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 The Drink of Despair [Roy & Leopold]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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5 avril 2009

"Laissez-moi passer."

La voix basse et impérieuse sonna familièrement aux oreilles de Dimitri, qui fronça les sourcils. Le Veilleur échangea un regard étonné avec son collègue, qui tenait comme lui l'entrée des Folies, en reconnaissant l'homme qui écartait la file pour les rejoindre, la mine sombre. Leopold se planta devant eux, flanqué d'un homme en noir que Dimitri reconnut aussitôt, et vrilla un regard impatient sur celui qui n'était autre que son espion, attendant ostensiblement qu'il s'écarte pour le laisser passer. En temps normal, Dimitri se serait aussitôt exécuté, mais Leopold ne débarquait jamais par l'entrée principale, un soir où il n'y avait ni soirée privée ni réunion du cercle de prévue. Bien au contraire, la soirée battait son plein à l'intérieur et il n'était pas très bon que le ministre de la magie soit vu en train de s'acoquiner aux Folies... Quelque chose avait dû arriver, songea Dimitri en tentant de sonder son patron du regard, sans se faire remarquer par l'autre Veilleur. Leopold avait l'air fatigué, cela le frappa tout de suite. Son teint était grisâtre, des cernes s'étiraient sous ses yeux et il semblait vieillit. Et de très mauvais poil.

"Monsieur le ministre ?", commença Dimitri prudemment, avant de s'avancer très légèrement pour glisser : "Il y a du monde ce soir, vous êtes sur que..."

"Laissez-moi passer", répéta Leopold, agacé d'avoir à se répéter. Il n'avait pas de temps à perdre en vaines paroles. Il n'avait pas envie de discuter, d'argumenter ou de se justifier. Il était Ministre de la magie, par Salazar ! Ministre ! Cela signifiait qu'ils devaient lui obéir, tous autant qu'ils étaient. Cela signifiait qu'il pouvait obtenir ce qu'il désirait, quand il le désirait. C'était bien là tout l'intérêt d'avoir conquis ce pays, entièrement ! Avoir un pouvoir sans limites, un pouvoir infini. Et pourtant, ce soir, ses employés n'avaient su obtenir ce qu'il souhaitait. Quelque chose lui avait échappé, pour la première fois depuis bien longtemps, pour la première fois depuis qu'il avait obtenu tout ce pouvoir, vraiment. Et il n'aimait vraiment, vraiment pas cela.

Son espion finit donc par lui laisser le champ libre et il pénétra d'un pas de conquérant dans le Hall des Folies Sorcières. La démarche militaire, le visage ombrageux et le regard assassin, Leopold se dirigea vers la partie cabaret et se fraya aisément un chemin jusqu'au comptoir. Il n'eut aucun mal à ignorer les expressions de surprise que provoquèrent son arrivée, et l'air incertain du serveur, tant son esprit était encombré par cette colère lourde, poisseuse, qui osbruait tout.

"Une bouteille de votre meilleur Vin des Elfes", ordonna-t-il en se laissant tomber sur un tabouret au comptoir, le dos tourné à la pièce. Jacob valait bien la peine qu'il boive quelque chose de rafiné en son honneur.

Alan était resté à deux pas de lui et surveillait la foule nerveusement, inquiet d'être le seul homme chargé de la protection du ministre, qui avait congédié son service de protection. Leopold, lui, fixait le comptoir en ruminant d'obscures pensées, alternant entre colère et abattement. Le goût du Vin des Elfes, cet alcool fin et luxueux qui ravissait toutes les papilles, lui fit l'effet d'un jus de raisin et il grimaça, avant de se resservir un second verre, puis un troisième. La bouteille était déjà vide quand une silhouette familière osa se glisser aux côtés du ministre.

"Roy ! Parfait, viens par là, on va boire. Whisky Pur Feu", marmonna-t-il à l'attention du serveur, avant de tourner un visage faussement joyeux vers Roy. Une lueur au fond de ses yeux trahissait le danger, l'humeur irascible dans laquelle se sentait le ministre, venant démentir la bonhommie qu'il affichait presque malgré lui. L'ironie semblait l'habiter. N'était-ce pas ironique, que de perdre son meilleur homme, son meilleur soutien, à l'heure où tout semblait nous réussir ? C'était comme s'il perdait une bataille alors qu'il avait déjà gagné la guerre...

La main de Leopold tremblait un peu quand il versa un verre à Roy, avant de s'en servir un autre. Cul sec. Il n'avait pas envie de faire la conversation. Que Roy soit venu pour le surveiller ou pour lui faire des remontrances, il n'en avait cure : ce soir, il avait besoin d'un compagnon de beuverie. Pour noyer sa colère. Il n'aimait pas la colère. C'était inutile, et encombrant. C'était un sentiment, et Leopold n'était pas homme de sentiments...



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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy tenait son rôle habituel dans la soirée qui battait son plein au casino, à vérifier que tout tournait bien, que ses Veilleurs étaient bien à leur poste, qu’il n’y avait aucun débordement. Les soirées s’enchaînaient avec la force de l’habitude pour lui, désormais, il savait qu’après ce petit tour de contrôle, il irait au QG pour revêtir sa casquette de chef de mafia. De nombreux dossiers l’attendaient, comme l’affaire June Byrd qui n’était finie, même si elle n’était plus sa priorité. Si son travail au casino s’illustrait par sa platitude ces derniers temps, côté mafia, il y avait quelques nouvelles intéressantes et notamment l’idée d’une rencontre entre chefs de gang qui se susurrait dans le pays, lui avait soufflé Evan le matin-même…

Cependant, ce soir-là, un peu d’animation devait perturber la routine du gérant de casino. Quand un des Veilleur à la sécurité lui annonça la venue imprévue de Leopold, le premier réflexe de Roy fut de faire un mouvement pour se diriger vers le premier étage, mais à sa surprise, le Veilleur l’avait retenu avec un certain embarras. « Ici, dans la salle » avait t-il avoué, sous le regard interloqué de Roy. Comment cela ? Leopold ne venait jamais ici quand le cabaret était ouvert à toute clientèle, par souci pour son image, ce qui était compréhensible. Oh Roy était bien placé pour ne pas ignorer que le Ministère gardait un contrôle sur la presse, mais s’il était vu régulièrement aux Folies Sorcières, cela restait fâcheux, car les ragots étaient plus difficilement contrôlables. Museler la presse n’empêcherait pas les gens de parler, quand on savait la quantité de monde que brassait le cabaret, il y avait de quoi rester prudent.

Il suivit donc les indications qu’on lui fournit pour retrouver Leopold au bar, et la première chose que Roy remarqua en approchant fut justement les chuchotis appuyés autour de lui, et les regards interloqués. Le ministre en personne, au comptoir, à boire comme monsieur tout le monde, sans même l’ombre d’un service de sécurité visible autour de lui ! De plus en plus stupéfait face à la situation, Roy s’approcha avec une certaine prudence. Il ne savait pas pourquoi, un pressentiment, ou l’espèce d’aura que dégageait le dos voûté de Leo concentré à vider son verre d’alcool… Roy n’ignorait pas le penchant du ministre pour l’alcool, mais le voir boire en public ? Voilà ce qui était inhabituel.

