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 La Grande Evasion [OS Alcyd - Ana - Crispin]

MétamorphomageMolduavatar
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Alcyd Mardol
Prisonnier et ancien chef des Mardoliens
~

Dimanche 23 Novembre 2008, Prison d'Azkaban, Cellule 27...

Alcyd Mardol poussa un juron, tandis que sa jambe souleva la poussière de sa cellule dans un geste où s'entremêlaient rage et désespoir. Le métamorphomage n'y arrivait tout simplement plus! Malgré toute sa concentration, aucune transformation physique ne s'opérait; Comme si l'enfermement avait finalement raison de sa volonté, et de son art pour la métamorphose. De toute manière, ses pouvoirs pouvaient bien décliner, tant ils n'avaient plus aucune forme d'utilité depuis que le terroriste magique s'était fait démasqué. Car si sa force reposait jadis sur l'impossibilité de l'identifier, cet atout venait de disparaître depuis qu'il était désormais connu sous son vrai nom de Felipe Aguilar. L'argentin idéaliste avançait désormais à visage découvert, et il ressentait une immense frustration à l'idée d'avoir failli dans la noble mission qui lui incombait. L'ignoble secret magique pouvait dormir tranquillement sur ses deux oreilles, plus rien ni personne ne viendrait le remettre en cause ou chercherait à le briser. Entre les murs d'Azkaban, il n'était plus que l'ombre du grand leader Mardolien, juste un prisonnier parmi tant d'autres qui guettait le sort que l'on lui réservait. Que faire d'autre qu’attendre? A quoi bon vivre quand votre histoire personnelle s'arrête là où vous avez échoué? Alcyd Mardol n'avait pas peur de rencontrer la mort, bien au contraire, il l'attendait avec impatience...

Car rien n'était pire que de ressasser sans cesse ses erreurs, dans l'obscurité d'une cellule qui vous poussait lentement mais surement vers les confins de la folie! Le leader des Mardoliens ne resterait jamais dans l'histoire comme celui qui avait osé se dresser contre l'injustice, pour unifier les mondes magiques et moldus. On ne retiendrait pas de lui l'image d'un libérateur, bien au contraire, il serait à jamais affublé de l'épitaphe d'assassin et de terroriste sanguinaire. Pourtant, la barrière entre les deux mondes était infime, et nul doute que sans certaines erreurs commises, il aurait pu devenir la légende de tout un peuple. D'un souffle, le triomphe lui avait glissé entre les doigts, et de quoi nourrir de profonds regrets : Surtout celui de ne point avoir tordu le cou à cette traitresse de Sorden, quand il en avait eu l'occasion! D'ordinaire si méfiant, il avait pris des risques inconsidérés avec l'arithmancienne, se laissant aveugler par des fausses certitudes. Pourtant dès leur toute première rencontre, le chef des Mardoliens s'était méfié de cette sorcière de Salem pétrie d'orgueil et de vanité. Bien qu'elle disposait d'innombrables qualités, et se montrait fort utile pour  la cause mardolienne, le métamorphomage avait toujours éprouvé des doutes à son encontre. Notamment celui que Ana Sorden ne pouvait pas œuvrer en équipe, tant son égoïsme et sa vanité la poussait à faire cavalier seul.

Au final, il ne s'était pas trompé sur le compte de l'arithmancienne. Emmurée dans son orgueil, elle n'avait point voulut écouter ses conseils, préférant s'obstiner dans sa conquête de Poudlard, plutôt que d'envisager une sage et salvatrice retraite. Un acte aussi stupide que dangereux qui amorçait un premier pas vers la chute du mouvement mardolien! Face à cette désobéissance chronique, Alcyd Mardol s'était décidé à provoquer la chute de cette reine de beauté automnale devenue bien trop encombrante et dangereuse à son goût. Mais voilà, en dévoilant des informations compromettantes à son sujet, il ne pensait pas mettre autant en péril sa cause. En livrant Ana Sorden à la justice magique, il avait sous-estimé le pouvoir de réaction de cette dernière, et le fait qu'elle détenait des informations capitales sur son identité secrète. C'est ainsi que Alcyd se laissa prendre à son propre jeu, et que son arrestation fut rendu possible. Accolé au mur de sa cellule, il ne pouvait désormais que regretter de ne point avoir pris des dispositions plus radicales à l'encontre de cette horrible bonne femme!

Alcyd Mardol s'apprêtait à expédier de nouveau un furieux camouflet à sa gamelle, quand il fut stoppé dans son élan, par des bruits de pas émanant de derrière sa porte. Une activité peu coutumière à n'en pas douter. Etait-ce aujourd'hui le jour de son exécution? Non cela n'était point possible, pas encore. En plus de rétablir la peine de mort, la justice magique avait eu le bon gout de placer cette date fatidique pour la veille de noël. Sa mort devant être perçue comme un jolie cadeau déposé au pied du sapin sanguinolent de la justice magique. Mais dans l'esprit d'Alcyd Mardol, il n'y avait pas plus beau présent que celui de quitter pour de bon ce cachot putride et obscur! Lors de son procès expéditif et l'annonce de cette sentence, le leader mardolien n'avait point perdu de son flegme légendaire, se permettant même le luxe de faire de l'ironie face à cette décision de justice. En effet, sourire aux lèvres, le terroriste s'était alors soucié du bonheur des enfants du monde magique, et de savoir qui ferait le père noël, s'il venait à disparaître brutalement de ce monde. Cette remarque sarcastique fut son dernier acte de rébellion à l'encontre du système judiciaire, l'ultime sursaut de liberté avant de rejoindre l'infâme solitude de la prison d'Azkaban. Mais que signifiait la soudaine activité derrière sa porte? Un cliquetis métallique, finit par briser sa routine de prisonnier et lui apporter un semblant de réponse. Deux sorciers arborant de larges tuniques sombres pénétrèrent brusquement dans sa cellule, et bien qu’Alcyd Mardol ne puisse discerner clairement leurs visages dissimulés dans l'ombre de leurs capuches, il sentit leurs regards se poser froidement sur lui.

"Gentlemen, je vous souhaites la bienvenue dans mon humble demeure... Que puis-je pour vous? " Alcyd inclina légèrement la tête avant de balayer l'espace de sa paume ouverte. "J'aimerai bien vous inviter à vous asseoir pour boire un thé, mais il se trouve que je n'ai pas de chaises dignes d'accueillir vos nobles fessiers. De plus, mise à part ce seau remplit de pisse, je n'ai aucune autre boisson à vous offrir. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur... "

Les deux gardiens mystérieux ne répondirent pas à ces sarcasmes. Mâchoires serrés, ils semblaient répondre à un rituel savamment orchestré à l'avance. L'un d'eux finit par faire un petite geste du menton à l'intention d'un troisième larron qui se tenait à l'extérieur. Celui-ci ne tarda pas à rejoindre l'espace de la cellule, trainant derrière lui le cadavre de ce qui semblait être un autre prisonnier. Il finit par jeter la dépouille au centre de cellule 27. Alcyd Mardol ne comprenait pas en quoi consistait cette petite mise en scène macabre. Les yeux blêmes de la victime regardaient froidement le plafond de la geôle. Scrutant son visage livide, le leader des mardoliens reconnut alors les traits burinés de son gardien habituel. L'homme qui gisait au sol était celui-là même qui lui apportait sa tambouille dégueulasse au déjeuner. Nul doute, qu'il avait dû enfin gouter à ses plats et réaliser à quels points ceux-ci étaient indigestes. Sans se départir de son ironie légendaire, le prisonnier insista auprès de ses visiteurs du soir.

"Je crains que ce compagnon de cellule soit d'un ennui mortel... "

Soit ils étaient véritablement muets, soit ils avaient fait vœu de silence. L'un sans l'autre, ils encerclèrent bien vite le captif. Baguettes brandies, ils ne semblaient pas vouloir perdre de temps, ni faire preuve d'esprits, à en juger par leurs souffles puissants et réguliers. Tandis que l'un d'eux continuait de pointer sa baguette en direction de Mardol, un autre le contourna pour se trouver derrière lui. Extirpant un large tissu d'un pan de sa tunique, il l'utilisa pour recouvrir le visage du chef Mardolien. Ce dernier, totalement aveuglé par cette cagoule sans le moindre orifice voulut émettre une objection tandis qu'on le forçait à se mettre debout.

"Mais qui êtes-vous? Que voulez-vous? Pourquoi tout ceci, je vais me plaindre auprès du service d'étage, vous savez! A moins que, vous... "

Une large main vint se plaquer sur l'étoffe à l'endroit exacte ou se trouvait la bouche d'Alcyd Mardol. Ayant vocation de le faire taire, un des visiteurs finit par lui chuchoter de sages recommandations à l'oreille.

