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  « Le monde entier est un théâtre » [Mildred & Abigail]

Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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19 Avril 2009

Venait-elle sérieusement de voir le portrait d'Albus Dumbledore manger une sucrerie dans le reflet du miroir ? Daisy se retourna brusquement pour fixer le tableau de son prédécesseur qui arborait un sourire tranquille et un air indolent, la saluant d'un signe de tête. Si elle apprenait qu'il était allé se servir dans le tableau de Bertie Crochue qui était en face de la Salle Commune des Poufsouffle, cela ferait encore un scandale. Évidemment, Daisy se voyait mal réprimander l'un des plus grands directeurs de Poudlard - elle avait d'ailleurs été élève sous sa direction - mais les tableaux étaient parfois plus qu'exigeants et il y avait de véritables conflits, c'était... perturbant, à gérer. Les grands personnages du monde magiques semblaient un peu trop s'ennuyer dans leurs peintures et retombaient parfois des des comportements enfantins, lançant des défis à tout va aux élèves ou abusant de la boisson (comme La Grosse Dame des Gryffondor qui avait récité des chansons paillardes pendant des heures samedi soir.)

Enfin, pour le moment, Daisy avait assez à gérer avec les vivants pour ne pas s'occuper du problème des problèmes de sucre d'Albus. La fin de l'année allait arriver plus vite que prévue et il était temps de commencer à mettre en place les bases de l'année prochaine, notamment en ce qui concernait la bibliothèque, son stock et ses abonnements. C'est pour cela qu'elle avait demandé à Abigail de passer la voir dans son bureau, même si ce rendez-vous avait également une deuxième portée. Voilà quelques semaines déjà, Mildred Magpie - la fameuse rédactrice en chef de Multiplettes - l'avait contactée pour lui faire part de son projet de pièce de théâtre. La séance de dédicace organisée il y a quelques mois avait eu beaucoup de succès auprès des élèves (ses propres filles étaient contentes, sauf Beth, qui avait fait son habituel air de chaton contrarié) et si Daisy n'était pas particulièrement fan de l'auteur, et encore moins de son journal à scandales, elle ne pouvait nier qu'ouvrir Poudlard sur l'extérieur faisait partie de ses projets... Du théâtre plairait aux étudiants et aurait le mérite de les réunir sous un projet commun inter-maison, ce qui était toujours positif.

Elle fut tirée de ses pensées par la gargouille qui annonçait l'arrivée de Miss O'Brien et elle se redressa dans son fauteuil - non sans jeter un coup d’œil inquisiteur à Dumbledore au passage - et repoussa quelques grimoires et dossiers avant d'adresser un sourire à sa jeune bibliothécaire.

- Bonjour Abigail, comment allez-vous ? Installez-vous, allez-y ! Vous voulez du thé ? Il vient de Dublin, c'est un cadeau du Professeur Corrigan, je dois dire que c'est l'un des meilleurs que j'ai jamais goûté ! Des gâteaux avec ?

Tout en babillant, Daisy finit par attraper sa théière avant de revenir s'installer à son bureau avec des tasses.

- Comment s'est passée votre semaine ?


Freckles sloth.
Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Dernière édition par Abigail O'Brien le Lun 24 Aoû 2015 - 23:51, édité 1 fois
Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne mettais pas souvent les pieds dans le bureau de la directrice. J’y étais allée pour mon entretient d’embauche et puis quelques semaines après pour faire le point. Et une dernière fois il y avait un an, pour faire le point sur la nouvelle année scolaire, comme cette année.

Il faut dire que ce bureau m’intimidait. Lorsque j’étais encore élève ici, c’était une sorte de mystère. Peu d’entre nous y mettaient les pieds, à moins que ce ne soit pour des raisons plutôt graves. Et après la mort du professeur Dumbledore, le bureau avait même été un moment sans que personne ne puisse y pénétrer. Mais aujourd’hui, le professeur Mason avait pris possession des lieux et cela contribuait à désacraliser un peu l’endroit, pour moi.

Aujourd’hui, le professeur Mason m’avait demandé de l’y rejoindre pour que nous puissions préparer ensemble la prochaine année scolaire. Nous devions faire le point sur l’orientation que pouvait prendre la bibliothèque et également revoir les abonnements que nous proposions. Je poussai la porte du bureau et adressai un sourire à ma directrice.

- Professeur Mason.

J’inclinai la tête pour la saluer avec le respect qui était dû à sa position hiérarchique et attendis que le professeur m’invite à m’asseoir, ce qu’elle fit aussitôt.

- De Dublin ? Oh, ce sera avec plaisir ! Merci

Dublin… mon pays natal. Bon, ok, je n’étais pas véritablement née à Dublin. Mais Dublin, c’était l’Irlande, et l’Irlande, c’était chez moi. Certes, je me sentais aussi chez moi à Poudlard, mais j’avais passé mon enfance en Irlande et une partie de mon cœur était restée là-bas. Alors tout ce qui me rappelait l’Irlande me faisait chaud au cœur.

- Bien, très bien même. J’ai enfin reçu la commande de livres que j’avais passée auprès de Fleury & Bott. Et j’attends toujours celle de cette librairie moldue de Bristol. Je vais avoir de longues heures de catalogage devant moi, mais c’est toujours un plaisir de recevoir de nouveaux livres… Quand on sait qu’ils sont de qualité, bien sûr.

J’adressai un nouveau sourire à la directrice et repris.

- Vous voulez me voir pour préparer la prochaine année, c’est bien ça ?
Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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- Oui, de Dublin, confirma Daisy avec enthousiaste. Le Professeur Corrigan est ma fournisseuse officielle en petits biscuits et autres confiseries Irlandaises, un vrai petit trafic, ajouta-t-elle avec humour.

Il fallait bien avouer que leur collègue connaissait des adresses qui valaient le détour et Daisy n'était jamais fermée à quelques douceurs, c'était son plaisir coupable. Elle avait passé son adolescence à grignoter en douce à Poudlard, ses propres parents – gérants d'une ferme – étant plutôt des adeptes des dix fruits et légumes par jour – évidemment issus de leurs propres cultures – et critiquaient sans se priver Zonko, Honeydukes et compagnie. Et pourtant, Helga savait à quel point les sorciers pouvaient faire preuve d'inventivité dans le domaine de la gastronomie (et du grignotage) : les Dragées Surprises de Bertie Crochue étaient toujours des découvertes mémorables (goût vomi ou vers de terre étaient particulièrement réalistes, c'était d'ailleurs assez effarant) et il fallait être fou pour refuser des Limaces en Gelée ou des Chocogrenouilles. De toute manière, l'un des avantages d'être à Poufsouffle était la proximité immédiate des cuisines, qui était un secret de Polichinelle au sien de la maison. Maintenant qu'elle était directrice de Poudlard, Daisy bénéficiait en plus de l'avantage de pouvoir s'y rendre de manière légale (sous le prétexte très sérieux de contrôle qualité) : elle n'allait pas s'en priver.

- Si cela représente trop de travail, je pense que vous pourrez trouver un peu d'aide auprès d'élèves volontaires, certains d'entre eux apprécient particulièrement la bibliothèque et seraient sûrement ravis de découvrir les coulisses de tout ça.

A vrai dire, elle avait de plus en plus l'idée de proposer des stages aux élèves encore étudiants afin de les aider à s'orienter dans le domaine professionnel. Il faut dire que les possibilités après Poudlard étaient nombreuses mais vastes et de nombreux futurs diplômés se retrouvaient bien démunis quand venait le moment de faire leurs choix d'orientation, surtout lorsqu'ils n'avaient pas connu le monde magique avant leur entrée à l'école – elle pensait notamment aux nés-moldus – et n'avaient donc pas sous les yeux d'exemples de carrières magique parmi leur entourage. Il fallait en plus reconnaître que les élèves de Poudlard grandissaient au sein d'un monde très fermé, l'école restant peu tournée vers l'extérieur, et cela ne les aidait pas à se projeter dans la vie d'après. Elle voulait leur ouvrir de nouvelles perspectives, mener le collège vers une sorte de nouvelle ère – sans pour autant rompre les traditions qui faisaient leur système éducatif – et avaient de nombreux projets pour cela. C'était d'ailleurs en partie pour cela qu'elle faisait venir Miss O'Brien dans son bureau aujourd'hui, ainsi qu'une autre personne qui n'allait sûrement pas tarder.

- C'est bien ça ! Préparer la nouvelle année et ses projets ainsi que la fin de l'année... A ce propos d'ailleurs : je suppose que vous vous rappelez de Miss Magpie, qui était venue au sein de l'établissement pour sa séance de dédicaces il y a quelques mois ?

