AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 All I want for New Year [Thelma & Roy]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1879

Voir le profil de l'utilisateur
31 décembre 2008

C’était toujours soit avec sa famille, soit avec Klemens qu’il passait Noël et le nouvel an. Cette année, rien de tout cela. Roy avait trop honte de revenir chez les Calder depuis ce qui était arrivé à Irina. Quant à Klemens, eh bien… Il devait se faire à l’idée qu’il ne le reverrait peut-être plus jamais. Depuis qu’ils se connaissaient, jamais ils ne s’étaient fâchés aussi fort, et si Roy ressentait encore beaucoup de rancoeur à son égard, il était surtout en proie à un immense sentiment de déception et de culpabilité. Régulièrement, il repensait à tout ce qu’ils s’étaient dit. Evidemment, il se rendait compte qu’il n’avait pas été tendre, qu’il avait été odieux, même. Mais un tel silence meurtrier s’était installé entre eux que Roy n’osait pas faire le moindre pas vers lui, il n’était même pas sûr d’en avoir envie. Le mieux était peut-être d’attendre.

Bien sûr, son orgueil ne le poussait pas non plus à envisager autre chose. Combien de temps Roy pouvait se montrer buté ? Des années, dans certains cas, il n’y avait qu’à voir comment il se comportait avec Jason. Alors il avait détruit le cadeau qu’il avait mis de côté pour son meilleur ami, puisque de toute évidence, il ne le lui offrirait jamais. Puis il était sorti passer Noël chez Isobel, qu’il savait aussi seule que lui dans ce genre de fête familiale. Il aurait pu choisir de le passer avec Jayce, mais son ami était aussi celui de Klemens, et il n’avait pas envie de faire face à des questions. Il n’avait pas envie de devoir s’expliquer. C’était à ce moment-là bien trop récent et comme toujours quand un évènement le touchait trop profondément, Roy préférait s’isoler un temps pour prendre du recul et ne pas révéler crument ses faiblesses.

En ce soir du nouvel an, Roy n’avait pas voulu rester aux Folies Sorcières, il s’était arrangé avec Jayce et Toni pour qu’ils le remplacent. L’ambiance surchauffée et incroyablement bondée du cabaret pour les périodes de fête lui tapait littéralement sur les nerfs, en ce moment. Il n’avait plus la tête à cela. Sans compter que son humeur exécrable de ces derniers temps avait tendance à trouver des boucs émissaires chez ses employés. Roy s’était bien rendu compte avant que Jayce lui en fasse la remarque de façon très diplomate qu’il valait mieux qu’il prenne ses distances avec le cabaret, le temps de se remettre d’aplomb, avant de finir par égorger quelqu’un.  

Il savait ce qu’il lui fallait. Un peu plus de calme, pour commencer. Et une personne qu’il appréciait mais qui n’était pas assez proche de lui pour connaître Klemens. La présence de Shea lui aurait sans doute fait du bien, mais Roy l’avait exclue pour cette raison, par crainte qu’elle ne prenne parti dans leur conflit. Après réflexion, le visage de Thelma lui était revenu. Il l’avait revue une fois seulement depuis leur première nuit ensemble, les contraintes que lui imposaient son poste de professeur à Poudlard ne lui permettaient pas vraiment plus, et c’était dommage car Roy appréciait beaucoup la compagnie de la jeune femme. Il était certain de pouvoir passer un moment agréable avec elle, et en tirer du réconfort, sans être obligé de lui raconter toute sa vie. Il ne s’était donc pas posé plus de questions et l’avait invitée dans un bar assez chic qui donnait sur la jetée, près de la plage de Bristol. Des feux d’artifices avaient toujours lieu à cet endroit pour le nouvel an, c’était une tradition dans la ville. En attendant, ils avaient toute la soirée pour flâner, et Roy espérait qu’elle soit aussi délicieuse que la première qu’ils avaient passée ensemble.

Posté devant la cheminée des Folies d’où Thelma devait apparaître d’une minute à l’autre, Roy avait troqué son costume de gérant de cabaret pour une tenue un peu plus décontractée. Ce soir, il serait un simple civil qui avait décidé de prendre un peu de bon temps. Quand sa partenaire arriva enfin, Roy se décolla du mur contre lequel il était adossé pour venir la saluer et apprécier sa tenue. Un sourire enjôleur étira ses lèvres, alors qu’il se penchait pour l’embrasser.

« Charmante, comme toujours. » Il lui offrit son bras, sans plus tarder, décidé à quitter rapidement le cabaret. « On y va ? »

Il la conduisit jusque l’extérieur, et ne se tourna de nouveau vers elle que lorsque ses poumons purent enfin respirer l’air frais de la nuit, s'efforçant de paraître de bonne humeur.

« Comment ça va ? commença t-il par demander, avant d’ajouter avec un sourire : Et tes bambins de Poudlard ? J’imagine que tu es soulagée de prendre des vacances. »

Lui n’aurait pas la patience requise pour être professeur, c’était sûr, rester des mois enfermé avec des enfants, même juste un, ah, au secours.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
Messages : 193

Voir le profil de l'utilisateur
La perspective de passer la soirée du nouvel an au sein de Bristol emplissait Thelma d'excitation mêlée d'appréhension. Depuis le bouclage de la ville, celle-ci semblait être empreinte d'une aura d'apocalypse et de mystère, à la lecture des journaux, et elle n'avait guère eu l'occasion de la fréquenter, si ce n'est grâce à Roy. De nombreux sorciers semblaient décidés à éviter la seconde ville du pays pendant les six mois à venir, mais Thelma faisait partie de cette minorité de personnes un peu inconscientes que la sensation de danger et de nouveauté attirait. Elle était donc curieuse de voir à quoi allaient ressembler les festivités dans cette ville bouclée et sous tension, qui connaissait pour l'occasion son premier assouplissement du couvre-feu et des check-points depuis le début des contrôles. Malgré cela, ou plutôt en conséquence de cela, elle s'attendait à voir défiler les aurors en nombre afin d'assurer la sécurité des rues. Pour sa part, elle n'avait jamais guère de problèmes pour rentrer à Bristol. Le prestige de la fonction de professeur de Poudlard permettait d'ouvrir bien des portes, et elle avait visiblement fait la connaissance de quelqu'un d'important avec Roy Calder. La discrète Thelma avait cru comprendre que ce nom signifiait quelque chose pour les puissants, sans doute parce qu'il avait un compte à Gringotts des plus fournis.

