarder d’un mauvais oeil cet ongle vernis dont elle se servit pour piquer l’épaule de Juliana… Il ne fit aucun geste ni aucun commentaire, toutefois. Tout se contentait de rester dans son regard.

« J’ai délégué à Jayce. » se contenta t-il de répondre, le visage fermé.

Mildred finit par demander à Irving et Juliana de présenter leur composition musicale. Curieux par le commentaire que ne tarda pas à faire la journaliste, Roy se pencha légèrement pour lire par-dessus son épaule. Rapidement il comprit que le problème n’était pas tant le ton de la chanson, que son contenu. Il avait presque envie de… rire. Rire parce qu’il connaissait les deux auteurs -en tout cas, il connaissait Juliana, Irving beaucoup moins, mais il avait une bonne tête de Gryffondor téméraire, lui aussi- et par conséquent, il savait qu’ils étaient le genre à parfaitement assumer leur pamphlet, et Roy était le genre d’homme à s’amuser du culot des autres. Evidemment, Mildred s’empressa de décourager cette prise de risques, s’attelant à leur faire comprendre que ce n’était pas le lieu pour se lancer dans une critique politique.

En toute honnêteté ? La politique, ce n’était pas son problème. Ce que l’on disait de Leopold Marchebank, il s’en moquait bien, au fond. Mais Roy n’était pas idiot, il était conscient des problèmes sous-jacents, ceux qui dérangeaient réellement Mildred, derrière son sourire et ses mots mielleux. Laisser se produire des groupes fielleux à l’encontre du FREE dans leur cabaret pourrait les mettre en froid avec leur meilleur partenaire d’affaire, le ministre lui-même. C’était mauvais pour leur business, avant d’être mauvais pour l’image du ministre, dont Roy estimait de toute manière qu’il n’avait pas à s’occuper, ce n’était pas son rôle.

Tout à sa réflexion, le trafiquant décida de ne pas intervenir pour le moment, et de voir ce que son associée décidait de faire. Il tiqua au regard que Mildred lui lança, comme s’ils avaient pu partager un autre type de partenariat qu’un partenariat d’affaires -cette femme ne se lassait décidément pas des sous-entendus mal placés-, l’entendit proposer de changer les paroles, sentit les ennuis arriver en la voyant brandir sa célèbre plume à papote. Quand Mildred dégainait cette arme plus redoutable qu’elle n’en avait l’air, vous pouviez être certain que ce qui allait en ressortir n’allait pas vous plaire...

Il eut un juste pressentiment. Roy eut du mal à contenir une nouvelle envie de rire face aux histoires abracadabrantes d’arbres amoureux que venait d’imaginer sur papier Mildred Magpie, comme s’il s’agissait de l’un de ses romans d’adolescentes… Il s’efforça de garder un air sérieux et professionnel, bien que le léger tic au coin de ses lèvres trahissait son hilarité intérieure. Enfin, Roy se décida à intervenir pour tempérer la situation, avant qu’Irving ou Juliana ne saisisse ce que Mildred leur suggérait à demi-mot, et qui les ferait s’insurger à coup sûr- et à juste titre.

« N’exagérons rien, Mildred. Tu ne peux pas leur demander de changer à ce point leur chanson quelques minutes avant d’entrer sur scène, ça demande beaucoup trop de réglages… Il échangea un bref regard avec Juliana et Irving, comme pour les inviter à appuyer ses dires, puis reporta son attention sur son associée. Je peux te parler quelques minutes ? »

Il accorda un bref sourire aux deux musiciens, l’air de leur dire « Tout va bien, je vais vous arranger ce coup ». Mensonge, il allait surtout s’arranger lui-même. Entraînant son associée à quelques pas, suffisamment loin pour que les autres ne l’entendent pas, il finit par se tourner de nouveau vers elle, pour lui exprimer sa pensée plus franche :

« Je crois que ce serait une mauvaise décision de les empêcher de participer et chanter ce qu’ils souhaitent, sous prétexte que les paroles ne conviennent pas. Nous sommes dans un pays libre de droit, après tout. Si tu les empêches de participer sur ce grief, il y a des chances qu’ils aillent rapporter l'histoire dans d’autres médias et on passera pour un établissement répressif. Pas seulement nous, d’ailleurs, la politique de Marchebank sera discréditée au passage. Ce n’est pas ce qu’on veut, n’est-ce-pas ? Donc laisse-les tenter leur chance… Ils ne sont pas obligés de gagner, après tout. »

Sur cette suggestion, Roy espérait que Mildred comprendrait rapidement sa solution qui devait arranger tout le monde, de son point de vue. A force de traîner avec Isobel, il commençait à faire des machineries de communication, lui aussi. Quel message voulaient-ils envoyer ? C’était la seule question à se poser. Imposer à Irvana de changer leurs paroles pour pouvoir participer passerait forcément pour une atteinte à la liberté d’expression, et Merlin savait comme cela grondait suffisamment dans le pays à l’encontre du Ministère. Les laisser chanter et noyer leur prestation dans la première salve de groupes éliminés, en revanche… On ne pourrait pas les accuser de quoi que ce soit, et on tuait dans l’oeuf un éventuel succès qui serait plus problématique pour eux et leurs copains du ministère. Tout au plus, Irvana susciterait quelques réactions, mais on les oublierait vite. Aussi vite que les quelques minutes que durerait leur chanson, à vrai dire.

« Pas besoin de réprimer aussi frontalement, quand on peut tasser l’affaire sans se salir les mains, tu ne crois pas ? »

Il attendit la réponse de Mildred, avant de revenir vers le groupe controversé. Roy était convaincu que réprimer de front était la meilleure façon d’éveiller les protestations. Pourquoi le faire, quand ils avaient la possibilité de faire croire que tout était parfaitement réglementaire dans ce pays ? Ce serait légitimer les paroles si provocatrices de Never Free…

A cet instant, Roy venait pour la première fois de choisir de faire passer son business avant ses amis. L’hésitation qu’il avait ressenti avant de proposer son idée à Mildred avait été balayée par quelques justifications bancales qui suffirent à apaiser sa conscience : était-il tellement ami avec eux ? Irving, il le connaissait à peine. Juliana, leur histoire tumultueuse avait définitivement pris fin, comme elle s’était chargée de le lui faire comprendre, quelques semaines plus tôt, et Roy n’était pas le genre à s’accrocher à des causes vaines. C’était peut-être même pour lui une façon de se prouver qu’il ne tenait plus à elle, à quelque part.

Et puis, ils n’en sauraient jamais rien, de toute manière.



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Irving WhitakerAubergisteEn ligneavatar
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Juliana venait tout juste de tendre les paroles de Never Free à Miss Magpie lorsqu’Irving reconnut  deux chevelures blondes un peu plus loin dans la loge.

« Noooon ! »s’exclama-t-il avec un large sourire qui trahissait autant son étonnement que sa joie.

Abandonnant sa partenaire aux griffes de la cogérante des lieux, Irving fendit la foule de musiciens pour rejoindre les deux Gryffondors qui venaient à sa rencontre.

« Vous êtes venus !
Lâcha-t-il en enserrant Juliet dans ses bras, Ou est Gabrielle ? » s’enquit-il après avoir donné une brève accolade à Jeremy.

Leur fille était née à peine quelques semaines plus tôt et si Irving avait effectivement espéré que l’un de ses deux amis puisse se libérer ce soir pour l’encourager, il pensait que l’autre resterait garder Gaby. Il leur était reconnaissant d’avoir fait le déplacement ensemble et le fait de les voir là, tous les deux, le remplissait d’allégresse.

« Un peu mais ça va. » répondit-il en toute franchise lorsque Juliet lui demanda s’il n’était pas trop stressé, j’veux juste en profiter à fond, en fait.» expliqua-t-il avec un sourire.

Il avait décidé qu’il ne se laisserait pas gagner pour l’appréhension. Certes il y avait de l’enjeu mais il était surtout là pour se faire plaisir. La musique avait toujours été une source d’épanouissement pour lui et ce n’était pas aujourd’hui que cela allait changer. Au contraire ! Il ressentait même une certaine fierté d’avoir autant de soutien. Ses sœurs lui avaient assurées leur présence dans la salle ce soir, Klem, Roy, Juliet et Jerem étaient là et même Nora lui avait envoyé un hibou pour l’encourager. Cette soirée serait une grande fête, il en était certain.

Il laissa échapper un éclat de rire quant son amie affirma qu’elle aurait bien confectionné des tee-shirts « Irving Whitaker : meilleur guitariste arrogant de tous les temps » et il attrapa le bas de son propre maillot afin de tendre le motif floqué sur son torse avant de souffler avec un air taquin :

« J’préfère celui-là perso. »

D’une certaine manière, les Dark Boursouf participeraient au Tremplin. Juliana vint alors saluer les deux Gryffondor avec lesquels elle avait joué au quidditch du temps de Poudlard. Le monde magique était vraiment trop petit, se dit-il en reportant cette fois son attention sur Mildred Magpie qui venait de terminer la lecture de leur chanson et qui semblait vouloir leur faire quelques remarques. Irving s’approcha d’elle et ne chercha pas à masquer son étonnement lorsqu’elle leur demanda s’ils n’avaient pas quelque chose de plus convenable à jouer ce soir.

« Plus convenable ? questionna Irving en s’approchant de la sorcière rousse pour lire au dessus de son épaule et s’assurer que Julia  lui avait bien donné les paroles de Never Free et non pas une liste de course à base de Gobières, de Whisky Pur-Feu et de Vodka-Forte-Glace. Mais non. Il s’agissait bien de leur seul et unique titre et Irving ne voyait pas en quoi il posait un problème. Effectivement, leur chanson n’était pas particulièrement légère mais elle était surtout symptomatique du contexte actuel.