Il aurait été difficile de passer à côté : non seulement l’événement avait eu lieu dans l'enceinte de la bibliothèque mais avait en plus attiré de très nombreux élèves qui étaient venus saluer la romancière. Elle avait confié la surveillance de tout cela à Adonis et n'avait eu que des remontées positives (bien que Jane ait fait mention d'un incident diplomatique avec des paillettes, elle n'en n'avait pas tellement compris l'essence). Un tel événement avait eu l'avantage de fédérer les élèves autour d'un événement commun et Daisy aspirait à remettre cela en place, un peu dans le modèle du tournoi de rugby organisé par Monsieur Finnigan et le Club des Mordus des Moldus il y a deux ans de cela. Le tournoi avait attiré des élèves de toutes les années, de toutes les maisons et de toutes les origines dans un bel esprit sportif.

- Il s'avère qu'elle m'a recontactée il y a peu pour me proposer un projet assez intéressant... Avec le club de théâtre de l'école, elle souhaiterait monter une version dramatique de son roman, avec la participation des élèves. Je dois bien avouer que je trouve l'idée tentante – c'est un livre assez populaire et cela permettrait d'offrir un divertissement sympathique – mais j'aurai aimé avoir votre avis sur le sujet, surtout que vous avez pu voir comment se passait la présence de Miss Magpie au sein de l'école.

Ce n'est pas qu'elle ne faisait pas confiance à son sous-directeur – enfin, si, mais là n'était pas la question – mais elle accordait surtout beaucoup de crédit à l'opinion de sa bibliothécaire, avec qui elle partageait plusieurs points communs, comme l'intérêt pour la littérature moldue au sein des rayonnages très magiques de l'école.


Freckles sloth.
Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Dernière édition par Abigail O'Brien le Lun 24 Aoû 2015 - 23:51, édité 1 fois
J’allais porter mon thé à mes lèvres lorsque la remarque de la directrice me parvint.

- Oh non, loin de moi l’idée de me plaindre d’une surcharge de travail. Au contraire, j’aime ça !

Et c’était vrai. Je me doutais bien, cependant que la directrice ne voyait pas les choses autrement, et qu’elle me proposait cela simplement par gentillesse. Mais je n’étais ici que depuis un an et demi, j’estimais, peut-être à tort, devoir encore faire mes preuves. Et j’avais bien l’intention de faire en sorte que ma patronne soit contente de moi et de mon travail.

- Cela dit, ce serait un bon moyen, en effet, de faire découvrir à de jeunes gens le beau métier de bibliothécaire. Cela pourrait peut-être susciter quelques vocations ? Mais cela nécessiterait que je prépare une sorte de programme de stage qui soit assez intéressant pour eux. Me permettez-vous de prendre le temps d’y réfléchir ?

A vrai dire, plus j’y pensais et plus cette idée me plaisait. Non pas parce qu’effectivement, j’étais surchargée de travail et que, bien que je clamasse le contraire, j’avais bien besoin d’un peu d’aide. Mais surtout parce que l’idée de faire découvrir mon travail à des jeunes était une idée séduisante. Peu de personnes choisissaient la profession de bibliothécaire et pourtant nul n’était mieux placé que moi pour dire à quel point ce travail était exaltant.

J’allais de nouveau boire une gorgée de thé (je n’arriverai donc jamais à le goûter ?) lorsque Mme Mason repris la parole et laissa tomber le nom de Magpie. J’acquiesçai doucement, appréhendant la suite du discours. Mon Dieu, de quoi voulait-elle me parler ? De mon comportement avec la Magpie ? D’accord, je m’étais un peu laissée aller, mais cette bonne femme avait été tellement méprisante, et méprisable ! On ne pouvait tout de même pas me blâmer d’avoir tenté de la remettre à sa place ? Si ? Ouïe, ça sentait le roussi… Je la laissai continuer néanmoins, sans rien dire, attendant de voir où tout cela allait me mener.

- Je vous demande pardon ?

Ca m’avait échappé sans que je puisse rien faire pour le retenir. Est-ce que j’avais bien entendu ?

- La Mag… Je veux dire, Madame Magpie souhaite adapter son roman en pièce de théâtre, dans l’école ?

Je déglutis et secouai la tête.

- Je ne peux nier que son… histoire (notez comme prononcer le mot « œuvre » me rebutait) soit très populaire auprès des élèves mais… C’est tellement pauvre, qualitativement parlant. Je veux dire, ce n’est pas de la littérature, c’est…

Je relevai les yeux vers Mme Mason et fronçai le nez, hésitant un peu.

- Vous êtes sûre que ce projet est une bonne idée ? Il y a tellement de pièces, d’histoires, qui vaudraient bien plus la peine d’être adaptées par nos élèves…


HJ:
 
Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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- Prenez tout le temps que vous voulez, nous avons tout l'été devant nous ! répondit Daisy à Abigail qui lui demandait un temps de réflexion.

Le concept des stages était de toute manière une idée qui lui plaisait beaucoup. Sans aller jusqu'à dire que les élèves étaient totalement coupés du monde au sein de Poudlard - cela ne pourrait jamais être le cas totalement quand bien même l'administration et le Ministère de la Magie le souhaiterait - le fait était qu'ils vivaient de manière assez recluse. De nombreux élèves sortaient de l'école sans avoir d'idée vraiment précise de l'endroit où ils feraient carrière, candidatant parfois un peu au hasard. Évidemment, l'équipe pédagogique faisait du mieux qu'elle pouvait pour les accompagner dans ce choix important, avec les entretiens d'orientation dès la cinquième année, mais rien ne pouvait remplacer l'expérience du terrain. Les élèves pourraient réaliser un ou deux stages au cours de leur scolarité afin d'essayer de nouveaux domaines et de vraiment prendre le pouls du milieu professionnel qu'ils envisageaient. Et puis après tout, cela pouvait déclencher des vocations ! Aux yeux de la jeune directrice, c'était un besoin encore plus nécessaire pour les nés-moldus et tous les élèves qui n'étaient pas issus du monde magique. Ceux qui avaient eu la possibilité de grandir au contact de sorciers avaient pu observer des exemples de carrière mais de nombreux jeunes ne connaissaient du monde de la magie que Poudlard et il arrivait que certains d'entre eux ne se sentent pas à leur place dans la société adulte après leurs diplômes. Les stages à la bibliothèque pouvaient être un bon début avant que tout ne soit mis en place à grande échelle et si cela pouvait permettre aux étudiants de s'investir plus assidûment dans la vie de l'école...

Vie de l'école qui s'apprêtait d'ailleurs à accueillir un nouveau grand projet porté par la personne de l'extravagante Mildred Magpie. Daisy pouvait comprendre la réaction surprise de sa bibliothécaire, Miss Magpie n'étant sûrement pas le genre de personne que l'on s'attendait à voir investir de responsabilités au sein du collège Poudlard - quoique, elle se rappelait avoir lu la nomination de Gilderoy Lockhart dans les journaux voilà une quinzaine d'années - mais elle était motivée et pleine d'idées et c'était le genre de chose qui lui plaisait. Pour être tout à fait honnête, elle n'avait pas - encore ? - lu le roman de Mildred Magpie, se contentant de la critique de la Gazette du Sorcier et celle, dithyrambique, de Sorcière Hebdo mais grâce à ses filles, elle pensait voir le genre de roman que c'était. Évidemment, cela ne semblait pas être du Tourdesac comme le soulignait Abigail mais cela avait le mérite de fédérer une grande partie des élèves avec enthousiasme autour de quelque chose et après tout, le but d'une oeuvre n'était-il pas avant tout de transporter son lecteur ? Que ce soit dans le monde de Peggy et Féodor ou celui des Trolls au troisième siècle avant Merlin n'y changeait pas grand-chose.

- Je peux comprendre vos réticences, concéda Daisy, et il est vrai que ce n'est peut-être pas le roman que j'aurai choisi au premier abord mais... Comme vous le dites, c'est très populaire au sein des élèves et pour lancer un nouveau club, surtout d'une telle envergure, il faut qu'il soit fréquenté par une partie importante de l'école afin de prendre ses marques. Le travail de Mildred Magpie rassemble de nombreux lecteurs, de tous les âges et de toutes les maisons, et sa présence en tant qu'auteur même de l’œuvre est assez inestimable lorsqu'il s'agit d'une adaptation. Un roman aussi populaire peut nous servir de point de départ pour une première année, quitte à choisir des pièces un peu plus classiques une fois l'atelier bien implanté au sein de l'établissement.

C'était du moins la logique qui avait poussé Daisy à examiner ce travail de près.

