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 Les Dieux de la Vengeance exercent en silence... [Pv avec le Dieu Vil]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Samedi 21 Février 2009, Dans la Cave des Fleurs du Mal...

Prostrée dans un canapé en cuir de dragon des Hébrides que lui avait gentiment installé le fleuriste Fingal Flynn, Ana Sorden commençait à éprouver une lassitude sans nom à l'idée de devoir rester cloitrée dans cette cachette qui prenait de plus en plus l'allure d'une prison. D'accord, ce n'était point Azkaban; En effet, elle bénéficiait tout de même d'un certain confort supplémentaire, avec des produits de beautés en masse, ainsi que des robes et des apparats de sorcières soucieuse de rester glamour dans sa cavale contre la justice magique. Mais, franchement, quel ennui que de devoir suivre la course de l'aiguille du temps, sans même pouvoir apercevoir les rayons du jour. La peau de l'arithmancienne était devenue aussi blanche que du lait, et elle ne cessait de tourner d'un mur à l'autre, comme une panthère des neiges dans sa cage! Attendre que les viles flèches qu'elle envoyait à ses ennemis atteignent leurs buts machiavéliques, voilà sa seule réjouissance, sa seule raison d'exister. Ana découvrait à quel point la haine était un lourd fardeau à porter, qui pouvait tuer à petits feux si aucun plaisir sadique ne venait la satisfaire. Et pour l'heure, c'était le cas...

Dans sa quête de vengeance, la sorcière de Salem avait encore les poings et les pieds liés, tant il lui était impossible de circuler librement sur le territoire magique. Que ce soit Margot, Charlotte, Richard, Emma... Tous ses ennemis s'étaient protégés de ses pulsions rancunières derrière des forteresses au demeurant imprenables; Et ce n'est pas en opérant à distance qu'elle pourrait leur infliger la moindre égratignure. Pour cela, elle laissait cette fouine de Fingal Flynn opérer, tout en lui promettant monts et merveilles. Le fleuriste lui ramenait bon nombre d'informations précieuses sur les cibles de sa liste noire, mais cela n'abondait pas dans le sens qu'elle aurait espéré. Ana Sorden avait même l'impression que le petit être rabougri qui l'hébergeait lui cachait certaines vérités, comme pour ne pas la décevoir. Peut-être espérait-il pouvoir poser un jour ses sales pattes de binoclards sur le corps parfait d'une reine de beauté? Il pouvait bien rêver après tout! Le rêve empêchait de se méfier. Car une fois que l'arithmancienne aurait rayé les noms de sa liste noire, elle quitterait l'Angleterre pour une destination encore inconnue où elle pourrait de nouveau se reconstruire; Mais ce jour-là, il n'y aura point de Fingal Flynn dans ses bagages, juste le souvenir d'un petit crapaud mort qui pensait naïvement être en mesure de pouvoir séduire une reine...

Mais cet instant magique où elle quitterait cette maudite île britannique, le cœur rassasié par une vengeance bien menée, se faisait cruellement désirer. Aucune brèche n'apparaissait dans la défense de ses ennemis. Ils se révélaient aussi prudents et agiles que des gerboises cherchant à esquiver les crocs d'une vipère des sables! Selon les dires de son indicateur, Richard Dalnox et cette petite prétentieuse de Charlotte Meyer s'étaient surprotégés dans leurs demeures respectives. Ana Sorden en éprouvait d'ailleurs une grande frustration, surtout en ce qui concernait celle qui l'avait insultée et presque étranglée dans sa cellule d'Azkaban! Pour réduire en cendre la vie de l'Auror aux paroles acerbes, Ana avait consentie à un effort énorme, en acceptant de se laisser tripoter par les petites mains lubriques du fleuriste, de manière à ce que celui-ci puisse répondre aveuglement à l'une des exigences les plus chères à son cœur; Qui n'était autre que celle de tuer la progéniture de cette jeune garce insipide. Mais voilà, Fingal Flynn lui était revenu tout penaud, prétextant que toute tentative d'approche était vouée à l'échec. Un drame pour une Ana en mal de vengeance!

Laconiquement, l'arithmancienne jeta une boulette de viande de renard dans la gueule béante de la plante carnivore gigantesque qui occupait la réserve de la boutique des Fleurs du mal. Jasmina, comme elle l'avait surnommée, était devenue au fil du temps, sa meilleure amie et une très bonne confidente. Bien que très dangereuse et pouvant gober un homme sans même l'ombre d'un effort, elle n'attentait rien d'hostile contre sa nouvelle locatrice dont les senteurs jasmin avaient tendance à l'envouter. De plus, elle appréciait particulièrement la viande de renard, ce qui pour l'arithmancienne était une qualité louable, au cas où un maudit goupil viendrait à envahir son espace vital! Car avant toute chose, elle devait se prémunir de tout risque de croiser le chemin de l'une de ses créatures aussi fourbe que poilue! Cette pensée la ramena subitement à sa tentative de faire échouer le mariage de Margot Adamson. Avait-elle apprécié son cadeau de mariage? Subissait-elle enfin le même tourment qu'elle lui avait infligé? Cette pauvre folle devait sans doute pleurer en ce moment-même, son fiancé qui la quittait. Au moins, elle aurait son trophée de chasse pour se consoler. Avant de pouvoir se réjouir, Ana voulait en savoir davantage à ce sujet, et héla son abruti de fleuriste binoclard dont elle pouvait entendre les pas résonner sur le plancher supérieur.

"Fingal! Ramènes-toi immédiatement! Sinon, je prends moi-même la liberté de quitter ce cachot répugnant! "

Très vite des petits pas se firent entendre, dévalant l'escalier en direction de la cave de l'arithmancienne. Cette dernière le fustigea du regard, alors qu'il se présentait maladroitement devant elle, les mains derrière le dos, dans une attitude de majordome.

"Depuis quelque temps, j'ai l'impression que tu me caches certaines choses, mon petit coquelicot. Tu me parles de Dalnox, de Meyer... Mais rien plus rien su le mariage de cette vieille peau de Margot Adamson. J'imagine que celui-ci à lamentablement échoué! Mais j'aimerai que tu me contes la souffrance qu'elle a éprouvé au moment où ses rêves se sont écroulés... "

La sorcière de Salem demeura assise, dans une posture de Sphinx, les bras entrecroisés sur sa poitrine. Une petite moue victorieuse, irradiait de ses lèvres à nouveau rassasiées de botox magique. Mais sa posture empreinte de confiance, contrastait avec le trouble qui secouait subitement le pauvre petit fleuriste de l'allée des Embrumes.

"Heu, oui... Adamson... C'est à dire que... Oui, le mariage... Enfin, je vois à quoi vous faites allusion...  La tête de renard empaillée... emballée... "

Ana Sorden arqua un sourcil impatient sur son associé quelque peu tâtonnant dans sa réponse.

"Alors tu as perdus ta langue? Parle! "

Fingal Flynn baissa les yeux sur la pointe de ses pantoufles en forme de feuille de Lotus.

"La vérité, et j'en suis désolé, c'est que malgré vos efforts, ils se sont bien mariés. Je ne voulais pas vous en parler, avant d'en être absolument certain, mais ils se sont bien dits oui. Après, il y a pas mal de statistiques dans Gringotts Times qui abondent dans le sens que pas mal de mariage finissent par éclater quelque mois après la lune de miel. La magie finie par retomber... "

Un ange passe, avant que l'orage ne finisse par gronder...

"La ferme! De quelle magie me parles-tu! Comment peuvent-ils rester ensemble? Elle ose encore me défier cette vipère de malheur! Elle va me rendre folle! Pourquoi ne peut-elle pas perdre enfin! Baisser les bras, une fois pour toute! Pourquoi a-t-elle droit au bonheur, alors que moi-même, je suis obligée de rester prisonnière de ces murs! Pourquoi? "

Sans même s'en rendre compte, Ana s'était jetée sur le col de veste du petit fleuriste, et le secouait de rage sans ménagement. Ce dernier prit tout de même le risque de répondre à cette lionne enragée.

"Peut-être parce que ce monde est trop injuste... Peut-être parce que nous devrions partir maintenant, avant qu'il ne soit trop tard... "

L'arithmancienne lâcha l'encolure du fleuriste sans ménagement, plantant ses griffes dans le cuir de dragon de son sofa. Son regard froid se planta sur la gueule effrayante de la plante carnivore.

