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 Piqûre de rappel [Leopold & Roy]

Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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3 décembre 2008

« Boss, le ministre est là-haut. Il veut vous voir… immédiatement. »

Le ton hésitant avec lequel Darrow parla fit comprendre à Roy que la situation n’était pas habituelle. Le ministre n’était pas venu le voir pour une de leurs réunions régulières dans la pièce interdite, et l’avait fait comprendre aux vigiles dès l’entrée. A vrai dire, Roy n’était pas tellement surpris. Il ne s’attendait simplement pas à ce que Leopold Marchebank se déplace en personne, non, il s’attendait à recevoir un intermédiaire. Hailey Peterson, dans le pire des cas. Etait-ce finalement mieux pour lui que Marchebank se soit déplacé ? Roy tendait plutôt à dire non, mais au moins, discuter avec le ministre directement aurait le mérite qu’il n’y aurait pas d’impair ou de malentendu sur la suite des évènements.

« Je viens, lança Jayce, au moment où son partenaire quitta son siège.
- C’est pas la peine, finissez sans moi, plutôt, répliqua Roy, en jetant un bref coup d’oeil à Solal et Toni, assis sur les canapés de la pièce. Pas la peine de m’attendre. »

Il leur faisait toute confiance pour finir de discuter sur l’affaire qui était devenue désormais l’une de leurs priorités : régler le cas June Byrd. Il était à peu près certain que la discussion qu’il allait avoir avec le ministre tournerait autour de la même chose. Sur le coup, emporté par la colère, Roy s’était laissé aveuglé, et n’avait même pas songé aux conséquences de ses actes, tant rien ne lui importait plus que d’avoir June. Le retour à la réalité fut très rapide et brutal, à vrai dire dès qu’il avait quitté la Voie et était remonté à la surface, dans le Bristol sorcier où régnait déjà une certaine agitation, et des murmures un peu partout. Un commerce avait brûlé dans l’Avenue des Douze Chênes ! Heureusement il n’y avait pas eu de dommages collatéraux, le feu était curieusement resté contenu à l’intérieur. Un accident ? Non, soufflaient des témoins, on avait vu des hommes masqués rôder autour, et tout laissait à croire qu’il s’agissait là d’une oeuvre de magie noire qui ciblait spécifiquement un seul bar. Une attaque criminelle alors ! Et les frissons revenaient chez les commerçants, qui croyaient pourtant leur sécurité assurée, depuis cette guerre des gangs qui restait douloureusement ancrée dans leur mémoire.

Bref, Roy avait merdé sur ce coup-là. Il le savait, mais il était encore loin de regretter son geste. Le Red Bird avait brûlé, c’était bien fait pour sa saleté de tenancière, et il assumerait toutes les conséquences qui s’imposeraient à lui. La Milice était sur l’enquête, ils ne tarderaient pas à remonter jusqu’à eux, d’une façon ou d’une autre. Il suffirait de tendre l’oreille au bon endroit : parmi les gangs de toute l’Angleterre se chuchotait désormais qu’un sanglant conflit avait éclaté dans la Voie des Miracles entre June Byrd et Roy Calder, que la première avait réussi à s’échapper, et que le second avait mis un contrat sur sa tête et massacré deux de ses hommes. Roy ne savait pas si les forces de l’ordre avaient déjà déduit qu’il s’agissait là de l’oeuvre des Veilleurs, mais Leopold Marchebank ne pouvait que l’apprendre avant eux : il était mafieux lui aussi, dans le plus grand secret, après tout.

Roy quitta la petite pièce fermée qui leur servait de quartier général, pour remonter le casino d’un pas vif, jusqu’aux grands escaliers. Quelques minutes plus tard, il passait de l’autre côté des Folies Sorcières, dans son antre la plus secrète. Il entra sans s’annoncer dans la pièce interdite, où il trouva Leopold assis seul, avec une expression sur le visage qui… Eh bien, qui faisait sentir à Roy qu’il n’allait pas passer le meilleur quart d’heure de sa vie.

