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 Don't Speak [Roy et Klemens]

Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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22 janvier 2009

"Allez Klém tou es chiant. Viens, ça va être bien. ça fait longtemps qu'on né t'as pas vou. Ça féra plaisir aux gars dé té voir."

Klem poussa un soupir devant le regard de chien battu de Toni. Il aimait vraiment beaucoup l'Italien mais il sentait le coup fourré. C'était vrai aussi qu'il y avait un moment qu'il n'avait pas vu ses amis. Ceux qu'il avait en commun avec Roy. Ceux qui étaient restés auprès de Roy. Ses hommes ou ses associés comme le mafieux se plaisait à les appeler. Et le lycanthrope devait bien reconnaître qu'ils lui manquaient. Même si il avait du mal à comprendre comment un type aussi gentil que Toni puisse rester avec Roy en sachant ce qu'il trafiquait.

Mais peut-être que la galère de son ami et que sa loyauté était plus forte que tout. Qu'il préférait s'écraser parce que finalement, sans le boulot et la paye que Roy lui fournissait, il ne s'en sortirait pas. C'était une motivation comme une autre et Klemens pouvait comprendre. Alors voir Toni devant lui, le suppliant de venir boire un coup avec lui. Passer une bonne soirée comme avant, c'était tentant forcément. Et puis, l'Italien était venu jusqu'à l'attendre devant les portes du Ministère pour être sûr de le trouver.

Il n'avait pas le coeur à le repousser. Pas ce soir. Et puis, il avait envie de décompresser. De passer un bon moment. Rien ne disait que Roy serait là après tout. Toni ne l'avait pas évoqué une seule fois. Il n'avait rien dit à son sujet. Cela pouvait donc être une soirée sans le big boss. Ce qui arrangerait bien Klem, il le reconnaissait.

Il salua quelques collègues d'un signe de tête et suivit Toni jusqu'au point de rendez-vous. Un petit bar de l'Allée des embrumes qu'ils avaient coutumes de fréquenter avant que les Folies n'ouvrent. Un immense sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il remarquait que tout leur petit groupe habituel était réuni. Et le mieux étant que Roy était absent. Il avait sûrement d'autres chats à fouetter. D'autres cadavres à faire disparaître.

Il salua avec enthousiasme ses amis et s'installa à côté de Toni. Il commanda un Whisky pur feu et bientôt l'ambiance fut plus que jovial. Les hommes retrouvant leur ancienne complicité. Un jeu de poker fut sorti et une partie commença. Un joint de Mandragore tournait autour de la table, allant de mains en mains. Finalement, il était heureux d'avoir accepté de venir. Il avait l'impression d'être de retour à l'insouciance post-Marchebank. Avant qu'il ne commence à prendre des décisions sur le comportement qu'il voulait adopter. Avant qu'il ne s'engage dans un combat où il ne pouvait plus faire machine arrière. Sa décision de rejoindre le Kraken avait été vite réfléchi. La Salamandre ne bougeait pas assez à son goût. Il n'y avait pas assez d'action.

Un éclair de tristesse voila fugacement son regard alors qu'il prenait conscience qu'il aurait peut-être l'un de ses amis à combattre un jour. Avant d'être tiré de ses pensées par le rire communicatif de Toni qui venait de faire une blague à Jayce. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Klem avant que son regard ne se lève vers la porte d'entrée qui venait de s'ouvrir. Son sourire se figea. Il dut prendre sur lui pour ne pas se lever et prendre ses affaires pour partir.

Mais il était là le premier, ce n'était pas à lui de bouger. Il jeta un regard noir à celui qui avait été son ami et ne bougea pas lorsque Toni commença à faire bouger tout le monde pour laisser de la place autour de la table. Il détourna le regard, le visage fermé. Faisant à peine attention aux raclements des chaises sur le sol. Tout le monde se pliait en quatre pour le Prince Roy. Et bien pas lui. C'était terminé. Il se souvenait encore de ses paroles assassines ce jour là. "A tuer des gamines pendant la pleine lune ? J’ai pas le cadavre de ma soeur sur les bras, moi !". Il n'était pas prêt de les oublier ces phrases. Ses poings se serrèrent légèrement avant de reprendre le court de la partie de Poker comme si de rien était. Ignorant parfaitement Roy. Il n'était plus rien pour lui. Plus rien du tout.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Antonino Tessio avait cette fâcheuse habitude de constamment se mêler de ce qu’il ne le regardait pas, pour soi disant de « bonnes raisons ». Il avait toujours une excuse. C’était pour t’aider, mec. C’était parce qu’il fallait bien que quelqu’un s’en occupe, et il n’y avait que moi de disponible. C’était parce que je lui en devais une, à ce gars, j’étais bien obligé ! Bref, il n’était pas rare de se retrouver du jour au lendemain dans une situation délicate, parce que Toni aurait décidé de vous arranger un coup, sauf qu’il dérangeait toujours plus qu’autre chose. Aussi, quand Roy poussa la porte d’un bar londonien qu’il avait l’habitude de fréquenter et qu’il remarqua presque aussitôt la présence de Klemens, il reporta un regard noir sur Toni, qui fit mine de rien, évidemment. Oh, il ne le laisserait pas s’en sortir ainsi, il savait très bien que c’était lui qui avait fait en sorte de faire venir le loup. Cela faisait plusieurs jours qu’il essayait de lui parler de Klemens, entre deux discussions au casino, à chaque fois, Roy coupait court, plus ou moins sèchemment, pour changer de sujet. Il ne voulait pas que ses amis s’en mêlent, ce problème était le sien, et celui de personne d’autre. Surtout pas des amis qu’il partageait avec Klemens, il n’avait aucune envie de les voir choisir un camp, quand bien même cela serait sûrement le sien, en tout cas, en ce qui concernait les Veilleurs.

Finalement, il n’y avait qu’avec Juliana qu’il avait accepté d’en parler, quelques jours plus tôt. Peut-être parce qu’elle était l’une des rares personnes à savoir ce qu’il en était de Roy Calder dépouillé de son armure d’orgueil, peut-être parce que c’était elle, tout simplement, il l’avait écoutée jusqu’au bout. Et il avait réfléchi. Il réfléchissait toujours, d’ailleurs, il se demandait encore s’il devait aller voir Klemens, faire le premier pas, tout en sachant que plus il attendait, plus il serait difficile de discuter avec lui. Il savait très bien comme Klemens pouvait se montrer rancunier et borné, il s’attendait à se faire violemment rembarrer s’il tentait de l’approcher, il savait qu’il devrait s’y prendre à plusieurs fois s’il voulait se faire pardonner. D’ailleurs, il voyait déjà toutes les difficultés poindre rien que dans le regard noir que Klemens lui renvoya au moment où il croisa le sien. Roy ne détourna pas le sien, et même s’il s’y attendait, il fut véritablement peiné de la façon dont Klemens décida de l’ignorer. Il n’en montrera rien, toutefois. Il s’assit après avoir salué tous les autres, à la seule place de libre, évidemment celle à côté de Klemens, sinon c’était trop simple. Il allait vraiment tuer Toni, se promit-il en pestant intérieurement.

