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 "Résiiiste ! Prouve que tu exiiiistes !" [Nora & Irving]

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Irving WhitakerAubergisteavatar
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HRP [Avertissement] : Ce topic contient des scènes de violence qui ne conviennent pas aux plus jeunes.

Hors jeu:
 

Nuit du 25 au 26 Mars 2009.

Depuis un peu plus d’un mois la Salamandre avait décidé de se faire connaitre aux yeux de tous. Tout avait commencé avec le piratage de la RITM, fin février, puis les résistants avaient poursuivis leur démarche en distribuant le Cognard déchainé, dans lequel ils dénonçaient ouvertement les dérives du gouvernement. Irving n’avait pas participé au comité rédactionnel –il n’était pas assez littéraire pour remplir cette fonction- mais il avait assuré la distribution auprès de foyers ciblés par Heaven, Astra et les autres membres de l’Organisation. Sympathisants, sorciers à débaucher, potentiels alliés,… l’ancien Gryffondor avait parcouru le pays afin de déposer le fameux pamphlet sous les porches des maisons et il avait lui-même ajouté quelques noms à la liste des destinataires du journal. Il avait réfléchi longuement avant de le faire d’ailleurs, ne voulant pas mêler ses amis et ses connaissances à quelques chose de trop dangereux. Le simple fait d’avoir un exemplaire du journal contestataire chez soit pouvait être passible d’une amande et peut-être même d’une peine plus lourde alors il avait pesé chaque nom.
La famille Baker avait bien évidemment reçu un numéro, caché entre les pages de Quidditch Mag. Même si Jeremy et Juliet étaient très occupés depuis la naissance de Gaby, Irving connaissait assez leurs convictions personnelles pour les juger intéressés par l’organisation.
L’ancien Gryffondor s’était également assuré que Samaël Smith puisse disposer d’un exemplaire. Il  avait œuvré pour que ce soit lui et non pas son mari qui le découvre accroché à la patte d’un hibou Grand-Duc. Il connaissait assez Samaël pour lui accorder sa confiance mais il doutait quelque peu de Théo alors il avait préféré agir quand ce dernier était au travail.
Ensuite, Irving avait personnellement fait affréter une chouette à destination de Salem, aux États-Unis, afin de tenir informé  Cassandre de la tournure des événements, en prenant garde de camoufler le journal dans un numéro de la Gazette des sorciers, cette fois.
Enfin, il s’était montré particulièrement audacieux en envoyant un numéro à la bibliothécaire de Poudlard, Abigail O’Brien. S’il avait réussi son coup, elle l’avait reçu en même temps que les autres abonnements de la bibliothèque.

Si tous ces destinataires ignoraient qu’il était à l’origine de l’envoi, il avait remis trois exemplaires en mains propres : Nora, Donald et Juliana avaient eu droit à leurs numéros. Si sa petite amie savait qu’il appartenait lui-même au réseau de résistants, il n’avait pas révélé son implication à Donald et Julia, préférant, pour le moment, leurs dire qu’il avait été lui aussi l’un des nombreux destinataires du Cognard Déchainé.

Car cette volonté de devenir davantage visible n’était pas sans risque pour les membres de la Salamandre qui devaient redoubler d’efforts afin d’agir en toute discrétion. Il faut dire que les échauffourées avec la Milice une semaine plus tôt lors du transfert de médicaments vers Avalon étaient dans toutes dans les mémoires.

Voila pourquoi, en cette fraiche nuit de Mars, Irving avait revêtu l’écharpe offerte par Chloé afin de modifier son apparence au cas où il serait vu en train de se promener dans les rues de Pré-Au-Lard. Il s’était porté volontaire pour cette action de la Salamandre qui consistait à tagger les murs du village de slogans contestataires avant la sortie des élèves.  Il comptait d’ailleurs s’allier dans cette tâche à une jeune femme intrépide qu’il devait retrouver d’ici quelques minutes…

Camouflé dans la peau d’un quadragénaire lambda, Irving déboucha donc du sous-sol de Madame Pieddodu qui servait depuis la rentrée scolaire de local de répétition des Dark Boursouf. Il n’avait pas eu d’autres choix que d’arriver par la cheminée d’un habitant  afin de contrer le sortilège anti-Transplanage en vigueur tous les samedis.  Les ruelles du village étaient désertes si bien qu’il ne s’attarda pas dans le bourg et qu’il se hâta de rejoindre la Cabane Hurlante. Il avait eu l’occasion de la visiter deux ans plus tôt en compagnie de Juliet et Jerem’ et elle se révélait aussi poussiéreuse et inhospitalière que dans son souvenir. Pourtant Donald et Nora lui avaient vanté l’existence d’un passage secret la reliant à Poudlard ce qui la rendait soudainement nettement plus intéressante.

Irving ôta donc son écharpe afin de retrouver ses bouclettes légendaires puis il s’installa sur un vieux fauteuil défoncé. Il tenta d’ignorer les petits craquements à l’étage (qu’il imputa au poulet qui avait martyrisé Jeremy) et attendit patiemment que sa petite-amie arrive. Des bruits de pas se mêlèrent bientôt aux craquements sinistres signe que quelqu’un était en approche et lorsqu’il entendit enfin des bruissements de textiles il se leva pour chuchoter :

« Hé. j’uis là. »

L’obscurité était telle qu’il devinait à peine la frêle silhouette de Nora à quelques mètres de lui mais il était hors de question d’attirer l’attention sur la cabane avec un lumos qui filtrerait immanquablement à travers les planches qui obstruaient les fenêtres. Il s’approcha donc de sa petite amie à tâtons avant de lui demander :

« Ça a été ? »

L’idée de la savoir seule dans un tunnel sous la forêt interdite n’était pas très rassurante mais Irving essayait de ne pas trop laisser parler son inquiétude. Nora n’avait pas besoin qu’il l’étouffe avec ses tourments.
Il préféra donc l’enserrer dans ses bras pour l’embrasser longuement. Il faut dire que les moments où ils étaient seuls tous les deux étaient bien rares aussi il profita de ses précieuses minutes avant de se détacher légèrement d’elle.

« Et si on restait ici ? On oublie la résistance et on s’installe dans ce charmant cottage ? » Souffla-t-il en faisant mine de jeter un regard appréciateur sur la pièce à vivre.

Un petit rire ponctua sa tirade avant qu’il ne pose un chaste baiser sur les lèvres de la jeune fille. Puis, retrouvant quelque peu son sérieux, il poursuivit :

« Bon. Comment tu te sens ? Tu es  prête ? Tu peux toujours m’attendre ici si tu veux, hein , tu l’sais ? Y a pas d’problème… » ajouta-t-il en lissant une de ses longue mèche blonde derrière son oreille.



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Tapie derrière une imposante statue, Nora retint son souffle jusqu'à ce que le bruit des pas de Perspéhone Harrington ne s’éteigne alors que la préfète disparaissait à l’autre bout du couloir. La Poufsouffle s’autorisa finalement à respirer et, après avoir vérifié que personne d’autre ne trainait dans les parages, reprit sa progression vers le grand hall. Heureusement qu’elle était à Poufsouffle et que sa salle commune était au rez-de-chaussée, avec tous les préfets et les membres des Jeunesses qui rodaient à la recherche d’élèves dépassant le couvre-feu elle n’aurait jamais réussi à sortir du château si elle avait dû faire tout le trajet depuis une des tours.

La jeune fille parvint toutefois à se glisser hors du château et se détendit alors que l'obscurité protectrice du parc enveloppait complètement. Elle avait revêtue un jean sombre et un sweat noir qu'elle avait emprunté à Irving et était difficilement repérable dans la nuit. Le plus dur était derrière elle. Elle avait encore du mal à prendre conscience de ce qu'elle était en train de faire. Elle agissait mécaniquement, sans réfléchir, une tâche après l'autre. Sortir du château. Rejoindre le sol cogneur. Emprunter le passage. Retrouver Irving. Taguer des slogans contestataires sur les murs de Pré-au-Lard.

A vrai dire, c'était plus simple de ne pas penser. D'un côté, elle trouvait ça important d'agir. Elle avait été révoltée par ce qu'elle avait lu dans le Cognard déchainé qu'Irving lui avait remis -et qui était désormais planqué sous son matelas avec une couverture de sorcière hebdo à la place de l'originale. Mais si elle avait immédiatement réalisé quelque chose, son premier réflexe avait comme toujours été de pensé qu'elle ne pouvait rien faire. Mais Irving était là pour lui prouver qu'ils pouvaient se rendre utiles, à hauteur de leurs moyens, et elle avait envie de le faire. Elle était complètement acquise à la cause de la Salamandre et ne demandait qu'à apporter un peu de son aide, mais maintenant qu'elle y était tous les doutes qu'elle nourrissait refaisaient surface.

Est-ce que ça valait le coup ? Est-ce que ce n'était pas trop risqué ? Est-ce que la fin justifiait toujours les moyens ? Son conflit intérieur dépassait de loin la simple mission qui était la sienne ce soir : faire quelques tags sur les murs de Pré-au-Lard pour que les autres élèves les voient demain. Mais ça restait du vandalisme. C'était contre la loi. Quelle loi enfreindrait-elle la prochaine fois ? Saurait-elle s'arrêter quand le bien qu'elle pensait faire ne compenserait plus les désagréments qu'elle pouvait causer ?

Toutes ses pensées s'agitaient dans l'esprit de la jeune fille alors qu'elle atteignait le sol cogneur. Elle s'efforça de se vider la tête de ses inquiétudes et se concentra afin de lancer un sortilège d'immobilisation sur l'arbre. Elle avait affronté ses branches massacreuses une fois, cela lui avait largement suffi. Nora s'engouffra dans le passage après avoir vérifié pour la énième fois que personne ne l'avait suivi et, après avoir allumé le bout de sa baguette, entama sa longue progression. Elle trébucha à quelques reprises contre des racines ou des cailloux mal placés mais, après de longues minutes de marche, aperçut l'extrémité du tunnel. Par prudence, elle éteignit l'extrémité de sa baguette et parcourut les derniers mètres dans l'obscurité la plus totale. Elle ne voulait pas risquer de se faire repérer. Irving était censé l'attendre à l'arrivée, mais elle préférait être prévoyante, ils n'étaient pas à l’abri d'une mauvaise surprise.

Le cœur battant, les doigts serrés autours de sa baguette, elle écarte doucement les vieux morceaux de rideau qui masquait la sortie du tunnel et s'avança prudemment dans la pièce sans oser faire le moindre bruit. Ses yeux n'étant pas encore habitués à l'obscurité, elle ne remarqua pas tout de suite la silhouette qui se tenait dans un coin de la pièce. Seul un murmure rassurant prononcée d'une voix familière lui indiqua que c'était bien Irving, et elle se détendit soudainement.

Nora s'approcha doucement de son petit-ami en tendant les mains devant elle. Quand elles rencontrèrent celles d'Irving, Nora mêla ses doigts aux siens et lui sourit dans l'obscurité.

- Oui ça va, personne ne m'a repérée.

Ses doutes et tous ses questionnements intérieurs s’évanouir momentanément pour laisser place au plaisir des retrouvailles et ils échangèrent un long baiser avant de se séparer.

- Je ne sais pas si c'est dans nos moyens, une villa spacieuse et lumineuse comme celle-ci...

Nora joignit son rire à celui d'Irving tout en balayant les lieux du regard. On avait décidément fait mieux comme cottage, mais ça faisait une très bonne planque ! La conversation prit une tournure bien plus sérieuse alors qu'Irving la questionnait sur sa motivation à mener leur projet à bout.

- Non ça va, assura-t-elle sincèrement quand il lui proposa de l'attendre ici. C'est important, je veux le faire.

Elle se sentait particulièrement investie dans cette tâche de réveiller un peu les élèves de Poudlard et de les informer de ce qui se passait dehors. Ils étaient complètement coupés du monde à l'école, et cela la rendait folle. Elle avait Irving pour la tenir au courant mais tous ses camarades n'avaient pas cette chance. Et ils devraient tous avoir la possibilité de se forger leur propre opinion à propos de tout ce qui se passait à l'extérieur.

- Je suis prête. Sur ses mots, elle rabattit la capuche de son sweat noir sur ses longs cheveux blonds. Je te suis.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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« Ok » répondit simplement Irving pour faire écho au ton résolu de sa petite amie. Elle semblait décidée à agir et il n’allait pas remettre en cause ses choix. Même si une part de lui  aurait préféré la savoir en sécurité dans son lit, il était apaisé à l’idée de partager ses convictions et cette vie clandestine avec elle. Ils avaient toujours été sur la même longueur d’onde, après  tout,  et  ils formaient un binôme efficace avant même d’être un couple ! Irving l’Audacieux et Nora l’Intrépide avaient déjà des années d’aventures à leur compteur, et ce soir, ils allaient en rajouter une de plus…

« On tag à la peinture mais on jette un sortilège de fixation perpétuelle par dessus, reprit le Gryffondor en prenant la direction des opérations. Il ouvrit son sac à dos et sortit une bombe rouge qu’il tendit à Nora, On utilisera ma baguette pour ça afin d’éviter que Greengrass puisse remonter jusqu’à toi s’il soumet les élèves au  Prior Incanto. J’t’ai amené des chaussures aussi. Deux tailles au dessus parce que si tu laisses la trace de ta pointure 36 dans la boue autant mettre un panneau « J’ai été tagué par un élève ! » à côté de nos graffitis, plaisanta-t-il en posant une paire de gros brodequin sur le sol, certes avec de si petits pieds, les autorités n’iront peut-être pas chercher du côté des septièmes années, mais bon, vaut mieux prévoir. »

Il fit alors quelques pas en direction du fauteuil où il s’était installé quelques minutes plus tôt pour attendre Nora puis il attrapa l’écharpe que Chloé lui avait tricoté:

« Je veux que tu portes ça aussi, ajouta-t-il en revenant vers elle, C’est l’écharpe dont je t’ai parlé. »

Irving ne voulait prendre aucun risque et surtout pas celui que Nora se fasse repérer par un habitant insomniaque. Ce soir, chaque éventualité devait être anticipée et il ne la laisserait pas sortir d’ici sans qu’elle soit méconnaissable.

« Et puis tu verras c’est beaucoup plus efficace que le sort de permanente que je t’ai jeté la dernière fois, souffla-t-il en lui collant l’étoffe dans les mains, Quand à moi, Klemens m’a appris un sortilège de pustules pour me rendre méconnaissable donc si tu veux m’embrasser fougueusement avant que je ressemble à un Mimbulus Mimbletonia c’est maintenant où jamais. » susurra-t-il en se rapprochant d’elle tout en haussant les sourcils de manière  suggestive.

Il avait beau plaisanter, il était tout de même un peu tendu par cette expédition  mais l’humour était un bon moyen pour faire retomber la pression même s’il ne devait rien laisser au hasard :

« On se donne dix minutes maxi et on revient ici, reprit-il d’un ton sérieux, J’te couvre pendant que tu écris et inversement. Si jamais quelqu’un arrive…et bien… on planque la peinture et on joue les amoureux transis,… ça devrait pas être trop difficile. » ajouta-t-il en souriant dans l’obscurité.

Comme le Transplanage n’était pas envisageable, ils devaient bien trouver une parade ! Le couple s’harmonisa encore durant quelques minutes sur le choix des slogans, des emplacements  à tagger ainsi que sur le parcours à emprunter dans le village puis le moment de quitter  la planque arriva. Irving s’auto-infligea son sort de pustule et après s’être assuré que Nora ait bien changé d’apparence, il sortit sur le perron de la Cabane Hurlante en rabattant la capuche de son blouson sur ses bouclettes brunes.
A partir de maintenant, ils savaient ce qu’ils devaient faire aussi ils n’échangèrent pas le moindre mot et prirent la direction des Trois Balais en contournant l’axe principal du village par les ruelles adjacentes et moins éclairées. Irving avançait d’un pas décidé, sa baguette dans une main et l’autre tenant fermement la bombe de peinture camouflée au fond de sa poche. Seuls les faibles crissements de leur pas trahissaient leur présence dans la ville endormie. Lorsqu’Irving déboucha devant le bar qui accueillait bon nombre d’élèves chaque week-end le bruit régulier de leur pas cessa brusquement. Irving balaya durant plusieurs secondes l’obscurité alentour des yeux. Personne. Il jeta donc un regard entendu à Nora avant de lui tourner le dos pour tracer la première inscription sur la devanture du pub.

Moins d’une minute plus tard un énorme  graffiti  en lettre de sang  recouvrait la vitrine ainsi que la porte des Trois Balais.

Retour à la Démocratie


Irving se recula de quelques pas pour admirer son œuvre avant de la fixer magiquement d’un sortilège. Les Miliciens trouveraient certainement un enchantement pour nettoyer ce tag mais s’ils usaient d’un Recurvite l’ inscription s’intensifierait davantage.  Pour le coup, Irving était plutôt satisfait du résultat mais il ne pouvait malheureusement pas s’attarder ici.  Il tapota donc l’épaule de Nora afin de lui tendre la bombe de couleur. C’était à son tour maintenant.



