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 La méchante sorcière [Charliott]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Lundi 24 Novembre 2008

Eliott soupira faiblement, mais poussa la porte du magasin d'Ollivander avant de changer à nouveau d'avis. Comme souvent, sa décision de venir ici n'avait pas été réfléchie. Encore hier soir il n'aurait jamais songé que quelques heures plus tard il se présenterait chez le marchand de baguettes. Et pourtant il était là.

Il s'était réveillé étonnamment tôt ce matin. Plus la naissance approchait plus il avait du mal à trouver le sommeil. La Gazette était arrivé pendant qu'il se servait un café, et le gros titre avait failli lui faire lâcher sa tasse. Sorden s'était évadé de prison. Elle et une ribambelle d'autres criminels. Savoir d'anciens mangemorts en liberté n'était déjà pas bien rassurant, mais c'était surtout la fuite de Sorden qui l'inquiétait. Elle avait menacé Charlotte, et leur bébé, et elle était désormais quelque part en liberté. Eliott avait senti un frisson d'angoisse lui parcourir le dos et n'avait mis que quelques minutes à prendre une décision. Si cette vieille folle voulait s'en prendre à sa famille, il voulait être en mesure de se défendre.

Il avait abandonné le journal sur la table, à coté d'une tasse de café à moitié vide, et il s'était retrouvé là. Devant un magasin à l'intérieur duquel il n'avait plus mis les pieds depuis ses onze ans, et dans lequel il n'aurait jamais pensé entrer à nouveau. Quand il avait brisé sa baguette magique, quatre ans plus tôt, il l'avait envisagé comme un geste définitif. Il avait pensé quitter le monde magique pour toujours, s'installer dans le monde moldu, et ne plus en bouger. Mais les choses avaient changé. Aujourd'hui il allait se marier avec une sorcière, attendait un enfant qui serait certainement un sorcier, et travaillerait bientôt dans le monde magique s'il obtenait ce poste d'ambulancier dont Alicia lui avait parlé. Jusqu'à ce matin, toutes ces raisons n'avaient pas suffi à lui faire franchir le pas, mais la fuite d'Ana Sorden l'avait convaincu que c'était une nécessité. Il avait besoin d'une baguette.

Il allait toutefois avoir du mal à s'en procurer une, puisque le magasin d'Ollivander semblait désert. Il en vint à se demander s'il n'ouvrait pas seulement durant l'été. Après tout il n'y avait que les futurs étudiants de Poudlard qui avaient besoin d'acheter une baguette. En général ils la conservaient ensuite toute leur vie. Il se racla la gorge dans l'espoir d'avertir quelqu'un de sa présence et le vieux commerçant finit par apparaitre, surgissant d'entre deux étagères poussiéreuses.

"Monsieur Warlock, quelle surprise de vous voir ici !" commença-t-il d'une voix sifflante.

Il l'avait vu une fois, il y a quatorze ans, et il se souvenait de son nom. Ce type avait une mémoire presque effrayante. Lui-même n'avait pas eu assez de quatre mois à Poudlard pour se souvenir du nom de tous les élèves.

"Un problème avec votre baguette Monsieur Warlock ? Bois de saule et ventricule de Dragon, 27 centimètres, si je me souviens bien. Une bonne baguette, pas très précise, mais puissante, et solide."

Là c'était flippant.

"En fait, il m'en faudrait une nouvelle...avoua-t-il, un peu hésitant.
- Une nouvelle ? s'étonna le vieillard, manquant de s'étouffer sous la surprise. Mais pourquoi ça ? Vous n'avez quand même pas perdu la première...? lança-t-il avec un regard sévère.
- Non ! se défendit Eliott en se demandant comment un parfait étranger pouvait le soupçonner d'être -effectivement- un tout petit peu bordélique. Ses baskets aux lacets défaits parlaient peut-être pour lui. Je...commença-t-il, avant de réaliser que la vérité risquait de causer une attaque au pauvre fabriquant. Elle s'est cassée.
-Cassée ?! Une baguette en bois de saule ? J'aimerais bien savoir comment !
- Un accident..."

A en croire le regard dubitatif qu'il lui jeta, Ollivander ne croyait pas un mot de cette explication, mais il s'enfonça dans les rayons de sa boutique en marmonnant des paroles inaudibles. Il ressortit des rayonnages poussiéreux quelques instants plus tard, les bras chargé de quelques boites rectangulaires.

"Alors, peut-être celle-ci...
commença-t-il en lui tendant une première baguette en bois clair. Eliott eut à peine eu le temps de l'abaisser devant lui que le commerçant la lui arracha des mains. Oh non, pas du tout. Et celle-ci ? Faites-voir ? Certainement pas !"

Une dizaine de minutes et plusieurs baguettes plus tard, le fabriquant lui tendit finalement une baguette en bois de Frène, apparemment persuadé que celle-ci serait la bonne, tout comme il en avait été convaincu pour les quatre précédentes. A la seconde où ses doigts se refermèrent sur le morceau de bois, Eliott sentit une douce sensation de chaleur se répandre agréablement dans son bras, puis se propager à l'ensemble de son corps. Il n'avait éprouvé cette sensation qu'une seule fois, treize ans plus tôt. Il abaissa la baguette devant lui, faisant jaillir une gerbe d'étincelles rouges et dorés.

"C'est parfait !
souffla Ollivander dont les yeux pâles brillaient de satisfaction. Bois de Frène, nerf de cœur de Dragon, 24 centimètres, puissante, mais plus souple que la précédente, récita-t-il en faisant disparaitre les autres baguettes. Veillez à ce qu'il n'y ai pas d'autre "accident"..."ajouta-t-il en posant un regard perçant sur son client.

