AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 One more secret [Peter & Chloé]

MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Jeudi 16 avril 2009

La porte apparu, comme prévu. Chloé était passée trois fois en songeant à un endroit sûr, se demandant si la Salle-Sur-Demande répondrait encore à l'appel. Après tout, elle n'était plus si secrète aujourd'hui. L'incendie qui y avait eu lieu, au Feudeymon, avait manqué de la rendre inaccessible mais en avait également fait un lieu célèbre, que l'on trouvait dans les livres d'histoires. Elle aurait mis sa main à couper que les élèves s'y rendaient régulièrement pour faire... elle préférait ne pas savoir quoi.

On était en milieu d'après-midi, et Peter était encore en cours. Elle en avait profité pour s'éclipser (c'était son après-midi de congé au ministère, elle en prenait un toutes les deux semaines) discrètement. Elle avait couvert ses cheveux pour ne pas être reconnaissable au premeir coup d'oeil et s'était faufilée dans les couloirs déserts, en empruntant des passages peu fréquentés. C'était étrange, de jouer les espions dans l'école. Même si elle personne ne pouvait vraiment lui reprocher d'être dans les couloirs, elle voulait éviter d'être repérée par l'un des sbires d'Adonis Greengrass. Elle avait besoin d'un endroit calme pour entrer à Brocéliande, où une petite réunion était prévue cet après-midi. La Salle avait pris l'aspect d'un salon cosy, avec un canapé sombre et un porte-chandelle. Parfait.

Elle jeta un coup d'oeil à l'heure et constata qu'elle était en avance. C'était l'occasion d'en profiter pour avancer le prochain article du Cognard Enchaîné. Après ce que lui avait rapporté Irving, Chloé avait décidé de ne plus traîner et de faire quelques révélations sur l'île de Skye. La difficulté était de rédiger un papier contenant des informations fiables, mais qui ne la trahiraient pas, ni Marcus Hawthorne, qui travaillait désormais là-bas. Peut-être faudrait-il semer des indices laissant croire que les informations venaient d'un Oubliator fidèle au régime, où était-ce trop dangereux?

Avant qu'elle ne puisse prendre une décision à ce sujet, sa chandelle se mit à luire, et elle abandonna donc sa missive sur la table pour aller s'allonger dans le canapé. Il n'y en aurait certainement pas pour longtemps, dix minutes tout au plus, et elle savait pour l'avoir étudiée que la Salle ne s'ouvrirait que pour une personne de confiance...


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
Une fois n'est pas coutume, Peter avait libéré ses élèves une heure plus tôt. Il les avait gardé une heure de plus la semaine précédente pour les entrainer à l'épreuve des ASPIC, qui était plutôt longue, aussi avait-il décidé d'écourter la séance du jours en échange. Il n'avait pas toujours été si généreux, mais il avait assez peu d'élèves ainsi, il ne voulait pas dégouter les quelques curieux qui s'intéressaient aux runes en leur imposant trop d'heures. On recrutait comme on pouvait...

L'enseignant revenait donc vers ses appartements, choisissant des passages tranquilles pour éviter la cohue caractéristique qui ne manquait jamais de s'installer dans les couloirs entre deux cours. Il n'était visiblement pas le seul à avoir voulu s'épargner une bande d'élèves braillards et agités puisqu'une silhouette se faufilait dans les artères désertes du château, quelques mètres devant lui. Peter n'y aurait pas prêté la moindre attention s'il n'avait pas remarqué que la jeune femme -car c'était une femme à en croire sa silhouette- semblait se déplacer comme si elle n'avait pas envie d'être suivie. Les cheveux couverts, le visage dissimulé aux regards curieux, le pas rapide. Il hésita un instant à la suivre mais se résigna, il ne s'agissait probablement que d'une élève qui séchait les cours.

Toutefois, quelque chose dans la démarche de la jeune femme lui paraissait étrangement familier. Ce ne fut que lorsqu'elle tourna à l'angle du couloir et que Peter aperçut, l'espace d'un instant, le profil de son visage, que l'évidence le frappa. Chloé. C'était Chloé. Si cette découverte répondait à sa question, elle en soulevait bien d'autres. Des questions bien plus intéressantes. Il comprenait aisément que sa compagne ne tienne pas à être accaparée par ses anciens élèves, mais si elle voulait un peu de tranquillité rien ne l'obligeait à quitter le confort de leurs appartements. Où allait-elle ainsi ?

Peter hâta le pas pour rattraper l'ancienne enseignante. Il arriva juste à temps pour voir la porte de la salle sur demande se matérialiser. Il hésita à héler Chloé mais n'en fit rien, trop abasourdi par ses découvertes. Que pouvait-elle bien venir faire ici ? Tout, de son attitude au lieu qu'elle avait choisi, laissait penser qu'elle cachait quelque chose. Il avait toujours été de nature plutôt indépendante et il était complètement pour qu'ils gardent un peu d'autonomie au sein de leur couple, mais tant de secret attisait sa curiosité. Il était pourtant mal placé pour donner des leçons d'honnêteté mais il avait le sentiment que ce qui se trouvait derrière cette porte était peut-être la réponse à des questions qu'il se posait depuis quelques temps.