"Je te jure que la prochaine fois que tu ne me tiens pas au courant de l'actualité du monde magique, tu serviras de repas à ma plante, Jasmina. C'est pourquoi, tu vas te hâter de me ramener la dernière Gazette des Sorciers! "

Fingal Flynn éprouva un véritable sentiment d'injustice, comme si le fait de l'avoir préserver d'une mauvaise nouvelle, était un crime passible de la peine de mort! Peut-être n'était-elle pas aussi adorable que son cœur pensait le croire! Une moitié de sorciers la détestait, et l'autre l'exécrait, tout cela n'était pas que pure coïncidence. Toutefois, cette fois-ci, il avait devancé les exigences de la sorcière, pour déplier un numéro de Multiplettes de la veille.

"Ce n'est point la Gazette, et il n'est pas d'aujourd'hui; mais voilà l'édition d'hier de Multiplettes... "

Sans même un remerciement, Ana Sorden lui arracha l'article des mains pour en lire le contenu. C'est alors que ses yeux révulsés d'horreur se posèrent sur celle qui avait osé la trahir dans sa tentative de prendre les rênes de Directrice de Poudlard! Emma Blackbonnes! Cette dernière méritait également mille et un tourments, et pourtant l'article mielleux au possible ne faisait que s'extasier sur le fait qu'elle se soit entichée de l'un des meilleurs partis d'Angleterre! Tous ses ennemis basculaient dans le rêve, alors qu'elle sombrait dans le cauchemar et la haine! Pour Ana Sorden, la coupe était pleine! De ses ongles effilés, elle déchira le visage souriant de cette petite peste d’Emma Blackonnes, qui osait elle-aussi, la défier! Puis elle jeta les confettis d'articles de Multiplettes à la face crédule de son fleuriste.

"Mais vous m'avez dit de... "

L'empêchant de dire un mot de plus, l'index d'Ana Sorden vint se plaquer contre la bouche du fleuriste.

"Tu n'es qu'un sombre crétin! Pourquoi m'infliger cela? Il est temps de t'activer, et de me fournir enfin les moyens d'assurer ma vengeance. Sinon, je devrai le faire par moi-même, comme toujours! Et là tu pourras oublier tes rêves d'avoir à tes cotés une femme aussi belle et adorable que moi! Dois-je continuer, à te dire tes quatre... "

Soudain Ana Sorden s'interdit la moindre remarque supplémentaire, alors que le petit grelot de la boutique des fleurs du mal émit un petit bris sonore, signe qu'un client venait de pénétrer à l'étage supérieur. L'arithmancienne lança un regard à Fingal pour lui intimer l'ordre de monter accueillir le visiteur, et en fidèle serviteur, celui-ci ne tarda pas à se plier à cette nouvelle exigence. Ana Sorden poussa un long soupir, les bras de nouveau entrecroisés, contemplant tristement l'article déchiqueté au sol. Oui, ce monde était abominable; Mais à force d'obstination, elle finirait par le changer, et vivrait enfin sa destinée grandiose! Une pensée fugace sa meilleure alliée, sa petite colombe Sasha lui traversa l'esprit, avant qu'un bruit de pas faisant craquer l'escalier ne la soutire de cette adorable vision.

"Fingal? C'est toi? "

Cet abruti avait laissé la porte de la cave entrouverte, et Ana, elle-même n'y avait pas prêté attention. Dégainant sa baguette, elle la pointa sur l'entrée vers laquelle se présenta la silhouette d'un homme élégamment vêtu, mais qui n'était pas le fleuriste. La main de l'arithmancienne se crispa sur le manche de sa baguette, et d'une voix menaçante, elle finit par interpeller l'inconnu mystérieux...

"Qui êtes-vous? Un pas de plus et vous êtes un homme mort! "

Même l'affreuse plante carnivore sembla se prosterner devant le duo diabolique qui se présentait à elle...


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le regard impatient de Leopold se posa sur la porte de l'obscure boutique des Fleurs du Mal, avant de s'illuminer quand elle se mit en branle pour laisser sortir son fidèle homme de main, Alan. Ce dernier avait catégoriquement refusé de laisser entrer le ministre de la magie dans cet endroit douteux sans l'avoir vérifié au préalable, et si le contre-temps agaçait Leopold, il devait s'incliner devant la sagesse de son loyal serviteur. Comme toujours, Alan avait ses intérêts particulièrement à coeur - il fallait dire que perdre Leopold signifierait perdre sa source de revenus - et Leopold se sentait parfaitement en sécurité avec lui. Ce qui n'était pas plus mal, car le ministre s'apprêtait ni plus ni moins à se jeter dans la gueule du loup, ou plus exactement de la louve, et ce, sans filet de sécurité... Cet entretien devrait s'opérer dans le plus grand des secrets, sans que jamais le ministère ni, pire, le grand public, n'en apprenne les tenants et les aboutissants.

Un frisson d'excitation parcourut Leopold lorsqu'il pénétra dans la boutique et échangea quelques mots avec le fleuriste, avant de le suivre dans les escaliers sombres qui menaient à la cave. Depuis qu'il avait été élu, Leopold avait certes gagné plus de pouvoirs, mais il avait aussi perdu une certaine marge de manoeuvre et il lui était beaucoup moins aisé de manigancer qu'auparavant. Il était sous le feu des projecteurs, très pris par le temps et très surveillé, aussi s'éclipser discrètement pour mener quelque sombre dessein devenait plus complexe et, de fait, plus rare. L'homme se sentait donc très heureux d'avoir là une occasion de mener à bien un nouveau plan machiavélique, et qui impliquerait l'une des grandes figures du Mal de ce siècle, la tristement célèbre Ana Sorden... Leopold avait suivi les exploits d'Ana dans la presse, comme tous ses concitoyens, et à travers ses recherches personnelles sur Mardol, l'ancien chef d'Ana. Jamais il ne l'avait rencontrée jusqu'à présent, et c'était une perspective qui le réjouissait d'avance. Comment était-elle, cette fameuse meurtrière psychopathe qui avait tenté de prendre la direction de l'école Poudlard ? Aussi folle à lier que certains le prétendaient, ou bien délicieusement vile et machiavélique, comme lui ? Leopold avait hâte d'en découvrir d'avantage...

Cette impatience était néanmoins soigneusement dissimulée derrière un visage de marbre, les traits du ministre étant tirés en une expression sévère. Il voulait faire preuve de prudence envers cette femme qui, selon toute probabilité, n'était pas digne de confiance. Ana devait comprendre qui ici avait le pouvoir, car il suffirait d'un geste de Leopold pour qu'elle soit arrêtée et renvoyée à Azkaban. Après tout, il ne fallait pas oublier grâce à qui elle était libre aujourd'hui... Le destin de l'arithmancienne reposait entre les mains du ministre, comme il comptait le lui faire comprendre - pour mieux l'utiliser.

D'un regard impérieux, Leopold ordonna à Fingal de rester dans sa boutique et se rendit seul dans la cave qui servait de refuge à la fuyarde. Leopold avança à pas lents, désireux de prendre connaissance du lieu avant que son visage n'apparaisse dans la lumière, révélant ainsi à l'occupante des lieux l'identité de son mystérieux visiteur. Leopold discerna un canapé en cuir de dragon noir des Hébrides - l'ancien directeur des créatures grinça d'ailleurs des dents - et une plante carnivore monstrueuse qui, il en était certain, figurait sur la liste des plantes dangereuses interdites à la commercialisation en Angleterre. Une menace vint à lui par l'intermédiaire d'une voix féminine, qui fit naître l'ombre d'un sourire sur ses lèvres. Ses informations n'étaient pas erronées, elle était bien là, et s'était visiblement arrangée pour récupérer une baguette magique.

Celle de Leopold se trouvait rangée dans la poche intérieure de son veston, tandis qu'une arme à feu était accrochée à sa ceinture - ce qu'une mardolienne saurait probablement identifier. Leopold était positivement confiant du fait qu'ils n'auraient pas à se servir de leurs armes respectives, car il comptait sur le fait qu'il y avait suffisamment de raison en Ana pour reconnaître un bon marché lorsqu'on lui en proposait un. De plus, il savait Alan prêt à intervenir au moindre problème pour assurer sa protection - mais il serait peut être trop tard pour cela le cas échéant, Ana était une sorcière chevronnée. Pour autant, l'enjeu en valait la chandelle, et Leopold était prêt à prendre le risque. Qu'était la vie sans un soupçon d'aventure et de danger ?