Eliott régla son achat et ressortit rapidement du magasin, désireux d'échapper au plus vite aux questions du vieux fabriquant. Il retrouva avec soulagement l'air frais du Chemin de Traverse, encore désert à cette heure peu avancée du matin, et ne résista pas à l'envie de faire tourner sa baguette entre ses doigts. Il avait presque peur de s'en servir, se demandant ce que cela lui ferait, de refaire de la magie après plusieurs années. C'était étrange, cette sensation de faire un pas en avant mais de pourtant revenir en arrière. Il était incapable de dire s'il avait progresser ou régresser aujourd'hui, il savait simplement que les choses étaient différentes maintenant.

Relevant les yeux vers l'horloge de Gringotts, qui indiquait presque huit heures et demi, Eliott se dépêcha de transplaner à l'appartement, pour rentrer avant que Charlotte ne se réveille. Ne résistant pas à l'envie, il déverrouilla la porte d'un sortilège et se permit un sourire victorieux en la voyant s’entrebâiller -apparemment c'était comme le vol sur un balais, ça ne s'oubliait pas. Il poussa doucement la porte, en essayant de faire le moins de bruit possible, mais à peine avait-il posé un pied dans l'entrée qu'un éclair rouge fusa dans sa direction, l'obligeant à faire un bond sur le coté et à renverser le vase-près-de-la-porte qui se brisa en mille morceau sur le sol.

Retrouvant rapidement de vieux réflexes, il brandit sa baguette devant lui, s'attendant presque à se retrouver face à Ana Sorden en personne. Il laissa échapper un soupir de soulagement en reconnaissant Charlotte, avant de froncer les sourcils en réalisant qu'elle venait quand même de l'agresser.

"Eh, c'est moi ! souffla-t-il en levant les mains devant lui. Qu'est-ce qui se passe ?"



Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte avait eu du mal à trouver le sommeil, à cause des coups du bébé. Elle avait tourné pendant des heures avant de s'endormir aux environ de quatre heures, épuisée. Elle aurait pu faire une grasse matinée puisqu'elle était en congé maternité et que les Médicomages n'avaient de cesse de lui dire de se reposer et d'éviter le stress mais le destin en décida autrement. Ce fut une voix familière qui la réveilla et elle ouvrit les yeux laborieusement, distinguant une forme argentée dans la pénombre de la chambre.

- ... évasion massive d'Azkaban, Sorden est dedans. On a mis en place les protocoles d'urgence, t'es dans la liste des personnes à protéger avec pas mal d'autres, je viens d'envoyer des agents chez tes parents pour apposer des sorts mais les effectifs sont réduits, on est un peu coincés mais le Commandant va t'assigner des agents qui ne devraient plus tarder. En attendant, tu ne bouges pas de chez toi, t'en fais pas, on est sur le coup, j'passe te voir en fin de journée.

Le Patronus de Seamus disparu brusquement tandis que Charlotte essayait d'assimiler les informations. Les Aurors devaient faire face à une évasion massive d'Azkaban et Ana Sorden était dedans. Ana Sorden, cette folle furieuse qui l'avait menacée et qui avait surtout menacé le bébé. Cette folle qu'elle avait sciemment provoquée tout simplement parce qu'elle était enfermée derrière les barreaux d'Azkaban. Et elle ne l'était plus. Sentant son cœur battre à toute allure, Charlie se dégagea tant bien que mal des draps - elle devenait énorme - et sortit du lit en attrapant un gilet pour se couvrir, ainsi que sa baguette magique qui trônait sur la table de chevet. Eliott devait déjà être levé et même si Seamus lui avait assuré que des agents de la PM arriverait bien vite, elle voulait vérifier les sorts de protection qui étaient sur l'appartement, voire même en poser d'autres. Elle avait toujours été un peu méfiante mais à cet instant, elle doutait que cela suffise tant Ana Sorden pouvait être déterminée à avoir sa vengeance. Tandis qu'elle arrivait dans le salon - salle à manger, elle aperçut la Gazette du Sorcier sur la table et le visage mauvais de Sorden en première page. La tasse de café d'Eliott était aussi là, à moitié vide et la chaise repoussée.

- Eliott ? lança-t-elle dans l'appartement, d'une voix forte.

Aucune réponse. Les jambes tremblantes, Charlie fit venir son sac à main à elle d'un coup de baguette magique et en sortit son téléphone portable pour faire défiler les contacts jusqu'au prénom de son fiancé. Elle appela une fois, deux fois, trois fois et ce sans aucune réponse. Non, tout allait bien, elle prenait peur pour rien, il était juste sorti acheter des croissants ou du pain ou quelque chose comme cela et il allait revenir. Ana Sorden n'avait pas pénétré en silence dans son appartement juste pour enlever son fiancé et repartir comme si de rien n'était. Sauf si elle voulait la rendre folle. Lui faire subir un chantage. La faire souffrir à distance. Non, Ana Sorden n'était pas venue ici et Eliott était juste sorti et il allait bien et il n'allait rien se passer parce que ses collègues allaient arriver et tout allait bien aller, se répéta-t-elle en faisant quelques pas dans l'appartement. En mission, elle gardait toujours la tête froide, elle pensait efficacement, elle analysait correctement. Mais là, elle était complètement envahie par l'angoisse, incapable d'avoir des pensées claires parce qu'elle mourrait littéralement de peur, pour Eliott, pour le bébé, pour sa famille, pour elle. Une violence contraction - le stress - la saisit à ce moment-là et elle laissa échapper un gémissement de douleur tandis qu'elle s'appuyait sur le canapé, les mains crispées sur son ventre. Il fallait qu'elle se calme. Qu'elle respire. Elle ne pouvait pas s'agiter comme ça à presque huit mois de grossesse, pas quand sa tension était déjà trop haute. Fermant les yeux, Charlotte essaya de se concentrer sur sa respiration et sur les battements saccadés de son cœur. Tout allait bien se passer.