- Miss Magpie doit justement passer aujourd'hui pour nous expliquer tout cela plus en détail, c'est aussi pourquoi j'ai demandé votre présence ici. Après tout, vous représentez la partie la plus culturelle de l'école et si cela se fait, vous serez sûrement amenées à travailler ensemble. Cela ne vous pose pas de problèmes, je l'espère ?

Spoiler:
 


Freckles sloth.
Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Je fronçai les sourcils et grimaçai en entendant les paroles de Mme la directrice.

- Je comprends l’intérêt que peut avoir ce genre de… (oui, l’idée de prononcer le mot œuvre me rebutait toujours autant) roman pour lancer le club de théâtre. Mais cela n’est-t-il pas un peu noyer le poisson ? Je veux dire que nous attirons les élèves avec le roman de Madame Magpie qui est, il est vrai, très lu parmi nos élèves. Mais que se passera-t-il lorsque la pièce sera terminée et que nous choisirons un autre ouvrage pour la suite. Un ouvrage de valeur cette fois. Les élèves ne risquent-ils pas de déserter le club ? Quand à Madame Magpie…

Je toussotai légèrement.

- Me permettez-vous de dire le fond de ma pensée ?

J’hésitai légèrement avant de continuer. Je n’étais pas sans ignorer que la Magpie avait des soutiens auprès du gouvernement et je savais qu’en parlant d’elle en de mauvais termes, je risquais de me créer des problèmes. Mais il me semblait que Madame la directrice était plutôt dans une position de défense de l’école vis-à-vis du Ministère et au fond, c’était plutôt rassurant. Non ?

- Je ne pense que Madame Magpie soit le genre de personne qui soit le plus indiquée pour animer un club de jeunes adolescents. C’est une femme totalement imbue d’elle-même qui méprise tout le monde. Je ne suis pas persuadée qu’elle soit un bon exemple pour nos élèves. Il me semble au contraire qu’elle risquerait de les influencer et de les guider dans une mauvaise direction. Nous ne voulons pas former des futurs adultes égoïstes qui se croiront meilleurs que tout le monde et ne montreront pas le moindre respect pour autrui.

Parce que c’est ce qu’était la Magpie de mon point de vue.

- De plus, je pense que vous l’aurez compris, je ne porte pas Madame Magpie dans mon cœur et je peux vous assurer que c’est plus que réciproque. Je ne suis pas certaine qu’un partenariat entre elle et moi soit réellement… fructueux. Il va de soi, cependant, que si vous me demandez de le faire, je le ferai. Je n’oublie pas que vous êtes la directrice et que je dois me plier à vos décisions. Seulement, si vous permettez, je ne pense pas que cette décision-ci soit particulièrement judicieuse…


[HJ, désolée pour le délai. Avec le mariage dans deux mois, je commence à paniquer un peu ! Et désolée aussi pour la longueur, mais je ne voyais pas trop quoi rajouter de plus   ]
Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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Toutes les objections d'Abigail, Daisy les entendait, elle aurait même pu les formuler elle-même. Elle n'était pas particulièrement attachée au roman de Mrs Magpie, qu'elle n'avait même pas lu, et si le choix lui était entièrement revenu, sans la moindre contrainte, elle aurait choisi une œuvre en rapport avec le programme scolaire. Quelque chose du genre de En attendant Bogrod, une œuvre du dix-septième siècle sur les révoltes gobelines, ce qui était au programme des quatrième années. Elle n'aurait même sûrement pas choisi Mildred pour animer le club, plutôt des étudiants de l'Académie des Arts Magiques, section théâtre et art de la scène afin qu'ils puissent bénéficier d'un petit emploi à côté de leurs études tout en restant dans leur domaine. Mais malgré toutes ces objections, Daisy était soumise à quelque chose de bassement matériel mais néanmoins indispensable : le financement. Lorsqu'elle n'était encore qu'enseignante, elle était moins concentrée sur ce genre de choses mais son poste de sous-directrice puis de de directrice n'avait pu que la ramener à ce genre de considérations. Poudlard était une école qui coûtait cher, que ce soit sur le plan de l'entretien - les vieux bâtiments et l'immense château - ou du fonctionnement - la nourriture des élèves et les salaires du personnel - et elle était, heureusement, gratuite pour les élèves, certains bénéficiaient même d'une bourse d'études. Tout cela, c'était entièrement financé par le Ministère de la Magie et par conséquent, ils avaient certains comptes, malgré l'indépendance de l'école qu'elle essayait de maintenir au maximum, à l'image de ses prédécesseurs.

Il était un fait bien établi - ou plutôt un secret de Polichinelle - que Mrs Magpie bénéficiait du soutien du Ministère de la Magie, tout comme elle lui apportait le sien. En intervenant à Poudlard, elle amenait avec elle des fonds - chose contre laquelle Daisy ne pouvait pas vraiment protester - et surtout, elle pouvait être prise comme un exemple de concessions à l'égard d'Adonis. Elle ne pouvait pas refuser en bloc toutes les propositions de son sous-directeur et tout ce qui touchait au Ministère de la Magie. En acceptant des choses mineures, et moins importantes, elle se sentait plus en position d'argumenter et de dire non clairement sur des sujets plus importants, sans pour autant avoir trop l'air d'être dans l'opposition. Du moins... C'est ce qu'elle avait choisi comme plan d'action. Sa position n'était pas simple : elle voulait diriger l'école selon ses valeurs et continuer la lignée des directeurs qui l'avaient précédé et qui avaient tout fait pour l'école mais pour autant, elle ne pouvait pas se permettre de s'opposer trop frontalement au Ministère. On le savait avec l'Histoire, malgré la relative indépendance de l'école, ce dernier trouvait toujours un moyen d'agir si la direction que prenait le collège lui déplaisait trop. Si Daisy quittait sa chaire, volontairement ou non, elle pouvait être certaine que la personne qui prendrait sa place serait sous les ordres presque directs du Ministère, comme Adonis par exemple. Tout cela néanmoins, elle se trouvait bien en peine de l'expliquer et si elle pouvait s'ouvrir à des amies comme Chloé, elle restait encore sur la réserve avec ceux qu'elle connaissait moins comme Abigail, bien qu'elle lui paraisse fort sympathique et raisonnée (si ce n'est raisonnable.)

- J'entends bien ce que vous me dites, Miss O'Brien, sur tous les points. Mais j'ose espérer qu'une fois le club lancé, les liens qu'auront tissé les élèves avec ce dernier suffiront à les faire rester. Quant à la personnalité de Mrs Magpie elle-même... Il est vrai que, selon les rumeurs, elle peut être assez difficile mais dans un contexte différent, je suis certaine qu'elle peut très bien mener les élèves dans une démarche active de création artistique. Vous savez, ajouta-t-elle en versant un peu de sucre dans son thé, si je demande votre présence sur ce projet c'est justement parce que me doute bien qu'il faudra quelqu'un pour... canaliser le tempérament parfois tempétueux de notre intervenante. Je ne doute pas que vous saurez le faire parfaitement.

Ce n'était pas foncièrement très juste d'imposer Mildred à Abigail mais Daisy, malgré sa grande foi en l'espèce humaine, n'était pas assez naïve pour ne pas mettre quelqu'un de son équipe pédagogique sur ce projet.

- Vous ne serez pas seule d'ailleurs, il y aura d'autres intervenants. J'espère faire venir des comédiens et pourquoi pas d'autres professeurs pour aider sur certains pans de la pièce ?

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Freckles sloth.
Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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- Moi ? Canaliser la Mag... Madame Magpie ?

J'ouvris des yeux ronds tellement j'étais surprise de ce que j'entendais. Ce qui s'était produit entre la Magpie et moi pendant la séance de dédicaces avait forcément dû remonter aux oreilles de notre directrice, non ? Le sous-directeur avait bien dû cafter ? Et quand bien même il ne l'aurait pas fait, presque toute l'école y avait assisté. La Magpie m'avait rabaissée autant que possible, et moi, je lui avais balancé tout ce que je pensais d'elle. Je ne la supportais pas. Elle me sortait par les trous de nez, mais je crois que ce sentiment était réciproque. A une différence près, la Magpie n'hésiterait pas à me briser, à me faire renvoyer de l'école si elle en avait la possibilité.

- Je me dois d'être honnête avec vous Madame. Je crains que ça ne marche pas. Madame Magpie n'accorde pas le moindre respect aux gens de ma profession en général, et à moi en particulier. Notre dernière collaboration a été particulièrement houleuse. Vous avez dû en entendre parler ?

Ca aurait été vraiment étonnant si ça n'avait pas été le cas. Et en même temps... j'aurais pu m'attendre à une convocation, à une remise à ma place si la directrice l'avait su. Et il se n'était rien passé. Même le sous-directeur Greengrass, qui avait pourtant assisté à toute la scène, ne m'avait rien dit. Après coup, je devais avouer que c'était étrange. D'autant que le sous-directeur était proche du ministère, au même titre que la Magpie, et donc dans le même camp...