Leopold le devança dans son approche en l’interpellant dès qu’il sentit sa présence. Comprenant à son ton qu’il n’avait pas vraiment le choix, Roy prit place sur la chaise à côté de lui, sans saisir le verre qu’il lui offrait, toutefois. Un sourcil haussé, il assista à la scène de Leopold vidant son verre cul sec, de toute évidence, pas son premier. Tentant de deviner ce qui l’amenait à se soûler en public -certainement pas la joie comme essayait de le faire croire un entrain mal feint- Roy pensa assez vite à la pression de ces derniers jours qui reposait sur le ministère. L’ambiance n’était pas très bonne, globalement, leur cercle s’était quelque peu assombri, il l’avait bien senti, depuis la disparition inexpliquée de Jacob. Plus les jours passaient, plus il était difficile de croire que le directeur de département avait simplement pris des vacances sans prévenir…

« Leopold… commença t-il prudemment, attendant que le ministre lui fasse signe qu’il l’écoutait. Je suis pas le genre à jouer les chaperons mais… Tu es au courant que tout le monde te regarde, là ? »

Roy avait pris soin de parler assez bas pour que seul Leopold l’entende dans le bruit ambiant. Préoccupé par l’attitude inconsciente du ministre, lui qui pourtant excellait dans l’art de se faire passer pour un honnête homme, Roy jetait des regards autour d’eux pour vérifier qui était dans les parages. Il accrocha le regard d’Alan, qui semblait soucieux lui aussi, mais ne vit personne d’autre de la garde rapprochée de Leopold. Il n’avait donc même pas jugé bon de faire preuve de prudence, lui qui d’habitude prenait toutes ses précautions, parfois même un peu trop.

« Ce n’est pas le meilleur endroit pour te soûler… »

*Allez Leo qu’est-ce que tu me fais là ?* songeait Roy en reportant son regard sur lui.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Eh bien qu'ils regardent !", s'exclama le ministre d'un ton bourru, se retournant pour jeter sur la salle un regard noir d'irritation. Leopold reporta son attention sur le comptoir lisse, sur lequel il se mit à tracer des ronds imaginaires, en répétant dans sa barbe : "Qu'ils regardent..."

Qu'est-ce qu'il en avait à faire, de l'opinion d'une bande de sorciers médiocres ? Le moment le plus palpitant de leur existence consistait à venir ici perdre tous leurs gallions durement gagnés pour remplir les poches d'une bande de mafieux. Leopold n'avait pas à se soucier de ces gens-là. C'était eux qui devraient se soucier de lui, si d'aventure il lui arrivait un peu trop souvent de se sentir dans l'état dans lequel il était ce soir... Un état fait de lassitude, de frustration et de colère mélangées, un état dangereux qui faisait luire au fond de ses yeux une petite lueur ombrageuse. Ce soir, Leopold n'était pas le ministre emprunt de bonhommie et de charisme qu'ils avaient élus, cet homme admirable et un poil impertinent qui se targuait de mener le pays vers de joyeux lendemains enchanteurs. Non, ce soir, Leopold tombait le masque, juste un peu, juste le temps d'un verre. Ou de dix.

Il ne pouvait plus prétendre que tout allait bien, que la situation était bien en main et sous contrôle. Ce soir, c'était un homme tourmenté qui venait, comme tant d'autres avant lui, noyer ses pensées sombres au comptoir des Folies. Toutes les faiblesses de Leopold, qu'il s'employait si bien à dissimuler lorsque cela l'arrangeait, semblaient rejaillir sous les yeux de son acolyte. Cette faiblesse, dans sa main qui agrippait la bouteille, remplissait le verre, dans ce corps vieux et impuissant. Cette médiocrité, chez un homme qui pensait pouvoir tout contrôler et tout façonner selon ses quatre volontés, car cette fois, il avait échoué. Les lèvres fines de Leopold étaient resserrées et livides, son front était plissé de fines rides qui semblaient toutes renfermer des menaces de revanche et de lendemains qui pleurent.

Ah, c'était comme cela ! Ah, ils avaient voulu jouer aux plus mâlins ! Eh bien ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Leopold s'accordait une soirée, juste une soirée de faiblesse, et ensuite... Il allait se reprendre. Reprendre son Ministère, reprendre son pays et leur montrer, à tous, qui il était. Ce qui les attendait s'ils osaient encore le défier. Oui, Leopold était un homme dur, exigeant avec les autres, mais il l'était tout autant avec lui-même. Et à partir de cet instant, ce qu'il exigeait de lui était bien simple. Il allait découvrir ce qui était arrivé à Jacob. A cause de qui c'était arrivé.

Et il allait le venger.

"Il n'y a pas de mauvais endroit pour boire."

Mais l'alcool ne lui faisait rien, si ce n'est augmenter son irascibilité. Le garçon de bar s'était vite enfui vers d'autres clients moins illustres et, poussant un grognement mécontent, Leopold se hissa par-dessus le comptoir pour attraper une bouteille de Ragnarov. Le fameux alcool gobelin dont il raffolait lui soutira un soupir d'apaisement lorsqu'il descendit le long de son gosier et Leopold consentit enfin à tourner vers Roy un visage mi-figue mi-raisin.

"A Jacob", souffla-t-il en plongeant son regard dans celui de Roy. "Un compagnon d'armes... Un homme digne."

Plus digne que Leopold ne le serait jamais... Il était aussi la personne avec laquelle il avait conquis le pouvoir. La seule, l'unique personne complice de son plus grand méfait, de sa plus belle victoire : le Bloody Sunday, chef-d'oeuvre de perversion machiavélique dont l'on parlerait encore dans cinq siècles... Jacob avait marqué l'Histoire avec lui, dans l'ombre, il avait cru en lui, l'avait soutenu, épaulé, et qui lui restait-il désormais ? Oh, il avait des fidèles, oui... Mais il n'en resterait plus le dixième s'ils apprenaient ce qu'il avait fait. Il ne resterait plus personne. A part peut-être...

Son regard effleura son jeune acolyte une seconde fois, semblant l'évaluer, puis il noya cette pensée dans un verre de Ragnarov. Esquissa une grimace.

"Paix à son âme, où qu'elle soit... Hey, tu sais ce qui irait bien avec tout ça ? Un bon rail de Volubilis !", s'exclama-t-il d'une voix qui portait un peu trop dans le silence du casino, seulement troublé par des conversations à voix basse et par les bruits des machines à sous. Les regards brûlaient encore la nuque du ministre, mais ils le galvanisaient plus qu'ils ne l'inquiétaient. Leopold avait envie de jouer avec le feu ce soir. Il avait presque envie de confrontation, pour pouvoir dégainer cette arme qu'il dissimulait à sa ceinture, pour qu'on lui donne une raison de s'en servir. La vue d'un homme à terre, du sang s'écoulant de ses plaies, voilà qui pourrait peut-être l'aider. Revivre cela... Il y pensait souvent. Encore plus dans des moments comme celui-ci.

