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 What Shall We Die For [Kraken]

Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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25 février 2009, Le Triton Ardent

La baguette en bois de Tremble de Juliana s'illumina pour laisser jaillir un sortilège, qui vint frapper la porte du Triton Ardent. Personne ne rentrerait dans le restaurant ce soir sans son autorisation. Un sortilège d'insonorisation suivit, tandis que Lilly lançait des maléfices de protection de son côté. De l'extérieur, le Triton Ardent paraissait vide, calme et obscur, comme tous les autres soirs. De l'intérieur, en revanche, les choses étaient toutes autres. Une quinzaine de sorciers se trouvaient présents, la mine sombre, prêts à s'engager dans une action qu'ils n'auraient jamais pu imaginer. Se détournant de la rue, Juliana s'appuya contre la porte de son restaurant et laissa son regard vagabonder de sorcier en sorcier, tandis qu'un silence s'instaurait. Chacun restait dans l'expectative, attendant que l'une des deux responsables de ce rassemblement ne prenne la parole. Mais Juliana n'était pas pressée, préférant se laisser envelopper par cet étrange sentiment d'espoir et d'excitation qui l'envahissait.

Elle connaissait personnellement une partie non négligeable des personnes présentes. Amis proches ou connaissances lointaines, la grande majorité d'entre eux n'étaient jamais que des sorciers ordinaires, des citoyens qui, elle, avaient décidé qu'il était temps d'agir enfin. Mais d'autres, tels Seamus ou Lilly, étaient des sorciers chevronnés, des employés du Ministère avertis qui, par leur présence, confirmait que leurs intuitions étaient bonnes, qu'ils n'étaient pas complètement fous, Joel, Klem, elle, et leurs amis qui s'agitaient depuis plusieurs semaines. Non, ils n'avaient pas tort de traiter ce gouvernement de dictature. Et sans doute étaient-ils trop impatients, trop téméraires pour se contenter de faire confiance à des mouvements mieux organisés tels que la Salamandre, et pour faire confiance au système. Sans doute. Mais ils voulaient agir, ils voulaient en découdre, ils voulaient se battre pour leur avenir, pour leur pays. Juliana refusait d'être patiente, elle refusait de se cacher, de prendre un nom de résistante ou de se contenter de petites actions sans conséquences. Elle voulait que le gouvernement tombe, elle voulait que les injustices cessent, et elle le voulait tout de suite. Juliana avait assez attendu. Elle avait assez donné. Il était désormais temps de prendre.

Se détâchant finalement de la porte, elle s'avança dans la pièce, resserrant les pans de sa cape autour d'elle. Il ne faisait pas chaud, en cette fin de février, l'hiver semblant décidé à s'éterniser comme pour les décourager. D'un petit coup de baguette, Juliana alluma quelques torches supplémentaires, répandant un peu de lumière et de chaleur dans le restaurant. Les tables des clients avaient été poussés pour faire de la place et ils s'étaient rassemblés en une sorte de cercle au milieu de la pièce. La jeune femme vint se placer à côté de Lilly, échangea un regard avec son amie, puis prit la parole d'une voix décidée.

"Vous savez pourquoi nous sommes là. Lilly et moi en parlons avec vous tous depuis des semaines, par petits groupes, et ne sont réunies ici que des personnes de confiance. Vous ne vous connaissez pas encore tous, mais cela sera bientôt le cas. Bientôt, nous nous connaitrons tous, et nous devrons tous nous faire confiance. Nous sommes ici parce que nous partageons un but commun. Nous savons contre quoi nous voulons nous battre. Contre une dictature, contre un système qui nous asservit, et cela ne date pas du FREE. Tous ici avons connu la guerre..."

Juliana pouvait encore ressentir cette douleur intense dans ses membres qui lui avait été infligée lorsqu'elle avait onze ans et que les Carrow pratiquaient la torture. Elle n'avait jamais oublié. Et elle n'oublierait jamais le Bloody Sunday, la mort de son père, et le fait qu'elle serait probablement morte elle aussi, sans Alicia. Elle n'oublierait pas plus les hurlements de Joel lorsqu'il avait été torturé ici même, quelques mois auparavant. Cela faisait beaucoup de traumatismes pour une seule personne. Beaucoup trop pour qu'elle ne puisse rester passive et attendre de de découvrir lequel de ses amis allait y passer la prochaine fois. Juliana était en colère, elle était fatiguée de subir et de se sentir impuissante. Elle n'était pas impuissante. Elle était jeune, pleine d'énergie, d'espoirs et d'ambitions. Oui, d'ambitions, pour la première fois de sa vie, Juliana semblait comprendre ce sentiment. Elle avait pour ambition de faire de ce petit groupe un redoutable mouvement de Résistance. Elle avait pour ambition d'ébranler le régime et d'agiter cette ville endormie jusqu'à la mort, s'il le fallait. Elle avait pour ambition de vivre de toutes ses forces, quitte à vivre moins longtemps, mais de ne jamais, jamais se laisser asservir.

"Tous ici savons que nous n'avons jamais réellement été libres dans ce pays. Il est temps de prendre ce qui nous reviens de droit", ajouta-t-elle avec hargne, une lueur sombre dansant dans son regard. "Nous en avons le pouvoir, si nous agissons ensemble, et si nous agissons vraiment. Il ne sera pas question ici de dissimuler nos identités ou nos revendications, de louvoyer ou de faire de compromis. A partir de cet instant, il n'y a plus de place pour l'hésitation."

Juliana observa un instant le tableau qui se trouvait accroché sur l'un des murs du restaurant, à la décoration marine. Ce tableau représentait un monstrueux Kraken en train de couler un navire majestueux, ses tentacules animées s'agitant dans les airs et s'enroulant autour du pont. Juliana avait toujours aimé ce tableau, qui nourrissait son imagination et celle des enfants qui venaient manger au Triton Ardent. Aujourd'hui, au vu du nom qu'elles avaient décidé de donner à leur mouvement, il semblait prendre une nouvelle dimension. Leur nom, il était d'ailleurs temps de le révéler.

"A partir de cet instant, nous sommes le Kraken, et nous sommes en guerre. Nous serons impitoyables, nous nous investirons totalement pour cette cause, et nous ne cèderons pas à la pression. Si certains ne s'en sentent pas les épaules... Il est encore temps de partir. Après, il sera trop tard."

Elle laissa planer un silence, laissant la possibilité à quiconque de se défiler. Pourtant, elle savait déjà qu'ils ne le feraient pas. Tous ici savaient ce que Lilly et elle avaient l'intention de mettre en place, tous avaient déjà discuté avec elles de leurs potentielles contributions. Le Kraken ferait une place à chacune de ces personnes et saurait s'adapter pour ceux qui ne souhaitaient pas prendre cet incroyable engagement qu'elles demandaient. Pour autant, elle tenait à ce que les choses soient claires. Aider le Kraken, ne serait-ce que de loin ou indirectement, pouvait malgré tout conduire à leur mort. Personne ne serait en sécurité ici et Lilly et elle ne seraient pas en mesure d'assurer cette sécurité. Elles n'en avaient d'ailleurs pas la prétention. S'engager avec elle se ferait à leurs risques et périls... Tout comme les trahir d'ailleurs.

"Nous avons, pour l'instant, infiniment peu de moyens humains, matériels, financiers", ajouta-t-elle plus concrètement. "Ce qui signifie que cette organisation va devoir fonctionner à la confiance et à la volonté de chacun. Il va probablement nous falloir entrer dans la clandestinité, tôt ou tard. Il va nous falloir un Q.G, qui ne pourra pas être le Triton. Cela fonctionne pour l'instant mais soyons honnêtes ce n'est clairement pas l'endroit le plus sûr de la ville... Il a déjà été attaqué, après tout. Cet endroit devra rester secret et, tant que nous ne l'avons pas trouvé, la liste des membres du Kraken devra l'être aussi. Si, par la suite, nous avons des alliés ou des informateurs, ils devront rester secrets également. Nos plans, nos missions ne devront bien évidemment pas être trahis. Bref, nous allons avoir des choses à cacher, quand bien même nous ne fonctionnerons pas comme un mouvement de résistance traditionnel... Et il n'y a pas cinquante façons d'assurer le silence d'un homme qui se fait capturer et torturer."