- Admettons que j'accepte de travailler avec elle et que nous ayons une divergence d'opinion. Que se passera-t-il si elle se plaint de moi ? Madame Magpie est influente, et elle a des soutiens qu'on ne peut pas ignorer. Je ne veux pas prendre le risque de perdre mon poste uniquement parce qu'elle me déteste et que je me suis opposée à elle.

Mes craintes n'étaient peut-être pas réellement fondées, mais allez savoir. Sans compter qu'avec tout ce que je lui avais balancé la dernière fois, elle allait sûrement sauter sur le premier prétexte pour me nuire...

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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Une expression horrifiée déforma le visage de la romancière alors qu'elle écoutait au travers de la porte les paroles cinglantes qui venaient d'être prononcées à son encontre! Furieuse comme jamais à l'encontre de la bibliothécaire, Mildred Magpie décolla aussi sec son oreille de la surface boisée qui la séparait encore du bureau de la Directrice Mason. Ecouter aux portes n'était peut-être pas une manière très élégante de se comporter en société, mais au moins la romancière savait exactement à quoi s'en tenir au sujet d'Abigail O'Brien! Cette petite punaise insignifiante osait la critiquer effrontément, alors qu'elle ne possédait pas un dixième de son mérite! Qui était-elle pour parler ainsi? Avait-elle écrit ne serait-ce qu'une nouvelle dans sa misérable existence? Comme si la plus grande dramaturge de tous les temps n'avait pas le droit d'être imbue d'elle-même! Un comble! La fronde orchestrée par la jeune sorcière rouquine n'était sans doute qu'une manifestation de sa jalousie maladive; Déjà lors de leur première rencontre, la romancière avait ressentie toute l'aura négative et sarcastique qui émanait déjà de la bibliothécaire. Cette dernière sans doute excédée par son quotidien monotone, éprouvait le besoin malsain de dézinguer ce qu'elle ne serait jamais : Une romancière adulée par les foules! La romancière émérite pouvait comprendre cette frustration, mais elle ressentait également le danger que pouvait représenter cette inimitié. Même si Mildred n'avait point entendu les réponses fournies par la Directrice de Poudlard, qui n'étaient rien d'autre que de vagues chuchotis trop lointains; Elle savait qu'en ce moment même,  Abigail cassait du sucre sur son dos...

Quelle réaction adoptée en ce genre de circonstance? Dirigée par la colère, sa première pulsion fut celle d'enfoncer la porte du bureau, et d'agripper les cheveux de l'irrévérencieuse petite punaise. Mais quelle première image allait-elle donner? Aucun professeur ne se comportait de la sorte! La Directrice l'écarterait bien vite de ce poste si crucial à ses yeux, et cela sonnerait comme un échec dans son si beau parcours professionnel. Non, elle ne laisserait pas ce plaisir à Abigail O'Brien, et agirait donc avec clairvoyance. Cette peste voulait la guerre, elle l'aurait! Mais pour abattre une petite créature aussi sournoise, il ne fallait pas entrer dans son jeu et libérer trop rapidement ses émotions. Patience et retenue seraient les maitres mots! Mildred Magpie allait devoir apprivoiser son ennemie, et attendre calmement l'heure de sa vengeance. La journaliste ne doutait pas que tôt ou tard, elle finirait par mettre la main sur petit secret inavouable dans la vie trop lisse en apparence de la bibliothécaire. Ainsi, dans le cas où cette dernière ne voudrait pas lever le drapeau blanc et ranger ses griffes, Mildred userait alors de son influence pour salir sa réputation. De manière à faire disparaître ses pommettes encore empourprées par sa rage contenue, la romancière s'éventa frénétiquement le visage de ses mains pâles. Elle devait laisser retomber la pression, et offrir son sourire le plus gracieusement hypocrite. En agissant ainsi, Mildred ferait d'Abigail, l'unique responsable de la mauvaise ambiance, ce qui soulignerait son incapacité criante à s'adapter et travailler en équipe. La romancière prit une profonde inspiration, et toqua à la porte. Lorsque l'ordre lui fut donné d'entrer, Mildred s'empressa de franchir le seuil qui la conduisait vers son nouveau projet artistique.

Sourire incandescent aux lèvres, elle leva sa main de manière amicale en direction des deux sorcières qui peuplaient le bureau.


"Directrice Mason, Mademoiselle O'Brien... Sachez que je suis enchantée et honorée à l'idée de pouvoir partager en votre compagnie le quotidien de cette si prestigieuse école de magie! " En guise de salutation, Mildred inclina la tête de manière pompeuse, avant de s'excuser pour cette arrivée tardive. "Je vous prie de bien vouloir m'excuser mon retard, mais je crains que ma popularité n'ait franchit les murs inviolables de cette si merveilleuse école! J'ai dû signer bon nombre de dédicaces auprès de notre charmante progéniture. C'était adorable, mais jamais les escalier de Poudlard ne m'ont parut si long à gravir! Mais que voulez-vous, c'est la rançon du succès! J'aime tant la jeunesse et elle me le rend si bien, que je ne peux me résoudre à la décevoir. C'est pourquoi, cet Atelier Théâtre me tient tant à cœur! "

La tornade rousse de Bristol venait d'envahir le bureau de la Directrice de Poudlard, ne laissant guère de répit à ces deux occupantes. D'un pas souverain, elle se dirigea vers l'infâme petite punaise d'Abigail O'Brien; Mais plutôt que de la défigurer avec ses ongles manucurées, Mildred Magpie choisit une arme beaucoup plus stratégique : Celle de l'étreinte hypocrite. Enveloppant de ses bras la silhouette frêle de la jeune femme, elle lui asséna une fausse vérité bien calculée.

"Miss O'Brien, je ne vous remercierai jamais assez pour le professionnalisme dont vous avez fait preuve lors de ma dernière séance de dédicace. Vous avez sauver une situation des plus délicates, et il me tarde réellement de pouvoir collaborer avec vous! "

Dans un geste plus spontané que calculé, mais de manière imperceptible pour la directrice, Mildred Magpie pinça légèrement le bras tendre de la Bibliothécaire. Une manière de marquer son territoire et de lui signifier à quel point elle ne devait en aucun cas entraver son projet d'Atelier. Après cette facétie, la romancière se recula pour faire face de nouveau à Daisy Mason, afin de lui offrir gracieusement un petit présent. Farfouillant dans son luxueux sac à main, Mildred finit par extirper à l'aide de sa baguette, un somptueux dessert en provenance directe de la prestigieuse pâtisserie du Paradis d'Eden. Sourire empreint d'une jovialité exacerbée, elle tendit le gâteau à la Directrice.



"N'ayez crainte, il est de toute première fraicheur et protégez magiquement pour le demeurer. C'est une pâtisserie fine venant de la prestigieuse enseigne "Le Paradis d'Eden", et je peux vous assurer que sa saveur onctueuse s'accordera parfaitement avec votre Thé, madame la Directrice... "

L'ouragan Mildred venait de déferler sur l'Ecole de Poudlard.



               
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L'étonnement d'Abigail surprenait vraiment Daisy qui ne voyait pas ce qu'il y avait de si étrange dans le fait qu'elle veuille tenter de nouveau une collaboration entre elle et Mildred Magpie. Après tout, les remontées de la séance de dédicaces des Hauts de Hurlelune avaient été plutôt positives du côté des élèves et du côté des surveillants, Adonis en particulier, elle n'avait rien entendu qui puisse lui donner le soupçon du moindre problème lors de cette journée. Aussi, la jeune directrice était-elle vraiment surprise d'entendre qu'Abigail puisse avoir tant de mal avec Mildred, au point de dire qu'elle n'accordait pas de respect à la profession de bibliothécaire et que leur collaboration avait été houleuse. Les rumeurs circulaient plutôt vite à Poudlard et elle aurait dû entendre parler de cette histoire à moins qu'Adonis ait décidé de la taire afin de protéger l'image de Mrs Magpie mais elle ne voyait pas vraiment pourquoi encore une fois...

- Non, répondit-elle sincèrement. Rien me m'est revenu. Houleux, vous disiez ?

Suffisamment houleux en tout cas pour que Abigail en vienne à craindre pour son poste si cela se passait mal avec la célèbre romancière. Fronçant les sourcils, Daisy dû retenir son impulsion première qui aurait été de poser sa main sur l'avant-bras d'Abigail - elle avait toujours été tactile et assez maternelle mais ce n'était pas des plus professionnels comme geste - et se contenta de lui tendre un nouveau petit gâteau.

