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 Gone Girl [Matthew & Sofya]

Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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5 mars 2009

"Mais enfin, Sofyyya, tu ne peux pas prononcer les mots de cette façon ! C'est froid, froid, mécanique ! Sans âme, sans émotion !"

Le regard agacé que Sofya glissa sur son metteur en scène n'avait rien de froid. Cela faisait maintenant quatre heures qu'Ernesto Castelli la gardait sur scène, et il avait congédié le reste de la troupe depuis un bon moment. Pourtant, il ne semblait pas décidé à la laisser s'échapper pour se détendre - ou, plus probablement, pour faire un détour au Q.G - car il faisait une fixation sur une scène que Sofya jouait seule, dans un long apparté avec le public. Son personnage n'était pas le principal mais elle jouait malgré tout un rôle important, dont l'instant clef était effectivement cette scène. Mais Ernesto, ce petit homme nerveux, à la longue moustache entortillée et à l'air perpétuellement irrité, n'avait rien compris à la pièce de toute façon. L'espionne n'était jamais d'accord avec la moindre de ses décisions et partis pris et devait se faire violence pour ne pas l'envoyer sur les roses, lui et son air si incroyablement condescendant. Dire qu'elle avait accepté ce rôle pour le plus grand metteur en scène du pays ! Mais non, il avait fallut que l'on propose à ce dernier un projet à Broadway et qu'il abandonne leur pièce, se faisant remplacer par cet imbécile patenté...

"C'est un monologue, enfin, Sofyyya, c'est sensé susciter de la passion, des émois, des frémissements chez le spectateur ! Mais là, c'est vide, c'est mort, tu dégages autant d'émotion qu'une morue en décomposition ! Sofyyya ! Tu m'écoutes quand je te parle, enfin, ma biche, c'est pas le moment de rêvasser, là ! La première est dans deux jours, dois-je te le rappeler ?"

Oh, non, il n'avait pas besoin de le rappeler, et non, elle ne l'écoutait certainement pas. S'il l'appelait encore une fois Sofyyya de sa voix nasillarde, elle allait l'assassiner. Sofya comptait les minutes qui la séparaient de la première, que ce cognard lui lâche enfin un peu la grappe pour se concentrer sur les erreurs que ne manqueraient pas de faire ses camarades. Sofya, elle, maîtrisait son rôle, quoi qu'en dise Ernesto. Son monologue était sensé susciter de l'émotion, c'était vrai, mais cette dernière résidait dans la retenue et non pas dans de grands moulinets de bras ni dans des éclats de voix comme semblait le croire son metteur en scène. Cette interprétation du personnage, ridicule à souhait, ne lui plaisait guère et l'ennuyait. Aussi, elle n'avait qu'une hâte, retourner à ses espionnages pour les Veilleurs qui nécessitaient bien plus de subtilité et de doigté. Merlin ! Si elle parvenait à se glisser au sein de gangs chevronnés ou frayer avec des politiques puissants, ce n'était pas un simple rôle dans une pièce qu'elle connaissait par coeur qui allait lui poser problème. A vrai dire, elle était à deux doigts de la démission pour ne pas participer à ce massacre annoncé qui ne ferait pas du bien à sa carrière, mais le fait que la pièce se joue aux Folies l'en empêchait. Le succès des évènements des Folies impliquait le succès de Roy et des Veilleurs. Collusion, quand tu nous tiens...

"Bon, reprend-toi, ma licorne, c'est que j'ai d'autres licheurs à fouetter, moi !"

Sofya poussa un soupir de soulagement lorsque le metteur en scène se détourna légèrement d'elle pour alpaguer un homme qui travaillait sur le décor, trois mètres plus loin. La comédienne se mortifia lorsqu'elle réalisa qu'il s'agissait ni plus ni moins de Matthew. Pourquoi avait-il fallut que, parmi tous les employés des Follies, ce soit lui qui assiste à cette scène pathétique ? Au fond, Sofya ne savait pas exactement pourquoi cela la dérangeait, elle aurait dû s'en moquer. Quelle importance, ce que Matthew pensait d'elle, puisque la belle époque de leur amitié semblait être belle et bien révolue ? Sofya n'avait pas fait d'effort pour aller vers lui depuis sa sortie d'Azkaban, quand bien même le destin semblait les pousser l'un vers l'autre. Comme si l'Angleterre ne disposait pas d'assez d'employeurs potentiels, il avait fallut que Matthew vienne effectuer sa réhabilitation ici, où Sofya passait la moitié de son temps...