"Ou pourquoi pas... Allez soyons fous... T'as bien de la TNB qui traîne dans cette caverne d'Ali Baba, hein mon petit Roy ? Amène-nous ça qu'on s'amuse un peu !"




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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy comprit au ton bourru et au regard obscurci de Leopold qu’il n’était plus tout à fait à même de juger avec clairvoyance. Ce n’était pas qu’une histoire d’alcool, Leopold dégageait une aura sombre et trouble, difficile à démêler. Ce n’était pas la première fois que Roy voyait le ministre de mauvaise humeur. En revanche, il ne l’avait jamais vu se donner en spectacle de la sorte, même profondément contrarié, Leopold était le genre à rester digne et maître de son image. En l’occurrence, il était en train de la saboter joyeusement, son image, et même, de l’affirmer haut et fort. Décontenancé par son manège, Roy n’eut un début de réponse à ses questions qu’au moment où Leopold leva son verre en l’honneur de Jacob. Il l’avait pressenti, la disparition de son bras droit lui minait le moral, ils l’avaient tous senti ces derniers jours, au cercle. L’absence de résultats l’avait rendu irascible, et désormais, déraisonnable…

Accompagnant sans rien dire l’hommage de Leopold, Roy s’autorisa une longue gorgée du verre qu’il lui avait servi d’autorité. Il voyait bien que Leopold avait besoin de compagnie, il était prêt à lui offrir la sienne autant qu’il faudrait, mais par Merlin, pas ici. Ce soir, le ministre s’en moquait peut-être, mais devoir réparer les pots cassés le lendemain allait vite le faire changer d’avis. Roy n’arrivait d’ailleurs pas à croire qu’il tenait à cet instant un discours mental responsable. Sans doute parce qu’il pressentait que cela n’allait pas devenir que le problème de Leopold s’il déraillait, mais également celui de son établissement. Nul besoin que les ragots se multiplient, l’on parlait déjà bien assez dans l’ombre des liens frauduleux entre le ministère et ce commerce outrageux des Folies Sorcières…

Il fut forcé de revenir à ses esprits lorsque la voix de Leopold s’éleva de nouveau, et cette fois, la tournure que prit son discours alarma réellement Roy, qui tourna un regard incrédule vers lui. Mais par Merlin, que lui prenait t-il !

« Leopold… » commença t-il, dans un ton sérieux.

Il s’apprêtait à le sommer d’arrêter, mais Leopold n’en fit rien, bien au contraire. Il s’enfonça dans son délire sous les yeux exorbités de Roy. Mais oui, crions au grand jour que le co-gérant du cabaret passait l’autre moitié de son temps à trafiquer de la TNB, comme si les rumeurs n’étaient pas suffisantes. Un ministre qui réclamait de la drogue publiquement dans un établissement sensé être honnête, était t-il tombé sur la tête ? La main de Roy se referma d’un réflexe sur sa baguette enfouie dans sa poche, alors qu’il sentait l’ambiance autour d’eux devenir, comment dire… plus pesante. Il attrapa le regard choqué de la femme la plus proche d’eux au bar, il n’y avait pas besoin d’être devin pour comprendre qu’elle n’avait rien manqué de la dernière phrase. Discrètement, il sortit le bout de sa baguette pour lancer un sortilège de Confusion informulé. Nul besoin de témoins gênants de ce genre. La cliente cligna des yeux, avant de saisir son verre et s’éloigner, ce qui permit à Roy de revenir vers Leopold et le prendre d’autorité par les épaules.

« Allez, lève-toi, on va faire un tour, somma t-il, d’un ton sans appel, mais néanmoins assez bas pour que seul le concerné entende. Leopold, lève-toi, insista t-il, constatant que son compère n’était pas prêt de l’écouter. Consterné, il se pencha un peu plus vers lui tenter un dernier coup. Tu veux de la TNB ? Eh ben j’en ai pas sous la main, tu vas devoir me suivre. »

Roy releva la tête pour chercher avec empressement autour de lui qui pourrait l’aider. Pourquoi Danielle ou Hailey ne pouvaient t-elles pas apparaître d’un coin de la salle pour venir se charger de nettoyer cette pitoyable scène ? A défaut de l’une d’elles, Roy finit par apercevoir Isobel dans l’un des recoins du casino qu’elle fréquentait le plus souvent. En quelques enjambées, il la rejoignit, posa sa main sur son épaule sans préambule :

« Tu sais si Danielle est là, ce soir ? Non, finalement, Roy n’avait pas le temps de jouer à cache-cache avec la chef des Oubliators. Se ravisant, il demanda directement : Ecoute, si tu veux pas te retrouver demain avec le dossier « Ministre en pleine débauche » sur ton bureau, appelle-la pour qu’elle vienne ici en urgence, parce que Leopold est en train de complètement dérailler. »

Il y avait du ménage de mémoire à faire, et Roy préférait autant ne pas s’en charger, ce n’était clairement pas son boulot. Une fois revenu au bar, ne laissant pas le choix à Leopold, cette fois, il le tira de force hors de son siège pour l’emmener à sa suite, à se frayer un chemin le plus rapidement possible dans la foule. Ils étaient déjà remarqués de toute manière, le plus urgent était de vite s’extirper de la scène publique. Ils rejoignirent le couloir qui menait à son bureau, officieusement QG des Veilleurs. Après avoir pris soin de refermer derrière lui et sommé les deux hommes patrouillant à l’entrée de redoubler de vigilance, Roy finit par se tourner vers Leopold, un air où se mélangeait à la fois incrédulité et sévérité au visage.

« Bon. C’était quoi ce cirque ? Je t’ai déjà vu plus bourré que ça et tu n’agissais pas aussi stupidement. C’est moi ou tu cherchais à te mettre dans une sale situation ? »

Et qu’on aille pas apprendre à Roy Calder comment faire de la provocation, il savait très bien la déceler là où il y en avait.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold suivit le trajet de Roy jusqu'à Isobel et devina ses intentions, louables en soit puisqu'il s'agissait de les tirer d'affaire. Pourtant, elles lui soutirèrent une grimace de déplaisir. Pour une raison ou pour une autre, il n'avait pas envie que la sorcière le surprenne dans cet état. C'était une femme distinguée, intelligente, comme lui au demeurant, quand il le voulait du moins. C'est-à-dire pas ce soir... Ce furent cette raison, et la conscience sourde de tout ce qu'il avait à perdre, qui le poussèrent à se laisser traîner par Roy loin du bar salutaire. Adieux, Whisky, Gobière, Ragnarov, Vodka ! Il était temps de se faire tirer les oreilles. Par Roy, ce qui était pour le moins incongru...