Elle avait presque réussi à se calmer lorsqu'elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et ce sans aucun bruit de clé. La porte venait de s'ouvrir par magie. Ses collègues n'auraient pas forcé l'entrée. Et Eliott n'avait pas de baguette magique. Sans un bruit, ses mains refermées sur le bois de sa baguette, elle se décala lentement pour avoir la porte d'entrée dans son angle de vision. Elle n'était pas capable de se battre, pas dans cette condition physique, pas enceinte de huit mois. Elle ne pouvait pas transplaner non plus, l'appartement était sous le coup d'un sortilège anti-transplanage. Pour autant, elle n'allait pas attendre sagement qu'Ana Sorden se plante devant elle pour l'assassiner. Au moment où un bruit de pas retentit, elle lança un Stupéfix qui aurait atteint sa cible si cette dernière ne s'était pas écartée au dernier moment. Abandonnant toute discrétion - sa présence était identifiée - elle se rapprocha et mit en joue la personne en face d'elle, manquant l'espace d'un infime instant d'abaisser sa baguette magique en reconnaissant son fiancé. Elle aurait eu envie de se jeter dans ses bras mais quelque chose l'arrêta. La baguette magique qu'il tenait à la main. Comment Ana Sorden aurait-elle pu avoir un cheveux d'Eliott alors qu'elle s'était évadée d'Azkaban cette nuit ? Ou bien peut-être qu'il était sous Imperium et qu'elle lui avait donné pour consigne de lui faire du mal ou de l'amener à elle ? A cet instant précis, Charlie avait tous les sens en alerte, toutes les hypothèses en tête, tous ses réflexe d'Auror en action tandis qu'elle tenait Eliott en joue, d'une main qui ne tremblait même pas.

- Quels sont les prénoms qu'on a choisi pour le bébé ? interrogea-t-elle. Réponds.

Son fiancé était le seul à connaître leurs choix définitifs et c'était le seul moyen certain de vérifier son identité.


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Charlotte l'avait reconnu, il le savait, pourtant elle n'abaissa pas sa baguette. Fronçant les sourcils, Eliott posa un regard plein d'incompréhension sur sa fiancée. Il voulut faire un pas dans sa direction mais se ravisa en constatant que la jeune femme le tenait toujours en joue, comme prête à jeter un sort au moindre mouvement. Qu'est-ce qui lui prenait ? Inquiet, il se contenta donc de rester sur le pas de la porte, les mains en évidence.

"Chérie ? interrogea-t-il, soucieux. Qu'est-ce que...?"

Avant qu'il n'ait pu l'interroger de nouveau sur ce qui se passait, Charlotte lui demanda quels étaient les prénoms qu'ils avaient choisi pour le bébé. L'incompréhension se dessina clairement sur le visage d'Eliott qui ne comprenait pas pourquoi elle lui posait cette question maintenant. Promenant son regard autours de lui à la recherche d'une réponse, il aperçut le journal qu'il avait laissé sur la table de la cuisine et ses yeux tombèrent sur la photo d'Ana Sorden en couverture. Sorden en liberté, lui qui rentrait avec une baguette à la main, Charlotte qui lui imposait un interrogatoire, il commençait à comprendre.

Devinant l'état d'inquiétude dans lequel devait se trouver sa fiancée, et se sentant soudainement un peu coupable, il s'empressa de répondre.

"Colin pour un garçon, Bianca pour une fille." assura-t-il sans hésitation.

Convaincu d'avoir ainsi prouvé qu'il était bel et bien lui-même, et non cette folle furieuse d'Ana Sorden, Eliott se permit enfin de faire quelques pas dans l'appartement avant de s'arrêter. Si Charlotte pensait que la sorcière de Salem était capable de s'infiltrer dans leur appartement en prenant l'apparence de l'un d'entre eux, ne devrait-il pas se montrer plus prudent lui aussi ? Pourtant il n'avait qu'une envie, celle de serrer Charlie dans ses bras et de ne plus penser à cette histoire d'évasion. Et il aurait bien choisi cette option s'il n'avait pas entendu la voix de la jeune femme dans sa tête lui répéter qu'il fallait mieux toujours être prudent. Elle commençait à avoir bien trop d'influence sur lui.

"Je devrais vérifier ton identité aussi non ?"

Il n'était pas persuadé que demander à la personne dont on se méfiait de l'identité si on devait la tester ou non fasse partie du protocole, aussi enchaina-t-il sans vraiment attendre la réponse. D'un autre coté, si c'était Ana Sorden sous les traits de Charlotte, il serait probablement déjà mort, non ? Et puis, il n'était même pas sûre qu'on puisse prendre l'apparence d'une femme enceinte. Enfin, on pouvait certainement, mais la personne qui buvait le polynectar ne devait pas apparaitre enceinte. Il se promit de se renseigner, plus tard. Pour le moment il se devait de vérifier si c'était bien sa future femme qui avait tenté de l'agresser.

"Qu'est-ce que... ? Hum. Un autre problème était de trouver une question dont seule Charlie pouvait connaitre la réponse. Et le prénom du bébé était un peu trop facile maintenant. La date de notre premier rendez-vous  ?"

A la réflexion ce n'était peut-être pas la meilleure des questions qu'il aurait pu trouver. Bon, tant pis, il accepterait deux bonnes réponses, même s'il n'y avait qu'une seule vraie date.