Quoi qu'il en soit, aussi influent soit-il, Roy était un homme seul le soir du nouvel an, puisqu'il l'avait convié à passer la soirée avec lui. Elle devait reconnaître qu'elle avait été surprise par cette invitation, imaginant plutôt son amant occasionnel au centre de l'attention dans son casino, entouré d'hommes puissants et de charmantes jeunes sorcières. Une fois de plus, Roy l'avait surpris, et c'était sans doute ce qu'elle appréciait tant chez lui : cette capacité qu'il avait à démentir les préjugés qu'il était si facile d'avoir à son sujet. Thelma avait accepté sa proposition avec plaisir, sachant pertinemment que l'alternative impliquait un nouvel an festif à Dublin comme elle en avait déjà fait tant auparavant. L'enseignante, toujours à l'affut de la nouveauté, avait donc été tentée par ce rendez-vous, qui promettait à nouveau une soirée pleine de délices.

Lorsqu'elle sortit de la cheminée, Thelma épousseta les quelques cendres qui maculaient sa petite robe noire puis adressa un sourire resplendissant à Roy. Elle était heureuse de passer cette soirée avec lui et de se changer les idées après ces mois de travail, les occasions de quitter le château - et donc de parler à des adultes autres que ses collègues - se faisaient rares. Thelma embrassa Roy puis glissa son bras sur le sien, avant de le remercier pour son compliment.

"Allons-y ! Je suis heureuse de te voir", répondit-elle alors qu'ils se dirigeaient vers l'extérieur. A vrai dire, elle était également flattée qu'il ait pensé à elle et non à une autre, car rien ne l'en aurait empêché. Ils ne formaient pas un couple et ne s'étaient vus que deux fois, mais sans doute avait-il envie d'une soirée décontractée et amusante, loin de son entourage habituel et de ses tracas quotidiens. Quelque chose que Thelma pouvait comprendre, et qui lui convenait parfaitement...

Elle inspira profondément l'air de la nuit et promena son regard sur la rue animée. Oui, il y avait bien quelques sorciers en uniforme qui vadrouillaient, mais l'ambiance semblait festive et bon enfant, et tout annonçait une soirée de trève dans les tensions qui agitaient la ville. Thelma reporta son attention sur Roy lorsqu'il l'interrogea, approuvant vivement ses propos :

"Tu n'as pas idée ! Je suis très contente d'enseigner à nouveau mais une pause va me faire du bien. Il y en a certains, je te jure... J'ai envie d'en faire du paté de sombral, parfois."

Elle secoua la tête avec incrédulité. Certains de ses derniers cours, portant sur des sujets prompts à la polémique, avaient amené des débats particulièrement brûlants entre ses élèves, et elle avait été atterrée par les remarques de certains. Comme si le climat actuel qui régnait dans le pays, et qui n'épargnait pas l'école, avait poussé à un retour en arrière des mentalités. Comme lorsqu'elle était jeune, que l'ombre de Voldemort planait et que l'on avait une vision si manichéenne de l'Histoire. Les gentils, les méchants, la magie noire, la magie blanche... aucun recul, aucune réflexion de la part de ces jeunes. Oh, pas tous, fort heureusement ! Mais certains semblaient prêts à retourner au Moyen-Âge avec ses buchers, pour y flanquer allègrements les mangemorts et mardoliens échappés d'Azkaban... ou le gouvernement tout entier. Enfin, elle ne devait pas penser à cela ce soir, sinon sa mine allait vite s'assombrir, et ils étaient là pour passer un moment agréable.

"Et puis mes collègues sont fort sympathiques mais l'équipe reste réduite en nombre et je dois dire que je suis contente de retrouver une vie sociale un peu plus diversifiée."

Elle adressa un sourire à Roy, tentant de déchiffrer l'expression de son visage dans la pénombre.

"Et toi, comment vas-tu ? Quelles sont les nouvelles depuis notre dernière rencontre ?"

Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1879

Voir le profil de l'utilisateur
On pourrait presque croire que rien n’avait changé à Bristol, songeait Roy en promenant son regard sur les bars à l’ambiance joyeuse et festive, les flammes magiques qui illuminaient les rues, les petites fées qui voletaient d’un arbre à l’autre. Evidemment, il y avait bien quelques agents de la Milice en patrouille, mais chacun semblait décidé à ignorer leur présence en cette nuit de fête, à faire comme si tout allait bien en perpétuant les traditions annuelles. Bristol avait bien mérité de retrouver une identité dans le chaos qui l’avait transfigurée, ces derniers mois.