« T’en as mis du temps à venir ! fit remarquer Fergus, en levant à peine le regard de ses cartes.
- Normal, vous avez laissé la moitié du taff à Nasser, bande de crétins, et c’est moi qui doit arranger le coup derrière, rétorqua Roy.
- Hé hé, j’y peux rien si ce mec fait trop bien son boulot, ricana Fergus, avant d’alpaguer les autres. C’est l’heure de montrer vos cartes et découvrir comment je vous ai tous bien eus, les gars !
- Ou pas… »

La voix tranquille de Jayce venait de s’élever, alors qu’il posait tranquillement un Full, sous les yeux abasourdis des autres joueurs.

« Jayce, espèce d’enfoiré ! Rah, je déteste quand tu joues comme ça, t’es pire que Roy.
- Je joue quand même mieux que lui.
- Te vanter, c’est tout ce que tu sais faire, hein.
- Tu me connais si bien, Jayce chéri. »

Son sourire taquin s’évanouit assez rapidement. Pour un peu, il se serait cru revenu des mois en arrière, quand il pouvait passer des soirées complices jusqu’à pas d’heure avec sa bande d’amis, mais il ne se leurrait pas, rien n’était comme avant. Soit Klemens brillait de son absence qui creusait chaque jour un peu plus un gouffre en Roy, soit exceptionnellement comme aujourd’hui, il était là mais… Même de dos, il avait comme l’impression de percevoir l’agressivité de son aura. Roy décida de faire mine de n’avoir rien vu, pour le moment. Avec un peu de chance, le « plan » de Toni - si tant est qu’il savait planifier, celui-là - fonctionnerait un peu, et la compagnie de leurs amis les aiderait à partager de nouveau quelque chose. Au moins, à s’adresser la parole.

« Passe les cartes, Fergus, on sait tous ce que tu fais avec quand t’en as assez de perdre. »

Le trafiquant fit mine de lever les yeux au ciel à la boutade de Roy, mais s’exécuta sans trop protester. Ce dernier se mit à battre les cartes, puis commença à les distribuer automatiquement en commençant par sa gauche, où était assis Klemens, mais son geste fut moins adroit que d’habitude. La carte lui glissa trop vite des mains et se retourna sur la mauvaise face, invalidant la donne.

« Désolé. » glissa t-il au loup.

Aucun ne fit de commentaire, et Roy se contenta de redistribuer correctement, avant de trop leur laisser comprendre qu’il n’était pas aussi assuré que d’habitude. Et surtout, perturbé par la présence de Klemens.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Pourquoi fallait-il que la seule place laissée libre se trouve à côté de lui ? Klem lança un regard noir à Toni alors que ce dernier esquissait un petit sourire satisfait. Il semblait que les autres étaient dans la combine aussi. Il poussa un léger soupir mais ne desserra pas les dents. Hors de question qu'il lui adresse la parole ou montre un semblant d'attention à Roy. Il y avait des limites à ce que le loup pouvait supporter et le trafiquant les avaient toutes dépassées.

Il écouta d'une oreille distraite les paroles échangées entre le nouvel arrivant et ses amis. Pendant un instant, il revit des moments vécus il y avait quelques mois de cela. Il se retrouvait dans une situation qu'il connaissait, ils fonctionnaient comme cela. Plaisantant agréablement autour d'un verre et d'une partie de poker. Accusant les uns et les autres de fourberie et d'être des mauvais joueurs. Le sourire en coin de Roy qui voulait tout dire. Sa façon de se vanter qui amusait tellement Klemens autrefois.

Mais aujourd'hui, elle l'insupportait. Il avait envie de lui faire ravaler son sourire en coin. Il avait envie de le blesser autant que lui même l'était. Roy l'avait insulté, l'avait pris pour un idiot. Oui, il aimait rire, il faisait le bout en train mais il n'était pas que cela. Etait-ce la seule raison qui avait poussé Roy a être son ami ? Pourtant leur amitié s'était énormément consolidé. Il était son meilleur ami, il connaissait tout de lui. Et inversement. Mais la considération éprouvée ne semblait pas être réciproque. Il avait bien compris que le mafieux ne voyait en lui qu'un pauvre type avec un passé rempli de casseroles. Il devait sans doute lui faire pitié. C'était pour cela qu'il avait pris la peine de l'inclure dans son cercle d'amis. D'autant plus qu'il travaillait avec lui au début.

Mais Klem avait voulu d'une autre vie. Et il n'avait donc plus aucun intérêt aux yeux du grand Roy Calder. Il ne lui servirait plus à rien. Plus de traducteur pour agrandir son business. Plus de larbin pour livrer un ou deux colis rapidement entre deux pauses. Et pourtant, ils avaient continué à ce voir. Sans doute était-il récréatif pour le trafiquant. Mais dès qu'il commençait à s'inquiéter, dès qu'il commençait à vouloir réellement exécuter son rôle d'ami, il se faisait bouler. Donc finalement, il n'était bon qu'à amuser la galerie. Sans avoir son mot à dire ni même sans pouvoir exprimer ses inquiétudes. Roy lui pouvait se permettre de le faire, c'était lui le grand, l'unique. Il avait le droit de dire quand il considérait que les choses allaient trop loin. Il avait le droit d'exprimer son ressenti. Mais l'inverse n'était pas vrai.

Alors tant mieux. Klemens en avait assez de jouer les bons camarades. Roy voulait jouer perso ? Très bien qu'il fasse. Il ne se laisserait pas insulter, il ne se laisserait pas humilier. Et surtout, il ne se laisserait pas prendre en pitié. Il ne se roulerait pas dans la boue pour faire changer d'avis, pour faire prendre conscience de ses erreurs à un homme qui n'en avait rien à faire et qui visiblement n'avait plus de conscience. Il réagit à peine lorsque Roy arracha les mains de Fergus. Ce n'est que lorsqu'une carte fut balancer un peu trop vivement dans sa direction et qu'elle se retourna devant lui qu'il redressa la tête.

Il croisa le regard de son ancien ami. Ses pupilles se dilatèrent légèrement sous la colère et le dédain avant qu'il ne détourne les yeux. Il serra légèrement les poings, une colère sans nom l'envahissant alors que Roy s'excusait. Sans doute pour la carte mais peut-être au fond y avait-il autre chose derrière ces excuses. La commissure de ses lèvres se tordit en une légère moue colérique.

"Comme si tu le pensais vraiment !", lâcha-t-il presque malgré lui.

Il saisit ses nouvelles cartes sans réellement les regarder. Il posa le petit troll et attendit un tour. Essayant de faire fi de la présence de plus en plus pesante de Roy à ses côtés. Il attrapa son verre qu'il vida d'une traite et attendit les premières cartes avant de se coucher et de renoncer à jouer la partie. Il était temps qu'il rentre avant de faire quelque chose qu'il regretterait. Il se leva et attrapa sa veste avant d'esquisser un léger sourire à l'attention de Toni, Jayce et Fergus.