« Vous savez la musique sert souvent à poser des mots sur c’que beaucoup d’gens ressentent vraiment au fond d’eux, souffla-t-il, prompt à la discussion, J’pense pas qu’notre titre sera mal accueilli par le public si c’est c’qui vous inquiète. Vous risquez pas une vague de suicide dans vot’cabaret, rassurez-vous, plaisanta-t-il sans deviner la véritable source d’inquiétude de Mildred, Au pire, les gens trouveront juste le titre franchement déprimant –ce qui n’est pas faux- , consentit-il avec un sourire, mais j’pense aussi que cette chanson pourra toucher les gens, enfin j’l’espère, conclut-il en coulant un regard serein en direction de Juliana.

Irving était persuadé que certains sorciers se retrouveraient dans leur création : Les habitants de Nimbus qui se sentaient dépossédés de leur ville ou encore les personnes qui avaient  été prises au piège dans le Bloody Sunday ou la Guerre des gangs. Toutefois, miss Magpie ne semblait pas sensible à ces arguments puisqu’elle fit apparaitre une plume à papote pour apporter des modifications à leur titre.

L’ancien Gryffondor tiqua légèrement en la voyant raturer les paroles de la chanson.

« Enfin madame, vous pouvez pas faire ça, lâcha-t-il incrédule mais sans agressivité, C’est comme si quelqu’un réécrivait vot’ livre et qu’Peggy Black finissait avec Guacamole ! » souffla-t-il pour lui faire entendre raison avant de reporter son attention vers ses amis en pointant un index en l’air, Non j’n’ai pas lu les Hauts de Hurlelune. Ne m’faites pas dire c’que j’n’ai pas dit. »

C’était vrai d’ailleurs ! Le phénomène littéraire avait fait l’objet d’une émission à la RITM quelques jours plus tôt si bien qu’Irving connaissait maintenant toute l’intrigue du tome 1 de la sorcière licorne.

Malheureusement, la cogérante des lieux resta complètement insensible à cet argument. Elle leur tendit « Never Free » qui avait été très injustement rebaptisée « Never be a tree » ce qui arracha une grimace à Irving. Pourtant, les paroles étaient  vraiment drôles -surtout les passages sur le singe qui parle et le baiser final- mais l’ancien Gryffondor craignait que cette femme soit véritablement sérieuse.

«  …When i walk the street of Cosmos City, I can say how it’s cool, the minister wants to save our identity…, lut-il à voix haute avant de se tourner vers Juliana, Elle plaisante là ? »

La mandragore avait maintenue Irving dans un état de douce béatitude jusqu’à maintenant mais ses effets venaient de s’envoler subitement.

« On jouera pas cette version, dit-il, catégorique en tendant la feuille de papier froissée en direction de Mildred, Vous pouvez la garder. »

Cette ingérence dans leur groupe lui était intolérable et s’ils devaient choisir entre jouer une version trafiquée de « Never Free » et ne pas jouer du tout, Irving préférait choisir la deuxième option. Il ne dirait pas un seul mot qui puisse laisser sous entendre qu’il soutenait ce foutu projet Cosmos !  Devant ce refus évident, Mildred Magpie fut contrainte de dévoiler ses cartes. A vrai dire, ce n’était pas l’aspect sombre et torturé des paroles qui la dérangeait. Non, c’était le fait que leur chanson ne soit pas assez consensuelle :

« Mais on est pas subversif bordel ! grogna-t-il en croisant ses bras sur son torse, on encourage personne à la révolution, on dit juste c’qu’on pense de la situation actuelle. On a plus l’droit d’s’exprimer maintenant ? » s’enquit-il en secouant la tête de gauche à droite.


Fort heureusement, Roy calma quelque peu les choses en abondant dans leur sens. Les modifications n’étaient pas envisageables.  Irving hocha vigoureusement la tête lorsque le cogérant évoqua les problèmes techniques que de tels changements engendreraient. Ce n’était certes pas les arguments les plus déterminants aux yeux de l’ancien Gryffondor mais il appréciait tout de même que l’ex-petit-ami de Juliana prenne leur défense. Irving lui accorda même un léger  sourire reconnaissant lorsqu’il entraina Mildred un peu plus loin pour lui faire entendre raison. Roy était vraiment un chic type.

« Hors d’question qu’on change un seul mot des paroles, grommela-t-il en se tournant vers Juliana, Franchement j’préfère pas jouer à c’compte là. Il laissa planer quelques secondes de silence et poursuivit, Subversifs ! Non mais n’importe quoi. Elle voudrait qu’tout l’monde chante « King Leopold » c’est ça ? » pesta-t-il en reportant cette fois son attention sur Juliet : « Sérieux, on dirait Sorden ! »

Irving se souvenait encore des menaces de l’arithmancienne lorsqu’elle avait entendu les paroles de la chanson phare des Dark Boursouf. Mains aujourd’hui, l’ancien Gryffondor n’était plus un élève qui se devait de faire profil bas. Magpie n’avait aucun pouvoir sur lui, ni sur Irvana.

Irving était libre d’agir à sa guise et cette fois il ne lâcherait pas.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem allait se laisser entraîner vers la sortie par Roy lorsqu'une voix haut perchée les stoppa net dans leur avancé. Il jeta un regard perplexe à son meilleur ami, un léger sourire au coin des lèvres. Il comprenait mieux maintenant comment il avait pu devenir co-gérant des Folies Sorcières. Il avait une groupie. Et pas n'importe laquelle s'il-vous-plaît. Mildred Magpie en personne. La co-gérante en personne. Toutefois, cette dernière semblait avoir un avis bien arrêté sur ce qu'elle voulait entendre et lorsqu'elle demanda à Juliana de chanter leur chanson.

Il resta d'abord ébahi par la voix de la jeune femme et complètement emballé par la chanson. Mais il déchanta bien vite quand la mégère s'en mêla. Il fronça les sourcils lorsqu'elle commença à rajouter et raturer des mots sur les paroles de ses amis. Il se retint d'éclater de rire lorsqu'il aperçut la version finale. Mais la consternation l'emportait. Qu'est-ce que c'était que ça ? Du Boycott ministériel ? Et Roy cautionnait ? Non mais sérieusement, et la liberté d'expression ? Il allait s'indigner lorsque Roy s'avança enfin et emmena sa collègue à l'écart. Il fronça légèrement les sourcils et posa son regard sur les deux chanteurs.

"Nan mais franchement, elle manque pas de toupet celle là. Moi je la trouve géniale votre chanson. Et Julia, tu as une voix... magique."

Il esquissa un léger sourire avant d'ajouter plus pour lui même que pour les deux jeunes gens.

"Je suis sûr que Roy va tout arranger. Il va pas laisser la mégère faire sa loi."

Mais c'était peut-être accorder un peu trop de confiance à son ami. Toutefois, il était sûr que la chanson passerait telle qu'elle était ou ne passerait pas. Il doutait que les deux chanteurs acceptent de chanter une parodie de leur hymne. Non mais sérieusement une chanson sur un arbre ? Et il était plutôt d'accord avec Irving même si il était surpris qu'il ait lu le navet de Magpie. Un sourire narquois s'étira à la commissure de ses lèvres à cette pensée. Il allait lui en reparler dans quelques temps. Pas tout de suite ce n'était pas le moment. Mais plus tard.


Klemens Dabrosky
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Le regard rond de Juliana en disait plus long sur ses pensées que n'importe quelle parole. Littéralement abasourdie par cette horripilante femme rousse qui modifiait leurs paroles de chanson - qui les mutilait, plus exactement - la chanteuse lut et relut le parchemin raturé pendant plusieurs minutes, tandis qu'une unique question tournoyait dans sa tête... Mais comment Roy faisait-il pour bosser avec une bonne femme pareille ?! Lui qui avait tendance à être assez colérique parfois parvenait-il réellement à composer avec une collègue aussi... aussi... elle n'avait même pas de mot. I Could Never Be A Tree aurait pu être une chanson satirique à la mode sur les ondes de Charlie Radio, cela ne l'aurait pas choqué, mais le problème ici était que Mildred était sérieuse. Son paragraphe sur le King Leopold n'était ni plus ni moins que de la censure, et elle se demanda presque si elle avait face à elle une militante du FREE. Oh, si elle avait lu Multiplettes, sans doute aurait-elle su à quel point le journal était élogieux à l'égard du gouvernement, mais Juliana avait des lectures totalement différentes.

La serveuse était tellement choquée par cette tentative de répression de leur liberté d'expression qu'elle ne railla même pas Irving pour sa connaissance suspecte des personnages des Hauts de Hurlelune.

"Je ne crois pas, non", répondit Juliana, dont le visage s'était durci, à Irving. Mildred avait beau adopter un ton délicieusement mielleux, elle ne semblait pas plaisanter du tout. Elle approuva d'un vigoureux signe de tête le refus d'Irving, avant de glisser un regard reconnaissant à Roy, lorsqu'il prit leur parti avant d'écarter Mildred pour lui faire entendre raison. On ne pouvait pas censurer aussi ostensiblement un groupe de musique ! Si leur tremplin était censé être pro-Marchebank, il aurait fallut les prévenir plus tôt, ils se seraient épargné le déplacement...

"Non mais au pire, on peut toujours dire qu'on va chanter cette horreur", répondit Juliana à voix basse à Irving, dont l'indignation était toute aussi forte. "Et ensuite, quand on est sur scène, on chante notre version. C'est pas comme si elle pouvait nous arrêter en cours de route, si ? Ou alors tout le monde verra qu'on nous empêche de nous exprimer, c'est de la censure pure et simple !"

Elle glissa un regard peu amène à l'autre zigoto du groupe précédent, avant de reporter son attention sur les co-gérants des Folies Sorcières en plein conciliabule. Juliana faisait confiance à Roy pour les sortir de cette situation grotesque. Ils avaient peut-être eu leurs différends dans le passé, mais elle savait que son ex ferait preuve d'assez de jugeotte pour ne pas laisser son business se laisser décrédibiliser de la sorte. Ils étaient dans un pays de droit et on n'étouffait pas la liberté d'expression comme cela !

Son humeur remonta suite au compliment de Klemens, qui lui fit chaud au coeur. Tout le stress de la jeune femme s'était envolé pour faire place à l'envie d'en découdre et de chanter, même mal, rien que pour le principe.

"Oui, il va arranger ça", assura Juliana avec un léger sourire. "Merci Klem, c'est gentil ! Ah, les revoilà..."