Parce qu'il n'était pas aveugle. Il avait remarqué, récemment, des changements qui lui auraient probablement échappé s'ils n'avaient pas concerné la femme avec laquelle il partageait sa vie. Chloé était un peu plus distante, il la devinait souvent inquiète, préoccupée, comme si elle avait toujours l'esprit bouillonnant, la tête ailleurs. Ce qu'il avait d'abord mis sur le compte de son nouvel emploi était peut-être lié à cette escapade mystérieuse dans la salle sur demande. Devait-il essayer d'en savoir plus ? Il voulait des réponses, bien sûr, mais hésitait sur la marche à suivre. Il envisagea un instant de rentrer à leurs appartements, décidant qu'il interrogerait Chloé plus tard, mais étrangement il doutait qu'elle ne lui dévoile toute la vérité. Pourquoi se donnerait-elle tant de mal à s'isoler si ce n'était pas pour l'éloigner ? Fort de cette idée, et légèrement inquiet, Peter s'avança vers la salle sur demande et passa trois fois devant le mur encore lisse en pensant très fort à ce qu'il souhaitait trouver à l'intérieure de la pièce secrète : Chloé.

Lorsque la porte qui avait vu passer l'ancienne enseignante un instant plus tôt se matérialisa finalement devant lui, il marqua un nouveau temps d'hésitation. Il ne se voyait pas ouvrir brusquement la porte pour surprendre Chloé et lui reprocher de faire des cachoteries, il n'avait jamais été partisan de l'idée qu'un couple se devait de tout partager. Il se donna donc la peine de frapper mais n'obtint aucune réponse. Né résistant plus à la curiosité, il ouvrit finalement la porte.

Il ne savait pas vraiment à quoi il s'était attendu, à vrai dire il s'était gardé de formulé la moindre hypothèse. Il était plutôt du genre rationnel et cela ne lui ressemblait pas de s'imaginer des scénarios rocambolesques. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait trouvé en poussant cette porte mais fut pourtant presque déçu. La pièce était une sorte de petit salon confortable et Chloé semblait simplement dormir sur un canapé dans un coin de la pièce. Tout ça pour un coin sieste ? Il n'y croyait pas. Pourtant il devait se résoudre à l'évidence : rien ne se passait ici et Chloé semblait simplement avoir désespérément besoin de tranquillité.

Il allait faire demi-tour quand des morceaux de parchemin qui trainaient sur le bureau attirèrent son regard. Il tendit le bras pour en attraper un et ses yeux parcoururent rapidement quelques lignes. On aurait dit un article de journal. Un article qui ne faisait pas vraiment l'éloge du régime Marchebank. C'était le genre de propos qu'il était risqué de tenir, quand bien même certains soient vrais. Pourquoi écrire cela ? Laisser des traces écrites de telles idées était bien trop dangereux par les temps qui courraient. En parcourant rapidement quelques uns ds parchemins, Peter finit par trouver la réponse à ses interrogations, sous forme de trois mots : le cognard déchainé. Un journal de la résistance. Journal auquel Chloé semblait activement collaborer. A moins qu'il n'y ait une autre explication, ce qu'il esperait.

"Chloé ? interrogea-t-il en se tournant vers la jeune femme, toujours endormie. Chloé ?" répéta-t-il assez fort pour la réveiller.

Il n'en dit pas plus, son air méfiant et les parchemins qu'il tenait à la main parlant pour lui.
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Son entretien avec Clarissa avait été expéditif, songea Chloé en retraversant le miroir pour se retrouver dans le vestibule de Brocéliande. Son amie lui avait fournie une information et était repartie aussi vite à un rendez-vous avec un Ministre français. Parfois, Chloé craignait que Clarissa ne devienne trop radicale face à Marchebank: elle avait beaucoup de raisons de lui en vouloir personnellement. Enfin, Chloé était celle qui était sur place, et elle faisait confiance à Scarlett pour repérer les signes de divergence. La directrice du Département des Mystères saisit sa chandelle et souffla dessus, pressée de retrouver le monde physique.

Elle n'avait pas encore ouvert les yeux qu'un "Chloé?" la faisait violemment sursauter. Mue par un réflexe de survie, elle bondit sur ses pieds et fourra sa main dans sa poche, à la recherche de sa baguette. Mais elle se détendit légèrement en constatant que l'intrus n'était "que" Peter. Bien sûr, songea-t-elle intérieurement, la Salle l'avait laissé entrer: il était une personne de confiance... Chloé n'aimait pas interdire toute entrée lorsqu'elle était à Brocéliande, parce qu'elle pouvait très bien avoir un problème physique. Mais par personne de confiance, elle avait plus pensé à Daisy qu'à son compagnon. Elle pouvait expliquer ses cachotteries à son amie, moins à Peter - pas alors qu'elle lui avait reproché ses propres secrets deux ans auparavant. Et que ses secrets à elle ne soient pas honteux ne changeait rien à la donne.

"C'est toi" constata-t-elle en sortant sa main de sa poche.

Il tenait le brouillon du Cognard à la main... Aucun moyen de nier. Elle n'était même pas sûre d'en avoir envie. Elle n'avait pas honte de ce qu'elle faisait. Le secret servait avant tout à protéger sa famille  autant qu'elle même.

"Qu'est-ce que tu fais là?"

Elle savait que se justifier instantanément ne ferait qu'éveiller davantage ses soupçons, et préférait le laisser parler pour savoir ce qu'il pensait et adapter sa réponse en fonction.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
Chloé lui arrachait les mots de la bouche, et Peter considérait qu'il aurait dû être celui qui posait les questions plutôt que celui qui y répondait. Préférant se débarrasser rapidement du sujet de sa présence ici, il ne chercha même pas à inventer une excuse et se contenta de la simple vérité, il n'avait rien à cacher lui.

"Je t'ai vu entrer ici, la salle m'a laissé passer."

