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 Almost lover [Adonis]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Vous n'avez pas vu la date de ce rp

5 Novembre 2008

Les mains de Rosaleen tremblaient légèrement tandis qu'elle arrangeait le col de la robe noire d'Oreste. La chambre dans laquelle il avait dormi était encore sombre et impersonnelle, peu d'affaires avaient pu être sauvées des flammes et il leur faudrait tout racheter. Elle n'arrivait pas encore à croire que tout ceci était encore arrivé, que ses grands-parents étaient décédés dans l'incendie qui avait ravagé leur manoir dans la nuit du trente-et-un Octobre. Et pourtant tout était vrai, elle avait bien été réveillée voilà quelques jours avec ces horribles nouvelles, la terrible impression de déjà vu qui l'avait étreinte et ne l'avait plus quittée depuis des jours. Elle avait pourtant vu la bâtisse dont la pierre claire avait été noircie par les flammes, elle avait fait quelques pas dans les pièces où elle avait passé son adolescence, elle avait pourtant bien pris les dispositions nécessaires pour l'enterrement de Daria et de Elbert, qui se tiendrait aujourd'hui.

Et pourtant, malgré tout cela, elle ne réalisait pas encore qu'elle ne reverrait plus ses grands-parents, que c'était terminé. Leurs relations avaient été tendues ces dernières semaines et elle s'était même disputée avec sa grand-mère quelques jours avant son décès, chose qui n'arrivait jamais. Elle inspira doucement et posa sa main sur la joue d'Oreste qui la regardait avec ses grands yeux verts. L'incendie était d'origine criminelle disaient les enquêteurs. C'était un meurtre. Cela ne changeait pas grand-chose aux yeux de Rosaleen : ils étaient partis. Voilà quelque chose qu'elle avait appris dans sa vie, peut-être un peu trop souvent : peu importe la manière dont vous mourriez, vous laissiez toujours le même vide derrière vous. Orpheline de parents, de grands-parents, de frère... Le sort semblait s'acharner sur leur famille comme s'ils n'avaient pas le droit à un peu de repos. Les choses auraient pu être pires pourtant, Rosaleen le savait et elle en éprouvait un coupable soulagement : Oreste avait dîné au manoir Marchebank ce soir-là et était tombé endormi dans le canapé du petit salon après le repas, sûrement bercé par le crépitement de la cheminée et les conversations des adultes autour de lui. Elle n'avait pas eu le cœur à le réveiller et elle l'avait porté dans l'une des chambres pour qu'il puisse terminer sa nuit paisiblement. Cela lui avait assurément sauvé la vie. Daria et Elbert étaient sûrement morts dans leurs sommeils, tant le feu avait été rapide. Ils n'avaient sûrement pas réalisé ce qui se passait, ou du moins, Rose se berçait avec cette idée.

Reda était revenue de Poudlard pour l'occasion et se tenait blottie dans un fauteuil dans un coin de la chambre, les yeux rouges et le regard dans le vague. Reyna était venue aussi, sans jamais quitter l'air froid qu'elle arborait sans cesse même si Rosaleen savait à quel point elle était touché dans le fond. Les deux aînées Lestrange n'avaient jamais été unies, même dans les drames et Rosie se doutait bien que la mort de leurs grands-parents signerait l'arrêt de leurs relations : Reyna n'aspirait qu'à s'éloigner, elle refuserait de venir vivre avec elle et Leopold comme allaient le faire Oreste et Reda, qui étaient mineurs. Rosaleen était la dernière famille de ces derniers et leur garde lui revenait alors, chose dont elle avait tant rêvé sans pour autant réaliser que cela signifiait la mort de leurs grands-parents. Ils étaient seuls désormais, véritablement seuls. Oui, Rose avait Leopold, elle savait à quel point elle pouvait compter sur son époux et à quel point il l'aiderait, elle avait conscience de tout cela. Elle savait qu'elle pourrait assurer - grâce à lui - un avenir à sa fratrie mais c'était différent. Leurs grands-parents étaient les dernières personnes à les avoir vu grandir, à avoir veiller sur eux, à avoir remplacé leurs parents. Ils étaient la dernière part de son enfance. Et ils étaient partis.