En réalité, Sofya ne savait trop que penser de lui, ni comment agir avec lui, alors elle jugeait plus simple de se contenter de coexister avec lui sans chercher à renouer. Elle était persuadée qu'il n'en avait aucune envie, de toute façon. Sinon, pourquoi l'aurait-il envoyé balader lorsqu'elle avait cherché à obtenir des explications, en lui posant une question des plus légitime ? "Pourquoi as-tu tué ta femme ?" Oui, Sofya estimait qu'elle méritait une explication, après tout, Krystal était son amie. Elle avait passé sept ans dans son dortoir. Elle avait dansé à son mariage. Elle était venue à la première de ses spectacles. Et un jour, elle avait disparu, parce que... Parce que Matthew était devenu fou, apparemment. Mais l'était-il tant ? L'aurait-on réellement laissé sortir si tôt s'il n'y avait pas une explication parfaitement rationnelle derrière tout cela ? Il aurait suffit que Matthew la lui fournisse et Sofya serait passée à autre chose. Elle n'était pas rancunière et savait parfaitement que Krystal n'était pas exactement une jeune sorcière exemplaire. Mais tout de même, de là à la tuer...

Pourtant, malgré toute la confusion qui entourait Matthew MacFarlane dans l'esprit de Sofya, elle ne put s'empêcher d'éprouver de la compassion pour lui quand Ernesto décida de le prendre pour nouvelle cible de son énergie débordante. Abandonnant la lecture de son texte, qu'elle connaissait si bien qu'elle aurait pu le réciter à l'envers, Sofya avança un peu pour mieux entendre l'avalanche de critiques et d'exclamations théâtrales qu'Ernesto faisait pleuvoir sur Matthew. Et cet arbre qui n'était pas assez ressemblant, et ce buisson qui était mal placé, et cette corde trop visible, et ce décor insensé, mille gorgones !! A mesure qu'il s'énervait, Ernesto devenait de plus en plus rouge, sa moustache devenait de plus en plus frémissante, des postillons s'échappaient de sa bouche et Sofya sentait une envie de rire irrépressible monter en elle.

Elle était sur le point d'y céder quand Ernesto se tourna brusquement vers elle pour la prendre à parti.

"Dis-lui, toi, que l'Arbre ici présent représente la quintessence même du personnage d'Isadora et qu'on ne peut compromiser avec sa situation sur la scène, raison de sécurité ou non !"

Ravalant difficilement son sourire, elle croisa le regard de Matthew et s'efforça de répondre avec sérieux :

"Oui, cet arbre est absolument central pour la compréhension de mon personnage, il doit être placé au millimètre près sinon, catastrophe."

"CATASTROPHE ! Exactement", martela Ernesto qui, décidément, ne comprenait pas l'ironie. "Alors, monsieur MacFarlane, vous allez me faire le plaisir de bouger le chêne majestueux, objet des prières saintes de la belle Isadora ! Sofyyya, aide-le."

Sofya n'avait pas la moindre idée de ce dont il parlait. Il n'y avait d'ailleurs pas mention dudit arbre dans la pièce, mais soit, cela faisait longtemps qu'elle ne cherchait plus à comprendre. Elle avait tellement hâte de partir d'ici qu'elle était même prête à jouer les décoratrices s'il le fallait. Se rapprochant de l'élément du décor, elle le saisit pour le décaler d'un demi-centimètre, tout en glissant un mot humoristique - si, si - à l'oreille de Matthew :

"Arg, pitié, achève-moi ! Tu fais ça, bien il paraît..."






Margarita Levieva, kit par Vingounet
Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Matthew était posté à plusieurs mètres au dessus du sol sur un échafaudage qui dominait le fond de scène. Il devait installer un rideau de lierre censé symboliser « la cascade le la pureté » du moins, c’est ce que disaient les annotations qu’Ernesto Castelli avait apporté sur les plans d’agencement du décor. En contrebas, le metteur en scène tyrannique s’acharnait sur l’une de ses comédiennes qui n’était autre qu’une ancienne connaissance du détenu en liberté conditionnelle, Sofya Belinski. Lorsqu’il avait vu son nom sur la liste des artistes participants au spectacle, il était resté plusieurs secondes interdit en se demandant quelle posture adoptée face à celle qui avait été autrefois son amie. Elle avait partagé le dortoir de Krystal du temps de Poudlard et elle avait côtoyé leur couple pendant près de dix ans. Sofya avait assisté à leurs nombreuses disputes et à leurs réconciliations, elle était venue avec Ethan à Saint-Mangouste pour la naissance d’Eve et Matthew ne comptait plus le nombre de soirées arrosées qu’ils avaient passé ensemble tous les quatre avant le drame. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne s’étaient pas quitté en très bon terme la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Il faut dire que la jeune femme avait cru bon de lui demandé pourquoi il avait tué sa femme.  

