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 Âme en peine recherche réconfort [Juliana & Klemens]

Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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23 décembre 2008

La colère l'emportait désormais sur la tristesse. Il n'allait certainement pas s’apitoyer sur la perte de Roy. Après tout ce qu'il lui avait craché à la figure. Non, Roy n'avait pas le cadavre de sa soeur ni d'une adolescente innocente sur les bras, ni sur la conscience. Parce que visiblement, il n'en avait plus de conscience. Pas même un minuscule fragment. Le tout était bien trop dissimulé par une grosse couche d'orgueil et un ego surdimensionné.

Il n'avait pas voulu de son aide ? Il n'avait pas voulu l'écouter ? Grand bien lui fasse. Ce n'était plus son problème à présent. Roy avait décidé de jouer au con ? Très bien. Qu'il gère tout seul. Lui, il avait donné. Si c'était pour se faire humilier et se prendre des coups de poignard dans le dos, ce n'était pas la peine. Il avait suffisamment de mal à vivre avec ses démons sans qu'un soi disant ami s'amuse à les lui balancer à la figure au détour d'une dispute.

Tout ça parce qu'il ne voulait pas reconnaître qu'il avait changé. Tout ça parce qu'il était trop fier pour admettre qu'il avait besoin d'aide. Alors, oui, lui n'était pas forcément le mieux placer pour dire ça. Mais au final, il n'avait jamais repoussé Roy avec autant de violence. Et oui, il avait eu l'impression que Roy ne regrettait rien du tout. Qu'il avait tellement bien étouffé ses ressentis qu'il avait complètement étouffé sa conscience. Et pour quoi ? Pour de l'argent et du pouvoir. Pour devenir le maître de la Voie des Miracles. Étouffer toute concurrence.

C'était tout simplement écœurant. Il avait essayé de l'avertir. Il n'avait rien voulu entendre, tant mieux pour lui. C'était la dernière fois. C'était terminé. Il ne voulait même plus entendre parler de cet ingrat. De cet espèce d'hypocrite qui se disait son ami mais qui finalement se foutait de lui. Oh qu'elle était belle leur amitié quand tout ce que Roy voulait c'était quelqu'un pour se saouler la gueule. Alors, non, il n'avait pas pu se taire. Il n'était pas simplement qu'une belle gueule et un grand niais. Il avait suffisamment donné de son corps. Il avait déjà suffisamment fait taire son esprit par le passé.

Et pourtant, il ressassait tellement qu'il n'avait pas envie de rentrer chez lui. Il n'avait pas envie de se retrouver seul dans son appartement. La peur de prendre réellement conscience de ce qui venait de se passer. De prendre réellement conscience de ce qu'il venait de perdre et de ne pas être capable de tenir le coup. Il avait besoin de parler à quelqu'un qui serait capable de comprendre. Qui avait déjà plus ou moins vécu la mauvaise foi de Roy Calder. Et surtout de quelqu'un qui connaissait son secret et qui ne serait pas susceptible de recevoir la visite du mafieux. Quelqu'un qu'il éviterait à tout prix un jour comme celui-ci.

Jayce était donc exclu. Lilly ne savait rien des activités de Roy, Shea non plus. Et Irving encore moins. Et l'idée de mêler encore son voisin à l'un de ses secrets et de ses histoires ne l'enchantait pas plus que cela. Il poussa un soupir avant que le visage de Juliana ne s'impose à son esprit. Après tout,la jeune femme savait que Roy était un trafiquant. Et il y avait peu de chance que Roy se tourne vers elle. Pas après la déception amoureuse qu'elle lui avait infligé. Il avait bien trop de fierté orgueilleuse pour se diriger vers son ex petite-amie. Mais Klem lui n'avait pas ce genre de scrupule. Il n'avait rien contre la serveuse. Et il se rendait compte qu'il ne s'était pas rapproché plus que cela d'elle uniquement par respect pour son ancien ami.

Mais maintenant qu'est-ce qui le retenait ? Ce n'était pas comme si il lui devait encore quoique ce soit. Au contraire, ce serait presque une espèce de victoire malsaine que de montrer à quel point il était proche de Juliana, lui. Sa décision prise. Il arrêta de déambuler sans but dans Bristol. C'était un truc à se faire repérer par les autorités, ça en plus. Il se dirigea donc d'un bon pas vers l'Avenue des Douze Chênes et s'arrêta devant la porte du restaurant Le Triton Ardent. Il hésita un instant avant de pousser la porte. Il n'était pas vraiment sûr de ce qu'il faisait. Mais il finit tout de même par pousser la porte et entrer.

Il avait besoin d'un remontant de toute façon. Et puis... discuter avec Juliana ne pourrait pas lui faire de mal après tout. Il inspira profondément, sa colère pas complètement disparue. Il s'installa au bar et esquissa un léger sourire lorsqu'il croisa le regard de Juliana.

"Salut !"

Il se demanda un instant quelle tête il pouvait bien avoir. Les yeux rouges sans doute à cause des pleurs amers. Ou alors le visage dur. Crispé par la colère. Ou peut-être un mélange des deux. C'était difficile pour lui de savoir. Après tout, il ne se voyait pas.