Car Juliana et Lilly étaient conscientes des dangers auxquels elles s'exposaient. Lilly avait vu suffisamment de choses au sein des Oubliators pour savoir que le gouvernement et la milice ne plaisantaient pas, et que dire de leurs ennemis de l'ombre ? Ces gangs qui bouffaient Bristol de l'intérieur, depuis des années, et qui semblaient plus forts que jamais, quoi qu'en dise la propagande du Ministère ?

"Un Serment Inviolable devra donc être réalisé par chaque membre actif du Kraken, dès ce soir, celui d'emporter les secrets du mouvement jusqu'à la tombe si nécessaire. Nous savons que c'est un immense engagement, celui de toute une vie, mais c'est celui que la situation exige. Vous devez être conscients des risques que vous prenez, en entrant dans cette organisation. Pas de trahison, ni de retour en arrière..."

Juliana n'avait pas peur, mue par ce sentiment incroyablement puissant de faire la bonne chose, d'agir dans le bon sens, enfin, et d'être enfin actrice de ce qui allait influer sur sa vie. Oui, elle voulait écrire l'histoire de son pays, car ceux qui s'en chargeaient jusque là le faisaient en piétinant tout sur leur passage...

"Pour ceux qui souhaitent simplement être associés au Kraken et nous apporter votre aide ponctuelle, un Sortilège du Gardien du secret sera lancé au cours des prochains jours. Je serai seule à connaître l'identité du Gardien pour plus de sécurité. Néanmoins, il va sans dire que vous serez exclus de certains plans ou réunions, pour des raisons de sécurité là encore. Mais votre aide est toute aussi précieuse. Nous aurons besoins de médecins, de formateurs, de donateurs financiers, d'informateurs, de personnes pour nous aider à franchir les blocus et j'en passe... Nous aurons besoin aussi de recruter, alors gardez vos oreilles ouvertes, et surtout, soyez prudents."

Car, en dépit de tout ce qu'elle venait de dire, Juliana savait qu'elle serait dévastée si elle perdait certain d'entre eux. Une vie sans Joel... Elle ne voulait pas y penser. Pourtant, elle était malgré tout prête à prendre le risque. Car elle ne voulait pas plus d'une vie avec son meilleur ami, à lutter pour maintenir leur commerce à flot sans y parvenir, à vivre sous une administration corrompue, dans la peur et la servitude.

"Je crois que j'ai fait le tour, quelque chose à ajouter, Lilly ?", s'enquit-elle auprès de Lilly, avant de balayer le reste de la salle du regard, un sourire presque timide aux lèvres. Elle avait face à elle des sorciers parfois plus âgés, plus chevronnés, ou des gens qu'elle connaissait depuis toujours. Qu'il était étrange de passer de "tu viens manger à la maison dimanche ?" à "Allons tuer des gens..."

"Des questions, ou quelque chose à faire partager ? N'hésitez pas. Chacun a le droit à la parole. Nous sommes tous égaux ici... Si ce n'est que Lilly et moi sommes les chefs", ajouta-t-elle sur le ton de l'humour, pour détendre un peu l'atmosphère, après l'avoir joyeusement plombée.

HRP:
 



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
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Ebenezer Host - 31 ans, pêcheur de Bristol


Les doigts tremblants du pêcheur se refermèrent sur sa baguette, qui fit crépiter le joint serré entre ses dents. Il inspira un bon coup, laissa la fumée envahir sa gorge et détendre ses muscles, avant de la recracher. Ce n’était pas la peur qui frigorifiait cet homme, mais cette insidieuse colère qui le prenait chaque fois qu’il se retrouvait seul pour réfléchir, glaçant ses veines, sans que la fumée de mandragore ne soit rien d’autre qu’une maigre consolation. Cela faisait trois mois à présent. Il comptait les jours qui l’éloignaient de Rose, il s’imaginait que désormais, elle devait s’être faite dévorer par les vers, dans le cercueil où il l’avait laissée, toute belle, toute pâle, image imprimée sur sa rétine d’époux dévasté. Ses proches le lui disaient à voix basse, il se laissait aller chaque jour un peu plus, le chagrin le dévorait de l’intérieur, si fort qu’il ne voyait plus l’utilité de prendre soin de lui. Le bel homme qu’il avait été n’était qu’une pâle copie de lui-même, aujourd’hui, frappé par l’aigreur, la maigreur, et par ce besoin rongeant de noyer sa détresse dans des substances néfastes.

« Ben. L’entente de son surnom le fit lever la tête vers sa soeur Summer, qui nouait sa cape d’hiver autour de son cou. On y va ? »

Il hocha la tête, avant de jeter son joint et l’écraser de sa chaussure. Se levant de son siège, il suivit sa cadette hors de son appartement sans rien dire, la suivant simplement à travers les ruelles de la ville silencieuse, prête à débuter le couvre-feu. Les yeux fixés sur le pavé, Ebenezer ruminait ses sombres pensées, ce soir plus que tous les autres. Sa tragique histoire n’intéressait absolument personne. Il pouvait crever sur le trottoir de l’Avenue des Douze Chênes qu’on emporterait simplement son corps, comme on l’avait fait de sa femme. Même Multiplettes, ce journal pourtant connu pour son irrévérence, avait passé sous silence son histoire, sa plainte d’époux en recherche de justice, et ce n’était pas faute d’avoir envoyé des courriers. Il s’était royalement fait ignorer par le journal roi des scandales. Ce pays tout entier était-il donc soumis à une loi du silence, qui interdisait de critiquer le pouvoir en place ?

Cette simple pensée le faisait bouillir de l’intérieur, et pourtant, Ebenezer n’était pas comme sa soeur, il n’était pas un homme voué aux causes communes, il n’était même pas un homme honnête. Derrière sa carte de pêcheur affilié aux associations commerçantes de Bristol se cachait un loubard qui avait toujours triché pour s’en sortir. Quand bien même il s’était toujours arrangé avec les lois, cela ne l’empêchait pas de ressentir un profond sentiment d’injustice, hautement égoïste, il fallait en convenir. Ce n’était pas pour sauver l’Angleterre qu’il avait décidé de suivre sa soeur dans une réunion d’un mouvement révolutionnaire, mais pour réparer une faute qui l’avait atteint personnellement, pour obtenir au moins vengeance, si ce n’était justice. Si Summer ne lui avait pas assuré que ces gens-là qu’ils s’apprêtaient à rencontrer et qu’elle connaissait personnellement étaient prêts à tout pour en découdre, il n’aurait d’ailleurs pas pris la peine de se déplacer. C’était son dernier espoir, un espoir fou, déraisonnable. L’espoir de pouvoir décharger sa fureur et sa détresse dans une lutte violente qui -il l’espérait- emporterait tout sur son passage, même lui, s’il le fallait. De toute manière, qu’avait-il à perdre, maintenant ? Rien, il avait déjà tout perdu. Le gang des sharacks qui le protégeait avait été réduit en fumée par des mafieux qui se croyaient rois dans la Voie, cela avait été le premier coup dur. Pour redresser son commerce après cela, il en avait sué, il s’était éloigné de sa famille, il s’était violemment disputé avec Rose, ils s’en étaient même rendus au point de se menacer de divorce. Dire qu’il n’avait pas su obtenir son pardon, avant qu’elle ne s’en aille, brutalement…

Alors Ebenezer voulait se venger de toutes ces personnes qui lui avaient ôté chaque pilier de sa vie, le laissant démuni. La mafia, qui considérait les gens comme lui, les pêcheurs de bas étage, comme des serpillères à leurs ordres, bonnes à essuyer leurs bavures. Le gouvernement, présent uniquement pour sauvegarder l’image d’un seul homme, et sûrement pas pour garantir la justice et préserver les droits de tout un peuple. La liste des ennemis d’Ebenezer était longue, il y incluait même ces personnes crapuleuses incapables de compassion quand elle n’arrangeait pas leur réputation, leurs Gallions, ainsi que cette population silencieuse qui critiquait tout bas, mais approuvait par son inertie.