"Monsieur Mardol, il serait plus judicieux de bien vouloir vous taire. Si vous voulez sortir en vie de cette infâme prison, nous devons agir dans la plus grande discrétion. Puis-je compter sur votre entière coopération? "

L'esprit aiguisé d'Alcyd Mardol bouillonnait alors qu'il tentait de démêler le nœud de cette intrigue, et surtout l'identité de ces sorciers. Cette entreprise au combien ardue ne pouvait être le fait de ses hommes : Les mardoliens étant considérablement affaiblis depuis sa capture. Mais alors qui étaient-ce? Des réfractaires? Des chasseurs de têtes voulant une prime? Alcyd Mardol se contenta de hocher sagement la tête, avant de d'oser poser la question qui lui brulait les lèvres.

"Je vous le promets... Mais avant, dites-moi qui vous envoie? "

Un long silence s'en suivit, puis l'homme ne finisse se pencha à nouveau en direction de l'oreille du célèbre terroriste magique. Dans un froid murmure énigmatique, l'homme délivra la réponse.

"Un homme qui vous juge plus utile vivant que mort... "

Un laps de temps relativement court suivit cette formule mystérieuse, avant que le chuchoteur n'ajoute d'autres précisions.

"Je ne vous en dirai pas davantage. Maintenant, venez! Nous n'avons guère de temps! Nous ne pouvons point transplaner depuis l'intérieur de la prison. C'est pourquoi, il faut s'activer! Plus un mot à partir de maintenant et tout se passera bien! "

Alcyd Mardol sentit alors une main venir se poser dans son dos, le contraignant à avancer et rejoindre l'extérieur de sa cellule. Cela faisait-il partie du plan que le terroriste avait contracté avec le Ministre durant son arrestation? Ou s'agissait-il encore d'un énième stratagème? Le mardolien avait apprit à se montrer méfiant et cacher son visage aux yeux des imposteurs. En tout cas, ces hommes ne plaisantaient pas, et ne se trouvaient assurément pas du côté des gardiens d'Azkaban. Le cadavre qui jonchait le sol de sa cellule pouvait en attester. Au moins, ce genre de péripétie égayait sa captivité, et brisait sa routine. Même si au fond de lui, Alcyd Mardol éprouvait une crainte bien légitime. Solidement encadré par deux hommes, il avançait maladroitement dans les longs couloirs de la prison, quand il entendit le pas d'un autre groupe marchant dans leur direction. L'un de ses gardiens lui intima alors une légère pression à l'épaule pour lui faire comprendre de bien rester silencieux. Privé de la vue, mais ses autres sens aux aguets, Alcyd Mardol comprit que sa seule chance de s'en réchapper dépendait de l'entreprise de ses hommes mystérieux. Quand l'autre groupe vint à leur hauteur, il se mura dans un silence prodigieux. Une voix tonitruante finit par le faire quelque peu sursauter.

"Halte! Vous ne devez pas vous trouvez dans cette zone. Où conduisez-vous ce prisonnier? "

Mardol sentit la main de son acolyte libérateur de droite se raidir quelque peu. Mais rien dans sa voix paisible et sereine, ne trahit ses émotions. Il finit par rassurer bien vite son interlocuteur sur ses intentions.

"C'est un ordre d'en haut! Tu peux vérifier par toi même! " Un bruit de papier déroulé se alors fit entendre. Puis à nouveau la voix mélodieuse du jeune chuchoteur. "Ils veulent que je conduise le prisonnier 27 vers une cellule plus spacieuse. Du coup, je pensais prendre la 41, vu qu'elle va se libérer sous peu. On dirait que Azkaban se transforme peu à peu en hôtel pour prisonniers de luxe... "

Un parfum floral et familier vint alors chatouiller les narines d'Alcyd Mardol. Une décharge électrique lui picota alors la nuque tandis qu'il reconnut immédiatement l'origine d'une telle senteur. Identifiable entre mille autres, ce parfum de Jasmin qui se mélangeait à celle de la sueur ne pouvait émaner que d'une seule personne : Ana Sorden! Le visage obstrué par la large cagoule, il ne pouvait la voir, et pourtant il était clair qu'elle se trouvait toute proche, à quelques mètres tout au plus. Une colère incontrôlable le priva de toute lucidité, quand l'espace d'une seconde, il voulut se jeter à l'aveugle sur l'abominable traitresse pour l'étrangler! Mais très vite, il se ravisa en écoutant les propos de l'autre garde.

"Ne m'en parle pas! C'est bien connu! Le confort des prisonniers avant celui des gardiens! La preuve, comme tu vois, je conduis cette grognasse de Sorden à l'abattoir, et tu sais pas la meilleure? Madame à voulu se faire toute belle pour l'occasion! Et le pire dans l'histoire, c'est que cette demande lui a été accordé par les élites bien pensantes d'en haut! Comme si c'était franchement utile d'être mignonette, juste avant de crever et de pourrir dans une fosse commune! Tu peux y croire? Et tout ça au frais du contribuable comme y disent dans Multiplettes! "

Alcyd sentit ses épaules frémir quand la voix mélodique d'Ana Sorden vint effleurer ses tympans. Elle paraissait étrangement calme, et ce malgré la situation, comme si son exécution ne l'affectait guère.

"Ne dîtes rien que vous puissiez regretter... "  

Mais il réussit à  se convaincre de ne pas agir. Tout était finit pour elle! Elle avançait vers sa mort, tandis que lui se dirigeait vers la liberté. Bientôt, justice serait faite et le monde sera libéré de l'horrible sorcière. Alcyd imaginait le visage tordu par la peur de son ancienne disciple, et manqua laisser échapper un rire trop bruyant. Le bourreau ne tarda pas à faire comprendre qui commandait à Azkaban, quand le bruit sourd d'un coup se fit entendre, ponctué par un petit gémissement plaintif de la part de Sorden.

"T'es juste de la viande froide pour moi, alors t'avises pas de me menacer si tu veux rester encore mignonne pour dire bonjour aux vers! " Alcyd ressentit alors autant d'aversion pour ce gardien aux méthodes brutales qu'il en avait pour Sorden. Il se surprit même à avoir de la pitié pour la sorcière de Salem. Après tout il l'avait trahie avant qu'elle ne le trahisse. Mais au final, lui allait vivre, et elle allait mourir. La voix calme et posé de son libérateur finit par mettre un terme à cette croisée des destins.

"Sincèrement désolé, mais nous devons y aller. Une relève de la garde m'attend à 23 heures. Bonne exécution! "

Le rire gras du bourreau se fit alors entendre, tandis que le petit groupe semblait se remettre lentement en marche.

"On va s'faire un poker du diable à Minuit pétante, alors si tu veux pas jouer les sentinelles modèles et bien venir t'éclater avec nous, n'hésites pas! T'inquiètes, les vermines vont pas s'enfuir, aujourd'hui, personne ne peut s'évader d'Azkaban! "

Enfin, les deux groupes finirent par se séparer, et Alcyd Mardol en éprouva une grande satisfaction. Les yeux toujours bandés, le captif manqua trébucher alors qu'il dévalait une multitude de marches. Mais les bras musclés de ses libérateurs étaient là pour le soutenir. Plus ils descendaient, et plus un grondement sourd et irrégulier se faisait entendre. Un roulement de tonnerre si puissant qu'il semblait faire frémir le sol. Très vite, le prisonnier reconnut le bruit des vagues immenses venant heurter la roche, et une forte odeur d'iode confirma cette sensation. L'étoffe lui encerclant la tête devint alors humide sous l'action de la houle et de la brise marine. Alcyd Mardol manqua pousser une exclamation de joie, alors qu'il comprit subitement qu'il venait de rejoindre le monde extérieur. Plus de murs pour l'étouffer. Juste de l'air pur et un espace infini devait s'ouvrir à lui...

"Accrochez-vous bien à moi monsieur Mardol, nous allons devoir transplaner à présent... "

Un éclair puis plus rien. Le grondement sourd des vagues contre la roche avait laissé place à un léger clapotis. Alcyd Mardol sentit la présence de l'un de ses kidnappeurs, juste devant lui.

"Où sommes-nous? Pourquoi faites-vous cela pour moi? "

Une main vint alors le libérer de sa cagoule, et ses yeux mirent du temps à déchiffrer l'obscurité environnante. Lui et l'homme qui chuchote à l'oreille des condamnés se trouvaient sur une petite barque, au beau milieu de l'étendue marine. Son compagnon d'embarcation lui tendit une grosse veste en fourrure. Les yeux empreint de malice, sa petite bouche pincé, cet homme avait quelque chose du furet dans l'apparence. De sa voix toujours aussi paisible, tout en continuant de ramer, il finit par dévoiler les dessous de ce plan mystérieux à son passager.