Elle maîtrisa tant bien que mal son regard noir, tentant d'arborer une expression neutre et polie. S'ils passaient le filtre Mildred Magpie, les Folies allaient voir ce qu'elles allaient voir... Ou plutôt entendre.



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Le sourire figé de la co-gérante des Folies Sorcières ne vacilla pas d'un millimètre tandis que le jeune chanteur bouclé se lançait dans des récriminations toutes aussi inutiles que vouées à disparaître. Jamais de la vie, elle ne laisserait germer de telles revendications à l'encontre du système Marchebank, et surtout pas sur les planches de son propre cabaret. En s'associant avec Leopold Marchebank et le pouvoir en place, tout devait concorder dans le même sens si la cupide sorcière voulait qu'une pluie de Galions ne tardent pas à remplir ses coffres et gonfler ses recettes. Ce n'est pas de jeunes adultes, à peine sortis de l'adolescence qui allaient compromettre ses beaux projets d'enrichissements! Derrière sa façade mielleuse, la gestionnaire était prête à défendre bec et ongles son joli magot en devenir. Surtout que le jeune guitariste impulsif ne faisait pas dans le demi-mesure; Il osait même établir un monstrueux parallèle entre son chef d'œuvre "Les Hauts de Hurlelune" et le torchon musical qu'il venait de lui présenter. Les sourcils finement dessinés de la sorcière rousse sursautèrent quelque peu face à cette effarante comparaison.

"Jeune homme... Je vous demanderai de faire preuve d'un peu plus de modestie, et de ne point comparer ce qui est incomparable. Vous avez encore beaucoup de chemin à accomplir, avant de pouvoir vous permettre de faire la morale à des artistes accomplis. Et ce n'est certainement pas en négligeant mes conseils avisés que vous y parviendrez! Mon expérience peut vous ouvrir les portes du succès, alors que votre obstination vous conduira tout droit à l'échec! Je suis prête à le parier! "


Très vite, Roy Calder s'en mêla et prit la défense de la chanson, sans doute aveuglé par les relations qu'il semblait nouer avec les membres du groupe Irvana. Mildred Magpie jeta un regard de vieille chouette outrée, alors que son associé osait la désavouer publiquement. Ne voyait-il pas la menace qui planait sur leur affaire commune avec cette chanson aux paroles beaucoup trop revendicatives? Nul doute que ses nouvelles attributions lui montaient à la tête, tant il se comportait parfois comme un vulgaire mioche irrévérencieux qui n'écoutait plus les conseils de son ainée. A moins que ce ne soit, cette satanée Isobel Lavespère qui lui soufflait de néfastes conseils sur l'oreiller! Une manière de la détruire à petit feu et de réduire sa main mise sur l'établissement des Folies Sorcières. Depuis qu'elle avait surprit leur liaison, Mildred Magpie se laissait envahir par une certaine paranoïa. Car après tout, Roy Calder avait d'ores et déjà trahit de ses anciens partenaires de crimes, sans témoigner le moindre égard sur le sort qui leur était réservé. Pourquoi ne recommencerait-il pas ce stratagème en s'en prenant à sa nouvelle associée? Les Folies Sorcières pouvaient susciter chez lui bien des intérêts, et une volonté malhonnête de contourner les lignes du contrat établi, afin d'en devenir le seul détenteur! Ceci expliquerait pourquoi Roy aimait s'enticher d'une experte en magie noire venue d'Amérique, plutôt que de céder à ses charmes. Par un maléfice inconnu, cette Isobel Lavespère pouvait très bien la transformer en marionnette et la conduire à sa perte? Mildred devait protéger son héritage, et demeurer vigilante aux éventuels coup de poignard dans le dos que son associé pouvait fomenter contre elle. Se retirant à l'écart, la rédactrice de Multiplettes écouta avec attention les justifications de Roy, et son désir de laisser jouer librement ce groupe aux paroles irrévérencieuses à l'égard du pouvoir. Mais elle ne tarda pas à exprimer son désaccord.

"Non, Roy! Jamais je ne permettrai qu'une telle infamie se produise dans notre Cabaret! Dois-je te rappeler que tout ce qui concerne la partie spectacle des Folies Sorcières est de mon ressort? Je te laisse agir librement en coulisse et mener à bien tes petites affaires, au risque de tomber un jour entre les griffes de la justice magique, alors tu serais bien aimable de ne point interagir dans mon champ de compétence? Est-ce clair ou dois-je ressortir les termes de notre contrat? "

Voila une manière de laver l'affront, et de se venger de la cruelle humiliation qu'il lui avait infligé. Elle avança d'un pas vers lui, autant pour imposer sa taille que pour gagner en discrétion.

"De plus, tu ne dois pas oublier une chose mon petit Roy; Je ne doute pas une seconde que tu t'es montré convaincant auprès du ministre Marchebank et son cercle de fidèles. Mais ton pouvoir n'est que relatif, et ne repose que sur son bon vouloir. Au moindre signe de désaveu, et en un claquement de doigt, le ministre peut faire disparaître notre petit empire éphémère. Tu comprends? J'ai l'impression que tu négliges cet aspect des choses, et tu peux me croire, je ne tomberai pas avec toi! Alors non, ce petit groupe insignifiant ne viendra pas perturber mon tremplin! Et je compte bien m'aplatir autant de fois qu'il le faudra devant le ministre, si cela peut nous permettre d'accroitre nos richesses! Je te laisse l'honneur de leur expliquer que s'ils ne peuvent pas produire une chanson plus appropriée, alors ils peuvent d'ores et déjà faire leurs adieux à ce concours! "

Mildred appuya un regard sévère sur son associé, pour bien lui faire comprendre qu'elle ne plaisantait pas. Si celui-ci venait à corrompre ses beaux projets, elle n'hésiterait pas une seconde à le faire tremper dans une affaire sordide qui parviendrait jusqu'aux oreilles du ministère. De manière presque théâtrale, elle rejeta sa chevelure rousse en arrière, avant de se diriger vers la sortie des coulisses. D'une voix affirmée, elle indiqua alors la marche à suivre, et lança une prérogative qui ne visait qu'à accroitre la pression qui reposait déjà sur les épaules du groupe Irvana.

"Le concours débutera dans dix minutes! Le premier groupe à jouer sera Irvana, du moins si ces derniers sont disposés à nous proposer une chanson digne de ce fabuleux tremplin! Je vous souhaite à tous "bonne chance" et surtout que le meilleur gagne! "

Puis sans même un dernier regard pour les musiciens, la co-gérante s'en alla rejoindre sa place afin d'être aux premières loges et assister à ce spectacle qui se plaçait sous le signe de l'ordre et de la discipline. Après son intervention, nul doute que aucune fausse note ne viendrait entacher ce concours musical!


Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora sentit ses pieds toucher brutalement le sol et rouvrit doucement les yeux. A en croire le bruit qui émanait de l'établissement devant lequel ils se trouvaient, ils étaient arrivés à bon port, ce dont elle pouvait être assez fière, n'ayant jamais mis les pieds dans ce coin de Bristol. Elle s'empressa donc de vérifier que Donald était en un seul morceau -c'était son premier transplanage d'escorte- et lui adressa un immense sourire en constatant qu'il était en possession de tous ses membres. Ils avaient réussi ! Ils étaient aux Folies Sorcières !

"On y est ! On y est vraiment ! s'exclama-t-elle avec excitation, comme si les immenses lettres brillantes indiquant "Les Folies Sorcières" sous leurs yeux n'étaient pas une preuve suffisante. On rentre ?"

Elle sentait son ventre noué d'angoisse, à l'idée qu'ils puissent se faire attraper en dehors de l'école, mais cette inquiétude était compensée par un doux sentiment d'euphorie et d’excitation. Elle retrouvait les sensations qu'elle éprouvait jadis, quand Irving l'entrainait à enfreindre le règlement, et ce n'était pas désagréable. Elle ne s'était jamais considérée comme ayant une âme de rebelle, et pourtant elle ne regrettait pas le moins du monde sa décision de venir ici. Ils ne resteraient que le temps de la chanson d'Irvana après tout, ils seraient rentrés bien avant qu'on ne remarque leur absence.

Nora relégua ses inquiétudes dans un coin de son cerveau et s'approcha de ce qui devait être la billetterie, confiante, sa pancarte d'encouragements sous le bras. Elle s'efforça de ne pas penser au fait qu'elle devait paraitre beaucoup trop jeune, et que son jean était couvert de terre -les passages secrets étaient certes pratiques, mais plutôt salissants- et adressa un sourire aimable au caissier.

"Bonsoir ! On vient pour le tremplin, il vous reste des places ?"

Ce serait bien le comble ! Que l'évènement soit complet et qu'on leur refuse l'entrée ! Ils n'étaient quand même pas venus jusqu'ici pour rester dehors. D'un autre coté, s'ils ne parvenaient pas à avoir de billets, elle ne se voyait clairement pas entrer par effraction. Elle avait assez bafouer les règles pour aujourd'hui.

"Z'avez d'la chance les p'tits loups, nous reste à peine une dizaine de tickets !
- On vous en prend deux !
- Et voilà, deux tickets pour la d'moiselle ! Bonne soirée les jeunes !"

Nora tendit son ticket à Donald et se dirigea vers la porte de l'établissement avec une excitation non-contenue. Elle poussa la porte, pressée de s'imprégner de l'ambiance et de pouvoir voir son petit-ami sur scène, mais ils purent à peine faire quelques pas dans l'établissement tant il était bondé. Ils étaient si loin de la scène qu'ils ne distingueraient sans doute pas grande chose de ce qui s'y passerait, et Irving ne les verrait jamais.

"On arrivera jamais à se rapprocher !" cria-t-elle en se penchant vers Donald, pour couvrir le vacarme.

Ce n'était pas bien grave après tout, elle était déjà heureuse de pouvoir assister au premier concert d'Irvana. Elle avait toujours pensé qu'Irving avait beaucoup de talents -sauf peut-être en matière de sérénade. Elle n'était pas objective, évidement, mais elle trouvait qu'il était très bon musicien et elle était persuadée que Juliana était une excellente chanteuse. Et puis, elle savait que la musique était importante pour son petit-ami, que cela lui faisait du bien. Ce concert comptait beaucoup pour lui, alors elle était contente d'y participer, même s'il ne pourrait pas la voir.