- Soyez assurée que quoi qu'il arrive, vous n'avez rien à craindre pour votre emploi. Mrs Magpie a certes des soutiens hauts placés mais je reste à la tête de mon personnel et choisit encore qui travaille dans cette école ou n'y travaille pas...

A peu près, du moins, songea-t-elle avec une pensé pour le sous-directeur qui lui avait été imposé.

- Mais je doute que cela en arrive là, vous savez, reprit-elle avec un sourire sincère. Peut-être avez-vous mal interprété les propos de Mrs Magpie ? On dit qu'elle peut se montrer parfois... lyrique ?

Daisy n'eut pas le temps de s'appesantir sur cette théorie que des coups résonnaient contre la porte de son bureau. Invitant la nouvelle arrivante à entrer, elle se leva pour l'accueillir, un sourire aimable aux lèvres. Elle allait prononcer quelques mots pour s'enquérir du voyage de Mildred mais cette dernière s'empressa de prendre la parole, assurant qu'elle avait dû s'arrêter en chemin pour répondre à ses fans. Heureuse de la conclusion - l'atelier théâtre lui portait également à cœur, elle voyait là un excellent moyen d'ouvrir Poudlard sur le monde - elle chassa les excuses de la rédactrice en chef d'un revers de la main.

- Ce n'est rien, assura-t-elle.

Encore une fois, elle allait inviter Mildred à s'assoir lorsque cette dernière se tourna vers Abigail pour la serrer dans ses bras et la remercier pour leur dernière collaboration. Cette vision tira un sourire à Daisy - elle se doutait bien que cela n'avait pas été si terrible que cela ! - et tendit les mains, un peu surprise, lorsqu'une énorme pâtisserie fut présentée, bien imposante par rapport aux petits gâteaux de Thelma.

- Je vous remercie beaucoup, vous n'auriez pas dû ! Asseyez-vous, je vous en prie.

Déposant tant bien que mal le gâteau du Paradis d'Eden entre des courriers de parents d'élèves - en espérant que ces derniers ne soient pas tâchés par la crème - et des rapports budgétaires, elle se rassit à son bureau, face aux deux femmes tout en attrapant sa baguette magique afin que sa théière aille servir Mrs Magpie.

- Je suis heureuse de vous avoir toutes les deux avec moi pour ce projet qui me tient beaucoup à cœur, débuta-t-elle. Poudlard est une école avec beaucoup de mérite, une école ancestrale, mais qui a toujours eu tendance à se couper un peu du monde. Avec cet atelier théâtre, j'aimerais de nouveau tourner les élèves vers le reste de la société et réciproquement. Leur faire découvrir de nouvelles choses, une culture générale qui manque un peu ici, l'art, leur faire faire des sorties, voir des spectacles... Tout en programme, termina-t-elle en un rire. Avec vos deux présences et vos compétences réciproques, ainsi que, pourquoi pas, l'intervention de comédiens, je pense que nous pouvons vraiment arriver à quelque chose de bien, je ne sais pas ce que vous en pensez.


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Alors elle n'en avait pas entendu parler ? Je devais bien avouer que cela m'étonnait au plus haut point. Avions-nous réussi à donner le change malgré tout ou bien était-ce du à l'intervention du sous directeur Greengrass. Je le savais du côté du ministre, tout comme la Magpie, et pour autant, il n'avait pas semblé me tenir rigueur de ma froideur à l'égard de cette femme.

Quoiqu'il en soit, les paroles de Mme Mason me rassurèrent. Je hochai doucement la tête, une fois.

- Je vous remercie de la confiance que vous m'accordez, Madame.

Parce que pour m'assurer que quoiqu'il arrive, je garderai mon poste, c'est qu'elle devait bien avoir un peu confiance en moi, non ? Je veux dire, j'étais compétente, mais il arrive des moments où la compétence ne suffisait pas. Madame Mason devait être assurée de mes autres qualités, certainement.

- Vous avez sans doute raison, peut-être ai-je mal interprété ses propos. Ils me semblaient pourtant clairs. Mais je ne suis pas infaillible.

Tu parles, évidemment que j'avais bien interprété ses paroles. Elle n'avait pas pu être plus claire. Mais je n'eus pas le temps d'ajouter quoique ce soit. Nous fûmes interrompue par l'arrivée totalement impromptue de la Magpie. Enfin, impromptue pour moi en tout cas, Madame Mason savait certainement qu'elle venait.

Je relevai les yeux vers la Magpie, et un sursaut de politesse m'incita à me lever pour l'accueillir. Je ne l'aimais pas beaucoup, mais je n'avais pas oublié les bonnes manières qu'on m'avait enseignées. En ce sens, mes parents avaient fait de l'excellent boulot. Mais c'étaient eux, également, qui m'avait appris à toujours dire ce que je pensais. C'étaient eux qui nous avaient appris à ne jamais nous écraser devant les autres. Et je n'avais pas l'intention de le faire devant cette femme. Surtout pas ! Attendez, je m'étais battue durant la bataille de Poudlard, je n'avais pas plié devant les Mangemorts. Alors ne vous attendez pas à ce que je ploie devant cette... horrible bonne femme.

Et elle fit une chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas. En guise de salutation, elle s'approcha vers moi pour me donner l'accolade. Accolade à laquelle je répondis, bien sûr, trop interloquée pour songer à faire quoique ce soit d'autre. Mais lorsqu'elle se détacha de moi et que je repris mes esprits, je ne pus que me demander ce qu'elle mijotait. J'avais l'intuition qu'elle préparait un sale coup. Mais peut-être étais-je trop parano. Après tout, cette femme méritait peut-être que je lui donne une seconde chance ?

- Je ferai de mon mieux pour que notre collaboration soit à la hauteur de vos attentes, Madame Magpie.

Traitez moi d'hypocrite si vous le voulez, mais je vous assure que j'étais sincère. J'avais quelques réserves, bien entendu, eut égard à ce qui s'était passé la dernière fois. Malgré tout, puisqu'on me demandait de travailler avec elle, j'allais faire mon possible pour que ça se passe bien. Parce que ça aussi, c'était quelque chose que mes parents m'avaient appris.

- C'est un beau projet. Espérons que les jeunes se prennent au jeu, répondis-je à la question de la directrice.


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Mildred ne pouvait que s'enthousiasmer de l'entrain manifesté par ses futures collaboratrices au sujet de son projet d'Atelier Théâtre. Elle posa délicatement ses petites lèvres pincées sur le rebord de la tasse de thé pour en boire une gorgée; Son regard perçant de journaliste jonglant de l'une à l'autre des deux femmes. Aucun détail ne devait lui échapper, tandis qu'elle s'apprêtait à délivrer certaines bases de ce projet.

"Excellent! Pour encadrer nos petits trésors, sachez que je compte bien faire venir de vrais comédiens professionnels et m'entourer des meilleurs spécialistes dans l'art du spectacle! Croyez-moi, c'est bien plus qu'un simple atelier : Car je devrai produire dans l'année qui suit, un show fabuleux sur les planches même de mon Cabaret; Une ode à la jeunesse dont le thème central sera basé sur la trame principale de mon roman "Les Hauts de Hurlelune". Quelle apothéose cela serait pour nos chérubins que de voir leurs efforts récompensés en se produisant devant un large public! N'est-ce point là une merveilleuse expérience humaine? Une aventure qui renforcera leur confiance individuelle, tout en les ouvrants sur le monde extérieur! Bref, le projet pédagogique tout simplement par-fait! "

Maintenant que les bases de l'Atelier étaient posées, il lui fallait en rajouter les conditions. En femme vénale, Mildred Magpie n'était pas du genre à œuvrer bénévolement, ni même à se priver de son confort personnel sans rétribution. Elle toussota légèrement avant de reposer sa tasse en porcelaine sur l'un des angles du bureau de la Directrice.

"Vous comprendrez également que monter une entreprise aussi fastidieuse nécessite forcément un coût. C'est pourquoi, je tiens à poser certaines conditions qui puissent rendre possible son aboutissement. Primo, si je vous ferai grâce des dépenses engendrées par la venue de mes comédiens et autres employés, je compte bien en contrepartie percevoir un salaire à la hauteur de mon investissement. Après tout, ce n'est pas tout le monde qui peut s'offrir les services de la grande Mildred Magpie, et cela ne fera qu'accroitre le prestige de cette fabuleuse école. "

Un petit geste souverain du menton ponctua cet étalage de pommade d'autosatisfaction. Puis Mildred, se tourna légèrement vers Abigail pour lui asséner sa deuxième condition.