Klemens Dabrosky
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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23 décembre. Le spectre de Noël planait sur Bristol, plongeant Juliana dans une morosité constante. La jeune femme avait toujours aimé Noël, pourtant, avant. Cette année, cependant, elle la redoutait ardemment, et l'approche du réveillon rendait l'attente de plus en plus dure. Car les fêtes donnaient envie d'être avec les personnes que l'on aime, et rendaient leur absence plus douloureuse encore que le reste du temps. Tout, dans les rues illuminées de Bristol, dans les décorations du restaurant, dans les sacs de courses et les conversations des clients, tout semblait s'allier pour lui rappeler qu'elle allait fêter son premier Noël sans son père. Et, par Merlin, qu'il était dur de sourire, qu'il était dur de prétendre, un chapeau de Noël rouge sur la tête, qu'elle était plongée dans l'esprit de Noël ! Elle n'avait jamais eu ce problème auparavant, quelles que soient les épreuves que la vie plaçait sur son chemin, car elle savait qu'elle aurait sa famille autour d'elle, et que la fête l'emporterait sur la mélancolie. Mais cette fois, c'était différent... Car il n'était plus là. Car ils le lui avaient pris.

Pourtant, il fallait faire l'effort, car ce restaurant serait le sien le mois prochain, et qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle se devait de montrer aux Hudson, ce gentil couple qui avaient fait d'elle leur second enfant, qu'ils laissaient leur établissement entre de bonnes mains. Que l'on pouvait faire confiance à Joel et Juliana, ces deux serveurs sans histoire, au sens du commerce... et à l'esprit révolutionnaire aiguisé. Les choses étaient compliquées pour les deux amis depuis la guerre des gangs, mais ils se serraient les coudes et tentaient d'avancer ensemble, de se battre pour leur futur plutôt que de s'apesantir sur le passé. Mais des évènements tels que les fêtes de fin d'année, où l'on se retrouvait en famille, n'aidaient pas. Juliana appréhendait déjà le grand repas des McNeil, sur lequel planerait à n'en pas douter l'ombre de John.

Elle se sentait si éloignée de l'esprit de Noël, qui semblait s'afficher sur les visages des enfants qui venaient manger dans son restaurant. Hier seulement, elle était l'une d'entre eux, riant et trépignant à l'approche du 25 décembre, spéculant sur ses cadeaux, se gavant de chocolat. Hier seulement, elle croquait la vie à pleines dents, faisant des rencontres au détour d'une bataille de boules de neige et d'une patinoire. Mais aujourd'hui, il lui semblait que quelque chose en elle s'était brisé, et avait emporté son innocence, sa capacité à s'émerveiller. Heureusement, Joel la comprenait si bien qu'elle avait souvent l'impression qu'il était une extension d'elle-même. Anticipant ses besoins, allégeant sa peine, lui rendant le sourire comme il était le seul à pouvoir le faire... Joel était son meilleur ami, et en tant que tel, il était là pour elle.

Mais ce soir, c'était à son tour d'être là pour quelqu'un. Un seul regard sur le visage de Klemens Dabroski suffit à l'en convaincre, tant le jeune homme avait mauvaise mine. Il semblait perdu, désemparé, il avait visiblement pleuré, et pourtant une lueur de colère luisait au fond de son regard. Ce qui l'avait poussé à se réfugier au Triton, auprès de Juliana ? La jeune femme n'en avait aucune idée. Klemens et elle se connaissaient plus par la force des choses que par amitié, et Juliana ne se rappelait pas avoir déjà eu une conversation seule avec lui, sans Valery ou Roy pour servir de lien. Après le décès du premier, Juliana avait naturellement associé Klemens à Roy et, du fait de leur relation tumultueuse, n'avait jamais cherché plus que cela à faire connaissance du plus discret Klemens. Pourtant, il semblait être quelqu'un de gentil et d'intéressant, mais elle ne pouvait vraiment dire qu'ils étaient proches. Cependant, il n'était jamais trop tard pour commencer, et si Klemens avait besoin d'elle, elle serait là. A vrai dire, cela pourrait certainement l'aider de se concentrer sur la peine de quelqu'un d'autre, et de rendre un peu du soutien qu'on lui avait apporté. Et puis à cet instant... Klemens semblait réellement en avoir besoin.

Fronçant les sourcils, Juliana l'observa un instant avant de répondre :

"Salut !"

Sans hésiter, elle saisit une bouteille de Whisky Pur Feu derrière le bar et remplit un verre, qu'elle glissa face à Klemens.

"Cadeau de la maison. Je te sers autre chose ?"

Juliana jeta un coup d'oeil à la salle, qui s'était vidée du fait de l'heure tardive. De toute façon, elle avait été reléguée pour la soirée, tandis que Joel se chargeait de la salle. Son meilleur ami capta son regard et lui adressa un sourire, avant de retourner vers les cuisines, chargé d'assiettes vides. Reportant son attention sur Klemens, elle s'appuya contre le bar et plongea son regard dans le sien.

"Tu veux en parler ?"



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Klem regarda un instant le verre que Juliana venait de lui servir sans le voir. Avait-il besoin d'autre chose ? De Roy. Mais à part ça ? Non, il lui semblait qu'il avait tout ce qu'il lui fallait. Quoique comme il ne pourrait plus jamais avoir Roy à ses côtés. C'était légèrement difficile de s'y retrouver dans ses besoins et ses envies. Peut-être que la jeune femme pourrait laisser la bouteille sur le bar. Ça lui économiserait des mouvements.