"Monsieur Mardol, j'ai reçu pour ordre de vous extirper de la prison d'Azkaban... Nous allons bientôt embarquer à bord d'un navire magique, qui vous conduira en lieu sûr, le temps de vous faire oublier. Eviter de transplaner directement, nous évitera bien des désagréments et d'être suivis trop aisément. D'ailleurs, vous devriez prendre cette fourrure, car là où nous nous rendons, je crains qu'il ne fasse très froid... "

Alcyd Mardol se pinça, alors qu'il se demandait si oui ou non, tout cela n'était qu'un rêve. Le petit sorcier, qui devait avoir dans la trentaine d'années se mit alors à ricaner doucement.

"Non, vous ne rêvez pas, monsieur Mardol! Mon employeur vous accorde une seconde chance, et j'espère sincèrement que vous en ferez bon usage. Demain matin, votre prétendue mort va faire la Une de toute la Presse magique, et vous aurez la chance de pouvoir vous reconstruire dans un anonymat salvateur. Bien entendu, tout cela aura un prix, et mon employeur vous contactera... "

Le terroriste magique parut quelque peu abasourdit, puis il finit par réclamer de plus amples informations. Mais tout ceci n'était en vérité qu'un leurre de la part du métamorphomage visant à ne pas compromettre l'association secrète qu'il avait contracté avec Leopold Marchebank au moment de son arrestation.

"Qui êtes-vous? Qui est votre employeur? Et que me voulez-vous? Je vous en prie, je dois le savoir... "

Le sorcier trentenaire continua d'actionner les rames de la petite barque dans un mouvement parfaitement synchronisé. Puis il se mit à chuchoter à nouveau, comme si au milieu de la Mer, autre chose qu'un Boullu ou autre Sharak pouvait surprendre leur discussion.

"Qui je suis, n'a aucune forme d'importance. Sachez simplement que monsieur Marchebank, l'actuel ministre de la Magie, s'intéresse de très près à vous. Vous lui devez la vie, et j'espère que vous serez en mesure de répondre à ses attentes quand il vous contactera. Pour l'heure, contentez-vous de profiter de la liberté que vous offre votre mort... "

Le regard de l'homme mystérieux se perdit alors à sur la ligne d'horizon, comme s'il guettait une quelconque apparition. Le terroriste lui, se sentait enfin rassuré de se savoir aux mains d'un homme au service de Leopold Marchebank. Tout ce que lui avait promit le ministre était donc vrai, et il lui devait sa liberté monnayée. Alcyd Mardol prit alors conscience de l'absence des deux autres sorciers qui accompagnait quelques minutes auparavant le chef de barque.

"Enfin nous y voilà! Leopold Marchebank! C'est la formule secrète qui me rassure sur vos intentions. A vrai dire, je ne pensais pas qu'il tiendrait sa parole. Sinon on dirait que vos deux amis vous ont faussé compagnie... "

Le regard du chuchoteur se teinta alors d'une lueur étrange, presque menaçante.

"Non, non... Ils sont juste occupés à faire autre chose... "

Une déflagration retentit alors derrière eux, tandis que la ligne d'horizon semblait soudainement s'embraser. Tournant brusquement la tête, Alcyd Mardol ne put décrocher les yeux de cette lueur hypnotique. Non ce n'était pas un orage lointain, ni de cause naturelle. Car l'origine de cet artifice était bien humaine. L'ancien prisonnier d'Azkaban comprit alors subitement comment il avait soi-disant trouvé la mort...


La suite bientôt...:
 
Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Agenouillée à même le sol, la prisonnière de la cellule quarante-un resta un instant prostrée dans une attitude de prière. Pour la sorcière de Salem, ce vingt-trois Novembre était un jour spécial, puisqu'il s'agissait de la date fatidique que la Justice Magique avait choisie pour mener à bien son exécution. Murmurant des paroles inaudibles entre sa mâchoire serrée, Ana Sorden s'adonnait à une forme de recueillement d'un genre particulier. Car n'allez pas croire que l'arithmancienne s'adressait à un quelconque Dieu, afin de quémander un ultime pardon qui ne viendrait jamais! Cela ne lui ressemblait pas. La sorcière ne voulait point s'apitoyer sur son sort, ni même se laver de ses multiples fautes pour fermer convenablement ce que fut sa vile parenthèse sur terre. Car se résoudre à mourir aujourd'hui revenait à admettre qu'elle avait perdu et que jamais elle ne pourrait se targuer d'une destinée digne de sa merveilleuse personne. Baisser les bras, et ne s'accorder aucun salut, revenaient à abdiquer, et donner la victoire à tous ses infâmes détracteurs qui voulaient la voir morte en cette funeste soirée. Dans cet épilogue désastreux, la sorcière déchue ne ressentirait jamais l'ivresse de la vengeance assouvie. Jamais, elle ne se débarrasserait de l'humiliation infligée par les nombreuses trahisons qui avaient entourées sa capture. Rien ne pourra plus la venger des atrocités infligées à son corps durant sa captivité! Depuis le début, on avait voulu lui voler sa beauté, ses rêves de grandeurs, pour la jeter dans une fosse commune comme une vulgaire dépouille anonyme! Mais voilà, Ana Sorden n'était pas du genre à accepter la défaite sans broncher! Au contraire, elle s'envisageait une toute autre destinée : Un avenir glorieux qu'elle bâtirait sur les cendres de ceux qui peuplaient sa liste noire...

"Richard Dalnox... Charlotte Meyer... Margot Adamson... Emma Blackbonnes... Alcyd Mardol... "

Inlassablement, dans un murmure empreint de haine, elle ne cessait de se répéter en boucle cette litanie de noms qui la maintenait efficacement en vie, tant sa soif de vengeance était réelle! A en juger par la prophétie qui régissait sa vie, cette opportunité lui serait peut-être accordée dès ce soir. Cela ne faisait pas l'ombre d'un doute dans l'esprit de l'arithmancienne, tant le procédé d'exécution divergeait de ce qu'elle avait lu jadis dans les flammes. En cette nuit, quelque chose allait se produire. La sorcière de Salem en était persuadée. Mais quoi? Devrait-elle encore croupir des années dans cette infâme prison? Retrouverait-elle sa liberté? Autant de questions que la captive ne pouvait pas encore répondre, mais tôt ou tard, sa patience se verrait forcément récompensée. D'ailleurs en ce jour qui devait être le dernier, une divine faveur venait de lui être accordée. Quelque jour auparavant, son geôlier était venu briser sa solitude, pour lui soumettre un parchemin sur lequel elle devait inscrire ses dernières volontés. Dans l'attente d'être validée par le ministère, cette dernière offrande était accordée à tous les condamnés à mort sans exception. Ana Sorden avait longtemps hésitée entre griffonner une malédiction à l'encontre de ses bourreaux, où faire un dessin représentant Poudlard en flammes avec les têtes de Emma Blackbonnes et celles de Margot Adamson figées sur une pique; Mais plutôt que de laisser parler ses pulsions meurtrières, Ana fit un choix plus narcissique et rationnel : Celui de retrouver sa beauté et sa fraicheur dérobée par l'ignoble prison d'Azkaban!

Cette faveur passait forcément par l'achat de multiples lotions de beauté antivieillissement et de nombreux produits esthétiques, qui coûtaient un bras de sorcier en plus d'être rarissimes; Tout laissait donc présager que cette demande n'aboutirait à rien de concret, et il ne valait pas la peine de se faire des faux espoirs. Et pourtant, quand elle pénétra dans la cellule réservée aux futurs condamnés, la vieille sorcière moche et décrépie qu'elle était devenue, ne put retenir un sourire immense de joie en découvrant les trésors esthétiques qui jonchaient la surface d'une petite table. A la vue de ses merveilles accumulées, la sorcière en oubliait presque sa condamnation, tant son désir de redevenir belle supplantait toute autre considération. Après s'être agenouillée quelques secondes pour se remémorer les noms des victimes de sa future vengeance, Ana Sorden se jeta sur le fabuleux présent. Ses yeux émerveillés se posèrent en premier lieu sur un sublime flacon de Parfum senteur Jasmin qui répondait en tout point à sa dernière et vibrante supplique. Sans hésitation, et ne lésinant point sur la quantité, elle se vaporisa allègrement de manière à couvrir la puanteur de sa sueur de prisonnière retenue depuis trop longtemps. Ses narines frémirent d'émotion, et elle ne put s'empêcher de pousser un petit gémissement de plaisir orgasmique tandis que le parfum venait enivrer ses sens! Par Merlin, comme cela lui avait manqué! Enfin, elle allait pouvoir redevenir la reine de beauté qu'elle incarnait du temps de sa liberté. N'arrivant pas faire un choix, la main décrépit de l'arithmancienne vogua un long moment au-dessus de la table, avant de se poser finalement sur un ingrédient magique qui permettait de retrouver une chevelure digne d'un conte de fée. Très vite, elle retrouva sa magnifique crinière . Puis ce fut le tour d'une lotion de rajeunissement instantané. Tous ces subterfuges esthétiques étaient une véritable drogue pour l'arithmancienne qui les consommait sans même en lire la notice, ni même les consignes d'usage. S'octroyer la jeunesse éternelle, voilà l'utopie à laquelle la narcissique sorcière attachait le plus d'importance; Et quand elle se tourna enfin vers le miroir pour s'y découvrir resplendissante et radieuse, Ana Sorden comprit qu'elle y avait réussi! Elle passa alors de longs instants à contempler son reflet redevenu magnifique, n'hésitant point à faire des moues ravageuses et à palper cette peau à nouveau aussi douce que la soie.  