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora fut soulagée de voir Irving prendre la direction des opérations. Et impressionnée de voir tout ce qu'il avait prévu, bien qu'un peu inquiète aussi. En se couvrant d'un sweat noir trop grand pour elle, elle avait pensé qu'elle en faisait largement assez, et réalisait maintenant à quel point elle pouvait être naïve. Ils ne risquaient pas que quelque heures de retenue s'ils se faisaient prendre. Pour être honnête, elle ne savait pas exactement ce qu'ils risquaient. Mais une chose était sûre, elle n'avait pas envie de le découvrir ce soir. C'était sérieux, encore plus qu'elle ne l'avait cru. Il n'était plus question de se promener sur un lac gelé ou de s'enfoncer de quelques mètres dans la forêt interdite. Le danger était réel, ils ne pouvaient rien laisser au hasard, heureusement Irving n'avait négligé aucune détail.

La jeune fille se débarrassa de ses baskets, enfila les chaussures que l'ancien Gryffondor lui avait apportées et les laça fermement pour éviter de les perdre. Elle était heureuse qu'Irving ait anticipé le fait qu'elle n'aurait rien prévu, mais elle ne voulait pas non l'empêcher de penser à lui, aussi n’attrapa-t-elle pas l'écharpe qu'il lui tendait. Il lui avait parlé de cette accessoire, un membre de la Salamandre dont il avait tu le nom le lui avait donné afin qu'il puisse se protéger en modifiant son apparence. Il en avait besoin, au moins autant d'elle.

"Mais...Et toi ?" protesta-t-elle.

Irving la rassura en lui expliquant que Klemens lui avait enseigné un sortilège de pustules qui le rendrait méconnaissable. Nora grimaça mais accepta l'écharpe que son petit-ami venait de lui fourrer dans les mains.

"Je t'aimerais même en Mimbulus Mimbletonia, répondit-elle en souriant quand il lui lança qu'elle ferait mieux de l'embrasser maintenant. Mais j'espère quand même que Klem t'as aussi appris le contresort..." ajouta-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour déposer un bref baiser sur les lèvres du jeune homme.

Même leur plaisanteries ne parvenaient pas à crever la tension. Comme dans un état second, Nora hochait la tête à chacune des instructions d'Irving, mais avait du mal à réaliser qu'elles la concernaient directement. Que c'était vraiment ce qu'ils étaient en train de faire. Elle fut presque surprise quand vint le moment de se mettre en marche, comme si elle s'était attendue à ce que cela n'arrive jamais. Elle ne se laissa pas le temps d'hésiter et enroula l'écharpe autours de son cou, se transformant instantanément en un homme d'une quarantaine d'années. Irving rendu méconnaissable par le sort de pustules, ils quittèrent la cabane hurlante et, sans un mot, empruntèrent le chemin dont il avait convenu un peu plus tôt.

Les doigts serrés sur sa baguette, Nora se répétait chacune des étapes qu'ils avaient discuté. C'était un plan bien rôdé, ils n'en n'auraient même pas pour dix minutes. Tout se passerait bien. Ils arrivèrent devant les Trois Balais bien plus vite qu'elle ne l'aurait cru, elle sentit son rythme cardiaque augmenter un peu. La jeune fille se plaça sur la route, guettant l'arrivée d'éventuel passant d'un coté comme de l'autre. Le silence n'était troublé que par le bruit de la bombe de peinture, elle avait l'impression qu'on pouvait l'entendre à des kilomètres.

Elle sursauta quand Irving lui tapota l'épaule et attrappa la bombe de peinture d'une main qui tremblait un peu. S'approchant du mur, Nora leva le bras aussi haut qu'elle le pouvait -si elle tagguait à hauteur de ses yeux ils allaient clairement chercher un coupable parmi les élèves, et les premières années allaient avoir des ennuis.

Ils n'avaient pas une minute à perdre, pourtant elle hésita une seconde. Elle n'osait même pas dessiner sur les tables des salles de cours et elle s'apprêtait à taguer la vitrine d'un commerce. Elle eut une pensée pour madame Rosmerta -qui était toujours très gentille avec elle- et faillit abandonner. Mais elle eut aussi une pensée pour ses camarades, pour tout ceux dont les seules sources d'information étaient la gazette et Multiplitettes. Pour touts ceux qui sortiraient de l'école à la fin de l'année, et entreraient dans un monde construit sur des mensonges. Étouffant ses craintes et ses réticences, elle commença à tracer la première lettre de son message.

Quelques instant plus tard, un second graffiti écarlate s'étalait à la suite de celui d'Irving, couvrant ainsi une surface de plusieurs mètres et débordant sur la façade du bureau de poste.

Stop à la censure



La jeune fille ne s'attarda pas pour jauger le résultat et se rapprocha d'Irving dont elle pressa doucement le bras.

"C'est bon, souffla-t-elle. Plus qu'à fixer la peinture et on peut filer du coté de chez Honeydukes...poursuivit-t-elle avant de s'interrompre brusquement. Tu as entendu ?" demanda-t-elle dans un murmure à peine audible.

Elle ne savait pas si son imagination profitait de sa peur pour lui jouer de mauvais tours, ou si elle venait véritablement d'entendre des bruits de pas dans une rue adjacente.


Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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Que de nostalgie que de se retrouver en un lieu qu'il n'avait plus fréquenté depuis si longtemps! Combien d'années s'étaient écoulées au juste depuis son dernier passage? Trente ans? Peut-être même plus. Revenir dans l'établissement de "La Tête de Sanglier" le ramenait indubitablement à replonger dans ses souvenirs, au temps où il s'autorisait encore à pouvoir rêver. Le temps filait aussi vite qu'un vif d'or, et rien ne semblait en mesure de pouvoir ralentir sa course! Sur cette même chaise, alors qu'il n'était encore qu'un enfant, Jacob s'imaginait déjà un futur de justicier. Enfant solitaire, ayant toujours de la lecture à portée de main; Il fuyait comme la peste l'ambiance braillarde des Trois Balais. Le cerveau embrouillé par la Bierraubeurre, ou par les moues aguicheuses d'une jeune fille en fleur, les autres garçons de son âge se refusaient à tout effort de réflexion. Dans les attroupements de bouffons, c'était celui qui se montrait le plus idiot qui remportait la couronne de la soirée. Petit jeu auquel se refusait de s'adonner l'ancien Serdaigle, tant il nourrissait des projets plus nobles que de dégurgiter son trop plein d'alcool, ou d'embrasser la première greluche de passage. Car Jacob n'avait pas les mêmes préoccupations, et il s'était toujours senti plus mature, comme un adulte prisonnier dans un corps d'enfant. C'est sans doute cette faculté à toujours anticiper l'avenir qui l'avait conduit à devenir l'illustre politique qu'il était devenu...

Et pourtant, dans un élan mélancolique, Jacob s'octroyait une pause salutaire et de ne point courir après un destin qui devenait de plus en plus flou depuis la mort de Swann. Certes, il avait retrouvé un peu le gout de vivre auprès de la jolie June, mais était-ce suffisant pour étancher toute la colère et la haine qui sommeillait en lui? Certainement pas. A vrai dire, il aurait mille fois apprécier revenir au temps où il s'évertuait à n'être qu'un petit rat de bibliothèque asocial, pour prendre une autre direction, disons plus festive et superficielle. Après tout, qui serait-il aujourd'hui s'il avait dégobillé ses premières lampées de whisky pur-feu auprès de ses camarades de boisson? Serait-il devenu plus ou moins malheureux? Est-ce que Gersende et Swann seraient toujours en vie? Petites décisions, grandes conséquences, dont il était bien incapable d'en discerner les contours. Jacob leva son verre en direction de la tête de sanglier qui le fixait de son petit regard froid, avant de le vider d'un trait. L'esprit quelque peu embrumé par l'alcool, il s'adressa alors au trophée comme si celui-ci était en mesure de lui faire la conversation.

"Toi au moins, mon cochon, tu n'as pas à te poser toutes ces questions. Après tout, c'est peut-être ça le secret du bonheur : Ne point se torturer l'esprit, et cesser de trop réfléchir... "

Surgissant de derrière son comptoir, le vieillissant et pourtant encore alerte Abelforth Dumbledore se présenta face à son unique et prestigieux client du soir, afin de répondre sur le champ à la moindre de ses attentes. Après tout ce n'est pas tous les jours que son établissement accueillait sous son toit, le second du Ministère de la Magie.

"Vous m'avez mandé monsieur Dalhiatus? Que puis-je faire pour vous? "

Jacob leva un regard empreint d'ironie sur le tenancier, quelque peu moqueur à l'idée que celui-ci se reconnaisse dans le terme de "mon cochon". Mais il n'y avait pas de mal à briser ses rêveries solitaires avec le frère d'une légende, plutôt que discourir avec un trophée de chasse inerte sur un mur. Le directeur de Département lui offrit l'un de ses sourires tout en retenu, avant de s'expliquer.

"Du tout mon brave homme! Je ne faisais que m'adonner à l'art soliloque, en devisant avec cette légendaire tête de sanglier que vous avez là! J'étais en train de me dire que la notoriété ne reposait sur pas grand-chose au final. Harry Potter a peut-être sauver le Monde Magique en éradiquant vous savez-qui, mais il n'est pas pour autant plus célèbre que cette tête de cochon que vous voyez-là! Tout le monde la connaît, et pourtant elle dissimule encore tant de mystère. Vous ne trouvez pas? "

Bien que taciturne, Abelforth dodelina de la tête comme si le second degré dont faisait preuve le numéro deux du Ministère venait de le prendre par surprise. Un sourire émergeant de sa grosse barbe, il tenta de surenchérir dans l'exagération. Comme si la rencontre avec un autre ours solitaire avait de quoi réjouir sa sombre vieillesse.  

"Oui, ce sanglier aurait tant de chose à révéler, et une destinée si grande qu'elle assècherai assurément la plume de romancière de votre demi-sœur. Peut-être devriez-vous lui soumettre l'idée d'écrire un roman sur les pérégrinations d'un cochon sauvage plutôt que de continuer de nous infliger ce triste sire Feodor. Je ne vous connaissais pas cet humour, monsieur Dalhiatus. Je me souviens de vous comme d'un fin lecteur, qui, enfant déjà, venait ici pour dévorer les plus beaux écrits du monde magique et moldus. Mais j'imagine que votre venue n'a rien d'une simple visite de courtoisie. Que me vaut cet honneur? "

Toute cordialité disparut du visage froid du Directeur des Catastrophes Magiques, alors qu'il s'apprêtait à révéler les vrais raisons de sa présence dans le petit village frontalier à l'école Magique de Poudlard.

"Oui, je dois concéder que ma présence ici-même est purement d'ordre sécuritaire et préventif. Je tiens à m'assurer moi-même que Poudlard et ses environs ne présentent aucune faille dans laquelle pourrait s'engouffrer d'éventuels ennemis de la paix et du FREE. D'ailleurs si l'un de ceux-ci venait à franchir le seuil de votre établissement, j'espère que vous auriez la présence d'esprit de nous en informer... "

L'air de nouveau naturellement assombri, le gérant de la "Tête de Sanglier" croisa ses bras sur sa poitrine osseuse, avant de rassurer son visiteur sur ses intentions.

"N'ayez aucun doute la dessus! Le passé parle en mon nom, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la justice triomphe sur l'abomination. Je me suis porté garant comme informateur, alors cette si cette folle d'Ana Sorden ou tout autre terroriste magique venaient en ces lieux, vous en seriez les premiers avertis. J'en fais le serment! "

Jacob Dalhiatus ne pouvait douter de la loyauté de ce fidèle indicateur de la Milice, même s'il manquait cruellement de clairvoyance pour distinguer les véritables menaces pour la gouvernance de Leopold Marchebank.

"Je vous rassure, il y a très peu de chance pour que vous croisiez l'abominable arithmancienne ou tout autre évadés d'Azkaban. La véritable menace qui plane à l'heure actuelle se révèle plus sournoise, plus insidieuse. Il vous faudra tendre l'oreille, pour entendre le moindre chuchotis suspect à l'encontre de notre inestimable Ministre. N'hésiter point à prêcher le faux pour obtenir la vérité. Je veux que jouiez le rôle du citoyen mécontent, de manière à encouragez les langues des traitres à se délier. Dans les jours prochains, de mes hommes viendront condamner le passage magique qui conduit de votre établissement à l'école de magie. Vous n'aurez qu'à vous en offusquer... "

Jacob but une dernière gorgée de son précieux breuvage, avant de se lever de son séant.

"Par Merlin, j'ai peut-être abusé des bonnes choses! Je vais faire une petite promenade nocturne dans cette bonne petite bourgade de Pré-au-Lard, afin de me remettre les idées au clair. N'oubliez pas ce que je vous ai dit. Assurément, nous serons amenés à nous revoir très bientôt... "

Une dernière poignée de mains, et c'est presque à regret que Jacob quitta la chaleur de "La tête de sanglier", pour se retrouver dans le froid de cette nuit printanière. Ignorant la beauté du ciel étoilé, et préférant se concentrer sur le sol encore humide des pluies précédentes; Jacob se faufila dans les ruelles familières du petit village peu enclin à rejoindre sa routine londonienne. Le politicien demeurait fortement attaché au temps où il était un Oubliator aussi redoutable que redouté. Le terrain lui manquait, tandis que la paperasse l'excédait. A force de diner mondain, de gala improvisé, Jacob trouvait qu'il avait tendance à se laisser aller. Quelles jeunes femmes apprécieraient cette brioche ventrale naissante? June et son corps d'athlète se laisserait-elle charmer par ses poignées d'amour de vieux quinquagénaire? Toutes ses questions futiles furent balayées, quand il lui sembla discerner un bruit émanant de l'angle de la rue qui conduisait en direction des Trois-Balais...

Mais quel était donc ce bruit? Comme un chat crachant sa rage dans un combat de territoire, le phénomène sonore paraissait aussi frénétique que discontinu. Les sens en alerte et attisés par la curiosité, Jacob Dalhiatus s'orienta vers cette forme de tapage nocturne. Il se retrouvait replongé au temps où il patrouillait dans les rues du Londres magiques et moldus à la recherche de la moindre incivilité à condamner. Et lorsqu'il prit le virage qui conduisait vers l'origine du sinistre, sa main se posa instinctivement sa baguette. Son instinct ne l'avait point trompé, et il s'agissait bel et bien de deux délinquants en train de tagguer à l'aide d'une bombe magique la prestigieuse enseigne des trois balais. Un individu boutonneux s'attachait à fixer l'infâme forfaiture par le biais d'un sortilège magique; tandis que l'autre inscrivait en écriture rouge, un nouveau message! Ce genre de petites délinquances devenait trop fréquent au sein du monde magique, représentant l'une des premières formes d'opposition à l'encontre du système Marchebank. De par son expérience, Jacob avait appris à ne point sous-estimer la moindre menace, et il avait bien insisté auprès de la Milice Leopoldienne pour que aucun crime, aussi insignifiant soit-il, ne demeure impuni! Tolérance zéro pour les ennemis du FREE, tel était le crédo ! Jacob se sentit donc dans l'obligation d'intervenir, et de procéder à l'arrestation des deux délinquants lui-même. Sa baguette se pointant dangereusement vers la silhouette qui lui tournait le dos, et qui venait d'inscrire un retentissant et condamnable "Halte à la Censure". D'une voix aussi méprisante que sévère, Jacob Dalhiatus finit par molester les deux individus.

"Halte-là! Poser vos baguettes! Ne faites aucun moment que vous pourriez regretter! "

Retrouvant ses anciens réflexes d'oubliator, il s'avança alors lentement dans leur direction pour procéder à leur arrestation. Finalement cette petite promenade nocturne lui offrait de quoi briser la monotonie d'une vie politicienne, bien trop éloignée de l'action...


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Quand Nora lui pressa le bras, Irving se tourna pour observer durant  quelques secondes les tags inscrits en lettre de sang sur la devanture de Madame Rosmerta. A vrai dire, il ressentait un mélange de satisfaction et de jubilation en observant leur œuvre et il espérait bien que ces inscriptions allaient réveiller encore davantage les élèves de Poudlard. Même si des heurts au sein de l’école entre pro et anti régime lui avaient été relaté –signe que la jeune génération ne se laissait pas endormir par les beaux discours du gouvernement– ils devaient tous prendre conscience que, derrière les grilles du château, les citoyens n’avaient plus le droit de s’exprimer.  En effet, Irving avait à cœur de faire passer ce message au combien important. Bien sûr, les mauvaises langues qualifieraient  son acte de « résistance des bacs à sable », mais il n’y avait pas de petit geste lorsque l’on appartenait à une organisation comme la Salamandre. C’est du moins l’impression qu’en avait Irving. Depuis qu’il faisait partie de ce réseau résistant, il avait plus que jamais l’impression d’être dans le vrai. Lui qui avait été durant de nombreuses années un garçon un peu paumé, il avait trouvé une raison d’être, un moyen de se rendre utile et de donner un sens à sa vie au sein de cette organisation.  Cette sensation était  nouvelle pour lui mais il y avait pris goût drôlement rapidement, peut-être un peu trop d’ailleurs. C’était cette intime conviction de détenir la vérité qui le poussait chaque jour à prendre un peu plus de risques et qui faisait qu’il était là, ce soir, à tagger les façades de Pré-Au-Lard pour défendre ses idéaux.

Le jeune homme décrocha d’ailleurs un léger sourire à sa parfaite complice avant de s’approcher des deux inscriptions pour les fixer sur les pierres de la façade du bar. Il y avait plus romantique comme activité à faire en couple mais Irving ne pouvait pas rêver d’un meilleur binôme. Même si Nora était certainement moins entrainée que la plupart des membres de la Salamandre, leur complicité restait un plus indéniable sur le terrain, du moins c’est ce que songeait Irving avant que Nora n’entende quelque chose…

Instinctivement sa main se resserra autour de sa baguette et il fit glisser la bombe de couleur dans la poche de son sweat. Il fit un pas en direction de la rue, bloqua sa respiration et tendit l’oreille pour repérer le bruit qui venait d’alarmer sa petite-amie.
Rien. Absolument rien… A moins que…

Lorsqu’il  identifia à son tour des bruits de pas, il reporta vivement son attention sur Nora, une expression de surprise imprimée sur son visage. Bien sûr, il avait envisagé cette éventualité mais de là à ce qu’elle se réalise! Refusant de céder à la panique, il reporta son attention sur la Cabane hurlante dont la silhouette macabre se dessinait de l’autre côté du chemin. Ils n’avaient pas le temps de la rejoindre incognito et aucune possibilité de transplaner alors ils devaient envisager une autre issue car l’intrus était déjà là en train de les sommer de poser leur baguette.

« Ok, ok tirez pas… répondit-il en levant la sienne. C’était un homme qui les tenait  en joue mais Irving avait bien des difficultés à discerner les traits de son visage dans la semi-obscurité. On peut tout vous expliquer… » ajouta-t-il surtout pour gagner du temps.

En effet, son cerveau fonctionnait à plein régime, passant en revue les propositions qui s’offraient à eux. Ils ne pouvaient décemment pas jouer la carte des ignorants puisqu’ils venaient d’être pris la main dans le chaudron. Rejoindre le salon de Thé de Madame Rosmerta pour fuir par la cheminée revenait à attirer l’attention sur les Dark Boursouf qui y répétaient et donc, par extension, sur lui. Hors de question. Il restait donc l’option combat magique –qui finirait par réveiller tout Pré-au-Lard - ou la fuite pour sortir de la zone anti-transplanage… Ensuite, ils aviseraient. L’homme n’avait pas l’air particulièrement athlétique si bien qu’Irving décida qu’il s’agissait là de la meilleure opportunité pour sortir de ce guêpier. La forêt interdite commençait à quelques dizaines de mètres de leur position et l’endroit leur assurerait une relative sécurité contre les sortilèges.  Mais pour s’échapper, ils avaient besoin d’une diversion et Irving comptait sur l’ingéniosité de Nora pour agir en toute discrétion.

« C’est un terrible mal entendu monsieur, commença-t-il pour accaparer l’attention du quinquagénaire. Il  s’efforça de ne pas regarder sa petite-amie et, priant pour qu’elle soit arrivée à la même conclusion que la sienne, il avança lentement en direction de leur assaillant pour l’obliger à se focaliser sur lui. La baguette toujours pointée vers le ciel afin de ne pas apparaitre trop menaçant il poursuivit en osant même un léger sourire crispé, on essayait juste d’effacer ces ignominies.  Rien de plus, conclut-il en suppliant intérieurement Nora pour qu’elle intervienne.
Et vite.



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Nora répondit au regard surpris d'Irving par une expression paniquée alors que le bruit qu'elle avait perçu un instant plus tôt se faisait de plus en plus clair. Des bruits de pas, trop proches pour qu'ils n'aient une chance de disparaitre avant d'être découverts. Bien évidement elle avait envisagé cette possibilité, cela faisait même partie des choses qui avaient failli la décider à renoncer à cette expédition. Elle y avait pensé durant tout leur trajet jusqu'ici, elle avait même préparé mentalement plusieurs plans pour faire face à cette situation, mais maintenant qu'elle se réalisait la surprise et la peur prenaient le dessus et la laissaient incapable d'avoir la moindre pensée rationnelle.

Ils étaient découverts, ils étaient finis, et elle ne parvenait pas à songer à une solution, à un échappatoire. Déjà une voix s'élevait dans la rue sombre, leur ordonnant de lâcher leur baguette. La jeune fille s'apprêtait à laisser tomber la sienne sur le sol mais aperçut Irving qui, tout en prenant soin de la lever vers le ciel afin qu'elle ne soit pas une menace, conservait la sienne. Décidant que c'était effectivement plus prudent, même si elle ne s'imaginait absolument pas se lancer dans un duel contre l'homme qui les avait interpellés, Nora se contenta de lever les deux mains au niveau de sa tête, sa baguette toujours serrée entre ses doigts.

Et maintenant ? songea-t-elle alors qu'Irving tentait de leur faire gagner du temps en assurant à l'inconnu que ce n'était qu'un malentendu. Qu'allait-il se passer maintenant ? Si elle avait senti l'angoisse lui nouer le ventre un instant plus tôt, c'était parce qu'elle venait d'être découverte en train de faire quelque chose d'illégal. Mais la situation était bien plus grave que ça, ils avaient été découverts en train d'agir contre le régime. Un régime qu'ils dénonçaient justement pour son manque de justice et de transparence.

Soudainement, des tas de questions qu'elle n'avait jamais osé poser lui revenaient en tête. Quand Irving parlait de la Salamandre mettant des gens à l’abri pour éviter qu'ils n'aient "de graves ennuis", de quoi parlait-il ? Qu'est-ce qui arrivait à ces gens-là ? Et eux, que risquaient-ils maintenant ? Elle n'en savait rien, mais était persuadée que la réponse serait encore plus effrayante que cette incertitude. Elle n'avait aucune envie de le découvrir. Elle ne voulait pas savoir. Ils ne pouvaient pas rester là à attendre que ses questions trouvent des réponses. Ils devaient fuir, vite.

Alors que la panique la saisissait, Nora regarda précipitamment autours d'elle pour évaluer les solutions à leur disposition. La cabane hurlante était bien trop loin, et il était hors de question de se réfugier dans un commerce. Il ne leur restait plus que la forêt interdite, songea-t-elle en détournant brusquement les yeux des premiers arbres, à quelques mètres de là. Il ne faudrait pas que leur interlocuteur ne devine leur plan en suivant son regard. Ils avaient besoin d'une poignée de secondes, songea-t-elle en évaluant rapidement la distance. Du temps qu'il n'avait pas. L'homme était trop prêt. Il les rattraperait en un instant s'ils décidaient de fuir.

Sa baguette, qu'elle tenait toujours levée en évidence, lui parut soudainement peser beaucoup plus lourd. Son bras tressaillit. Irving s'était avancé, accaparant ainsi l'attention de l'homme qui leur faisait face, lui laissant champ libre pour agir. Il n'y avait qu'une seule chose à faire, elle l'avait compris. Ils devaient se sortir de là, et pour cela elle devait empêcher leur interlocuteur de les suivre. Chaque fraction de seconde qu'elle perdait à hésiter réduisaient leur chance de s'échapper, mais elle n'y arrivait pas. Elle n'était pas ce genre de personne, elle n'agressait pas les passant, elle ne jetait pas des sortilèges sur le premier venu. Sauf que ce n'était pas le premier venu, se sermonna-t-elle. La personne s'était empressé de les interpeller, et leur faire certainement payer leur acte de délinquance au prix fort.

Nora ne se laissa pas hésiter une seconde de plus et, brusquement, abaissa sa baguette pour lancer le premier sortilège qui lui vint à l'esprit.

- Rictusempra !

Elle avait appris des dizaines de sort, pendant sa scolarité à Poudlard. Bien plus redoutables et efficaces que celui-ci. Mais c'était celui-là, qu'elle avait appris des années plus tôt et avec lequel ils s'embêtaient entre camarades, qui lui était venu instinctivement. Un sortilège de chatouilles n'était certainement pas la défense la plus appropriée, mais c'était tout ce qu'elle avait pu trouver. Comme si, même dans une situation comme celle-ci, elle ne pouvait pas se résoudre à causer plus de mal que ça.

Elle ne prit même pas le temps de vérifier si elle avait visé juste, ni de savoir si son adversaire s'était défendu, elle tendit juste le bras en avant pour attraper la manche d'Irving, et se mit à courir. Sans se retourner, sans réfléchir, aussi vite qu'elle le pouvait.


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Répondant docilement à son injonction, les deux délinquants ne cherchèrent point à jouer les héros, et restèrent immobiles face à leur forfaiture. Un petit sourire de satisfaction étira les lèvres de Jacob Dalhiatus, alors qu’il se rapprochait des deux inconscients. En posture d'attaque, la baguette relevée, prête à parer la moindre riposte; Le Directeur du Départements des Catastrophes magiques savourait cette cure de jouvence qui le ramenait au temps où il n'était encore qu'un Oubliator. Gravir les échelons du pouvoir, lui avait certes conférer le pouvoir et la notoriété, mais également l'ennui de se trouver enfermer dans un bureau avec une montagne de paperasse administrative. Par Merlin, comme le terrain lui avait manqué. Le quinquagénaire s'en rendait soudainement compte, alors qu'il s'apprêtait à procéder à l'arrestation des deux voyous. Ces derniers semblaient se résoudre à l'idée de devoir s'expliquer de leur crime, et rien ne paraissait plus grisant pour le justicier que ce sentiment d'omnipotence. Tels des insectes prisonniers dans sa paume, il pouvait tout aussi bien les écraser que les relâcher; Leurs destins étaient entre ses mains.

"Veuillez décliner vos identités! "

La voix de Jacob était calme, mais toujours aussi impérative. Le manque de luminosité ne lui permettait point de voir clairement le visage des deux délinquants, mais cela n'était qu'une question de secondes avant que ce mal soit réparé. A première vue, il y avait d'un côté un grand échalas boutonneux, et de l'autre une petite silhouette tremblotante. Les Laurel et Hardy de la bombe magique! Une déferlante de sarcasmes envahit son âme, au fur et à mesure qu'il se rapprochait de ses proies. Que ce soit des vieillards nostalgiques en mal d'une jeunesse rebelle, des sang-purs incapables d'animer une révolution loin du confort douillet de leur manoir; Les réfractaires au FREE avaient beau se cacher lâchement derrière des masques, ils étaient tous unis autour d'une même volonté pathétique. Bristol était peut-être l'exception, et représentait un ennemi de taille qui puisse venir égratigner la politique sécuritaire de Leopold Marchebank. Mais en domptant la pègre, et avec le bouclage de la ville : Le couvercle était posé sur la marmite bouillonnante de la révolte!

"Il n'y a rien à expliquer, alors tu vas te contenter de répondre à mes questions! Qui êtes-vous et pour quelle sombre organisation travaillez-vous? "

Soit l'idiot du village boutonneux était en train de faire dans ses couches culottes, soit il cherchait réellement à se faire passer pour plus idiot qu'il n'était. Le poids plume qui se tenait à ses côtés ne pipait pas un mot, les mains sagement levés au-dessus de se tête, si bien que Jacob focalisa son attention sur celui qui devait incarner le "cerveau" de cette opération de dégradation des biens publics. Plutôt que d'offrir des réponses précises à ses questions, ce dernier s'enterrait dans des justifications hasardeuses, cherchant à s'innocenter d'un méfait qu'il venait d'accomplir sous les yeux du politicien en mal d'action. La mâchoire de Jacob se raidit alors que le boutonneux jacassait de plus bel.

"Mais quand vas-tu la mettre en sourdine, et te contenter de répondre à mes questions?! Es-tu demeuré ou simplement inconscient? " Le directeur marqua une pause, son regard cinglant venant transpercer celui du boutonneux. "Qui êtes-vous et qui sont vos donneurs d'ordre? "

L'aversion de Jacob atteignit son paroxysme alors que l'individu s'obstinait à contourner ses questions. L'envie de lui faire ravaler son petit sourire narquois vint chatouiller la main de Jacob qui tenait sa dangereuse baguette, mais il se retint! Rira bien qui rira le dernier! Quand l'inconscient sera au frais dans une cellule de Skye, on verra bien s'il continuera à arborer le même sourire provocateur. En tout cas, la mauvaise foi ne semblait point l'étouffer alors qu'il s'enlisait dans de nouveaux mensonges encore plus gros que les pustules qui jalonnaient sa face de rat. Jacob concentrait toute sa rancœur sur le jeune homme, oubliant presque le petit moineau qui se tenait à ses côtés.

"C'est ça, continue à mentir de façon si éhontée! Tu ne fais qu’alourdir les charges qui planent déjà au-dessus de ta tête! Tu vas m'effacer ce sourire et répondre à mes questions! Une seule palabre hors-sujet et je te jure que je vais te faire ravaler ton insolen... "

Jacob n'eut pas le temps d'achever sa phrase qu'un sortilège des plus singuliers vint le frapper par surprise! Aussi sournoise qu’imprévisible, la petite silhouette d'allure si inoffensive venait de passer à l'attaque. Et quelle attaque! N'étais-ce pas un sortilège de chatouillis qui venait de contourner la défense du pourtant expérimenté Jacob Dalhiatus? Ce dernier, si habitué d'ordinaire à trouver la parade aux sortilèges les plus puissants et dangereux du monde à magique, se voyait prit à défaut par un simple sortilège de débutant! Il faut dire que le souvenir de son premier "Rictusempra" remontait si loin dans ses souvenirs, qu'il en avait presque oublié son existence. Une onde magique de chatouillis secoua brusquement le corps du directeur des Catastrophes Magiques, alors qu'il se tordait sous les effets d'un rire irrésistible. De toute sa vie, l'austère Jacob Dalhiatus n'avait jamais autant rit! Dans l'incapacité de riposter à cette attaque sournoise, il vit ses proies se dérober à lui. Se tortillant sur lui-même comme un vulgaire lombric, Jacob finit par trébucher contre le rebord du trottoir, et débarouler dans des poubelles magiques accumulées le long du mur. Sa bouche tordu par un rire irrépressible, il tenta de diriger sa baguette sur lui-même et de prononcer un contre sort. Après de nombreuses tentatives infructueuses, il finit par y parvenir, se délivrant enfin de cette grotesque expérience.

Allongé à même les ordures ménagères, le directeur du département sentit une haine vengeresse s'emparer de ses pensées! Ils allaient lui payer cette infamie! Ces deux sombres crapules venaient tout simplement de signer leur arrêt de mort! Le regard irradiant de colère, Jacob contempla alors une peau de banane reposant sur son ventre, et qui faisait l'ascenseur en rythme avec sa respiration encore haletante. De rage, il jeta l'immondice au loin, tandis que son coude venait de se poser malencontreusement sur de la viande de licheur avariée. Qui pouvait-être assez stupide pour oser gaspiller et jeter un met aussi succulent dans une poubelle!? Plutôt que de répondre à cette question futile, Jacob se releva, bien décidé à passer à l'action. Il ajusta tant bien que mal son costume trois-pièces de luxe, avant de lever sa baguette afin d'envoyer un Patronus d'alerte à sa Milice. Mais il se ravisa bien vite dans son geste, alors qu'il entrevoyait déjà les humiliantes révélations qu'il devrait inévitablement fournir à ses hommes. Vaincu par un simple sortilège de Chatouillis, lui, le héros de la grande guerre magique. Jamais vaincu dans un combat magique, il allait voir fondre le respect dû à sa personne comme neige au soleil! Une évidence s'imposa alors à lui : Celle qu'il devait régler lui-même cette humiliante déconvenue, et châtier les deux énergumènes!

Plutôt que de tergiverser, il s'élança dans la poursuite des deux fuyards; Bien décidé à laver l'affront de manière aussi démesurée qu'il sera nécessaire pour qu'ils comprennent que l'on ne s'en prenait pas à un Directeur de Département! Jacob n'avait peut-être plus le physique de ses jeunes années, mais son désir de vengeance lui donnait littéralement des ailes, si bien qu'il ne tarda pas à entrapercevoir les silhouettes des fugitifs se dirigeant vers la forêt interdite. Peut-être imaginaient-ils pouvoir lui échapper? Et que ce lieu maudit aurait raison de sa motivation! Grave erreur! Jacob allongea son bras, afin d'aligner la pointe de sa baguette sur l'un des deux fugitifs. D'une voix aussi sombre que sa colère, il prononça alors un sortilège d'entrave.

"Impedimenta! "

Alors que les délinquants étaient sur le point de disparaître sous la canopée de la Forêt Interdite; Une boule d'énergie crépita à l'extrémité de la baguette, avant que le sortilège n'emprunte sa redoutable trajectoire. Jacob espéra que son maléfice d'entrave avait bel et bien fonctionné, et qu'il pourrait ainsi rapidement rattraper les deux crapules. Finalement l'idée de pouvoir jouer librement au grand méchant loup dans le secret de la forêt interdite avait de quoi le réjouir. Sans témoin, sa vengeance pourrait s'exercer librement...

Lancer de dé « Impedimenta »!:
 


MerlinCompte fondateuravatar
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Irving WhitakerAubergisteavatar
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L’homme s’exprimait avec assurance, il avait tout l’air d’être un habitué de ce genre de confrontation. Peut-être était-il membre de la Police Magique ou pire de la Milice songea Irving en cherchant quoi répondre à ses questions. Qui étaient-ils ? Il ne pouvait pas risquer de lui dire la vérité. Pour quelle organisation œuvraient-ils ? Encore moins. Alors que les pulsassions de son cœur s’intensifiaient il se prit à supplier mentalement Nora pour qu’elle intervienne. En effet, plus Irving écoutait cet homme, plus il avait la désagréable impression d’avoir déjà entendu sa voix quelque part. L’ancien Gryffondor fit quelques pas en avant afin de discerner un peu mieux le visage de l’inconnu et c’est à ce moment là qu’il le reconnut. Dalhiatus. Le numéro deux du gouvernement. Le bras droit du Ministre lui-même. Oh bordel de troll. Irving fut littéralement abasourdi par ce constat et il resta quelques secondes immobile, les yeux exorbités, incapable de bouger. Ces pensées étaient confuses mais il était certain d’une chose, s’ils se faisaient attrapés, il n’avait aucune chance de se faire gracier. Jacob Dalhiatus avait la réputation d’être sévère et implacable. Il se disait d’ailleurs qu’il était devenu encore plus impitoyable depuis qu’il avait perdu sa fiancée, Swann Twiflit, dans la guerre des gangs de Bristol. Mais que faisait cet homme dans les rues de Pré-Au-Lard en plein milieu de la nuit ? Pourquoi avait-il fallut qu’ils tombent justement sur lui ?

Irving en était ce genre de considération lorsque Nora décida d’entrer en scène. Et de fort belle manière ! Avec une agressivité qu’il ne lui connaissait pas, elle atteignit Dalhiatus en pleine poitrine avec un sortilège. Oh bien sûr, il savait qu’elle pouvait être très réactive et précise –il suffisait de l’observer pendant un match pour en être persuadé- mais il ne l’avait jamais vu jeter un sortilège sur qui que ce soit. Certes il s’agissait simplement d’un sort de chatouillis pour faire diversion mais le simple fait que Nora engage les hostilités était un peu déroutant. Irving était forcé de constater qu’ils en étaient arrivés à la même conclusion : Ils étaient réellement en danger, dos au mur, et ils devaient agir vite.

L’ancien Gryffondor se laissa donc entrainé par sa petite-amie en direction de la forêt interdite. Il referma sa main autour de celle de Nora et se mit à courir aussi vite qu’il le pouvait. L’orée des bois n’était qu’à quelques dizaines de mètres mais il avait l’impression d’avancer au ralenti. Ils devaient rejoindre la forêt pour être en sécurité. Il le savait. Son regard ne quittait pas les premiers arbres et sa poigne était si ferme qu’il devait surement broyer la main de Nora mais il préférait cela plutôt que de prendre le risque de la lâcher.
Trente mètres… Les broussailles griffaient le bas de leurs pantalons mais Irving tachait de se concentrer sur la respiration de sa petite-amie à ses côtés… Vingt mètres… Leurs pieds s’enlisaient dans la boue et ils devaient redoubler d’efforts pour maintenir la cadence… Dix mètres… La forêt n’avait jamais été aussi proche, les premiers arbres, l’obscurité protectrice commençait à les envelopper et tout à coup, un brusque arrêt.

Nora venait de tomber. Il fallut quelques microsecondes à Irving pour comprendre qu’elle n’avait pas simplement trébuché et qu’elle avait belle et bien été touché par un maléfice. Le sang de l’ancien Gryffondor se glaça dans ses veines alors qu’il envisageait le pire mais il se rassura lorsqu’il constata qu’elle était encore consciente.

« Finite ! » souffla-t-il en pointant sa baguette sur sa petite-amie pour interrompre le processus du Sortilège, ça va ? » Demanda-t-il  en se penchant pour l’aider à se remettre debout, il faut qu’on reparte,  ajouta-t-il en relevant la tête en direction de Dalhiatus qui approchait dangereusement de leur position.

« Impédimenta ! » lança-alors Irving pour l’empêcher d’approcher davantage.

Il jeta alors un regard à Nora pour s’assurer qu’ils pouvaient reprendre leur course folle.

Lancé de dé:
 



Irving Whitaker
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Nora ne s'autorisa même pas à se retourner pour voir comment leur adversaire s'en sortait avec son sortilège de chatouillis. Sa main serrée dans celle d'Irving, elle courait plus vite qu'elle n'avait jamais couru, avec l'impression décourageante que la forêt ne se rapprochait que trop lentement. Pourtant, il devenait déjà plus difficile d'avancer alors qu'ils quittaient les pavés de la rue pour s'enfoncer dans la terre à l'orée de la forêt. Des bruits de pas derrière eux indiquaient que l'homme s'était lancé à leur suite. La peur leur donnait des ailes et ils parcoururent en un instant les quelques mètres qui les séparaient encore de l'obscurité protectrice de la forêt interdite.

Ils avaient dépassé les premiers arbres, mais la végétation n'était pas encore assez dense pour qu'ils se sentent à l’abri, ils devaient poursuivre leur course. Leur adversaire était juste derrière eux, ils ne pouvaient pas s'arrêter. Courir. Courir. Courir. Encore plus vite. Ces mêmes pensées tournaient en boucle dans l'esprit de Nora, lui faisant oublier ses poumons en feu et son cœur battant la chamade, quand un éclat de lumière éclaira soudainement l'obscurité de la forêt. Avant qu'elle n'ait eu le temps de s'interroger sur l'origine de cet éclair lumineux, Nora tomba à genoux.

Son cerveau fonctionnait à toute vitesse, son cœur battait de toute ses forces et chaque cellules de son corps lui hurlaient de se relever et de courir, mais ses membres ne lui répondaient plus. Son instinct de survie et la peur qui lui broyait les entrailles se heurtaient à une inertie dont l'origine ne pouvait être que magique. Elle venait d'être touchée par un sortilège d'entrave. Relever la tête lui demanda un effort considérable mais elle n'eut heureusement pas à crier puisqu'Irving pointait déjà sa baguette dans sa direction par la libérer d'un contre-sort.

"Merci..." souffla-t-elle en s'accrochant au bras qu'il lui tendait pour se relever.

Elle hocha précipitamment la tête quand le jeune homme lui demanda si ça allait, prête à reprendre leur course, mais en suivant le regard de son petit-ami elle réalisa que leur adversaire avait eu le temps de se rapprocher dangereusement. L’écharpe qu'Irving lui avait donnée pour protéger son apparence avait glissé pendant sa chute et Nora avait retrouvé ses traits d'adolescente de dix-sept ans. C'est donc un visage apeuré, encadré de long cheveux blonds, qu'elle tourna en direction du numéro 2 du gouvernement. Ses yeux s'arrondirent de surprise et sa peur augmenta d'un cran alors qu'elle le reconnaissait soudainement.

"C'est..." commença-t-elle avant de se rendre compte que sa déclaration ne les aiderait pas à se sortir de là.

Ils s'étonneraient de la présence de Jacob Dalhiatus dans les rues de Pré-au-Lard en pleine nuit plus tard. Pour le moment ils devaient prendre la fuite. Si Nora s'était déjà sentie menacée par cet étranger au ton autoritaire qui les avait interpellés un instant plus tôt, le fait que cet homme ne soit autre que le numéro deux du gouvernement faisait planer sur eux un danger bien plus importants. Ils ne pouvaient pas se laisser attraper. Elle ne savait pas ce qu'ils risquaient, exactement. Et elle ne voulait pas le savoir.

Instinctivement, Nora faillit retenir le bras d'Irving quand il leva sa baguette en direction de leur adversaire. Elle n'avait aucune envie de se lancer dans un duel magique contre Jacob Dalhiatus et, même si elle l'avait fait un instant plus tôt, elle était assez mal à l'aise avec l'idée d'agresser un directeur de département. Sauf que c'était eux ou lui. S'ils voulaient s'en tirer ils allaient devoir se défendre. Et ils devaient s'en tirer. Reléguant sa morale dans un coin de son esprit, Nora grimaça en voyant le sortilège d'Irving rater sa cible et leva sa baguette à son tour, d'une main tremblante.

Hors de question de se rabattre à nouveau sur un Rictusempra, trop prévisible et pas assez efficace. Mais elle n'avait rien d'une dueliste elle perdait tous ses moyens sous la pression. Elle en connaissait des dizaines, des formules. Pourtant pendant une seconde pas une seule d'entre elles ne lui traversa l'esprit. Complètement figée par la peur, Nora était en proie à cette même angoisse paralysante qui l'avait envahi la dernière fois qu'elle avait dû jeter un sortilège dans une telle situation d'urgence. Le souvenir de cette excursion en Laponie, qui avait failli avoir un dénouement encore plus dramatique, l'envahit soudainement et lui délia la langue.

"Lévicorpus !" s'écria-t-elle en pointant sa baguette droit sur Jacob Dalhiatus.
Spoiler:
 


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Jacob DalhiatusDirecteur de Départementavatar
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A peine franchit-il l'orée de la Forêt Interdite que Jacob Dalhiatus sentit ses émotions prendre le pas sur sa raison. Après quoi courait-il? Est-ce que deux misérables tagueurs à la bombe magique méritaient de se donner autant de peine? Le Directeur de Département commençait sincèrement à s'interroger sur les raisons de sa présence au cœur de la nuit, en plein milieu d'une forêt hostile! Tout cela n'avait pas de sens, à moins que... Quelque chose prenait le contrôle de ses actes et l'entrainait vers les recoins les plus sombres de son âme! Alors que les branchages venaient fouetter et s'agripper à son costume trois pièces, les pensées de Jacob s'enlisaient dans un passé qui n'avait cessé de le tourmenter. Il s'arrêta un bref instant alors qu'il lui sembla apercevoir une silhouette disparaître derrière un arbre. Une voix féminine fredonna alors une chanson si familière, qui résonna dans sa boite crânienne, à moins que ce ne soit dans la forêt entière.

"Gersende, c'est toi?  "  

Etait-il en train d'halluciner? Ou entendait-il vraiment la complainte triste de son ancienne fiancée? Les rayons de lune filtrant à travers la canopée obscure, dessinaient un combat inégal dans lequel les ombres finissaient toujours par triompher. L'imagination de Jacob s'enflammait alors qu'il y voyait une cruelle métaphore de son existence. A quoi bon vouloir changer le Monde, quand celui-ci lui se plait à lui arracher son bonheur? Oubliator, il s'était évertué à châtier les dangereux criminels et protéger le Monde Magique, sans être capable d'assurer la sécurité de son propre foyer! La vision du corps de Gersende étendue dans une mare de sang était là pour le lui rappeler chaque seconde de sa misérable vie! Numéro deux du Ministère, et la résultante était la même! Encore une fois, incapable de protéger Swann de la baguette meurtrière de son assaillant! Deux femmes, deux destins brisés...

"Swann!? "

Non, il ne rêvait pas, alors qu'une silhouette fantomatique se matérialisé devant lui. C'était bien celle de sa future épouse, qui vêtue d'une robe de mariée venait de glisser derrière un tronc obscur. Se détournant complètement des deux fugitifs, Jacob s'élança à la poursuite de ce bonheur qui ne cessait de lui glisser entre les doigts. Un instant, il lui sembla entendre le rire cristallin de Swann qui fuyait au loin. Peut-être aurait-il dû se faire aider après cette deuxième tragique disparition. Consulter cette Meredith Kane. Quelque chose s'était brisé en lui, et ce pour toujours. Secouant la tête pour retrouver un peu de sa lucidité, il abandonna cette idée quand la voix de Swann vint hanter son esprit, comme avant :

*Viens Jacob, le repas est servi. Evite de le jeter à la poubelle cette fois-ci... La viande de Licheur est devenue absolument hors-de-prix! Si cela continue, un kilomètre de soie sera plus rentable à l'achat qu'un seul de ces carrés de viande! *

"Swann, attends-moi, je t'en prie! "

Jacob pouvait voir la silhouette lumineuse de Swann à quelques mètres devant lui. Il tenta de la rattraper, dégageant de sa baguette plusieurs Scroutt à pétard de sa route.

* Réajuste ton col, s'il te plait. Pas de marron sur du noir, voyons! Je suis désolée de te le dire mon chéri, mais les rayures dans ce sens, ont tendance à te grossir. Tu ne voudrais pas te mettre au sport, d'ailleurs? *  

Nul doute, illusion ou non, c'était bien Swann! Sa voix suave et mélodique qui savait exactement comment le faire sortir de ses gonds, par des  remontrances aussi sournoises que calculées. Jacob aurait livré le Monde Magique aux flammes pour n'avoir ne serait-ce qu'une seule de ces maudites remarques agaçantes! Que ce soit pour ranger ses chaussettes, jeter un "Recurvite" sur la lunette des toilettes, n'importe quoi! Ce qui l'horripilait autrefois, lui manquait désormais cruellement! Mais plus pour longtemps, tant il semblait pouvoir rattraper la silhouette lumineuse de sa défunte fiancée.

En effet, Jacob pouvait presque sentir la robe de mariée venir lui frôler la main. Mais tandis qu'il pensait enfin pouvoir l'atteindre, l'illusion se dissipa totalement, ne laissant place plus qu'à la sombre réalité des deux fuyards. Jacob sentit son cœur s'étreindre, et sa mâchoire se crisper de colère, alors qu'il comprenait que rien lui ramènerai ce qu'il avait perdu. Plus que de la déception, à présent, c'était de la haine que le Directeur de Département ressentait! Une rage viscérale contre celles et ceux qui osaient lui soustraire son bonheur, au moment où il tendait à l'obtenir! Son âme entière hurlait à la vengeance, tandis que sa raison restait silencieuse. Sans le savoir, Jacob était sur le point de commettre la pire erreur de son existence...

Recouvrant quelque peu ses esprits, malgré la haine qui l'animait; Jacob fut déconcerté de se retrouver à la lisière de la forêt, alors qu'il pensait en avoir franchi la limite depuis belle lurette. Combien de temps s'était-il écoulé, depuis l'instant où il avait jeté son sortilège sur l'un des deux fuyards, poursuivit ses fantômes du passé, et le moment présent? Le directeur des Catastrophes Magiques ne serait le dire, mais à force de tergiverser, il laissa l'initiative à ses deux adversaires. La face de bulbe venait de lever le sortilège qui endiguait les mouvements de sa fourbe de comparse. Celle-ci prenait les traits d'une ravissante et innocente petite blondinette, comme quoi la délinquance n’avait pas de visage ! Encore sous le coup de l'émotion, Jacob évita de justesse un premier sortilège lancé contre sa personne mais ne put rien contre celui que la jeune fille au visage d'ange lui lança dans la foulée. Pour la deuxième fois consécutives, la jeune femme avait réussi à contourner la défense de l'un des mages les plus puissants du Monde Magique.

Impuissant mais tachant de ne point lâcher sa baguette, Jacob sentit son corps se soulever dans les airs, comme si une force invisible venir de le saisir par la cheville. Ses jambes basculèrent vers les cimes des arbres, tandis que son visage rouge de colère se tournait vers la mousse de la clairière! Des Galions tombèrent alors de ses poches, ainsi qu'un Parchemin émanant de l'Île de Skye, suite à l'une de ses nombreuses missives concernant ses doutes sur la gestion du cas du malheureux Finnigan. Un sortilège "Lévicorpus" lui avait été jeté, et un tel acte devait se payer! La tête toujours en bas, Jacob braqua un regard noir de colère sur l'intrépide blondinette.

"Pauvre sotte! Est-ce que tu connais le sort que l'on inflige à ceux qui osent s'en prendre aux membres du Ministère? Descends-moi de là, où je te jure que je te ferai amèrement regretter ce geste! "

Cette racaille d'allure si inoffensive au demeurant, finirait tôt ou tard par gravir les échelons de la violence. On commence par taguer un mur, on jette un sortilège, et on finit par massacrer d'innocentes personnes! Que ce soit le boutonneux, ou la petite blonde; Rien ne pouvait laisser supposer que l'un des deux ne passe pas à l'acte plus tard. Un meurtrier du calibre de celui qui avait tué Swann se trouvait peut-être là, juste dans cette clairière obscure et moussue! C'était décidé : Jacob ne voulait plus jouer et il décida de mettre un terme à ce simulacre d'arrestation! Aujourd'hui, le destin lui octroyait la chance de pouvoir enfin se venger de toute la souffrance que lui avaient laissée les disparitions tragiques de ses deux anciennes fiancées. Cette fois-ci, il ne se montrerait pas attentiste! Et n'attendrait surement pas la mort d'une troisième personne, comme la belle June, pour se décider enfin à passer à l'action. Quitte à se détourner des lois pour le bien de tous, il se devait d'agir au risque de n'être plus que l'ombre de lui-même. Sa baguette crépita, alors qu'il prononça un sortilège pour délivrer la zone de toute emprise magique!

"Finite Incantatem! "

Atterrissant tête première dans la mousse, il se releva l'écume aux lèvres et le regard empreint de haine, en direction des deux meurtrier en devenir.  

"Je crois que le Monde Magique se portera mieux sans vous. Qui donc pourrait se soucier du sort de deux vulgaires délinquants? Aujourd'hui vous vous attaquez à moi... Qui me dit qu'une autre fois, vous ne vous en prendrez pas à une victime innocente? Je plaide la légitime défense et le droit de vous tuer! La question essentielle étant de savoir... "

Le regard haineux de Jacob passa de l'un à l'autre des deux fugitifs, puis il ajouta d'une voix des plus inquiétantes :

"Par lequel d'entre vous je commence? "

Cette fois-ci, Jacob Dalhiatus était en posture de combat, et aucun de ses deux adversaires étaient de taille à se mesurer à lui! Jamais un duel ne lui avait échappé, même lorsqu'il s'était mesuré à de puissants Mangemorts. Héros de la Grande Guerre, il allait nettoyer le Monde Magique de la pourriture qui le gangrène depuis trop longtemps. Il pouvait sentir les fantômes de Swann et Gersende à ses côtés, qui lui chuchotaient de les venger! Sa baguette virevolta avec une dextérité incroyable, avant de se figer en direction du voyou à la chevelure bouclé.

"Confringo! "

Une violente déflagration propulsa alors le jeune homme dans les airs, faisant retomber celui-ci quelques mètres plus loin, sur le tapis de mousse. Parfaitement immobile, comme mort, Jacob se détourna bien vite de lui, pour diriger sa colère sur la blonde au visage trompeur.

"Et d'un! " Jacob esquissa un sourire diabolique, avant de s'approcher d'elle à grandes enjambée. "Pour toi, tu m'excuseras, mais je vais prendre un peu plus de temps, et savourer le moment. Quand j'étais Oubliator, on usait facilement de nos compétences pour dissimuler certaines bavures, comme l'usage de la torture pour faire parler des pourritures de ton engeance. Le procédé sera à peu près le même, sauf que le résultat sera, disons plus définitif... "  

Plus que de la haine, une lueur d'émotion traversa le regard de Jacob Dalhiatus. Tuer lui enlèverait peut-être ce poids horrible qu'il avait depuis trop longtemps sur la conscience. Rendre justice écartait toute forme de pitié, mais il sembla hésiter une seconde face au visage angélique de sa victime expiatoire. Pointant sa baguette tremblante sur la blondinette, Jacob prit une longue inspiration, avant de fermer les yeux. Puis, il prononça un sort dont il n'aurait jamais pensé faire usage une seule seconde de sa vie.

"Endoloris... "


Nora WeaverAubergisteavatar
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Le bras tremblant, Nora s'efforçait péniblement de garder sa baguette levée à une hauteur suffisante pour maintenir le directeur de département dans les airs. Elle n'avait pas réfléchi une seule seconde avant de lancer son sortilège et ne savait plus quoi faire maintenant qu'elle avait réussi à atteindre son adversaire. Ce dernier, vociférant la tête en bas, lui assurait déjà qu'il lui ferait regretter son geste. Elle n'en doutait pas.

Paralysée par la peur, elle n'osait rompre le sortilège, sachant que cela libérerait Dalhiatus et laisserait libre-cours à sa vengeance, mais elle se refusait à penser à une défense plus efficace. Irving avait sa baguette, leur adversaire était immobilisé, à portée de tir. Mais il ne tirerait pas, elle le savait. Parce qu'elle n'aurait pas tiré. Ils ne jetteraient pas de sorts pour attaquer une personne immobilisée. Ce n'était pas dans leur habitude de s'en prendre à des figures d'autorité, ou à qui que ce soit. La situation actuelle n'était que le résultat malheureux d'une succession d'erreurs, les choses n'auraient jamais dû se passer comme ça, ce n'était pas du tout le plan de départ. Nora était terrifiée par la façon dont les choses avaient complètement déraillé, et effrayée de voir avec quelle facilité on pouvait s'écarter de son chemin.

Leurs secondes d’hésitation furent assez longues pour permettre à Dalhiatus de se délivrer du sortilège et de se remettre sur pieds, la rage au fond des yeux. Nora recula d'un pas, sa baguette toujours levée devant elle, alors que le numéro deux du gouvernement s'avançait vers eux en menaçant de les tuer. Toute couleur quitta soudainement le visage de la jeune fille alors qu'elle secouait faiblement la tête de gauche à droite.

"Non...souffla-t-elle. On voulait pas...On pensait pas..."

C'était faux, songea Nora. Jamais ils ne s'en prendraient à une victime innocente, ils n'avaient fait que se défendre. C'était la peur qui leur avait fait oublier le temps d'un instant le droit et la morale. Ils ne voulaient de mal à personne, ce n'était que quelques mots tagués sur un mur, cherchait-elle à se défendre. Mais ce n'était pas n'importe quel mot. Elle savait bien que ce qui dérangeait, ce qui les mettait en danger, c'était le message. Ils dénonçaient le gouvernement, s'opposaient au pouvoir en place, et si cela lui paraissait toujours être un acte juste, elle réalisait maintenant que la justice venait avec un prix. Bien plus élevé que ce qu'elle n'aurait cru.

"Par lequel d'entre vous je commence ?"

Nora tourna un regard apeuré en direction d'Irving et voulut tendre le bras pour lui attraper le poignet, pour le rapprocher d'elle, pour que Dalhiatus ne puisse pas les séparer, mais le jeune homme fut brutalement frappé d'un sortilège qui l'envoya plusieurs mètres en arrière.

"Irving !" s'écria-t-elle désespérément.

Il ne se releva pas. Une terrible angoisse s'empara soudainement de la jeune fille qui crut que ses jambes allaient la lâcher. Tremblante comme une feuille, le visage pâle et les yeux larmoyants, elle fut forcée de reporter son attention sur Dalhiatus dont le sourire diabolique lui glaça le sang. L'incompréhension, et la peur se succédèrent sur son visage alors que le directeur de département évoquait les anciennes méthodes utilisées par les oubliators pour faire parler les criminels. Elle n'osait pas y penser, mais l'idée faisait son chemin dans son esprit, faisant grandir en elle un sentiment de pur terreur.

Tout autant que les mots de l'homme, c'était la haine au fond de son regard qui la terrifiait. Jamais on ne l'avait regardé comme ça. Ce n'était ni du reproche ni de la colère qu'elle voyait dans les yeux de son interlocuteur mais une profonde rancœur et une rage démesurée qu'elle ne comprenait pas. Il la détestait, il voulait lui faire du mal, et il le désirait avec tant de violence que Nora sentait une forme de culpabilité se mêler à la crainte qu'elle éprouvait.

"Je suis désolée...laissa-t-elle échapper d'une voix étrangler. On voulait pas...Je...Je vous demande pardon."

Elle ne savait pas ce qu'elle avait fait pour mériter cette haine, mis à part taguer trois mots à la peinture rouge, mais elle n'avait jamais voulu faire tant de mal à qui que ce soit. Jamais elle n'aurait pensé que les choses pourraient aller si loin, et elle regrettait chacune des décisions qu'elle avait prises ce soir. Malheureusement, cela ne suffirait visiblement pas à lui attirer la clémence de son agresseur.

"S'il-vous plait..."

Elle fit de nouveau un pas en arrière alors que Dalhiatus levait sa baguette et trébucha sur une racine. Elle tomba en arrière. Assise dans la mousse de la forêt interdite, Nora leva un regard plein de larmes vers le directeur qui avait sa baguette pointée droit sur elle. Consciente de ce qui l'attendait, même si elle refusait d'y croire, Nora resserra ses doigts sur sa baguette et leva un bras tremblant devant elle.

"Pr...Protego !" gémit-elle en réponse à la terrible incantation que venait de prononcer son adversaire.

Un faible écran lumineux jailli de sa baguette et fut aussitôt pulvérisé par le sortilège de Dalhiatus, qui l'atteignit en plein poitrine. La douleur fut fulgurante. En un instant, elle dépassa tout ce qu'elle aurait pu imaginer. C'était comme si tous ses os étaient brisés, ses membres en feu, comme si chaque parcelle de son corps était broyée par un étau invisible. Avec un hurlement déchirant, Nora attrapa sa tête entre ses mains comme si cela pouvait mettre fin à ce supplice. Elle ferait n'importe quoi pour que ça s'arrête.

Ses larmes lui brûlaient le visage, elle ne les sentait pas, elle ne sentait plus rien d'autre que cette douleur infernale qui irradiait dans tout son corps. Une brusque vague de souffrance lui arracha un nouveau hurlement qu'elle entendit à peine. Elle perdait conscience de la réalité, n'avait plus aucun contrôle sur ses membres et n'arrivait plus à penser. Il n'y avait que la douleur, toujours plus insupportable, toujours si violente qu'on n'aurait pu imaginer pire. Mais il y avait pire, à chaque nouvelle seconde. Plus forte, glaciale et brûlante, écrasante, insupportable. Elle ne tenait plus. Elle ne pouvait plus. Il fallait que ça cesse, à n'importe quel prix. Qu'il la tue, si cela pouvait mettre fin à ce supplice. C'était tout ce qu'elle voulait, que cette torture prenne fin.

"Stop...Stop...parvint-elle à articuler entre deux hurlements. Pitié...Le supplia-t-elle. Tuez-moi..."





Irving WhitakerAubergisteavatar
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Si Irving rata sa cible, il n’en fut rien pour Nora qui atteignit leur assaillant en pleine poitrine avec son Levicorpus. L’ancien Gryffondor observa le corps du directeur de département s’élever dans les airs avec un mélange de soulagement et d’appréhension. Certes, ils  disposaient dorénavant de quelques précieuses secondes pour fuir mais c’était malheureusement impossible : Dans sa chute, Nora avait perdu l’écharpe qui garantissait son anonymat et Irving posa un regard paniqué sur sa petite amie qui avait retrouvé son apparence véritable.
Il l’avait vue.
Dalhiatus l’avait vue.

Sans parvenir à articuler le moindre mot, Irving resta planté là à observer Nora. Son cerveau refusait de tirer les conclusions qui s’imposaient. Pourtant, tout était clair : S’ils ne fuyaient pas, ils devaient combattre et s’arranger pour que Dalhiatus soit hors d’état de nuire. Lutter contre le pouvoir. N’était-ce pas ce qu’il affirmait vouloir depuis décembre ? Résister. Il s’était engagé dans la Salamandre. Il avait tenu des discours enflammés auprès de Klem, Nora ou encore Chloé dans lesquels il affirmait être prêt à livrer bataille. Il leur avait certifié avoir les épaules pour. Et maintenant qu’il avait l’occasion de le faire, il était tout bonnement tétanisé par l’enjeu.
Son esprit embrouillé lui soufflait que cela n’aurait pas du se dérouler ainsi. Il s’était engagé pour des missions simples, sans combat magique ... Comme si l’on pouvait sérieusement choisir son degré d’implication dans une telle organisation. Il était stupide d’avoir cru qu’il pourrait aider sans se salir les mains car c’était bien ce qu’il devait faire maintenant : Faire taire Dalhiatus. Et il n’y avait pas mille façons pour y parvenir…

Proprement horrifié par ce constat, Irving se tourna lentement en direction du directeur de département qui lévitait toujours au dessus du sol. Il devait profiter de la situation, il le savait, mais ses mains tremblaient tellement qu’il n’était même pas sûr de pouvoir atteindre sa cible pourtant immobile.
Les menaces du directeur de département reprirent de plus belle tandis que le contenu de ses poches se vidait au sol. Qu’entendait-il par leur faire regretter amèrement leur geste ? Souhaitait-il les faire disparaitre comme les opposants de la veille syndicale ? Qu’allait-il advenir de Nora qui avait physiquement agressé un directeur de département ?
Autant de question qui ramenaient à une seule réponse : C’était lui ou eux,  Irving n’avait pas le choix.

Le cœur battant, il tacha de stabiliser sa baguette.

« Je vais le faire. » souffla-t-il pour lui-même afin de se donner du courage.

Il était Gryffondor par Merlin, alors pourquoi diable n’avait-il pas encore prononcé l’incantation fatale ! La réflexion était l’ennemie de l’action mais il ne pouvait pas empêcher son cerveau de fonctionner, repoussant encore et encore la terrible échéance. Peut-être pouvait-il opté pour un « Oubliettes » songeait-il. Bien qu’il connaisse la formule, il n’avait jamais jeté ce sortilège. Et s’il le ratait ? Ce ne serait pas la première fois qu’il échouerait en matière de Magie, se dit-il en passant une main fébrile dans ses cheveux.  Non, il fallait que ce soit un Avada. Pour être sûr. Toutefois, aucun crépitement vert ne jaillit du bout de sa baguette.

Irving était tiraillé entre sa volonté, sa couardise et sa raison. Tout son corps était crispé, sous tension et il pouvait sentir les gouttes de transpiration glisser le long de sa colonne vertébrale et sur ses tempes. Sa faiblesse l’agaçait autant qu’elle le réconfortait mais plus les secondes passaient, plus il doutait. Il n’était pas un tueur mais que se passerait-il s’il n’éliminait pas Dalhiatus ?

*Fais-le* s’intima-t-il en fermant les yeux.
Deux mots. Il n’avait que deux mots à prononcer.

*FAIS-LE*

Il rouvrit les paupières, visa la silhouette qui s’agitait devant lui et prit une profonde inspiration en serrant la mâchoire. Le temps sembla se suspendre quelques instant et puis….

« J’peux pas… » Murmura-t-il en sentant tous ses muscles se relâcher subitement.

Il laissa retomber son bras le long de son corps et baissa la tête, assaillit par un mélange de honte et de soulagement. Il ne pouvait pas assassiner une personne. C’était contraire à tout ce qu’il était. Il avait beau se battre pour une cause qu’il estimait noble il n’était pas en mesure de commettre l’irréparable pour elle. Jamais.

« J’uis désolé. » ajouta-t-il, pathétique, en relevant des yeux tristes en direction de Nora. Il lui avait assuré qu’il ne leurs arriverait rien et il était bien incapable de tenir ses engagements. Il était indigne de cette confiance qu’elle lui portait et il ne supportait même plus son regard doux posé sur lui. Ils les avaient conduits dans une impasse et il n’avait aucune idée de comment les sortir de ce mauvais pas sans conséquences désastreuses.

Dalhiatus profita d’ailleurs de ce moment de flottement pour se libérer de l’emprise du Sortilège de Nora. Il fut sur pied en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et Irving n’eut même pas le temps d’esquisser un geste pour contrer le sortilège du numéro deux du gouvernement. La puissance de l’explosion l’envoya valdinguer plusieurs mètres en arrière. Impuissant, il entendit le cri de surprise de Nora mais ce fut seulement lorsque sa tête heurta le sol violemment qu’il perdit  connaissance.


***


Une odeur de mousse et un sifflement. Continu, lancinant.

Irving bougea légèrement faisant bruisser le tapis de feuilles sur lequel il était allongé. La douleur au dos de son crâne était si terrible qu’il lui fallut bien quelques secondes pour se remettre les idées en place mais dès qu’il se remémora ce qui était en train de se dérouler quelques instants plus tôt,  il ouvrit grand les yeux, tous ses sens aux aguets.

Le sifflement n’en était plus un. Il s’agissait en réalité d’un hurlement terrible, déchirant, qui remua immédiatement ses entrailles lorsqu’il en eut conscience. En proie à un pressentiment atroce, Irving releva la tête en direction de la scène qui se jouait quelques mètres plus loin et il découvrit Dalhiatus debout au dessus d’une silhouette difforme, tordue, agitée par des spasmes et des soubresauts incontrôlés.  Irving savait qu’il s’agissait de Nora mais la douleur déformait tellement ses traits qu’elle était méconnaissable.

Cette vision lui fit l’effet d’une décharge électrique si forte et si puissante qu’il se retrouva instantanément  sur pieds en dépit de son état physique déplorable. Ce n’était plus Irving, ce garçon souriant et gentil, qui approchait d’un pas décidé en direction du numéro deux du gouvernement mais un autre homme animé par une haine redoutable et aveuglante. Il ne prit même pas le temps de chercher sa baguette sur le sol et il n’entendit pas non plus les dernières suppliques de Nora tant il était concentré sur un seul objectif : Anéantir cet homme qui torturait celle qu’il chérissait plus que tout au monde. Il n’y avait plus aucune trace de doute dans son regard et seule sa détermination implacable et sa colère subsistait.

Il était pourtant parfaitement conscient de ce qu’il allait accomplir et paradoxalement nettement plus calme que lorsqu’ il avait eu Dalhiatus sous sa coupe quelque minutes plus tôt. Comme si tout était clair et limpide dorénavant. Sa raison était là, tapit dans un coin de son cerveau à observer la scène mais elle ne voulait pas se manifester tout de suite. Non. Elle aussi, elle voulait que le directeur de département paie cette ignominie. Et au prix fort.
Dalhiatus était d’ailleurs tellement concentré sur son  Doloris qu’il n’entendit  pas Irving approcher dans son dos. Ce dernier se jeta littéralement sur lui et l’attrapa par le col de sa veste avant de le projeter  sans peine contre un arbre.
Ses forces semblaient décuplées par la haine et l’adrénaline et en moins d’une seconde il fut à nouveau sur lui pour le plaquer contre le tronc.

« TU VAS CREVER ! » hurla-t-il avant d’abattre son poing sur le nez du vieil homme avec une telle force qu’il l’entendit craquer sous l’impact. Porté par une rage froide et dévastatrice, il réitéra son coup, une fois, deux fois, faisant éclater les jointures de ses mains.

« Tu la touchera plus jamais ! »
grogna-t-il entre ces dents, en le martelant de coup.

Il comptait continuer comme ça jusqu’à ce que le visage de Dalhiatus ne soit plus qu’une bouillie informe et méconnaissable.



Irving Whitaker
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L'éclat de la folie brilla dans le regard de Jacob Dalhiatus, quand celui-ci vit sa victime se tortiller de douleur à ses pieds, comme un vulgaire lombric jeté sur une fourmilière. Aussi déchirantes soit-elles, le Directeur de Département n'avait pas pour intention d'achever les souffrances de cette rebelle qui n'avait pas hésité l'ombre d'une seconde à lever sa baguette sur un représentant de l'autorité. Aussi angélique fut son visage, dans un avenir proche, l'innocente blondinette deviendrait une menace et probablement une meurtrière à la solde des opposants à la Dictature. Bien que l'impardonnable employé se dévoilait dans toute son horreur, nul doute qu’il s’avérait nécessaire. La douleur était bonne conseillère, et anéantirait le monstre en devenir qui sommeillait en elle. Cela faisait partie d'un processus clairement installé depuis peu par la Milice, et auquel Jacob croyait fermement. La psychomage de Skye, Meredith Kane, parlait de réflexe de Pavlov, un procédé dans lequel toute mauvaise action était punie par la souffrance, de manière à ne plus être rééditée par la suite; Jacob, lui, percevait cela comme une leçon d’éducation destructrice et nécessaire, dans laquelle les criminels deviendraient aussi doux que des agneaux pour le bien de la communauté.

Sa baguette obstinément rivée sur le corps de sa malheureuse victime qui se tordait de manière effroyable au sol, Jacob venait de revêtir l'habit du bourreau. Cela ne lui plaisait guère, et il en éprouvait même une certaine culpabilité. Voir une pauvre adolescente souffrir de la sorte, était tout bonnement un spectacle insoutenable. Mais il s'agissait là d'un mal nécessaire, d'une obligation à laquelle bien peu de sorciers osaient se plier. Jacob Dalhiatus n'avait peut-être pas le bon rôle, mais de son action aussi atroce soit-elle, résulterait quelque chose de meilleure. La rébellion voulait détruire leur cause et la société idéale que s'apprêtait à bâtir le grand Leopold Marchebank; Il se devait de se salir les mains pour protéger ce projet salvateur. La jeune fille finit par le supplier de mettre un terme à son supplice. Le regard froid du ministre lutta pour ne point s'en émouvoir, et d'accomplir ainsi son devoir. Il devait tuer le mal dans l'œuf, afin que le poussin en rejaillisse meilleur.

"Je suis désolé, petite. Mais sache que je fais cela pour ton bien. Je n'ai aucunement envie de vous tuer, juste de vous remettre dans le droit chemin. Bientôt tu auras tout oublié de notre rencontre, et de la douleur. Tu seras purgée des pensées qui t'aveuglent et feront de toi une future criminelle. Un meilleur départ pour une nouvelle vie. Inutile de me remercier... "

Jacob jeta un regard prudent en direction de l'acolyte de la blondinette. Celui-ci était encore étendu, inconscient, le visage collé dans la mousse de la clairière. Il s'occuperait de lui plus tard, et appellerait la Milice afin de les transférer à Skye. Après identification, Meredith Kane jugerait elle-même du degré de leur divergence et le traitement nécessaire; Danielle Coleman finirait alors le travail. Pour leur délit, Jacob se doutait qu'ils ne tarderaient pas à sortir rapidement, et sans l'ombre d'un souvenir pour leur vie passée. Un nouveau départ, en accord avec les préceptes moraux de la société. Comme ce fut le cas pour Aaron Finnigan...

Jacob Dalhiatus était sur le point de mettre un terme au calvaire de la jeune fille blonde, quand une main vint le saisir brusquement par le col de sa veste. Totalement prit de cours par cette intervention subite, le Directeur n'eut point le temps de pointer sa baguette sur son agresseur, dont le regard n'était habité que par une haine sauvage. A la manière d'un Moldu, celui-ci voulait régler ses comptes, et ses forces semblaient décuplées par la rage incommensurable qui dictait désormais sa conduite. Jacob ne pouvait que subir son juste chatiment, alors que le jeune délinquant venait de la projeter de toutes ses forces sur le tronc d'un arbre, situé à la lisière de la clairière. Le choc fut terrible, et le Directeur lâcha sa baguette, tandis qu'une douleur atroce venait de lui traverser le bas du dos!

Jacob n'eut pas le temps de prendre conscience de ce qu'il lui arrivait, que son agresseur se ruait de nouveau sur lui. Le plaquant avec violence contre le tronc de l'arbre, lui arrachant un nouveau geignement de douleur. Alors qu’il pouvait sentir le souffle de son assaillant venir l’effleurer, le Directeur de Département entrevit le vrai visage de la haine : Eprit d’une vengeance aveugle, le jeune homme lui hurla au visage sa volonté de le voir crever. La panique liquéfia alors sur place le sorcier quinquagénaire qui chercha un moyen de ramener le jeune homme à la raison.

"Non, attends! Ne fais pas ça... "

Jacob tenta de le dissuader de commettre un acte insensé, en levant sa main pour protéger son visage, mais il était trop tard. Le poing du jeune homme venait déjà de s'écraser violemment sur le visage du Directeur, qui sentit les cartilages de son nez se briser sous l'impact. Celui qui fut quelques secondes auparavant le bourreau, se mua alors en condamné. Jacob sentit sa tête valdinguer sous les coups répétés de son agresseur. Combien de temps dura ce supplice? Dix secondes, une minute, une heure? Le directeur ne saurait le dire, mais ce calvaire lui parut interminable. Le visage ensanglanté, Jacob éprouva alors une sensation des plus étranges : Celle que les coups portés à son visage n'était rien en comparaison de la douleur effroyable qu'il éprouvait désormais au ventre...

Machinalement, il baissa les yeux pour découvrir qu'une branche aiguisée de l'arbre sur lequel il se trouvait plaqué, venait de le transpercer de part en part. En effet, son regard horrifié ne pouvait que constater les dégâts, et la présence d'une tache sombre et sanglante venant envahir la surface de son gilet à carreaux. Jacob plaqua ses mains sur sa blessure mortelle, comme pour retenir la vie qui s'en évadait ; Son regard se troublant, tandis qu'un voile s'abattait sur la clairière. Etait-ce du sang? Des larmes alors qu'il comprenait qu'il allait mourir. Il lui sembla entendre le rire de Swann dans le lointain. Etait-ce un rêve ou le présage d'une mort imminente? Les pensées de Jacob commençèrent à s'obscurcir, à s'embrouiller lentement et dangereusement. Il pouvait deviner les silhouettes de ses bourreaux qui se tenaient face à lui. La douleur rongeait ses sens, et il leva une main ensanglantée en direction de celles-ci. Il finit par prononcer à quelques mots près la même supplique que celle de la jeune fille blonde au visage si angélique.

"Je vous en supplie... Tuez-moi... Ne me laissez pas ainsi... "

Mais ces paroles furent ses dernières, et son vœu finit par s'exaucer. Le regard de Jacob Dalhiatus s'agrandit subitement, tandis que ses pupilles au contraire semblèrent se rétrécir. Le directeur poussa alors un long et dernier râle d'agonie, avant que ses bras ne retombement grossièrement le long de son corps. Le visage enfoui entre ses épaules, ses yeux vides contemplant le sol : Le numéro deux du Ministère n'avait plus que l'apparence d'une marionnette désarticulée, suspendue à son arbre. Mais au moins pourrait-il enfin rejoindre dans l'au-delà, celles qui l'avaient quitté trop tôt. Et cela n'avait pas de prix pour Jacob, qui depuis la mort de Swann, n'était plus qu'un fantôme trainant sa souffrance à la surface d'un monde qui n'avait plus rien à lui offrir...


Nora WeaverAubergisteavatar
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Plaquée au sort par la puissance du sortilège, Nora ne sentait pourtant ni l'humidité de la mousse dans son dos, ni le froid de la forêt autours d'elle, tout comme elle n'entendit rien de la réponse de son bourreau. Elle n'était déjà plus vraiment là. Son corps était en proie à une douleur qu'elle aurait été incapable d'imaginer et elle perdait doucement l'esprit. Elle n'en pouvait plus, elle était à bout, et savait que ça ne pouvait plus durer. Elle le sentait, elle en avait déjà trop enduré, il fallait que ça s'arrête. Et si son agresseur ne mettait pas fin à son supplice, son cœur ou son esprit finiraient par la libérer de ce calvaire. La seule question était de savoir lequel des deux lâcheraient en premier.

Et d'un seul coup, la douleur prit fin. Si brusquement que Nora crut d'abord qu'une énième vague de souffrance avait emporté ce qui restait de sa lucidité et que ses sens la trompaient. Recroquevillée à même le sol, tous les muscles tétanisés et agités de spasmes, le visage trempés de larmes et de sueur, elle mit quelques instants à reprendre pied dans la réalité. Lentement, elle retrouva conscience de son corps, elle sentit de nouveau ses bras, ses jambes, parvint à reprendre le contrôle de sa respiration. Alors que ses sens lui revenaient peu à peu, ses souvenirs les plus récents l'assaillirent brusquement et elle se redressa aussitôt. Prise d'une peur panique, elle chercha Irving du regard.

La scène qui accueillit son retour à la réalité était encore plus terrifiante que celle qui l'avait vue basculer dans un état second quelques instants plus tôt. Dalhiatus ne la toisait plus, sa baguette meurtrière pointée vers elle et le regard plein de haine. Il n'était plus qu'une vulgaire poupée de chiffon entre les mains de celui qui le cognait impitoyablement avec une violence non contenue. Un gémissement terrifié s'échappa de ses lèvres quand elle réalisa ce qui se passait.

Nora aimait penser qu'elle connaissait Irving mieux qu'elle ne se connaissait elle-même, pourtant elle ne le retrouvait pas dans cet homme animé seulement d'une colère froide qui frappait infatigablement une victime déjà hors d'état de nuire. Elle aimait le garçon qui avait abaissé sa baguette un moment plus tôt -alors que leur agresseur était à leur merci- de tout son cœur, mais elle ne reconnaissait pas cet homme qui le massacrait avec une rage presque inhumaine. Ce n'était pas Irving.

Parce que malgré la douleur qui la faisait encore trembler, malgré la terreur que Dalhiatus lui inspirait, malgré la peur qui lui tordait les entrailles, elle voyait le mal dans ce qui était en train de se passer. Le vice de la situation lui sautait aux yeux et voir Irving continuer de frapper le directeur avec tant de violence était un spectacle qui lui était insoutenable. Ca ne pouvait pas se passer comme ça. Ils ne faisaient pas ça. Ils n'étaient pas comme ça. C'était pas eux, les méchants.

"Arrête !" s'écria-t-elle d'une voix étranglée, rendue rauque par les hurlements que lui avait arrachés le Doloris.

Il ne l'écoutait pas. Elle étouffa un sanglot de désespoir et parvint à se redresser sur ses jambes tremblantes. A la peur panique que la simple présence de Dalhiatus lui inspirait, Nora sentit s'ajouter une autre forme de crainte. Le numéro deux du gouvernement n'était plus le seul à l'effrayer. Irving lui faisait peur, terriblement. Elle avait l’affreux sentiment de l'avoir perdu.

"Arrête !" le supplia-t-elle en se jetant sur lui pour s'accrocher à son bras.

Ses muscles traumatisés ne lui répondaient plus et, vidée de toute force, elle ne parvint pas à retenir le geste du jeune homme. Déséquilibrée, elle tomba à genoux sur le sol. Son regard se posa juste à temps sur la baguette de Dalhiatus qu'elle s'empressa de ramasser. Mobilisant dans un dernier effort toute la volonté qu'il lui restait, elle se releva et pointa la baguette en direction d'Irving. Son bras ne tremblait plus. Elle devait l'arrêter. Il ne pouvait pas faire ça.

Une supplique du directeur de département attira son attention et elle blêmit face à l'effroyable tableau qui s'offrait à elle. Une branche meurtrière lui traversait le bas-ventre, dressée au milieu d'une tâche de sang qui grandissait de seconde en seconde. Jacob Dalhiatus, défiguré par les coups, palissait à une vitesse inquiétante.

"Non..." souffla-t-elle, saisie par l'angoisse.

Elle changea aussitôt de cible, dirigeant la baguette de Jacob droit sur ce dernier. Fébrile, complètement paniquée, elle passa en revue tous les sorts de soin qu'elle connaissait, les murmurant du bout des lèvres dans une tentative désespérée de pouvoir réparer l'irréparable. Reparo ne marchait pas sur les être vivant, Episkey était pour les fractures, Ferula faisait apparaitre une attelle...Rien, elle n'avait rien. Elle ne pouvait rien faire pour empêcher la mort de Dalhiatus, qui levait une main ensanglantée dans leur direction.

Incapable de supporter cette vision, et d'affronter l'idée de ce qui était en train de se passer, Nora détourna le regard du visage agonisant du directeur et ferma les yeux. Fort. A s'en fendre les paupières. Elle ne voulait plus jamais les rouvrir, elle ne pouvait pas faire face à ce qui l'attendait, elle ne pouvait pas accepter cette réalité. Au silence glacial et oppressant qui suivit le dernier souffle d'agonie de Jacob Dalhiatus, elle comprit que c'était fini. C'était trop tard. C'était arrivé.

Tétanisée et tremblante comme une feuille, elle ouvrit doucement les yeux et laissa échapper un gémissement d’effroi face au cadavre de l'ancien numéro deux du gouvernement. Elle avait agi instinctivement, sans réfléchir, uniquement guidée par son instinct. Elle avait puisé ses dernières ressources dans la peur et l'adrénaline mais alors que la pression et l'urgence des derniers instants retombaient brusquement, ne laissant place qu'à la peur et l'incompréhension, elle prit pleinement conscience de ce qui venait de se passer. Elle avait essayé d'empêcher Irving de tuer quelqu'un. Et elle n'avait pas réussi.

Cette pensée était insupportable. Ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas y croire. Elle ne pourrait jamais vivre avec cette idée. Ils avaient tué quelqu'un. Un tortionnaire, un monstre, un homme sans cœur, mais quelqu'un. Ils avaient pris une vie humaine. Désespéré, dépassée, et morte de peur, Nora tourna doucement la tête vers Irving. Elle ne pouvait pas faire face à ça toute seule, elle avait besoin de lui. Elle voulait trouver un écho à sa propre terreur dans son regard, mais elle craignait aussi de n'y trouver que cette rage destructrice qu'elle y avait vu un instant plus tôt.

Elle avait peur de le regarder dans les yeux. Alors elle ne le regarda pas.

Jetant la baguette de Dalhiatus au sol dans un geste nerveux, Nora enfouie son visage entre ses mains comme pour s'échapper de cette réalité, se protéger de cette vérité qu'elle ne pouvait pas se résoudre à affronter, et éclata en sanglots. Elle ne pouvait même pas penser à un après, s'inquiéter de ce qui se passerait en suite, tout son être refusait simplement d'accepter ce qui venait de se passer.


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Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, debout devant le corps sans vie de Dalhiatus, les bras ballants et la respiration encore haletante. Plusieurs minutes ? Plusieurs heures ? Il était bien incapable de le dire. Irving était déconnecté de toute réalité. Il avait l’impression d’assister à cette scène comme un spectateur impuissant. Ce n’était pas sa vie : Ce visage mutilé par les coups, la tache sombre sur la robe de sorcier du directeur de département, les pleurs de Nora, rien de tout cela n’était réel. Il allait forcément se réveiller, soulagé que tout ceci ne soit qu’un affreux cauchemar. Il n’était pas responsable de cette situation.
Ce n’était pas lui…
Non.

Irving déglutit et leva lentement ses mains pour les observer dans un rayon de lune. Elles étaient recouvertes d’un mélange de sang et de terre. Ses articulations éclatées avaient doublé de volume et il ne parvenait pas à maitriser les tremblements qui  agitaient tout son corps.
Secouant la tête comme pour nier l’évidence, il releva les yeux en direction du visage à peine reconnaissable de Dalhiatus. Non, ce n’était pas possible, songea-t-il en retenant difficilement un haut-le-cœur. Chancelant, il fit quelques pas pour s’appuyer contre un arbre et vomit tripes et boyaux au pied du tronc, puis, le souffle court, il appuya son front contre l’écorce fraiche, les yeux clos.
Il aurait du se sentir mieux, pourtant son sentiment de malaise était grandissant. Il prenait enfin conscience de ce qui venait de se passer même si tout lui paraissait encore inconcevable car il se savait incapable de tuer un homme. Mais s’il n’était pas un meurtrier alors pourquoi Jacob Dalhiatus était-il empalé sur une branche d’arbre à quelques mètres de lui ?

Ce constat lui fit l’effet d’une claque en plein visage et il laissa échapper un gémissement qui se mua en long sanglot.  Il pleurait son innocence envolée à tout jamais et ses certitudes anéanties. Il pensait se connaitre et il s’était trompé. A cet instant, il aurait voulu pouvoir se fondre dans l’écorce de ce chêne et disparaitre pour toujours.  La réalité semblait bien trop difficile à affronter et il avait peur. Peur de lui, de ce qu’il avait été capable de faire et peur que Nora ne lui pardonne pas son geste.

L’ancien Gryffondor se tourna alors pour faire face à sa petite amie qui pleurait elle aussi, le visage enfoui entre ses mains. Bizarrement, il ressentit un sentiment de soulagement en la voyant ainsi. Même si elle semblait anéantie, elle était telle qu’il la connaissait et non plus cette femme au corps tordu par la douleur, poussant des hurlements déchirants, suppliant son tortionnaire qu’il attente à sa vie. Irving secoua la tête pour chasser cette vision horrifique qui réveillait en lui une rage et une violence insoupçonnées puis il s’avança jusqu’à elle en séchant ses larmes et sa morve sur son avant bras.

« Nora… commença-t-il sans trop savoir quoi dire ni quoi faire. Il avait envie de la serrer contre lui pour la consoler, de s’abandonner à cette étreinte réconfortante  dont ils avaient autant besoin l’un que l’autre mais il ne pouvait pas être celui qui ferait le premier pas. Comment passer de la sauvagerie violente et primaire à la douceur d’une étreinte ?
Il n’était pas sûr que Nora tolère ce geste d’ailleurs, après tout, elle l’avait supplié d’arrêter de frapper Dalhiatus et pourtant il avait continué. Il avait voulu la venger, certes,  mais maintenant il se rendait compte  qu’il avait contribué à creuser un fossé entre elle et lui. Il suffisait de la voir fuir son regard pour en être persuadé. Quelque chose venait de se briser entre eux.

« S’il te plait regarde-moi… »
Supplia-t-il en posant une main sur son épaule.

Il avait plus que jamais besoin d’elle à cet instant. De sa force cachée sous son apparente fragilité, de son soutien aussi. Il ne voulait pas qu’elle le rejette même s’il savait qu’il lui en demandait beaucoup. Surement trop d’ailleurs.  Il avait déjà des difficultés  à accepter le fait qu’il venait de tuer un homme alors comment pouvait-il demander à Nora d’être compréhensive et bienveillante à son égard ? Il devait arrêter d’attendre son approbation ou son assentiment. Que cherchait-il au juste ? Partager sa culpabilité pour que la responsabilité soit moins lourde à porter ? Il ne pouvait pas lui demander de porter son fardeau et il n’avait pas le droit de l’utiliser pour justifier son geste. Jusqu’à aujourd’hui, il avait toujours cherché le soutien des autres pour s’en sortir en cas de coup dur mais cette fois, il devrait se débrouiller seul et assumer.

Irving secoua la tête et reporta son regard sur le cadavre du numéro deux du département et considéra enfin cette forêt comme ce qu’elle était réellement : Une scène de crime. Chaque secondes qu’ils passaient ici était un risque supplémentaire pour eux deux. La peur qui s’était emparée de lui, lui dictait de prendre Nora par la main et de fuir avec elle loin de ce bois, en actionnant les réseaux de la Salamandre ils pourraient rejoindre la France et organiser leur cavale avec l’aide de Vivianne, mais il savait que ce n’était pas la bonne solution. Fuir revenait à revendiquer leur implication dans ce meurtre. C’était exactement comme la fois où Peeves les avaient surpris dans les couloirs après qu’ils aient inondés les quartiers des Serpentard. Pour se sortir de ce mauvais pas, ils n’avaient pas détalé, ils avaient été plus rusés…

« Nora, écoute... » Il n’allait pas lui faire l’affront de lui demander si elle allait bien, il était évident que non, Est-ce que tu peux marcher ? »

Si ce n’était pas le cas, ce n’était pas grave, il la porterait jusqu’à la Cabane Hurlante et l’escorterait dans le souterrain s’il le fallait.

« Il faut que tu retournes à Poudlard, pour te mettre hors de cause, je vais t'accompagner. expliqua-t-il en esquissant un geste pour lui caresser la joue. Elle devait le prendre pour un fou. Il venait de tuer un homme et il organisait leur alibi, comme si de rien n’était. Seulement céder à la panique était la pire chose qui puisse leur arriver.

« Je sais que c’qui vient d’se passer est … Il s’interrompit brusquement, fermant  les paupières de peur de craquer, … Je voudrais pouvoir te donner des explications, vraiment. »
Mais son silence et son regard désolé prouvaient qu’il n’en avait pas.

« Ma priorité c’est que tu sois en sécurité, d’accord ? J’veux rien d’autre. Tu rentres à Poudlard et je m’occupe de cette merde. »



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Elle l'entendit prononcer son prénom, et se força difficilement à calmer ses pleurs. Lentement, elle ôta ses mains de son visage et essuya grossièrement ses larmes de ses doigts couverts de terre. Sa voix avait quelque chose de rassurant. Elle n'avait pas changé. Alors que son univers tout entier venait de perdre le moindre sens et que tout s'effondrait, entendre la voix familière d'Irving l'apaisait. Pourtant elle ne se retourna pas. Elle avait trop peur de découvrir dans son regard ou sur son visage le changement qu'elle n'avait pas entendu dans sa voix. Si elle se raccrochait désespérément à la sonorité familière d'Irving prononçant son prénom c'était parce qu'elle refusait de penser à lui comme à l’homme qu’elle venait de voir massacrer le visage de Jacob Dalhiatus, et le tuer.

Elle avait besoin d’Irving. Irving son petit-ami qui s’opposait à la dictature en tagguant des murs à la peinture, Irving qui n’avait pas pu se résoudre à tuer un homme de sang-froid. Elle avait besoin de lui, pas de celui qui l’avait finalement fait, sans hésitation et avec une violence effrayante. Et elle ignorait lequel des deux elle trouverait en se retournant. Elle sentit une main se poser sur son épaule et sursauta.

Une supplique prononcée d’une voix si familière eut finalement raison de sa peur et elle se retourna. Elle posa sur Irving un regard plein de larmes, démuni, accablé, encore craintif. Toute trace de rage avait disparu du visage blême du jeune homme, ravagé par les sanglots. Elle trouvait dans ses yeux un écho à sa propre peur, et étrangement cela la rassurait un peu. Elle aurait voulu dire quelque chose, n’importe quoi. Juste un mot, pour lui dire qu’elle était là, qu’elle avait peur, elle aussi. Qu’elle était perdue et terrifiée, mais là. Elle le lui avait promis, elle serait toujours là. Et elle ne faillirait pas à cette promesse. Elle ouvrit la bouche mais ne parvint pas à articuler le moindre mot. Elle le referma aussitôt, réprimant un sanglot.

Instinctivement, elle tendit le bras pour attraper la main d’Irving. Elle avait besoin de la serrer dans la sienne, de recrée un lien, d’y trouver la force qui lui manquait, mais elle stoppa son geste quand son regard tomba sur les mains de son petit-ami. Rendues difformes par les coups portés trop fort, et couvertes de sang. Elle pouvait espérer tant qu’elle voulait, elle pouvait se raccrocher à des détails, elle pouvait essayer de se rassurer, elle ne retrouverait pas Irving. Irving n’était pas un meurtrier. Et pourtant, c’était bien lui qui se tenait en face d’elle. Et elle devait l’accepter, cesser de se dire que c’était impossible, que ça ne pouvait pas arriver. Si, c’était arrivé, il l’avait fait. Irving était un meurtrier.

Cette vérité contre laquelle elle luttait depuis de trop longues minutes lui éclata finalement au visage, faisant voler en éclats les doutes derrières lesquelles elle s’était réfugiée. Non, ce n’était pas un cauchemar, c’était la réalité, leur réalité. Ils avaient tué Jacob Dalhiatus.

Et maintenant ? Nora sentait que c’était la fin, d’elle, d’eux, de tout. Comment la vie pouvait-elle continuer après une horreur pareille ? Elle était incapable de songer à un après, d’envisager les suites de ce qui venait de se passer. Et pourtant, le temps s’écoulait, impitoyable. Le monde ne s’arrêterait pas de tourner, ils devraient affronter les conséquences de leurs actes, quelles qu’elles soient. Elle ne parvenait même pas à s’en inquiéter, des conséquences, tant elle était effrayée par leur cause.

La question d’Irving lui parut sortie de nulle part et elle le dévisagea un instant avec incompréhension, avant de hocher faiblement la tête sans comprendre où il voulait en venir. Les prochaines paroles du Gryffondor lui firent l’effet d’un électrochoc et, oubliant toute répulsion, elle s’empara brusquement de sa main.

« Non ! » protesta-t-elle d’une voix enrouée.

Elle ne pouvait pas retourner à Poudlard, se cacher là-bas comme si rien ne s’était passé. Elle n’y arriverait pas, pas toute seule. Seule avec ses pensées, ses remords, et cette peur qui ne la quittait pas. Elle ne tiendrait pas.
Alors que lire la crainte dans le regard de son petit-ami l’avait rassuré, le voir désormais organiser leur alibi avec tant de calme la paniquait complètement. Ce n’était pas normal. C’était effrayant, de le voir gérer la situation avec ce pragmatisme presque indifférent. Comme s’ils ne se trouvaient pas sur une scène de crime, comme s’il ne s’agissait que d’une autre de leur bêtise. Mais ils n’avaient pas inondé les cachots ou putréfié un rat cette fois-ci, ils avaient tué quelqu’un. Et Irving était beaucoup trop calme face à cette vérité. Mais si le manque de réaction son petit-ami l’effrayait, ce n’était rien comparé à la perspective de la solitude. Il ne pouvait pas la laisser seule, pas après ça.

Nora plongea son regard dans celui, désolé, d’Irving, et pressa un peu plus fort sa main dans la sienne. Elle l’avait perdue, ce soir, et cette idée continuait de l’effrayer ; mais si quelque chose s’était brisé entre eux, ils étaient aussi plus liés que jamais. Parce qu’Irving avait beau lui faire peur, elle avait beau ne pas le reconnaitre, il était le seul auprès de qui elle voulait essayer de trouver du réconfort. Le seul qui pourrait jamais la comprendre, celui avec qui elle portait ce fardeau. Ce moment, s’il les avait changé et peut-être éloignés, les avaient aussi condamnés à partager ce secret toute leur vie.

La perspective de passer toute sa vie avec Irving l’avait toujours enchanté, parce que c’était tout ce qu’elle voulait, c’était ce qu’elle avait choisi. Aujourd’hui il n’y avait plus de choix à faire, parce qu’elle sentait tout simplement qu’il ne pourrait jamais y avoir quelqu’un d’autre. Elle était complètement dépendante d’Irving, la simple idée d’être séparée de lui dans un moment pareil la mettait dans tous ses états.

« Me laisse pas, le supplia-t-elle. Je peux pas y retourner, je…Je peux t’aider ! assura-t-elle, désespérée. Me laisse pas toute seule, s’il-te-plait…Elle laissa échapper un sanglot. Je peux pas… »

Retourner à la cabane hurlante, emprunter le sous-terrain, rejoindre son dortoir, et se glisser sous les couvertures comme si rien n’était arrivé. Ça paraissait simple, comme ça, mais cela lui semblait irréalisable. Elle n’y arriverait pas. Elle préférait encore rester là. Elle avait besoin d’être avec Irving. Peu importe ce qu’ils risquaient à attendre ici, peu importe ce qu’il faudrait faire pour s’occuper de ce bordel, elle restait avec lui.


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Irving n’avait aucune envie de se séparer de Nora. Il voulait rester près d’elle, autant pour la soutenir que pour se sentir épaulé. Sa présence à ses côtés, l’obligeait à garder la tête froide et à ne pas perdre pieds. Il le sentait, il suffisait d’un rien pour qu’il se laisse envahir par ses démons. Nora était la seule chose qui lui permettait de ne pas sombrer puisqu’il devait trouver la meilleure issue pour les sortir de là. Il marchait sur un fil tendu, avançant pas à pas, droit devant lui, sans regarder en bas. Pas tout de suite. Il aurait le temps de prendre réellement conscience de son geste, de se faire happer par le vertige  mais seulement après, une fois le sale boulot effectué. S’il le faisait maintenant ils étaient perdus.
Alors il se concentra sur son idée fixe : Mettre sa petite-amie à l’abri même si pour cela, ils devaient être séparés momentanément.

« Bien sûr que non tu ne peux pas m’aider, souffla-t-il  en pressant sa main dans la sienne. L’aider à quoi ? Nettoyer cette forêt ? Camoufler toute trace de lutte ? Faire disparaitre le corps de Dalhiatus ?
Irving secoua la tête en signe de dépit. Il ne pouvait pas croire qu’il était en train d’envisager tout cela. Il avait l’impression d’être deux personnes à la fois : Un Irving obstiné et décidé à régler cette situation et un autre, mort de trouille, horrifié par chaque décision prise par son alter-égo, luttant pour prendre l’ascendant sur lui.

Pourtant il savait lequel il devait écouter à ce moment même. Chassant ses sombres pensées, il attrapa Nora par les épaules afin de lui faire comprendre où était son intérêt :

« Écoute, j’aimerai que l’on reste ensemble, tous les deux mais si tu ne rentres pas cette nuit  à Poudlard tu vas être la principale suspecte. Il faut que tu comprennes, insista-t-il,  La Milice va trouver les tags et ils vont faire le lien avec ta disparition et tôt ou tard, avec celle de Dalhiatus. On sera peut-être ensemble mais à leurs yeux tu deviendras aussi coupable que moi si tu rejoins pas l’école. Nora, j’t’en prie, ajouta-t-il en attrapant son visage entre ses mains, Tu as été témoin de ce…. Il n’arrivait pas encore à le formuler aussi soupira-t-il avant de reprendre, …mais tu n’as rien fait, tu as même essayé de m’arrêter. Ce n’est pas à toi de faire ça."

Il sentit sa volonté vaciller, submergé par le trop plein d’émotions que cette conversation suscitait en lui. D’une main enflée, il pressa ses paupières sous son index et son pouce afin d’empêcher les larmes de couler. Il ne pouvait pas craquer.

« Il faut que tu t’en ailles, reprit-il en révélant ses yeux humides, j’ai aucune envie de te laisser, crois-moi, mais il le faut. » insista-t-il, la gorge nouée.



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Bien sûr que non, elle ne pouvait pas l'aider. Elle n'arrivait même pas à poser les yeux sur le cadavre du directeur de département, elle ne parvenait pas à calmer ses pleurs, ni à empêcher tout son corps de trembler. Elle était morte de peur, paralysée et complètement inutile. Elle aurait voulu faire quelque chose, n'importe quoi, mais elle était incapable de faire preuve du calme et de la rationalité qu'Irving montrait.

Le jeune homme parvint finalement à éveiller en elle une crainte jusqu'alors étouffée par l'état de choc, celle de leur survie. Il y avait eu un meurtre, cette nuit, la Milice mènerait forcément une enquête, et n'aurait aucun mal à remonter jusqu'à eux. Et alors ? Quel sort réservait-on à ceux qui tuait des directeurs de départements ? Qu'est-ce qui allait leur arriver ? Elle ne voulait pas y penser, le simple souvenir de l'endoloris jeté par Dalhiatus la tétanisait. Ils devaient se protéger, ils devaient fuir, se cacher, ils ne pouvaient pas se faire attraper.

L'urgence de la situation la frappa soudainement et la força à retrouver un minimum de lucidité. Irving avait raison, elle le savait, Poudlard serait son meilleur alibi. Si on notait son absence cette nuit au château, cela éveillerait beaucoup trop de soupçons, et on ferait sans mal le lien avec la mort de Dalhiatus. Mais elle y était liée, justement, et contrairement à ce qu'affirmait Irving elle ne parvenait pas à se considérer comme une simple témoin de cette scène. Elle avait fait des choix, elle avait pris des décisions, qui avaient indirectement conduit à ce meurtre. Si elle avait laissé le directeur les arrêter pour avoir tagué des murs plutôt que de l'agresser pour prendre la fuite, tout ça ne serait jamais arrivé. Si elle avait réussi à contrer le sortilège de Doloris Irving n'aurait pas eu à la défendre. Et pour toutes ces raisons, elle refusait de l'abandonner. S'il tombait elle tombait avec lui.

"Non...souffla-t-elle faiblement. Je te laisse pas, je peux pas...C'est de ma faute aussi, assura-t-elle un peu plus fort, serrant les poings pour s'empêcher d'éclater de nouveau en sanglots. Ses propres paroles étaient trop difficile à accepter. Je reste avec toi."

Sa détermination vacilla sous le regard humide et l’insistance d'Irving. Elle savait qu'il avait raison, que c'était la meilleure chose à faire, mais elle ne pouvait pas se résoudre à se séparer de lui, pas après ce qui venait de se passer, pas sans être certaine qu'il ne risquait rien. Sauf qu'ils risqueraient toujours quelque chose, maintenant. Elle n'aurait plus jamais cette sécurité dont elle avait besoin. Ils devaient accepter de se quitter sans savoir si et quand ils se reverraient.

"D'accord, capitula-t-elle finalement dans un murmure à peine audible. D'accord, répeta-t-elle pour se convaincre elle-même de sa décision. Mais, et toi ? Si elle acceptait de retourner à Poudlard, il était hors de question qu'elle parte sans être certaine qu'Irving allait s'en sortir. Qu'est-ce que tu vas faire ?"

L'inquiétude clairement audible dans sa voix n'était pas seulement liée à la peur de ce qui pourrait lui arriver, mais aussi à celle de ce qu'il était capable de faire. Elle avait peur de le laisser là, autant parce qu'elle craignait de le laisser à la merci des autorités que parce qu'elle avait peur de le livrer à lui-même. Si jusque là elle avait refusé de s'éloigner de lui parce qu'elle pensait ne pas pouvoir se retrouver seule, elle prenait conscience qu'il avait au moins autant besoin d'elle qu'elle avait besoin de lui. Elle ne pouvait pas l'abandonner, pourtant il le fallait.


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Irving fut soulagé de voir que Nora retrouvait peu à peu son calme. Il n’était pas de taille à lutter contre sa détresse aujourd’hui et il savait bien que si elle avait insisté davantage, il aurait fini par plié. Son acquiescement à peine audible le libéra quelque peu de la tension qui lui nouait les entrailles et les muscles. Sans retenir son geste cette fois, il la serra dans ses bras pour la remercier d’avoir pris cette décision.

« C’est ce qu’il y a de mieux à faire… »
Chuchota-t-il à son oreille en caressant sa chevelure emmêlée.

Il  avait envie de rester dans cette posture pour l’éternité. Agrippé à Nora, les paupières closes, coupé du monde et de toute cette violence qui les entourait et dont il avait fait preuve. Il avait tellement peur de futur, peur du moment où il allait se retrouver seul face avec ce cadavre à éliminer.  Il prolongea donc cette étreinte autant pour se donner du courage que pour se prouver qu’il était encore capable d’aimer, d’être doux et affectueux.  Il savait que d’ici quelques minutes, il  ne serait plus le même homme : Il allait devoir puiser dans ses dernières ressources pour éliminer définitivement toute trace de leur passage ici et ce genre de nettoyage se payait au prix fort. Il avait tué dans un excès de rage, aveuglé par la haine, mais il allait devoir réparer cette faute en était parfaitement lucide et en se confrontant froidement à sa propre barbarie.

Plus il attendrait, plus la tache serait difficile. Le temps jouait contre eux et l’aube serait là d’ici quelques heures, Irving se détacha donc de Nora à contrecœur  pour l’observer quelques secondes alors qu’elle s’inquiétait de savoir ce qu’il allait faire.

Il reporta son attention sur le corps sans vie de Dalhiatus avant de se baisser pour ramasser la baguette du sorcier que Nora avait jeté au sol un peu plus tôt. L’ancien Gryffondor observa l’artefact magique quelques secondes en le faisant rouler dans sa main. Curieusement, il songea au conte des trois frères et à la baguette de sureau qui passait de main en main après chaque meurtre de son propriétaire. Il était donc  le maître de celle-là dorénavant, pensa-t-il  avec amertume. Elle lui servirait tout à l’heure, pour tout remettre en ordre.

Irving hésita à lancer un lumos pour retrouver sa propre baguette et visualiser l’étendue des dégâts mais il s’abstint, préférant demeurer dans l’obscurité de la forêt où le visage du directeur de département était à peine visible et où son sang qui maculait ses vêtements et le sol, avait encore une teinte grise immatérielle.

« Je vais faire ce qu’il faut pour que personne sache ce qui s’est réellement  passé, assura-t-il alors en embrassant les bois sombres du regard, Ils retrouveront rien. J’te l’garantis, reprit-il sans toutefois rentrer dans les détails qu’il ne maitrisait pas lui-même. Il se passa une main dans les cheveux, tout en réfléchissant à ce qu’il devait faire ensuite.
« Il faudra qu’j’en parle aux chefs de la Salamandre. Ils feront forcément le lien entre la mission et la disparition de Dalhiatus de toute manière, pensa-t-il à haute voix, J’leur dirais qu’ l’opération a mal tournée mais j’révélerai pas ta présence ici, d’accord ? Tu seras pas inquiétée. »

Il jugeait plus sûr de ne pas l’associer à cette bavure dans l’hypothèse où les cadres de la résistance veuillent se débarrasser de lui après son erreur. Il allait peut-être devenir un membre gênant à faire disparaitre. C’était si simple et si facile d’anéantir l’existence d’une personne…

Irving secoua la tête pour chasser ses pensées morbides. Chaque chose en leur temps. Pour le moment il devait raccompagner Nora jusqu’à la Cabane Hurlante et après…il aviserait.  Le jeune homme fit donc quelques pas dans la mousse pour rejoindre l’endroit où Nora s’était faite torturée. La simple vision de l’herbe couchée à l’emplacement du méfait raviva une inquiétante sensation au creux de son estomac mais  Irving la fit taire. Il ramassa cette fois la baguette de sa petite-amie qu’elle avait échappé dans cette lutte puis il la lui tendit.

« On va y aller maintenant. »
lui souffla-t-il avant de lancer un sortilège pour sécuriser la zone- comme Klemens lui avait appris à le faire durant leurs entrainement-afin que personne n’ait accès à cet endroit de la forêt durant sa brève absence.



Irving Whitaker
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La terreur qui s'était emparé d'elle et ne la quittait plus depuis le début de cette sombre mésaventure s'apaisa enfin un peu quand Irving la serra dans ses bras. Fermant les yeux, Nora enfouit son visage dans le cou de son petit-ami et respira profondément. Elle ne voulait plus bouger, elle voulait garder les paupières closes et oublier ce qui les entourait. Ainsi dans les bras d'Irving, qui caressait doucement ses cheveux, elle n'avait plus peur. Mais elle savait que dès qu'elle rouvrirait les yeux il leur faudrait affronter la réalité, affronter l'avenir, et la peur reviendrait.

Si cette étreinte était réconfortante, Nora ne pouvait s'empêcher de lui trouver la force et l'intensité si caractéristiques des adieux. Elle ne voulait pas y penser de cette façon, mais c'était plus fort qu'elle. Tout était si flou, si incertain, elle était incapable de songer sereinement à un futur où ils se retrouveraient simplement, comme avant. Même si tout se passait bien, même s'ils s'en sortaient et n'étaient jamais découverts, plus rien ne serait comme avant. Tout avait changé ce soir et elle avait peur de ne plus jamais retrouvé l’intimité qu'ils partageaient auparavant. Elle avait le sentiment désagréable que cela pourrait être la dernière fois qu'Irving la tenait ainsi dans ses bras, et elle ne voulait pas que cela se termine.

Et surtout elle refusait de se séparer de lui sans savoir comment les choses allaient se passer. Elle avait besoin d'être certaine qu'il s'en sortirait, qu'il avait un plan, que ça allait s'arranger. Il donnait l'impression de gérer la situation avec force, mais qu'en était-il réellement ? Nora l'observa un instant, plongeant son regard dans le sien pour essayer de deviner ce qu'il ressentait réellement. Mais elle n'y trouva rien. C'était comme s'il n'était pas entièrement là, comme si jusqu'alors il n'avait agi que par réflexes, par automatismes, comme s'il ne vivait pas vraiment la situation. Et c'était sans doute mieux ainsi, c'était probablement la seule chose qui lui permettait d'être si pragmatique après ce qui s'était passé. Mais que se passerait-il quand la réalité le rattraperait, quand il devrait affronter la vérité ? Elle ne voulait pas le laisser seul dans un moment pareil.

Pourtant il le fallait, c'était effectivement la meilleure chose à faire. S'il voulait faire en sorte que personne ne se doute de leur passage, elle devait retourner à Poudlard. Elle les mettrait tous les deux en danger en éveillant les soupçons. Si les miliciens remontaient jusqu'à elle, ils n'auraient aucun mal à remonter jusqu'à Irving. Ils étaient une menace pour l'un l'autre maintenant, songea-t-elle tristement. Si l'un deux se faisait avoir, les autorités n'auraient besoin que d'un rapide tour dans leur mémoire pour arriver jusqu'à l'autre.

Abattue par ce constat, elle hocha simplement la tête quand son petit-ami lui assura que tout se passerait bien, qu'on ne retrouverait pas leurs traces, qu'elle ne serait pas inquiétée. Elle n'arrivait pas à le croire. Comment un tel massacre pouvait-il passer inaperçu ? Les derniers évènements avaient tant chamboulé sa vie qu'elle ne parvenait pas à imaginer que le reste du monde n'en soit pas au moins un peu affecté. Elle avait le sentiment que l'univers entier avait été mis sens dessus dessous, que toutes les vérités s'étaient effondrées, comment pourraient-ils cacher ça ?

Sentant Irving s'éloigner un peu, Nora le suivit du regard et ses yeux tombèrent sur l'endroit où le Doloris l'avait plaqué au sol, un moment plus tôt. Un violent tremblement parcourut tout son corps et elle ferma brusquement les yeux, luttant contre les images qui l'assaillaient. Elle ne voulait pas se souvenir. Elle ne voulait plus jamais revivre cet instant de torture, cette douleur insoutenable, et cette envie irrésistible que tout s'arrête, cette envie de mourir. Elle voulait ne plus jamais y penser, pourtant elle sentait la menace planer au-dessus de sa tête. Elle savait que ce souvenir était en elle, quelque part, qu'il n'attendait qu'un moment de faiblesse pour se manifester.

Elle attrapa la baguette qu'Irving lui tendait et la fourra dans la poche de son sweat, essayant d'oublier que les derniers sorts qu'elle avait jetés avec avaient été destinés à stopper Jacob Dalhiatus dans leur course-poursuite. Elle commença à suivre Irving en direction de la cabane hurlante avant de s'arrêter soudainement. Il perdait un temps précieux en l'accompagnant. Chaque minute qui passait les mettait un peu plus en danger. Il avait bien plus important et plus difficile à faire que de s'occuper d'elle. Elle trouverait la force de se débrouiller toute seule. Elle ne pouvait pas lui faire courir plus de risques qu'elle ne lui en avait déjà fait prendre. Car si elle refusait de trop y penser pour l'instant, il était clair qu'Irving n'avait été si violent que parce que Dalhiatus s'en prenait à elle. Il avait tué pour la défendre, et elle se sentait déjà bien assez coupable comme ça. Elle refusait qu'il ne se mette davantage en danger par sa faute.

"Reste, lança-t-elle soudainement d’une voix étrangement assurée. On a perdu trop de temps, reprit-elle. J'y vais, mais toi reste, assura-t-elle avec toute la conviction dont elle était capable en cet instant. Je peux le faire."

Si Irving pouvait trouver la force d'affronter seul une scène de crime dont ils étaient les coupables, elle pouvait bien s'efforcer de ne pas les mettre davantage en danger en rentrant rapidement à Poudlard. Elle était certaine que c'était la meilleure chose à faire, persuadée qu'elle devait partir au plus vite, mais laisser Irving derrière elle lui déchirait le cœur. Elle ne pouvait pas l'abandonner ici, avec ce qu'il avait à faire, pas alors qu’elle lui avait promis d'être toujours là pour lui...Jamais elle n'aurait cru qu'un jour viendrait où, pour leur sécurité à tous les deux, elle serait contrainte de l'abandonner dans un moment si difficile. Ses yeux se remplirent de larmes et elle ferma un instant les paupières pour tenter de les retenir.

"Est-ce que...Est-ce que ça va aller ?" demanda-t-elle finalement d'une voix sanglotante en posant un regard démuni sur son petit-ami.

Elle n'avait pas pu empêcher son inquiétude de parler pour elle, mais elle connaissait la réponse à sa propre question. Bien sûr que non, ça n'irait pas. Elle avait le sentiment que plus rien n'irait jamais bien. Mais elle avait besoin de croire le contraire pour trouver la force d'avancer.



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Irving venait de faire quelques pas en direction de l’orée de la forêt où la canopée était moins dense. Malgré l’obscurité il pouvait discerner les premières maisons du village endormi à quelques centaines  de mètres de là. La Cabane hurlante se dressait fièrement, un peu plus loin, de l’autre côté du chemin qui menait à Poudlard. Ils en auraient seulement pour quelques minutes de trajet, se dit-il en contournant l’un des derniers sapins du bois avant de s’arrêter brusquement lorsque Nora lui demanda de rester ici.

« Quoi ? Non, non j’t’accompagne. » assura-t-il en secouant la tête, les sourcils froncés. Ils s’en tenaient au plan et Irving ne comptait pas revenir sur sa décision. Il fit un pas pour reprendre sa marche mais sous l’insistance de Nora il dut s’arrêter de nouveau afin de reconsidérer la situation. Il faut dire qu’elle apportait  des arguments plutôt convaincants.  Elle avait même raison au fond : Ils avaient déjà perdu beaucoup  de temps et ils allaient prendre des risques supplémentaires s’ils rejoignaient tous les deux Pré-Au-Lard mais Irving ne pouvait pas se résoudre à se séparer d’elle.

« J’uis pas sûr qu’ce soit une bonne idée… » Ajouta-t-il sans trop savoir ce qui le motivait à retarder l’échéance : L’appréhension qu’il éprouvait à laisser Nora seule ou  l’inquiétude de se retrouver si rapidement en tête à tête avec Dalhiatus. Surement un mélange des deux.

Toutefois le ton de Nora finit par le convaincre. A cet instant précis, elle était incontestablement plus assurée que lui. Il avait beau avoir soutenu la thèse qu’ils devaient se séparer afin qu’elle rejoigne Poudlard au plus vite, maintenant que leur séparation était imminente,  il n’était plus vraiment certain de la vouloir. Mais Nora avait l’air si sûr d’elle.  Elle ne ressemblait plus à cette femme qui l’avait supplié pour qu’ils restent ensemble quelques instants plus tôt. Elle affirmait avec conviction qu’elle pouvait y arriver. Seule.

« D’accord. »

Il n’avait pas vraiment prononcé ce mot. Il savait qu’il devait le dire, …alors voilà, il l’avait lâché.  C’était ce qu’il y avait de mieux à faire, non ? Songea-t-il en reportant son attention sur Nora dont les yeux venaient de se remplirent de larmes.
Non.
Si elle craquait, il ne trouverait jamais la force de lui dire adieu aussi s’empressa-t-il d’ajouter :

« J’vais y arriver. Il esquissa même un léger sourire pour tenter de la convaincre. Je t’envoie un hibou aux premières heures du jour, promis. Tu auras d’mes nouvelles au petit-déjeuner. Tout va bien se passer. » Assura-t-il alors qu’il était intimement persuadé du contraire. Rien. Absolument rien ne se passerait bien, Allez, file maintenant. » Finit-il par dire en la poussant délicatement en direction de Pré-Au-Lard, j’assure tes arrières jusqu’au chemin. »

Il brandit la baguette de Dalhiatus et hocha la tête pour l’encourager.

« Fais attention à toi Poussin. » fut sa dernière recommandation puis il scella ses lèvres, bien décidé à ne pas laisser le sanglot bloqué dans sa gorge franchir sa bouche tant que Nora serait dans son champ de vision. Il aurait voulu lui dire qu’il l’aimait mais c’était au dessus de ses forces. Il avait peur de ne plus jamais pouvoir le lui avouer d’ailleurs quant on voyait où l’intensité de ses sentiments l’avait mené.

Il la regarda donc s’éloigner dans les herbes hautes puis il attendit que sa silhouette se confonde avec la nuit pour s’accroupir au sol le visage enfoui entre ses mains, le souffle court. Dans ce silence, tous ses doutes et ses démons remontaient à la surface et il devait lutter pour ne pas se laisser tomber au sol, prostré sur lui-même, attendant que quelqu’un le découvre et le dénonce.

Mais si Nora avait été assez forte pour remplir sa part de leur marché seule, il devait être à la hauteur de ce qu’il lui avait promis. Il prit donc une profonde inspiration et se remit sur pieds en tentant d’organiser ses pensées. Il s’agissait de fixer ses priorités et surtout de ne rien laisser au hasard. Le jeune homme pointa donc sa baguette sur les herbes que leur course folle avait couchées afin de les remettre en place.  Sa mère utilisait fréquemment ce sort quand il était petit et qu’il écrasait ses fleurs dans le jardin familial. L’évocation de Vivianne manqua d’ailleurs de le faire flancher de nouveau mais il se concentra sur ses objectifs afin de ne pas perdre pied. Nettoyer la zone. Faire disparaitre le corps.

Alors qu’il était justement occupé à passer le secteur de l’orée de la forêt au peigne fin, une lueur argentée dans l’herbe attira son regard. Irving fit quelques pas et découvrit plusieurs galions à même le sol ainsi qu’un parchemin. Les effets de Dalhiatus tombé lors du levicorpus. Il les fourra dans sa poche et poursuivit sa lente progression méthodique et méticuleuse jusqu’à l’endroit.

Il ne pouvait plus reculer maintenant. Il allait devoir faire face et affronter cette masse sombre et distendue appuyée contre un arbre. Après avoir ramassé sa propre baguette, il s’approcha précautionneusement du cadavre, gardant toutefois une légère distance entre eux, comme si Dalhiatus pouvait revenir d’entre les morts.

Le moment était venu. Irving ferma les yeux et prit une profonde inspiration, tentant de faire le vide pour être le plus opérationnel possible : Ne penser à rien. Rester concentré. Ne pas se laisser submerger.
Il ouvrit ses paupières et pointa sa baguette devant lui.

« Lumos »


Fin du Rp pour Irving.



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