Il se laissa tomber sur un fauteuil de cuir du Q.G des Veilleurs, choisissant sans le savoir la place préférée de Roy. Ignorant le regard un peu trop lourd de son acolyte sur lui, Leopold balaya la pièce des yeux, l'examinant pour la première fois. D'ordinaire, Leopold tenait ses réunions secrètes dans la pièce à l'étage, mais cette fois-ci, Roy avait dû estimer que la situation était suffisamment urgente pour justifier qu'il lui dévoile son bureau - Q.G. C'était un peu étrange de se trouver dans le chef-lieu d'un autre chef de gang, car ils étaient chacun deux parrains en concurrence, en théorie. Pour l'heure, ils étaient surtout deux complices, deux frères d'arme qui devaient affronter une crise. Ils avaient perdu une bataille, quand Jacob avait disparu, et Leopold ne parvenait pas à surmonter sa colère seul. La solitude ne l'avait pourtant jamais dérangé jusqu'à présent, bien au contraîre, c'était un homme profondément solitaire... Mais la disparition de son ami avait fait naître un vide en lui, et il s'était retrouvé, naturellement, inconsciemment, à chercher du réconfort auprès d'un autre ami.

S'affalant contre le dossier du fauteuil, il prit la tête entre ses mains. Il avait piètre mine, Leopold. Avec sa chemise débraillée, ses yeux injectés de sang et les effluves d'alcool qu'il dégageait, il ne ressemblait plus guère à l'homme charismatique et énergique que le peuple avait élu. Leopold paraissait tout sec dans ses habits un peu trop larges, chaque mois à la tête du ministère lui ôtant quelques grammes et kilos, et une lueur inquiétante habitait ses yeux. Les posant sur Roy, il finit par répondre, dans un soupir :

"Peut-être bien. J'aimerais que ceux qui s'en sont pris à Jacob surgissent au milieu de ton casino et aient le courage de m'affronter comme des hommes. On verrait alors..."

Le courage, voilà une valeur bien peu présente dans ses discours habituels, mais il méprisait au fond ces gens qui n'avaient fait que s'en prendre au bras droit lorsque c'était la tête qu'ils visaient. C'était lui qu'ils voulaient. Lui qui aurait su se défendre - parce qu'il s'en sortait toujours, Leopold ! Tandis que Jacob... Jacob en avait, lui, du courage, de la droiture et des valeurs. Il avait la force de ses convictions, était prêt à tout pour les voir subsister, et Leopold était prêt à parier que c'était cela qui lui avait coûté la vie. C'était sa foi dans le régime, dans le régime de son ami, dans cette aventure qu'ils avaient entrepris à deux, qui lui avait causé de disparaître. Leopold sentit un pincement dans sa poitrine et il s'efforça de repousser loin, très loin de lui cette idée qui menaçait de poindre, comme quoi ce qui était arrivé, au fond, c'était de sa faute...

Il n'était pas homme à culpabiliser. Ce n'était pas lui qui avait pointé sa baguette contre Jacob. Les coupables, il devait les trouver. Leopold fixa la table basse devant lui d'un air mauvais, se sentant inhabituellement belliqueux. Il avait envie de passer sa colère, sa frustration et, sentiment qu'il maîtrisait mal, sa douleur, sur la première âme qui passait... L'image d'un corps frêle et blanc allongé au sol, entouré d'une mare de sang, passa furtivement devant ses yeux et il reporta son attention sur Roy.

"Je veux retrouver ceux qui ont fait ça et les clouer à la porte d'Honeyduke", lâcha-t-il d'un ton lugubre. "Il était à Pré-au-Lard..."

C'était arrivé dans le petit village bon enfant et sans histoire, et non pas dans la ténébreuse Bristol, ni du côté de Nimbus la révoltée. Qui aurait pu imaginer une telle fin pour un homme de sa trempe ? Son regard vint accrocher celui de Roy, en quête de réponses, que le jeune homme ne détenait pourtant pas, il le savait bien.

"Tu penses que ce sont des résistants ? La Salamandre ?"

Car une chose était certaine, ce n'étaient pas eux qui allaient le pleurer. Il fallait toujours voir à qui le crime profitait... Voilà qui lui donnait envie de les écraser, jusqu'au dernier.



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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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C’était bien la première fois que Roy voyait le ministre dans un tel état pathétique. Il ne le jugeait guère, lui-même avait connu ses moments de dépression alcoolisée déplorable -dont un tout récent et il n’avait pas fait meilleure figure que Leopold, avant que Sofya ne vienne le chercher- mais venant d’un homme attentif à son image tel que lui, il y avait de quoi s’inquiéter. Roy l’écouta dans un silence contemplatif exprimer ses envies de vengeance, qu’il ne pouvait que comprendre. Si quelqu’un comme Toni ou Fergus -qui étaient ses amis avant d’être ses bras droits- avait disparu, il aurait commencé par remuer ciel et terre pour le retrouver, puis juré vengeance si l’hypothèse de l’enlèvement s’était profilée. Car c’était ce que tous pensaient tout bas, désormais : le numéro deux du gouvernement disparaissant sans laisser de traces, introuvable au bout de plusieurs jours de recherche et de messages diffusés dans tout le pays… Quelqu’un devait sciemment faire en sorte qu’on ne retrouve pas Jacob Dalhiatus.

Si Roy avait eu la sagesse de l’éloigner du casino, ce n’était pas parce qu’il comptait le raisonner, mais uniquement pour préserver l’image de son ami. Il ne serait pas l’homme qui réfrènerait ses envies de vengeance, qu’il estimait au contraire légitimes. Clouer des cadavres aux murs, eh bien, le chef de gang qu’il était ne pouvait se défendre de ne l’avoir jamais fait, emporté dans une juste colère… Le premier geste du trafiquant fut donc de se diriger vers l’armoire jouxtant les canapés, pour en extirper deux verres et une bouteille. Il ne serait pas non plus l’homme qui laisserait un ami  se morfondre seul dans son chagrin. Prenant place sur le canapé en face de Leopold, Roy déposa les deux verres pleins entre eux, puis saisit le sien, son regard soutenant celui du ministre. Il attendait des réponses qu’il ne pouvait pas lui fournir, Roy n’était pas capable de faire plus que formuler des hypothèses.

« C’est possible. »

Il cessa de faire tourner son verre entre ses doigts, pour avaler une gorgée du breuvage. Son regard se détourna de Leopold, pour errer dans la pièce, pensif. Les réseaux de contestation du régime se faisaient de plus en plus entendre, ces derniers temps, il savait que Danielle les traquait chaque jour. Nul doute qu’elle avait envisagé cette piste elle aussi. De toute manière, il n’y avait pas trente-six possibilités possibles sur l’identité de l’agresseur, c’était soit une connaissance de Jacob qui lui en voulait personnellement, soit un citoyen qui cherchait à porter atteinte à son statut public et à ses actions.