Déposant un baiser sur le haut du crâne de son petit frère, Rosaleen l'attira contre elle, ce dernier glissant ses bras autour de sa taille pour l'étreindre de toute sa maigre force. Le sentiment de culpabilité de Rose, qui était dû aux relations tendues qu'elle avait entretenu avec ses grands-parents les semaines précédant leur brutal décès, était entretenu par le soulagement qu'elle ressentait vis-à-vis de cette tragique disparition. La mort de sa mère et de son frère l'avait plongée dans un abime de tristesse immense duquel elle avait cru ne pas revenir, la mort de son père avait été un coup terrible, une véritable déchirure qui restait encore parfois vive. Mais si la mort de ses grands-parents l'attristait aussi, si la nouvelle avait été comme un coup à l'estomac, une chape de plomb qui lui tombait sur les épaules, si elle sentait les larmes poindre dans ses yeux lorsqu'elle pensait à son grand-père et sa présence calme lorsqu'elle travaillait dans la bibliothèque ou les caresses de sa grand-mère sur sa joue lorsqu'elle venait la saluer le soir, parfois, elle n'était pas aussi malheureuse que pour les autres drames qui avaient affecté sa vie. La mort de ses grands-parents signifiait également qu'ils n'interviendraient plus dans sa vie ni dans celle de Reda et d'Oreste. Elle allait élever son petit frère, lui offrir l'avenir et l'éducation qu'elle avait toujours voulu lui offrir, elle allait pouvoir enfin honorer sa promesse à sa mère.

Oreste allait grandir auprès d'elle et de Leopold, au manoir Marchebank, dans une famille où il pourrait être ce qu'il voulait être. Il n'allait plus souffrir du manque de moyens des Rosier, il n'allait plus souffrir de la pesante éducation de Daria et Elbert et de leurs idées sur la pureté du sang. Il n'allait plus grandir dans l'évocation d'un passé révolu, il n'allait plus entendre tous les jours que la raison de sa présence dans ce monde était d'honorer le nom de ses défunts ancêtres en reconquérant ce qui lui était dû. Il allait grandir normalement, entrer à Poudlard sans ce poids sur les épaules. Reda ne serait pas non plus la prochaine victime de la ferveur matrimoniale de leurs grands-parents puisqu'elle pourrait elle aussi faire des études, comme sa sœur et cette fois-ci, sans pression. Reyna elle aussi voyait son avenir s'éclaircir, puisque Rosaleen, si Leopold l'aidait, pourrait l'aider financièrement. La mort de ses grands-parents étaient à la fois un immense chagrin et une libération et Rose se sentait coupable, indigne, ingrate et insensible à penser cela, sans pour autant pouvoir s'en empêcher. Que devenait-elle ? Avait-elle tant connu de deuils dans sa vie que l'exercice en devenait familier ? Était-ce cela, grandir ? S'endurcir ? Ou était-ce la nouvelle qu'elle avait appris hier qui  la faisait indubitablement se tourner vers l'avenir malgré le chagrin ?

Elle avait un temps songé à annuler ce rendez-vous pris à Sainte-Mangouste voilà quelques jours mais sortir un peu du manoir lui avait fait du bien, laissant Oreste aux bons soins de Griselda Marchebank, qui faisait figure de la grand-mère qu'elle avait toujours voulu avoir, juste et tendre à la fois, même si elle se détestait d'avoir un jour pu penser maintenant que sa propre grand-mère était partie. C'était injuste pour Daria qui malgré son caractère difficile, malgré ses exigences et ses injustices avait toujours aimé sa famille avec ferveur. Elle avait toujours fait ce qu'elle pensait être au mieux pour eux, Rosaleen en avait terriblement conscience sans pour autant pouvoir s'empêcher de penser que ce qui était le mieux aux yeux de sa grand-mère ne l'était pas pour ses petits-enfants. Quoi qu'il en soit, c'est aussi pour échapper à ce genre de sombres pensées que Rose avait honoré son rendez-vous à Sainte-Mangouste, pris en raison de la faiblesse et des vertiges qu'elle ressentait depuis quelques temps. Elle avait mis cela sur le compte du stress, au début : ses cours à Lycaon, la situation du pays qui s'aggravait et Leopold qui était au cœur de tout cela, puis la pression qu'elle ressentait de plus en plus forte de la part de ses grands-parents, qui menaçaient de lui retirer Oreste...