« Monsieur le ministre. »

Salut sobre car il savait que Leopold n’était pas venue en visite de courtoisie, et qu’il allait très rapidement en venir au vif du sujet.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Ce ne furent pas les aurors qui avertirent Leopold les premiers de l'incendie criminel d'un commerce sur l'Avenue des Douze Chênes. Lorsque la petite note griffonnée à la hâte par Hailey était arrivée jusqu'à lui, Leopold avait déjà annulé sa réunion et s'était enfermé dans son bureau dans l'attente de nouvelles d'Alan Sheppard, bouillant intérieurement. Le ministre avait son propre réseau d'information, plus efficace selon lui que les services secrets du régime et plus rapide que les voies normales, tout simplement parce que ses hommes ne s'encombraient pas de la légalité. C'était dans ces moments là que la double-casquette de Leopold lui était utile, son réseau de trafiquants, de mafieux et d'espions étant bien mieux informés que le BDA sur ce qui s'était passé à Bristol. Bien souvent, les informations qui lui provenaient par cette voie là lui permettaient d'obtenir un contrôle de la situation du pays bien plus important que s'il se cantonnait à son rôle de ministre, quand bien même doté des pleins pouvoirs.

Ainsi, Leopold était en pleine visite diplomatique avec le ministre estonien lorsque la lourde montre d'argent qui ornait son poignet s'était mise à chauffer doucement. Un léger coup d'oeil au cadrant lui avait permis d'identifier laquelle des treize aiguilles s'était mise à luire de façon quasi-imperceptible, adoptant un halo bleuté qui constituait un signal. Leopold n'avait quasiment pas été surpris de constater que c'était l'aiguille de Dimitri qui s'était animée. Chaque fois ces dernières semaines que sa montre l'avait alerté, Leopold s'était attendu à ce que le problème ne vienne des Veilleurs. Oh, le ministre avait confiance dans l'alliance qu'il avait contracté avec Roy. Pour l'heure, c'était du gagnant-gagnant et Calder en trouvait largement son compte, aussi n'avait-il pas grand chose à craindre. Pour autant, lui-même connaissait bien trop le milieu des gangs pour savoir qu'il n'était pas si aisé de maîtriser des mafieux et d'attendre d'eux de se cantonner à un secteur déterminé, sans faire de vagues, du jour au lendemain.  

Pour autant, il ne s'était pas attendu à un tel débordement. Un cadavre retrouvé du côté du port, oui. Une baston dans un quartier pauvre, à la limite. Mais un nouveau commerce attaqué, complètement brûlé, sur l'Allée des Douze Chênes ?! Non ! Cela allait à l'encontre totale des accords du ministère avec le gang, et surtout, cela allait à l'encontre des actions sécuritaires du BDA et de la milice. Cela entâchait l'image du gouvernement et créait de nouvelles peurs et suspicions au sein des habitants. Si peu de temps après la guerre des gangs, alors que le traumatisme était encore si proche, c'était une vraie catastrophe et cela ne pouvait se reproduire. Ce qu'il comptait bien faire comprendre à Roy Calder, ce petit malin qui se croyait tout permis, y compris lancer une nouvelle guerre entre trafiquants alors même que Leopold le laissait vivre sa vie sous condition qu'il ne maîtrise le marché noir...

Oh, Leopold n'ignorait rien du contrat qui avait été passé par Roy sur la tête de June Byrd, qui au passage travaillait également pour lui, pas plus qu'il n'ignorait le massacre sanglant de deux de ses hommes sur la Voie. Dimitri Haros, trafiquant sur la Voie au service de Leopold depuis quatre ans et devenu récemment membre des Veilleurs, avait fourni un récit détaillé des évènements, auxquels il avait assisté, à Ernest, trafiquant londonien, qui lui-même avait rencontré Alan, ce dernier étant enfin venu rendre son rapport à Leopold. Un rapport bien plus riche que celui d'Hailey qui concluait à un incendie criminel d'origine indéterminée, bien qu'elle soupçonnait elle-aussi une implication des gangs - et qui disait gangs dans les rues de Bristol disait que Roy Calder avait mal fait son boulot. En l'occurence, c'était pire que ça : l'homme était carrément à l'origine de cette chasse aux sorcières qui avait pour objectif de tuer June Byrd, dont Leopold tenait personnellement à la survie...