"Je pense que tu peux laisser la bouteille sortie. Je vais en avoir besoin."

Il se saisit du verre qui trônait devant lui et le vida cul-sec. Il grimaça légèrement lorsque l'alcool lui brûla la gorge et reposa son verre vide sur le comptoir. Il médita un instant la question de Juliana. Voulait-il en parler ? Il était venu là pour ça à la base. Pester sur Roy et sur son comportement. Mais tout ça lui paraissait stupide désormais. En quoi cela intéresserait-il la serveuse ? Elle avait sûrement autre chose à faire que de l'écouter geindre. Et pourtant... sa rancœur était trop profonde et il ne s'était pas déplacé pour rien après tout.

"Et bien... je voudrais pas te déranger. T'as sûrement encore plein de boulot."

Oui, en y réfléchissant bien. Il avait été assez égoïste dans sa démarche. Ne pensant qu'à lui et à son petit malheur alors que la jeune femme qu'il connaissait à peine n'en avait sûrement rien à faire. Mais elle connaissait Roy et elle devait savoir comment il pouvait être parfois. Il ne voulait pas se faire plaindre. Il voulait juste être compris. Il voulait juste avoir l'impression d'avoir agit correctement en allant voir Roy. Même si maintenant tout était fichu. Sans doute même irréparable. Il fixa son verre vide un moment avant de reprendre la parole.

"Je me suis disputé avec Roy."

Il poussa un soupir et se laissa retomber contre le dossier de sa chaise avant de plonger son regard dans celui de Juliana.

"Pas le genre de dispute comme on a tout le temps et où on se réconcilie au bout de trois jours. C'était... sérieux. C'est la première fois que je le voyais comme ça. Et... je crois que cette fois-ce, y a pas de retour en arrière. De toute façon, même si il revenait, il ne serait pas le bienvenu."

Son regard se durcit légèrement. Non, il n'était pas prêt à lui pardonner ses paroles. Il y avait beaucoup de choses qu'on pouvait dire sur lui. Mais il ne fallait pas dépasser les limites. Et le trafiquant les avait toutes explosées une par une dans l'unique but de le blesser profondément.

"Il a dépassé les bornes. Il veut jouer aux imbéciles ? Et bien qu'il reste dans sa bêtise. Je m'en lave les mains. Il se complaît dans sa mauvaise foi ? Et bien qu'il y reste. J'ai eu ma dose."

Il serra son verre un peu plus fort avant de le relâcher de peur de la casser. Il poussa un nouveau soupir avant de secouer légèrement la tête. Voilà qu'il recommençait à s'énerver tout seul.

"Excuse-moi. Je ne voulais pas m'énerver. C'est juste que... je le comprends pas."

Roy avait tout pour être heureux. Une famille prête à lui ouvrir les bras si il prenait la peine de se laisser aimer. Des amis prêts à l'aider et à soulever des montagnes. Mais non. Il préférait tout rejeter pour de l'argent et du pouvoir. Il était prêt à renoncer à son épanouissement sentimental uniquement pour gagner des gallions et pour diriger une bande de bras cassés sans scrupules. Alors non, il ne comprenait pas. Il n'arrivait pas à savoir quand son ami avait autant changé. A moins qu'il ait été toujours ainsi et que Klemens ne s'en aperçoive que maintenant.


Klemens Dabrosky
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Soucieuse, Juliana servit un deuxième verre à Klemens, en se promettant néanmoins de surveiller sa consommation. S'il avait voulu se saoûler dans l'anonymat, il ne serait pas venu précisément dans le bar de l'ex de Roy où elle lui servirait les verres, non, il avait besoin que quelqu'un soit là pour lui. Elle ne connaissait pas les détails de son histoire mais quelque chose lui disait que Klemens était quelqu'un d'assez seul, et que cela ne pourrait pas lui faire de mal que l'on prenne un peu soin de lui.

"Tu ne me déranges pas", répliqua-t-elle d'un ton doux mais ferme. Il devait être clair pour Klemens qu'elle était disponible pour l'écouter, car elle préférait largement cela à ce qu'il reste seul, dans cet état. Ses deux seuls autres clients au bar étaient un couple complètement absorbé par la présence de l'autre, qui n'avaient pas bu la moitié de leur verre, alors ils étaient tranquilles.

"C'est bientôt l'heure du couvre-feu de toute façon, ça va se vider."

Une grimace étira les traits de la serveuse quand Klemens lui dévoila la raison de son désarroi. Roy, bien sûr. Roy, encore. Le trafiquant avait encore frappé, et cette fois, il s'en était pris à son acolyte de toujours... Juliana les avait cru inséparables, mais à en juger par le discours de Klemens, elle s'était trompée. Pourtant, sans même connaître les circonstances de la dispute, elle n'était pas aussi persuadée que Klemens du caractère définitif de leur rupture amicale. Elle aussi avait cru pendant un temps que Roy avait dépassé les bornes et qu'elle ne pourrait jamais lui pardonner. Pourtant, avec le temps, et surtout face au comportement du jeune homme, elle avait fini par retrouver ce qui lui avait plu chez lui et par s'adoucir. Roy était ainsi, et vivre une relation amoureuse avec lui lui avait sans doute permis de le comprendre plus vite que Klemens. Il était colérique, égoïste, orgueuilleux, et capable d'appuyer très fort où cela faisait mal lorsque les choses n'allaient pas dans son sens... Oui. Oui, mais il pouvait également se montrer tout aussi adorable qu'il pouvait se montrer méchant, tout aussi généreux qu'il pouvait être égoïste. Il était capable de réaliser ses erreurs et de s'excuser. Et de s'en mordre les doigts, comme il n'allait probablement pas tarder à le faire...

