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 Breaking Point [Irina, Jason, Adrian, Roy]

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2 décembre


Victor Calder, 56 ans, père d'Adrian, Irina, Jason et Roy

Il y avait beaucoup de choses sur lesquelles Victor Calder ne transigeait pas et parmi elles, la plus importante : le bien-être de ses enfants. Aussi implacable et distant pouvait-il avoir l’air, il chérissait chacun d’entre eux avec tout l’amour que l’on attendait d’un père. Souvent, il se faisait la réflexion que son fils Jason était celui qui lui ressemblait le plus, toujours sur la défensive, toujours très secret, complètement désarçonné dès qu’il fallait tenir un discours un peu sentimental, et pourtant aimant. L’attachement à sa famille était une valeur qu’il s’était efforcé d’inculquer à ses enfants, il avait l’impression d’avoir échoué, parfois. Il ne savait pas qu’il se leurrait, car ses enfants étaient en vérité tous semblables à lui sur ce point : peu démonstratifs, mais pas moins solidaires.

Chaque fois que l’un d’entre eux se trouvait dans une mauvaise situation, la première chose que Victor se demandait était « qu’ai-je mal accompli ? ». Il s’était toujours tellement impliqué dans leur éducation, que le moindre de leurs échecs résonnait pour lui comme le sien, en partie. C’est pourquoi il était tellement amer face à la déroute totale de son fils aîné, notamment. ll avait longtemps eu l’impression d’avoir fait une erreur quelque part, il l’avait toujours, d’ailleurs. Un manque de soutien, peut-être, de dialogue, surtout. Car c’était ainsi chez les Calder : on parlait peu, et surtout pas des choses sérieuses.

C’était sans doute la raison pour laquelle Irina restait désespérément silencieuse face au reste de sa famille, tout comme Jason, tout comme Adrian, présents aussi. Il les avait élevés dans ce sens, conclut Victor avec le même regret qui l’envahissait, dès qu’il y pensait. Il se ressassait tout cela dans cette chambre d’hôpital, les yeux rivés sur sa fille adossée contre l’oreiller de son lit, et il ne pouvait pas croiser son regard puisqu’elle gardait les yeux obstinément fixés sur les draps. Sa fille, sa seule fille, qu’il savait forte et volontaire, avait la mine complètement défaite et elle osait affirmer que tout allait bien. Que ce n’était qu’un accident. Que ses contusions sur ses côtes étaient le fruit d’une mauvaise chute dans les escaliers. Et cette vilaine entaille sur la joue, avait-elle l’air d’un accident ? Plus que tout, c’était ce regard coupable qu’Irina croyait masquer qui tracassait Victor. Il était certain que sa fille lui mentait, quand bien même il allait faire semblant de la croire pour le moment, parce que c’était souvent ce qu’un parent faisait, lorsqu’il savait que son enfant cachait des choses. Irina était fermée à tout dialogue pour le moment, il était inutile d’insister. Après tout, elle était comme Roy : impossible à faire parler lorsqu’elle avait décidé de garder le silence. Encore une chose sur laquelle ses enfants s’étaient toujours montrés plus têtus que lui, ce qui n’était pas peu dire.  

Il croisa le regard inquiet de sa femme, qu’il sentait à deux doigts d’intervenir. Loin d’avoir un caractère aussi fataliste que le sien, Elena était une digne descendante de la maison Gryffondor, n'abandonnant jamais avant d'avoir le fin mot de l'histoire. Mais ce qu’elle allait dire fut interrompu par l’arrivée assez brusque du premier de la fratrie qu’il manquait. Celui qui arrivait toujours en retard, quand encore, il daignait arriver. Pourtant, cette fois, nulle nonchalance sur son expression, bien au contraire. Roy débarqua, la mine pâle et essoufflée qui trahissait son empressement pour venir.

Victor suivit des yeux sa femme se lever pour aller brièvement étreindre leur fils aîné. Il ne bougea pas du coin de lit sur lequel il s’était assis. Il y avait une distance infranchissable entre le père et le fils qui n’avait fait que s’agrandir durant toutes ces années, mais ces derniers mois, Victor ne ressentait pas seulement de l’amertume et de l’incompréhension à son égard. Voir Roy habillé comme il l’était désormais, toujours en ayant si peu de nouvelles de lui, ne faisait qu’augmenter la colère et la désapprobation de son père. Croyait-il qu’ils étaient stupides et aveugles ? Qu’ils ne se doutaient pas que cette brusque rentrée d’argent n’avait rien d’une réussite sociale honnête ? Victor craignait autant qu’il devinait que son fils n’était plus ce petit magouilleur de la Voie des Miracles, malhonnête mais pas foncièrement dangereux. S’il s’imaginait faire croire qu’il était devenu gérant de cabaret -de débauchés, soit dit en passant- sans en passer par des moyens discutables, il se fourrait la baguette dans l’oeil… A croire qu’il n’allait jamais cesser de le décevoir.

Roy n’était cependant pas le sujet d’inquiétude principal, à l’heure actuelle, estima Victor en reportant son regard sur Irina. Roy ne tarda d’ailleurs pas à le faire remarquer, en posant la question qui lui brûlait les lèvres depuis que ses frères lui avaient envoyé un Patronus pour le prévenir qu’ils étaient tous à Sainte Mangouste.

« Qu’est-ce qui lui est arrivé ? »

Un court silence accueillit cette question. Irina avait déjà fait le récit de ce qui s’était passé, mais comme toujours, Roy arrivait trop tard. Victor estima qu’il n’avait plus rien à ajouter et qu’il valait mieux désormais laisser Irina se reposer. Il savait qu'il risquerait de se mettre en colère s'il restait, et il ne souhaitait pas lui infliger cette scène. Avec un léger soupir, il se leva du lit, puis saisit brièvement la main de sa fille dans la sienne, alors même qu’il avait rarement des gestes d’affection, mais après tout, la situation était exceptionnelle.

