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 Rectify [Mildred & Matthew]

Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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1 février 2009


Depuis la fenêtre du premier, Matthew observait les va-et-vient dans l’Allée des Embrumes, une tasse de café noir entre les mains. Fingal Flinn venait d’ouvrir sa boutique et sortait quelques plantes carnivores pour attirer le chaland tandis que  les filles du Blackiss rejoignaient le trottoir en baillant. Certaines resserraient leur blouson en cuir moulant autour de leurs décolletés afin de ne pas prendre froid et d’autres soufflaient entre leur mains pour se réchauffer en  attendant les premiers clients de la matinée.

« T’es impatient, hein  gamin ? » intervint subitement son père en scrutant les filles au dessus de son épaules. Matthew s’était installé chez lui, le temps qu’il mette un peu d’argent de côté pour se payer une piaule. Celle de Robin, située un peu plus loin sur le Chemin de Traverse, était bien trop petite pour les accueillir tous les deux si bien qu’il avait du se résoudre à regagner sa chambre d’adolescent.  Il avait retrouvé avec une certaine nostalgie le mobilier dépareillé et son couvre-lit aux couleurs des Frelons de Winbourne mais la photographie posée initialement sur la table de nuit, les représentant lui et Krystal dans le parc de Poudlard, avait disparue. Nul doute que Robin était passée par-là afin de préparer son retour.

«  La p’tite rouquine l’est pas mal mais la meilleure c’est la quatrième en partant de la gauche. Rosaleen. Comme not’ première dame ! Aussi jolie mais moins coincée… » ajouta Evrett avant de taper sur les carreaux pour attirer le regard des travailleuses. Il articula un « A ce soir » silencieux, ce à quoi les filles répondirent pour certaines en lui renvoyant un baiser et pour d’autres en faisant mine de ne pas l’avoir pas vu.

Matthew secoua lentement la tête en esquissant un vague sourire. S’il y avait bien une chose qui n’avait pas changé durant sa détention, c’était bien son père, se dit-il en regagnant le fond de la pièce pour poser sa tasse dans l’évier. Robin n’allait pas tarder à le récupérer pour aller aux Folies et il appréhendait ce moment autant qu’il l’attendait. Il voulait revoir Bristol et la Marina mais il se sentait tellement en décalage par rapport aux gens qu’il se demandait s’il arriverait à avoir une simple conversation des plus banales pour un entretien d’embauche. Pendant cinq ans, l’état s’était appliqué à le couper du monde, à le désociabiliser, et du jour au lendemain il devait reprendre le cours de sa vie comme un citoyen normal. C’était d’autant plus compliqué pour lui qui avait toujours flirté avec l’illégalité. Retourner sur son ancien terrain de jeu. Revoir d’anciennes connaissances de la Voie. Il pressentait d’hors et déjà que son retour à la société ne serait pas simple.

Des flammes vertes dans la cheminée de la petite cuisine le sortirent de ses pensées et Robin apparut dans l’âtre.

« Salut vous deux… » souffla-t-elle avant de se tourner vers son frère, …Tu es prêt ? »

Matthew hocha la tête.

« Juste, avant qu’on y aille, qu’est-ce que tu peux me dire sur cette… Mildred Magpie ? » demanda-t-il en relisant le nom du contact sur la liste que la secrétaire de Skye lui avait donné. Ce patronyme lui disait vaguement quelque chose mais il n’arrivait pas vraiment à le remettre.

« Et bien, elle accueille tout le gratin du gouvernement dans son cabaret, elle est en couple avec le nouveau sous-directeur de Poudlard et le service d’ordre de son établissement est essentiellement assuré par des anciens gars de la Voie… Bref, elle sait s’entourer des bonnes personnes pour faire fructifier sa petite affaire. » expliqua sa sœur en se servant une tasse de café, Elle est aussi la rédactrice en chef de Multiplettes …ajouta-t-elle en levant les yeux vers son frère, … Elle a fait plusieurs articles sur toi au moment de l’affaire. »
- Quel genre d’articles ? »
-Le genre bien racoleur. »
-Ah ouiiii, J’me souviens, intervint Evrett en enfilant son tablier crasseux, elle a écrit que tu étais un monstre sanguinaire et qu’tu méritais l’baiser du détraqueur pour c’que tu avais fait. Elle a même dit qu’ tu avais surement ruiné la vie d’ta fille et qu’elle garderait des séquelles de ce traumatisme jusqu’à sa mort…  J’ai dû garder l’article quelque part.» finit-il part dire en se grattant le front.

« Papa… » Souffla Robin en coulant un regard excédé en direction de son paternel.

Matt resta silencieux, encaissant la remarque de son père sans broncher.  Eve n’avait jamais été une priorité pour Evrett. A vrai dire, pour lui, un enfant devenait intéressant à partir du moment où il était en âge de livrer des potions et d’encaisser l’argent de la livraison au centime près. Pas avant. Matthew ne s’étonna donc pas du ton employé par son paternel même s’il aurait préféré qu’il n’évoque pas sa fille en ces termes.

« Ben quoi ? grommela Evrett en se tournant vers Robin,  Il faut qu’il sache, ajouta-t-il en haussant les épaules, Crois-moi fils, ils vont pas t’rater tous ces biens pensants et même les autres ! Personne n’aime les tueurs de femme. » expliqua-t-il en secouant la tête.

« Parce que tu crois que je ne le sais pas déjà ? » finit par dire Matthew.

Certains détenus d’Azkaban s’étaient déjà chargés de lui faire comprendre qu’il ne méritait pas de vivre. Il avait subi des brimades, des violences mais aujourd’hui, il était plus que jamais déterminé à retrouver sa fille. Si pour cela il devait prendre sur lui ou s’allier à ses détracteurs pour y arriver, il était prêt à le faire, du moins, pour le moment.

Il enfila donc sa veste et attrapa ses papiers d’identité ainsi que les documents relatifs à sa conditionnelle, sonnant par ce geste le moment du départ. Le frère et la sœur empruntèrent alors le réseau de Poudre de Cheminette pour rejoindre directement le hall des Folies Sorcières où des Veilleurs les attendaient pour un contrôle d’identité.  Si Robin passa sans problème ce ne fut pas le cas de Matthew :

-MacFarlane ?! s’étonna le garde chargé de contrôler les entrées du Casino Cabaret. Le Veilleur jeta un regard effaré à son associé avant de reporter une nouvelle fois son attention sur Matt, mais, qu’est-ce que tu fais là ?

Darrow et Crimson. Anciennement spécialisés dans le trafic de cœur et d’écailles de dragon. Matt avait fait appel à eux en tant que fournisseurs durant la dernière guerre et il ne comptait plus le nombre de soirées arrosées qu’ils avaient fait ensemble du temps où Krystal était encore de ce monde. Matthew n’aurait pas été jusqu’à dire qu’ils avaient été amis mais ils avaient passé ensemble quelques moments mémorables.

« Franck, Stephen. » répondit-il simplement en guise de salutations.

Il se doutait bien que ses deux anciens camarades de la Voie ne s’attendaient pas à le voir si tôt dehors mais le temps n’était pas aux explications, Je dois rencontrer Mme Magpie, ajouta-t-il en tendant son formulaire de réinsertion,est-ce que vous pouvez lui dire que je suis là ? »

Encore stupéfait, Franck Darrow parcourut rapidement le document des yeux  avant de chercher une nouvelle fois le regard de Crimson.

« Baguette. » ordonna ce dernier en tendant sa main libre. Le ton de sa voix n’avait rien à voir avec l’habituelle bonne humeur qui le caractérisait jadis et il n’en fallut pas plus à Matthew pour se rendre compte qu’il n’était pas le bien venu. Stephen et Krystal s’étaient toujours très bien entendus et Matt ne s’attendait pas à une autre réaction de la part de son ancien camarade.

-Je n’en ais pas. C’est écrit là-dessus, expliqua-t-il calmement en désignant le parchemin que Franck tenait encore entre ses mains.