"Merci pour l'invitation les gars mais je dois rentrer. Désolé, peut-être à une prochaine fois."

Ses lèvres s'étirèrent difficilement alors que son regard croisait celui peiné de Toni. Il doutait qu'il y ait une prochaine fois. Ils étaient les hommes de Roy avant d'être ses amis. Il savait que leur loyauté irait au mafieux. Il ne se faisait aucune illusion là-dessus. Et désormais, il serait difficile de les voir sans rencontrer Roy. Et cela lui était beaucoup trop difficile et douloureux pour qu'il continue à faire comme si tout allait bien et comme si tout était normal. Il tourna donc les talons sur un dernier hochement de tête avant de se diriger vers la porte.


Klemens Dabrosky
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La violence avec laquelle Klemens répondit figea les quatre hommes, dont Roy. Ce ne fut pas tant la pique que l’expression colérique de Klemens qui fit que Fergus commença à se tortiller de gêne sur sa chaise, que Jayce détourna le regard en laissant échapper un soupir, que Toni se mit à pianoter nerveusement des doigts sur la table.

« Il a jouste mal distriboué les cartes, Klem, ça arrive à tout lé monde, allez, c’est pas la peine dé s’énerver. »

Le ton conciliant et plutôt plaisantin de l’italien était sensé détendre l’atmosphère. Ils pouvait bien faire semblant de ne pas comprendre de quoi avait voulu parler Klemens, si cela leur chantait, songea amèrement Roy en reprenant la distribution. Lui avait parfaitement compris. Et non, il n’avait pas voulu faire référence à leur dispute passée en s’excusant pour la carte. Ce n’était pas de cette façon, pas dans cette situation, qu’il comptait s’excuser. Il se demandait de plus en plus si c’était une bonne idée de le faire, d'ailleurs, l’attitude de Klemens n’avait rien d’engageant. Si c’était pour se faire aboyer dessus à la moindre de ses paroles…

Roy décida donc d’opter pour la tactique prudente -une fois n’était pas coutume- de l’autruche. Ne rien dire, faire comme si tout allait bien, et aviser en fonction. Repli stratégique assez lâche qui ne fit pas vraiment ses preuves, car rien ne se produisit. Ses trois amis tentaient plus ou moins habilement d’amener leur bonne ambiance habituelle en lançant boutades et provocations à tout va, en remplissant régulièrement leurs verres, mais le sourire de Roy était factice et celui de Klemens… Eh bien, inexistant. Il n’était pas prêt à arborer le masque que Roy portait seulement par habitude de feindre et mentir.

Le trafiquant ne fut donc pas vraiment étonné de le voir se lever après à peine quelques minutes de jeu, tout dans l’attitude de Klemens semblait indiquer qu’il se contenait. Il ne fut pas étonné, mais réellement peiné de le voir réagir ainsi, et un instant, Roy ressentit cette espèce de mélancolie propre à celui qui avait décidé d’abandonner. Rattraper Klemens, pourquoi faire ? Son geste était clair, sa présence lui était si insupportable qu’il préférait encore passer sa soirée ailleurs plutôt qu’à quelques mètres de celui qui était -avait été ?- son meilleur ami. Alors cela devait finir de cette façon ? Ils allaient s’ignorer mutuellement jusqu’à ce que leur colère s’estompe, pour laisser place à pire encore, de l’indifférence ?

En trois secondes, les yeux fixés sur le dos de Klemens, Roy pensa à mille scénarios à la fois, sans parvenir à se décider sur quoi faire -ou ne pas faire. Ce fut de le voir ouvrir la porte qui le fit sortir de sa léthargie et bondir sur ses jambes. Sans un mot pour ses trois autres amis qui restèrent assis, Roy laissa derrière lui un silence de plomb sur leur tablée, décidé à se laisser guider par son impulsion. L’occasion de revoir Klemens ne se présenterait pas de sitôt, il le savait. Les mots de Juliana tournaient encore dans sa tête, il l’entendait lui dire que c’était lui qui s’était détourné de Klemens, que c’était à lui de faire l’effort de revenir vers lui. Il avait médité ses paroles, il en était même arrivé à faire une chose qu’il ne faisait jamais et qui s’apparentait plus ou moins à un examen de conscience. Oui, il avait été trop loin, ce soir-là, il avait dit des choses qu’il n’aurait jamais dû dire, mais ça, il le savait déjà, il l’avait su au moment même où Klemens avait claqué la porte de son appartement. En revanche, la façon dont Juliana l’avait poussé à remettre en question ses choix l’avait davantage ébranlé qu’il ne le laissait paraître. Lui qui valait bien mieux… Etait-il en train de se perdre, alors que paradoxalement, il n’avait jamais contrôlé autant de choses dans sa vie ? Il y avait une chose qu’il ne contrôlait décidément pas, c’était la façon dont réagissait ses proches, la plupart du temps, pas comme il l’aurait voulu. Klemens l’avait déçu, sans doute pas autant que lui-même n’avait déçu Klemens, car Roy était encore prêt à tenter une approche. Qu’importait de savoir qui avait le plus de torts, finalement. Le plus urgent était de tenter de rétablir le dialogue, avant que cela ne devienne tout à fait impossible, et Roy sentait qu’ils en étaient à un cheveu.

« Attends ! »

Roy venait de franchir la porte du bar de la même façon que le loup, qui ne se retourna pas à son appel. Prenant une grande inspiration, il le rattrapa en accélérant le pas, puis lui imposa sa présence en se mettant face à lui, décidé à lui bloquer la route. Il soutint le regard de Klemens, une défiance mêlée à une certaine lassitude dans son expression et son ton, alors qu’il prenait la parole :

« Tu peux arrêter de m’ignorer ? Ou c’est trop demander ? » Sans vraiment lui laisser le temps de répondre, Roy enchaîna, le ton plus adouci. « Je veux juste qu’on parle, même cinq minutes. Un coup d’oeil à l’expression de Klemens. Ou juste deux, si tu préfères. »

Roy avait rarement vu son meilleur ami ronger son frein à ce point, tout à l’heure déjà, il l’avait senti à deux doigts de casser quelque chose. Il avait plutôt intérêt à la jouer fine sur ce coup-là, parce qu’il était presque plus intimidant qu’Irina dans ses mauvais jours.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Juste une carte mal distribuée ? Oui, sans doute que si la situation différente, Klemens l'aurait pris pour ce que c'était. Une simple maladresse de la part de Roy. Mais le trafiquant ne faisait jamais d'erreur habituellement n'est-ce pas ? Alors cette carte retournée avait-elle un sens ? Était-ce une façon de trouver un prétexte pour donner des excuses qui n'en étaient pas ? Mais finalement, cela n'avait pas de sens pas plus que la dispute qui avait eu lieu près d'un mois plus tôt. Cela lui rappela d'ailleurs qu'il avait passé son premier anniversaire sans Roy aussi. Beaucoup de chose sans lui cette année au vu de la façon dont la suite de la soirée s'engageait.