« Si tout va bien… On te laisse, on repassera ce soir. »

Il saisit sa femme par les épaules lorsqu’elle eut à son tour embrassé Irina, puis tout deux refermèrent la porte derrière eux, laissant leurs enfants seuls, sans se douter que c’était précisément ce qu’ils attendaient depuis un moment.

Car il y avait beaucoup de règles tacites chez les Calder et parmi elles, la plus importante : laisser les parents à l’écart lorsque la situation était trop grave.
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Jason Calder ~ 27 ans ~ Frère de Roy, Irina et Adrian

Au début, Jason avait un peu râlé parce que ça ne se faisait pas de déranger les gens au travail. Et puis quelle raison pouvait bien pousser Irina à lui envoyer un Patronus au beau milieu de la matinée. Comme si ça ne pouvait pas attendre la pause déjeuner. Mais lorsque la voix de sa sœur avait surgit de la loutre argentée, le jeune homme avait immédiatement stoppé son bougonnement intérieur pour laisser place à une inquiétude douloureuse. Comment Irina s'était-elle retrouvée à Ste Mangouste ? C'était la première question qu'il s'était posée. Ensuite, il y avait eu une inquiétude sur son état général. Elle était consciente puisqu'elle lui avait envoyé un Patronus mais sa voix était faible, presque... cassée.

N'écoutant que son inquiétude et son devoir de grand-frère, il avait rapidement abandonné son poste, donnant une vague explication de devoir familial à Moira pour expliquer son départ précipité. Et il avait rapidement transplané à Ste Mangouste pour y retrouver sa petite soeur qui semblait au plus mal. Son inquiétude s'accentua lorsqu'il remarqua les contusions et l'entaille sur sa joue, il pâlit légèrement alors qu'il tentait de reprendre son souffle après sa course dans les couloirs de l'hôpital. Son coeur se serra alors qu'il s'approchait d'Irina et lui saisissait la main. La famille était ce qu'il y avait de plus important pour lui. La chose la plus précieuse à ses yeux. Et voir dans Irina dans cet état, le bouleversait au point que l'inquiétude était visible sur son visage, au point qu'il caressa doucement la joue de sa sœur et pour qu'il perde de sa froideur. Il n'était pas habile pour montrer ses sentiments et en cela, il tenait de son père.

Il n'avait jamais su dire à quel point, il aimait sa famille mais lorsque quelque chose de grave arrivait, il était là. Et il serait toujours là pour soutenir les siens. Encore une chose qu'il tenait de son père et dont il était fier. Il s'installa sur le bord du lit de sa sœur sans lui lâcher la main et l'écouta parler de façon décousue de ce qu'il s'était passé. Il compris qu'il avait été le premier informé de sa présence ici, qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre. Qu'elle avait peur, il lui caressa machinalement le dos de la main pour l'apaiser un peu. Plus elle parlait et plus il se sentait mal. Il serra plus fort sa main dans la sienne lorsqu'elle aborda succinctement sa présence ici. Une connaissance de Roy, une femme que Roy connaissait lui avait fait ça. Il n'en sut pas plus. Elle devint muette à nouveau et il prit la décision de la laisser se reposer. Elle avait besoin de se remettre de ses émotions.

Il lui promit qu'il revenait vite, il était juste à côté, il prévenait tout le monde pour qu'ils sachent où elle était et qu'ils ne s'inquiètent pas. Il devait se calmer lui aussi. Il ne savait pas exactement ce que cette femme avait fait à sa sœur, il ne savait rien de plus que ce que les marques sur le corps d'Irina lui montrait. Mais la colère et l'amertume se mélangeaient désormais à l'inquiétude. Roy était plus ou moins mêler à tout ça et il était bien résolu à savoir de quelle manière. Il envoya rapidement un Patronus succinct à chaque membre de sa famille. Il prévint son aîné en dernier, se demandant un instant si il ne valait pas mieux attendre un peu. Par vengeance peut-être. Parce que tout était toujours relié à Roy. Dès qu'il y avait quelque chose, dès que l'inquiétude s'insinuait dans leur famille. Roy n'y était jamais étranger.  

Mais il avait fait taire sa rancœur et avait tout de même prévenu son frère. Déjà rien que pour pouvoir lui demander lui même des explications. Pour pouvoir faire exploser la colère qu'il ressentait de voir sa sœur sur ce lit d'hôpital. Adrian fut le premier à arriver. Il saisit doucement son petit frère par l'épaule avant qu'il ne franchisse la porte de la chambre et expliqua à son jeune frère ce qu'il savait. A savoir que c'était la faute d'une connaissance de Roy si Irina était ici. Il ne pouvait pas raconter ce qu'il ne savait pas après tout. Il suivit ensuite Adrian dans la pièce et esquissa un léger sourire de réconfort à sa petite sœur.

Que pouvait-il faire de plus ? Il se sentait tellement impuissant face à sa détresse. Il rendit son étreinte à sa mère sans grimacer pour une fois lorsqu'elle arriva à son tour et salua son père d'un hochement de tête. Il laissa ses parents entourer comme il se devait Irina et partit s'installer sur une chaise dans un coin de la pièce. Attendant avec une certaine impatience que Roy se montre enfin. Qu'il constate de ses propres yeux où ses petites affaires de malfrat les entraînaient tous.

Lorsque l'aîné de la fratrie arriva enfin, Jason ne put réprimer une moue de colère d'apparaître sur son visage. Au moins, il avait le bon goût d'arriver essoufflé et non pas comme le maître du monde. Comme il avait tellement l'habite de le faire lorsqu'il daignait se montrer chez les parents. Mais il était en retard comme d'habitude. Il capta du coin de l’œil le regard désapprobateur de leur père. Et il ne put que constater qu'il devait aborder exactement le même visage que son paternel. Il poussa un léger soupir à la question de Roy mais ne prit pas la peine de répondre. Adrian le ferait peut-être mais lui n'avait pas l'intention de lui adresser le moindre mot.