Roy reporta son regard sur Leopold, avisant sa mine où se mêlait colère, amertume, mais aussi une douleur difficile à masquer. La mine du trafiquant s’affaissa quelque peu à son tour face à ce chagrin, qu’il ne pouvait effacer d’un coup de baguette magique, malheureusement. La seule chose qu’il pouvait faire pour soulager un peu Leopold était de lui exprimer son soutien, et le rassurer autant que possible. Roy finit par rompre le silence, un regard à la fois sondeur et désolé posé sur son ami :

« Jacob sait se défendre. S’il est dans une sale situation, en ce moment… Je suis sûr qu’il va finir par s’en échapper. Et tu pourras faire des exemples de ceux qui lui ont fait ça. »

Une lueur sombre passa dans le regard de Roy, comme une lueur de connivence avec un homme pas moins mafieux que lui, qui n’avait finalement pas des méthodes différentes des siennes. Qui que soit la personne qui détenait Jacob, il allait se mordre les doigts de s’en être pris à un membre de leur cercle, car le retour de flammes promettait d’être à la hauteur de l’affront.

« Si c’était la Salamandre, on aurait peut-être reçu un message, cela dit… » pensa t-il tout haut, avant de porter à nouveau son verre à ses lèvres.

Non pas une demande de rançon, cela ne semblait pas être leur genre, mais au moins un message à destination du gouvernement pour faire connaître leur méfait et leur détermination.  Le plus étrange finalement, si l’on conservait l’hypothèse de l’enlèvement, c’était ce silence assourdissant. Qui que soient les ravisseurs, pourquoi ne parlaient t-ils pas ?



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Roy semblait enfin avoir compris l'urgence de la situation, puisqu'il revint auprès de Leopold avec une bouteille et deux verres, enfin décidé à donner au ministre ce qu'il souhaitait. Un moment d'abandon dans l'alcool, une soirée pour se morfondre et se souvenir, pour exprimer sa colère et exorciser sa douleur. L'homme saisit son verre d'alcool et en avala une gorgée, avant d'esquisser une grimace. Cela avait le goût de cendre. Leopold approuva d'un hochement de tête le sombres paroles de son acolyte, mais en son for intérieur, il ne pouvait s'empêcher de le contredire. Leopold était loin de partager la même certitude que Roy, et plus le temps passait, moins il croyait à un retour de son ami. Quant à l'identité des agresseurs, il devait reconnaître la justesse de son raisonnement.

"Certainement", approuva-t-il avec un soupir. "Sauf si ce n'était pas prévu. Peut-être qu'il était sur la piste de quelque chose et qu'on l'a fait disparaître. Très sincèrement... Je suis persuadé qu'il est mort."

Son regard accrocha celui de Roy, exprimant à la fois son inquiétude et ses désirs de revanche.

"Je sais que nous n'avons pas de preuve pour l'affirmer mais cette situation n'est pas normale, et puis... Je le sens, au fond de moi, je sais qu'on ne le reverra pas. Appellons-ça une intuition."

Sa voix basse se fit plus monotone alors qu'il répétait, comme lors d'une réunion, les mesures que le gouvernement comptait prendre, et qui lui semblaient bien vaines.

"Quoi qu'il en soit, nous allons doubler encore l'effort de recherche à Pré-au-Lard, et augmenter les mesures de sécurité sur la ville, sur Poudlard également..."

Haussant les épaules, il termina son verre d'un trait et entreprit de se resservir. Leopold s'enfonça confortablement dans le grand fauteuil et se perdit un instant dans la contemplation de la pièce, comme s'il s'attendait à dénicher de la TNB sur le grand bureau ou bien son bras droit disparu dans un recoin. Ses pensées étaient sombres ce soir, si sombres qu'il se sentait comme hanté par de vieux souvenirs qui s'imposaient à lui au moment où il s'y attendait le moins. Comme la silhouette gracile d'une jeune fille blonde dans une ruelle sombre... Reportant son attention sur Roy, il posa sur lui un regard avide.

Leopold se sentait envahi par un besoin grandissant, celui de perdre le contrôle de lui-même, ce lui-même qui était beaucoup trop maîtrisé depuis près d'un an. N'en déplaise à ses détraceurs, le ministre avait beaucoup donné de sa personne au cours des mois écoulés, il s'était énormément investi pour ses objectifs et pour son poste et ce changement de rythme lui coûtait parfois. Car il était devenu un homme public, bien plus qu'auparavant, du haut de son département des créatures qui n'intéressait que les loups-garous, les gobelins et les êtres de l'eau - bref, pour bon nombre de sorciers, des sous-citoyens. Et tout ce qui avait constitué le reste de sa vie - son gang, Jobarbille, son mariage - était nécessairement passé au second plan. La mafia, les plans machiavéliques, les soirées de débauche, les vilénies qui n'engageaient que lui n'avaient plus lieu d'être, ou moins, maintenant qu'il représentait l'Etat. Il l'avait voulu, bien sûr, mais cela lui manquait. Leopold avait toujours eu besoin de lâcher du lest parfois, de laisser s'exprimer ses pulsions les plus sombres pour échapper au train-train d'une vie trop maîtrisée, trop commune et trop fade.

Trop fade, la vie d'un ministre ? Sans doute pas. Ce poste, il l'avait voulu, et il ne pouvait nier qu'il lui apportait beaucoup de satisfactions. Mais ce travail avait éclipsé tout le reste, l'avait conduit à se montrer plus prudent, plus mesuré, à faire des sacrifices, à être perpétuellement dans l'apparence, à répéter les mêmes discours, avec la même idéologie, à laisser, parfois, la décision à d'autres. A, enfin, se conformer à la légalité, et s'il n'y avait leur petit cercle de vils pour contrebalancer cela, Leopold aurait sans doute commis une bêtise depuis longtemps.

"Sérieusement, Roy, je crois que j'aurais bien besoin de l'une de tes substances ce soir. Cela..., dit-il en agitant son verre, "ne me fait plus rien."

Tandis que Roy lui répondait, Leopold se perdit dans ses réflexions, fixant la table-basse devant lui sans vraiment la voir. Il avait déjà oublié l'autre homme de la pièce, l'adolescente blonde était de retour dans ses pensées. Il finit par en émerger, et par tourne un visage à l'expression indéchiffrable vers Roy.

"Tu as déjà tué, Roy, n'est-ce pas ? Par toi-même, j'entends, pas en l'ordonnant à l'un de tes hommes. Tu as déjà pris une vie ?"

C'était un peu une question rhétorique, car il devinait la réponse. Cela se sentait, dans le caractère de Roy, dans ce qu'il dégageait, dans les ombres qui dansaient parfois dans ses yeux. Leopold les reconnaissait, car il voyait les mêmes dans le miroir au matin... Ceux qui avaient tué se ressemblaient.

Et c'était sans doute pour cela, du fait de cette similitude, du fait de l'absence de jugement qui en résulterait, que Leopold se risqua à souffler :

"Ca t'arrive d'avoir avoir envie de recommencer ?"