Un soupir franchit les lèvres de Juliana alors qu'elle constatait que son ex ne changeait décidément pas. Il n'apprenait pas, non plus, et c'était plus inquiétant. Et si c'était Klem qui, la prochaine fois, lui disait qu'il était trop tard ? C'était une chose que de perdre la femme que l'on aimait, mais perdre son meilleur ami pouvait se montrer tout aussi rude, sur le long terme. Désireuse de ne pas prononcer de jugement tant qu'elle n'avait pas plus d'informations, Juliana répondit avec prudence :

"Je suis désolée d'entendre ça, Klem. Je compatis, sincèrement, moi non je ne le comprenais pas, tu sais..."

Non, elle ne comprenait toujours pas ce qui avait pu le pousser à la tromper, alors qu'ils étaient bien ensembles. Pourquoi il avait ressenti le besoin de lui mentir, si souvent, alors qu'elle s'était ouvert à lui, qu'elle lui avait accordé sa confiance. C'était un horrible et déchirant sentiment de rejet et d'abandon, qu'elle ne souhaitait à personne, et surtout pas à Klemens. Cela la blessait toujours autant d'y repenser, même si elle avait fini par lui pardonner, aussi pouvait-elle comprendre ce que ressentait le jeune homme.

"Pourquoi vous vous êtes disputés, au juste ? Si ce n'est pas trop indiscret, bien sûr."




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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klemens remercia Juliana lorsqu'elle lui servit un second verre. Il se doutait que si elle tenait la bouteille, elle ne le laisserait pas boire autant qu'il voudrait. L'oubli ne serait pas pour ce soir ou du moins pas avec la jeune femme pour veiller sur lui. Toutefois c'était apaisant de constater que malgré le fait qu'ils se connaissaient à peine, elle était tout de même là pour l'écouter.

Il n'aurait jamais imaginé qu'un jour il se sente aussi bien entouré. Il avait toujours pensé que si Roy venait à sortir de ses fréquentations, il en profiterait pour quitter l'Angleterre. Plus rien ne le retiendrait. Mais il prenait conscience que sa vie s'était construite, ici. Il ne pouvait pas partir alors qu'il s'engageait activement dans la Salamandre. Il ne pouvait pas partir alors qu'il se liait d'amitier avec des personnes différentes. Il y avait Lilly, Irving, Shea et maintenant Juliana. Il ne pouvait pas partir sans dire au revoir. Et les adieux n'avaient jamais été son fort.

Il était beaucoup trop faible pour affronter ses choix. Il n'aurait jamais eu le courage de les regarder dans les yeux pour leur annoncer qu'il partait parce qu'il n'y avait rien pour lui ici. Alors que ce n'était pas vrai. Il les avait, eux. Même si ce n'était pas une amitié aussi forte que ce qu'il partageait avec Roy. Et au fond de lui, il savait que si il partait, c'était la fin définitive de son amitié avec le trafiquant. Et il n'était pas encore prêt à y mettre un terme. Malgré ce qu'il affirmait, si Roy venait lui présenter ses excuses ce soir ou peut-être même dans la semaine qui suivrait, il l'accueillerait à bras ouvert.

Mais il avait l'intime conviction que cette fois-ci, cela ne se passerait pas de cette façon. Il y avait eu trop de mots blessants échangés. Trop de rancœur et d'accusation déballée pour que tout cela s'oublie facilement. Et puis, Roy changeait réellement. C'était un fait. Alors une réconciliation, à quoi bon si à peine deux jours plus tard, ils se disputaient à nouveau pour les mêmes raisons ? Parce que Roy n'allait pas devenir subitement intelligent. Il était trop orgueilleux et trop dans le déni pour ça. Klemens voyait bien que le mafieux n'avait pas envie de se remettre en question.

Il poussa un léger soupir alors que Julia confirmait qu'elle non plus ne le comprenait pas. Il vida son second verre et haussa les épaules lorsqu'elle lui demanda la raison de leur dispute. Il se demanda un instant si c'était réellement judicieux de lui en parler. Après tout, ce n'était pas très charitable de sa part de créer discordes supplémentaires entre Roy et son ex. Mais après tout, Julia pourrait se faire sa propre opinion. et peut-être qu'elle verrait des choses qu'il n'avait pas vu. En parler ne pourrait pas lui faire de mal.

"Il change. Il a toujours été un peu au dessus des lois, il s'en fiche. Et tout ce qui l'a toujours plus ou moins intéressé c'était de s'enrichir facilement et rapidement. Mais il avait une certaine éthique. Il avait des valeurs. Il n'a jamais tué de sang-froid, n'a jamais fait comme si il ne ressentait rien. Et là... je sais pas. Rien que le bouclage de Bristol aurait dû le révolter. Et là, rien du tout. Il semble pas indigné ni rien. Comme si c'était normal."