Si elle était toujours bondée pendant le nouvel an, c’était parce que les villes où un grand nombre de sorciers pouvaient se réunir pour faire la fête n’étaient pas si nombreuses, en Angleterre. A Londres c’était différent, il n’y avait pas de quartier sorcier à proprement parler. Roy ne pouvait s’empêcher de penser que Klemens aurait adoré passer le nouvel an ici, ils avaient presque toujours choisi Bristol, chaque année, tant l’ambiance était imprenable. Alors qu’il s’était promis de ne pas y penser, tout lui rappelait son meilleur ami, forcément, faire la fête sans Klem n’avait pas la même saveur… Roy aurait pu choisir de ne rien faire ce soir et rester chez lui, mais il avait craint de finir dans un état plus lamentable qu’il ne l’était déjà. S’il y avait une chose qu’il détestait, c’était de pleurnicher sur son sort. Voir Thelma le forçait en quelque sorte à faire bonne figure, et affronter son chagrin en n’en laissant rien paraître.

Il s’efforça donc de se concentrer sur leur conversation. Heureusement, la pénombre masquait un peu la fausseté de son sourire.

« Des perturbateurs à la tête dure ? » supposa t-il en l’écoutant se plaindre de quelques élèves.

Merlin savait comme certains semblaient mettre un point d’honneur à défier l’autorité, que ça soit par l’insolence ou l’indifférence, Roy lui-même avait fait partie de cette catégorie… pour finir gérant de cabaret, ce qui n’était pas si mal, non ? Lui était avis qu’il y avait toujours moyen de s’en sortir avec un peu de débrouillardise. Evidemment, les gens honnêtes et travailleurs prenaient moins de risques, mais on ne pouvait pas tout avoir, et puis le danger avait toujours indubitablement attiré Roy.

« Bien, mentit-il quand Thelma lui demanda comment il allait. Depuis la dernière fois, eh bien, j’ai été complètement pris dans la gestion du cabaret -et de ses trafics surtout-, avec les fêtes, on a accueilli plusieurs évènements. J’ai été déçu de ne pas te voir parmi les candidates de Miss Magique, d’ailleurs » ajouta t-il, le ton taquin.

Roy s’était consolé en écoutant Shea maudire son frère de l’y avoir inscrite dans son dos, toutefois. Cette fille était un divertissement ambulant, il ne lui arrivait que des choses improbables et Roy, clairement bon public, ne lui avait même pas proposé de faire en sorte de retirer son nom de la liste. C’était beaucoup moins drôle. Souriant plus sincèrement à cette pensée, Roy porta son regard sur Thelma.

« Du coup, je t’avoue que j’ai besoin de prendre l’air. Comme toi, ça me fait du bien de voir d’autres personnes, conclut-il, reprenant ce qu’elle avait dit plus tôt, ce qui le fit penser à un autre détail. Je connais quelques uns de tes collègues, d’ailleurs, je ne sais plus si je te l’ai dit. Shea Gruffydd, Adonis Greengrass ? Tu t’entends bien avec eux ? »

La première était un tel sucre qu’elle devait s’entendre avec absolument tout le monde, ou en tout cas, ne pas chercher d’ennui, songeait Roy. Le second demandait un peu plus de… patience pour supporter son caractère, mais Roy ne doutait pas qu’il était le genre à se montrer absolument charmant envers les femmes. Un peu comme lui. Il leur avait fallu un peu de temps, mais désormais Roy s’entendait assez bien avec Adonis. Après tout, ils avaient beaucoup en commun, ils s’en étaient assez vite rendus compte au détour de quelques réunions aux Folies.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
Messages : 193

Voir le profil de l'utilisateur
"A la tête vide, plutôt", rétorqua Thelma avec malice. Un courant d'air glacial la fit alors frisonner et elle resserra sa prise sur le bras de Roy, tout en l'écoutant lui répondre. Visiblement, la fin d'année avait été difficile pour lui aussi, ce qui n'était guère étonnant. Il avait beaucoup de responsabilités pour un homme de son âge, et elle ne doutait pas que gérer un cabaret comme celui des Folies devait être particulièrement prenant, surtout ces derniers temps, avec tous les évènements qu'il organisait. Thelma avait entendu parler du Tremplin musical et de la tenue de Miss Monde Magique, cette dernière l'ayant bien amusée.

"Hé bien, j'ai été déçue aussi, vraiment", répondit-elle d'un ton innocent, "mais il s'avère que j'ai passé l'âge pour être candidate... D'après ton cabaret, je suis trop vieille pour être Miss Monde Magique, je suis officiellement vexée."

Oh, Thelma n'avait jamais été du genre à parader sur des podiums, quand bien même elle aimait prendre soin de sa tenue et était assez féminine, mais cela faisait forcément un petit pincement au coeur d'une femme de réaliser que l'on avait passé l'âge requis... Comme si l'on était subitement périmée et que l'on passait officiellement dans la catégorie des vrais adultes rangés qui n'intéressaient plus personne. Heureusement, sa vie tous les jours semblait démentir cette idée fausse et déprimante, comme des soirées telles que celle-ci le montraient. Thelma décocha un sourire séducteur au sorcier, avant de répondre :

"Hé bien, nous allons nous changer les idées ensemble, alors, c'est parfait !"

L'enseignante ne fut pas réellement surprise d'apprendre que Roy connaissait certains de ses collègues. Outre le fait que le monde magique était incroyablement petit, c'était visiblement quelqu'un qui avait des relations - même si elle était curieuse d'apprendre comment il connaissait la discrète Shea Gruffydd.

"Je m'entends bien avec Shea, oui ! Je ne la connais pas plus que cela, mais elle a l'air d'être quelqu'un de gentil et d'agréable, et bonne enseignante."

Thelma sentait que Shea faisait partie de celles de ses collègues avec lesquelles elle pourrait s'entendre, si elle prenait la peine de faire sa connaissance. Sans doute pourrait-elle l'inviter avec Daisy à boire le thé un de ces jours, cela changerait des moments qu'elle passait seule avec la directrice et cela changerait aussi les idées de son amie, qui luttait quelque peu avec son mariage et ses responsabilités ce moment. Thelma laissa planer un silence avant d'aborder le sujet Adonis Greengrass, consciente que c'était un homme dont il fallait parler avec un peu plus de prudence. Roy faisait-il partie de ses amis ou de ses détraqueurs ? Elle n'en avait aucune idée.