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Au moment où Eliott prononça les prénoms choisis pour le bébé sans la moindre hésitation, Charlotte poussa un soupir de soulagement et abaissa sa baguette magique, sentant son estomac se dénouer. Elle avait eu tellement peur, peur qu'il soit arrivé quelque chose à son fiancé, peur de devoir se défendre face à Ana Sorden alors qu'elle n'était pas en état de le faire. Elle avait l'impression de respirer de nouveau et s'apprêtait à se précipiter dans les bras d'Eliott pour l'éteindre - et ne plus jamais le lâcher - quand sa question l'interrompit.

- Eliott, je...

Ana Sorden n'aurait pas pu prendre son apparence de femme enceinte, tout simplement parce que le Polynectar ne prenait pas en compte les situations temporaires. Ils avaient arrêté un mage noir, une fois, qui avait tenté de fabriquer une telle potion sans y arriver amis depuis, rien du tout. Évidemment, Eliott ne pouvait pas savoir tout cela et elle ne pouvait pas le blâmer de prendre des précautions au vu de la situation dans laquelle ils se retrouvaient. Ils allaient devoir établir des codes de sécurité, elle allait devoir poser au plus vite des sortilèges de protection sur la maison de ses parents, demander une surveillance de la PM pour sa famille proche - quitte à faire jouer ses contacts pour peser dans la balance -, prévenir ses amis, Lilly, Jensen, les Warlock - même si leur manoir devait déjà bénéficier d'une sécurité très importante puisqu'il abritait le leader d'un parti politique. Elle fut tirée de sa litanie de mesures sécuritaires - mais nécessaires - par la question d'Eliott qui lui arracha un rire un peu nerveux.

- Même la plus folle des Mardoliennes te dirait que j'ai raison et que c'est le treize avril, jour de notre troisième rendez-vous et jour de nos fiançailles aussi, répondit-elle avant de se jeter dans ses bras, enfouissant son visage dans le cou de son fiancé.

Elle resta ainsi un long instant, à essayer de calmer les battements frénétiques de son cœur, respirant l'odeur familière de la peau d'Eliott et en essayant de se focaliser sur les bras qu'il avait passé autour d'elle. Lorsqu'elle releva la tête, elle se sentait un peu moins angoissée - Eliott était là, il était sain et sauf alors tout allait bien aller puisqu'ils étaient tous les deux - mais tout en sentant un autre sentiment poindre. Elle avait ouvert la bouche pour parler lorsqu'elle aperçu la porte encore ouverte derrière eux et s'empressa de se détacher des bras de son fiancé pour la refermer, la verrouillant avec trois sortilèges et en la dotant d'une alarme stridente. Une fois son ouvrage effectué - personne ne rentrerait sans qu'ils ne soient au courant - elle se retourna vers Eliott, bras croisés sur sa poitrine.

- Eliott. Est-ce que tu as la moindre idée de la frayeur que tu m'as faite ?! s'exclama-t-elle brusquement. J'étais morte de peur ! T'es parti comme ça, sans prévenir ! Tu te rends compte de ce que j'ai pu ressentir ? Je me lève, tout est en vrac et toi t'es parti ! Il aurait pu t'arriver n'importe quoi ! Avec Sorden la folle libérée ! Et puis même, t'étais parti faire quoi à cette heure là ?

Charlotte n'était généralement pas du genre à faire la police - sauf évidemment au travail - mais la peur qu'elle avait ressentie en ne voyant pas Eliott se muait petit à petit en colère, sûrement pour évacuer le trop plein d'émotions.

- Et c'est la baguette magique de qui d'abord ? interrogea-t-elle en se rappelant brusquement ce détail.


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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott se sentait un peu idiot, à se tenir baguette levée face à Charlotte et à lui faire passer un interrogatoire alors que sa seule envie était de s'approcher d'elle pour la serrer dans ses bras. De toute façon il n'aurait aucune chance en duel, que ce soit contre Ana Sorden ou contre Charlotte. Cela faisait 6 ans qu'il vivait sans magie, il avait déjà été surpris de réussir à lancer un Alhomora pour déverrouiller la porte. Et puis, il n'était pas certain qu'on puisse prendre l'apparence d'une femme enceinte, ni qu'on puisse si bien imiter la voix et les expressions d'une personne que l'on ne connaissait pas. C'était Charlie qu'il avait en face de lui, il en aurait mis sa main à couper. Il le voyait dans son regard, l'entendait dans chacun de ses mots et son rire nerveux ne fit que confirmer cette certitude.

Il n'attendit même pas sa réponse pour faire un pas dans sa direction et referma ses bras autours d'elle alors qu'elle lui offrait sa réponse qui, bien qu'elle soit fausse -c'était le 31 Janvier- achevait de prouver son identité. Il enfouit son visage dans ses cheveux alors que la tension des dernières minutes retombait brutalement. Cette situation commençait déjà à les rendre fous, songea-t-il avec un mélange d'amusement et d'amertume. Ana Sorden était libre depuis quelques heures et ils se menaçaient déjà mutuellement. Il ne laisserait pas cette vieille sorcière leur gâcher la vie, songea-t-il en déposant un baiser sur le front de sa fiancée.

Celle-ci se sépara alors de lui pour s'occuper de verrouiller la porte, au moins trois fois. Il allait avoir besoin d'une formation accélérer en sortilèges et contre-sortilège de protection s'il ne voulait pas que tout le BDA ne lui tombe dessus à chaque fois qu'il franchissait la porte de l'appartement. Eliott sut en croisant le regard de Charlotte que le soulagement venait de laisser place à une colère qu'il était certain d'avoir mérité, même s'il n'était pas encore sûr de savoir pourquoi.