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Roy ne chercha pas à démentir Leopold qui lui confiait ses intuitions sur la situation du disparu. Quelque chose dans l’expression du cinquantenaire lui soufflait que c’était inutile, et que ce n’était pas ce qu’il cherchait à entendre. Roy pouvait comprendre que Leopold ne souhaite pas se bercer d’illusions, ou se raccrocher à de maigres espoirs, de faibles paroles de consolation. Parfois se bâtir une bulle d’illusions nécessitait davantage d’énergie que d’accepter la vérité, aussi cruelle soit t-elle. Alors il ne démentit pas, objectivement, les chances que Jacob soit mort étaient bien présentes, même si l’on préférait toujours croire le contraire tant qu’aucune preuve ne serait apportée. Roy se détacha de son observation pensive de la mine contrariée de Leopold, pour conclure simplement, à l’annonce des mesures qu’il allait prendre :

« Oui, il faut. »

Les forces conjointes de la Milice et de la Police Magique finiraient bien par trouver quelque chose, Roy n’en doutait pas. Leopold mettrait sûrement ses meilleurs agents sur le coup, qui que soit le meurtrier, il finirait bien par se trahir d’une façon ou d’une autre. Et, à voir le désir de vengeance qui luisait dans le regard de Leopold, Roy n’aimerait pas être à la place de cette personne à ce moment-là…

La demande de Leopold ramena le trafiquant à l’instant présent et l’endroit où ils étaient. Des substances… Il n’irait pas jusqu’à dire que ce bureau en regorgeait, ce n’était pas tout à fait un lieu pour du stockage, mais il en avait toujours quelques quantités soigneusement scellées dans un de ses tiroirs. Il y en avait suffisamment pour quatre ou cinq personnes, comme le nombre qui passait régulièrement du temps ici. D’un geste machinal, Roy fait quelques pas jusque son bureau, sans chercher le moins du monde à questionner le ministre sur cette envie déraisonnable. Il n’y avait rien que Roy comprenait plus que la détresse d’un homme qui le poussait à céder aux solutions faciles et destructrices. Parfois, se détruire, juste un peu, eh bien… Cela faisait un bien fou. Il ne serait pas celui qui dirait à Leopold que ce n’était pas raisonnable, ou que ce n’était pas la solution. C’était faux. Rien ne lui permettrait d’oublier aussi rapidement ses tourments que la petite substance poudrée contenue dans le sachet que Roy tenait dans sa main. La seule chose à laquelle il veillerait, concernant Leopold, c’était qu’il n’en prenne pas trop. Le but était de le soulager un peu, non pas de le mettre dans un état irréversible…

Attrapant au passage tous les outils pour que Leopold puisse faire sa petite affaire, il lui tendit le tout sans un mot, avant de s’asseoir sur son fauteuil face à lui dans un léger soupir. Cette situation le rendait un peu tendu, se rendit t-il compte en posant son regard sur un ministre visiblement plongé dans ses pensées. Sa main attrapa le petit sachet de monalisa qui ne quittait jamais sa poche, ce serait sa façon d’accompagner Leopold. Son geste pour se rouler un joint s’interrompit à sa question subite, qui figea Roy sur le coup. Il avait cru en voyant le regard vivace et sombre de Leopold que les pensées qui tournaient dans son esprit concernaient encore ses plans de vengeance. Mais visiblement, l’enchaînement de ses idées avait plus complexe et s’était quelque peu perdu en chemin… Un air assez indescriptible sur le visage, comme à chaque fois qu’il devait se remémorer ce qu’il avait commis, Roy contempla un certain temps son ami, le regard indubitablement plus sombre que tout à l’heure.

« Une fois. Pendant la guerre des gangs. »

La réponse sortit assez facilement, mais Roy n’en dit pas plus, non pas parce qu’il ne faisait pas confiance à Leopold, mais parce qu’il avait si bien enterré ce sujet au plus profond de lui-même qu’il n’était jamais prêt à rouvrir le coffre. Et puis, pourquoi il lui demandait cela, soudainement ? Qu’avait t-il en tête ? La seconde question le fit froncer les sourcils, toujours plein de ses interrogations. Il porta son joint à ses lèvres, pour inspirer une grande bouffée et gagner quelques secondes de réflexion. Recommencer… Le meurtre d’Andy McStay l’avait changé, c’était certain. Sans cela, peut-être que Roy n’aurait jamais eu les épaules pour accomplir ce qu’il avait accompli avec son gang. C’était ce meurtre qui lui avait fourni l’envie d’en découdre, une volonté vengeresse et violente de faire changer sa propre situation. S’il n’avait pas touché les ténèbres cette nuit-là, Roy ne s’y serait pas enfoncé comme il s’était enfoncé, désormais.

Mais est-ce qu’il avait pour autant envie de répéter ce qu’il avait commis ? Paradoxalement, aucune des morts qu’il avait pu commanditer, après celle de McStay, ne l’avait fait sourciller. Et si actuellement, il se trouvait dans une situation où il devrait tuer de ses propres mains, Roy savait qu’il serait capable de mettre ses états d’âme de côté pour le faire, et qu’il serait assez fort -ou plutôt, d’une âme assez noire- pour ne pas en culpabiliser par la suite. Mais le meurtre du second des sharaks gardait et garderait ce statut particulier qui lui donnait envie de simplement enterrer ce souvenir définitivement, et ne plus jamais y penser.

La question de Leopold le troublait, parce qu’il ne lui demandait pas s’il avait recommencé à tuer après son premier meurtre. Non, il lui demandait s’il avait eu envie de le faire. Son joint dans une main, Roy tourna l’autre pour en contempler la paume. L’envie de prendre une vie ? Est-ce qu’il parlait d’une envie, comme d’un désir ?

« Envie ? Tu veux dire… Sans raison, comme ça ? »

Son regard interrogateur se posa sur Leopold. Roy ne sondait pas souvent son âme, à vrai dire, il faisait même tout pour éviter de le faire. Mais, même en faisant l’effort de le faire comme maintenant, il n’avait pas l’impression que toutes ces fois où il avait pu tuer ou être à l’origine d’un meurtre, il l’avait fait en étant motivé par une envie. Cela avait toujours été la colère. Une noire colère ou le froid raisonnement d’un homme qui avait des intérêts à protéger. S’il devait résumer par un seul mot, c’était plutôt par nécessité que par envie. Même quand il avait envie de faire souffrir quelqu’un, parce qu’il voulait réparer une injustice en faisant payer le responsable le plus possible, cela lui apparaissait comme une nécessité. La nécessité de mettre fin à une nuisance. Cette pensée le dirigea automatiquement vers la vision d’une personne en particulier, qui assombrit davantage l’expression du chef de gang.

« La seule personne que j’ai réellement eu envie de tuer de mes propres mains après la guerre des gangs, c’était June Byrd. »

C’était toujours ciblé, finalement. Roy ne se souvenait pas s’être un jour levé un matin en ayant envie de commettre des tueries pour le simple plaisir de le faire. Soit il avait un ennemi à abattre, soit il n’en avait pas et gardait sa baguette sagement là où elle était. Ce qui était relativement rassurant sur l’état de son âme : c’est qu’elle n’était pas complètement dépourvue d’humanité. Comme pour noyer sous la vapeur toutes ces pensées déstabilisantes, Roy expira une épaisse bouffée de monalisa.

« Je ne recommence pas si je n’ai pas de cible » résuma t-il.