Et sa présence lui était de plus en plus insupportable. Pourquoi fallait-il toujours que ce soit lui qui fasse les efforts ? Pourquoi était-ce toujours à lui de faire les premiers pas et toujours à lui de courber l'échine et d'accepter des choses qui le laissaient hors de lui ? Mais pas cette fois-ci, c'était juste trop. Et puis, il avait déjà jeté un froid sur la partie. Il voyait bien l'air gêné de Toni et Fergus, il voyait le regard détourné de Jayce. Ils ne prendraient pas part à ça, hein ? Et bien tant mieux pour eux. Mais alors pourquoi avoir insisté pour les réunir ici ce soir si ils n'étaient pas capable de résister à la tension ? Quelle drôle de mouche leur avait fait penser qu'il puisse un seul instant accueillir son ancien ami à bras ouvert après ce qu'il lui avait jeté à la figure.

Oh mais bien sûr, ils ignoraient tout des mots de leur chef. Le grand manitou c'était bien gardé de tout leur raconter dans les détails. Roy Calder qui avouait ses fautes. C'était risible vraiment et loin d'être sur le point d'arriver. Alors non, il ne fit rien pour arrondir les angles. Il ne fit rien non plus pour aider les autres à retrouver la légèreté du début de la partie. Mais bientôt la lourdeur fut trop étouffante. Il essayait tant bien que mal d'ignorer la présence de l'homme à ses côtés mais c'était au dessus de ses forces. Il n'arrivait pas aborder son masque d'indifférence, il ne savait pas faire ça lui. Mais était-ce réellement un masque ? Peut-être qu'il s'en foutait royalement. Pour ce qu'il en savait.

Donc ce ne fut pas très compliqué de prendre la décision qui suivit. Il se leva, salua rapidement ses camarades de jeu en évitant soigneusement son regard et partit. Il n'y avait donc que lui qui souffrait de cette situation ? Que lui que ça importait de voir son meilleur ami pour la première fois depuis leur dispute. Il n'y avait donc aucune once de culpabilité ou même aucun regret en cet homme qui devenait de jour en jour de plus en plus sombre. Voilà ce que ça apportait de fréquenter les puissants. N'est-ce pas Roy Calder ? On en oubliait l'essentiel. Il avait définitivement perdu l'homme qui lui avait avouait piteusement ressentir encore des sentiments pour Juliana. Oui, cet homme là avait bel et bien disparu. A la place seul restait une pourriture dénuée de sens morale.

Ses mots étaient durs mais il ne voyait rien d'autre désormais. Il avait fait l'autruche. Refusant d'affronter son regard empli de colère. Il n'avait même pas bronché lorsqu'il avait tempêté. Il s'était juste contenté de baisser la tête. Voilà ce qu'il était devenu l'homme fier qu'il avait eu pour un ami un jour ? Et ce n'était même pas logique qu'il baisse la tête ainsi et détourne le regard comme pour le fuir. Mais il était embrumé par la rage pour s'en apercevoir. Trop enfoncé dans son idée qu'il n'y avait plus rien de bon à tirer de Roy. Qu'il était bien trop pourri désormais.Mais si il avait pris le temps de bien observer, il aurait sans doute vu des signes.

Alors dire qu'il ne fut pas surpris lorsque la voix de son ami s'éleva dans son dos aurait été un mensonge. Toutefois, il ne s'arrêta pas pour autant. Il continua son chemin comme si de rien n'était. Attendre ? Pour quoi faire ? Pour qu'il l'insulte encore une fois ? Pour l'entendre dire qu'il n'était qu'un sale monstre et qu'il avait le cadavre de sa sœur sur les bras ? Non merci. Il avait donné. Il n'avait pas besoin qu'on lui rappelle ses erreurs, il les regrettait déjà suffisamment comme ça. Mais il fut bien obligé de s'arrêter lorsque Roy lui bloqua le passage en le défiant du regard.

Qu'est-ce qu'il lui voulait à la fin ? Il ne pouvait juste pas le laisser partir ? Non, il fallait qu'il continue de l'humilier. Il n'avait pas eu suffisamment satisfaction deux mois auparavant ? Il poussa un profond soupir agacé. Il n'allait certainement pas cacher qu'il n'avait aucunement envie de se trouver là à ce moment précis. Il plongea donc son regard rempli de colère dans celui du trafiquant avant d'esquisser un rictus moqueur. Est-ce qu'il avait fini de l'ignorer ? Mais jusqu'à preuve du contraire, il ne faisait que suivre ses mots à la lettre. Il disparaissait de sa vie. Et il faisait en sorte qu'ils ne se revoient plus. Ce n'était pas ce qu'il voulait lorsqu'il l'avait fait dégager de son appartement en le menaçant de sa baguette ?

"Parler ? Pour dire quoi ? Tu n'as pas assez utilisé les cadavres de ma mère et de ma soeur ? Tu veux rajouter celui de Valery par dessus le marché ? Et bien excuse moi de ne pas avoir envie de parler alors."

Il avança d'un pas pour contourner son ami. Prêt à le planter là comme il aurait déjà dû le faire depuis un moment. Mais au fond de lui, il voulait entendre ce qu'il avait dire. Il voulait savoir ce qui poussait Roy à sortir du bar pour l'affronter du regard.


Klemens Dabrosky
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La réponse de Klemens crispa Roy, qui resta toutefois silencieux. Il n’allait pas répondre sans réfléchir cette fois. Klemens était simplement blessé, en colère, et visiblement, pas prêt d’excuser les paroles qui lui avait échappé la dernière fois. Roy les regrettait, pourtant, sincèrement, avec du recul, il se rendait bien compte qu’il avait été trop loin. Il savait que c’était à lui de demander pardon, quand bien même il y avait une part de lui qui s’insurgeait face à la façon dont Klemens réagissait. Comme s’il remettait tout en question de ce qu’il savait de lui, comme s’il n’était plus le même Roy, mais qu’il était devenu une immonde raclure qui n’avait jamais estimé Klemens. Enfin, il ne lui dirait jamais une chose pareille de Valery, que racontait t-il !

Roy retint Klemens par le bras fermement, avec l’intention de ne pas le laisser s’échapper, et de tirer au clair cette histoire. Entre ça, et ce qu’il lui avait dit dans le bar, il avait la sensation que le loup le diabolisait complètement, depuis cette soirée où ils s’étaient violemment disputés. Oui, il avait pété les plombs, ce soir-là. Oui, il avait dit des choses horribles. Mais par Godric, cela pouvait arriver à tout le monde, à Roy, plus particulièrement. Ne savait-il pas que c’était dans son caractère ? Sans compter que Roy n’était pas le seul à prononcer des mauvaises paroles sous l’effet de la colère, il en avait essuyé des belles de la part de Klemens aussi… Alors il comprenait que Klem lui en veuille, il comprenait sa colère et sa déception, mais pas l’insulte qu’il lui faisait actuellement, comme s’ils ne s’étaient jamais connus.