Alors qu'elle se hissait sur la pointe des pieds pour essayer d'apercevoir la scène, une voix annonça qu'Irvana serait le premier groupe à jouer et Nora se tourna vers Donald avec un immense sourire. Elle prit sur elle pour ne pas se mettre à trépigner comme une groupie et reporta son attention sur la scène, prête à donner de la voix pour ce qui était déjà son groupe préféré.


Donald McWildeCinquième annéeavatar
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Les paupières serrées avec force, Donald se cramponnait à sa pancarte comme à une bouée de sauvetage quand ses pieds touchèrent à nouveau le sol. Il finit par se risquer à ouvrir un œil, le dardant craintivement sur le reste de son corps afin de vérifier qu'aucun de ses membres n'avait perdu son double en cours de trajet – pieds, jambes, bras, oreilles, c'est bon, tout était au complet. (Non, il n'était pas en mesure d'apercevoir ses oreilles malgré leur taille déjà supérieure à la moyenne, mais certaine choses se sentaient, voilà tout.) Un sourire incrédule s'étala lentement sur le visage de Donald alors qu'il relevait la tête vers Nora, en juste miroir de l'expression qu'elle-même arborait.

« Tu l'as fait ! » s'exclama-t-il aussitôt, parce que c'était son premier transplanage d'escorte ; nul besoin d'être sorcier pour voir que la Poufsouffle n'avait pas naturellement confiance en elle. Elle semblait aussi excitée que lui, lui proposant alors de pénétrer à l'intérieur de l'établissement.

« Bien sûr, c'pas le moment de se dégonfler ! »

Ils se dirigèrent vers la billetterie, où l'employé de fonction avait l'air de s'ennuyer sévère. Compatissant, Donald se fit la réflexion qu'ils lui offraient désormais un bien curieux spectacle : celui de deux adolescents aux vêtements sales, des pancartes ridicules coincées sous le bras, pas assez vieux pour être déjà sortis Poudlard mais pourtant prêts à entrer dans un cabaret à une heure et une période où ils n'étaient certainement pas censés se trouver ailleurs que dans le château. Pas suspicieux pour un sou, le type. Nora demanda s'il lui restait des places – Donald espérait bien qu'il lui en restait, des places, même s'il se voyait clairement entrer par effraction dans le cas contraire.

Il jugea préférable de laisser la Poufsouffle user de son amabilité, laquelle lui attirait de toute façon la sympathie d'à peu près tout le monde. Lui, au contraire, attirait toujours les soupçons ; mieux valait qu'il ne tente aucun bluff et reste derrière elle – c'était sans doute là son meilleur effet. Il accepta donc son ticket en essayant de ne pas avoir l'air coupable, tâche à laquelle il se savait échouer misérablement. (Il était de ces gens, Donald par exemple, qui avaient une tête de coupable, oui, en permanence.)

« Bonne soirée à vous aussi ! » répondit-il poliment. Étant donné que ce monsieur la passerait sûrement dans sa billetterie, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à lui souhaiter.

Suivre Nora derrière la porte coupa court le fil – ou plutôt le nœud – de ses pensées. L'endroit était bondé, ce qui, en soi, ne lui posait pas vraiment problème. Non, oui, bon... peut-être que ça lui posait un peu problème, mais au moins il avait la jeune fille à ses côtés et il était déterminé à ne pas la perdre de vue. Étonnant, cette propension qu'il avait si rapidement acquise à se sentir oppressé par la foule, surtout quand celle-ci se pressait entre quatre murs. En fin de compte son corps avait gardé l'empreinte des dommages qu'elle pouvait infliger, et son cerveau le souvenir de la rapidité avec laquelle elle mettait à terre et réduisait en charpie. Quelques secondes seulement, un simple battement de cils, la personne disparaît du champ de vision et...

"On arrivera jamais à se rapprocher !"

Le cri de Nora ramena brusquement Donald à la réalité, et il constata qu'elle avait raison. L'inaccessibilité des premiers rangs les reléguait au fond de la salle. S'il était prêt à renoncer au pied de la scène, même s'il s'agissait pour lui du meilleur emplacement en concert, c'était hors de question qu'Irving ignore tout de leur présence au tremplin avant qu'ils ne lui en parlent dans une lettre le lendemain.

« Prépare-toi à crier bien fort, je suis sûr qu'on peut arriver à se faire remarquer ! »

Faire du bruit, Donald savait. Agiter sa pancarte aussi. Mais malgré l'implication qu'il mettait dans leur rôle de supporter, il pensait au fond que le plus important ne se déroulerait pas ici, mais bien là où le groupe venait d'être annoncé. Dans la pénombre du cabaret, il renvoya son sourire à Nora et tourna la tête vers la scène. Il avait hâte d'entendre Irvana de ses propres oreilles, et de voir enfin si cette Juliana chantait aussi bien qu'on le lui avait dit.
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Mildred était une femme intelligente, ambitieuse, certaine de ses objectifs, et prête à tout pour les réaliser. Mais parfois, elle manquait cruellement de jugeote, pestait intérieurement Roy, alors qu’il se faisait rabrouer par son associée. Ne comprenait-elle donc pas que ne pas les laisser jouer sur le grief de paroles inconvenantes auraient des retombées encore plus fâcheuses ? Que dirait le ministre si demain, un scandale éclatait dans la presse, pour un attentat contre la liberté d’expression ? On murmurait suffisamment que ses mesures sécuritaires étaient liberticides. Pourquoi donner raison au mécontentement général ?

Roy était sans doute influencé par les liens qui le reliaient à Irvana, mais même en mettant sa subjectivité de côté, il était convaincu que la manoeuvre de Mildred était une véritable erreur stratégique, qui n’arrangerait ni le ministre, ni leurs propres affaires. Cette affaire allait à coup sûr décrédibiliser leur cabaret. Malheureusement, elle venait de prendre son ton de la femme d’affaires orgueilleuse qui n’acceptait pas d’être contredite, et qui voulait par-dessus tout asseoir son autorité sur lui, l’associé, celui qui n’était pas le propriétaire légitime du cabaret. Il la soupçonna de rentrer en conflit avec lui par principe, parce qu’elle ne voulait pas perdre la face et se laisser dicter la décision à prendre, quand bien même elle fonçait droit dans le mur. Alors qu’elle terminait son raisonnement, Roy voulut tenter une dernière fois de lui faire comprendre son point de vue :

« Empêcher Irvana de jouer est en faire un martyr. On entendra trois fois plus parler d’eux que si tu les laissais jouer, Mildred, je t’aurais prévenue. Mais puisque tu ne veux pas écouter, je m’en lave les mains. Tu as raison, c’est ton boulot, les scandales… J’espère juste que tu sais aussi bien gérer ceux qui se dirigent contre toi que ceux que tu crées pour détruire les autres. »

Ce fut vain, car elle eut même l’affront de lui ordonner d’aller annoncer la nouvelle à ses amis, comme pour l’humilier davantage. Alors là, elle pouvait toujours courir. Cette fois, la colère se mêla à l’impatience sur son expression faciale. Roy croisa les bras, rétorquant d’un ton glacial :

« Explique-leur toi-même. Je ne voudrais pas interférer dans ton champ de compétences. »

Il lui tourna le dos au moment qu’elle en faisait de même. Ah, il y avait des jours où elle lui sortait vraiment par les trous du nez ! Il revint vers le groupe qu’il avait laissé quelques minutes plus tôt, avec la seule intention d’attraper Klemens par la manche et de l’emmener loin de ces coulisses, comme il aurait déjà dû le faire avant que Mildred n’arrive et ne vienne tout gâcher de sa présence. Mais il sentit aux regards posés sur lui que l’on attendait une réponse de sa part. Contrarié à l’idée qu’il allait devoir détruire leurs espoirs, Roy soupira et évita soigneusement le regard de Juliana. Il allait prendre la parole mais la voix de Mildred le coupa dans son élan, pour annoncer le début du concours. Elle annonça ce que Roy s’apprêtait à dire à Irvana, ce qui fut accueilli par un silence de sa part, comme un aveu d’impuissance. Il posa son regard sur Irving, qui avait défendu bec et ongles sa composition tout à l’heure, face à la journaliste. Sa conclusion à lui fut simple, peut-être un peu sèche, à cause du sale coup que venait de lui faire Mildred, et qui restait encore en travers de sa gorge.

« Elle n’a rien voulu savoir. »

Sur cet aveu, laissant les deux musiciens assimiler la nouvelle, Roy releva la tête vers Klemens pour lui faire signe de le suivre. Il était temps pour eux de partir. Il n’était pas responsable de ce qu’Irvana décidait de faire, désormais, et il n’avait pas envie d’influencer leur décision, alors il tourna les talons. Roy doutait très sincèrement qu’ils acceptent de chanter la version modifiée de leur chanson. Ils pouvaient toujours refuser de chanter et arrêter le concours. Ils pouvaient aussi monter sur scène en faisant fi des avertissements de Mildred… Une petite part de Roy, la moins raisonnable, la plus impulsive et orgueilleuse, espérait qu’ils décident de braver les règles. Ne serait-ce que pour contrarier sa petite princesse d’associée.



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Irving WhitakerAubergisteEn ligneavatar
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Les bras croisés sur son torse, Irving observait du coin de l’œil Mildred et Roy en pleine discussion, un peu plus loin. Il savait bien que le trafiquant essayait de résoudre le problème mais l’ancien Gryffondor trouvait que Magpie parlait beaucoup trop pour quelqu’un qui venait d’entendre raison. Même s’il ne pouvait rien entendre de la conversation, elle ressemblait davantage à une femme qui tentait d’asseoir son point de vue plutôt que l’inverse.