"Secundo, dans le but de faciliter le travail de lecture des élèves à l'atelier Théâtre, il me parait naturel de gonfler le nombre d'exemplaires des "Hauts de Hurlelune" présents dans les rayons de votre bibliothèque! A l'heure actuelle, je ne compte qu'un seul malheureux ouvrage, ce qui à mes yeux est réellement insuffisant en vue de son apprentissage. J'espère que notre charmante bibliothécaire, ici présente, pourra combler cette lacune et passer commande auprès de ma maison d'édition. "

Après un dernier sourire affable en direction de la bibliothécaire, Mildred poursuivit ses requêtes, qui n'étaient rien d'autres que des rockets dans les finances de l'école de Poudlard.

"Tertio, si je venais à devoir m'installer durant quelques nuitées; J'aimerai pouvoir disposer d'un logement digne d'accueillir une romancière de ma renommée. C'est la moindre des choses! Une chambre dans le style rococo, ainsi qu'une salle de bain de luxe privative seraient une maigre contribution par rapport à la publicité que je vais accorder à votre école. Vous ne trouvez pas? "

Arborant l'air satisfait d'une enfant pourrie gâtée, Mildred croisa les bras sur sa poitrine; Nul doute que l'on ne pouvait rien refuser à une star de son acabit!



               
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Voir Abigail et Mildred nouer des liens faisait véritablement plaisir à Daisy qui leur adressa un sourire. Elle était persuadée qu'une bonne équipe était une équipe soudée et qui avait la volonté de travailler ensemble dans une bonne coordination et c'est pour cela qu'elle accordait une attention toute particulière aux relations entre ses collègues... Et pour cela que la présence d'Adonis la dérangeait. Il était facteur de divisions pour plusieurs raisons, derrière des devants d'unité, et ce n'était pas ce qu'elle appréciait. Mais pour le moment, il n'était pas temps de penser à son sous-directeur mais plutôt au bon déroulé du projet d'Atelier Théâtre qui s'annonçait très prometteur, surtout avec l'enthousiasme de Mildred. Contrairement à certains qui avaient sur la romancière un avis très tranché, Daisy n'était pas encore vraiment très prononcée. Il est vrai que des journaux tels que Multiplettes n'étaient pas sa tasse de thé mais on ne pouvait pas juger quelqu'un sur son travail et quand bien même Multiplettes lui posait quelques problèmes d'éthiques, peut-être que sa propriétaire était tout à fait différente. Les gens étaient souvent surprenants et c'est quelque chose qu'elle essayait toujours de garder à l'esprit quand elle rencontrait quelqu'un. De plus, il ne fallait pas oublier que Miss Magpie prenait sur son temps personnel pour les aider dans ce projet alors qu'elle était sûrement une femme très occupée à la carrière très prenante.

- Des comédiens professionnels ? répéta-t-elle avec un sourire. C'est vraiment une très bonne idée ! Elle qui se plaignait que Poudlard était trop fermé sur l'extérieur et que le monde du travail, ce genre d'interventions ne pouvaient être que positives ! Elle hocha la tête à la suite du discours de Mildred, sur le spectacle de fin d'année. Oui, puis cela donnera peut-être envie à plus de monde d'y participer, l'idée du quart d'heure de gloire ! ajouta-t-elle avec malice.

Elle connaissait personnellement quelques éléments qui n'auraient pas dit non à une scène comme celle des Folies Sorcières... Il y avait des graines de vedette à Poudlard, il ne fallait pas croire ! Néanmoins, pas aveuglée par le monde des paillettes, Daisy s'empressa de reprendre son sérieux pour revenir sur des points qui lui semblaient importants.

- Il ne faut néanmoins pas oublier, Miss Magpie, même si j'admire votre enthousiasme, que l'Atelier Théâtre doit rester une activité parascolaire. Ce ne sont encore que des enfants, même si certains quitteront bientôt l'école et ce sont surtout des étudiants : cela ne doit pas trop impacter sur le temps qu'ils consacrent à leur travail et leurs études, c'est primordial.

L'activité prendrait sûrement place sur les week-end mais ces derniers étaient parfois bien occupés entre les sorties à Pré-au-Lard et les matchs de Quidditch ! (Et de Bavboules, nous ne les oublions pas.) Il ne fallait pas que cela empêche les élèves de travailler, après tout, ils étaient là avant toute chose pour obtenir leur diplôme de sorcellerie. Mais Daisy n'allait pas tarder à découvrir que Mildred avait certaines exigences, qu'elle s'empressa d'affirmer. Gardant légèrement le silence, un petit peu circonspecte au début avant de s'en remettre bien vite, elle hocha la tête quand le sujet de l'argent vint sur le tapis.

- Évidemment, tout travail mérite salaire, confirma-t-elle avec un sourire. Elle n'en n'avait jamais pensé autrement, c'était juste la formulation qui lui avait fait marquer l'arrêt. Poudlard a des contrats spéciaux pour les intervenants extérieurs et les contractuels, même s'il est vrai, je dois vous l'avouer, que professeur n'est pas le métier le plus rémunéré au monde, ajouta-t-elle avec un sourire plein de sous-entendus à Mildred. Sûrement bien moins que Multiplettes, les Folies Sorcières ou la vie de romancière à succès en tout cas, songea-t-elle en son for intérieur et il ne fallait pas que Mildred s'attende à des mille et des cents, si ce n'est en gratitude de la part de l'Institution. Ou du moins, de sa part.

Mais le temps des conditions n'était pas terminé et Daisy jeta un coup d’œil à Abigail quand Mildred demanda plus d'exemplaires des Hauts de Hurlelune dans la bibliothèque. Elle pouvait comprendre cette demande légitime, c'était parfois difficile pour certaines familles d'acheter les nombreux livres de classe, alors des livres en supplément... Néanmoins, elle avait l'impression que sa bibliothécaire ne serait pas exactement du même avis qu'elle, étonnamment !

- C'est à voir avec Miss O'Brien, affirma Daisy avec un sourire pour ne pas subtiliser le droit de réponse de son employée, mais je pense que cela ne devrait pas poser de problèmes, en fonction du nombre d'élèves qui s'inscrivent à l'Atelier.

Ils pouvaient bien assumer quelques livres supplémentaires et de toute manière, aux côtés de Miss O'Brien, ils avaient entrepris de diversifier la section divertissement de la bibliothèque de l'école qui avait été très longtemps très académique. Évidemment, les élèves avaient besoin de livres pour étudier mais ils vivaient également à l'année et commander des livres chez Fleury et Botts pouvait revenir cher. Daisy voulait qu'ils puissent trouver un bon roman policier ou fantastique à la bibliothèque si l'envie leur en prenait, ne serait-ce que pour donner aux plus récalcitrants l'envie de bouquiner. Peut-être qu'un club de lecture pourrait être une bonne idée ? A creuser ! De toute manière, l'arrivée de Miss O'Brien était un vent de fraîcheur pour cette école. Bien différente des autres bibliothécaires plus austères, avec tout le respect qu'elle leur devait, cette dernière apportait de la jeunesse dans le lieu antique et c'était parfaitement le genre de choses que Daisy espérait pour l'école !

Néanmoins, elle fut bien vite sortie de ses considérations de direction par les nouvelles requêtes de Miss Magpie. Un salaire, certes, des livres supplémentaires, certes... Une chambre rococo ?! Les appartements privés étaient réservés aux professeurs, dans de rares cas, à leurs conjoints mais c'était à la discrétion de l'enseignant concerné... Il était bien rare que les visiteurs extérieurs dorment dans les murs de l'école, pour de multiples raisons, notamment sécuritaires ! Et les appartements disponibles étaient... Et bien, des appartements de fonction. Chacun les aménageait à son goût et la magie permettait quelques fantaisies mais ce n'étaient pas non plus des villas à Saint-Tropez.

- Loin de moi l'idée de paraître impolie, Miss Magpie, si vous estimez avoir besoin d'un logement pour quelques nuits, nous pourrons nous arranger mais j'ai bien peur que le style rococo se limite à une lampe à plumes du feu professeur Dumbledore et la salle de bains de luxe privative à une salle de bain privative tout court ! ajouta-t-elle avec un rire. Elle ne dévoilerait pas la salle de bains des préfets, quand même pas. Mais on y dort bien, Poudlard est très calme, la nuit. Cela vous rappellera des souvenirs !