"Leopold Marchebank, ministre de la magie", énonça-t-il d'un ton paisible. Leopold laissa une seconde s'écouler puis fit un pas dans la cave, confiant dans le fait que son nom suffirait à empêcher Ana de mettre sa menace à exécution. Le regard sombre de Leopold jaugea la sorcière qui se tenait face à lui. Ana n'avait rien perdu de sa prestance, et il se dégageait d'elle quelque chose de puissant, une impression de folie et de danger qu'il pouvait lire dans son regard. Ou peut-être était-ce son imagination qui le travaillait parce qu'il connaissait la liste de ses méfaits... Toujours est-il qu'il avait l'impression d'être en présence de l'une de ses pairs, une machiavélique de l'ombre, une sorcière aux desseins aussi sombres que les siens, qui s'apprêtait à le reconnaître comme un égal.

"Pardonnez mon irruption dans votre retraite, miss Sorden, mais j'espérais pouvoir m'entretenir avec vous...", expliqua-t-il d'un ton emprunt de bonhommie, comme s'il était parfaitement normal pour le ministre de la magie de débarquer dans la cachette d'une meurtrière en fuite, sans menacer de la renvoyer illico dans la prison à laquelle elle appartenait. "C'est un plaisir de vous rencontrer enfin. J'ai tant entendu parler de vous... Je ne sais pas si ce que l'on dit au sujet de votre esprit est vrai, mais permettez-moi de vous dire que votre beauté est à la hauteur de sa réputation..."

Leopold aimait commencer ses négociations par une couche de flatterie, sachant d'expérience que cela payait bien souvent. En l'occurence, il n'avait pas besoin de mentir, son plaisir de rencontrer une telle sorcière n'était pas feint. S'avançant un peu plus près d'Ana, Leopold croisa son regard et esquissa un petit sourire en coin. Ana était impressionnante, il devait en convenir, mais il en fallait plus pour intimider Leopold, qui redressa instinctivement les épaules comme pour se donner une haute stature, et ajouta d'un ton plus sérieux :

"Au cas où une idée folle ne vous traverserait la tête, soyez assurée que toute tentative néfaste à mon encontre ne pourrait aboutir que d'une façon malheureuse pour vous. Cela serait dommage, car je pense que toutes les conditions sont réunies pour que nous nous entendions à merveille, vous et moi..."

Un petit sourire en coin ponctua cette affirmation, tandis qu'il laissait le silence s'instaurer, dans l'attente de la réponse d'Ana.



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Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Sa baguette toujours pointée sur l'intrus, Ana Sorden avait du mal à contenir les nombreuses zones d'ombres qui venaient soudainement ternir ses certitudes. Comment l'avait-il retrouvé? Que voulait-il? Qui était-il? Une chose était certaine, elle ne se rendrait pas vivante cette fois-ci, et opterait pour la confrontation plutôt que de devoir retourner dans les ténèbres d'une cellule. La mort était une chose plus clémente que de voir sa beauté se décrépir. De son regard hautain, elle jaugea l'homme d'âge moyen qui se tenait devant elle. Le physique de ce dernier ne lui était pas étranger, comme si les pas de l'ancienne mardolienne avait déjà croisé la route de ce visiteur singulier. Celui-ci ne tarda pas à se présenter comme étant le Ministre de la Magie en personne, de quoi laisser transparaitre une vive stupeur dans le regard de la sorcière de Salem. Que venait faire l'homme le plus puissant du Monde Magique dans la cave secrète d'une criminelle en cavale? Sans doute, désirait-il gonfler sa côte de popularité, en s'affichant en première ligne lors de l'arrestation de l'ennemi public numéro un. Une énième opération de communication. Pour les avoir subi à son insu, Ana Sorden ne connaissait que trop bien les coups tordus dont étaient capables les vils politicards. Comme une louve cernée de toute part par les chasseurs, elle resta sur ses gardes, cherchant à conserver une certaine distance avec celui qu'elle reconnaissait bien sous les traits de Leopold Marchebank. Cet ancien du MIM avait profité d'une catastrophe humaine sans précédent dans le Chemin de Traverse, pour renverser son successeur l'infâme Fiennes. Au final, ses fastidieuses lectures de périodiques, lui avait permis de combler son retard sur l'actualité, et ne point se montrer trop déconnectée du fait de son éloignement à Azkaban.

"Quelle divine surprise! Le Ministre de la Magie en personne qui se déplace pour venir me menotter... Dois-je y voir une forme de respect ou une énième manœuvre politicienne ? "

Le Ministre paraissait paisible, ne cherchant en rien à se montrer hostile. Le ton de sa voix était calme, et rien ne trahissait une envie délibérée de passer l'action, si ce n'est sa baguette et le pistolet qu'il portait à sa ceinture. Ana Sorden se surprit même à apprécier la tournure des débats, quand il lui indiqua vouloir s'entretenir avec elle, et qu'il n'hésita point à faire l'éloge de sa grande beauté. En soufflant sur les braises de son narcissisme, Leopold Marchebank ne pouvait que rentrer dans les bonnes grâces de l'ancienne reine de beauté. Cette dernière gonfla sa poitrine d'orgueil, avant de le toiser avec moins d'animosité.

"Beaucoup de choses doivent se dire sur ma personne, mais la plupart ne sont qu'un tissu de mensonges. Que voulez-vous? Les esprits faibles sont ainsi, et ne font preuve d'aucune indulgence vis-à-vis des ceux qui veulent réellement changer le monde. Vous devez être de cette dernière catégorie ou simplement inconscient pour oser venir dans la tanière de la plus dangereuse criminelle du Monde Magique... "

Ana Sorden fit virevolter ses cheveux d'or sur ses épaules, tandis qu'elle guettait la réaction du Ministre. La réponse de dernier fut sans appel, et lui indiqua que l'Allée des Embrumes devaient être très certainement quadrillée par de nombreux Aurors et tireurs d'élites de baguette magiques. La sorcière de Salem n'avait d'autres choix que celui d'écouter le discours du politique, qui semblait laissé entrapercevoir une échappatoire. A moins que ce ne soit qu'un nouveau mensonge. En toute intelligence, Ana Sorden se décida tout de même à baisser sa baguette afin de s'ouvrir au dialogue. Elle ne tarda point à exprimer ses nombreux doutes, de manière à comprendre les réelles motivations du Ministre de la Magie.

"Je ne ferai pas deux fois la même erreur, Monsieur Marchebank. M'étant déjà faite trahir par l'un des vôtres, je connais désormais la valeur des promesses de politiciens. Elles ne valent pas plus que le vent! Je sais que vous prônez une politique sécuritaire, dans laquelle ma capture serait vécue comme une victoire magistrale. Alors pourquoi devriez-vous agir autrement que dans le but d'asseoir définitivement votre propre côte de popularité? Pourquoi prendriez-vous un tel risque? Malheureusement, je ne pense pas que nous puissions trouver un terrain d'entente. A moins que vous puissiez me prouver que je me trompe... "

Au fond-elle, Ana espérait se tromper, car l'échange ne pouvait que découler sur une issue tragique. Certes, elle partirait sur un dernier coup de maitre, en emportant avec elle le ministre de la magie en personne, mais elle ne pourrait jamais satisfaire sa vengeance personnelle et ses rêves de grandeur. Le souvenir méprisable de l'article sur cette traitresse d’Emma Blackbonnes, souriante et sereine, qui s'apprêtait à vivre un destin doré aux bras du fils de l'homme qui se tenait justement devant elle. Cette maudite Charlotte Meyer qui pousserait un soupir de ravissement à l'idée de la savoir enfin morte! Richard Dalnox qui ne paierait jamais le prix de sa traitrise! Margot Adamson... Non, elle ne pouvait se résoudre à abandonner ses vils projets, sans anéantir au préalable ceux qui s'étaient réjouis de sa chute! Pour se faire, Ana Sorden comprit qu'elle devait rester en vie, quitte à devoir écouter une nouvelle fois les promesses d'un politicien...


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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La plus dangereuse criminelle du monde magique... Un sourire amusé étira les lèvres du ministre à l'entente de la réponse d'Ana. Sa célèbre vanité venait de frapper une fois de plus. En réalité, dans son propre narcissisme, Leopold avait tendance à penser qu'il était lui-même le plus dangereux criminel du monde magique, un criminel qui avait réussi à obtenir les clefs du pouvoir et de la justice, dominant ainsi de fait les autres félons qu'il avait l'autorité de pourchasser - ou, au contraire, de laisser filer...