La perverse narcissique se félicita alors doucement de ce prodige :

"Que la fée Morgane me foudroie si je ne suis pas la plus belle femme de ce monde! "

Mais pour combien de temps ce subterfuge durerait-il? Ne devait-elle pas accroitre les doses? De plus,  quelques liftings magiques et des opérations de chirurgie esthético-magique lui parurent encore nécessaire. Mais voilà ce que semblait oublier l'ancienne reine de beauté automnale, c'est que dans moins d'une heure, elle devrait gravir les marches qui la conduiraient à l'échafaud! Et sa beauté retrouvée et son questionnement superficiel pour la conserver ne lui seraient d'aucune utilité au moment où le poison s'immiscera lentement dans ses veines. Trois coups heurtèrent subitement la porte de la cellule, ce qui eut pour effet immédiat de ramener l'aritmancienne à la dure réalité de sa condition de condamnée à mort. Ne donnant point de réponse, la porte finit par s'ouvrir sur un homme à la mine taciturne. Les yeux du gardien se figèrent alors un long moment sur le physique rajeunit et gracieux de la sorcière de Salem, avant de cracher son mépris.

"Quel gâchis! Si vous n'étiez pas la pire pourriture ayant jamais foulée la surface du monde magique, je pourrai presque vous trouvez appétissante! " Il fit alors un geste du menton en direction de l'extérieur. "Sorden! Il est temps de payer pour tes crimes! En route! "

La sorcière fut alors très vite encadrée par plusieurs sorciers armés de baguettes, qui la contraignirent à rejoindre le couloir. Les mains ligotées dans le dos par un sortilège magique, l'heure de la dernière marche avait sonné. Ana commença à ressentir une certaine panique, à l'idée de se diriger vers sa sentence, alors que rien ne laissait présager autre chose qu'une issue fatale. Où étaient les signes du destin? Peu à peu un doute s'immisça en elle : Et si la prophétie se révélait fausse? Si rien ne se produisait? A cette simple pensée cartésienne, la sorcière blêmit sous l'effet d'une peur indicible. De toute manière, quelque chose ne tournait décidemment pas rond avec ces prédictions. Un cancer qui venait polluer le noyau de la boule de cristal et entacher son avenir glorieux. Mais quel en était l'origine? Lors de ses jeunes années à Salem, Ana s'était auto-persuadée d'être une personne unique vouée à un destin exceptionnel. Mais très vite cette conviction fut enraillée par la venue d'une autre élue, plus jeune, répondant au nom de Sasha Benson. Etait-il possible que cette dernière lui vole la vedette? Le rôle de sa vie? Quel acte d'une inqualifiable ingratitude cela serait si celle qu'elle considérait comme sa propre fille venait à lui voler sa destinée dorée! Mais très vite, l'arithmancienne préféra se rassurer en se disant qu'une telle chose était tout bonnement impossible. D'une part parce qu'elle était une sorcière bien plus expérimentée et puissante que cette gamine de Sasha Benson, et d'autre part parce que celle-ci n'oserait jamais se mettre en travers de son chemin. Cette fillette adorable n'était qu'un pion qui l'aiderait à asseoir ses ambitions, et ne pouvait en aucune manière la supplanter...

Très vite ses pensées intérieures furent perturbées par l'arrivée d'un autre groupe d'hommes qui trainaient derrière eux, un prisonnier encagoulé. Au début, elle n'y prêta guère attention, n'écoutant que d'une oreille distraite la discussion qui s'engagea entre les deux cohortes de gardes magiques. Plus accaparée par le destin funeste qui l'attendait, son regard soucieux cherchait la moindre échappatoire qui la délivrerait des griffes de ses bourreaux. Elle manqua ne point rebondir sur les remarques acerbes de son gardien, mais c'était sans compter sur l'orgueil infini qui l'habitait. Comment un homme aussi laid et répugnant pouvait la qualifier de "Grognasse" et parler de sa mort avec un tel détachement! Oubliait-il qui elle était avant de venir croupir à Azkaban? Une arithmancienne de renommée mondiale des plus douées dans l'art de la sorcellerie, et qui plus est, une reine de beauté unanimement reconnue par l'intégralité du Monde Magique. Oui, elle avait soulevé l'admiration des foules, et elle ne pouvait supporter de telles railleries de la part de ce grossier personnage! Si jamais sa bonne étoile venait à briller à nouveau, ce goujat ne tarderait pas à comprendre sa douleur. Sorden ne tarda pas d'ailleurs à le lui faire comprendre.

"Ne dites rien que vous puissiez regretter... "

La réponse du geôlier fut brutale, quand sans le moindre égard pour sa personne, il expédia un violent coup de coude dans le ventre de l'ancienne mardolienne. Celle-ci poussa un petit cri étouffé, se courbant en deux de douleur. Une baguette, une simple baguette, et elle le réduirait en cendre! Mais dans sa position actuelle, elle ne pouvait que se soumettre, et attendre son heure. Lentement, elle ravala sa colère, et se mura dans un silence impassible. Comment pouvait-on frapper une femme? Combien de temps devrait-elle encore subir ses humiliations? Quand viendrai enfin l'heure de son renouveau? La cohorte s'engagea dans l'allée réservée exclusivement aux prisonniers masculins. Derrière ses portes croupissaient les pires raclures du monde magique, des anciens Mangemorts pour la majeure partie. Des cris, des lamentations, du désespoir émanaient de derrière chacune des portes devant lesquelles Ana Sorden passait. Azkaban était une ignominie bien pire que la mort! Ceux qui s'estimaient du côté de la justice et qui expédiaient les condamnés dans cet enfer terrestre, finiraient eux aussi dans les flammes au moment du jugement dernier.

Les chances de Salut de la sorcière de Salem s'amenuisèrent quand la cohorte s'engouffra finalement dans ce que les geôliers appelait vulgairement "L'abattoir". Une pièce sombre et glauque, dont les murs étaient garnis de rayonnage avec divers alambics. Le regard clair et inquiet de l'aritmancienne, se posa sur l'étagère où se côtoyaient étrangement fioles empoisonnées et potions de guérison. Car si cette salle avait été provisoirement choisie pour exécuter les sentences, à l'origine il s'agissait d'une d'infirmerie. Le rétablissement soudain de la peine de mort nécessitait de réorganiser les lieux, chose dont n'avait pas encore eu le temps de faire les employés d'Azkaban. Ana déglutit de frayeur en voyant la table sinistre, avec les lanières magiques, qui occupait le centre de la pièce. Elle allait donc mourir ici! Comme un vulgaire boursouf malade que l'on décide de piquer chez le vétérinaire magique! Se raccrocher à la divination et aux prophéties l'avait conduite à l'échafaud. Ana se raccrocha à la seule pensée positive qui voulait qu'elle n'allait point mourir dans d'atroces souffrances comme ses consœurs de Salem condamnées au bucher. Tout à coup, elle sentit ses mains se libérer dans son dos, et deux gardiens vinrent l'encadrer et la pointer de leurs baguettes. La voix monocorde du bourreau en chef lui indique alors la dernière marche à suivre.

"Miss Sorden, allongez-vous sur la table, et veuillez glisser vos avant-bras dans les lanières, je vous prie... "

Ana Sorden n'allait point craquer, ni se donner en spectacle. Cela serait faire offense à sa dignité, et accorderait une trop grande satisfaction à ceux qui voulaient la voir rendre son dernier soupir. Dans la mort, elle garderait sa fierté, et l'orgueil qui avait rythmé sa vie. L'ancienne mardolienne dégagea d'un geste souverain une baguette qui lui intimait l'ordre d'avancer, avant de se diriger de son propre chef vers la table des sacrifiés. Avec grâce, telle une reine d'Egypte s'apprêtant à recevoir le poison, elle s'allongea sur la surface froide. Une fois sur le dos, elle glissa ses poignets dans les lanières qui se refermèrent aussitôt. Du coin de l'œil, elle suivit le petit balai de ses tortionnaires, au nombre de quatre : Un premier gardait l'entrée, un second s'activait vers un table d'alchimie, le troisième était planté à ses pieds et la surveillaient, tandis que le dernier vint se poster à sa hauteur.