Comme s’il y avait une réponse possible à cette question. Comme s’il pouvait tenter d’expliquer son geste sans donner l’impression de se dédouaner. Il l’avait envoyé balader, ne cherchant même pas à la ménager. Pourtant, elle avait perdu une amie et il en était le responsable mais il estimait qu’il n’avait rien à expliquer. Les choses étaient ainsi dorénavant.

Cinq ans étaient passés et Sofya Reed était redevenue Sofya Belinski. Même si elle avait repris son nom de jeune fille, elle n’avait plus grand-chose à voir avec la femme désespérément amoureuse de son mari volage que Matt avait connu par le passé. Elle semblait plus émancipée, plus sûre d’elle et plus forte. Les bruits de couloirs des Folies Sorcières lui prêtaient une relation avec Calder qu’elle s’appliquait à ne pas confirmer ni démentir comme pour asseoir une volonté farouche d’indépendance que Matthew ne lui connaissait pas.

Alors qu’il était perdu dans ses pensées, la réalité se rappela subitement à son bon souvenir lorsque Ernesto Castelli, le metteur en scène du spectacle sur lequel il travaillait, l’interpelant :

« Non , non, non, ça ne va pas du tout ! C’est la Cascade de la pureté, que vous installez monsieur, pas la chevelure filasse d’un troll ! Plus de matière, de volume ! Plus de Mystère ! S’époumona-t-il avant de pointer du doigt les autres éléments de décor qui n’étaient pas conformes à ses attentes.

Matthew jeta un œil au plan de scène que lui avait fourni le régisseur avant de relever les yeux en direction des installations qu’Ernesto venaient de désigner. Les machinistes avaient respecté scrupuleusement les consignes établies mais Castelli était apparemment connu pour son éternelle insatisfaction. Soit. Matt était là pour satisfaire la moindre de ses exigences alors il cala le plan dans la poche arrière de son jeans pour escalader l’échafaudage et rejoindre le coin de la scène où trônait le chêne majestueux non loin de Sofya.

Les deux anciens amis s’ignoraient prodigieusement depuis qu’ils travaillaient ensemble et Matt s’apprêtait à ne pas déroger à cette habitude mais Ernesto prit à parti la comédienne l’obligeant à défendre son point de vue auprès du machiniste. Si Matthew perçut l’ironie évidente dans la voix de Sofya, ce ne fut pas le cas du metteur en scène qui leur intima de changer une nouvelle fois l’arbre des prières de place.

Sans emmètre le moindre signe de contrariété, Matthew s’approcha du décor afin de le faire pivoter de quelques centimètres tandis que la comédienne s’approchait pour l’aider. Elle profita d’ailleurs qu’ils étaient à l’abri du regard de Castelli pour lui glisser une remarque pour le moins sarcastique. Matt la dévisagea quelques secondes, passablement étonné par cette entrée en matière, avant de rétorquer sur le même ton :

« Ne me tente pas, Sofyyya. »

« Ça ne vas pas ! Ça ne va pas ! intervint alors le metteur en scène furibard. Il fit claquer sa langue sur son palet avant de positionner ses nouvelles directives, Utilisez votre baguette voyons ! Vous allez abimer le chêne majestueux ! Il faut le faire lé-vi-ter ! »

Matt s’éloigna de quelque pas avant de désigner les coulisses :

« Je vais chercher un diable dans ce cas. »

« Mais pourquoi ? S’étonna Ernesto en fronçant les sourcils, vous n’avez pas de baguette ? »

Enfin. S’il y avait une bonne chose au fait de sortir de prison, c’était d’avoir l’opportunité de  clouer le bec de certains cognards:

« Non. Je suis sous le coup d’une décision de justice qui m’interdit le port d’une baguette car j’ai tué ma femme avec la mienne. »

Il laissa planer quelques secondes de silence se délectant de la réaction surprise du metteur en scène  qui se demandait surement si le machiniste était sérieux avant de tendre la main dans sa direction :

« Mais vous pouvez me prêter la votre si vous tenez vraiment à ce que je fasse léviter l’arbre des prières. »

Ernesto marqua un imperceptible mouvement de recul puis il agita la main en direction de l’arrière scène en répliquant d’un ton bourru : « C’est bon allez cherchez votre diable. » visiblement pressé de se débarrasser de lui.

Matthew jeta un bref coup d’œil à Sofya tout en se demandant si elle cautionnait le fait qu’il utilise le meurtre de Krystal pour se débarrasser du gêneur.  En même temps, après la boutade de fort mauvais goût qu’elle lui avait faite un peu plus tôt, elle était mal placée pour le sermonner, songea-t-il en rejoignant les coulisses.