Les visiteurs de l'école semblaient souvent être animés d'une nostalgie lorsqu'ils remettaient les pieds dans cette école qui avait accueilli toute leur adolescence. Mildred Magpie, elle, semblait plus animée par un besoin féroce de reconnaissance de sa personne, qui laissait Daisy un peu perplexe. Elle la fixa quelques instants avec d'esquisser un sourire. C'était sûrement ça, les stars, toujours avec un tempérament particulier ! Elle n'était pas du genre à s'offusquer pour si peu ou à monter aux rideaux devant les demandes un peu farfelues de la romancière. Elle mesurait la chance qu'ils avaient de pouvoir monter un tel atelier et elle était certaine que les qualités de Miss Magpie pourraient être très utiles pour ce projet. Néanmoins, elle commençait à peu près à voir ce que Abigail avait pu vouloir lui exprimer en début d'entretien... Les choses semblaient bien différentes lorsqu'elles étaient rapportées par Adonis mais ce n'était pas vraiment une surprise ! Buvant une gorgée de thé. Daisy garda le silence quelques instants avant de reposer sa tasse.

- Nous avons une grande chance d'avoir une femme du monde comme vous parmi nous, Miss Magpie, commença-t-elle. Mais Poudlard n'a pas besoin de publicité. Deux raisons à cela : nous ne souffrons pas de la concurrence d'un autre école sur le territoire et nous sommes renommés pour notre apprentissage de la magie dans toute l'Europe.

Et cela continuerait à prévaloir au profit d'un atelier théâtre aux yeux des autres pays, même si Daisy s'accrochait à cette idée.

- Je pense que nous avons toutes les deux quelques chose à y gagner, voyez-vous. Nous, nous bénéficions de votre expérience et vous, vous bénéficiez de la publicité que cela vous apporte. Et d'une splendide lampe en plumes, ne put-elle s'empêcher d'ajouter avec malice. Votre investissement à Poudlard trouvera grandement écho auprès du conseil d'administration et des parents d'élèves, les initiatives culturelles sont toujours bien appréciées et vos activités variées ne peuvent que renforcer votre popularité au sein du monde magique, n'est-ce pas ? Daisy n'était ni une politicienne, ni une starlette mais elle n'était pas assez bête pour ignorer ce genre de choses. Vous voyez, je pense que notre collaboration - et elle insista sur le mot pour que Miss Magpie se détache de l'idée qu'elle leur faisait une immense faveur - peut-être très fructueuse. Disons... Trois heures par semaine, salaire de contractuel, avantages matériels avec les repas offerts et éventuellement le logement et, évidemment, votre nom sur le projet pédagogique de l'école. Vous verrez, il n'y a rien de plus gratifiant que de se sentir utile à la jeunesse de ce pays. N'est-ce pas, Miss O'Brien ? Former les jeunes esprits, c'est également formateur pour soi-même.

Spoiler:
 



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Le dos appuyé contre mon dossier, j'écoutai la Magpie avec attention mais sans me départir de la méfiance que je ressentais envers cette harpie. J'avais beau ne pas apprécier cette femme, son projet n'était pas une si mauvaise idée, si on faisait abstraction de l'oeuvre choisie. Le fait de faire intervenir des comédiens professionnels était même une excellente idée. Ils seraient à même de guider les élèves dans leurs premiers pas sur les planches et ceux-ci, qui sait, pourraient être amenés à leur poser des questions par rapport à leur métier.

En somme oui, ce projet n'était pas si mauvais. Je relevai les yeux sur la Magpie et soupirai. Peut-être que je pourrais faire un effort pour m'entendre avec elle. Au moins rester courtoise, pour le bon déroulement du projet et pour éviter aux élèves d'avoir à subir les frais de nos désaccords. Seulement, c'était sans avoir entendu la suite.

Mes yeux s'écarquillèrent alors que la Magpie commençait à poser ses conditions. J'avais raison de me montrer méfiante. Qu'elle demande un salaire, passait encore. Quoique connaissant l'animal, je craignais qu'elle ne demande la lune. Mais ce n'était encore rien comparé à ce que j'allais entendre. Qu'on achète plus de livres de la Magpie ? Et la directrice était d'accord avec ça ?

- C'est à dire que... la bibliothèque ne dispose pas d'un budget extensible. Et qui plus est, il est presque épuisé. Nous ne pouvons pas nous permettre d'acheter un même ouvrage en plusieurs exemplaires...

Je jetai un regard à la directrice. On voyait bien qu'elle n'avait pas à gérer le budget d'une bibliothèque de l'envergure de celle de Poudlard.

- Sans compter que nous nous devons d'avoir un maximum de titres différents afin de permettre aux élèves d'avoir un plus grand nombre de sources dans lesquelles puiser les connaissances dont ils ont besoin. Je suis désolée, mais acheter plusieurs exemplaires d'un même titre ne correspond pas à notre politique documentaire.

Sauf que si je m'en tenais à ces propos, c'était mal partie pour la cordialité avec la Magpie. Peut-être que je devais mettre un peu d'eau dans mon vin ? Quand bien même cela me coûtait, j'ajoutai...

- Mais je suppose que je peux en acheter un ou deux supplémentaire. Si Madame la directrice accepte d'augmenter notre budget en conséquence. Mais de toute façon, votre ouvrage a eu tellement de succès, les élèves en possèdent certainement déjà un exemplaire, ils n'auront pas forcément besoin de ceux de la bibliothèque.

Et puis la troisième condition de la Magpie acheva de me clouer sur place. Une chambre luxueuse ? Dans un style rococo ? C'était une blague ? Non, sérieusement ? Pour le coup, je me serais presque mise à rire. Mais j'eus la présence d'esprit de n'en rien faire. Nul doute que cela n'aurait fait qu'attirer encore plus les foudres de la Magpie sur moi. Je n'en avais pas vraiment besoin, n'est-ce pas ?

Entre nous, pendant quelques secondes, je craignis que la directrice ne soit acquise à la cause de la Magpie. A l'entendre parler, j'avais l'impression qu'elle allait presque dire amen à tous ses souhaits. Mais en prêtant plus attention à ses paroles, je m'aperçus qu'en réalité, elle brossait cette chère Mildred dans le sens du poil, et qu'elle la remettait gentiment à sa place. Et je devais bien avouer que ça me rassurait en un sens. La Magpie n'était donc pas encore la reine à Poudlard !

En attendant, moi, je n'avais plus rien à faire dans ce bureau, n'est-ce pas ? La directrice m'avait fait part de son envie de me voir travailler avec la Magpie, celle-ci avait exposé ses conditions, pour ma part, j'avais dit tout ce que j'avais à dire, inutile passer plus de temps dans cette pièce. Pour être honnête, moins je verrais cette bonne femme et mieux je me porterai !

Je reposai donc ma tasse de thé et me levai.

- Je vous prie de m'excuser, j'ai encore beaucoup de travail qui m'attend à la bibliothèque et je ne peux pas laisser les élèves seuls, ils pourraient avoir besoin de mes services. Alors si vous le permettez, j'aimerais retourner à mon poste.

Et je quettai un signe d'approbation sur le visage de ma directrice.


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Les réponses apportées par ses deux futures collègues ne tardèrent pas à désigner les limites auxquelles la Diva de Bristol devrait obligatoirement se restreindre, si elle souhait réellement montée son projet d'Atelier Théâtre. Que ce soit Poudlard ou la Bibliothèque, l'une et l'autre défendaient farouchement leurs petits univers respectifs, bien décidées à toutes les deux à ne pas laisser l'envahissante romancière venir piétiner les us et coutumes d'une école enrichit d'une histoire vieille de plusieurs millénaires. Dans sa volonté de s'imposer à Poudlard, Mildred Magpie était prête à consentir à certains efforts, et à revoir notamment à la baisse ses exigences en matière de confort et de luxe. Au diable les draps de soie, et les bains à bulles magiques qui lui soulageaient si agréablement ses courbatures de quinquagénaire. Au moins la Directrice Mason et la bibliothécaire O'Brien paraissaient toutes deux disposées à la réalisation de son projet, il ne fallait point les brusquer davantage. D'un geste quelque peu théâtrale de la main, elle fit mine de bien vouloir renoncer à son confort personnel.

"Alors tant pis pour mon confort! Mon désir de transmettre ma passion pour le théâtre à nos tendres chérubins, passent avant toutes considérations personnelles. Je me contenterai alors d'une lampe en plumes, plutôt que d'une en cristal. Que les choses soient ainsi, et puis... " Mildred marqua un petit temps d'hésitation avant d'ajouter. "Lors de ma dernière visite, je me suis laissée entendre dire que la Chambre du Sous-Directeur, Monsieur Greengrass, était particulièrement spacieuse. Avec un peu de chance, il aura la courtoisie de me la céder le temps de mon séjour. A n'en pas douter, c'est un gentleman qui ne manque aucunement de galanterie, et vous n'aurez guère besoin de chercher vos mots pour le convaincre. Non? "

Profondément rancunière, Mildred Magpie ne reculerait devant aucunes crasses qui puissent affecter le quotidien de son ancien amant. Il avait peut-être brisé sa vie amoureuse, elle comptait en faire de même avec sa carrière. Toutefois, elle préféra éviter de manifester sa rancœur de manière trop visible, alors que Daisy Mason lui exposait les détails contractuels de sa venue à Poudlard. C'est alors qu'elle prononça une phrase qui culminait dans les plus hautes sphères de son hypocrisie naturelle.