Ah oui, il aurait pu laissé un mot, effectivement. Il y avait pensé en plus ! Mais il avait pioché le stylo qui ne marchait pas, comme toujours, et n'avait pas trouvé de post-it, et il avait finalement décidé qu'il ne serait parti que dix minutes et qu'il serait rentré avant que Charlotte ne se réveille...ou pas.

- Je suis désolé ! se défendit-il avec toute la bonne volonté du monde. J'en avais pour cinq minutes ! *ou quinze* Je pensais que tu dormirais...Et j'avais pas pensé que...

Il désigna la couverture du journal d'un geste de la main. Il ne s'était pas imaginé qu'en trouvant la maison vide, le journal avec l'annonce de l'évasion de Sorden et sa tasse de café à moitié vide, Charlotte allait s'inquiéter. A la réflexion, il aurait quand même pu prévoir le coup.

- Je voulais laisser un mot, mais....Il n'avait pas de bonne excuse. Le stylo ne marchait pas. Oh bah oui, ça c'était de l'excuse. Il faut vraiment qu'on jette ce stylo...

Charlotte mit fin à sa pitoyable tentative de changement de sujet en lui demandant brusquement à qui était la baguette qu'il avait à la main. Il fronça les sourcils, se demandant pendant une seconde ce dont elle parlait, avant de se souvenir qu'il avait acheté une nouvelle baguette ce matin. Il allait avoir besoin d'un peu de temps pour se faire à l'idée.

- Ah, euh...Bah, à moi, en fait, répondit-il en se grattant l'arrière de la nuque. Je suis sorti pour ça ce matin, justement. Ça, c'était une bonne excuse, non ? J'me suis dit que...Il haussa les épaules. Que ça valait peut-être mieux...


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Face à Eliott et enfin rassurée, Charlotte se sentait mieux. Soupirant, elle recula de quelques pas pour s’asseoir sur l'accoudoir de leur canapé, ses mains posés sur son ventre arrondi. Elle ressentait quelques tiraillements qui n'étaient pas étrangers au stress : son Médicomage n'avait de cesse de le lui dire, sa tension était trop élevée. Elle n'avait jamais été du genre à rester allongée toute la journée, même lorsqu'elle était enfant, et n'avait pas non plus choisi d'être Auror pour rien. Elle vivait plutôt mal ce repos forcé mais savait que c'était pour la santé du bébé et qu'il fallait donc qu'elle fasse un effort.

Malheureusement, la libération d'Ana Sorden n'allait pas l'aider à se défendre. Elle avait beau eu montrer tout son mépris à l'égard de la sorcière lorsqu'elles s'étaient retrouvées face à face dans sa cellule d'Azkaban, elle ne ferait pas l'erreur de la sous-estimer :  Sorden était dangereuse. Plus que d'autres franges de la société, les Aurors savaient que la magie – et plus particulièrement la magie noire – pouvait faire énormément de débat et elle ne laisserait pas cela arriver à sa famille. Elle n'était peut-être pas en mesure de se battre mais elle savait se défendre. Elle allait poser des sorts absolument partout, prendre toutes les mesures nécessaires, quitte à en faire trop. Elle protégerait la maison de ses parents, insisterait pour avoir une protection policière efficace – quitte à faire jouer son grade et ses contacts – et assurerait ses arrières. Elle avait été formée par l'Auror Stormborn, lui-même ancien coéquipier de Maugrey Fol'Oeil et s'il y avait bien quelque chose qu'elle avait retenu de ses années de formation, c'était la vigilance constante. Le nom de ses proches et le sien ne s'ajouteraient pas sur la liste des victimes de cette vieille folle.

- C'est rien, tempéra-t-elle lorsque Eliott s'excusa, jurant qu'il avait cru en avoir pour cinq minutes.

En réalité, elle sentait encore le sang battre à ses tempes et avait encore les jambes un peu tremblantes mais elle savait que sa colère n'était pas véritablement dirigée contre son fiancé. C'était le contre-coup de sa peur. Il n'avait sûrement pas réalisé à quel point il pourrait lui faire peur : il fallait aussi dire que Charlie était particulièrement méfiante. Elle ne l'avait pas toujours été mais le Bureau des Aurors inculquait de sacrés réflexes, bons ou mauvais d'ailleurs.

Elle eut un sourire malgré elle lorsque Eliott annonça avoir saisi le fameux stylo, celui qui trônait dans leur vide-poche depuis des mois, qu'ils essayaient à chaque fois pour se rappeler qu'il ne marchait pas avant de le reposer bien sagement à sa place au lieu de le jeter. L'humain avait des réflexes étranges.

- C'est rien, répéta-t-elle, j'ai juste eu peur, je ne t'en veux pas.

La suite de la conversation, elle ne s'y attendait néanmoins pas. Eliott avec une baguette ?  Elle n'avait plus vu ça depuis leurs années à Poudlard. Son fiancé avait fit le choix de vivre dans le monde moldu sans utiliser la magie et c'était quelque chose qu'elle respectait autant qu'elle admirait. Elle-même avait beau être née-moldus, elle avait du mal à imaginer vivre sans utiliser ses pouvoirs. On prenait tellement vite l'habitude de pouvoir tout faire d'un mouvement... Et encore, elle savait faire des choses sans ! Le fait qu'Eliott n'ait pas de baguette était le symbole de son opposition à sa famille, un choix radical pour pouvoir faire ce qu'il voulait de sa vie et qu'il décide de renoncer à cela à cause d'Ana Sorden rendait Charlotte folle de rage. Elle était sortie depuis à peine quelques heures et bouleversait déjà leurs vies et leur manière de vivre.