Lorsqu’il revint quelques minutes plus tard avec le diable de manutention, Ernesto avait reporté toute son attention sur sa pauvre comédienne. Il semblait plus que jamais déterminé à donner corps à ce monologue qu’il jugeait trop plat. Matt put ainsi positionner l’arbre au bon endroit sans que le metteur en scène ne trouve quelque chose à redire. Il s’apprêtait d’ailleurs à regagner son échafaudage pour rectifier la chevelure de Troll lorsqu’Ernesto l’interpela :

« Monsieur MacFarlane, pouvez-vous m’aider une minute ? »

Le machiniste nota mentalement l’usage de la forme interrogative et le ton un peu plus poli, signe qu’il avait bien fait d’évoquer son passé de meurtrier. Comme quoi…

« Oui, bien sûr. » répondit-il en se tournant vers lui.

« Venez par-là, lança le petit homme en le rejoignant. Il l’entraina jusqu’à Sofya et lui indiqua de se positionner face à elle avant de solliciter sa comédienne, Ma licorne, il faut que tu t’adresses à quelqu’un quand tu récites ce monologue. Tu ne parles pas à une salle vide. Tu veux transmettre un message. Il faut que ce soit fort, intense, vrai on doit ressentir chacun de tes mots, Sofyyya.  Fais comme si tu t’adressais à ce monsieur, il doit percevoir ce que tu ressens au fond de toi…Allez, vas-y. » finit-il par dire en posant ses mains sur les épaules des deux anciens amis, scrutant le visage de la jeune femme.


Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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Après un instant d'arrêt, Sofya laissa échapper un sourire amusé à la réplique de Matthew. C'était ce qu'elle avait toujours apprécié chez lui, ce sens de la répartie et ces petites réactions savoureuses qu'il pouvait avoir au moment où on l'attendait le moins. Lui qui semblait si calme et placide, voire ennuyeux, se révélait être quelqu'un de très amusant à cotoyer lorsqu'on prenait le temps de le connaître. D'ailleurs, Sofya regretta presque de ne pas avoir de pop corn pour mieux apprécier son observation du dialogue savoureux qui s'échangea entre Ernesto et Matthew sur le thème "j'ai tué ma femme". Sofya secoua la tête d'un air blasé devant le comportement du metteur-en-scène et s'éloigna quelque peu pour relire son monologue, qu'elle connaissait pourtant par coeur.

Ses pensées étaient distraites par la scène qui venait de se dérouler, tandis qu'elle s'interrogeait sur le quotidien de Matthew désormais. Cela ne devait pas être facile tous les jours de se débrouiller sans baguette magique. Sofya en savait quelque chose, car elle devait s'en passer dès qu'elle opérait une mission chez les moldus - on ne pouvait pas utiliser de magie discrètement sans provoquer des interférences avec les nombreux appareils électroniques que les moldus utilisaient, ce qui limitait vite l'usage de la baguette. Pourtant, elle ne savait pas ce qu'elle aurait fait si elle avait été privée de sa baguette chez les sorciers également. Cela pourrait bien lui arriver un jour d'ailleurs, puisqu'elle-même risquait bien de finir un jour à Azkaban, mais elle préférait ne pas songer à cette éventualité. La magie offrait des possibilités bien trop nombreuses et excitantes pour qu'elle puisse imaginer sa vie sans, et se demandait comment Matthew envisageait la possibilité de ne plus jamais lancer un sort de sa vie. A vrai dire, elle doutait que cela soit le cas. Sans doute un jour la surveillance du ministère sur l'ancien détenu finirait par s'amoindrir et il pourrait bien faire ce qu'il voulait. Y compris tuer sa prochaine femme.

Ernesto revint bien trop vite à son goût pour l'enquiquiner avec ses histoires de monologue, et Sofya ne retint pas un soupir exaspéré lorsqu'il prit Matthew à partie. Mais c'était une manie chez lui que de vouloir les confronter ! Sofya n'avait aucune envie de se servir de son ancien ami pour répéter ses scènes, mais elle savait pertinemment qu'Ernesto ne la laisserait pas tranquille tant qu'elle ne se serait pas exécutée. D'un léger mouvement d'épaule, elle se dégagea de la poigne d'Ernesto - il l'exaspérait beaucoup trop pour qu'elle tolère le moindre contact - et posa un regard agacé sur Matthew. Un silence électrique s'installa dans la pièce tandis que la comédienne jaugeait ostensiblement son interlocuteur. Pourquoi fallait-il qu'il ait ressurgi dans sa vie, celui-là ? Sofya avait trouvé une certaine forme de paix, suite à la mort de Krystal, dans l'idée que Matthew se trouvait à Azkaban. Oh, une part d'elle voulait comprendre, car une petite voix intérieure lui soufflait qu'elle n'avait pas toute l'histoire et que Matthew n'était pas un simple psychopathe assoiffé de sang. Cette même part d'elle lui disait qu'elle n'était absolument pas une meilleure personne que lui et qu'elle aurait préféré le savoir hors de cette prison sordide. Mais le célèbre proverbe "loin des yeux, loin du coeur" avait bien fonctionné pour Sofya, qui s'était contenté de reléguer cette histoire dans un coin poussiéreux de sa mémoire, persuadée qu'elle n'entendrait plus parler de Matthew pendant un nombre tout à fait respectable d'années.