Summer poussa pour lui la porte du Triton Ardent, l’observation muette du restaurant et des gens qui y attendaient. Il ne connaissait vraiment aucun d’entre eux, il en reconnaissait simplement certains de visage, comme la serveuse qui commença le discours la première. Ebenezer se tapit dans un coin du restaurant, en s’adossant au mur, bras croisés, afin de mieux suivre l’ensemble de la scène. C’était comme si de son regard, il cherchait à sonder chacune des personnes présentes, à se demander ce qui les avait poussées à venir ici, à estimer si elles feraient réellement de bons compagnons d’armes.

Ebenezer était d’ordinaire un homme assez réservé, et pourtant, lorsque la serveuse les enjoint à prendre la parole, il eut envie d’exprimer ce qu’il avait sur le coeur. Après un bref silence, où seuls des coups de d’oeils furent échangés, comme pour voir qui oserait parler, le pêcheur prit sa décision. Il s’avança hors de son coin de mur pour être mieux vu, les bras toujours croisés dans cette position instinctive d’auto-défense qui trahissait sa réserve. Juliana McNeil avait posé les termes du contrat pour avertir tout de suite de la dangerosité de leur action, et personne n’avait encore fui, ce qui était déjà un bon début. Ils en avaient donc dans les tripes, mais qu’avaient-ils dans le coeur ? C’était ce qu’Ebenezer voulait désormais savoir.

« Je m’appelle Ebenezer Host, je suis né ici dans une famille de pêcheurs, avec ma soeur que vous devez connaître -il désigna d’un bref signe Summer, activiste connue et co-fondatrice de l’OFFRE. J’ai passé ma vie dans cette ville, alors je peux témoigner. Bristol en a connu des vertes et des pas mûres, elle a toujours été plus ou moins au bord de l’implosion, mais c’est la première fois qu’on essaye de la museler à ce point. »

Il se laissa le temps de sonder du regard chacun de ses interlocuteurs, avant d’inspirer un petit coup pour révéler une histoire qu’il avait répété des dizaines de fois, mais qui lui faisaient toujours ce coup au coeur à chaque fois :

« On a essayé de me museler, parce que j’ai des choses compromettantes à dire. Ca fait maintenant trois mois que je me bats pour rétablir la vérité au sujet de la mort de femme, Rose. Si ce nom ne vous dit rien, c’est normal, aucun journal, ou du moins, ceux lus du grand public, n’a voulu retranscrire cet accident. Elle a été tuée par deux miliciens, au cours d’un contrôle assez musclé aux postes de frontière de la ville, quand le blocus était encore tout jeune et très ferme. On tient notre poissonnerie ensemble, et parfois, il y a besoin d’aller livrer à l’extérieur… Elle avait laissé sa carte de commerçante chez nous, je l’ai retrouvée sur sa table de chevet, le soir-même. Ebenezer ne baissa même pas la tête au moment de raconter la suite, il vrillait son regard dans ceux des deux organisatrices du mouvement. Alors voilà, le contrôle s’est mal passé, les miliciens n’ont pas voulu la croire, elle s’est obstinée, ils l’ont brutalisée, et ils ont commis l’irréparable. » L’homme serra les poings, contenant mal sa colère indignée. « Ils ont prétendu qu’elle avait sorti sa baguette pour les attaquer, qu’ils n’ont fait qu’agir en légitime défense. Mais je connais ma femme, elle n’aurait jamais fait ça ! Elle évite toujours les ennuis autant que possible. Quand bien même elle se serait montrée agressive, cela ne justifie pas de recevoir les sortilèges qu’elle a reçus, et qui lui ont coûté la vie. On aurait dit qu’elle était tombée sur l’un de ces gangs dont notre cher ministre se targue de nous protéger. Sommes-nous dans un pays où la police agit comme les mafieux les moins scrupuleux ? Ma femme a été assassinée par les mêmes personnes qui sont sensées garantir sa sécurité. »

Ebenezer ne pleurait pas, car il avait déjà trop pleuré, et que désormais, seule l’amertume lui servait de moteur, jusqu’à le rendre extrêmement dur. Il ne répondit d’ailleurs pas au geste d’affection qu’eut Summer, en venant lui serrer le bras avec émotion.

« Je ne demandais pas grand-chose. Simplement qu’on rétablisse les faits de l’accident, et que ces deux policiers soient punis pour cette bavure. On ne m’a même pas accordé d’audience, l’affaire a été classée, et la Milice continue de bénéficier de cette publicité honteuse dans la presse, qui fait croire à tout le reste de l’Angleterre que Bristol est entre de bonnes mains. Il cracha de fureur, plein d’ironie. On pourrait crever sur le pavé en silence que personne dans ce foutu pays ne le saurait. Honnêtement, j’ai jamais vraiment cru en la politique, pour moi, ce sont tous des véreux. Mais maintenant, après m’être battu pour la vérité, j’ai compris une chose, c’est que le mal qui grangrène ce pays ne s’arrête pas aux trois politicards confortablement installés au Ministère. C’est un système tout entier, la police, la justice, la presse… Ils s’installent, ils nous font rentrer dans leur système et ils manipulent l’opinion publique, pour que, quand vous sortez des rangs, vous vous retrouviez complètement seul, sans soutien, et sans pouvoir. »

C’était le plus frustrant, ce sentiment d’impuissance qui prenait Ebenezer à la gorge chaque jour un peu plus, face à l’hydre qu’il avait à combattre. Un monstre à plusieurs têtes pensantes, extrêmement bien organisé. Que pouvait-il faire lui, de ses petites mains ? Pas grand-chose, mais si ces mains devenaient réseau de tentacules, avec l’aide de plusieurs camarades déterminés… C’était cet espoir qui l’amenait ici.

« J’ai décidé de laisser tomber la voix légale, puisque de toute évidence, les lois qui régissent ce pays ne sont pas faites dans notre intérêt. Je m’en fiche de ce que les gens peuvent penser, que je suis un complotiste, un anarchiste, un fou, même. Je n’ai plus rien à perdre. Mais je ne peux pas lutter tout seul contre une machine aussi bien huilée, alors je suis prêt à faire tous les serments qu’il faut pour faire partie du combat. »

Il se détacha de l’emprise de Summer, pour s’avancer vers la première femme qui avait parlé, plantant son regard décidé dans le sien.

« Nous sommes en guerre, vous l’avez dit, et je suis d’accord. Je salue votre courage, et je suis soulagé de voir qu’il y a encore des personnes pour arrêter d’approuver par leur silence. Vous pouvez compter sur moi, vous pouvez tous compter sur moi, appuya t-il en regardant les autres pour leur assurer sa sincérité, j’espère que je peux en faire de même pour vous. »

De nouveau, il se tourna vers les deux femmes qui menaient le débat, une lueur décidé au fond de son regard, la seule chose qui restait encore digne et ferme dans ce visage émacié.

« J’ai pas mal de contacts dans la ville. Je peux obtenir des infos pour le groupe. Comme je peux sortir de la ville en tant que commerçant, je peux peut-être trouver des planques temporaires ou recruter d’autres personnes aussi, s’il le faut. »
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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En se tenant debout, face à cette petite assemblée, Lilly prenait pleinement conscience de ce qu’elle allait faire. De ce qu’elle était en train de faire. Elle releva le menton, et prit une longue inspiration, alors que Juliana parlait. Pendant plusieurs semaines, elle avait discuté sérieusement avec des amis, des connaissances, des collègues, du régime de Marchebank, et de ce qu’ils en pensaient réellement. Peu à peu, elle avait réussi à glisser dans ces conversations l’idée de la création d’un mouvement de résistance, et avait été étonnée de voir que plusieurs personnes étaient réellement intéressées. Pourtant ce projet lui paraissait fou. Fou, parce qu’il était particulièrement dangereux. Ce n’était pas une simple inscription, une simple signature sur une pétition, loin de là. Il s’agissait de s’engager pleinement et entièrement dans une cause, et d’y engager sa vie par la même occasion.

Et Lilly était parfaitement consciente de ce qu’impliquait cet engagement. Elle avait longtemps pesé le pour et le contre, après sa discussion avec Juliana. Mais Lilly Callaghan était une personne qui ne pouvait rester sagement assise devant les injustices qu’elle avait devant les yeux, devant les restrictions des libertés qu’on leur imposait. Le nouveau gouvernement avait ravivé en elle des souvenirs sombres, des souvenirs de l’année des Ténèbres, et, finalement, son choix avait été fait : elle voulait se lever, elle voulait se battre, pour défendre à la fois ce en quoi elle croyait, mais également pour défendre ceux qui ne pouvaient pas le faire elle-même, comme elle en avait été incapable, lorsqu’elle était enfant. Alors, s’il fallait engager sa vie, s’il fallait mourir, et mourir dans d’atroces souffrances, elle était prête à le faire, pour toutes ces personnes qui avaient déjà péri auparavant.