Les deux Veilleurs affichèrent une moue dubitative. Matthew MacFarlane sans baguette magique c’était un peu comme Voldemort sans Horcruxes : Impensable. Le faussaire leva donc les bras pour les inviter à le fouiller. Il n’avait pas de temps à perdre avec leur suspicion.

Stephen Crimson ne se fit pas prier pour le palper avant de souffler :

« Il n’a rien. »

Toujours aussi soupçonneux, il se recula de quelques pas et poursuivit à l’attention de Darrow, sans toutefois quitter des yeux Matthew.

«  Envoie un patronus à la chef pour qu’elle vienne ici, je ne le laisse pas se balader tout seul dans les Folies. »

Matthew fit signe à sa sœur de continuer sans lui avant de croiser ses bras sur son torse pour attendre patiemment. Il s’était préparé à ce genre de réaction, il savait que cela arriverait mais c’était tout de même difficile à encaisser.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Moulée dans son tailleur blanc, Mildred Magpie éprouvait une satisfaction presque indécente à l'idée de pouvoir participer à un aussi noble projet de réinsertion, que celui que l'on lui avait présenté quelques semaines auparavant. Après tout, quoi de plus excitant pour cette pie avide de sensations fortes que d'accueillir entre ses murs un meurtrier en quête de rédemption, et ce, sans que cela ne représente une quelconque menace sécuritaire pour sa propre personne et son établissement. Car il en était ainsi, les Folies Sorcières allaient devenir terre d'asile, et peut-être offrir une seconde chance à un ancien détenu d'Azkaban que Mildred Magpie avait prit grand soin à sélectionner. A vrai dire, le choix de la sorcière rousse s'effectua très rapidement, son attention se portant presque immédiatement sur un cobaye dont le nom lui était des plus familiers. Malgré sa gueule d'ange, digne d'incarner un prince de roman à l'eau de rose, il ne fallait pas s'y tromper : Le dénommé Matthew McFarlane était, avant toute chose, un tueur de la pire espèce! Un homme que jadis, la journaliste avait qualifié de "Monstre sans cœur", capable d'étrangler sa propre femme, et ce devant le regard traumatisé de sa propre fille! Bref, avec un tel casier judiciaire, il y avait matière à enflammer l'esprit racoleur d'une hyène journalistique de la trempe de Mildred Magpie.  

Même si cette dernière aurait dû éprouvé un sentiment de crainte indicible, au fait de devoir côtoyer un tel bourreau sanguinaire, cela ne semblait nullement être un frein pour la co-gérante des Folies Sorcières. Bien au contraire, portée par un élan de curiosité malsaine, elle en éprouvait même une certaine excitation, qui trouvait sa source entre le désir du risque et une fascination pour ceux que l'on qualifiait de "mauvais garçon". Il faut dire aussi que à l'inverse de ses badauds inconscients qui viendraient croiser le regard d'un serpent Basilic, Mildred se savait également hors de danger. Les chercheurs étaient formels là-dessus, "Matt, l'Etrangleur de Bristol" était hors d'état de nuire ! Voila de quoi rassurer l'insidieuse journaliste de Multiplettes, qui pourrait alors se permettre d'approcher la bête, sans avoir à courir le moindre risque. Depuis qu'elle l'avait sélectionné dans le cadre de ce projet de réinsertion professionnelle, en posant son long ongle effilé sur la belle photo qui trônait en première page de son dossier; Mildred n'arrivait point à se détacher à l'idée de pouvoir enfin approcher un criminel, dont les agissements passés portaient le sceau d'une passion aussi destructrice que aveugle.

La journaliste amatrice de faits divers tragiques, connaissait dans ses moindres lignes le contenu de l'affaire Matthew MacFarlane. A l'époque, l'étrangleur de Bristol avait si durablement peuplé la une de son quotidien, que celui-ci en était devenu un membre à part entière de la grande famille virtuelle de Mildred Magpie. Au même titre qu'une Ana Sorden, ou que Ulrich Keller; Matthew MacFarlane faisait partie d'une collection morbide qui regroupaient tous les plus grands criminels susceptibles de rapporter un maximum de Galions à la rédactrice de Multiplettes. Et en cela, il possédait un petit supplément d'âme que ne possédait ni l'horrible bonne femme, ni le vengeur masqué. Dans son crime, aussi affreux soit-il, chaque lecteur pouvait s'identifier à un moment donné à cet homme emporté par le courant de sa passion amoureuse. Pour la romancière, le fait de tuer par amour se révélait quelque chose de délicieux à décrire, tant ce geste était empreint d'une beauté effrayante. Peut-être que si elle soufflait sur les braises du passé de ce détenu en conditionnel, Mildred arriverait à réveiller les souvenirs de cette passion destructrice. Assurément, elle pourrait offrir un croustillant moment de lecture à son public curieux de comprendre les dessous d'une telle tragédie amoureuse.

Matthew MacFarlane était un diamant à l'état brut, qu'elle devait prendre soin à ciselé afin de lui octroyer un maximum de valeur marchande. Car en plus de percevoir une bourse conséquente de la part du FREE, pour le fait de participer à leur programme de réinsertion; Mildred entrevoyait en cet étrangleur désireux de se repentir de multiples possibilité d'accroitre ses bénéfices. Lorsqu'elle choisie de participer à ce projet, elle s'était permise de ne point en parler à son associé en affaire, Roy Calder. Non que ce dernier ne soit opposé à ce genre de réhabilitation, mais plutôt parce que Mildred Magpie était du genre fourmi peu encline à se montrer partageuse quand il s'agissait de Galions. Matthew serait sa poule aux œufs d'or, et elle comptait bien lui faire pondre des révélations sulfureuses qui agrémenteraient l'une de ses prochaines rubriques de Multiplettes. En effet, un supplément spécial intitulé "True Detective" s'interrogerait à comprendre les origines et les mobiles des plus grands crimes qui ont ensanglanté le Monde Magique. L'idéal dans ce genre d'article étant d'avoir l'interview exclusive du tueur, dans un face à face mortel qui ne ferait que gonfler sa côte de popularité! Car Mildred se voyait déjà dans ce rôle merveilleux de confidente de l'horreur, et quel meilleur hors d'œuvre que de débuter par un crime passionnel!

A la fois soucieuse et excitée à l'idée de rencontrer enfin l'homme qu'elle avait massacré jadis dans ses rubriques; Mildred Magpie sursauta sur son siège quand un Patronus messager fit irruption dans son bureau qui jouxtait la salle de Presse de Multiplettes. Voila, l'instant tant attendu était arrivé! Elle allait pouvoir faire cette rencontre aussi excitante que déroutante! La sorcière quinquagénaire gloussa comme une adolescente, alors qu'elle saisit sa baguette d'une main tremblante d'émotion. Pas question, qu'elle se déplace pour accueillir un affreux criminel! C'était à lui de gravir les marches de la rédemption, et de répondre convenablement à l'offrande qui lui était faite. Mildred serait sa bienfaitrice, celle qui lui octroierait une seconde chance professionnelle, à lui de se montrer digne de sa tolérance! A son tour, elle envoya un Patronus en forme de pie lumineuse aux veilleurs qui gardaient l'entrée de la cheminette du Hall d'entrée, afin d'autoriser l'accès à l'étage à l'ancien détenu d'Azkaban.

Très vite, elle exécuta un petit rituel de coquetterie toute féminine : Réajustant son brushing magique, avant de se sertir d'une couche de rouge à lèvres, elle finit par contrôler l'éclatant blancheur de sa dentition dans un petit miroir magique. A vrai dire, en ce moment, elle se retrouvait une beauté qu'elle pensait anéantit par le poids des années. Cette fontaine rajeunissante avait pour source son bel Adonichou qui la submergeait enfin d'un Amour si ardemment désiré toute sa vie! Rien que la nuit dernière ne l'avait-il pas faite miauler à sept reprises? Toutefois Mildred ne comprenait toujours pas pourquoi cette osmose ne se concrétisait pas encore par un engagement significatif; Une preuve concrète et non dissimulée à la vue de tous, comme celle d'un genou déposé à terre pour lui demander sa blanche main! Nul doute, que si une telle chose devait advenir dans les jours à venir, Mildred Magpie hurlerait alors un énorme "Oui"! Mais Adonis semblait vouloir savourer l'instant qui précède se demande. A moins que cela ne soit autre chose...

