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 Les Fleurs du Mal[Os Fingal Flynn - Ana]

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~ Fingal Flynn ~
45 ans
Fleuriste Magique et ancien Mardolien

Samedi 10 Janvier 2009, Boutique "Les Fleurs du Mal", Allée des Embrumes...

Fingal Flynn n'était pas un fleuriste comme les autres, et d'ailleurs l'enseigne quelque peu atypique de sa boutique pouvait en témoigner. Quiconque se rendait aux "Fleurs du Mal" savait que ce n'était pas forcement pour y acheter un bouquet de roses Baccara pour sa dulcinée, mais plutôt pour débusquer une composition florale de Lotus Noir qui assommerait de leur parfum assoupissant la plus horripilante des belles-mères au repas de fin d'année. Car oui, aucunes plantes aux vertus magiques dangereuses ne réchappaient à la sagacité de ce petit gringalet quadragénaire! Célibataire endurci, il était autant capable de réciter les noms latins que les caractéristiques spécifiques de n'importe quelles fleurs du Monde Magique, se forgeant ainsi une flatteuse réputation au sein de l'allée des Embrumes. Mais il est vrai que ce crédit professionnel lui servait surtout à masquer le néant de sa vie sociale, et une solitude infinie qu'il cultivait derrière la devanture de sa boutique florale. La conscience souvent trouble, les clients qui franchissaient le seuil de sa boutique, n'aspiraient qu'à la plus grande discrétion et ne nouait aucun contact amical avec le malheureux fleuriste. Dès lors, Fingal Flynn avait la désagréable sensation de nouer des rapports affectifs bien plus poussés et exclusif avec ses plantes ou autres boutures magiques, au détriment de ses semblables et du genre humain...

Pourtant, une petite lueur d'espoir brillait encore dans le regard de ce largué de la société, et ce n'est pas les gros carreaux de ses lunettes qui pourraient venir la troubler ou même la déloger. Oui, Fingal Flynn était un rêveur, un romantique de la première heure, qui soupirait de désir à chaque ligne du livre mièvre "Les Hauts de Hurlelune". Plutôt que de n'arroser que des plantes vertes, il nourrissait encore le rêve de pouvoir trouver sa princesse, et une femme qui l'aimerait à sa juste valeur. Ainsi il pourrait fonder une famille, avoir un chien qu'il nommerait "Patapouf", et acheter une maison dans la campagne anglaise, de manière à sortir de cette maudite impasse de l'allée des Embrumes qui n'accueillait que de maigres rayons de soleil. Le quadragénaire solitaire partageait au final le rêve de bon nombre de citoyen de Monde Magique, mais jusqu'alors ses espoirs ne pouvaient se concrétiser. A défaut de tendresse, il continuait d'arroser ses fleurs, de caresser leurs feuilles, et de leur chuchoter au creux des pétales de douces paroles. Le fleuriste s'était d'ailleurs particulièrement lié d'amitié avec une plante carnivore, de l'espèce des Gargantusa Voracius, qu'il avait affublé du petit nom de "Blackounette", en hommage à l'héroïne des Hauts de Hurlelune. Aussi réputée pour sa rareté que sa dangerosité, Fingal avait récolté cette mâchoire sur racines à la fin de sa scolarité à Poudlard, alors qu'il n'était encore qu'un tout jeune homme, et ce, au cœur même de la forêt interdite!

En bon Gryffondor, Fingal n'avait pas pour habitude de reculer face au danger, et c'est dans le secret de sa cave qu'il avait cultivé cette plante vorace qui réclamait tant d'attention au quotidien. Tranche de licheur, carré de steak d'hippogriffe, Blackounette se dévoilait comme une sacrée amatrice de viandes en tout genre, ne laissant guère de répits au futur fleuriste de l'allée des Embrumes. Très vite sa passion pour les plantes potentiellement dangereuses s'accentua, au point d'en devenir envahissante! Les murs de son petit appartement envahit par les lianes et le lierre, son intérieur transformé alors en véritable jungle, il ne pouvait plus accueillir toute l'étendue de sa collection végétale. C'est à partir de là que lui vint l'idée de fonder son propre commerce, afin de partager cette passion dévorante avec le reste du monde. Mais voilà, le flamboyant chemin de Traverse n'était pas le cadre idéal pour un projet qui surfait aux frontières de l'illégalité. Suite à une attaque, où un enfant perdit malencontreusement un bras, après avoir voulu caresser la tête d'une Gargantusa Voracius; Fingal fut assigné en procès, et son activité botanique, jugée beaucoup trop dangereuse pour le grand public, il se retrouva dans l'obligation de fermer ses portes et de s'acquitter d'une amende conséquente. Mais cela ne fit point reculer l'obstiné binoclard, qui s'installa quelques années plus tard dans l'allée des Embrumes, pour y fonder la célébrissime et dangereuse boutique que nous connaissons : "Les Fleurs du Mal"...

Dès lors, son affaire s'avéra florissante, et Fingal Flynn attira très vite sur lui l'attention des pires fripouilles du Monde Magique. Non qu'il soit un grand fervent défenseur de la cause mardolienne, il se lia notamment un temps avec le réseau de terroristes magiques. Ces derniers nourrirent bien de funestes projets, comme celui de semer une terreur toute botanique sur le monde Moldu, en jetant par exemple des "Filets du Diable" dans les ténèbres du célèbre Hyde Park de Londres. Mais une avalanche dans les lointaines terres de Laponie mit un terme à l'avancée de ce vil projet, si bien que l'activité de Fingal Flynn se limita à un simple rôle "d'escamoteur". Cette fonction sous-entendait essentiellement qu'il devait aider les Mardoliens activement recherchés à fuir le territoire britannique, se muant pour l'occasion en apothicaire et fournisseur de Potions, comme le précieux Polynectar. Dans le secret de sa cave, Fingal possédait plus d’une centaine de potions de ce genre. Il faut dire que le Sisymbre foisonnait dans sa collection végétale, et que le fleuriste avait forgé également une alliance stratégique avec autre commerce mardolien, et un coiffeur magique de profession, d'où l'explication du pourquoi il se retrouvait avec autant de Polynectar dans ses réserves.

Malheureusement pour ses affaires, les terroristes magiques se brulèrent bien vite les ailes sur le secret magique, et face à la traque qui anima la justice magique; Fingal Flynn prit rapidement ses distances avec le réseau des mardoliens. Pour combler ce vide, le fleuriste rendit alors des services à des malfrats comme Bill Griggs, son rôle d'escamoteur évoluant de manière à ne plus chercher à dissimuler des fugitifs, mais plutôt à faire disparaître des morts encombrants du regard des vivants. Un véritable festin pour Blackounette qui prit rapidement goût aux cadavres laissés derrière eux par le terrible gang meurtrier. Bref, la fleuriste ne comptait plus les crapules qui avaient franchies le seuil de sa boutique; les souvenirs de ces derniers finissant inévitablement par s'estomper tant ses liens et ses associations ne reposaient que sur de l'éphémère. En effet, il avait appris à ne pas s'attacher, et à se préserver des éventuelles répercussions; La justice magique ou la mort finissant tôt ou tard par rattraper ses associés malfrats. Et pourtant, bien qu'il s'évertuait à ne point nouer des liens affectifs, il y avait parmi toutes ces rencontres malsaines : Une d'entre elles, dont il ne pourrait jamais se séparer, et qui l'obsédait...

Et en ce dix Janvier de l'année 2009, Fingal Flynn paraissait particulièrement nerveux, tapotant fébrilement sur la surface de son comptoir, comme s'il attendait quelqu'un ou un qu'un évènement ne se produise. Jetant un œil sur sa montre à gousset, le botaniste poussa un long et profond soupir, du même genre que celui d'un amoureux éconduit. Le commerçant avait pour habitude de fermer sa devanture à minuit pile, afin de pouvoir profiter du Dimanche et de sa seule journée de repos de la semaine. Mais étrangement, en cette nuit, le fleuriste se sentait l'âme de faire des heures supplémentaires. Mais pour quelles raisons obscures? Sur le plan de travail du fleuriste, il n'y avait pas l'ombre d'une composition florale piégée, ni aucune couronne mortuaire qui puisse égayer l'humeur du quadragénaire anxieux. Car c'est bien de la tension qui pouvait se lire dans son regard, et une peur muette qui le poussait à faire les cents pas d'un mur à l'autre de sa boutique. Fingal Flynn attendait quelqu'un, et il n'était pas prêt à souffler sur les flammes de ses chandelles; Tel un phare dans la nuit obscure, la devanture illuminée de sa boutique devait servir de guide à une énigmatique rencontre secrète. Il neigeait à gros flocons à l'extérieur, et le fleuriste essuya la buée qui s'accumulait sur les carreaux de sa vitrine. Le regard empreint de doute, il cherchait à décrypter l'obscurité afin d'y dénicher la silhouette tant attendue, tel une Juliette attendant son Roméo du haut de son balcon...


Fingal Flynn commença à perdre patience, alors qu'il ne voyait toujours rien survenir de l'épais manteau de neige extérieur; Le petit binoclard se tourna alors quelque peu furibard, en direction d'une mystérieuse chouette blanche perchée sur le dossier de son siège à bascule. Nul doute que le petit homme chamboulé voulait des explications, mais malheureusement, il ne parlait pas le langage des "Chouettes Hulottes". Bien que cela soit parfaitement inutile, il s'approcha tout de même du beau volatile pour lui infliger toute l'étendue de son impatience et de sa nervosité.

"Oui, continue Blanchelune! Tu peux faire tes gros yeux ronds, cela ne m'expliquera aucunement les raisons de ta venue, ni me dire quand ta maitresse viendra à moi! Cela fait des nuits entières que j'attends de recevoir un signe, ou sa venue... Car c'est de cela qu'il s'agit, non? C'est le signal que nous avions convenu, elle et moi, pour que je lui vienne en aide! Dis-moi qu'elle va venir, oiseau de malheur, ou je te jure que je vais te faire avaler, une à une, toutes tes pelotes de réjection! "

Le petite poing tremblant d'émotion de Fingal Flynn se serra très fort, à quelques centimètres à peine du bec de la chouette immaculée. Cette dernière tourna la tête à 180 degré, comme si elle se fichait éperdument des remontrances du fleuriste à fleur de peau.

" Est-ce que dans ta cervelle de chouette débile, tu imagines un peu le mal que tu me fais?! L'espoir que tu viens de faire naitre en moi avec ce brin jasmin accroché à ta patte crochue? Est-ce que tu as pensé aux efforts que j'ai dû consentir à l'idée de ne plus jamais la revoir? Je te jure que je t'étranglerai si cela n'aboutissais qu'à des faux espoirs! La simple idée qu'une femme aussi belle puisse penser à moi en pareille circonstance, cela me dépasse complètement! Est-ce que tu comprends cela? Toi, par exemple, dans ta vie de chouette de malheur, tu n'as jamais croisé de Hibou Grand-Duc pour lequel tu serai prête à tous sacrifier par amour? "

Blanchelune laissa dodeliner sa tête ronde quelques instants, avant d'émettre un puissant hululement en guise de réponse.

"Donc, tu peux comprendre l'étendue de mon désarroi... Une moitié du monde magique veut sa mort, tandis que l'autre veut récupérer la prime pour sa capture. Et moi, je n'aspire qu'à une chose, celle qu'elle devienne un jour ma moitié. Je sais bien que cela tient de l'imaginaire! Que ferai une reine de beauté automnale avec un binoclard puceau comme moi? Le seul espoir est que je l'aide à la sortir de cette tourmente judiciaire, que je lui offre cette seconde chance de se reconstruire ailleurs que dans ce fichu Monde Magique. Tels des Bonnie & Clyde, nous pourrions partir en cavale vers la lointaine Amérique! Nous marier dans la ville lumière de Las Vegas, avant de nous confondre dans le monde moldu pour ne vivre que de notre amour... " Fingal Flynn secoua tristement la tête, alors qu'il contemplait ses pieds. "Je sais qu'il ne s'agit que d'une illusion. Mais je suis comme la fleur de tournesol, je préfère me tourner vers la course du soleil, au risque de me bruler les pétales, plutôt que choisir l'ombre d'une vie sans saveur. Pour ne serait-ce qu'un regard d'Ana, je suis prêt à prendre tous les risques... "

Et des risques, Fingal Flynn en avait déjà prit! Le fleuriste avait toujours été un fervent défenseur de l'arithmancienne, et ce depuis leur première rencontre. Jadis, Alcyd Mardol lui avait confié la lourde tâche d'apporter tous le soutien logistique nécessaire à la réussite du plan confié à la sorcière de Salem. Durant près d'un an, il avait vécut dans l'ombre d'Ana Sorden, comme l'unique solution de replis au cas où l'aritmancienne viendrait à échouer dans sa mission. En parfait apothicaire du crime, il lui avait notamment procuré le rarissime poison mettant fin au jour de Septima Vector, de même que la potion de Feu-Phénix qui avait incendié Pré-au-Lard, celle-ci provenait également de sa réserve personnelle. Bref, il avait vécu les aventures, ou plutôt les mésaventure de l'arithmancienne au plus près, au point même de se sentir irrésistiblement attirée par la sorcière sociopathe. Pourquoi le gentil fleuriste se trouva piégé dans la toile séductrice d'une aussi vile sorcière que Ana Sorden, cela tenait du mystère de l'amour et d'une fascination destructrice. D'ailleurs, le fleuriste aurait très certainement accompagné l'arithmancienne dans son affreux séjour à Azkaban, si les circonstances avaient été différentes...

Sa révolte contre l'idéologie mardolienne venait de là, et de l'odieuse trahison dont fut la malheureuse victime Ana Sorden. Jamais, il ne pourrait oublier l'odieuse assemblée de traitres qui avait fomenté la chute de la reine de beauté. Alcyd Mardol se tenait au premier rang de ces ignobles raclures, et le contredire revenait à signer son propre arrêt de mort. Fingal Flynn avait cherché à prévenir l'arithmancienne, du danger qui la guettait; Mais cette tentative était beaucoup trop tardive, et de toute manière vouée à l'échec. Inéluctablement, Ana Sorden devint alors la victime sacrifiée sur l'autel des lâches! La coupable toute désignée d'une cause qui se retournait contre elle. Alcyd Mardol avait très certainement trouvé la mort dans l'évasion d'Azkaban, et c'était sans doute mieux pour lui, tant le fleuriste, animé par un désir de vengeance extrême, l'aurait volontiers plongé tête première dans la gueule béante de sa plante carnivore adorée! En tout cas, suite à son incarcération, Fingal Flynn fut le seul à soutenir la sorcière la plus haïe du Monde Magique...

Sans l'ombre d'un contact possible avec sa sorcière bien aimée, le fleuriste fit preuve d'une obstination Gryffondoresque pour trouver une manière de venir en aide à celle qu'il aimait par dessus tous. Une solution lui vint en la personne de l'un de ses clients, qui se trouvait être un gardien régulier de la prison d'Azkaban. Après moult effort pour le convaincre, Fingal Flynn réussit à le soudoyer, afin qu'il puisse faire transmettre divers présents précieux qui illumineraient sans conteste la noirceur de la captivité de la pauvre reine de beauté automnale : Parfum Jasmin, produits cosmétiques magiques, fioles de beauté diverses... En tant que ancien fournisseur, Fingal Flynn connaissait les moindres dépendances de l'exigeante et coquète arithmancienne. Malheureusement ces petites transactions finirent par être découvertes, et l'espace d'un instant, Fingal Flynn sentit le souffle de la guillotine s'abattre sur son cou... Mais étrangement, les soupçons se portèrent sur l'infâme Richard Dalnox, comme si un renégat pareil pouvait éprouver le moindre geste de compassion pour la femme qu'il avait honteusement renié! Mais d'une certaine mesure, les accusations erronées de la presse à scandale servirent sa cause et à rester blanc comme neige...

Par la suite l'évasion massive d'Azkaban, et l'arrivée impromptue de la chouette Blanchelune lui avait redonné quelque peu espoir; Mais les jours passant, puis les semaines, il commençait à douter de vivre des joyeuses retrouvailles avec la belle Ana. Le filet de la justice magique ne cessait de se densifier autours des fugitifs, et le fait de rejoindre Londres revenait à se jeter dans la gueule du loup pour l'ancienne mardolienne. La presse avait mentionné son éventuelle présence près de l'embouchure de la Tamise. Peut-être s'était-elle réfugiée dans la campagne anglaise? En tout cas rien ne laissait présager qu'elle puisse rejoindre la boutique des "Fleurs du mal", à moins que...

*Toc Toc Toc *

Fingal Flynn sentit une onde d'espoir envahir tout à coup ses membres, alors que trois coups venait de résonner sur la surface de sa porte en chêne, interrompant ses réflexions. Un immense frisson de crainte et d'espoir : Etait-ce bien elle? Sans même prendre la moindre précaution nécessaire, il se rua sur la porte, pour l'ouvrir avec l'impatience. Son regard s'illumina alors de mille feux alors qu'il reconnut une silhouette familière encapuchonnée dans une robe de sorcière aussi obscure que la nuit. Il se pinça une fois pour être certain qu'il ne rêvait pas, un sourire béat venant détruire pour de bon ses doutes. Il s'agissait du plus beau jour de sa misérable vie de geek botaniste!


Sa voix teintée d'émotion transie peina à s'exprimer sans le moindre bégaiement.

"Ana... C'est bien vous... Quel joie immense de vous revoir, saine et sauve... C'est un miracle... Un divin miracle! "

La sorcière de Salem fit alors un pas dans sa direction, avant que l'inimaginable ne se produise...
Ana SordenPersonnage décédéavatar
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La fugitive la plus recherchée du Monde Magique ne voulait point prendre le risque de transplaner directement jusqu'à son ultime point de chute, qui se situait dans l'allée des Embrumes. Elle devait nécessairement brouiller les pistes, et semer la confusion dans l'esprit de ceux qui osaient la traquer comme si elle n'était qu'un vulgaire gibier. Prudence et patience étaient ses maitres mots, et ceux qui lui garantiraient sa liberté. Car un dispositif de sécurité incroyable venait d'être instauré depuis l'évasion massive de la prison d'Azkaban, et celui-ci ne permettait pas le moindre faux-pas. Que ce soit du fait des patrouilles de Police magique, des regards méfiants qui lorgnaient sur elle, ou encore des nombreuses affiches à son effigie; Ana Sorden éprouvait un sentiment de danger perpétuel. Le passage des frontières moldues et magiques et toutes tentatives d'échappatoires vers un pays étranger se révélaient extrêmement périlleux. Retourner dans sa lointaine Amérique tenait encore du miracle tant le filet de la justice magique s'était resserrer et contrôlait les départs. La paranoïa grandissante de l'arithmancienne ne faisait que décupler à chaque regard suspect, ce qui la retranchait indubitablement dans une forme d'isolement à la limite du supportable.

Le visage dissimulé dans l'ombre d'une grande cape de sorcière, Ana Sorden éprouvait toutefois un certain réconfort à longer les murs d'une ville à l'atmosphère si familière. Le Chemin de Traverse n'avait guère changé depuis son incarcération, et la sorcière férue de mode se surprit même à jeter un coup d'œil rapide à la devanture de T&T, pour y desceller les nouvelles tendances. Le regard brillant d'une jeune femme qui n'était pas Swann finit par la dissuader de s'éterniser. Mais malgré cette précaution, elle se sentait plus en sécurité en s'approchant de l'épicentre du pouvoir et de la Justice Magique, plutôt que le contraire. Même si cela donnait l'impression de se jeter dans la gueule du loup, ce projet offrait en contrepartie l'avantage de se révéler imprévisible pour les hautes autorités magiques. Au cœur de la foule londonienne, la cruelle sorcière passait totalement inaperçue; Comme une simple passante de plus qui venait ajouter sa pierre à une mosaïque humaine déjà bien fournie. Si son plan fonctionnait, et que sa petite colombe avait bel et bien respecté sa part du marché, en envoyant sa blanche chouette à l'adresse indiquée; Alors, la fugitive disposerait d'une planque et du confort nécessaire pour lui permettre de reprendre le contrôle sur sa destinée.

A vrai dire son évasion se révélait être un calvaire encore plus insupportable que sa détention au sein d'Azkaban. Car la douce vision de ce vieux croûton de Crispin Dérébusor sombrant dans les abysses obscurs de la Mer du Nord, laissa rapidement la place à une épreuve de survie d'une pénibilité frôlant la torture physique et morale! Sous l'effet de la houle, l'horrible bonne femme avait passé son temps à vomir tripes et boyaux, ne se nourrissant que des maigres prises capturée par le biais d'une maitrise magique enseignée à Salem dès le plus jeune âge; La technique dite du "Charme des Sirènes", qui s'apparentait à une chanson ou incantation fredonnée à la surface de l'eau et qui avait l'art d'attirer de nombreux poissons à la surface de l'eau. Cela ne valait peut-être pas la technique de la pêche entre les orteils du vieux Crispin, mais la sorcière américaine trouvait cette méthode plus hygiénique. L'eau douce vint également à lui manquer rapidement... et Ana se retrouva dans l'obligation de guetter la moindre averse, pour s'allonger de manière grotesque sur le dos, la bouche béante pour accueillir un maximum de gouttes de pluie. Si Sorcière-Hebdo voyait ce spectacle pitoyable, indigne d'une ancienne reine de beauté automnale, nul doute qu'il la dessaisirait de son titre. Fort heureusement, un petit voilier magique avec à son bord une charmante famille finit par remarquer sa position. Un geste héroïque qui se révéla fatal pour eux, tant il faut savoir se méfier des méduses à la dérive du genre de l'horrible bonne femme...

Cet odieux méfait accompli, Ana Sorden bénéficiait enfin d’une baguette magique, qui lui permettrait notamment de transplaner où bon lui semblera, mais en prenant de nombreuses précautions. Elle laissa le petit navire dériver dans une direction, pour en prendre une autre. Plutôt que d'arriver par la côte Est de l'Angleterre, l'astucieuse sorcière transplana en direction du Pays de Galles et de la belle plage de Rhossili Beach. Ana Sorden connaissait cet endroit par l'intermédiaire de son ancienne élève, Swann Twilfit, qui n'avait cessé de lui louer la beauté des lieux, au point que l'arithmancienne avait décidé jadis d'en juger par elle-même. Plutôt que de céder à l'impatience, Ana Sorden s'était résolue à errer quelque temps dans la campagne Galloise, avant de rejoindre son refuge salvateur. Le calvaire campagnard de la vile sorcière fut à la hauteur de son périple maritime. En effet, l'orgueilleuse sorcière de Salem ne comptait plus les humiliations, comme celle de devoir partager sa nuit avec des chèvres nauséabondes pour profiter de la chaleur modérée d'une étable, se déplacer en usant d'artifice peu glorieux, ou encore de devoir user d'un sortilège d'oubliette pour dérober un rôti de ragondin et une robe de sorcière à une gitane; Bref, la vie de fugitive était absolument indigne de sa grandeur! Fort heureusement, elle allait pouvoir retrouver un semblant de civilisation et un allié précieux au cœur même de la capitale de l'Angleterre magique. Car comme pour sa petite colombe, Sasha Benson, l'ancienne captive d'Azkaban savait que rien ne pourrait détourner Fingal Flynn de son emprise...

Pour Ana Sorden, le fleuriste magique de l'allée des Embrumes n'était qu'un sombre puceau quadragénaire qui bavait de manière puérile devant une merveille qu'il ne pourrait jamais s'octroyer. Dès le premier regard échangé avec son ancien fournisseur Mardolien, l'arithmancienne saisit toute l'étendue de l'emprise séductrice qu'elle pouvait détenir sur ce binoclard indigne de sa beauté. Fingal Flynn était tout bonnement incapable de lui refuser la moindre chose et la vile séductrice en avait dument profitée. Contournant bon nombre de règles de discrétion érigées par ce traitre d'Alcyd Mardol, la sorcière s'était procurée bon nombre de potions dangereuses et interdites auprès du faux fleuriste. Un simple sourire, un battement de cils, et celui-ci cédait sans l'ombre d'une hésitation. Ana avait toujours aimé ce pouvoir qu'elle détenait sur bon nombre de représentants de la gente masculine, incapable de faire preuve du moindre discernement quand leur bas instincts les conduisaient à commettre l'irréparable. Fingal Flynn n'était rien qu'une gentille marionnette, qu'elle pouvait manipuler à sa guise. Même si cette fois-ci, elle allait devoir donner davantage de sa personne pour obtenir le gage de sa sécurité. Alors qu'elle bifurquait dans l'allée des Embrumes, Ana Sorden échafauda un plan de séduction qui avait bien de quoi la faire blêmir dans son orgueil et sa vanité...

L'arithmancienne marqua un temps d'arrêt alors qu'elle s'apprêtait à frapper à la porte de la boutique "Les Fleurs du Mal", derrière laquelle l'hideux binoclard devait l'attendre, rongé par un désir inassouvi depuis les premières heures de sa vie. La liberté valait-elle ce prix? Une femme aussi belle devait-elle forcement se rabaisser de la sorte pour garantir sa sécurité? Ana Sorden hésita longuement mais sa détermination à vouloir mener à bien son entreprise machiavélique finit par prendre le dessus sur le dégout que lui inspirait le fleuriste. Elle se lança alors dans un exercice d'auto-persuasion...

* Juste un bref et fugitif baiser et ce crapaud immonde sera à ma botte! Je dispose de trop peu d'alliés pour me priver de celui-ci! Je l'utilise, je me joue de lui, et quand il ne m'offrira plus la moindre étincelle d'utilité, je me débarrasse de lui. Je dois lui vendre du rêve et de l'espoir! Devenir l'unique solution qui puisse illuminer sa petite vie misérable! Un baiser et je prendrai le contrôle de son être. Courage, Ana! Donnes-toi les moyens de ta vengeance! *

Le regard empreint d'une confiance retrouvée, un sourire déguisant ses véritables intentions, l'horrible séductrice frappa trois fois à la porte. Un silence infini s'installa, ou il lui semblait presque entendre les flocons de neige s'écraser sur le sol, puis la porte finit par s'ouvrir sur le visage rayonnant et les bégaiements de Fingal Flynn :

"Ana... C'est bien vous... Quel joie immense de vous revoir, saine et sauve... C'est un miracle... Un divin miracle! "

Face à cette béatitude indigeste, et ce regard de veau insipide, Ana eut bien du mal à ravaler sa fierté et son désir de lui tourner les talons. Pourtant, les traits du visage figés par la chirurgie esthético-magique de l'arithmancienne se déraidirent quelque peu, alors qu'elle exprimait un semblant d'admiration. De sa main encore toute refroidie par les rigueurs de l'hiver, elle lui caressa sensuellement la joue, sans le perdre un instant des yeux.

"Mais ce miracle n'est pas d'origine divine. Car je le dois bel et bien à un homme qui a toujours été là pour moi, dans les pires instants de ma vie. Mon sauveur, mon héros, que je retrouve enfin, et à qui je dois la vie sauve... "

Puis sans même le prévenir, Ana Sorden ferma les yeux, prit une longue et profonde inspiration avant de venir déposer ses lèvres sur celle du Fleuriste. Cet instant charnel ne dura pas plus de quelques secondes, mais pour l'arithmancienne, cela lui sembla être une éternité. Fingal Flynn, quant à lui, papillonna des paupières, la mâchoire tombante alors que le ciel venait de lui tomber sur la tête. C'était digne d'un film sentimental, ou de la conclusion d'un chapitre de Mildred Magpie, dans lequel l'amour avec un grand "A" finissait toujours par triompher de l'adversité! S'essuyant fugitivement les lèvres, Ana Sorden profita de l'égarement et de l'océan de béatitude qui habitait le fleuriste, pour s'immiscer à l'intérieur de la boutique. Elle lui suggéra alors de faire preuve de la plus grande discrétion.

"Je t'en prie, mon beau fleuriste adoré... Hâtes-toi de fermer cette porte. Il fait si froid dehors, et mes ennemis sont si nombreux que nous devons nous montrer extrêmement prudent. Tu ne voudrais pas qu'il m'arrive du mal, n'est-ce pas? "

Fingal Flynn, recouvra quelque peu ses esprits, même si petit filet de bave émergeait de sa bouche encore semi-ouverte. Ana Sorden fit comme chez elle, allant se réchauffer vers la petite cheminée magique qui servait de chauffage d'appoint à la boutique de fleurs. Un parfum agréable émanait des lieux, et Ana Sorden en éprouva la plus grande joie. Cela la changeait des étables aux odeurs de bouc du pays de galles. L'arithmancienne jeta un regard perplexe sur son hôte qui peinait à retrouver la parole. Etait-il terrifié ou simplement submergé par l'émotion? Il ressemblait à un zombie qui venait de fumer de la mandragore. La sorcière de Salem chercha à rétablir le contact avec son fleuriste, en exprimant ses intentions.

"Voyons Fingal! Me serai-je trompée sur tes intentions? N'est-ce pas ce dont tu as toujours rêvé? Ne vois-tu pas que je te suis enfin toute acquise! Séduite par ton courage, ta loyauté et ton charme... au combien irrésistible! Je veux vivre avec toi une belle histoire, digne de Bonnie & Clyde, mais bien entendu pas avec la même conclusion. Je t'en prie, ne gâche pas cet instant et comportes-toi en homme! Tu dois me trouver une cachette dans laquelle je pourrai me dérober du regard de cette meute de loups affamés! Les murs de Londres sont infestés de ces maudites affiches qui ne font pas honneur à ma grande beauté! Ou est le glamour? Je parais si vieille dessus! Pourquoi s'obstinent-ils toujours à choisir des photographies qui feraient blêmir de peur un détraqueur!? De plus, une prime de seulement 1500 Galions! Je vaux bien plus! Tu ne trouves pas? "

Fingal Flynn finit par hocher le menton en signe d'assentiment. Puis d'une petite voix fluette, il établit enfin un dialogue digne de ce nom.

"Une femme telle que vous n'a pas de prix... Je ne pensais pas vous retrouver, je suis seulement surpris et heureux de ce dénouement. Je peine encore à réaliser mais je vous promets que je vais assurer votre protection... " Il se gratta un instant le menton avant d'ajouter. "Je sais où vous cacher. Dans ma cave, je dispose d'une arrière salle dans laquelle j'entrepose toutes sortes de potions illicites et de boutures de plantes interdites. Vous y serez à votre aise, le temps que je vous procure une fausse identité et du Polynectar afin de modifier votre apparence et franchir les frontières magiques en toute quiétude. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je viendrai avec vous, car je ne peux plus me résoudre à vous abandonner... "

Le regard d'Ana Sorden s'agrandit de stupeur face aux propos du fleuriste amoureux.

"Où diable penses-tu aller? Ai-je émis le souhait de quitter l'Angleterre? "

Ce fut au petit fleuriste binoclard de se montrer quelque peu perplexe. Il faut dire que l'homme avait étudié des semaines durant, un moyen de pouvoir réchapper aux mailles du filet de la justice magique. Ana Sorden n'avait pas d'autre possibilité : L'exil s'imposait...

"Je pensais que vous voudriez rentrer en Amérique, à Salem ou à un autre endroit où nous pourrions vivre paisiblement sous une autre identité. Depuis l'évasion d'Azkaban, la tension est à son paroxysme! Il ne leur faudra guère de temps pour vous retrouver. Vous représentez une capture hautement symbolique pour le pouvoir en place, vous comprenez? "

Si Ana Sorden était douée d'un sens peu commun en matière de machiavélisme, et pour commettre les pires exactions. A contrario, elle se révélait toujours aussi dénuée d'esprit logique quand il s'agissait de ravaler son orgueil. Suite à son arrestation, son désir de vengeance n'avait cessé de grandir, au même rythme que sa haine; Nul doute qu'elle ne voulait pas en rester là. Fuir revenait à avouer sa défaite, chose que sa vanité ne pouvait accepter!

"Partir? Vraiment? Tu penses réellement que je vais laisser vivre en paix, ceux qui ont osé me trahir et salir ma réputation? Sache que je préfère mourir que de les savoir heureux, alors que je devrai me terrer comme une bête nuisible! Tant que j'aurai un souffle de vie en moi, je consacrerai mon existence à me venger de ces viles vermines! Je veux les voir souffrir comme ils m'ont fait souffrir! Tu m'entends? "

La haine déformait littéralement les traits de l'arithmancienne alors qu'elle serrait son poing de rage. Fingal Flynn ne savait plus trop quoi dire, ni où se mettre et préféra ne poin interrompre la dangereuse sorcière.

"Je vais rester ici, le temps qu'il me faudra pour me venger de ceux qui ont voulu me détruire. Dans cette noble entreprise, j'aurai grandement besoin de toi pour me fournir diverses informations sur mes cibles, ainsi que pour m'acheter divers articles. Je veux notamment une nouvelle baguette, et des produits de beauté digne de moi, des vêtements également! Tu connais également ma passion immodérée pour le parfum senteur Jasmin; Tu devras t'en procurer, car une femme qui se venge doit le faire dans son plus bel apparat! "

Nullement affligé d'être considéré comme un vulgaire coursier, le regard du fleuriste s'illumina tout à coup alors qu'il tendit un petit paquet enrubanné en direction de la précieuse arithmancienne.

"Je crois que j'ai devancé vos désirs! Voilà votre cadeau pour célébrer nos miraculeuses retrouvailles... "

Ana Sorden leva un sourcil circonspect avant de déplier le petit présent, puis après quelques secondes de suspense, elle poussa un petit cri d'extase aussi spontané qu’enthousiaste. Sa main pale abritait un somptueux flacon de parfum jasmin!

"Tu sais que tu es adorable! Quand j'en aurai terminé avec cette vengeance, je te promets de t'épouser et de combler le moindre de tes désirs. N'as-tu pas toujours rêvé de posséder ceci... "

Dans un geste aussi calculateur que mensonger, l'aritmancienne esquissa alors une caresse sensuelle à l'endroit ou naissait sa poitrine voluptueuse. Les pupilles de Fingal Flynn vibrèrent de désir, avant que se mâchoire ne retombe comme un poney à qui l'on brandissait un épi de maïs. Quant à l'horrible bonne femme, elle ne perdit pas une seconde pour s'asperger de la tête au pied de son horrible parfum senteur Jasmin. D'une voix calme et déterminée, elle exposa alors les contours d'un plan, à moins que cela ne soit du chantage affectif...

"Mais pour obtenir ma main, tu dois me jurer de m'apporter toute l'aide nécessaire à ma vengeance. Crois-moi, ceci ne sera qu'une légère épreuve à côté du bonheur qui t'attendra en retour! Puis-je compter sur toi, mon beau Fingal? "

Sans l'ombre d'une hésitation, le freluquet influençable plia un genou devant l'ancienne reine de beauté automnale.

"Sur mon âme, je vous le jure! Dites-moi simplement sur quoi repose votre vengeance, et je ferai tout mon possible pour vous aider! De plus, je peux vous donner accès à mes stocks de potions! " Fingal marqua une seconde d'hésitation, tant les ennemis de la sorcière de Salem étaient nombreux. Il osa alors poser la question qui lui brulait les lèvres. "Mais qui sont les cibles de votre vengeance? Et comment voulez-vous procéder? "

La sorcière de Salem se tourna alors vers la chouette Blanchelune, pour lui caresser affectueusement le sommet du crâne. Durant sa captivité, impuissante entre ses quatre murs, elle avait rêvé cet instant où elle pourrait enfin s'acquitter de sa vengeance. Sa liste noire avait enfin un sens et ne demandait qu'à se rayer de ses trop nombreux noms. D'une voix douce et calme, Ana Sorden établit ses priorités.

"Je ne suis point folle, et je sais très bien que je ne pourrai point me venger de toutes les vermines qui ont osé s'en prendre à moi. En effet, je ne sais pas si Alcyd Mardol est réellement mort durant la catastrophe qui a visé Azkaban; Je l'espère, mais dans le cas contraire, le retrouver demanderait beaucoup trop d'effort et de temps. Je crains devoir abandonner ce traître à son triste sort. Par contre, il y a quatre noms infâmes, trois erreurs de la nature, dont je veux absolument me délecter à l'idée de les voir souffrir... "

Telle une louve dardant son regard sur sa proie, Ana Sorden s'approcha lentement en dardant un index vengeur en direction du fleuriste.


"Richard Dalnox, je veux que ce résidu de troll succombe après mille tourments! J'imagine que ce lâche doit se planquer dans l'une de ses trop nombreuses résidences protégée. Mais tu dois trouver une faille et un moyen de l'approcher; Car je tiens à tuer ce vil menteur de mes propres mains... "

Fingal Flynn opina du chef, même si son regard exprima un sérieux doute à l'idée de pouvoir approcher aisément d'un ancien membre du Ministère étroitement gardé. Mais il préféra ne pas contredire l'arithmancienne.

"Margot Adamson! Cette horrible sorcière qui a osé se mettre sur mon chemin, et tout mis en œuvre pour conquérir ce qui me revenait de droit! Tout cela pour l'abandonner immédiatement par la suite. Elle m'a volée Poudlard, je veux lui voler son bonheur! Peut-être devrai-je la ramener à mon bon souvenir... "

Fingal Flynn s'empressa tout à coup de gesticuler sur place, bâtant des bras comme une pintade se prenant pour un aigle royal.

"En parlant de Margot Adamson, il se trouve que je suis tombé, il y a de cela quelque jours, sur un article de presse qui mentionnait l'éventualité d'un futur mariage avec un certain... Zut... Comment s'appelait-il, déjà? Un nom qui se terminait en "âne"... "

Le regard de l'arithmancienne se troubla subitement, à la simple idée de retrouver une nouvelle fois le "doux renard" de la maudite Margot sur sa route. Affreuse coïncidence, la sorcière de Salem posa alors les yeux sur un élément de la décoration qui avait de quoi la révulser. En effet, au-dessus même de la petite cheminée d'appoint, se trouvait une tête de renard empaillé qui scrutait de son regard vide l'ancienne reine de beauté. Ana Sorden sentit un long frisson glacé parcourir son échine, alors que cette terrifiante vision la ramenait à une sombre prédiction du passé. Les traits de son visage se creusèrent d'une peur muette, comme si elle redoutait véritablement l'ancien professeur de métamorphose.

"Samuel Nolan? C'est lui? Elle veut se marier avec cet affreux goupil?  "

Fingal Flynn secoua alors frénétiquement la tête.

"Non, c'est pas lui. Je crois qu'il l'a abandonné comme une vieille chaussette pourrie, très peu de temps après votre arrestation. L'heureux élu porte un nom étrange du genre "A l'affaire braie L'âne", je ne sais plus, mais je vais retrouver toutes les informations nécessaires dessus... "

Dans un duel de regard morbide, Ana Sorden ne quittait pas des yeux la tête de renard juchée au-dessus de la cheminée. Dans un certain sens, elle se réjouissait de ne pas avoir a croisé le doux renard sur la route de sa vengeance. Elle le craignait réellement. De plus, elle n'avait jamais compris comment ce dernier s'était écarté de sa beauté pour tomber dans les bras d'une femme aussi insipide que l'ancienne directrice des Serpentards. Un mystère...

"Je veux que le mariage de cette garce de Margot Adamson se transforme en noces funèbres! Jamais, elle ne se mariera, et ce tant que je serai vivante! Je veux la priver d'amour pour qu'elle s'enlise dans une dépression destructrice. Je pense d'ailleurs avoir d'ores et déjà trouvé son cadeau de mariage; Ou du moins un objet décoratif absolument immonde qui ouvrira les yeux de son benêt de mari sur la vrai nature de la femme qu'il veut épouser. Je plains Margot! Combien de mariage lui faudra-t-il, pour qu'elle comprenne que personne ne veut vivre à ses côtés... "

L'arithmancienne détacha enfin son regard du trophée macabre, avant de faire les cents pas dans la petite boutique. Sa main blanche vint caresser les feuilles des plantes magiques qui s'animaient tout autour d'elle. Ana Sorden n'avait pas oublié qu'elle se devait d'ajouter deux à sa liste vengeresse.

"Charlotte Meyer, une Auror aussi prétentieuse que vénéneuse dans les propos, et qui est en partie responsable de mon arrestation. Il faudra absolument s'occuper du cas de cette petite peste, qui à l'heure actuelle doit être enceinte jusqu'aux genoux. Fort heureusement, dans son ignorance de la Magie des Sorcières de Salem, elle a sous-estimé l'étendue de mes pouvoirs. En lui faisant croire à une malédiction digne d'un conte de fée, elle ignore que désormais je peux sentir l'esprit de l'enfant qui sommeille en elle, je peux presque sentir battre son petit cœur. Je te demanderai juste de trouver un maximum d'information sur elle, où elle habite, et sur son entourage... "

Fingal Flynn parut quelque peu perplexe, car quelque chose le dérangeait réellement dans les propos de la sorcière. Il n'avait pas cautionné l'attaque de Pré-au-Lard et de s'en prendre à des enfants, même si l'arithmancienne lui avait juré qu'il ne s'agissait que d'un regrettable accident. Mais ce que venait de dire Ana Sorden faisait naitre à noueau des doutes. Sans même comprendre pourquoi, au risque de mettre en danger son bonheur, il l'interrogea d'une voix teintée d'appréhension.

"Vous voulez vous en prendre à un petit bébé? "

L'horrible bonne femme laissa éclater un rire mélodique.

"Voyons Fingal! Mais où donc vas-tu chercher pareille ignominie! Je ne suis pas un monstre sans cœur, tout de même! Ce futur nourrisson n'est responsable en rien des actes et des paroles indigestes de sa génitrice! Ma vengeance n'est point aveugle, mais très précise. Ce pauvre petit bébé a juste besoin de trouver une meilleure mère... "

Le fleuriste exprima une moue dubitative, mais préféra voir la réalité au travers du prisme de son amour.

"Qui est donc la quatrième personne de votre liste noire? "

Un sourire malsain se dessina sur les lèvres de la sorcière de Salem, alors qu'elle s'apprêtait à dévoiler qui elle avait choisie en guise de dessert dans sa liste funeste. Elle balaya l'espace d'un geste de la main assuré.

"La quatrième n'est autre qu'une jeune élève à la langue de serpent, qui se croit en sécurité derrière les hauts murs de Poudlard. Mais je sais comment l'atteindre et m'occuper personnellement de son cas, alors inutile de t'en soucier. Si tu me faisais plutôt découvrir la suite dans laquelle je vais devoir séjourner... "

Fingal Flynn indiqua alors à l'arithmancienne de le suivre, alors qu'il dévalait prestement les marches d'un escalier qui conduisait vers les bas-fonds de sa boutique. Ana Sorden le suivit, le contemplant d'un regard faussement affable. Il ne savait pas encore qu'il était le cinquième nom qui viendrait orner de son sang, sa précieuse et sinistre liste. Rien que l'idée qu'un homme aussi grotesque puisse penser avoir réellement une chance avec une femme de sa beauté, cela la révulsait. Mais plutôt que de le tuer, dans un geste de grande clémence, elle opta pour le transformer en cafard, le jour où il ne lui sera plus de la moindre utilité. Le futur cafard s'arrêta justement devant une porte envahit par des racines noueuses, il chuchota alors une sorte d'incantation, et comme par enchantement les racines se retirèrent. Puis il se tourna vers son invitée.

"Ana, venez près de moi, je vous prie. Ma plante Blackounette n'aime pas trop les étrangers, et garde ma réserve personnelle de l'intérieur. Elle pourrait gober un troll, comme s'il s'agissait d'un fétu de paille! "

Intriguée, Ana vint se coller contre son hôte binoclard avant de pénétrer dans ce qui allait devenir son futur chez-soi de fugitive activement recherchée. En effet, à sa gauche, une plante monstrueuse occupait l'espace, ses énormes racines en forme de tentacules s'écartant sur le passage de l'arithmancienne. La plante offrit même son plus beau salut à la nouvelle résidente, inclinant vers le sol ses larges mâchoires. Le fleuriste parut quelque peu éberlué par ce déferlement de bienveillance de la part de sa plante de garde.

"C'est vraiment étrange, généralement elle se jette sur les visiteurs. On dirait qu'au contraire, elle vous aime bien, au point que j'en serai presque jaloux. Attendez, laissez-moi voir... "

Fingal se pencha alors sur la sorcière comme pour flaire son odeur. Ana Sorden marqua un mouvement de recul, alors que le fleuriste était tout sourie.

"Oh mais je comprend! Vous humez si bon le parfum Jasmin, que Blackounette vous prends par mégarde pour une fleur! C'est une bonne chose à savoir! "

La sorcière décrocha alors son plus beau sourire avant d'ajouter d'une voix aussi douce que le miel :

"Que voulez-vous? Entre jolies fleurs, nous nous comprenons! "

Puis, elle éclata de rire. Pour la première depuis bien longtemps, Ana Sorden se sentait d'une humeur des plus joyeuses. Heureuse de pouvoir enfin se venger. Heureuse de se sentir en sécurité. Heureuse de pouvoir reprendre le fil de l'histoire, là ou elle l'avait tragiquement abandonné...

[Fin d L'OS - Désolé du roman^^]  


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Les Fleurs du Mal[Os Fingal Flynn - Ana]

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