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 Los Pescadores VS Las Brujas Locuras [Pv Roy]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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30 Mars 2009, Bristol, Non loin des Folies Sorcières...

Mildred poussa un soupir exalté en contemplant les merveilleux choux à la crème qui s'entassaient dans la devanture de la pâtisserie. Il n'y avait pas plus bel après-midi pour se rendre "Au Paradis d'Eden". Un chaleureux soleil printanier s'était installé sur la bonne ville de Bristol, et seul le chant mélodique des oiseaux semblaient troubler la quiétude de l'avenue des douze chênes. Bien que souhaitant surveiller sa ligne au sortir de l'hiver, la co-gérante des Folies Sorcières ne pouvait résister à l'appel de ces divines gourmandises. Les petites friandises ne semblaient réclamer qu'une chose : Se faire dévorer! Etait-ce mal que dans commander plusieurs demi-douzaine? Si elle parvenait à se restreindre, elle arriverait à réguler sa consommation quotidienne de crème pâtissière. Mais voilà, Mildred était une addictive aux bonnes choses, et ne pouvait longtemps réfréner sa gloutonnerie. Se pourléchant les lèvres, elle pointa du doigt les condamnés.

"Eden... Je te prendrai quatre douzaines de ses petites merveilles. Non... Disons plutôt cinq... "

Une multitude de petits bonheurs pour chasser un gros malheur! Depuis sa rupture avec son Adonichou, Mildred étouffait sa souffrance sous des couches de chantilly. Elle cherchait à positiver et se recentrer sur ses réussites personnelles plutôt que de se complaire dans ses échecs. Certes les séances chez sa psychomage attitrée, Meredith Kane, lui redonnait espoir et quelque peu confiance en elle. Mais le souvenir encore trop récent d'Adonis hantait toujours ses nuits, qui n'étaient désormais plus qu'un long silence pesant et triste, où elle contemplait tristement son plafond. Si la population de Bristol, ainsi que les employés des Folies Sorcières avaient retrouvé le sommeil, en se réjouissant de ne plus entendre les miaulements d'extase de la romancière; Cette dernière ne savait point comment faire disparaître la cicatrice laissée par sa rupture avec Adonis. Toutes ses conquêtes amoureuses finissaient toujours par la quitter, sans qu'elle sache comment les retenir. Aux yeux des hommes, Mildred n'était rien d'autre qu'une petite pâtisserie que l'on pouvait croquer facilement, avant de s'en écœurer rapidement. Mais pourquoi? Que faisaient les autres femmes qu'elle ne faisait pas?

"Avec ceci? Tu veux autre chose? "

La voix douce et suave d’Eden Rosebury extirpa Mildred de pensées existentielles. Elle secoua la tête, agitant sa chevelure rousse en signe de refus.

"Oh que non, ma Chérie! Point trop de gourmandise, si je veux encore pouvoir entrer dans la sublime robe que je me suis offerte l'autre jour! Je dois me remettre au sport... "

Mildred Magpie voyait pointer dangereusement une légère brioche qui pouvait anéantir sa garde-robe personnelle si elle n'y prenait pas plus attention. Pour une femme de son âge, sa silhouette était encore parfaite, mais il s'agissait véritablement d'un combat de tous les instants. Elle aurait tué pour avoir un corps de rêve comme cette garce de Lavespère, mais l'âge et les choux à la crème onctueux de chez Eden ne l'y aidaient pas véritablement.

"C'est dommage... Je voulais justement te faire goûter une de mes nouvelles recettes trop délicieuse : La Croustilloronde au Chocolat... " Eden Rosebury saisit alors un plateau, croquant délicatement dans un rond de chocolat dont la seule vision fit saliver la romancière à l'eau de rose. "Mmmmmh! Même une pâtissière aguerrie comme moi ne peut que fondre devant un tel délice... "

Les lèvres de Mildred frémirent d'envie alors qu'elle tentait de chasser sa pulsion gloutonne. D'accord, elle était riche, en bonne santé, et pouvait s'offrir toutes sortes de bonnes choses. Mais ne devait-elle pas surveiller son image publique? Que penserait ses fans d'elle, si elle ne pouvait même plus se trainer en séance de dédicace. La seule pensée d'un double menton l'effrayait! Elle voulait dire non, mais au dernier moment se ravisa.

"Au diable les kilos! Je prendrai juste une boîte, pour gouter... "

Tandis qu'elle emballait avec soin tous les assortiments de petites friandises, Eden Rosebury parut quelque peu sombre comme perdue dans ses pensées. Elle hésita longuement avant d'exprimer ce qui lui brulait les lèvres.