Klem poussa un léger soupir dépité.

"On a pas toujours eu les mêmes avis sur tout mais on c'est toujours parlé et toujours compris. Là... j'ai à peine commencé à parler qu'il a commencé à me prendre de haut. Avec sa fierté de bouffon. Il a même pas essayé de m'écouter. Trop buté qu'il était. Il a toujours dit qu'il ne serait pas Griggs ou tout ces mafieux pourris jusqu'à la moelle mais il est en train de devenir comme eux. Tu l'aurais entendu parler. Tu l'aurais surpris en train de parler à ses hommes. T'en serais pas revenue. Il m'a affirmé que c'était ses associés. Mais à la façon dont il leur parle, c'est lui le chef et il aime pas être contredit. Il est en train de tourner exactement comme ces types qu'il a toujours méprisé. Et ça me fait peur. J'ai essayé de lui en parler, de lui faire comprendre mais il veut rien entendre. Et bien c'est parfait. Je vais pas le laisser m'insulter et me balancer les erreurs de mon passé à la figure juste parce que j'ose lui dire ce que je pense. Il veut rester dans sa connerie ? Il veut devenir une pourriture ? Et bien tant mieux pour lui. Moi j'ai donné, j'abandonne."

C'est à cet instant qu'il prit pleinement conscience que son amitié avec Roy était bel et bien terminée. Il baissa le regard et serra légèrement les poings. Il avait vécu tellement de chose avec son meilleur ami. Des choses difficiles et d'autres beaucoup plus légères. Ils avaient toujours réussi à parler de tout même si ça finissait avec les poings à la fin. Même si ils n'étaient pas d'accord. Mais cette fois-ci, le pouvoir et l'argent avaient fini de corrompre son ami et Klem avait bien essayé de l'aider. D'abord en faisant semblant de ne rien voir. Puis en allant lui en parler. Mais il ne voulait pas son aide. C'était son problème après tout. Mais ce qui se passait à présent, le lycanthrope ne pouvait pas le cautionner. Et fermer les yeux maintenant, il n'en était plus capable. Comment continuer à voir Roy alors que ce qu'il faisait le dégoûtait profondément ? Comment continuer à faire comme si de rien était ? C'était impossible. Et si Roy ne voulait pas arrêter et bien Klem mettrait un terme à leur amitié. Peut-être que c'était ce qu'il fallait pour faire revenir le mafieux à la raison après tout. Sauf si il en avait vraiment rien à foutre de lui et qu'il restait avec lui depuis toute ces années par pitié. Et pour jouer au Poker et fumer des joints de temps en temps.


Klemens Dabrosky
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil inquiet autour d'eux quand Klemens se mit à lui répondre, déballant à demi-mots les crimes de Roy, en plein milieu de son restaurant. Heureusement, l'endroit était quasiment vide et les deux seuls clients n'avaient rien entendu. La jeune femme fit le tour du comptoir pour venir s'installer sur une chaise haute à côté de Klemens et mieux l'écouter, méditant ses paroles. Ainsi, Roy n'avait pas été bouleversé par le bouclage de Bristol... Tout comme il n'avait pas été rendu inquiet par les multiples arrestations de trafiquants réalisés par la milice ni par la forte présence policière en ville, comme s'il savait que tout cela ne le concernait pas. Qu'il était tellement au-dessus des lois que cela ne pourrait l'impacter, ni lui, ni ses affaires officielles aux Folies Sorcières, ni ses affaires officieuses sur la Voie... Et voilà qu'il parlait à "ses hommes" - depuis quand Roy avait-il des hommes ?, voilà que Klemens le plaçait au même niveau que des mafieux tels que Griggs. Que devait-elle en déduire ? Que devait-elle déduire du discours révolté de Klemens ?

Le meilleur ami de Roy avait toujours su qu'il faisait plus que flirter avec les limites de la légalité. Juliana avait d'ailleurs toujours soupçonné, sans en savoir plus, que c'était là ce qui avait fondé leur amitié et les avait poussé à se rencontrer. Klemens n'avait rien d'un prude ou d'un moralisateur et ce n'étaient pas quelques trafics de mandragore qui allaient le choquer. Son discours était incroyablement volubile pour quelqu'un qui la connaissait si mal, comme s'il se moquait de trahir les secrets de Roy, ou qu'il savait à quel point elle était bien informée sur lui. Ce discours trahissait ce que Juliana soupçonnait fortement depuis la guerre des gangs. Roy faisait bien plus que de trafiquer un peu de mandragore, ces derniers temps. Son influence avait largement augmenté, ses responsabilités avec, et il était amené dans ce contexte de tensions politiques extrêmes à faire des actions que Klemens ne pouvait plus cautionner.