« T’es sérieux quand tu dis ça ? Klem, putain, arrête de gueuler sans réfléchir et regarde-moi deux secondes. »

Il le lâcha, écarta les bras comme pour se présenter, juste un court instant, avant de laisser ses mains retomber brutalement le long de son corps. L’expression de Roy oscillait entre l’impatience, la colère et une pointe de désarroi.

« J’ai changé au point que tu me reconnaisses plus ? Ca y est, je suis devenu un monstre pour toi, pour que tu me regardes avec tellement de… haine ? Le mot mourut sur les lèvres du trafiquant, qui regardait Klem sans ciller, déchiré entre de multiples sentiments contradictoires. Honnêtement, il ne s’y attendait pas. Il ne s’attendait pas à une telle violence dans les réactions de son ami. Il pensait qu’il se situait dans le même état d’esprit que lui : encore un peu de rancoeur au fond de lui, mais prêt à s’excuser et à pardonner. Je suis désolé, d’accord ? Je suis désolé pour tout ce que je t’ai dit la dernière fois. Je le pensais même pas, j’ai juste dit ça sous le coup de la colère, parce que je savais que ça allait te blesser et je voulais… Je voulais te blesser à ce moment-là. » reconnut-il.

Non, il n’en était pas fier. Il n’était jamais fier de lui quand son ego lui faisait perdre toute raison et le poussait à faire du mal à ses proches. Ce n’était pas ce qu’il voulait, mais c’était souvent trop tard. Roy avait tendance à croire que s’excuser sincèrement suffisait. Allait-il tomber de haut, encore ?

« Alors voilà, j’ai merdé, ok. Mais bordel, on se connaît tous les deux, tu me connais ! Il hésita à poursuivre, parce que ce qu’il allait dire nourrissait une appréhension dérangeante en lui. Sauf que là, j’ai juste l’impression que je suis devenu quelqu’un d’autre pour toi. »

Et il priait intérieurement pour que Klemens démente.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Oh, il le regardait. Il le voyait parfaitement bien même. Alors, oui, il était plus que sérieux. Ce qu'il avait cru savoir de son ami s'était révélé faux. Il apprit des choses sur lui. Il avait d'abord pensé que cela ne pouvait pas être vrai que le Roy qu'il connaissait ne pouvait pas se montrer aussi insensible. Mais il avait bien dû se rendre à l'évidence que son meilleur ami n'était pas celui qu'il avait cru. Il y avait un monde entre faire des petits trafics de produits interdits et tuer des gens ou orchestrer leur mort de sang froid. Il avait toujours pensé que le mafieux saurait faire la différence. Qu'il ne deviendrait jamais l'un de ces types qu'ils détestaient tant et qui prenaient leurs hommes pour de la sous merde. Griggs en avait fait parti de ces raclures. Et Roy s'était peu à peu transformé en l'une d'elle.

Alors oui, il était sérieux. Il ne savait plus quoi attendre de celui qui avait été son ami. Il ne savait plus qui il avait en face de lui. Il avait beau se présenter à lui en écartant les bras comme pour montrer qu'il était transparent. Qu'il était le même homme qu'il y avait six mois. Mais ce n'était pas le cas. Et ils le savaient parfaitement tous les deux. Oui, Roy avait changé au point que Klemens n'était plus capable de le reconnaître. Il ne pouvait pas affirmer avec certitude qui était l'homme qui se tenait devant lui. Son meilleur ami ou un chef de gang sans scrupules à la tête du plus grand casino de l'Angleterre sorcière.

Et les sentiments qu'il ressentait pour le trentenaire s'apparentaient en effet plus à de la haine qu'autre chose aujourd'hui. Il le toisa durement alors qu'il s'excusait. Des excuses qui sonnaient platement. Il avait voulu le blesser hein ? Et bien s'était réussi. Il avait visé juste. Mais il y avait des choses non pardonnables. Et Roy avait dépassé les bornes. Les limites étaient atteintes et la patience de Klem bien entamée. Lui aussi avait changé. Il n'était plus aussi prompt au pardon qu'avant. Peut-être parce qu'il estimait qu'il avait suffisamment souffert comme cela. La mort de Valery l'avait profondément affectée. Et il n'était plus enclin à pardonner certaines choses. Il avait donné. Il en avait assez de passer pour le dindon de la farce.

Il avait pris conscience que lui aussi était une personne à part entière. Que son statut de loup-garou ne l'obligeait pas à tout accepter. Qu'il avait lui aussi des sentiments et qu'il avait le droit d'être traité avec égard. Et les paroles de Roy... Ce n'étaient pas celles d'un ami. Il avait volontairement utilisé les pires souvenirs de sa vie. Les choses qu'il s'évertuait à cacher depuis toujours et qu'il avait finalement osé lui avouer. Enfin que Jacek avait avoué pour lui. Mais cela revenait au même. Le pire souvenir de Klem balancé ainsi au cours d'une dispute. Certes, il n'avait pas été tendre non plus. Mais Roy n'avait pas la mort de sa sœur sur la conscience. Et il avait juste voulu lui ouvrir les yeux sur celui qu'il devenait. Alors que les paroles du mafieux n'étaient que de la méchanceté pure. Donc non, ses excuses ne prenaient pas. Pas cette fois.

"Et bien la prochaine fois, tu réfléchiras avant de parler."

Son ton avait été froid, sec, cassant. Il ne voulait plus l'entendre, il ne voulait plus le voir. Il croyait donc encore qu'il était le même homme ? Il se pensait donc encore pardonnable après toutes ses actions et toutes ses paroles ? N'avait-il aucune honte ? Il disait cela comme si cela n'avait aucune sorte d'importance. Il avait merdé mais ce n'était pas grave. Il avait merdé mais Klemens pardonnerait parce qu'il était trop con. Parce qu'il allait la fermer encore une fois et qu'il allait faire celui qui ne voyait rien. Il continuerait ses blagues vaseuses, ses défonces et ses beuveries et tout irait bien. Il ne faudrait surtout pas qu'il ait une conscience ou qu'il comprenne ce qu'il se passait. Les poings du loup-garou se serrèrent. Son visage se ferma encore un peu plus si c'était possible et il fixa Roy sans vraiment le voir en secouant la tête d'incrédulité.

"T'as vraiment rien compris, hein ? Tu as tort Roy. Je ne te connais pas. Je croyais te connaître. Je connaissais l'homme que tu étais... avant tout ça. Mais tu as changé. Alors non, je ne te connais plus. Je ne connais pas celui que tu es devenu. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu t'efforces avec brio de le dissimuler à tout le monde. Tu caches des choses, tu mens et après tu oses affirmer que c'est pour me protéger. Mais tu sais quoi ? Va te faire foutre. J'ai pas besoin d'être protégé. J'ai juste besoin de la vérité. Mais t'es incapable de la donner. Et tu sais pourquoi ? Parce que t'es qu'un sale lâche. Une sale pourriture qui croit que tout va s'arranger parce que tu l'as décidé. Mais non... pas cette fois..."