Evidemment, elle ne pouvait rien faire seule. Elle n’était qu’une force, qu’une volonté, qu’une voix parmi tant d’autre, et on ne changeait pas un monde avec ça, surtout lorsque l’ennemi était aussi puissant, aussi bien organisé, que l’Etat contre lequel elle voulait s’élever. Mais, au fil des semaines, au fil des discussions, et au fil des rencontres, Lilly s’était rendue compte que sa volonté, sa voix, pouvaient s’allier avec celles des autres, et que sa force n’en serait que plus grande. Silencieusement, elle compta les présents, avec la sensation qu’ils deviendraient rapidement pour elle plus que de simples connaissances. Elle reconnaissait déjà quelques visages, dont Seamus et Jensen, qui lui adressa un clin d’œil avant de reporter son attention sur le discours de Juliana.

Quand cette dernière eut fini de parler, un homme prit à son tour la parole, pour se présenter. Dans son récit, Lilly retrouva ce qu’elle avait déjà entendu et vu plusieurs fois. Une détresse infinie suite à la mort d’un proche, ou à un accident. Un évènement qui avait tout bouleversé, qui avait tout décidé, qui l’avait conduit à être ici aujourd’hui, le visage décidé. Posant un regard grave sur Ebenezer, Lilly se sentit insufflée d’une détermination nouvelle, encore plus forte que la précédente. Les injustices, les crimes, les violences, étaient partout. Le mensonge et la dissimulation également. C’était ça. Le nouveau gouvernement, ce gouvernement d’apparence lisse, qui se voulait si parfait, mentait. Et ils étaient tous victimes de ces mensonges, plus ou moins directement. S’ils étaient là ce soir, c’était parce qu’ils avaient tout simplement arrêté de croire ce qu’on leur disait. Parce qu’ils avaient cessé d’attendre tout ce qu’on leur promettait. Parce qu’ils voulaient la vérité.

« Tous ceux qui souhaitent et qui ont le courage ne nous rejoindre sont les bienvenus, évidemment. » confirma Lilly avec un sourire. « Et tout ce vous pouvez apporter, que ce soit en terme de ressources, de lieux, de capacités personnelles, tout cela est bon à prendre, et nous en aurons certainement besoin un jour ou l’autre. » affirma la jeune femme.

« Nous avons tous une raison d’être ici. Nous avons tous perdu espoir en ce gouvernement liberticide, et nous avons tous été confrontés à ses mesures, ses réformes, ou leurs conséquences. Nous voulons tous la même chose, et j’espère de tout cœur que nous l’obtiendrons. Et, pour cela, nous avons besoin de compter sur vous. » lança-t-elle, pour reprendre les termes d’Ebenezer. « L’intérêt d’un si petit groupe est le fait que chaque membre puisse compter sur les autres, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Nos vies seront sûrement liées, ce soir, pour un but commun, et il est dans notre intérêt à tous de prendre soin des uns et des autres. Le combat que l’on se prépare à mener est difficile, ardu. Et, comme l’a dit Ebenezer, dans cette guerre, vous pouvez compter sur moi, comme vous pouvez compter sur Juliana. »

La jeune femme croisa les bras sur son ventre, veillant à se tenir droite.

« Parlons-en, d’ailleurs, de cet ennemi que nous avons tous en commun. Nous nous battons contre l’Etat, contre la milice, contre une dictature sans pitié qui réduit nos libertés et donne le pouvoir à des personnes qui ne devraient pas le posséder. Nos moyens, à côté des leurs, sont dérisoires, nous le savons bien. C’est pour cela que nos actions doivent être ciblées, importantes. Nous pouvons résister, nous pouvons dire « non » aux actions du Ministère. Oui, ce sera difficile, je ne vous ferais pas l’affront de vous le cacher. Mais nous en sommes capables, j’en suis persuadée. » affirma-t-elle avec force.

Un moment de silence passa, avant qu’une femme du nom de Joan, que Lilly connaissait du Ministère, prenne la parole :  

« Est-ce que vous avez déjà une idée des actions que le Kraken accomplira par la suite ? »


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

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Peter Harrisson ~ 52 ans ~ Horloger Magique/Moldu


Peter Harrisson est un homme comme les autres, sans artifices. Travailleur et engagé, son horlogerie couvrait ses besoins et il aimait ce métier. Honnête et sans histoires, il n'avait jamais posé de troubles dans sa vie, ni jeune, ni aujourd'hui. Père d'un enfant, divorcé, remarié, voyant son fils pendant les vacances scolaires... Non vraiment, Peter Harrisson n'était pas le genre d'homme à se faire remarquer, plus du genre à suivre les chemins bien tracés. Pourtant aujourd'hui, en voyant Bristol, la ville qui l'avait si bien accueilli après son divorce avec la mère de Steven et où il avait pu faire affaires, sombrer dans une ère bien sombre, il ne pouvait plus se résigner à suivre sagement les sentiers calmes. Non, il devait faire quelque chose. Il devait s'aventurer hors des sentiers. C'est pour cela qu'en ayant eu vent d'un groupe de Résistance qui se créait au sein même de Bristol et qui demandait des volontaires dans tous les domaines, Peter s'était décidé à passer à l'action, peu importe le rôle qu'il aurait dans ce groupe. Il avait bien réfléchi à son choix, à comment il le mettrait en place, les conséquences possibles... Mais les conséquences il était prêt à les assumer. Pour rendre Bristol meilleure et la laisser aux générations futures comme une belle ville florissante et accueillante. Il tenait également, en faisant ce choix, à montrer l'exemple à son fils. Lui montrer qu'il ne devait jamais se laisser marcher dessus ainsi, qu'il était libre et non-dépendants d'un gouvernement, qu'il ne devait laisser personne l'empêcher de s'exprimer et de vivre et qu'il devait toujours s'assurer qu'il faisait une chose pour le bien commun.

Ce soir donc, il sortit de chez lui chaudement habillé pour affronter le froid persistant. Il lui fallut quelques minutes pour remonter l'Avenue des Douze Chênes jusqu'au Triton Ardent, lieu du premier rendez-vous. Plusieurs personnes étaient déjà arrivées lorsqu'il pénétra dans l'enceinte du bar ré-agencé pour accueillir tous ces résistants. Les organisatrices ne tardèrent pas et bientôt la réunion commença par le discours virulent de la jeune McNeil. Tous approuvaient ses dires au fur et à mesure qu'elle parlait. Peter l'observa tout du long de sa prise de parole. Il l'avait vu arriver à Bristol, toute jeune, toute fraîche et diplômée tout juste de Poudlard. Il venait parfois au Triton quand l'envie lui prenait et sincèrement cette fille savait s'y prendre. Elle avait pris sa place dans Bristol et s'y était bien implantée. Le Triton marchait très bien et aujourd'hui ils se trouvaient tous ici dans ce lieu habituellement joyeux à débattre sur des choses bien moins sympathiques. Juliana avait beau être jeune, Peter sentait une certaine maturité dans sa voix, une certaine détermination et elle semblait s'être exprimée devant une assemblée toute sa vie. Elle était si jeune et pourtant si déterminée à risquer sa vie pour sauver Bristol et renverser le gouvernement, Peter en était à la fois impressionné et heureux de voir que des sorciers et des sorcières comme Juliana McNeil avaient les tripes de sortir de leurs nids douillets pour sauver le peuple sorcier.
Un pêcheur du nom de Ebenezer Host prit la parole et lui aussi semblait avoir des choses à dire sous la dent. Tous ici étaient dégoûtés de voir que leur ville chérie était dans les mains de la dictature qui la fermait peu à peu du reste de l'Angleterre. Ils étaient tous là pour exprimer leur désaccord et pour faire quelque chose. En parlant de ça, une femme demanda, après l'intervention de la deuxième organisatrice, Lilly, quelles seraient les actions du Kraken. Quel doux nom, et si représentatif, songea Peter. Avant que l'une des chefs du groupe ne répondent, Peter prit la parole.