Ce n'était rien de tout cela qui mettait Rosaleen dans cet état. Enceinte, lui avait dit la Médicomage. De quelques semaines, tout au plus. Une grossesse, un bébé. Une maternité. Ce qu'elle avait toujours ardemment souhaité, l'une des choses à laquelle elle aspirait le plus : avoir un enfant. Un enfant qu'elle aimerait, éduquerait, à qui elle donnerait tout ce qu'elle n'avait pas eu et bien plus encore, un enfant qui grandirait avec Oreste, un bébé pour se tourner vers l'avenir définitivement, arrêter d'être une enfant aux yeux du monde pour devenir une mère. Elle avait toujours souhaité avoir un bébé, depuis des années, depuis ses premières fiançailles avec Arthur Bones et voilà que cela allait arriver, que Leopold et elle allaient avoir un enfant, quelques mois après leur mariage. Elle était partagée entre la tristesse du deuil qui l'étreignait et cette nouvelle là, ce bonheur à venir et qu'elle ne pouvait pas dissimuler malgré tout ce qui se passait. C'était sûrement le pire moment au monde pour avoir un bébé et pourtant, c'était le cas. Leopold était pour le moment le seul au courant, elle lui avait dit le soir en rentrant, ne pouvant de toute manière pas garder cette nouvelle pour elle. Ils étaient heureux à l'idée de cette famille à naître et en ce jour, alors qu'elle se préparait pour l'enterrement de ses grands-parents, Rosaleen savait que c'était aussi ce qui lui permettait de se tourner vers l'avenir et à penser à l'après.

Elle souhaitait conserver la nouvelle au sein de leur petite famille pour le moment, ne préférant pas que les médias se jettent sur l'affaire juste après avoir exposé en long en large et en travers l'incendie criminel qui avait coûté la vie à ses grands-parents. Ils pointaient des coupables du doigts, en vain, elle le savait. Ceux qui avaient tué son frère n'avaient jamais été inquiétés et même si Leopold lui avait juré qu'ils trouveraient ceux qui s'en prenaient à sa famille, Rose savait que cela ne l'aiderait en rien. Le mal était fait, à quoi bon essayer de réparer artificiellement ? De plus, elle était sans cesse sur le devant de la scène médiatique depuis son mariage mais elle ne voulait pas encore exposer le bébé à naître au monde. Les temps n'étaient pas faciles et elle avait besoin de composer avec elle-même et avec ses proches avant de devoir composer de nouveau avec le reste du monde. Elle l'annoncerait dans quelques temps à Oreste et Reda, laissant le soin à Leopold de l'annoncer à son fils.

Un craquement sonore retentit dans la pièce et elle sursauta, posant les yeux sur l'Elfe Mercy qui se balançait d'un pied sur l'autre, ses grands yeux bleus emplis de larmes. Elle avait survécu à l'incendie mais n'avait pas pu aider ses maîtres, ce qui lui pesait énormément. Rose l'avait surprise avant-hier à se coincer les orteils dans l’entrebâillement d'une lourde porte en bois et avait passé de longues minutes à lui interdire de se sentir coupable pour ce qui était arrivé. Mercy était leur elfe depuis quinze ans, ses grands-parents l'avaient achetée à Sebastian Harper quand deux de ses Elfes avaient fait des enfants. Officiellement, Mercy était une Elfe libre et payée - une misère par les Rosier - en vertu des récentes lois mais dans les faits, elle était employée comme un Elfe de l'ancien temps. Rose l'avait toujours beaucoup appréciée et lorsque Mercy avait demandé à rester dans la famille, elle avait accepté. De toute manière, elle n'avait même pas imaginer s'en séparer : Mercy était le genre d'Elfe à qui on avait appris que la liberté lui nuirait et elle n'osait même pas se projeter dans une vie sans maîtres.

- Miss Rosaleen doit savoir qu'il est bientôt l'heure de partir, lança-t-elle, ses grandes oreilles pointées vers le sol.