Et le voilà face à lui, fidèle à lui-même, comme si rien ne s'était passé. Fermé à elle et au monde, il semblait parfaitement assumer son geste et n'était absolument pas décidé à donner d'explication. Accrochant son regard clair, Sofya commença à débiter son dialogue sans y penser vraiment, toutes ses pensées occupées par le meurtre terrible de son ancienne amie et, surtout, ce qu'elle considérait comme une trahison de la part de Matthew. Ce n'était pas Isadora, jeune sorcière qui venait d'apprendre les infidélités de son fiancé et s'apprêtait à lui jeter un terrible maléfice qui s'exprimait à travers les mots de Sofya. C'était bien l'espionne elle-même, dont le ton passionné et la posture défiante trahissaient toute la colère et la frustration qu'elle avait accumulé à l'encontre de son ancien ami. "Pourquoi ?", semblaient crier les yeux de Sofya, pourquoi en effet ? Pourquoi avoir tué Krystal, alors que Matthew l'avait aimé, de cela elle était persuadée ? Pourquoi refusait-il de s'expliquer, n'avait-il donc aucune considération pour elle ? Leurs années d'amitié n'avaient-ils donc rien signifié ?

"Et par ce maléfice, je te maudis à une vie de service et d'ennui", acheva-t-elle d'une voix basse avant de détâcher son regard de Matthew pour agiter sa baguette de scène. Une gerbe de lumières vertes et violettes s'en échappa, symbolisant les chaînes qui s'enrouleraient autour des membres d'Ágavos, fiancé d'Isadora, pour l'éternité. Une vie de servitude dans le labyrinthe du Sphinx, à attendre que quelqu'un vienne le libérer de la malédiction...

Rejetant ses boucles dorées derrière son épaule, Sofya s'écarta brusquement de Matthew pour interroger Ernesto d'un ton qui indiquait clairement son déplaisir :

"Eh bien, qu'en dis-tu cette fois ? Est-ce que le message était suffisamment intense à ton goût ?"

Et s'il répondait par la négative, elle allait lui en donner, de l'intensité... Sofya n'avait plus la tête au théâtre ce soir. Etrangler Ernesto de ses mains nues pour se défouler et ôter Krystal et Matthew de ses pensées semblait être une idée bien plus séduisante.



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Matthew ne put s’empêcher de ressentir une pointe d’amusement lorsque Sofya se dégagea de l’emprise d’Ernesto. Il la reconnaissait bien là, toute Gryffondor qu’elle était. Planté droit devant elle, il lui offrit toutefois un visage fermé durant tout son monologue. Ses yeux bleus ne quittèrent pas les pupilles de la comédienne qui crachait sa tirade avec une intensité  et une défiance plus que convaincantes. Matt avait la drôle d’impression que chaque mot prononcé par la comédienne lui était intimement destiné. Sofya puisait-elle dans les sentiments qu’elle nourrissait à son égard pour retranscrire la colère d’Isadora ? Elle aurait eu tord de se priver si cela lui permettait d’incarner aussi bien son personnage, songea-t-il. Il faut dire que le monologue de l’actrice faisait cruellement écho à leur histoire commune où il était question de drame et de non-dits.

Matt estimait pourtant qu’il n’avait plus à se justifier pour le meurtre de Krystal. Il avait déjà donné une version des faits au procès et Sofya aurait du s’en contenter. Mais il avait fallut qu’elle revienne à la charge pour tenter d’en savoir plus. Il savait que les deux femmes avaient été proches du temps de Poudlard, et même après, mais Sofya n’avait pas connu la Krystal accroc à la Volubilis et elle ne savait rien de leurs activités clandestines passées. Auprès d’elle, il s’était toujours présenté comme l’employé de la boutique familiale de potions et il ne pouvait pas prendre le risque de lui en dire davantage alors il avait fait une croix sur leur ancienne amitié. De manière brutale, certes, mais il s’était fait à l’idée.  Le meurtre et ses années à Azkaban  avaient quasiment anéantis tous ces liens sociaux. Si certains gars de la Voie avaient accepté son retour sur Bristol – et encore, sous certaines conditions- ce n’était pas le cas de tous les trafiquants. Même au sein des Folies Sorcières, lieu d’immoralité par excellence,  il était loin de faire l’unanimité.  Au fond, il se consolait en se disant que son crime avait fait le tri dans ses amitiés et qu’il ne restait plus que ceux en qui il pouvait avoir réellement confiance. Il fallait croire que la jolie Sofya ne faisait malheureusement pas partie de ceux-là.