"Tu sais, j'aimerai pouvoir exporter plus librement mes pâtisseries, notamment mes Croustillorondes aux chocolats, mais cela s'avère impossible avec le blocus qui repose sur Bristol. Je me suis laissée entendre dire que toi et Roy; Vous aviez trouvé une combine auprès du Ministère pour ouvrir les Folies Sorcières sur le monde extérieur, et j'aimerai savoir si je pouvais en bénéficier... "

Une colère froide s'empara de  Mildred Magpie se retourna d'un bloc tant elle n'aimait pas que l'on se mêle de ses affaires! Corruptible à souhait, et soucieuse d'accroitre sa fortune, elle avait conclu un pacte secret avec Leopold Marchebank, mais rien ni personne ne devait l'ébruiter! Certes, des soupçons de complaisance planaient sur sa tête, mais pour l'heure aucune vérité tangible! Et cela devait rester ainsi!

"Je te pensais plus intelligente pour croire ce genre de fadaise! Le choix d'ouvrir les Folies Sorcières sur le Monde Magique ne repose en rien sur une vulgaire combine personnelle! C'est la volonté même du Ministre que de laisser ce haut-lieu culturel comme point de passage! Maintenant tu vas te contenter de faire de jolis petits gâteaux, plutôt que de m'asséner ce genre de discours... "

Eden voulut s'expliquer, mais un vacarme soudain dans l'allée des Douze Chênes interrompit l'échange entre la férue de pâtisserie et la pâtissière. Curieuse comme une pie, la sorcière rousse se jeta face à la vitrine, afin d'en comprendre l'origine. A l'extérieur, un cortège imposant d'homme et de femmes en haillons, avançaient avec détermination en direction de l'estuaire de la Severe. Un seul slogan brulait chaque lèvre de ce défilé de loques humaines : "Pêcheurs en colère! A bas le blocus! Privilège pour la racaille, Aucun compromis pour la poiscaille!". Le visage blême, Mildred Magpie finit alors par percevoir toute l'horreur de la situation, quand elle comprit dans quelle direction se dirigeait cette meute colérique. Ses Folies Sorcières...

"Par Merlin! Ces satanés gueux veulent ruiner mes affaires! Ils veulent ma mort! "

La petite boite contenant ses douzaines de choux à la crème glissa de mains tremblantes pour venir s'écraser au sol...

*****

Quand il s'agissait de préserver sa principale source de revenu, la Cougar se muait en Guépard! Rapidement elle contourna l'angle de la rue qui conduisait au littoral pour rejoindre son bien le plus précieux. Comme elle pouvait le craindre la foule furieuse s'était attroupée devant l'établissement des Folies Sorcières, pour hurler son mépris et sa colère. Concentré sur le parvis du Casino/Cabaret, chacun des manifestants qui composaient cette masse frénétique de pêcheurs, venait vider le contenu d'un seau contenant des immondices, ou plutôt des poissons pourris. Mildred ne pouvait que constater le désastre, et le monticule nauséabond qui s'accumulait sur les blanches marches de son établissement de loisir. Elle devait intervenir, mais la question était de savoir comment...

Traverser une foule en colère, quand on était la cible même des quolibets, pouvait s'avérer un exercice périlleux. Mildred Magpie se tenait quelque peu à l'écart, cherchant à comprendre les motivations de ces pêcheurs abjectes qui venaient déverser leurs immondices sur le devant de SON Casino. La Milice devait intervenir, Roy, n'importe qui! Mais on ne pouvait laisser commettre pareille exaction! Mildred attendit que l'attention de la foule se focalise sur un géant barbu, juché sur les marches d'escalier, pour passer à l'action. S'enroulant sa chevelure de feu dans une étoffe aux motifs tachetés, elle tenta de se frayer un passage l'amas de pêcheurs afin rejoindre l'entrée de son casino. Roy, et son service de sécurité devait en protéger l'accès, mais il ne fallait pas se leurrer, même son troll Frapedur ne ferait que pale illusion face à la multitude de poing rageur qui se tendaient dans les airs pour acclamer leur leader. Celui-ci, ne tarda pas à vociférer les motivations de sa colère.

"Frères, peuple de pêcheur du port de Bristol! Vous qui crevez de faim, sans que personne ne vous tende la main! Combien de poisson allons-nous rejeter à la mer, avant que ce maudit blocus soit enfin levé? Combien de nourrissons chétifs faudra-t-il perdre faute de pouvoir les nourrir convenablement? Combien de voix faudra-t-il pur nous faire entendre?  La vérité, c'est que le Ministère se fiche bien de savoir que de pauvres petits pêcheurs sombrent dans la misère! Pendant que certains jouissent de privilèges, d'autres crèvent sans florilège! Une seule question s'impose, mes frères... Pourquoi eux et pas nous? "