Sa couverture était bonne, néanmoins, et il constatait avec un certain plaisir que Ana Sorden le voyait encore comme un politicien comme tant d'autres, et se trouvait donc très loin de la vérité. Il y avait bien plus à savoir à son sujet, comme l'ancien maître d'Ana, Mardol, en avait fait l'amère découverte. Le raisonnement de la sorcière se tenait donc, mais Leopold n'allait pas tarder à la détromper. L'affaire qu'il souhaitait conclure impliquait qu'il révèle son véritable visage à Ana, pour qu'elle ne le perçoive plus comme un juge prêt à la renvoyer en prison mais bien comme un allié avec qui partager de noirs desseins... Il nota avec satisfaction qu'Ana baissait sa baguette, ce qui était signe qu'il était parvenu à attirer son attention, en dépit de ses paroles si loin du compte. Ana était encore loin d'être convaincue, mais elle lui laissait une ouverture dans laquelle il comptait bien s'engouffrer... Glissant tranquillement ses mains dans ses poches, Leopold s'avança de quelques pas dans la pièce, tout en observant les lieux avec curiosité. Il reporta ensuite son attention sur Ana, et répondit d'un ton amusé :

"La popularité n'est pas une fin en soit, miss Sorden, et ce n'est pas là l'objectif premier recherché par un homme politique, ou alors il s'est perdu en route. Il faut parfois savoir sacrifier un petit peu de popularité, pour obtenir beaucoup de pouvoir..."

Arrêter Ana ne serait pas une victoire magistrale pour Leopold, car elle lui était en réalité bien plus précieuse à l'extérieure, semant le doute et la peur dans l'esprit des citoyens qui s'empressaient de réclamer plus de sécurité, et de fermer les yeux sur leurs libertés restreintes. Cette échappée belle des prisonniers avait certes causé une chute de popularité du ministre à court terme, mais elle avait permis au gouvernement de réaliser un tournant dans sa politique sécuritaire et Leopold avait ainsi acquis plus de pouvoirs. Et, au final, plus de popularité, à mesure que la milice sanctuarisait les villes et que le service de communication colonisait les cerveaux...

"Si je vous voulais vraiment derrière les barreaux, vous y seriez toujours, c'est aussi simple que cela", ajouta-t-il tranquillement, soulignant ainsi le fait que la liberté d'Ana n'était pas aussi grande que ce qu'elle aurait pu penser. Son destin dépendait de lui et de son bon vouloir, et si elle pouvait continuer de se cacher ici, c'était parce qu'il l'autorisait. Ne venait-il pas de prouver qu'il pouvait la retrouver partout si cela lui chantait ? Un frisson de contentement parcourut le ministre à la pensée qu'il avait l'ascendant sur une telle femme, et il se laissa bercer un instant par ce délicieux sentiment que procurait le pouvoir.

S'avançant vers Ana, il laissa son regard courir sur elle un instant avant de laisser entrevoir la raison de sa visite. La criminelle semblait un peu trop tendue pour qu'il puisse s'amuser à éterniser leur échange sans se dévoiler, et il ne tenait pas à se faire attaquer prématurément.

"Je pense au contraire que nous pouvons tout à fait trouver un terrain d'entente, et c'est pourquoi je suis venu à votre rencontre, en espérant que vous soyez la femme que je recherche. Après tout... J'ai toujours pensé que les ennemis de mes ennemis étaient mes amis...", murmura-t-il avant de fouiller dans la poche de sa veste. Il en retira une vieille une de journal froissée et pliée en quatre, qu'il déplia avant de la tendre à Ana, tout en guettant sa réaction.

"N'êtes-vous pas d'accord ?"



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Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Bien plus que la vérité et le poids des prophéties, Leopold Marchebank semblait avoir joué un rôle concret dans son évasion de la sinistre prison d'Azkaban. En effet, à en croire les propos du ministre, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute que sa liberté ne reposait que de sa propre volonté. Ange-gardien, menteur ou brillant calculateur? Dans tous les cas, l'homme n'était nullement embarrassé par les préjugés et la morale, ne rechignant point à discuter avec l'une des plus cruelles criminelles du Monde Magique. Malgré sa posture souveraine et ses mains sur ses hanches, Ana Sorden ne pouvait négliger le fait qu'un élément extérieur était intervenu dans sa libération. L'explosion salutaire qui avait réduit en cendre les quartiers de haute sécurité de la prison maritime, lui avait accordé un répit et les moyens de faire son grand retour. Mais si les barreaux physiques avaient bel et bien disparu, la liberté de l'arithmancienne dépendait encore grandement du bon vouloir du Ministre de la Magie...

Quel comble pour une manipulatrice de la carrure d'Ana Sorden que de se retrouver dans la peau d'une marionnette. Si son égo démesuré la poussait à se trouver encore des raisons de s'enorgueillir, et de croire qu'elle possédait encore les cartes de sa destinée; La sorcière allait forcément devoir revoir ses prétentions à la baisse, au risque de vivre les mêmes déconvenues qui avaient précédé son arrestation. Si ce Leopold Marchebank se plaisait à jouer les rôles de bon samaritain, Ana allait devoir se résoudre à lui obéir et trouver un terrain d'entente. Forcément, des compromis allaient naitre de cette rencontre machiavélique, mais ceux-ci étaient un maigre prix à payer pour sa liberté. Ana ravala de sa fierté, tandis que le ministre arborait un visage victorieux. Après tout, il avait de quoi pavaner, tant il possédait un atout majeur dans son jeu de manipulation; La sorcière de Salem comprit qu'elle devait ronronner en attendant de sortir à nouveau les griffes. C'est pourquoi, elle s'exprima sur un ton cordial.

"Même si je n'arrive pas encore à cerner les raisons exactes de votre visite, Sachez que je vous suis reconnaissante pour m'avoir délivrée de cette prison infâme et indigne de ma personne. "

Aussi fugace soit-il, Ana apprécia l'instant où le Ministre balaya du regard sa silhouette. Etait-il subjugué par sa beauté? Il faut avouer que les courbes sensuelles d'une reine de beauté automnale ne laissaient rarement indifférent la gente masculine; En quoi Leopold marchebank serait-il différent de ses congénères? Au fur et à mesure de cet échange secret, la curiosité commençait à prendre le dessus sur la méfiance. La sorcière voulait savoir ce qui se tramait dans l'esprit du Ministre, quitte à baisser quelque peu sa garde. L'homme qui se tenait face à elle n'avait peut-être pas le physique ravageur d'un Richard Dalnox, mais il dégageait autrement plus de charisme et de charme. Ce potentiel ne laissait pas indifférente l'arithmancienne, qui avait toujours apprécié la compagnie des gens de pouvoir. Très vite, elle oublia ses divagations de femme restée trop longtemps derrière les barreaux pour se raccrocher aux propos du Ministre. Venait-il de lui tendre insidieusement une perche?

"Ainsi, nous aurions donc des ennemis en commun. Je dois admettre, monsieur le Ministre, que vous éveillez ma curiosité à l'idée de savoir quelle aversion parallèle pourrait éventuellement nous réunir... "

C'est cet instant que choisit Leopold Marchebank pour abattre sa carte maitresse : Fouillant dans sa veste, il en retira un exemplaire de la Gazette des Sorciers, dont la "Une" ne pouvait en rien laisser la sorcière indifférente. Au contraire, une haine si longtemps contenue dans les ténèbres de la Prison d'Azkaban se réveilla pour embraser la colère de la désormais fugitive. Les doigts effilés d’Ana se crispèrent sur le journal, ne manquant pas d'écorner le portrait irradiant de confiance du petit Prince de la Politique. Alors ainsi, il espérait lui aussi faire son grand retour? La simple hypothèse que ce menteur de Dalnox puisse tranquillement assuré son renouveau politique, avait de quoi la faire enragée jusqu'aux tréfonds de son âme. Ana Sorden ne souhaitait que du malheur à ceux qui avait précipité sa chute, et elle ne pourrait se relever qu'en se sachant vengée. Richard Dalnox, Emma Blackonnes, Margot Adamson... Autant de noms à rayer du monde des vivants.

Ana finit par déchirer la première page de la Gazette, avant de la jeter à ses pieds dans un geste d'une colère irrépressible. Si Leopold Marchebank voulait s'attirer les faveurs de la criminelle la plus recherchée du Monde magique, il n'aurait pu s'y prendre d'une meilleure façon. Aveuglée par la haine et son désir de vengeance, l'arithmancienne cracha toute l'étendue du dégout qu'elle éprouvait à l'encontre de ce vil traitre de Dalnox.