Le ministre tenait donc à arrêter tout de suite les vélléités funestes de Roy et, surtout, à mettre les points sur les i. Il était hors de question qu'un tel débordement se reproduise, venant entâcher son bilan à Bristol. Surtout, il tenait à faire comprendre à Roy qu'il n'était rien, et que Leopold pouvait lui enlever son immunité aussi vite qu'il la lui avait accordé. Ce fut donc un ministre légèrement remonté qui se présenta à la cheminée des Folies, sans s'être annoncé, uniquement flanqué de son habituel cortège de gardes du corps. La mine contrariée, le regard glacial, Leopold vint se poster devant les Veilleurs qui gardaient l'entrée et exigea d'un ton qui ne souffrait d'aucune contradiction :

"Je veux voir Calder immédiatement."

Les hommes de Roy durent comprendre à son ton que la situation étaient inhabituelles, et ne cherchèrent pas à discuter. L'un d'eux partit chercher Roy tandis qu'un autre laissa Leopold s'escorter lui-même jusqu'à la pièce secrète, qu'il connaissait bien désormais. Leopold échangea un infime coup d'oeil avec Dimitri au passage. Son espion faisait du bon boulot ici. Dimitri n'était au départ qu'un trafiquant sans envergure, un de ces hommes que les hasards de la vie avaient poussé dans le marché noir. Intelligent et discret, il avait su attirer l'attention de Leopold au détour d'une sombre affaire de contrebande impliquant Jobarbille. Depuis, il travaillait pour lui en lui faisait des rapports réguliers sur l'évolution des rapports de force dans la Voie. C'était donc Dimitri qui lui avait rapporté la montée au pouvoir de Roy et avait attiré son attention sur les Veilleurs. Un bon élément, donc, que Leopold jugeait judicieusement placé auprès de ses alliés. Après tout, on ne pouvait jamais faire totalement confiance à un homme comme Calder, comme l'indiquaient les évènements de la veille. Preuve en était qu'il ne fallait jamais se contenter d'observer ses ennemis, mais également ses amis...

Leopold s'installa à la table de la pièce secrète, son regard sombre se perdant sur l'endroit. Il n'aimait pas particulièrement avoir à faire de mises au point comme celle qui s'annonçait, mais savait reconnaître lorsqu'elles étaient nécessaires, et c'était le cas aujourd'hui. Avant que les choses ne dégénèrent, avant que Calder ne prenne trop ses aises aussi, il était temps de mettre les choses au clair... Et de le remettre à sa place.

Quand il arriva, Leopold tourna vers lui un visage fermé et bondit sur ses pieds, pour franchir la distance qui les séparait. Fronçant les sourcils, il planta son regard sur Calder et ignora sa salutation, avant de lâcher, sur un ton dangereusement froid :

"Calder. Je peux savoir ce qui s'est passé dans votre petite tête de têtard pour que vous jugiez bon d'envoyer vos hommes brûler un commerce au beau milieu des Douze Chênes ?"

Leopold avait une bonne idée de ce qui s'était passé dans la tête de Roy, en réalité. Mais il était curieux de voir comment il comptait justifier ses actes. Autant dire qu'il avait intérêt d'être convainquant...



Christoph Waltz, merci à Roy
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Roy se retint de claquer la langue d’agacement au sobriquet dont l’affubla Leopold. A la place, il croisa les bras dans une posture défensive. Il voyait bien que le ton maîtrisé et froid de l’homme n’était qu’un masque, et que s’il ne pesait pas ses mots, il se ferait copieusement remettre à sa place. Il le savait mais… Roy Calder, peser ses mots ? Quand il négociait, oui. Quand il était d’à peu près bonne humeur, il pouvait. Il était regrettable pour le trafiquant que cette conversation ait lieu à peine douze heures après l’incident. Il bouillait encore, et bonne tête brûlée qu’il était, plein d’orgueil et de colère, il n’avait pas envie de s’écraser. Il ne chercha même pas jouer les ingénus. Les Aurors mettraient peut-être plus de temps à découvrir l’origine de l’incendie, mais pas Leopold, qui était parfaitement au fait de ce qui se passait dans leur monde fermé de criminels. Un peu trop au fait, pour un homme soi-disant honnête.

Alors Roy soutint le regard du ministre sans ciller, prit la parole avec un calme empreint d’une certaine froideur :

« Il y a des gens qui s’imaginent qu’ils peuvent m’attaquer personnellement sans être inquiétés. Alors je leur donne une leçon. Cette femme… Je veux sa tête. C’était son bar ou son cadavre, et comme elle s’est tirée avant que je l’exécute… » Décroisant les bras, il conclut sans vraiment laisser le temps à Leopold de répliquer. « Vous savez très bien comment ça marche. Si je dois détruire tout ce qui lui appartient pour qu’elle reste à sa place, je le ferai. »

Et ce n’était pas qu’une affaire personnelle entre June et lui. Dès l’instant où elle l’avait attaqué, elle s’en était pris à beaucoup plus que simplement Irina -ce qui était déjà trop. Elle lui déclarait la guerre ? Les Veilleurs le prendraient pour eux. Tout était une affaire de communication, si l’on voulait se faire respecter dans ce monde de hyènes. Roy ne comptait laisser aucun de ses ennemis croire qu’ils pouvaient s’en prendre à sa famille sans qu’il ne réplique, et ce, avec les intérêts. Sang pour sang. A cet instant, Roy se fichait bien de paraître insolent. Ce n’était pas tant la froideur de son ton que ses ardeurs qu’il fallait calmer… Car son regard n’était pas celui malicieux habituel, mais bien celui meurtrier d’un homme prêt à en découdre.  



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold avait l'habitude qu'on l'écoute, qu'on le respecte, et même que l'on fasse preuve de déférence à son égard. C'était un subtil mélange de sa personnalité, de son influence et de sa position de ministre qui conduisait son entourage à garder une respectueuse distance de sécurité à son égard et il était infiniment rare qu'on lui tienne tête. Oh, il y avait bien Dave pour essayer, se montrant parfois insolent comme seuls les adolescents savaient le faire, mais Dave connaissait suffisamment bien son père pour savoir lorsqu'il était dans son intérêt de ravaler la fierté et de garder le silence... Ce qui, de toute évidence, n'était pas encore le cas de Roy Calder.

Le ministre s'était attendu à ce que le mafieux se montre renfrogné et peu coopératif, mais certainement pas à ce qu'il joue avec les limites de l'insolence et se montre aussi vindicatif que dénué de remords. Roy agissait avec Leopold comme s'il avait affaire à un égal qu'il pouvait se permettre de contredire, ce qui n'était pas le cas, que les choses soient bien claires. Au-delà même de l'incendie et de la chasse à June, le coeur du problème que le ministre sentait apparaître était ailleurs : Roy commençait d'ores-et-déjà à prendre beaucoup trop ses aises, alors que son arrangement avec le ministère était tout neuf. Leopold ne pouvait laisser une telle situation perdurer, pas alors que Roy se voyait octroyer une place de choix au sein de la mafia mais aussi et surtout au sein du gouvernement officieux qui tirait réellement les ficelles du pays... Leopold devait s'assurer de son indéfectible loyauté et du fait qu'il pouvait être maîtrisé, à défaut d'être manipulé, car le cas contraire il représentait une menace... Menace que le ministre n'hésiterait pas à éliminer, accord ou non.

Le visage livide de Leopold trahissait sa colère, or le ministre n'était pas un homme qui s'énervait très souvent. Oh, il ronchonnait, il méprisait, il décriait et critiquait, il complotait mais ne s'énervait pas, ou rarement. Ce n'était pas un homme sanguin et il avait tendance à peser chaque mot, chaque réaction. Et s'il se laissait occasionnellement emporter par l'émotion, elle était généralement plus positive que négative. De la passion, de la jubilation, de la joie, oui... Mais de l'emportement ? Rarement. La colère ne lui semblait pas être un sentiment naturel, il ne savait qu'en faire, ne savait comment la canaliser ou n'aimait guère crier. Il fallait vraiment que la personne en question y soit allé fort, ait touché juste pour provoquer cela. Défier, même indirectement, son autorité et le sous-estimer était un excellent moyen d'y parvenir, qui ne le laissait jamais indifférent...

"Non, vous ne le ferez pas", répliqua Leopold au tac-au-tac, sa voix coupant l'air tandis que son regard s'étrécissait. "Vous avez passé un accord avec le Ministère en vertu duquel vos activités devraient rester strictement cantonnées et éloignées de la population civile. Vous avez affirmé personnellement pouvoir accomplir cela. Et vous lancez une attaque mafieuse sur l'Avenue, après le Bloody Sunday... Vous essayez de me faire destituer ?!"

Nul doute que les journaux feraient leurs choux gras de cette affaire après les belles déclarations du département de la justice sur les gangs maîtrisés et la sécurité de la ville restaurée. C'était un sacré revers pour la côte de popularité du Ministère et une claque pour Leopold, l'opposition se ferait très certainement un plaisir de récupérer cet incident pour pointer du doigt les dépenses faramineuses engagées dans la protection de Bristol... tout ça pour quoi ? La guerre des gangs, le retour, titrerait la Gazette ! A moins que la thèse de l'accident ne parvienne à convaincre les foules mais le ministre avait un gros doute sur la question... Il y avait des limites à la stupidité et à la crédulité de la population de ce pays. Leopold allait devoir peser sur la presse pour étouffer l'affaire et il refusait de voir son énergie et ses ressources gaspillées dans la gestion des crises provoquées par les Veilleurs...

"Que les choses soient claires, Calder. Je me fiche éperdument de votre petite querelle d'amoureux avec miss Byrd", cingla-t-il avec mépris. Si Roy s'imaginait qu'il ne connaissait pas tous les détails sordides de son histoire avec June, il se fourrait le doigt dans l'oeil. "Vous n'entraînerez pas votre gang, et encore moins le ministère, dans une nouvelle guerre des gangs qui ruinera tous nos efforts. Vous allez me faire le plaisir de faire une trève avec Byrd, considérez-la sous ma protection et sous celle de monsieur Dalhiatus, et si jamais vous touchez à un seul de ses cheveux, ou si jamais vous provoquez à nouveau le moindre remou, je vous jure que vous allez le regretter. Ne faites par l'erreur de croire que vous pouvez défier mon autorité sans être inquiété."

Ne faites pas l'erreur de croire que vous avez autant de pouvoir que moi, ajouta-t-il intérieurement. Certes le pouvoir officiel d'un ministre pouvait sembler bien dérisoire pour un homme tel que Roy, mais ce dernier avait besoin de comprendre à qui il avait affaire. Leopold était déjà parrain de mafia que Roy n'était encore qu'un adolescent boutonneux de Poudlard dont le plus grand souci dans la vie était de réussir à tricher à l'examen de potions... Alors non, Roy n'était pas libre. En pactisant avec le ministre, il avait pactisé avec le diable, et perdu en marge de manoeuvre, dépendant désormais pour partie du bon vouloir du ministère. Leopold estimait que les avantages appportés par cette situation compensaient largement les inconvénients, et que tout homme avisé aurait su se tenir à carreau pour gagner la confiance du ministre et ainsi regagner une certaine liberté... Mais non, il avait fallut que Roy, dans toute son impulsivité et son ego, n'outrepasse ses droits, conduisant ainsi Leopold à vouloir interférer dans les affaires de son gang, plus qu'il ne l'aurait voulu. Après tout, il avait bien assez à gérer de son côté, quel était l'avantage de s'entourer de lieutenants si l'on ne pouvait pas compter sur eux ? Pourquoi était-il toujours obligé de s'occuper de tout, par Merlin ?! Les gens étaient-ils donc dénués de toute once de jugeotte et de réflexion ?

"Croyez-moi, vous regretteriez de ne pas avoir laissé Jacob vous enfermer à Azkaban quand il en était encore temps, en comparaison du sort que je vous réserve si vous me faites un coup pareil une seconde fois", conclut-il d'une voix froide. "Mieux vaut pour vous avoir de nombreux ennemis sur la Voie qu'un seul ennemi comme moi. Ne vous trompez pas sur l'origine de la menace... Vous avez affirmé pouvoir dominer les autres gangs sans provoquer de débordements, tenez-y vous, ou bien je me verrai obligé de constater que vous avez menti et d'en tirer les conséquences..."

Un sourire sombre étira ses lèvres et il conclut en reprenant les propres paroles du trafiquant : "Vous savez bien comment ça marche."



Christoph Waltz, merci à Roy
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Roy garda prudemment le silence face à la colère du ministre qui ne faisait que grandir sous ses yeux, trouvant sa voie dans des paroles dures et menaçantes. S’il n’était pas tant envahi de fureur, Roy se serait sans doute aplati en excuses afin de mettre son supérieur dans de meilleures dispositions, car il fallait l’avouer : il s’était rarement fait engueuler aussi copieusement. Il ne soupçonnait d’ailleurs pas que Leopold était capable de faire preuve d’une telle autorité et d’une telle colère. Comprenant qu’il venait de le pousser à bout et qu’il valait mieux pour lui et ses affaires de se replier avec prudence, Roy tenta de maîtriser le feu qui grondait en lui, en calmant d’abord sa respiration. Les yeux fermés et les poings serrés au moment où Leopold évoquait une querelle d’amoureux avec June -comme cette formulation l’énervait prodigieusement-, le trafiquant se força d’abord à ne pas répliquer. Mais il ne tint pas longtemps, ce fut plus fort que lui lorsque Leopold affirma que June restait sous sa protection. Cette dangereuse psychopathe avait donc l’immunité ? Et puis quoi, encore ?

« Alors tenez-la, elle aussi ! tempêta t-il. Elle a… Il prit une inspiration pour contenir la rage qui remontait en lui juste à la pensée de ce qu’il allait dire. C’était une information qui n’était pas encore connue de tous, seulement des Veilleurs les plus proches. Mais ce genre d’info ne restait jamais longtemps sous silence, elle ne tarderait pas à fuite et circuler parmi les mafieux les plus curieux d’en savoir plus au sujet de ce qui avait divisé les deux chefs en guerre, anciens ex, pour lesquels on se pressait de tirer des conclusions hâtives : précisément, ce n’était pas juste une querelle d’amoureux. Son poing vint frapper la table, avec force. Elle a torturé ma soeur. Si vous voulez une trêve, assurez-vous qu’elle ne refasse plus jamais un coup pareil, parce qu’il y a des limites à ce que je peux tolérer. »

Ce n’était même pas une question de pouvoir, Roy ne cherchait aucunement à outrepasser celui de son cher ministre. Il serait resté bien volontiers à sa place, qui lui seyait très bien, cela dit en passant, car Roy savait très bien où étaient ses intérêts. Mais il était également homme à perdre de vue certains de ses objectifs, et à laisser ses émotions complètement balayer sa raison, lorsque l’on s’en prenait à des êtres qui lui étaient chers. Il voulait bien reconnaître qu’il avait fait une erreur, hier soir, en ravageant le bar de June, au risque de se retrouver comme maintenant, dans la fâcheuse position de devoir s’expliquer. Et pourtant… Si c’était à refaire, il recommencerait, disait son regard brûlant.

Roy fut toutefois bien forcé de freiner ses ardeurs, alors que les menaces de Leopold se faisait plus réelles et plus conséquentes. Il était désormais averti, un autre coup comme celui-ci, et il se faisait éjecter de la scène de puissants aussi rapidement qu’il y avait accédé. Roy, tout orgueilleux qu’il était, ne se payait toutefois pas le luxe de croire qu’il était irremplaçable. Il savait que Leopold ne bluffait pas, qu’il ne cherchait pas juste à l’intimider, mais bien véritablement à lui faire comprendre qui avait le dernier mot ici, et qu’il n’hésiterait pas non plus une seconde à mettre ses menaces à exécution si jamais il l’y poussait. Roy se redressa en croisant les bras, plus calme que tout à l’heure. Il n’avait pas besoin de tergiverser pour déterminer que, non, se faire un ennemi de Leopold n’était pas du tout ce qu’il cherchait.

« Ca ne se reproduira plus. »

Vrillant son regard dans celui du ministre, alors que Roy se rétractait, il ne pouvait s’empêcher de se faire la réflexion que décidément, il aurait toujours à courber l’échine devant quelqu’un. Pour un homme comme lui qui donnait tout pour vivre au gré de ses envies, c’était un constat toujours difficile à avaler. Mais c’était le jeu auquel il avait choisi de jouer. En vérité, Leopold ne faisait que lui en rappeler les règles.

« Les Veilleurs resteront là où ils doivent être » lâcha t-il finalement, d’un ton dont il s’efforça de masquer l’amertume.

A savoir, loin des civils, et bien enterrés dans la Voie. Roy allait donc commencer par calmer ses troupes en rentrant. Ficher la paix à June, en revanche… Eh bien, il devait y avoir un moyen de lui faire payer sans provoquer trop de remous, comme disait le ministre. Il préféra d’ailleurs avertir Leopold, avant qu’un autre évènement de ce genre ne se reproduise :

« Mais je suis théoriquement sous votre protection aussi, alors je le répète : si cette… Retenant l’insulte qu’il lui brûlait la langue, Roy inspira un coup pour se donner un langage plus digne. Si elle s’attaque à nouveau à moi ou à l’un des membres de ma famille, je serai obligé de réagir. Je ne veux pas me faire un ennemi de vous, ni gâcher les affaires qui nous lient donc je suis prêt à réparer ce que j’ai fait. Si vous avez besoin de… coupables pour l’opinion, je vous les donnerai, concéda t-il difficilement, en réfléchissant déjà à un moyen de ne pas livrer ses propres hommes mais faire casquer d’autres. Seulement si June Byrd reste à sa place aussi. »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold posa un regard imperturbable sur l'homme qui bouillonnait de colère face à lui. Le ministre prenait bien conscience de la dose de patience que Roy avait avalé pour prendre sur lui et accepter de calmer le jeu, mais cela ne l'émouvait pas pour autant. June Byrd avait torturé sa soeur, et alors ? Leopold lui-même avait une soeur, à laquelle il tenait à sa façon, mais il ne mettrait pas sa position en danger pour venger le mal qui lui était fait. Ce qui était fait était fait et Roy ne pouvait rien y changer... S'en prendre à la jeune Calder, c'était un acte de malveillance logique dans la querelle qui semblait les opposer, où tous les coups étaient permis. Leopold venait justement poser les très strictes règles du jeu : interdit de jouer. Ou alors il ne voulait rien en savoir, car s'il arrivait quelque chose à l'un ou à l'autre, il ne devait pas être en mesure de prouver, ni meme deviner, que son ennemi était derrière le coup. Sinon, sa colère serait sans commune mesure avec celle qui l'habitait à présent...

Il tiqua dont au "seulement si" de Roy, qui décidément ne voulait pas comprendre. Leopold sympathisait à sa peine, mais ce n'était pas exactement son problème. D'ailleurs, il ne voulait rien entendre et surtout, n'entendait pas laisser Roy lui dicter ce qu'il avait à faire.

"Je ne veux rien entendre de la sorte. Vous n'êtes pas exactement en mesure de pouvoir poser des conditions", répliqua-t-il, implacable.

Croyait-il que le ministre était là pour prêter attention ses petites affaires personnelles, et pourquoi pas lui tapoter l'épaule pendant qu'il sanglotait sur ses malheurs ? Croyait-il d'ailleurs que son gang lui resterait longtemps fidèle s'il s'apercevait que les décisions étaient prises sur le fondement d'histoires personnelles de l'un des deux chefs, et non pas dans l'intérêt du groupe ? Les Veilleurs prospéraient parce que le régime les laissaient faire, ainsi devaient-ils servir le régime en contrepartie. Et non pas les intérêts propres d'un chef un peu trop sanguin...

Néanmoins, Leopold ne tenait pas à se faire de Roy un ennemi non plus. Certes, le jeune parrain des Veilleurs manquait d'expérience. Il se laissait emporter par ses passions au lieu de garder la tête froide que se devait d'adopter un chef de gang, pour sa propre survie et celle de ses affaires... Mais il n'en était pas moins intelligent et capable de retourner une situation à son avantage, il en avait déjà fait la preuve par le passé. Leopold ne ferait pas l'erreur de le sous-estimer, et force lui était de constater que la loyauté de Roy Calder était loin de lui être totalement acquise. Alors il ajouta, désireux d'apaiser Roy sans pour autant amoindrir son autorité :

"Mais vous pouvez imaginer que vous n'êtes pas le seul à recevoir une visite comme celle-ci. Je compte bien qu'il n'y en ait pas d'autres à l'avenir."

Sur ces bonnes paroles, et souhaitant bien emporter avec lui le point final de la discussion, Leopold détâcha son regard froid de son interlocuteur et quitta la pièce.
RP terminé



Christoph Waltz, merci à Roy
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