Les idées un peu plus en place, il vrilla un regard lucide sur Leopold. Cette discussion avait l’air de tomber comme un cheveu sur la soupe, mais assurément, cela n’était pas le cas. Quelque chose dans les évènements de ce soir avait troublé Leopold suffisamment pour le ramener à ses côtés les plus sombres. Tout à l’heure, il avait bien harangué les personnes autour d’eux pour les encourager à l’attaquer s’ils osaient, d’ailleurs… Ce souvenir, ainsi que l’impression qu’il avait ressenti que Leopold avait cherché à provoquer et faire sciemment une bêtise, éclairèrent quelque peu la réflexion de Roy. Ses sourcils se froncèrent alors qu’il posait une question à son tour :

« Qu’est-ce que tu cherches en recommençant à prendre des vies, Leopold ? »

Il ne lui retournait pas tout à fait sa question : Roy avait déjà compris dans la façon de parler et l’attitude de Leopold que lui avait cette envie de recommencer.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le ministre fit mine d'être concentré sur la poudre violette pour éviter de croiser le regard de son acolyte. Ainsi, il ne s'était pas trompé, Roy avait bien tué de ses propres mains lui aussi. Oui, la nuance était importante, cette nuance changeait tout : il y avait une grande différence entre le fait d'ordonner froidement la mort d'un homme par obligation, à ses hommes de main ou lors d'un Magenmagot, et le fait de regarder la dernière étincelle de vie s'éteindre dans le regard de sa victime. Cela, il ne l'avait connu que deux fois - son père, bien des années auparavant, et Kelsey Lorgan l'an passé. Ce dernier meurtre l'avait profondément marqué, car cette fois il était celui qui avait appuyé sur la détente. Cette fois, il avait directement ôté la vie, à une inconnue, une pauvre malheureuse qui avait simplement eu le malheur de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment...

Et il avait aimé cela. Avec une fascination morbide, qui n'égalait que l'horreur qu'il éprouvait face à son geste, il avait fixé le sang lourd et rouge qui s'écoulait de son corps, la laissant un peu plus pâle à chaque seconde qui s'écoulait. Il avait vu sa respiration se faire plus difficile, sa poitrine se soulever une dernière fois, le dernier souffle s'échapper de ses lèvres livides. Il avait entendu ses dernières paroles... Et il avait ressenti un tel sentiment de contrôle, de pouvoir et d'impunité que cela avait presque été insupportable. Cette impression de pouvoir avait culminé en lui à l'instant exact où elle était morte et l'avait laissé tremblant, pantelant, presque terrassé par une telle jouissance. Des larmes avaient coulé sur ses joues car il n'avait jamais rien ressenti de tel, la drogue la plus forte, la femme la plus voluptueuse, la pile de gallions la plus haute n'avaient pu lui faire éprouver une telle émotion auparavant, et il n'avait plus jamais éprouvé une telle chose.

Il avait conquis le pouvoir, il avait mis l'Angleterre à ses pieds mais il traversait pourtant la vie sans parvenir à tout à fait l'apprécier, sans réussir à retrouver cette sensation de puissance absolue. A peine obtenait-il quelque chose qu'elle lui semblait perdre sa saveur, et tout lui semblait fade, alors il lui fallait rechercher encore et encore une nouvelle raison de se sentir vivre, une nouvelle façon de vibrer. L'histoire de sa vie... Cette pensée lui tira un frisson et il l'étouffa dans la Volubilis, avant de poser un regard indéchiffrable sur Roy qui attendait sa réponse.

"Ce n'est pas vraiment une envie non plus. Plutôt un besoin... une nécessité."

Sans qu'il le sache, ses paroles faisaient écho aux pensées de son ami, mais ils ne l'entendaient pas dans le même sens. Instinctivement, Leopold sentit qu'il venait d'effleurer la limite de la ressemblance entre Roy et lui. Ces pulsions en lui, qu'il avait laissé entrevoir l'espace d'un instant, il ne pouvait les dévoiler, pas même à Roy. Par Salazar ! Il pouvait à peine les affronter lui-même. Ces émotions, Roy ne les éprouvait pas, ne les comprendrait pas, il le réalisait maintenant. Ils étaient tous deux capables de tuer par obligation, ou par désir de vengeance - c'était la principale raison qui l'animait ce soir - mais seul Leopold disposait d'une motivation plus sombre qui devait rester secrète. Un besoin pressant de sentir le pouvoir couler dans ses veines, en ôtant une vie, car il pouvait le faire - tel un Dieu moldu. Peut-être ne pouvait-il pas lancer d'Expelliarmus, mais il avait le pouvoir de décider de la vie et de la mort, il l'avait entre ses mains, au bout du canon de son pistolet ou sur le bout de sa langue.

Au bout de sa baguette, ultimement, même s'il sentait que lancer un Avada serait le dernier geste qu'il accomplirait jamais...

Ces pensées obscures, Leopold ne devrait jamais les laisser entrevoir, à personne, pas même à Roy. Le parrain des Veilleurs, l'homme qui avait putsché la Voie des Miracles, le sorcier qui plantait des clous dans des cadavres et coupait des langues restait finalement plus équilibré et plus sain que lui. Un rictus étira furtivement ses lèvres et il ferma son visage, mis ses émotions sous clef, et répondit :

"J'ai envie de tuer de mes mains le responsable de la mort de Jacob. J'ai même envie de le faire souffrir avant. Je n'avais jamais vraiment ressenti cela auparavant, un tel désir de vengeance, sans doute parce que c'est la première fois qu'on s'en prend à l'un de mes proches."

Voilà, une émotion à laquelle Roy pourrait se raccrocher - n'était-ce pas là aussi la raison de sa haine à l'égard de June Byrd ?

"Si on le retrouve, je vais devoir laisser faire la justice, ce qui ne va pas être facile", répondit-il avec une légère pointe de dérision. Car la justice, c'était lui. "La peine de mort va presque me paraître trop douce."

Haussant les épaules avec fatalisme, il s'enfonça dans son fauteuil, observant Roy d'un regard pensif. Oui, les deux hommes étaient différents, au fond. Si Leopold aimait prendre le contrôle sur les autres, Roy savait garder le contrôle de lui-même. Voilà sans doute pourquoi c'était lui le ministre putscheur des deux...




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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy tirait des bouffées silencieuses de son joint de monalisa, plongeant son regard sombre dans celui de son acolyte, sans parvenir à percer tout à fait la personnalité complexe de cet homme. Il écoutait attentivement ce qu’il disait, observait les traits de son visage pendant qu’il parlait, à l’affût de tous les indices qui lui permettraient de mieux comprendre ce que Leopold cherchait à lui dire. Dès sa première rencontre avec lui, Roy avait senti qu’il avait affaire à une personnalité à plusieurs niveaux. Quoiqu’il puisse arriver, Leopold était ce genre d’homme à détenir des ficelles que vous ne soupçonniez même pas, d’abord parce qu’il avait des sources d’informations partout -il ne viendrait pas à l’idée de Roy de chercher à le duper, ou en tout cas, pas sans avoir revu son plan à trois fois- mais aussi parce qu’il était lui-même insaisissable. Roy le côtoyait depuis maintenant presque un an, il avait partagé pas mal de choses avec lui, parfois des choses très personnelles, et pourtant, il n’avait pas l’impression qu’il pouvait dire qu’il connaissait Leopold. Il connaissait une facette de lui seulement, dans le meilleur des cas.