Certes, il l'avait suivi, mais jusqu'à preuve du contraire rien ne l'interdisait de vouloir rattraper sa compagne quand il la voyait dans les couloirs, non ? De toute façon, il n'avait pas envie de se justifier, il n'était certainement pas celui des deux qui devait fournir des explications cette fois. A vrai dire il n'en avait même pas besoin, d'explications. Il avait suffisamment d'éléments en main pour comprendre ce qui se passait. La salle sur demande, et un article du Cognard Déchainé rédigé de la main de Chloé -l'écriture ne trompait pas- la situation était claire.

Au fond il n'était même pas surpris. A la seconde même où les premiers souffles de contestation s'étaient élevés contre le régime Marchebank, il avait su que Chloé serait de ceux là. Et il ne pouvait pas l'en blâmer. Il n'avait fait que parcourir l'article des yeux mais savait qu'il partageait certainement une grande partie des opinions qui y étaient exprimées. Mais ce n'était pas vraiment le problème. Évidement Chloé était libre de penser ce qu'elle voulait, et il était probablement d'accord avec elle sur de nombreux points. Mais partager de telles opinions dans un journal par les temps qui courraient était plus que risqué. Et il savait très bien que Chloé était parfaitement au courant des risques qu'elle prenait, elle n'avait simplement pas pris la peine de lui en parler.

"C'est un nouveau changement de carrière ou le journalisme fait partie de tes loisirs ?"

Pas la moindre trace de colère dans sa voix, simplement ce ton neutre et presque froid qui ne trahissait rien de ses émotions. La question n'était pas de savoir si elle avait écrit cet article - la réponse était si évidente- mais plutôt de savoir si elle cachait d'autres activités de résistances du genre. Peter était plus que mal placé pour lui reprocher d'avoir des secrets, mais les secrets qu'il avait pu avoir pour elle par le passé ne mettait en danger que lui. Si la vérité le rattrapait, si on rouvrait un procès, si on l'arrêtait, il serait le seul à être jeté derrière les barreaux. En revanche, en publiant ce type d'opinions contestataires, Chloé faisait courir un risque à toute sa famille, et il savait qu'elle en était consciente. Elle mettait Lou en danger, notamment, et il estimait qu'elle aurait dû lui en parler.
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Devant l'ironie de Peter, Chloé avait presqu'envie de mordre à l'hameçon. Ecrire n'avait rien de désagréable, elle n'aurait pas été chercheuse autrement alors... pourquoi pas journaliste? Mais elle savait que si la situation avait été inversée et que Peter avait pris la tengente de cette façon, elle aurait très mal réagit. Aussi, après avoir rapidement dissimulé son sourire nerveux face à la situation, Chloé décida-t-elle de répondre calmement.

"Ecoute, je ne te le cachais pas par plaisir."

Ce qui était vrai. Les cachotteries n'avaient jamais vraiment été son genre, elle était trop franche et trop curieuse pour ça. Jouer la comédie au Ministère était suffisamment difficile pour qu'elle prolonge volontairement le spectacle chez elle. Mais le gouvernement Marchebank ayant tendance à chercher les réponses directement dans la tête des gens, il était plus simple de limiter le nombre de personnes ayant certaines informations dans leur cerveau.

"C'est juste que c'était... mieux, si tu n'avais pas à jouer la comédie pour te comporter normalement."

Elle ne voulait pas inquiéter Peter plus que nécessaire. Au fond d'elle, Chloé savait très bien que son compagnon ne paniquerait pas. Elle le connaissait et savait qu'il était homme à garder la tête froide et à savoir réagir, quelqu'un sur qui l'on pouvait compter. Pourtant, elle avait le désir complètement irrationnel de garder sa famille en dehors de tout ça. Désir tout aussi illusoire, par ailleurs, puisque Peter, Lou et Maeva vivaient au coeur d'une institution sous haute surveillance du Ministère. C'était un miracle que sa fille aînée ne se soit pas encore fait attraper à dire tout le mal qu'elle pensait des Jeunesses et du sous-directeur.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
Peter faillit bien éclater d'un rire sinistre quand Chloé lui répondit qu'elle ne lui avait caché sa participation à ce journal -et à quoi d'autres ?- uniquement parce qu'il serait plus simple pour lui de ne pas avoir à jouer la comédie. Il était aussi à l'aise avec le mensonge et les secrets qu'un niffleur au milieu d'une mine d'or, et elle le savait très bien. C'était quelque chose dont il n'était pas nécessairement fier et il ne tenait pas à rappeler à sa compagne la façon dont il lui avait dissimulé pendant un temps une énorme partie de sa vie, mais il ne put se retenir de souligner l'ironie de la situation.

"Parce que je ne sais pas garder les secrets, évidement..." répondit-il d'un ton grinçant.

Et maintenant quoi ? Il n'avait aucune envie de jouer aux devinettes des heures durant. Il estimait en avoir vu assez pour que Chloé se sente tenue de lui apprendre la vérité. Toute la vérité. Il avait la désagréable impression d'avoir découvert un secret dont il ne comprenait rien. Cette pièce secrète, ces cachoteries, cet article de presse, cela pouvait signifier tant de chose. Chloé était impliquée dans ce journal contestataire, soit, mais quoi d'autre ? De ce qu'il en savait, elle pouvait être collaboratrice occasionnelle comme elle pouvait être à la tête d'un réseau de résistance -hypothèse à laquelle il refusait de songer. Et il ne supportait pas de rester ainsi dans le flou.

"Tu comptes m'expliquer ? demanda-t-il finalement, plus avec lassitude qu'avec colère. Ou je vais devoir poser toutes les question ? Parce que qu'est-ce que ça veut dire ça ? Il agita le morceau de parchemin qu'il tenait toujours à la main. Pourquoi te donner tant de mal à le cacher alors que, de toute évidence, cela pourrait te mettre en danger, mais aussi me mettre en danger et, plus important, mettre Maëva et Lou en danger ! s'emporta-t-il finalement. Tu comptes m'expliquer pourquoi tu prends de tels risques pour notre famille sans m'en parler ? On pourrait te tracer, on pourrait remonter jusqu'à toi, et..."

