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 [Salamandre] ¡No pasarán!

MerlinCompte fondateuravatar
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:28, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
8 décembre 2008

L'hiver tombait doucement mais sûrement sur le Royaume-Uni, tandis qu'une véritable dictature commençait à s'installer. Marchebank avait travaillé vite et bien, pourrait-on dire. Chloé ne l'avait pas vu venir - pourtant, ça n'était pas faute d'avoir été prévenue. Clarissa avait agité le drapeau rouge dès le rétablissement de la peine de mort et la publication du nouveau programme pour Nimbus. Mais il fallait dire qu'aux yeux de Chloé, son amie avait toutes les raisons du monde de se méfier de Marchebank. L'emprisonnement de son mari, la confiscation de l'entreprise familiale et la politique anti Sang-Purs ne pouvaient pas l'inciter à la tolérance. L'ancienne enseignante avait considéré que Clarissa n'était pas objective, que Marchebank se montrait simplement démagogue, mais qu'il réaliserait vite qu'il allait trop loin.

C'était naïf, elle le réalisait à présent. Le nouveau ministre s'était transformé en despote assoiffé de pouvoir. Il venait d'installer la censure, restreignait les libertés, emprisonnait les gens pour des délis mineurs - qui parfois n'en étaient même pas. Sa milice, soit disant outil de collaboration entre services, n'était qu'un prétexte pour pouvoir s'affranchir des règles éthiques et juridiques qui restreignait les forces de l'ordre traditionnelles. Et Chloé préférait ne penser ni à l'île de Skye, ni aux rumeurs sur le type de personnes que le ministre pouvait croiser aux Folies Sorcières.

La décision de rappeler la Salamandre était presque venue naturellement. A mesure que la tension montait dans le pays, ces anciens résistants avaient réveillé leurs contacts. Chloé n'en connaissait pas beaucoup par leur véritable identité, excepté Scarlett, Clarissa et Eileen. Durant la deuxième guerre, le réseau avait cultivé le secret et ses membres se désignaient par des pseudos et usaient de métamorphose à outrance. Aujourd'hui encore, ceux qui avaient atteint Chloé utilisaient son surnom de l'époque: Vivian. Elle avait décidé de le garder.

Chloé n'avait pas voulu de la tête de la Salamandre, mais les anciens dirigeants avaient été impossibles à trouver. Clarissa, qui, elle, n'avait aucun problème avec ça, puis Scarlett à sa façon insidieuses, avaient pourtant réussi à la convaincre qu'elle était la mieux placée pour diriger les opérations depuis le sol britannique: si Clarissa avait les ressources, Chloé avait les sources. Sa position était précieuse. La directrice des Mystères s'était laissée convaincre facilement. Même si le pouvoir ne l'attirait pas particulièrement, elle s'était prise au jeu de la politique, et elle était plus mûre qu'en 1996. Elle était une femme accomplie, plus une jeune mère à peine sortie de l'école. Elle aurait aimé avoir des ordres à suivre pour se dédouaner s'il arrivait quelque chose à Peter et à ses filles, mais elle devait regarder les choses en face: elle ne pouvait pas.

Chloé jeta un oeil à l'horloge de la Salle-sur-Demande. Vingt-trois heures vingt, plus que trois minutes. Elle s'y était réfugiée pour la réunion. La première réunion, ce moment crucial qui ne pouvait être perturbé L'école devait dormir à cette heure. Il fallait juste espérer qu'aucun élève ne viendrait violer le couvre-feu à cet endroit. Elle avait beau avoir formulé son souhait très précisément, avec une demande express de solitude, le château restait capricieux.

Vingt-trois heures vingt-trois. C'était l'heure. Assise sur un petit canapé, Chloé murmura "Et orientur lux mundi" en pointant une chandelle posée parmi d'autres sur le chandelier du mur. A première vue, elle n'avait rien de spécial. C'était pourtant elle qui déclenchait le sortilège, et Chloé l'avait soigneusement dissimulée dans un endroit anodin. La flamme était magique: seul une incantation pouvait l'éteindre, mais alors elle ferait tout éclater, et tous se retrouveraient projetés dans la Salle-sur-Demande. Aussi, il était important que si quelqu'un vienne à troubler son sommeil, il ne remarque pas la porte d'entrée de Brocéliande.

Brocéliande, c'est là que l'esprit de Chloé se retrouva projeté lorsqu'elle eu prononcé la formule. Après une sensation très proche de celle que provoquait un portoloin, elle se matérialisa devant un miroir, dans une petite pièce en pierre grise, une chandelle identique à la main. D'un geste sûr, elle posa la chandelle sur l'un des portes chandeliers disponibles et la grava d'un V. Lorsqu'elle voudrait quitter Brocéliande, elle n'aurait qu'à l'éteindre d'un Nox. Puis la femme reporta son regard sur le miroir, et, songeant à l'apparence qu'elle voulait prendre, le traversa.

Elle émergea dans une clairière rassurante, couverte d'un tapis de mousse, et, pour le moment, vide. Plus pour longtemps, elle le savait. Au moment où elle avait lancé l'incantation, les autres bougies liées à la sienne avaient du commencer à luir. Chaque sorcier n'avait alors eu qu'à pointer leur baguette en murmurant "Respondeo" pour se retrouver seul - ou à plusieurs, si plusieurs utilisaient la même bougie - devant le miroir et la longue rangée de chandeliers, qui se remplirait à mesure des arrivées.

Brocéliande était une invention des Mystères, un prototype oublié depuis la première guerre. C'était Marcus qui l'avait apporté à Chloé lorsqu'elle cherchait un moyen de rallier les résistants. A l'origine simple projection psychique de plusieurs esprits en un même lieu aphysique, Marcus et Eileen l'avait transformé en véritable place forte. Ils avaient créé de toutes pièces le vestibule de pierre, destiné à protéger l'identité des personnes qui pénétraient à Brocéliande. Si par hasard quelqu'un ne songeait pas à une apprence déterminée en traversant le miroir, celui-ci lui en attribuait une aléatoire - qu'il conservait pour toutes les fois suivantes. Les chandelles avaient circulé sous le manteau, et Chloé n'avait aucune idée du nombre de personnes qui seraient présentes ce soir. Elle savait aussi qu'il y aurait probablement des gens peu fiables, aussi Clarissa et elles avaient répandu la rumeur que les bougies étaient des portoloins. Il faudrait faire un tri parmi les répondants avant de pouvoir leur faire confiance. Ces chandelles se consumeraient vite et la seconde génération serait distribuée avec plus d'attention.

Chloé porta sa main à son visage, perturbée par sa nouvelle apparence. Mais c'était sans aucun doute la meilleure couverture. De plus, sa grande taille et son visage austère lui donnaient une raison d'être aussi autoritaire qu'au naturel sans que cela ne rappelle trop sa véritable personnalité. Elles avaient convenu que pour protéger son identité, Chloé aurait deux noms, l'un en temps que membre et l'autre en temps que chef. Soudain, Chloé entendit des pas et vit une petite silhouette émerger des arbres.

"Astra?" demanda-t-elle, certaine de la réponse.
"Heaven", répondit Clarissa sous son masque.

Elles n'eurent pas le temps d'en dire plus. Les bruits de pas se faisaient de plus en plus nombreux, et l'assemblée pénétrait dans la clairière de Brocéliande. Mais ce n'était pas important. Elles savaient ce qu'elles avaient à faire. Elles montèrent d'un même mouvement sur une souche et, après avoir attendu que le flot d'arrivée se tarisse, Chloé pris la parole, une boule au ventre.