Car cette figure indéchiffrable, sombre, profondément dangereuse, Roy ne l’avait jamais vue chez lui. Et surtout, c’était la première fois qu’il avait la sensation de percevoir une véritable faiblesse chez lui. Cette impuissance, d’abord, évidente et compréhensible, concernant la disparition de Jacob. Leopold avait mis tous ses moyens pour retrouver sa trace, sans résultat, ce qui le plongeait dans l’état où il était actuellement : en peine de contenir une frustration et une impatience qu’il noyait dans des substances. Mais il n’y avait pas que cela. Roy sentait une certaine… fébrilité dans la posture du ministre. Qu’il se mette soudainement à lui parler de meurtres ne pouvait pas être anodin. Parce qu’il savait quelle profonde marque un meurtre pouvait laisser en une personne pour en faire lui-même les frais, Roy se prenait à se poser des questions sur les états d’âme de Leopold. Il était quasiment certain qu’il avait lui aussi tué de ses propres mains, et qu’il avait voulu à l’instant comparer leurs expériences mutuelles. Quelle conclusion en avait t-il tiré ? Il l’ignorait, Leopold ne semblait pas daigner lui faire un retour d’expérience, en réponse à ce que Roy lui avait avoué. Il semblait même au contraire préféré se terrer un peu plus dans ses sombres pensées.

Un besoin, une nécessité, disait t-il. Le chef de gang ne commenta pas, passant sa main et sa cigarette devant ses lèvres. A quoi pensait Leopold ? S’agissait t-il d’une façon de se défouler, pour lui ? Comme ce « Je vais finir par tuer quelqu’un » qui nous échappait lorsque la situation devenait insoutenable, à la différence qu’il y songeait sérieusement ? Ce ne pouvait pas être cela, Leopold était beaucoup de choses, mais il n’était pas si sanguin. Autre chose devait le motiver, plus profondément, plus vicieusement, quelque chose de suffisamment obscur, de peut-être même honteux pour qu’il ne se laisse pas aller plus loin dans la confidence.

La suite, Roy l’analysa avec beaucoup plus d’aisance, car ce qui motivait la vengeance de son ami le renvoyait à des émotions qu’il comprenait complètement, qu’il avait déjà expérimentées. Ce besoin impérieux de se faire justice soi-même lorsqu’un proche était attaqué, Roy l’avait vécu plusieurs fois, l’expérience la plus terrible ayant été avec Irina. Il avait bien failli étrangler June à mains nues, aujourd’hui encore, il regrettait d’avoir manqué son coup, et si les contingences de ses affaires ne l’avaient pas enchaîné à ses responsabilités, il l’aurait traquée, jusqu’au bout. Bien plus sanguin que Leopold pour le coup, il pouvait se montrer d’une extrême violence lorsqu’on le touchait dans ce qu’il avait de plus cher et la raison pouvait bien aller se rhabiller dans ces moments-là. Le trafiquant se leva de son siège pour rejoindre les côtés de Leopold abattu sur le canapé, et poser une main amicale et réconfortante sur son épaule, d’un geste ferme.

« Il n’y a rien de plus sacré que la famille. De qui tenait t-il ce mantra ? Eh bien, de la sienne propre, de son père plus particulièrement, ce qui était ironique quand on savait combien Roy s’en était éloigné. Au sens large du terme. Jacob est un frère d’armes pour toi, c’est légitime que tu veuilles faire la peau dans les règles de l'art à celui qui tente de l’évincer. »

Sa main se serra un peu plus sur l’épaule de son ami, tandis qu’une lueur plutôt mauvaise ravivait le noir des prunelles de Roy.

« Il paiera, quoiqu’il arrive. On trouvera quelque chose. Avec ou sans les lois… C’est toi le maître, Leopold, quelque soit le terrain, celui de la légalité, ou non. Si ta position de ministre t’entrave, tu as d’autres atours sous ta cape. Sa main vint empoigner celle de Leopold, comme un bras de fer, promesse fraternelle silencieuse. Et s'il le faut, je t’aiderai à régler cette histoire, si tu me fais confiance. »

Un autre pacte entre les deux stratèges prêts aux pires machineries pour parvenir à leurs fins, aussi funestes soient t-elles...



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le geste réconfortant de Roy à l'égard de Leopold eut le don de le tirer de ses pensées morbides, et il lui adressa un sourire reconnaissant. La compagnie de son ami, ainsi que l'alcool et la Volubilis faisaient lentement leurs effets et il sentit sa rage froide le quitter peu à peu. Son abattement était quant à lui plus profond, mais il se sentit bientôt glisser vers une sorte de détachement bien plus agréable, un je-m'en-foutisme qui lui donnait l'impression de se délester de ses problèmes pour les survoler, et les regarder avec une hauteur cynique. Comme le disait Roy, ils finiraient bien par retrouver le coupable, et ce jour-là... Ils trouveraient le moyen le plus pénible et douloureux de lui faire regretter son acte. Jacob le méritait bien, lui qui avait été son frère d'arme, comme le disait si justement Roy. Sans son bras droit, Leopold se sentait à la dérive, mais il avait trouvé un autre allié et ami de poids avec qui compter, en la personne du chef des Veilleurs...

Vrillant son regard dans celui de Roy, comme pour peser sa loyauté, il serra son bras avec la même force et finit par répondre lentement :

"Il paiera."

Sur cette promesse, il reprit son bras et laissa le même sourire mauvais que celui de Roy fleurir sur ses lèvres. La partie d'échec était lancée, et ne faisait que commencer. Les blancs avaient avancé leur premier pion, et prit sa tour, mais il restait toutes ses pièces au roi noir... Et surtout ses deux fous, ses atouts secrets : Roy Calder et Johnny Kiss... Pour l'heure, l'ennemi avançait à visage couvert, mais cela ne durerait pas longtemps avant que les services secrets du régime ne mettent la main sur l'identité du roi blanc... ou de la reine. Tout à sa métaphore, Leopold réalisa qu'il manquait quelque chose à leur petite soirée de débauche. Il ne se sentait plus d'humeur à évoquer ces sujets qui le tourmentaient, et surtout le dévoilaient aux yeux de Roy. Pudique, Leopold ? Disons qu'il aimait garder une part de mystère, surtout lorsqu'il s'agissait de ces pulsions qu'il s'avouait à peine à lui-même. Ne jamais révéler ses faiblesses, en particulier à un homme tel que Roy qui, tout Gryffondor qu'il était, avait le machiavélisme dans le sang...

"Je te remercie, mon ami. Une partie de poker ?"

La soirée, puis la nuit, s'écoulèrent sans autre incident notable, entre le bruit des jetons, les regards suspicieux des joueurs et les blagues grivoises. Pour l'heure, le meurtrier de Jacob bénéficiait d'un répit... de courte durée.

RP terminé



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The Drink of Despair [Roy & Leopold]

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