Il n'alla pas au bout de ses inquiétudes. Ils avaient tous les deux compris. Ils en avaient connu une autre de guerre, chacun dans un pays, chacun dans un camp, plus ou moins impliqué ou protégé. Ils savaient comment ça se passait. Et c'était peut-être ça qui le rendait à la fois furieux et plein d'incompréhension. Chloé n'était pas une naïve adolescente habitée par des idéaux qui la dépassaient, sans aucune conscience des connaissances. Elle savait très bien ce que ce genre d'agissement pouvait coûter. Elle savait que lui, comme Lou, pourraient être amenés à les payer pour elle. Et elle ne lui avait rien dit.
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
"Je sais! Je sais!"

Elle avait crié, incapable d'entendre de la bouche de Peter ce qu'elle même se répétait en boucle depuis des mois. Car elle savait pertinemment qu'elle aurait du lui en parler, qu'il savait garder des secrets, comme il venait amèrement de le lui rappeler. Elle ne pouvait pas lui avouer qu'elle avait eu peur qu'il ne la force à abandonner, ou pire, qu'elle aimait à garder ce secret, qu'elle se sentait indispensable et légitime à agir de la sorte... Il ne comprendrait pas, et il aurait raison. Après sa réaction à elle lorsqu'elle avait découvert l'histoire du procès finlandais, qui ne mettait pas leurs vies en danger, elle n'avait pas le droit d'invoquer cette argument. Alors, Chloé se réfugia derrière un protocole un peu trop pratique.

"On a... des règles de sécurité, d'accord?"

Elle avait dit ça d'un ton nerveux, en faisant quelques pas de côté pour ne pas avoir à le regarder.

"Les gens ne s'en rendent pas compte, mais Marchebank surveille tout. Il a placé des amis et des sympathisants partout, à commencer par Deborah. Je prends des risques énormes étant donné ma position, et..."

Et quoi, au juste? Elle soupira.

"C'est juste... je sais des choses, Peter. Des choses que le public ne sait pas, parce que tous les journaux sont tenus par le pouvoir. Je ne sais pas comment il se les met dans la poche, ou comment il les fait chanter, mais les faits sont là. Ils ont les mains libres, et ils en profitent."

Ce n'était pas une réponse, plus un détournement de conversation, mais elle ne s'en rendait même pas compte. Chloé confondait tout, persuadée que si Peter voyait le bien fondé de ses actions, il comprendrait son secret... Elle lui dirait le reste, ou presque. Elle lui dirait qu'elle était Vivian, peut-être Hevean, elle ne savait pas encore. Elle lui dirait ce qu'elle prévoyait en cas de découverte, comment trouver Avalon ou rejoindre Clarissa en France. Mais il fallait d'abord qu'il comprenne.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
"On ?" releva Peter avec curiosité, presque étonné.

Il se doutait bien que Chloé ne tenait pas ce journal contestataire toute seule, mais il se serait imaginé une collaboration ponctuelle de quelques personnes, un ensemble hétéroclite allant des anarchistes aux plus modérés qui tenaient simplement à leur liberté d'expression. Mais à entendre Chloé, qui s'incluait complètement dans le groupe, c'était quelque chose qui dépassait la simple coopération. Il devinait qu'elle faisait référence à une véritable organisation.

On en parlait peu, ou à demi-mots, et il était difficile de démêler le vrai du faux, mais l'existence d'un ou de plusieurs groupes de résistance contre le régime n'était pas un secret. Et il n'était pas question d'associations de quartier mais de véritables réseaux, qui étaient déjà sans doute dans le viseur du régime. Mais ce n'était pas grave, parce qu'ils avaient des règles de sécurité. Ils pouvaient  critiquer ouvertement le régime dans un journal en toute tranquillité alors !

Chloé le disait elle-même, Marchebank savait tout. Il surveillait et voyait tout. Ce qui, aux yeux de Peter, était justement une excellente raison de se garder de critiquer sa politique, quand on avait une famille à protéger. Elle prenait des risques énormes et elle en était consciente, mais visiblement sa sécurité et celle de ses enfants ne pesaient pas suffisamment lourd dans la balance pour avoir été prises en considération dans l'équation.

Silencieux, Peter soupira et retint les réponses cyniques qui lui brûlaient les lèvres alors que sa compagne poursuivait ses explications. Elle se cherchait des excuses, lui donnait ses motivations, mais il s'en fichait, de tout ça. Il comprenait pourquoi elle faisait de la résistance. Il ne le cautionnait pas, mais il comprenait, et il n'était pas complètement opposé à l'idée. Ce qu'il ne comprenait pas c'était qu'elle ne lui en ai pas parlé et qu'elle n'ait pas hésité à s'impliquer dans une entreprise aussi dangereuse pour ceux qu'elle aimait.

"Et alors ? répliqua-t-il finalement. Peu importe ce que peut bien faire Marchebank, tu aurais dû m'en parler. Ce n'est pas parce que tu as de bonnes raisons de faire courir des risques à notre famille que tu peux le faire sans me consulter ! s'énerva-t-il. Tu le dis toi-même, tu prends des risques énormes. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? s'impatienta-t-il sans parvenir à masquer la pointe d'inquiétude dans sa voix. Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu risques ? Qui sont ces "autres" et quelles sont vos mesure de sécurité ?"