Lorsque le monologue de l’actrice se termina enfin, Matt resta quelques secondes à l’observer. Elle semblait quelque peu irritée et impatiente que cette mascarade prenne fin. Lui aussi d’ailleurs, il devait encore finir d’ajuster le décor et cette confrontation étrange avec son ancienne camarade avait réveillé des souvenirs douloureux qu’il n’était pas sûr de vouloir raviver.
Comme Sofya reportait son attention sur Ernesto, Matt l’imita, curieux de savoir ce qu’avait pensé le metteur en scène de la prestation de sa comédienne. Castelli observait son Isadora,  ses deux mains en prière devant sa bouche, un sourire satisfait imprimé sur le visage:

« C’était parfait ma licorne, garde cette émotion, cette vérité dans le regard, s’extasia-t-il alors, Tu as compris Isadora, son trouble, sa blessure. Reprenons du début Sofyyya, tu veux bien, il faut que tu t’exerces encore un p…
-M. Castelli ?

La chef costumière des Folies venait d’entrer sur scène, côté jardin, interrompant par la même occasion le discours du metteur en scène.

-Nous avons un léger souci avec le costume d’Ágavos. Pouvez-vous venir jeter un coup d’œil ?
-Un souci ? répéta Ernesto en fronçant les sourcils sans chercher à masquer son agacement. D’un geste circulaire de la main il fit signe à son actrice de reprendre sa tirade depuis le début puis il rejoignit l’employée des Folies pour disparaitre dans les coulisses.
Matthew le suivit des yeux et observa quelques secondes le grand chêne majestueux derrière lequel il venait de s’éclipser avant de reporter son attention sur Sofya.

« Maudis à une vie de service et d'ennui… »
Souffla-t-il en hochant lentement la tête, pensif. La dernière phrase de la tirade d’Isadora se révélait plutôt prémonitoire quand on connaissait son quotidien dorénavant: Condamné à tolérer les ordres de metteurs en scène imbus d’eux même. Obligé de répondre aux directives des gérants des Folies, de son contrôleur judiciaire et de sa psychomage. Privé de sa fille, sa principale source de fierté et d’amour… Au fond sa destinée se rapprochait de celle d’Ágavos… à un détail près : Il ne finirait pas comme lui, à errer seul dans un labyrinthe. Matt savait où il allait. Il avait un but, un objectif qui l’empêcherait de se perdre en route.

« Tu m’as presque convaincu, Sofya. » lâcha-t-il, impassible, presque."


Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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Sofya jeta un regard un peu agacé et troublé à Ernesto quand celui-ci s'extasia - enfin - de sa performance. Allons bon, il fallait donc qu'elle ait envie d'arracher les yeux de son interlocuteur pour transmettre ce que le metteur en scène souhaitait. Eh bien, il lui faudrait dans ce cas demander à ce que Matthew soit au premier rang, cela lui simplifierait la tâche... La comédienne se contenta de faire une petite moue quand Ernesto s'éloigna, appelé par la chef costumière qui venait involontairement de la délivrer de son calvaire. Si elle devait prononcer ce monologue une fois de plus ce soir... Sofya était à deux doigts de sauter de scène pour s'échapper de cet endroit tant qu'il en était encore temps, quand Matthew profita du fait qu'ils étaient seuls pour commenter la scène qui venait de se produire. Visiblement, il semblait prendre un malin plaisir à provoquer son irritation, et la tempétueuse espionne vit rouge. L'agacement s'était accumulé en elle au cours des dernières minutes, surtout provoquée par l'attitude placide de Matthew, et sa remarque fut la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

En quelques pas, elle se remit à sa hauteur et planta son regard colérique dans celui de Matthew. Il ne manquait pas d'air, celui-là.

"Parce que tu crois que ça m'intéresse de te convaincre, Matthew ?!", explosa-t-elle, pointant un doigt accusateur sur son torse. "Parce que tu crois que j'en ai encore quelque chose à faire, depuis le temps ?"