Il se sentit trembler de rage. Il agissait peut-être avec excès mais la peine et la colère qu'il ressentait n'avait pas diminué depuis leur dispute. Il n'avait rien oublié, il n'avait rien pardonné. Peut-être aurait-il pu si les excuses de Roy avaient semblé sincères. Peut-être que si il avait senti que le trafiquant avait réellement essayé de voir l'homme qu'il était devenu... Mais non. Klemens ne voyait rien de tout cela. Ou peut-être était-ce parce qu'il était trop aveuglé par la colère. Trop engagé dans la résistance pour essayer de lui accorder le bénéfice du doute. Mais il n'y arrivait plus. Il se radicalisait sans doute également de son côté. Lui aussi avait changé. Il n'était plus le même. Il en avait assez qu'on agisse dans l'ombre, dans son dos. Il avait l'impression que tout le monde ce moquait d'eux. Le gouvernement n'était qu'une grosse blague et il avait décidé de s'engager dans la lutte parce que c'était ce qu'il convenait de faire. Parce qu'il ne resterait plus les bras croisés. Il avait passé trop de temps à se cacher. Et c'était terminé désormais. Il prenait les armes. Avec ou sans Roy. Et visiblement, ce serait sans puisqu'ils semblaient dans deux camps radicalement différents.

"C'est terminé Roy... J'en ai assez des mensonges. J'en ai assez que tu me prennes pour un imbécile. Assez que tu te permettes de me balancer les erreurs de mon passé à la figure. Qu'est-ce que tu croyais ? Qu'il suffirait que tu te présentes comme une fleur, la bouche en cœur avec des excuses bien formulées ? Ça ne prend plus. Alors tes excuses, tu peux te les foutres ou je pense. Pour ce qu'elles valent de toutes façons... Pas beaucoup plus que toi en tout cas..."

Il le détailla des pieds à la tête avec une moue légèrement dégoûtée avant de détourner le regard. Non, il ne valait plus rien à ses yeux. Tout comme son simulacre d'excuse qui ne valait pas un clou. Rien que du vent et beaucoup d'autosuffisance. Il ne s'inclinerait plus devant le grand Roy Calder, c'était terminé. Il ne voyait désormais plus que le petit homme insignifiant qu'il était réellement. Et au fond de lui, tout au fond. Il souffrait. Il souffrait d'avoir perdu son meilleur ami. Son frère de cœur, celui qui l'accompagnait depuis tellement d'année. Celui qui lui avait permis de s'intégrer en Angleterre. Son cœur saignait de le perdre mais son esprit était plus que décidé. Il n'y avait plus de place pour le sentimentalisme.


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Les sourcils de Roy se fronçaient un peu plus à chaque parole de Klemens, qui semblait enfin décidé à sortir de son mutisme et lui accorder un peu d’attention. Cela dit, il n’était pas sûr de préférer le regard empli de rage que lui servait Klemens. Son ton cassant ne trompait pas le trafiquant, Klem contenait sa fureur. Ce constat l’ébranla quelque peu, car si Roy s’attendait à ce qu’il lui en veuille toujours, eh bien… Il ne s’imaginait pas à ce point. A force de joyeusement griller les limites, Roy avait un jugement biaisé quand il s’agissait de distinguer ce qui était acceptable ou pardonnable de ce qui ne l’était pas. A force de se chercher toujours des excuses, Roy finissait par minimiser l’ampleur de ses fautes, quand encore il les reconnaissait. Oui, il avait merdé, et il s’imaginait que Klemens lui pardonnerait, pas parce que ce dernier était trop con, mais parce que cela avait toujours été ainsi, tout simplement. Combien de fois s’étaient-ils déjà disputés, tous les deux, même violemment ? Et de façon générale, Roy finissait toujours par trouver un moyen de revenir dans les bonnes grâces d’un proche, lorsqu’il y mettait du sien. Oui, il s’imaginait qu’en venant confronter Klem, en lui présentant ses excuses, il finirait par les accepter. Parce que, dans tout son orgueil, mais sans prendre conscience qu’il s’agissait là de pure arrogance, Roy présupposait que ses amis savaient comment il fonctionnait et qu’en l’occurrence, il ne s’excusait pas facilement. S’il venait donc de lui-même pour présenter ses excuses, alors forcément il était sincère, et puis que pouvait-il faire de plus ?

En somme, Roy n’avait pas vécu assez de moments comme celui-ci, où il se trouvait face à quelqu’un de cher, qui le regardait comme s’il n’était plus le même, et lui balançait ses quatre vérités sans la moindre pitié. Il n’y avait pas eu assez de personnes importantes pour lui dire qu’il avait dépassé la ligne rouge, que cette fois, c’était fini et surtout, mettre réellement en application la menace. Jason était le seul qui en était arrivé à cette extrémité, mais Roy considérait qu’il s’agissait là d’un cas particulier : dès leur plus tendre enfance, la rivalité s’était immiscée entre eux, pour pourrir leurs relations. Klemens n’était pas pareil. Klemens était son meilleur ami, par Merlin, le seul, celui dont Roy n’avait jamais douté qu’il serait là, à ses côtés, toujours.

L’ultime phrase du loup fut donc l’un des plus rudes coups au coeur que Roy n’avait jamais encaissé. C’était fou comme le regard dégoûté et les paroles haineuses de Klemens rendaient d’un seul coup réelles toutes les craintes que le trafiquant avait préféré cacher dans un coin de sa tête, avant que Juliana ne vienne lui rendre visite pour le secouer et le pousser à venir lui parler. De choc, il écarquilla ses yeux rivés sur Klem, pour une fois incapable de répliquer du tac au tac comme il savait si bien le faire. Roy s’attendait à de la colère, à de la déception et des reproches, mais pas à un tel flot de paroles venimeuses. Le contrôle de la situation lui échappait totalement, et il n’aimait pas cela du tout. Les choses n’étaient pas sensées se passer ainsi. Roy n’était pas naïf au point de penser que s’excuser simplement suffirait, mais de là à s’imaginer que Klemens ne le considérait même plus comme digne d’obtenir audience et qu’il le repousserait avec tant de violence… Il y avait une grande différence. C’était ce qui le blessait le plus : constater de ses propres yeux que l’estime que Klemens avait eue pour lui était désormais réduite en cendres. Comment pouvait t-il espérer récupérer son amitié quand il n’avait même plus la moindre once de considération pour lui, à voir la façon qu’il avait de le regarder avec dégoût ? Mais par dessus tout, pourquoi ? Pourquoi cette violence ? Est-ce que des paroles de travers, des simples mots malheureux pouvaient réduire à néant des longues années d’amitié ?

L’incompréhension, couplé à un sentiment d’injustice et de frustration face à la situation qui lui échappait, tendirent les muscles de Roy, qui ne savait tout simplement pas quoi dire. Que pouvait t-il répliquer qui n’envenimerait pas la situation ? S’il s’écoutait complètement, il risquerait de dire d’autres choses qu’il regretterait, parce que Klemens venait de profondément atteindre son amour-propre, et qu’il était difficile dans ce cas de figure de ne pas sortir les griffes, surtout pour un homme tempétueux tel que lui. Il n’était plus question de savoir qui avait tort ou qui avait raison. Ils étaient blessés tous les deux, et par conséquent, complètement sur la défensive. Roy aurait volontiers cédé du terrain quelques minutes plus tôt, il avait commencé à le faire en s’excusant. Maintenant, il se demandait juste à quoi bon. Klemens avait l’air de s’être fait une idée si noire de qui il était, comme si leur amitié n’avait jamais existé avant cette dispute…

Nulle violence physique cette fois, Roy ne saisit pas Klemens par le col pour le secouer comme une partie de lui en avait envie. Comme pour s’en garder, il croisa les bras sur son torse, et eut instinctivement la réaction qu’il avait toujours lorsqu’il se mettait sur la défensive : accuser à son tour, si possible à grands renforts de sarcasmes.

« Toi aussi tu as changé, Klem. T’étais déjà sacrément buté avant, mais alors là, tu bats tes propres records, énonça t-il d’un ton relativement calme qui masquait mal que Roy ne l’était pas du tout. Tout dans son attitude, son regard ombrageux, ses membres crispés traduisait ce qu’il contenait. Mais ok, si tu veux, je suis devenu un immonde connard et je peux aller me faire foutre, avec mes excuses. Je croyais juste que notre amitié comptait un peu plus que ça pour toi, mais si t’as décidé de la balancer sans lui donner la moindre chance de survie… Je pourrais t’expliquer pourquoi je t’ai tenu à l’écart mais ça changerait rien, je me trompe ? Tu as l’air de t’être déjà fait une idée très précise sur la pourriture que je suis. »

Malgré lui, Roy sentait quelque chose lui monter et entraver sa gorge, et ce n’était pas juste la colère. Une immense déception, voilà ce qu’il contenait de toutes ses forces, voilà ce qui faisait trembler légèrement ses membres et serrer ses dents face à Klemens. Il savait que s’il décidait de lui tourner le dos maintenant, c’était le sentiment qui allait l’emporter et affaisser tous les traits de son visage. La seule chose qui le faisait se tenir droit face à Klemens était sa crainte de perdre la face : toujours le même problème…



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Il tremblait de tout son corps. Sa colère l'emportant sur le reste. Il avait déjà été manipulé une fois et il s'était promis que cela ne recommencerait plus jamais. Et Roy avait bafoué sa confiance, avait allègrement piétiné tout ce qui avait un sens pour le lycanthrope. Voilà qu'il devenait exactement tout ce qu'il avait toujours détesté. Et il se retenait de ne pas le secouer comme un prunier. Lui faire ouvrir les yeux. C'était ça aujourd'hui et demain ? Il finirait par faire quoi pour avoir encore et toujours plus de profit ? Il avait suffisamment subi ce genre de personnage pour savoir qu'il valait mieux les fuir comme la peste.

Il laissa échapper un ricanement sarcastique à sa remarque avant de renifler dédaigneusement. Comme c'était facile de l'attaquer lui. De lui remettre la faute sur le dos. C'était lui qui était buté ? Lui qui avait vendu son âme au diable pour quelques gallions de plus peut-être ? Lui qui se pervertissait dans la luxure ? Et qui ne voyait même pas quelle genre de pourriture il était en train de devenir.

"Peut-être que j'ai changé en effet. Peut-être que maintenant, je vois à quel point l'argent peut te tourner la tête. C'est grave mec. C'est quoi la prochaine étape ? Tu vas obliger des mecs à faire le tapin ? Tu vas pas me dire que t'y as pas pensé hein ? Les filles aux Folies qui se trémoussent. Tu vas pas me dire qu'elles bossent pas pour toi. Tu sais quoi ? Des mecs comme ça, j'en ai déjà trop. J'ai déjà trop subi ça pour laisser mon meilleur pote devenir comme ça. Mais après ouai, c'est moi qui suis buté c'est clair. Surtout quand c'est moi qui m'en prend plein la tête. Qui me fait prendre pour un con. Mais ouai, c'est clair que notre amitié, elle compte à tes yeux. Mais tu sais quoi ? Le cadavre de ma petite soeur, il t'emmerde Roy !"

Trop de rancoeur et de non dit. Trop de choses sur sa conscience, dans son passé qui faisaient qu'il ne pouvait pas fermer les yeux. Lorsqu'il dealer tout allait bien. Il n'était pas un gros poisson à l'air suffisant. Qui se moquait bien de savoir si untel ou unetelle allait vivre ou mourir du moment que son trafic fonctionnait. Il y avait toujours eu chez Roy une certaine noblesse. Il avait toujours privilégié l'humain. Mais tout ceci semblait terminé.

"T'as toujours dit que tu devrais jamais un gros mafieux puant de suffisance, de fric et d'autosuffisance. Mais regarde toi. T'es tout ça à la fois et pire encore. Tu pactise avec le diable en personne. Tu joues avec la vie des gens. Et après tu oses venir vers moi pour me présenter des excuses en croyant que ce sera suffisant ? Tu crois que ça fonctionne comme ça ? Que tout t'es du désormais ? Et bien je t'annonce qu'en ce qui me concerne, les règles n'ont pas changés. Reviens me voir quand tu seras plus un gros connard bouffi d'arrogance qui joue avec des vies humaines. Sans aucune moralité. Tu te complais dans ta petite vie dorée en fermant les yeux sur ce qu'il se passe autour de toi mais un jour, le filet se refermera sur toi Roy. Et ce jour là, t'auras plus rien pour te raccrocher, parce que t'auras vraiment tout perdu et personne sera là pour toi. Moi je serais pas là, parce que ce sera trop tard. Parce que je veux pas redevenir une merde manipulable et je ferais certainement pas le tapin pour toi Calder."

Il prit une profonde inspiration avant de plonger son regard brûlant de colère dans celui de Roy. Il lui semblait que tout avait été dit désormais. Lui, n'avait plus rien à ajouter en tout cas. Il s'avança donc vers celui qui avait été son ami et le gratifia d'un violent coup d'épaule en passant à côté de lui pour partir. Une vengeance mesquine sans doute. Mais un geste qui voulait tout dire et qui exprimait tout le mépris qu'il ressentait pour la personne qu'était devenu Roy. Et tant qu'il n'aurait pas changé, il ne ferait aucun effort. Il ne le considérerait même plus comme un ami. Il n'était plus rien pour lui. Plus rien du tout, si ce n'était un ennemi de la résistance.