« J’aimerai en être aussi sûr que toi… »Grommela-t-il lorsque Klemens affirma que Roy allait tout arranger. Il n’était franchement pas convaincu, et Juliana non plus à en juger par la solution de secours qu’elle proposa : Faire mine d’obtempérer aux exigences de la gérante des Folies-Sorcières et chanter leur titre original  une fois sur scène.

« Tu veux la jouer à la Serpentard ? Toi ? s’étonna Irving en arquant un sourcil. Un léger sourire éclaira alors son visage et il souffla un: j’aime ça ! »

Après tout, ils n’allaient certainement pas se laisser dicter leur conduite par cette femme qui n’y connaissait absolument rien en musique.  Les Bizarr’Sisters, eux, sauraient apprécier le morceau, Irving en était persuadé même s’ils devaient utiliser la ruse pour leur permettre de l’entendre.
Quelque peu ragaillardi par ce constat, l’ancien Gryffondor attendit un peu plus sereinement le verdict qui ne tarda pas à tomber puisque Mildred Magpie affirma qu’Irvana serait le premier groupe à passer. Pendant une fraction de seconde, Irving crut que Roy avait réussi à la convaincre de les laisser interpréter leur titre sans modification mais ce dernier leur indiqua qu’elle y était toujours fermement opposée.

Irving jeta un regard en direction de Juliana comme pour s’assurer qu’ils étaient bien sur la même longueur d’onde avant de reporter son attention sur le cogérant. Il ne savait pas trop si Roy allait tenter de les dissuader ou pas  alors il préféra s’en tenir à ce que Julia avait proposé.


« Merci d’avoir essayé vieux. Il lui donna une légère tape sur l’épaule et poursuivit, Tu peux lui dire qu’on a trouvé un truc à interpréter. Moins subversif, ajouta-t-il en insistant bien sur ce terme, tout le monde a fait l’déplacement pour venir  nous voir, ça s’rait con qu’on joue rien quand même. » Finit-il par dire en guise d’explication.

Il accorda un sourire à Juliet et Jeremy puis à Klemens avant que toute la petite troupe ne prenne congé pour rejoindre la salle de spectacle. Dès qu’ils se furent éclipsés, Irving se tourna alors en direction de Juliana.

« Alors ? On l’fait ? » s’enquit-il avec une pointe d’excitation dans la voix et un brin de malice au fond du regard. Il était clair qu’Irving était d’hors et déjà partant pour donner une leçon de Rock’N Roll -et de subversion- à cette Mildred Magpie.

« Never. Be. A. Tree.» articula-t-il alors avec un sourire facétieux en attrapant sa guitare.

Saisissant Juliana par la main, il l’entraina alors en direction de la sortie des loges avant qu’elle ne change d’avis. Irving était bien conscient que l’intervention de la cogérante des Folies avait momentanément fait oublier le trac de son amie et il comptait bien surfer sur la vague d’indignation que Magpie avait fait naitre en elle pour que leur titre prenne tout son sens. Nul doute que la chanson sonnerait nettement plus authentique et sincère avec une Juliana à fleur de peau. Les deux musiciens traversèrent donc au pas de course les couloirs des Folies avant de s’arrêter dans les coulisses.

« On est Irvana, on va jouer Never Be a Tree, lança Irving en arrivant devant le présentateur de la soirée qui finissait de se préparer avant son entrée en scène.

« Ok ? Vous attendez ici que je vous annonce d’accord ? » leur expliqua-t-il en les guidant jusqu’au rideau, coté jardin.
Irving hocha la tête, tentant d’ignorer les battements de son cœur dans sa poitrine qui se faisaient de plus en plus insistants. Il était partagé entre des sentiments si contradictoires, oscillants entre l’impatience, le trac, la joie, l’appréhension et la fierté, qu’il était impossible pour lui de savoir s’il se sentait bien ou mal.  Cherchant son médiator dans les poches de son jeans, il expira lentement en tapant du pied la rythmique de la chanson pour se la remémorer.

Le présentateur se composa alors un sourire de façade et entra en scène sous les hourras nourris du public.

« Oh bordel… » souffla Irving en sentant l’onde des applaudissements le traverser.  « On y est putain ! » ajouta-t-il, hilare, en passant un bras autour des épaules de Juliana avant de lui souffler à l’oreille : « T’es la meilleure… éclate-toi ! »

Ce fut à ce moment là que le présentateur tendit un bras dans leur direction et s’exclama :

« Mesdames et Messieurs, voici Irvana et leur titre Never be a tree ! »


Irving entra sur scène et fronça légèrement les sourcils sous la lumière des projecteurs. Il ne parvenait pas à voir le public qui était plongé dans l’obscurité mais il pouvait sentir la présence des centaines de personnes qui les encourageaient, lui et Juliana, en battant des mains. Quelle drôle de sensation d’être ainsi acclamé. N’ayant jamais été l’un de ces joueurs de quidditch m’as-tu-vu c’était quelque chose de totalement nouveau pour Irving qui se positionna un peu machinalement  sur la marque que les intermittents lui avaient indiqués à la répétition.  C’était vraiment hallucinant, songea-t-il en se disant toutefois qu’il ne devait pas se laisser impressionner. Il était là pour s’amuser, pour en profiter et aussi, pour faire passer un message à cette Miss Magpie.
Aussi, quant  les applaudissements s’estompèrent pour laisser la place à un silence poli, Irving attrapa sa baguette pour user d’un sonorus :

« Bonsoir, souffla-t-il un peu surpris par la tonalité de sa propre voix amplifiée, Nous voulions dédicacer cette chanson à John et Danny mais finalement nous allons la dédier à ….vous. Madame Magpie, lâcha-t-il en la découvrant enfin au premier rang assise entre Myron Wagtail et Donaghan Tremlett, ….et également au King Leopold, ajouta-t-il avec une impertinence non dissimulée.
Il releva les yeux vers le public et laissa passer quelques secondes d’un silence qui lui sembla assourdissant avant de barrer le premier accord :

«  Never be Free. » lâcha-t-il en jetant un dernier regard à Juliana pour la lancer.

Il identifia alors les voix de deux personnes dans le fond de la salle, deux amis qui lui étaient si chers qu’il les reconnut en une milliseconde. Il retint un sourire en songeant qu’ il allait devoir attendre la fin du titre –ou l’intervention de Mildred Magpie-  pour pouvoir les serrer dans ses bras…
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana n'eut pas besoin d'entendre la réponse de la bouche de Mildred pour savoir à quoi s'en tenir. Il lui suffit de voir la façon qu'avait Roy de fuir son regard et de constater qu'il avait la mâchoire contractée et l'air contrarié de celui qui n'avait pas obtenu gain de cause. Un soupir agacé franchit les lèvres de la chanteuse, qui posa un regard furibond sur cette vieille mégère mal embouchée de Mildred Magpie. "Une chanson digne de ce fabuleux tremplin", vraiment ? Ce tremplin était bien loin d'être fabuleux s'il s'agissait d'un récital à la gloire de Leopold Marchebank, et si toute voix contraire était réduite au silence !

Une part d'elle voulut envoyer une remarque cynique à Roy lorsqu'il se contenta de constater son échec, mais elle s'en abstint, parce que ce serait reporter sur lui sa colère dirigée contre Magpie. Et puis surtout, elle le plaignait sincèrement d'avoir une telle associée. Comment Roy, ce Gryffondor pur souche au même titre que Irving ou elle, faisait-il pour supporter une princesse pareille ? Elle était insupportable ! En tout cas, Juliana ne la supportait pas, et ne comptait absolument pas se plier à ses exigences. Peu importait d'ailleurs la décision d'Irving, qu'il vienne ou pas, elle comptait bien monter sur cette scène et chanter de tout son coeur. Peu en importaient les conséquences, qu'ils se fassent réprimander, virer des Folies à coups de pieds au derrière ou accuser d'anti-patriotisme, elle s'en fichait. Juliana comptait bien défendre ses droits. La jeune femme, qui bouillait intérieurement, se contenta de confirmer son intention d'un regard échangé avec Irving, le laissant s'occuper de remercier Roy un peu plus poliment.

Juliana prit une profonde inspiration pour chasser quelque peu sa colère et retrouver un minimum de concentration, puis adressa quelques mots de remerciements à leurs amis avant qu'ils ne prennent congé.

"Oh que oui, on l'fait, plutôt deux fois qu'une", souffla Juliana en réponse, la détermination lisible sur ses traits. Un sourire étira ses lèvres à la vue de l'enthousiasme de son ami, qui l'entraîna hors des loges. Irving prit les choses en main et se présenta au présentateur, ce dont elle lui fut reconnaissante, tant les émotions l'envahissaient. L'indignation, la colère, l'appréhension, l'excitation, l'impatience, tout se mêlait et elle se laissa envahir par ces sentiments qui la faisaient se sentir survoltée, prête à en découdre. Postée près du rideau, elle lança un regard à Irving, espérant trouver du réconfort auprès de son ami, mais il semblait aussi envahi de tract qu'elle. Ils ouvraient le bal, et ils allaient l'ouvrir en beauté, avec une audace qui faisait frémir Juliana, même si rien ne l'aurait fait changer d'avis. Son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine, ses mains étaient moites mais, heureusement, elle n'avait pas oublié leur chanson. Bien au contraire, les vers se succédaient dans son esprit, ne demandant qu'à être déclamés, chantés avec force et conviction.

Cette volonté ne fit que se déculper lorsque les applaudissements nourris retentirent et elle laissa échapper un "Godric" au même moment qu'Irving et son "Oh bordel". Ca y est, après toutes ces répets à la gobière, ils y étaient enfin ! Alors qu'importe Mildred Magpie, qu'importe Marchebank, Juliana comptait bien en profiter à fond ! Elle laissa échapper un rire joyeux et un peu hystérique à sa phrase d'encouragement et s'exclama en retour : "On va tout déchirer !". Puis elle entra sur scène.