Ce n'était pas tant l'activité qu'elle exerçait en secret qui le dérangeait -il y réfléchirait plus tard. Mais le fait qu'elle le fasse dans son dos alors qu'elle savait parfaitement que lui et ses filles pourraient être impliqués si ça tournait mal. Il n'était pas un modèle d'honnêteté, très clairement, mais il était certain qu'il n'aurait jamais mis Lou en danger sans avertir Chloé auparavant. Il était pourtant du genre à vouloir se préserver à tout prix et il n'avait jamais eu l'étoffe du parfait père de famille. Mais malgré ça, il aurait pensé à protéger sa famille avant de penser à défendre ses droits. Chloé avait visiblement d'autres priorités...
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Peter ne se laissait pas détourner du sujet, et au fond d'elle, Chloé savait qu'il avait raison. Elle avait tort, elle avait mal agi et son comportement était irrationnel. Pourtant, elle reste convaincue qu'elle avait eu raison de ne pas parler. Si elle se faisait prendre, bien sûr, Peter serait interrogé, questionné. Mais n'était-ce pas plus simple que l'usage du véritaserum révèle son ignorance? Non, répondait sa conscience. Ce serait valable avec un gouvernement juste et honnête, pas avec les sbires de Marchebank et Coleman qui usaient de torture et de pression psychologique. Elle aurait du lui en parler.

Baissant enfin le regard devant son compagnon, la directrice des Mystères eu un soupir douloureux. Il était déjà difficile, pour cette femme fière, de s'avouer à elle-même qu'elle avait mal agi, alors, le dire à Peter! Peter qu'elle avait accablé de reproches lorsque les situations étaient inversées... Elle ne faisait que ça, à chaque fois, faire passer sa famille en dernier, alors qu'ils ne le méritaient pas. Quelle mère faisait-elle, une fois tous ces faux semblants évacués?

"D'accord, D'ACCORD !" cria-t-elle pour couvrir sa voix, pour le faire taire. "J'ai eu tort. Je n'aurai pas du te le cacher, et j'aurai pu t'en parler malgré tout ça."

Chloé avala sa salive, cherchant comment continuer. Elle devait confesser, lui dire la vérité, pour l'apaiser, pour s'apaiser elle également.

"Je... j'avais peur que tu m'en empêches. Je voulais le faire, je... je suis engagée. J'ai fait pareil pendant la seconde guerre, quand Maëva n'était qu'un bébé, et c'était encore plus dangereux, parce que je ne pouvais pas compter sur James. Là, je savais que tu protégerais les filles, alors j'ai foncé, j'ai mis toutes les chances de mon côté..."

Elle fuyait son regard, n'osant pas y lire la déception, puis son orgueil repris le dessus. Cela faisait de nombreuses années qu'elle était indépendante. Froide ou flamboyante, comme disaient certains. Elle cultivait cette image de façade, parce qu'il était plus facile d'être seule lorsque l'on prenait des risques. Parce qu'elle n'aimait pas se laisser influencer, et que Peter faisait partie des rares personnes qui détenait ce pouvoir sur elle. Elle ne voulait pas s'ouvrir, elle voulait continuer à n'en faire qu'à sa tête. Assumer, comme elle se plaisait à le penser. Etre responsable... même si, de façon flagrante dans cette situation, pas grand chose ne l'était. Alors, elle le fixa d'un regard de défi. Il ne la changerait pas. Il ne devait pas la changer, elle ne voulait pas. Elle stagnait... régressait, peut-être.

"Je suis comme ça."


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
Entendre Chloé capituler et reconnaître enfin qu'elle avait eu tort eu au moins le mérite de calmer Peter, même s'il n'avait toujours obtenu aucune des réponses qu'il cherchait. Au moins ils étaient d'accord sur un point maintenant. Il soupira et se laissa tomber dans le canapé duquel il avait tiré sa compagne en faisant irruption dans la salle quelques minutes plus tôt. Il n'arrivait plus à réfléchir et faire les cent pas ne l'aidait en rien.

Il écouta Chloé en silence, retenant une remarque acide quand elle lui avoua avoir eu peur qu'il ne la retienne de s'engager -l'aurait-elle seulement écouté ? Il savait qu'elle s'était engagée pendant la seconde guerre mais n'avait jamais réfléchi au fait que Maëva n'était effectivement qu'un bébé à l'époque et ne pouvait pas vraiment compter sur son père. Mais maintenant il était là, alors il protégerait les filles, évidement. Bien sûr, il n'y avait que du vrai dans ce qu'elle avançait. Il ferait n'importe quoi pour protéger Lou, et même si Maëva n'était pas sa fille, il n'hésiterait pas non plus à la faire passer avant tout le reste. Il le ferait, évidement. Mais Chloé n'avait pas le droit d'attendre de lui qu'il le fasse, de prendre cet état de fait comme acquis, pas alors que lui ne pouvait pas compter sur elle en retour. Il ne voyait pas pourquoi elle pourrait se permettre de faire tout ce qui lui passait par la tête, sous prétexte qu'il serait là pour gérer la situation si quelque chose venait à mal tourner. C'était excessivement égoïste et cela lui imposait des responsabilités dont il n'avait jamais voulu.

"Bien sûr que je protégerai les filles ! Il se releva aussi vite qu'il s'était assis, finalement incapable de rester immobile. Mais dis-moi pourquoi tu devrais être capable de compter sur moi alors que l'inverse n'est pas vrai ? Pourquoi tu as le droit d'être certaine que je ferai tout ce qu'il faut pour les garder en sécurité alors que je doute maintenant que tu ferais la même chose, hein ?"