"Si je suis d'accord? Richard Dalnox représente tout ce qu'il y a de plus détestable et méprisable dans ce bas-monde! Ce traître sans scrupule ne mérite rien d'autre que de périr dans d'atroces souffrances! Je ne quitterai point le sol de la Grande-Bretagne sans avoir écorché définitivement ce petit air suffisant de la face immonde de ce menteur! Il m'a trahie de la pire des manières, en jouant sur la carte des sentiments. La simple pensée de savoir que cette infâme pourriture se soit octroyé le privilège de poser ses sales pattes sur mon corps merveilleux... Cela me révulse littéralement! "

L'arithmancienne ne pouvait plus demeurer immobile, faisant les cent pas d'un mur à l'autre de la cave du fleuriste. Elle finit par se figer en face de Leopold Marchebank, pour plonger son regard devenu électrique dans celui du ministre.

"Peu importe la manière mais je réclame justice et l'accomplissement de ma vengeance! Quelle satisfaction infinie se serait que de voir s'éteindre la dernière étincelle de vie du regard de ce misérable traître! Je veux qu'il comprenne sa défaite, et le prix à payer pour avoir osé trahir une femme de mon envergure! Rien ne pourrait me rendre plus heureuse! Si vous le haïssiez autant que moi, vous pourriez me comprendre et m'aider, mais je crains que cela ne soit pas le cas... "

Ravagée par la haine, Ana se détourna du ministre pour aller s'installer le canapé en cuir situé au centre de la cave. Bras et jambes entrecroisés, elle ne pouvait dissimuler le poids de sa colère. D'une voix empreinte d'amertume, elle se laissa aller à l'incompréhension.

"Quel genre d'individu abjecte faut-il être pour oser me trahir, et ce sans éprouver le moindre remord? Je ne suis pas le genre de femme que l'on peut oublier! Comment peut-il se montrer aussi insensible alors que je croupissais dans une cellule nauséabonde d'Azkaban! Seul un monstre peut se priver d'une femme aussi adorable que moi. N'ai-je point raison, monsieur Marchebank? "

Dans la tourmente de sa vie de fugitive isolée, l'ancienne Mardolienne cherchait une raison d'espérer, et de se sentir moins seule...


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Le poisson avait mordu à l'appât. Une expression victorieuse passa furtivement sur le visage de Leopold quand Ana lut la une de journal qu'il lui avait tendu, sans chercher à dissimuler sa haine. Ses doigts s'étaient crispés sur le journal et son visage exprimait toute sa colère, dont Leopold espérait bien se nourrir pour l'attirer à sa cause... Il contempla avec satisfaction les morceaux déchirés de papier qui jonchaient le sol, imaginant le beau visage poupin de Richard Dalnox à la place. C'était presque trop facile, tant cet homme était doué pour s'attirer des ennemis par sa simple façon d'être... Et il comptait réellement faire carrière en politique ? Cruelle erreur, mon bon ami ! Il faut savoir être sympathique aux yeux du peuple pour se faire élire, plus encore que de démontrer des talents particuliers pour la gestion d'un pays. Et Richard Dalnox apparaissait comme un être plus exaspérant que sympathique aux yeux de bons nombres de personnes, avec ses airs d'arriviste...

Ana disait ça bien, d'ailleurs. Un petit air suffisant, voilà qui causerait la perte de Dalnox, car des personnes fières et puissantes comme Leopold et Ana ne pouvaient se laisser voler la vedette par un tel homme. Néanmoins, à écouter le discours de la criminelle, il semblait évident qu'un élément hautement subjectif s'était glissé dans le raisonnement d'Ana pour venir nourrir sa haine. La reine de beauté, si vaniteuse, ne pouvait tolérer ce qu'elle avait ressenti comme une trahison, elle qui voulait avoir le monde à ses pieds ! Dalnox avait froissé son ego et, sans doute au fond, l'avait-il réellement blessée. Intéressant, songea Leopold en observant pensivement la femme tempétueuse qui lui faisait face. Il n'y avait pas pire ennemie qu'une femme blessée et bien décidée à obtenir sa vengence...

C'était étonnant, ce curieux mélange de sentiments ordinaires et de caractère extraordinaire qui composaient Ana Sorden. Elle n'était au fond qu'une femme en colère qui cherchait à se rassurer et à supprimer les causes de son émoi, mais de la plus radicale des façons.

Sa question rhétorique le fit de nouveau sourire intérieurement. "Quel genre d'individu abjecte faut-il être pour oser me trahir, et ce sans éprouver le moindre remord?" Mais quelqu'un comme lui, quelqu'un qui pensait avant tout avec ses intérêts propres et n'hésitait pas à bousculer les autres au passage. Dalnox avait utilisé Ana comme elle l'avait sans doute utilisé aussi, simplement Ana n'acceptait pas les règles du jeu... Peut-être s'était-elle laissée prendre à croire qu'une réelle affection liait Dalnox à elle. Dommage. Bon nombres d'hommes pouvaient se laisser envouter par les courbes envoutantes et par la personnalité vive d'une femme telle qu'Ana, mais pas tous. Certains savaient encore garder la tête froide en toute circonstance et se montrer plus forts que leurs bas instincts, voire manipuler à leur tour. Il ne fallait pas sous-estimer son adversaire, jamais... Ana était une femme intelligente et dangereuse, il le sentait, mais elle manquait peut-être de discernement sur ce point, trop prompte à se laisser aveugler par sa vanité et ses désirs...

Mais pour l'heure, ses désirs coïncidaient avec les siens, ce qui leur assurait un partenariat des plus profitables. Bien décidé à s'attirer ses faveurs, Leopold relégua donc ses pensées dans un recoin de sa tête et s'avança jusqu'au canapé sur lequel Ana s'était échoué. Baissant sa main sur son visage, il captura le menton de l'arithmancienne pour le redresser vers lui et glisser son regard sombre dans le sien.

"Vous avez parfaitement raison, Ana", répondit-il d'une voix douce et grave. "Il a commis la plus grosse erreur de sa vie. Il avait une femme extraordinaire qu'il a préféré sacrifier sur l'autel de ses ambitions. Tant pis pour lui..."

Leopold laissa planer un silence, se penchant un peu plus vers Ana.

"Et tant mieux pour moi", souffla-t-il, une expression indéchiffrable sur le visage. "Nous allons venger l'affront qu'il vous a fait, Ana. Je vous le promets."

Se redressant, il glissa ses mains dans ses poches et l'observa un instant en silence, savourant la présence de cette femme vénéneuse et légendaire. Ce qu'ils allaient accomplir ensemble était digne de leur machiavélisme et de leur vilénie, et cela l'emplissait de jubilation...

"Vous vous trompez, ma haine pour Richard Dalnox est toute aussi vivace que la votre - tout du moins mon mépris. Cet homme ne mérite pas de deuxième chance, que ce soit en politique ou auprès de vous. Il est médiocre, petit, médisant, il ne mérite pas la place qui lui a été donné par Fiennes en son temps. Imaginez comme il m'a été difficile de tenir ma place quand le numéro deux du gouvernement était Dalnox, un arriviste, un petit jeune débarqué de nulle part du fait de ses relations tendancieuses avec Fiennes... Mais sans le moindre talent ! Il allait précipiter ce pays à la ruine, sans rien lui apporter !"

Jusqu'à ce que Jacob et lui s'en mêlent... Mais le Bloody Sunday n'avait pas été suffisamment Bloody, et le petit prince de la politique avait réussi à survivre.

"L'idée de son retour, lui qui va tenter de rallier mes ennemis avec la plus grande des hypocrisies, me donne la nausée. Je refuse de voir un tel homme s'approcher du pouvoir de nouveau, ne serait-ce que dans l'opposition. Tant pour vous, que pour moi, et pour l'Angleterre..."

Il se laissa tomber dans le canapé aux côtés d'Ana, son corps frôlant le sien avec une proximité délibérée, et il laissa tomber la sentence comme un couperet :

"Richard Dalnox doit mourir."