« Excusez-moi, je vous coupe, s'excusa-t-il auprès de Juliana et Lilly. Bonsoir à tous, reprit-il. Je m'appelle Peter Harrisson, je suis l'horloger de l'horlogerie plus bas et comme vous je suis ici pour apporter mon aide au Kraken. Il s'éclaircit la voix avant de poursuivre. Comme l'a si bien dit Mr Host, Bristol est muselée et en danger. Vous êtes tous sûrement opprimés par le blocus qui s'est installé et vous regrettez le temps où l'on pouvait entrer et sortir librement d'ici. Et j'imagine que ce blocus posera souvent problème dans les actions futures du Kraken… Il laissa quelques secondes de silence et continua. C'est pour cela que je suis venu ici, ce soir. J'ai de quoi vous faire passer du côté moldu en cas de besoin, en échappant aux contrôles. Je ne fournirai pas plus de détails pour l'instant. »

On ne savait jamais, tout le monde ne savait peut-être pas que son horlogerie donnait des deux côtés de Bristol et il y avait peut-être déjà des traîtres parmi eux. Des gens qui faisaient croire qu'ils étaient là pour sauver Bristol mais qu'en réalité ils voulaient tout le contraire… Bon, visiblement, pour la confiance envers ses futurs alliés, c'était à revoir…

« Et je peux aider en matières de sortilèges, tout ce qui est charmes de protection, création de Portoloin, etc... je m'y connais. Et vous pouvez compter sur mon entière disponibilité, » rajouta-t-il.
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Seamus Finnigan, 29 ans, Auror

La mâchoire serrée, le pied impatient, le regard vif, Seamus était nerveux. Assis au milieu des autres sorciers qui avaient répondu à l'appel de cette première réunion clandestine, il attendait que Lilly et Juliana, la fille qui l’accompagnait, prennent la parole. Il savait pourtant pourquoi il était là, pourquoi ils étaient tous réunis ce soir et il n'avait pas vraiment hésité avant de se décider, son cœur l'emportant sur toute forme de raison. Tout aurait dû le tenir éloigné de tout cela pourtant, de toute forme de résistance à ce gouvernement qui devenait de plus en plus pesant au fil des jours. Il était un Auror, un défendeur de la Justice, un fonctionnaire. Il était celui qui devait être dehors à maintenir Bristol et ses habitants dans un poing serré, il était celui qui était censé être l'ennemi de cette réunion. Mais il ne pouvait pas, il n'y arrivait pas. Il était un défendeur de la Justice. Voilà déjà bien longtemps que le Ministère ne défendait plus cette Justice.

Seamus ne pouvait plus se lever le matin et enfiler son uniforme du Bureau des Aurors en se regardant dans la glace, il ne pouvait plus croiser les membres de la Milice sans avoir envie de leur enfoncer sa baguette dans la figure, il ne pouvait plus tolérer les ordres de mission qu'il voyait passer. Il ne pouvait plus être cet Auror là, qui travaillait pour un gouvernement qu'il maudissait à chaque secondes. Il tournait comme un lion au cage au Ministère et se refusait à être complice de tout cela plus longtemps. Il n'avait même pas trente ans et pourtant, il en avait déjà trop vu : la guerre, l'Année des Ténèbres, les Mangemorts, l'AD... Tant de cauchemars qui le réveillaient encore la nuit, les cris de ses mais sous les baguettes des Carrow vrillant encore ses tympans.

Il avait dix-sept ans la première fois qu'il s'était battu. Qu'ils s'étaient battus. Neville, Ginny, Luna, Lavande, Parvati, Hannah, Susan, Padma, Terry, Michael, Anthony, Ernie... Ils s'étaient tous battus, ils n'avaient rien lâché alors qu'ils n'étaient que des gamins. Il ne se passait pas une nuit sans que les images de la Bataille tournent dans sa tête, Colin, le Professeur Lupin, Fred Weasley, le retour de Dean, blessé, les cicatrices qui striaient la peau pâle de Lavande, le visage ensanglanté de Neville, les cris, les pleurs, les hurlements, les corps, les flammes, les sanglots, les sorts, tout cela se superposait brusquement aux images de la journée sans qu'il ne puisse rien faire, se réveillant en sursaut sur les coups de quatre heures, comme toujours. Seamus n'oubliait rien, il ne reniait rien, ne se vantait de rien. C'était là, c'est tout. Il l'avait fait parce qu'il n'avait pas le choix, parce qu'il fallait le faire, parce qu'il fallait que quelqu'un le fasse, que quelqu'un se lève, que quelqu'un refuse. Et ils l'avaient fait.

Et maintenant qu'ils étaient adultes, maintenant qu'il n'était plus ce gamin frappé jusqu'à l'inconscience par les Carrow, il devrait se taire ? Se complaire dans sa vie tranquille, serrer les dents, fermer les yeux et avancer ? Il n'en n'avait pas le droit. Il ressentait de nouveau ce besoin urgent de faire quelque chose, cette flamme brûlante, cette colère qui l'habitait depuis dix ans et qui ne l'avaient jamais quitté. Ils étaient morts pour ça, Merlin ! Ses amis étaient morts pour ça ! Des gamins, des dizaines de sorciers, des centaines d'inconnus étaient morts pour offrir quelque chose de mieux ! Dix ans de paix. C'est ce qu'ils avaient eu. Maintenant, on voulait leur reprendre et Seamus ne pouvait pas le permettre, ne pouvait pas admettre que tout cela n'avait été pour rien. Du vent, rien que du vent, des cendres. Il connaissait les noms de tous les morts de la Bataille de Poudlard, tous sans exception. Il pouvait les réciter sans même y penser, macabre litanie qui lui rappelait pourtant chaque jour pourquoi il était devenu Auror. Qui lui rappelait à chaque seconde pourquoi il était là, face au discours passionné de Juliana, face à la détermination de Lilly, celle d'Ezebener.

Lavande n'aurait pas voulu qu'il soit là. Elle n'en savait rien, il ne lui dirait pas tout de suite. Un jour, au dernier moment, quand il n'aurait plus le choix. Il savait ce qu'elle lui dirait : reste, ne pas pars, ne fais pas ça. Ils avaient fait leur part, elle dirait. N'avaient-ils pas assez souffert comme ça ? N'avaient-ils pas assez donné, assez sacrifié ? Ils avaient le droit de vivre, eux aussi. Ils devaient vivre, eux aussi. Tu n'as pas besoin de jouer les héros encore une fois, Seamus, qu'elle dirait. Reste avec moi, elle ajouterait. Alors il n'avait rien dit car il savait qu'il ne pouvait pas rester. Il ne resterait pas, il savait parfaitement que tout cela ne mènerait à rien de bien. Réussir ou mourir, pas d'entre d'eux. Mais s'ils l'avaient fait une fois... Pourquoi pas deux ? Il préférait mourir comme ça que mourir avec l'impression de tuer une deuxième fois tous ceux qui n'avaient déjà plus la chance d'être là. Alors Seamus desserra la mâchoire, scellant ainsi sa décision.

- Vous pouvez compter sur la mienne aussi, ajouta-t-il d'un ton sans appel comme si quelqu'un allait venir contester ce fait. Seamus Finnigan, Auror. Je sais me battre. Je sais comment ils se battent, aussi. Sortilèges de protection, enchantements de combats, potions, je maîtrise aussi. Un peu de charmes de soins mais j'ai toujours été un peu trop brusque pour les travaux de détails. Je peux avoir accès à des informations secrètes aussi. Et j'ai des collègues de confiance qui pourront nous rejoindre plus tard, précisa-t-il en vrillant ses yeux gris dans ceux de Lilly.

Il n'avait pas encore parlé à Charlotte de cela, avec son congé maternité, mais il se doutait bien que Lilly avait déjà dû faire le lien auprès de leur amie commune. Il la connaissait par cœur et savait qu'elle ne pourrait pas rester les bras croisés devant tout ce qui se passait, même si elle serait sûrement bien plus prudente que lui avec sa toute nouvelle famille à venir.

- Je m'y connais aussi en sortilèges interdits, à force de les traquer. Je peux vous aider pour l'Inviolable.

Il scruta les sorciers autour de lui avant de reprendre.