Bien sûr que oui, sinon elle ne serait pas en train de lui crier dessus pour un simple commentaire, mais Sofya ne raisonnait pas toujours de manière logique. Pour l'heure, elle ne comprenait pas quel besoin son ancien ami avait eu de lui sortir cette remarque. De toute évidence, il n'était pas très intéressé par l'idée de renouer avec elle, ni de faire le moindre effort à son égard, alors pourquoi est-ce qu'il ne se contentait pas de la fermer et de s'occuper de ses décors, par Kachtchéï ? D'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il avait choisi les Folies, parmi tous les endroits d'Angleterre, pour effectuer son travail de réinsertion ? Pourquoi ne pas disparaître tranquillement dans son coin, loin d'elle, plutôt que de raviver ces souvenirs douloureux du passé par sa présence, sans même chercher à expliquer quoi que ce soit ? Ce fut plus ou moins le contenu de ce que Sofya lui déversa dessus en russe, retrouvant comme souvent sa langue maternelle lorsqu'elle était énervée. L'anglais était une langue trop polie pour crier sur les gens, du moins le russe lui venait-il plus naturellement dans ces moments-là, et puis sans doute valait-il mieux que Matthew ne comprenne pas exactement de quoi Sofya le traitait.

"J'étais très bien ici sans toi à oublier ton existence de lâche", cracha-t-elle finalement en revenant à l'anglais, croisant ses bras sur sa poitrine en une attitude défiante. Non, crier sur un homme qui était connu pour assassiner les femmes ne l'effrayait pas. Matthew l'ignorait peut-être, mais Sofya savait parfaitement se défendre. D'ailleurs, elle savait parfaitement assassiner aussi...

"On ne laisse pas tomber ses amis comme ça sans un mot d'explication et sans assumer ses actes. Tu crois que t'es le seul à avoir fait des choses dont t'es pas fier dans ta vie, peut-être ? T'arrives peut-être à impressionner des hommes comme Ernesto avec ton palmares mais j'en ai vu d'autres, alors inutile de jouer les gros durs insensibles avec moi. Je te connais mieux que ça, au cas où tu l'as oublié. Maintenant si tu as décidé que j'appartenais au passé comme Krystal ça te regarde, mais viens pas me jouer tes grands airs."

Non mais. Essoufflée, Sofya s'interrompit et continua de l'observer, les sourcils froncés et la mine froissée. Sofya avait toujours eu un tempérament de feu et ce n'était pas la première fois qu'elle criait sur Matthew. Mais c'était la première fois que son emportement dissimulait une réelle déception, sentiment qu'elle éprouvait depuis plusieurs années maintenant, et qui avait bouillonné en elle un peu trop longtemps...



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Sofya était incontestablement une digne représentante de Gryffondor. Bien qu’elle n’ait pas suivi sa scolarité complète à Poudlard, elle ne pouvait pas nier qu’elle possédait toutes les caractéristiques de cette maison. Elle avait la même fougue, le même regard colérique que Kristal en son temps et lorsqu’elle se mit à vociférer en russe Matt constata avec une certaine satisfaction qu’il avait réussi à la pousser dans ses retranchements. Après tout, c’est ce  qu’il avait cherché à faire à la provoquant de la sorte. Tout ce qu’il voulait c’était qu’elle lui en veuille, qu’elle le déteste,  au point qu’elle ne vienne plus jamais lui parler.

Sofya était trop... Sofya pour qu’il se permette de garder contact avec elle. Si elle le connaissait assez pour savoir qu’il n’était pas uniquement cet être monstrueux qui avait tué sa femme, l’inverse était également vrai. Matt avait assez fréquenté la jeune Belinski pour savoir qu’il ne pouvait pas entretenir leur amitié. Il était agacé par sa manie de vouloir tout savoir, de chercher à lui tirer les vers du nez. Les gens qui comptaient vraiment avaient eu la décence de ne pas aborder le sujet du meurtre.  Robin, son père. Il n’y avait guère que Magpie- et Sofya-pour chercher à entendre une nouvelle fois sa version des faits et il n’était pas disposé à leur révéler ce qui s’était véritablement passé ce soir là. Non seulement il ne voulait pas mais surtout il ne pouvait pas car s’il parlait du sachet de volubilis il serait contraint d’évoquer la dépendance de sa femme, la Voie, ses activités de faussaire  et cette double vie qu’ils avaient menés avec Kristal quelques années plus tôt,  sous les yeux  de l’innocente Sofya.

Elle avait beau dire qu’elle avait fait des choses dont elle n’était pas fière elle aussi,  Matt doutait fortement qu’elle tolère ce genre de mensonge. Elle finirait par vociférer en russe –même s’il devait avouer qu’il aimait ça, ce n’était pas particulièrement bon signe- et leur amitié serait belle et bien terminée. Quoiqu’il en soit, Matt ne pourrait jamais lui offrir ce qu’elle attendait. Il ne cherchait pas à se réinsérer, à retrouver des liens sociaux normaux alors autant sauter l’étape des révélations et passer directement à la prise de bec.