Rose la remercia d'un sourire et détacha Oreste - qui ne l'avait pas lâchée - de sa taille avant de tendre la main dans la direction de Reda qui s'empressa de la saisir. Les Rosier allaient être enterrés dans le mausolée familial, là où reposaient leurs deux enfants - dont la mère des quatre Lestrange - et leur petit-fils Regulus, le frère ainé de Rose. La cérémonie se tiendrait en relativement petit comité par rapport aux autres cérémonies Sang-Pur qui pouvaient réunir des dizaines de famille, Daria et Elbert étant plutôt ostracisés. Étaient invités les Marchebank, tout naturellement, les autres branches des Lestrange, les quelques Rosier survivants, les Bulstrode - Daria étant née Bulstrode - les Greengrass, des amis de la famille, ainsi que les Malefoy - Drago et Narcissa étaient des cousins des Lestrange - et les Selwyn et les Parkinson, encore une fois des amis de la famille. Quelques Bones avaient également fit le déplacement, notamment les parents d'Arthur Bones, ainsi que le couple Harris, qui ne manquait jamais aucune cérémonie. Rosaleen constatait avec cynisme qu'encore une fois, les gens se déplaçaient en plus grand-nombre pour honorer les morts alors qu'ils ne le faisaient pas pour les vivants mais elle commençait à avoir l'habitude, songea-t-elle. Les Mangemorts étaient toujours plus intéressants après avoir trépassé.

Accompagnée de son frère et de sa sœur, elle descendit dans le hall pour rejoindre Leopold et sa famille, ainsi que Reyna qui se tenait dans un coin, glissant sa main dans celle de son époux sans lâcher Oreste. Ils transplanèrent sur les coups de treize heures pour rejoindre la lande venteuse où quelques familles sorcières se tenaient déjà, ainsi que le mage qui assurerait l'office. Rosaleen tremblait dans son élégante - mais légère - robe noire et la cape placée sur ses épaules ne suffisait pas à la réchauffer. Ses mains glissées sur les épaules d'Oreste, tout en se tenant à coté de Leopold, son épaule collée à celle de Reda, Reyna étant à coté de cette dernière, elle fixait sans vraiment les voir les cercueils qui avaient été exposés devant le mausolée. L'office fut sobre, chacun des enfants Lestrange prononçant quelques mots, même Oreste, de sa petite voix claire et encore enfantine. Reyna et Rose ne pleurèrent pas, tandis que Reda sanglota les derniers mots de son discours plus qu'elle ne les prononça tandis que leur oncle Gordon fit le choix de raconter quelques anecdotes sur la jeunesse de sa sœur, ce qui arracha malgré elle un sourire à Rosaleen, qui n'aurait jamais cru que sa grand-mère puisse être du genre à s'échapper d'un bal de la bonne société en douce. Elle aurait sûrement détesté que l'on raconte cela sur elle, songea-t-elle. Gordon devait le savoir : il avait toujours eu une fâcheuse tendance à taquiner un peu trop sa sœur ainée.

Les portes du mausolée furent ouvertes par les quelques Rosier présents et les cercueils furent magiquement mis en place, avant que les lourds battants de marbre blancs ne se referment, chacun laissant des gerbes de fleurs sur les quelques marches qui y menaient. Après cela, Rosaleen serait bien rentrée au manoir Marchebank pour s'y enfermer pendant des jours, avec pour seule compagnie celle de Leopold et de sa fratrie mais il fallut se plier à la valse des condoléances, alors que la plupart des personnes présentes étaient plus là par convenance qu'autre chose. S'éloignant à regrets de Leopold, dont la qualité de Ministre de la Magie avait tendance à impressionner les gens, ces derniers la laissant donc tranquille, elle prit place à coté de ses sœurs, Oreste entre elles et accepta chacune des condoléances et mots de réconfort qui lui furent adressés, les gens transplanant ensuite au manoir Marchebank pour la sobre veillée qui était donnée là-bas.