La romancière n'eut guère le temps de méditer davantage sur sa passion amoureuse qui ne demandait qu'à exploser, car trois coups résonnèrent alors sur sa porte. Sa mâchoire se décrocha de surprise et d'empressement à l'idée de pouvoir rencontrer ce personnage digne de rejoindre la trame scénaristique de l'un de ses romans. D'une voix douce et chaleureuse, elle invita son invité à pénétrer dans la sphère privé de son bureau.

"Je vous en pris monsieur MacFarlane, donnez-vous la peine d'entrer... "

Telle un pie découvrant un objet brillant attisant sa curiosité, Mildred se retourna sur son siège pour dévisager sans ménagement le nouvel entrant.


Par Merlin, comme il était beau! Pas aussi beau que son Adonichou, mais quand même, il possédait un certain charme presque bestial! Qui pourrait imaginer au premier regard que ce jeune homme à la gueule d'ange avait jeté un sortilège d'étranglement à sa compagne! Et ce, devant les yeux de sa propre fille! La monstruosité n'avait pas de visage! Mildred se posa également toute sorte de questions sordides, comme le fait de savoir, comment il allait pouvoir contenir ses émotions, surtout lorsqu'il se retrouverait dans des situations réclamant justement des réactions épidermiques... En effet, ce prisonnier n'avait pas vu de femmes depuis si longtemps, peut-être que le fait de se retrouver en sa compagnie, allait provoquer chez lui des besoins difficile à contenir? Toutefois, se sachant en sécurité, Mildred éprouvait une grande satisfaction à l'idée d'être probablement un objet de convoitise, et l'une des garantes de la réinsertion de ce beau jeune homme. Elle lui désigna un siège vide en face de son bureau.

"Installez-vous, monsieur MacFarlane! Comme vous le savez sans doute déjà, je me suis portée candidate à ce programme de réinsertion professionnelle. Mais avant de prendre la moindre décision vous concernant, j'aimerai obtenir certaine garantie de votre part... "

Mildred Magpie plongea alors son regard de journaliste insidieuse dans celui de l'ex-détenu, avant de lui poser la seule question qui se posait en telle circonstance :

"Monsieur MacFarlane... Êtes-vous réellement motivé à l'idée de devenir un homme meilleur? Pouvez-vous me certifier que vous ne ferez rien qui puisse nuire à la respectabilité de cet établissement? "

La sorcière le scruta alors avec minutie, cherchant à déchiffrer la moindre lueur de danger qui puisse embraser le regard de ce beau tueur...


Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Matthew attendait patiemment dans la zone réglementant les arrivées extérieures à Bristol. Franck Darrow et Stephen Crimson avaient repris leur série de contrôles, jetant fréquemment des coups d’œil dans sa direction pour s’assurer qu’il ne bougeait pas. Pourtant Matt n’avait aucune raison de vouloir fuir ou transplaner pour rejoindre le bureau de la cogérante des Folies. Au lieu de ça, il préférait observer le large escalier qui menait à l’étage supérieur guettant l’arrivée de la tenancière du lieu.

Toutefois la rédactrice de Multiplettes ne se donna pas la peine de descendre pour l’acceuillir. Elle envoya un patronus aux deux Veilleurs leur demandant de le laisser pénétrer dans l’établissement.

« J’l’accompagne. » maugréa Crimson en abandonnant Darrow devant les cheminées, Suis-moi. » poursuivit-il à l’attention de Matt qui lui emboita le pas sans mot dire. Les deux anciens amis passèrent sous l’immense lustre en cristal et gravirent les marches en marbre jusqu’au premier.

Après des années passées dans un cachot humide d’Azkaban, Matt se confrontait avec un certain malaise à cette débauche de luxe qui caractérisait le casino-cabaret : Les lumières clinquantes, les tissus satinés, les vitraux, les moulures ouvragées,… Un décor presque parfait.
Les Folies Sorcières étaient installées dans une ville bouclée, brimée, l’établissement devait forcément être un endroit hors du temps, coupé du monde où seuls la richesse, la volupté et les excès importaient. Matthew avait été un habitué de ce genre d’établissement pendant de nombreuses années et il savait que, derrière ce vernis impeccable, il se cachait forcément des choses moins glorieuses, voir honteuses… Après tout, c’était la même chose avec les êtres humains. Il suffisait de creuser un peu.

« C’est ici. » souffla Crimson en désignant d’un geste de la main une porte ornée de bas-reliefs.
-Merci, répondit Matthew en toquant.

Une voix féminine l’invita à entrer et il découvrit enfin le visage de celle qui l’avait surnommé, cinq ans plus tôt, « l’étrangleur de Bristol. ». A vrai dire, elle ne lui était pas inconnue et maintenant qu’il la voyait en face de lui, il se remémorait assez bien cette sorcière rousse présente dans le coin des journalistes lors de son procès au Magenmagot.  Il se souvenait surtout de ses exclamations indignées et de ses regards désapprobateurs qui avaient émaillé ses différents témoignages à la barre… A l’évocation de ce souvenir, Matt sentit un léger picotement dans sa cheville gauche mais il l’ignora, préférant prendre place dans le fauteuil que Miss Magpie venait de désigner.

Ce sourire affable et ces manières mielleuses ne lui disaient rien qui vaille et il se demandait sincèrement ce qui avait motivé Mildred Magpie à inscrire son établissement dans la liste des entreprises pouvant accueillir des ex-détenus. D’après la description que lui en avait fait Robin, elle n’agissait pas par grandeur d’âme alors quel intérêt retirait-t-elle de ce partenariat ? Il le saurait bien assez tôt, se dit-il, pour le moment, il devait s’appliquer à lui répondre ce qu’elle voulait entendre pour s’assurer un emploi dans Bristol. L’ancien faussaire se donna donc quelques secondes de réflexion, cherchant le meilleur angle d’attaque, avant de déclarer :

« Je me suis spontanément proposé pour suivre un traitement révolutionnaire qui empêche toute récidive. Les médicomages qui me suivent sont formels sur ce point. C’est ce protocole qui a permis ma libération en conditionnelle, mais pas seulement… »

Il laissa planer un léger silence théâtral avant de poursuivre :

« … je dois aussi cette libération à ma volonté. Je veux m’en sortir. » Insista-t-il.

Il ne mentait pas sur ce point. Il souhaitait ardemment tirer un trait définitif sur ces années de prison mais surement pas en devenant un citoyen modèle, juste en évitant de se faire prendre, cette fois. Si le but était le même, la manière différait quelque peu.

L’ancien détenu s’accouda sur son siège et plongea son regard bleu dans celui de la gérante des Folies. Il devait la convaincre.