"Bienvenus à tous" dit-elle sans prononcer le nom de l'endroit où ils se trouvaient. "J'espère que le voyage n'a pas été désagréable et que nos mesures de sécurité ne vous perturbent pas trop." Elle fit une pause, se permettant un sourire. "Tout d'abor, nous vous demanderons de ne jamais utiliser de noms lors de nos réunions. Vous pouvez donc m'appeler Heaven, et voici Astra." Elle désigna poliment Clarissa. "J'espère que vous comprendrez cette précaution. Si vous êtes ici, c'est que vous avez conscience du danger que représente le régime Marchebank. Que cela vous inquiète, que vous ne pouvez pas rester sans rien faire."

Elle se détendait à mesure qu'elle parlait. Ca n'était pas plus difficile que de faire cours, finalement. Clarissa - ou plutôt Astra - enchaîna.

"Le Royaume-Uni a besoin de nous. Il faut des gens pour lutter contre les abus de pouvoirs du gouvernement. Il faut des personnes qui osent dénoncer, qui osent aider. Nous avons besoin de vous, de votre volonté et de vos compétences. Nous ne vous demandons pas de vous battre sur tous les fronts. Simplement de nous aider dans la mesure de vos moyens."

La femme et l'homme se turent, attendant les premières réactions de leur auditoire.
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Scarlett Parkinson
Employée du Réseau de Cheminettes - Membre de la Salamandre


Scarlett observait du coin de l’œil Irving qui venait tout juste de troquer son bleu de travail pour son blouson. La réunion avait lieu ce soir et si elle voulait le recruter, c’était maintenant ou jamais. Elle avait longuement hésité mais elle devait se rendre à l’évidence : Elle avait besoin de lui dans la Salamandre. Non pas pour ses aptitudes ou ses compétences –il était vraiment un piètre sorcier- mais simplement parce qu’il était son binôme et que si elle voulait œuvrer pleinement pour la résistance durant son temps de travail elle était quasiment obligé de l’enrôler. En effet, elle ne pourrait pas chercher des planques et relier de nouvelles cheminées au réseau illégalement sans éveiller ses soupçons. Elle devait le rallier à sa cause. Il ne serait pas très difficile à convaincre, elle le savait puisqu’il avait assisté à la veille politique de la Cité Nimbus, mais elle n’était pas sûre d’en avoir envie. Il n’avait pas vraiment l’étoffe d’un résistant avec sa naïveté et son empathie exacerbée qui frôlait parfois, voir même souvent,  la bêtise.

Pourtant, il l’avait étonné, une fois, le jour du bouclage de Bristol. Cette nuit là, elle l’avait surpris en train de rouvrir une cheminée qu’elle venait tout juste de fermer. Il avait affirmé avoir débloqué le conduit parce qu’il avait entendu du bruit et qu’il avait peur que quelqu’un soit resté coincé mais Scarlett avait toujours émit des doutes face à cette version. En effet, elle était certaine d’avoir vérifié le sous-terrain avant de le fermer mais, faute de preuve, elle avait laissé le bénéfice du doute à son binôme, non sans avoir bouclé l’âtre une seconde fois avant de partir. Elle ne savait pas s’il avait réellement voulu laisser une cheminée ouverte à son insu mais l’idée lui plaisait. Certes, il s’y était prit comme un bourssouflet et il se serait forcément fait confondre par Calder au final si elle ne l’avait pas remarqué avant, mais cela prouvait qu’il était capable de faire fi des règles s’il les jugeait injustes. Cette propension à défier l’autorité était indispensable à l’activité de résistance mais elle devait forcément être associée à l’intelligence et à la ruse, deux qualités qui faisaient cruellement défaut à Irving, du moins de son point de vue.

Scarlett soupira. Cette mission de recrutement allait la rendre folle même si elle s’était spontanément proposée pour la distribution des bougies de la première réunion. Chloé avait prit ses responsabilités en acceptant la co-direction de  l’organisation avec Clarissa et Scarlett avait tout naturellement endossé le rôle ingrat et dangereux de rabatteuse avec deux autres anciens de l’organisation.   Elle avait distribué une dizaine de bougies depuis le début de la semaine sans révéler l’identité des lauréats à ses chefs. Pour certains, cela avait été très simple : Trevor McGuinness, diplomate au sein du  département de la coopération magique internationale s’était imposé tout naturellement. Elle l’avait recruté lors de la première guerre pour la Salamandre et depuis, ils étaient restés en contact. Avec Chloé, ils étaient les deux seuls agents appartenant au gouvernement. Même si Trévor avait un poste moins haut placé que sa consœur, il était tout aussi essentiel à l’organisation.
Scarlett avait également donné quatre bougies à Beryl Rossum, la responsable du service pédiatrie de St-Mangouste avec pour mission de recruter trois infirmières, médicomages ou employés lambda de l’hôpital magique assez dignes de confiance pour intégrer leur rang.
Enfin l’ancienne Serpentard avait également sollicité Angus Brown, ancien chroniqueur et journaliste pour la RITM afin qu’il l’aide à trouver du sang neuf  parmi ses connaissances.

Toutefois, Scarlett devait se rendre à l’évidence : la moyenne d’âge de ses recrues était dans la cinquantaine et la Salamandre avait besoin du dynamisme et du culot de la jeunesse. C’était le vivier idéal pour recruter, elle le savait, et son binôme lui permettrait peut-être d’approcher quelques bons éléments, comme ce M. Dabroski qui travaillait aux Portoloins…

« Irving ? » lança-t-elle subitement en reléguant ses doutes au second plan.
L’ancien gryffondor leva le nez de ses lacets qu’il était en train de nouer.
« Hum ? »
-J’aimerais te parler.

Scarlett jeta un sortilège d’insonorisation à la porte du vestiaire et s’assura d’un enchantement qu’ils étaient bien seuls.

-Qu’est ce qui se passe ? s’enquit Irving en se redressant.
-La dernière fois, à Bristol, tu voulais laisser une cheminée ouverte n’est-ce pas ?
Irving leva les paumes vers le ciel et soupira.
-J’vous l’ai expliqué dix fois. J’ai entendu du bruit ! J’ai juste appliqué la procédure qui veut que quand on a un doute, on vérifie !
Ignorant sa réponse Scarlett poursuivit :
-Pourquoi étais-tu à la réunion de la veille politique à la Cité Nimbus ?
- Je n’y étais pas, souffla-t-il, le visage fermé.

Bien sûr il avait tout intérêt à nier. Cette veille avait été présentée dans la presse comme une réunion de terroristes voulant anéantir l’équilibre politique de l’Angleterre !

-Si tu y étais. Avec ton ami polonais. Vous étiez au fond contre le mur. Je vous ai vu.

Scarlett s’était soigneusement grimée pour assister à cette assemblée, soucieuse de ne pas anéantir sa couverture de « Mamie pro-Marchebank » , et elle n’avait pas perdu une miette des échanges de la soirée, jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.

Elle observait maintenant Irving blêmir. Il se demandait très certainement si elle était une sorte de taupe qui les avait vendus à la Milice. Devant son silence prudent, Scarlett esquissa un petit rire : Il risquait gros en approuvant de tel propos, surtout qu’elle était connue pour être une fervente admiratrice de leur Ministre aussi elle reprit :

-Tu veux changer les choses n’est-ce-pas ? Moi aussi. Même si je suis plus discrète que toi pour le faire… Si je n’étais pas dans ton camps, reprit-elle,  je t’aurais déjà dénoncé à la Milice et je ne m’embêterais pas à te donner …ça.

Elle tendit deux bougies entre eux et ajouta :

- Si tu veux te rendre utile tu peux choisir de nous rejoindre, ce soir, quand la bougie s’illuminera. Tu es libre de répondre à notre appel. Je ne te force pas la main. »

Elle ne lui en dirait pas plus. S’il voulait venir, il devrait faire fonctionner sa matière grise.

« La deuxième bougie est pour ton ami Klemens. Donne-lui-la s’il te plait. »

Elle attrapa la main libre d’Irving et déposa littéralement  les deux chandelles dans sa main.

« A ce soir. Du moins je l’espère. »




***


Foulant la mousse fraiche d’une démarche légère, le petit garçon prit son élan et sauta pour s’accrocher à une branche d’arbre.  Suspendu plusieurs centimètres au dessus du sol, il agita les jambes pour se balancer légèrement avant de se laisser tomber plusieurs mètres plus loin en roulant par terre au pied d’un homme et d’une femme à l’allure austère…

« Astra. Heaven, Ravie de vous retrouver… »
souffla Scarlett  les bras en croix, couchée à même la mousse. Elle se leva d’un bond et épousseta son pantalon.

Merlin, qu’il était bon de retrouver sa souplesse d’antant ! Elle qui, aujourd’hui, avait tant de mal à sortir simplement de son bain, elle devait avouer qu’elle ressentait un plaisir enfantin à gambader comme un gamin dans la clairière de Brocéliande. La peau du petit Gauvain, son identité secrète, était juste parfaite, songea-t-elle en se hissant sur une branche d’arbre, juste à côté d’Heaven.

« J’ose espérer que ma force de persuasion est toujours aussi efficace… » ajouta-t-elle en posant son menton sur ces genoux, pressée que les premières recrues fassent leur entrée. Quelques minutes plus tard, la clairière était bondée. Il y avait là plus de sorciers et de sorcières que de bougies distribuées signe que certains étaient venus en groupe. Il faudrait très certainement faire le tri parmi toutes ces personnes mais le vivier semblait prometteur. Satisfaite, elle reporta son attention sur l’assemblée et écouta le premier intervenant réagir après l’intervention de Clarissa et Chloé :

« Bonsoir. Appelez moi, Le Marin. Je peux vous proposer mes services en temps qu’agent de liaison vers l’étranger. Je voyage beaucoup, je peux transmettre des informations, équipements, ressources… Après c’est à voir en fonction de ce que vous avez besoin et surtout de ce que vous compter mettre en place. La personne qui m’a recruté est restée assez vague sur ce point et j’aimerai savoir concrètement ce que vous envisagé.»

Il croisa les bras sur son torse et leva légèrement le menton.  L’échange était amorcé.

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Irving WhitakerAubergisteavatar
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« …et là, elle a attrapé ma main et elle les a déposé dedans en m’disant qu’il y en avait une pour toi et une pour moi… »

Irving haussa les épaules et s’appuya contre le mur. Assis sur son lit, il observait Klemens qui était installé sur un tas de coussin à côté de la table basse où les deux bougies offertes par Scarlett trônaient sur un chandelier.

« Franchement, j’sais pas quoi en penser… j’me d’mande si elle perd pas un peu la tête…. Il croisa ses bras sur son torse et laissa planer quelques secondes de silence avant de reprendre, ….Fin quoi, tu l’as entendu tout comme moi au bar à cirer les pompes de Marchebank. J’vois pas pourquoi elle changerait d’avis d’un seul coup… Sauf…sauf si elle bosse pour la Milice et qu’elle cherche à nous coincer en flagrant délit de complot contre le Ministre. »

Il afficha une moue sceptique et haussa les épaules. Très franchement, il avait lui-même du mal à croire ce qu’il avançait. Certes, Scarlett l’avait surpris en train d’ouvrir une cheminée après le bouclage mais cela ne faisait pas de lui un terroriste ! Il avait juste voulu laisser une chance à ses amis de fuir Bristol en cas de besoin mais son plan avait échoué lorsqu’il s’était fait surprendre par sa binôme.
Sur le coup, il avait franchement cru qu’elle allait le dénoncer à Calder, il avait donc nié en bloc en affirmant qu’il avait entendu du bruit dans le conduit et qu’il avait simplement agit par précaution. Il avait affiché son air le plus benêt –ce n’était pas très difficile- comme lorsqu’il travaillait chez les Moldus et qu’il se faisait passer pour un simple d’esprit (C’était la seule parade qu’il avait trouvé pour expliquer pourquoi il ne savait pas se servir d’un micro-onde). Il pensait sincèrement que son numéro d’imbécile heureux avait fonctionné auprès de Scarlett mais visiblement ce n’était pas le cas : Elle avait deviné ses intentions cachées et elle semblait même partager ses convictions, du moins, c’est ce qu’elle affirmait.

« Si elle avait été à la réunion d’la Cité on l’aurait vu… » souffla Irving pour lui-même en se remémorant les personnes présentes à cette assemblée qui s’était soldée par une intervention de la Milice.

Les deux Nimbusiens avaient réussi à fuir sans se faire arrêter mais depuis Irving était nettement plus prudent quand il s’agissait de défendre son point de vue. Il était clair dorénavant que le  Ministre ne tolérait aucune remarque sur sa politique et qu’il ne reculerait devant rien pour asseoir son autorité. Brimer la population, enfermer les réfractaires,… Voila ce qui se passait tous les jours dans leur pays, sous leurs yeux, et pourtant la vie continuait comme si de rien n’était. C’était ça la force de Marchebank:  Il contentait une frange de la population qui acceptait de fermer les yeux sur ses dérives. Ceux qui avaient la force de s’élever contre les injustices, il les faisait taire, à l’instar de Rufus, le syndicaliste de la FOSSE, qui avait littéralement disparu depuis son arrestation lors de la Veille Politique. C’était écœurant et Irving était scandalisé par cette manière de faire. Cela avait commencé par le projet Cosmos qui leur avait été imposé, puis par l’obtention des pleins pouvoirs et le bouclage de Bristol et maintenant les rafles au sein même de la population. Où Marchebank allait-il s’arrêter ? Devaient-ils tolérer tout cela ?

Assurément non, mais que faire ?

Scarlett semblait lui apporter la solution sur un plateau d’argent : « changer les choses », « Se rendre utile. ». Ces propos étaient si tentants ! Irving n’avait aucun moyen de savoir si sa binôme était effectivement du côté des mécontents et si elle avait vraiment le pouvoir de changer les choses mais il avait envie d’y croire. Envie d’essayer, au moins. Cela serait toujours mieux que de rester ici, les bras croisés à pester durant des heures entières. Il faisait cela depuis trois mois ! Grogner à propos des aménagements de la Cité, s’offusquer du bouclage, se plaindre des dérives : Il avait assez parlé, maintenant, il devait agir.

Au moment où il arrivait à cette conclusion, les deux bougies s’illuminèrent simultanément. Irving croisa le regard de Klemens avant de s’approcher de la table basse pour observer les deux chandelles.

« Bordel…elles sont enchantées…. » chuchota-t-il comme si elles pouvaient l’entendre.

Il s’assit à même le sol et commença à se ronger les ongles en scrutant les deux flammes vacillantes. Il resta presque une minute, quasiment  immobile, à attendre que quelque chose se passe, en vain. Bon. Manifestement, il devait amorcer la correspondance de lui-même.

« Est-ce que vous m’entendez ? Questionna-t-il timidement.

Il s’agissait peut-être d’une forme élaborée de patronus messager mais personne ne lui répondit.

« Tu penses que c’est des portoloins ? » questionna-t-il finalement à voix basse en se tournant vers Klemens.

Il s’agissait de bougies magiques, assurément, mais Irving n’avait aucune idée de ce qu’il devait faire avec.

« J’crois qu’vais essayer, ajouta-t-il en attrapant sa baguette dans une main, qui ne tente rien n’a rien ! affirma-t-il avec un sourire qu’il voulait assuré alors qu’il n’était pas vraiment sûr de ce qu’il s’apprêtait à faire, souhaites-moi bonne chance… »

Il expira profondément et grimaça quelque peu sous le coup de l’appréhension en saisissant une chandelle de sa main libre. Et là… Rien. Irving haussa les sourcils avant de les froncer :

« Ben allez bordel ! Marche ! » Pesta-t-il en secouant la bougie défectueuse.

Toujours rien.

« Bon j’comprends pas c’qui faut qu’je fasse, bougonna-t-il en la reposant sur la table, Scarlett m’a dit d’répondre mais répondre à quoi !? »

Il croisa les bras dans une attitude boudeuse, passablement vexé d’avoir l’air si stupide devant Klemens avant qu’une idée ne germe dans son esprit. Il pointa alors sa baguette sur la flamme et tenta diverses formules, peu convaincu par ses tentatives :

«  Répondre ! »
«  Je réponds ! »
« Allô ?! »
« Respondeo ! »


Au moment où il s’y attendait le moins, il se sentit aspiré dans un tourbillon et se matérialisa une seconde plus tard dans une pièce en pierre grise, une bougie à la main. Irving resserra sa prise autour de sa baguette et tourna sur lui-même en sentant les pulsations de son cœur s’accélérer. Il n’y avait aucune issue dans cette salle, juste un miroir et quelques chandeliers accrochés au mur. Pendant une fraction de seconde, il se demanda si Scarlett ne l’avait pas piégé -Peut-être était-il directement téléporté dans une cellule d’Azkaban- puis il s’approcha des bougies et remarqua les petites lettres gravées sous chacune d’elle… Un V, un G, un A…
Chaque chandelle devait symboliser une personne se dit-il en observant la sienne encore intacte.   Il décida donc d’inscrire un I –pour Irving- mais la lettre s’effaça instantanément.

« Mais qu’est-ce que je fous ici… » Murmura-t-il en passant une main dans ses cheveux. Il renversa sa tête en arrière contre le mur et expira lentement. Bon. Il devait poser les choses et réfléchir : Il était coincé dans cette petite pièce qui devait surement servir de sas de sécurité ou de filtre avant de rejoindre le lieu réel de la réunion. Scarlett avait semble-t-il prit de sacrées précautions pour ne pas être repérer. Sans doute voulait-elle garder l’emplacement réel secret… Et peut-être pas que l’emplacement d’ailleurs !

Frappé par un éclair de lucidité, Irving parcourut rapidement les bougies des yeux. Aucun S. Scarlett devait utiliser un pseudonyme ! L’ancien Gryffondor esquissa un sourire et grava un D -comme Duke le crapaud de son ami Danny- sur sa propre bougie et cette fois, la lettre resta incrustée. Il déposa sa chandelle contre le mur et s’approcha du miroir persuadé qu’il s’agissait d’un nouveau portoloin. Mais au moment où il posa ses mains sur la glace, il passa au travers de la vitre et se retrouva de l’autre côté du miroir, à l’orée d’une petite clairière accueillante où plusieurs personnes semblaient attendre.

Irving esquissa un pas dans leur direction et s’arrêta tout net. Quelque chose n’allait pas. Il ne se sentait pas comme d’habitude. Il avait l’impression d’être plus grand,  plus gros aussi et plus… noir ! constata-t-il en posant un regard sur ses deux larges mains. Il les plaqua sur son visage et sentit que son apparence entière avait changée. Un frisson lui parcourut le dos lorsqu’il caressa son crane lisse et ses joues rondes même si au fond, cette métamorphose était parfaitement logique : Après le lieu secret et l’identité secrète il était normal qu’ils ne conservent pas leur véritable physique. Irving s’approcha donc d’un pas lourd jusqu’au centre de la clairière et il inclina poliment la tête pour saluer les autres sorciers qu’il dépassait de plusieurs centimètres. Certains semblaient être arrivés ensemble puisqu’ils chuchotaient entre eux mais d’autres attendaient simplement comme lui, seul. Peut-être y avait-il Klemens parmi eux… Impossible de savoir si son ami l’avait suivi.
Irving croisa les bras sur son torse et s’efforça d’apparaitre le plus calme possible. Pourtant, il était loin d’être serein. Il était partagé entre  excitation, inquiétude et nervosité. Il avançait en plein brouillard sans savoir s’il faisait la pire erreur de sa vie ou la chose la plus noble… L’avenir le lui dirait.

"Bienvenus à tous" lança alors l’homme qui semblait avoir organisé cette réunion. Il  s’excusa pour les précautions sécuritaires avant d’évoquer les restrictions du régime Marchebank. Plus il avançait dans ses explications, plus Irving se sentait à sa place ici. Ces gens partageaient ses inquiétudes et ils avaient décidés de ne pas se laisser faire. Certains proposaient même déjà leur service, à l’instar du Marin.

« Excusez-moi, s’exclama alors une jeune femme qui émergea d’un groupe de quatre, je sais que nous devons prendre le temps de nous organiser et de construire un réseau fiable mais il y a des choses urgentes à régler. Je m’explique. »

Elle s’avança en direction d’Heaven et Astra et poursuivit :

« Appelez-moi  Scroutt. Je ne vous ai pas attendu pour entrer en résistance. Vous n’êtes pas sans savoir que le 1er décembre, le gouvernement a organisé une rafle lors de la veille politique à la Cité Nimbus –Enfin devrais-je dire Cosmos- rectifia-t-elle en roulant des yeux.

Cette mimique tira un sursaut à Irving. Cela lui semblait si…familier. Il fit quelque pas pour observer un peu mieux cette mystérieuse Scroutt qui expliquait sa mésaventure :

« Il se trouve que j’étais dans cette ville au moment de la fuite des participants –qui n’avaient rien de terroristes je tiens à le préciser- Parmi eux, il y avait un sympathisant du FMI qui a été lourdement blessé par la Milice mais qui est parvenu à s’enfuir. Je l’ai aidé et soigné et il est actuellement caché chez moi mais son état est très préoccupant.  Il est recherché par les Aurors donc je ne peux pas l’amener à St-Mangouste mais il a besoin de soins complémentaires dans un lieu adapté et médicalisé. Je vis seule, je travaille, je ne peux pas veiller constamment sur lui ni le garder chez moi… Il ne peut pas transplaner, c’est impensable au vu de son état. »

« J’ai peut-être une solution d’acheminement, lâcha alors Irving spontanément.
Il se racla la gorge, passablement perturbé par sa nouvelle voix grave,  et se retint in extremis de passer une main sur son crâne dégarni. Bon. Il devait se lancer maintenant et assumer. S’il était là, s’était bien pour se rendre utile non ?
«  Je suis Duke, reprit-il à l’intention de l’ensemble du groupe avant de reporter son attention sur Scroutt, vous pensez qu’il pourrait supporter d’autres types de transports magiques ? Armoires à disparaitre ? Cheminettes ? Portoloins ? ajouta-t-il en espérant que Klem se manifeste.

Il balaya les participants du regard avant de poser les yeux sur Astra et Heaven, «… le déplacement n’est pas un problème mais après faut savoir où on l’envoie. »


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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klemens observait les bougies depuis presque un quart d'heure maintenant. Il écoutait également le récit d'Irving légèrement perplexe quant à son contenu. Pourquoi Scarlett avait-elle donné deux bougies à Irving ? Une pour chacun d'entre eux. Cela n'avait pas de sens en effet. Surtout lorsque l'on savait que la vieille dame ne cachait pas son affection pour le nouveau régime. Et pourtant... Quelque chose le chiffonnait. Il n'arrivait seulement pas à savoir quoi. Il méditait encore les paroles de son ami lorsqu'il lâcha qu'ils l'auraient forcément vu si elle avait été à la veillée politique de la Cité.

"Hum... pas forcément. Avec toute l'agitation qu'il y a eu et comment ça s'est terminé. Si elle était dans le fond ou dans un coin, on aurait pu ne pas la voir. Et puis, il y avait beaucoup de monde..."

Et c'était sans doute ce qui l'avait sauvé et évité la prison. Le monde qu'il y avait et sa vitesse de réaction. Quoique légèrement ralenti par son inquiétude pour Irving, Shea, son frère Lip et même pour Alexander MacFusty. Il y avait eu beaucoup de monde qu'il connaissait et côtoyait dans cette réunion. Et il n'avait pas bien compris ce qu'il s'était passé. Pourquoi les forces de l'ordre étaient-elles intervenues ? Après tout, ils ne faisaient rien de mal. Il lui avait pourtant semblé que les rassemblements n'étaient pas interdits. Ils ne faisaient que discuter. Rien de plus. Ils mettaient en avant les faiblesses du gouvernement. Mais ce n'était pas illégal. Et là, avec cet agissement, le Ministre mettait bien en évidence que son seul but était d'écraser les libertés individuelles. Et pas seulement en bouclant Bristol mais également en empêchant les gens de se rassembler et de créer un mouvement de foule pour soulever le gouvernement. Pour destituer Leopold Marchebank de son siège doré. Il avait peut-être était élu mais il se transformait en despote en conservant ses pleins pouvoirs. Pleins pouvoirs qu'il n'aurait jamais dû obtenir par ailleurs.

Alors, lorsque Irving se posait la question de savoir si Scarlett pouvait les tromper en espionnant pour la dictature. Car désormais, c'était bien de cela dont il était question. Une dictature dissimulée derrière un ministre qui prônait l'égalité des peuples et qui par derrière leur enlevait toute liberté d'expression. Sous couverture de protection et de comportement terroriste. Et il avait vraiment du mal à voir Scarlett en petit toutou de dictateur. La vieille femme avait plus d'un tour dans son sac. Et cela ne correspondait pas du tout à l'image qu'il se faisait d'elle. Elle semblait si... ouverte d'esprit. Surtout pour une Sang-pur. Il les avait côtoyé toute son enfance et il savait reconnaître leurs jeux de dupe. De plus, il avait l'impression qu'elle était beaucoup plus perspicace qu'il n'y paraissait derrière ses airs de bonne mamie. Il était certain que malgré son comportement aguicheur si il acceptait de se donner à elle, elle refuserait d'aller plus loin que quelques clins d'oeil coquin. Il avait la conviction qu'elle savait plus de chose sur lui qu'il n'y paraissait. Comme si elle lisait en lui. Comme si elle arrivait à deviner ses faiblesses et ses failles cachées.

C'était sans doute pure fabulation de sa part. Et peut-être accordait-il plus de crédit et plus de confiance à la vieille femme qu'il ne fallait mais il n'avait pas l'impression qu'elle leur voulait du mal. Au contraire. Le fait d'imaginer Scarlett en farouche résistante n'était pas si fou que cela. Il en avait l'intime conviction. C'était une femme rusée et déterminée. Et elle se cachait derrière des atours de grand-mère perverse et trop facilement manipulable par le pouvoir en place.

"Je crois que Scarlett sait cacher son jeu. Il ne t'ait pas venu à l'esprit qu'elle faisait peut-être semblant d'être d'accord avec Marchebank pour pouvoir mieux agir dans l'ombre ?"

Oui pour lui, c'était l'explication la plus plausible. Il fut tiré de ses pensées par une lueur émanant des bougies. Intrigué, il en saisit une entre ses mains et la tourna dans tous les sens pour l'examiner de plus prêt. Il s'arrêta, tiré de sa contemplation par la voix d'Irving qui semblait chercher un moyen de percer l’énigme de ces étranges bougies enchantées. Est-ce que ces choses pouvaient être des portoloins ? Bonne question. Possible que oui.

"Je ne sais pas. J'imagine que oui. N'importe quel objet peut se transformer en portoloin de toute manière."

Mais il avait l'intuition que ces bougies étaient bien plus que cela. Comme si elles étaient là clé d'un portail magique. Parce que étrangement, il ne reconnaissait pas le halo qui entourait habituellement les portoloins. Il observa son ami prendre sa baguette et attendre sans aucun résultat. Il étouffa un ricanement lorsqu'il l'entendit parler à la bougie comme si c'était un téléphone. Allô ! Il était sérieux ?

Pourtant alors qu'il ne prêtait plus attention au jeune homme, ce dernier disparut. Et Klemens resta... bien bête. Il observa sa bougie et sortit sa baguette de sa poche. Non mais vraiment ? Allô ? Il inspira profondément en se disant qu'il était bien bête et que ça ne fonctionnerait sans doute pas. Mais après tout qui ne tentait rien...

"Allô"

Il attendit un instant avec sa baguette dans une main et la bougie dans l'autre que quelque chose se produise. Et comme il s'y attendait, rien ne vint. Il poussa un profond soupire dépité en essayant de se rappeler des dernières paroles de son ami avant qu'il ne disparaisse. Soudain son esprit fit une connection inattendue et dans un éclair de pur génie, il se souvint du dernier mot. Il pointa sa baguette sur la bougie magique et dans un souffle murmura ce qu'il avait cru entendre.

"Respondeo"

Il se sentit soudain aspiré et ressentit comme un tiraillement au niveau de l'estomac. Comme avec un portoloin. La bougie était peut-être bien un portoloin nouvelle génération. Qui sait ? Toutefois, il ne s'attarda pas plus longtemps sur la question. Préférant observer l'endroit dans lequel il avait atterrit. Il remarqua une pièce aux murs gris. Des chandeliers accrochaient aux murs. Quelques bougies y étaient déjà posées. Il s'avança et déchiffra les lettres gravées sous les bougies déjà présente. Il chercha un S ou un I pour Scarlett ou Irving en vain. Il posa néanmoins sa bougie sur un portoir vide et gratta un K dessus pour le voir s'effacer presque aussitôt. Il grommela un instant avant de réfléchir à ce mystère.

Si il n'y avait pas les initiales de ses amis cela signifiait sans doute qu'ils avaient utilisé un pseudo. Il se mit donc à réfléchir intensément afin d'en trouver un convenable. Rien en rapport avec la Pologne sinon, il serait tout de suite identifiable. Pas de rapport avec son état lycanthropique. Enfin rien d'évident comme loup ou un truc du genre. Il finit par se décider et grava un G sous sa bougie. Il esquissa un sourire satisfait avant de se diriger vers le miroir qui avait déjà attiré son attention un peu plus tôt.

Il resta un instant devant afin de trouver la marche à suivre. Il finit par avancer précautionneusement sa main vers la surface lisse. Il fut surpris de découvrir qu'elle s'enfonçait dans le miroir au lieu de découvrir une surface dure et froide. Il retira sa main perplexe. Devait-il réellement continuer ? Que pouvait-il bien l'attendre derrière ? Qu'allait-il découvrir ? Était-ce réellement prudent ? Mais après tout, il était curieux. Et il n'avait pas fait tout ce chemin pour rien. Il inspira donc profondément et pénétra dans le miroir.

Inconsciemment, il avait fermé les yeux pendant la traversé. Et lorsqu'il les rouvrit, il découvrit une immense clairière lumineuse devant lui. Ainsi qu'un petit petit groupe de personnes qui s'était rassemblé au centre. Il se décida à les rejoindre lorsqu'il remarqua qu'il était légèrement entravé dans ses mouvements. Il baissa les yeux et constata avec étonnement qu'il était affublé d'une jupe moulante et d'une paire d'escarpin. C'était assez... déstabilisant. Et en plus ses chaussures lui faisaient mal aux pieds. Et puis, il était perché sur au moins dix centimètres comment allait-il faire pour marcher sans se casser la figure ? Mais ce n'était pas le plus étrange encore. Non, le fascinant était la poitrine généreuse qui occupait à présent son torse musclé. Il tâta un instant pour vérifier que c'était bien réel et être certain de ne pas rêver. Mais visiblement, tout cela était vrai. Il avait été transformé en femme par le miroir magique.

Il poussa un léger soupire avant d'esquisser un sourire coquin. Tout un tas d'idées lui traversèrent l'esprit à cet instant. Comme par exemple, est-ce que les femmes ressentaient le même plaisir qu'eux ? C'était quand même différent. Il n'avait jamais ressenti ça avant. C'était étrange. Il se sentait... différent et en même temps, c'était assez plaisant d'avoir une poitrine. Il avait été gâté par la nature en plus. Il conserva son sourire mutin alors qu'il commençait à se mouvoir vers le petit groupe au centre de la clairière. Les premiers pas furent laborieux mais il finit par s'y faire. Et bientôt se fut un jeu d'enfant de marcher sur ces engins de torture qui le grandissait d'au moins dix centimètres. C'était ça qu'il fallait offrir à Roy. Des talonnettes à défaut d'escarpins masculins.

Il s'approcha en silence tout en conservant son sourire légèrement aguicheur et lança un clin d'oeil à un beau jeune homme un peu plus loin de lui. Il reprit toutefois son sérieux alors que l'investigateur de cette réunion prenait la parole. Peut-être étai-ce Scarlett qui se cachait derrière Heaven. Après tout, lui était bien devenu une femme. Pourquoi la vieille dame ne pourrait-elle pas devenir un jeune homme ? Il écouta en silence les différentes personnes qui prirent la parole et lança un nouveau sourire aguicheur au dénommé Marin. Il était vraiment à croqué celui là.

Il porta ensuite son attention sur Scroutt. Il se doutait bien qu'il y avait eu des victimes au cours de la veillée politique. Un léger sourire lui échappa lorsqu'elle se reprit sur le nom de la Cité. Sans doute une Nimbusienne pure souche. Et l'identité de son patient n'était peut-être pas si difficile à trouver que cela. Un partisan du FMI hein ? C'était bien Rowles lui même qui avait pris la parole ce jour là.

Il redressa la tête lorsqu'un homme de couleur et à la taille impressionnante. Toutefois un sourire lui échappa lorsqu'il crut le reconnaître. C'était Irving. Ou Scarlett. Il en était quasiment sûr. Il se gratta légèrement la gorge et un nouveau sourire lui échappa en constatant qu'il devait avoir une voix très... sexy. Il joua donc un peu plus cette corde et commença d'une voix suave à se présenter.

"Je suis Griffe. Et je pense avoir un moyen d'aider Duke à transporter le patient de Scroutt. Du moins si il supporte les voyages en portoloin. Je peux tout à fait vous en créer un. Ce sera très facile. Et tout aussi facile de le dissimuler aux yeux de gouvernement."

Il conclut avec un léger sourire et un clin d’œil à l'intention du dénommé Duke.

Spoiler:
 


Klemens Dabrosky
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Elias s'étira avant de regarder l'heure. Vingt-deux heure. Trevor ne devrait plus tarder à présent. Il était convenu qu'ils se retrouvent chez lui pour plus de sécurité. Le monde moldu offrait une protection plus grande que le monde sorcier désormais. La Salamandre s'était reformé, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. L'Angleterre était en danger. Pourtant, on aurait cru que Leopold Marchebank était l'homme de l'avenir. Mais il fallait croire que le pouvoir lui était monté à la tête. Les pleins pouvoir, le bouclage de Bristol. Un ensemble de mesures liberticides prises en peu de temps. Et pour quelle raison ? La protection de ses citoyens d'après lui.

Mais ce n'était pas une protection qu'il leur offrait, c'était une répression pure et simple. Il voyait bon nombre de Veilleurs défiler aux Folies, il entendait bon nombre de ragots et de conversations détournées. Et il avait l'intime conviction que tout ne se décidait pas au Ministère. Il n'était pas rare de voir des figures importantes aux Folies Sorcières. Malheureusement, il ne lui était guère possible de les approcher de trop prêt. Il restait donc en retrait, essayant de glaner le maximum d'information. Tout en exécutant son travail à la perfection.

Un léger coup porté à la porte le tira de ses pensées. Il se dirigea avec un léger sourire vers l'entrée et laissa passer son vieil ami Trevor McGuinness. C'était lui qui l'avait intégré à la Salamandre lors de la première guerre. Et c'était tout naturellement qu'il l'avait à nouveau contacté pour la reconstitution du groupe de résistance. Il laissa son ami sortir la bougie magique de sa poche et l'examina en silence. Il en avait reçu deux similaires. Qu'il avait confié à Eilis Shepherd, une danseuse des Folies. Elle lui avait semblé opposé au Régime tout autant que lui et pour avoir un peu discuté avec elle, il lui avait semblé comprendre qu'elle avait des amis qui seraient prêts à se battre contre le gouvernement en place.

Il espérait avoir fait le bon choix. Toutefois, il n'eut pas le temps de se perdre dans ses pensées plus longtemps. La bougie venait de s'illuminer et Trevor semblait pressé de partir. C'était assez étrange la façon dont ils s'étaient rencontrés en réalité. Le vieil homme était un ancien collègue diplomate de son père et ils avaient fini par lier des liens d'amitié. Alors que son père avait fui l'Angleterre. Elias était resté pour terminer ses études. Il avait un pied dans le monde moldu et Trevor semblait parfaitement au courant de cette état de fait. Il avait donc fini par le contacter pour lui demander de servir de relais pour aider des enfants nés de moldus à s'échapper d'Angleterre par le mondu Moldu.

Il n'avait jamais regretté son choix. Et il ne regrettait pas non plus son choix de reprendre les armes pour lutter contre les abus qui apparaissaient dans son pays d'adoption. Il s'accrocha au bras de son ami alors qu'il murmurait la formule qui leur permettrait de rejoindre Brocéliande. Il n'attendit pas Trevor qui était parti poser la bougie sur un chandelier vide, il traversa le miroir et s'arrêta à l'entrée de la clairière. Il baissa le regard sur ses mains étrangement ridés. Ses cheveux étaient lisses et son visage étrangement barbu. Il ne s'attarda pourtant pas sur sa nouvelle apparence et avança d'un pas sûr vers la clairière où était déjà rassemblé quelques personnes.

Il hocha la tête pour les saluer et attendit que la réunion commence. Il n'avait pas vraiment d'idée précise sur ce qu'il devait faire ou dire pour l'instant. Il se contenterait donc d'écouter. Il connaissait quelques anciens par leurs pseudos mais surtout sous leur véritable identité puisqu'il avait été amené à travailler avec eux par le passé. Il avait longtemps cherché un pseudonyme pendant la première guerre, il était tombé par hasard sur un nom dans un ouvrage de Shakespeare et il l'avait trouvé parfait. Qui irait imaginer qu'un syrien de naissance se cachait derrière un tel nom ?

Il écouta poliment Heaven puis Astra avant que Trevor sous son apparence du Marin ne prenne la parole. Il l'écouta proposer son aide pour les échanges internationaux avant de réaliser que lui même ne servait pas à grand chose finalement. Il pouvait tirer des informations des Folies mais il avait le risque de ne rien obtenir du tout aussi. Il écouta un petit nouveau prénommé Duke prendre la parole pour proposer son aide à Scroutt. Lui même ne pouvait rien faire. Il se retint de hausser les yeux au ciel lorsqu'il remarqua le comportement outrancier de Griffe. Aucune décence. Il devient bien reconnaître que son aide serait la bienvenue et que son physique d'emprunt était très... avantageux. Tout comme celui de Trevor qui se faisait draguer ouvertement. Il étouffa un rire avant de reprendre son sérieux en essayant d'imaginer ce que devait ressentir son ami. Il se racla la gorge et prit la parole à son tour d'une voix grave.

"Je suis Cassius. Je ne peux malheureusement pas vous aider Scroutt. Toutefois, je peux faire le lien avec le monde moldu du façon très facile et efficace. Si vous voulez aider des prisonniers politiques à s'échapper. De plus, le cabaret de Folies Sorcières est devenu un lieu à la mode. De nombreuses personnalités s'y rassemblent. Et certaines conversations sont... confidentielles. Grâce à certaines informations, il nous serait peut-être possible de contrer l'action des Veilleurs qui agissent dans la Voie. J'ai cru comprendre que l'un des gérants, Roy Calder avait un lien très étroit avec eux. Tout comme avec d'autres personnes plus hautes placées encore. Et Mildred Magpie est la demi-soeur de Dalhiatus. Et son torchon sert clairement de publicité à la dictature."

Oui, il commençait sérieusement à en avoir assez des caprices de Diva de sa patronne. Si elle pouvait sauter en même temps que les Folies, cela ne le gênerait pas le moins du monde. Mais dans un premier temps, il convenait d'être prudent. Il n'avait pas encore fait le lien entre la Milice et les Veilleurs, cette bande de mafieux qui trafiquait sur la Voie néanmoins. Mais peut-être qu'un jour à force de dévouement et de bon travail, il finirait pas faire parti des petits papiers de Magpie ou de Calder. Voir même des deux.
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:28, édité 1 fois
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Le premier invité fut un petit garçon espiègle qui s'avéra, jugea Chloé, être Scarlett. C'était un peu perturbant de la voir sous cette forme, mais cela lui allait indéniablement bien. Chloé ne répondit pas, encore mal à l'aise de s'être presque fait "avoir" par cette mamie au sourire aussi aimable que le caractère retors qu'il cachait. Elle aurait pu la prendre, cette responsabilité... Enfin, ce qui était fait était fait. Les intéressés arrivaient, seuls ou en petits groupes, se croisaient, chuchotaient. La clairière se remplissait.

"Il y a plus de monde que prévu" chuchota Astra d'un ton concerné.

Heaven opina. C'était l'inconvénient d'avoir utilité Brocéliande dès le début: s'll y avait des traîtres, des fayots, des espions ou plus simplement des gens qui repartiraient affolés de cette réunion, leur mode de communication pourrait rapidement être compromis. C'était aussi l'inconvénient du secret des identités: sans savoir qui se cachait derrière le masque, il était impossible de vérifier leur intention. Brocéliande nécessiterait bientôt de nouvelles mesures de protection - peut-être un sortilège de gardien du secret? Clarissa en avait parlé, mais Chloé craignait que cela soit inutile contre les exactions commises à Skye. Ces questions demeurèrent cependant au fond de son esprit pendant qu'elle prenait la parole puis écoutait les différents intervenants. Très vite, des curieux demandèrent quels types d'action étaient envisagées.

"Vos questions sont légitimes" répondit Chloé lorsqu'un certain Marin - Bristol, peut-être? Oh, elle devait réprimer sa curiosité - lui posa la question. "Nous interviendrons déjà dans la protection des personnes. Le gouvernement a lancé une vague d'arrestations arbitraires depuis plus d'un mois. Toute personne critiquant le régime, ou pire, suspectée de le critiquer est arrêtée et déportée." Elle se tut. Parler de Skye, que personne ne connaissait vraiment, dès la première réunion, était compromettant. "Nous devons aider ces gens, en les prévenant à l'avance du danger qui courre sur eux, en les aidant à se cacher ou à fuir le pays. Mais nous devons aussi nous faire connaître, faire savoir à la population qui se voit infliger la propagande de Multiplettes que leurs compatriotes ne cautionnent pas les actions du gouvernement, et qu'ils peuvent nous demander de l'aide si nécessaire."

"Nous devons aussi trouver un moyen de destituer Marchebank et ses sbires" ajouta Astra d'un ton sans appel. "Nous avons besoin d'agents qui instillent le doute et la suspicion parmi les fidèles, qui nous renseignent sur les mouvement de leur Milice, et qui peuvent déterrer des scandales propres à les faire plonger. Tous les hommes politiques ont des squelettes dans leurs placards, et ils en créent de nouveau chaque jour: plus la censure sera forte, plus nombreuses seront les atteintes aux droits les plus élémentaires que nous pourrons mettre en lumière. Nous ne pouvons rien faire seuls, nous avons besoin de mettre la population face au danger qu'elle courre."

C'était là un discours bien politique, très de la Haute, jaugea Chloé. Clarissa avait envie d'en découdre avec Marchebank, autant pour la nationalisation de Nimbus que pour l'emprisonnement de Lawrence. Mais, vivant à l'étranger, elle ne subissait pas directement les dérives du régime. Si Chloé ne l'avait pas connue du temps de la première Salamandre, elle aurait cru que l'ancienne Selwyn ne faisait que de la récupération politique et ne se souciait pas de leur cause. Il faudrait modérer la vindicte des Nimbus de Pompadour pour que le mouvement ne soit pas perçu comme une énième lutte opportuniste qui ne tenait pas compte du peuple.

Une dénommée Scroutt invervint alors avec une verve vive et leur exposa son problème de blessé. Spontanément, deux personnes proposèrent leur aide. Transports magiques, sans doute recrutés par Scarlett. Elle adressa un coup d'oeil interrogatoire à Gauvain, puis revint sur Astra. Ce problème avait été l'un des premiers auxquel elles avaient pensé, car il leur avait bien compliqué les choses par le passé.

"Nous n'avons hélas pas de planque sécurisée à vous proposer pour l'instant, même si nous avons déjà commencé les recherches. Nous souhaitons un endroit assez excentré mais suffisamment grand pour pouvoir s'y rassembler en toute sécurité. Nous avons déjà quelques propositions, mais les mesures pour protéger un lieu de cette envergure sont complexes. Il nous faudra environ un mois."

"Cependant" tempéra Chloé "dans l'intervalle, nous pouvons aménager des cachettes temporaires. Les moldus connaissent, je crois, une crise du logement dans Londres. Si nous pouvons jeter quelques sortilèges élémentaires sur ces appartements et y amener discrètement les blessés, ils y seront en sécurité pour le moment."

Marchebank se prétendait ouvert sur les moldus, mais était bien trop préoccupés par les sorciers pour fouiller la capitale grouillante. Eileen lui avait même rapporté qu'il était plus intéressé par l'apport de technologie moldue au sein de leur communauté que par l'expension des sorciers sur de nouveaux lieux. Le projet de védi-o surveillance de Dalhiatus contrevenait aux règles de base de la magie et personne ne semblait s'en soucier, avait ajouté la mère de famille, caustique. Les derniers propos de Cassius confirmaient d'ailleurs la solution proposée par Chloé. D'un regard, Clarissa et elles convinrent de passer à l'étape suivante.

"Pour que nous puissions commencer à agir le plus tôt possible, je vous suggère que nous nous organisions dès maintenant. Je propose que ceux d'entre vous qui souhaitent s'occuper des blessés se rassemblent ici, ceux qui ont des capacités de renseignement, là. Pour la communication, ce sera près de l'arbre au fond, et pour les actions plus risquées, qui nécessitent de partir à l'affrontement - extraction, affichages de tracts - par ici. Nous vous laissons débattre des méthodes que vous souhaitez employer et tenterons de centraliser tout cela de manière la plus efficace et sûre possible."


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Irving WhitakerAubergisteavatar
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Klemens devait être là, songea Irving en parcourant  des yeux les visages inconnus autour de lui. Ce fut seulement à ce moment qu’il remarqua la sublime créature qui sortait des rangs d’une démarche chaloupée. L’ancien Gryffondor se perdit quelques secondes dans la contemplation de sa silhouette  avant que cette dernière n’évoque les portoloins. Bordel de troll ! Non …ce n’était quand même pas lui ? songea Irving en ouvrant deux yeux ronds. Comme pour confirmer ces déductions, la jolie poupée lui décrocha un clin d’œil aguicheur. Klemens. Ça, c’était du Klemens tout craché !

Irving passa une main sur son crane- désormais dégarni -sans parvenir à masquer un léger sourire complice à destination de son ami. Il était incorrigible ! Irving était persuadé que son voisin éprouvait un malin plaisir à être ainsi métamorphosé en créature enchanteresse. Toutefois son amusement fut de courte durée quand Cassius évoqua Bristol et les Folies Sorcières en des termes peu élogieux.

Certes, Irving avait été confronté à cette harpie de Mildred Magpie lors du Tremplin mais il n’y avait aucune raison de mêler Roy aux prises de position de cette lèche-botte du ministre. Le jeune homme fronça les sourcils et jeta un regard en direction de Klemens. S’il y avait quelqu’un qui pouvait défendre le gérant des Folies Sorcières concernant ces accusations, c’était bien lui ! Pour Irving, il était totalement impossible que Calder soit mêlé, de près ou de loin, aux agissements du gouvernement. Après tout, n’était-ce pas Roy qui avait œuvré, personnellement, pour qu’Irvana puisse jouer son titre sur la scène des Folies ?

Toutefois Irving n’eut pas l’occasion d’intervenir sur ce point puisque Astra et Heaven reprirent  la tête des opérations en énumérant les différents champs d’action de leur organisation. L’ancien Gryffondor hocha la tête lorsqu’il fut question d’apporter de l’aide aux personnes arrêtées arbitrairement. Pour lui, c’était clairement ce point qui l’intéressait. La rafle lors de la veille politique avait été un véritable déclic. Bien sûr, avant, il y avait eut le bouclage de Bristol et la censure au Templin, deux événements qui l’avaient révolté sans qu’il prenne pleinement conscience de leur importance.
Ces incidents avaient certes éveillé sa méfiance mais ce n’était rien comparé à ce qui s’était passé une semaine plus tôt à la Cité Nimbus. Cette chasse à l’homme impensable et infondée. Une véritable traque visant à impressionner et à réduire au silence les citoyens…

Irving avait passé de longues heures à réfléchir à cette soirée, à refaire le fil des événements. Il avait même envisagé de se rendre de lui-même à la Police pour expliquer qu’il y avait une erreur, qu’il ne s’agissait aucunement d’une réunion terroriste mais d’une simple veille citoyenne. Rien de plus. A vrai dire, il espérait encore tomber sur quelqu’un de censé, quelqu’un qui ouvrirait les yeux sur ce qui se tramait aujourd’hui dans le monde magique. Malheureusement, quand il avait découvert les Unes des journaux du lendemain, il s’était ravisé.

Il était clair dorénavant que la P.M, la presse, et peut-être même le bureau des Aurors semblaient  pieds et poings liés avec le Ministre. Plusieurs habitants de la Cité et certains de ses collègues de travail n’étaient pas réapparus depuis cette arrestation massive et cela ne faisait que le confronter dans l’idée qu’il devait agir par lui-même et ne plus rien attendre des institutions.

Il se dirigea donc vers le secteur extractions, faute de pouvoir intervenir dans les autres groupes : Il n’avait aucune compétence en médicomagie, quant aux renseignements, il n’était pas en mesure de révéler grand-chose sur ce qui se tramait actuellement au Ministère - hormis le planning de pause des employés du réseau de Cheminettes, bien sûr.

L’ancien Gryffondor passa une main sur son menton –un peu mal à l’aise, il faut dire, avec l’aspect « affrontement » du groupe qu’il avait rejoint-  aussi, s’empressa-t-il d’expliquer son champ d’action avant de se retrouver parachuté dans un duel avec des Miliciens.

« Le combat armé, c’est pas vraiment mon truc mais comme j’l’ai dis à Scroutt, j’peux intervenir sur les déplacements, expliqua-t-il au petit groupe de personnes qui s’était retrouvé dans un coin de la clairière, Si faut escorter des gens jusqu’à une cachette, les ravitailler discrètement,  déposer un portoloin dans un appartement ou une maison, ou… J’sais pas moi,… aller dans une zone urbaine soumise à un sortilège anti-transplanage… Ben c’est dans mes cordes, souffla-t-il, et j’peux même relier vos planques chez les moldus  au monde magique…» proposa-t-il finalement en croisant ses bras sur son torse.

Merlin, en dépit de ce nouveau poids qui pesait sur ces épaules, il se sentait soulagé. Pour la première fois depuis des mois, il avait enfin l’impression de prendre son destin en main. Il n’était plus en train de râler, il ne se sentait pas tiraillé entre devoir et éthique. Il était juste là où il devait être.

« Est-ce qu’on a déjà une liste  de personnes qui pourraient être menacées ? » s’enquit-il alors en se tournant vers les chefs.
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Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Tandis que les différents groupes se formaient, Chloé et Clarissa se séparèrent pour tourner entre eux et écouter ce qu'il se décidait. Elles orientaient les conversations, posaient des limites ou, au contraire, interrogaient sur certaines idées et possibilités. Tout était bon à prendre, mais elles avaient la responsabilité de ces vies courageuses. Chaque blessure, chaque emprisonnement ou chaque mort pèseraient sur leurs consciences. Chloé le percevait plus que jamais.

Alors que Clarissa semblait pressée de commencer à agir, la préoccupation première de Chloé était la sécurité. Epurer le réseau des personnes non fiables, établir des connexions sûres, des planques introuvables et empêcher leur secret d'être totalement découvert si un membre faiblissait, tombait ou était pris. Un Fidelitas aurait du faire l'affaire, mais il avait l'inconvénient de restreindre les conversations à tel point que les messages, sybillins, pouvaient être mal interprétés. Et surtout, Marcus avait découvert que les recherches de l'île de Skye permettraient sans doute de passer outre.

Elle garda cependant ses inquiétudes pour elle. La situation n'était pas critique, il ne s'agissait que d'un premier pas. Il faudrait aussi penser à signaler aux membres de prendre des dispositions pour protéger leurs famille s'ils étaient arrêtés. L'inconvénient du secret des identités étaient que la Salamandre aurait plus de mal à agir dans cette dernière situation...

Chloé secoua la tête et se reconcentra sur la conversation. Les gens étaient motivés, confiants, persuadés d'être du bon côté de la barrière, et personne dans leur gouvernement n'avait idée de ce qu'il se tramait. Il fallait qu'il en reste ainsi pendant quelques mois, jusqu'au moment où ils frapperaient et montreraient à tous les exactions commises par le régime Marchebank. Tout était question d'information, de subtilité, de manipulation et de faux-semblants. Au final, Chloé ne faisait que se lancer sur l'échiquier politique. De manière un peu particulière, peut-être... mais la résistance était en marche.

[RP Terminé]


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