« Ça y est ? Tu as fini  de jouer ton petit numéro de femme blessée ? » lui lança-t-il en croisant les bras sur son torse.
Il secoua lentement la tête et reprit en soutenant son regard défiant :
« Tu as tout compris Sofya.  Tu appartiens au passé et je n’ai pas de compte à te rendre alors, sois gentille,  arrête tes sous-entendus douteux, tu veux ? » Souffla-t-il calmement en faisant référence à ce qu’elle lui avait dit pour engager la conversation.

Il savait que son petit ton condescendant ne lui plairait pas mais c’était exactement ce qu’il voulait.

« Au cas où tu ne l’ais pas compris, ton amie c’était Kristal. Pas moi. » Lui expliqua-t-il implacable, nous, c’était du vent. »

Il l’observa d’un air faussement désolé, comme si elle avait été bien naïve de croire à un éventuel attachement de sa part.

Pourtant Matt l’avait apprécié, sincèrement. Ils  avaient passé des bons moments ensemble dans les pubs de Bristol à rire et refaire le monde mais cela appartenait à une autre vie. Une vie où il était encore un homme à qui tout réussissait. Un mari et un père de famille, heureux.

Sa mâchoire se crispa légèrement à ce souvenir et son ton se fit plus dur lorsqu’il reprit :
«  Donc tu vas retourner à ta petite vie de comédienne bien rangée et tu me laisses vivre mon existence de lâche tranquillement d’accord ? »

Il la toisa quelques secondes et ajouta finalement:

« Toi et moi, on se connait plus.»


Puis, sans lui accorder un regard, il prit la direction des coulisses, persuadé d’avoir fait ce qu’il y avait de mieux à faire.


Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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Une claque en pleine figure, voilà l'effet que produisit sur Sofya la réponse de Matthew. Voilà qui avait le don de lui remettre rapidement les pieds sur terre. Elle ne savait pas ce qui était le pire, ses paroles ou son air condescendant qu'elle eut envie de lui arracher du visage à coup de griffes. Sofya détestait avoir l'impression d'avoir été trop tendre ou trop sensible, et c'était exactement l'impression que lui laissait Matthew. Elle avait accordé trop d'intérêt à quelqu'un qui n'en voulait pas, s'était employée à tenter de reconnecter avec un homme qui ne voulait plus rien avoir à faire avec elle, si tant est qu'il l'ait jamais voulu.

Soutenant le regard de Matthew, l'air mortifiée et furieuse, Sofya se mordit l'intérieur de la joue avec force en s'efforçant de ne rien répliquer. La comédienne avait beau avoir clamé une minute auparavant qu'elle se fichait qu'il la relègue dans son passé, mais l'entendre de vive voix était malgré tout plus blessant qu'elle ne l'aurait cru.

"Parfait", lâcha-t-elle d'un ton venimeux, juste avant qu'il ne se retourne et ne s'en aille sans un regard en arrière. Sofya, elle, le suivit des yeux, envahie de colère et d'amertume. Elle était en colère contre lui, mais surtout contre elle qui, au fond, avait conservé l'espoir que l'homme qu'elle avait autrefois apprécié était toujours là quelque part, et qu'elle finirait par avoir une explication un jour. Mais il était temps d'accepter que cela n'arriverait pas, et que c'était tout aussi bien, d'ailleurs. Elle aussi était une femme différente de celle qu'elle était cinq ans auparavant, à tous points de vue...

Pourtant, la fierté blessée de la jeune femme exigeait réparation, et elle ne pouvait la ravaler simplement comme une adulte sensée. Le sang bouillonnait dans ses veines et elle ne résista pas à l'envie mesquine de saisir sa baguette coincée dans sa ceinture et de la pointer dans le dos de Matthew. Un instant plus tard, le maléfice du croche-patte le heurtait de plein fouet.

Elle prit un certain plaisir jouissif à le voir s'étaler de tout son long sur la scène poussiéreuse, mais ne resta pas pour l'observer se lever. Plantant là Ernesto et ses stupides répétitions, Sofya quitta les Folies d'un pas furibond, bien décidée à occuper sa soirée par un peu d'espionnage, de telle sorte qu'elle allait oublier cet abruti. C'était après tout ce qu'elle savait faire de mieux. Tout laisser derrière elle et se glisser dans la peau de quelqu'un d'autre... Un peu comme lui, d'ailleurs.
RP terminé



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Gone Girl [Matthew & Sofya]

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