« Vous avez suivi l’affaire qui m’a amené à Azkaban, je me souviens de vous au tribunal… » lâcha-t-il alors, l’air de rien. Il la scruta quelques secondes et ajouta: Ne tournons pas autour du chaudron, vous le savez tout comme moi. »

Il l’interrogea du regard comme pour l’inviter à acquiescer. Tôt où tard, ils auraient fini par évoquer le sujet et Matt préférait être celui qui mène la danse quand il s’agissait de parler de l’affaire. Mildred l’avait trainé plus bas que terre dans ses articles et elle devait surement se demander s’il nourrissait un désir de vengeance à son égard. Bien sûr, c’était évident mais Matthew ne pouvait pas le confesser, il devait juste la tranquilliser en lui assurant que ses intentions étaient bonnes et qu’elle était la sauveuse de son âme…

«  J’imagine que cela vous coûte de m’accepter dans votre établissement après ce que j’ai fait mais soyez assurée que je ne vous causerai aucun tord. Vous seule pouvez m’apporter une certaine forme de rédemption en m’octroyant cette seconde chance. J’ai lu vos articles, je sais ce que vous pensiez de moi il y a cinq ans, mais si vous m’accordez cette faveur aujourd’hui, cela aurait beaucoup de sens pour moi.» conclut-il en espérant avoir mi dans le mille.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Confortablement installée sur son siège, Mildred Magpie demeura immobile et silencieuse, comme une mante religieuse sur le point de se jeter sur sa proie, au moindre battement d'aile suspect de la part de son futur collaborateur. Sans l'interrompre dans son récit, elle écouta Matthew MacFarlane se justifier sur l'homme qu'il souhaitait redevenir; Ou comment un monstre pouvait se racheter une conduite dans une société qui l'avait rejeté massivement, surtout après avoir commis l'impensable. La rédactrice de Multiplettes était quelque peu fascinée par ce personnage, capable jadis d'étrangler sa propre épouse, devant une fillette qui venait tout juste de dépasser la barre des deux ans. Comment pouvait-on agir de la sorte, et s'égarer aussi loin des sentiers de la morale humaine? Matthew apparaissait comme une énigme des plus malsaines pour la plupart des gens, et pourtant Mildred était bien décidée à lui offrir cette seconde chance. Pour la première fois de sa vie, elle était même prête à se montrer extrêmement sincère envers un inconnu, comme si elle éprouvait une quelconque empathie pour le criminel.

Son regard cherchait à décrypter la moindre fausse note dans les propos poignants de celui qu'elle avait jadis surnommé, "l'étrangleur de Bristol", mais le jeune homme paraissait bien décidé à s'octroyer un nouveau départ. Apparemment, il avait dû consentir à bon nombre d'effort pour se racheter une conduite en prison, ce qui avait très certainement décidé les autorités judiciaire à l'inscrire à ce programme de réinsertion. Plus il parlait, et plus Mildred Magpie se rendait compte que l'homme qui se tenait devant elle n'avait rien d'un tueur psychotique, à l'instar de celui qui avait massacré la malheureuse Swann. Matthew n'était rien d'autre qu'un pauvre garçon paumé, sans doute trop jeune pour assumer son rôle de père, et qui avait déraillé l'espace de quelques secondes tragiques pour commettre l'erreur de sa vie; Et nul doute que désormais, il allait devoir payer son existence entière pour cet égarement éphémère. La petite bouche de Mildred se tordit dans une moue compassionnelle quand il revendiqua sa volonté de s'en sortir. Oui, tout cela était très touchant et excitant que de se trouver en compagnie d'un étrangleur en mode "je veux me repentir!".

Mais après cette séquence d'émotion, l'inéluctable se produisit. Plongeant soudainement son regard d'azur dans celui de la co-gérante des Folies Sorcières, l'ancien détenu souleva un épineux détail du passé; Celui qui voulait que jadis, Mildred avait particulièrement suivie cette affaire sanglante au combien rentable pour son quotidien à scandale. Lors des délibérations finales, quand Matthew avait été jugé coupable de son crime, elle s'était même empressée d'applaudir à s'en bruler les mains sur le sort réservé au condamné. Il faut dire que Multiplettes, à l'époque, accusait encore un déficit de notoriété, et Mildred cherchait son public. Avec Sorcière-Hebdo à son apogée, la concurrence était des plus rudes. C'est pourquoi, il fallait rapidement attirer l'attention et se trouver un style qui séduise les foules. Avec cette affaire, elle s'était octroyée une petite renommée, surtout chez la sorcière-ménagère de moins de cinquante ans. Notamment, en se réclamant ouvertement comme une féministe de la première heure, et militant contre la violence faite aux femmes; Mildred Magpie connut un franc succès. Ses lecteurs voulaient voir la tête de Matt' l'étrangleur orné un pique vengeur, alors elle n'allait point les priver de ce plaisir, et donc se faire un plaisir d'abonder dans leur sens. Oui, Matthew avait raison dans un sens, car sa prose et ses articles furent purement destructeurs à son encontre. La journaliste se permettant même d'oser la comparaison de "Voldemort en plus vil!" pour désigner le jeune meurtrier. Toutefois, les velléités de sa plume ne reflétaient aucunement ses arrières pensées; Le drame passionnel de Matthew ramenant Mildred à un épisode de son histoire passée qu'elle cherchait, elle-aussi, à oublier. Mais tout cela devait rester secret...

Matthew voyait un sens à se racheter auprès de ceux qui l'avaient condamné jadis, et la romancière en quête d'émotion forte trouvait en cet acte quelque chose de profondément honorable! Il fallait un courage très grand pour oser s'incliner et réclamer le pardon de ses bourreaux. Dans son for intérieur, Mildred savait qu'elle n'aurait pas eu cette force de caractère. C'est pourquoi, elle voulait rapidement se mettre sur un pied d'égalité avec son futur employé, de manière à ce qu'il n'éprouve aucun sentiment de culpabilité et d'infériorité vis-à-vis de sa patronne. De sa main manucurée, elle balaya l'espace, avant d'extirper de l'un de ses tiroirs l'un des anciens numéros de Multiplettes.

"Vous avez raison, monsieur MacFarlane. Je veux que nos relations soient saines et sincères, c'est pourquoi, nous ne tournerons effectivement pas davantage autours du chaudron! Sachez que si vous faites preuve d'honnêteté à mon égard, alors j'en ferai de même. Oui, à l'époque je dois l'avouer, je n'éprouvais que du dégout pour le meurtrier! Mais après l'acte odieux que vous aviez commis; Comment cela aurait pu en être autrement? Je vous le demande... " Mildred jeta alors sans ménagement à la vue de Matthew, la une de Multiplettes qui avait alimenté la funeste journée du neuf février 2004. "Je suppose que vous vouliez parler de cet article en particulier. Je vous en prie, monsieur MacFarlane, jetez-y un œil! Après tout rien ne pourra effacer nos erreurs du passé, aussi horribles soient-elles... "

De son ongle tacheté Leopard, Mildred tapota l'article de Multiplettes, dans un geste d'une cruelle insistance tant le portrait en papier glacé de Kristal semblait fixer froidement le visage de son meurtrier.

Article de Multiplettes de 2004:
 

Pourtant derrière cet acte au demeurant troublant, la journaliste cachait une réelle volonté de faire table rase du passé et de repartir sur des bases plus saines. De sa voix douceâtre comme du Miel d'abeille soyeuse de la forêt de Brocéliande, Mildred se lança à sa manière dans une forme de mea culpa, se montrant étrangement honnête à l'égard de l'ancien détenu.

"J'avoue ne pas vous avoir épargné, et je tiens à m'en excuser. Je n'ai voulu voir que l'image du monstre, et non l'humain qui se cache derrière cet acte ignoble. J'imagine que pour vous cela a dû être particulièrement éprouvant. Mais que voulez-vous, je me devais de répondre aux exigences de mes lecteurs qui ne réclamaient qu'une chose : Le prix du sang et que justice soit faite! " Mildred poussa un long soupir, avant de contempler tristement le visage grave de Matthew MacFarlane. "Avec du recul, je conçois que cette tragédie porte les stigmates d'un drame passionnel. Vous l'aimiez, n'est-ce pas? Vous ne vouliez pas la voir partir? Que ressentez-vous en voyant son visage vous contempler depuis l'au-delà? "

Mildred Magpie s'accouda sur son bureau, transperçant de son regard aiguisé d’hyène journalistique l'homme qui rêvait tant de s'offrir un second départ...


Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Du plat de la main, Matthew fit glisser l’article sur le bureau jusqu’à lui. Ce ne fut pas le titre peu flatteur qui attira son regard mais le portrait de Krystal en Une du journal. Il n’avait pas revu son visage depuis cinq ans. Les dernières photographies qu’il avait vues d’elle étaient les clichés de son cadavre encore allongé au milieu du salon de leur appartement. Le choc de la découverte fut donc assez rude à encaisser. S’il s’était préparé à évoquer brièvement son passé de meurtrier avec sa potentielle future employeuse, il ne s’attendait pas à être ainsi confronté au visage de sa femme. Car en dépit de ce qu’il lui avait fait, elle était –et resterait- sa seule et unique épouse. A jamais.

Matthew observa donc pendant un long moment  la Une de Multiplettes en silence détaillant ,un à un, les traits familiers de Krystal : Sa bouche tentatrice, son regard de biche, la forme de sa mâchoire qui la complexait tant puis il releva les yeux sur Mildred, animé par un sentiment lourd de méfiance à l’égard de cette femme qui affirmait vouloir faire table rase du passé tout en le ravivant de manière si cruelle.

Que cherchait-elle avec ses questions ? Souhaitait-elle vérifier que le traitement était bien efficace et que plus rien ni personne n’arrivait à le faire sortir de ses gonds ou voulait-elle simplement satisfaire ses penchants voyeuristes ?  Quelque soit ses motivations, Matthew se devait de lui apporter une réponse autre que lui balancer son foutu journal à la figure. Il n’était plus en prison où la violence et l’intimidation suffisaient généralement à calmer les curieux. Son retour sur la Voie des Miracles de Bristol passait  inévitablement par les Folies Sorcières et donc par Magpie. Sans emploi dans la ville bouclée, il pouvait dire adieu à son laisser-passé professionnel. Ravalant sa fierté et son envie de remettre la cogérante à sa place, Matthew fit glisser le journal jusqu’à elle sans la quitter des yeux.
Elle voulait savoir ce qu’il ressentait à cet instant précis, soit :

« Est-ce que vous avez déjà été amoureuse Madame Magpie ? s’enquit-il alors,  Je veux dire, au point de perdre toute rationalité, de ne plus être objectif. Ce moment où vous êtes totalement sous l’emprise d’une personne pour laquelle vous seriez prêt à faire n’importe quoi, même les choses les plus déraisonnables. »

Tout le monde avait ressentit ce sentiment au moins une fois dans sa vie. Du moins, Matthew le pensait.

« Cette passion brulante et dévorante contre laquelle il est si difficile de lutter. Ce que vous ressentez vous effraie et vous fascine en même temps et vous prenez pour la première fois conscience que l’amour et la haine –deux sentiments que vous pensiez opposés-  sont en vérité très proches. Cette personne vous l’aimez autant que vous la détestez. »

Il laissa un bref silence interrompre son récit, laissant le temps à Magpie d’assimiler ses paroles. Il ne savait pas si elle était le genre de femme à se laisser aveugler par ses sentiments, il en doutait sérieusement d’ailleurs en observant son allure proprette et guindée de parfaite femme d’affaire mais peut-être parviendrait-il à toucher un point sensible dans son histoire personnelle.

« C’est ce que j’ai toujours ressenti pour Krystal et ce que je ressens toujours. » finit-il par dire en passant son pouce sur sa lèvre inférieure.

Il y avait une part de vérité dans ces propos même s’il cherchait surtout à satisfaire l’avidité de la cogérante des Folies. Krystal avait toujours fait naitre des sentiments contradictoires en lui d’une intensité insoupçonnée. En découvrant sa photographie quelques minutes plus tôt, il s’était remémoré à quel point il aimait son air mutin et son caractère exécrable mais aussi à quel point il lui en voulait.  Il ne minimisait pas sa part de responsabilité dans leur histoire tragique, loin de là, mais Krystal avait sa part de responsabilité.  
Ils auraient pu être heureux tous les trois avec Eve et ils avaient tout gâché.

« Mais, quoi que je ressente aujourd’hui, j’ai tué cette femme. Je l’ai étouffé. Je ne pourrais jamais effacer cela, souffla-t-il en secouant légèrement la tête,  Tout ce que je peux espérer c’est que la société m’autorise à prendre un nouveau départ sans que je sois systématiquement obligé d’expliquer ce geste. De toute manière je ne peux pas justifier l’impardonnable.»

Et il ne chercherait pas à le faire. Même en révélant la vérité sur le sachet de Volubilis qu’Eve avait eu entre les mains. Il ne se servirait jamais de sa fille pour tenter d’amoindrir sa faute car, en dépit de ses nombreux défauts, Krystal n’était pas une mauvaise mère. Elle était paumée, défoncée mais il ne laisserait pas sous-entendre qu’elle avait négligé leur enfant.

D’ailleurs il était hors de question qu’il s’exprime sur ce point, il était donc temps de refreiner les ardeurs de la journaliste :

« Alors si je suis ici pour répondre à une interview sur l’affaire qui m’a amené à Azkaban, je pense que l’on peut interrompre l’entretien ici, finit-il par dire d’une voix posée, par contre je suis tout disposé à vous exposer mes compétences en lien avec le poste de machiniste à pourvoir dans votre établissement, ajouta-t-il sur le même ton.

Magpie ne lui arracherait aucune autre confidence aujourd’hui… Si elle voulait assouvir sa curiosité au sujet du meurtre, elle devrait d’abord l’embaucher.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Durant un silence poignant, Mathhew MacFarlane fixa tristement la une de Multiplettes, qui le ramenait cruellement à ses vieux démons du passé. La romancière se mordit la lèvre inférieure en signe de culpabilité, alors que de façon inhabituelle, elle éprouvait une forme de remord intense à la vision de ce supplice qu'elle osait infliger au pauvre homme. Etait-ce bien utile? Pourquoi l'interroger alors qu'elle savait exactement quel genre d'épreuve il traversait pour y avoir été, elle-même, confrontée! Rien ne pourrait combler le vide immense qui crevait son âme, à moins de se bercer d'illusion et de mensonge. Il devait apprendre à se reconstruire une histoire nouvelle, en oubliant les affres de l'ancienne. Aussi étrange que cela puisse paraître, Mildred Magpie souhaitait réellement l'y aider. Etait-ce une manière de purifier son Karma de certaine impureté de son propre passé? Un acte de charité sincère? Ou du fait qu'elle allait empocher des Galions dans ce projet de réhabilitation? En tout cas, Mildred Magpie paraissait visiblement émue de la détresse de l'ancien criminel. Quand ce dernier repoussa le journal dans sa direction, la romancière baissa machinalement les yeux, comme heurtée également dans sa chair par cet exercice de l'ordre de l'intime...

Tel un boomerang revenant à son lanceur, Mildred tressaillit quand Matthew lui renvoya sa propre question. Avait-elle été amoureuse? Une question dont la réponse était aussi brulante que dangereuse! Instinctivement les mains manucurées de la presque quinquagénaire tentèrent de s'agripper à une prise, ou du moins à un objet quelconque qu'elle puisse martyriser pour éviter de laisser transparaitre le trop plein d'émotion qui l'envahissait. Elle voulut répondre, de manière à se dissimuler derrière un énième mensonge de femme respectable et équilibrée. Mais voilà, cela lui était tout bonnement impossible. Ses lèvres frémirent tandis qu'elle ne pouvait se soustraire aux paroles du jeune Matthew, qui la ramenait à une blessure encore béante de son passé. Elle aurait voulu lui hurler à quel point, elle pouvait le comprendre et ressentir sa douleur. La peur effroyable qu'elle avait elle-même ressentie au moment du jugement de Matthew, quand il fut condamné à Azkaban. Oui, elle pouvait s'identifier, et voyait en lui la seule personne en mesure de la comprendre...