- Tu as repris une baguette pour une question de sécurité ?

L'idée que sa famille, que son fiancé, que leur bébé à naître soient en danger par sa faute – parce que c'était elle qui avait interrogé Sorden dans le cadre de son métier – lui faisait un coup au cœur. Si sa colère contre cette dernière était encore bien présente, elle était aussi triste de voir ce qu'elle faisait subir à ses proches. Fichues hormones qui faisaient de ses émotions des véritables montagnes russes ! Elle était à fleur de peau ces derniers temps, pleurait pour un rien – ce chiot dans la pub de papier toilette était tellement mignon – et cette histoire n'arrangeait rien.

- Je suis tellement désolée, fit-elle, la voix un peu enrouée. C'est... C'est de ma faute, j'aurai pas dû aller l'interroger ou... C'est de ma faute.

Oui, elle avait provoqué Ana Sorden et même si c'était son métier, même si elle l'avait fait sciemment et si elle ne le regrettait pas dans le fond – cela avait conduit à l'arrestation d'Alcyd Mardol et ça, c'était inestimable : elle avait fait tomber les Mardoliens, dans un certain sens – elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une pointe de culpabilité. Tendant les bras dans la direction de son fiancé pour se blottir contre lui, elle ferma les yeux pour ne pas les laisser s'humidifier.

- Je suis désolée, je... Je ne la laisserai pas nous faire du mal, c'est promis, je vais trouver une solution.


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"Je suis désolé..." répéta Eliott alors que Charlotte assurait, encore, que ce n'était rien.

Leur dialogue de sourds aurait pu durer encore longtemps si la jeune femme ne s'était pas soudainement interrogé sur la baguette qu'il tenait à la main. Il avait presque oublié, et fut un peu surpris par la question de sa fiancée. Il allait surement avoir besoin d'un peu de temps pour se faire à l'idée. Surprise, il s'était attendu à ce que Charlie le soit aussi, mais il ne s'était absolument pas préparé à la réaction qui suivit.

Il vit clairement le trouble passer sur le visage de la jeune femme ou la colère se disputait avec une tristesse qu'il avait du mal à comprendre. Cela arrivait assez régulièrement en ce moment, qu'il soit un peu pris au dépourvu par les changements d'humeur de Charlotte. Les hormones étaient quelque chose de bien plus puissant que la magie, il en était persuadé. Ça pouvait réellement avoir des effets spectaculaires. Il guettait avec appréhension la moindre publicité impliquant un bébé ou un chien mignon à la télé, sachant qu'il aurait certainement à sécher quelques larmes le cas échéant. Il savait que ce n'était pas de véritables chagrins, que c'était les hormones, mais il détestait voir Charlie pleurer, quelque soit la raison.

"Bah...oui, on sait jamais...répondit-il avec un haussement d'épaule quand elle lui demanda s'il avait racheté une baguette pour des questions de sécurité. Bon, en fait c'est peut-être plus dangereux qu'autre chose, j'ai cru que j'allais devoir m'y reprendre à deux fois pour ouvrir la porte mais...Eh, qu'est-ce qu'il y a ?" s'inquiéta-t-il soudainement alors que Charlotte s'excusait, la voix enrouée.

Il était un peu perdu. Il en était resté à "il s'était absenté sans prévenir alors qu'une folle dangereuse était en liberté et devait donc se faire pardonner" et ne comprenait pas vraiment comment Charlie en arrivait à s'excuser, les yeux larmoyants. Il s'approcha doucement d'elle et prit son visage entre ses mains pour la forcer à le regarder, cherchant à l'apaiser un peu.

"Qu'est-ce que tu racontes ? souffla-t-il en replaçant une mèche de cheveux blonds derrière l'oreille de la jeune femme. Rien n'est de ta faute, voyons. Tu as fait ton boulot, et tu l'as très bien fait même. Je suis fière de toi, d'accord ?  Tu n'as rien à te reprocher."

En vérité, les paroles de Charlotte l'inquiétaient un peu. Elle avait raison, elle était celle qui avait interrogé Sorden, il était probable que la mardolienne cherche à se venger. Loin de lui en vouloir, Eliott était surtout inquiet pour elle. Si la jeune femme semblait craindre que la fugitive ne s'en prenne à sa famille, Eliott avait plutôt peur qu'elle ne cherche à se venger de façon plus directe. Refermant ses bras autours de Charlie qui s'était blottie contre lui, il chassa au loin cette idée et caressa doucement les cheveux de sa fiancée.

"Elle ne nous fera rien de mal, assura-t-il d'un ton qui se voulait rassurant. Il se retint d'ajouter un "je te le promet" qui n'aurait été qu'un mensonge. Ça va aller."

Il n'en savait rien, à vrai dire, mais il fallait que ça aille. L'idée que Sorden puisse s'en prendre à Charlotte était insupportable. Il ne l'aimait déjà pas -personne n'aimait les mardolienne complètement folle qui manipulait des enfants- mais maintenant qu'il voyait dans quel état elle mettait Charlie, il la haïssait. Sauf qu'il avait beau la haïr autant qu'il le pouvait, il ne pourrait pas vraiment faire grand chose pour lui nuire si l'envie lui prenait de chercher une quelconque vengeance.