La lumière des projecteurs l'aveugla un instant, mais ce furent surtout les applaudissements cadencés qui la marquèrent, semblant résonner dans sa poitrine. Contrairement à Irving, Juliana avait connu sa part de gloire du temps des matchs de Quidditch de Gryffondor, mais ce n'était pas la même chose, pas le même ressenti. Jouer à Poudlard, devant ses amis, en terrain connu, pour s'amuser plus que pour autre chose, ce n'était pas comme se présenter ici, en terres visiblement hostiles, pour défier l'autorité du ministre en personne devant des centaines d'adultes inconnus. Juliana se sentait beaucoup plus exposée et un frisson lui parcourut la colonne vertébrale, mais elle s'efforça de ne pas laisser montrer son tract. Pour cela, il lui suffisait de repenser à l'attitude de Magpie pour sentir toute sa détermination l'emplir à nouveau. La jeune chanteuse se lança un sonorus pendant qu'Irving les présentait, souriant intérieurement à l'entente de sa voix magiquement amplifiée. C'était quand même super chouette d'être ici avec lui, pour jouer ensemble, c'était l'aboutissement de leurs efforts et puis c'était surtout une sacré aventure. Juliana savait qu'elle n'était pas prête de l'oublier, alors autant y aller à fond !

Un sourire étira ses lèvres quand Irving décida de dédicacer leur chanson au King Leopold et à cette chère Mildred, avant d'annoncer le véritable titre. Bien, songea-t-elle en sentant l'adrénaline l'envahir, c'était le moment ! Elle échangea un regard complice et assuré avec Irving - son tract semblait s'être envolé - et prit une profonde inspiration avant d'attendre les premiers accords pour commencer à chanter...

"When I see the pavement of Diagon Alley
Stained with the blood of our brothers
I can’t believe in this death valley
Yet everything’s true, it will haunt me forever"


Sa propre voix semblait sonner étrangement à ses oreilles, mais Juliana s'efforça d'en faire abstraction, de ne pas essayer de voir les réactions de la salle. Elle chantait pour Irving, pour elle, pour leurs amis et pour tous ceux qui avaient été blessés, choqués ou indignés par les évènements récents. Elle chantait pour se faire plaisir, aussi, et se laissa envahir par la musique, par ses paroles qui l'habitaient complètement, trouvant écho en elle, en ses souvenirs. Le Chemin de traverse chaotique et meurtrier, Nimbus défiguré, les Douze Chênes ensanglantés...

"I could never be free, despite what the minister told me", lança Juliana à la salle, de sa voix grave et rauque, sentant sa poitrine vibrer tandis que le sortilège Sonorus envoyait ses paroles emplir la salle comme l'aurait fait un micro. Passé le premier refrain, Juliana sembla gagner en confiance, soutenue par la présence d'Irving, et décida de modifier quelque peu les paroles du refrain suivant. Son regard sombre et insolent vint accrocher celui de Mildred au premier rang.

"Despite what Mildred Magpie told me..."

Ainsi, Juliana la défiait, la défiait d'interrompre leur chanson en révélant ainsi la censure à la salle entière, ou bien de les laisser finir et désavouer le ministre jusqu'au bout.



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Malgré quelque sourire figé distribués aux invités de ce tremplin magique, Mildred Magpie n'arrivait point à se débarrasser d'une certaine contrariété. Roy Calder, son associé venait de publiquement désavoué ses choix, et ce devant un obscur et insignifiant petit groupe de rock de sans importance! C'était comme si une mère souhaitant punir son enfant pour n'avoir point fait ses devoirs, voyait sa leçon d'éducation s'annihiler complètement du fait d'un père trop laxiste qui tendrait une friandise au gosse paresseux. Inimaginable! Son associé ne voyait pas plus loin que le bout de son nez! Il osait même lui faire la morale sur la gestion des scandales, comme si des paroles faisant l'apologie de la révolte anti-Free pouvaient résonner dans son noble établissement. Depuis des mois, elle se tuait pour faire des courbettes au Ministre Marchebank; Alors pourquoi accepterait-elle qu'un groupe de jeunes attardés pseudo-rebelles remettent en cause son entreprise de séduction du pouvoir? Tout cela parce que Môssieur Calder en avait décidé ainsi et qu'il s'agissait évidemment d'amis ou de connaissances!

Pour Mildred Magpie, il ne fallait pas voir plus loin : Son associé manquait cruellement de discernement dans le choix de son entourage. Que ce soit en matière de conquête féminine, ou dans la sélection de ses proches, il perdait de vue que chaque choix imposait de suivre une certaine ligne de conduite! Pour le bien de leur affaire, il ne fallait point se disperser, de manière à ne point attiser la méfiance de ceux qui apportaient de l'eau à leur moulin! En fricotant avec des opposants du pouvoir en place, il n'allait qu’attirer l'opprobre sur leur Cabaret magique! Pourtant, elle n'avait cessé de lui marteler, qu'il fallait savoir suivre le sens du vent, et surtout ne point s'attirer le courroux des puissants. Mais Môssieur Calder ne voulait en faire qu'à sa tête! Comme si un guitariste bouclé, affublé d'une insignifiante brunette, représentait un bon investissement pour l'avenir! Parfois, Roy Calder se comportait comme un mioche capricieux, au point de s'interroger sur son éducation passée. Mildred devrait-elle également remplir la fonction de mère, en plus de celle de co-gérante?

D'un geste impérieux de la tête, la romancière rejeta sa coiffure de feu en arrière avant de s'installer sur sa chaise, située sur le balcon qui dominait la scène. A ses côtés, les Bizarr'Sisters semblaient s'être quelque peu assagis, sans soute moins éméchés ou soucieux de faire bonne impression dans leur rôle de grand jury du tremplin. Dans une attitude noble, Mildred posa une première main sur sa cuisse, avant d'y joindre la seconde. Sa petite bouche pincée, elle contemplait chacun des visages qui composaient le parterre du Public, afin d'y desceller les célébrités. C'est ce moment que choisit, Myron Wagtail pour se pencher vers elle, et lui faire part de ses impressions.

"Un souci Miss Magpie? Vous semblez contrariée... "

Mildred Magpie se retourna vers le chanteur, quelque peu interloquée, avant de laisser éclater un sourire factice.

"Absolument pas, voyons! Je me réjouit de la qualité de ce tremplin, et ma seule crainte réside dans le fait qu'il sera difficile de départager ces petits artistes en herbe! Vous savez que le premier groupe à fouler la scène, va nous interpréter une chanson militant pour les bienfaits de l'écologie responsable. Leur titre "Never be a Tree" est une véritable leçon pour l'humanité... "

Myron Wagtail exprima très vite ses doutes quant à l'intérêt d'une telle chanson.

"Mouai... A mon avis, il y a d'autres choses à sauver en priorité dans ce monde, avant de penser aux pauvres arbres déracinés. Cela ne me touche pas ce genre d'engagement de petits bourgeois bohêmes... "

Mildred Magpie se pencha alors sur l'accoudoir de son siège, pour planter son regard acéré dans celui du chanteur.

"Et quelles sont vos priorités, monsieur Wagtail? "

L'artiste sembla hésiter, comme si le fait de lâcher ses convictions politique aux oreilles de la reine de la Presse à Scandale pouvait représenter un certain danger. Fort heureusemnt l'humour étant une arme contre la calomnie, il esquissa un léger sourire avant de désigner du pouce son joueur de Luth.

"Bah, je m'inquiète beaucoup pour Herman. Il est encore célibataire et n'arrive point à trouver chaussure à son pied! Il a beau faire partie du plus grand groupe de rock du Monde Magique, aucune femme ne semble s'enticher à son charme. Comme si le Luth n'avait aucun sex-appeal. Il prend de l'âge notre Herman, et je me tue à le rassurer, en lui disant que les femmes deviennent moins frigides après la ménopause. C'est le cas Miss Magpie? "

Mildred Magpie ne laissa rien apparaître de son dégout, si ce n'est ses ongles de cougar qui vinrent se planter dans le velours de l'accoudoir. Ce Myron Wagtail n'était qu'un immonde goujat!

"Je ne peux encore répondre à cette question. Adressez-vous à mon associé, monsieur Roy Calder : Je ne doute pas qu'il saura trouver une femme à la convenance de votre joueur de Luth... "

Puis Mildred Magpie, se tourna sur son siège afin de mettre un terme à cette discussion au combien désagréable. Le tremplin allait commencer d'une seconde à l'autre, et elle leva son index à l'intention d'un serveur, pour que celui-ci vienne lui servir une coupe de Champagnimagique. Elle n'adressa pas l'ombre d'un regard à son associé, Roy Calder qui vint prendre place à ses côtés, signe que le premier groupe allait bien vite entrer sur scène. Trempant ses lèvres avec délicatesse sur le rebord du verre, Mildred but une gorgée de ce précieux alcool importé de France. Puis d'une voix impériale, elle lâcha à demi-mot à son associé.

"Jamais plus, tu ne me contrediras en public, ni me dira ce que je suis sensée faire! Est-ce clair? Car si je n'étais pas là pour veiller au grain, je crains que ta naïveté nous conduise au-delà de graves désillusions! J'espère que tu comprendras que c'est pour notre bien, et nos galions que je me bats! Et non, pour satisfaire d’égoïstes petites lubies. Dorénavant, je crains qu'il ne faille que tu apprennes à choisir tes amis. Nous ne sommes plus dans la rue, ni dans la voie des Miracles... Mais dans les coulisses du Pouvoir. "

Le présentateur finit par interrompre cette leçon de morale, alors que le premier groupe était sur le point de faire son entrée sur scène. Mildred éprouva un grand soulagement, quand l'homme usant d'un porte-voix, présenta la première chanson sous le nom de "Never be a Tree". Tout entrait dans l'ordre, et elle ne pouvait que se réjouir du fait qu’aucune fausse note ne viendrait entacher son tremplin. Elle dévisagea avec un certain dédain, le jeune Guitariste bouclé qui venait de prendre sa baguette pour lancer un sonorus, tandis que sa chanteuse brune n'en menait pas bien large à ses côtés. Mildred glissa sa main sur sa bouche pour chuchoter sa satisfaction à son associé.