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Dans l'art de savoir masquer ses émotions, Ana Sorden pouvait rivaliser avec la plus froide des statues gréco-romaines. Certes, elle jubilait intérieurement à l'idée de trouver enfin son alter égo machiavélique; Mais judicieusement la sorcière de Salem ne laissa rien transparaitre du frisson d'espoir qui lui parcourut l'échine quand le Ministre vint lui capturer délicatement le menton. Alors qu'il la couvait de son regard ténébreux, elle resta de marbre, cherchant à décrypter le vrai du faux dans l'attitude de cet homme qu'elle ne connaissait que par le biais d'articles de Presse. Bien que flattée dans son orgueil, à l'idée de voir l'une des élites de la Nation Magique venir s'incliner à son chevet, Ana n'en resta pas moins lucide et vigilante sur les véritables intentions du Ministre. En plus d'être un habile séducteur, Leopold Marchebank disposait également de l'aura charismatique des plus grands stratèges. Derrière chaque formule employée, aussi chaleureuse soit-elle, se cachait un savant calcul dont le résultat final ne servait que les intérêts personnels du Ministre. Mais plutôt que de l'interrompre, Ana choisit délibérément de le laisser discourir. S'offusquant même pas quand il se permit le luxe d'effleurer son visage si parfait sans l'once d'une permission. Dans sa situation précaire d'évadée, Ana Sorden n'avait qu'une seule et même obsession : Celle de se trouver un allié, qui puisse servir sa cause.

Un petit rictus de satisfaction étira les lèvres pulpeuses de l'arithmancienne, quand Leopold Marchebank la désigna sous les termes de "Femme extraordinaire". Au moins dans l'art de complimenter, il savait trouver la dimension appropriée, et Ana éprouva un certain plaisir d'être à nouveau au centre des attentions d'un homme! Cette vanité maladive de toujours vouloir plaire la poussait dans la démesure narcissique et une souffrance quasi-perpétuelle. Dans sa haine ou sa peur atroce de vieillir, Ana n'avait que très peu d'occasion d'être réellement heureuse. L'ancienne reine de beauté vivait constamment avec ce fardeau si lourd à porter, qui était celui de demeurer pour toujours la plus belle femme du monde. Idéal bien impossible quand le reflet du miroir se déformait de jour en jour sous les rides du temps. Les belles paroles de Leopold Marchebank avaient de quoi la rassurer sur le caractère unique de sa personne, mais ce qui la réjouit encore davantage fut d'entendre le mépris du Ministre à l'égard de cet ignoble traître de Dalnox. Nul doute que nouveau leader du Monde Magique avait souffert un temps d'être relégué dans l'ombre du petit prince de la Politique. Si Ana avait longtemps ruminée sa vengeance dans la noirceur de sa cellule d'Azkaban, Leopold Marchebank également avait rongé son frein à l'idée de supplanter ce parvenu. Et voilà, que l'ancien chouchou de Fiennes voulait faire son grand retour, contrariant ainsi les projets de leadership du Ministre de la magie actuel. Plus le discours avançait, et plus la sorcière en devinait l'inéluctable conclusion. Mais plutôt que d'étaler sa science intuitive, elle préféra obtenir l'aveu de la bouche même du Ministre.

"Monsieur Marchebank... Aussi agréable soit la teneur de cette discussion, j'imagine que vous n'êtes pas venu ici dans le seul but de partager notre rancœur commune à l'égard de Dalnox. Et si vous en veniez directement à la raison de votre visite? "

En toute décontraction, Leopold Marchebank se laissa tomber aux côtés de sorcière, dans une promiscuité devenue aussi troublante que favorable aux confidences les plus secrètes. D'ailleurs, le couperet de la guillotine ne tarda pas à s'abattre sur la nuque de Richard Dalnox quand le Ministre se décida enfin à dévoiler le fond de sa pensée, et le fait qu'il aspirait à délivrer le Monde Magique de la présence de l'ignoble félon. Mais en bon politicien soucieux de sa notoriété, il ne voulait pas avoir à se salir les mains, d'où la raison de cette entrevue privée avec la plus grande tueuse psychotique du Monde Magique. La bouche de cette dernière se plissa dans un sourire de ravissement à l'idée de trouver un terrain d'entente avec l'homme le plus puissant de Grande-Bretagne, mais derrière l'apparente bonne humeur de la sorcière se cachait également une grande méfiance à l'idée de se faire rouler dans la farine à nouveau. Elle pouvait encore sentir le parfum de la précédente trahison, et rien ne lui garantissait que Leopold Marchebank tienne sa promesse. Certes, la vision du visage de Dalnox se tordant de douleur au moment de passer de vie à trépas était une chose terriblement tentante... Mais rien n'empêchait le machiavélique leader du FREE de faire coup double, en écartant son opposant politique et en capturant dans la foulée la fugitive la plus recherchée du Monde Magique. Dans ce jeu de poker menteur, il était bien difficile pour Ana de prendre la bonne décision. Mais avait-elle réellement le choix?

Signe extérieur trahissant son désarroi intérieur, Ana se mordilla la lèvre inférieure. Mais son sourire de façade revint aussi vite que sa confiance. Dans un geste empreint d'une familiarité osée, elle vint réajuster le col de chemise du Ministre, avant de laisser ses longs ongles couleur d'ébène se promener sur le torse de l'homme marié.

"Ainsi, vous et moi, nous partageons le même dessein, ou du moins la même proie. Il est clair que voir mourir Richard Dalnox me procurerait une joie immense... Seule, je n'y parviendrai assurément pas, tant ce lâche fait preuve de prudence, et préfère vivre reclus derrière les murs de sa propriété londonienne. Mais grâce à votre aide, je suis persuadée que nous pourrions trouver un moyen de l'arracher de sa tanière. Mais qui me dit, une fois cela réalisé, que vous n'allez pas me trahir... " La vile sorcière interrompit subitement sa caresse sensuelle, avant de jeter un regard sans équivoque à Leopold Marchebank. "Une fois déjà, j'ai accordé ma confiance à un politicien, et le résultat m'expédia directement dans les entrailles de la prison d'Azkaban. Une fois délivré de Dalnox, qui me dit que vous n'allez pas vouloir procéder à mon arrestation? Je devine aisément la chance fabuleuse que cela serait pour votre carrière que de délivrer le Monde Magique de sa plus terrifiante fugitive? Quels gages de sécurité êtes-vous en mesure de m'accorder? "

Si le terrain d'entente et le meurtre de Dalnox ne revêtait aucun problème, la suite semblait beaucoup plus complexe; Nul doute qu'un pacte de confiance devait être tissé entre le dictateur et l'ancienne reine de beauté, ceci afin de satisfaire les deux camps. Avec un leader politique à ses côtés, Ana Sorden imaginait déjà toutes sortes d'exigences qui pourraient grandement faciliter l'exécution de sa liste noire. Si elle réclamait justice en révélant les maltraitances que lui avait infligée l'Auror Meyer durant sa captivité, la carrière de cette dernière pouvait éventuellement s'achever entre les murs d'Azkaban. Quel retour de bâton formidable cela serait que de voir la mère moisir à son tour dans une cellule, loin de sa progéniture! Un éclat malsain brilla dans le regard de l'arithmancienne à l'idée d'assouvir sa haine. Glisser un mensonge à l'encontre d'Emma Blackbonnes pouvait également convaincre le Ministre d'éloigner son fils des griffes de cette petite peste. Autant de privilèges qui poussèrent la cruelle sorcière à user de ses charmes, pour convaincre le Ministre du bien fondé à vouloir composer avec elle. Diablement séductrice, Ana vint alors se coller sensuellement contre le corps du garant de sa future vengeance, de manière à lui susurrer une douce remarque dans le creux de son oreille.

"Je tiens à vous prévenir, monsieur Marchebank... Une fois que je vous aurai donné entière satisfaction, vous ne pourrez plus vous passer de moi... "

L'espace d'un instant, l'idée de devenir la Première Dame du Monde Magique lui effleura même l'esprit. Après tout aucune femme n'était en mesure de rivaliser avec sa beauté, comme aucun homme ne pouvait se refuser à elle. Allait-elle enfin obtenir cette grande destinée qui se faisait si durement attendre?


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Les propos de Leopold avaient désarçonné la reine de beauté, qui se demandait certainement si elle pouvait faire confiance à un tel homme. La réponse était évidemment non, mais Leopold était prêt à faire tout ce qu'il était en son pouvoir de faire pour lui faire croire l'inverse. Et il sentait que son ressentiment à l'égard de Richard Dalnox était suffisamment fort pour qu'elle décide de mettre de côté sa méfiance à l'égard du ministre... Confirmant ses impressions, Ana exprima ses doutes sans détour, non sans lui administrer une caresse osée qui lui tira un sourire surpris et charmeur. Ce n'était sans doute pas si étonnant de la part d'une ancienne reine de beauté, mais Ana Sorden était une femme séductrice, qui n'avait pas froid aux yeux, et il n'était pas désagréable de découvrir cet aspect de la personnalité de la criminelle. Le regard du Leopold se perdit un court instant dans la contemplation du corps sensuel de son interlocutrice, puis il se força à se concentrer sur ses propos en se donnant une baffe mentale. L'enjeu de cette rencontre était crucial, il se devait de rester concentré. Pour le moment, tout du moins, car s'il était possible de mixer business et plaisir, ce n'était pas lui qui allait s'en plaindre...