Elle serra dans ses bras Caecilia Selwyn, dont les rapports se réchauffaient peu à peu depuis l'affaire du coming-out de Théo, remercia les Parkinson d'être venus, fut étreinte brièvement par Narcissa et Drago Malefoy, accompagné de son épouse Astoria, qui était d'ailleurs suivie du reste des Greengrass.  Saluant Asgard Greengrass et son épouse Mira, ainsi que Daphné et son fiancé Andrew Warlock, elle se retrouva ensuite face à Adonis, qu'elle n'avait pas revu depuis sa cérémonie de mariage. Leurs rapports étaient compliqués, pour ne pas dire hostiles au vu de la rancœur qu'il entretenait à son égard depuis ses fiançailles avec Leopold mais Rosaleen appréciait son ami et s'en voulait de lui avoir causé de la peine. Le fait qu'il se soit déplacé pour l'enterrement alors qu'il aurait pu prétexter des responsabilité à Poudlard n'était-il pas un signe de bonne volonté ? Désireuse que leurs rapports redeviennent aussi amicaux qu'ils avaient pu l'être auparavant, Rose étreignit brièvement Adonis avant de lui adresser un faible sourire.

- Je te remercie d'être venu, souffla-t-elle. Cela me fait plaisir de te voir.   


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Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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C'était une belle cérémonie, remplie d'émotions. Du moins, pour les membres de la fille Lestrange. La tristesse dans les yeux de Rosaleen lui était insupportable. Et pourtant, il en était la cause directe. Il était un intrus dans ce rassemblement. Mais il n'était pas le seul responsable. Il n'était que l'exécutant. Il voyait encore les flammes embraser le manoir des Rosier. Leur lumière se reflétant dans ses yeux. Un magnifique spectacle qu'il n'était pas prêt d'oublier. Il n'avait aucun regret. Il tenait les grands-parents Rosier pour responsable du mariage de leur petite fille avec Leopold. C'était leur faute si elle s'était empressée d'accepter sa demande en mariage. Leur faute si il n'avait pas eu le temps de faire sa propre demande.

Rosaleen avait eu le choix, elle aurait pu choisir son amour. Ils auraient été heureux ensemble. Il aurait su la rendre heureuse, il en était certain. Il n'avait pas inventé leurs moments de complicité. Ni même le sourire qui éclairait son visage lorsqu'elle était avec lui. Il n'avait rien rêvé tout avait été réel. Et pourtant, il avait dû redescendre sur terre de façon brutal. Il avait dû l'admirer dans sa magnifique robe de mariée dire oui à un autre. Et cela le tuait littéralement de l'intérieur. Parce que malgré ses résolutions, il n'avait pas réussi à l'effacer complètement de son cœur. La douleur était encore bien trop présente. Finalement, il s'était en quelque sorte vengé. Il éprouvait une certaine satisfaction à voir les grands-parents Rosier ainsi éjectés de la vie de leur petite fille. Ils n'exercerait plus jamais leur pression néfaste sur leurs petits-enfants. Il ne faisait aucun doute que les jeunes Lestrange n'en serait que plus heureux. Malgré les larmes dans leurs yeux et leur tristesse apparente.

Adonis croisa furtivement le regard de Leopold Marchebank. Il hocha la tête pour le saluer de loin. En d'autres circonstances, il se serait déplacé. Mais aujourd'hui, il était là pour Rosaleen. Et il aurait été de mauvais goût de parler du succès de leur crime le jour de l'enterrement de leurs victimes malheureuses. Il reporta son attention sur la cérémonie. Il sentit Caecilia à ses côtés bouger pour aller montrer sa sympathie à la famille endeuillée. Il laissa ensuite les Malefoy et le reste de sa famille se présenter devant Rosaleen. Il serra légèrement la main de Daphné dans la sienne lorsqu'elle la posa sur son bras en signe d'encouragement avant de s'éloigner en direction de la jeune fille. Il se demandait souvent si elle n'avait pas compris ce qu'il ressentait pour la nouvelle Madame Marchebank.

Et lui de son côté se demandait si elle était réellement heureuse avec Andrew Warlock. Il avait souvent l'impression que leur mariage n'était qu'un jeu de dupe. Tout comme celui qu'il s'apprêtait à proposer à Caecilia Selwyn. Enfin, celui qu'il lui proposerait au nouvel an. Dans quelques mois. Il voulait d'abord se rapprocher d'elle, lui montrer un intérêt poli et la convaincre que l'amour n'était plus une option dans leur situation. Mais il fallait perpétuer leurs lignées respectives. Il avait d'ailleurs demandé à la jeune femme de l'accompagner aujourd'hui. Elle était désormais sa cavalière attitrée pour tous les événements mondains de la Haute société.