"Pourquoi! " hurla alors la foule. Mildred tachait quant à elle de se faufiler entre les épaules massives des manifestants, frémissant à l'idée de se faire découvrir. Certains empestaient la poiscaille, tandis que d'autres infectait l'espace d'odeur d'aisselles mal lavées. Mildred posa une main délicate sur son nez, pour limiter les senteurs et les hauts de cœur qui la saisissait. Au mépris des risques, le tribun continua son discours :

"Frères pêcheurs! Vous connaissez tous le cabaret magique qui se trouve derrière moi! Certains d'entre vous l'ont peut-être même déjà côtoyé! Je me fiche bien de le savoir, car j'aimerai plutôt éveiller votre attention sur un détail! Comment se fait-il qu'un tel établissement puisse avoir des passe-droits, qui l'exclut des contraintes du blocus, alors que nos boulus pourrissent dans nos réserves? Trouvez-vous cela normal? Moi, non! C'est pourquoi, nous allons exercer nous même le blocus, en empêchant toute personne d'entrer ou de sortir de ce lieu de débauche! Les mêmes privilèges, les mêmes droits! Nous réclamons : Justice! "

La foule héla de nouveau "Justice! " d'une seule voix! Mildred n'était plus qu'à quelque mètre de l'entrée de son Casino. Elle pourrait bientôt protéger ses intérêts, récupérer sa baguette, et appeler en urgence le Ministère pour qu'il intervienne pour éradiquer cette vermine nauséabonde. Le pêcheur barbu invectiva de nouveau ses confrères du Port de Bristol, cherchant les mots justes pour attiser encore plus leur colère.

"Frères Pêcheurs! Savez-vous que pendant que vos familles sucent des arrêtes pour survivre, la morue qui gère cet endroit se pavane en ville avec un collier d'émeraudes au cou! "  

Mildred se raidit brusquement, et sans l'ombre d'une hésitation arracha son voile protecteur. Après tout ce qu'elle avait pour les petits culs-terreux d'orphelins du Port de Bristol, voilà comment on la remerciait! C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase!

"Comment osez-vous me traiter de morue, espèce de gros goujat!? Vous allez dégager de ma rue, sinon j'appelle la Milice! "

Un silence incroyable s'abattit sur le parvis des Folies Sorcières quand tous les regards se braquèrent subitement sur la co-gérante démasquée! Les lèvres de Mildred se pincèrent quand elle comprit son erreur. Dans l'instant qui suivit, une clameur incroyable retentit, la foule hurlant des "A mort la Morue! ". N'écoutant que son instinct de survie, Mildred Magpie s'élança alors en direction de l'entrée des Folies Sorcières qui venait subitement de s'entrouvrir légèrement. La romancière glissa sur le parterre de poissons pourris qui jonchaient les marches, s'étalant un instant de tous son long, mais trouvant la force de se relever elle s'engouffrant dans la brèche entrouverte. Le Troll Frapedur ferma alors aussi sec derrière elle. La romancière en sanglot chercha alors dans le hall quelqu'un sur qui s'appuyer et évacuer la tension qui l'habitait. C'est alors qu'elle aperçut Roy. En pareil instant, toutes ses petites rancœurs personnelles qu'elle nourrissait à l'égard de son associé disparurent d'un seul coup, comme envolées. La sorcière encore sous le choc se jeta dans ses bras, pleurant à chaudes larmes. Mais plus qu'un désir de protection, c'était un désir de laver l'affront qui l'habitait.

"Je t'en prie Roy... Tu as juré de me protéger! Tu dois exterminer cette vermine! Ils m'ont traitée de morue, c'est trop affreux! Je veux tous les voir disparaître dans les eaux troubles du Port! Ils veulent bloquer nos affaires! Nos Galions! Notre pacte! On ne peut pas les laisser commettre une telle ignominie... "

Se mouchant quelque peu sur l'épaule de son associé, la co-gérante releva un regard éploré en direction de Roy, afin de connaître ses intentions...


Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Dans le bureau qui servait de quartier général aux Veilleurs, Roy était concentré à la tâche d’examiner le livret des comptes tenu à jour par ses seconds de façon plus ou moins assidue. Fergus réalisait toujours proprement et régulièrement cette tâche, il n’y avait rien à y redire. Toni, après quelques reprises à l’ordre, avait fini par se plier à l’exercice, en manquant parfois de précision, chose sur laquelle Jayce était le plus tatillon. Quant à Solal… Eh bien, Solal se permettait le luxe ces derniers temps de renseigner ses décomptes à son bon vouloir.