Et peut-être bien que si Roy ne se sentait pas concerné par les actions sécuritaires du ministère, c'était parce qu'il savait pertinement que cela ne l'affecterait pas... Car il y avait un tel décalage entre le discours rassurant du gouvernement sur la maîtrise de la mafia de Bristol et ce que lui rapportait Klemens que Juliana ne pouvait s'empêcher de se demander... dans quelle mesure il n'y avait pas une collusion entre le pouvoir et la mafia. Cette réalisation, purement hypothétique la faisait frémir d'angoisse et de révolte, et l'inquiétait bien au-delà du cas particulier de Roy Calder et de son amitié avec Klem. Elle décida de garder cette conclusion de côté, n'ayant aucune preuve pour l'étayer et ne souhaitant pas en rajouter du côté de Klemens, qui semblait bien assez désespéré comme cela.

Un peu sonnée par ce qu'elle venait d'entendre, Juliana soupira et posa une main sur l'épaule de Klemens qu'elle serra avec compassion.

"Si tu lui as dis clairement ce que tu pensais de ses actions et qu'il ne veut rien entendre... Je suis désolée, Klemens, mais tu le connais mieux que moi, tu connais son ambition et ce besoin de... Oui, de céder à la facilité, au frisson de l'illégal, je ne sais pas trop. Tu as fais ce que tu as pu pour lui, s'il ne veut rien entendre, malheureusement... Je ne vois pas trop ce que tu peux faire de plus. Et je sais que c'est dur mais si vous prenez deux voies complètement différentes, si vos valeurs s'éloignent beaucoup trop, je pense que cela peut être compliqué de maintenir une amitié, en effet."

La jeune femme se mordit l'intérieur de la joue en réfléchissant, peu satisfaite par ses propres paroles.

"Mais... N'abandonne pas trop vite tout espoir, Klem. Je ne sais pas exactement comment vous êtes devenus amis mais on sait tous les deux qu'il y a du bon en lui, malgré tout."

Le visage de June apparut alors dans son esprit mais elle s'efforça de ne pas le repousser. Ce doute que la jeune femme avait introduit en elle, elle ne l'avait jamais laissé l'envahir jusqu'à présent. Car elle n'avait aucun moyen de connaître la vérité, alors à quoi bon s'y attarder ?

"Tu sais comment il est. Tu sais qu'il est capable de sortir des mots blessants et de les regretter pendant des semaines ensuite. Je suis persuadée qu'il s'en veut déjà pour ce qu'il a pu te dire... Peut-être même que tes paroles vont faire leur chemin dans son esprit, ou peut-être qu'il a besoin de s'égarer encore un peu, de faire ses propres erreurs avant de réaliser qu'il fait fausse route."

Son discours était un peu trop optimiste, elle le savait bien. C'était ses propres espoirs qui transparaissaient ici, dans son regard un peu trop animé, dans son ton un peu trop décidé. Elle ne pouvait croire que Roy avait abandonné tout sens commun. Elle ne pouvait croire qu'il n'y avait rien de bon à en tirer, elle n'avait jamais pu. Sans doute était-elle trop naïve, sans doute allait-elle au devant de désillusions, comme Klemens, mais... C'était plus fort qu'elle.

Juliana posa un regard curieux sur son interlocuteur, avant de demander d'un ton doux :

"Klem... Tu dis qu'il t'a balancé les erreurs de ton passé à la figure, tu fais référence à quoi, au juste ?"

Roy était-il pardonnable, ou avait-il véritablement franchi une ligne, cette fois ?




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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Juliana confirma ses pires craintes lorsqu'elle énonça à voix haute ce qu'il pensait. Comment pourraient-ils rester amis en partageant si peu de choses en commun. Ils avaient passé de bons moments ensemble. Mais tout cela semblait révolu désormais. Il ne voyait plus du tout le monde de la même façon. Autrefois, ils divergeaient déjà sur certains points mais... rien d'insurmontable, rien de paradoxal. Klemens savait que Roy ne dépassait pas les limites du raisonnablement éthique. Il n'avait jamais eu de grandes exigences ni de grands interdits. Il tolérait beaucoup de choses. Mais il y avait des limites à ne pas dépasser. Et son meilleur ami en avait enfreintes certaines selon lui. Et sur tout les plans.

La porte tinta, signe que les derniers clients du restaurant venaient de partir. Ils n'étaient plus que tous les deux désormais. Il ferma un instant les paupières et se laissa retomber contre le dossier de son siège en soupirant. Il ne savait plus quoi faire. Tout semblait terminé. Les mots qui avaient été prononcés ne pourraient pas être effacés. Et il n'avait pas envie de pardonner cette fois-ci. Il n'en avait pas la force. Malgré ce que pouvait dire Juliana. Ne pas abandonner trop vite ? Mais il le faisait après plusieurs mois pour comprendre ce qu'il se passait. Cela faisait déjà au moins deux mois qu'il demandait à Roy pourquoi il devenait distant, pourquoi le bouclage ne le révoltait pas. Il avait attendu en vain qu'il vienne lui parler. Sur ce point, il était vrai qu'il ne pouvait pas le blâmer. Lui même ne lui avait pas directement annoncé la chose la plus affreuse qu'il n'ait jamais faite. Mais il avait attendu un minimum de réponses à ses questions. Et en retour, il n'avait eu que des rabrouements. Du style que tout allait bien ou qu'il ne fallait pas qu'il s'inquiète ou pire encore qu'ils verraient cela plus tard. Mais il l'avait attendu le plus tard et il n'était jamais venu. Et aujourd'hui, il avait exigé des réponses. Et il les avait eu. Oh oui, et il avait compris beaucoup de choses. Alors non, il n'abandonnait pas trop vite.