Puis sans qu'il ne s'en aperçoive, il était à quelques pas de Rosaleen. Sans trop savoir l'attitude qu'il devait adopter. La dernière fois qu'il l'avait vu c'était lors de son mariage. Il n'était plus certain de la relation qu'ils entretenaient. Y avait-il encore de l'amitié entre eux ? Malgré les mots qu'il lui avait envoyé à la figure la dernière fois qu'ils avaient été seuls. Il reste un instant décontenancé lorsqu'il sentit les bras de la jeune femme s'enrouler autour de lui. Machinalement, il encercla Rosaleen dans ses bras pour la serrer contre lui. Il regretta de ne pas pouvoir la garder plus longtemps contre lui mais la bienséance voulait qu'il la relâche pour lui présenter ses condoléances. Il lui rendit son faible sourire et dut se retenir pour ne pas replacer derrière son oreille la mèche qui lui barrait la joue.

"C'est normal. Je voulais être là pour toi. Quel genre d'ami serais-je sinon ?"

Ses lèvres s'étirèrent un peu plus avant qu'il ne se saisisse de ses mains et les serrent dans les siennes.

"Je tenais à m'excuser pour toutes les choses affreuses que je t'ai dites ce jour là dans mon bureau. Si tu as besoin de quoique ce soit n'hésite pas à me demander. Je serais toujours là pour toi."

Même si elle ne serait jamais à lui complètement tant qu'elle resterait mariée à Leopold, il ne comptait pas s'effacer aussi facilement. Il ne laisserait pas Marchebank détruire leur amitié.


Adonis Greengrass
Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Rosaleen baissa un instant les yeux sur ses mains qu'Adonis venait de saisir avant de redresser la tête quand ce dernier lui présenta des excuses pour les mots qu'il avait eu à son égard dans son bureau. Il est vrai que les injures d'Adonis lui étaient restées longtemps en travers de la gorge, tant elles étaient méchantes et dégradantes. Elle s'était raccrochée au fait qu'il ait parlé sous le coup de la colère et elle avait fait de son mieux pour oublier et pardonner. Après tout, elle n'avait pas été très droite avec lui non plus, elle devait le reconnaître. Mais le passé était le passé et un enterrement n'était pas le lieu pour régler ses griefs, surtout lorsque Adonis lui présentait des excuses qui semblaient plus que sincères. Rosaleen était une Poufsouffle et avait le pardon volontaire avec ses amis, aussi adressa-t-elle un sourire à Adonis.

- Tu es tout pardonné, affirma-t-elle avec un sourire. Et merci.

Même si Rosaleen savait qu'elle ne ferait pas appel à Adonis. D'une part parce qu'elle avait toujours géré ses deuils seule et qu'elle ne souhaitait pas s’appesantir sur celui-là - autant pour Oreste, pour le bébé que pour elle - mais également parce que même si elle pardonnait Adonis, elle ressentait désormais à son encontre une certaine mesure. Elle voulait certes oublier les mots qui avaient été prononcés - et ferait tout pour sans jamais y revenir - mais elle avait également une mémoire des gens qui l'avait blessée - même malgré eux - et se sentait toujours un peu méfiante à leur égard, sûrement dans un mécanisme de protection. Il lui faudrait sûrement un peu de temps pour retrouver une entière confiance en Adonis. Apercevant Caecilia qui échangeait quelques mots courtois avec Mrs Harris et son époux, elle écarta une mèche blonde qui effleurait sa pommette avant de reporter son attention sur son ami.

- Tu es venu avec Caecilia ? Vous êtes beaucoup ensemble, ces temps-ci.

Les deux jeunes femmes avaient perdu beaucoup de complicité après ce qui c'était passé avec Théo - Rosaleen l'ayant défendu avec constance devant quiconque avait pu émettre une opinion négative à son égard - et si elles recommençaient à se parler, c'était surtout pour échanger des banalités. Son amie ne lui avait pas pardonné son attitude après la rupture des fiançailles - ce qui était d'ailleurs réciproque - et Rose avait l'impression que Caeci lui tenait rigueur de son mariage. Il est vrai qu'elles avaient longtemps été dans la même situation - sans fiancé - et les choses commençaient à être pesantes pour son amie, qui voyait quelques rumeurs désagréables courir sur compte. De plus, il est vrai que le mariage de Rose avec le Ministre de la Magie avait fait des jaloux, ce qui pouvait se défendre.

- Pansy Parkinson m'a dit que vous comptiez vous rendre au Nouvel An des Harris tous les deux, également.

Les rumeurs allaient très vite dans leur petit microcosme, en bien et en mal, d'ailleurs.


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Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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Un soulagement immense envahit Adonis alors que Rosaleen acceptait de le pardonner. Il se doutait que rien ne serait plus pareil et qu'il avait entaché la confiance qu'elle portait en lui. Mais il ferait tout pour tenter de se racheter. Il ne supportait plus la distance qui régnait entre eux et il était heureux que les choses soient dites. Il se doutait pourtant que rien n'était complètement réglé et qu'il faudrait sans doute qu'ils reparlent de tout cela à autre moment. Ce n'était évidemment pas le lieu pour ça. Il suivit le regard de la jeune femme et aperçut Caecilia qui discutait avec les Harris.

Il savait que les deux jeunes femmes avaient été en froid après l'annulation des fiançailles de Rosaleen avec Théo Nott. Et il avait comme l'impression que le mariage de cette dernière avec Leopold Marchebank n'était pas non plus du goût de la brune. Lui aussi entendait les bruits qui courraient sur son compte. Et cela l'arrangeait au plus haut point. La jeune femme ne finirait pas vieille fille. Adonis s'en était fait la promesse. Il lui proposerait une offre qui allait sans doute la ravir et par le même coup, rehausser sa réputation et son rang. Elle ne serait plus la fille d'une Mangemort parvenue mais la femme du sous-directeur de Poudlard.

Il n'en avait pas encore discuté avec elle, pour l'instant, ils passaient du temps ensemble. Pour le plus grand plaisir de son oncle. Il voulait d'abord s'assurer que Caecilia Selwyn souhaitait bien la même chose que lui. La question de Rosaleen le prit donc légèrement de court. Il ne savait pas réellement comment l'interpréter. Il hocha donc la tête face à ses deux questions.

"En effet, elle est venue avec moi aujourd'hui. Et Pansy Parkinson est bien informée. Je lui ai aussi demandé de m'accompagner au nouvel an des Harris. Cela te déplaît-il ? Je croyais que vous étiez amies."

Adonis fixa un instant la jeune femme avant de jeter un nouveau coup d'oeil du côté de Caecilia. Entre temps, il croisa le regard de son oncle qui le fixait en fronçant les sourcils. Il ne devait sans doute pas apprécier que son neveu délaisse autant sa cavalière au profit d'une femme mariée. Mais n'en déplaise à son oncle. Rosaleen était son amie et il prendrait autant de temps que nécessaire pour lui parler.

"Il faut que je pense à mon avenir. Mon oncle me presse de plus en plus et puis... Caecilia et moi avons beaucoup en commun. Ce n'est peut-être pas l'amour fou mais je ne doute pas que nous saurons trouver une entente cordiale. Mais si cela te trouble trop ou te dérange, dis le moi. Je ne voudrais pas faire quelque chose qui puisse te contrarier."

Il posa un regard inquiet sur Rosaleen. Était-ce de la jalousie ? Si tel était le cas, Adonis ne pouvait que s'en réjouir. Mais elle aussi avait ses choix et c'était maintenant à lui de faire les siens. Rosaleen s'était retirée de la course en épousant Leopold, elle devait maintenant assumer pleinement les conséquences de son choix. Elle ne pouvait pas espérer qu'Adonis continue à l'attendre indéfiniment sans avancer. Il ne pouvait tout simplement pas se le permettre. Elle n'était pas la seule à devoir subir une pression qui la dépassait. Même si aujourd'hui, ses grands-parents n'étaient plus un fardeau pour et ceux, grâce à lui.


Adonis Greengrass
Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Evidemment que Pansy Parkinson était bien informée, les Sang-Pur avaient un réseau d'information et de propagation des nouvelles presque aussi rapide que le réseau de Cheminettes. Les familles étaient grandes, nombreuses, connectées entre elles et les jeunes filles de bonne famille passaient le plus clair de leur temps ensemble. Les mariages et autres petites histoires matrimoniales - adultères, séparation, enfant illégitimes - étaient assurément les sujets préférés de conversation - avec évidemment les questions d'héritage - et cela faisait quelques temps déjà que des bruits courraient sur Caecilia et Adonis. Pansy était venue la voir tout sourire au dernier brunch des Malefoy organisé par Astoria et lui avait demandé de manière faussement innocente si elle savait ce qui se tramait. Les gens savaient qu'Adonis et elle étaient amis et sa grand-mère - Rose eut un pincement au cœur - n'avait eu de cesse de parler de mariage avant que Leopold n'entre dans sa vie, ce qui avait fait les choux gras de tout le monde. Quoiqu'il en soit, Rosaleen n'avait rien laissé paraître quand Pansy était venue lui parler et ne comptait rien laisser paraître maintenant (puisqu'il n'y avait de toute manière assurément rien à laisser paraître.) Il aurait été mentir de dire qu'elle était indifférente à cette nouvelle mais elle n'avait nullement son mot à dire et elle ne le souhaitait pas : Adonis et elle avaient convenu d'une parfaite amitié et c'était d'ailleurs son choix puisqu'elle était désormais une femme mariée et ne comptait pas contrefaire à ses engagements de quelque manière que ce soit.

- Cela ne me déplaît pas du tout, assura Rose avec un sourire affable. Bien au contraire. Je trouve que Caecilia et toi formez un très beau couple, vous avez de nombreux points communs. Il est vrai que nous avons été en froid sur quelques sujets sensibles ces derniers temps mais je lui souhaite tout le bonheur du monde.

Si Rosaleen avait été honnête, elle aurait apporté un peu de nuances dans ses propos mais il était hors de question qu'elle le fasse. Cela lui faisait quelque peu étrange d'imaginer Adonis et Caecilia ensemble mais Adonis et elle avaient un léger passif alors c'était tout à fait normal. Passif que son ancienne amie connaissait parfaitement et c'était d'ailleurs quelque chose qui la faisait réagir un peu plus. Était-elle désespérée à ce point ? songea-t-elle avec une mesquinerie qui était loin de lui être coutumière. Caecilia avait baissé dans son estime suite à l'affaire Théo, comme on murmurait dans les réceptions, et ce genre de petites manœuvres n'aidait pas vraiment leurs rapports à se réchauffer. Surtout que Caecilia s'était bien gardée de lui en toucher un mot au préalable. Quand Adonis commença à se justifier, Rosaleen leva une main légère pour l'interrompre, sans se départir de son sourire aimable.

- Tu n'as pas à m'expliquer quoi ce soit, je comprends tout à fait. Je ne suis pas contrariée du tout, assura-t-elle doucement sans rien dans son ton ne laisse paraître le contraire. Les choses avancent, la vie se fait. Je suis moi-même très heureuse en ménage, ajouta-t-elle, plus sincèrement. Vous allez former un très joli mariage.

Joli, peut-être, chaleureux... Rosaleen connaissait Caecilia et tirait de cette constatation une étrange satisfaction. Elle avait été anxieuse avant son mariage avec Leopold mais il s'avérait que leurs relations étaient très bonnes et elle se sentait bien auprès de lui et dans son nouveau rôle d'épouse, ce qui ne serait sûrement pas le cas de Caecilia qui voyait dans le mariage une contrainte sociétale et non un moyen de s'épanouir. Ce genre de pensées peu aimables lui ressemblaient peu mais elle s'y sentait poussée par un désagréable tiraillement dans ses émotions. Peu désireuse de approfondir sur cette dernière chose, elle inclina la tête à l'adresse d'Adonis, un dernier sourire aux lèvres.

- J'aimerais beaucoup continuer à discuter avec toi mais la bienséance veut que je prenne soin des derniers convives... Si tu veux bien m'excuser, nous nous verrons au manoir.

Et tandis qu'Adonis s'éloignait et qu'elle accueillait de nouvelles condoléances, elle se força à croiser le regard de Leopold et lui adressa un sourire sincère. Elle avait fait le bon choix et il n'y avait pas de jalousie mal placée à avoir. Tout cela, c'était le passé. Et on ne revenait jamais au passé.

RP TERMINE


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Almost lover [Adonis]

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