"Deux petits chatons bien éduqués, voilà ce dont nous avons besoin! "

Mais elle se trompait sur toute la ligne, n'osant imaginer une seule seconde que les deux artistes de Irvana puissent oser commettre l'impensable. Pourtant la scène des Folies Sorcières allait être le théâtre d'un incroyable acte de rébellion à l'encontre du régime et de ceux qui osaient profiter du système. Quand ce satané bouclé osa lui dédicacer sa chanson, ainsi qu'au King Leopold, Mildred sentit son cœur s'accélérer à un rythme effréné alors que le vent du scandale s'abattait sur sa personne. "Never be Free" résonna alors comme le glas de ses espérances, et de voir un Tremplin sans fausse note, parfaitement en accord avec sa partition. Mildred sentit des bouffées de chaleur l'envahir, alors que les regards se tournaient vers. Mal à l'aise, et ne sachant que faire pour stopper cette ignominie sur le point de se réaliser, elle gesticula sur son siège comme si celui-ci était la plaque brulante d'un four. Elle se tourna vers Roy Calder, cherchant vainement à cacher sa panique derrière un sourire de façade.

"Il faut faire quelque chose, Roy! Il faut les arrêter! Envoie Frapedur pour les empêcher de me ridiculiser! Je suis certaine que tout es de ta faute!!! "

Mais c'était trop tard. La voix charismatique de Juliana saisit la foule, et vint déverser son flot de révolte à un public aussi médusé qu’impressionné par cet acte de courage. Au bord du naufrage, alors qu'elle voulait littéralement étrangler la chanteuse pour l'empêcher de déverser son pamphlet anti-Free; Mildred serra si fort le pied de sa coupe de Champagnimagique que celle-ci finit par se briser. Le morceau était efficace et donnait envie de bouger, comme aux premières heures des Bizarr'Sisters, et le cinglant "Dance like a Hyppogryff!". Au grand dam de Mildred Magpie, la foule commença à s'agiter dans la fosse du théâtre magique, se laissant enivrer par une mélodie résolument rock. Les Bizarr'Sisters s'échangèrent des regards et des sourires où transpirait une certaine jubilation à l'idée de voir que aujourd'hui encore, des jeunes osaient se rebeller contre le système, aussi puissant soit-il. Des jeunes fans montèrent sur les sièges en velours et se mirent à danser comme de vulgaires marionnettes. Une jeune sorcière, fan de musique, en oublia même sa passion pour les Tokyo Motel, alors que sa vie se conjuguait désormais en rythme avec Irvana! Des soutiens-gorge et autres présent de groupies hystériques vinrent même pleuvoir sur scène, signe que les bouclettes de Irving et la beauté sensuelle de Juliana ne laissaient point indifférents le jeune public de Bristol! Le regard affolé de Mildred Magpie, contrastait avec cette folie ambiante aussi hystérique que soudaine. Voir une partie de public se laisser aller, et venir saloper de leur empreinte les sièges en velours avait de quoi la révulser. Et pourtant, quand la chanson irrévérencieuse s'acheva enfin, Mildred Magpie se leva pour feindre un enthousiasme aussi débordant qu’hypocrite. Usant à son tour d'un sonorus, elle s'adressa à la foule en liesse.

"Bravo! Quelle énergie mes chatons! Vous ne manquez décidemment pas d'humour! Moi aussi je vous aime! Bien entendu tout cela n'est que pure fantaisie délurée et aucune de ses paroles n'est à prendre très au sérieux! Mais que serions-nous sans autodérision? Je vous remercie pour votre prestation, et je laisse désormais notre Jury délibérer...  "

En s'asseyant de nouveau, Mildred Magpie se rapprocha de Myron Wagtail pour l'agripper par sa manche de sorcier. Se penchant vers son oreille, elle lui fit alors part du fond de sa pensée, et délivra surtout une consigne de vote entachée de menaces.

" Que les choses soient bien claires, monsieur Wagtail! Je me fiche complètement de savoir qui vous accompagnera dans votre tournée estivale, mais une chose est certaine je ne veux pas que cela soit ce groupe infect aux paroles pernicieuses! Rappelez-vous nos accords! Je ne vous prête ce lieu, et vous n'êtes ici que de mon propre gré. Vous êtes au bord du chaos, et il ne suffit que de quelques ragots fumant pour que votre label vous tourne définitivement le dos. De plus, souhaitez-vous vraiment que votre femme finisse par entendre certaine rumeur d'adultère? Vous pensez que vos petites escapades nocturnes ont échappé à nos journalistes? Qui est ce jeune gallois aux prunelles si vertes? Ce Trudy? Vous l'aimez? Vous voulez que cela se sache? " Mildred planta son regard de hyène journalistique dans celui du chanteur. Ce dernier semblait au bord de l’explosion, ses poings se serrant contre son flanc. "Non, vous ne voulez pas! Alors, vous allez convaincre votre bande de clowns de mettre un terme aux calomnies de ce maudit groupe... "

Le visage satisfait, Mildred Magpie s'enfonça de nouveau dans son siège, alors que les délibarations allaient bon train. Certains membres de Bizarr'Sisters s'offusquèrent; Orsina quittant même sa place pour disparaître dans les couloirs des Folies Sorcières. Mais le verdict finit par tomber, Myron Wagtail se levant pour parler au nom de ses camarades. D'une voix quelque peu hésitante, allant à l'encontre du personnage il finit par révéler son choix aux deux jeunes artistes d'Irvana.

"Avant de vous révéler mon choix, je tenais à vous dire que j'ai passé un super moment, et que vous êtes une formidable découverte! Mais voilà... " Il jeta un regard désolé aux deux jeunes musiciens. "Ce sera : Non! Vous ne ferez pas partie de notre tournée, justement parce que je vous trouve trop bons pour ne vous cantonner qu'à assurer un rôle de première partie. Vous méritez mieux, et n'en déplaise à certain, vous avez redonné ses lettres de noblesse au Rock magique! "  

Une moitié de la foule hua cette décision, alors que l'autre demeurait silencieuse. Mildred Magpie feinta la surprise, plaquant une main hypocrite sur sa bouche arrondie. Le troll Frapedur vint se placer sur scène, incitant les deux jeunes artistes d’Irvana à quitter rapidement les lieux. Etait-ce le début ou la fin d'une grande carrière?


Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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« Bizarre ? Ah… Ca se voit tant que ça ? »

Roy agissait étrangement, oui, peut-être. Son associée se demandait encore pourquoi il avait subitement retourné sa veste contre elle, pour défendre un petit groupe de musique qui pouvait potentiellement jeter un froid sur leurs relations avec le ministère. Son meilleur ami avait décelé qu’il n’était pas tout à fait à son aise, et sans surprise, il avait assez rapidement deviné la source du problème. Roy venait de le laisser en compagnie de Toni, dans le public, afin de rejoindre la table des jurés d’un pas machinal, avec toujours en tête cette conversation sur laquelle il l’avait quitté. Il s’assit à son siège dans une espèce d’état second, envahi de pensées troublantes et d’émotions contradictoires qui ne se lisaient pas sur son visage fermé. La voix plus horripilante que jamais de Mildred vint cependant l’arracher à sa bulle, et enfoncer Roy dans sa mauvaise humeur, qu’il ne chercha même pas à atténuer. Aucun de ses mots ne fut pesé envers cette femme qui le prenait bien trop pour un gamin débutant à ses yeux, chose qui l’agaçait de façon générale, mais à cet instant-là plus particulièrement, car Roy aurait préféré qu’elle lui fiche la paix. Si c’était Mildred qui se trouvait sur sa route pour qu’il décharge son amertume, c’était tant pis pour elle. Elle ne l’avait pas volé, non plus. Sa voix basse claqua sèchement en réponse aux reproches que la sorcière lui adressait :

« Je ne suis pas un gosse de cinq ans à qui tu peux faire la leçon, Mildred. Et tu n’es pas ma supérieure non plus. Associés à parts égales, je dois te rappeler notre contrat ? Ca veut dire que j’ai mon mot à dire, tout autant que toi. Alors si je dois te contredire parce que j’estime que tu fais une erreur, je le ferai autant qu’il faut. Ne fais pas l’erreur de croire que je ne sais pas où sont nos intérêts, je me bats pour la même chose que toi… Tu n’aimes juste pas être contredite, c’est ton petit orgueil de gérante en mal d’autorité que tu défendais tout à l’heure, pas nos gallions. »

Le présentateur coupa de sa voix magiquement amplifiée leur vif échange, pour annoncer le début du Tremplin. Roy écouta à peine les formules d’introduction et d’échange avec le public destinées à poser l’ambiance. La concentration qu’il semblait mettre à regarder les dossiers des candidats était complètement factice. Ses pensées venaient de s’égarer à nouveau…

« On a parlé y a quelques jours. C’est elle qui est venu me voir. Normal, avec ce qui venait de se passer… »

L’annonce du premier groupe fut accueillie par une salve d’applaudissements qui reporta l’attention de Roy sur la scène, où venait de monter Irvana. Les mots moqueurs de Mildred chuchotés à son oreille firent hausser les sourcils de Roy. Irving et Juliana, des petits chatons bien éduqués ? Il n’y croyait pas une seconde, quelque chose dans le regard des deux musiciens lui faisait pressentir qu’il y avait strangulot sous roche. La correction du titre lui donna raison, et ce fut avec un intérêt renouvelé que le trafiquant releva son regard vers le groupe. Allaient-ils oser ? Inévitablement ses yeux revinrent sur Juliana qui commençait à chanter les paroles incriminées, comme il l’avait tout à l’heure souhaité, dans un sursaut d’agacement envers son associée.

« Elle avait besoin de réponses, tu vois. »

La tension était palpable désormais. Irvana était en train de doucement conquérir son public, par ses paroles fortes, par son engagement et sa sincérité. Mildred pouvait s’époumoner tant qu’elle voulait, Roy ne lui accordait pas la moindre attention, et s’il l’avait fait, il n’aurait rien fait d’autre que lui dire d’arrêter son cirque. Il s'en moquait complètement. Il ne faisait attention à personne d’autre que Juliana.

« Et je lui ai dit, Klem… »

Juliana qu’il dévorait des yeux.