Il n'avait pas jeté un sort depuis plus de quatre ans, et même avant cela il n'avait jamais été une baguette d'élite. Son regard se posa sur sa nouvelle baguette, qu'il tenait toujours dans sa main droite, et il soupira. Il était allé chez Ollivander ce matin pour pouvoir protéger sa famille si quelque chose devait arriver, mais il doutait très sérieusement de ses capacités à y parvenir. Pour la première fois, depuis le jour où il avait cassé sa baguette en deux morceaux pour la jeter au visage de son père, il regretta sincèrement cette décision. Oh parfois il avait souhaité ne pas s'être séparé de sa baguette, quand il fallait faire le ménage ou trouver ses clés, par exemple. Mais jamais il n'avait réellement regretter de s'être coupé complètement de la magie pendant toutes ces années, jusqu'à aujourd'hui.

"C'est moi qui suis désolé, assura-t-il finalement. J'ai racheté une baguette mais si Sorden tente quoi que ce soit je pourrais même pas...Ça sert à rien... soupira-t-il. J'voudrais pouvoir faire quelque chose..."

Mais il s'était rarement senti si inutile et vulnérable qu'à cet instant. Six ans dans le monde moldu lui avait appris à se défaire des idéaux assez paternalistes de la bonne société sorcière. Charlotte gagnait plus que lui et il n'avait aucun problème avec ça, mais il aurait aimé pouvoir protéger sa fiancée. Pas parce que c'était à l'homme de veiller sur la famille pendant que la femme s'occupait de la nourrir ou quoi que ce soit du genre -quoi qu'en dise son père- mais simplement parce qu'il l'aimait et qu'il ne voulait pas que quoi que ce soit lui arrive. Il aurait voulu pouvoir les protéger, elle et le bébé, de Sorden, et s'en voulait de ne pas en être capable.


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S'il y avait bien quelque chose que Charlotte détestait, c'était de se sentir impuissante. Elle aimait l'action, le terrain, pouvoir influer sur les choses, pouvoir faire quelque chose et elle n'avait pas choisi son métier pour rien. Elle avait détesté pour la première fois ce sentiment à l'âge de treize ans, lorsqu'elle avait été envoyée loin de l'Angleterre durant l'année des Ténèbres, afin d'échapper aux Mangemorts qui traquaient les nés-moldus de son acabit. Ses amis avaient pu rester, avaient pu se battre et essayer de changer les choses tandis qu'elle avait passé une année entière en France, coupée de tout et de son monde. Devenir Auror lui avait permis de participer aux dernières traques des criminels de guerre et d'apporter sa pierre à la paix de la société et elle continuait au quotidien, avec ses collègues. Et voilà qu'au pire moment, elle devenait complètement inutile, enceinte et alitée à la maison la moitié du temps. Ce n'étaient pas des conditions pour se battre et pourtant, c'était maintenant qu'elle aurait eu besoin de le faire. Elle avait commencé à se faire à cette maternité imprévue depuis quelques semaines, composant de plus en plus facilement avec malgré ses angoisses et voilà que tout revenait d'un coup, tandis qu'elle était éprise de ce fichu sentiment d'impuissance.

- Je l'ai provoquée, répondit Charlotte tandis qu'Eliott lui affirmait qu'elle n'avait rien à se reprocher. J'avais besoin de la faire réagir et... Elle s'interrompit, soupirant. Ce qui était fait était fait, il était inutile de se torturer avec des hypothèses. Elle avait choisi un angle d'attaque assez commun pour un interrogatoire et s'y était tenue, voilà tout. Elle avait fait son travail, comme le soulignait son fiancé. J'ai été assez loin, j'ai été trop confiante.

Elle n'avait jamais parlé à personne de ce qui était vraiment arrivé à Azkaban. Elle avait dérapé avec son sort, elle le savait. Lever la baguette sur les suspects et prévenus était interdit mais le sort qu'elle avait lancé était même interdit par la loi... Elle n'aurait pas dû laisser Sorden l'atteindre comme elle l'avait fait, elle n'aurait pas dû perdre son sang-froid, elle avait fait une erreur, elle le savait et c'était pour ça qu'elle n'en parlait pas, même pas à Eliott. Elle n'en n'était pas fière, à vrai dire. Mais encore une fois, il était inutile de revenir en arrière... Sorden lui en aurait voulu quoi qu'il arrive, tout simplement parce qu'elle l'avait piégée et sur ce point-là, Charlie ne reviendrait pas en arrière, même si elle le pouvait. Cet interrogatoire avait mené à la chute de Mardol et si la fureur de Sorden était le prix à payer, alors elle le payerait. Mais elle ne laisserait pas sa famille et ses amis le payer pour elle, cette histoire, c'était entre elle et cette folle de Mardolienne et elle comptait bien s'en assurer. Bercée par les bras d'Eliott, Charlie ferma les yeux. Elle allait protéger l'appartement, instaurer des protocoles de sécurité et elle comptait sur la garde policière de ses collègues. Elle protégerait aussi celui de Lilly et Jensen, qui savaient de toute manière se battre, préviendrait ses amis moins proches de rester sur leurs gardes, elle irait chez toute sa famille moldue pour poser des protections discrètement, ferait jouer son réseau pour assurer une protection à la maison de ses parents et de sa sœur, chez qui elle oserait aussi des sorts. Elle n'allait pas atteindre bien sagement que Sorden vienne la cueillir, elle ne pouvait peut-être pas se battre pour le moment mais elle pouvait penser et elle participerait à la traque que le BDA allait réaliser, au QG, tant pis pour son congé maternité. Si Sorden pensait pouvoir s'en prendre à elle facilement, elle se mettait la baguette dans l'oeil et ce, jusqu'au coude.

- Chuuut, s'empressa-t-elle de murmure lorsque Eliott s'excusa de ne pas pouvoir faire grand-chose. Dis pas ça, je t'interdis de te sentir mal à cause de ça. Sorden est une sorcière dangereuse, la moitié du monde magique ne pourrait rien contre elle. Tu n'as rien fais de mal.