Un rictus amusé apparut sur son visage quand Ana mentionna la chance que constituerait l'arrestation d'une grande criminelle. Oui, c'était tout-à-fait le genre de plan machiavélique qu'il était capable d'échaffauder, n'était-ce pas ce qu'il avait fait avec Alcyd Mardol ? L'arithmancienne avait parfaitement saisi quel type d'homme il était et sa méfiance n'était qu'une preuve de sa lucidité. Deux grands joueurs se faisaient face aujourd'hui, pour une épreuve de force de la vilénie, et c'était à qui bernerait ou trahirait l'autre. A moins qu'ils ne fassent alliance pour doubler les profits... Car il y avait la place pour deux Dieux Vils en Angleterre, c'était en tout cas la vision que Leopold entendait implanter dans l'esprit d'Ana.

Cette dernière avait très certainement sa propre vision en tête, puisqu'elle vint se coller contre lui, aguicheuse, et murmurer des paroles séductrices à son oreille qui lui tirèrent un sourire qu'il ne put réprimer. Une lueur de désir dansa dans son regard, mais il parvint à garder la tête à peu près froide le temps de délivrer son message. Ana n'était pas vaniteuse sans raisons, elle était effectivement très belle avec ses boucles blondes et son corps sans défauts, sensuelle, joueuse et un brin cinglée, comme Leopold les aimait. Mais il ne devait pas lui laisser l'impression que c'était elle qui menait la danse ici. Si partenariat il se nouait, il devait se faire selon ses termes, et il ne tolérerait pas de désobéissance. De même que ce n'était pas lui qui devait céder à ses charmes, mais bien l'inverse, il voulait conquérir l'insaisissable Ana Sorden, la voir se livrer à lui et succomber au plaisir qu'il lui procurerait, elle si fière et indépendance... Il voulait séduire la séductrice et prendre le pouvoir sur leur duo de putscheurs sans scrupules.

"J'y compte bien...", murmura-t-il en l'enveloppant d'un regard assombri par des pensées inavouables, avant de laisser planer un silence chargé de tension. Sans faire mine de la repousser, et ce en dépit de l'alliance qui ceignait son doigt et à laquelle il n'avait encore jamais fait défaut, il glissa une main dans le dos de la sorcière pour entortiller ses doigts dans ses cheveux.

"Mais Ana", répondit-il finalement en mettant l'accent sur le prénom comme pour appuyer leur proximité, "Si je vous voulais derrière les barreaux, vous le seriez déjà - bien au contraire, je vous ai voulu hors de cellule, et vous voilà libre aujourd'hui. Je n'imagine pas une femme telle que vous passer sa vie oubliée au fin fond d'une cellule froide et humide. Ce n'est pas ainsi que je traite mes partenaires, car c'est ce que j'imagine pour nous, une alliance durable et fructueuse. Si l'affaire Dalnox se passe bien, je pourrais sans doute faire de nouveau appel à vos talents dans le futur, voyez ceci comme un premier test à l'embauche ! En échange, je peux vous assurer sans difficulté une fuite à l'étranger et un futur dénué d'ennuis judiciaires. Je peux faire de vous une femme libre, une femme riche si le luxe vous attire... Et tant d'autres choses encore..."

Le ministre accompagna ces paroles pleines de promesses d'une volée de baisers langoureux le long du cou d'Ana, avant de glisser à son tour quelques mots à son oreille : "Vous n'avez qu'à demander, alors nous pourrons... négocier. Je suis persuadé que nous pourrons trouver un terrain d'entente... Et bientôt vous ne pourrez plus vous passer de moi non plus."

Leopold vint alors captura les lèvres de l'arithmancienne en un long baiser impérieux, une main au creux de son dos pour la maintenir contre lui, emprisonnée dans une étreinte qui pourrait lui apporter monts et merveilles... ou causer sa perte.



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Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Leopold Marchebank ne semblait s'embarrasser d'aucune défaillance morale quand il s'agissait d'assouvir ses ambitions, ce qui ne pouvait que plaire à une femme de pouvoir de la trempe d'Ana Sorden. Cette dernière s'était rapprochée sensuellement de son bienfaiteur dans le but évident de faire naitre cette étincelle de désir qui avait l'art de lui donner l'avantage sur la gente masculine. La sorcière ne pouvait plus compter les fois où elle avait usé et abusé de ses artifices de beauté pour dompter la volonté des hommes. Enchainés au désir comme un pantin à ses fils, Ana savait parfaitement comment s'y prendre pour les diriger sur commande. Pour les plus résistants comme Leopold, il suffisait de leur donner l'illusion d'avoir le contrôle, et de maitriser la situation. Pour les plus faibles, comme Fingal Flynn, il fallait juste les bercer d'espoir et faire naitre la frustration. Ana savait que du sexe pouvait naitre des Empires, et trop de femmes moralisatrices et bien pensantes ne percevaient pas toutes l'étendue du pouvoir qu'elles avaient en leur possession. Depuis sa plus tendre adolescence, la Mardolienne avait cultivé une âme de séductrice redoutable, multipliant les conquêtes éphémères qu'elle finissait toujours par rejeter sans la moindre once d'empathie. Après tout, quel mal y avait-il à vouloir jouer avec les sentiments des autres? Aucun, car rien n'était plus grisant que de voir un homme au cœur brisé venir quémander une malheureuse caresse. Dans l'esprit d'Ana, toutes les femmes cherchaient à inspirer la convoitise, alors pourquoi se priver de ce plaisir? Surtout quand lorsque l'on est la plus belle femme du monde! Telle une anémone usant de sa beauté pour attirer à elle les pauvres petits poissons, Ana jouait les dangereuses prédatrices à l'égard de la gente masculine...

Mais le danger ne semblait pas effrayer outre mesure Leopold Marchebank, quand celui-ci lui garantit bien vouloir profiter à sa juste mesure de ses services. Les bases d'une alliance n'étaient-elles pas en train de se nouer? Lorsqu'Ana sentit la main ferme du Ministre se glisser dans son dos, pour venir entortiller les boucles dorées    de sa longue chevelure, elle se contenta de sourire de manière énigmatique. La sorcière de Salem l'écouta calmement énoncer une vérité absolue qui lui imposait de suivre la danse plutôt que de la mener. Ana entendit également les avantages dont elle pourrait jouir d'un partenariat avec le Ministre : Fuite à l'étranger, confort matériel, et pour couronner le tout la fin de sa traque et de ses ennuis judiciaires. Qui refuserait une telle proposition? Surtout lorsque ces belles promesses se virent accompagner d'une flopée de baisers aussi langoureux les uns que les autres le long du cou de la sulfureuse sorcière. Livrant sa gorge dénudée, la criminelle en fuite se laissa vampiriser par cet homme avec qui elle sentait naitre de si nombreux points communs. Mais de proie, elle redevint rapidement une prédatrice quand elle écarta malicieusement le ministre d'une caresse sensuelle, tandis que celui-ci lui susurrait des amabilités au creux de l'oreille.

"Qu'est-ce qui peut bien vous faire penser que j'aspire à fuir ce pays? Sincèrement, vous croyez que je vais abandonner ce que j'ai entrepris, de peur de finir à nouveau dans un cachot humide? C'est mal me connaître Monsieur Marchebank. Sachez qu'une femme de mon envergure ne fuit pas le danger, elle finit toujours par l'apprivoiser... "

Ana planta un regard de louve dans celui de son éventuel bienfaiteur.

"Si nous unissons nos efforts, il est clair que rien n'entravera plus notre ascension. Nous avons autant besoin de l'un que de l'autre. Tout comme moi, l'impossible ne vous effraie pas, car vous êtes un homme hors du commun. Vous et moi, nous sommes de la race des conquérants! Ma seule volonté est de retrouver de mon prestige. J'ignore comment mais je veux que vous me blanchissiez aux yeux de l'opinion publique. Je me fiche du temps qu'il vous faudra, mais j'exige de hautes fonctions et des responsabilités en adéquation avec ma grandeur personnelle. Seul le pouvoir m'intéresse! "

Gonflant sa poitrine d'orgueil, telle une statue de divinité grecque, Ana poursuivit son incroyable requête.

"Si vous me garantissez une place de tout premier ordre, alors je ne reculerai devant aucune de vos exigences, aussi ardues soient-elles. Je suis la sorcière la plus puissante d'Amérique, et personne dans ce monde ne peut me vaincre en duel magique : Je suis tout bonnement invincible! Un homme de votre envergure ne doit-il pas savoir s'entourer des meilleurs? A la seconde où vous accepterez ma proposition, Richard Dalnox ne sera plus de ce monde... "

Peut-être nageait-elle en pleine utopie; Sa folie narcissique l'empêchant de discerner les limites du possible, et à quel point il était compliqué d'effacer l'ardoise judiciaire qu'elle trainait derrière elle. Peut-être se voyait-elle plus forte qu'elle ne l'était réellement. Mais la force d'Ana Sorden était de toujours y croire, quand la plupart des mortels aurait d'ores et déjà abandonné. Si Leopold Marchebank demeura stoïque un instant, nul doute que la force mental de l'arithmancienne ne le laissait point indifférent. C'est alors que l'impossible se produisit, lorsqu'une étreinte et un baiser plus brulant que les flammes de l'enfer elles-mêmes vinrent sceller l'alliance entre le Ministre et la criminelle la plus recherchée du Monde Magique. Un frisson parcourut l'échine de l'arithmancienne, alors qu'elle pensait peut-être à tort à avoir triomphé de la volonté du Ministre. Ana n'offrit aucune résistance, sa langue de vipère venant s'enrouler sensuellement autour de celle de l'époux devenu soudainement infidèle. Arborant un visage triomphant, la sorcière de Salem finit par se soustraire aux lèvres du Ministre.

"Dois-je interpréter cela comme un oui? "

Sans même attendre la réponse du Ministre, Ana se permit alors un geste d'un culot extraordinaire qui témoignait à lui seul de toute l'étendue de l'assurance dont elle disposait. L'ancienne reine de beauté saisit la main de Leopold, avant que sa bouche pulpeuse ne vienne humecter l'annulaire sur lequel trônait l'alliance, de manière à pouvoir la retirer plus facilement; Puis d'un geste souverain elle ôta cette odieuse preuve de mariage, qui lui égratignait depuis trop longtemps le regard. Un tintement métallique se fit entendre quand elle jeta le petit cercle doré sur la surface de la table basse qui se trouvait à proximité du canapé. Haussant les épaules, Ana finit par se justifier auprès de l'homme qu'elle désirait ardemment conquérir.


"Je suis désolée, mais je n'aime pas partager... "

Sûr d'elle, elle se laissa retombée lascivement dans le canapé, attendant que le Ministre achève ce qu'il venait d'entreprendre. La sorcière pensait tenir les rênes de ce jeu de séduction, trop aveuglée par sa vanité. Mais sans le savoir, elle venait de tomber sur un sérieux client en la personne de Leopold Marchebank, Alors qu'elle se voyait déjà comme une reine sur le futur échiquier politique, Leopold Marchebank s'apprêtait à se jouer d'elle comme jamais auparavant pour la renvoyer à un vulgaire statut de pion du système. Prise à son propre jeu, Ana était la preuve incarnée que l'orgueil était l'une des ficelles préférées des grands manipulateurs du calibre de Leopold Marchebank...


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Elle était folle, elle avait perdu l'esprit. C'était la seule explication qui pouvait justifier de telles requêtes, un tel comportement, et Leopold se trouvait frappé par cette folie furieuse qui s'était emparée de la belle arithmancienne... Pensait-elle réellement qu'il avait le pouvoir d'effacer son ardoise, de pardonner ses crimes et de restaurer son ardoise aux yeux du monde magique ?!

Oui, elle le pensait. Il le voyait dans son regard au fond duquel dansait la flamme de la folie : elle le pensait sincèrement. Sans doute se voyait-elle déjà dominant le monde magique avec lui, puis sans lui - pourquoi s'encombrer d'un vieux ministre impuissant lorsque l'on pouvait régner seule ? Mais elle avait perdu la raison, et se trouvait détachée de toute notion de réalité, c'était insensé. Avait-elle oublié les meurtres qu'elle avait commis, les personnes auxquelles elle s'était attaquée, les cicatrices qu'elle avait laissé derrière elle ? Le monde magique pouvait pardonner beaucoup, mais pas qu'on s'en prenne à sa prime jeunesse. Leopold lui-même ne pouvait pardonner la peur qui l'avait saisi le jour où il avait découvert que sa propre enfant, sa petite fille chérie avait failli périr au fin fond de la Laponie, frappée par les plans insensés de cette femme qu'il tenait contre lui...

Alors il pouvait s'aider d'Ana, il pouvait s'allier à elle, la conquérir et la posséder, l'user et la rejeter, se jouer d'elle mais il ne pouvait se laisser "apprivoiser" comme elle le suggérait. Car sa propre folie s'ancrait fermement dans la réalité, alliant pragmatisme, ambition démesurée et égocentrisme extrême, tandis qu'Ana s'était perdue depuis trop longtemps dans ses illusions. Il le comprit à l'instant où elle ôta sa bague de fiançailles, ne tolérant visiblement pas la pensée d'une épouse dans la vie de celui qu'elle estimait être sien. Leopold était donc en danger d'être le futur Richard Dalnox, et il était bien placé pour savoir ce qui arrivait aux Dalnox...

Hors de question que cette alliance se concrétise jusqu'au point exigé par Ana. Une fois la mort de son opposant politique obtenue, Leopold saurait envoyer ses aurors au bon endroit pour que la gloire de l'arrestation d'Ana Sorden rejaillisse sur son gouvernement. Cela ne serait qu'un juste rendu, après avoir libéré Alcyd Mardol et subi les commentaires désobligeants de ses homonymes étrangers. La pensée de doubler Ana était donc fermement ancrée dans l'esprit de Leopold, qui s'en désolait presque : elle aurait fait une formidable alliée si son esprit n'était pas à ce point possédé par la folie et par l'amour sans borne qu'elle vouait à sa propre personne. Hélas, elle n'était pas fiable comme Jacob avait pu l'être, alors il devrait se passer d'elle...

Mais rien n'empêchait d'en profiter d'abord, n'est-ce pas ? S'il devait donner de sa personne pour convaincre Ana de la réalité de leur alliance, alors, par Salazar, il le ferait volontiers... Il fallait savoir se sacrifier pour le bien commun, songea-t-il cyniquement en s'allongeant sur le corps offert de l'arithmancienne.

"Vous n'aurez pas à le faire, ma reine", répliqua Leopold tandis qu'un sourire carnassier naissait son visage, qui vint se perdre dans le décolleté de la sorcière. Faisant mine d'acquiescer à chacune de ses exigences insensées, Leopold lui laissa l'illusion de mener la danse - tout en se laissant ensorceler par ses charmes, juste cette foi. Toutes considérations politiques s'échappaient de son esprit face aux atouts d'Ana Sorden, auxquels il était loin d'être indifférent. Son esprit embrumé par la luxure en oublia ses propres engagements, la bague de fiançailles abandonnée sur la table basse, et elle aurait accompli cet exploit - être la seule femme prompte à lui faire rompre ses voeux de mariage et de fidélité. Mais elle ne serait pas celle qui précipiterait sa chute, Leopold ayant déjà bien assez de raisons de chuter tout seul... Et lui ne cultivait pas l'espoir insensé d'une rédemption.

Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. C'était par ce dicton que Leopold avait toujours vécu sa vie, qu'il avait conquis le pouvoir et qu'il le conservait aujourd'hui. C'était grâce à lui qu'il se vautrait sans le moindre remord dans la débauche avec la criminelle la plus recherchée du monde magique, conscient que cette étreinte ne mènerait qu'à la trahison et la mort de l'un d'entre eux. Celle d'Ana, de préférence...

Car les Dieux de la Vengeance exercent en silence, et nombreux étaient ceux qui priaient pour qu'Ana connaisse leurs châtiments. Leopold et ses aurors se feraient volontiers les bras armés de cette volonté divine, pour l'Angleterre... Et surtout pour le FREE.

RP terminé



Christoph Waltz, merci à Roy
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Les Dieux de la Vengeance exercent en silence... [Pv avec le Dieu Vil]

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