« Je lui ai dit que je l’aimais. »

Pas seulement parce qu’elle était envoûtante dans cette tenue, ou que sa voix grave était pleine de charme. Evidemment, elle était belle, elle avait des atouts qu’elle ne soupçonnait peut-être même pas, que Roy connaissait déjà mais qu’il avait l’impression de redécouvrir. A cet instant, il la trouvait tout bonnement parfaite, parce qu’elle était elle, toute entière, la femme dont il aimait le courage, la force de caractère, l’engouement pour des causes justes, l’audace qui frisait parfois l’insolence. L’inconscience, même, mais cet espèce de dédain des risques la rendait plus forte et fascinante que jamais. Elle était folle, par Godric. Complètement folle, mais bon sang… La folie lui allait à ravir.

« Et elle… »

Les quelques minutes que durèrent la chanson parurent trop courtes à Roy, qui eut paradoxalement l’impression d’avoir contemplé Juliana pendant une éternité. La musique s’éteignit dans le vacarme du public qu’il venait juste de remarquer, se réveillant de la bulle dans laquelle l’obscurité et ses pensées l’avaient plongé. Son regard se fit moins intense, et surtout, moins reporté sur la chanteuse, alors qu’il s’efforçait de reprendre ses esprits. Julia l’avait peut être remarqué, il avait cru avoir échangé un regard avec elle, un instant, mais il avait peut-être rêvé. Et puis de toute façon…

« Elle m’a dit que c’était trop tard. »

Les pépiements de Mildred à côté le firent tourner la tête. Il peina à tout entendre de ce qu’elle disait à leur invité de marque, mais une chose était sûre, vu sa position et son ton menaçant, et la vitesse à laquelle le visage de Myron Wagtail pâlissait, elle était en train de jouer l’un de ses numéros de pression… Sans trop de surprise, Roy entendit le verdict tomber en défaveur d’Irvana, avec toutefois au moins un relent de sincérité dans la fin du discours de Wagtail. Il avait parlé pour exprimer son ressenti, malgré les menaces de Mildred, mais voilà qui allait plonger les deux musiciens dans un grand scepticisme : on les virait du concours parce qu’ils étaient trop forts… Bah voyons. Ils n’étaient pas nés de la dernière pluie, ils allaient vite comprendre les véritables raisons de leur mise à l’écart. Après tout, Mildred le leur avait déjà fait comprendre, avec ses gros sabots, dans les coulisses. Sans tourner la tête vers elle, la voix de Roy commenta d’ailleurs son tour de force pour faire virer Irvana malgré l’ovation du public, un fond de sarcasme dans la voix :

« Tu obtiens toujours ce que tu veux, toi, hein. »

Il se demandait d’ailleurs si elle allait se contenter de cela. Connaissant Mildred, il avait tendance à supposer que non, Roy se nota mentalement d’essayer de freiner ses ardeurs plus tard, si jamais l’idée lui venait -à tout hasard- de tenter de briser la réputation d’un des deux Gryffondors. On ne savait jamais de quoi était capable cette femme, souvent du pire, en tout cas.

Se désintéressant pour le moment de ces querelles diplomatiques et du deuxième groupe qui allait enchaîner sur scène, Roy baissa un regard quelque peu mélancolique sur ses papiers. C’était au-dessus de ses forces de se concentrer, ce soir. La main posée sous son menton, il redressa les yeux pour les poser sur le dos de Juliana, qui quittait la scène.

« Alors, voilà, c’est trop tard. C’est tout, c’est fini. »



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Irving WhitakerAubergisteEn ligneavatar
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Irving n'avait pas encore assez d'expérience scénique pour profiter pleinement de ce moment. Il tachait de rester concentré, enchainant les notes sur sa guitare mais il faillit bien rater son accord lorsque Julia décida de changer les paroles de Never Free pour cibler directement Mildred Magpie ici présente. Irving pouvait la voir se trémousser sur son siège à la limite de son champs de vision, assise à coté de...Myron Wagtail.
Putain de bordel de Troll.
La dernière fois qu'il avait vu les Bizarr Sisters, c'est lui qui était dans la fosse à les écouter et non pas l'inverse. Irving lança un nouveau riff et inspira lentement bien décidé à dompter le stress tapi au creux de ses entrailles.
"Profite", s'intima-il en relevant petit à petit le nez de son manche de guitare pour embrasser la salle du regard. Le public avait l'air conquis constata-t-il avec soulagement. Juliana avait réussi à les ensorceler avec sa voix éraillée teintée d'une émotion véritable. L'auditoire ne s'y trompait pas, elle ne trichait pas.

La salve d'applaudissement qui accueillit la fin de la chanson lui arracha un sourire, comblé. Il se rapprocha de Juliana pour l'enlacer brièvement et lui chuchoter à l'oreille " t'as été géniale".

Bras dessous, bras dessous avec sa chanteuse il fit face à l'auditoire pour savourer les derniers instants de leur ovation. Comme les lumières se rallumaient peu à peu, l'ancien Gryffondor chercha du regard ses connaissances et tomba sur deux pancartes qui ne laissaient pas de place aux doutes concernant leurs auteurs mais son attention fut vite accaparé par Mildred Magpie qui venait de se lever au premier rang pour prendre la parole.

Irving tiqua légèrement lorsqu'elle les appela "mes chatons"  et son indignation ne put que s'accroitre en entendant la suite du discours. Il secoua la tête en signe de désaveu sans toutefois chercher à la contredire publiquement. Leur chanson valait tous les discours du monde et Irving était sûr que le véritable message était passé. Les Bizarr Sisters ne s'y tromperaient pas.

Pour la première fois depuis qu'il s'était inscrit au Tremplin, Il se surpris à espérer. Avec l'accueil qu'ils venaient de recevoir, il se prenait à y croire, vraiment. Et s'ils étaient réellement sélectionnés pour faire la première partie de la tournée de son groupe de rock favori? Merlin, sa vie changerait du tout au tout. Il serait payé pour jouer de la musique ! C'était presque inconcevable. Payé pour recevoir l'amour du public, pour vivre des moments comme celui-ci !
Irving reporta son attention sur les Bizarr Sisters et son sourire se fana légèrement en découvrant Magpie en grande conversation avec Myron Wagtail. Ce dernier se tourna alors vers les autres membres du groupe et une discussion animée s'engagea entre eux. Irving tenta bien de capter le regard de Roy, assis non lui d'eux, afin qu'il tende l'oreille mais ce dernier semblait perdu dans ses pensées alors l'ancien Gryffondor dut se résoudre à attendre le verdict. Tout en se rongeant l'ongle du pouce, il vit Orsino, le batteur, se lever de son siège et quitter définitivement le parterre d'un air furibard. Irving le suivit des yeux avant se tourner légèrement vers Julia à la fois étonné et inquiet.

La sentence ne tarda pas à se faire entendre puisque Myron Wagtail se leva à son tour pour leur annoncer qu'ils avaient été excellents mais qu'ils ne feraient pas la tournée avec eux. Irving et Juliana n'eurent pas vraiment l'opportunité de dire un dernier mot puisqu'ils furent escortés vers les coulisses par le Monsieur Loyal des Folies sous les huées du public. Ce n'était par leur duo qui faisait l'objet des sifflets mais bien la décision des Bizarr Sisters, songea l'ancien Gryffondor un peu déboussolé par ce qui venait de se passer. Il était bien incapable de dire comment il se sentait à cet instant précis. Une partie de lui n'arrivait pas encore à réaliser que Myron Wagtail -en personne- venait de le féliciter et qu'une foule entière avait semble-t-il apprécié leur chanson mais un sentiment d'incompréhension prédominait après le discours alambiqué du leader des Sœurs.

Les Bizarr Sisters étaient un groupe qu'Irving avait adulé pendant de nombreuses années. Les figures emblématiques d'un rock véritable. Le genre de groupe à signer chez des petits labels pour conserver son indépendance et sa liberté de ton. Sans être estampillés chanteurs contestataires, ils restaient fidèles à leur idéaux et à ce qu'ils avaient toujours été. Du moins, c'est la vision qu'en avait Irving, jusqu'à aujourd'hui.

Il savait que le discours de Wagtail aurait du l'énerver. Comment pouvait-on leur donner comme motif d'exclusion qu'ils avaient été trop bons pour ce Tremplin? Irving n'était pas complètement stupide et il se rappelait très bien du long échange entre Magpie et le membre du jury juste après leur prestation et du départ d'Orsino lors de la délibération. Tout laissait à penser que les Sœurs avaient cédé au chantage de la gérante des Folies. Il ne savait pas ce qu'elle leur avait promis, et il s'en fichait bien d'ailleurs, mais le simple fait de supposer qu'ils pouvaient être corruptibles lui laissait un gout amer dans la bouche. Pas eux.

Irving se dirigea en silence jusqu'aux loges où il attrapa son étui pour ranger sa guitare. Quelque part, il se sentait trahit et il s'en voulait à lui même d'être si durement touché par ce constat. Il aurait préféré que Wagtail soit un meilleur menteur au final et qu'il dise à Irvana qu'il leur restait encore du travail avant d'atteindre leur rêve. Irving l'aurait cru sur parole et il aurait même été heureux de l'entendre de la bouche de son idole mais au lieu de ça il ne ressentait plus qu'un immense sentiment de gâchis. Même son plaisir de jouer simplement devant un public avait disparu.

"Trop bons, répéta-t-il d'une voie teintée d'amertume en reportant son attention sur Juliana, je crois que j'aurais préféré qu'il dise rien."  Dépité, il secoua la tête et enfila sa housse de guitare sur son dos, j'te paye une gobière loin d'ici ? Proposa-t-il avant de se remémorer la présence de Nora, Donald et de ses autres amis, là, quelque part.

Enfin, un léger sourire éclaira faiblement son visage lorsqu'il se raccrocha à l'idée réconfortante de les voir.

"On peut peut-être passer par le hall pour voir si les copains veulent venir fêter dignement notre performance hors catégorie..." Finit-il par dire en tentant une petite boutade pour détendre Julia qui devait surement être cent fois plus en colère que lui.
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Le Tremplin [Irvana, Mildy et le public en déliiire !]

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