"Ana Sorden, la justice magique vous condamne à mort pour le meurtre avec préméditation du Professeur Septima Vector, pour la tentative de meurtre avec préméditation sur la délégation anglaise en Laponie, pour le meurtre avec préméditation de Flora Longwood et pour votre appartenance à une organisation criminelle visant à faire basculer le Secret Magique. Avez-vous une dernière chose à déclarer? "

Un des quatre sorciers glissa alors une seringue dans une petite vasque contenant l'un des poisons les plus puissants du Monde Magique. Ana Sorden tourna la tête vers son bourreau, un sourire machiavélique venant éclairer son visage blême.

"Je ne regrette absolument rien! Si j'avais à le refaire, je n'hésiterai pas une seconde! Je suis seulement une incomprise qui devait accomplir de grandes choses pour le Monde magique, mais celui-ci n'en valait pas la peine. Vous ne me méritez pas! "

D'un geste désinvolte de la main, le bourreau en chef alerta son comparse qui s'occupait de l'injection de poison. Nul doute qu'il était excédé par cette diva d'Azkaban qui jouait au martyr.

"Vas-y, Carsen, que l'on en finisse! Je n'en peux plus de cette horrible bonne femme, qu'elle la ferme pour de bon! " Il sortit alors une montre en gousset, avant de se munir d'un petit calepin. "Heure de l'exécution 23H37... "

Ana Sorden comprit alors immédiatement qu'elle n'allait pas mourir. Vingt-trois heures trente-sept! Voila le signe tant espéré! Son cerveau d'arithmancienne se mit à jongler avec les chiffres à une vitesse folle, et un sourire victorieux la submergea. Trente-sept comme la somme des lettres de son nom, son chiffre d'expression étant le Un. Vingt-trois n'étant rien d'autre que Onze heures du soir, un double UN comme une seconde chance. Elle défia alors du regard l'homme qui la surplombait.

"Je sais que vous allez mourir... Les chiffres ne mentent jamais... "

Le geôlier regarda tour à tour la condamnée puis l'empoisonneur, et ne put s'empêcher d'éclater de rire face à cette certitude au combien mal placé.

"Oui grognasse... Tout le monde finit par mourir un jour. Mais au vu des circonstances, je crains le faire bien après vous... "

"Vous pariez? "

La mine gracieuse du bourreau s'effaça, tandis que d'un geste du menton, il indiqua à son second d'effectuer la sentence. Mais au moment où la pointe de la seringue se posa sur la veine de l'arithmancienne, une terrible déflagration retentit et vint souffler d'un bloc la salle d'exécution. Sous l'onde de choc, les étagères bondées d'alambics explosèrent littéralement, la table d'exécution se retourna, et les gardiens furent balayés comme autant de fétus de paille! Projetée contre un mur dans l'impact de l'explosion, Ana perdit subitement connaissance...

*****

Combien de temps s'était-il égrené depuis qu'elle venait de s'évanouir? Ana Sorden ne saurait le dire, mais son instinct de survie reprit rapidement le dessus alors qu'elle tenait là une opportunité formidable de s'enfuir. En effet, l'explosion mystérieuse avait brisé la table sur laquelle elle se trouvait prisonnière, et également l'une des lanières. A l'aide d'un éclat de verre, elle cisailla l'autre lien, pour se libérer de toute entrave à son évasion. Un chaos généralisé semblait saisir tout à coup la prison d'Azkaban, des hurlements jaillissant de ses entrailles de pierre. Le feu gagnant la pièce, Ana se sentit en danger, ne voulant finir carbonisée comme ses consœurs de Salem. Rampant telle une vipère parmi les débris, elle chercha des yeux les gardes qui l'encadraient si fièrement à l'heure de sa soi-disant mort. Ce rapide examen fut sans appel, trois d'entre eux avaient trouvé la mort, de quoi réjouir l'arithmancienne. Mais il en manquait toujours un, et pas le moindre : L'horrible bourreau qui se permettait de l'affubler du sobriquet méprisant de grognasse...

Une complainte ne tarda pas à indiquer la position du grossier personnage, qui se trouvait en bien fâcheuse posture. Un pan de mur s'était effondré sur ses jambes et il luttait désespérément pour récupérer sa baguette qui gisait à quelque mètre de lui. Spectacle pathétique pour un homme pathétique. Ana Sorden n'allait pas se priver d'une première vengeance avant de commettre les autres dans le monde libre. Son éclat de verre ayant perdu de son tranchant, elle se chercha une nouvelle arme. Très vite ses yeux se posèrent sur la seringue empoisonnée qui devait l'expédier en Enfer quelques minutes auparavant. Sans l'ombre d'une hésitation, elle s'empara du mortel instrument, avant de se diriger telle une louve ne voulant point perdre de vue sa proie.


Enfin, la vie lui donnait l'opportunité d'assouvir sa soif de vengeance! La haine déformait ses traits alors qu'elle s'approchait de celui qui se plaisait tant à la railler. L'homme n'avait plus fière allure à présent, il geignait comme une vulgaire fillette : Comme cet infâme Emma Blackbonnes avait dû le faire des années auparavant auprès de Margot Adamson. Aucune dignité! Le boureau commit une énième erreur en tentant d'apitoyer la sociopathe redevenue libre.

"Pitié, Pitié, je vous en conjure! Je peux vous conduire à l'extérieur, vous montrez la voie! "

Ana Sorden le dévisagea un bref instant. S'extirper d’une forteresse située au milieu des étendues marines n'allait point être une mince affaire, et elle aurait forcément besoin d'aide. Mais aucunement de son aide à lui.

"Mais j'ai voulu parier avec vous, il y a de cela quelques instants. Et vous m'avez ignorez, en me traitant de quoi, déjà? De grognasse? Je suis désolée, mais il n'y a plus rien que vous puissiez m'offrir que je n'obtienne déjà par moi-même... "

Ana leva alors la seringue, et sans une once de compassion, planta celle-ci dans la gorge de celui qui fut son bourreau, pour lui en injecter le contenu mortel. La mâchoire de l'homme se crispa, ses yeux se dilatèrent, et sa tête finit par retomber mollement entre ses épaules. Un sentiment de d'omnipotence retrouvée envahit alors l'âme d'Ana, tandis qu'elle contemplait ce corps sans vie. Très vite, elle reprit ses esprits, et l'idée fixe qu'elle devait s'enfuir rapidement des décombres fumant d'Azkaban avant que les Aurors ne pullulent dans les environs. Se relevant, elle prit la baguette du bourreau qui gisait sur le sol, puis quitta enfin l'abattoir pour se rendre dans les couloirs.

Un chaos indescriptible imprégnait chaque parcelle de la prison Azkaban. Même si des geôliers commençaient à s'organiser pour contrecarrer les effets désastreux de cette catastrophe, ils paraissaient clairement dépassés. Quelques prisonniers venant de s'évader, s'ajoutait à la difficulté de contenir les flammes qui dévoraient la prison maritime. Rétablir l'ordre ou s'enfuir, les gardiens ne savaient plus trop quoi choisir. Le regard malfaisant d'Ana se posa alors sur les portes de cellules encore intactes, et derrières lesquelles des hurlements affreux réclamaient du secours. En femme intelligente, l'arithmancienne comprit immédiatement que son salut reposait sur une évasion massive. Un seul rat échappé du navire, est plus toujours plus facile à attraper qu'une centaine! Si elle voulait asseoir sa vengeance et rester en Angletterre quelque temps, la sorcière de Salem allait devoir se noyer dans la masse. Si les Lestrange, Keller ou d'autres grands noms s'en réchappaient avec elle, alors les Aurors ne sauraient plus où donner de la tête. Il fallait absolument qu'elle ne centralise pas l'attention, pour s'octroyer une possibilité de mouvement. En libérant des anciens mangemorts et des psychopathes en puissance, elle allait générer un vent de panique sur le Monde Magique.