Pas tant que leurs parents seraient là en tout cas. Pas tant qu'il pourrait laisser échapper le moindre mot qui pourrait mettre en doute la version - le mensonge- d'Irina. Il resta donc parfaitement silencieux jusqu'à ce que son père annonce l'heure du départ. Il regarda ses parents s'éloigner avant de se lever et de s'approcher du lit de sa sœur. Il attrapa le pied du lit et le serra alors que ses yeux se posaient tour à tour sur un bleu ou une entaille. Il n'arrivait pas non plus à s'enlever de la tête que tout ça avait un rapport avec Roy et sans prévenir, l'un de ses poings lâcha le lit et vint s'écraser sur la joue de son aîné.

"Tout ça c'est ta faute", cracha-t-il hors de lui.

Il s'obligea à reprendre son calme en inspirant profondément. Roy ne savait encore rien, ne se doutait de rien mais cela faisait du bien de pouvoir se défouler un peu.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy ne comptait plus les années qui le séparaient de la dernière fois où il avait reçu un Patronus de Jason. Ils s’étaient tellement appliqués à s’ignorer royalement que les nouvelles de l’un ou de l’autre ne leur venaient que par des voies intermédiaires. Il faillit d’ailleurs ne pas reconnaître l’ours argenté qui vint vers lui, alors qu’il était rentré à son appartement pour dormir, après une nuit passée aux Folies Sorcières. Comme toujours venant de Jason, le message était succinct et expéditif. Mais cela suffit à faire accélérer le coeur de Roy, qui reprit aussitôt la veste qu’il venait de poser sur table.

Si sa soeur était hospitalisée, c’était qu’il lui était arrivé quelque chose qu’elle ne pouvait soigner elle-même, avec ses savoirs en médicomagie. Dans l’esprit du frère inquiet, cela ne pouvait signifier que quelque chose de grave, évidemment. Cette simple pensée fit accélérer le pas de Roy. Dans un premier temps, ses réflexes l’avaient fait transplaner, avant qu’il ne se heurte à un échec qui le fit se souvenir de la situation présente à Bristol. La ville était bouclée. Ils ne pouvaient en sortir que par quelques points contrôlés. C’était le genre de moment où il était heureux d’avoir quelques avantages bien utiles, avec les quelques petits services qu'il rendait au Ministère : il pouvait disposer d’une cheminée ouverte aux Folies Sorcières. Devoir passer par tout le tralala administratif des points de contrôle classiques auraient à coup sûr émoussé sa patience déjà assez limitée.

Il se hâta vers le cabaret, dut congédier assez férocement un employé qui bondit vers lui pour lui faire une demande -ce n’était pas le moment, enfin !- et n’arrêta sa marche empressée que lorsqu’il fit face à la Cheminette que le ministre avait gracieusement accepté de leur ouvrir. Quelques instants plus tard, l’air aseptisé de Sainte Mangouste lui irritait l’odorat, mais il passa complètement outre, pour une fois. Le temps de se retrouver parmi les étages de l’hôpital, on lui indiqua enfin la bonne chambre.

Ce fut au moment de frapper un coup à la porte et de l’ouvrir que Roy s’aperçut de ce qu’il était sur le point de faire. Une seconde, il retint son geste. Sa famille était certainement entièrement réunie derrière cette porte, et dans quelques secondes, il ferait partie du tableau lui aussi. Depuis combien de temps cela n’était-il pas arrivé ? Même Noël dernier, il ne l’avait pas passé en leur compagnie. Entre temps, il les avait vus, chacun d’eux, mais séparément, de façon occasionnelle, et en général, pas pour de bonnes nouvelles. Il avait vu tout le monde… Sauf Jason, bien sûr. Jason était toujours l’exception.

Roy balaya ses hésitations en inspirant un bref coup, puis ouvrit la porte. Un court instant, il resta la main accrochée à la poignée, essoufflé par sa course, ne voyant pas d’autre façon d’annoncer son arrivée. Happé par les mines préoccupées de ses frères et de ses parents, il ne pensa même pas à lancer un « salut » et puis, était-ce vraiment le moment ? Il ne se réveilla qu’en voyant venir sa mère, vers qui il fit quelques pas pour accueillir sa brève étreinte. Elle était toujours celle qui lui pardonnait la première ses écarts, ses retards, ses silences, quand les autres gardaient plus de distance. Si la situation avait été autre, il se serait sans doute senti blessé de l’ignorance que son père semblait s’appliquer à maintenir à son égard, même dans une telle situation, mais à cet instant, son attention était tellement tournée vers Irina qu’il omit tout le reste. Il venait d’apercevoir l’entaille sur sa joue, les marques sur ses bras. Alarmé, Roy chercha aussitôt à savoir ce qu'il se passait.

Malheureusement, le silence qui accueillit sa question ne fit qu’augmenter d’un cran son inquiétude. Etait-ce si grave pour que personne n’ose prendre la parole ? Son regard posé sur Irina dans l’attente d’une réponse, en tentant -sans grand succès- de masquer son bouleversement, il amorça quelques pas vers elle et ne vit même pas que Jason avait décidé de se mettre sur son chemin.

Roy réagissait souvent de façon impulsive, c’était bien là son gros problème. Non pas qu’il soit incapable de réfléchir, mais il traînait un tel ego et un tel passif qui lui était difficile de ne pas réagir par la violence dans certaines situations. Il n’avait pas dormi de la nuit, il avait reçu une nouvelle inquiétante qui l’avait aussitôt fait débarquer ici, il arrivait dans un silence encore plus angoissant où personne ne daignait lui donner de réponses et son frère n’avait rien trouvé de mieux que de l’accueillir de la sorte ? Lorsque Jason le frappa sans prévenir, Roy vit littéralement rouge. Il l’empoigna par le col, à deux doigts de lui rendre le coup.