Lui aussi c'était raccroché à l'idée que malgré tout il restait du bon chez Roy. Cruelle désillusion que de constater qu'il avait tort. Ce soir, il n'y avait eu aucune bonté chez le mafieux. Il avait pu constater avec effarement toute la noirceur de son âme. Et il en était profondément attristé. Il était choqué également. Mais le sentiment prédominant semblait sans doute la colère. Comment un homme comme lui se permettait-il de le juger et de juger ses choix ? Surtout celui concernant sa mère. Lui ne faisait aucun effort pour conserver des liens avec son frère. Et pourtant, son cadet n'avait pas fait la moitié de ce que sa famille lui avait fait. Alors sa leçon de vie, il pouvait se la garder. Et il lui reprocher d'avoir la mort de sa soeur et d'une fillette sur les bras. Mais lui, il ne les avait pas tué de sang-froid. Alors oui, sa moralité à deux balles, il pouvait se la mettre où il pensait.

Alors lorsque Juliana lui affirma que dans deux jours, il regretterait ce qu'il avait dit. Klemens fit preuve de la plus grande mauvaise foi du monde. Il n'allait certainement pas lui accorder cela. Il avait eu trop mal, il était beaucoup trop blessé pour lui laisser le droit à des remords. Il serra légèrement les poings. Et il lui avait déjà dit beaucoup de choses auparavant. Ses paroles cette fois-ci ne traceraient pas plus leur chemin aujourd'hui qu'hier.

"Et bien, tu es bien optimiste. Il n'en a rien à carrer de ce que je peux bien lui dire. Tout ce qu'il attend de moi, c'est soit con et tais-toi. Un copain de jeu pour le poker et la beuverie, voilà tout ce qu'il veut. Et honnêtement, il peut bien regretter ce qu'il a dit, ça change rien. Il y a des choses qui même sous la colère doivent être contenues. Alors, il peut bien avoir des remords, il crèvera avec avant que j'accepte de l'entendre s'excuser."

Klem se pencha au dessus du comptoir et saisit la bouteille que Juliana avait lâché pour se resservir un verre qu'il vida aussi sec. Il en avait bien besoin là maintenant. Il s'en resservit rapidement un avant de reposer la bouteille à côté de lui. Celui-là, il allait le garder pour après avoir répondu à la question que Juliana venait de lui poser. Il ne savait pas comment y répondre ni comment commencer sans trop la choquer. Il poussa un léger soupir avant de poser rapidement son regard sur la jeune fille. Au point où il en était, elle pouvait bien savoir de toute façon.

"Il m'a reproché de ne pas être retourné en Pologne quand j'ai appris que ma mère était mourante. Il m'a accusé de l'avoir abandonné en quelque sorte. Mais honnêtement qu'est-ce qu'elle m'aurait dit ? Qu'elle était désolée de m'avoir renié, qu'elle me pardonnait ? A peine morte, mon père m'aurait fait la peau pour être rentré et mon abruti de frère l'aurait aidé. Mes parents et surtout mon père ne sont pas des gens très ouverts d'esprits. Alors... quand j'ai été mordu, ils m'ont caché au début, essayant d'oublier que j'étais devenu un monstre mais cachant à peine leur dégoût. Mais on ne peut pas garder un loup-garou enragé enfermé dans une petite cave minable. Et..., il détourna le regard, sa main se serrant compulsivement autour de son verre. Et rien du tout. Ce n'était pas le moment de tout déballer. Juliana n'allait pas pouvoir encaisser ça, c'était beaucoup trop gros. Elle n'avait pas besoin de savoir ça de lui. Bref, je suis parti parce que j'en pouvais plus de leurs regards en coin. Et Roy le savait parfaitement., il laissa son regard divaguer dans le vide. Cet alcool devait être très fort pour le faire parler autant. La colère, la déception et l'accablement aidait sans doute. Et à chaque fois, il finissait par diaboliser ses parents plus qu'ils ne le méritaient. Certes, ils étaient des aristos rétrogrades mais il avait tout de même tué sa soeur. C'était aussi tout à fait normal qu'ils ne l'accueillent pas à bras ouverts. Il n'était rien de plus qu'un monstre. Il poussa un léger soupir avant de continuer. Ça et puis, plus récemment, j'ai fait parti des loups-garous sous l'emprise d'une potion défaillante. Je te fais pas de dessin, je pense que t'auras compris toute seule, lâcha-t-il mornement. Roy a su s'en resservir aussi. C'est pas le seul à avoir des cadavres cachés dans le placard mais c'est le seul à les avoir tué froidement."

La mâchoire de Klemens se crispa légèrement. Il s'attendait à une réaction choquée et surprise de la part de Juliana. C'était les réactions logiques. Même Irving n'avait pas caché son étonnement. Et il se doutait que son voisin avait éprouvé une certaine crainte à son égard. Mais malgré tout, il avait su combattre tout ça pour accepter l'homme qu'il était. Il espérait que Juliana serait capable d'en faire autant. Mais si elle arrivait à trouver des circonstances atténuantes pour Roy peut-être pourrait-elle lui en trouver également.


Klemens Dabrosky
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Juliana avait beau ressentir de la peine en voyant les deux meilleurs amis s'éloigner de la sorte, elle ne trouva rien à redire à la conclusion de Klemens. Oui, il y avait certaines choses que même la colère ne pouvait justifier, et si Klemens décidait que, cette fois, le chaudron était plein, cela le regardait. Ce n'était pas à elle de lui dire de pardonner alors qu'elle-même avait mis des mois à le faire...

Les derniers clients du Triton venaient de quitter les lieux, pour le grand soulagement de Juliana qui ne tenait pas à ce que cette conversation ne tombe entre de mauvaises oreilles. En particulier lorsque Klemens répondit à sa question et commença à lui dévoiler des informations particulièrement personnelles, pour la plus grande surprise de Juliana. La jeune femme était très loin de s'imaginer que Klemens avait pu vivre une telle vie. Que ses rapports avec sa famille soient tendus n'était pas surprenant en soit, Juliana imaginait bien que pour avoir changé de pays, il devait avoir de bonnes raisons. Mais... de là à deviner ce qui était à l'origine de ces problèmes familiaux, il y avait un pas.

La mâchoire de la serveuse de décrocha quand Klemens lui dévoila sur le ton de la conversation être un loup-garou. Ce n'était pas le genre d'informations que l'on lâchait ainsi à son interlocuteur sans l'y avoir préparé avant, normalement, et Juliana était loin de s'y attendre. Elle n'avait clairement pas assez fréquenté Klemens pour avoir remarqué quoi que ce soit laissant entendre qu'il avait un petit problème de fourrure... Mais elle le connaissait paradoxalement depuis assez longtemps pour savoir qu'il le cachait, ou du moins qu'il ne l'affichait pas comme un étendard, comme le faisaient certains lycanthropes. Une vague de compassion envahit Juliana à la pensée de ce que Klemens avait pu vivre, et elle s'apprêtait à répondre, quand la suite du discours de son interlocuteur lui coupa le souffle.

La Pleine Lune Sanglante, comme on l'appelait... N'avait pas épargné Klemens. Horrifiée, Juliana porta une main à sa bouche tout en considérant Klemens avec un mélange d'effroi et de tristesse. Cela avait été une véritable tragédie dans le pays, cette nuit-là, où de nombreuses personnes avaient perdu la vie, où d'autres avait été mordues, et cela contre la volonté des lycanthropes à l'origine des attaques. Cela avait dû être horrible, de se transformer en cette bête monstrueuse et meurtrière, sans rien pouvoir y faire, en pensant en toute innocence être protégé par une potion, et de découvrir au petit réveil l'étendue des dégâts... Que Roy ait osé se resservir d'un tel épisode, sans aucun doute traumatisant pour son ami, au cours d'une dispute la dépassait et, plus que tout, la révulsait. Juliana ferma les yeux momentanément en laissant cette pensée l'envahir, avant de la repousser. Ce n'était pas à elle de juger, c'était entre Klemens et Roy et, à vrai dire, réconcilier les deux sorciers ne lui semblait plus aussi important désormais. Tant pis pour Roy. Pour l'heure, tout ce qui lui importait était de réussir à faire quelque chose, n'importe quoi, pour que Klemens se sente mieux.

Un lourd silence avait suivi ses confidences, pendant lequel Juliana accusait le coup. Ce n'était jamais facile d'apprendre que quelqu'un que l'on connaissait était un loup-garou. En dépit des progrès effectués ces dernières années, la crainte et le rejet de ces personnes existaient encore, exacerbée après l'incident des potions frelatées, et Juliana, comme n'importe quelle sorcière, avait grandit dans cette atmosphère là, de défiance à leur égard. Cela faisait un choc, tout naturel, mais cela n'enlevait rien au fait qu'elle appréciait Klemens et elle ne le voyait pas différemment qu'auparavant. Simplement, la surprise était de taille, et elle lui trouvait bien du courage pour avoir affronté tout ça.

Juliana finit par encadrer les épaules de Klemens de ses bras et par venir le serrer contre elle, en un geste d'affection et de réconfort. Il ne méritait pas de vivre ça, personne ne méritait une telle chose. Toute sa dispute avec Roy semblait remise en perspective à la lumière de son récit et ce ne serait pas elle qui irait lui chercher des excuses désormais...

"Je suis tellement désolée qu'il te soit arrivé de telles choses, Klem. Ne pense plus à ce qu'il t'a dit, tu n'es pas à blâmer, tu le sais ça, hein ?"

Juliana raffermit son étreinte sur le jeune homme, comme pour tenter de lui faire passer par les gestes ce qu'elle avait du mal à exprimer. C'était parfois bien plus simple que de formuler sa pensée, et Juliana ne trouvait pas toujours quoi dire dans ces situations là. C'était elle qui avait besoin d'un verre, cette fois, et elle finit par relâcher Klemens pour retrouver son tabouret et se servir à son tour. Elle le but cul sec puis reporta son attention sur Klemens. Elle avait envie d'en savoir plus à son égard, et il avait l'air d'être dans une phase de confidences. C'était la première fois qu'il lui parlait de sa famille ou de ce qu'il faisait avant d'être en Angleterre, aussi se risqua-t-elle à demander, hésitante :

"Ca s'est passé comment, ta morsure ?"



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Âme en peine recherche réconfort [Juliana & Klemens]

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