Fin pour Klem


Klemens Dabrosky
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Les reproches de Klemens semblaient un coup de massue supplémentaire à Roy, douloureux, et enfonçant un peu plus à chaque fois ce sentiment d’incompréhension et d’impuissance. Roy ne comprenait pas. Par Merlin, ce que lui disait Klemens était pourtant on ne pouvait plus direct et limpide, avec les mots les plus crus, mais il ne comprenait pas. Klemens pouvait enrager autant qu’il voulait, il n’était pas le seul à avoir l’impression de se tenir face à un autre homme. Plus Roy y réfléchissait, plus il se convainquait d’une chose : cela faisait peut-être quelques semaines, quelques mois, cela remontait peut-être même plus loin qu’il ne pouvait l’imaginer et Roy n’avait rien vu jusque là, mais quelque chose avait profondément changé chez Klemens. Il ne savait pas ce qui avait déclenché cela précisément. Cet homme, moralisateur, impliqué et violent, n’était pas celui que Roy connaissait. Alors qu’il faisait une allusion à leur dispute passée, et ses mots malheureux, il répliqua aussitôt :

« Mais je t’ai dit que je m’excusais pour ça, putain ! Je le pensais pas, c’est… »

Mais Klemens ne sembla même pas l’entendre, continuant de plus belle sous le regard perdu du trafiquant. Non, Roy connaissait un Klemens je m’en foutiste, satisfait de vivre au jour le jour, pas le genre à faire des leçons de morale à qui que ce soit, parce que lui-même traînait des casseroles et parce qu’il était d’un tempérament suffisamment tolérant pour accepter quelqu’un qui n’était ni dans la moralité, ni dans la légalité. En tout cas, c’était ce que Roy avait toujours cru. Et maintenant, il venait lui faire la leçon ? Mais que lui prenait t-il ? Comme si Roy n’avait jamais payé de femme avant, comme s’ils n’en avaient pas ri ensemble en se racontant les détails, comme s’ils n’avaient pas tous les deux eu une vie scandaleuse de débauché, comme s’ils ne s’étaient jamais sali les mains tous les deux, avant tout ça. Avant quoi ? Quand diable Klemens avait subitement décidé de partir à la chasse des injustices, de la triche et du mensonge ? « Tu pactises avec le diable en personne ». Roy avait presque envie de rire. Jaune, évidemment. Il se passa une main dans ses cheveux, d’un geste agacé. Il ne supportait pas qu’on lui dise que ce qu’il faisait était "mal", encore plus quand cela venait d’une personne qui n’avait jamais émis de jugement de valeur sur lui, jusque là. Il n’était pas un homme sans principes, non plus, il avait ses propres valeurs reines, la loyauté, la volonté, l’amitié, la famille, il avançait avec elles, et écartait le reste, envers et contre toute morale. C’était sa façon de fonctionner, c’était ce qu’il avait toujours montré.

Roy avait bien compris ses reproches, il l’avait suffisamment entendu lui cracher son venin. Du point de vue du loup, c’était lui qui avait changé, lui qui était devenu un immonde personnage. Eh bien oui, Roy faisait des choses qu’il ne faisait pas avant. Mais il était persuadé que le Klemens d’avant l’aurait toléré, ou en tout cas, ne l’aurait pas condamné avec cette violence. Que croyait t-il, qu’il allait rester ce petit revendeur de potions et de drogue sans grande envergure de la Voie toute sa vie ? Si c’était ce qu’il s’était imaginé, Klemens ne l’avait jamais vraiment bien connu, dans ce cas. Roy avait toujours aspiré à devenir plus fort, plus puissant, encore plus depuis que les évènements l’avaient fait se sentir incapable de protéger ceux qu’il aimait. Oui, il lui avait dit qu’il ne deviendrait jamais une raclure comme Bill, et il lui semblait que ce n’était pas ce qu’il devenait. Son commerce était sale, mais sa façon de le faire ne l’était pas, Roy restait honnête dans ses affaires, et était loin d’être ce tyran traitant ses hommes comme des serpillères. En tout cas, c’était ce que lui voyait, ce qu’il s’imaginait de l’image qu’il renvoyait. Jouer avec les vies des gens ? Non, il n’était pas comme cela. Il jouait avec ceux qui avait choisi de rentrer dans le jeu, selon les règles de ce jeu. Il avait toujours fait en sorte d’éviter d’y impliquer des innocents, ce qui ne voulait pas dire que cela n’arrivait jamais : c’était ce que Klemens avait surpris, cette veille de Noël. Mais que croyait t-il, que cela lui avait fait plaisir ?

Les paroles de Juliana lui revenaient plus fortes que jamais, maintenant. « Peut-être que Klem a l'impression que ce n'est rien, pour toi. Ôter des vies, piétiner la vie des autres pour ton propre bénéfice... Je ne sais pas, c'est peut-être l'impression que tu lui as donné. Même si on sait tous les deux que c'est faux. » Mais évidemment que c’était faux ! Roy se couchait le soir avec ses démons, ses remords, comme tout le monde. La différence, c’était qu’il avait décidé d’avancer que coûte que coûte, parce que désormais, il était impliqué dans trop d’enjeux qui lui tenaient à coeur. Et il ne s’agissait pas que d’argent, comme semblait le croire Klemens. Encore une autre accusation qui le blessait, venant de sa part.

« Tu te goures complètement, là-dessus, je… » commençait t-il pour se justifier.

Klemens ne semblait pas décidé à l’écouter, et encore moins à le laisser parler. Il ne voulait pas de ses excuses, il avait déjà signé la condamnation de Roy Calder, « gros connard bouffi d’arrogance qui joue avec des vies humaines sans aucune moralité », de cette sentence : la solitude pour le reste de sa vie. Soufflé par cette conclusion, et peut-être pour la première fois de sa vie, Roy se trouva sans voix. Il ne savait plus trop quelle émotion l’emportait maintenant. Passé le choc, la tension, l’indignation, ce devait être une rancoeur, profonde, de voir Klemens se comporter ainsi à son égard, alors qu’il venait dans l’idée de réparer les pots cassés. Et ce fut le coup à l’épaule qui le réveilla, d’un sursaut presque. Il tournait les talons, maintenant, à nouveau, cette fois-ci, sans se laisser rattraper. Décidé à exprimer ce qu’il avait sur le coeur malgré tout, Roy leva les mains comme porte-voix, pour mieux crier à son encontre :

« C’est ça, casse-toi ! Je sais même pas pourquoi j’essaye de parler avec toi. Klemens… Et ce morceau fut lancé plus fort, pour être certain que l’homme qui s’éloignait l’entendrait. T’es vraiment devenu un gros con ! »

Frustré de voir qu’il n’avait rien sous la main à lui jeter, il se contenta de donner un coup de pied rageur dans un caillou. Sa colère ne suffit même pas à le maintenir tendu. Très vite, quand Klemens ne fut plus dans son champ de vision, l’abattement le fit enfoncer ses mains dans les poches. C’était fois, c’était certain. Il venait réellement de perdre son meilleur ami, et pas seulement au sens où il l’entendait jusqu’à maintenant. Il avait vraiment cette sensation terrible que Klemens n’était plus celui qu’il connaissait.

FIN DU RP



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Don't Speak [Roy et Klemens]

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