« Mais t’es complètement taré, j’ai rien fait ! Ca t’arrive jamais de changer de disque ou quoi ? » Car dans l’esprit de Roy, il ne faisait aucun doute que Jason l’accusait uniquement par force d’habitude. Evidemment, c’était toujours de sa faute. Se rendait-il au moins compte que cela n’avait aucun sens ? Comme s’il allait faire quoique ce soit qui puisse causer du tort à leur soeur ! « Fous-moi la paix pour une fois, tu vois pas qu’on a plus urgent à régler, là ? »

Sauf que le seul spectacle qu’il allait offrir à Irina dans l’état où allaient les choses, c’était celui de ses deux frères se battant comme des chiffonniers au pied de son lit d’hôpital…



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Adrian CalderMolduavatar
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Il était rare qu’Adrian s’absente de son lieu de travail. Bien sûr quand il avait des journées de congés il n’était pas le dernier à s’en servir, mais il n’avait jamais raté un jour. Quand il pensait que son frère était peut-être en train de mourir sur le pavé, il était resté à son poste, quand la finale d’un sport moldu arrivait, il restait travailler. Qu’on ose toucher à sa sœur c’était une toute autre chose. Tout ce qui c’était passé avant que ses deux frères ne commencent à en venir aux mains était encore flou dans sa tête. Tout avait commencé avec l’ours qui avait fait irruption dans la boutique, il lui semblait avoir pâli autant que l’apparition en entendant les quelques mots inquiets qu’il lui délivra. D’autres mots, d’autres soucis, c’est tremblant qu’il avait franchi la porte de la chambre dans laquelle Irina se reposait. Elle avait l’air étrangement calme, quand on savait dans quel état elle était. C’était tentant de cacher son inquiétude et de retenir ses larmes qu’il avait attendu dans le silence pesant qui s’était instauré. Il n’était pas bien sûr de la raison pour laquelle ils restaient, s’il était lui-même allongé là il aimerait qu’on lui parle ou qu’on le laisse se reposer en paix, pas qu’on se comporte comme si on était à une veillée funèbre.

Pourtant, même lorsque Roy entra, demandant des explications sur ce qui avait conduit leur sœur ici, il garda le silence, complètement déconnecté de ce qui se jouait devant lui, appuyé contre le mur, les mains derrière le dos et le regard fixant le sol blanc de la chambre. Leurs parents avaient dû partir car lorsqu’un bruit le fit lever la tête ils n’étaient plus là. « Mais… » fut la première chose qui lui vint à l’esprit et le premier mot qu’il prononça après l’arrivée de Roy, pourquoi se battaient-ils ? Ce fut alors que ses neurones se mirent à fonctionner et qu’il émergea enfin de l’état second dans lequel l’idée de sa sœur dans un lit d’hôpital l’avait plongé. Une attaque, une connaissance de Roy… ce devait être la raison pour laquelle ce dernier venait de s’en prendre une. Le problème étant qu’il n’avait pas bien l’air d’avoir cerné le pourquoi du comment, probablement parce qu’on avait évité d’en parler quand il était arrivé. Adrian observa un instant Irina pour guetter sa réaction, mais celle de l’ainé de la fratrie le fit reporter son attention sur ses deux frères, il laissa échapper un profond soupir, ça n’allait quand même pas recommencer ? Pas ici, pas maintenant.

Rassemblant tout ce qu’il avait de détermination il alla s’interposer entre les deux hommes, un instant il aurait pensé qu’il n’avait jamais quitté son travail, posant une main sur l’épaule de chacun des deux il créa une sorte de zone neutre, la Suisse de Sainte Mangouste, dans laquelle il entendait bien faire en sorte qu’aucun poing ou pied ne circule. « C’est pas le moment les mecs… » Il désigna sa sœur du regard sans pour autant chercher à agir comme si elle n’était pas là puis se tourna vers Roy « C’est une de tes amies qui a fait ça, t’as un nom ? » Car il était clair pour le cadet que le but de cette rencontre n’était pas de savoir si cela était de la faute ou non des activités illégales auxquelles son frère pouvait s’adonner, mais bel et bien d’organiser une contre-attaque, qui que soit la sal*** qui s’en était pris à la médicomage de la famille, en apprendrait bien vite que le reste savait très bien envoyer les gens ici à défaut de les en faire sortir. « Elle a combien d’amis ? » Courageux, mais pas Gryffondor.



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Irina Calder, 22 ans

Irina ne savait même pas comment elle avait réussi à transplaner. L'instinct de survie, sans doute. Depuis qu'elle travaillait à Sainte-Mangouste, Irina avait entendu de nombreuses histoires de ce genre, sans penser qu'un jour, cela serait la sienne. Tout le reste était un peu flou, sûrement dû aux potions que ses collègues lui avait donné pour l'apaiser, tant elle tremblait de tous ses membres. Le mensonge était venu naturellement, à tel point qu'elle s'était surprise elle-même. Les escaliers de son immeubles, un peu trop raides, un peu trop glissants, un banal accident. Qu'ils l'aient cru ou non, elle s'était accroché à sa version. Et quand elle s'était retrouvée toute seule dans sa chambre, allongée dans les draps froids de Sainte-Mangouste, elle avait fermé les yeux de toutes ses forces pour retenir les larmes qui menaçaient de couler. Elle était restée prostrée ainsi de longues minutes, à calmer sa respiration, à se concentrer sur tous les bruits familiers de l'hôpital afin de retrouver un état un peu plus correct pour affronter le regard de sa famille.