D'un pas résolu, elle se dirigea vers les portes des cellules, et jeta sur chacune d'entre elles, un sortilège pour les ouvrir. Comme autant de cadeaux démoniaques, leur ouverture dévoilait une menace supplémentaire pour le rétablissement de l'ordre et de la sécurité.
Rigel Lestrange, fut le premier à bénéficier de cette grâce, Théophane Nott fut le second. Le regard empreint de folie de Alexander Keller croisa celui de l'arithmancienne, et il lui esquissa un bref sourire en guise de remerciement. La quatrième porte ne révéla rien de bon, pas de véritable menace, juste un homme d'affaire recroquevillé sur lui-même, pitoyable, qui ne cessait de baragouiner quelque chose d'incompréhensible à propos de la cité Nimbus et de consumeuse. Mildred préféra clore la porte plutôt que de libérer un tel rabat-joie. Puis ce fut le tour, de la cinquième porte, mais cette fois-ci, le détenu qui s'en extirpa représentait au contraire, une bien trop grande menace. A peine les gonds de la cellule eurent-ils pivotés, que Romulus Lestrange se jeta à la gorge de l'arithmancienne. Cette dernière hoqueta de surprise, sa bouche s'ouvrit immense tandis que le jeune homme cherchait à l'étrangler. Dans un éclair de lucidité, l'arithmancienne posa alors sa baguette en fusion sur l'avant-bras du psychopathe pour le forcer à la lâcher. Celle-ci marqua au fer rouge le jeune homme qui se jeta en arrière. Ana Sorden pointa alors sa baguette sur lui.

"C'est comme cela que tu oses remercier celle qui te libères? "

Un sortilège et l'évasion du jeune homme prendrait fin. Mais la mort ne semblait aucunement l'effrayer, et Ana n'éprouvait aucune satisfaction à envoyer un possible allié dans l'au-delà. Le jeune homme finit par s'exprimer.

" Où se trouve Reine, ma sœur? C'est elle qu'il faut libérer... "

Ana Sorden haussa alors un sourcil circonspect sur le prisonnier impulsif. Dans son égoïsme, elle n'avait jamais compris ceux qui préférait sauver la vie des autres plutôt que la leur. Elle se massa légèrement la gorge, avant d'indiquer de la pointe de sa baguette un escalier délabré.

"Pour cela, je ne peux t'aider... Elle doit se trouver dans le quartier des femmes. Mais les flammes et les gardiens abondent à cet étage. Si j'étais toi je n'irai pas! "

L'homme la coupa en usant d'un ton tranchant.

"Mais je ne suis pas vous! "

"Libre à toi de choisir la mort, moi je préfère m'enfuir... " répliqua l'arithmancienne de manière cinglante.


Puis elle s'en retourna; Plutôt que d'ouvrir la porte à d'autres psychopathes du même acabit, la sorcière se dirigea vers une brèche béante dans la muraille. Alors qu'elle étouffait quelques secondes auparavant entre les doigts de Romulus Lestrange, c'est une grande bouffée d'oxygène qui emplit les poumons de l'arithmancienne. L'air libre! L'océan tumultueux s'ébattait en dessous d'elle! Fascinée par l'écume, il lui sembla distinguer dans la pénombre une sorte de radeau s'éloignant de la base de la prison d'Azkaban. Des barrières anti-transplannage étant dressées sans l'ombre d'un doute, il lui fallait s'éloigner de la prison maritime. Elle prononça alors un sortilège, tandis qu'elle faisait un pas en avant dans le vide.

"Aresto Momentum! "

Malheureusement pour la sorcière de Salem, un geôlier remarqua sa tentative d'évasion et lui expédia un sortilège qui la déséquilibra et rompit le charme qui envoutait sa chute. La dernière chose que vit alors Ana Sorden fut la surface de l'eau qui se rapprochait à toute vitesse. Puis plus rien...



Crispin DérébusorPrisonnier de Skyeavatar
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Tel un diable sortant de sa boite, Crispin se redressa d'un bloc alors qu'une formidable détonation fit frémir les murs de sa cellule! Quelle diablerie était-ce là? Réveillé en sursaut dans son sommeil, l'astronome emprisonné peinait à retrouver son souffle et un rythme cardiaque moins endiablé. Un cataclysme venait de frapper de plein fouet la prison d'Azkaban, et des hurlements ininterrompus ne tardèrent pas résonner de toute part! De multiples hypothèses sur la nature de cette explosion se bousculèrent alors dans l'esprit sénile du vieux mardolien qui n'en était pas un : Comme celle qu'un cuisinier venait de provoquer une réaction chimique en mélangeant des ingrédients inconnus dans la préparation de son ignoble tambouille, ou pire qu'un implant mammaire en silicone magique de Ana Sorden venait d'imploser. Mais très vite, l'ancien professeur se tourna vers le ciel pour expliquer ce mystère; Un météore ayant entendu ses nombreuses prières venait de s'écraser sur cette maudite prison! Cela ne serait que justice rendue contre ceux qui l'avaient condamné!

Car il n'y a rien de pire que le fait d'être innocent, et de se retrouver confronté aux ténèbres d'une cellule, au sein de laquelle personne n'entends vos hurlements désespérés. Et Merlin pouvait en témoigner, Crispin avait hurlé son innocence, des jours entiers, des nuits entières, au point de rendre sourds ses geôliers. Mais rien ne semblait pouvoir le disculper des fausses accusations de l'immonde arithmancienne, et du verdict de cette parodie de procès qui l'avait expédié à l'ombre pour l'éternité si ce n'était plus. Il faut dire que pour le vieillard gâteux qu'il était devenu, se remémorer les évènements tragiques de Valtivaara n'était guère une chose aisée. Innocent, oui, ça il l'était! Il se rappelait avoir gravit les pentes enneigées entrainant derrière lui deux élèves pour observer des aurores boréales, mais jamais l'avalanche ne résulta de ses propres actions. Crispin n'avait rien d'un assassin. Certes, il avait pensé une seconde balancer cet âne bâté de Gryffondor du haut d'une falaise, mais cela ne lui avait que effleuré l'esprit! Il fallait être une immonde pourriture pour s'en prendre à des moutards!

Bien plus qu'à cette menteuse de Sorden, l'astronome en voulait à la justice de son pays. Comment commettre une telle erreur judiciaire? Alors qu'il s'était expliqué à de multiples reprises. Marchebank, le FREE, et ce foutu Magenmagot, c'étaient eux les vrais coupables! Ils méritaient tous d'aller rôtir sur Mercure! En plus d'un siècle d'existence, Crispin Dérébusor avait traversé bien des périodes sombres, mais ce que s'apprêtait à subir le Monde Magique dépassait l'entendement. Bien pire que Voldemort et sa clique de Mangemorts qui annonçaient tous de suite la couleur, cette fois-ci l'ennemi avançait masqué et beaucoup plus sournois. Crispin n'avait jamais aimé les grands réformateurs qui se targuaient de pouvoir tous changer en seul coup de baguette magique. "Le changement c'est maintenant!", voilà une recette bien plus terrible que l'immobilisme. Car à vouloir tout transformer, on finit toujours par perdre son identité propre. Mais à présent, les jeunes imbéciles n'écoutaient plus l'expérience de leurs ainés. Ils pensaient tous savoir, alors qu'ils venaient à peine de décoller leurs bouches du biberon! Désormais, ce monde pouvait exploser que Crispin s'en fichait éperdument, tant il ne s'y sentait plus à sa place...

D'ailleurs son petit monde ne tarda pas à s'écrouler, quand l'un des murs de sa cellule finit par basculer dans le vide, suite à une énième secousse. Horrifié, Crispin vit alors le sol se disloqué et tomber dans la mer agité, plusieurs dizaines de mètres en contrebas. Sa prison avait désormais vue sur l'extérieur, mais à vrai dire le vieillard centenaire s'en serait bien passé. N'écoutant que son instinct, il martela la porte close de ses poings rugueux, alors qu'il ne pouvait rejoindre le couloir. Tandis que le sol de sa cellule s'effritait lentement et doucement, il tenta de pousser une beuglante dont il avait le secret.

"Malédiction! N'y a-t-il aucun zèbre pour venir secourir un honnête vieillard sur le point de tomber du nid? Vous m'entendez, bande d'arrière-faix de Licheur, ma cellule s'écroule! "

Mais malgré toute sa volonté et sa puissance vocale, le tumulte engendré par l'explosion couvrit totalement les beuglements paniqués de l'ancien professeur d'Astronomie. Tambourinant frénétiquement le battant métallique, il en oublia de garder ses distances avec le vide. La sanction fut immédiate, ses pieds se dérobèrent et il bascula dans le vide. Ce fut alors la panique, son regard exorbité traduisant une soudaine terreur à l'idée de prendre une claque liquide mortelle quelque vingt mètres plus bas. Puis en un dixième de secondes, il se remémora les conseils d'une grande star de plongeon moldu, et tout devint clair dans son esprit : Son corps se fit tonique et aussi droit que sa tour d'astronomie, ses ongles incarnées s'alignèrent de manière à transpercer l'élément liquide. Telle une flèche d'argonaute, ses joues gonflées d'oxygène comme un hamster, il creva alors la surface de l'eau en un tonnerre d'écume. Un autre problème majeur s'offrait désormais à lui; Celui qu'il ne savait pas nager sans brassières...