"Vous savez, je ne suis pas de ce genre de femmes qui courent après les galions et bonne fortune. Mon implication est purement artistique, et j'espère qu'elle ouvrira les portes du Théâtre à notre jeunesse... "

En réalité, Mildred Magpie entrevoyait l'incroyable jackpot qu'elle pourrait inévitablement réaliser en enrôlant des jeunes acteurs jusqu'alors inconnus pour sa célébrissime mise en scène des "Hauts de Hurlelune". Pour créer le Buzz magique, il fallait susciter la curiosité et prendre obligatoire des risques. Être là, où on ne l'attendait pas, et accepter des challenges aussi risqués soient-ils. Ce Monde Magique avaient besoin d'un vent de fraicheur, et d'une jeunesse incandescente pour faire rejaillir une passion endormie depuis trop longtemps. La romancière était persuadée de pouvoir trouver sa Peggy Black et son Feodor au sein des murs de cette école magique! Bref, elle savait qu'elle allait trouver les futures stars incontournables de demain, et cela n'avait aucun prix. C'est pourquoi, elle ravala sa fierté et écouta attentivement les propos de la jeune Bibliothécaire, qui se dévoilait sous les traits d'une jeune femme passionnée, bien décidée à protéger sa bibliothèque de toute excentricité qui la conduirait à la faillite.

Abigail O'Brien avançait des contraintes budgétaires à la requête de la romancière qui voulait booster le nombre d'exemplaire des "Hauts de Hurlelune" présents dans les rayons de sa bibliothèque. Une logique financière qui n'effrayait nullement la femme d'affaire de Bristol, qui savait comment un simple geste commercial pouvait contribuer à doubler les gains futurs. Le regard compatissant de la romancière plongea dans celui de la bibliothécaire alors que celle-ci semblait vouloir retourner auprès de ses élèves. Mildred lui saisit alors affectueusement le bras, dans un geste empreint de savant calcul.

"Ma chérie, je vous en prie... N'ayez aucune crainte pour l'avenir de votre bibliothèque, car je compte bien apporter une contribution financière à la requête que je vous impose. Je vous fournirai tous les exemplaires que vous jugerez nécessaires à la bonne marche de l'Atelier Théâtre. C'est la moindre des choses que je puisse accomplir envers ce lieu magique qui m'a donné jadis le plaisir de la lecture mais surtout l'envie d'écrire... " Mildred posa une main sur son cœur, avant d'ajouter d'une voix secouer par l'émotion naissante : " Je sais que certains pseudo critiques littéraires jugent mes œuvres comme de la simple littérature à l'eau de rose. Mais quelques grammes de légèreté dans ce monde de brutes, ne ferait-il pas le plus grand bien à notre jeunesse? Toutes les deux, nous avons exactement le même but, et je suis persuadée que nous pourrions former une belle équipe qui pousserait notre jeunesse vers le chemin de la lecture. " Mildred sortit un petit brocard en soie pour éponger une larme d'émotion. "Je suis désolée, mais je crains d'être trop émue pour poursuivre davantage cet entretien. Je vous demanderai simplement de réfléchir à mes propositions, et de croire en ma bonne foi. Sur ce, passez une agréable journée et encore merci de m'avoir reçue... "

Mildred décida alors de se retirer dans une attitude aussi théâtrale qu'inspirée pour s'attirer les bonnes grâces de Pouldard.



               
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Si ce n'était qu'une lampe en plumes, alors... pensait Daisy avec un certain amusement qu'elle dissimulait. Elle avait du mal à différencier le personnage de Mildred et la sincérité dans ses propos. Qu'est-ce que c'était une lampe en plumes d'abord ? Elle n'avait pas très envie de mettre le feu à l'école, cela passait assez mal sous un directorat. Mais bon, Poudlard regorgeait d'objets en tout genre, elle devrait bien trouver une lampe en plumes dans les affaires jamais récupérées du professeur Binns : il avait un goût particulier en matière de décoration. Le discours de la rédactrice-en-chef était assez paradoxal quand on y pensait bien, passant de revendications pécuniaires exorbitantes à une assurance de la pure mansuétude de ses interventions. Daisy ne s'en formalisait pas : les artistes étaient toujours un peu particuliers et tant que le collège pouvait s'y retrouver à la fin, elle était gagnante. Néanmoins, elle eut un temps d'arrêt devant la dernière demande de Mildred. La chambre d'Adonis... ? Voilà qui était novateur. Les propos de ses filles au sujet de Cinquante Nuances de Green lui revinrent à l'esprit - Jane affirmait qu'il s'agissait du sous-directeur de l'école, chose que Daisy ne voulait pas savoir - et elle fixa Mildred quelques secondes. Jamais Adonis ne céderait ses appartements et elle était loin de pouvoir - ou de vouloir - lui en tenir rigueur. Néanmoins, peu prête à se lancer dans un tel débat, elle se contenta de sourire, ses mains croisées sous son menton.

- Je lui en toucherai un mot, affirma-t-elle.

Elle le ferait sûrement, d'ailleurs, elle ne mentait pas. Juste pour le plaisir de voir le visage de son sous-directeur à l'idée de la rédactrice-en-chef envahissant son espace personnel avec ses lampes à plumes. Amusée par l'idée, elle mit quelques secondes avant de revenir à la conversation, alors que la seconde de ses interlocutrices prenait la parole. Abigail était vraiment une bonne bibliothécaire, songea Daisy l'espace d'un instant alors que cette dernière entreprenait d'expliquer à Mildred la politique de la librairie concernant les ouvrages. Elle savait s'exprimer avec calme, défendre sa vision des choses, le projet qu'elle voulait mener pour le lieu. Elle n'était pas encore en poste quand il avait fallu remplacer Mrs Pince, partie à la retraite, mais cela avait été difficile tant elle avait été un personnage emblématique de l'école. Mais si elle pouvait se le permettre, Daisy préférait largement la manière de gérer les choses de Miss O'Brien : elle proposait une vision bien plus moderne de la bibliothèque et Daisy ne pensait pas trop s'avancer en disant que les élèves préféraient y aller maintenant qu'elle la dirigeait. Elle s'apprêtait à répondre à la requête d'Abigail - elle ne savait pas tellement pour le budget, il fallait vérifier mais elle était d'accord avec son argument sur le fait que les élèves ait des ouvrages personnels - quand Mildred prit la parole avant elle.

- C'est très généreux de votre part, Mrs Magpie, lança-t-elle quand elle annonça que les ouvrages seraient offerts. Poudlard vous en est reconnaissant.

Elle n'était pas certaine de la dernière affirmation mais Mildred semblait sincèrement touchée par l'idée d'aider l'école, ce qui tira un doux sourire à Daisy, qui se leva lorsque son interlocutrice prit congé, les yeux humides. Les anciens élèves avaient souvent un attachement très particulier pour le collège qui les avait vus grandir durant sept longues années, qui avait accueilli les joies et les peines de leur adolescence, leur première prise d'indépendance. Elle-même avait pour cette école une loyauté exemplaire et s'épanouissait en y restant, en reprenant le flambeau des enseignants qui lui avaient donné le goût de transmettre et d'accompagner les jeunes sorciers sur le chemin de la connaissance et de l'âge adulte.

- Tout le plaisir fut pour moi, Mrs Magpie, assura Daisy en lui tendant la main. J'espère que notre collaboration sera longue et fructueuse.

Alors que Mildred sortait de la pièce, Abigail reprit la parole pour demander l'autorisation de retourner à son poste, chose que Daisy accepta évidemment d'un sourire.

- Merci pour le temps que vous m'avez consacré aujourd'hui, Abigail. Vous êtes une vraie perle, je suis chanceuse de vous avoir.

Elle le pensait véritablement. Son ancienne équipe lui manquait, ses collègues lui manquaient, elle se sentait menacée par la présence du Ministère au travers d'Adonis mais elle savait qu'elle pouvait compter sur certains membres de l'équipe qui étaient là pour les mêmes raisons qu'elle : leur loyauté à l'école et à leurs élèves. Abigail, Thelma, Neville, Peter... Autant de gens qui lui donnaient la foi de continuer dans ce fauteuil qui lui semblait bien trop grand pour elle. Mais qu'elle essayait de remplir avec toute sa détermination, et surtout, sa volonté de bien faire.

FIN DU RP


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« Le monde entier est un théâtre » [Mildred & Abigail]

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