C'était à Jason qu'elle avait envoyé son Patronus. Jason, qui saurait quoi faire et qui garderait la tête froide ou du moins, elle l'espérait. Elle avait répété son message une ou deux fois avant de jeter son sort, pour que sa voix ne tremble pas trop, pour qu'il n'y lise pas la faiblesse qu'elle tentait de cacher. Et puis elle avait attendu, les yeux fixés sur le mur en face d'elle, sur une stupide affiche de prévention qu'elle connaissait pourtant par cœur. Ce qui venait de se passer n'avait de cesse de tourner dans son esprit et elle avait l'impression d'imploser, à défaut de pouvoir en parler vraiment. Qu'était-elle censée faire ? Elle ne comprenait pas ce qui venait de passer, elle ne comprenait pourquoi c'était arrivé et comment cela avait pu arriver. Lorsque la porte s'ouvrit pour laisser passer son grand-frère, Irina essaya tant bien que mal de lui adresser un sourire, sourire qui fondit lorsque Jason lui prit la main et qu'elle entreprit de raconter ce qui s'était vraiment passé. Elle ne rentra pas dans les détails, à la fois pour se protéger elle et pour épargner Jason. Sa voix se brisa bien malgré elle sur les derniers mots et elle se tut, ses yeux se baissant sur la couverture verte délavée qu'une infirmière lui avait laissé en supplément.

Puis ce fut Adrian, leurs parents et Irina tenta de faire bonne figure du mieux qu'elle pouvait. L'escalier, répéta-t-elle lorsque sa mère se pencha vers elle pour l'éteindre avec tendresse. Face à sa famille, sa version sonnait tellement fausse et elle avait tellement honte qu'elle n'osait croiser le regard de personne, continuant de fixer la couverture qui peluchait légèrement, grattant un peu cette dernière du bout de l'ongle. Un silence s'installa dans la pièce, pesant et inquiétait, seulement troublé par les pas des Médicomages et des infirmiers dans le couloir et elle n'avait pas le courage de le rompre. Alors elle restait là, enfoncée dans ses oreiller, respirant le plus doucement qu'elle pouvait pour ne pas laisser paraître son véritable état, à attendre. Lorsque Roy poussa la porte, le dernier arrivé, elle releva à peine les yeux, sentant plus qu'elle ne vit le mouvement de sa mère pour aller étreindre son fils ainé. Elle n'eut pas la force de répondre à la question de son frère, de mentir encore, de faire semblant de ne pas voir le regard que son père vrillait sur elle et qu'elle faisait tout pour éviter, alors elle ne dit rien. Personne ne dit rien d'ailleurs et le silence se poursuivit, lourd comme une chape de béton.

Lorsque son père se leva pour partir, saisissant sa main au passage, Irina prit sur elle pour lui adresser un piteux sourire et hocha la tête lorsqu'il ajouta qu'ils repasseraient ce soir. Sa mère l'embrassa, la gratifiant d'une dernière caresse sur le front et Irina les observa partir, attendant que la porte se referme dans un léger claquement... Puis tout arriva très vite et avant même qu'elle n'ait pu songer à réagir, Jason avait abattu son poing sur le visage de Roy qui réagit au quart de tour avant que les deux Calder ne soient séparés par Adrian. Fixant ses trois frères, ses mains crispées sur les draps de son lit d'hôpital, Irina ne sut pas où elle retrouva la force de parler de nouveau pour raconter de nouveau.

- June, lança-t-elle d'une voix qui tremblait un peu et qu'elle corrigea. Elle m'a dit qu'elle s'appelait June.

Baissant de nouveau les yeux sur le drap, où elle gratta un peu plus fort une peluche, Irina avait l'impression que les mots se coinçaient dans sa gorge et qu'elle luttait pour qu'ils sortent, sous peine de ne jamais arriver à le faire. Lorsqu'elles arrivaient à l'hôpital, on disait toujours aux victimes d’agression de prendre leur temps, de parler lorsqu'elles se sentiraient prêtes. Sauf qu'elle avait l'impression que si elle se taisait maintenant, face à ses frères, elle n'en parlerait plus jamais, enfouirait tout cela au plus profond d'elle pour ne plus jamais y penser et faire comme si rien ne s'était passé ou plutôt comme si ce n'était rien.

- Elle a dit qu'elle était une de tes amies, poursuivit-elle lentement sans relever les yeux vers Roy. Qu'elle s'inquiétait pour toi. Que tu avais des problèmes. Alors...

Les coups frappés à la porte, un sourire contrit et innocent, aucune méfiance de sa part. Comment aurait-elle su ?

- Alors je l'ai laissée entrer, finit Irina quasiment dans un murmure.
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Jason Calder ~ 27 ans ~ Frère de Roy, Irina et Adrian

Comme il fallait s'y attendre, Roy ne montra aucune marque de culpabilité. Au contraire, il le saisit par le col prêt à lui rendre son coup. Ce qui énerva davantage Jason qui faisait déjà de gros effort pour ne pas jeter son frère dehors après lui avoir refait le portrait. Il posa les mains sur les avants-bras de son frère pour lui faire lâcher prise. Et si cela ne suffisait pas, il était prêt à utiliser d'autres méthodes beaucoup plus déloyales. Toutefois, il n'eut pas besoin d'avoir recourt à de telles méthodes puisque Adrian s'empressa de s'approcher d'eux pour les éloigner l'un de l'autre. Il jeta un dernier regard haineux à Roy avant de s'éloigner de lui de quelques pas.

Il jeta un regard désolé à Irina. Il s'était comporté comme un idiot. Il avait agi sans réfléchir, sautant sur son frangin avant de lui demander la moindre explication. Mais il était tellement en colère. Cette fille qui avait attaqué sa petite soeur, elle connaissait Roy. Tout ça, c'était sa faute à lui. Ses poings se serrèrent à nouveau avant qu'il ne se force à inspirer profondément pour retrouver son calme. Cela ne servait à rien de s'énerver. Il devait juste réfléchir de façon intelligente. Frapper Roy ne résoudrait rien. Même si ça lui avait fait beaucoup de bien de pouvoir se défouler sur lui.

Il fut tiré de ses pensées par la voix d'Irina. Ce qui le fit immédiatement s'approcher d'elle. Il se figea un instant alors que sa sœur semblait chercher ses mots. Il n'osait imaginer ce qu'elle avait vécu pour laisser dans cet état. Il posa sa main sur la sienne pour essayer tant bien que mal de la réconforter. Il aurait tellement voulu pouvoir faire plus pour elle. Il ne pouvait que compatir à ses souffrances et se montrer présent pour elle. Mais il avait l'impression que ça ne suffisait pas. Irina serait toujours hanté par la soirée qu'elle avait vécu à cause d'une amie de Roy. A cause de cette June. Une infinie tristesse s'empara de lui alors qu'il serrait un plus la main de sa soeur dans la sienne.

Il posa ensuite son regard sur Roy et se durcit. Une amie de Roy qui s'inquiétait pour lui, hein ? La colère déforma une nouvelle fois son regard avant qu'il ne se ressaisisse. Mieux valait qu'il reste auprès du lit, loin de son aîné. Il n'était pas certain de pouvoir refréner les élans de violence qui montait en lui lorsque ses yeux se posaient sur sa petite personne. Il se redressa légèrement comme pour mettre davantage en évidence la différence de taille qui existait entre les deux frères et s'obligea à lui parler de façon poser sans énervement ni agacement. Toutefois, il ne put retenir une certaine froideur dans sa voix. Mais il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Il faisait déjà de gros efforts.

"Tu la connais ? Cette... June, il cracha presque le nom. C'est ton amie ? Pourquoi a-t-elle fait ça ? Qu'est-ce que tu lui as fait ? Qu'est-ce que t'as encore fait pour qu'on en arrive là ?"

Parce que finalement, c'était ça. Qu'est-ce que Roy avait encore provoqué ? Inévitablement, tout leurs ennuis étaient causés par l'aîné de la fratrie.
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Une de ses amies ? Comment cela, une de ses amies ? Roy resta un instant hébété, à ne pas savoir quoi répondre à Adrian, à chercher dans sa mémoire quel genre d’ami aurait pu faire ça à sa soeur, ce qui n’était pas chose aisée à déterminer. Après tout, ses ennemis étaient nombreux. Mais Roy prenait grand soin à cloisonner sa vie privée, dans la Voie. Cet agresseur devait le connaître personnellement pour avoir su avec précision comment l’atteindre. Il aurait pu choisir l’un de ses amis, à Bristol, il en avait beaucoup, il n’en faisait pas un secret, les cibles étaient plus simples à atteindre. Qu’il soit allé jusque chercher sa soeur prouvait qu’il le connaissait depuis un certain temps, ou alors, qu’il avait pris le temps de se renseigner bien en amont.

Trop occupé à intégrer ce que cette information impliquait, Roy ne fit aucun geste en sentant Jason s’éloigner. Il posa un regard troublé sur Irina, comme s’il craignait ce qu’elle allait dire. Comme s’il espérait qu’elle allait démentir. Lui avait-on vraiment fait du mal pour l’atteindre lui ? Etait-ce vraiment de sa faute, comme l’accusait Jason ? Il retint sa respiration, alors qu’elle prenait enfin la parole, et de l’inquiétude, son expression passa très vite à l’effarement.

June. C’était June. C’était cette sale garce qui lui avait promis vengeance quelques mois plus tôt, et qu’il n’avait visiblement pas assez prise au sérieux. Les quelques phrases de récit de sa soeur étaient littéralement en train de lui déchirer le coeur, car même avec si peu, il imaginait parfaitement la scène. Il voyait très bien Irina ouvrir la porte à une jeune femme qui paraissait inoffensive et avenante, qui lui annonçait connaitre son frère. Il la voyait la laisser entrer en s’inquiétant pour son aîné dont elle n’avait jamais de nouvelle. Il voyait June révéler ses véritables intentions après avoir endormi la méfiance de sa soeur, et pointer sa baguette sur elle avec ce sourire impertinent aux relents sadiques dont elle avait le secret. Il la voyait tirer tout un plaisir malsain de lui faire du mal, parce que ce faisant, c’était à lui qu’elle s’en prenait. Elle savait ce que représentait Irina pour Roy. Il ne savait même plus ce qu’il avait pu lui dire, du temps où ils étaient ensemble. C’était bien possible qu’il lui ai parlé de sa petite soeur, la prunelle de ses yeux. C’était possible aussi qu’elle se soit renseignée, au cours de ces derniers mois. Cela ne changeait rien, au fond.

C’était sa faute, par Merlin. Entièrement sa faute. Et le ton brisé de sa soeur achevait de resserrer l’étau de la culpabilité sur lui, jusqu’à l’étouffer complètement. Jamais on n’avait vu Roy aussi livide.

« Non… »

Ce fut le premier mot qui franchit les lèvres du jeune homme, comme un murmure, car ce n’était tout bonnement pas possible. Cela n’avait pas pu arriver. Il avait fait en sorte que cela n’arrive pas. Il avait fait surveiller June depuis leur dernière rencontre. Il avait fait en sorte de lui bloquer ses soutiens dans la Voie, au cas où elle voudrait préparer un mauvais coup. Elle avait réussi à faire libérer Kal, puis elle avait disparu de la circulation, on ne la voyait presque plus dans leur antre, alors il avait cru qu’il avait réussi à l’intimider. Rien n’avait laissé deviner qu’elle fomentait quoique ce soit. Rien, sinon, Roy aurait été tenu au courant, il avait des hommes partout, des contacts à tous les coins de rue à Bristol, des informateurs infiltrés là où on ne soupçonnait rien… Alors comment ?

Roy enfouit brièvement son visage entre ses mains, alors qu’il se mettait à arpenter la pièce, avec sa tête qui fourmillait littéralement, à essayer de comprendre où il avait fait une erreur. Quel détail lui avait échappé. Comment diable cette femme avait osé.

« Comment elle a pu, cette sale… »

Des insultes à son égard, il en avait, et pas des moindres, mais rien ne sortit. Rien n’était assez fort. La voix de son frère interrompit le fil de ses pensées. Jason pouvait le regarder avec toute la froideur et l’accusation dont il était capable, Roy était déjà profondément atteint, profondément coupable, ce qui se lisait dans son expression. Hagard, il ne répondit pas tout de suite aux questions dont le pressait son frère.

« Je… Ce n’est pas mon amie. »

Au cas où ce n’était pas déjà une évidence, mais Roy s’était senti obligé de rectifier cette information, qui à cet instant, lui semblait être la pire insulte au monde. La suite de sa réponse ne sortit pas. Pas parce qu’il ne savait pas quoi dire. Mais parce que la simple idée d’évoquer ses conflits avec cette garce lui donnait envie de tout casser. Au milieu de l’horreur, de l’incompréhension, de la culpabilité, sa colère était en train de lui remonter à la gorge comme un venin qui n’allait pas tarder à se répandre dans tous ses membres, qui tremblaient déjà légèrement. Roy se força à retrouver son calme, alors qu’il faisait quelques pas vers sa soeur, de l’autre côté du lit, celui que Jason n’occupait pas. Il prit place sur un coin du matelas, saisit doucement le visage d’Irina entre ses mains pour la forcer à le regarder. La dureté de ses traits laissa aussitôt place à une mine affectée, alors qu’il essayait de lire dans l’expression de sa soeur. Ils s'étaient toujours beaucoup ressemblé, tous les deux. Elle était comme lui, sur ce point-là, à tout faire pour cacher son malaise et ses faiblesses, lorsque les choses n’allaient pas. Elle était déjà courageuse de ne pas s’être laissée aller aux larmes.

« Qu’est-ce qu’elle t’a fait exactement ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? »

Il avait besoin de savoir. Ce serait sûrement difficile pour Irina de raconter, c’est pourquoi il essayait de lui transmettre toute la douceur et le soutien dont il était capable dans le regard qu’il vrillait sur elle, alors qu’il mourait en vérité d’envie d’exploser, ce qui devait se sentir dans la façon dont le reste de son corps se crispait. Mais laisser éclater sa fureur n’était sûrement pas la bonne méthode pour que sa soeur accepte de parler d’un traumatisme encore trop vif. Il avait besoin de savoir comment les choses s’étaient passées, afin de savoir comment réagir. June lui avait-elle donné un avertissement ? L’avait-elle menacée avant de prendre la fuite ? L’avait-elle chargée de transmettre un message à Roy ? Ou s’était-elle contentée d’exécuter son méfait sans rien dire, avec pour seul message à son adresse, cette entaille qui striait la joue de sa soeur ? Roy passa le pouce sur cette coupure qu’il ne voulait plus voir. Quelque chose le retenait encore de répondre aux questions de Jason, de tout expliquer à ses frères et soeurs. Mais si Irina voulait qu’il lui raconte tout, alors il le ferait, cette fois. Il ferait tout ce qu’il pourrait pour elle. Il lèverait le voile sur ses non-dits, si elle avait besoin de comprendre. Il se tairait si elle préférait ne pas savoir. Il disparaîtrait si elle lui en voulait trop fort et refusait de lui parler, même s’il espérait que cela ne soit pas le cas. Il ne savait pas s’il serait capable d’encaisser la rancoeur d’Irina, en plus de celle de Jason, en plus de sa propre colère envers lui-même…

Oui, à cet instant, Roy se sentait profondément minable.



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Irina Calder, 22 ans

Irina serra la main chaude de Jason dans la sienne, glacée, tandis qu'elle peinait à terminer sa phrase. Chaque mot lui brûlait la bouche et c'était comme si elle revivait ce qui venait d'arriver alors qu'elle voulait juste oublier. Oublier, s'endormir pour ne plus penser, pour ne plus rien sentir et tout enfouir au fond de son esprit pour ne plus jamais y penser. Continuer à avancer, malgré tout, parce qu'il le fallait et parce qu'elle n'avait pas le choix mais ne plus jamais y penser. Irina ne laisserait pas ce qui venait d'arriver la définir. Elle ne serait pas une victime, un de ces patients brisés qui erraient dans les couloirs de l'hôpital. C'était arrivé aujourd'hui et demain, cela serait fini, elle s'en faisait la promesse à elle-même.

Elle ne releva pas la tête lorsque Jason s'emporta contre Roy, l'accusant d'être à l'origine de tout cela. Elle n'avait pas la force d'arbitrer ses frères, elle avait même l'impression de les entendre de très loin, le regard toujours rivé sur sa couverture. C'était presque dans un rêve, quand on y pensait bien, un cauchemar, elle avait l'esprit embrumé par les potions, les membres engourdis par le sortilèges et s'il n'y avait pas cette coupure sur sa joue qui la lançait continuellement, elle aurait presque pu penser que ce n'était jamais arrivé. Elle aurait aimé pouvoir penser que ce n'était jamais arrivé. Elle entendit la négation de Roy et ne chercha même pas à répéter ce qu'elle avait dit tandis qu'elle l'entendait arpenter la pièce, jurant que June n'était pas son amie. Elle le savait, elle l'avait compris au moment où cette dernière avait refermé la main sur sa baguette magique et pourtant, cela lui fit du bien de l'entendre, sans qu'elle ne sache pourquoi. Elle aurait pu rester de longues minutes ainsi installée, sans regarder ses frères, quand elle sentit les mains de Roy se refermer doucement autour de son visage, la forçant ainsi à le regarder. Devant le regard peiné de son frère, elle papillonna des paupières pour ne pas laisser ses yeux s'embuer par les larmes. Elle ne pleurerait pas.

Irina était une fille élevée au milieu de garçons, elle avait appris à être solide et à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Elle avait dû se faire sa place au milieu de ses frères envahissants et cela passait aussi dans le fait d'être aussi solide qu'eux alors non, elle n'était pas le genre de personne qui pleurait, déjà quand elle était enfant. Alors que ses cousines Rosebury éclataient en sanglots au moindre chahutage de la part des garçons Calder, Irina ne se laissait pas faire. Aujourd'hui encore, elle ne pleurerait pas. Parce qu'elle ne voulait pas laisser apparaître à quel point tout cela l'avait marquée, elle ne voulait pas montrer à quel point cela n'allait pas et surtout, elle ne voulait pas que ses frères s'inquiètent plus qu'ils ne le faisaient déjà. Qu'ils soupçonnent, qu'ils se doutent mais elle ne voulait pas qu'ils sachent, elle voulait leur épargner ces images tandis qu'elle essayait elle-même de les chasser de son esprit. Alors quand Roy lui demanda ce qui s'était passé exactement, le premier réflexe d'Irina fut de secouer la tête, incapable d'ouvrir la bouche. Mais devant le regard intense de son frère, elle sentit quelque chose se tordre dans sa poitrine. Pourquoi avait-elle le sentiment que c'était maintenant ou jamais ? Pourquoi avait-elle l'impression que cela faisait des années qu'elle n'avait pas été si proche de son frère, qu'il n'avait jamais été autant à sa portée que maintenant ? Si elle se taisait maintenant, Irina ne retrouverait jamais ça, elle le savait parfaitement. Alors elle parla. Difficilement, doucement, d'une voix un peu cassée et un peu rauque, butant sur chaque mot et chaque terme mais elle parla. Parce que c'était maintenant ou jamais, autant pour Roy que pour elle.

- Elle... Elle a dit que tu te mêlais de ce qui ne te regardait pas. Que tu tu touchais à ce qu'il ne fallait pas et... Que tu avais besoin d'une bonne leçon.

Elle déglutit difficilement et inspira profondément, fermant les yeux l'espace d'un instant avant de reprendre, se raccrochant au regard de son grand frère comme un naufragé à sa bouée.

- Que tu m'aimais tellement que tu ne comprendrais que comme ça, murmura-t-elle. Et... Et je l'ai suppliée mais... Elle n'a pas voulu m'entendre et elle a... L'endoloris.

Sa voix se brisa définitivement sur les derniers mots et cette fois-ci, elle se tut, incapable d'en dire plus. C'était fini désormais. C'était terminé.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1891

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La réponse aurait difficilement pu être plus terrible. Ce fut comme si les mots de sa soeur lui comprimait le coeur, et son dernier mot soufflé, le coup de grâce. Roy se sentait comme s’il s’était trompé d’endroit, comme si ce qui arrivait ne pouvait pas s’être produit, c’était impossible, c’était un cauchemar. Et pourtant, l’expression figée d’Irina était douloureusement réelle. Pourquoi ? Pourquoi elle ? De toutes les personnes auxquelles June aurait pu s’en prendre, pourquoi sa petite soeur ? Le raisonnement de la mercenaire était pourtant très simple à suivre, elle avait choisi de s’attaquer à l’une des personnes les plus chères à son coeur, c’était ce que n’importe quel ennemi un peu sensé aurait fait. Mais ce raisonnement dépassait complètement Roy à cet instant. Personne n’avait le droit de s’en prendre à Irina, quelque soit les raisons, les circonstances, le motif, il ne voulait même pas savoir. Et c’était lui qui touchait à ce qu’il ne fallait pas ? June n’avait même pas idée de ce qu’elle venait de provoquer, dans toute son arrogance. Une leçon ? Mais pour qui se prenait t-elle ?

L’indignation et la fureur de Roy furent balayées par la peine qu’il ressentit dès que la voix de sa soeur se brisa, à la fin de sa réplique. Sa main vint appliquer une pression sur la nuque d’Irina, pour l’attirer contre lui. De ses deux bras, il serra avec force, presque autant pour étouffer la peine de sa soeur que pour y enfouir son propre désarroi. L’Endoloris. Merlin, elle avait subi ce sortilège abominable qui aurait pu le rendre fou, lui, la seule fois où il en avait encaissé un. Elle s’était tordue de douleur par sa faute, parce que c’était lui qu’on cherchait à blesser. L’Endoloris. A cause de lui.

« Pardon, Irina. Pardon… »

Seule sa soeur dut entendre ces mots à peine murmurés de Roy, qui finit par s’écarter d’elle. Il n’avait rien de plus à lui dire. Il était tellement désolé. Il aurait dû prendre plus de précautions pour éviter de telles retombées. Lui qui avait toujours cru que prendre ses distances avec sa famille et ne jamais parler d’eux les protègerait de ce qu’il pouvait faire à l’extérieur tombait maintenant de haut : il y aurait toujours des ennemis déterminés comme June prêts à déterrer ce qu’il camouflait. Posant brièvement sa main sur la joue d’Irina, Roy parla avec une douceur qui ne disait rien de l’orage qui commençait à gronder en lui et qu’il savait qu’il ne pourrait pas contenir bien longtemps…

« Je te promets que je vais arranger ça. Je repasserai, repose-toi bien. »

Evitant les regards de ses frères, Roy récupéra ses affaires pour sortir, des idées bien précises en tête. Il allait le lui faire payer, très chèrement. Il allait lui faire payer pour le choc et l'angoisse qu’il lisait dans les prunelles de sa soeur, pour cette cicatrice sur sa joue, pour ce traumatisme dont elle ne voulait pas parler, mais qui se percevait derrière sa voix tremblante. Il allait le lui faire payer tellement fort, qu’il s’assurerait au passage qu’elle ne soit plus jamais apte à s’en prendre à lui ou l’un de ses proches. Et cela ne signifiait qu’une chose, pour laquelle Roy ne voulait pas de témoins, et surtout pas de sa famille…

Alors quand Jason et Adrian le rattrapèrent dans le couloir, leur discussion fut très animée, mais Roy ne céda pas un pouce de terrain. Peu importait les violents reproches de Jason, peu importait l’envie d’en découdre d’Adrian : c’était à lui de régler cette sombre histoire, il était hors de question que l’un de ses frères s’ajoutent à la liste des victimes.

FIN DU RP



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Breaking Point [Irina, Jason, Adrian, Roy]

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