Il s'était approché d'elle, son regard clair reflétant une colère glaciale, ses yeux rivés dans les siens.

Mais qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire, qu'il ne puisse plus lui faire confiance sur des questions si importantes ? Elle était comme ça. Et visiblement elle n'avait pas l'intention de changer. Ni pour leur famille ni pour lui. Et c'était peut-être ça, qu'il détestait le plus. Parce qu'il avait été comme ça aussi. Exactement comme ça. Solitaire, indépendant, du genre à fuir toute attache, à ne vouloir aucune responsabilité pour être l'unique maître de ses choix. Mais il avait changé, la vie l'avait changé. Il avait rencontré Chloé, il était devenu le père de Lou, il ne pouvait plus se permettre d'être cet électron libre qu'il avait été tout le reste de sa vie. Pourtant Chloé, elle, s'offrait ce luxe. Et quelque part il était un peu jaloux. Parce qu'au fond il ne les avait jamais voulues, toutes ces responsabilités. Il était heureux, maintenant que sa vie était celle d'un père de famille sans histoire, mais ce n'était pas ce qu'il avait demandé. Ça lui était tombé dessus sans prévenir et il s'était adapté. Il trouvait ça injuste que Chloé n'ait pas daigné fournir les mêmes efforts.

"Tu es comme ça, c'est indéniable, lâcha-t-il d'une voix sans émotion. Mais moi je suis un solitaire doublé d'un égoïste aux tendances violentes, débita-t-il froidement en détachant chaque mot, ses yeux acier toujours plantés dans ceux de Chloé. Sauf que moi, je change. Tu ne peux pas construire une famille et continuer à mener ta vie comme tu l'entends sans penser aux autres, s'emporta-t-il finalement. Assume bordel !"

Il avait crié, sans s'en rendre compte. Cela ne lui arrivait que très peu, voire jamais. Ce n'était pas tant qu'il n'était pas facilement irrité, mais il était plutôt de ceux qui contiennent leur rancœur derrière des regards assassins et des piques douloureuses. Habitué à des colères aussi froides que les nuit lapones, il n'élevait que très rarement la voix, mais il était complètement dépassé par la situation et par les émotions qu'elle faisait remonter en lui. Lui qui les dissimulait d'ordinaire si bien était complètement dominé par elles, colère et rancœur, souffrance et jalousie.
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Beaucoup trop de pourquoi et de remise en questions dans les reproches de Peter. Pourquoi? Qu'en savait-elle, pourquoi? Ils étaient comme ça. Ils se connaissaient, après tout. Elle savait qu'elle aurait pu compter sur lui, et elle ne lui avait jamais caché son caractère engagé, emporté. Ne lui avait-il pas déjà fait ces mêmes reproches lors du Bloody Sunday? Ne s'était-elle pas effondrée en sanglots, blâmées, confondue en excuse? Il ne pouvait pas dire qu'il était surpris. Et pourtant, elle se sentait coupable.

Avec Peter, c'était très différent d'avec James. Ce dernier était toujours en tort, et jamais elle ne l'avait laissé avoir le dernier mot - d'ailleurs, il n'en était pas capable. Il finissait toujours par s'excuser de plus ou moins bonne grâce ou par fuir. Sa relation avec Peter avait débuté de la même façon, avec lui qui cachait un lourd passé et elle qui le découvrait. Alors, sans s'en apercevoir, elle avait reproduit le même schéma. Mais les mois passaient et la situation s'inversait. C'était elle qui faisait les mauvais choix, qui ne supportait pas le poids de la culpabilité. Mais y avait-il un bon choix? Si elle avait choisi sa famille, combien de parents n'aurait-elle pas pu regarder dans les yeux? Et alors qu'elle choisissait toute l'Angleterre, ses enfants inclus, c'était son compagnon qui la fixait de ce même regard bleu glacial qu'elle avait l'habitude de poser sur le monde. Au fond, ils étaient pareils, l'un comme l'autre. Barricadé derrière une montagne de froideur pour justifier leurs choix de vie. Et, pour la première fois, elle rencontrait quelqu'un de plus doué qu'elle à ce petit jeu.

C'est pourquoi elle fut rassérénée en entendant Peter hausser le ton. Bien que tremblante, elle avait tenu lorsqu'il s'était approché, la toisant avec froideur. Car derrière la concession, son orgueil se rebiffait. Ah, c'était facile de se servir de ses origines nordiques pour la placer en tort. Facile de lui poser des questions auxquelles elle n'avait pas la réponse. Facile de jouer le rôle du bon père de famille après tant de mensonges. Elle, au moins, mentait pour une bonne raison. Pour les protéger, pour la liberté. Mais lui? Avait-il vraiment le droit de la juger de la sorte?

"Mais j'assume!" cria-t-elle donc encore plus fort lorsqu'il explosa, les libérant tous les deux de leurs rancoeurs. La rassurant également sur ses sentiments à lui. "Je ne fais que ça! Qu'est-ce que tu crois qu'il va arriver, si on laisse faire Marchebank? Que Maeva et Lou vont grandir au pays des licornes? Tu n'as jamais vécu une guerre en temps qu'oppressé. Moi, si. Tu crois que leur âge les protégera de tout? Tu te souviens d'Aaron Finnigan? A peine sorti de Poudlard? Tu tiens vraiment à savoir ce que le ministère a fait de lui? Une loque humaine!"

Une loque humaine portée disparue, même. Elle n'avait pas mis longtemps à retrouver la trace du prisonnier 23-07 mentionné sur le parchemin d'Irving. Le département des Mystères dirigeant officiellement l'île de Skye, elle avait eu un boulevard devant elle lorsqu'il avait fallu percer ce mystère. Et elle en avait encore froid dans le dos.