Roy reposa le tas de parchemins, sourcils froncés. Il se doutait plus ou moins de la source du problème. Solal avait mal digéré la façon dont il lui avait retiré l’affaire June Byrd, après cette entrevue avec elle et le ministre là-haut, qui l’avait forcé à revoir sa stratégie. Solal était partisan depuis le début d’une attaque frontale, et Roy avait été forcé de réfréner ses ardeurs quand Leopold lui avait fait comprendre qu’il n’avait pas intérêt à poursuivre sur la voie d’un conflit. Roy s’était montré radical sur cette décision, en ordonnant à Solal de retirer tous ses hommes, car il n’avait plus à s’occuper de cette affaire qu’il repassait à Sofya et Evan, chose que visiblement, Solal n’avait pas apprécié… Dans tous les cas, Roy allait devoir toucher deux mots à son second sur la façon dont les affaires devaient tourner, et notamment, sur le fait que le dernier mot n’appartenait qu’à lui, ou à Jayce. Tout jeune parrain de la mafia qu’il était, Roy n’était pas toujours aussi assuré qu’il ne le faisait croire. Typiquement, c’était le genre de situation qui le faisait revenir à ses remises en question sur la façon dont il dirigeait le gang. Devait-il se montrer plus ferme ? Avait-il trop laissé ses seconds prendre part aux décisions du gang, à un point qu’ils s’imaginent qu’ils pouvaient contester ou bouder ses ordres ? Il s’était juré de ne jamais devenir un tyran comme Bill Griggs, qui traitait ses hommes comme des serpillères du haut de son trône de monarque incontesté, ce qui lui avait coûté sa tête d’ailleurs, car il y avait eu un homme comme Roy pour en avoir assez et le renverser de sa place. Fort de cette expérience, il avait tenté de mener une politique plus perméable avec ses Veilleurs, et jusque là, il avait toujours pensé qu’il avait trouvé un bon équilibre, mais peut-être y avait-il encore quelques ajustements à faire…

La porte s’ouvrit sur Franck Darrow, l’un des Veilleurs qui faisaient partie du groupe d’hommes employés principalement dans les Folies Sorcières, dans son cas particulier, à contrôler les entrées du cabaret. Roy redressa la tête, au même moment que Franck choisit pour prendre la parole et annoncer sans tarder les raisons de sa visite :

« Boss, y a de l’agitation devant le parvis.
- De l’agitation ? Des manifestants ?
- En quelque sorte…
- Et donc ? Tu viens me dire que vous n’êtes pas capables de gérer ça tout seuls ?
- Euh, il vaudrait mieux que vous veniez voir. Ils sont… vraiment très nombreux » insista l’homme.

L’homme resta immobile et mal à l’aise sous le regard sondeur de Roy qui ne cachait pas sa contrariété. Mince, il avait une dizaine d’hommes employés à assurer la sécurité de ce cabaret, des hommes qui n’étaient même pas sensés s’en référer directement à lui, ce n’était pas pour se faire déranger dès qu’il y avait un problème. En parlant de ses seconds, c’était Fergus qui s’occupait de gérer le volet sécurité intérieure, que faisait-il donc ? Roy finit par se lever de son siège avec toute la mauvaise volonté dont il pouvait faire preuve, lançant à l’adresse de Franck :

« Où est Fergus ? Trouve-le moi. »

Roy sortit du Q.G, traversa le casino désert, pour déboucher sur le hall où il ne tarda pas à apercevoir la silhouette de son associée, qui faisait refermer la porte sur une clameur visiblement assez désordonnée à l’extérieur. Machinalement, il se dirigea vers elle dans l’idée de lui demander ce qui se passait. Il freina le pas en se rendant compte qu’elle pleurait à chaudes larmes. Allons bon, quel était le drame ? Stupéfait, Roy accusa le coup de Mildred se jetant dans ses bras, pour pleurnicher à son épaule et lui servir une complainte digne d’une tragédie gréco-romaine. Il avait juré de la protéger, tiens donc. Roy renonça à fouiller dans sa mémoire pour savoir à quel moment il lui avait prêté ce serment chevaleresque -il s’était engagé à protéger le cabaret plus que la personne précieuse de son associée qui avait Frapedur, lui semblait-il, mais bon, il n’allait pas faire le pingre, si quelque chose arrivait à Mildred, cela aurait en effet des conséquences fâcheuses pour lui, donc disons qu’il devait garantir sa sécurité aussi. Il passa sur l’objet de son indignation -oh, ils l’avaient traitée de morue, pauvre chérie-, en fait, il s’efforça d’écarter toute pensée peu flatteuse envers son associée, conscient qu’il était trois fois plus irritable à son sujet qu’avant, car leurs relations s’étaient bien refroidies ces derniers mois, pour plusieurs raisons. Cependant, même Roy n’était pas prêt à accabler Mildred alors qu’elle était en pleurs, il se contenta donc de lui tapoter le dos pour faire cesser ce chagrin.

« Allons, Mildred, ressaisis-toi. Ce n’est pas digne de toi, de te laisser abattre de cette façon. »

A choisir entre la femme éplorée, et la redoutable femme d’affaires peu scrupuleuse, il préférait encore la deuxième… Roy se détacha de l’emprise de la romancière, peu désireux de la laisser plus longtemps se moucher contre lui, et surtout, pressé d’aller voir quel carnage l’avait secouée à l’extérieur. Il entrouvrit prudemment la lourde porte du hall, pour jeter un oeil à l’assemblée qui s’agitait à l’extérieur, et les cris confus à l’intérieur devinrent de véritables rugissements. « Dépravés ! Voyous ! » jurait l’un. « On crève pendant que vous nagez dans le luxe, vous n’avez pas honte ? » crachait un autre. Roy referma la porte à la seconde où il vit un cadavre de poisson propulsé avec force dans les airs voler vers lui. Bon. Voilà qui était fâcheux. Sans toutefois perdre son calme, Roy se tourna vers Mildred pour l'avertir :

« N’essaye pas de sortir, à aucun moment, ils ne feront qu’une bouchée de toi. Frapedur ? Il tapota la cuisse du troll géant qui grogna à son nom. On va avoir besoin de ta force brute. »

Roy ne comptait pas le moins du monde appeler la Milice, pas pour l’instant du moins, mais bien régler ce problème à sa façon. Il ne serait pas dit que les Folies Sorcières ne savait pas se défendre toutes seules, il ne laisserait personne, sûrement pas une bande de bras cassés, détruire la réputation de son établissement, se promit le trafiquant au regard sombre. Des pas précipités dans le hall interrompirent les deux associés. Roy vit enfin arriver Franck, flanqué de cinq autres hommes armés de leurs baguettes. Fergus Avner, à leur tête, salua d’un bref signe Mildred, avant de se tourner vers le chef de gang et s’empresser de demander :

« Roy, qu’est-ce qui se passe dehors ?
-Des pêcheurs en colère qui se sont mis en tête de bloquer les entrées, résuma t-il. Prends tous les hommes qu’il te faut pour me virer ces raclures de mon parvis. Laisse Frapedur vous couvrir, avec un peu de chance, ça les intimidera. Mais si tu vois que ça dégénère, tu places tes charmes de protection pour les empêcher d’aller trop loin, et tu reviens, compris ? »

Fergus hocha la tête, avant de faire signe à ses hommes de les suivre. La grande porte du hall resta suffisamment entrouverte pour que les deux gérants du cabaret puissent suivre la scène en s’approchant, sans prendre trop de risques. Roy resta collé à la poignée, prêt à la refermer si nécessaire, observant en silence le déroulement des opérations. Fergus s’était avancé, baguette en main, pour haranguer l’attroupement avec hargne :

« Vous n’avez rien à faire ici, bande de culs terreux, vous avez deux minutes pour débarrasser le plancher avant qu’on vous y force ! »

Un poisson fut jeté à ses pieds, et un homme costaud rugit dans la foule avec force :

« Avner, je t’ai porté quand tu tétais encore le sein de ta pauvre mère, tu crois qu’on sait pas qui t’es ? T’es pas moins cul-terreux que nous, te fous pas de nous !
-Sale traître ! Corrompu ! »

Roy ne voyait Fergus que de dos, mais il n’avait pas besoin de voir son expression pour s’imaginer qu’il devait être en train de bouillir. Il prévoyait déjà la réaction de son ami, plus tard, lorsqu’il aurait à raconter cette scène à d’autres, il le voyait déjà s’insurger « Maintenant on va s’excuser d’être sortis de la misère, non mais, ils sont tarés ! ».

« Hum, le truc à pas lui dire… commenta t-il, plus pour lui-même que pour Mildred. Il se désintéressa un instant de la scène lorsqu’il entendit des bruits de pas à côté de lui, reconnaissant l’un de ses hommes qui patrouillaient. Hé, Marcus ! Verrouillez toutes les portes secondaires du bâtiment, tout de suite. Mettez-y vous à dix s’il le faut, mais je veux que ce soit fait dans les cinq minutes. »

Marcus Lynch se pressa de s’exécuter sous le regard de son chef qui vérifia qu’il était bien parti avertir les autres, avant de fermer sans la verrouiller la porte principale, au cas où Fergus avait besoin de revenir. Ceci fait, Roy se tourna vers Mildred, qu’il chercha à rassurer :

« On est en sécurité ici, ils ne pourront pas rentrer. Si jamais ça devient hors de contrôle dehors, on appellera la Milice, et ça sera réglé. Car il ne pouvait décemment pas régler cette insurrection vraiment à sa façon, comme il l’aurait fait dans la Voie. Pas sûr que Leopold approuve un bain de sang à ciel ouvert… Il laissa écouler un petit temps avant de rajouter : Ca devait arriver, de toute façon, ça gronde de partout parce que le ministère tarde à assouplir le blocus. Ne te laisse pas atteindre par leurs menaces, ils sont simplement en colère, et ça se comprend. Ils retourneront tranquillement à leur place quand le blocus et le couvre-feu seront allégés, c’est prévu. »

C’était l’un des sujets principaux de leurs dernières réunions, et Roy, commerçant dans l’âme qu’il était, s’était à chaque fois montré en faveur de cet assouplissement qui devrait apporter un peu d’apaisement dans la ville, il en était convaincu. Son regard glissa sur son associée, devenant subitement dur.

« Allez, sèche tes larmes, il n’y a pas besoin de s’affoler de la sorte, nos Gallions ne sont nullement menacés. A cette vitesse, c’est plutôt ton manque de sang-froid qui va couler nos affaires… »

Ah, cela lui avait échappé. Il avait toujours mal vu cette tendance qu’avait Mildred à en faire des tonnes, à prendre les choses trop personnellement, ces derniers temps plus que les autres, car Roy avait toujours en travers de la gorge ce fatras avec Isobel, dont elle avait essayé de briser la réputation par pure vengeance, pour soigner son orgueil de femme blessée. Il avait laissé les deux femmes régler leurs différends entre elles, il savait qu’Isobel était capable de se défendre seule, mais n’avait pas manqué de faire comprendre à Mildred ce qu’il pensait de ses actions puériles. Indifférent à la source du mal-être de la romancière, peu enclin à faire preuve de compassion, Roy estimait qu’elle se devait de se montrer professionnelle en toutes circonstances, et qu’elle n’avait pas à lui faire payer le néant de sa vie amoureuse, que ce soit par ses sautes d’humeur, ou ses coups bas. Bref, il nourrissait ces derniers temps une quantité assez importante de ressentiment envers son associée, et c’était peut-être bien le moment de lui en faire part…



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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Mildred éprouva un certain réconfort à l'idée de s'en remettre à son associé, et de sentir celui-ci venir lui tapoter amicalement le dos. Instant de grâce dans la tourmente qui s'abattait sur le Cabaret/Casino des Folies Sorcières. Et dire qu'elle avait osé pensé que celui-ci complotait contre elle, afin de s'octroyer son bien le plus précieux. Une pensée paranoïaque endiguée par la manière dont il se comportait pour éradiquer la menace de ces parasites portuaires. Ses veilleurs protégeaient désormais les entrées, colmatant toutes brèches par lesquelles ces maudits pêcheurs pourraient s'infiltrer. Dans l'action, Roy se débrouillait comme un chef! Rassurée par cette démonstration de force, Mildred éprouva joie et réconfort à l'idée de le savoir de son coté. La co-gérante en oublia même l'incident du Tremplin et cette manie qu'il avait de vouloir gérer les affaires des Folies Sorcières sans même la consulter...

Mais aujourd'hui, tout tendait à prouver qu'il avait visé juste en dépensant des sommes faramineuses en matière de sécurité. Depuis que le Cabaret était devenu le point de passage stratégique reliant Bristol au reste de Monde Magique, il était également devenu l'objet de toutes les rancœurs et jalousies émanant des bas-fonds de Bristol. Le Monde était ainsi : Plutôt que d'obtenir meilleure fortune par leurs propres moyens, les pauvres choisissaient toujours la voie de la paresse. Pour un cafard, il est toujours plus facile de venir piquer les restes sur une table foisonnante, que de tisser sa toile. Mildred s'était battue pour être reçue par Leopold Marchebank, et le convaincre de la nécessité de lever le blocus sur les Folies Sorcières. Pourquoi ces pêcheurs n'en faisaient pas de même? Que pensaient-ils obtenir en venant brailler leur mécontentement et traiter de morue arriviste une honnête citoyenne? Rien, absolument rien! Ce mouvement n'était qu'un conglomérat de gens insignifiant, lâches et aigris!

Quand Roy Calder intima enfin l'ordre de verrouiller les portes du Cabaret, Mildred poussa un soupir de soulagement à l'idée de savoir que désormais une séparation se dressait entre elle et ceux qui continuaient de vociférer des insanités. Mildred saisit son tocard en soie de Chine, pour éponger ses larmes de crocodiles, quand son associé vint de nouveau la rassurer.

"Merci, Roy... " murmura-t-elle simplement.

La reine du scandale l'écouta un temps, sagement comme une petite fille à qui l'on donnait leçon, même si pour elle, l'intervention de la Milice se justifiait pleinement : Blessée dans son amour propre et inquiète pour ses affaires, elle craignait que les choses ne fassent qu'empirer. Plus Roy déblatérait, et plus Mildred s'insurgeait, retrouvant ainsi cette arrogance capricieuse qui la caractérisait si bien. En effet, il lui sembla que son associé ne prenait pas la pleine mesure de la situation, et du danger qu'elle représentait pour leur affaires. La sorcière rousse tiqua une première fois quand Roy avoua comprendre la détresse et la colère de cette foule portuaire. Comment pouvait-il éprouver de l'empathie pour ce ramassis de poissons pourris? Pour Mildred, ils pouvaient crever la bouche ouverte, que cela lui était égale. D'ailleurs les voir disparaître serait sans doute préférable tant ils pouvaient contaminer et faire se dresser la population de Bristol contre les Folies Sorcières. Mildred était bien placée pour savoir qu'une simple rumeur pouvait balayée le plus puissant des empires! Comme toujours, Roy Calder vivait au jour le jour, sans prendre conscience des impacts que pouvait avoir un tel drame sur leur futur. Le cou de Mildred s'allongea comme celui d'une girafe, quand son associé osa lui reprocher son manque de sang-froid dans la gestion de leur affaire. Toute les bonnes intentions de réconciliation de Mildred s'effondrèrent d'un bloc, tandis que Roy s'imposait en donneur de leçon. Son visage se durcit, alors qu'une colère trop longtemps contenue finit enfin par s'exprimer.

"Moi? Couler nos affaires!? Tu plaisantes j'espère? "

Non, il ne semblait pas plaisanter. Mildred baissa un regard sévère sur son "petit" associé. Enfin, le masque de l'hypocrisie venait de tomber, et Roy révélait son vrai visage. Comme quoi ses soupçons n'avaient rien de paranoïaques et se fondaient bien sur des vérités informulées.

"Je tiens à te rappeler que pendant que je négociais la levée du blocus sur nos affaires auprès du ministre, toi tu t'amusais à détruire le commerce d'une sombre inconnue en plein cœur de Bristol. Ne me demande pas comment je suis renseignée, c'est mon travail que de savoir ce genre de chose! Et après ça, tu oses me faire des leçons de morale, en me reprochant mon manque de sang-froid? De qui te moques-tu? Peut-être ai-je manqué de discernement en confiant la moitié de mes affaires à un égoïste aussi condescendant que toi, mais cela ne fait pas de moi la principale menace! Le danger c'est que tu te détournes de moi! "

Mildred piqua de son ongle pointue, l'épaule de son partenaire en affaire, comme pour lui rappeler une réalité évidente : Celles qu'ils étaient sur le même bateau, et qu'ils devaient ramer ensemble et en rythme pour mieux avancer.

" Nous sommes dans le même camp, et pourtant tu t'évertues à toujours me contredire. Ce maudit Tremplin... et maintenant tu oses avouer comprendre la grogne de ces maudits pêcheurs! Comment peux-tu faire preuve d'autant de clémence à leur égard, alors qu'ils ne cherchent qu'à nous détruire? C'est le propre de la vermine que de proliférer! Tu te complais dans ta naïveté mais il va falloir te réveiller un jour, Roy! " Mildred fit claquer ses doigts à quelques centimètres du visage de son associé. "Tu ne fais plus partie de ces gens! Tu es désormais du coté des riches et des puissants! Nous avons bâtit notre fortune ensemble, alors nous devons demeurer ensemble, et ce même dans l'adversité! J'ai besoin de te sentir avec moi, comme avant! Je ne veux pas tous perdre, Roy, cela me tuerait..."

Pas un seconde, Mildred Magpie ne pouvait imaginer devoir perdre ce confort et cette vie de luxe, obtenue après tant d'efforts. Elle avait besoin de sentir son associé partager cette crainte et la rassurer sur ses intentions. Elle espérait sincèrement que Roy Calder ne cherchait pas à la doubler pour installer un jour, l'une de ses trop nombreuses conquête féminines, plus jeune et plus jolie qu'elle...


Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Roy tiqua au ton colérique de son associée, qui semblait déchaîner une amertume contenue depuis un certain temps. C’était le cas pour le trafiquant aussi, mais il se tenait encore derrière un masque dur de froideur. Roy n’avait que trop repoussé le moment de prendre Mildred à part pour lui dire ses quatre vérités et obtenir des réponses sur certains points à éclaircir. La situation lui paraissait désormais bien différente des débuts de leur collaboration, quand il croyait avoir trouvé une femme d’affaires avec qui il se trouvait parfaitement sur la même longueur d’onde. Que nenni, le temps avait révélé à Roy le caractère capricieux, égocentrique et parfois dangereux de son acolyte. Evidemment, il était plus facile de critiquer au lieu de balayer devant sa porte, les reproches que Mildred avait à lui faire étaient au fond identiques aux siens, mais Roy n’était pas prêt de les entendre. Son expression digne et froide se fissura quelque peu à la première attaque de la romancière, qui venait de toucher juste d’une façon dont elle se justifia, ce qui ne fit qu’augmenter l’agacement de Roy. « Son travail que de savoir ce genre de choses » ? Son travail de fouiner partout, oui, et même dans les affaires de son associé. Pourquoi se gênerait t-elle donc ?

« Ca n’a rien à voir » rétorqua t-il en la foudroyant du regard pour la dissuader de remettre le sujet sur le tapis.

Aux yeux de Roy, et malgré les remontrances qu’il avait pu subir, cette bavure avec June restait parfaitement justifiée. Il voulait bien reconnaître que la solution qu’il avait choisie n’était pas la plus intelligente, la plus raisonnable, mais Merlin, c’était une affaire qui n’aurait jamais pu trouver d’autre voie que sa colère, même s'il devait recommencer, il n'agirait pas différemment. Sans compter que cette action avait eu le mérite de chasser définitivement la mercenaire de la ville, plus elle était loin de lui, mieux c’était pour tout le monde.

Le reproche suivant fit hausser les sourcils de Roy, de scepticisme. Qu’il se détourne d’elle ? Mildred avait cette fâcheuse tendance à parler de lui comme de son petit fils chéri qui ne devait pas quitter le nid qu’elle couvait, ce qui l’agaçait profondément. A l’entendre, elle tenait entre ses ongles manucurés la clé de son succès, et sans elle, Roy serait tout simplement perdu. Oh, il ne niait pas le rôle qu’elle avait joué dans son ascension, mais il n’avait plus quinze ans, il était indépendant, parfaitement capable d’accomplir ses propres réussites, et de juger ce qui était bon pour ses affaires ou non. Piqué par la condescendance de la romancière, Roy faillit bien s’emporter, mais se contenta de claquer d’un ton empli d’ironie :

« C’est ça, traite-moi de miséreux que tu as eu la bonté de bien vouloir sortir de son trou, je ne dirai rien. Je n’ai jamais fait partie de ces gens. Je sais juste faire la différence entre une véritable menace et un simple groupe de perturbateurs qui rentreront tranquillement chez eux une fois qu’on leur aura donné un peu de ce qu’ils réclament. Mais comme toujours, tu es incapable de faire preuve de nuance, il faut que tu réagisses dans les excès. Comme au Tremplin, hein ? »

Mais Mildred enchaînait sans l’entendre sur le fait qu’ils devaient rester soudés, comme si un instant, Roy avait songé à démolir l’entreprise qu’ils avaient construite ensemble. Elle termina par une phrase qui retint le trafiquant de répondre tout de suite, le laissant perplexe sur ce qu’elle avait voulu dire. Son ton laissait transparaître une détresse qui coupait quelque peu Roy dans son élan fielleux. Faisait t-elle référence seulement à ses Gallions ou avait t-elle en tête d’autres pertes, plus humaines ? Comme sa relation avortée avec Adonis, dont Roy avait eu quelques échos du concerné ? Ou plus récemment, le mystère Dalhiatus ? Il ne pouvait pas ignorer que le beau-frère de Mildred était porté disparu depuis quelques jours, bien que Roy ne l’ait jamais apprécié, l’absence de Jacob Dalhiatus dans leur cercle de puissants se faisait de plus en plus pesante. Roy pouvait se montrer dur, égoïste, mesquin mais pas au point d’accabler une femme tourmentée par la disparition d’un proche. S’il y avait un lien dont Roy ne bafouerait jamais l’importance, c’était bien celui de la famille, alors il ressentit même une forme de compassion pour son associée, ce qui le fit soupirer, le temps de trouver un ton plus calme.

« Je ne suis pas ton ennemi, Mildred. Nous sommes dans le même camp, assura t-il, le regard vrillé dans celui de la sorcière, quand bien même je te contredis. Je t’ai toujours dit les choses franchement, si tu attends de moi que je dise amen à tout ce que tu fais, alors effectivement, on va avoir un problème. Ce n’est pas ce qui était convenu, on est associés à parts égales, ça veut dire que j’ai mon mot à dire autant que toi et j’ai l’impression que tu l’oublies ces derniers temps. Puisqu’on en est à régler nos comptes, je n’aime pas cette façon que tu as de m’infantiliser et de placer une hiérarchie entre nous. Ca, ça ne va pas fonctionner. Sur la défensive, Roy croisa les bras et jaugea quelques secondes Mildred du regard avant de reprendre : Mais rassure-toi, je n’ai pas perdu de vue mes intérêts pour autant. Parfois, je me dis que tu deviens paranoïaque, Mildred, je me trompe ? »

Tout concourrait à le lui faire croire, en tout cas, il sentait que son associée ne lui accordait plus la même confiance qu’avant, et son discours laissait transparaître sa crainte, qu’il se détourne d’elle, comme elle le disait si bien, et Roy croyait comprendre : qu'il la remplace par quelqu'un d'autre.



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Los Pescadores VS Las Brujas Locuras [Pv Roy]

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