- Y'a toujours moyen de le corser un peu si on y travaille bien. On est tous dans ça. Jusqu'au bout.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Sa présence ici n'était pas dû au hasard. Il n'avait pas eu à réfléchir bien longtemps avant de se décider. Les actions de la Salamandre n'avaient que peu d'impact. Pas assez importantes, pas assez coup de poing à son goût. Le gouvernement ne les prenait pas au sérieux. Il était facile de faire fit de leurs actions. Ils voulaient des terroristes ? Ils en auraient. Des vrais. Des qui feraient réellement bouger les choses. Alors oui, ce serait dangereux mais il était prêt. C'était terminé, il ne fuirait plus. Il avait passé sa vie entière à fuir. Il avait fui ses parents, sa condition de loup-garou. Il avait fui l'Allemagne et son compagnon violent, il avait fui ses sentiments pour Valery avant de se terrer dans son chagrin. Il avait fui devant l'évidence, refusant d'ouvrir les yeux à propos de Roy. Mais tout ceci était terminé désormais. Il ne fuyait plus et il prenait les armes bien décidé à protéger son pays d'adoption. Il n'avait pas subi de guerre. Il ne connaissait que les histoires que l'on racontait. Il n'avait pas vécu la période de terreur de Grindelwald. Il avait juste eux les restes. Les idéologies pas complètement éteintes. Notamment ses parents. Il avait mis longtemps à comprendre.

Il n'avait été qu'un adolescent condescendant et pourri gâté. Il s'était moqué de beaucoup trop de choses. Rien n'avait d'importance n'est-ce pas ? Tout n'était bon que pour l'amusement. Il ne se prenait pas au sérieux. Il ne l'avait jamais fait. Alors comment voulait-il que les autres le prennent au sérieux ? Mais il avait changé. La mort de Valery l'avait marqué profondément. Elle l'avait affecté à un tel point qu'il avait eu l'impression de grandir d'un coup. De passer de l'état d'enfant à celui d'adulte. Il voyait le monde désormais. Il avait ouvert les yeux. Et il ne pouvait pas les choses s'envenimer. Il y avait eu trop de morts, trop de massacres. Trop d'horreur. Il fallait que cela cesse. Et comme toujours, c'était les plus démunis qui payaient les premiers. Et ce n'était pas acceptable.

Alors oui, il avait une potion gratuite désormais, de quoi se plaignait-il franchement ? Mais ce n'était pas une bonnes actions qui réparaient toutes les mauvaises qui avaient lieu autour. Nimbus, Bristol... Et même Poudlard si il croyait les paroles de Samantha et celles de Nora à travers Irving. Alors sa place était belle et bien ici. Auprès de ces gens qui voulaient se battre pour que leur pays sorte du joug de l'imposteur Marchebank. Il le tuerait de ses mains si il fallait. Il n'avait plus peur de commettre l'irréparable. Il n'y avait que comme cela que le monde comprenait les choses de toute manière. Avec violence. Il croisa le regard de Joël et il lui sourit tendrement.

Peut-être pourrait-il se retrouver plus tard après la réunion ? Il avait un moment hésité quant au comportement à adopter. Il n'avait pas su comment s'y prendre avec Lilly à côté. Ils avaient passé le 24 décembre ensemble. Ils passaient de bons moments. Et avec Joël... il semblait vouloir du sérieux là où Klemens savait ne pas pouvoir s'engager. Et pourtant... Il les aimait bien tous les deux. Sans doute un peu trop. Beaucoup trop. Il était incapable de choisir. Et finalement, il n'y avait pas de choix à faire. Il ne pouvait s'engager ni avec l'un ni avec l'autre. Un léger soupir lui échappa avant de hocher doucement la tête face aux paroles des différentes personnes présentes.

Il ne connaissait personne ici, si ce n'était Lilly, Juliana, Joël et Finnigan... Le lycanthrope se demandait ce que cet empêcheur de tourner en rond faisait ici. Il n'y avait plus de place dans la Milice ? Ils n'avaient pas voulu de lui parce qu'il était trop emmerdant ? C'était clair qu'à choisir, il aurait préféré l'avoir contre lui plutôt qu'avec lui. Devoir coopéré avec ce merdeux serait difficile. Et pourtant... il semblait qu'il n'ait pas le choix. Le pire étant qu'il avait de bonnes idées. Corser l'inviolable n'était pas bête. Au moins, ils étaient certains que personne ne trahirait. C'était la chose la plus sensée à faire selon lui. Il hocha la tête une nouvelle fois avant de lâcher un léger soupir.

"Je suis d'accord avec Finnigan. Il le fixa un instant pour lui signifier que cela ne voulait pas du tout dire qu'il l'appréciait pour autant. Et vous pouvez compter sur moi également. Klemens Dabroski, expert en Portoloin selon le ministère. Sans doute plus pour très longtemps m'enfin... On verra bien, un léger sourire moqueur se dessina sur ses lèvres à cette remarque avant qu'il ne reprenne. Je maîtrise les sorts de défense et d'attaque et... comme l'indique mon nom, je ne suis pas anglais. J'ai étudié à Durmstrang. Je maîtrise les sorts interdit et la magie noire en générale. Finnigan sait la contrer, moi je sais la pratiquer. Ça pourra peut-être nous être utile... Et avant que quelqu'un d'autre ne le fasse à ma place... Je suis un loup-garou. Si quelqu'un a un souci avec ça qu'il le dise maintenant qu'on évite de se mettre en binôme sur une mission."

Il esquissa un léger sourire. Au moins, il n'y aurait de surprise pour personne comme ça. Finnigan pourrait l'éviter à loisir sans avoir besoin de mentir sur le pourquoi il l'évitait. Il espérait juste que les autres membres du groupe ne seraient pas aussi intolérants. Enfin, il y avait de cons partout n'est-ce pas ? Et comme il l'avait si bien dit, ils étaient tous dans ça. Et mieux valait éviter les mensonges dès le départ.


Klemens Dabrosky
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott avait toujours fait partie des privilégiés. Il n’avait pas vécu la moitié des épreuves qu’avaient endurées la plupart des personnes présentes à cette réunion. Il n’avait souffert qu’indirectement de la dernière guerre et n’avait perdu aucun être cher, que ce soit à cette époque ou depuis l’instauration du régime Marchebank. Il portait un nom de famille qui, s’il l’avait trainé comme un fardeau pendant une bonne partie de sa vie, l’avait protégé de tout ça. Pendant l’année de la terreur, alors que certains de ses camarades se faisaient torturés par les Carrow et punir des façons les plus terribles qui soient, on le laissait tranquille. Il aurait pu se montrer dix fois plus insolent, se révolter avec plus de virulence, il ne lui serait rien arrivé de bien méchant. Il était le fils du Directeur de la Justice Magique, et un sang-pur. On ne touchait pas au fils de John Warlock.

Il aurait pu profiter de la situation. Il avait une liberté de parole et de mouvement dont beaucoup de ses camarades étaient privés. Il aurait pu se rebeller, dénoncer, rassembler. Il aurait pu essayer, mais il n’avait rien fait de tout ça. Parce qu’il avait treize ans, qu’il voyait ses amis se faire torturer sous ses yeux et qu’il se sentait si impuissant qu’il aurait parfois voulu être à leur place, plutôt que d’être celui qui ne pouvait rien y faire. Mais aujourd’hui il n’avait plus treize ans, et il n’était plus seulement le fils de John Warlock. Il était un père aussi, depuis un peu moins d’un mois. Et si ce nouveau rôle venait avec des responsabilités qui l’incitaient à la prudence, il lui faisait aussi prendre conscience de l’importance de la cause qui les rassemblaient tous ici aujourd’hui.

Parce qu’il ne voulait pas élever sa fille dans un monde où les forces de l’ordre assassinaient les honnêtes commerçants, où les médias étaient dépendants du pouvoir et où on leur cachait une vérité. La vérité d’un régime liberticide qui commettait des atrocités. Quelque part il se sentait tout aussi impuissant que dix ans plus tôt, mis à part que cette fois-ci, il n’était pas seul. Il n’était peut-être qu’une poignée, réunis en cercle au milieu du Triton Ardent ce soir, mais ils étaient là, et ils étaient déterminés. C’était peut-être son naturel optimiste, mais il avait envie de croire qu’ils pouvaient faire bouger les choses. Ce ne serait ni simple ni dépourvus de risques, mais ils pouvaient y arriver.