"Alors, oui, j'assume! J'assume de prendre des risques pour donner une chance à mes filles de grandir dans un pays en paix, et non comme moi dans un pays en guerre!"

Elle avança d'un pas, bien décidée à faire reculer son compagnon. Elle avait beau faire une tête de moins que lui, elle ne le craignait pas. Tout comme elle ne craignait pas Marchebank, et qu'elle n'avait (presque) pas craint les Mangemorts. Il fallait bien des gens comme elle, et c'était, derrière la culpabilité, sa seule justification.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
Peter laissa Chloé crier à son tour alors qu'il essayait de reprendre son calme. Mais chacune des paroles de la jeune femme ravivait sa colère. Ce n'était pas de bonnes raisons, c'était des justifications. Des justifications plus fragiles qu'un château de cartes, derrière lesquelles elle se barricadait pour fuir ses responsabilités.

Bien sûr que non, elle ne faisait pas ça pour les filles. On ne protégeait pas ses enfants en se lançant dans une guerre. On protégeait ses enfants en fuyant la guerre. Marchebank avait beau s'accorder trop de pouvoirs, il n'était pas omnipotent pour autant et son champ d'action se limitait à l'Angleterre. Le monde était plein d'endroit où Maeva et Chloé pourraient grandir en paix. Ils pouvaient partir, n'importe où. Ils n'avaient pas besoin de résister pour protéger les filles. C'était son pays que Chloé avait choisi, c'était ses amis, ses collègues, le monde sorcier anglais, mais pas ses filles. Si elle croyait vraiment ce qu'elle disait, elle s'était convaincue de son propre mensonge.

Peter explosa à nouveau quand Chloé osa lui demander ce qu'il pensait qu'il arriverait aux filles si elles grandissaient dans un monde en guerre, lui balançant au visage qu'Aaron Finnigan -un de ses anciens élèves- avait été réduit à l'état de loque humaine par l'intervention du Ministère. Reléguant cette information préoccupante dans un coin de la tête, Peter se concentra sur Chloé et laissa parler toute la colère qu'elle provoquait en lui avec sa mauvaise foi et ses fausses excuses.

"Et qu'est-ce que tu crois qu'il leur arrivera quand tu seras tout en haut de la liste noire de Marchebank, hein ? Je sais que tu te crois plus maligne que tout le monde, mais tu n'es pas infaillible Chloé ! Qu'est-ce qui va se passer le jour où ils sauront ? Le jour où tu te feras chopée, hein ? Tu crois qu'ils les épargneront, tes filles ? Tu crois qu'à la seconde où ils auront des doutes ils n'essaieront pas de se servir d'elles pour t'atteindre ? Qu'ils ne leur feront pas de mal ? Il serra les poings, luttant contre l'envie de secouer violemment Chloé dans l'espoir de lui faire ouvrir les yeux. Ne me dis pas que tu fais ça pour les protéger, reprit-il entre ses dents serrées. Tu sais parfaitement que tu les mets en danger..." acheva-t-il, glacial.

Grandir dans un monde en paix, ce refrain ridicule. Comme si le monde se limitait à l'Angleterre. Peter n'avait jamais été patriote, peut-être parce qu'il ne s'était jamais vraiment senti comme appartenant vraiment à une nation. Il avait quitté l'Angleterre à l'âge de sept ou huit ans, à la fin de la première guerre. La Finlande avait beau être le pays de sa mère, il y avait grandi comme un étranger, comme cet enfant à l'accent bizarre qui se trompait souvent sur les mots. Avec les années il s'était fait à la culture scandinave et était devenu un vrai nordique, mais au moment où il commençait à se sentir chez lui en Finlande, il l'avait quitté pour l'Angleterre, fuyant les retombées d'un procès qui, s'il ne l'avait pas condamnée pénalement, l'avait poussé hors du pays.

"Elles peuvent grandir dans un pays en paix sans que tu ne joues avec leurs vies en t'engageant dans une guerre, répondit-il plus calmement, sans reculer alors que Chloé venait de faire un pas vers lui. Des pays en paix il y en a des tas. Si tu veux vraiment protéger les filles, on peut partir demain, s'assurer qu'elles seront préservées de tout ça. Mais ce n'est pas tes filles que tu cherches à protéger, c'est ton pays."

Et ce n'était pas une mauvaise chose, en soit. Il fallait bien des gens pour mourir pour la paix et la justice. Mais pas la mère de sa fille.
MerlinCompte fondateuravatar
Messages : 3875

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:19, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Peter avait la même voix que cette conscience désagréable qui critiquait ses choix. Qu'il s'agisse du fait même d'entrer en Résistance quand beaucoup de gens ne voyaient pas le problème, de sa façon de gérer la Salamandre ou pire, de gérer - pardon, de ne pas gérer, en l'occurrence - Irving, ou sur des choses plus triviales comme son grand amour pour James ou la crise d'adolescence de Maeva. Il avait la même voix et lui disait les mêmes choses. L'entendre était plus dur que de le penser, mais que pouvait-elle y faire? Comprenant qu'ils allaient continuer à se crier dessus en espérant que l'autre se rangerait à leur opinion, ce qui n'arriverait bien sûr pas, Chloé se détourna et s'écarta de Peter de quelques pas.

"Peut-être que tu as raison."