Alors qu'un silence s'installa, elle voulut balbutier un semblant d'excuse pour avoir poussé le malheureux jeune homme dans ses retranchements. Mais Mildred n'était plus que l'ombre de l'insidieuse et sans scrupule journaliste qu'elle était d'ordinaire; Ses lèvres fines se pinçant en signe de malaise. Des souvenirs de son passé resurgir des abysses de sa mémoire, au temps où elle était encore une Poufsouffle dans la prestigieuse école de Poudlard. Jamais, elle ne pourrait oublier son premier amour et la passion dévorante qu'elle avait éprouvé jadis pour le beau Ethan Luther! A cette époque l'adolescente qu'elle était n'avait pas véritablement la côte auprès des garçons, et elle en avait éprouvé une amère souffrance. Peut-être était-ce son visage lunaire,  son attitude guindée, ou encore cette manie horripilante qu'elle avait de ne pas mettre de point dans ses phrases qui provoquait ce manque affectif; En tout cas la jeune Mildred osait encore croire au grand Amour. Alors qu'elle n'était considérée par la plupart des autres élèves, que comme la Pouf facile que l'on pouvait se faire le temps d'un soir quand on avait rien d'autre sous la main; Ethan embrasa son âme romantique d'une lueur d'espoir. D'un an son aîné, il paraissait plus mature et avait tous pour devenir le prince charmant qu'elle attendait depuis si longtemps! Mais voilà, après de longs mois de flirt, de battements de cils, de soupirs amoureux, de tentative de premier baiser qui dérapait inéluctablement sur la joue du beau jeune homme... Mildred fit face à une terrible réalité : Ethan en aimait une autre. Quel ne fut pas son traumatisme que celui de  découvrir son Ethaninouninet embrasser une autre qu'elle, en la personne de cette insignifiante Marlene McKinnon! L'horreur éprouvée succéda bien vite à un sentiment d'abandon, alors qu'elle fuyait cette atroce découverte. Après des tentatives de suicide aussi lamentables les unes que les autres, comme celle de se noyer dans une mare; Son amour pour Luther se transforma rapidement en haine aussi violente que irraisonnée! Mildred fomenta alors un sinistre projet de vengeance qui allait chambouler à jamais son existence. A partir de là, Mildred pouvait parfaitement comprendre de quoi parlait Matthew, et de la faible distance qui séparait l'Amour le plus noble de la folie la plus destructrice...

La romancière s'extirpa soudainement de ses douloureux souvenirs quand Matthew lui fit comprendre qu'il ne voulait point avoir à se justifier sur ses actes passés, mais qu'il envisageait bien de se reconstruire un présent. Mildred ne manqua pas cette occasion de lui agripper la main, de peur de voir cet homme avec qui elle partageait tant de chose, fuir cet entretien. Elle laissa échapper un sourire qui se voulait rassurant, tandis que son regard suppliait Matthew de bien croire en sa sincérité!

"Matthew... Je tiens à me montrer honnête envers vous, et vous assurer du fait que je n'entreprendrai rien qui puisse nuire à votre réhabilitation. Aussi étrange que cela puisse paraître, je peux comprendre l'épreuve que vous traversez actuellement, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider à devenir un homme meilleur! " Mildred marqua une seconde d'hésitation, avant d'ajouter. "Je veux entretenir une relation de confiance mutuelle entre nous, et j'espère que vous finirez par vous épanouir au sein de mon établissement! Car même si j'y tiendrai le rôle de votre patronne, je veux que vous me voyiez également comme une amie. Cette idée est-elle envisageable? "

Une envie irrésistible de consoler ce pauvre garçon à l'âme perdu saisit Mildred, qui écarta soudainement ses bras.

"Je tiens à vous demander pardon, pour avoir osé vous confronter à votre terrible passé. Puis-je m'excuser en vous serrant dans mes bras? "

Décidemment Mildred ne manquait pas une occasion de pouvoir serrer un beau jeune homme dans ses bras...


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Les paroles de Matthew semblèrent entrer en résonance avec l’histoire personnelle de Mildred Magpie. Du moins, c’est ce que déduisit l’ancien détenu en découvrant la mine pensive de la gérante des Folies.  Matt s’accouda sur son siège et passa son pouce sur ses lèvres pour lui laisser le temps de se ressaisir. Contrairement à elle, il était habitué au fait que l’on cherche à disséquer sa vie ou analyser ses sentiments. Il avait dû répondre à des questions encore plus intimes lors de son procès et les chercheurs de Skye avaient testé l’efficacité du bracelet de dissuasion en le poussant dans ses retranchements. Il avait dû endurer des situations à la limite du supportable et il était forcé de constater que ce pseudo-traitement lui permettait aujourd’hui  de rester relativement calme face à cette romancière trop curieuse. Il arrivait presque à oublier les petites décharges qui irradiaient sa cheville depuis que Mildred lui avait tendu le cliché de Krystal. Presque. A n’en pas douter, son psychomage verrait là un immense progrès pour la gestion de son impulsivité et pour la médicomagie de manière générale…


Matt ferma les paupières quelques secondes avant de reporter son attention sur Mildred. Il se demandait ce qui pouvait bien la plonger dans un tel trouble car il était clair qu’elle n’avait plus grand-chose à voir avec la journaliste insidieuse qui venait de lui mettre la photo de sa défunte femme sous le nez. A croire qu’il n’était pas le seul à avoir eu une vie amoureuse chaotique et il devait avouer qu’il aurait aimé connaitre la cause du silence soudain de la romancière. A quel point s’était-elle reconnue dans ses paroles ? Impossible de le savoir mais lorsqu’elle attrapa sa main dans la sienne, Matt constata qu’il avait visé juste. Pourtant il ne put s’empêcher de s’étonner quelque peu en sentant la main froide de la gérante des Folies posée sur la sienne. Ce n’était clairement pas le genre de geste qu’un patron s’autorisait dans un entretien d’embauche et quand on connaissait le passif de Matthew cette étreinte était encore plus surprenante.

L’ancien détenu ne savait pas s’il la devait à sa belle gueule ou à son discours mais il ne chercha pas à esquiver. Après cinq ans passé sous les verrous, il aurait eut tord de se priver d’un peu de douceur féminine même si ce geste semblait bien fade comparé à ce qu’il aurait pu ressentir si Eve avait pris sa main dans la sienne.
Pourtant, il fut un temps où Matthew serait rentré dans le jeu de Mildred. Il aurait pressé sa main en retour tout en la dévisageant d’un air insondable juste pour le plaisir de la déstabiliser, de voir ses joues s’empourprer ou au contraire son air mutin s’affirmer.  Mais aujourd’hui,  ce genre de comportement lui semblait bien futile. Ces petits jeux de séduction n’étaient plus sa priorité et cette femme ne le touchait pas. Elle avait beau affirmer qu’elle se reconnaissait en lui et qu’elle ferait tout pour l’aider, il n’éprouvait aucune gratitude à son égard. Au contraire, après la banderille qu’elle lui avait infligé en évoquant Krystal, il espérait avoir réveillé en elle des souvenirs tout aussi durs et difficiles à supporter.  Elle l’avait trainé dans la boue cinq ans plus tôt et aujourd’hui elle lui assurait son soutien ? C’était mal connaitre Matthew que de penser qu’il puisse tirer un trait sur les articles assassins de la journaliste. S’il acceptait de faire profil bas aujourd’hui, c’était uniquement pour servir le dessein qui l’animait depuis plusieurs années. Retrouver Eve. Et rien d’autre.

Matt se fit donc la promesse mentale de rester particulièrement méfiant à l’égard de cette femme qui lui proposait aujourd’hui de sceller une nouvelle amitié dans une étreinte.

« Ça ne sera pas nécessaire Madame Magpie, souffla-t-il sans toutefois retirer sa main afin de ne pas la blesser, j’accepte vos excuses et j’apprécie votre sollicitude. Vraiment.» mentit-il.