Remontant à la surface, et malmené par les vagues qui le poussaient contre le pied de la tour prison, Crispin s'ébattit comme un chien pour conserver la tête hors de l'eau. Nul doute que cela n'allait pas suffire, et que la fatigue finirait par remporter cette lutte mortelle. Mais dans son calvaire, l'Astronome eut de la chance quand sa main se posa sur le rebord d'une surface en bois qui flottait sur l'eau. Le battant immense d'une porte en bois avait été projeté dans la mer du nord par la violence de l'explosion. Ce ne fut pas une sinécure, mais le vieillard obstiné réussit à s'y hisser. Grelotant comme un naturiste en Alaska, il peina à retrouver son souffle. Mais très vite, il comprit qu'il lui fallait s'éloigner de la prison d'Azkaban, au risque de voir sa frêle embarcation se rompre contre la roche. Crispin se munit d'une planche et commença à ramer comme un galérien fuyant une bataille navale. Mais c'est alors qu'un corps tomba violemment à l'eau, à quelque mètres tout au plus de sa barque. Au vue des contours de la robe qui se dessinaient à la surface de l'eau, il s'agissait d'une femme sur le point de se noyer, alors qu'elle demeurait assommée par sa chute prodigieuse. Dans sa grandeur d'âme, Crispin ne pouvait se résoudre à l'abandonner à son sort. Il avait toujours conservé cet état d'esprit chevaleresque, et il ne tarda pas à pagayer en direction du corps inanimé.

L'astronome prit ses précautions, afin de ne point faire chavirer son embarcation, et hissa péniblement hors de l'eau la femme inconsciente. Allongée sur le ventre, elle ne bougeait pas, probablement morte noyée ou de sa chute. Crispin tentait de se remémorer toutes les vieilles techniques de survie que l'on lui avait inculqué en des temps immémoriaux, puis il se décida à passer à l'action. Il retourna alors le corps de la femme allongée, et...

"Par la Cornebouc du Malin! Sorden! "

Crispin se plaqua la main sur la bouche de peur de réveiller l'horrible femme. Hors de question d'avoir cette méduse sur son radeau! Avec dégout, il posa son pied sur son flanc afin de s'en débarrasser et la faire basculer dans les abysses. Mais ses yeux se posèrent malencontreusement sur le visage endormi de l'arithmancienne, et cela le stoppa net dans son opération de largage. Inconsciente, aucune méchanceté ne déformait les traits de la mardolienne, au contraire, son état lui conférait une apparence faussement angélique. Cas de conscience ou non, l'astronome ressentit alors un élan de pitié pour celle qui terrifia jadis Poudlard et qui l'avait précipité entre les murs d'Azkaban. La jeter à la mer ne ferait pas de lui un homme meilleur, et bien au contraire, il se priverait de la seule personne pouvant encore le disculper! Car si l'arithmancienne avouait avoir menti à son encontre, il sortirait blanc comme neige de cette histoire et pourrait ainsi retrouver la quiétude de l'ile de Skye! Dès lors, dans cette logique de déculpabilisation, la survie de l'horrible bonne femme devint une nécessité pour l'innocent centenaire.

Immédiatement, il plaqua son oreille sur la poitrine de la sorcière de Salem, pour y desceller un faible mais encore actif battement de cœur. Bien qu'elle ne respirait plus, elle vivait encore. Mais pour combien de temps encore? Malgré tout le dégout que lui inspirait ce geste, il boucha le nez de l'aritmancienne d'une main, avant de se lancer dans un bouche à bouche savamment orchestré. Sans relâche, il multiplia sa gestuelle de survie, et le résultat ne tarda pas à porter ses fruits. Ana se mit soudain à crachoter l'eau de mer salée qu'elle avait ingurgité, et à reprendre ses esprits. Crispin ne savait s'il devait se réjouir ou non d'avoir sauvé la vie de cette misérable personne, mais il se contenta de reculer lentement pour saisir la planche qui lui servait de rame. Encore groggy de sa chute, Ana Sorden se trainait piteusement au sol. Si faible, elle semblait ne représenter aucune forme de danger. Se dressant sur ses canes blanches et maigrichonnes, Crispin la domina de toute sa taille. Au moindre mouvement suspect, et à défaut de baguette, il l'assommerait sans autre forme de procès. Même s'il rechignait à frapper une femme, il n'hésiterai pas une seconde avec Ana Sorden. D'une voix sans appel, il ne tarda pas à lui faire comprendre.

"Miss Sorden, j'avais mille raisons de vous laisser à l'eau! Une pourriture de votre espèce n'offre aucun autre mérite sur cette planète que celui de servir de nourriture aux poissons. Mais voilà, je ne l'ai pas fait, et je vous demanderai de bien vouloir vous tenir tranquille. Car je n'hésiterai pas une seconde à déformer votre sale petite trogne d'arpenteuse de rempart! Est-ce bien clair, suppôt de Lilith? Quand vous serez rétablis, nous aurons vous et moi, une petite discussion, avant de nous rendre à la justice... "

L'arithmancienne releva péniblement la tête, les mèches humides se plaquant sur son visage, puis elle s'effondra de nouveau...

*****  

La petite embarcation avait dérivé à l'horizon, tandis que les premiers rayons de l'aube commençaient à embraser la ligne d'horizon. Crispin Dérébusor voguait sans but véritable, sachant pertinemment que les Aurors ne tarderaient pas à mettre la main sur leur frêle coquille de noix. La lueur matinale éclairait peu à peu le visage de Ana Sorden qui émergeait doucement de se torpeur. Comment une femme si horrible pouvait se dissimuler derrière un masque si gracieux? Crispin se le demandait, même si bien que l'ayant toujours trouvé à son goût, la noirceur d'âme de l'arithmancienne suffisait à présent à le rebuter. D'une voix dénuée d'émotion, il s'adressa à la vile traitresse de manière à lui soumettre un carnet de bord qui ne souffrirait d'aucune contestation.

"Vous voilà réveillée? Ne comptez pas sur moi pour vous apporter les croissants! Et garder vos distances! Nous sommes ensemble dans la même galère, et aucune forme d’animosité ne se révélera utile pour notre survie immédiate! Est-ce que vous imprimez ce que je dis, Sorden? "

La sorcière se contenta de hocher tristement la tête comme le ferait une fillette, punie pour avoir mangé trop de chocolat. Crispin poursuivit alors sa leçon.

"Sans moi, vous êtes perdue! Je serai le capitaine de ce navire! Nous n'avons ni objets magiques à notre disposition, ni eau douce. Fort heureusement, la pluie n'est pas chose qui manque au-dessus de la Mer du Nord, et je ne suis guère inquiet la dessus. Pour ce qui est de la nourriture, par contre, je pensais me servir de vous pour appâter des gros poissons carnivores, amateurs de viande de reine de beauté automnale, mais bon... Je connais fort heureusement pour vous une autre technique de pêche, et je ne voudrai pas empoisonner un pauvre requin de passage avec le poison qui coule dans vos veines. Remercier Merlin déjà que je vous épargne... "

Le vieillard laissa trainer l'un de ses pieds griffu et mal soigné dans l'eau, en espérant que des créatures marines prennent la chose pour une carcasse de poisson en décomposition. de son côté, l'arithmancienne passa une main fébrile dans ses boucles blondes, et d’une voix intriguée posa une question à son capitaine d'embarcation...

"Pourquoi faites-vous tout cela pour moi? Je ne vous ai apporté que du malheur... "

Crispin resserra brusquement ses orteils, mais un alvin glissa malheureusement entre ceux-ci. Maudite poiscaille! L'astronome poussa un grognement, et se détournant à peine vers l'arithmancienne, il coupa court à sa question.

"Détrompez-vous, ma chère! Ce n'est pas pour vous que je le fais! Mais pour sauver ma pomme. Je veux que vous m'innocentiez des crimes auxquels vous m'avez honteusement relié par vos vils mensonges. Je vous jure que vous allez tout révéler, Sorden! Je ne sais comment je m'y prendrai, mais je parviendrai à vous faire cracher la vérité! "

Ana Sorden se mordilla la lèvre inférieure dans un geste coupable. Son regard se perdant à l'horizon, elle tenta de se la jouer stratège, et de diriger Crispin vers des eaux plus clémentes pour sa personne.

"Et vous pensez sincèrement qu'ils vont me croire? Depuis le début de cette tragique histoire, je suis la femme à abattre, l'ignoble croque-mitaine, la mardolienne monstrueuse! Si vous aviez vu la haine qui imprégnait le regard de cette Auror quand elle se réjouissait du sort funeste qui m'était réservée! Je suis sincèrement désolée, j'aimerai pouvoir réparer mes fautes, vous aider. Mais je reste persuadée que cela ne servira à rien! J'ai tant de choses à me faire pardonner, et dans l'impossibilité de le faire... "

Le prenait-elle encore pour un bernique? Un énième tissu de mensonge pour voiler son âme putride? Fort de son expérience, Crispin n'était pas le genre de sorcier à tomber deux fois dans le même piège. Il joua les ahuris, plutôt que de la contredire ouvertement.