"Je connais mieux Adonis", avoua-t-elle finalement tout en guettant la réaction de Roy. "Nous avons eu l'occasion de faire connaissance et c'est un homme à la compagnie très agréable. Cependant, je dois reconnaître que je ne suis pas toujours d'accord avec ses méthodes d'enseignement, il lui reste des choses à apprendre..."

C'était le moins que l'on puisse dire. Avec le temps, Thelma n'avait pu que s'incliner et reconnaître que la présence d'Adonis au chateau n'avait rien d'innocente de la part du gouvernement. Ces Jeunesses ne lui disaient rien qui vaillent, bien au contraire, un signal d'alerte s'était allumé dans sa tête - mais ce n'était qu'un signe parmi tant d'autres qui indiquaient l'état critique dans lequel le pays se trouvait. Que pensait Roy de tout cela ? Leurs deux rencontres précédentes avaient été placées sous le signe de la distraction et de la séduction, et ce n'était pas le genre de sujets que l'on abordait avec un inconnu. Cependant, s'ils devaient se connaître un peu plus, Thelma voulait savoir ce qu'il pensait des changements récents. En tant qu'homme d'affaire, il avait forcément une opinion, et quelque chose lui disait qu'il était plutôt pro qu'anti-Marchebank. La cheminée des Folies faisait bien son affaire, et s'il connaissait des hommes comme Adonis Greengrass...

"Et toi, comment est-ce que tu les connais ?"

Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1879

Voir le profil de l'utilisateur
La réplique de Thelma figea quelques secondes le sourire de Roy, le temps qu’il ne saisisse ce qu’elle sous-entendait. Une limite d’âge ? C’était bien probable que Mildred ait fixé cette règle, par Merlin, il avait complètement oublié ce détail. L’âge des candidates était bloqué à trente ans, s’il se souvenait bien, et Thelma en avait deux de plus. Heureusement, elle avait le sens de l’humour. Même si elle affirmait être officiellement vexée, Roy sut qu’elle ne faisait que le charrier. Plutôt enclin à entrer dans son jeu, il répliqua, le ton coupable :

« Oh ! Eh bien, c’est officiellement ce qu’on appelle faire une bourde. Puis son sourire revint, séducteur lui aussi. J’espère que je pourrai me faire pardonner. »

Se changer les idées avec Thelma, c’était exactement ce qu’il avait prévu de faire et il était ravi que la jeune femme pense comme lui. Il était décidé à faire en sorte que cette soirée soit agréable. Ces dernières semaines avaient été rudes, pleines de déconvenues, c’était même un euphémisme de le dire, mais peut-être qu’il pourrait débuter l’année d’un meilleur pas ? Roy en avait l’espoir, en tout cas, même oublier ses tracas juste le temps d’un soir lui suffisait : c’était déjà ça.

La façon dont Thelma parla de Shea confirma les premières intuitions du trafiquant : il fallait le faire exprès ou avoir une dent contre les rousses pour ne pas s’entendre avec elle, ce qui ne pouvait pas être le cas de Thelma, assurément. Il l’écouta ensuite lui parler d’Adonis, plus curieux d’avoir son opinion à son sujet : lui-même était mitigé. Il avait cru qu’il allait le détester au départ, tant il incarnait tout ce qu’il avait toujours regardé d’un mauvais oeil : le sang-pur arrogant, beau et riche, à qui tout réussissait si facilement. Et pourtant, en discutant avec lui, Roy avait fini par revoir ses jugements de valeur gratuits. D’une part parce qu’il avait beaucoup plus de points communs avec Adonis qu’il ne se serait imaginé. D’autre part, parce qu’il était forcé de constater que lui-même changeait de critères d’appréciation, en même temps qu’il changeait son train de vie… Le luxe était tout à coup moins dérangeant quand on en profitait soi-même, n’est-ce-pas ?

« Ah oui ? Comment tu le trouves ? Autoritaire ? » s'enquit t-il lorsque Thelma évoqua ses méthodes d’enseignement.

Roy posait la question avec une réelle curiosité, car il ne connaissait qu’Adonis le jeune homme d’affaires -et le coureur de jupons-, pas tellement l’enseignant. Il ne le connaissait pas non plus depuis assez longtemps pour se faire une idée fiable de ce que cela pouvait donner, et même, il avait du mal à l’imaginer : ses intérêts semblaient tellement plus centrés sur le monde de la politique et des affaires, plutôt que sur l’éducation d’adolescents bornés. Il disait autoritaire, parce qu’il ne l’imaginait décidément pas avoir de la patience avec les enfants. Adonis Greengrass était le genre d’homme qui n’aimait pas qu’on lui traîne dans les pattes, ça, Roy l’avait vite compris.

Quand Thelma lui retourna la question sur le même sujet, Roy prit le temps de réfléchir à comment il allait présenter les choses. Evidemment, il ne pouvait pas tout lui révéler, surtout au sujet d’Adonis. Mais il pouvait fournir une réponse sans mentir, pour une fois, juste en restant à la surface des choses :

« Je connais Shea depuis Poudlard, on était à Gryffondor tous les deux, à deux promos d’écart. On s’est retrouvés cette année, par l’intermédiaire d’un ami. Hum, je dirais qu’elle est plus que gentille et agréable… Cette fille est un monstre d’altruisme sur pattes, les élèves doivent bien en profiter, ricana t-il, tout en pensant que c’est ce que lui aurait fait, à leur place. Son ton fut plus égal sur la suite. Adonis est un client régulier des Folies, et comme c’est un homme important… Il convient d’avoir de bonnes relations, en affaires. »

Les Folies Sorcières ne cachaient pas leur soutien au gouvernement Marchebank, surtout quand leur gérante dirigeait un journal qui en vantait tous les mérites. Roy avait lui-même voté pour le FREE, avant même de s’allier avec. Désormais, toute opinion politique qu’il aurait pu avoir était volontairement écartée, au profit de ses affaires. Le commerce avait ses propres règles, et se lavait bien les mains des convictions. N’importe quel homme de business un tant soit peu malin comprenait l’intérêt qu’il avait à avoir des politiciens de son côté, car il n’y avait pas d’allié plus influent.

Le sourire que se remit à arborer Roy sur la suite de ses paroles ne fut pas tout à fait innocent. Il comptait bien guetter la réaction de Thelma, qui avait après tout parlé d’un homme à la compagnie très agréable. Cela aurait concerné n’importe quel autre homme qu’Adonis, Roy aurait peut-être tiqué -c’est que monsieur était possessif avec ses conquêtes. Mais venant d’Adonis, et connaissant un peu l’animal, il se disait simplement que c’était là sa façon d’être avec toutes les femmes.

« Mais j’ai pu discuter plusieurs fois avec lui, de beaucoup de sujets. C’est effectivement un homme intelligent, et charmant. Conscient de son charme, même. »

Enfin, il espérait bien qu’il était resté à la surface du flirt, toutefois. Possessif, le Roy, nous avons dit.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
Messages : 193

Voir le profil de l'utilisateur
"Je suis sûre que tu y parviendras...", glissa Thelma à Roy avec un regard entendu. Celui-là, c'était le roi des charmeurs et elle était certaine qu'il n'avait pas son pareil pour embobiner les filles lorsqu'il s'agissait de se faire pardonner. Quelque chose lui soufflait aussi que c'était un talent qu'il devait user souvent... Roy était fin et intelligent, cela se sentait. Elle se doutait qu'il ne devait pas se laisser manipuler facilement. D'ailleurs, la façon dont il resta prudemment sur la réserve au sujet d'Adonis ne fit que confirmer cette impression, et elle sentit son sourire s'agrandir devant sa prudence. Tant pis, elle n'en saurait pas plus sur son opinion sur sous-directeur tant qu'elle ne se dévoilait pas plus elle-même. Hé bien, elle n'avait rien à cacher - pas même sa liaison avec lui, même s'il était un peu étrange d'évoquer cela avec un autre de ses amants, mais avec un peu de chance il ne se rendrait compte de rien.

"Autoritaire, oui, ou disons plutôt qu'il cherche à asseoir son autorité... un peu trop brutalement. Erreur de jeunesse, je pense, il faut du temps pour apprendre à appréhender ces enfants", dit-elle avec indulgence. "D'autant plus que nombreux sont ceux qui partent avec un mauvais a priori à son égard, qu'il ne cherche pas vraiment à démentir. Ses liens avec le ministre sont connus, et s'il n'a rien d'un simple pantin... Hé bien, disons que les relations entre Poudlard et le Ministère ont toujours fait l'objet de certaines tensions. La politique et une éducation de bonne qualité ne font pas toujours bon ménage, surtout dans un contexte aussi tendu."

Son regard se posa sur les deux membres de la police magique qui patrouillaient à quelques pas d'eux.

"Bref, il n'est vraiment pas dans une situation très aisée, pour sa première année."

Les choses étaient en effet plus simple pour les autres nouvelles arrivantes. Thelma elle-même trouvait ses marques sans problème dans son ancienne école, et Shea n'avait pas l'air d'être à plaindre, même si d'après Roy elle était du genre à se laisser manipuler aisément.

"Ah, je ne savais pas cela à son sujet. Heureusement, elle enseigne une matière qui a tendance à plaire, ça doit faciliter les choses pour elle", répondit Thelma avec un léger sourire. Avec le portrait que Roy lui dépeignait, elle avait un peu de mal à imaginer ces deux-là amis. Parce que Roy semblait être parfaitement du genre à profiter de la bonté d'âme d'une femme telle que Shea, ce qui ne constituait pas le terreau d'une relation très équilibrée.

La conversation revint sur Adonis, et elle ne fut pas étonnée d'apprendre que le jeune homme fréquentait les Folies, lui aussi. C'était tout à fait le genre d'endroit dans lequel elle pouvait l'imaginer. Cela ne l'étonnait pas plus de la part de Roy, qui, elle en était persuadée, avait l'art de cultiver les bonnes relations. Voilà qui pouvait provoquer de drôles de situations, si elle s'y rendait en même temps que lui. A éviter, songea-t-elle avec amusement, avant de jeter un regard en coin à Roy à l'entente de sa dernière remarque. Avait-il dit cela par hasard, ou tâtait-il le terrain ? Après un léger instant de silence, Thelma détourna le regard pour le perdre dans l'obscurité, et répondit d'un ton innocent :

"Très conscient de son charme, c'est vrai... J'en connais un autre."

Roy lui-même faisait preuve de trop d'assurance lorsqu'il s'agissait de flirter pour prétendre le contraire.

"Vous avez beaucoup de points communs tous les deux."

Elle espérait qu'ils ne s'entendraient pas trop, tout de même. Cela ne pouvait rien signifier de bon pour elle. Désireuse de ne pas s'attarder sur ce sujet inconfortable, et pressée de s'installer quelque part pour boire un verre ou se réchauffer, elle interrogea Roy avec enthousiasme :

"Alors, où allons-nous ?"


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1879

Voir le profil de l'utilisateur
Roy écouta avec une certaine attention Thelma lui exposer la situation à Poudlard, dont il n’avait pas vraiment de retour, puisque son plus jeune frère n’y était plus. Il n’en était pas vraiment mécontent, d’ailleurs, compte tenu de ce que l’école devenait, il avait entendu parler du durcissement des règles, de l’ingérence du Ministère, et il connaissait assez Adonis pour savoir qu’il ne devait pas être le genre de sous-directeur tendre… Après, il était toujours convaincu qu’il suffisait d’avoir les bonnes relations -et Adrian aussi, ce devait être un trait de caractère Calder-, surtout avec des gens comme Adonis, donc nul doute que son petit frère aurait été malgré tout bien loti.

« J’imagine, oui, rebondit-il, alors qu’elle concluait que la situation ne devait pas être aisée pour Adonis. Je suppose que les élèves contestent sa légitimité en tant que sous-directeur. »

Comme cela avait été le cas, fut un temps avec Ombrage, il était certain que Thelma avait la même référence en tête, puisqu’ils avaient tous les deux connu cette époque. Roy ne doutait toutefois pas du fait que Leopold ne répéterait pas la même grossière erreur à Poudlard. La conversation dériva sur Shea, et Roy esquissa un petit sourire, sans pouvoir s’empêcher de révéler ce qu’il pensait d’elle :

« Sûrement, elle a de toute façon un certain talent pour se faire aimer de tout le monde. Il ne l’imaginait pas avoir des ennemis, même lui, alors qu’il lui avait fait de sales coups dans leur adolescence, elle lui avait pardonné et ils étaient désormais en bons termes. Elle enseigne des cours de yoga à Pré-au-Lard aussi, si elle ne te l’a pas déjà dit. Tu pourras lui rappeler que je suis un bon ami qui lui fait de la publicité ! »

Il écouta avec plus d’attention que précédemment ce qu’elle répondit à propos d’Adonis, guettant du coin de l’oeil ce que sa gestuelle pouvait laisser comme indices. Pas grand-chose, en vérité. Thelma répondit sans vraiment répondre, ce qui laissa Roy dans le flou : à quel point était-elle proche d’Adonis ? Il décida qu’il n’avait finalement pas envie de le savoir, sa fierté toute masculine venait d’avoir ce qu’elle cherchait, avec la remarque que lui retourna Thelma. Oui, il pouvait se montrer aussi charmant qu’un Adonis, même plus. De toute manière, il ne l’avait pas invitée pour parler d’autres hommes. Un sourire enjôleur et taquin étira ses lèvres, alors qu’il glissait son bras autour de la taille de la jeune femme.

« Je ne vois pas de quoi tu parles… »

En vérité, elle ne savait sans doute pas à quel point il partageait des points communs avec Adonis, mais cela lui allait très bien qu’ils en restent à la surface de leur caractère charmeur, et qu’elle ne sache pas que leur ambition et leurs capacités à manipuler les avaient tous les deux conduits à faire des affaires ensemble. Chassant de ses pensées le sous-directeur, Roy répondit à la question de sa partenaire sur le même ton malicieux :

« Manger un morceau au chaud avec une vue sur la plage, qu’est-ce que tu en dis ? »

Les restaurants près du port étaient les plus chics, du moins lorsque l’on évitait les coins qui avaient été infestés par les sharacks autrefois. La ville avait été tout de même bien nettoyée. Il n’y avait plus autant de délinquants pour s’arracher la propriété de tel ou tel territoire, et intimider les civils qui oseraient y rester trop longtemps. D’un oeil extérieur, Bristol était devenue plus sécurisée, plus calme, purgée de ses parasites. La vérité était que les malfrats de la ville -ceux qui avaient échappé aux arrestations- prenaient la place que Roy Calder voulait bien leur laisser, à savoir, pas grand-chose. Ironie du sort, les Bristoliens ne savaient pas qu’ils devaient leur paix en partie précisément à ceux qu’ils souhaitaient voir quitter leur ville. La tactique choisie par le gouvernement de combattre le mal par le mal avait parfaitement fonctionné. Et elle continuerait de fonctionner, tant que tout continuerait de s’opérer dans le plus grand secret, et que chacun restait à sa place, ce à quoi Roy était précisément chargé de veiller. Vraiment, Marchebank avait obtenu exactement ce qu’il voulait : la mafia bristolienne n’avait jamais été aussi silencieuse et paradoxalement aussi présente dans la ville…

Ah, Roy Calder, ce n’était pas le moment de penser viles affaires ! S’efforçant de ranger le chef de la mafia au placard pour se concentrer sur la charmante compagnie de Thelma, Roy lui désigna la devanture du restaurant qu’il avait choisi. Ils prirent le temps de se faire accueillir et placer à la table qu’il avait réservée. Le cadre était sans chichis, mais pas moins enchanteur pour cette soirée du réveillon. Tous les détails avaient été étudiés avec soin, depuis la façon dont l’argent scintillant des murs se reflétait dans les sculptures de glace disposées tout autour des tables, jusqu’au petit sortilège de lévitation qui soulevait de quelques gracieux centimètres un bouquet de flammes magiques enfermées dans des sphères de cristal, au-dessus de chaque table. Et, évidemment, ce large panorama sur l’estuaire noire d’encre, illuminé du clair de lune et des lumières vives d’une Bristol en période de fêtes. L’ambiance musicale ? Les jeunes étudiants qui jouaient de la guitare sur la plage où se tenait la veillée habituelle du nouvel an et dont on entendait monter la légère clameur. Qui se doutait que Roy Calder pouvait faire preuve de romantisme ? Cela lui arrivait de plus en plus souvent depuis qu’il pouvait se payer ce genre de luxe, autant pour impressionner la demoiselle que pour se satisfaire de l’idée que sa position sociale avait désormais changé : il n’était plus ce petit délinquant qui écumait tous les bars malfamés de la ville, non, il n’était plus n’importe qui.

« Ca te plait ? s’enquit-il en laissant Thelma s’asseoir, avant que son regard ne soit indubitablement attiré par la vue du port, à leur fenêtre. Tu m’avais demandé de te faire découvrir les Folies Sorcières la dernière fois… Alors, je me suis dit que cette fois, je te montrerais Bristol. »

Roy romantique, oui, dans les façons de faire, seulement… Il y avait toujours cette lueur de malice et d’assurance dans ses yeux sombres qui étaient revenus se poser sur Thelma, cette tonalité plus enjôleuse que sincère dans sa voix, cette espèce d’aura un peu inquiétante mais qui faisait indubitablement son charme de mauvais garçon, d’ailleurs les femmes un peu clairvoyantes voyaient assez vite qu’il y avait anguille sous roche, avec cet homme. La plupart restaient tout de même… Juste pour le plaisir de se brûler un peu les ailes.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
Messages : 193

Voir le profil de l'utilisateur
Thelma devait reconnaître qu'elle ne s'était pas attendue à ce que Roy lui sorte le grand jeu à ce point là. Le restaurant dans lequel il l'emmena était chic et délicieusement décoré pour la soirée du nouvel an. Thelma y pénétra avec de grands yeux émerveillés, elle qui était habituée à passer ses repas à la grande table de Poudlard - non pas que la nourriture des elfes n'était pas bonne, bien au contraire, mais le cadre était tout de même moins enchanteur. Du moins on ne l'observait pas avec le même regard à trente-trois ans qu'à onze, et l'on finissait par se lasser de la compagnie de la dizaine d'autres adultes qui habitaient l'école... Cette soirée s'annonçait donc enchanteresse pour la sorcière qui ne boudait pas son plaisir, un large sourire approbateur aux lèvres tandis qu'elle observait les petits détails de la décoration tout en s'installant.

Le plus beau restait la vue sur la plage de Bristol, époustoufflante sous le clair de lune. Thelma eut du mal à en détâcher son regard pour reporter son attention sur Roy, qui semblait visiblement satisfait de lui - et il pouvait l'être. Thelma s'assit et se laissa envahir par cette ambiance douce et festive, écoutant d'une oreille la musique qui provenait de la plage.

"Eh bien, je ne t'aurais pas cru si romantique...", le taquina Thelma en vrillant un regard appréciateur sur son interlocuteur. Oui, elle appréciait être courtisée de la sorte, même s'ils savaient tous les deux qu'il n'y avait rien de véritablement romantique dans cette soirée. Ce n'étaient pas un couple exclusif qu'ils formaient, mais cela n'empêchait pas de passer un bon moment ensemble et de rendre cette nuit du nouvel an mémorable. Les relations n'avaient pas besoin d'être éternelles pour se révéler appréciables...

"Tu as bien fait, c'est un très bel endroit. Pour être honnête, je ne pensais pas que Bristol pouvait avoir autant de charme."

Oh, cela ne valait pas Dublin - aucune ville ne valait Dublin, mais c'était sa ville natale, sa véritable maison. Pour autant, Thelma avait toujours aimé chercher la beauté et le caractère d'une ville et il lui semblait que le coeur de Bristol se trouvait ici, sur la jetée près du port. Thelma fut tirée de sa contemplation par l'arrivée du serveur qui leur tendit les menus et leur proposa le New Year Specials, un menu à base de poissons et de fruits de mer avec dessert au champagne, concocté spécialement pour l'occasion. Thelma n'eut pas besoin de beaucoup réfléchir pour décider de se laisser tenter, et attendit que Roy ait lui aussi passé commande pour l'interroger :

"Tu as grandi ici, à Bristol ?"

Il avait l'air d'aimer cette ville, au moins autant que Thelma aimait Dublin.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1879

Voir le profil de l'utilisateur
Un fin sourire se glissa sur les lèvres de Roy, à la remarque de Thelma, qu’il devinait taquine derrière son ton. Roy Calder romantique, ce n’était pas souvent qu’on disait cela de lui, tiens. Il ne l’était pas vraiment, mais pouvait s’en donner l’air lorsqu’il le cherchait, et c’était bien ce qu’il avait cherché, ce soir. Alors il était satisfait que Thelma en tire cette conclusion. Et il était satisfait de voir ce regard brillant, suggérant qu’il avait réussi à lui en mettre plein la vue. Plaçant le menton sous sa main, pour tourner lui aussi le regard vers la plage animée, un sourire plus sincère éclaira son expression alors qu’il répondait :

« Si les gens restent ici, malgré tout ce qui arrive, tout ce qui gangrène la ville… C'est bien parce que Bristol, c’est surtout ça. »

Et cela faisait partie des choses qui retenaient Roy ici. Son commerce restait en première postion, évidemment. Ah, il était le bienvenu à parler jolie ambiance, le Roy, quand c’était lui la main noire qui tenait la mafia de cette ville… A l’extérieur, c’était un homme honnête, dirons-nous. Du moins, ce soir, il était le gérant de casino officiellement honnête. Reportant son attention sur Thelma, la discussion fut interrompue par l’arrivée du serveur. Roy porta son choix sur une autre spécialité marine du restaurant, avant que la jeune femme ne décide de poursuivre leur conversation sur Bristol. Il sourit à sa question, c’était drôle comme ses interlocuteurs avaient toujours l’impression qu’il était né ici. Sûrement le fait qu’il connaissait la ville comme sa poche et y évoluait comme un poisson dans l’eau, pas prêt de la quitter.

« Non, j’ai grandi en face, répondit t-il, en désignant du regard les côtes que l’on pouvait imaginer se profiler au-delà de l’estuaire. Au pays de Galles, dans la banlieue de Cardiff. J’ai du perdre mon accent et attraper celui d’ici, en fait, personne ne le devine, ricana t-il, bien qu’il lui semblait que son accent gallois n’avait jamais été très marqué, entre Poudlard et ses vadrouilles ensuite, il avait vite côtoyé d’autres horizons, se détachant volontairement du domaine familial. Mais j’en suis assez vite parti, pour travailler. »

Et c’était plus travailler qu’étudier d’ailleurs. Finalement, il n’avait pas fallu plus de deux ans à Roy pour décréter que les études n’étaient pas pour lui, prendre son balluchon, et aller chercher un moyen de se débrouiller. Une décision qui n’avait jamais plu à son père, notamment. Combien de discours moralisateurs avait t-il dû entendre, sur le fait qu’il gâchait son potentiel, qu’il était capable de faire de grandes choses mais qu’il était juste trop paresseux pour se donner la peine de faire quelque chose de respectable de sa vie ? Au moins aussi têtu que son père, Roy avait préféré prendre ses distances plutôt que de continuer à s’entendre dire qu’il gâchait son avenir. Il y avait vu une preuve de plus que sa famille refusait d’entendre ses propres attentes de la vie et de voir ce qu’il était réellement : sûrement pas un futur cadre à la vie bien réglée. C’était comme ça, c’était dans son caractère, dans ses ambitions personnelles, il avait toujours eu le goût du risque et de l’extraordinaire. Un travail de bureau, aussi méritant et prestigieux soit t-il, l’aurait profondément ennuyé, il le savait. Il n’était pas fait pour suivre des règles que d’autres auraient établi pour lui, toute sa vie d’enfant et d’adolescent, Roy s’était amusé à enfreindre les règles, à tester ses limites, à bouleverser ses routines. A l’heure actuelle, la mafia était ce qui lui permettait le mieux de s’épanouir dans sa recherche de frissons, mais qui sait ? Un jour, peut-être, cela finirait par l’ennuyer aussi, et il devrait se chercher autre chose. Pour le moment il n’en était pas question évidemment, comme il se plaisait à le dire, c’était maintenant que son jeu était le plus intéressant. Revenant sur la conversation, il révéla une partie de ses pensées à Thelma :

« Bristol m’a ouvert ses bras à un moment où j’étais en pleine déroute. La vraie magie de cette ville, c’est qu’il y a toujours des opportunités ici pour ceux qui veulent les saisir, conclut t-il, une fine lueur dansante au fond de son regard. Croisant les mains sous son menton, Roy poursuivit, le ton volontairement plus léger : Et toi, Thelma, quel est l’endroit qui fait battre ton coeur ? Outre celui de mes bras, évidemment. »

Et le petit sourire en coin qui allait avec, parce que c'était plus fort que lui, même quand il voulait avoir l'air innocent.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
Messages : 193

Voir le profil de l'utilisateur
Un petit rire un peu cruche franchit les lèvres de Thelma à la question de Roy. Quel beau parleur, celui-là, songea-t-elle intérieurement en lui offrant un sourire malicieux. L'enseignante ne prêtait aucune attention au petit signal d'alarme qui s'était allumé dans son esprit. Méfiance, méfiance, rien de bon ne pouvait venir de cet homme là ! Elle le sentait bien, Roy avec son air sombre et mystérieux semblait déceler mille dangers et n'était pas exactement le genre de fréquentations idéales qu'elle était censée avoir. A son âge, on devait se trouver un gentil mari, comme le disait sa mère ! Qu'importe, Thelma avait le droit de prendre ses propres décisions, même si elles n'étaient pas des plus judicieuses, et cette soirée s'annonçait des plus exquises. Certes, Roy Calder n'était certainement pas l'homme avec lequel elle finirait ses jours, mais cela ne devrait pas l'empêcher de finir l'année et de commencer la nouvelle en sa compagnie !

"Saisissons les opportunités, alors", souffla-t-elle en réponse, glissant un regard entendu sur lui.

Elle porta son verre à ses lèvres pour se donner une contenance puis répondit à sa question, ayant à son tour des étoiles dans les yeux :

"Je viens de Dublin, belle capitale de l'Irlande ! Il faut voir le quartier magique par là-bas, c'est tellement animé et les gens sont si chaleureux que je m'y sens toujours chez moi. Je rentre à Dublin dès que j'en ai l'occasion, et je ne passe que mes soirées de garde à Poudlard, en général. J'ai d'ailleurs conservé mon appartement irlandais. De plus, ma famille et la plupart de mes amis vivent là-bas... A vrai dire, je ne connais pas si bien les villes anglaises telles que Bristol."

Ils furent interrompus par un serveur endimanché qui vint leur apporter des plats fumants et délicieux. Toute à la dégustation de son homard, les joues échauffées par le vin des elfes et par le flirt gentillet de Roy, Thelma ne vit pas la soirée passer. Quand les douze coups de minuits retentirent, et que les feux d'artifices explosèrent dans le ciel, Thelma se trouvait sur la plage de Bristol, au chaud dans les bras de Roy. L'endroit qui faisait battre son coeur, au moins pour ce soir...
RP terminé
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

All I want for New Year [Thelma & Roy]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» HAPPY NEW YEAR
» We wish you a merry chrismas and !a! happy new year ♪
» Mon dieu à moi... [LIBRE Senior Year-A]
» New year's day... pour les fans de U2...
» Happy New Year :3

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Bristol,-