Ils n’étaient pas dans un jardin d’enfants ou un simple bisou pouvait clore un différent. Une accolade ne balaierait pas le passé. Certes, il avait plus que jamais besoin de ce job mais pas au point de se fourvoyer complètement :

« …Toutefois je fais partie des  gens qui pensent que ce genre de relation de confiance se construit au fil du temps et que les plus belles preuves d’amitié sont des actes et non pas des paroles… »

Faire un bon rapport auprès de Lannister. Lui permettre de récupérer rapidement une baguette magique. Œuvrer pour qu’il puisse retrouver Eve. Voila ce que Matthew pouvait attendre d’un « ami »

Il se pencha légèrement et demanda :

« Vous me suivez ? »


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"Je vous suis parfaitement, monsieur MacFarlane. Les actes font croire aux paroles. C'est pourquoi je tiens réellement à vous embaucher au sein de mon Cabaret, et vous donner ainsi une chance de vous réinsérer professionnellement. Il est temps d'en finir avec nos différents du passé, et de croire en un avenir meilleur... "

Bien que devant se résoudre à l'idée de mettre une croix sur ses élans tactiles, Mildred Magpie éprouva tout de même une certaine frustration de voir le beau voyou se dérober à son étreinte. Elle appréciait les mauvais garçons et la sensation excitante de danger qui émanait de leurs personnes; A première vue, ce Matthew MacFarlane ne dérogeait pas à la règle, avec ce quelque chose d'animal et d'instinctif. Mais ce n'est pas aujourd'hui que la presque quinquagénaire pourrait satisfaire son désir de s'encanailler avec un étrangleur de jeune femme innocente, car il lui fallait d'abord répondre à certaine exigence en lien avec ses activités. Professionnelle jusqu'au bout des ongles, elle se recentra sur le dossier de l'ancien pensionnaire d'Azkaban, afin d'en évaluer le contenu. En vue de rassurer les futurs employeurs, il y était écrit noir sur blanc que l'ancien criminel ne représentait plus une menace pour la société. Etroitement contrôlé, tant juridiquement que psychologiquement, il se devait de suivre son programme de réinsertion des plus strictes, qui ne permettait pas le moindre faux-pas. L'exercice d'un métier honnête faisait partie de ces prérogatives, et nul doute que Matthew ne ferait rien qui puisse anéantir cette forme de liberté retrouvée.

Dans ce type d'embauche, Mildred Magpie était la grande gagnante! En effet, elle pourrait à la fois détenir un moyen de pression réel sur son employé, qui serait tributaire de ses appréciations mensuelles; et d'autres part, elle se verrait octroyer de coquète prime récompensant son engagement dans un projet ministériel. Un employé dévoué et plutôt sexy, des galions, que demander de plus? Mildred tenta de cacher son engouement derrière le masque de la patronne éternellement insatisfaite, plutôt que de papillonner des paupières. Elle fit mine de réfléchir un instant, avant de soumettre une proposition à Matthew.

"J'ai bien un poste de disponible actuellement, celui de Machiniste. Il nécessite une grande rigueur, de la précision, et un certain savoir-faire. Vous serez en charge des décors de la scène du Cabaret, et bien que dans l'ombre des coulisses, les artistes dépendront entièrement de votre maitrise et de votre parfaite synchronisation. Un seul faux-raccord entre les panneaux, et vous pouvez dire adieu au spectacle! C'est pourquoi, je ne tolèrerai pas l'ombre d'une erreur... "

Mildred Magpie avait toujours été une perfectionniste dans l'âme. Très exigeante envers elle-même, elle ne pouvait accepter l'échec. Un machiniste trop distrait qui oserait faire l'erreur de descendre un panneau avec des licornes roses, au moment ou le vil Guacamole entamait son entrée sur scène, ne ferait que ruiner des mois de travail! Un sourcil arqué, comme si son regard acéré allait lancer une flèche à son futur employé; Mildred voulait surtout le convaincre de l'importance de sa fonction. Elle finit par ajouter une précision...

"Vous apprendrez que j'affectionne tout particulièrement la notion de polyvalence! C'est pourquoi en tant que machiniste, vous serez également assigné à la création des décors. Vous répondrez ainsi aux cahiers des charges des metteurs en scènes, ou de moi-même, afin de mettre en place toute la scénographie. Pour se faire, vous disposerez d'un Atelier de fabrication se trouvant dans la bâtisse ancienne qui jouxte l'ancienne Librairie. Je tiens à préciser qu'un peu de ménage sera nécessaire pour remettre en état l'endroit, mais après cela, vous bénéficierez du plus bel outil de travail qui soit... "

Tout en désignant de la pointe de se baguette où se localisait l'atelier sur la carte de Bristol, la sorcière rousse jaugeait la réaction de Matthew, comme pour y desceller le moindre signe avant-coureur de découragement. Très vite, elle poursuivit son monologue :

"J'espère que vous disposez de compétence dans l'art de sculpter le bois, car presque toute l'intégralité de votre travail reposera sur cette matière! Je vous donnerai la liste des fournisseurs, mais attention aux dépenses excessives, monsieur MacFarlane! Car toute somme dépensée inutilement, sera condamnée à être remboursée de votre poche. Et vous pouvez me croire, en matière de gestion, pas une noise en transit dans cet établissement n'échappe à ma vigilance! Garder bien cela à l'esprit... "

Aussi bavarde qu'une pie, Mildred Magpie croisa ses doigts dans une attitude souveraine avant de conclure son récital sur le mode interrogatif :

"Voila le prix de votre liberté conditionnelle, cela vous effraie-t-il? Ou vous sentez-vous en mesure de pouvoir satisfaire mes attentes? "

Matthew MacFarlane était à l'heure du choix...


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Matthew fut satisfait que la conversation s’oriente vers un terrain plus professionnel surtout que Mildred Magpie semblait tout à fait prompte à l’embaucher. En effet, elle lui détailla immédiatement l’offre qu’elle avait transmise au service de réinsertion de Skye. Matthew avait postulé pour un poste de machiniste mais l’emploi que lui décrivait la gérante semblait toutefois nettement plus intéressant que ce à quoi il s’était attendu. D’après les dires de la patronne, il passait une partie de son temps sur la plateau à installer les décors mais il était aussi question d’atelier de fabrication et de conception, deux composantes qui retinrent l’attention de l’ancien détenu. Il n’avait pas la prétention d’affirmer qu’il était un créatif doté d’un sens artistique hors-du-commun –loin de là même- mais il ne surestimait pas ses capacités en se qualifiant de manuel et d’ingénieux. Si on lui donnait des plans dignes de ce nom, il se sentait tout à fait l’âme d’un menuisier ou d’un ébéniste. La confection de baguette lui avait permis d’enrichir son savoir-faire mais aussi ses connaissances techniques propres aux caractéristiques des différentes essences de bois et il était intimement persuadé qu’il pourrait convenir à ce poste. Il lui faudrait surement quelques ajustements puisqu’il n’était pas familier du domaine de la scénographie mais il se savait assez débrouillard pour trouver des solutions à ce qui lui poserait problème. Matthew hocha donc la tête et se pencha légèrement en avant pour découvrir sur la carte de Bristol l’emplacement de l’Atelier des Folies situé à quelques dizaines de mètres du Cabaret/Casino, juste à coté d’une ancienne libraire que Matthew connaissait bien. En effet, l’ongle manucuré de Mildred Magpie indiquait un bâtiment qui jouxtait l’une des quatre entrées de la Voie. Matt ignorait si elle était toujours en service mais l’aubaine était trop belle pour ne pas la saisir.

L’ancien détenu se réappuya donc lentement sur son dossier avant de passer machinalement son pouce sur ses lèvres. Il n’avait pas vraiment pour habitude de chercher à vanter ses qualités puisque les us et coutumes pour obtenir un marché dans le milieu était bien différents que lorsque l'on cherchait un travail honnête mais il se plia au blabla habituel :

« Je suis aussi quelqu’un de très perfectionniste, assura-t-il, et je ne fais jamais les choses à moitié, vu comment s’était terminé l’étranglement de sa femme, il était difficile de douter du contraire, Sachez que je suis prêt à travailler dur pour atteindre votre niveau d’exigence, reprit-il en entremêlant ses mains sur son ventre, Concernant mes aptitudes, je vous laisse vous référez au bilan de compétences que j’ai fait à Skye. Le D. Kane peut vous le transmettre immédiatement si vous lui envoyez un patronus mais je pense que mon profil correspond en tout point à l’emploi que vous proposez. »

Meredith Kane, sa psychomage l’avait soumis à une batterie de test visant à déterminer plus spécifiquement ses capacités. « Œuvrer pour une réinsertion cohérente. » Tel était son maître mot et Matt devait avouer qu’il trouvait particulièrement cohérent le fait d’être assigné à résidence si près d’une entrée de la Voie des Miracles.