"Serait-ce une quête de rédemption, Miss Sorden? Un sursaut d'humanité émanant de votre petit cœur tout sec? "

Ana plaqua une main théâtrale sur son cœur, comme si elle ressentait subitement une trop vive émotion la saisir. D'une voix quelque peu éraillée par ses simagrées et le froid, elle tenta de se justifier.

"Vous croyez vraiment que je ne ressens rien? Que je n'éprouve aucune forme de remord? Oui, je me suis laissée aveuglée par mes ambitions et j'ai réellement commis des choses atroces au nom d'une cause en laquelle je croyais fermement. Mais sachez que je donnerai ma vie pour obtenir, ne serait-ce qu'une poignée de secondes qui me permettrait de me racheter aux yeux du monde magique! Je vous le jure! J'aimerai serrer contre moi ces pauvres enfants traumatisés par l'avalanche, et leur dire à quel point je regrette mon geste... "

La sorcière de Salem réfugia son chagrin factice dans le creux de ses mains, cherchant à amadouer son compagnon d'équipée. Mais ce dernier ne voulait plus se laisser berner, ni croire en ses larmes factices. Comprenait-elle que ses mensonges, ses manipulations avaient anéantis sa crédibilité et la confiance que l'on pouvait placer en elle?

"Allons, allons... Ce n'est pas à un vieux singe de mer que l'on apprend à faire la grimace! De plus, les larmes comme l'eau de mer sont salées, et n'offrent donc aucune forme d'utilité pour notre survie. Si vous pouviez changez de refrain cela me rendrait cette croisière plus acceptable. Mordieu!  Je sais qui vous êtes, Sorden! Et jamais vous ne changerez, ni éprouverez un temps soit peu de regret pour quelqu'un d'autre que votre infâme petite personne! Les flammes de l'Enfer sont bien trop clémentes pour une teigne de votre envergure!"

Sa tentative de séduction ayant échouée, le regard d'Ana Sorden se durcit face au propos virulents de l'Astronome. Elle persista tout de même à jouer la carte de l'amadouement, tandis qu'elle se réfugiait derrière sa chevelure en cascade.

"C'est profondément injuste! Vous n'éprouvez aucune forme de pitié... "

Devant une telle manifestation de mauvaise foi, le pied de Crispin fit éclabousser la surface de la Mer du Nord! Le regard sévère, les mains venant se poser sur ses hanches; L'ancien professeur en pouvait laisser passer une telle remarque.

"Par les couilles de Jupiter! Parce que vous pensez être un modèle d'empathie? Sacrebleu, je crois rêver! " Les cheveux ébouriffés par une rafale, Crispin plongea son regard noir dans celui de la vile sorcière. "Avez-vous pensez ne serait-ce une seconde à cette pauvre Emma Blackbonnes? A ce qui allait advenir de la vie de cette pauvre enfant que vous avez odieusement manipulée? A jamais elle conservera la cicatrice de votre passage! Ressentez-vous de la pitié? Certainement pas! Comme je ne crois pas une seconde, que vous éprouviez une once de regret à l'idée d'avoir empoisonné cette malheureuse Septima Vector. Alors épargnez-moi vos leçons de morale, Miss Sorden! Vous êtes aussi insensible qu'une coquille de moule! "

Ana Sorden se figea, alors qu'elle semblait regrettée avoir perdue sa baguette dans sa chute. Elle arbora sa moue la plus dédaigneuse et ne tarda pas à fustiger l'astronome. D'un mouvement de tête, elle chassa les mèches de son visage, dont les traits se révélaient à nouveau haineux.

"Je ne suis donc à vos yeux qu'une vulgaire meurtrière? Êtes-vous sérieux, professeur Dérébusor? Combien d'innocents sont sacrifiés sur les autels des guerres et des révolutions? Je vous le demande? Vous croyez que j'ai fait cela de gaieté de cœur? Non, monsieur Dérébusor! Du sang versé devait naitre un monde meilleur, dans lequel moldus et sorciers auraient pu vivre en parfaite harmonie. Vous n'avez qu'une vision étriquée de la réalité! Si personne n'avait osé se dresser contre moi, je serai à l'heure actuelle reconnue comme une légende vivante du Monde Magique! Vous ne pouvez pas me comprendre, car vous et moi, n'avons pas même conception des frontières entre le bien et le mal... "

Crispin Dérébusor secoua laconiquement la tête, comme s'il percevait enfin ce qui se cachait réellement dans l'âme ténébreuse de l'arithmancienne. Une folie destructrice, doublée de mégalomanie, un danger permanent pour le Monde Magique.

"J'aimerai pouvoir vous comprendre, Miss Sorden... Mais tout ce que je vois ne sont que les divagations d'une pauvre folle! De quelle destinée parlez-vous? Qui êtes-vous pour oser avancer une telle flagornerie? Vous voulez que je vous le dise? Vous n'êtes rien de plus qu'une folle prétentieuse qui a existé le temps d'une illusion! A part votre beauté déclinante, que possédez-vous réellement? Absolument rien qui puisse justifier un quelconque intérêt pour votre personne. Je ne vois en vous que la menace et l'aspect nuisible que vous représentez pour l'équilibre de notre monde. Même si je dois subir les affres d'une nouvelle condamnation, je ne prendrai pas le risque de vous laisser en liberté! Maintenant à vous de voir ce que vous voulez que l'on retienne de vous. Une horrible bonne femme voulant s'octroyer un dernier tour de piste, et dont tout le monde se réjouira de savoir morte? Ou au contraire celle d'une condamnée qui à l'orée de son dernier souffle, aura sincèrement cherché à obtenir le pardon de ses victimes. La balle est dans votre camp, Miss Sorden. Il n'est jamais trop tard... "

Et il n'était jamais trop tard pour attraper du poisson! Une anguille de mer venait de se glisser entre les orteils de l'astronome, qui abandonna immédiatement sa leçon de moral pour sa partie pêche. Tirant la langue comme symbole de sa grande concentration, Crispin voulait absolument avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Au cœur de la Mer du Nord, l'attente pouvait être longue avant que l'on ne les repêche. Tirant brusquement son pied hors de l'eau, l'anguille vint échoir entre ses bras malingres. Le pêcheur centenaire poussa alors une exclamation victorieuse, avant de se retourner vers sa colocataire de radeau pour lui montrer son trophée. Mais ce qu'il vit en se retournant, le pétrifia sur place. Ana Sorden venait de se munir de la rame improvisée, et elle la tenait au-dessus sa tête, son regard empreint d'une lueur malfaisante...

"Ne faites pas cela, Ana. Je vous jure qu'il n'est pas trop tard... "

L'arithmancienne abattit de toutes ses forces la rame sur le dos de l'ancien professeur d'astronomie. Celui bascula alors dans les eaux froides de la Mer du Nord. Crispin tenta de s'accrocher au rebord, mais la sorcière de Salem ne cessait de déloger à grands coups de rame, ses doigts déjà engourdis par le froid. Lutant pour maintenir la tête hors de l'eau, il fixa sa meurtrière de ses yeux implorant, avant de tendre une main désespérée dans sa direction. L'horrible bonne femme ne lui offrit pas sa main, mais un sourire glacé...

"Je sais qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre à nager, monsieur Dérébusor... Mais également pour prendre connaissance d'une chose essentielle. Dans la vie, il y a deux grands types de personnes :  Les forts qui provoquent eux même leur destin, et les faibles qui subissent la destinée que l'on leur impose. Je crains malheureusement que vous fassiez partie de cette dernière catégorie... "

Le visage de Crispin fut alors submergé par une vague, au moment où il voulait pousser un ultime juron à l'encontre de cette horrible traitresse. L'eau pénétrant dans sa gorge et ses poumons, il comprit trop tardivement qu'il ne pourrait pas sortir "Un Nom d'une Pipe en terre' tonitruant, mais au lieu de cela il allait casser la sienne de pipe. Lentement le plus ardent défenseur de la planète Pluton finit par sombrer dans les abysses de la Mer du Nord. Ses mains crochues tentant en vain de s'attraper à quelque chose qui puisse ralentir sa plongée mortelle. Il pensa alors aux gens disparus qu'il allait surement revoir. Son vieil ami Dumbledore, la douce Septima Vector et peut être même son ancienne idylle Alrina Sinistra. Un sourire se dessina alors sur ses lèvres gercées à cette simple pensée de pouvoir enfin rejoindre un monde où il avait entièrement sa place...

[Fin de mon OS]  


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La Grande Evasion [OS Alcyd - Ana - Crispin]

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