Oui, elle était dangereuse. Mais pas imbattable et Charlotte avait une foi aveugle dans les talents de ses collègues Auror et de la Justice Magique. Le petit jeu avait assez duré, il était temps d'y mettre fin une bonne fois pour toute et cette fois-ci, Azkaban serait une peine trop douce pour la Mardolienne...

- On va y arriver, d'accord ? On ne laissera rien se passer, tous les deux. Seamus sera là dans une heure au maximum, mes collègues aussi. On a survécu à une guerre, ajouta-t-elle avec un sourire dans l'espoir d'apaiser un peu l'atmosphère, qu'est-ce qu'une américaine ? On va faire ce qu'il faut pour se protéger - je ferai le maximum, je te promets - et on va continuer notre vie, d'accord ?

Charlotte ne savait pas le temps que prendrait la traque de Sorden mais elle savait bien que cette dernière se ferait sûrement discrète dans un premier temps, alors que toute la police était sur le pied de guerre. Elle ferait comme tous les serpents, attaquerait sûrement lorsqu'on s'y attendrait le mien... Mais Charlotte n'était pas du genre à se laisser surprendre. Et avec un peu de chances, elle aurait accouché avant et pourrait donc faire les choses en mains propres.

- On vit un moment important de notre vie, ajouta-t-elle en posant la main d'Eliott sur son ventre rond. Et personne ne va gâcher ça.

Son moment de peur était passé, désormais, il n'y avait plus que de la résolution féroce dans son esprit.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott se retint de demander à Charlotte ce qu'elle entendait pas "être allée assez loin". Ce qui était fait était fait, de toute façon, et en s'inquiétant il ne ferait qu'accentuer le sentiment de culpabilité de sa fiancé. Il ne parvint toutefois pas à se débarrasser de sa curiosité teintée d'angoisse et se promit de lui en parler plus tard, quand ils seraient tous les deux moins tendus. Pour le moment, peu importait ce qui c'était passé exactement dans cette cellule, il était persuadé que la jeune femme n'avait rien fait que Sorden n'ait pas mérité. Ce qui importait c'était que cette folle furieuse en ait désormais après elle, et que -baguette ou pas- il se sentait incapable de l'en protéger.

Il chasse toutefois bien vite ce sentiment d'impuissance alors que Charlotte semblait reprendre confiance en leurs capacités à affronter cette situation. Il préférait tant la voir ainsi qu'il refusait de venir ternir cette combativité avec ses inquiétudes. Il fit tout son possible pour avoir l'air convaincu quand elle affirma qu'ils pourraient bien survivre à Sorden après avoir survécu à une guerre. Il lui renvoya un sourire un peu forcé, pas vraiment convaincu par son argument. Si Charlotte avait du être envoyée à l'étranger pour être épargnée durant l'année des Ténèbres, lui n'avait même pas eu besoin d'aller si loin, protégé par son nom de famille. Ils avaient survécu à cette guerre, mais il ne l'avait pas gagné. Lui aurait pu se battre, il ne l'avait pas fait. Il se battrait aujourd'hui, parce qu'il avait bien plus à perdre et à défendre, mais à quoi bon ? Il n'avait pas la moindre chance face à Sorden.

Il hocha simplement la tête quand Charlotte assura qu'ils feraient le maximum pour se protéger et continuer leurs vies tranquillement. C'était leur meilleure façon de résister, de toute façon, vivre comme si rien n'avait changé. Ne pas laisser Sorden et ses menaces les atteindre, ou du moins faire comme si cela ne les atteignait pas. Plus facile à dire qu'à faire. Et s'ils n'arrivaient pas à se protéger de la mardolienne ? L'idée qu'il puisse arriver quelque chose à Charlotte le rendait malade et la détermination qu'il lisait dans le regard de la jeune femme l'inquiétait plus qu'elle ne le rassurait.

- On fera tout ce qu'il faut, reprit-il. Mais ne prends pas trop de risques, d'accord ?

Sa mise en garde lui arracha un premier vrai sourire. Il avait parfois tendance à oublier qu'il parlait à une Gryffondor presque aussi tête-brûlée que lui. Elle allait finir par faire de lui un anxieux, à parler de chasse à la sorcière alors qu'elle était enceinte de plusieurs mois. Charlotte attrapa d'ailleurs sa main pour la poser sur son ventre rond et le sourire d'Eliott s'agrandit. Un minuscule coup vint cogner sa paume. Un coup de poing ou un coup de pied de leur futur enfant, qui n'avait pas la moindre idée des soucis que ses parents pouvaient rencontrer mais une furieuse envie de s'agiter, de vivre, de grandir. Ce tout petit geste chassa doucement les craintes d'Eliott pour laisser la place à son optimisme habituel. Il retrouva rapidement l'espoir, et l'envie de croire qu'ils y arriveraient. Il ne savait toujours pas comment, mais ils s'en sortiraient. Il ne pouvait pas en être autrement. Ils allaient avoir un bébé, ils allaient devenir parents et fonder une famille. Et ce n'était pas une folle échappée d'Azkaban qui allait les en empêcher.

- Rien ne vous arrivera à tous les deux, répondit-il en caressant doucement le ventre de sa fiancée, qu'il délaissa finalement pour poser une main sur sa joue. Tout ira bien, assura-t-il avec conviction avant de l'embrasser tendrement.

Il ne pouvait pas le lui promettre, parce qu'au fond il ne pouvait pas en être certain, mais il y croyait aussi fort que possible. Tout irait bien.

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La méchante sorcière [Charliott]

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