« Concernant vos inquiétudes vis-à-vis de la gestion du  budget, sachez qu’avant d’être emprisonné je m’occupais de la comptabilité du commerce familiale. »

Déclaration parfaitement fausse puisque c’était Robin qui se chargeait de cette tache ingrate mais ça, Mildred Magpie n’était pas censé le savoir. Matthew avait géré une entreprise illégale pendant près de cinq ans. Certes il n’était pas très au fait avec les déclarations d’impôts et autres paperasses administratives mais il savait tenir un livre de comptes et relancer les fournisseurs en cas de livraisons défectueuses. Il faudrait simplement qu’il ajuste quelque peu ses techniques pour obtenir réparation qui se révéleraient surement un peu trop menaçantes…  Mais au fond, les méthodes étaient peut-être différentes  mais le principe restait le même.

« Je suis l’homme qu’il vous faut Madame Magpie, finit-il par dire, Si vous en doutez, mettez-moi en période d’essai et  je peux vous assurer qu’à la fin de celle-ci, vous ne pourrez plus vous passez de mes services. »

Ecoutant son instinct plutôt que sa raison, il s’autorisa pour la première fois depuis le début de leur entretien, un léger sourrire impertinent.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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La Co-gérante de Cabaret appréciait tout particulièrement la manière dont se déroulait l'entretien d'embauche; En plus d'être doté du sang-froid nécessaire pour s'imposer dans une activité aussi tyrannique que celle du monde du spectacle, Matthew MacFarlane paraissait doté d'une grande rigueur professionnelle des plus appréciables. "Perfectionniste", voila un qualificatif qui tapait dans le mille concernant les attentes de sa future patronne. De plus, alliant l'utile à l'agréable, le jeune homme possédait un sourire un brin provocateur qui avait de quoi faire fondre une quadragénaire de l'acabit de Mildred Magpie. Pourtant, bien que d'humeur souvent lubrique vis-à-vis des jeunes premiers, la cougar ne voyait pas en Matthew, un moyen d'assouvir le vieux fantasme du "Bad Boy" en quête de rédemption. En l'enrôlant au poste de machiniste et dans la création des décors, la romancière lui conférait un rôle crucial dans l'avènement d'un projet qui lui tenait particulièrement à cœur, celui de l'adaptation Théâtrale de son roman "Les Hauts de Hurlelune". Ce qui devait être une ode à la jeunesse et l'Amour, ne pouvait souffrir d'aucun scandale qui puisse ternir la réputation de l'écrivaine. Si l'attitude de Mildred se révélait parfois quelque peu déplacée à l'égard de certains jeunes pigistes de Multiplettes, elle savait également se montrer extrêmement professionnelle quand la situation l'exigeait. Et pour le coup, ce show théâtral revêtait bien plus qu'une simple histoire de Galions, puisqu'elle y voyait une sorte d'hommage rendu à sa défunte mère...

La journaliste à scandale avait toujours voué une admiration sans faille pour sa défunte mère, Ingrid Magpie; Artiste dans l'âme, l'ancienne gérante des Folies Sorcières rêvait de monter sur la fin de sa vie une comédie musicale, alliant danse magique et théâtre, et que celle-ci soit digne des meilleures œuvres de Broadway. Comme Mildred, elle partageait le même rêve qui était celui de laisser une trace intemporelle de son passage sur Terre, en créant une œuvre d'art incontournable du Monde Magique. Malheureusement la maladie et le déclin du Cabaret empêcha Ingrid de réaliser ce noble projet, ne laissant derrière elle que l'image floue et dénudée d'une meneuse de revue, certes de grand talent mais ne s'inscrivant point dans la lignée des grands artistes. Avec les Galions collectés dans ses différentes affaires, Mildred Magpie se pensait en mesure de pouvoir mettre en scène, une œuvre pharaonique qui reprendrait le rêve de sa défunte mère là où elle l'avait tragiquement quitté. Plus qu'un show, les Hauts de Hurlelune se révélait comme un hommage à la mémoire d'une mère au talent mésestimé. C'est pourquoi la romancière voulait s'entourer des meilleurs, et que cet entretien d'embauche n'avait rien d'anodin. La pièce de Théâtre des Hauts de Hurlelune n'avait d'autre choix que de devenir l'œuvre de sa vie...

Les ongles manucurées de la romancière tapotèrent en rythme la surface de son bureau, tandis qu'elle jaugeait une à une les lignes qui composaient le dossier de l'ancien détenu. Elle finit par s'éclaircir la voix, avant de lui exposer son avis sur sa décision d'embauche.

"Je ne vais pas tourner en rond, monsieur MacFarlane : Vous me plaisez! Je sens que vous avez le potentiel et la motivation nécessaire pour mener à bien la fonction que je suis sur le point de vous assigner. Mais, ce qui me chiffonne un peu plus est d'ordre relationnel. " Mildred Magpie leva immédiatement sa main blême pour stopper toute mauvaise interprétation. "N'allez point croire que je vois en vous une menace pour mon personnel, au contraire, je suis persuadée de votre bonne volonté et de votre désir d'intégration. Je ne vous juge point sur vos erreurs du passé, et je veux réellement vous accorder cette seconde chance. Ma seule incertitude à votre sujet réside plus dans le fait de savoir comment vous allez gérer votre cohabitation avec votre sœur, Robin... "

Mildred Magpie toussota légèrement alors qu'elle abordait le sujet délicat de cette éventuelle cohabitation familiale et professionnelle.

"Je m'explique! Loin de moi l'idée de me mêler de votre vie privée, mais ma fonction m'impose d'anticiper les désagréments qui pourraient nuire à mes affaires. Vous comprenez, Robin est parmi les danseuses de revue les plus talentueuses de sa génération, et je ne voudrai pas que votre venue soit synonyme de conflit. Votre sœur est une source de revenu conséquente, très sollicitée et appréciée par notre riche clientèle. En œuvrant pour le Cabaret des Folies Sorcières, vous serez amené à la croiser, au risque de découvrir certaines choses... " Cherchant la formule adéquate, Mildred marqua un temps d'arrêt avant d'ajouter. "Certaines choses qu'un frère n'accepte pas forcément de voir accomplir par sa sœur, mais qui corresponde à la politique de loisir de cet établissement. La satisfaction du client prédomine sur toutes autres considérations personnelles, et j'espère que cela ne vous posera point de problème. Aurai-je des raisons de devoir m'inquiéter, monsieur MacFarlane? "

Mildred n'avait jamais rien imposé à ses danseuses de charme, leur laissant le libre-arbitre d'accepter ou non certains extras. Mais nombreuses étaient celles qui franchissaient le seuil les conduisant aux danses privées ou à la prostitution. Mildred Magpie se montrant particulièrement pingre avec ses danseuses, cette source de revenu occasionnel était devenu plus que nécessaire pour nombre d'entre elles. Derrière le strass et les paillettes du Cabaret, se dissimulaient des activités beaucoup moins glamour et digne d'une maison close. Un temps, Mildred Magpie avait refusé à Roy cette source de revenu malsaine et illicite, mais l'appât du gain et la protection du Ministère l'avait conduite à changer radicalement d'opinion sur le sujet. Désormais, derrière le rose bonbon de ses tailleurs, Mildred cachait une âme de maquerelle pleinement assumée, sans l'ombre d'un scrupule quand il s'agissait de récolter sa part sur les "extras" de ses danseuses...


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