Oui, après tout, elle faisait ça pour son pays. Parce qu'elle aimait l'Angleterre, l'Ecosse et le Pays de Galles, qu'elle y avait grandit. Toute sa famille vivait là depuis des générations, et avait été traumatisée par ces guerres successives. Elle n'en pouvait plus des guerres et des crises qui revenaient, tous les dix ou quinze ans, déstabiliser tout ce qu'ils essayaient de construire. Elle voulait vieillir dans un monde en paix, mourir en se disant que ses filles ne risquaient rien, en ayant l'impression d'avoir accompli sa part. Elle ne voulait renoncer à rien. Elle ne choisissait pas que son pays, elle choisissait tout, mais ça, Peter ne le comprenait pas.

"Je suis vraiment désolée de te mettre devant le fait accompli. J'avais prévu de quoi vous protéger si je me faisais prendre" - plan bancal, mais elle évitait d'y penser - "même si je sais que je n'aurai quand même pas du te cacher tout ça. Mais ce qui est fait est fait. Je ne peux plus reculer maintenant, c'est trop tard."

Et surtout, elle ne le voulait pas. Elle savait que c'était trop facile de forcer la main de Peter, de le faire accepter cela. Il ne lui pardonnerait peut-être pas, et elle se détestait pour ça. Elle avait besoin de lui.

"Ecoute... je ne fais rien de vraiment dangereux. J'écris juste des articles, et parfois je fais passer une information pour éviter à quelqu'un de finir à Azkaban. Je ne suis pas complètement inconsciente, ça ne va pas plus loin."

Presque pas.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
Messages : 797

Voir le profil de l'utilisateur
Peut-être ? Evidemment qu'il avait raison ! N'importe quel parent avec un minimum de sens des responsabilités l'aurait reconnu. C'était évident, qu'elle ne faisait pas ça pour les filles. On ne s'engageait pas dans un mouvement de résistance pour ses enfants, il y avait bien d'autres moyens de les protéger. Mais il se garda d'insister sur ce point, préférant éviter de s'engager dans un débat puéril. Aussi satisfait soit-il d'entendre Chloé reconnaître qu'elle avait eu tort, cela ne changeait au rien au fait qu'elle avait pris des décisions dangereuses pour leur famille sans même le consulter ou l'avertir.

Mais Chloé avait raison sur un point, ce qui était fait était fait, et il pouvait lui reprocher ses actions tant qu'il le voulait, cela n'effacerait pas ses actes -il en savait quelque chose. Une phrase qu'elle prononça le fit pourtant tiquer. C'était trop tard pour reculer. Ce devait être une véritable organisation, ou un réseau sacrément investi, pour que de simples membres ne puissent pas s'effacer quand bon leur semblait. Ne pouvait-elle plus reculer ? Ou n'en avait-elle tout simplement pas envie ?  

"Tu ne peux plus reculer ? répéta-t-il en fronçant les sourcils. "On" t'en empêcherait ?" précisa-t-elle en mimant les guillemets, reprenant la désignation vague qu'elle avait employé un peu plus tôt.

Lui qui avait retrouvé un semblant de calme, allant jusqu'à s'asseoir une minute sur le canapé qui meublait la pièce, recommença à s'agiter quand Chloé lui expliqua qu'elle ne faisait rien de très dangereux. Oh il ne demandait qu'à la croire. Et il l'aurait peut-être cru si elle n'avait pas avoué un peu plus tôt "ne plus pouvoir reculer".

Il n'en pouvait plus de ces demis-aveux, de sa façon de tourner autours du pot et de lui donner l'impression qu'elle lui révélait la vérité alors qu'il était persuadé de ne voir que la face émergée de l'iceberg. Un coup elle était trop engagée et il était trop tard pour reculer, la seconde suivante elle ne faisait qu'écrire des articles. Et puis, ça ne lui ressemblait pas. Au fond il aurait dû se douter qu'elle était impliquée dans ce genre de choses depuis des mois. C'était tellement Chloé, de s'engager dans la résistance, de jouer les rebelles au mépris des risques et du danger que cela représentait pour sa famille. Non, elle ne faisait pas qu'écrire des articles, il en était presque certain. Il la connaissait mieux que ça. Elle le menait en bateau et il n'avait aucune envie d'être indulgent ou de fermer les yeux sur ses mensonges évidents.

"Ah oui ? Et "on" ne pourrait pas se passer de tes articles, alors ? J'ignorais que tu avais une plume si remarquable, tu me feras lire ça ! cingla-t-il, acide. Si tu es si peu impliquée je ne vois pas ce qui t'empêcherait de t'effacer, poursuivit-il en se levant pour recommencer à arpenter la pièce. Comment veux-tu que je te fasse confiance si tu ne me dis pas la vérité ?"

Elle voulait le convaincre qu'elle gérait la situation, qu'elle savait ce qu'elle faisait, qu'elle avait une échappatoire, mais il n'arrivait plus à croire une seule de ses paroles. Il était plutôt mal placé pour donner des leçons d'honnêteté, il le reconnaissait, mais lui avait mis du temps à regagner la confiance de Chloé après qu'elle ait découvert son secret. Elle ne pouvait pas espérer regagner la sienne si rapidement, pas en continuant de lui mentir comme elle le faisait.

"Si tu ne me dis pas vraiment ce qu'il en est, n'espère pas pouvoir compter sur moi."

Il ne serait jamais d'accord avec elle, il ne l'encouragerait jamais dans la voix qu'elle avait choisi, mais il l'aiderait s'il le fallait un jours. Pour elle, pour eux, pour les filles. Mais il avait besoin de savoir, de tout savoir.
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

One more secret [Peter & Chloé]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» rêve ta vie en couleurs c'est le secret du bonheur !
» Secret War
» Amour secret...
» Le secret de Térabithia
» secret of mana

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Poudlard :: Etages et couloirs, :: Salle sur Demande,-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet