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  La librairie de l'Avenue [Abigail & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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4 janvier 2009

« Bonne fin d’journée Julia ! » lança Irving en quittant le Triton Ardent, faisant tinter la clochette derrière lui en fermant la porte.  Comme il avait plusieurs dépannages de prévu sur les rares cheminées ouvertes de Bristol, il avait obtenu un laissez-passer pour la journée afin de circuler librement dans la ville. Il avait donc profité de sa pause de midi pour faire marcher le commerce de son amie. Apparemment, les clients du restaurant s’étaient raréfiés depuis la guerre des gangs et le bouclage si bien qu’Irving avait à cœur d’aider les commerçants qui tentaient de survivre dans cet état de siège.
Il avait d’ailleurs prévu de passer à la libraire de l’Avenue des Douze Chênes pour s’acheter quelques partitions et échanger le livre qu’il avait choisi pour sa mère à Noël. Il ne s’était pas trompé en lui achetant la biographie de Severus Rogue mais il ignorait que Vivianne l’avait d’hors et déjà dévoré dès sa sortie.

L’ancien Gryffondor s’engouffra donc sur l’avenue la plus célèbre de Bristol qui semblait bien dépeuplée par rapport au souvenir qu’il en avait. Il y avait bien quelques badauds qui observaient les vitrines mais la plupart des personnes présentes dans la rue portaient un uniforme de la Police Magique ou de la Milice. Cette présence, qui était censée rassurer la population, avait un effet contraire sur Irving qui ressentait toujours une forme d’anxiété au contact des Forces de l’Ordre. Même si depuis un mois, il s’attachait à se conduire le plus normalement possible face aux policiers il n’était pas toujours très à l’aise à leur proximité. Son implication dans la Salamandre y était clairement pour quelque chose mais il essayait de ne pas trop y penser. Après tout, il avait tout du citoyen lambda et il n’y avait aucune raison pour que les Miliciens le soupçonnent quoique ce soit…

Irving éprouva toutefois une forme de soulagement  lorsqu’il poussa la porte de la librairie de l’Avenue. Pourtant, il était bien rare qu’il se sente détendu au milieu d’autant de livres, lui qui avait toujours exécré la bibliothèque de Poudlard, mais une certaine sérénité émanait de ce lieu calme et silencieux.  En fait, il suffisait juste de faire abstraction du mitraillage médiatique pour le tome 2 des Hauts de Hurlelune en tête de gondole ! Détachant son regard d’une affiche grandeur nature de Peggy et Féodor, Irving accorda un bref hochement de tête au vendeur qui était déjà occupé avec un client puis il se dirigea instinctivement vers le rayon musique. Il avait entendu parler de la sortie de l’intégrale de Voldy, regroupant les partitions de tous les morceaux du groupe phare et il comptait bien se l’acheter, même si, il devait l’avouer, la musique passait au second plan depuis un bon mois. Il essayait quand même de se raccrocher à ces centres d’intérêts d’antan, afin de ne pas vivre uniquement pour ses projets avec la Salamandre mais c’était diablement compliqué. Dès qu’il se posait avec sa guitare dans l’espoir de travailler quelques accords, il finissait immanquablement par abandonner son instrument au profit de ses réflexions sur les meilleurs moyens pour trouver de nouvelles planques pour la résistance ou sur les décisions qu’il devait prendre pour assurer sa sécurité et celle de ses proches.

Poussant un soupir, Irving tourna machinalement quelques pages du recueil de partitions et attrapa un exemplaire encore empaqueté avant de se diriger vers le rayon biographie à la recherche d’un nouveau livre pour sa mère. Il s’immobilisa à côté d’une femme rousse et parcourut les étagères des yeux. Son regard s’arrêta sur un essai intitulé "Pour le plus grand bien" consacré à Gellert Grindelwald qu’il feuilleta durant quelques minutes avant de s’arrêter sur une page intitulée La mise en place du régime totalitaire.
Plus Irving avançait dans sa lecture du chapitre, plus il trouvait des similitudes avec le gouvernement en place. Bien sûr, Marchebank avait l’air bien inoffensif à côté de ce puissant sorcier mais il était peut-être temps de se rendre compte que l’adage «  l’habit ne fait pas le Mage » convenait parfaitement à leur nouveau Ministre.

Passablement irrité, l’ancien Gryffondor claqua l’ouvrage avant de le reposer à sa place. Le parallèle était tout à fait intéressant mais il doutait que sa mère soit intéressée par une histoire si sordide. Mieux valait se rabattre sur la biographie d’une illustre femme comme Dilys Derwent.

« Excusez-moi, souffla-t-il à sa voisine, j’veux juste attraper c’livre… » ajouta-t-il en  l’invitant à se décaler quelque peu pour qu’il puisse attraper le volume tant convoité qui s’avéra plus lourd que ce qu’il avait imaginé, Eh bien, il s’en est passé des choses dans la vie de Mme Derwent…, ajouta-t-il en souriant, faisant mine de soupeser l’ouvrage.



Irving Whitaker
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Les vacances de Noël touchaient à leur fin. Les cours allaient reprendre d’ici quelques jours et j’allais devoir réintégrer mon poste à Poudlard. Ce n’était pas une corvée, loin de là, j’adorais ce job. Mais j’appréciais aussi les quelques moments de liberté que m’offraient mes vacances. J’avais un appartement à Bristol, dans lequel je pouvais aller et venir à ma guise. Je pouvais, si je le voulais, laisser tout en vrac pour ne ranger que le dernier jour. Je pouvais aussi me coucher tard et me lever encore plus tard ! En somme, libérée des contraires de la vie à Poudlard je me sentais… bah libre quoi.

Durant ces vacances bien méritées, j’étais venue plusieurs fois à cette librairie. J’aimais bien traîner ici, dans les rayonnages, regarder les livres neufs, les prendre, les feuilleter, les reposer, arrêter mon choix sur un roman qui me semblait particulièrement intéressant. En réalité, j’avais tendance à préférer la littérature moldue. Je la connaissais aussi bien que celle du monde magique, et mon père étant un moldu, j’y avais été initiée très tôt. Je parcourais donc également les rayonnages de la librairie moldue du centre ville avec la même avidité que ceux-ci.

Aujourd’hui donc, j’avais de nouveau pris le chemin de la librairie située dans l’avenue des Douze chênes. Je n’étais jamais à l’aise tandis que je déambulais dans les rues. Tous ces uniformes me donnaient des frissons. Je n’avais pourtant rien à me reprocher, je n’étais qu’une petite bibliothécaire sans histoires, je ne faisais pas de politique, je me contentais de suivre mon cœur, ma conscience et ma morale. Je marchais donc la tête basse, les mains dans les poches, d’un pas rapide pour me soustraire aussi vite que possible à l’agréable sensation d’être épiée. Arriver enfin à la porte de la librairie fut pour moi comme un immense soulagement.

Je saluai le vendeur qui commençait à bien me connaitre d’ailleurs et roulai des yeux en voyant le tome 2 des Hauts de Hurlelune en tête de gondole. Je n’arrivai pas à comprendre l’engouement des lecteurs ce livre. J’avais essayé d’en lire quelques passages et c’était… vide, sans consistance, sans réel intérêt. Même pas crédible d’ailleurs. On le présente comme la plus belle histoire d’amour de tous les temps. Manifestement, les critiques n’avaient pas lu la littérature moldue du XIXème siècle. A mes yeux, l’ouvrage de Mildred Magpie était bien loin d’arriver à la cheville de Jane Eyre ou encore des romans de Jane Austen. Ca, c’était une magnifique histoire d’amour. Une histoire comme je rêvais d’en vivre une.

Je secouai la tête et m’engageai dans l’allée des biographies. J’étais moi-même en train de feuilleter l’ouvrage sur Dylis Derwent lorsque l’homme me demanda si je pouvais me décaler un peu pour qu’il puisse attraper un livre sur l’étagère.

- Oh, oui, bien sûr. Excusez-moi !

Je me déplaçai de quelques pas sur le côté et lui adressai un franc sourire. J’étais le genre de personne qui sympathise facilement, avec n’importe qui, pour peu que cette personne soit « gentille ». Je n’étais donc pas avare de sourires.

Je replongeai le nez dans le livre que je tenais entre les mains. Je le feuilletais, en lisais quelques extraits. J’avais bien envie de l’acheter mais, il était tellement épais. Non pas que ça me fasse peur, mais la vie de Dylis Derwent était-elle tellement passionnante qu’elle méritait autant de pages ? Et, juste au moment où je me posais cette question, l’homme qui m’avait demandé de me décaler fit une remarque à voix haute qui allait dans le même sens. Je me mis à rire et refermai mon livre.

- J’étais justement en train de me demander si sa vie nécessitait autant de pages ! Je ne connais pas son histoire dans les moindres détails, mais…

Je soupesai l’ouvrage à mon tour.

- … je suis étonnée qu’elle ait eu une vie assez longue pour remplir un aussi gros livre.
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L’épaisseur du volume n’était pas si représentative que cela. Irving estimait que si un biographe tentait d’écrire un livre sur sa vie, il parviendrait aisément à rédiger un manuscrit aussi impressionnant. De son enfance à la Cité Nimbus à son entrée dans la vie active en passant par  ses années de scolarité à Poudlard, il y avait une multitude d’anecdotes à raconter! Mais il était forcé de constater qu’il y avait peu  de chance pour qu’un écrivain se penche sur son cas –un joueur de RP à la rigueur et encore ! Il faut dire que  son existence semblait  nettement moins intéressante que celle de Dylis Derwent. D’ailleurs, le  jeune homme  tourna l’ouvrage qu’il avait entre les mains afin de lire la quatrième de couverture à voix haute :


« Guérisseuse à Ste Mangouste de son état, elle  a été la première directrice de Poudlard de 1741 à 1768. Découvrez dans cette biographie l’histoire de cette femme avant-gardiste qui a su s’imposer à la tête de l’une des plus prestigieuses institutions sorcières de Grande Bretagne... »


Irving haussa les sourcils et hocha vaguement la tête  d’un air appréciateur.

« Peut-être que ces mille pages sont justifiées finalement… »
Ajouta-t-il en reportant son attention sur la jeune femme qui lui faisait face. Il esquissa un sourire et reposa le livre sur l’étagère. Il ne doutait pas que ce type d’ouvrage puisse plaire à sa mère mais il ne voulait rien laisser au hasard. Il existait peut-être une publication sortie plus récemment sur une personnalité contemporaine, comme celle consacrée à monsieur le Ministre, constata-t-il en arrêtant son regard sur la tranche d’un livre intitulé « Marchebank , l’homme de la situation ». Il resta immobile quelques secondes avant de l’attraper pour en lire quelques passages, par simple curiosité bien sûr. La date de parution était toute récente, signe que l’auteur surfait sur les derniers événements qui venaient de bousculer le monde Magique. Il y avait un chapitre sur le  renouveau de Cosmos, un autre sur la paix retrouvée à Bristol et enfin un dernier sur la traque de ces terroristes qui cherchaient à mettre à mal la politique du pays …
Merlin, la Salamandre devait absolument publier des tracts pour dénoncer cette propagande malhonnête, songea-t-il en observant le sourire indécent de Marchebank sur la Une. Il était hors de question qu’il donne, ne serait-ce qu’une mornille, pour ce torchon mais il le reposa sans hâte, bien décidé à ne pas éveiller le moindre soupçon sur lui.

Feindre l’indifférence était un exercice fatiguant pour l’ancien-gryffondor qui avait toujours manifesté son mécontentement en bougonnant ou en pestant. Dorénavant, il devait rester aussi stoïque que son chef, Jason Calder, et ne s’offusquer de rien. Lui qui avait toujours aimé sortir prendre un verre dans un bar, il se surprenait à devenir de plus en plus casanier : S’il passait sa soirée à faire attention au moindre de ses faits et gestes et à chacune de ses paroles, il n’en profitait pas.
Il devait se surveiller jusque dans cette bibliothèque où il avait retenu in-extremis, quelques minutes plus tôt, un claquement de langue irrité en découvrant le titre du bouquin sur Marchebank .
D’ailleurs, peut-être que cette femme rousse à côté de lui était en réalité une membre de la Milice infiltré dans la population…

Irving l’observa du coin de l’œil avant de se donner une claque mentale. S’il sombrait dans la paranoïa, il était foutu ! Vigilance, oui. Psychose, non !  Sa voisine semblait tout à fait charmante, aussi, comme pour conjurer ses instincts paranoïaques,  il engagea de nouveau la conversation avec elle.

« Excusez-moi d’vous déranger encore une fois mais j’aurais  voulu savoir si vous aviez deux minutes à m’consacrer. J’ai b’soin d’un conseil lecture en fait. C’est pour une quadragénaire qui a dévoré la bio de Severus Rogue… » Expliqua-t-il « …je cherche quelque chose d’un peu dans l’même style… »

Il haussa les épaules avant d’ajouter précipitamment :

« Enfin, j’veux surtout pas vous retarder… »



Irving Whitaker
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Je replaçai le livre sur l’étagère et enfonçai mes mains dans mes poches tout en haussant les épaules.

- Vous savez… Ce n’est pas tant le nombre de pages qui fait d’un livre un bon livre. C’est son contenu. Ce que je sais en revanche, c’est que même si Dylis Derwent a eu une vie palpitante, si l’auteur s’étale trop longtemps sur une chose en particulier, cela créera des longueurs et ce sera loin d’être captivant. J’ai peur que ce livre ne soit pas à la hauteur de ses promesses.

J’ai détourné mon attention de lui pour continuer à étudier le contenu du rayonnage. Je n’avais pas l’intention de l’épier, mais vous savez, notre champs de vision est assez large pour saisir les mouvements en périphérie. Il venait d’attraper la biographie de Léopold Marchebank. Et je ne pus m’empêcher de dire ce que je pensais.

- Encore un ouvrage destiné à nous montrer que notre premier ministre est vraiment l’homme qu’il nous faut. Je me demande quelle est la part de vérité ou d’exagération là dedans.

Vous savez, j’avais voté pour le parti de monsieur Marchebank lors des dernières élections. Parce que je n’y connaissais rien à la politique, ça ne m’intéressait pas plus que ça, et parce que ses idées semblaient se rapprocher des miennes. Personnellement, je ne votais jamais pour une personne, mais bien pour des idées. Le souci, c’est que monsieur Marchebank ne mettait pas ses idées en œuvres comme j’aurais pensé qu’il le ferait. Petit à petit, j’avais commencé à me dire que finalement, voter pour lui n’avait peut-être pas été l’idée la plus brillante que j’aurais pu avoir à ce moment-là. Et puis un jour, il s’était proclamé les pleins pouvoirs et là, j’étais devenue vraiment méfiante. Pour moi, ce n’était pas une bonne chose. Rassembler autant de pouvoir entre les mains d’un seul homme, c’était dangereux. Etant à moitié moldue, je connaissais l’histoire de notre pays, de notre continent. Je m’intéressais à ce qui se passait dans le monde moldu et à chaque fois qu’autant de pouvoir était rassemblé entre les mains d’un seul homme, il ne se passait jamais rien de bon.

J’ai relevé les yeux sur le jeune homme, légèrement inquiète. J’étais le genre de personne qui exprime son opinion sans se soucier des conséquences. Mais par les temps qui couraient, ce n’était pas très prudent… J’ai prié intérieurement pour qu’il ne soit pas l’un des fervents admirateurs de notre ministre. Je soupirai de soulagement tandis qu’il changeait de sujet.

- Un conseil de lecture ? Mais bien sûr, c’est mon boulot ! Ca ne me dérange absolument pas ! Je suis en vacances en ce moment alors j’ai tout mon temps !

Je me frottai le menton quelques secondes, réfléchissant à la requête qu’il venait de faire. Quelque chose pour une femme d’une quarantaine d’année qui avait adoré la biographie de Severus Rogue ? C’était assez vague comme description. Il me fallait un peu plus de détails. Et puis, surtout…

- En fait, pour tout vous avouer, les biographies, c’est pas vraiment mon rayon…

J’esquissai une moue un peu désolée. Ce n’était pas de pot, je m’étais trouvée dans ce rayon un peu par hasard en fait. Je flânais dans la boutique et mon regard avait été attiré par le livre sur Dylis Derwent.

- Mais si elle aime aussi la fiction, là, par contre, je peux peut-être vous aider !
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Irving ne répondit pas quand la jeune femme chercha à engager la conversation sur Marchebank. C’était plus prudent. Il haussa simplement les épaules -comme si toutes ces histoires de politique ne l’intéressaient pas  spécialement – puis il orienta leur échange sur un terrain nettement plus neutre, à savoir, sa recherche de livre. Il n’avait jamais été un grand adepte de lecture ce qui ne semblait pas être le cas de sa voisine qui venait  de lui affirmer qu’elle travaillait dans une libraire –du moins, c’est ce que compris Irving.

« J’vous fais faire des heures sup’ alors ! " lança-t-il en passant une main dans ses boucles brunes, passablement gêné de la déranger pendant ses congés.

Toutefois, elle avait l’air tout à fait prompt à lui venir en aide. Elle semblait même déjà passer en revue tous les ouvrages qu’elle connaissait afin de répondre au mieux à la demande de l’ancien Gryffondor, même si,  au bout de quelques secondes, elle finit par lui révéler que les œuvres biographiques n’étaient pas vraiment son rayon.

« Oh. C’est pas grave. N’vous inquiétez pas,  j’vais bien finir par trouver… » S’empressa-t-il de répondre, pensant que la jeune femme usait d’une parade pour avoir la paix pendant ses vacances.

C’était tout à fait légitime d’ailleurs ! Irving non plus n’aurait pas apprécié d’être sollicité pour des dépannages sur les cheminées durant les rares journées de détente qui lui étaient imparties. Pendant ses congés, il refusait même d’utiliser le réseau de Cheminettes, l’odeur de la poudre lui rappelant immanquablement son boulot.
Il s’apprêtait donc à s’excuser une nouvelle fois pour le dérangement occasionné lorsque la jeune femme déclara qu’elle s’y connaissait nettement plus en fiction et qu’elle était prête à le conseiller sur ce point.

Un peu surpris, Irving jeta un bref regard en direction du vendeur qui était toujours occupé avec un client avant de reporter son attention sur la rouquine.

« Ben… Ok. » souffla-t-il en se tournant légèrement pour embrasser du regard le reste de la librairie,  « … je sais qu’elle a lu un roman récemment qui lui a beaucoup plu… » Commença-t-il en passant une main sur son menton mal rasé.

Vivianne en avait parlé lors du repas de Noël juste avant que la conversation ne s’envenime au sujet du Plan Cosmos et que tous les Whitaker se mettent à élever le ton beaucoup trop fort pour un 25 décembre…  A ce souvenir, le jeune homme fronça imperceptiblement les sourcils avant de reprendre :

« …me souviens plus du titre. C’était une saga historique sur plusieurs générations entrecoupant les destins d’trois familles, une de sang-pur, une de sang-mêlé et une moldue. Il m’semble que ça s’passait en Ecosse ou p’t’être en Irlande. J’sais plus vraiment. Mais elle a beaucoup aimé. » Conclut-il en souriant avant que son regard ne se pose sur l’affiche grandeur nature de Peggy et Feodor qu’il avait entraperçue en arrivant.

« Par contre on peut oublier l’tome deux des Hauts de Hurlelune. Et l’tome un aussi d’ailleurs. »

Son regard resta planté quelques secondes sur la pancarte avant d’ajouter :

« En fait on peut éviter toute la bibliographie d’Mildred Magpie. »

Non seulement sa mère ne lisait pas de romans à l’eau de rose – du moins, si elle le faisait, c’était en cachette- mais en plus Irving était fermement opposé à l’idée d’acheter quoi que ce soit qui émane de cette femme. Il n’oubliait pas que, lors du tremplin musical organisé par les Folies Sorcières,  elle avait voulu censurer les paroles de la chanson qu’il avait écrite avec Juliana. La romancière les avait jugées soi-disant trop tristes et trop déprimantes mais, avec le recul, Irving savait dorénavant ce qui avait déplu à la dirigeante du Cabaret. Son casino était devenu le nouveau lieu de rendez-vous des membres du gouvernement et elle n’avait pas apprécié qu’Irvana incrimine assez clairement le régime Marchebank dans leur titre Never Free. Pour demeurer dans les petits papiers du ministre, elle avait porté atteinte à leur liberté d’expression… Rien que pour cela, son livre ne méritait pas de se trouver ici aujourd’hui, et qui plus est, en tête de gondole.



Irving Whitaker
Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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L’idée du roman n’avait pas l’air de lui déplaire. Tant mieux. J’aimais parler de livre, ça faisait partie intégrante de mon boulot, c’était comme ça. J’aimais partager sur mes lectures, conseiller les gens, les aider à trouver ce qui pouvait correspondre à leurs attentes. Peu m’importait que je sois en vacances ou non, à la bibliothèque ou non. Les livres, c’était ma passion, et j’étais quelqu’un qui aimait bien partager.

Alors quand il a commencé à réfléchir à un type de roman qui pourrait plaire à la personne à qui il voulait offrir un livre, je lui adressai un sourire d’encouragement.  Je m’y connaissais en roman, il pouvait me dire n’importe quoi, je crois que j’aurais été capable de lui sortir un titre immédiatement. Et je me trompais rarement. Alors quand il a commencé à me parler du roman que la personne avait apprécié. Mon sourire s’agrandit tandis que je reconnaissais l’ouvrage dont il me parlait.

- En Irlande. Je l’ai lu aussi et j’ai beaucoup aimé. Une histoire bien ficelée, passionnante, et en plus, ça m’a rappelé chez moi, c’était comme si j’y étais. Suivez-moi.

J’allais me mettre en marche vers le rayon « fictions » lorsqu’il s’arrêta sur l’affiche faisant la promotion du dernier ouvrage de Mildred Magpie. Je ne pus m’empêcher de laisser paraître mon dédain.

- Non mais ça… c’est pas de la littérature, c’est juste… une belle daube bien commerciale, si vous voulez mon avis. Alors oui, c’est facile à lire et je suppose que toutes les jeunes filles sont amoureuses de… comment il s’appelle déjà ?

Je m’emparai d’un exemplaire, jetai un œil à la quatrième de couverture et le reposai aussitôt.

- Ah oui, Feodor… Mais c’est complètement vide. Si encore l’histoire d’amour était belle, mais elle est…

Je ne continuai pas ma phrase, laissant échapper une expression de dégoût proche du « eurk », tout en secouant la tête et faisant une grimace digne d’un gamin face à une assiette de choux de Bruxelles.

- Et cette Mildred Magpie… Quelle vieille peau ! Quand je pense que j’ai dû la recevoir dans ma bibliothèque. Il a fallu que je fasse des ronds de jambes, que je me plie à ses ordres, parce que c’est mon boulot de recevoir des auteurs. Une auteur, tu parles !

Je tournai la tête vers le jeune homme. Il semblait du même avis que moi sur ce coup-là, même s’il était beaucoup moins virulent dans ses critiques. En réalité, il n’en avait pas vraiment faites d’ailleurs. Je me demandais alors, pendant quelques secondes, si je n’avais pas été trop loin.

- Je suis désolée, j’ai toujours tendance à m’emporter facilement. Arrêtez-moi si je parle trop !

Je le guidai jusqu’aux romans et m’arrêtai devant le rayon. Je le parcourus du regard, prenant le temps de réfléchir. Une idée venait de germer dans ma tête.

- En fait, j’ai bien un titre en tête. Je pense, d’après ce que vous me dites, qu’elle pourrait beaucoup apprécier. Mais…

J’esquissai une moue un peu gênée. Ce que j’allais lui proposer n’était pas conventionnel du tout et cela avait tendance à rebuter pas mal de personnes.

- C’est de la littérature moldue…
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Un éclat de rire sincère ponctua la tirade d’Abigail au sujet des Hauts de Hurlelune. De toute évidence, sa conseillère improvisée n’était pas très sensible à la littérature à l’eau de rose. Le véritable matraquage médiatique qui était fait sur la RITM et dans les différentes librairies en agaçait plus d’un, à commencer par cette jeune femme qui avait été littéralement obligée d’acceuillir la romancière dans sa bibliothèque.

« Oh, vous excusez pas, souffla Irving quand Abigail affirma qu’elle avait tendance à s’emporter facilement contre Magpie, J’ai aussi eu affaire à elle, ajouta-t-il, je sais c’que c’est. Laissez-moi d’viner. »

Il fit mine de réfléchir quelques secondes et commença à énumérer :

« Sous ses airs de vous donner des conseils, elle a complètement démoli vot’travail, elle a fait preuve d’une condescendance terrible et en plus de ça, elle s’est montrée affreusement tactile… »

Il frissonna au souvenir de la romancière tentant d’effleurer ses bouclettes comme s’il était un petit bourssouflet à caresser. Merlin, cette femme lui donnait des boutons et visiblement, il n’était pas le seul. Pendant quelques instants, Irving se demanda toutefois s’il était judicieux de critiquer la gérante des Folies Sorcières, tant ses liens avec le gouvernement semblaient de plus en plus étroits, mais il se rassura en constatant qu’à aucun moment il n’avait évoqué son allégeance politique pour le FREEE. Multiplettes était clairement devenu LE journal propagandiste destiné à asseoir et à appuyer toutes les mesures –même les plus fantaisistes- de Leopold Marchebank.  C’était Bear, un membre de la Salamandre, qui avait mi en lumière ce constat. Irving n’étant abonné qu’à Rock N’Sorc, le magasine musical, il n’avait que peu prêté attention aux Unes de Multiplettes mais il était forcé de constater que le résistant avait raison. D’ailleurs, il n’y avait pas que le journal à scandale qui semblait avoir pris partie pour le Ministre. La Gazette était devenue plus frileuse et critiquait de moins en moins les choix de Marchebank quand aux émissions politiques sorcières à la radio, elles ne donnaient plus qu’un seul son de cloche à la gloire du « King-Leopold ».

Dépité par ce constat, Irving s’arracha à ses pensées lorsque la jeune femme lui révéla avoir un livre en tête qui pourrait plaire à sa mère. L’ancien gryffondor l’encouragea du regard quand elle sembla hésiter à lui révéler le titre de l’ouvrage en question et elle finit par avouer qu’il s’agissait en réalité de littérature moldue.

« Ah. » Souffla Irving en prenant le temps de la réflexion.

Vivianne n’était pas anti-moldue, loin de là, mais il est vrai qu’elle avait une connaissance assez limitée de cette culture. Elle se rendait bien de temps en temps chez Judy, la demi-sœur cracmol d’Irving- mais elle n’avait jamais été très à l’aise avec la technologie.

« Il faudrait qu’ça soit un livre qui s’passe à une autre époque car la personne à qui j’veux l’offrir connait pas trop l’ monde non-magique. Si tous les deux mots ça parle d’internet, de micro-ondes ou d’avions à réaction, ça va pas l’faire, expliqua-t-il avec un air contrit, par contre un truc qui s’passerait avant, quand les moldus avaient pas encore inventé toutes ces choses…pourquoi pas ! »

Il n’était pas contre l’idée, c’était même plutôt original comme cadeau  et, au moins, il était sûr que Vivianne ne l’aurait pas lu.

Il haussa les épaules et accorda un sourire reconnaissant à la jeune femme qui acceptait si gentiment de l’aider avant de la suivre dans les rayons. Soucieux d’entretenir la conversation avec elle, il poursuivit :

« Alors comme ça vous travaillez dans une bibliothèque ? demanda-t-il, si ça peut vous rassurer, y a pas qu’dans la votre qu’Mildred Magpie s’est imposée. J’sais qu’elle est v’nue faire une conférence à celle de Poudlard y a quelques mois. Vous pensez bien, l’école de sorcellerie, c’est l’Doxy aux œufs d’or pour elle… » Railla-t-il sans savoir qu’il se trouvait face à la successeure de Mme Pince.



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Dernière édition par Abigail O'Brien le Mar 17 Fév 2015 - 11:07, édité 1 fois
Un éclat de rire ponctua la fin de ma diatribe. Cela me suffit pour conclure que, oui, ce jeune homme partageait mon avis sur Mildred Magpie et son « œuvre ». Je lui adressai un franc sourire quand il m’expliqua avoir connu ça aussi. Ouais, les « conseils » qui vous faisaient sentir qu’à ses yeux vous n’étiez qu’une mouche (non, pire, une crotte de mouche !), l’attitude plus que condescendante qui vous ramenait à votre état de… ben de crotte de mouche, et son côté tactile, un brin… Attendez une minute !

- Ah non, le côté tactile, moi je n’y ai pas eu droit. Encore heureux ! Sans vouloir vous vexer.

Et là, le jeune homme commença à me  dire que de la littérature moldue, ça pouvait encore aller, mais sous certaines conditions. Conditions qui rejoignaient précisément ce que j’avais en tête.

- Justement, je pensais à un classique de la littérature anglaise. Une auteure qui s’appelle Jane Austen. Elle vivait au XIXème siècle et donc tous ses ouvrages se déroulent à cette période. Elle dépeint la société de l’époque avec un regard tellement lucide pour une femme de l’époque c’est…

J’ouvris les mains pour exprimer mes pensées à la place des mots que je ne trouvais pas.

- Du coup, il n’y a rien de vraiment invraisemblable pour une sorcière qui n’y connaitrait rien au monde des moldus.

Sa réflexion sur la venue de Mildred Magpie à Poudlard m’arracha un rire.

- Oui, je sais. Je suis la bibliothécaire de Poudlard.

Je parcourus rapidement les titres des ouvrages que je pouvais voir sur les étagères étiquettées « fiction » et me tournai finalement vers le jeune homme

- J’ai une autre idée aussi, qui pourrait peut-être vous plaire. Un livre écrit au XVIIIème, si ma mémoire est bonne. Un des ouvrages précurseurs du genre fantastique. Peut-être plus abordable pour une personne qui n’est pas à l’aise avec le monde moldu. En fait, le plus simple serait que je vous montre carrément les livres dont je vous parle, ça vous permettrait de vous faire une idée par vous-même.

J’enfonçai mes mains dans mes poches et esquissai un sourire gêné.

- Enfin, si vous êtes d’accord pour m’accompagner jusqu’à la librairie moldue du centre ville. Cette librairie est vraiment très bien, mais ils ne vendent que des ouvrages écrits par et pour des sorciers.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Jane Austen. Cela ne lui disait rien du tout mais, en même temps, il aurait été étonné du contraire. Il ne lisait pas de littérature sorcière alors il y avait vraiment peu de chance pour qu’il connaisse cette auteur moldue.

« Un portrait d’femme lucide sur sa condition, …Oui ça peut lui plaire, médita-t-il à voix haute, surtout si c’est un personnage avec un sale caractère.  Elle pourra s’identifier comme ça, ajouta-t-il avec un large sourire moqueur. Puis, conscient qu’il devait passer pour un parfait goujat, il ajouta :Vous y trompez pas, j’adore ma mère. »

Toutefois sa conseillère improvisée semblait toujours à la recherche du livre parfait pour Vivianne et il n’y avait visiblement aucun moyen de la détourner de cette nouvelle mission ! Pourtant, Irving ne masqua pas son vif intérêt quand elle affirma être la nouvelle bibliothécaire de Poudlard mais elle était déjà partie dans ses explications sur un ouvrage fantastique du XVIII siècle. En parfaite professionnelle du livre, la jeune femme souhaitait ardemment faire aboutir la requête de l’ancien gryffondor. C était tout à fait charmant bien qu’un peu déroutant. D’une certaine manière, Irving se retrouvait en elle. Certes, il n’avait pas la même passion mais il était intarissable quand il s’agissait de parler musique ou Cité Nimbus aussi quand elle lui proposa de l’accompagner à l’autre bout de la ville pour trouver LE livre, Irving lâcha un  « Waw ! » mi-étonné mi-amusé.

« Ok. Faut juste que j’paye ça, ajouta-t-il en désignant le recueil de partitions de Voldy qu’il tenait sous l’bras, et on y va. Par contre j’reprends l’boulot à 14h. » la prévint-il. Il était sûr qu’elle était du genre, comme lui, à ne pas voir le temps passé en parlant de ces centres d’intérêts.

Le jeune homme se dirigea vers la caisse pour échanger le livre qu’il avait acheté pour sa mère à Noël contre les partitions puis il  régla la différence avant de sortir dans la rue,  tenant la porte du commerce ouverte pour la jeune femme.

« Au fait moi c’est Irving . »  souffla-t-il en lui tendant la main pour faire les présentations officielles, et, Vous vous êtes donc Madame O’…. »

Il l’interrogea du regard afin qu’elle complète sa tirade. Nora lui avait vaguement parlé de la nouvelle bibliothécaire et il se souvenait qu’elle avait un nom irlandais qui commençait par O –Comme O’Connor’- mais impossible de se remémorer la suite.

Le jeune homme s’engouffra dans l’Avenue des Douze chênes et remonta en direction de l’horlogerie Harrisson, l’un des rares passages entre les Bristol moldu et sorcier.  Il referma son blouson et releva le col sur sa nuque – l’air marin était bien trop humide pour lui- avant de farfouiller dans sa veste pour trouver son laissez-passer professionnel. Il y aurait très certainement un check-point à l’horlogerie et ils devraient montrer patte blanche pour pouvoir passer. Tout en tapotant ses différentes poches à la recherche du fameux sésame, il poursuivit :

« J’connais pas mal de monde à Poudlard. Du côté des profs et des élèves. J’uis originaire d’la même ville que Shea Gruffydd, vot’ collègue de vol, et j’uis l’parrain de le fille de M. Virtanen. L’prof de Runes. »Précisa-t-il en souriant.

Si elle était nouvelle, elle ne connaissait peut-être pas encore tous les enseignants.

« Et sinon, vous vous plaisez bien là-bas? » demanda-t-il finalement après avoir remis la main sur son laissez-passer dans la poche arrière de son jeans.



Irving Whitaker
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Dernière édition par Abigail O'Brien le Mar 17 Fév 2015 - 11:08, édité 1 fois
- Je n’en doute pas un instant. Sinon, vous ne chercheriez pas à lui trouver un livre qui lui plaise !

J’adressai un sourire au jeune homme et continuai à réfléchir.

- En fait, ce n’est pas tellement que les personnages ont un sale caractère. Les héroïnes de Jane Austen sont toutes des jeunes femmes perspicaces, qui savent ce qu’elles veulent. Elles ont un fort caractère et refusent de se laisser marcher sur les pieds. Mais ce sont des jeunes femmes particulièrement adorables si on ne les contrarie pas.

Lorsqu’il laissa échapper son « wow » suite à ma proposition, je ne pus m’empêcher de rougir et d’esquisser une moue un peu gênée. J’étais tellement passionnée par les livres, par l’envie de trouver LE livre qui pouvait plaire à un lecteur que j’avais parfois tendance à faire trop de zèle. Je ne devais pas non plus oublier que je n’étais pas dans ma bibliothèque, mais dans une libraire et que la personne que j’avais en face de moi n’était pas un élève, mais un client qui m’avait juste posé une question par hasard. Forte de ce constat, j’allais revenir sur ma proposition et m’excuser, mais il fut plus rapide que moi. J’écarquillai les yeux tandis qu’il acceptait sans poser plus de questions et mon sourire revint, progressivement.

- 14 h ?

Je jetais un coup d’œil à ma montre.

- On a largement le temps, la librairie n’est pas loin, à quelques pâtés de maisons de l’horlogerie.

J’attendis patiemment qu’il règle son achat et sorti dans la rue, le remerciant d’un signe de tête pour sa galanterie.

- O’Brien, complétai-je avec un grand sourire. Mais vous pouvez m’appeler Abigail.

Il faisait plutôt froid à Bristol à cette période de l’année. Mais cela ne me posait pas de problème, j’aimais le froid. Je resserrai mon manteau autour de moi et me mis à marcher. Je hochai la tête tandis qu’il me nommait deux professeurs. Je les connaissais oui. Nous nous connaissions tous. Mais je n’avais pas tellement eu l’occasion de discuter avec eux. Ou du moins, uniquement de choses ayant trait à nous boulots respectifs, aux élèves, et à l’école.

- Oh que oui ! Je me suis toujours sentie bien à Poudlard. Quand j’étais élève, c’était un peu comme mon deuxième chez moi. Retourner là-bas, c’était un peu comme si je rentrais à la maison. Et la bibliothèque est…

Une fois encore, j’utilisai mes mains pour remplacer les mots qui ne venaient pas.

- Il y a énormément de choses à faire, cette bibliothèque a beaucoup de potentiel. Malheureusement, Madame Pince ne l’a pas toujours exploité comme elle aurait pu et la bibliothèque avait fini par devenir un lieu austère. J’ai un peu bousculé tout cela quand je suis arrivée. Au grand dam de certains professeurs un peu trop conservateurs d’ailleurs. Mais il faut savoir évoluer avec son temps. Et pour attirer les élèves à l’intérieur, il faut la rendre attrayante.

Et voilà, j’étais partie. Ce n’était jamais une bonne idée de me lancer sur le travail parce qu’on savait quand je commençais, mais jamais quand je m’arrêtais.

- Vous avez fait vos études à Poudlard ?
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« Dans ce cas, enchanté Abigail. » répondit-il  en souriant lorsqu’elle l’invita à l’appeler par son prénom.

Il était clair dorénavant que Miss O’Brien n’avait absolument rien à voir avec Mme Pince, songea Irving en prenant la direction de l’Horlogerie Harrisson. Il écouta la jeune femme discourir sur Poudlard –qui était comme une deuxième maison pour elle- et sur la bibliothèque de l’école qui avait un énorme potentiel d’après ses dires. L’ancien Gryffondor hocha la tête en rivant ses mains au fond de ses poches. Pour lui la bibliothèque avait toujours été un lieu inhospitalier où il n’avait absolument rien le droit de faire. Bien sûr, certaines règles de savoir-vivre étaient nécessaires pour  garantir un minimum de calme dans cet espace mais il avait toujours jugé Mme Pince trop austère et autoritaire pour acceuillir tous les élèves avec bienveillance et professionnalisme.


« Oui, j’étais chez les Gryffondor, enchaina-t-il quant Abigail lui demanda s’il avait suivi sa scolarité à Poudlard, du moins jusqu’à ma sixième année, précisa-t-il avant de revenir sur le sujet, mais pour tout vous dire, j’ai toujours détesté la bibliothèque d’école. Mme Pince et moi, on ne s’entendait pas vraiment bien…»
Il afficha une moue mi-désolée mi-amusée avant d’avouer:

« Bon, il est vrai qu’en première année, j’ai brulé un livre… mais sans l’faire exprès , ajouta-t-il précipitamment.. Je bossais vraiment mes cours de Sortilèges. J’vous assure !»

Il ricana au souvenir du bouquin enflammé sur la table et de la bibliothécaire jetant un puissant aquamenti pour éteindre le début d’incendie.

« Cet incident m’a valu la première beuglante de mon existence –et pas la dernière d’ailleurs- alors vous vous doutez bien qu’après ça, il m’était difficile de retourner là-bas… »

Il haussa les épaules en souriant légèrement. Sur le coup, il avait vécu cette mésaventure comme un véritable drame mais aujourd’hui, avec le recul, il trouvait cette situation plutôt amusante.

« Vous vous rendez compte que vous allez surement aider quelqu’un qui failli réduire en cendre les centaines d’ouvrages millénaires de la Bibliothèque de Poudlard… » finit-il par dire en jetant un regard en coin en direction d’Abigail.

Au fond, il était prêt à parier que la jeune femme ne reviendrait pas sur ses engagements, tant elle semblait disposée à se plier en quatre pour lui trouver son livre mais il était d’humeur taquine aussi il ne résista pas à l’idée de la chambrer quelque peu. Il faut dire qu’elle semblait tout à fait accessible et à l’aise. Irving étant lui-même d’un naturel plutôt sociable, ils n’avaient eu aucun mal à créer ce climat sympathique où la conversation semblait découler d’elle-même.

« Et vous alors ? Je parie que vous êtes une ancienne Poufsouffle. » finit-il par dire en poussant la porte de l’Horlogerie Harrisson.

Il avait toujours des  bons contacts avec les ressortissants de la maison au Blaireau et de nombreux détails, dans la serviabilité et dans les expressions d’Abigail, lui rappelaient Nora, Samaël  ou encore Danny. Toutefois il n’eut pas le temps de s’appesantir davantage sur la question puisqu’il tomba nez-à nez avec des membres de la Milice qui assuraient le service de douanes entre les mondes magique et moldu. Le léger sourire qui ne l’avait pas quitté depuis la librairie se fana quelque peu et il recouvra presque immédiatement son sérieux. Avec la Milice, il suffisait d’un rien pour que le simple contrôle de routine se transforme en interrogatoire plus poussé aussi il présenta docilement son laissez-passer professionnel et attendit patiemment que les vérifications soient faites avant de s’engouffrer dans le passage qui rejoignait le Bristol Moldu.

Il déboucha dans une petite coursive qui donnait elle-même sur une large avenue au trafic chargé. En six mois, le côté extrêmement bruyant du monde non-magique ne lui avait pas manqué une seule fois mais il devait avouer qu’il retrouvait avec une certaine nostalgie les paysages familiers du Bristol Moldu qu’il avait quitté quelques mois plus tôt.

Il  était d’ailleurs occupé à observer le flot ininterrompu de voiture lorsqu’Abigail déboucha du passage.

« Le contrôle s’est bien passé ? s’enquit-il en haussant la voix pour couvrir le bruit des moteur. Il regarda à gauche et à droite avant d’ajouter : On part par où ? »



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Dernière édition par Abigail O'Brien le Mar 17 Fév 2015 - 11:08, édité 1 fois
J’enfonçai les mains dans mes poches et l’écoutai en souriant. Quand il me confia ne pas avoir énormément apprécié la bibliothèque quand il était élève à Poudlard, je ne pus m’empêcher de rire. Cependant, quand il m’en expliqua la raison, je tournai la tête vers lui d’un air réprobateur.

- Vous avez fait quoi ?

J’essayais d’avoir l’air sévère que pouvait afficher Mme Pince lorsque nous faisions un peu trop de bruit. Mais mes yeux me contredisaient. Ils pétillaient de bonne humeur. Bien sûr, comme toute bibliothécaire qui aime les livres, ça me faisait toujours mal au cœur d’en trouver un abîmé, que ce soit intentionnel ou non. Cependant, Poudlard était dans une école de magie. Nous savions que les élèves apprenaient des sortilèges qu’ils ne maitrisaient pas toujours dès le départ. Hey, ils étaient là pour apprendre non ? C’était pour ça que nous, bibliothécaires, avions mis au point certains sorts spécifiques pour protéger nos livres contre tout un tas de choses : le feu, l’eau, les taches d’encre et les coups de crayons intempestifs de la part d’élèves qui ne comprennent pas qu’ils ne doivent pas écrire dans les livres. Enfin, quand je dis « nous », c’étaient plutôt des bibliothécaires spécialisés dans ce domaine, moi, à mon niveau, je me contentais d’apprendre et d’appliquer ces sorts à chaque livre que je faisais entrer dans la bibliothèque. Mais bref, où en étions nous ? Ah oui !

Quand il me fit remarquer que j’étais en train d’aider un pyromane accidentel, je me contentai d’hausser les épaules et de laisser échapper un soupir théâtral.

- Et oui, je suis trop gentille, que voulez-vous…

Je tournai ensuite la tête vers lui pour retrouver mon air espiègle.

- Mais si ça peut vous rassurer, je détestais la bibliothèque quand j’étais moi-même élève à Poudlard. Enfin, non, pas la bibliothèque en elle-même, mais plutôt Mme Pince. Elle me rendait ce lieu tellement hostile que j’évitais d’y aller tant que possible. Cela dit, je suppose qu’elle était moins horrible avec moi qu’avec vous. Moi, je n’ai jamais essayé de mettre le feu à ses chers livres. Je me suis contenté d’expulser tous ceux qui se trouvaient sur les étagères dans un rayon de trois mètres autour de moi…

Comme quoi, même moi j’étais la preuve vivante que quand on apprend des sorts, les livre sont parfois victimes de drôles d’accidents.

Nous arrivâmes à l’Horlogerie dans laquelle se trouvait le passage vers le monde moldu. Je n’eus pas le temps de répondre à sa question que je me trouvai nez à nez avec un agent de la milice qui me demandait mes papiers. Quand j’étais enfant, en Irlande, nous pouvions passer facilement d’un monde à l’autre. Quand j’étais à Poudlard, c’était la même chose. Mais aujourd’hui, nous étions contrôlés à chaque fois. Je n’avais rien à me reprocher, j’étais une bibliothécaire sans histoires, je ne m’occupais pas de politique. Mais depuis ces temps de terreur où Vous-Savez-Qui et ses mangemorts dirigeaient plus ou moins le pays, j’avais pris l’habitude craindre les conséquences de cette petite mention sur mon laissez-passer : « sang-mêlé ». Alors forcément, lors de ces temps de contrôle, je me tendais légèrement, et, comme Irving, mon sourire s’effaça quelque peu.

Je rejoignis Irving quelques secondes plus tard sur le trottoir, de l’autre côté.

- Oui, très bien. C’est ridicule, j’ai toujours peur qu’on me reproche quelque chose alors que je n’ai strictement rien à me reprocher. Vous savez, c’est comme dans les grands magasins moldus, quand je viens d’acheter quelque chose et que je passe sous un portique anti-vol, j’ai toujours peur qu’il sonne alors que je sais que je n’ai rien volé !

Je rangeai mon laissez-passer dans ma poche et lui indiquai une direction.

- C’est par là !

Je me mis en marche et tournai alors la tête vers lui.

- Au fait, je n’ai pas eu le temps de répondre à votre question tout à l’heure. J’étais une Serdaigle. Mais ça ne se voit pas hein ?

Tout le monde était étonné quand je disais ça. Je n’avais pas, à proprement parlé, le caractère « serdaigle ». Bon je vous arrête tout de suite, il n’y a pas de caractère type à une maison. Cela tient d’un ensemble de qualités et de défauts.

- Cela dit, j’aurais pu être à Pouffsouffle, le choixpeau a longuement hésité.

Très longuement. A tel point que je commençais à me demander s’il n’allait pas tout simplement me dire que je n’étais pas une sorcière et que je devais retourner à l’école moldue. Il n’avait pas été aussi long, quand il avait décidé d’envoyer mon jumeau à Gryffondor. Ca avait été tellement douloureux, d’ailleurs, de ne pas être dans la même maison que lui. Nous n’avions jamais été séparés avant cela.  

Je restai silencieuse un instant et finis par tourner la tête vers Irving.

- Le monde moldu ne semble pas vous impressionner autant que pour certaines personnes. Vous venez souvent de ce côté-ci ?
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Rien à se reprocher ? Ainsi donc Abigail O’Brien était une citoyenne modèle qui ne semblait pas nourrir de grief envers le gouvernement actuel. Ou alors, elle était une menteuse très convaincante qui se faisait passer pour une sympathique bibliothécaire sans histoire.

Depuis qu’il avait intégré la Salamandre, Irving  se posait de plus en plus de questions au sujet de ses amis et des nouvelles personnes qu’il rencontrait : Etaient-ils pro-Marchebank ?  Le dénonceraient-ils s’ils apprenaient son appartenance à la Salamandre ? Ou au contraire l’aideraient-ils ? Abigail n’échappait pas à cette analyse mais Irving ne la connaissait pas assez pour pouvoir d’hors et déjà tirer des conclusions. Il ne commenta donc pas sa tirade sur les contrôles d’identité et il se contenta d’hausser les épaules comme si toutes ces mesures sécuritaires lui étaient parfaitement égales.

Il recouvra toutefois l’usage de la parole lorsque la jeune femme entraina de nouveau la conversation sur un terrain plus neutre. Ainsi donc, Abigail était une ancienne Serdaigle ? Il n’aurait vraiment pas parié là-dessus tant il pensait avoir misé juste en la répartissant à Poufsouffle.

« J’aurais du m’en douter au moment où vous avez évoqué la littérature du XVIIIème siècle, répondit-il toutefois en esquissant un léger sourire avant de poursuivre, je sais qu''c’est parfaitement stupide d’essayer de réduire des individus aux traits d'caractère représentatifs d'leur maison –J'suis toujours l'premier à pester quand les gens affirment que les Gryffondor agissent sans réfléchir- confia-t-il sur le ton de la confidence,  mais j’avoue que j’ai cette tendance à toujours vouloir répartir les personnes que je rencontre. C’est plus fort que moi ! Je crois que j’ai raté ma vocation de choixpeau magique…» plaisanta-t-il en rivant ses mains au fond de ses poches.

Il se perdit quelques secondes dans la contemplation de l’Avenue bondée et bruyante avant de se pencher légèrement vers Abigail pour écouter sa remarque au sujet du Monde Moldu.

« J’ai travaillé durant quelques mois de ce côté-ci de Bristol, avoua-t-il d’une voix forte pour couvrir le bruit des voitures, J’bossais comme portier dans un Grand Hôtel du quartier chic, au bout du boulevard, là-bas, précisa-t-il en désignant d’un geste de la main une avenue qui croisait en angle droit celle qu’ils venaient d’emprunter, c’était une expérience très enrichissante.. . Finit-il par dire, cet univers m’a toujours intéressé, j’suivais l’option à Poudlard, mais j’dois avouer qu’j’ai plus appris en quatre mois d’immersion qu’en cinq années d’études… »

Pour Irving, il n’y avait pas de mystère : On apprenait mieux en étant directement en situation plutôt que planqué derrière un manuel scolaire. D’ailleurs, il ne comprenait pas pourquoi Poudlard ne proposait pas des stages en entreprise à partir de la cinquième année. Il était sûr qu’il aurait poursuivit ses études jusqu’au bout si l’enseignement avait été un peu plus encré dans la réalité de la vie active…

« Finalement j’ai lâché le job en Septembre pour un emploi au Département des Transports. La Magie m’manquait même si j’uis pas contre l’idée d’retourner bosser chez les moldus un de ces jours ! »

Il haussa les épaules et ajouta :

« On verra c’que l’avenir m’réserve. »


Même si, pour le moment, il se contentait parfaitement de son rôle d’agent d’entretien du réseau de Cheminette, il avait une petite idée qui avait germée dans son esprit depuis quelques semaines déjà. Un projet, un peu fou, qu’il mûrissait en silence tant cela lui semblait presqu’impossible : Ouvrir son propre Bed and Breakfast. L’idée lui avait traversé l’esprit le jour de Noël, où il s’était rendu compte qu’il aimait vraiment cuisiner pour les autres et qu’il appréciait plus que tout ces moments de convivialité partagée… Alors, pourquoi ne pas faire de sa passion son métier ?
Reléguant ces rêves d’avenir dans un coin de sa tête, il reporta son attention sur sa voisine et lui demanda finalement :

« Vous aussi vous semblez parfaitement à l’aise en terre non-magique… Vous avez des origines moldues ? »



Irving Whitaker
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Je haussai les épaules et adressai un sourire à Irving.

- On a tous, toujours tendance à répartir les gens qu’on croise. Qu’on le veuille ou non, les clichés restent. Ainsi, on a tendance à croire que les anciens Gryffondor sont tous des défenseurs de la justice, des personnes droites, qui n’ont pas peur de se battre pour leurs idéaux et à l’inverse, on évite les anciens Serpentard.

Je lui jetai un regard en coin et secouai la tête.

- C’est du moins ainsi que je réagis. Même si je sais pertinemment que tous les Gryffondors ne sont pas louables et que même parmi les Serpentards il peut se trouver des gens très fréquentables.

Je haussai une nouvelle fois les épaules et me mis à marcher à reculons, devant lui.

- Mais dites moi, je suis curieuse, qu’est-ce qui fait que, en…

Je jetai un rapide coup  d’œil à ma montre.

- Seulement dix minutes, vous en soyez venu à la conclusion que je devais venir de Pouffsouffle ?

Comme je l’avais prédis, la librairie moldue n’était qu’à quelques mètres de l’Horlogerie et nous l’atteignîmes tandis qu’Irving me narrait son expérience du monde moldu.

- Je n’ai aucun mérite, mon père est moldu, j’ai grandi de ce côté-ci autant que dans le monde magique. Je vous admire, quelque part. Il vous a certainement fallu beaucoup d’audace pour oser vous lancer dans le monde moldu alors que vous ne le connaissiez qu’au travers des cours du professeur Burbage. Cours qui, par ailleurs, ne dépeignent pas vraiment la réalité du monde moldu. Seul un moldu peut parler correctement de son monde, si vous voulez mon avis.

Je poussai la porte de la librairie et entrai, tout en saluant le libraire.

- Bonjour Mr Cooper.

Le libraire était un homme d’un certain âge, chauve, avec des lunettes. Il avait un air rêveur en permanence et un sourire chaleureux. Je l’aimais bien, ce vieux bonhomme. Et manifestement, c’était réciproque.

- Oh, Abigail ! Mais vous n’êtes pas déjà venue hier ? Qu’êtes vous donc venue chercher aujourd’hui ?
- Mon ami cherche un livre à offrir à sa mère. J’ai déjà ma petite idée.
- Alors je vous laisse vous débrouiller seule, j’ai le plus grand mal à me déplacer aujourd’hui.
- Vos rhumatismes ? Voulez-vous que je demande à mon frère de passer vous voir ?
- Oh non, c’est gentil, mais ça passera tout seul. Demain est un autre jour.

J’adressai un sourire au libraire et m’engageai dans un rayonnage, incitant Irving à me suivre.

- Alors, ça devrait être par-là.

La librairie ressemblait plus à une boutique de bouquiniste que d’autre chose. Nous nous trouvions dans une allée remplie de livres. Les étagères débordaient et les livres s’empilaient sur le sol, à tel point qu’il était difficile de poser un pied devant l’autre sans marcher sur un ouvrage. J’avançai prudemment, cherchant à éviter plus que possible de piétiner ces livres que j’aimais tant. Je devais avoir l’air d’une espèce de danseuse ou de funambule, je ne sais trop, et je m’en moquais à vrai dire.

Je finis par m’arrêter devant un rayonnage et posai précautionneusement mon pied gauche à côté du droit.

- Ah oui, tenez !

Je me hissai sur la pointe des pieds et attrapai un ouvrage tout en haut du rayonnage. Durant quelques secondes, les livres qui se trouvaient autour oscillèrent, menaçant de me tomber dessus et je tendis la main vers eux pour prévenir toute chute intempestive mais… ils tinrent bon. Peu de personnes passaient la porte de cette boutique, pour eux c’était juste un capharnaüm inimaginable dans lequel une vache n’y trouverait pas son veau. Pour moi, c’était la caverne d’Ali-Baba.

Je tendis le livre à Irving. Il s’agissait d’un livre relativement récent dont l’éditeur avait pris le parti d’imiter une très ancienne édition. Couverture en cuir, titre en lettre d’or sur le dos de l’ouvrage, il était magnifique, mais ne donnait pas beaucoup de détail quand à l’histoire qu’il contenait.

- C’est le livre dont je vous parlais tout à l’heure. C’est l’histoire de Lemuel Gulliver, un médecin qui, au court d’un voyage, fait naufrage sur une île étrange. Il se retrouve successivement au royaume de Lilliput, où les gens sont minuscules, puis à Brobdingnag où là, les habitants sont des géants. Il va aussi à Laputa, une île qui vole dans le ciel et Glubbdubdrib où les gens sont immortels. Et il finit par se retrouver dans un pays étrange où les êtres intelligents  sont des chevaux, appelés Houyhnhnms et qui ont pour esclaves des Yahoos, qui ne sont rien de plus que des humains primitifs.

Je relevai les yeux sur Irving et grimaçai.

- Oui, bon, dit comme ça, ça n’a pas l’air très intéressant, mais je vous jure que c’est passionnant ! Gulliver vit une véritable aventure au long de ses voyages ! Et c’est de la littérature moldue, mais comme je vous l’expliquais, c’est les prémices de la littérature fantastique, une sorcière n’aurait aucun mal à s’y retrouver. Sinon…

Je fis un pas sur le côté et me penchai pour tirer un livre de dessous une pile qui se trouvait à la hauteur de mes yeux. Cette fois, je n’eus pas la même chance que tout à l’heure et les livres me tombèrent un à un sur les pieds. Je laissai échapper une exclamation de douleur et me penchai pour les ramasser.

- J’adore cette boutique, mais quand on y rentre, il faut savoir qu’on en sortira pas toujours indemne, surtout si, comme moi, on a tendance à vouloir les livres qui sont tout en dessous…

Je me relevai avec la pile dans les bras et la reposai sur son rayonnage avant de tendre un nouveau livre à Irving.

- Et voilà celui dont je vous ai parlé également. Orgueil et Préjugés, de Jane Austen. Angleterre, 19ème siècle, Elizabeth Bennet est une jeune fille de bonne famille dont la mère n’a pour seule ambition que de marier ses cinq filles à des hommes riches qui pourront leur assurer une vie confortable. Et puis Elizabeth rencontre Mr Darcy, un homme qui lui parait tout d’abord horriblement froid et orgueilleux. Et, poussée par ses préjugés, elle refuse de lui prêter la moindre attention… C’est de la littérature romantique et comme je vous disais, l’auteur porte un regard critique sur la bonne société de l’époque. C’est très agréable à lire. Personnellement j’aime beaucoup.

Et comment, j’étais littéralement sous le charme de Mr Fitzwilliam Darcy.

Je laissai Irving regarder les deux ouvrages un instant et repris finalement la parole.

- Vous faites quoi, précisément, au Département des Transports ?



[Oups… c’est un peu long, mais c’est pour me faire pardonner de l’attente ]
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Hors jeu:
 

Pourquoi Irving avait-il voulu la répartir chez Poufsouffle ? Bonne question, même si c’était toujours un peu délicat d’avoir à y répondre. Heureusement qu’il ne l’avait pas envoyé chez Serpentard avec comme seule explication possible « Je vous trouve très vile et un peu fourbe» !  L’ancien Gryffondor esquissa un vague sourire à cette idée avant de répondre en toute sincérité :

« Et bien…. Vous semblez être une personne travailleuse et studieuse puisque vous acceptez d’être ma conseillère même pendant vos congés, vous êtes serviable, disponible et souriante… En fait vous me faites beaucoup penser aux Poufsouffles que je connais, ajouta-t-il avec un sourire, ma copine est dans cette maison. Nora Weaver, la capitaine de l’équipe de Quidditch. »

Abigail la connaissait forcément. Tout le monde savait qui était Nora, la détentrice de la coupe de Quidditch depuis deux saisons. La fille la plus aimable, la plus gentille et la plus jolie de Poudlard, en toute objectivité !

A l’évocation de sa petite-amie, son sourire se fit plus franc alors que la conversation dérivait déjà vers un autre sujet, celui des origines.

Irving écouta les explications de la jeune femme qui affirmait être née de père moldu. Les sangs-mêlés étaient souvent ceux qui s’en sortaient le mieux puisqu’ils maitrisaient les us et coutumes des deux mondes. Ce statut était vraiment un plus aux yeux d’Irving  qui avait été plus d’une fois ennuyé en terre moldue face à un objet dont il ne comprenait pas l’utilité. Toutefois,  Il haussa les épaules quand Abigail affirma qu’il lui avait surement fallu beaucoup de courage pour venir travailler dans le monde non magique en ayant, pour seuls bagages, les cours d’études des moldus dispensés à Poudlard.

« Le courage n’avait rien à voir là d’dans j’peux vous l’assurer, lâcha-t-il en tendant la main pour l’inviter à venir à ses côtés. C’est qu’elle avait failli rentrer dans deux personnes et une poubelle en marchant à reculons et il n’avait pas très envie qu’elle s’affale en plein milieu de cette avenue de Bristol, C’était sous le mandat de Fiennes, vous vous souvenez ? Il avait fait passer une loi qui restreignait l’emploi des jeunes fraichement sorti de Poudlard. Il fallait avoir fait des études supérieures pour avoir le droit de travailler dans le monde magique… Quelle connerie ! » Grommela-t-il.

Cette mesure avait été une des premières levée par Marchebank et c’était bien la seule chose positive que le nouveau gouvernement avait mi en place.

« …Et comme il était hors-de-question que je poursuive mes études, j’ai cherché un job là où il y en avait… » Chez les moldus.

Il passa une main dans ses cheveux et s’arrêta brusquement en voyant Abigail bifurquer sur la gauche. La librairie dont elle lui avait parlé était vraiment à deux pas de l’Horlogerie, songea-t-il en pénétrant dans l’établissement de M. Cooper à la suite de la bibliothécaire. Il hocha la tête en direction du commerçant qui semblait bien connaitre Abigail. Elle était manifestement une habituée du lieu à en juger par leur bref échanges concernant la santé du vieil homme.  Irving fit quelques pas dans la boutique mais il s’arrêta bien vite. Merlin, mais comment était-il censé retrouver un bouquin dans ce capharnaüm !? Aucune étiquette, pas de rangement alphabétique juste des piles et des piles de livres, en équilibre précaire, à perte de vue ! Le jeune homme tourna sur lui-même –manquant de renverser une accumulation d’ouvrages qui n’était pas sans lui rappeler l’architecture moldue de la tour de Pise- puis il chercha du regard sa guide qui s’était enfoncée entre les rayonnages un peu plus loin. Bon. Il devait la rejoindre en évitant une catastrophe ! Il s’approcha donc précautionneusement de l’endroit et s’arrêta à l’angle de l’étagère où elle se trouvait, juste à temps pour se saisir d’un livre qu’elle lui tendit, orné d’une jolie couverture de cuir. Machinalement, Irving le retourna pour lire la quatrième de couverture mais il se trouva fort déçu en découvrant qu’il était dépourvu de résumé. La jeune femme sembla deviner son désarroi puisqu’elle tenta de lui expliquer l’histoire. A vrai dire, plus elle avançait dans son récit, plus Irving fronçait les sourcils : Brobdingnag ? Glubbdubdrib ? Houyhnhnms ?
En fait Abigail était très bien chez Serdaigle… Seuls les bleus et argents pouvaient appréciés de lire des récits aussi farfelus. Elle avait beau lui dire que cette histoire était extraordinaire, Irving restait sceptique.

La jeune femme repéra alors un autre ouvrage au milieu d’une pile qui s’effondra sur ses pieds lorsqu’elle tenta de le sortir du lot. Dans sa précipitation à lui venir en aide, Irving percuta lui aussi un tas qui vacilla quelques secondes et qui finit par tomber au sol. Il faisait vraiment la paire tous les deux, songea-t-il en soupirant, des vrais Mangemorts dans la salle des Prophéties !

Alors qu’il sortait machinalement sa baguette pour réparer son erreur, il arrêta son geste en se remémorant qu’ils étaient en territoire non-magique. Merlin ! Il avait failli faire une de ces bourdes ! Un peu plus et ils se retrouvaient avec les Oubliators sur le dos…

Le jeune homme se baissa donc pour attraper les ouvrages et il les reposa en tas, sans se soucier de les organiser d’avantage. Ce n’était pas vraiment comme s’ils avaient été rangés avant de tomber, se dit-il en reportant son attention  sur Abigail qui lui présentait un autre ouvrage,  nettement plus classique. Un livre de fille, romantique, avec comme toile de fond une histoire compliquée entre deux mondains moldus… Surement l’équivalent de leurs Sang-purs, songea-Irving en ouvrant le livre au hasard pour lire à haute voix :

« Depuis le commencement, je pourrais dire dès les premiers instants où je vous ai vu, j’ai été frappée par votre fierté, votre orgueil et votre mépris égoïste des sentiments d’autrui. Il n’y avait pas un mois que je vous connaissais et déjà je sentais que vous étiez le dernier homme du monde que je consentirais à épouser… » Il releva à peine les yeux en direction d’Abigail et demanda : Laissez-moi d’viner… Ils finissent ensemble ? »

Il haussa un sourcil avant de claquer le livre pour  le reposer sur l’étagère :

« Va pour Gloubigloubahnms ! » s’exclama-t-il en en brandissant le Voyage de Gulliver.

Sa mère était veuve depuis presque deux ans mais Irving ne se voyait pas lui offrir un bouquin sur une belle histoire d’amour. Les péripéties de ce cher Lemuel seraient surement plus distrayantes pour Vivianne.

Alors qu’il s’approchait d’hors et déjà de la caisse afin de régler le produit, Abigail lui demanda de but en blanc ce qu’il faisait au Département des Transports. Machinalement, Irving jeta un coup d’œil en direction du vieux marchant qui les observait avec un sourire tendre. Sûr qu’il écoutait leur conversation depuis le début. Après tout, il n’y avait pas d’autre distraction dans la boutique.

« Je travaille dans le secteur des moteurs… répondit-il, un peu hésitant, l’entretien des pompes à injection et des pots d’échappement… ajouta-t-il en implorant la jeune femme du regard pour qu’elle lui vienne en aide. Il avait vaguement entendu ces termes propres à l’univers des automobiles moldues mais il n’était pas vraiment sûr de les employer à bon escient, …et je mets du liquide de refroidissement aussi. »

Il afficha un sourire un peu crispé avant de plonger les mains dans ses poches pour sortir son porte-monnaie…rempli de mornilles, de noises et de deux gallions mais certainement pas de Livre-Sterling.

« Oh Mer*lin*...de ! –On ne jure pas sur la tête des magiciens en terre moldue ! se sermonna-t-il, je n’ai pas assez d’argent –pour ne pas dire, pas du tout- Pouvez-vous m’avancer et je vous rembourse dès que l’on est de retour sur l’Avenue ? » S’enquit-il auprès de la jeune femme en grimaçant quelque peu.



Irving Whitaker
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Dernière édition par Abigail O'Brien le Ven 20 Fév 2015 - 23:41, édité 2 fois
[Oh que oui, mais trop courtes, évidemment !]


Je secouais la tête en riant. Ce qu’il me citait là, ces qualités que soi-disant j’avais, selon lui, c’était marrant, mais cela ne me semblait pas être des traits de caractères propres aux Pouffsouffles. Et puis, c’était des choses qui me semblaient tellement naturelles que je n’aurais probablement pas pensé à les citer si on m’avait un jour demandé quelles étaient mes qualités. Sans compter que ça me semblait être la base, le moins que nous puissions être : travailleurs et serviables. Si le monde était rempli de gens comme ça, je me disais que nous aurions peut-être moins de problèmes… Mais peut-être était-ce vraiment des qualités de Pouffsouffles après tout.

Quant à Nora Weaver, un sourire naquit sur mes lèvres tandis qu’il me parlait d’elle. Qui ne connaissait pas Nora Weaver ? Capitaine de l’équipe de Quidditch des Pouffsouffles, elle avait contribué à ce que la coupe reste dans cette maison pendant deux ans. Peut-être même trois ? A en voir les résultats de l’équipe lors des derniers matchs, c’était, en tous cas, bien parti pour. Je connaissais tous les élèves, de nom du moins, sinon de vue, mais Nora faisait partie de ceux à côté desquels on ne pouvait pas passer.

Quand Irving enchaina sur les raisons qui l’avaient amené à travailler de ce côté-ci, je hochai la tête, en silence. Je connaissais cette loi, évidemment. Lorsqu’elle avait été votée, je m’étais dit que c’était totalement absurde. Avait-ce pour but d’encourager les jeunes à faire des études, ou bien à passer du côté moldu pour travailler ? Je n’avais jamais compris à quoi elle servait, si ce n’est à réduire encore les chances pour ces jeunes de trouver du travail. Et puis, j’avais regardé les choses du point de vue des moldus… De l’autre côté de la barrière, le monde du travail était en crise, depuis quelques années. Les jeunes avaient un mal fou à trouver du boulot, même quand ils avaient fait de longues études. Le chômage atteignait des taux record et on voulait, en plus, injecter des sorciers sur le marché ? Mais il n’y avait déjà pas assez de travail pour les moldus ! Bref… vous comprenez mon point de vue à ce sujet, je pense, pas besoin de développer plus.

J’esquissai un sourire lorsqu’Irving ouvrit Orgueil et Préjugés pour en lire un passage, au hasard. Et je roulais des yeux face à sa question.

- Evidemment, ça ne serait pas intéressant sinon. Vous êtes un homme, vous ne pouvez pas comprendre !

J’avais essayé de prendre un air quelque peu indigné, mais j’éclatais de rire au bout de quelques secondes.

- Glubbdubdrib ! Oui, j’avoue que je me demande aussi où Swift est allé chercher ces noms… Excellent choix, je me porte garante de ce livre, il ne décevra pas sa lectrice.

Nous retournâmes vers le comptoir afin qu’Irving puisse régler son achat. Je fronçai les sourcils tandis qu’il répondait à ma question avec des termes plutôt étranges… je vous arrête tout de suite, je savais de quoi il parlait, mais quel rapport ça avait avec le Département des transports ? Et puis mon regard se posa sur le vieux Mr Cooper. Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié. Autant, il était sourd comme un pot alors on pouvait discuter dans les rayonnages sans craindre quoique ce soit. Autant là, il n’allait pas en manquer un mot.

- Ah oui, je vois.

En fait, non, pas du tout. Il me parlait du métier de mécanicien, mais  ça ne m’éclairait pas plus sur ce qu’il faisait réellement.

Et puis advint une chose à laquelle je n’avais pas du tout pensé lorsque j’avais proposé à Irving de l’amener ici. Moi, je me baladais constamment avec de l’argent moldu dans mon sac, question d’habitude, mais ce n’était pas quelque chose d’automatique pour tout le monde.

Je lui adressai un sourire gêné et acquiesçai.

- Oui, bien sûr, pas de soucis. C’est pour moi !

Je sortis un billet de ma poche et le tendis au libraire qui le prit en grimaçant. Pauvre vieux, il ne pouvait même plus lever le bras.

- Finalement, si votre proposition tient toujours, je veux bien que votre frère passe me voir. Vous croyez qu’il est disponible cet après-midi ?
- Je l’appellerai pour lui en parler.
- Merci bien. Et merci pour le livre !

J’adressai un sourire au vieil homme et ouvris la porte pour laisser passer Irving.

- J’adore cette boutique, c’est le bazar mais en fouillant un peu, on trouve toujours des trésors.

Je me frottai le front d’un air gêné.

- Je suis désolée, je suis tellement à l’aise d’un côté comme de l’autre que j’ai parfois tendance à oublier de quel côté je suis. Et j’avais oublié aussi que je suis certainement une des rares sorcières à avoir constamment de l’argent moldu dans mes poches…
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« Et heureusement ! » affirma-t-il quand Abigail expliqua qu’elle était surement l’une des rares sorcières à avoir de l’argent moldu sur elle. Du temps où il travaillait comme portier à l’hôtel, il avait eu, lui-aussi,  les deux monnaies dans son portefeuille mais depuis septembre ses livres sterling prenaient la poussière dans le vide poche à l’entrée de son appartement.

« Si j’ai bien converti, ça doit faire dans les quatre galions… » souffla-t-il en lui tendant l’appoint tout en marchant, Merci encore. » Ajouta-t-il en lui souriant.

Il avait enfin trouvé le cadeau pour sa mère et il était quasiment sûr que ce livre serait une découverte pour elle, bien qu’elle soit toujours au courant des dernières sorties littéraires.

« Vous avez l’air de venir souvent dans cette librairie, lança-t-il alors en se tournant à demi en direction du commerce qu’ils venaient de quitter, le vendeur semblait bien vous apprécier… Moi aussi j’aime les commerces de proximité mais je dois avouer que j’serai surement pas rentré dans celui-là…"

Trop peur de mourir étouffé sous une avalanche de livres.

« J’me demande comment vous avez fait pour trouver les ouvrages que vous cherchiez si rapidement d’ailleurs ! » S’exclama Irving en haussant les sourcils, admiratif.

Il aimait beaucoup faire ses courses dans les petites boutiques de la Cité Nimbus lui-aussi. C’était souvent l’occasion de discuter un peu avec les vendeurs et de croiser quelques connaissances sur la Grand Place même si cela devenait de plus en plus compliqué de prendre le temps de profiter de ces petits plaisirs depuis qu’il avait des journées bien chargées entre son emploi et la Salamandre. D’ailleurs, il ne lui avait toujours pas expliqué en quoi consistait réellement son travail avec toutes ces histoires :

« Ah oui, au fait j’bosse au RPC –Réseau d’Poudres de Cheminette- Entretien, raccordement, dépannage… les trucs dans c’genre, expliqua-t-il, En ce moment j’ai un chantier sur Bristol. Comme il n’y a que quelques cheminées d’ouvertes depuis le bouclage, elles s’encrassent beaucoup plus vite et il leur arrive de s’enrailler. Du coup, on doit rester vigilent pour éviter les accidents… Bristol n’a pas besoin de cela. »

Après la guerre entre les gangs rivaux et le bouclage, la ville portuaire peinait à trouver un second souffle. Il n’y avait guère que les Folies Sorcières qui tiraient leur épingle du jeu pendant que tous les autres commerces se mourraient lentement…
Le jeune homme jeta un regard en biais à sa voisine en se demandant ce qu’elle pensait de tout cela. Était-elle du genre à se réfugier au fond de ses livres pour ignorer le contexte compliqué dans lequel ils vivaient ? Elle se souciait peut-être peu de Bristol mais elle ne pouvait pas ignorer que le gouvernement actuel tentait d’apposer ses griffes sur Poudlard. La nomination d’Adonis Greengrass au poste de sous-directeur, la mise en place des Jeunesses Ministérielles… Toutes ses mesures ne pouvaient tout de même pas la laisser indifférente ! Elle semblait intelligente –bien qu’un peu farfelue- alors Irving avait envie de connaitre sa position sur la question. Ils étaient en territoire moldu après tout, aucun risque que leur conversation soit entendue par la Milice alors, autant se lancer. Irving savait plus que jamais qu’ils avaient besoin de nouvelles recrues à la Salamandre et une gentille bibliothécaire, agréable et serviable, au dessus de tous soupçons ferait un membre infiltré idéal !

Aussi lorsqu’ils arrivèrent devant l’impasse censée relier le monde magique au monde moldu, l’ancien Gryffondor s’immobilisa :

« C’est presque plus agréable de marcher au milieu de ces voitures bruyantes plutôt que sur l’Avenue des douze Chènes déserte, souffla-t-il alors, pour tout vous dire, j’trouve que Marchebank en fait un peu trop avec ses mesures draconiennes… Il va finir par tuer complètement la ville, ajouta-t-il, l’air de rien, afin de tâter le terrain.



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Les galions d’Irving vinrent rejoindre la monnaie que le libraire m’avait rendue, dans ma poche. Ce n’était pas très prudent cela dit. Imaginez la tête du prochain moldu que je croiserai alors que je sortirai mon argent pour payer, je ne sais pas moi… mon pain ? Ces pièces étranges, au milieu des autres, n’allaient certainement pas manquer d’attirer l’attention. Mais bah, tant pis !

- Souvent, c’est peu de le dire ! Depuis dix ans que je vis à Bristol, je viens dans cette boutique presque chaque semaine. Cette librairie est remplie de trésors. Si on prend le temps de fouiller bien sûr.

Je haussai les épaules lorsqu’Irving m’affirma qu’il n’y aurait jamais mis les pieds de lui-même.

- Je crois que le vieux Cooper ne voit pas beaucoup de clients… C’est vrai qu’il faut s’armer de courage pour y entrer. Mais il possède des ouvrages uniques, de vraies perles. Je ne sais pas comment il se les procure. Il arrive à avoir des éditions originales de titres qui ont cent ou deux cents ans ! Et des titres épuisés depuis des années. Ce n’est pas un sorcier, mais c’est un vrai magicien ! Malheureusement, la plupart des gens s’arrêtent à sa devanture et passent leur chemin. Du coup, comme il vend peu, il entasse, et il arrive un moment où ça déborde.  Mais faut pas croire, il y a un minimum d’organisation quand même ! Et à force d’y aller, je sais où sont rangés les livres.

J’adressai un clin d’œil à Irving et tournai dans la rue qui allait nous mener à l’impasse de l’Horlogerie tandis qu’il m’expliquait, enfin, en quoi consistait réellement.

- Oui, je me disais aussi que le Département des transports ne devait pas avoir grand-chose à voir avec les bougies de préchauffages et le liquide de refroidissement !  Ca doit être intéressant comme boulot. Du coup, vous devez pas mal voir du pays…

Quand j’étais enfant, je rêvais de grands voyages, de partir loin, de découvrir des contrées lointaines, comme Gulliver. Et puis j’avais appris qu’il restait peu de contrées inexplorées de nos jours, et que pour voyager, il fallait, à un moment donner quitter sa famille et ses amis. Et finalement, je me trouvais bien là où j’étais. Mes seuls et uniques voyages s’effectuaient désormais entre Poudlard, Bristol et l’Irlande. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. Mais je jouais le jeu, je les faisais toujours à la façon moldue. C’était plus long et plus marrant. Bref, je m’égare là, où en étions-nous ?

L’impasse de l’Horlogerie. J’allais m’engager dedans lorsqu’Irving s’arrêta. Je l’interrogeai du regard lorsqu’il me donna l’explication de son arrêt brusque. Je tournai les yeux un instant vers l’Horlogerie et, comme pour lui dire que j’étais d’accord avec lui, je me mis à marcher dans une direction opposée.

- Oui… J’avoue que ces temps-ci, je ne suis jamais à l’aise à l’idée de sortir seule dans les rues. Ca me fiche le cafard sans compter que ça grouille d’uniformes de la milice…

Je fronçai les sourcils un instant et penchai la tête sur le côté.

- Cette ambiance me rappelle l’époque où Vous-savez-qui et ses Mangemorts dirigeaient le pays. Les rues étaient vides et hostiles, comme maintenant.

Sauf qu’à l’époque de Vous-savez-qui, j’étais une espèce de proie qui n’avait pas tellement intérêt à mettre un pied dans la rue…

- Mais au-delà du fait que les rues soient vides et que Bristol soit en train de mourir, je ne suis pas sûre que cette situation soit bonne pour le pays en général.

Je me mordis la lèvre inférieure et relevai les yeux vers Irving. Bon sang Abby, c’était vraiment pas le genre de chose à dire à un inconnu. Ok, il n’y avait pas de miliciens autour de nous, mais qui sait si Irving n’était pas pour le régime Marchebank ?
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Irving écouta attentivement la réponse que lui fit Abigail au sujet du bouclage de Bristol. S’il hocha simplement la tête quand elle évoqua le fait qu’elle n’était pas très à l’aise à l’idée de se promener seule dans les rues il se révéla nettement plus intéressé quant elle affirma que la situation n’était pas bonne pour le pays en général.

Bingo ! Songea-t-il en son for intérieur avant de se sermonner mentalement. Ce n’était pas parce qu’elle affirmait s’inquiéter de la politique actuelle qu’elle se sentait prête à entrer dans un réseau résistant. Il y avait un pas entre les deux –même un fossé- que l’on ne franchissait pas facilement. Il était bien placé pour le savoir. Il avait attendu d’être personnellement confronté aux abus de pouvoir de Marchebank, d’être poussé dans ses retranchements avant de s’engager. Et Encore ! C’était surtout Scarlett qui lui avait collé cette chandelle entre les mains, le recrutant avant même qu’il ne cherche à intégrer la résistance. Aurait-il fait cette démarche de lui-même ? Il aimait à penser que oui mais rien n’était moins sûr… Peut-être aurait-il tolérer les mesures liberticides de Marchebank en pestant de temps en temps, comme le faisait Abigail à ce moment même.

Irving l’évalua du regard quelques secondes avant de lui sourire. Il ne la connaissait pas assez pour espérer la recruter mais il pouvait essayer d’en savoir plus sur elle. Par Shea ou Chloé qui vivait encore à Poudlard bien qu’elle n’y enseigne plus. Peut-être seraient-elles en mesure de confirmer la bonne impression qu’il s’était fait de la bibliothécaire ou, au contraire, d’apporter un éclairage nouveau sur la personnalité de la jeune femme. Quoiqu’il en soit, Irving garderait cette idée en tête même s’il était hors de question qu’il abatte ses cartes dès aujourd’hui.

« J’comprends votre inquiétude en temps que Bristolienne, souffla-t-il, Personnellement, j’trouve que l’ blocage de la ville est injuste pour la population et qu’il va finir par tuer l’industrie… Marchebank s’est vraiment planté sur ce coup… »

Il s’agissait surtout de conforter Abigail dans l’idée qu’elle pouvait émettre des critiques du Ministre en sa présence mais il ne devait pas non plus être ciblé comme un potentiel résistant. Juste comme un citoyen, lambda, prêt à converser un peu au sujet de la politique.

« Mais bon, tout n’est pas si noir : Certaines mesures de Marchebank sont intéressantes, j’dis pas : La parité au gouvernement, le remboursement des potions tue-loup…Tout n’est pas à j’ter, et heureusement d’ailleurs, car on doit encore s’ le coltiner pendant au moins quatre ans ! » S’exclama-t-il en riant à moitié comme s’il ne prenait pas pleine mesure de la situation gravissime dans laquelle le pays se trouvait. Il feignit d’être résolu à l’idée d’avoir le « King Leopold » à la tête de l’Etat jusqu’aux prochaines élections avant de conclure sur le ton de la confidence : On votera mieux la prochaine fois. »

Il lui décrocha un clin d’œil complice avant d’observer sa montre. Oh Merlin, il allait finir par être en retard s’il trainait encore dans la partie moldue de la ville.

« Il faut qu’j’retourne bosser… » souffla-t-il en grimaçant, En tout cas j’vous remercie beaucoup pour votre aide. Vraiment. »

Il tapota le sac qui renfermait ses achats et poursuivit :

« J’vous tiendrai au courant pour vous dire si elle a aimé ou pas. »


Il trouverait bien un moyen pour lui faire parvenir l’information, soit par Nora, soit en se rendant de lui-même à Poudlard. Il profiterait d’une visite faite à Lou pour faire un détour par la bibliothèque. (Maintenant qu’il savait où elle se trouvait !)

« Vous restez dans la partie moldue ou… »

Il indiqua de sa main libre l’impasse qui menait en réalité jusqu’à l’Horlogerie Harrisson pour savoir s’ils se disaient au revoir ici ou du côté magique.



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[je prends enfin le temps de te répondre, désolée, d'habitude, je suis plus rapide que ça, Shea peut en témoigner !]

Irving me répondit d’une façon qui aurait pu, qui aurait dû, m’amener à penser qu’il était de mon avis. Et cela aurait dû me rassurer. Mais il n’en fut rien. Vous savez, je n’étais pas d’un naturel suspicieux, mais dans des temps comme celui-ci, on apprenait vite à être méfiant envers tout le monde. Même nos proches devenaient parfois des gens susceptibles de nous vendre à la milice alors… Le seul problème, c’est que j’avais tendance à parler trop vite. J’étais trop franche. Et même si je me retenais à temps de dire des choses qu’il valait mieux taire, mon regard, généralement, parlait pour moi.

Face à Irving, je ne pouvais donc qu’espérer qu’il soit vraiment de mon avis et non pas un milicien déguisé qui essayait de me tirer les vers du nez. Je l’écoutai aller dans mon sens d’abord, puis relever les « bons côtés » aussi. Je me contentai de hocher la tête, estimant que j’en avais déjà assez dit pour le moment. Oui, toutes ces mesures n’étaient pas mauvaises. D’ailleurs, à la base, son programme n’était pas tellement mauvais. Sinon, je n’aurais pas voté pour lui. C’était seulement la direction qu’il prenait maintenant qui m’inquiétait, la façon dont il mettait son programme à exécution.

Irving me tira de mes pensées en abordant un sujet plus léger : sa nécessité de retourner travailler. Je relevai les yeux vers lui et hochai la tête avec un sourire.

- Ah oui, bien sûr ! Pas de soucis, ça me fait toujours plaisir de discuter de livre. J’espère qu’elle aimera. Et si vous avez l’occasion de passer par Poudlard, n’hésitez pas à venir me faire un petit coucou !

J’enfonçai les mains dans mes poches et haussai les épaules en lui décochant un autre de mes sourires. Il n’avait pas l’air tellement méchant. J’avais peut-être tort de me méfier. Une petite voix dans ma tête me chuchota tout de même que même les pires criminels pouvaient avoir l’air de parfaits gentils…

- Non, je vais trainer encore un peu de ce côté-ci.

Je sortis une main de ma poche et la tendis à Irving pour le saluer.

- Et bien, à une prochaine fois alors ?
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« Pas de souci » répondit Irving lorsqu’Abigail lui proposa de s’arrêter à Poudlard pour lui donner les impressions de Vivianne sur le voyage de Gulliver, j’y passe assez régulièrement pour voir ma filleule donc je ferais un détour par la bibliothèque. Promis. » Ajouta-t-il d’un ton enjoué.

Oui, il comptait bien repasser la voir surtout pour se faire une idée plus précise sur ses opinions politiques…et aussi parce qu’elle était marrante. Il devait l’avouer, il avait passé un excellent moment en sa compagnie et il aimait à penser que la réciproque était vraie.  Il hocha la tête lorsqu’elle avoua préférer rester du côté moldu et il attrapa sa main tendue pour la serrer à deux mains.

« Merci encore, pour les conseils … et pour la découverte !
précisa-t-il en désignant d’un geste du menton la librairie qu’ils venaient de quitter située un peu plus loin sur l’Avenue, Bonne fin de vacances et bon courage pour la reprise. » Ajouta-t-il en faisant quelques pas à reculons en direction de l’impasse.

Les vacances de Noël touchaient à leurs fins, il était bien placé pour le savoir car Nora réintégrait l’école dans quelques jours et ce pour de longs mois, songea-t-il à regret avant d’accorder un dernier signe de la main à sa guide du jour.

« Au revoir. » souffla-t-il avec un sourire. Puis il fit volte-face et s’engouffra dans la petite ruelle qui desservait l’Horlogerie Harrisson. Un rapide coup d’œil à sa montre lui indiqua qu’il lui restait sept minutes pour rejoindre la Cheminée commune de l’Avenue. Si le contrôle d’identité se déroulait sans encombre au check point, il avait largement le temps d’y être…

RP Terminé



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La librairie de l'Avenue [Abigail & Irving]

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