Il ne savait pas exactement jusqu’où il était prêt à aller ni à quel point il pourrait s’investir dans ce combat, mais il avait envie de faire tout ce qu’il pouvait. De faire ce qu’il fallait pour que ça change. Ils en avaient parlé plusieurs fois avec Charlotte, suite à des conversations avec Julia, ou Lilly, et s’ils avaient conscience que ce n’était pas l’engagement le plus raisonnable pour de jeunes parents, ils savaient aussi que c’était la bonne chose à faire. C’était ce qui était juste.

Chacun des mots de Juliana, prononcé d’une voix déterminée, trouva en lui un écho particulier. Elle n’appelait pas simplement les gens à se ranger de son coté, ce n’était pas de l’endoctrinement ni même de la persuasion. S’ils étaient là aujourd’hui c’était parce qu’ils étaient déjà acquis à sa cause, à leur cause. Elle ne faisait que leur offrir le moyen de faire quelque chose de ce sentiment de colère, de frustration et d’injustice qu’ils partageaient tous. Elle leur offrait une voix, assez forte pour se faire entendre. Lilly et elle avaient déjà bien préparé l’organisation du Kraken et leur détermination était impressionnante.

Plusieurs sorciers ne tardèrent d’ailleurs pas à prendre la parole pour assurer leur soutien au groupe. Eliott ne fut pas surpris de l’intervention de Seamus, qu’il connaissait surtout au travers de Charlotte, tout comme il n’avait pas été étonné de reconnaitre Jensen parmi les personnes présentes. Il réalisait en écoutant les autres participants qu’ils avaient tous bien plus à apporter au Kraken que lui, mais comme Lilly l’avait dit, il y avait de la place pour tout le monde, et il trouverait un moyen de se rendre utile.

Ne laissant pas le silence s’installer après qu’un certain Klemens ait offert ses talents en matière de magie noire et précisé qu’il était un loup-garou, visiblement soucieux d’éviter les mauvaises surprises, Eliott adressa un bref sourire à ce dernier avant de prendre la parole à son tour.

- Vous pouvez compter sur moi aussi. Eliott Warlock, se présenta-t-il, espérant ne pas entendre trop de grincements de dents provoqués par l’évocation du nom du leader du SPAM. Je suis ambulancier à Sainte-Mangouste depuis peu. Je suis pas le meilleur en magie, loin de là…Ceux qui le connaissaient savaient bien pourquoi. Mais je peux me déplacer à peu près partout, rapidement, et en évitant le gros des contrôles.

Les miliciens avaient beau ne pas être les sorciers les plus bienveillants du monde magique, ils évitaient en général de faire patienter les blessés graves trop longtemps et laissaient les véhicules de Sainte-Mangouste circuler plus ou moins librement. Eliott chercha ensuite du regard les quelques personnes qui connaissaient Charlotte puisque sa fiancée n’avait pas pu venir ce soir, moins d’un mois après son accouchement.

- Charlotte se joindra aussi à nous, assura-t-il. Elle est Auror, précisa-t-il pour le reste de l’assemblée. Et vous sera sans doute bien plus utile que moi, ajouta-t-il avec un sourire.

A vrai dire son seul autre atout aurait pu d’être le neveu du Ministre, mais il se voyait mal se servir de ce statut. Il avait été assez proche de son oncle durant son enfance et son adolescence, sans doute parce qu’ils partageaient un mépris commun pour une bonne partie des usages de la haute société sorcière, mais il était indéniable que les choses seraient différentes aujourd’hui. Il avait de toute façon dû abandonner le souvenir de l’oncle Léopold qui lui avait fait boire ses premières gorgées de Whisky Pur-Feu au profit de l’image du dictateur qu’il était devenu. Il n’était certainement plus assez proche de son oncle pour avoir droit à la moindre confidence qui pourrait être utile au Kraken, et n’était même pas certain qu’il aurait osé les utiliser si cela avait été le cas.



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Chad Fox, 21 ans, frère aîné de Max Fox.

Chad passa devant la chambre de son frère non sans un pincement au cœur. La maison était vide sans lui et manquait de ce souffle d'innocence que seul les enfants savaient apporter. Puis la tension était palpable entre son père et lui, du coup il avait vraiment du mal à y passer du temps. Ainsi s'arrêta t-il un moment pour pousser la porte, souriant au mélange parfaitement fluide de la décoration entre les draps avec bulbizarre et les posters des requins de Bristol. Soupirant, le jeune adulte referma la porte avant de sortir de chez lui : il avait plus important à faire.

Il avait beau connaître Bristol, il n'avait jamais pris attention à la devanture du Triton Ardent. C'est dingue comme à force de vivre dans une ville on finissait pas simplement ne pas réellement regarder les façades des maisons qu'on voyait et les rues qu'on empruntaient. Poussant la porte, Chad laissa son regard passer brièvement sur les personnes présentes avant de rejoindre un groupe d'anciens gryffondors qu'il connaissait. Il était anxieux et excité à la fois. Ainsi les laissa t-il discuter tandis qu'il laissait l'adrénaline enivrante monter en lui. Soudain, beaucoup se turent et laissèrent la parole à celle qui allait mener la danse.

Tout comme d'autres, Chad hochait la tête au fur et à mesure du discours, approuvant grandement les propos de rébellion et d'adhésion au mouvement. Il avait l'impression qu'elle lisait à l'intérieur de lui et exprimait toutes les pensées qu'il avait pu avoir depuis son enfance, même celles qu'il avait tues. Le seul moment où il reçut un électrochoc fut lorsqu'elle évoqua le serment inviolable. Chad avait beau savoir qu'il ne dirait jamais rien, de par son éducation libertaire, il n'aimait pas l'idée d'être soumis à un tel sortilège et ainsi de ne plus être vraiment libre. Ainsi ne put-il s'empêcher de grimacer légèrement à cette évocation. Mais c'était un mal pour un bien n'est-ce pas ? Il ne pouvait pas abandonner le navire simplement pour un détail ? Même si ce détail pouvait lui coûter sa vie... Et qu'il avait déjà glissé un mot à son cadet de son intention à rejoindre une vraie résistance, pas comme la Salamandre, durant les vacances précédentes et connaissant le phénomène, dès qu'il entendrait parler du Kraken il aurait fait le lien... Alors maintenant Chad était pas mal barré, il devrait même mentir à son cadet pour sauver sa peau...super...vraiment... Pour une fois il aurait dû réfléchir un peu plus. Évidemment il aurait pu choisir la facilité en n'étant soumis qu'au sortilège du gardien du secret mais Chad voulait être dans l'action... Il n'avait donc pas le choix face à ses convictions malgré ses valeurs.

Chad n'avait pas tellement envie de prendre la parole pour une fois. Du coup il préféra écouter attentivement les autres. Le premier était un pêcheur et son histoire acheva de convaincre le jeunot de s'engager dans le Kraken. Son histoire prouvait que le gouvernement était néfaste, pourri jusqu'à la moelle, pire encore. Ainsi, l'ancien gryffondor hocha la tête en signe de réel accord lorsque leurs regards se croisèrent. Cet homme pourrait compter sur lui aussi. Il semblait le mériter, réellement. Lilly, la seconde 'danseuse', pris à son tour la parole. Encore une fois, Chad était mû par ce sentiment d'unité et de cohésion. Oui. Il ferait le serment inviolable. Oui, il avait fait le bon choix. Il avait sa place ici parce que leurs propos résonnaient en lui. Et cela continua encore de longues minutes. D'abord il y eut cet horloger chez qui Chad avait un jour acheter une montre pour sa mère, il avait apparemment de quoi les aider à se planquer et à passer du côté moldu ce qui pouvait se révéler intéressant. Le suivant a prendre la parole fut Seamus Finnigan, un de la promotion d'Harry Potter et aussi un auror assez connu du ministère. Nul doute qu'il serait d'une grande aide. Le suivant a parler ne le serait pas moins, encore un du ministère. Tant de grandeur firent se sentir tout petit Chad. Que pourrait-il bien dire ? 'J'suis doué en quidditch...' ? Le jeune Fox n'en avait aucune idée. Il raccrocha au discours de l'expert en Portoloin quand celui-ci annonça qu'il était loup-garou. Il se contenta de hausser les épaules : ses parents lui avaient toujours appris qu'ils étaient tous égaux et que les loups-garous n'étaient pas des monstres, qu'ils n'avaient pas choisis et qu'il se devait de les respecter. Et il adhérait à tout cela.

Le prochain a parler travaillait à St Mangouste, et encore quelqu'un avec une grande utilité. Cela en devenait gênant surtout qu'il avait une auror avec lui. Soudain un coup de coude d'un camarade sembla le pousser à prendre la parole. Haussant légèrement les épaules de dépit, il se résilia.


« Je m'appelle Chad Fox. J'ai été poursuiveur chez les requins de Bristol. Mon père est médicomage, vous le connaissez peut-être sir Warlock et mon oncle travaille au ministère. »

Bien...il avait l'impression de dire des choses inutiles mais au moins ça permettrait peut-être à certains de le situer...qui sait...

« J'ai 21 ans tout comme mes camarades ici présents mais nous sommes déterminés à lutter contre la dictature qui règne désormais dans notre pays. Je ne veux pas d'un monde ainsi pour mon jeune frère ni pour personne d'autre d'ailleurs. Je suis près à me battre et à mourir s'il le faut. Je n'ai peut-être pas autant de talent que vous tous mais je ferai tout ce que je peux pour défendre notre cause. »
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Drago Malefoy, 29 ans, gérant d'une entreprise de potions
Il se tenait prêt de la porte, le visage à moitié dissimulé par une écharpe et les cheveux foncés par un sortilège de camouflage. Il se cachait plus par souci de tranquilité que par crainte. Après tout, si les réunions étaient interdites à Bristol, les gens avaient encore le droit de fréquenter les cafés. Mais il n'était pas dupe: il se trouvait au milieu de gens qui ne portaient probablement pas Drago Malefoy dans leur coeur. Pour tout dire, la réciproque était vraie. Seamus Finnigan n'était pas exactement son meilleur ami, et la jeune femme qui présentait la réunion lui avait tout l'air d'être encore l'une de ces Gryffondor au grand coeur, à l'esprit revanchard et chevaleresque - une sorte de Potter deuxième génération. "Tous aux abris!" aurait-il hurlé suite à cette réflexion, quelques années auparavant. Mais plus maintenant.

Drago ne l'aurait jamais admis, même sous la torture, mais avec les années, il avait fini par admettre que le monde avait parfois besoin de telles personnes. D'ailleurs, sa présence ici ce soir n'était-elle pas la preuve de sa pensée? C'était à se demander pourquoi le trio de balafré et de belettes n'était pas aux premières loges, pourquoi ce n'était pas eux qui menaient cette réunion, cette sorte d'Armée de Dumbledore revisitée par des adultes. Après tout, ils avaient du percevoir les signes, non? Lui les avait bien vus.

Etat d'urgence, mesures politiques révolutionnaires prises à contre courant, mise au ban d'une partie de la population (les Sang-Purs, c'était si surprenant !), journaux uniformisés, construction d'une ville au nom de Marchebank, sous-directeur de Poudlard à la botte du Ministre, guerre des ondes plus tôt dans le mois... Marchebank ne faisait pas encore de tueries de masse et se voulait plus subtil que Voldemort, mais tous deux recherchaient la même chose: le pouvoir. Et la seule recherche du pouvoir ne menait jamais à de bonnes choses. On le voyait déjà: les camps commençaient à se former, la tension allait monter jusqu'à ce que tout dégénère. Encore.

Drago n'avait jamais été d'un naturel engagé, et encore moins depuis la fin de la seconde guerre et de ses horreurs. Il aurait été ravi de rester dans son entreprise de potions, qui avait connue un essort incroyable grâce à la chute de Chaudrillon et de Nimbus deux ans auparavant. Puis le cauchemar avait recommencé. Marchebank, ce traître, avait taxé les Sang-Purs pour se faire bien voir, et l'activité avait ralenti. Pourtant, les Malefoy n'étaient plus riches depuis bien longtemps. Si Potter leur avait épargné la prison, ils n'avaient pas échappés aux confiscations pour "dédommager les familles de victimes". Malgré la production de potions, la famille aurait du échapper à la rafle financière menée par le Ministère. Mais voilà, le nom de Malefoy sonnait encore trop Sang-Pur aux yeux de certains, et on les avait inclus dans le lot, peu importe qu'ils soient désormais d'honnêtes citoyens. Voilà qui n'incitait pas à la neutralité, même de la part d'une personnalité aussi réservée que Drago. Comme beaucoup d'autres de sa génération, il avait le sentiment d'avoir joué son rôle, d'avoir assez donné. Il avait connu la terreur, puis le soulagement, avant l'humiliation et les procès. Il s'était reconstruit une vie, et maintenant, alors qu'il n'avait rien fait de mal, on voulait l'en spolier à nouveau!

Mais ce n'était même pas pour cela qu'il se trouvait là ce soir. Non, ce qu'il craignait plus que tout, ce qui l'avait attiré au Triton, c'était la peur de se retrouver, une fois encore, dans le mauvais camp, le camp des perdants. Il ne voulait pas - il ne pouvait pas - revivre une fois encore l'humiliation, le bannissement social, les procès. Il n'y avait rien de pire pour un Malefoy que d'être méprisé, mis à terre de la sorte. Il en avait conçu une grande amertume envers ces héros, et pire, ceux qui se targuaient d'être des gens "bien" qui auraient préféré mourir plutôt que de céder à Voldemort. Eux ne savaient pas ce que c'était d'être face au Seigneur des Ténèbres. Lui savait, et qu'on le traîte de lâche le mettait en furie. A part Potter et sa bande, tous auraient agis comme lui.

Après la Seconde Guerre, pour la première fois de sa vie, Drago avait alors trouvé le courage de se battre pour quelque chose. Pour son orgueil, pour ses parents: son père, détruit par la peur et l'humiliation. Sa mère, usée par les années et la terreur. Pour son nom, pour son futur, pour Astoria qu'il avait commencé à fréquenter quelques mois après. Et, désormais, pour son fils, le petit Scorpius. Cet enfant rieur et plein de vie, qui lui avait fait comprendre, bien des années plus tard, pourquoi Lucius s'était engagé dans les Mangemorts, pourquoi il avait été prêt à tuer pour une cause. Parce qu'il avait une raison de se battre: sa famille.

Mais Drago n'avait pas le panache de son père. Il ne serait probablement jamais capable de tuer, comme il n'avait pas été capable d'envoyer Potter à la mort lorsqu'il avait débarqué dans son manoir, bien des années auparavant. Il n'était ni un fou, ni un héros, mais aujourd'hui il avait compris une chose: les parents protègent leurs enfants, veulent à tout prix un avenir meilleur pour eux. Aujourd'hui, il devait donc faire un choix.

Il avait bien songé à user de ses relations pour essayer d'obtenir un traitement de faveur, mais la logique lui soufflait que Marchebank ne durerait pas. Pas avec des gens comme ceux de cette Salamandre qui s'organisaient déjà comme en 1996, pas avec des gens aussi limités que ce nouveau "Kraken" qui prévoyaient déjà de lutter. Et, lorsque le Ministre ne serait plus là, que retiendrait-on alors, sinon la vindicte contre ceux qui s'étaient acquoquinés avec lui? Non, Marchebank n'était pas une option.

Il était donc venu ici, se demandant ce qu'on allait y dire. Mais il ne s'y retrouvait pas non plus. Il y avait sûrement de meilleurs moyens de défendre Scorpius que d'aller à la guerre comme ces jeunes fous le prévoyaient. La Salamandre lui semblait avoir une tactique plus pérenne et plus intelligente, mais encore fallait-il y entrer, et elle était si insaisissable qu'il doutait d'y arriver. A contrario, cette pieuvre moins prudente et plus téméraire était à sa portée. Mais il avait assez donné en sortilèges inviolables et il n'était pas un combattant. Il avait besoin de réfléchir... contrairement à tous ces Gryffondors écervelés. Alors, pendant que tous étaient pendus aux lèvres de la nouvelle suicidaire en titre, discrètement et sans un bruit, Drago se faufila par la sortie.
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What Shall We Die For [Kraken]

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